Drame, Suspense, Thriller psychologique

Obsessions

de Émilie Chani
Broché – 15 janvier 2026
Éditeur : Éditions Taurnada

Et si traquer la vérité réveillait nos propres démons ?

1995. Un corps est retrouvé, soigneusement mis en scène. Rien d’un crime ordinaire.
D’autres morts suivent, toutes marquées par des détails troublants.
Pour le commandant Victor Dufresne, l’affaire devient obsessionnelle. Derrière chaque indice, il devine un fil invisible, une histoire ancienne qui remonte à la surface.
Mais à mesure qu’il approche de la vérité, il se heurte à ses propres failles…

Ce roman explore les cicatrices invisibles, les liens d’emprise et la frontière fragile entre victime et coupable.

Découvrir une nouvelle plume est toujours pour moi un vrai bonheur. Mais tomber, dès un premier roman, sur une telle maîtrise narrative, une construction aussi fine, des personnages aussi profondément travaillés et un final aussi éblouissant… là, je dis simplement : chapeau bas. Obsessions d’Émilie Chani m’a littéralement scotché, du début à la fin.

Comme une araignée patiente et redoutable, l’auteure tisse sa toile avec une précision impressionnante. L’enquête policière, pourtant menée avec brio, s’est rapidement retrouvée pour moi au second plan, tant la dimension psychologique et humaine du récit s’imposait avec force. Nous sommes dans les années 80. Nina est une enfant meurtrie. Son père, ravagé par l’alcool, devient violent, jusqu’à commettre l’irréparable. Condamné à la prison ferme, il laisse derrière lui une fillette brisée, recueillie par des grands-parents incapables de lui offrir l’amour dont elle a tant besoin, pour une simple et bonne raison, ils ne l’aiment pas.

À l’école, Nina est montrée du doigt, rejetée, stigmatisée comme “la fille du prisonnier”. Même Thomas, qui s’était timidement rapproché d’elle, finit par s’éloigner par peur d’être humilié à son tour. Nina est seule, perdue, enfermée dans sa souffrance. Quelques années plus tard, sa rencontre avec Valentine lui offrira peut-être une chance de se reconstruire… ou du moins de respirer à nouveau…

En parallèle, en 1995, le commandant Victor Dufresne se voit confier une enquête sur plusieurs meurtres troublants. Sa hiérarchie, lassée de son obsession du détail, veut classer l’affaire rapidement. Le coupable est déjà trouvé. Mais Victor doute. Et ce doute va l’engloutir, l’obséder, jusqu’à mettre sa propre vie en danger.

Émilie Chani m’a emmené dans son univers avec une intelligence redoutable.
J’ai aimé me faire manipuler, croire deviner la trame, pour être sans cesse surpris par un rebondissement, un détail, un changement de perspective. Tragique, précis, nostalgique, psychologiquement violent, intimiste et terriblement efficace, ce roman m’a forcément marqué.

Obsessions est pour moi un grand coup de cœur, mon premier de 2026.
Émilie, une auteure à suivre de très près. Je n’en manquerai pas sa prochaine parution.

Un grand merci aux Éditions Taurnada.
Décidément, concentrer autant de talents sous une même bannière relève presque de l’obsession… et j’adore ça !

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Extraits :

« Faites que ça s’arrête…
Je vous en prie, faites qu’il parte, qu’il s’endorme, qu’il oublie qu’on existe…
Je veux disparaître. Je veux qu’on m’emmène loin d’ici.
Les prières silencieuses de Nina se perdaient dans le vide. Chaque soir, elle suppliait une force invisible : un dieu, un ange, n’importe quoi qui pourrait la sortir de là. Mais il n’y avait jamais de réponse. Seulement les disputes qui fendaient les murs jaunis, les objets lancés, les jurons crachés comme des coups. »

« La mère de Nina était une femme douce, mais meurtrie. Elle avançait dans la vie comme une funambule sur un fil trop mince, vacillant entre espoir et résignation, entre l’amour qu’elle portait à sa fille et l’impuissance qui l’enchaînait à un homme qu’elle ne parvenait pas à quitter.
Nina l’observait depuis toujours. Petite, elle s’accrochait à sa tendresse comme à un phare dans la nuit, guettant ses rares éclats de bonheur, ces moments volés où Marie semblait redevenir légère. Parfois, en cuisinant, elle chantonnait une vieille chanson de Barbara ou de Reggiani. Pendant ces instants suspendus, Nina croyait que tout allait bien. »

« Son regard s’orienta sur la pile de dossiers entassés à sa droite. Ce meurtre lui avait semblé anodin jusqu’à présent, mais ce détail le troublait. Il devait vérifier s’il existait un lien. Il écarta les papiers superflus d’un geste nerveux, cherchant le dossier correspondant.
L’urgence de la découverte lui mettait les nerfs à vif.
Il lui fallut moins d’une minute pour le trouver. Il l’ouvrit. Et s’arrêta net.
Le défunt a été retrouvé allongé sur le dos, la main droite posée sur le cœur. »

« Il y avait toujours un moment, juste avant de franchir la porte d’une scène de crime, où tout basculait.
L’air semblait plus lourd. Le silence plus pesant. Victor le savait. Il en avait connu des dizaines, mais ce soir-là, une étrange sensation le traversait : celle d’être déjà venu ici.
C’était absurde. Il n’avait jamais mis les pieds dans cet immeuble, jamais enquêté dans ce quartier. Pourtant, une impression fugace mais insistante lui serrait la poitrine. Dans l’air, quelque chose d’invisible rôdait, comme un avertissement silencieux. »

Émilie Chani est enseignante. Passionnée de littérature, elle explore les zones d’ombre, les liens ambigus, les silences qui en disent long.

Son premier roman Obsessions sort en janvier 2026.

Polar, Suspense, Thriller historique

La conspiration Hoover

de Steve Berry,
Broché – 11 octobre 2018
Éditeur : Cherche Midi

De conspirations occultes en révélations explosives :
Cotton Malone défie l’histoire officielle !

2000. Officier de marine, Cotton Malone est recruté par le ministère de la Justice pour récupérer au fond des mers une pièce de collection extrêmement rare. Celle-ci doit servir de monnaie d’échange pour obtenir d’un ancien opérationnel de la CIA des dossiers secrets relatifs aux agissements occultes du FBI dans les années 1960.

    Alors que se dessine l’implication d’une branche clandestine du FBI dans un assassinat qui, en 1968, a bouleversé l’histoire, Malone est engagé dans une quête périlleuse, semée d’intrigues et de complots. Au centre de la toile, la figure d’Edgar J. Hoover, dont les secrets sont aussi nombreux qu’inavouables.

    Dans cette douzième aventure, Cotton Malone se remémore la création de la division Magellan, branche secrète du ministère de la Justice, et sa première enquête au sein de celle-ci. Les nombreux fans de Steve Berry ne seront pas déçus !

    Avec La Conspiration Hoover, Steve Berry, une fois encore, a réussi à m’embarquer dans une intrigue aussi dense que captivante.
    Dès les premières pages, je me suis laissé happer par ce récit où l’Histoire réelle sert de socle à une mécanique romanesque redoutablement efficace.

    L’auteur s’appuie ici sur un événement majeur et tragique. L’assassinat du leader noir pacifiste, Martin Luther King, survenu il y a un peu plus de cinquante ans aux États-Unis. Un fait historique lourd de sens, encore aujourd’hui chargé d’ombres et de questions. L’auteur s’en empare avec intelligence pour bâtir un thriller solide, nerveux, au rythme soutenu, où les scènes s’enchaînent avec une fluidité presque cinématographique.

    Ce roman marque aussi une différence notable avec les précédents. La narration se concentre sur un Cotton Malone à ses débuts, bien avant les missions que nous lui connaissons. On le découvre intégré, le temps d’une opération, aux rangs de la CIA, tandis que se dessine en filigrane la genèse de l’unité Magellan. Le FBI, Hoover, la lutte pour les droits civiques… tout converge vers une toile complexe faite de secrets, de manipulations et de zones grises.

