Émotion, Drame, Histoire, Polar, Psychologie

7/13

de Jacques Saussey
Broché – 10 janvier 2018
Éditeur : Éditions Toucan

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification s’annonce compliquée. Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition inattendue va faire basculer son destin. Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères les plus stupéfiants qu’ils aient jamais rencontrés.

Certains romans méritent une seconde lecture… 7/13 était une évidence pour moi… il attendait patiemment…

Dès les premières pages, lors de ma première lecture en juin 2018, j’ai su très vite que je tenais entre les mains un polar différent, plus dense, plus riche que ceux auxquels j’étais habitué dernièrement.

Le cadavre d’une femme atrocement mutilée ouvre l’histoire dans une violence brutale. Très vite, d’autres cadavres s’accumulent et l’enquête s’emballe. Mais alors que je pensais m’enfoncer dans un polar classique, Jacques Saussey me prend à contre-pied, casse le rythme. Le récit dévie. Jacques m’embarque ailleurs, dans une autre époque, en 1944, aux côtés d’un mystérieux officier américain en partance pour une mission étrange dans un avion sous le brouillard anglais.

Quel est le lien entre ces deux récits ?
Je l’ignore encore, mais je m’accroche. Parce que l’auteur sait exactement ce qu’il fait.
Lors de cette seconde lecture j’apprécie pleinement la façon dont l’auteur sème les informations, les distille avec finesse, Jacques excelle dans l’art de ce tissage très particulier. Il me balade entre présent et passé, entre drame intime et Polar à énigme historique. Puis, le nom de Glenn Miller surgit, et avec lui, une des plus grandes disparitions du XXe siècle. Jacques injecte dans son intrigue des thèmes forts : la mémoire, la guerre, les migrations, la douleur parentale, la vengeance sourde, l’impossible deuil, la culpabilité, la vengeance. Même dans l’horreur, Il insuffle dans son récit une certaine grâce.

Puis, un duo d’enquêteurs secondaires apporte une respiration bienvenue, avec une touche d’humour sans jamais dénaturer la gravité de l’histoire. Et derrière le suspense, se dessine une réflexion profonde sur ce que signifie survivre après l’irréparable.

L’écriture est tendue, sobre, parfois poétique. Jamais démonstrative, toujours juste. Ce roman ne cherche pas à résoudre, mais à nous confronter.
7/13, que j’ai lu en écoutant Glenn Miller, et d’autres standards du jazz évidemment… m’a secoué parce qu’il ne donne pas de réponses faciles.
Parce qu’il fait confiance au lecteur.
Parce qu’il transforme une enquête policière en descente vertigineuse dans la psyché humaine.
Et surtout il prouve, une fois encore, que la littérature noire peut être d’une richesse bouleversante.
Il serre la gorge, il bouscule. Il laisse une trace et m’a fait réfléchir…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« 14 mars 2015
La maison est cossue. De type bourgeois, en forme de L, pierres de taille et allée pompeuse bordée d’arbustes coiffés au cordeau. Un terrain immense entretenu à grands frais, des fruitiers au fond, près de la rivière, des massifs de rosiers encore figés dans la fin de l’hiver, des crocus qui montrent le bout de la langue sous l’herbe pliée par la rosée.
Près du bâtiment, une piscine couverte s’avance sur le gazon.
Elle a été verrouillée pour la mauvaise saison. À travers la vitre salie par des fientes d’oiseaux et des feuilles mortes collées par l’humidité, j’aperçois l’eau qui a pris une vilaine.
couleur verdâtre.
– Venez, c’est par là.
Le commandant Picaud me désigne la porte de la maison.
Il m’explique qu’un serrurier l’a forcée deux heures auparavant pour conserver la scène de crime la plus intacte possible. Le meurtrier a fracturé une porte-fenêtre du salon.
L’Identité judiciaire est en plein travail, mais ils devraient avoir fini leurs investigations d’ici quelques dizaines de minutes. Dans l’air frais de ce début de matinée, les croassements des corneilles se répercutent à l’infini entre les branches bourgeonnantes des peupliers.
Il n’y a pas un bruit dans la rue, suffisamment éloignée de la bâtisse pour que personne n’ait pu y entendre le moindre cri. Et pourtant, de nombreux badauds se pressent contre la grille du parc que deux agents surveillent, l’œil farouche. Les regards des curieux alternent sans fin entre les hommes en blanc qui œuvrent autour de la maison et le fourgon mortuaire qui attend dans l’allée que les techniciens du crime donnent au légiste l’autorisation d’enlever le corps.
– Je vous préviens, c’est moche. »

« Le légiste se penche sur le cadavre et l’inspecte de près. Il suit la peau marbrée d’un doigt d’expert, pousse une bestiole par-ci, une autre par-là… J’ai soudain un goût de cendres sur la langue. Combien lui a-t-il fallu de manifestations de la mort pour qu’il parvienne à s’en affranchir autant ?
Combien de femmes, d’enfants, de corps meurtris a-t-il ouverts, découpés, vidés pour les besoins d’une enquête ?
Combien d’estomacs a-t-il pesé, disséqué pour savoir ce que la personne avait ingéré juste avant de mourir ? »

« Je rouvre les paupières. Il lui en a fallu, de la haine, à ce type. Un homme, c’est sûr. Je ne peux pas imaginer une femme infliger ça à une autre. C’est de la bestialité pure, la manifestation d’une fureur contre la féminité, peut-être même contre sa propre mère…
Je me prends les tempes dans les mains. Je déraille.
Comment pourrais-je concevoir ce qui a traversé l’esprit malade de ce dingue ? Je suis à mille bornes de m’approcher de ce qui l’a déclenché. Contrairement à de nombreuses autres affaires sur lesquelles j’ai eu à me pencher, celle-ci ne me parle pas. Je me trouve face à un mur de glace, un mur de ténèbres. »

Jacques Saussey est né en 1961, il écrit des nouvelles durant de longues années, entre 1988 et 2007. Après le premier prix au concours Alfred Jarry, cette année-là, il quitte l’écriture des nouvelles et entame son premier thriller, La mante sauvage, achevé en 2008. Ce thriller paraîtra le 3 janvier 2013 sous le titre Colère Noire.
C’est le second, De sinistre mémoire, écrit en 2009, qui a connu le premier les joies des rayons des libraires en septembre 2010. Ce roman est ensuite sorti en poche en juin 2011.
Son domaine : l’histoire noire. Très noire…
Il est désormais considéré par les critiques et les libraires comme l’un des “talents” dans le polar.
Enfermé.e (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/12/enferme-e-de-jacques-saussey/

Drame, Histoire, Thriller ésotérique

Le Manuscrit cathare

Une aventure de Cassiopée Vitt
de Steve Berry, M.J. Rose
Broché – 18 novembre 2021
Éditeur : Cherche Midi

Sur la piste du secret des cathares.
Sud de la France. Cassiopée Vitt s’est lancée dans la rénovation d’un château du XIIIe siècle. Lors des travaux, on trouve dans une tranchée une mystérieuse boîte en or, ornée de la croix du Languedoc. À l’intérieur, un manuscrit enluminé, écrit en occitan, que tout semble relier aux cathares. Alors qu’une société secrète est prête à tout pour mettre la main sur celui-ci, Cassiopée s’engage dans une course contre la montre pour en déchiffrer les énigmes. Bientôt, elle découvre que ses pages dissimulent une carte cryptée, qui va la mettre sur la piste du secret le mieux gardé des cathares.

Après Cotton Malone, héros des romans de Steve Berry, c’est au tour de sa comparse Cassiopée Vitt d’occuper le devant de la scène. De Carcassonne à Montségur, en passant par Toulouse, les auteurs nous entraînent ici dans un voyage palpitant, entre histoire, religion et ésotérisme, sur les traces des cathares, déclarés hérétiques par le pape en 1208 et dont les secrets sont encore nombreux.

