Émotion, Drame, Polar, Suspense

Piratage mortel

de Jean-Pierre Levain
Broché – 2 avril 2025
Éditions : Des livres et du rêve

Camille Laroche, ingénieure de haut niveau, touchait enfin du doigt la vérité sur ses origines… avant que sa voiture, devenue incontrôlable, ne bascule dans la Saône.
Seule sa fille, Léa, huit ans, survivra.

L’enquête s’oriente rapidement vers un piratage.
Mais qui pouvait en vouloir à la victime ?
Fred Brazier et son équipe exploreront chaque piste.
Travaux top-secrets, relation avec un haut gradé transsexuel, sa véritable filiation.

Alors que les cadavres s’accumulent, une course contre la montre s’engage et l’étau se resserre, autour de Léa, que les tueurs s’obstinent à vouloir faire disparaître.

Jean-Pierre Levain clôture sa série en beauté.
Un polar trépidant où secrets, manipulations et dangers s’entrelacent jusqu’au bout du suspense dans cette ultime enquête du groupe crime du SRPJ de Lyon.

C’est avec un plaisir certain que j’ai retrouvé Fred Brazier, le commandant du SRPJ de Lyon, dans Piratage mortel. Dès les premières pages, le polar démarre sur les chapeaux de roue. Fred et Eva ont décidé de s’épouser, ils se promènent tranquillement, au moment ou Fred s’apprête à lui passer la bague au doigt, ils sont témoins d’un accident de voiture dramatique le long de la Saône. Une femme et sa fille sont piégées dans le véhicule immergé. Fred et Éva plongent sans hésiter. Seule la fillette, Léa, pourra être sauvée. Très vite, l’hypothèse d’un banal accident s’effondre : sabotage, meurtre, secrets militaires… et une série de cadavres à la clé.

Jean-Pierre Levain maîtrise son intrigue avec brio. Le rythme est soutenu, les rebondissements nombreux, et les révélations pleuvent sans relâche. Ce polar coche toutes les cases : tension, émotion, et une plongée glaçante dans un monde d’informations classées secret défense.

J’ai été particulièrement touché par le lien qui se tisse entre Éva et la petite Léa, qui donne une dimension humaine et poignante à l’enquête. Fred, fidèle à lui-même, fait preuve d’une rigueur implacable tout en restant profondément humain. Certains personnages sont bouleversants, d’autres profondément détestables — un équilibre parfait.

La plume de l’auteur est toujours aussi fluide, percutante, immersive. Il sait manier les fausses pistes, les détails qui prennent tout leur sens plus tard, et un final à la hauteur de la série. Il signe ici une clôture magistrale.

Un grand merci à Angie. Un vrai bonheur !

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Extraits :

« Dans la vraie vie, beaucoup d’histoires familiales ressemblent à des sacs de nœuds plutôt qu’à des chemins parsemés de roses. La plupart du temps, elles résultent d’aléas relationnels, voire de déraillements amoureux, qui échappent, en partie, à la maîtrise de leurs auteurs. Il arrive également qu’elles correspondent à des choix de vie délibérés de la part d’individus qui réfutent les normes communes pour expérimenter leurs propres voies. Tel était le cas pour Camille Laroche. »

« Camille Laroche naquit en 1986. Aussi loin que remontaient ses souvenirs, elle ne s’était jamais sentie à l’aise au sein de ce petit monde au mode de vie expérimental. Elle enviait la normalité de ses copines qui bénéficiaient de leurs deux parents et rêvait d’une famille traditionnelle. Le besoin de conformité était sans doute une composante inhérente à l’enfance. »

« Les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets. Fred ronflait du sommeil du juste à ses côtés. Ce qui rendait sa propre insomnie plus difficile encore à endurer. II paraît qu’avec l’âge les hommes dorment de plus en plus facilement alors que, pour les femmes, c’est le contraire. Si même la nature s’en mêle, se dit-elle, l’égalité des sexes n’est pas pour demain !
Ce n’était évidemment pas la seule raison. Elle le savait parfaitement. Une boule au ventre lui tordait les viscères et son cerveau tournait en surrégime refusant d’obéir à ses injonctions lui ordonnant de ralentir son manège infernal. Le cri de la gamine lui restait en travers de la gorge et surtout au creux de l’estomac : Pourquoi tu es venue me chercher ? Moi, je voulais rester avec elle. Maintenant c’est trop tard, elle est partie ! »

« Elle pénètre dans le restaurant et en fit le tour, comme si elle déambulait à la recherche d’une opportunité. Elle ne vit rien au premier passage. Elle repère, au second, un adolescent boutonneux au look gothique. Il avait l’air perdu assis face aux baies vitrées qui donnaient sur l’extérieur. Le garçon, tout de noir vêtu, avait des cheveux longs et un regard aussi sombre qu’une nuit sans lune. Son tee-shirt était décoré d’un squelette qui adressait un doigt d’honneur à tous ceux lui faisant l’insigne honneur de poser les yeux sur lui. Le bas était à l’avenant avec un pantalon baggy parsemé de poches et d’anneaux cousus à même l’étoffe. Sans oublier les sempiternelles Doc Martens montantes à semelles épaisses. »

Jean-Pierre Levain est Docteur en psychologie.

Il a été chercheur à l’Institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques et maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Franche-Comté.
Aujourd’hui à la retraite, il s’est reconverti dans l’écriture de romans policiers. Le premier s’intitule “Les femmes ne plaisantent pas avec l’amour” (2020).

Page Facebook: https://www.facebook.com/JPLevain/

Conte, Fantastique, Historique

La compagnie des menteurs

de Karen Maitland
Poche – 1 septembre 2011
Éditeur : Pocket

1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf personnes réunies par le plus grand des hasards essaie de gagner le Nord, afin d’échapper à la contagion. Bientôt, l’un d’eux est retrouvé pendu…
Alors que la mort rôde, les survivants vont devoir résoudre l’énigme de ce décès avant qu’il ne soit trop tard…

    « Il vous sera difficile de vous interrompre dans la lecture de ce roman très noir. »
    Psychologies

    Je viens de refermer La Compagnie des menteurs, de Karen Maitland, et je dois dire que ce roman m’a laissé une impression étrange, entre admiration et légère frustration.

    L’histoire se déroule dans une Angleterre médiévale d’un réalisme saisissant, en pleine épidémie de peste. Un groupe de neuf voyageurs se forme, chacun avec ses raisons, mais tous mus par un même but, fuir la maladie. Je fais ici la connaissance du narrateur, un marchand de reliques, et de ses compagnons, une galerie particulièrement étonnante où se mêlent un peintre et sa femme enceinte, un musicien et son élève, un magicien, une sage-femme, une enfant qui lit les runes, et un mystérieux conteur.

    Au début, le roman prend son temps. Je me suis doucement imprègné du décor, j’ai découvert peu à peu les personnages et les routes qu’ils empruntaient. Mais c’est dans la seconde moitié que les choses s’accélèrent : les morts s’enchaînent, et les secrets se dévoilent. L’ambiance de huis clos, cette impression que le danger rôde parmi eux, m’a rappelé Dix petits nègres d’Agatha Christie. Même si j’ai deviné certaines révélations avant la fin, cela n’a pas gâché mon plaisir. Ce n’est pas tant l’intrigue qui m’a captivé, mais l’atmosphère, le mystère, le mélange réussi entre histoire et surnaturel.