    Steve Berry raconte cette histoire comme une conspiration, qui retient l’attention et questionne, au sens le plus troublant du terme. Et le doute s’installe. Où s’arrête la réalité ? Où commence la fiction ? Les notes finales de l’auteur, d’une grande honnêteté intellectuelle, m’ont permis d’apprendre plusieurs choses historiques fort intéressantes permettant d’y voir plus clair, sans jamais briser le plaisir de la lecture.

    Les chapitres courts imposent un tempo effréné. On court, on tire, on fuit, on complote, on explose, puis on recommence. Steve Berry maîtrise parfaitement les codes du thriller, et il les exploite avec une efficacité redoutable.

    Pour ma part, je reste totalement accro à ses romans, toujours à la frontière du réel et de l’imaginaire. J’ai particulièrement apprécié le travail de recherche autour des dossiers secrets du FBI et de ses pratiques parfois très éloignées de toute éthique.

    Une nouvelle aventure de Cotton Malone, haletante et troublante, que j’ai refermée avec l’envie immédiate d’y revenir.

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    Extraits :

    « Quelle ironie si cette histoire commencée par une mort violente devait se conclure par une autre mort, comme cela paraît désormais vraisemblable. »

    « Tout en tirant sur mes bras pour descendre vers la mallette noire, je fis appel à mon fameux don pour «garder l’esprit clair en toutes circonstances» et décidai de nouer l’amarre autour de l’objet plutôt que de faire supporter par sa poignée son poids surprenant, qui demeurait un mystère. Faire mon travail sans maîtriser tous les paramètres n’était pas une nouveauté pour moi. Peu d’accusés se confiaient en effet sans réserve à leur avocat dans une cour martiale, surtout quand celui-ci était lui-même officier. J’avais par conséquent l’habitude de me contenter de demi-vérités, voire de mensonges purs et simples. Mais la vérité finissait toujours par s’imposer, et je partais du principe que ce serait aussi le cas cette fois-ci.
    Ce qui était bien naïf de ma part. »

    « Je rouvris les yeux.
    Je n’avais pas reçu un tel coup depuis un match de foot qui avait dégénéré, deux étés plus tôt. J’avais un mal de tête carabiné. Où étais-je ? Dans un bateau, sans doute, à en juger par le grondement de moteur et le balancement familier.
    Les supputations se bousculaient dans mon cerveau embrumé. Comme je l’avais pensé avant de me faire estourbir dans l’eau, les gens qui s’en étaient pris à moi n’avaient pas l’intention de me tuer.
    Du moins pour le moment. »

    « “Mon travail consiste à garder des secrets, dit-il. Le pays a toujours eu besoin de gens comme moi pour cacher ce qui doit l’être. Vous êtes bien conscients, je suppose, que toute cette affaire est classée ultra-confidentielle.
    – Comment ces documents ont-ils pu être classés secrets ? objectai-je. Ils proviennent de Cuba.
    – Ils ont été élaborés lors d’une opération du FBI connue sous le nom de Pion du Fou, qui faisait partie du programme
    COINTELPRO.”
    Pion du Fou. COINTELPRO… Toujours les mêmes mots qui revenaient.
    “Hoover tenait à ce que tout soit consigné par écrit. Et quand je dis tout, c’est absolument tout.” »

    Steve Berry étudie le droit à l’Université de Mercer à Macon. Il est ensuite avocat et plaide pendant une trentaine d’années avant d’occuper de hautes fonctions dans la magistrature pour 14 ans. Il est un membre fondateur de l’International Thriller Writers, une association de plus de 2600 auteurs de romans policiers de partout dans le monde, dont il est co-président pendant trois ans.

    En 1990, il se lance dans l’écriture. En 2000 et 2001, il remporte le prix Georgia State Bar Fiction Writing Contest. En 2003, son premier roman, Le Musée perdu (The Amber Room), paraît chez l’éditeur Ballantine Books. Depuis, il a publié plusieurs thrillers, qui sont devenus autant de best-sellers.

    À partir de 2006, il amorce la série des aventures de Cotton Malone.

    La Quatorzième Colonie
    https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/18/la-quatorzieme-colonie-de-steve-berry/

    Le Manuscrit cathare (2021)
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/04/20/le-manuscrit-cathare/

    Le Musée secret (2022)
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/04/21/le-musee-secret/

    Drame, Histoire, Polar historique, Roman, Sciences, Suspense

    Le Bureau des affaires occultes

    de Éric Fouassier
    Broché – 28 avril 2021
    Éditeur : Albin Michel

    Prix Maison de la Presse 2021

    Automne 1830, dans un Paris fiévreux encore sous le choc des Journées révolutionnaires de juillet, le gouvernement de Louis-Philippe, nouveau roi des Français, tente de juguler une opposition divisée mais virulente.
    Valentin Verne, jeune inspecteur du service des moeurs, est muté à la brigade de Sûreté fondée quelques années plus tôt par le fameux Vidocq. Il doit élucider une série de morts étranges susceptible de déstabiliser le régime.
    Car la science qui progresse, mêlée à l’ésotérisme alors en vogue, inspire un nouveau type de criminalité. Féru de chimie et de médecine, cultivant un goût pour le mystérieux et l’irrationnel, Valentin Verne sait en décrypter les codes. Nommé par le préfet à la tête du « bureau des affaires occultes », un service spécial chargé de traquer ces malfaiteurs modernes, il va donner la preuve de ses extraordinaires compétences.
    Mais qui est vraiment ce policier solitaire, obsédé par la traque d’un criminel insaisissable connu sous le seul surnom du Vicaire ?
    Qui se cache derrière ce visage angélique où perce parfois une férocité déroutante ?
    Qui est le chasseur, qui est le gibier ?

    Dans la lignée des grands détectives de l’Histoire, de Vidocq à Lecoq en passant par Nicolas le Floch, un nouveau héros est né.
    « Un roman policier addictif » Biblioteca

    « LE roman historique de l’année. Vous ne le lâcherez pas. »
    Gérard Collard Le magazine de la santé

    Dès les premières pages du Bureau des affaires occultes, j’ai retrouvé ce que j’aime dans un bon polar. Des flics intègres, d’autres beaucoup moins, et cette frontière trouble entre le bien et le mal qui ne cesse de vaciller.
    Éric Fouassier nous plonge ici dans le Paris du XIXᵉ siècle, entre calèches, hauts-de-forme et balbutiements scientifiques. L’atmosphère est remarquablement rendue, dense, presque palpable. Les personnages historiques et les nombreux détails d’époque donnent au récit une authenticité précieuse.

    Ce roman est à la fois le croisement de plusieurs enquêtes… et bien davantage.
    C’est le passé terrible d’un enfant séquestré par un monstre, un assassin dévoyé surnommé « le Vicaire ».
    C’est aussi le Paris des découvertes, des sciences occultes, des salons, des intrigues politiques et des figures publiques.
    Et au cœur de ce labyrinthe, il y a Valentin Verne.

    Je me suis immédiatement attaché à ce jeune inspecteur du service des mœurs, élégant, perspicace, différent. Un homme marqué par ses tourments, méfiant, solitaire, qui se tient à distance des autres autant par prudence que par douleur. Sa rencontre avec Vidocq — oui, le Vidocq — est l’une des belles surprises du roman et apporte une saveur particulière à l’enquête. Valentin est un personnage complexe, fascinant, parfois inquiétant. Ses connaissances en médecine et en chimie lui permettent d’affronter des crimes d’un genre nouveau, utilisant les avancées scientifiques les plus récentes. Obsédé par la traque du Vicaire, auquel il est lié par un passé obscur, il se voit pourtant confier une autre affaire. Le suicide étrange de Lucien d’Auvergnes, jeune aristocrate aux penchants mystiques.

    Cette enquête l’entraîne alors dans le tout Paris, celui des quartiers les plus huppés, aux bas-fonds les plus sordides, révélant une affaire trouble mêlant folie, miroirs, hypnose et tentative de déstabilisation politique.

