Adolescence, Amour, Émotion, Conte

La Chasse au Trésor

de Claudine Laurent Rousselle
Broché – 26 novembre 2025
Éditions : Auto-édition

Sylvie et Mathieu âgés de douze ans, sont cousin, cousine. »
Lors des vacances scolaires, ils se retrouvent chez leurs grands-parents. Ils sont heureux de vivre deux mois avec eux car ils les adorent.
Un matin, le grand-père leur demande un petit coup de main pour nettoyer le grenier où sont entreposés des meubles, des coffres et de nombreux objets hétéroclites, depuis plusieurs générations. Les deux enfants jubilent, pour eux,
l’occasion est trop belle pour faire des découvertes.
Ces découvertes les mèneront à une chasse au trésor.

Une nouvelle fois, Claudine Laurent Rousselle m’a emporté avec l’un de ses petits romans, de ceux qui font du bien et laissent une trace discrète mais précieuse. La Chasse au Trésor s’adresse aux enfants de 7 à 13 ans, mais aussi, et peut-être surtout, aux adultes qui aiment encore raconter des histoires, transmettre, partager des moments hors du temps. C’est un conte simple, délicat, sincère, pensé pour éveiller le goût de la lecture et, plus encore, l’envie de rêver loin des écrans omniprésents.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé cette bienveillance qui caractérise si bien la plume de Claudine. Elle nous propose ici une belle histoire de famille, où des grands-parents embarquent leurs petits-enfants dans une aventure ludique, pleine de surprises et de rebondissements. Une chasse au trésor comme on les aime, faite d’indices, de complicité et de rires partagés. Tout au long de ma lecture, je me suis surpris à sourire, porté par cette écriture douce et apaisante qui invite à la sérénité.

Ce récit m’a également ramené vers mes propres souvenirs d’enfance. À plusieurs reprises, des images se sont imposées à moi, simples et lumineuses, comme une parenthèse enchantée dans mon quotidien. J’ai apprécié cette capacité qu’a l’autrice à créer un univers rassurant, où l’imaginaire a toute sa place et où l’on prend le temps d’être ensemble.

La Chasse au Trésor est, à mes yeux, une histoire “cadeau”. Un livre à lire, à offrir, à partager, qui fera sans aucun doute plaisir aux plus jeunes… et ravivera chez les adultes une douce nostalgie. Pour ma part, je sais déjà qu’il trouvera naturellement sa place entre les mains de mes petits-enfants.

Merci, Claudine, pour ta confiance renouvelée et pour ce moment de lecture empreint de douceur et de tendresse.

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Extraits :

« Sylvie et Mathieu âgés de douze ans, sont cousin, cousine. »
Lors des vacances scolaires, ils se retrouvent chez leurs grands-parents. Ils sont heureux de vivre deux mois avec eux car ils les adorent.
Un matin, le grand-père leur demande un petit coup de main pour nettoyer le grenier où sont entreposés des meubles, des coffres et de nombreux objets hétéroclites, depuis plusieurs générations.
Les deux enfants jubilent, pour eux, l’occasion est trop belle pour faire des découvertes. »

« – Ça fait plaisir de les voir heureux, tu ne trouves pas ? Demande le grand-père.
– S’ils le sont, c’est grâce à toi ! Depuis tout petits, tu les emmènes dans la nature, à la pêche, aux champignons, faire de la marche dans les chemins forestiers, tu leur a appris à faire du vélo, à reconnaître les arbres, les fleurs… »

« Les jours suivants furent idylliques pour le clan des quatre, camping, pêche, rigolades et recherches le long du cours d’eau, celles-ci infructueuses, mais de très bons moments emmagasinés dans les mémoires.
Les grands-parents décident de faire une halte dans le village le plus proche pour faire le ravitaillement et poursuivre l’aventure.
Celle-ci risque de durer plus longtemps que prévu pour le plaisir de tous.
Ils ont deux mois devant eux, pour trouver le trésor, avant la rentrée des Classes. »

Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman “Un merveilleux cadeau” en 2022.
D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…

Neige – La petite fille des Montagnes (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/07/neige-la-petite-fille-des-montagnes/

Un merveilleux cadeau (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/12/un-merveilleux-cadeau/

Max et le monde imaginaire (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/02/03/max-et-le-monde-imaginaire/

FLIPP LE PETIT FANTÔME (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/07/09/flipp-le-petit-fantome/

Amour, Émotion, Drame, Historique

Sous le regard de l’aigle

UNE HISTOIRE DE COURAGE AU TEMPS DES KIOWAS
de Jacquie Béal
Broché – 29 octobre 2025
Éditions : Éditions complicités

Première moitié du XIXe siècle, au cœur des Grandes Plaines d’Amérique. Petite Plume, une jeune fille de la nation kiowa, est capturée lors d’un raid tribal. Arrachée à sa culture d’origine, elle est recueillie par une famille cheyenne et confrontée à un monde régi par d’autres rites, d’autres codes, d’autres douleurs.

Entre apprentissage de la survie, éveil à l’amour et transmission des traditions amérindiennes, elle forge peu à peu sa propre voie, portée par la sagesse des anciens et les visions qui jalonnent la piste rouge de son destin.

Roman historique et initiatique, Sous le regard de l’aigle explore avec justesse et sensibilité la quête d’identité d’une héroïne en lutte entre deux cultures, deux mémoires, deux peuples.

Je viens de refermer Sous le regard de l’aigle, le dernier roman de Jacquie Béal, une auteure que j’ai découvert avec De sang et d’encre en 2024, puis à travers La dame d’Aquitaine, Le temps de l’insoumise et L’incroyable destin d’Aubeline de Lambersac. À chaque lecture, je retrouve cette plume fluide, précise, terriblement addictive, qui sait mêler histoire, émotion et personnages féminins puissants.

Avec ce nouveau roman, j’ai pourtant été surpris. Très vite, j’ai compris que j’entrais dans un univers différent, tant par les lieux que par les images qu’il a fait naître en moi. Une fois encore, Jacquie m’a happé, m’emmenant loin, très loin, au cœur d’un monde rude, magnifique et profondément humain.

Petite Plume est une héroïne stupéfiante. Une femme dans un monde d’hommes, forgée par la violence et la perte, mais jamais brisée. Élevée enfant parmi les Kiowas, elle voit sa famille exterminée par les Osages avant d’être capturée par les Cheyennes. Dès lors, elle doit apprendre à survivre autrement, à comprendre une nouvelle culture, à respecter des traditions qui ne sont pas les siennes, tout en restant fidèle à ses racines. J’ai été profondément touché par sa force, sa fougue, sa capacité à se reconstruire sans renier ce qu’elle est.

Au fil des pages, j’ai suivi son apprentissage, sa vie au sein de sa nouvelle famille, ses doutes, ses joies, ses peines, ses élans amoureux aussi. Petite Plume grandit, devient Femme-Plume, et se retrouve face à une question essentielle, à quel peuple appartient-elle désormais ? Kiowa ou Cheyenne ? Cette quête d’identité, intime et universelle, donne au récit une puissance émotionnelle remarquable.

Jacquie signe ici un magnifique roman historique et initiatique. La reconstitution du monde des Kiowas et des Cheyennes est précise, documentée, vibrante. Les rites, les coutumes, la sagesse des anciens, les visions mystérieuses donnent au récit une profondeur rare. J’ai refermé ce livre marqué, le cœur encore habité par ces peuples amérindiens et leur histoire douloureuse.

Un roman passionnant, prenant, écrit avec respect et sensibilité. À lire sans hésitation.