Je suis un vrai fan de Steve Berry et au bout de plus de vingt deux romans lus, chaque nouvelle lecture me donne comme un petit frisson…

Ce roman co-écrit avec M.J. Rose n’a pas dérogé pas à la règle. Il m’a embarqué dans une aventure haletante, entre histoire, mysticisme et suspense. J’ai suivi les pas de Cassiopée Vitt, dans une quête aussi fascinante que dangereuse, à la recherche d’un ancien manuscrit cathare qui pourrait bien bouleverser les fondements du christianisme.

Ce que j’ai adoré, c’est l’équilibre entre suspense, érudition et ésotérisme. L’intrigue m’a menée des souterrains de Carcassonne, avec des énigmes et des révélations à chaque tournant. J’ai ressenti la tension monter à mesure que les secrets enfouis depuis le XIIIe siècle remontaient à la surface, menaçant l’ordre établi.

Les auteurs ont su mêler avec brio à mon goût, réalité historique et fiction. L’alternance entre passé et présent, les mystères du Languedoc, les secrets d’Église… tout y est. Les Cathares, ces “hérétiques” pourchassés par l’Église, reprennent vie dans ce récit haletant. J’en ressors un peu plus curieux sur l’histoire occitane, et avec l’impression d’avoir touché du doigt un mystère bien plus grand que moi.

À la dernière page, je n’avais qu’une envie, lire la suite… Devinez donc quelle est d’ores et déjà ma nouvelle lecture ?

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Cassiopée Vit eut la certitude qu’ils avaient assiopée Vitt eut la certitude qu’ils avaient
Pourquoi ?
Difficile à dire. L’instinct, sans doute, qui lui venait des années où elle avait fouillé la terre, construit un château. C’était sa passion, son œuvre, celle qui allait sans doute la dévorer tout au long de sa vie d’adulte.
Mais ça en valait la peine. Surtout dans des moments comme celui-ci, quand le sol français révélait enfin ses secrets. »

« Elle regarda leur découverte dans le sol.
Ils avaient dégagé tout le coffret. Qui avait une certaine majesté. Et qui était en or, sans aucun doute possible. Le dessus était décoré avec un assortiment de pierres en cabochon qui avait une curieuse forme de croix, aux pointes pommetées. Comme une croix de Malte inversée, mais plus courte et plus trapue. »

« Aristote a dit que « toutes les actions humaines ont une ou plusieurs de ces sept causes : chance, nature, contrainte, habitude, raison, passion, désir ». En ce qui la concernait, l’habitude semblait l’emporter, bien que la part de passion devint chaque jour plus importante. »

« Le mot « cathare » vient du grec katharós, signifiant « pur ». Et une simple désignation suffisait. Celui qui ne vivait pas les enseignements du Christ ne pouvait pas exercer son ministère auprès des autres. Le titre ne signifiait rien, l’argent encore moins. Seule comptait la valeur intrinsèque de l’âme. »

« Elle s’assit à son bureau, ouvrit l’ordinateur portable et mit de la musique. Le matin, sa préférence allait au chant grégorien, et la polyphonie des voix des moines bénédictins résonna dans la pièce. Elle aimait ces sonorités venues d’ailleurs qui l’atteignaient au plus profond d’elle-même et l’apaisaient. Une chose était sûre : la musique avait un pouvoir de guérison. Elle l’avait constaté sur des animaux, des enfants, des malades et des personnes âgées. Il y avait quelque chose de mystérieux dans ce pouvoir. Pas de Dieu. Pas de magie. Juste un tonique pour l’âme. »

Steve Berry étudie le droit à l’Université de Mercer à Macon. Il est ensuite avocat et plaide pendant une trentaine d’années avant d’occuper de hautes fonctions dans la magistrature pour 14 ans. Il est un membre fondateur de l’International Thriller Writers, une association de plus de 2600 auteurs de romans policiers de partout dans le monde, dont il est co-président pendant trois ans.

En 1990, il se lance dans l’écriture. En 2000 et 2001, il remporte le prix Georgia State Bar Fiction Writing Contest. En 2003, son premier roman, Le Musée perdu (The Amber Room), paraît chez l’éditeur Ballantine Books. Depuis, il a publié plusieurs thrillers, qui sont devenus autant de best-sellers.

À partir de 2006, il amorce la série des aventures de Cotton Malone.

÷÷÷÷÷÷÷

M.J. Rose, auteure figurant sur les listes des best-sellers du New York Times, USA Today et Wall Street Journal, a grandi à New York, principalement dans les galeries labyrinthiques du Metropolitan Museum, les tunnels sombres et les jardins luxuriants de Central Park, et en lisant les livres préférés de sa mère avant même d’y être autorisée. Elle croit que le mystère et la magie nous entourent, mais que nous sommes trop souvent trop occupés pour les remarquer… Les livres qui amplifient le mystère et la magie attirent l’attention sur eux et nous rappellent de les chercher et de nous en émerveiller.

Les écrits de Rose ont été publiés dans de nombreux magazines, dont Oprah Magazine et The Adventurine. Elle a également été mise en avant dans le New York Times, Newsweek, Wall Street Journal, Time, USA Today, ainsi que dans l’émission Today Show et à la radio NPR.

Diplômée de l’université de Syracuse, Rose a réalisé une publicité diffusée au Museum of Modern Art à New York. Depuis 2005, elle dirige la première entreprise de marketing dédiée aux auteurs – Authorbuzz.com. Elle est également cofondatrice de 1001DarkNights.com et TheBlueBoxPress.com.

La série télévisée PAST LIFE est inspirée des romans de Rose issus de sa série Reincarnationist.

Drame, Histoire, Polar historique, Suspense

Les Noyés des bords de Marne

Une enquête d’Hippolyte Salvignac******
de Philippe Grandcoing
Broché – 7 mars 2024
Éditions : de Borée

Un avion qui s’écrase et tue le ministre de la Guerre, une crise diplomatique majeure entre la France et l’Allemagne à propos du Maroc, une malle contenant un cadavre sans tête repêchée dans la Marne, un marchand juif qui disparaît mystérieusement : Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet n’ont décidément pas le temps de s’ennuyer en ce printemps 1911. Aussi improbable que cela puisse paraître, toutes ces affaires semblent être reliées. Avec ce 6e volume des enquêtes d’Hippolyte Salvignac, l’historien et romancier Philippe Grandcoing, fin connaisseur de la période, poursuit l’exploration de la France des années 1900 et fait découvrir l’incroyable richesse de cette époque.

Printemps 1911. Un avion s’écrase, tuant le ministre de la Guerre. Une malle contenant un cadavre sans tête flotte sur les eaux sombres de la Marne. Un marchand juif disparaît sans laisser de trace. Et dans les coulisses du pouvoir, une crise diplomatique éclate avec l’Allemagne.

Ces événements, que tout semble opposer, finissent par tisser une toile invisible mais implacable. Et lorsque l’antiquaire à la retraite Hippolyte Salvignac, épaulé par le tenace inspecteur Jules Lerouet, commence à tirer sur ce fil, ils mettront à jour des vérités bien plus dangereuses qu’ils ne l’avaient imaginé.

Dans Les Noyés des bords de Marne, sixième enquête d’Hippolyte Salvignac, Philippe Grandcoing confirme tout son talent : celui de mêler le frisson de l’intrigue au souffle de l’Histoire. Grâce à sa plume précise d’historien, il reconstitue avec brio la France de la Belle Époque, ses luttes, ses ombres et ses fulgurances. Les personnages féminins, et en particulier Léopoldine, artiste libre et compagne d’Hippolyte, donnent une force moderne et humaine à cette fresque d’époque.