    Éric Fouassier m’a complètement happé. Les intrigues s’entrelacent avec intelligence, oscillant entre suspense, ésotérisme, épouvante et action.
    Ce premier tome est riche, documenté, et d’une redoutable efficacité. Une série historique très prometteuse, portée par une écriture fluide et parfaitement maîtrisée…
    Autant vous dire que j’ai déjà très envie de me plonger dans la suite !

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    Extraits :

    « Affronter sa peur.
    Lorsqu’il a découpé la toile de tente à l’aide d’un tesson de bouteille, l’enfant croyait trouver un refuge. Il ne pouvait pas imaginer ce qui l’attendait à l’intérieur. L’escalade de la peur. Tous ces regards enfiévrés, tous ces visages effarés qui lui renvoient sa propre terreur.. Maintenant il gît là, tremblant de tous ses membres, recroquevillé dans une pénombre poisseuse. Les rares chandelles disposées à l’intérieur n’ont pas pour fonction de chasser l’obscurité, mais de créer un savant jeu d’ombres et de clartés. Elles semblent flotter dans l’air, tels des papillons de flamme. À leur lueur inquiétante le jeune garçon préférerait encore le tunnel d’encre de la rue.
    Le noir, le néant. Tout, plutôt que ces visions d’épouvante qui l’assaillent sous la toile humide. Mais il n’ose plus bouger. Il se contente de fermer les yeux. Comme si le rideau de ses paupières constituait un rempart efficace. Suffisait à faire disparaître l’insoutenable. »

    « Ce matin-là, Valentin Verne quitta de bonne heure l’immeuble qu’il habitait au numéro 21 de la rue du Cherche-Midi. Il y occupait un vaste appartement au troisième étage. Un logement bien trop luxueux pour un jeune homme de vingt-trois ans qui ne disposait que d’un modeste traitement d’inspecteur. Si ses collègues avaient su quel cadre de vie était le sien, ils l’auraient probablement jalousé, mais Valentin n’était pas du genre à se lier facilement. »

    « Après avoir pris congé de Flanchard, Valentin avait récupéré le dossier Dauvergne et passé deux heures à l’éplucher dans le détail.
    Comme l’avait annoncé le commissaire, l’affaire se présentait sous un jour troublant. Selon les témoignages qui avaient pu être récoltés rue de Surène le soir du drame, le fils de la maison s’était jeté volontairement d’une fenêtre de l’hôtel paternel. Il avait été tué sur le coup. De prime abord, le suicide ne semblait pas faire le moindre doute. Cependant, ce qui rendait la chose peu banale, c’est que Lucien Dauvergne avait mis fin à ses jours en présence de sa mère qui s’inquiétait de son absence prolongée et était montée le chercher à l’étage. »

    Éric Fouassier est né en 1963. Docteur en pharmacie et docteur en droit, il est professeur d’université en région parisienne. Membre de l’Académie nationale de pharmacie, chevalier de la Légion d’Honneur, officier des palmes académiques. Il enseigne notamment l’histoire de la santé et assure les fonctions de conservateur du musée d’histoire de la pharmacie de l’université Paris-Saclay.

    Auteur d’un premier roman à l’âge de 16 ans, ce n’est finalement qu’en 2000 que l’envie de sortir ses écrits de ses tiroirs s’impose à lui. Pendant cinq ans, il écume les concours de nouvelles un peu partout en France et glane au passage de nombreuses récompenses. Cette activité intense débouche en 2005 sur l’édition d’un premier recueil de nouvelles qui sera vite suivi de deux autres chez de petits éditeurs. Il publie ensuite cinq romans dont le premier, un polar contemporain intitulé Morts thématiques lui permet de remporter le prix Plume de glace en 2011.

    C’est en définitive une belle rencontre avec Isabelle Laffont qui lui permet d’élargir son lectorat. Cette grande dame de l’édition lui ouvre avec une générosité et un enthousiasme communicatifs les portes des éditions Jean-Claude Lattès en 2017. Aujourd’hui, Isabelle Laffont est devenue son agent littéraire et la belle aventure continue aux éditions Albin Michel ! C’est en effet grâce au premier roman publié dans cette maison, Le bureau des affaires occultes, que Eric Fouassier décroche son premier best-seller couronné, entre autres, par le prix Maison de la presse en 2021, et qu’il se fait connaître du grand public comme un auteur phare du roman policier historique.

    Émotion, Drame, Psychologie, Suspense

    J’avais raison d’y croire

    de Lucie Delacroix
    Broché – 30 juillet 2024
    Éditeur : Auto-édition

    « Amateurs de rebondissements, jetez-vous sur ce livre ! »

    Noces de soie. Cet anniversaire de mariage que Clément souhaitait romantique tourne au drame. Accusé d’homicide, il est condamné et doit purger sa peine à la prison de Vannes.
    Maxime, surveillant dans ce centre pénitentiaire, noue une relation extraconjugale au parloir avec une visiteuse. Jusqu’au jour où cette trahison met sa famille en péril.
    Alors que l’un tente de prouver son innocence, l’autre surmonte un évènement tragique. Ensemble, ils devront lutter contre mensonges et faux-semblants. Seront-ils finalement amis ou ennemis ?

    Un roman à suspense rythmé de rebondissements, où les éléments s’emmêlent et se démêlent, et dans lequel l’amour peut jouer des tours.

    Un roman choral porté vers l’espoir en milieu carcéral. Deux pères de famille que tout oppose en apparence. Tout, sauf l’amour qu’ils portent à leurs enfants. Tout, même la fidélité, et ses conséquences parfois dramatiques…
    Si vous aimez les émotions et les notes d’humour de Virginie Grimaldi, et les twists surprenants de Michel Bussi, vous allez adorer J’avais raison d’y croire.

    J’avais découvert Lucie Delacroix avec Les flammes de l’autre rive, et depuis, quelque chose en moi attendait, patiemment mais avec fébrilité, de lire son premier roman, J’avais raison d’y croire.
    Dès les premières lignes, j’ai su… J’étais de retour dans sa lumière.

    Sa plume m’a cueilli une nouvelle fois, fluide, sincère, traversée d’humanité.
    Ses personnages, eux, ont cette profondeur rare qui fait qu’on les entend respirer sous les phrases. Ils vivent, ils tremblent, ils chutent, ils espèrent. Et ce décor… ce décor si particulier, où le bruit du métal et l’ombre des murs se mêlent à la fragilité de ceux qui tentent de tenir debout.

    Lucie nous entraîne dans l’univers carcéral à travers des chapitres très courts, nerveux, portés par deux voix puissantes. Celle d’un surveillant et celle d’un prisonnier. Cette construction en miroir lui permet de semer ses indices avec une précision étonnante, dans un style toujours clair, vivant, et terriblement efficace.

    Le jour de son anniversaire de mariage, Clément veut surprendre sa femme, Lucile. Il a décidé d’être un meilleur mari, plus attentif, plus présent pour elle et pour leurs enfants. Mais lorsqu’il rentre chez lui… tout bascule. La soirée tourne au cauchemar et Clément se retrouve mis en examen pour acte de violence.

    Maxime, lui, est surveillant de prison. Sportif, bienveillant, soucieux d’aider les nouveaux arrivants, il fait de son mieux pour rester honnête. Un jour pourtant, il cède à la tentation et entame une relation extra-conjugale pendant les parloirs. Très vite, il comprend que cette faute pourrait détruire sa famille et tente d’y mettre fin.
    Mais rien ne se déroule comme prévu…

    Et pourtant, un drame va les lier plus fort que ce qu’ils croyaient possible.

    J’ai lu ce roman d’une traite, captivé du début à la fin.
    Entre le coup de cœur et le coup de poing, mon cœur n’a pas tranché.
    Les thèmes sont rudes, brûlants, actuels.
    Et derrière la violence, il y a cette pulsation d’émotions, ce tremblement fragile qui nous rappelle que personne n’est tout blanc, ni tout noir.
    Je vous mets au défi de ne pas verser une larme ou deux.