Merci Jacquie, pour ta confiance renouvelée, pour ce voyage intense au cœur de l’Histoire et pour ce bel hommage à des peuples qui ont tant souffert…

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Extraits :

« Femme-Plume naquit dans la « Lune de l’herbe qui reverdit », quand le soleil réchauffe la terre, et c’est certainement ce qui la sauva, car elle naquit beaucoup plus tôt que prévu. Elle était si petite qu’on l’appela ”Petite Plume“ et sa grand-mère, la mère de Feuille de Saule, a toujours pensé que si elle avait résisté, c’était parce qu’elle avait choisi de naître pendant cette lune que les Hommes Blancs appellent ”Printemps“, quand il fait déjà assez chaud dans la prairie, mais ni trop chaud ni trop froid. En effet, les Kiowas n’ont jamais vu survivre un de ces enfants nés avant leur terme, et qui naissent pendant le plein hiver, quand la neige paralyse tout le pays, ou au cœur de l’été, quand la chaleur étouffe et que l’air ne rafraîchit plus rien. »

« Les légendes annonçaient la venue d’un grand chef qui aiderait les Kiowas à lutter contre un ennemi terrible. Ourson et Petite Hache, comme tous les garçons de la tribu, rêvaient de devenir ce chef. Ce que Petite Plume n’osa jamais leur avouer, pour ne pas les voir éclater de rire, c’est qu’elle espérait bien, elle aussi, incarner un jour ce grand guerrier ! »

« Ce qui attendait Petite Plume derrière ces rochers ne sortira jamais de sa mémoire. L’horreur est entrée dans sa vie le jour où elle a dû découvrir la frayeur insoutenable qui déformait le visage de Feuille de Saule. Elle n’oubliera jamais les yeux grands ouverts de sa mère et ses doigts crispés sur sa tunique ! »

« Petite Plume comprit qu’elle devait partir et marcher dans la direction du ciel flamboyant. Des chants de guerre et de victoire emplirent sa poitrine. En suivant la piste du Soleil, elle trouverait les Osages, tueurs d’enfants, elle ramènerait le Tai-Me dans son village! Alors, le Vrai Peuple ferait résonner les tambours, le crieur ferait le tour du camp pour annoncer le retour de Petite Plume – la fille de Loup qui Boite ! Tous chanteraient ses louanges et l’appelleraient ”Fille Chef“ ou ”Fille-Guerrier“ ! »

Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

Facebook: @jacquiebeal

Le temps de l’insoumise (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/12/07/le-temps-de-linsoumise/

De sang et d’encre (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/08/05/de-sang-et-dencre/

La dame d’Aquitaine (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/10/18/la-dame-daquitaine/

L’incroyable destin d’Aubeline de Lambersac (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/05/lincroyable-destin-daubeline-de-lambersac/

Amour, Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Fantastique

Nouvelle Vie™

de Pierre Bordage
Poche – 26 mai 2004
Éditeur : ATALANTE

Bienvenue dans ces mondes qui seront peut-être bientôt le nôtre. Tout s’y vend, tout s’y achète, jusqu’au patrimoine génétique et l’être humain qui le contient. Faites confiance au marché comme à ceux qui le gouvernent. D’ailleurs ils se sont emparés des technologies nouvelles. Tous les clonages sont possibles, la nature humaine et la vie dérivent… Qu’importe si les sociétés se délitent, si des territoires d’exclus s’étendent d’où la violence remonte, si le pouvoir des groupes financiers convoque des armées d’adolescents pour son profit ? Il y a encore moyen de survivre dans un monde virtuel ou de prendre racine… dans un potager. Bon séjour dans une humanité en déroute. Mais s’il reste  » l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles « , un monde bien ordonné commencerait-il par soi-même ? Douze nouvelles et un préambule : le premier recueil de Pierre Bordage.

Mon dernier Ressenti de 2025 ne pouvait être qu’un hommage.
Un hommage à Pierre Bordage, un écrivain que j’ai découvert il y a plus de vingt-cinq ans avec Les Fables de l’Humpur. Un choc à l’époque. Un monde fantastico-médiéval sombre, peuplé de créatures hybrides, dans lequel j’avais déjà senti cette angoisse sourde face à un monde en perdition.
Pour moi, Pierre était un grand. Un très grand écrivain. Parti bien trop tôt.