J’ai été une fois de plus happé par cette nouvelle enquête, aussi haletante qu’érudite. Ici chaque détail historique enrichit l’intrigue sans jamais l’alourdir, chaque description accroît la tension, chaque dialogue dévoile une pièce du puzzle.

Je recommande vivement de lire les tomes précédents avant de se plonger dans celui-ci, afin de savourer pleinement l’évolution des personnages. Mais quel bonheur de retrouver cette ambiance unique, entre mystère et mémoire, prenante jusqu’à la dernière ligne.

Un immense merci à Virginie, des éditions de Borée, pour cette nouvelle aventure passionnante ! 🙏

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« C’était une aquarelle qu’il avait récemment acquise. Elle représentait le port de La Valette sur l’île de Malte. Au premier plan, une goélette, toutes voiles dehors, sortait de la rade cernée par les hautes murailles ocre. Il aimait particulièrement cette vue aux couleurs chaudes, comme une promesse d’Orient, alors que l’île était toujours restée un avant-poste de la chrétienté ancrée en Méditerranée. Jouant sur les contrastes, il avait suspendu deux masques africains de part et d’autre du tableau. »

« On en était là au Maroc, dans un pays qui échappait progressivement à l’autorité du sultan, décrédibilisé du fait de sa trop grande complaisance envers les Infidèles. La France s’était autoproclamée gardienne des intérêts européens. Il en résulterait sûrement pour les Marocains une mise sous tutelle accrue et, pour les Français, une nouvelle page glorieuse de leur mission civilisatrice de l’autre côté de la Méditerranée.
Il replia le journal et le laissa sur la table, se disant qu’il ferait sûrement le bonheur d’un autre client. »

« — Y a pas mal de Blancs à qui ça plaît. C’est un peu comme la chasse. Pan ! Pan ! On tire les nègres comme on tirerait des lapins ou des perdrix. Et puis on est tranquille. Personne pour dire quoi que ce soit. Et surtout pas nos chefs. Mais moi, ça m’ a rendu malade.
Pour de vrai ! J’ai attrapé la malaria. Évacué à Saint-Louis du Sénégal et soigné à la quinine. J’m’en suis pas vraiment remis et on a évité de me renvoyer dans la brousse. J’ai travaillé dans les bureaux, j’ai formé des tirailleurs sénégalais. Et, quand j’ai eu tiré les dix ans de mon engagement, j’ai démissionné. Mais avant de partir, j’ai acheté ces photos. Faut pas croire. Mais ça se vend. Y en a même qui les collectionnent. Moi, je voulais les rapporter en France pour montrer à quoi ça ressemble, la conquête de l’Afrique. On n’y va pas pour libérer des esclaves ou apporter la bonne parole. Non, on tue, on viole, on pille. »

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

  • Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
  • La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
  • Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
  • Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

Ouvrages collectifs

  • 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
  • Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
  • L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
  • Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2008.
  • Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2009.
  • Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
  • Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
  • Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
  • Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2011.
  • Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2011.
  • Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, avril 2012.
  • Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, octobre 2013.
  • Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, novembre 2013.
  • Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
  • Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
  • Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
  • Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
  • La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
  • Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
  • L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions.

Publications diverses

  • Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.
Amour, Émotion, Fantastique, Histoire, Magique

La stèle sacrée

de Florence Jouniaux
Broché – 13 février 2020
Éditeur : M+ éditions

Soudain, il se souvint. L’inscription ! !
Au même moment, un grand gaillard roux, vêtu d’une tunique courte, se pencha sur lui, l’air anxieux.
Quomodo vales 1? prononça-t-il en latin.
Ces mots confirmèrent ses pires craintes. Il avait beau se dire que c’était impossible, mais à moins d’être dans un peplum, il avait devant lui un authentique gaulois et se trouvait encore sur le forum, mais celui de l’antiquité ! Pas de doute ! Il avait traversé l’espace-temps !

Antoine, futur doctorant en lettres classiques, est en visite à Rome, avec la belle Chiara. Il ne s’attendait pas à côtoyer les celtes et les romains du premier siècle après Jésus-Christ pour répondre à une question cruciale ! Ses connaissances historiques vont influer sur le sort du peuple voltinien, situé dans la région des Allobroges, dans la Gaule Narbonnaise de l’époque.
Une autre question se pose à lui : comment va-t-il revenir dans le présent et retrouver la belle Chiara qui lui sert de guide ?

1 “Comment te sens-tu ?”

Une plongée au cœur d’un autre temps…

Cette lecture a été un véritable plaisir. Elle m’a replongé dans mes jeunes années, lorsque j’étais étudiant et que j’explorais sans arrêt les origines de mon pays en alternant avec joie entre le français, le grec et le latin !

Florence Jouniaux m’a entraîné dans son voyage, une odyssée où le passé ressurgit, révélant les mystères d’un artefact aux pouvoirs insoupçonnés. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette intrigue où l’histoire et l’ésotérisme s’entremêlent avec une fluidité remarquable. L’autrice nous offre un récit richement documenté, où chaque détail semble sculpté dans la pierre du temps.

Tout commence lorsqu’un archéologue met au jour une stèle ancienne portant l’inscription Tempus fugit, sed veritas manet – Le temps s’enfuit, mais la vérité demeure. Rapidement, cette trouvaille nous entraîne dans une quête haletante où le destin des civilisations semble suspendu à une simple pierre gravée.

À travers une plume immersive et très érudite, Florence Jouniaux nous fait traverser les âges, explorant cette soif insatiable de savoir qui anime toute l’humanité.
Scientia potentia est, Le savoir est un pouvoir, mais il peut aussi se révéler une malédiction…
Dès lors, est-il une lumière ou devient-il un fardeau ?

Entre mystères ancestraux, quête de vérité et tensions croissantes, La Stèle sacrée captive autant qu’elle interroge. Un roman fascinant, où les vestiges du passé chuchotent encore à l’oreille des vivants. Une lecture passionnante et magnifiquement construite que les amateurs d’histoire et de mystère apprécieront sans aucun doute.

À découvrir sans hésitation !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Après plusieurs occasions manquées, lui, l’étudiant en histoire ancienne et histoire de l’art, pourrait voir de ses yeux tout ce qu’il avait imaginé lors de ses cours ! Il venait de terminer son master, soutenant un mémoire qui portait sur « Le rapport entre les peuples italiques et la capitale romaine au premier siècle après Jésus Christ » et avait obtenu mention Très Bien. Il avait donc amplement mérité ces vacances ! Et commencer par trois semaines à Rome était inestimable, surtout que son professeur d’histoire latine lui avait donné l’adresse d’un monastère au centre de Rome, où des religieuses hébergeaient les touristes pour une somme raisonnable. »

« À peine avait-il eu le temps d’en terminer la lecture qu’il ressentit un froid intense, avec l’impression d’être plongé dans le noir et d’avoir le corps tiraillé. Pour finir, il lui sembla que des milliers d’aiguilles le transperçaient. Une terrible nausée l’envahit, accompagnée de tremblements incoercibles. Il perdit connaissance. »

« Aeddan prononça alors doucement :
– Crois-tu encore au pouvoir des devins ?
– Oui, puisqu’ils communiquent avec les dieux.
– En effet et j’ai eu la chance d’être éclairé par la lumière divine : ils m’ont montré, dans une vision, un jeune homme du futur, qui s’intéresse aux civilisations du passé, et à celle des romains en particulier. J’ai réussi à faire apparaître une inscription sur un des monuments du forum romain, et les dieux l’ont rendue opérante : il a traversé le temps et Quintus l’a ramené ici, depuis Rome.
– Vraiment ? ! s’exclama-t-il, sidéré. C’est absolument extraordinaire !
– Tu peux le dire ! Et je remercie les dieux chaque jour de m’avoir inspiré.
– J’ai vraiment hâte de l’entendre ! »

Florence Jouniaux est née en Savoie, à Chambéry et a suivi des études de lettres classiques. Mère de trois enfants, elle est professeure par vocation et enseigne la littérature avec passion au lycée de la Versoie à Thonon-les-Bains.