    Lucie signe un thriller qui dépasse les codes du genre, un récit où le suspense n’éteint jamais la part humaine.
    Un roman qui m’a touché comme peu savent le faire.

    Oui, j’avais raison d’y croire.
    Et vous devriez y croire aussi.

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    Extraits :

    « Papa.
    C’est le premier mot qu’elle a prononcé. Alors que sa mère, assurément jalouse, me répétait qu’il s’agissait uniquement de babillements de bébé, moi je jubilais. J’ai toujours rêvé de devenir père, alors entendre ce mot de la bouche de mon enfant me rendait vraiment heureux. »

    « Aujourd’hui, nous fêtons notre douzième anniversaire de mariage. Enfin, fêter est un grand mot. Lucille a cessé désormais de me préparer un repas aux chandelles pour célébrer notre amour. Sans doute en a-t-elle eu assez de débarrasser mon assiette après de longues heures d’attente, et de manger froid. Seule.
    Alors ce soir, je vais faire ce qu’elle attend depuis douze. ans. La surprendre. »

    « En fin d’après-midi, j’accueille un nouveau. Clément Joubier est accusé de tentative d’homicide sur l’amant de sa femme. Il les aurait surpris au lit en rentrant chez lui. Pauvre homme. Je n’ose pas imaginer comment je réagirais si ça devait m’arriver. Aussitôt, je pense à Pauline et à sa réaction si elle apprenait ce que je fais. Me mettrait-elle à la porte ?
    Me laisserait-elle une chance ? »

    « Des souvenirs douloureux me reviennent en mémoire.
    Cet endroit exigu me rappelle le cagibi sous l’escalier dans la maison de mon père, que j’avais en horreur. J’y passais des heures, lorsqu’il considérait que je devais être puni. Au début, je criais, je pleurais, et j’entendais Baptiste de l’autre côté qui me rassurait. Il est parfois arrivé qu’il supplie mon père de me laisser sortir, en vain. Au fur et à mesure, j’ai compris que plus j’étais sage, plus la durée se réduisait.
    Surtout, je n’y subissais pas ses coups, lors de ses accès de colère. Je prenais mon mal en patience, mais intérieurement, je hurlais. C’est exactement ce que je ressens depuis que je suis enfermé ici. Cependant, je n’y suis pas pour quelques heures. Je vais devoir être bien plus patient. »

    Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.

    Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.

    Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/11/12/les-flammes-de-lautre-rive/

    Drame, Magique, Polar historique, Suspense, Violence

    Le cabinet des illusions

    Enquête à Vienne, 1902
    de Jean-Luc Bizien
    Broché – Grand livre, 24 septembre 2025
    Éditeur : Maison Pop

    Pour devenir le plus grand magicien du monde, il a dû disparaître : aujourd’hui, William Ellsworth Robinson est Chung Ling Soo, « le merveilleux magicien chinois ».

    Sur scène, il fascine. En coulisses, il ment.

    Car pour incarner son personnage, il a tout sacrifié : ses origines, son nom, sa vie…

    Hélas, quand une riche famille viennoise l’engage pour une représentation privée et que le spectacle vire au drame, tous les regards se tournent vers lui et l’accusent.

    Pris au piège, l’illusionniste va devoir briser le sort qu’il a lui-même lancé : lever le masque, affronter ses démons et élucider un crime dont il est le premier suspect.

    Bienvenue dans le Cabinet des illusions !
    Là où les apparences règnent…
    Et où la vérité peut tuer.

    Préface de Franck Thilliez : « Apprêtez-vous à vivre le plus extraordinaire des voyages »

    Depuis quelque temps, une rumeur persistante circulait, Jean-Luc Bizien préparait un nouveau roman… et ce ne serait pas le tome 4 de L’Aliéniste. Lorsque la couverture est apparue, j’ai été immédiatement captivé. Un magicien chinois, auréolé de mystère, et ce titre intrigant : Le cabinet des illusions. J’ai su aussitôt que je voulais m’y plonger.

    Dès les premières pages, la plume envoûtante de l’auteur m’a transporté dans la Vienne de 1902, une ville tiraillée entre le bouillonnement intellectuel de Freud et la montée, encore vacillante mais bien réelle, d’une idéologie nationaliste et antisémite. Au cœur de ce décor troublé, j’ai rencontré William Ellsworth Robinson, illusionniste talentueux, qui se présente sous le nom de scène de Chung Ling Soo, « le merveilleux magicien chinois ». Entouré de sa famille et de son équipe, il prépare une série de représentations prestigieuses dans un théâtre viennois très en vue. Avant cela, la troupe s’installe dans un manoir isolé pour répéter ses numéros. Mais une famille influente, les Lueger, insiste pour une représentation privée dans leur demeure, espérant impressionner leurs invités et peut-être trouver un mari à leur fille Katharina. Après quelques réticences, Chung Ling Soo accepte. Le spectacle est un triomphe… pourtant l’émerveillement sera de courte durée.

    Le lendemain, la police surgit. Katharina a été retrouvée morte dans l’incendie qui a ravagé les écuries du domaine. Accident ? Crime ? Rapidement, les soupçons se tournent vers le magicien et les siens. Inquiet mais déterminé, Will parvient à convaincre l’inspecteur Mayer de l’associer à l’enquête. Leur duo improbable, l’un observant le monde comme un scientifique, l’autre comme un maître de l’illusion, devient étonnamment complémentaire. Toujours sur le qui vive, entre “américain” et “chinois”, Will essayera, comme il le peut, d’aider la police à dénouer cette enquête troublante. Entre fausses pistes, fausses évidences et vraie réalité, Jean-Luc orchestre son intrigue avec soin, l’intrigue est rusée, construite et maîtrisée, il m’a baladé dans cette atmosphère pleine de magie.
    J’ai appris beaucoup de choses durant cette lecture très documentées, dans cette atmosphère

    Mais là où la magie demeure, bien après avoir refermé le livre, c’est que Chung Ling Soo est un personnage réel. Jean-Luc lui offre ici une aventure fictive mais profondément crédible, plongeant le lecteur dans une Vienne sombre, dangereuse, pleine de faux-semblants et de coupe-jarrets plus nombreux qu’on ne le pense dans des ruelles inquiétantes. Entre pistes trompeuses, détails invisibles au profane et vérités bien dissimulées, l’intrigue se déploie avec une maîtrise remarquable.

    J’ai été emporté par ce récit foisonnant, documenté, construit comme une machination savamment huilée. Les rebondissements s’enchaînent, les mensonges se dérobent, et la révélation finale m’a littéralement soufflé. Le cabinet des illusions est un thriller historique aussi sombre que captivant, un véritable tour de magie littéraire.
    Une lecture brillante… et que je recommande sans réserve.

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    Extraits :

    « Je m’appelle William Ellsworth Robinson… et je suis mort il y a quelques années.
    Sans doute tous ceux qui m’ont connu naguère – j’étais alors Robinson, The Man of Mystery – en sont-ils persuadés aujourd’hui. Je n’ai nulle intention de les détromper. Ainsi ai-je réalisé ma première grande illusion : j’ai disparu, corps et âme. »

    « Je m’appelle Chung Ling Soo. Je suis « le merveilleux magicien chinois » et je suis né à Londres, il y a quelques années.
    Comme tous mes confrères, je suis un escroc. Le plus brillant, le plus impérial des escrocs. Je porte des robes traditionnelles, mon crâne est rasé et mes cheveux sont réunis sur ma nuque en une très longue tresse. On m’observe, on m’étudie, on tente de comprendre comment un simple mortel peut réaliser de tels prodiges… »

    « Autrefois, avant de mourir… j’étais magicien à New York, sans jamais avoir rencontré le succès dont je rêvais. Il fallait, pour se démarquer, faire montre d’une originalité criante. Las, n’est pas Harry Houdini qui veut !
    Loin des prouesses du maître de l’évasion et totalement étranger à sa science des effets d’annonce et de l’utilisation de la presse, je me contentais de survivre dans des théâtres new-yorkais. »