Ses romans m’ont toujours embarqué ailleurs, souvent dans des futurs peu réjouissants, mais jamais gratuits. À travers l’anticipation et la science-fiction, il questionnait notre rapport au progrès, à la biotechnologie, à l’argent, au pouvoir. Des sociétés dominées par la rentabilité, parfois totalitaires, souvent inhumaines. Des mondes qui faisaient froid dans le dos parce qu’ils semblaient terriblement plausibles.

Nouvelle Vie™ est un recueil de douze nouvelles, ciselées avec une précision redoutable. On y retrouve tous les thèmes qui lui sont chers. La manipulation génétique, le clonage, la quête d’une humanité dite « parfaite », l’aliénation technologique, la marchandisation du vivant.
Au fil des pages, j’ai traversé des univers tantôt intimistes, tantôt désespérés, toujours marqués par l’oppression d’individus écrasés par des entités devenues aveugles à toute notion d’éthique. Ici, l’homme devient artificiel pour frôler l’immortalité. Là, il est surveillé, pucé, contrôlé. Ailleurs, il se perd dans des mondes virtuels ou se dissout dans des sociétés ultra-industrialisées.
Une question revient sans cesse : l’homme est-il encore libre ?

La nouvelle n’était pas le format de prédilection de Pierre, lui qui excellait dans les grandes sagas, mais son talent de conteur opère pleinement.

Ces textes font réfléchir, dérangent, inquiètent. Ils nous tendent un miroir peu flatteur de notre avenir possible. Fiction ? Peut-être. Avertissement ? Sûrement.
Il nous invite à ne pas détourner le regard, à rester maîtres de notre destin, à lutter sans accepter la facilité de nos sociétés consuméristes et numérisées.
La lecture de ces nouvelles pourra vous donner froid dans le dos et un certain pessimisme envers notre espèce, ses textes vous mettront forcément face à notre propre réalité.
Mais derrière la froideur des systèmes, il y a toujours l’humain. Ses failles, ses peurs, mais aussi l’amour, qui résiste encore…

Merci Pierre, pour ces mondes, pour ces alertes, pour ces histoires profondément humaines.
Je ne suis pas prêt de t’oublier. J’ai encore une dizaine de tes romans dans ma PAL et me connaissant il ne serait pas surprenant que j’en ajoute d’autres encore…
Je ne sais pas exactement où tu es parti, mais j’espère vraiment que tu profites de tes nouveaux acquis !
On reste en contact…

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Extraits :

« Ils se présentèrent à cinq heures du matin. Un homme et une femme vêtus d’uniformes gris perle. Des envoyés du Nouvel Éden, sans doute. Il ne parvint pas à leur donner un âge – difficile, d’ailleurs, de donner un âge aux habitants du Nouvel Éden, originaires pour la plupart des régions de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Australie; ils ne quittaient que rarement les cités flottantes dans lesquelles ils s’étaient retirés des dizaines d’années plus tôt. »

« La femme sonna de nouveau puis sortit d’une poche de son uniforme un passe, une clef électronique qui décodait et forçait n’importe quelle serrure. Un petit bijou de technologie réservé aux keufs et autres cerbères assermentés du bas-pays. Il s’agissait donc d’une visite domiciliaire officielle. Il valait mieux leur ouvrir plutôt que les laisser flinguer en toute légalité la serrure octopussy – deux mille euros le système de sécurité, huit serrures, huit codes, huit barrières pour le visiteur indélicat. Il activa le micro extérieur. »