    Le côté fantastique est, à mes yeux, la grande réussite du livre. Il s’insère naturellement dans cet univers médiéval où les croyances tenaient lieu de vérité. C’est sans doute ce qui m’a le plus accroché, bien plus que l’aspect « thriller ». J’ai refermé le livre avec l’envie de le relire, de retrouver les indices disséminés au fil du récit. Et cette fin… j’ai hésité, mais finalement je ne lui ai pas donné mes 5 étoiles, il m’a manqué un soupçon d’émotion, une profondeur dans les sentiments qui aurait pu en faire un coup de cœur absolu.

    Cela restera une très belle découverte, et une belle porte ouverte vers l’univers de Karen Maitland, que je compte bien explorer davantage !

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    Extraits :

    « “C’est donc entendu, nous l’enterrerons vivante avec la bride de fer. Ça lui fera tenir sa langue.” L’aubergiste croisa les bras, soulagé qu’ils soient au moins parvenus à s’entendre sur cela.
    “Le fer contiendra tous ses blasphèmes. Il peut tout arrêter. C’est l’une des matières les plus puissantes pour résister au diable, après l’hostie et l’eau bénite. Bien sûr, ce serait mieux si nous en avions, hélas, nous n’en avons pas par les temps qui courent. Mais le fer fera tout aussi bon usage”. »

    « Il faisait nuit à mon réveil, c’était l’heure la plus sombre, juste avant l’aube, lorsque les chandelles se sont consumées et que les premiers rayons de soleil n’ont pas encore percé les fentes des volets. Mais ce n’est pas la froideur de la nuit qui me fit frissonner. Nous étions bien trop entassés les uns contre les autres dans la grange pour que quiconque sentît le moindre courant d’air. »

    « Nous devons tous gagner notre vie, dans ce monde et il y a autant de manières de le faire qu’il y a de gens. Comparé à d’autres, mon commerce pourrait être considéré comme respectable, et il ne fait aucun mal. Vous pourriez dire qu’il fait même du bien, car je vends de l’espoir, et c’est le plus précieux de tous les trésors. L’espoir est peut-être une illusion, mais c’est ce qui vous retient de sauter dans une rivière ou de boire la ciguë. L’espoir est un mensonge magnifique et il faut du talent pour le donner aux autres. Et à l’époque, en ce jour où soi-disant tout commença, je croyais sincèrement que la création de l’espoir était le plus grand de tous les arts, le plus noble de tous les mensonges. Je me trompais. »

    « Rien d’inhabituel à ce qu’un enfant reçoive une correction ; j’en avais déjà vu au moins une demi-douzaine ce jour-là – un coup de baguette sur des jambes nues pour avoir négligemment laissé tomber un panier d’œufs, un postérieur rougi pour s’être éloigné sans permission, une claque sur l’oreille sans raison valable sinon que le gamin s’était trouvé au milieu du chemin. Tous les jeunes pécheurs tentaient d’esquiver les coups en hurlant assez fort pour convaincre leur tourmenteur que la punition avait été pleinement comprise, tous, sauf elle. Elle ne hurlait pas ni ne se débattait, et demeurait aussi silencieuse que si les coups sur son dos avaient été assénés avec une plume et non une ceinture, ce qui ne semblait qu’accroître la fureur de la personne qui la battait. Je crus qu’il allait la tuer à force de la frapper, mais finalement, vaincu, il la laissa partir. »

    Karen Maitland est née en 1956. Elle vit en Angleterre, dans le Norfolk.
    Elle a publié trois romans en France, parus chez Sonatine Éditions :

    • La Compagnie des menteurs (2010),
    • Les Âges sombres (2012)
    • La Malédiction de Norfolk (2014).

    Amour, Émotion, Drame, Histoire

    Les heures envolées

    de Alba Ombieri
    Broché – 2 juin 2025
    Éditions : Des livres et du rêve

    Au début du XXe siècle, dans une France bouleversée par les fractures sociales et la guerre, trois âmes brisées tentent de recoller les fragments de leur existence. Élise, François et Valentin affrontent, chacun à leur manière, les épreuves du destin et le poids des non-dits. Entre secrets, quête d’identité, et rendez-vous manqués, leur histoire s’entrelace pour dévoiler les forces invisibles qui façonnent nos vies. Des empreintes indélébiles que laissent les heures envolées.

    Un récit à la fois tendre et poignant pour ce premier ouvrage d’Alba Ombieri, dont la plume précise et touchante nous révèle l’étendue de son talent au fil des mots.

    Tout dabord, il y a une très belle couverture… mais très vite se sont les mots qui m’emportent.

    Il y a des romans qui laissent une empreinte profonde, et Les heures envolées, premier livre d’Alba Ombieri, en fait indéniablement partie. J’ai été soufflé par la force de son récit, par la précision de sa plume, par la charge émotionnelle qu’elle porte sans jamais céder au pathos. Tout y est juste, puissant, vibrant.

    Derrière chaque mot, je sens la passion de l’autrice, ses combats, ses colères, mais aussi un amour immense pour ses personnages. Elle ne pardonne rien à la cruauté, à la haine, à la bêtise humaine. Et pourtant, ce n’est jamais un roman à charge. C’est un roman d’humanité, de mémoire et de résistance.

    J’avais découvert Alba avec le recueil SEPT, et sa nouvelle Valentin 1916. Déjà, ce texte m’avait bouleversé. Le retrouver ici, au cœur de ce roman, m’a touché profondément. Il n’est pas seul. Il y a Élise, François… Leurs voix se croisent, s’entremêlent, se heurtent parfois, dans une temporalité qui bouscule. Une fresque dense, émouvante, qui m’a emporté dans une France occupée qui se rend compte que la guerre durera bien plus longtemps que les quelques mois qui avaient été annoncés aux français partis pour défendre leur nation…

    Dès les premières pages, j’ai été happé par l’accouchement d’Élise. J’ai été touché par sa fragilité, sa force, son chemin. C’est l’histoire de plusieurs vies, de destins percutés par l’Histoire qui luttent pour survivre. Des destins qui nous renvoient à nos grands-parents, et finalement, à nous-mêmes.

    Si vous ne deviez lire qu’un seul roman cette année, faites moi confiance, lisez celui-ci !
    Comme le dit si bien Alba, « Les heures envolées » appartient dorénavant aux lecteurs alors laissez-vous tenter et laissez la magie opérer… Ce livre est la lumière qui montre le chemin des vérités. Il est la force que nos jeunes portaient sur leur dos lorsqu’ils partaient au combat, il est la lumière dans les yeux des femmes qui un jour ont décidé de dire NON et qui, sans vouloir forcément être légale des hommes, avaient juste souhaité qu’ils reconnaissent tout simplement leurs places. Celles qu’elles méritent amplement… le temps et l’histoire nous l’ont démontré moult fois… Le roman secoue, il abîme, il fait mal. On y ressent l’injustice, la peur, mais aussi la beauté d’un espoir ténu. Même les personnages secondaires sont poussés dans leurs retranchements. Personne n’est épargné, et moi non plus, en tant que lecteur.