    « Will souriait, Will grimaçait, Will proférait des mots tendres, Will hurlait soudain comme un possédé. Will était beau, séduisant, monstrueux, grotesque, Will s’était multiplié. Il n’était plus unique, il était tous ces visages et ces silhouettes à la fois. Regroupés en meute, tous les Will se ruaient dans un tonnerre de vociférations à la poursuite d’Olive, tandis que la jeune femme fuyait à en perdre haleine, au milieu de nulle part. »

    Né en 1963 à Phnom-Penh (Cambodge), Jean-Luc Bizien a vécu une grande partie de son enfance à l’étranger. Il a exercé pendant une quinzaine d’années la double profession d’auteur et d’enseignant avant de se consacrer totalement à l’écriture. Jean-Luc Bizien s’épanouit d’abord dans les jeux de rôles et les littératures de l’imaginaire : il a obtenu en 1994 le prix Casus Belli du meilleur jeu de rôles pour Chimères et a publié de nombreux livres pour la jeunesse.
    En 2002, il a obtenu le prix du roman d’aventures pour La Mort en prime time et le prix Fantastic’Arts pour WonderlandZ. Passant avec bonheur d’un genre à l’autre, il est l’auteur aux éditions Gründ de Vivez l’Aventure, une série de livres-jeux illustrés qui rencontre un grand succès et de la “Trilogie des ténèbres”, des thrillers contemporains aux éditions du Toucan.
    Les œuvres dont il est le plus fier sont cependant ses deux fils, Elric et Adriel, respectivement parus en 1990 et 2005.

    La chambre mortuaire
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/08/17/la-chambre-mortuaire/

    La main de gloire
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/09/04/la-main-de-gloire/

    Vienne la nuit, sonne l’heure
    https://leressentidejeanpaul.com/2020/09/08/vienne-la-nuit-sonne-lheure/

    La chambre mortuaire – Les enquêtes de L’Alieniste*
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/10/19/la-chambre-mortuaire-2/

    Émotion, Drame, Polar, Sciences, Suspense, Thriller

    Le funeste génie d’Alexandra

    de Gérard Papier-Wagner
    Broché – 14 avril 2025
    Éditeur : Auto-édition

    « Les pas de Max, sans qu’il en eût réellement conscience, l’avaient conduit sur le parvis du Sacré-Cœur, tant son esprit s’embrouillait en recherchant moins une issue au malheur, qu’une explication à la mort d’Alexandra la semaine dernière. Lorsqu’il s’agit d’un décès par maladie ou accident, la résignation demeure possible en accusant la fatalité, mais comment ne pas se sentir envahi de rage, lorsqu’une balle au milieu du dos explose le cœur et jette à terre bras en croix un être aimé ? »
    Récit des prémisses et conséquences de l’assassinat de Alexandra Andrassy le 16 avril 2012 à 16h30 rue Laffitte à Paris. Celle-ci était en effet trop douée en informatique et intelligence artificielle pour ne pas vivement inquiéter ceux de ses concurrents étrangers visant la suprématie en ce domaine.

    Je viens de refermer Le funeste génie d’Alexandra, et je ressens encore cette vibration particulière qu’on éprouve quand un ami vous offre un univers à explorer. Gérard Papier-Wagner a eu la gentillesse de me transmettre la toute dernière version de son roman, et je tiens à le remercier.
    Une fois encore, il m’a permis de vivre une aventure littéraire hypnotisante, de celles qui marquent bien après la dernière page tournée.

    Dès les premières lignes, j’ai été happé par cette atmosphère sombre, précise, presque clinique, où chaque détail semble compter. L’intrigue s’ouvre sur l’intervention d’une IA dans une enquête criminelle, un choix audacieux qui fonctionne parfaitement. J’ai immédiatement été séduit par cette approche futuriste du polar, portée par des personnages aussi singuliers qu’attachants : Max, Alexandra, Cathy, Gretchen… chacun doté d’une identité forte, d’une épaisseur réelle. Le rythme, soutenu et maîtrisé, m’a gardé en tension constante.

    Puis, sans prévenir, le récit opère une bascule que j’ai trouvée fascinante. Le thriller glacé s’efface peu à peu pour laisser place à quelque chose de plus intime, de plus humain. Un voyage sur la mythique Route 66, la relation délicate entre Max et Cathy, la place que prend petit à petit Gretchen dans la vie de Max, les fragilités et les émotions qui affleurent… tout cela m’a profondément touché. C’est un virage audacieux, peut-être déstabilisant pour un lecteur fidèle aux codes du genre, mais pour moi, il représente précisément la richesse de ce roman, cette capacité à glisser du suspense technologique vers une exploration sensible des êtres.

    Et au fond, n’est-ce pas ce que nous recherchons tous ? Des histoires qui interrogent, qui déroutent, mais surtout qui nous rapprochent de ce que nous sommes, des êtres traversés par des failles, des désirs, des routes intérieures à parcourir.

    Le funeste génie d’Alexandra est ainsi devenu pour moi un livre singulier, vibrant, étonnamment humain.
    J’y ai trouvé du plaisir, de la surprise et beaucoup de tendresse… un voyage littéraire…

    Merci, Gérard, pour cette nouvelle traversée à travers tes mots.

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    Extraits :

    « Les pas de Max, sans qu’il en eût réellement conscience, l’avaient conduit sur le parvis du Sacré-Cœur, tant son esprit s’embrouillait en recherchant moins une issue au malheur, qu’une explication à la mort d’Alexandra la semaine dernière. Lorsqu’il s’agit d’un décès par maladie ou accident, la résignation demeure possible en accusant la fatalité, mais comment ne pas se sentir envahi de rage, lorsqu’une balle au milieu du dos explose le cœur et jette à terre bras en croix un être aimé ? Le degré de préparation fit de facto de ce meurtre un assassinat pris en charge par la DGSI’ en sus de la P] à cause du poste éminent occupé par la défunte au CNRS. Une horrible semaine de formalités. Après le départ des proches venus assister aux obsèques, puis celui de son père et de sa sœur habitant New-York et jusqu’à cette fin d’après-midi logés chez lui, Max fut violemment assailli tour à tour par le chagrin et par une révolte qu’attisaient quantité d’interrogations. »

    « Alexandra et Max vivaient ensemble depuis quinze ans sans ressentir la nécessité de se marier puisque, selon tous les médecins consultés, jamais ils ne pourraient avoir d’enfant. Leur attachement tenait à une osmose des sentiments et une complémentarité intellectuelle qui spontanément les avaient rapprochés lors des noces d’une relation commune. »

    « L’argent, le chantage et l’idéologie pourrissent toutes les consciences, je suis bien placé pour le savoir. Personne en réalité n’est à l’abri d’une faiblesse… »

    « Cathy avait reçu, depuis la mort suspecte de Marcel Bontemps, pour consignes de faire en sorte que demeurât secrète la lutte en coulisse devenue politique pour la suprématie informatique, tant les cybertechnologies nourries à l’IA seraient bientôt déterminantes sur un champ de bataille, à l’hôpital et dans les usines. »

    Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

    Mona
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

    LE PARFAIT inconnu
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

    À cause du Zibaldone
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

    Le disparu de Monrovia
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

    La double vie des Jodlere
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

    Le rendez-vous de Tchimbamba
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/21/le-rendez-vous-de-tchimbamba/

    Le triptyque
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/05/le-triptyque/

    Dragon qui boite
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/07/dragon-qui-boite/

    L’Autre versant
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/07/11/lautre-versant/

    Amour, Émotion, Suspense

    J’aimerais te dire

    de Christian Pernoud
    Broché – 9 octobre 2025
    Éditeur : Taurnada Édition

    Il y a toi… il y a elle… il y a nous…
    Quand Thomas emmène sa fille, April, camper au lac Sebago, Angela, son ex-femme, pense qu’il veut simplement lui offrir un dernier moment d’insouciance avant son hospitalisation. Elle regarde son enfant partir sans imaginer une seule seconde que ce voyage va tout changer… et la hantera à jamais.
    Faux-semblants, secrets de famille… l’histoire n’est pas toujours celle que l’on croit.