« “Vous êtes en train de me dire que… que votre compagnie a breveté le génome de mes parents ?”
La femme lui retourna une moue d’encouragement, la moue décernée par un professeur à un élève sur le point de résoudre une équation difficile.
“Mais… on n’a pas le droit d’acheter les êtres humains…”
En même temps qu’il prononçait ces mots, la vérité s’imposa à lui, terrible, inconcevable.
“Tout est à vendre, monsieur Quint. Depuis l’affaire Erkhan, en 2023, les Nations unies ont admis le principe du brevet du génome humain. À condition que ce même génome présente une particularité remarquable et concoure au progrès de l’humanité.” »

« Des larmes roulaient sur ses joues. À l’idée de ne plus la revoir, de ne plus la serrer dans ses bras, de ne plus se repaître de ses mots, de ses sourires, de ses bouderies, il faillit s’écrouler sur son lit. Il éteignit comme il le put une nouvelle flambée de rage. Il n’avait pas le droit de se révolter. Ce foutu contrat et ses clauses de pénalité. Il s’habilla avec des gestes maladroits, dépecé déjà par les regrets, sortit de la chambre, s’avança d’une allure chancelante vers les deux employés de la Vie™.
“Je suis prêt…” »

Pierre Bordage est né en janvier 1955 à la Réorthe, en Vendée. Après une scolarité sans histoire, neuf ans de karaté et quelques cours de banjo, il s’inscrit en lettres modernes à la faculté de Nantes et découvre l’écriture lors d’un atelier en 1975. Il n’a encore jamais lu de SF, lorsqu’il est amené à lire pour une dissertation Les chroniques martiennes de Ray Bradbury, qui est une véritable révélation. Découvrant à Paris un ouvrage d’Orson Scott Card édité par l’Atalante, il propose Les guerriers du silence à l’éditeur qui l’accepte. Il a publié depuis de nombreux ouvrages, qui bénéficient de la reconnaissance des amateurs et des professionnels de la science-fiction à travers notamment le Grand Prix de l’Imaginaire ou le prix Bob Morane.

Les fables de l’Humpur
https://leressentidejeanpaul.com/2025/08/24/les-fables-de-lhumpur/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Violence

Inexorable

de Claire Favan
Broché – 11 octobre 2018
Éditeur : Robert Laffont

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables,
les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable,
le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable,
le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable,
la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 » Claire Favan franchit un cap avec cette histoire qui touchera inexorablement votre âme. « 
Yvan Fauth, blog EmOtionS.
 » À l’enfant qui est en vous, ce livre peut raviver des douleurs. À l’adulte que vous êtes devenu, il vous bousculera dans vos certitudes. « 
Caroline Vallat, libraire Fnac Rosny 2

Inexorable fait parti de ces romans qui ne vous laissent aucun répit.
Je l’ai commencé en début de soirée… et je ne l’ai pas lâché. Chapitre après chapitre, page après page, jusqu’à cette image finale bouleversante. Alexandra serrant la tête de Milo contre son ventre, dans ce geste universel d’une mère qui aime son enfant plus que tout…

Alexandra et Victor sont les parents de Milo, qui a quatre ans. Leur quotidien bascule le jour où Victor est arrêté. Il a tout quitté pour devenir braqueur, pour des raisons qui lui appartiennent. Mais c’est Milo qui en paiera le prix.
L’enfant change brutalement. Il se renferme, devient violent, ingérable. À l’école, on se moque de lui, on l’isole. Sa colère déborde. Son mal-être se transforme en mots blessants, en gestes incontrôlables.

Les années passent. Entre 2004 et 2019, Milo grandit sous nos yeux. Son adolescence est tout aussi chaotique, et la relation mère-fils se détériore peu à peu. Le dialogue se rompt.
Puis vient l’irréparable. Milo est arrêté pour un double meurtre. Après son mari, c’est son fils que la machine judiciaire broie. Alexandra bascule dans un cauchemar éveillé. Milo clame son innocence, enfermé dans une prison où tous les regards se posent sur lui, lui qui n’a jamais réclamé que l’amour de ses parents.

Comment croire à sa culpabilité ?
Comment le sortir de là ?