Un soir, une muse lui a soufflé le début d’un roman et c’est ainsi que l’écriture a surgi dans sa vie, nourrie de ses lectures en tous genres, notamment la fantasy et l’histoire. Ses maîtres sont aussi bien Tolkien, Robin Hobb, Dan Simmons, Bernard Simmonay que Zola ou Maupassant. Amoureuse des langues, elle aime en inventer dans ses romans fantasy où son imagination ne connaît pas de limites. Ainsi a-t-elle écrit deux trilogies de ce genre, dont l’une est à paraître. Chaque nouveau roman est une aventure qu’elle partage avec ses héros, des héros très humains qui aiment les plaisirs de la vie, tout comme elle. Aussi ne vous étonnez pas pas de trouver quelques menus gastronomiques au fil des pages…

    Émotion, Drame, Histoire

    Power

    de Michaël Mention
    Broché – 4 avril 2018
    Édition, STEPHANE MARSAN

    1965. Enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières. Vingt millions d’Afro-Américains sont chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Une véritable révolution se profile. Le gouvernement déclare alors la guerre aux Black Panthers, une guerre impitoyable qui va bouleverser les vies de Charlene, jeune militante, Neil, officier de police, et Tyrone, infiltré par le FBI. Personne ne sera épargné, à l’image du pays, happé par le chaos des sixties.

    Un roman puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité.

    Avec Power, Michaël Mention nous plonge dans l’Amérique des années 1960-1970, une époque marquée par les luttes pour les droits civiques et la montée du Black Power. À travers ce récit captivant et minutieusement documenté, il retrace l’ascension et la chute de nombreux groupes mythiques de la soul, du Rn’B, les décès de chanteurs ou musiciens de rock, tout en explorant le climat politique et social qui a façonné cette période charnière.

    Ce roman, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire, résonne comme une fresque musicale et engagée où la soul et le funk ne sont pas seulement des genres musicaux, mais de véritables armes d’émancipation, des manifestes de liberté qui m’ont suivi durant toute ma lecture. Michaël Mention dresse un portrait brut et sans concession d’une Amérique gangrénée par le racisme, où la musique devient un cri de révolte et d’espoir.

    Avec une plume rythmée et immersive, l’auteur capte l’essence d’une époque en mêlant habilement faits historiques, intrigues politiques et le parcours individuel de trois personnes, Charlene, Neil et Tyrone. Power est une œuvre vibrante, brûlante d’énergie et d’une rage contenue, qui interroge sur la place de la musique dans les luttes sociales et sur l’héritage du combat des Black Panthers.

    Un roman puissant et particulièrement envoûtant, que j’ai dévoré en écoutant la bande-son suggérée par Michaël à la fin du livre. Celle-ci m’a accompagné en toile de fond durant deux ou trois jours, même en dehors de ma lecture, me permettant d’en ressentir toute l’intensité. Des morceaux qui ont marqué mon enfance et qui ici prennent désormais une toute autre dimension…

    Un sacré voyage dans le passé !

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « Ça a foiré à cause de nous. Pas à cause du FBI, de la came, des gangs. Ils nous ont pourri la vie mais, le vrai problème, c’était nous. Trop pressés. Des siècles qu’on avait rien, alors on voulait tout et on a foncé. On était sur tous les fronts, tellement impliqués qu’on a rien vu venir.
    L’envie, c’est ce qui nous a tués.
    Pourtant, le pouvoir, on l’a eu. Ça a duré cinq ans. Ça peut paraître court, mais cinq ans tous les jours, toutes les nuits, c’est pas rien. On était si puissants que le pays a tremblé comme jamais auparavant. Les gens nous craignaient, alors que tout ce qu’on voulait, c’était l’égalité. La paix, enfin.
    C’est pour ça qu’on s’est unis. Organisés. On avait nos codes, notre langage, notre journal, notre musique, notre cinéma, notre look, nos penseurs, nos écoles, nos cliniques, notre capitale, notre président, nos ministres, notre indépendance.
    On était noirs.
    On était libres.
    On était les Black Panthers. »

    « Notre but est de combattre les maux d’une société qui n’a pas réussi à étendre la fraternité à tous ses membres! Ce qui ne veut pas dire que nous sommes contre le blanc, le bleu, le vert ou le jaune !
    Nous sommes contre le mal ! Nous sommes contre la discrimination, contre la ségrégation ! »

    « Je sais que vous vous demandez aujourd’hui « Combien de temps faudra-t-il encore ? » Je viens vous le dire ce soir ! Pour difficile que soit le moment, pour décevante que soit l’heure, ce ne sera pas long car la vérité, si elle est abattue, se relèvera toujours ! »

    « Nous croyons que ce gouvernement raciste nous a volés et nous demandons ce qui nous est dû, quarante acres et deux mules. Ce que l’on nous a promis, il y a cent ans, en réparation pour le travail des esclaves et l’acharnement meurtrier contre le peuple noir. Nous accepterons un paiement en argent, qui sera distribué à nos nombreuses communautés. Les Allemands aident aujourd’hui les Juifs en Israël. Les Allemands ont assassiné six millions de Juifs. L’Amérique a pris part à l’assassinat de plus de cinquante millions de Noirs, c’est donc une modeste requête que nous faisons. »

    Michaël Mention, né le 13 novembre 1979 à Marseille. Enfant, il se passionne pour le dessin. Adolescent, il réalise plusieurs bandes dessinées. Étudiant, il intègre un atelier d’écriture et rédige de nombreuses chroniques satiriques, avant d’écrire son premier roman qui paraît en 2008.
    Passionné de rock, de cinéma et d’histoire, sa trilogie policière consacrée à l’Angleterre a été récompensée par le Grand Prix du roman noir français en 2013 au Festival International du Film Policier de Beaune (Sale temps pour le pays), le Prix du polar lycéen d’Aubusson en 2014 (Sale temps pour le pays) et le Prix Transfuge Meilleur Espoir Polar 2015 (… Et justice pour tous).

    Depuis, il varie les univers, de la fresque sportive au survival en passant par le polar historique. Power est son dixième roman.

    Émotion, Drame, Histoire, Roman de terroir

    L’incroyable destin d’Aubeline de Lambersac

    de Jacquie Béal
    Broché – 18 novembre 2024
    Éditions : Terre de l’ouest

    Aubeline est la petite fille du marquis De Lambersac. Si après les événements de 1789, les campagnes conservent une relative tranquillité, la famine de 1792 incite bon nombre de paysans à prendre les armes contre leurs anciens maîtres. Les De Lambersac ne font pas exception.
    Lorsque les « Républicains » investissent le château de Saint-Crépin pour tout piller, le vieux marquis De Lambersac meurt, foudroyé par une crise cardiaque. Il laisse Aubeline sans protection et la contraint à l’exil.
    Cette Révolution, qui a bouleversé l’ordre établi, oblige la jeune femme à s’adapter et à se fondre dans la masse. Elle doit apprendre à survivre dans ce monde ravagé par la famine, les maladies, les dénonciations… La Terreur.

    Bien que ce roman se déroule durant l’une des périodes les plus terribles de l’Histoire de France, l’auteure nous régale en sublimant les relations humaines. Servi par une écriture limpide et fluide, ce texte nous emporte comme les lacis d’un torrent, tortueux et espiègle. Ces épreuves qui jalonnent le quotidien de l’héroïne vont contribuer à forger le caractère impétueux, mais rationnel, d’Aubeline De Lambersac.