    Le style est net, tendu, presque cinématographique. Pas de mièvrerie, pas de détours. Juste une vérité brute, âpre, bouleversante. J’ai refermé le livre avec les larmes aux yeux… puis j’ai relu le prologue et j’ai tout compris…
    Les monstres existent, mais heureusement les belles personnes aussi…

    Pour un premier roman, c’est une claque. Une œuvre forte, sensible, indispensable.
    Merci Alba…

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    Extraits :

    « Juin 1919, Salergues, sud de la France.
    La fête bat son plein.
    Le soleil d’été rejoint l’horizon, dans un feu d’artifice de nuances pastel. La fraîcheur de la nuit naissante enveloppe les convives attablés au banquet, pendant que les lampions multicolores nimbent les visages de tons chamarrés.
    Je souris en sentant se répandre en moi un sentiment nouveau, savant mélange de bonheur et d’amertume.
    Des fiançailles. Celles de ma mère. »

    « Perdu dans mes pensées, je n’ai pas encore remarqué la silhouette, adossée au tronc de l’arbre avec lequel elle se confond, qui observe les réjouissances en contrebas, le visage ruisselant de larmes. »

    « Dans l’ombre, la femme d’une quarantaine d’années qu’elle n’avait jamais pu appeler autrement que « mère » la scrutait avec un flegme hautain. Un léger rictus arrondissait le coin de ses lèvres. Son détachement apparent confinait à la cruauté, à une férocité impassible, de celle que l’on ne trouve que chez les personnes dénuées d’empathie.
    Face à la scène, elle ne témoignait ni inquiétude, ni compassion, ni colère. Les bras croisés sur la poitrine, raide comme un piquet, elle ne perdait pas une miette du spectacle. Elle paraissait même se délecter de la souffrance de son enfant. »

    « Petite, déjà, elle était présentée comme un jouet : jolie, bien apprêtée, elle se devait, en public, de rester silencieuse sous peine d’encourir une punition qui l’empêchait de quitter le lit plusieurs jours durant.
    Coups de poings, de pieds, de ceinture. Gifles, enfermement, privation de nourriture. Elle avait subi ces mauvais traitements sans broncher, sans se rebeller.
    Jusqu’à ce que François lui fasse entendre que tout cela n’était pas acceptable. Qu’elle méritait le bonheur, l’amour qu’elle n’avait pas suscité chez ceux qui auraient dû la chérir et la protéger. »

    Alba Ombieri a d’abord mené une carrière d’archéologue, avant de délaisser les pinceaux et les truelles pour devenir libraire dans les Landes. Elle a choisi ensuite de se consacrer au métier exigeant de professeur des écoles. Grosse lectrice de thrillers et de polars, elle travaille depuis plusieurs années sur différents projets d’écriture.

    • Valentin, 1916 est sa première nouvelle éditée.
    • Les heures envolées est son premier roman édité aux éditions Des livres et du rêve.
    Amour, Émotion, Poésie

    L’AUTRE VERSANT

    Poésie automnale
    de Gérard Papier-Wagner
    Relié – 4 janvier 2023
    Éditeur : Auto-édition

    « Écrire de la poésie, c’est aborder l’autre versant d’une réalité réinventée dans la fiction. Ainsi me suis-je laisser allé au gré de mon imaginaire et de mes états d’âme sans souci d’un classement. Le lecteur devra donc visiter ce recueil à la manière de qui entre dans une bibliothèque sans avoir une idée précise de ce qu’il vient y chercher, ni même de ce qu’il peut y trouver. J’espère simplement que celui-ci découvrira parmi mes poèmes le chemin qui mène hors des pensées convenues. »

    Je dois l’avouer d’emblée, la poésie n’est pas, à la base, mon terrain de lecture favori. Et pourtant… ce recueil m’a surpris à plusieurs niveaux. Je ne m’attendais pas à être aussi touché, et c’est peut-être justement parce que je sortais de ma zone de confort que cette lecture a pris une autre dimension.

    Très vite, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’un livre à « dévorer » comme je le fais souvent, mais bien d’un ouvrage à appréhender avec lenteur et attention. Il méritait une lecture posée, presque rituelle. J’ai donc choisi de le découvrir au fil des jours, à raison de trois ou quatre poèmes par-ci, par-là, selon l’humeur du moment. Et cette approche s’est révélée parfaite, je me suis laissé porter sans jamais forcer l’élan.

    Chaque poème m’a emmené ailleurs, dans des émotions universelles, mais racontées avec une intimité qui les rend profondément personnelles. Gérard a un talent indéniable pour saisir la beauté des sentiments avec des mots simples, justes, toujours sincères. Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette authenticité, j’ai senti très vite que chaque texte était nourri d’instants vécus, d’éclats de vie qui résonnaient parfois avec ma propre histoire. Il y a dans ce recueil une délicatesse qui touche le cœur sans jamais tomber dans l’artifice.

    C’est un livre pour les rêveurs, les amoureux de la vie, ou tout simplement pour celles et ceux qui cherchent un peu de lumière dans leur quotidien. Les poèmes vibrent d’émotion, de tendresse, et abordent avec pudeur les élans du cœur, les premiers émois, le passage du temps ou la nostalgie des souvenirs. On y retrouve un parfum d’automne, certes, mais pas au sens saisonnier : un automne intérieur, celui de nos transitions, de nos souvenirs, de nos petits deuils doux et nécessaires.

    En refermant ce recueil, j’ai compris que la poésie pouvait me parler, me toucher, même quand elle est écrite avec autant de sincérité. Une très belle découverte que je recommande, surtout à ceux qui, comme moi, n’osaient pas encore s’y aventurer.

    Petit secret entre vous et moi pendant que l’auteur ne nous écoute pas.
    Lorsque je suis arrivé au passage TEXTES NON VERSIFIÉS, comment vous dire… J’ai… Les mots… Il a fallu que…
    … Non finalement, le mieux est que vous le lisiez. Vous comprendrez…

    Merci du fond du cœur Gérard, grâce à toi mon horizon s’est encore agrandi !

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    Extraits :

    « MES ROSES
    Que vous soyez de Bagatelle ou d’Ispahan
    La princesse Meilland ou la Reine Écarlate
    De noble souche ou d’églantiers du Morbihan
    Votre corolle est une oreille délicate
    À laquelle je me confie depuis toujours
    Aimant à raconter mes chagrins mes amours
    Frivole un beau matin rompant notre quiétude
    Ayant dit mon désir de connaître un ailleurs
    Par confusion ai pris la rosée pour les pleurs
    D’une amante blessée par tant d’ingratitude
    …/… »

    « PAS LE TEMPS
    Qu’elle est courte la vie je n’aurai pas le temps
    De la comprendre bien Avant je serai mort
    Fantasque fut la mienne ironique mon sort
    J’ai le corps en hiver et le cœur au printemps
    Ainsi ai-je souvent vécu à contretemps
    Impatient d’être en mer puis regrettant le port
    Qu’elle est courte la vie je n’aurai pas le temps
    De la comprendre bien Avant je serai mort
    …/… »

    « BLEU-BLANC-ROUGE
    Bleu tes yeux Blanc ton sourire Rouge tes lèvres
    Bleu-Blanc-Rouge qui claque au vent de mon pays
    C’est ton visage me mettant le cœur en fièvre
    C’est l’étendard d’une histoire qui m’envahit
    …/… »

    « JÉSUS
    Pardonne-moi de bouder tes cérémonies
    L’Église prétendue gardienne de nos vies
    Engoncée dans des rites soi-disant les tiens
    S’occupe moins de celles-ci que de ses biens
    …/… »

    Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

    Mona
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

    LE PARFAIT inconnu
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

    À cause du Zibaldone
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

    Le disparu de Monrovia
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

    La double vie des Jodlere
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

    Le rendez-vous de Tchimbamba
    https://leressentidejeanpaul.com/2023/12/21/le-rendez-vous-de-tchimbamba/

    Le triptyque
    https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/05/le-triptyque/

    Dragon qui boite
    https://leressentidejeanpaul.com/2025/01/07/dragon-qui-boite/

    Dystopie, Philosophique

    Gel

    Aux confins des confinements
    de Francis Denis
    Broché – 12 janvier 2025
    Éditions : La route de la soie – Éditions

    Quand le quotidien se fige et que l’humanité vacille, il reste la force des mots pour capturer l’indicible. Dans ce recueil poignant et déroutant, Francis Denis explore les multiples facettes du confinement, miroir d’une époque troublée où le réel flirte avec l’absurde.
    À travers des récits teintés d’ironie, de mélancolie et d’espoir, Francis Denis donne vie à une galerie de personnages, pris dans l’immobilité de leur monde intérieur et extérieur. Tour à tour poétique, satirique et profondément humain, Gel interroge nos fragilités, notre résilience et notre capacité à rêver malgré tout. Des dialogues intemporels aux images saisissantes, ce livre est une invitation à plonger dans l’univers singulier de Francis Denis, où l’ordinaire devient extraordinaire, et où chaque instant figé contient l’espoir d’un renouveau.