    Un père et sa fille. Une odyssée bouleversante.

    Il y a des lectures qui nous happent dès les premières pages, des histoires qui semblent venir chuchoter à l’oreille quelque chose d’essentiel. J’aimerais te dire, le nouveau roman de Christian Pernoud, que beaucoup connaissent sous le pseudonyme de Chris Loseus,en fait partie. Depuis Pour nous, l’auteur a choisi de tomber le masque, d’abandonner sa “cape d’invisibilité” pour se dévoiler davantage. Et quel dévoilement…

    Thomas souhaite offrir à sa fille April quelques jours d’évasion avant son opération. Juste eux deux, loin de tout, pour respirer, pour parler, pour se dire ce qu’on ne se dit jamais assez. Le lac Sebago sera leur refuge. Sur la route, Thomas lui racontera son histoire, celle d’Angela, la mère d’April, et les drames qui ont façonné leur famille. Angela, elle, ne comprend pas vraiment ce départ soudain. Elle accepte, sans savoir que tout va lui échapper. Car ce voyage ne sera pas un simple aller-retour.

    Quelques jours plus tard, Thomas et April disparaissent.
    Alors tout remonte, le souvenir d’un jeune chercheur brillant, presque sur le point de découvrir un remède contre le cancer, avant que tout ne s’écroule. Une erreur, un protocole bafoué, et la chute. Que cherche Thomas aujourd’hui ? À réparer, à transmettre, à sauver ? Quel lien relie son passé de chercheur à ce voyage sans retour ?

    Christian déroule avec une justesse rare les fils d’une vie, entre secrets enfouis, culpabilité et amour paternel. J’ai aimé cette construction en spirale, les confidences sur la route, la rencontre d’April avec Charlotte, l’arrivée chez Miguel… Chaque chapitre éclaire un peu plus le mystère, jusqu’à la révélation finale.

    C’est le troisième roman de l’auteur que je lis, et à nouveau, je me suis laissé happer. J’ai beaucoup aimé sa manière d’aborder le passé sans alourdir le récit de flashbacks. Tout est fluide, incarné, vibrant. J’ai tourné les pages sans m’arrêter, jusqu’à la dernière ligne, en quelques heures à peine… l’émotion au bord des yeux. Et puis ce final… quel souffle, quelle émotion !

    J’aimerais te dire est un roman de suspense. Mais c’est surtout une histoire d’amour, de résilience et d’espérance. Une ode aux liens entre un père et sa fille, une lecture intense, bouleversante et profondément humaine.
    Bravo Christian, et merci à Joël des éditions Taurnada pour cette nouvelle pépite… Chaque roman édité est décidément une marche de plus vers le sommet d’une montagne de talents !

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    Extraits :

    « Mon plan débutait par un mensonge. Pas une petite cachotterie sans incidence qu’Angela et April me reprocheraient gentiment plus tard, mais par une tromperie qui modifierait dramatiquement le cours de nos vies. »

    « Quoi ? s’enquit April. Qu’est-ce que tu avais fait ?
    – Le feu dans lequel nous avions balancé les mégots empestait l’herbe, et crois-moi, les flics s’en foutaient.
    Ils étaient là pour une tout autre raison. Quelque chose de bien plus grave que des mineurs consommant du cannabis. Je n’avais pas idée de quoi il s’agissait. Pas à ce moment-là. Mais le pistolet dirigé dans ma direction ne laissait aucun doute. Cette descente m’était destinée.
    – Mais pourquoi ?
    – Je vais y venir… Mais d’abord tu dois comprendre comment j’en suis arrivé là. »

    « – Laisse tomber. Tu as craqué sur Angela. Qu’est-ce que je peux y faire ?
    – Peut-être… risquai-je. Mais de toute façon, toi et moi ça n’aurait pas collé. Sois honnête. Avoue que tu as forcé les choses. »
    Elle redressa la tête et essuya maladroitement la larme qui glissait sur sa joue.
    – Je ne te poserai pas de problèmes… Ni à elle d’ailleurs. Vous pouvez faire ce que vous voulez. J’espère que ça durera entre vous tant qu’à faire. J’étais prête à t’aimer, Thomas, mais ça crève les yeux que vous finirez ensemble.
    – Tu peux reprendre ta chambre. C’est pas la peine de changer de bungalow.
    – Pour vous voir roucouler tout l’été ? Laisse tomber.
    – Restons amis.
    – Ah non! Pas ça. Épargne-moi ta pitié. Tout va bien, je te dis. Je ne t’en veux pas. C’était une chouette nuit. Maintenant, c’est fini. Tu peux dormir sur tes deux oreilles, je ne vous ferai pas de crasses. Je suis passé à autre chose. »

    « Angela et Wendy faisaient des efforts pour éviter les tensions. Elles couraient régulièrement avec Justin – que je soupçonnais d’avoir des vues sur Angela – et d’autres sportifs de l’équipe, pendant que nous préparions la popote avec Trevor et Zachary. Tout le monde prenait ses marques. Rien ne laissait présager le drame à venir. »

    Christian Pernoud est l’auteur de plusieurs romans sous le pseudonyme de Chris Loseus.

    Amoureux des grands espaces il vit dans les Alpes avec sa femme et ses enfants. Il se rend régulièrement aux états-unis pour être au plus proche de ses intrigues.

    Il est l’auteur, notamment, de :

    Noir, Polar, Suspense, Violence

    La plaine

    de Pascal Escobar
    Broché – 3 octobre 2025
    Éditeur : Le mot et le reste

    La Plaine, Marseille. Un individu sème a terreur en attaquant les camions de pizza des environs à la grenade lacrymogène. Parallèlement, Esmeraldo Platinium, rappeur n° 1 en France et originaire de ce quartier, reçoit des menaces de mort pour le dissuader de donner son concert événement au stade Vélodrome. Stanislas Carrera, enquêteur social et détective privé se voit confier ces affaires. Flanqué de son inaltérable cousin et associé Fruits Légumes, ses investigations vont lui faire découvrir que les relations entre le milieu du rap marseillais et le banditisme ne sont pas toujours celles qu’on croit et que les motivations profondes de l’être humain sont parfois insondables.

    Après avoir découvert Belle de mai, le premier roman de Pascal Escobar, j’avais hâte de retrouver Stanislas Carrera dans de nouvelles aventures. Avec La Plaine, l’auteur nous entraîne une fois encore dans les bas-fonds d’un Marseille bien loin des clichés de carte postale. Ici, tout est froid, sombre, oppressant, et l’hiver n’arrange rien.

    J’ai pris plaisir à retrouver Stanislas, enquêteur privé et ancien éducateur, un personnage cabossé mais terriblement attachant. Cette fois encore, il plonge au cœur d’une enquête où menaces de mort, règlements de comptes, drogues et trahisons se mêlent dans une atmosphère électrique. On y croise le milieu du rap marseillais, le banditisme, mais aussi les fantômes du passé qui ne cessent de resurgir.
    Pascal Escobar a ce talent rare, faire sentir le pouls d’une ville avec une écriture brute, tranchante, mais toujours juste. Ses personnages parlent vrai, vivent vrai, dans une langue rugueuse qui claque comme un coup de mistral. J’ai été frappé par la véracité des détails, les accents, les ambiances, les modes de vie… Tout sonne juste, même quand ça fait peur.

    Je l’avoue, Marseille n’est pas ma ville de cœur et le rap n’est pas ma musique de prédilection, mais la plume de Pascal a su m’accrocher, me captiver, me bousculer et aussi le plaisir de trouver ça et là, le long de ma lecture, des groupes de Rock ou de Punk qui me parlaient beaucoup plus !
    Son réalisme cru, parfois brutal, donne une force incroyable au récit. J’ai aussi été touché par sa capacité à mêler roman noir et chronique sociale. Où s’arrête l’un ? Où commence l’autre ? Peut-être les deux ne font-ils qu’un…

    Dans cette histoire, un rappeur menacé de mort et une série d’attaques de camions à pizza finissent par s’entremêler dans une intrigue tendue, haletante, où Stanislas tente de recoller les morceaux de son passé tout en cherchant la vérité. Et croyez-moi, rien n’est simple dans ces rues où chaque pas peut être le dernier.