    Il ne m’aura fallu que de quelques lignes pour être projeté plusieurs siècles en arrière.

    Révolution française.
    1er Vendémiaire, en l’an 1.
    La Bastille a été prise, les campagnes ont pris feu, Louis XVI a été amené devant la Convention pour son jugement, il sera bientôt exécuté. Le monde s’enlise davantage dans le malheur. Le peuple a grondé beaucoup trop longtemps, aujourd’hui il a faim. Les dénonciations se multiplient partout en France, tuant les nobles et, dans ce contexte chaotique, Aubeline peine à se protéger. Le désespoir frappe autant les citoyens, les drôles, les grisettes, les mendiants, au même titre que les ci-devants qui sont obligés de se dissimuler pour survivre. Tout le monde a le ventre vide, tout le monde a peur du lendemain. Seuls quelques renégats encore semblent encore profiter de la situation, mais cela ne sera que de courte durée.
    Mais finalement, cette nouvelle situation, à qui profite-t-elle réellement ?

    L’histoire du roman est structurée en trois parties qui se déroulent d’abord à Périgueux, puis à Paris, pour se conclure en Vendée. Avec une évolution flagrante de notre héroïne principale, attachante, intelligente mais surtout déterminée, Aubeline, petite-fille du marquis de Lambersac, a dû quitter le château de Saint-Crépin occupé par les Républicains, après le décès de celui-ce.
    Contrainte par le cours de l’Histoire, elle sera livrée à elle-même pour assurer sa survie. Aubeline ne sera pas la seule figure féminine de ce récit. Léonie, Marie, Adélaïde et bien d’autres femmes de caractère, ou à la langue bien aiguisée, m’ont accompagné le long de ma lecture, tantôt pour aider, tantôt pour détruire la jeune-fille courageuse et volontaire.

    Je me suis particulièrement attaché à Aubeline à sa simplicité à son intelligence, elle dégage énormément de choses…
    Au fil de sa pérégrination, elle prendra progressivement conscience des souffrances infligées à un peuple que l’on s’efforce d’assujettir entièrement.

    Un ouvrage d’une véracité saisissante que j’ai dévoré en quelques heures, où la vérité s’impose sans réserve, extrêmement enrichissant et captivant, il met en lumière toute la félonie et la cruauté des hommes qui ne recherchent uniquement que le pouvoir et la richesse, là où d’autres aspirent simplement à survivre.
    Après diverses vérifications, Danton, Robespierre et bien d’autres sujets abordés… Je constate une fois de plus que les livres d’Histoire ont négligé de nombreux détails !
    Pourquoi ne suis-je pas surpris…

    Au revoir Aubeline, je te souhaite une longue et heureuse vie…

    Décidément, Jacquie Béal a vraiment l’art et la manière de me plonger dans ses univers à chacun de ses romans, toujours passionnés, ancrés dans l’histoire. C’est le quatrième que je lis en l’espace de quelques mois, et c’est un nouveau coup de cœur ! C’est une auteure de grand talent, dont la diffusion n’est, à mon avis, pas suffisante du tout.
    Ne manquez pas de la lire, de la découvrir, elle le vaut vraiment !

    Un immense merci à toi Jacquie, pour ce merveilleux voyage dans le cœur de l’Histoire.

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « — Le mauvais sort n’a rien à voir avec tes croyances d’un autre âge. Le malheur vient de la folie des hommes, pas de la magie des sorciers !
    — Je veux pas vous contredire, notre maître, mais le chant du coucou, lui, il trompe jamais. C’est prouvé que le malheur frappe si on l’entend au sortir du sommeil, quand on a le ventre vide !
    — Il avait chanté ton coucou quand ils ont pris la Bastille ? »

    « En août 1789, je venais d’avoir treize ans. Les événements ne m’avaient pas perturbée outre mesure, bien au contraire. Quand les paysans étaient partis après avoir volé les papiers, ils s’étaient aussi emparés des livres et des feuillets qui servaient à mon instruction. Je détestais les leçons que m’imposait le vieux curé moralisateur choisi par mon grand-père et ne plus subir son enseignement me réjouissait. Peu de temps après, comme pour rendre mon bonheur plus complet, ce fut le curé qui disparut. »

    « Mon grand-père se leurrait en affirmant que le monde était devenu fou, car ce n’était pas la folie qui avait détruit l’ordre qu’il avait toujours connu, c’était l’injustice : trop de misère d’un côté et d’opulence de l’autre. Le vieux monde s’était avachi plus qu’il n’avait explosé. Il s’était comme ratatiné. »

    « Fière d’avoir de jolies robes et des souliers brodés, je ne réalisais pas que les autres petites filles, celles des métairies, m’observaient avec envie. Je prenais leur attitude pour une admiration qui m’était due, sans prendre conscience que c’était la misère dans laquelle ma famille les maintenait qui faisait d’elles ces êtres sales et rebutants. Incitée par l’exemple de mes grands-parents et les conseils de Léonie, j’aurais persisté à regarder de haut les plus démunis si mon oncle ne nous avait pas ruinés et si la révolution n’avait pas tout bouleversé. »

    Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

    Facebook: @jacquiebeal

    Émotion, Drame, Histoire, Témoignage

    La nuit

    de Élie Wiesel
    Poche – 11 janvier 2007
    Éditions : Les Éditions de Minuit

    Né en 1928 à Sighet en Transylvanie, Elie Wiesel était adolescent lorsqu’en 1944 il fut déporté avec sa famille à Auschwitz puis à Birkenau. La Nuit est le récit de ses souvenirs : la séparation d’avec sa mère et sa petite sœur qu’il ne reverra plus jamais, le camp où avec son père il partage la faim, le froid, les coups, les tortures… et la honte de perdre sa dignité d’homme quand il ne répondra pas à son père mourant. « La Nuit, écrivait Elie Wiesel en 1983, est un récit, un écrit à part, mais il est la source de tout ce que j’ai écrit par la suite. Le véritable thème de La Nuit est celui du sacrifice d’Isaac, le thème fondateur de l’histoire juive. Abraham veut tuer Isaac, le père veut tuer son fils, et selon une tradition légendaire le père tue en effet son fils. L’expérience de notre génération est, à l’inverse, celle du fils qui tue le père, ou plutôt qui survit au père. La Nuit est l’histoire de cette expérience. » Publié en 1958 aux Éditions de Minuit, La Nuit est le premier ouvrage d’Elie Wiesel qui est, depuis, l’auteur de plus de quarante œuvres de fiction et de non-fiction. Aux États-Unis, une nouvelle traduction, avec une préface d’Elie Wiesel, connaît depuis janvier 2006 un succès considérable. C’est cette nouvelle édition que nous faisons paraître.

    Parfois l’écriture de certains Ressentis est plus complexe que d’autres.

    Celui-ci ne sera jamais arrivé jusqu’au bout.
    Elie Wiesel a déjà tout dit, je ne trouve pas de mots à ajouter.
    Ou peut-être simplement une phrase.