    Francis Denis, artiste multidisciplinaire, signe ici une oeuvre à la fois littéraire et visuelle, ancrée dans la contemporanéité.

    Après avoir été saisi par Jardin(s) – La Femme trouée et déstabilisé avec curiosité par BOB, je me demandais franchement dans quelle direction Francis Denis allait encore m’emmener. Et je dois dire que Gel – Aux confins des confinements m’a pris à revers. Rien à voir, ou presque, avec ses deux précédents romans. Et pourtant, j’y ai retrouvé ce que j’aime chez lui, une lucidité mordante, une écriture affûtée, et une manière bien à lui de saisir les failles de l’humain… Et oui, j’ai souri deux ou trois fois, devant l’intelligence tranquille de certains de ses propos.

    Dans Gel, le froid n’est pas qu’un climat, c’est une atmosphère. Il s’infiltre dans les corps, dans les esprits, dans les silences. L’auteur propose une série de huis clos oppressants, comme autant de fragments d’un monde suspendu, abîmé. Chaque scène, chaque voix semble surgir d’un isolement différent, un vieillard qui se terre dans une armoire, un enfant qui écrit au Père Noël, une étrange parodie médiévale… Tout est étrange, presque irréel, surnaturel dirais-je, et pourtant tout sonne tellement juste.

    Petit à petit, quelque chose bascule.
    Et le confinement glisse vers une autre forme d’enfermement, plus radical, plus désespéré. Le gel devient total, et avec lui, un monde post-apocalyptique prend forme. Machines contre hommes, froid contre mémoire. J’ai été happé, désorienté parfois, mais fasciné.

    Ce que j’ai aimé, c’est que ce roman ne se contente pas de rejouer la pandémie. Il la dépasse. Il m’a forcé à m’interroger sur mon rapport au réel, à la peur et à la solitude. Puis, met en lumière un besoin d’évasion et les efforts pour se réinventer, lorsque que tout semble figé.

    Ma conclusion, Gel est et restera une œuvre étrange, fragmentaire, mais puissante. Elle m’a laissé un drôle de goût en bouche, comme un souffle givré dans le creux de la gorge. Et c’est précisément pour ça qu’elle m’a plu.
    Qu’aurais-je fait à leur place ?
    Que restera-t-il de nous ? De moi ?

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    Extraits :

    « – Ne prenez pas cet air d’inquisiteur chère damoiselle, nous sommes en confinement non pas pour oppresser le peuple mais bien pour nous protéger, pauvres humains que nous sommes tous, du fléau qui frappe à notre porte. »

    « Alors la mère. I’ t’ont enfin relâchée !
    T’aurais dû respecter les règles. Surtout à ton âge. C’est pas à quatre-vingt douze balais qu’on va se faire bronzer la couenne au bord de l’eau en pleine période de confinement !
    J’t’avais dit d’prendre ça au sérieux. On n’est pas dans un roman photo ni entrain de jouer une saynète pour la Noël. Là, maintenant, c’est tout l’avenir de l’Humanité qui est en jeu et quand je dis l’Humanité, c’est l’Humanité avec un grand H !
    Comment? Tu ne comprends pas ? Tu dis qu’à ton âge tu crains plus rien et que t’es immunisée ? Que t’en as vu d’autres pendant la dernière guerre et que c’qu’on vit maintenant c’est pas plus grave qu’un coup d’éponge sur un manche à balai ?
    Mais tu sais pas qu’i’m’a fallu une autorisation spéciale pour venir te r’chercher aujourd’hui ! »

    « 2020.
    Nous glissons en douceur vers la fin novembre. C’est le temps du souvenir. Une époque de l’année où un certain vague à l’âme s’empare irrésistiblement de tout notre être et nous laisse pantois face à notre destinée commune.
    Outre cette mélancolie de saison, nous voici conscients du nouveau péril qui nous menace. L’ignorance accroît notre angoisse. Nous sommes seuls. Des milliards d’individus seuls au monde. »

    « Bien que nous ayons perdu la notion du temps, que le mot « saison » n’a plus de raison d’être, que nuit et jour se côtoient comme de sœurs jumelles, que « bientôt », « plus tard », « jamais » se ressemblent étrangement de plus en plus, nous gardons le rythme du sang qui bat dans nos veines, celui de notre respiration, celui de nos muscles qui peinent, de nos cils qui clignent pour nous protéger les yeux de cette glaçure assassine.
    Nous gardons le rythme de l’espoir qui nous habite. »

    Francis Denis est né en 1954. Auteur et artiste peintre autodidacte, il réside à Longuenesse, dans le Pas-de-Calais, près de Saint-Omer, en France. Il a été éducateur de 1973 à 2014. Il fut le co-fondateur de la revue poétique Lieux-d’Être avec le poète Régis LOUCHAËRT puis co-organisateur du festival d’art sacré contemporain « Les Regardeurs de Lumière » en la cathédrale de Saint-Omer de 2008 à 2013.

    La Route de la Soie – Éditions est une maison indépendante dont le but est de faire émerger des passerelles d’humanités, des résistances poétiques.

    Amour, Émotion, Conte, Magique, Poésie

    FLIPP LE PETIT FANTÔME

    de Claudine Laurent Rousselle
    Broché – 8 juin 2024
    Éditions : Auto-édition

    Philippe, Chris et Alan ont douze ans, ils sont amis depuis leur plus tendre enfance. Ils partagent tout. Ils aiment se retrouver au bord de la rivière pour faire des ricochets, pêcher, se balancer au bout d’une corde et sauter dans l’eau.
    Un jour, ils décident de construire une cabane dans un arbre, ils ne ménagent pas leurs efforts et sont heureux de leur réussite.
    Ils aménagent un barbecue sur lequel ils font cuire leurs prises. Assis sur des rondins de bois, entourés de la nature, ils dévorent à pleines dents, c’est un pur bonheur, jusqu’au jour où survient le drame…

    Je croyais que Claudine Laurent Rousselle ne pouvait plus me surprendre. Et pourtant…
    Avec Flipp le petit fantôme, elle m’a une fois encore profondément touché. Ce petit conte tout en délicatesse s’adresse aux enfants de 7 à 13 ans, mais il parlera tout autant aux parents, aux grands-parents, et à tous ceux qui gardent en eux une part d’enfance.