    Avec La Plaine, Pascal signe un deuxième tome puissant, à la fois noir et profondément humain. Je lirai sans hésiter le troisième volet de cette trilogie qui s’annonce déjà incontournable. Car, malgré ses horreurs et ses dangers, Marseille a ce charme brut et indomptable… et je crois bien que Pascal a réussi à ensorceler ma sensibilité.

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    Extraits :

    « C’est l’hiver. Il fait nuit. La vallée du Rhône crache un mistral à couper le sang. Le vent s’engouffre dans Marseille en arrachant les branches des arbres statufiés par le froid et la pollu-tion. Un homme avance d’un pas décidé le long de la terrasse du Petit Nice, place Jean-Jaurès. Le vent soulève la visière de sa casquette noire. Arrivé à l’extrémité de la place, il stoppe sa progression. Immobile, il avise le camion de pizza Chez Tonton parqué au coin de la rue des Trois-Mages. Ses yeux sont fixes, indifférents au chahut provoqué par les groupes de jeunes qui vont au bar. Le camion est de dos. Sa carrosserie blanche dévoile une fresque présentant une pizza à l’anchois entourée de feuilles de basilic, de laurier et d’origan.
    Au-dessus de la pizza est inscrit en lettres de feu orange et rouge Pizza Tonton, le goût authentique de Marseille depuis 1989. L’homme à la casquette ne bouge pas. Son regard se pose sur une plaque de métal bleu et blanc vissée sur la porte arrière du fourgon. Il cille. Plusieurs fois. »

      « Il pleut. Carrera regarde ses chaussures. Des Caterpillar qu’il porte depuis un moment. Il regarde la rue de Rome qui file vers la place Castellane. Un sentiment de vide l’étreint. Le détective est saisi d’une impulsion. Il se rend à pas rapides vers la rue Saint-Férréol, jusqu’à la boutique Dr Martens où il achète une paire de bottes noires, classiques. Il les garde aux pieds.
      En sortant il s’observe dans une vitrine. Docs noires, jean, manteau sombre, cheveux poivre et sel. Tu es le Nestor Burma des temps modernes, Stani, que la lumière soit. L’enquêteur fait le geste de dégainer un pistolet. Une cagole le voit et dit à sa copine, Zarma, le gadjo y croit qu’il est dans un film, j’te jure y sont trop bizarres des fois. »

      « Le monde extérieur est une illusion qui brouille ton monde intérieur. Tu vis sur Terre en une époque ténébreuse et démoniaque. Tu vis dans un monde où il est possible de louer des trottinettes électriques et où les magasins affichent en devanture des photos géantes de ce qu’ils vendent à l’intérieur. Le détective sent le dégoût prendre possession de son monde intérieur. C’est ça la vie? C’est ça qui rend heureux? Non, mon ami. Seule la paix intérieure peut te rendre heureux. N’attends pas après les autres. L’autre n’a de cesse de te montrer qu’il est autre. »

      « Un chanteur new-yorkais a dit que le rock était une arène à l’intérieur de laquelle chacun pouvait se réinventer. La Plaine est une arène à l’intérieur de laquelle chacun peut acheter des bières à l’épicerie de nuit. Les bars et les lumières de ce quartier sont devenus les bouées de sauvetage auxquelles on s’accroche parce que de toute manière, il n’y en a pas d’autres. »

      Pascal Escobar naît à St-Henri en 1974. Il est l’avant-centre de l’équipe de football du quartier durant dix ans, puis devient punk, dynamiteur, projectionniste de cinéma et pour finir, travailleur social. Son parcours professionnel l’amène à travailler dans le secteur de la Belle de Mai, dans le troisième arrondissement de Marseille. Il écrit depuis 2017. Belle de Mai est son quatrième livre, son premier roman et le premier opus d’une série de trois romans sur Marseille.

      Émotion, Drame, Psychologie, Suspense, Thriller

      L’Antidote

      de Tom Clearlake
      Broché – 2 juin 2025
      Éditeur : Moonlight éditions.

      Andrew Fisher, père de famille sans histoires, disparaît sans laisser de traces.
      Pour la police, il a fui délibérément, accablé par son récent licenciement.
      Tess Lambert, ex-agent du FBI devenue détective privée, ne croit pas à cette version. Fisher occupait un poste important chez Corequantech, un géant des nouvelles technologies établi au cœur de la Silicon Valley.
      Elle va percer le mur du secret professionnel de cette multinationale et découvrir qu’il travaillait au sein d’un laboratoire, avec quatre autres scientifiques spécialisés dans la génération d’intelligences artificielles avancées.
      Persuadée que cette piste n’est que la face émergée d’un iceberg, elle va se mettre en quête de retrouver les ex-collègues de Fisher, et ouvrir une porte sur des révélations qui dépassent l’imaginable.
      Quelque chose de plus vaste, de plus sombre, se cache derrière cette disparition.

      Après « Sans retour », « Le Seuil », « Avides » et « Signatures », plongez dans ce techno-thriller infernal signé Tom Clearlake !

      Quel bonheur d’être à nouveau surpris par un auteur que je suis depuis ses débuts !
      Avec L’Antidote, Tom Clearlake sort de sa zone de confort, et pour moi, ce fut un vrai cadeau de lecture.

      Dès les premières pages, je me suis retrouvé happé par cette histoire, véritable grand écart du début à la fin, qui démarre par une mystérieuse disparition. Peu à peu, un univers sombre et inquiétant s’installe, un monde qui, derrière sa part d’imaginaire, nous renvoie à une réalité peut-être bien plus proche que nous ne le pensons.

      Ce roman est inclassable. Tom nous entraîne dans un récit qui brasse une multitude de thèmes et qui fait voyager mes émotions d’un extrême à l’autre, colère, haine, peur parfois, mais aussi douceur, humanité, amour, respect de la nature, des animaux et envers son prochain…. Cette richesse donne une profondeur singulière à l’histoire et la rend d’autant plus inoubliable.

      Au cœur du récit, Tess Lambert. Détective privée et ancienne agente du FBI, elle se lance dans une enquête qu’elle n’aurait jamais imaginée, mais qui résonne intimement avec ses valeurs. Je l’ai trouvée incroyablement attachante. À la fois forte et fragile, obstinée et vulnérable, elle incarne à mes yeux le symbole de la résistance, ce contrepoids nécessaire face à un monde qui court à sa perte, happé par la technologie et la déshumanisation. Serait-elle la clé de cette résistance devenue nécessaire ?

      L’ambiance, les révélations ponctuelles, le suspense qui monte sans cesse… tout est parfaitement maîtrisé. J’ai aussi beaucoup apprécié l’univers technologique, dense mais accessible, et surtout original. Tom Clearlake réussit à me faire tourner les pages avec frénésie tout en m’invitant régulièrement à réfléchir aux dérives de notre époque et à un besoin vital d’entraide et d’humanité.

      L’Antidote est un véritable “tourne-page”, mais aussi un roman porteur de sens. Un énorme coup de cœur que je vous recommande sans hésiter !
      Et cerise sur le gâteau, il y aura une suite… J’ai déjà hâte d’y plonger.

      Merci Tom, pour ta confiance et pour ce moment de lecture aussi intense que marquant.