    “Ne jamais oublier…”

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit de camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois ver-rouillée.
    Jamais je n’oublierai cette fumée.
    Jamais je n’oublierai les petits visages des enfants dont j’avais vu les corps se transformer en volutes sous un azur muet.
    Jamais je n’oublierai ces flammes qui consumèrent pour toujours ma foi.
    Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui m’a privé pour l’éternité du désir de vivre.
    Jamais je n’oublierai ces instants qui assassinèrent mon Dieu et mon âme, et mes rêves qui prirent le visage du désert.
    Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui-même.
    Jamais. »

    « Le vieillard murmura encore quelque chose, poussa un râle et mourut, dans l’indifférence générale. Son fils le fouilla, prit le morceau de pain et commença à le dévorer. »

    « – Pourquoi pleures-tu en priant ? me demanda-t-il, comme s’il me connaissait depuis longtemps.
    – Je n’en sais rien, répondis-je, fort troublé.
    La question ne s’était jamais présentée à mon esprit. Je pleurais parce que… parce que quelque chose en moi éprouvait le besoin de pleurer. Je ne savais rien de plus. »

    « Lorsque les trois jours furent passés, nouveau décret : chaque Juif devrait porter l’étoile jaune.
    Des notables de la communauté vinrent voir mon père – qui avait des relations dans les hautes sphères de la police hongroise – pour lui demander ce qu’il pensait de la situation. Mon père ne la voyait pas trop noire – ou bien il ne voulait pas décourager les autres, mettre du sel sur leurs blessures :
    – L’étoile jaune ? Eh bien, quoi ? On n’en meurt pas… »

    « Je les vis s’éloigner ; ma mère caressait les cheveux blonds de ma sœur, comme pour la protéger et moi, je continuais à marcher avec mon père, avec les hommes. Et je ne savais point qu’en ce lieu, en cet instant, je quittais ma mère et Tzipora pour toujours. »

    « Tant d’événements étaient arrivés en quelques heures que j’avais complètement perdu la notion du temps. Quand avions-nous quitté nos maisons ? Et le ghetto ? Et le train ? Une semaine seulement ? Une nuit – une seule nuit ?
    Depuis combien de temps nous tenions-nous ainsi dans le vent glacé ? Une heure ? Une simple heure ? Soixante minutes ?
    C’était sûrement un rêve. »

    « Qu’es-Tu, mon Dieu, pensais-je avec colère, comparé à cette masse endolorie qui vient Te crier sa foi, sa colère, sa révolte ? Que signifie Ta grandeur, maître de l’Univers, en face de toute cette faiblesse, en face de cette décomposition et de cette pourriture ?
    Pourquoi encore troubler leurs esprits malades, leurs corps infirmes ? »

    « Ils avaient inscrit son numéro sans qu’il s’en aperçût.
    – Que va-t-on faire ? dis-je angoissé.
    Mais c’est lui qui voulait me rassurer :
    – Ce n’est pas encore certain. Il y a encore des chances d’y échapper. Ils vont faire aujourd’hui une seconde sélection… une sélection décisive…
    Je me taisais.
    Il sentait le temps lui manquer. Il parlait vite : il aurait voulu me dire tant de choses. Il s’embrouillait dans ses mots, sa voix s’étranglait. Il savait qu’il me faudrait partir dans quelques instants. Il allait rester seul, si seul… »

    « Un jour je pus me lever, après avoir rassemblé toutes mes forces. Je voulais me voir dans le miroir qui était suspendu au mur d’en face. Je ne m’étais plus vu depuis le ghetto.
    Du fond du miroir, un cadavre me contemplait.
    Son regard dans mes yeux ne me quitte plus. »

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Elie Wiesel était un écrivain et un penseur prolifique. Après La Nuit, il écrivit plus de 40 livres récompensés par de nombreux prix littéraires, notamment :

    • le Prix Médicis pour Le Mendiant de Jérusalem (1968),
    • le Prix du Livre Inter pour Le Testament (1980),
    • le Grand Prix de Littérature de la ville de Paris pour Le cinquième fils (1983)

    Il rédigea également ses mémoires. Le premier volume est intitulé Tous les fleuves vont à la mer (1995). Le second s’appelle Et la mer n’est pas remplie (1999).

    En 1978, le président américain Jimmy Carter nomma Elie Wiesel directeur de la Commission présidentielle sur l’Holocauste. Celui-ci en rédigea le rapport, qui recommandait que le gouvernement américain établisse un musée-mémorial de la Shoah à Washington, DC.

    En 1980, Elie Wiesel devint le président fondateur du Conseil du mémorial américain de l’Holocauste (United States Holocaust Memorial Council), chargé de mettre en œuvre les recommandations de la commission. Elie Wiesel pensait que le musée commémoratif américain l’Holocauste devait servir d’« espace commémoratif vivant » et encourager les générations présentes et futures à lutter contre la haine, prévenir les génocides, et défendre la dignité humaine.

    En 1992, Elie Wiesel devint le président fondateur de l’Académie universelle des cultures à Paris, une organisation de défense des droits de l’homme.

    Pour ses efforts en faveur des droits de l’homme et de la paix dans le monde, Wiesel reçut la médaille présidentielle de la liberté, la médaille d’or du Congrès et la médaille de la liberté des États-Unis, ainsi que, en France, le rang de grand-croix de la Légion d’honneur. Il reçut également plus d’une centaine de diplômes honoraires d’établissements d’enseignement supérieur.

    En 1986, Elie Wiesel reçut le prix Nobel de la paix.

    Histoire, Polar historique, Suspense

    La Malédiction de Rocalbes

    Une enquête d’Hippolyte Salvignac****
    de Philippe Grandcoing
    Broché – 9 mars 2023
    Éditions : de Borée

    Quelle idée saugrenue de vouloir acheter un château en Périgord ! Le séjour d’Hippolyte Salvignac aux Eyzies va rapidement tourner au cauchemar. Les meurtres se succèdent, tandis qu’archéologues français et étrangers se livrent une guerre impitoyable pour le contrôle des sites. Et pour corser le tout, le château de Rocalbes semble abriter de lourds secrets de famille. Hippolyte aura bien besoin du soutien du clan Salvignac, de son impétueuse compagne Léopoldine et des talents de l’inspecteur Lerouet pour démêler l’écheveau de ces multiples mystères.

    Dans ce cinquième volet de la série des “Enquêtes d’Hippolyte Salvignac”, Philippe Grandcoing illustre avec précision le décor et l’ambiance éclatante et délicieuse de la vallée de la Vézère, reconnue comme la capitale mondiale de la préhistoire en 1910, à l’apogée de l’engouement pour les sites préhistoriques, plus précisément au village des Eyzies. Cela permet une immersion immédiate dans ce récit où se côtoient personnages réels et fictifs. On ressent le soin des détails historiques et le sérieux travail de recherche en amont.

    Hippolyte Salvignac, marchand d’antiquités de la “Belle Époque” résidant à Paris, ayant de la famille dans le Lot, va se retrouver en Périgord au cœur de fouilles et de commerces illégaux…

    Ancien notaire, Aristide, le père d’Hippolyte, envisage d’acheter un château ainsi que les fermes voisines en tant qu’investissement pour son fils. Au cours de leur première visite sur le site, le père, le fils et sa compagne Léopoldine, qui se refuse au mariage officiel, vont se heurter à des manœuvres d’intimidation pour le dissuader de son projet d’achat. Le château en question serait hanté et renfermerait un trésor. Y aurait-il un intérêt assez grand pour expliquer les récents décès mystérieux ?

    Durant cette période marquée par une abondance de découvertes archéologiques, la région se présente comme un point de rencontre incontournable pour les chercheurs, qu’ils soient célèbres ou pas. On vient de tous les horizons pour se disputer la plus grande part de gloire ou de richesse, jusqu’à une explosion d’assassinats dans les chantiers de fouille. 
Otto Hauser, un hôtelier et marchand d’art, est considéré comme “LE” suspect idéal. Mais, pour le clan Salvignac et l’inspecteur Lerouet, appelé à la rescousse, la situation s’avère être beaucoup plus compliquée qu’elle n’en a l’air. Finalement, personne ne semble totalement innocent, chacun des suspects détenant une partie de la vérité.

    Tout comme la ruée vers l’or en Amérique, c’est la loi du plus agressif, du plus sournois et du plus vaniteux qui domine. Philippe Grandcoing prend son plaisir en alimentant notre soif d’aventures !