    Avec sa plume empreinte de bienveillance et de poésie, Claudine nous offre une histoire tendre, simple et lumineuse, portée par une narration accessible et un ton volontairement naïf, au sens le plus noble du terme. Ce style, qui lui est propre, apaise, émerveille, et donne à rêver. Elle a glissé aussi, ici et là, réalisés par ses propres soins j’en suis sûr, quelques petits dessins qui ont joliment animés mon récit.

    J’aurai aimé que l’aventure dure plus longtemps. Mais c’est bien là la force de l’autrice, savoir captiver les jeunes lecteurs sans jamais les perdre. Claudine connaît les enfants, elle sait comment les accrocher, les émouvoir, surtout les faire réfléchir… tout en douceur.

    Flipp le petit fantôme est un récit court, certes, mais il résonnera longtemps dans mon esprit. Il touche le cœur, il fait naître l’émotion. J’avoue avoir versé quelques larmes tant ce petit monde imaginaire est porteur de lumière.

    C’est un livre pour les petits, bien sûr, mais aussi pour les grands. Pour les mamans, les papas, les futurs parents, et tous ceux qui croient encore aux pouvoirs des histoires. Un conte pour donner aux enfants le goût de lire… et surtout, le droit de rêver.

    Merci, Claudine, pour cette nouvelle parenthèse enchantée. Merci de nous partager ton imaginaire si riche et si généreux.
    Aujourd’hui, je te le dis, si tu as besoin de quoi que ce soit, et si je peux t’aider, ce sera toujours avec un grand plaisir.
    Tu offres aux enfants (et à nous tous) de magnifiques personnages, pleins de vie et de tendresse. Et ça, c’est un cadeau précieux.

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    Extraits :

    « Un beau ciel bleu, une rivière, un petit bois, un champ de fleurs …
    Un réel bonheur pour Philippe et ses amis Alan et Chris, tous les trois âgés de douze ans, qui aiment la nature et s’en donnent à cœur joie à faire des ricochets sur l’eau de la rivière, se balancer au bout d’une corde attachée à la branche d’un arbre, plonger dans l’eau, et s’éclabousser.
    Les rires fusent. »

    « – Philippe !… c’est bien toi ?…
    – Oui, n’aie pas peur surtout… mais appelle-moi Flipp, en haut, c’est le nom qu’on me donne.
    – Flipp, d’accord… que fais-tu ici ?…
    – Je voulais vous revoir Alan et toi. Je suis allé à la cabane, j’ai essayé d’attirer votre attention, mais j’ai vu que je vous faisais peur. Alors ce soir, je suis venu vous voir l’un comme l’autre.
    Sache que vous êtes les seuls à me voir et à m’entendre. »

    « Pourtant quelque chose l’intrigue.
    Elle ne rêve pas, elle entend Alan et Chris parler à Philippe, comme à l’époque où il était avec eux.
    Que leur arrive t-il ?
    — Je dois avoir une conversation avec les garçons… ils ne peuvent continuer ainsi. Ils doivent admettre que leur ami est parti. Ça ne sert à rien d’imaginer le contraire, je pense qu’ils se font du mal.
    Je leur parlerai demain pour ce soir, c’est un peu tard. »

    « – Mes amis, qu’allez-vous retenir de ces vacances ?…
    – On s’est bien amusés ! lui répond Alan.

    – Et toi Chris ?
    – C’est vrai ont s’est bien amusés, mais tu nous as montré tout ce que tu étais capable de faire pour les autres et je pense que c’est une leçon à retenir.
    Nous devons, nous aussi, penser à venir en aide aux autres.
    — Très juste ! Répondez Flipp et pas seulement aux humains, les animaux, les oiseaux, les arbres, les fleurs, et chaque être vivant sur cette terre peut avoir besoin de vous.
    Vous devez apprendre à ouvrir les yeux ainsi que votre cœur.
    Faudra vous rappeler tout mon enseignement.
    Croyez-moi, ça vous rendra heureux du faire… »

    Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
    Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman Un merveilleux cadeau en 2022.
    D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…

    Drame, Polar, Psychologie, Suspense, Thriller, Violence

    Les femmes ne plaisantent pas avec l’amour

    de Jean-Pierre Levain
    Poche – 2 avril 2025
    Éditions : Des livres et du rêve

    Touchée par trois balles, dont une en pleine tête, Éva Karsanti échappe miraculeusement à la mort, mais sombre dans un coma profond.
    Propriétaire de boutiques de luxe et d’un site de rencontres libertines, elle finance en secret des ONG qui aident des femmes en détresse à avorter dans des pays liberticides où ces pratiques sont interdites.
    De lourdes menaces planent sur Éva.

    L’enquête est confiée au commandant Fred Brazier, épaulé par Gaëlle Lebras. Chaque piste soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, et traquer la vérité s’avère aussi périlleux qu’urgent.

    Plongez dans la nouvelle version du tout premier opus de Jean-Pierre Levain.

    Un polar intense où se dessinent les premiers pas du groupe crime du SRPJ de Lyon, une équipe appelée à devenir légendaire.

    J’ai dévoré Les femmes ne plaisantent pas avec l’amour de Jean-Pierre Levain en une seule soirée. Impossible de le lâcher !
    Intrigue haletante, rythme bien dosé, documentation rigoureuse… tout y est. On sent dès les premières pages que l’auteur sait de quoi il parle, que ce soit en matière de procédures policières, de balistique ou de diagnostics médicaux. Peut-être un peu trop pour certains ? Mais personnellement, cela n’a rien enlevé au plaisir de ma lecture.

    L’histoire démarre fort. Eva Karsanti, puissante entrepreneuse lyonnaise, se fait agresser chez elle. Un individu en tenue de motard la menace, tue son chien et finalement lui tire dessus. Touchée de trois balles, dont une en pleine tête, elle survit miraculeusement mais plonge dans le coma. La jeune et intrépide Gaëlle Lebras, hérite de l’enquête. À ses côtés, Fred Brazier, commandant proche de la retraite, qui connait très bien la victime, ensemble ils vont essayer de démasquer cet agresseur prêt à tout pour se débarrasser de la femme d’affaires. Un duo attachant, bien équilibré, entre le flic calme et expérimenté et la fougueuse coéquipière, curieuse et un brin provocatrice.

    Jean-Pierre alterne les points de vue sans jamais me perdre, ce qui donne un rythme vivant, presque cinématographique. Les personnages sont bien dessinés, crédibles et profondément humains. J’ai aussi beaucoup apprécié les références littéraires et cinématographiques glissées çà et là avec malice, et puis l’humour qui affleure par moments.

    Au-delà de l’enquête policière, Jean-Pierre explore des thèmes de société essentiels, les droits des femmes, le droit à l’avortement, les groupes extrémistes, la sexualité, l’amour libre, les relations intergénérationnelles, la bisexualité et bien d’autres choses… Les femmes ne plaisantent pas avec leur liberté d’aimer, c’est bien là tout le sens du titre, et aucun homme dans le roman ne pourra prétendre avoir le contrôle sur ce terrain.

    Un polar intelligent, bien écrit, moderne, et surtout porté par une vision affirmée : l’amour, quand il est sincère et libre, ne se négocie pas. À glisser dans toutes les valises cet été !

    Un immense merci à toi Angie, pour ta confiance et pour m’avoir permis de signer cette nouvelle couverture. Toujours au rendez-vous avec grand plaisir !