Claire Favan nous offre ici un thriller psychologique d’une rare intensité, construit sur l’évolution des personnages et le passage du temps. J’ai vécu chaque page dans l’angoisse, partagé la détresse de cette mère, attendu la chute… avant de recevoir le coup de poing final.

Il est question de traumatismes, de blessures profondes, de vies fracassées par des événements violents. Certains passages m’ont percuté de plein fouet, réveillant des souvenirs enfouis.
Claire ne caresse pas, elle frappe. Sans concession, très différents de ses précédents romans. Le cœur serré, l’estomac noué, je me suis attaché à cette mère démunie, déchirée, prête à tout pour protéger son fils.

Inexorable est une histoire familiale déchirante, une déclaration d’amour maternel face à l’impensable.
Un immense coup de cœur.
Malgré le poids qu’elle porte sur ses épaules et dans son cœur, Alexandra a toujours été là, elle a tout essayé, réussi parfois, échoué trop souvent à son goût, mais elle a toujours aimé son fils et pris les choix qu’elle estimait juste…
Un roman qui parle de “mamans” à lire absolument, qui m’a marqué profondément !

Bravo Claire, et merci pour ces mots qui vont droit au cœur.

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Extraits :

« – Maître, je ne comprends pas ce qui a pu arriver. Il ne peut s’agir que d’une erreur… Victor… est… un homme bien…
Ses sanglots font trembler sa voix.
À l’autre bout du fil, l’avocat soupire. Ce n’est pas à lui de briser les illusions de cette pauvre fille, n’est-ce pas ?
Il comprend que le choc soit rude après avoir vu des flics armés jusqu’aux dents débouler chez elle en force pour arrêter son mari qu’elle prenait pour un agneau. Doit-il éclairer sa lanterne et lui annoncer que Victor Léman n’a rien d’un saint, bien au contraire ? »

« MILO NE COMPREND PAS. Il fait tout ce qu’on lui demande, pourtant ! Il dit ce qu’il ressent à Mme Marloux et elle lui donne des pistes pour mieux réagir. Il pensait qu’après avoir fait la paix avec sa mère et recommencé à parler de papa, tout s’arrangerait.
Les mots qu’il gardait pour lui coulent à présent. Et avec eux, les larmes. Il dort d’ailleurs mieux depuis qu’il évacue son chagrin. Il fait moins de cauchemars. Il se sent moins en colère aussi.
Alors pourquoi est-il toujours à l’écart à l’école? Pourquoi les adultes le surveillent-ils en permanence ?
Pendant toutes les récréations, il doit rester assis, seul, pendant que les autres s’amusent. Milo aimerait se joindre à eux. Il voudrait pouvoir recommencer à être un simple petit garçon. »

« LA DERNIÈRE ANNÉE de maternelle de Milo s’écoule péniblement. Il voit toujours sa psychologue, pourtant
Alexandra ne vit plus qu’au rythme des sentences de l’équipe éducative.
Son esprit est focalisé sur la terreur de ce qui l’attend chaque soir quand elle le récupère.
Dès qu’elle descend du bus et qu’elle s’approche de l’école, son ventre se serre et son cœur se met à battre plus vite. Les bons jours se comptent sur les doigts d’une main, quand les mauvais s’accumulent. »

« EN SE REGARDANT DANS LE MIROIR ce matin-là, Victor ressent le sentiment de dégoût envers lui-même qui ne le quitte pas beaucoup ces derniers temps. Non seulement il ment à sa famille et prend des risques qui pourraient le renvoyer en prison, mais en plus il apprécie cette partie de sa vie à laquelle il croyait avoir définitivement tourné le dos. »

Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d’or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l’ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Après les succès remarqués d’Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan a durablement marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016, et Dompteur d’anges. Son dernier roman, Inexorable, marque un tournant plus intimiste, en mettant en scène un enfant broyé par la société.