    Au fil des volumes, les personnages se développent, les complicités s’approfondissent, en particulier entre Hippolyte et Léopoldine, ce qui n’est pas pour me déplaire. La jeune peintre talentueuse a du caractère et on l’aime pour ça. Déjà présente dans le volume précédent, à la fois séduisante et maline, c’est une militante de l’émancipation féminine qui représente avec détermination ce mouvement embryonnaire qui va se développer pendant la Première Guerre mondiale avec l’absence des hommes.

    Une enquête captivante qui m’a tenu en haleine tout au long du récit se déroulant à une époque où le progrès dans tous les domaines semble désormais inévitable.

    Un grand merci à Virginie, des éditions de Borée, pour toutes ces aventures dont je ne me lasse pas !

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « L’HOMME SE RETOURNA. Personne ne le suivait. Les toits pentus des maisons blotties au pied de la falaise se découpaient dans la pâle clarté du clair de lune. Heureusement, la masse sombre de l’église l’enveloppait de son ombre. Une seule lumière brillait encore à une fenêtre, celle du presbytère. Ce fichu curé ne dormait-il donc jamais ? »

    « C’est une vraie mine d’or. Heureux celui qui a trouvé un riche filon. Il fera fortune. Surtout s’il met la main sur quelques pépites. Il y a de ça quelques mois, Hauser a vendu un squelette entier à un musée de Berlin. Il paraît qu’il en a tiré deux cent mille francs. Vous imaginez ? Deux cent mille francs ! Cent fois le salaire annuel de Peyrony ! Et maintenant, ce sont les Américains qui débarquent. Ils raflent tout ce qu’ils peuvent. Il paraît même qu’ils ont fait découper dans la roche des sculptures pour les expédier à New York ou ailleurs.
    — Quel scandale ! Je ne comprends pas que la France ne s’y oppose pas. »

    « Il continua à leur expliquer que les découvertes les plus récentes avaient confirmé les intuitions des premiers préhistoriens un demi-siècle plus tôt. Des hommes avaient vécu ici en même temps que des espèces animales aujourd’hui disparues. Ils avaient fabriqué des objets de plus en plus élaborés et su exploiter toutes les ressources que leur offrait la nature. L’humanité avait donc évolué, physiquement et intellectuellement, durant des millénaires, tout comme le climat, la faune et la flore. Il n’était plus possible d’imaginer un monde créé une fois pour toutes, tel que le décrivait la Bible, ni même d’envisager une première humanité détruite au moment du Déluge. »

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

    Publications
    Ouvrages historiques et scientifiques

    • Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
    • La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
    • Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
    • Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

    Romans de la série Salvignac

    Ouvrages collectifs

    • 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
    • Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
    • L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
    • Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
    • Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
    • Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
    • Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
    • Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
    • Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
    • Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
    • Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
    • Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
    • Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
    • Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
    • Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
    • Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
    • Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
    • Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
    • Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
    • Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
    • La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
    • Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
    • L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

    Publications diverses

    • Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

    Drame, Histoire, Noir, Roman, Thriller psychologique

    Le onzième châtiment

    de Tristan Marco
    Broché – 11 septembre 2019
    Éditeur : Auto-édition

    • Bandeau_Intro_2 copie.jpg

    “Qui oserait envisager qu’une poignée d’individus arrogants et cupides puissent jouer avec le destin des peuples comme on joue à la dinette ?”

    Cassius Belly est vivant.
    La nouvelle suscite à ce point l’inquiétude qu’elle réunit en urgence dans un motel miteux du Nevada, le chef d’une importante agence du Renseignement américain, une éminente chercheuse en immunologie et un haut fonctionnaire suisse.
    Vingt ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Vingt ans qu’ils le croyaient mort. Le doute qui se distille en eux comme un poison va les contraindre à revisiter un passé que tous s’étaient jurés de ne jamais déterrer.
    Entre le Congo Belge de 1958 et le Paris des années 80, les pièces du puzzle s’assemblent, laissant entrevoir les contours d’une chimère.
    Lorsque la vérité menace de sortir de l’ombre, lorsque les histoires d’amour sont à ce point contrariées, chacun doit faire face à ses démons, ses incohérences et ses faiblesses.

     

    2024-105_Marco Tristan - Le onzième châtiment

     

    La littérature à cela de magnifique… On ne sait jamais où elle nous emmènera !

    Le onzième châtiment est un roman fort, dur et très actuel. La recherche d’influence, le pouvoir à tout prix, la position de l’Église et des États face au peuple, les mensonges et les dissimulations diverses.
    Après Le sang de la licorne et L’étrange cohérence du sablier, je me doutais que ce troisième roman risquait de me plaire. Il est allé bien au-delà.

    De nombreuses phrases m’ont marqué durant ma lecture, mais il en est une qui m’a saisie de par son évidence et qui résume assez bien là où veut nous mener l’auteur.
    « Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir. »

    Un roman très équilibré entre deux époques, le Congo Belge en 1958 et Paris, dans le quartier de Pigalle, en 1980. Tristan, dans son histoire très crédible et addictive, nous propose des personnages qui tiennent vraiment le roman. Ils sont tantôt complexes et profonds avec leurs côtés sombres, tantôt faillibles et blessés, mais toujours menés avec habileté, les différents indices de l’histoire eux se dévoilent petit à petit, faisant littéralement exploser le récit au moment où je m’y attendais le moins. Tout est parfaitement maîtrisé.

    Il m’est impossible de développer plus, de peur de trop en dire sur l’intrigue globale et mondiale proposée par Tristan.
    Ce que je peux encore ajouter, c’est que Tristan est un grand auteur. En plus de capter ses lecteurs avec des récits prenants, des sujets gravitent toujours entre les frontières ô combien complexes de la violence, de la maltraitance et de l’amour et la bienveillance… Il ose pénétrer dans les “malaises” de l’humanité, des hommes de pouvoir et de ses “décideurs”.

    Merci Tristan pour ce beau roman !

    ÷÷÷÷÷÷÷

    Extraits :

    « Il entre dans le motel et se dirige vers le fond d’une salle tout en longueur aux grandes baies vitrées. Une femme blonde, la cinquantaine, est déjà installée à une table et l’attend devant un café fumant. Il s’avance jusqu’à elle et la gratifie d’un baisemain.
    — Le temps n’exerce aucun effet sur vous, Merry. »

    « Souvent, il m’est arrivé de m’interroger sur le sens de tout cela. Sur le sens de ce chaos qui a toujours sévi en moi. J’ai enduré maintes souffrances physiques, psychiques… infligé tant de blessures à mon âme.
    C’est maintenant que je suis sur le plongeoir, prêt à faire le grand saut vers l’inconnu, que je ressens cette urgence de me poser un instant pour réfléchir à cette existence. À toi… à moi… à lui.
    La vie est faite d’intervalles, ma toute belle.
    Elle est un livre où s’intercalent des pages de petits bonheurs au milieu de chapitres de souffrances. »

    « “Ils représentent l’avenir de l’humanité”, martèle sans cesse le docteur Kendal avec une obstination conférant au déni. Quel meilleur moyen de justifier les sévices répétés que l’on fait subir à des animaux que d’invoquer une grande cause. »

    « Le silence n’est pas un luxe. Il s’avère parfois une absolue nécessité. Juste pour récupérer de ces coups de barre à mine qui viennent de briser Meredith à tout jamais… qui viennent de briser l’adulte… le médecin… la femme.
    — Est-ce que je peux retourner jouer, à présent ?
    interroge l’enfant.
    Le temps suspend sa course. Le malaise d’un haut-le-cœur nauséeux s’empare de l’Américaine. Elle demeure immobile, ébranlée. Anéantie par ce récit morbide, insupportable. Bouleversée par cette aptitude à vivre, ou plutôt à survivre. L’absence totale d’émotions de Divine confine à l’irrationnel. »

     

    Né le 27 mars 1971, Tristan Marco a exercé pendant plus de vingt années le métier de pilote d’hélicoptères, spécialisé dans le sauvetage en mer, comme en montagne. Il est à présent pilote Garde-côtes.