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      Extraits :

      « – Maman, il est parti où papa ?
      La mère entendit à peine la voix de sa jeune fille. Ses yeux étaient fixés sur un point vague, au loin, en direction de ce magasin, de l’autre côté de la route. Andrew y était allé pour acheter de la crème solaire.
      – Hein maman, il est parti où ?
      Le regard azur d’Emily Fisher ne dévia pas. Elle passa une main devant ses yeux pour dégager ses mèches brunes rabattues par le vent.
      Daniel prit le relais de sa sœur ainée :
      – Mais il est parti où papa ?!
      – Il ne va plus tarder à revenir, les enfants. »

      « Elle composa le 911, le cœur battant à tout rompre. La voix énergique d’une jeune femme s’éleva :
      – 911, quelle est votre urgence ?
      Emily respira profondément pour se calmer, et tâcha de parler clairement :
      – Mon nom est Emily Fisher. Je vous appelle car mon mari
      Andrew a disparu.
      – Il va me falloir plus d’informations, madame. »

      « Dans le paysage dynamique de la technologie mondiale, Corequantech émerge comme un colosse, dominé par une quête incessante d’innovation et une culture d’entreprise exclusivement basée sur le rendement. Fondée en 1980, cette multinationale, avec ses racines profondément ancrées dans la Silicon Valley, s’est imposée comme un leader incontesté dans les domaines de l’informatique classique et à présent quantique, des nanotechnologies, de la robotique indus-trielle, spatiale et domestique. Toutefois, derrière le voile de ses succès, se cache une réalité complexe, marquée par la compétitivité, et frappée du sceau du secret professionnel.
      Une Course à l’Innovation. »

      « Nous avions tous les cinq un idéal commun, le rêve d’un monde meilleur, d’une humanité unie, évoluant sur une planète sans frontières, exempte de guerre, de pollution, gouvernée avec sagesse. Nous voulions changer le monde et nous savions que l’intelligence artificielle allait ouvrir les portes d’une nouvelle ère. Au fil de nos réunions et de nos discussions en dehors du cadre du laboratoire, cet idéal s’est peu à peu concrétisé en un objectif. L’objectif ultime : la génération d’une super intelligence artificielle. »

      Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

      Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

      Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

      « Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

      Émotion, Drame, Fantastique, Polar historique, Suspense

      Les disparus de Blackmore

      de Henri Lœvenbruck
      Broché – 23 février 2023
      Éditeur : XO

      Octobre 1925. À Blackmore, une île coupée du monde au large de Guernesey, meurtres et disparitions sèment la terreur. Alors que la police piétine, Lorraine Chapelle, première femme diplômée de l’Institut de criminologie de Paris, est appelée en renfort. Cette cartésienne irréductible va devoir mener l’enquête aux côtés d’Edward Pierce, un Britannique spécialisé dans les sciences occultes qui se présente comme  » détective de l’étrange « .

      Ensemble, ils affrontent les plus sombres secrets de Blackmore : les statues énigmatiques disséminées sur l’île, la rumeur d’un culte maléfique qui sévirait dans l’ombre, et ce vent lancinant, le murmure des brumes, qui ne cesse jamais. Entre mensonges et confidences, ce duo improbable devra démêler le vrai du faux dans une course contre la montre diabolique.

      Un thriller palpitant et mystérieux dans la lignée de H.P. Lovecraft et d’Agatha Christie

      Voyager avec Henri Lœvenbruck, c’est accepter de se laisser happer par son imaginaire. Avec Les disparus de Blackmore, j’ai embarqué pour les années 1920, sur une île anglo-normande fictive, et j’ai vécu une expérience de lecture à la fois dépaysante, troublante et exaltante.

      Dès les premières pages, j’ai été séduit par ce duo improbable. Lorraine Chapelle, jeune parisienne brillante et audacieuse, première femme diplômée de l’Institut de criminologie, et Edward Pierce, détective de l’étrange, érudit, rêveur et ouvert à toutes les énigmes de l’ésotérisme. Leur association m’a semblé évidente et leurs échanges savoureux m’ont souvent arraché des sourires. Leur complicité est un des moteurs les plus réjouissants de ce roman, mais pas que…

      Blackmore, c’est bien plus qu’une enquête. C’est une atmosphère. Légendes celtiques, superstitions, religion, peurs enfouies, horreurs à peine dicibles, tout se mêle pour créer une ambiance à la fois inquiétante et fascinante. On y trouve du mystère à chaque page, une tension permanente, et un souffle d’épouvante qui plane jusque dans les détails les plus infimes. Je me suis souvent dit qu’Henri avait pris un plaisir fou à inventer cette histoire. Les décors minutieux, les petites touches d’humour, l’importance donnée à ses passions (ah, ces motos ! 😊), et même le soin de glisser des expressions d’époque pour nous plonger encore plus profondément dans le récit. Comme toujours, j’ai appris, découvert, nourri ma curiosité.

      Des disparitions mystérieuses, une île coupée du monde battue par un ven qui ne cesse de souffler, des habitants terrorisés, tout contribue à faire monter une angoisse sourde. Le roman m’a tenue en haleine du début à la fin, avec un suspense qui ne faiblit jamais. Et puis, il y a cette conclusion… Un véritable feu d’artifice, un bouquet final éblouissant, qui m’a fait totalement oublier le monde réel pendant quelques instants.

      Henri Lœvenbruck est décidément un magicien, il invente des histoires qui m’enveloppent, des émotions qui me transpercent.
      Avec Les disparus de Blackmore, il signe un roman captivant, érudit et profondément envoûtant.

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      Extraits :

      « C’est en voyant se dessiner, à travers le brouillard, les contours de l’île de Blackmore que, au soir du samedi 24 octobre 1925, Lorraine Chapelle entendit pour la première fois ce son si singulier qui allait la hanter des jours durant. WI-IH-ISH… Les gens d’ici l’appelaient le murmure des brumes. Il résonnait en toute saison dès que le vent se levait de la Manche pour se faufiler entre les blocs de granite de l’île, produisant ce sifflement sinistre, comme autant de plaintes échappées des bouches torturées de mille fantômes. WI-IH-ISH… Lancinant, obsédant, il semblait ne jamais s’éteindre. Il n’y avait guère que le bruit d’un orage pour le faire oublier un instant. »

      « Il régnait dans la grande pièce une atmosphère si paisible, si suspendue, qu’il en émanait quelque chose de mystérieux.
      On se fût dit dans quelque histoire extraordinaire d’Edgar
      Allan Poe, où le silence et le calme précèdent souvent l’irruption de l’étrange. L’écho lointain de la voix de la grande Bessie Smith sur le gramophone, le cliquetis de l’horloge, le clapotis de la pluie contre les carreaux de verre, le crépitement des flammèches qui s’échappaient de la cheminée, ces petites virgules dans le silence, le vacillement des lampes à pétrole, l’odeur du feu, du vieux cuir et des tissus emplis de poussière… »

      « — Missionnée ? Mais à quel titre ?
      — Celui de détective privée.
      — Détective ? Une femme ? s’étonna le connétable avec aplomb, comme si son étonnement eût été légitime.
      Le pauvre homme ignorait que cette petite phrase venait de sceller son sort à tout jamais.
      — Il n’est pas plus étonnant de voir une femme détective qu’un homme totalement crétin, vous savez ?
      — Pardon ?
      — Dites à M. le juge que j’aimerais le voir, et allez jouer avec des cubes, s’il vous plaît.
      Décontenancé, le connétable se mit à bégayer bêtement en la dévisageant, les yeux écarquillés.
      — Mais… je… enfin… des cubes ? Quels cubes ?
      Lorraine fit de grands gestes explicites.
      — Vous Parker, moi Chapelle. Vous chercher juge.
      M. Parker, qui était resté assis jusqu’alors, se dressa d’un bond, l’air fâché et menaçant. »

      « Lorraine et Edward échangèrent un regard perplexe. En vérité, cet entretien calamiteux ne leur avait certes apporté aucune réponse, mais il scellait leur collaboration. À cette minute précise, le sort avait fait de ces deux étonnants investigateurs un couple bien plus redoutable que le juge n’eût pu l’imaginer. »

      Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. À 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général.

      J’irai tuer pour vous
      https://leressentidejeanpaul.com/2019/02/05/jirai-tuer-pour-vous-de-henri-loevenbruck/

      La Moïra
      https://leressentidejeanpaul.com/2020/05/07/la-moira/

      Le Loup des Cordeliers
      https://leressentidejeanpaul.com/2021/02/09/le-loup-des-cordeliers/

      Le Mystère de la Main rouge
      https://leressentidejeanpaul.com/2021/02/16/le-mystere-de-la-main-rouge/