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    Extraits :

    « Se tenant à la rampe et encore légèrement ensommeillée, elle ne réagit pas immédiatement à la vue de l’étranger entièrement vêtu d’une combinaison de motard avec sur la tête un casque à la visière réfléchissante baissée. Il était de petite taille, assez mince, et semblait peu inquiétant de prime abord. La surprise fit progressivement place à l’effroi quand elle entrevit l’immense revolver au bout de son bras. Sa première pensée fut pour le chien, ce gros benêt de labrador toujours gentil avec tout le monde. Comme elle regrettait à présent de s’être laissée attendrir au chenil par sa bonne bouille de chiot et d’avoir préféré un labrador placide à un vrai défenseur féroce faisant son travail de gardien en se jetant sur l’agresseur pour le mettre en fuite. »

    « Gaëlle, à genou dans le sang de la victime, lui dénoua sa robe de chambre pour l’aider à respirer, prenant garde à ne pas la bouger. Elle comprima la blessure à la jambe le plus délicatement possible avec la serviette pour limiter l’hémorragie, espérant ne pas trop aggraver la cassure osseuse. Le crâne était fracturé. La balle était entrée juste au-dessus de l’œil gauche, pour ressortir par le haut de la tête.
    En une prière silencieuse, elle espérait qu’elle n’avait pas pénétré trop profondément le lobe cérébral. »

    « – Bonjour à toutes et à tous. Je vous prie d’excuser mon retard, mais je tenais à faire le point avec le médecin-chef du service de neurologie de l’hôpital Erlanger où est hospitalisée notre victime. Madame Karsanti a, comme on le dit couramment, eu de la chance dans son malheur. La fracture à la jambe a été réduite et la balle n’a pas touché d’artère. Concernant la blessure à la tête, le projectile a pénétré au niveau frontal juste au-dessus de l’œil gauche pour ressortir par le haut de la partie pariétale du crâne. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’a pénétré que superficiellement le cerveau, sans provoquer de dommages irréversibles. L’impact a créé des lésions de contrecoup avec contusion encéphalique. Les chirurgiens l’ont opérée en urgence pour résorber l’œdème qui s’était formé. L’opération s’est bien passée mais le pronostic reste réservé. Pour le moment, elle est toujours dans le coma. Les médecins ne savent pas quand nous pourrons l’interroger. »

    Jean-Pierre Levain est Docteur en psychologie.

    Il a été chercheur à l’Institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques et maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Franche-Comté.
    Aujourd’hui à la retraite, il s’est reconverti dans l’écriture de romans policiers. Le premier s’intitule “Les femmes ne plaisantent pas avec l’amour” (2020).

    Page Facebook : https://www.facebook.com/JPLevain/

    Amour, Émotion, Drame, Magique

    Un battement de cœur après l’autre

    de Françoise Cordier-Bresson
    Poche – 12 juin 2025
    Éditions : Mon Poche

    Il y a toujours un moment incertain où la vie s’infléchit, trébuche ou se déploie. Quand Marie, 35 ans, se retrouve veuve à la suite d’un terrible accident, elle s’abîme dans le chagrin. Comment remonter au-dessus des nuages quand on est à terre ? Comment accepter les mains qui se tendent sur son chemin et s’autoriser à se réinventer ? Entre courage et défaillances, son périple l’entraînera en Provence, dans un refuge d’âmes cassées… C’est peut-être là qu’un battement de cœur après l’autre, elle réapprendra le goût du bonheur…

    Il y a des livres qui vous accompagnent longtemps après les avoir refermés. Un battement de cœur après l’autre “risque” d’en faire partie. Ce roman, signé Françoise Cordier-Bresson, m’a cueilli par sa justesse, sa pudeur et sa lumière.
    J’y ai rencontré Marie, une jeune directrice financière de trente-cinq ans, engluée dans une dépression sévère suite à la disparition tragique de son mari, brisée, dans l’incapacité de faire son deuil, incapable de respirer dans un monde où son mari n’existe plus. Ce n’est pas une héroïne flamboyante, mais une âme nue, fragile, vacillante. Et c’est précisément ce qui m’a touché.

    Quand quitte le refuge précaire d’une clinique psychiatrique, ce n’est pas une libération, mais un saut dans le vide, précipitée dans un monde devenu étranger. Ses parents, englués dans les convenances, n’ont jamais été capables de la voir telle qu’elle est au fond de son cœur, trop centrés sur eux-mêmes. Alors, elle erre, se perd dans des bras inconnus pour se sentir vivante, recherche un nouveau souffle… Jusqu’au jour où elle acceptera la main tendue de son psychiatre, et embarquera pour un centre d’accueil atypique, un centre pour les abîmés de “la vie”, en Provence, au pied de la Sainte-Victoire.

    Là, elle rencontrera Eugène, Myriam, Raphaël et bien d’autres “béquilles”… Des phares dans sa tempête. Peu à peu, elle réapprend à marcher, à vivre, à aimer, un battement après l’autre. C’est une renaissance à petits pas, pleine de maladresses, mais profondément humaine. Jamais de pathos, toujours de la pudeur et beaucoup de bienveillance.

    Ce premier roman de Françoise, aussi brillant qu’éblouissant, parle de la vraie vie, de ses vertiges et de ses petites victoires si minimes soient-elles. Il évoque le deuil, l’acceptation, l’entraide, l’amitié, la puissance des liens sincères. J’ai été bouleversé par tant de délicatesse, par cette écriture qui frôle l’âme. Rien d’ostentatoire, tout sonne juste. Primé par le Prix Femme Actuelle 2024, ce récit rempli de belles émotions et qui réconcilie avec la fragilité, nous rappelle que nous sommes des êtres vivants…

    Merci Françoise pour cette ode à la résilience.
    Ce “roman-thérapie” fait du bien… m’a fait du bien. Il m’a touché en plein cœur, j’y ai retrouvé une vérité qui ne s’oublie pas !

    Probablement ma lecture la plus forte de 2025… et un coup de cœur absolu !

    Virginie, je ne te remercierai jamais assez pour cette lecture qui illumine !!!

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    Extraits :

    « Marie avance jusqu’au milieu du hall. Elle ralentit, hésite, puis s’arrête. Un pas de plus et le détecteur déclenchera l’ouverture des portes de la clinique. Ces portes, qu’elle ne voulait pas franchir il y a un mois, sont maintenant le dernier rempart qui la protège du monde extérieur. Elle ne veut pas sortir. Elle appréhende d’affronter le soleil, les rires, la foule anonyme, le bruit de la circulation, l’odeur des croissants, les souvenirs, la fraîcheur des matins, les fantômes obsédants. »

    « Depuis, Marie faisait face comme elle le pouvait.
    Son travail était devenu une bouée à laquelle elle s’agrippait pour ne pas sombrer. Elle arrivait la première, repartait bien souvent après minuit. Elle en oubliait de manger, de dormir. Elle n’éprouvait plus rien. Une seule chose comptait : ne plus penser. Son esprit s’occupait. Son corps se désincarnait. »

    « Elle n’a même jamais pensé rejoindre Nicolas dans la mort. Au plus sombre de la noirceur de ses nuits, l’idée ne lui est simplement pas venue. Se trancher les veines, se jeter sous une rame de métro ou alors ingurgiter des tubes entiers de somnifères n’ont jamais été des options envisagées. Il va sans dire que ce n’était pas pour épargner ses parents. Elle ne voulait juste rien. Ni mourir, ni vivre. Elle est ainsi restée en suspens, morte-vivante, funambule fragile sur le fil étriqué de ce qui restait de son quotidien.
    Les jours s’étirent, sans odeur ni saveur. »

    « La douceur de la nuit avait accueilli les confidences d’Eugène. Sa vie pourrait en faire un personnage de roman. Sa jeunesse, il l’avait passée au Portugal, dans un petit village aux environs de Porto. Son père, ouvrier agricole, partait là où on avait besoin de bras. Il rentrait à la maison quelques jours seulement par an, le temps d’engrosser sa femme et de la frapper juste ce qu’il fallait pour qu’elle se souvienne de lui, comme il avait l’habitude de le dire à ses compagnons de beuverie. Avant de repartir tailler les arbres ou cueillir des tomates, il noyait son malheur dans la gnôle frelatée qu’il buvait cul sec. »

    Françoise Cordier-Bresson a longtemps travaillé en tant que directrice dans le domaine de la communication au sein de grandes entreprises.
    Aujourd’hui, elle a changé de vie et décidé de mettre sa voix et ses mots au service des femmes. Un battement de cœur après l’autre est son premier roman. Elle vit en région parisienne.