    Son premier roman, L’étrange cohérence du sablier (2018), est témoin d’une urgence intérieure de faire partager ses ressentis et son univers, au travers d’un thriller métaphysique.
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/06/letrange-coherence-du-sablier/

    Vient ensuite Le onzième châtiment (2019), un thriller politique et d’aventures qui fait voyager le lecteur entre le Congo Belge juste avant son indépendance, et le Paris des années 80.

    Le sang de la licorne (2023)
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/04/18/le-sang-de-la-licorne/
    Un polar noir dans lequel deux officiers de gendarmerie se débattent dans une enquête sordide et une course contre la montre pour appréhender un mystérieux tueur en série qui laisse systématiquement sur le lieu du crime des huiles sur toiles aux accents bibliques.

    Facebook :
    https://www.facebook.com/tristanmarcoauteur/

    Instagram :
    https://www.instagram.com/tristan.marco.auth/

    Émotion, Drame, Histoire, Poésie, Roman

    Madelaine avant l’aube

    de Sandrine Collette
    Broché – 21 août 2024
    Éditions : JC Lattès

    • Bandeau_Intro_2 copie.jpg

    C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
    Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
    Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

    Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.

    « Sandrine Collette s’élève au sommet de son art. »
    Le Parisien

    « Tout simplement impressionnant »
    Lire Magazine littéraire

    « Un roman intense et terrible »
    Femme Actuelle

    « La romancière est au sommet de son art. »
    Version Femina

    « Éblouissant »
    Point de Vue

    « Artisane d’une écriture mêlant tournures incantatoires et mots rugueux, sensations précises comme des coupures, images vives, nature puissante, Sandrine Collette fait tourbillonner les éléments du décor et les pantins qui l’habitent en un ballet macabre, captivant, tandis que les planètes s’alignent pour précipiter ce petit monde dans le chaos. »
    Le Point

    « Un génial tour de force »
    La Vie

    « Ce texte déborde de vie »
    Télérama

    « Une écriture magnifique »
    Madame Figaro

    « Notre Goncourt à nous. »
    Le Parisien

    « Une grande réussite »
    Le Monde des Livres

    « Un talent hors pair de raconteuse d’histoires »
    L’OBS

    « Un roman magistral »
    Version Fémina

     

    • Couv_2024-104_Collette Sandrine - Madelaine avant l'aube.jpg

     

    C’est le septième roman de Sandrine Collette qui passe entre mes mains.
    Sandrine, pour moi fait partie des autrices qui ont su s’affranchir d’une certaine bienveillance pour aller vers une prose personnelle, parfois choquante, parfois très poétique. Je ferme mon livre en me disant qu’encore une fois, elle nous offre une sacrée évasion littéraire…

    Ce roman est un peu comme une ode. Une ode à la puissance de la nature, une ode à la famille, à l’histoire des paysans et tout simplement à la vie, dans un monde où les hommes et les femmes vivent courbés face à leurs maîtres. Ici, le droit de cuissage n’est pas une “légende”, il est la peur que ressentent toutes les femmes et toutes les jeunes filles. La vie est très dure, et les intempéries qui pourrissent les cultures n’arrangent rien à la faim qui est leur quotidien dans le hameau où ils vivent, que l’on ne peut situer ni dans le temps, ni dans les lieux. Tout ce que l’on sait, c’est que la vie est dure, très dure…
    Et un jour, Madelaine, petite fille abandonnée, apparaît dans le hameau. Elle sera accueillie avec beaucoup de bienveillance par deux sœurs jumelles, Ambre et Aelis. Bran, le narrateur du récit, et personnage emblématique, voit tout de suite en Madelaine, une fille différente qui n’a peur de rien et est capable de s’imposer malgré son jeune âge face aux hommes. Bran l’aime et lui sera fidèle jusqu’au bout…

    L’histoire est magnifique, et à un moment de ma lecture, je me suis rendu compte que Sandrine, par une ponctuation particulière, des phrases sans verbe, ou “presque” incomplètes, nous obligeait à créer une sorte de liens, de trouver nos propres mots pour avancer dans le récit !
    Rien que pour ça, ce livre mérite votre attention, on est obligé d’entrer ainsi dans les pensées de l’autrice…

    Récit prenant jusqu’aux entrailles, récit coup de poing et bouleversant qui sort des lieux communs et qui a élargi mon horizon… Encore une fois Sandrine frappe là où je ne l’attendais pas, mais quel plaisir…
    Coup de cœur pour Madelaine, même si je ne sais toujours pas si elle m’a mené vers la lumière ou la noirceur, vers une suite… peut-être ?

    ÷÷÷÷÷÷÷
    Extraits :

    « La terre frémit sous leur pas lourd. Ils se hâtent, de cette lenteur presque hypnotique des grands corps épuisés après une journée de labeur – interrompue bien avant l’heure, quand l’enfant est venu. Ils vont côte à côte l’homme et le cheval, puant l’un et l’autre la sueur séchée sur leur peau rugueuse, le premier essuie la poussière qui fait du gris sur son front et l’autre secoue la tête pour se débarrasser des mouches. L’enfant marche devant, se retourne pour les attendre. Il ne dit rien, mais tout dans son attitude trahit son impatience. »

    « Nous vivons au bout du monde. Le fleuve Basilic serpente sur toute la frontière de notre région, la coupant du reste de l’univers. De notre côté de la rivière, il y a quelques marais et puis en retrait, le village et derrière le village des fermes éparses comme celle de Rose, qui fait partie de cet ensemble de trois maisons qu’on appelle les Montées. Il y a des forêts et il y a des champs, et encore loin après, tout cela s’étiole et se termine par une montagne de lave presque verticale que personne ne s’est jamais aventuré à gravir. »

    « Aelis et Ambre ont été inséparables, enfants. Elles n’avaient pas les mots pour parler d’âme-sœur pourtant il n’y en avait pas d’autre, deux petites filles n’en faisant qu’une tant leur communion d’esprit était forte, deux petites filles qui se suivaient telles des ombres, reproduisant exactement les gestes l’une de l’autre sans s’être copiées ni concertées, jusqu’au son de leur voix que leur mère ne différenciait pas. À elles deux, elles avaient créé un monde. Elles se suffisaient à elles-mêmes, ignorantes des regards qu’on leur jetait soit parce que leur ressemblance sidérait, soit parce que leur beauté fascinait. Elles inventaient des histoires qu’elles étaient seules à comprendre et qui ne faisaient rire qu’elles. Leur enfance fut un temps de partage et de bonheur. »

    « L’hiver est passé sur le chagrin de Madelaine. Comme pour les hommes, la mort du chien est devenue invisible. On n’a plus le temps, ni la force. De plus en plus, les pensées sont obnubilées par la nécessité de se mettre quelque chose d’infime sous la dent chaque jour, cela a l’aigreur et l’acuité des poignards fouaillant les corps, la sensation est physique, terriblement réelle, tellement que lorsque les hommes ont crevé, on les a à peine pleurés. »

     

    Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
    Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar Une brume si légère, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
    Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans Six fourmis blanches (2015).

    Il reste la poussière (2016) obtient le Prix Landerneau du polar.
    En 2017 paraît Les larmes noires sur la terre.

    Son huitième roman, Et toujours les forêts, une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

    Elle partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

    Animal
    https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/19/animal/

    Juste après la vague
    https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/10/juste-apres-la-vague-de-sandrine-collette/

    Et toujours les Forêts
    https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/08/et-toujours-les-forets/