    Émotion, Philosophique, Poésie

    Contes des petits mondes d’à coté

    de Alain Cadéo
    Broché – 13 juin 2025
    Éditions : La Trace

    Comme Luca Di Fulvio et Christian Bobin qui étaient ses amis, Alain CADEO est parti le 12 juin 2024. Ce recueil posthume paraitra le 12 juin 2025 : un an après sa disparition…

    « Il était une fois » faites attention, ça vous paraît léger, fragile, insignifiant… C’est pourtant là que dort tout l’inconscient. Méfiez-vous donc de ces petites histoires C’est le meilleur enfoui déjà dans nos crânes d’enfants. Le terreau et les graines de nos songes seront le plus beau champ de toutes nos actions. Car si le réel n’est qu’un singe se courbant devant les modes et l’immédiat, la rêverie est un lion sans âge, régnant en maître sur l’espace et le temps. »

    Quand j’ai appris qu’Alain Cadéo nous avait quittés en juin 2024, j’ai senti un grand vide, une grande tristesse aussi…
    Comme si une lumière s’était doucement éteinte. On ne s’était jamais vu, mais nous avions échangé parfois et très vite, j’avais “entrevu” la belle personnalité qui te guidait. Grâce à Martine, ton épouse, qui a ouvert tes nombreux cahiers et billets, j’ai pu découvrir avec plaisir ce nouveau recueil, Contes des petits mondes d’à côté. Un bijou de délicatesse qui m’a redonné, le temps d’une lecture lente, mon regard d’enfant, curieux, éveillé et plein d’émerveillement. L’amoureux des mots que je suis, ayant décidé de ne surtout pas lire ce recueil d’un seul tenant, afin que les émotions, les questionnements se développent à leur rythme, a savouré chaque page, comme s’il marchait dans un paysage familier, mais pourtant qu’il redécouvrait au gré des ombres et des lumières.

    Lire Alain, c’est retrouver un souffle oublié. Il me ramène à moi-même, à mes silences, à ce qui compte vraiment. Il écrivait comme on tend la main, avec élégance, avec cœur, plus qu’avec panache. Aujourd’hui ses mots semblent glisser sans bruit, mais ils heurtent là où ça fait sens. Chaque petit conte m’a touché. Profondément. Ils parlent de moi, de vous, les “petits”, ceux qui préfèrent l’écoute à la démonstration, l’humilité au clinquant, au soit-disant “pouvoir”. Alain nous montre que la vraie poésie se cache dans les détails, dans ces riens du quotidien qui, mis bout à bout, finissent par dessiner ce qui est essentiel, la simplicité, la liberté comme un art de vivre afin de se retrouver, loin d’un monde dont l’évolution qui explose s’oublie.

    Alain écrivait que “la paix se gagne par paliers”.
    Il a raison et je crois que ses textes sont justement ces paliers. Des marches qui nous sont offertes, vers une vérité douce, mais jamais imposée, vers un monde qui s’ouvre uniquement à ceux qui savent regarder, écouter… Je suis chanceux, j’en fait parti.

    Merci Alain, pour tes idées, pour tes mots qui résonnent désormais plus que je ne les lis. Ils resteront là, près de moi, à disposition suivant mon bon vouloir, comme une belle musique qui me ravira à chaque nouvelle écoute.
    Et aujourd’hui, merci à toi, Martine, de nous les avoir offerts et de les faire perdurer…

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    Extraits :

    « Les contes n’ont pas d’âge, à peine un paysage et quelques personnages, animaux ou humains. Ils sont un peu comme les nuages, fuyants et aériens, et de bien innocents deviennent terrifiants.
    Ils passent, changent, bougent sous les vents, pourtant on s’en souvient. Ils ont peut-être pris racine là où ne reste rien de ce qu’on nous a appris à coups d’explications, preuves, méthodes, lois, bombes, fusils, peur, patrie ou trahisons, logique, réalité, placements, dividendes et mille autres raisons. »

    « Chers et doux amis… Je ne sais par où commencer… Mais il faut bien que je vous raconte cette… histoire… enfin ce qui m’est arrivé. Sachez dans tous les cas que, comme face à tout ce qui est un peu extraordinaire, je n’y étais pas préparé. Pardonnez également mon écriture un peu décousue, ces points de suspension qui sont les signes de mon esprit troublé… c’est qu’il est difficile de mettre en mots une aventure aussi… grotesque (là je devrais barrer, ce n’est pas le mot…je m’interroge… fantastique peut-être, effrayante, surprenante, déstabilisante, hors de la réalité…). »

    « Je me souviens de ce soir-là, j’avais sept ans, nous remontions la rue où nous habitions avec mon père et il serra ma main à cet instant un peu plus fort que de coutume. L’ombre de l’énorme cathédrale plus bas étouffait, avalait le couchant. Les marronniers en fleurs balançaient leurs feuillages bien au-dessus du mur d’une caserne je crois, dont la crête était hérissée de tessons de bouteilles. Et les les martinets s’en donnaient à cœur joie dans un ciel bleu safran qui est le ciel du grand vent que les pleines lunes ramènent dans leurs cycles de sang. »

    « L’écriture est une malédiction. Celui qui s’en approche un tant soit peu, se risquant à ouvrir des bocaux oubliés pleins de mots, ne sait plus comment faire pour s’en débarrasser. Il est pris d’une sorte de danse de Saint-Guy, agitant ses dix doigts, le cerveau envahi par mille insectes noirs qui grouillent, rampent, volent, vermine des grands fonds. Je ne sais pas par où commencer cette histoire. Je suis moi-même tout empêtré et atteint par cette syllogomanie.
    J’entasse les mots sans répit et tremble chaque jour de devenir comme ce malheureux ayant été littéralement enseveli sous des monceaux de lettres et d’écrits qu’il n’envoyait jamais à personne par peur d’être incompris. »

    « Lorsque vous passerez, frères humains, ne soyez pas désespérés. La paix, l’éternité se gagnent par paliers. Mais les bons compagnons que vous rencontrerez vous aideront à patienter. Douceur, tendresse, absolue gratuité, tout le meilleur des Hommes est là pour vous réconforter dans l’horrible silence précédant la Clarté… »

    Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont « Stanislas » (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

    Il est avant tout un passionné des autres, des humbles, ceux qui lisent les mots, les portent et les défendent… Ses textes sont toujours exigeants, en perpétuelle recherche de chemins différents, à l’image de l’homme, singulier, sincère et altruiste, mais aussi inclassable, comme sa littérature.

    Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.
    Il nous a quittés en juin 2024

    Sa bibliographie complète est la suivante :

    Adolescence, Émotion, Drame, Psychologie

    Là où sombrent les secrets

    de Céline Bréant
    Broché – 3 juillet 2025
    Éditeur : Taurnada éditions

    Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ?
    Juin 2007. Trois jeunes amies bravent les interdits lors d’une classe verte en montagne. Une escapade nocturne près de la tristement célèbre « rivière maudite » vire au cauchemar : Maëlle disparaît sans laisser de trace.
    Quinze ans plus tard, alors que Clémence tente toujours de vivre avec ce drame, Mila, d’une nature plus fragile, décide de chercher des réponses.
    Mais déterrer le passé pourrait bien réveiller des secrets qu’il aurait mieux valu garder enfouis…

    Mensonges, trahisons et culpabilité explosent dans ce thriller haletant qui explore les zones d’ombre de l’âme humaine.

    Je viens de refermer Là où sombrent les secrets, je suis encore sous le choc après la lecture intense et bouleversante de ce roman, qui m’a tenu en haleine du début à la toute fin.

    Tout commence en juin 2007. Trois adolescentes Maëlle, Mila et Clémence, lors d’un séjour à la montagne décident d’une escapade nocturne près d’une rivière que l’on dit “maudite”. Cette “sortie” très vite vire au cauchemar. Maëlle disparaît et ne rentrera jamais au chalet.
    Quinze ans jour pour jour après la disparition… les blessures ne sont toujours pas refermées.
    Clémence, est rongée par la culpabilité, et préfère taire ses souvenirs, Mila, elle, veut absolument comprendre, quitte à réveiller les fantômes.
    Qu’est-il arrivé à Maëlle, la petite fille disparue ?
    Le cauchemar commencé il y a 15 ans ouvre aujourd’hui de nouvelles portes…

    J’ai été happé par cette histoire qui n’est pas seulement une enquête sur une disparition, c’est aussi un voyage au fin fond des méandres de l’âme, là où se mêlent culpabilité, amitié, secrets enfouis et résilience. Les retours dans le passé sont habilement menés, les révélations inattendues. Plus j’avançais, plus l’horreur montait, insidieuse, glaçante jusqu’au final de cette histoire qui va encore plus loin et pris complètement à contre pied, là où je pensais avoir trouvé ce qui était arrivé à Maëlle.

    Les personnages aussi et surtout m’ont profondément touché. Ils sont déroutants, imparfaits, tous à la recherche de quelque chose, mais chacun d’entre eux reste fort à sa manière, malgré tout. J’ai aimé la complexité de leurs réactions, leurs cheminements chaotiques et tellement humain.

    Je découvre Céline Bréant avec ce roman, elle a ce talent rare de nous faire ressentir les émotions à fleur de peau, grâce à une plume fluide, juste, et très percutante. Son roman est une claque. Il m’a interrogé sur ce que l’on choisit d’oublier pour arriver à survivre et sur les cicatrices que le temps n’effacera jamais.
    Une lecture qui forcément laisse des traces. Une réussite.

    Merci à toi, Joël Maïssa, et toutes mes félicitations pour ce nouveau choix qui vient magnifiquement enrichir ta galerie déjà remarquable d’auteurs et d’autrices, des voix singulières qui, à chaque lecture, ne cessent de m’éblouir.

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    Extraits :

    « L’eau froide écrase sa cage thoracique et comprime ses poumons. La forte poigne du courant l’emporte en son sein et donne à son corps l’aspect d’une marionnette désarticulée. Son instinct de survie la pousse à se débattre, à lutter contre ce monstre assoiffé de remords, mais une force presque surnaturelle l’arrache à la surface, lui rappelant ses cauchemars d’enfant où des mains de géant multicolores l’entraînaient au fond d’un gouffre noir.
    Elle crache et suffoque à la manière d’un animal moribond. Ses articulations, devenues molles comme du papier mâché, s’écorchent contre les rochers tranchants, laissant s’échapper des filets de sang dans ce flot infernal.
    Exténuée et résignée, elle relâche ses muscles et accueille la mort comme une délivrance.
    Comme un châtiment. »

    « De nos jours
    J’ouvre les yeux, le cœur battant. Je ne me suis plus jamais baladée en forêt de nuit. Comment ai-je pu forcer deux gamines à faire le mur pour assouvir ma soif d’adrénaline ? J’ai beau me convaincre d’être passée à autre chose, je le sens… Une partie de moi est restée bloquée là-haut, paralysée. Plus j’avance dans le temps, plus le fil qui me relie à mon passé s’allonge. Or, plus il s’allonge, et plus il se fragilise. »

    « Au moment où je franchis le panneau du village, mon cœur bat à toute vitesse comme si les portes d’un avion s’ouvraient face au vide et que je devais sauter sans parachute. Tout mon corps le sait et se souvient : ici, le fantôme de Maëlle ne cesse d’errer en attendant de trouver la paix.

    Je me gare sur un parking en gravier cerclé de buissons en fleurs. Un chat étendu de tout son long prend un bain de soleil en se léchant le col. En voyant ma voiture, il bondit, les yeux ronds comme des billes, et va se planquer sous un autre véhicule. Quand j’ouvre la portière, le calme est saisissant et l’air moins étouffant qu’en bas, en ville. J’entends seulement le bourdonnement des abeilles et le chant des oiseaux. Autour de moi, une barrière de montagnes semble me tenir prisonnière. J’inspire profondément, passe mon sac en bandoulière et chemine le long de la route. »

    « Depuis deux semaines, je vivote dans une autre dimension. Si les événements ont défilé à la vitesse des étoiles filantes, j’ai l’impression que le temps, désormais, s’est arrêté. Mon corps s’est relâché, mais mon cerveau, lui, fourmille de questions corrosives. Je les imagine fuser à l’intérieur de mon crâne, se télescoper, exploser et se désintégrer en des milliers de cendres brûlantes.
    Il reste tant de points obscurs. »

    « Je m’appelle Céline Bréant, j’ai 32 ans.
    Je vis à Bordeaux et je suis d’origine savoyarde.
    Si je m’interroge beaucoup sur ma vie, je n’ai toujours eu qu’une certitude et qu’un véritable objectif. Je voulais devenir romancière.
    Petite déjà, j’écrivais de petites histoires, et c’est vers 14 ans, que j’ai entrepris le projet d’écrire un roman, et j’ai poursuivi sur cette voie.
    Je rêvais de trouver un éditeur, mais alors que la trentaine approchait à grand pas, j’ai décidé de me lancer, malgré tout, et j’ai franchi le cap de l’auto-édition, en publiant
    Les Clandestines, un roman qui me ressemblait et mélangeait les genres.
    Et puis… J’ai préféré me recentrer, et revenir sur mon genre de prédilection : le thriller. Je suis passionnée par les faits divers, le cerveau humain, les livres à suspens, noirs, pleins de rebondissements qui entraînent le lecteur dans un tourbillon de questions, le manipulent, le piègent et lui offrent un final explosif.
    Et j’aime explorer le mal qui habite les individus, le point de bascule entre l’ordinaire et la folie, les traumatismes, les secrets, les mensonges, la mémoire. L’humain est terrifiant et fascinant à la fois : il donne matière à réflexion. Et à écrire…
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    D’origine savoyarde, Céline Bréant vit actuellement à Bordeaux. À 31 ans, après plusieurs années en tant que graphiste et maquettiste, elle décide de marquer une pause dans sa vie professionnelle pour explorer de nouvelles perspectives. Cette transition lui permet de se consacrer pleinement à une passion de toujours : l’écriture. Son genre de prédilection est le thriller. Là où sombrent les secrets est son deuxième roman.