Amour, Émotion, Biographie, Histoire vraie

Indicible

de Elsa Morienval
Relié – 30 octobre 2025
Éditions : Le Pré du Plain

Ma mère cachait son alcoolisme, pensant que personne ne le voyait, comme un chat peut se cacher sous un meuble, alors que sa queue dépasse. C’était à la fois normal et tabou. La communication non verbale était la plus commune entre nous, comme un regard tacite qui signifiait qu’elle avait avalé plus que la moyenne. C’était un langage parfaitement codé qui s’était installé par la force des choses. Il fallait éviter d’en parler, surtout devant elle, pour ne pas la faire exploser de colère. Il ne fallait pas non plus que j’en parle à mon père, que je le verbalise. Cela paraissait absolument impossible, je le sentais. Nous nous contentions d’échanger par les yeux ou par des gestes discrets. C’était indicible… – Comment une fille de mère alcoolique peut-elle se construire dans l’insécurité et le chaos ?
Voici le thème abordé par Elsa Morienval, il s’agit de sa propre expérience, et elle conclut ainsi son témoignage : « Tout est surmontable, et la résilience n’est jamais loin. Je vous le garantis. »

Lorsque j’ai découvert Échappée en Ulster, un mot s’est immédiatement imposé à moi : authentique.
Puis est venu La Dame de Pa Co Ja, où Elsa Morienval tentait de comprendre l’énigme de sa grand-mère, Germaine, femme de silences, de blessures et de faux-semblants. À ce moment-là, je n’imaginais pas encore jusqu’où elle irait, ni ce qu’elle accepterait de nous livrer.

Avec Indicible, Elsa franchit un seuil.
Celui du non-dit absolu, de l’enfance meurtrie, de ce que l’on tait parfois toute une vie pour continuer à avancer.
J’ai compris très vite que cette lecture ne serait pas simple. J’ai même dû faire des pauses, reprendre mon souffle, tant certaines pages sont lourdes de douleur et d’incompréhension.

Ici, l’autrice se met à nu. Complètement.
Elle raconte une enfance qui n’aurait jamais dû exister, marquée par l’absence d’amour, par des comportements parentaux que l’on peine à concevoir, envers elle et ses deux sœurs. En refermant certains chapitres, je me suis souvent demandé comment des adultes peuvent infliger cela à leurs propres enfants.

Le texte est dur, bouleversant, mais jamais complaisant.
Elsa écrit avec pudeur, avec retenue, mais sans détour. Elle ne cherche ni à accuser ni à se justifier. Elle raconte. Elle expose. Elle libère.

Ce troisième volet est le prolongement logique et nécessaire des deux précédents. Après l’évasion, après l’exploration familiale, vient le temps de la vérité intime.
Indicible est un livre qui remue, qui fait écho, qui réveillé parfois certains de mes propres souvenirs enfouis.

Une lecture éprouvante, mais essentielle.
Un témoignage courageux et profondément humain.

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Extraits :

« J’ai rendez-vous avec le Dr Pomey-Rey à l’hôpital Saint-Louis à Paris. Je suis enceinte de trois mois pendant lesquels j’ai vomi toute ma vie, toute mon énergie. Mon père dit toujours : “Une femme est heureuse quand elle est enceinte”. Eh bien, pas moi ! Je suis heureuse d’attendre un enfant, mais ma grossesse est un enfer. Mes nausées et mes vomissements me replongent dans les baffes qui me tombaient dessus chaque fois que je vomissais quand j’étais môme. Me revient aussi le bruit des vomissements quotidiens matinaux de ma mère, dans l’évier de la cuisine, à la suite de ses journées et nuits imprégnées de vin à bon marché. »

« Ce qui reste de mon enfance, c’est l’isolement, les cris, la haine, la solitude, la violence et… un peu d’humour quand même ! Je garde en mémoire ces bâtiments d’Aulnay-sous-Bois recouverts de fausse mosaïque bleue, gris-rose ou blanche ; ces cages à poules qui renferment des humains et qui dissimulent des histoires de famille insoupçonnées. Tous ces granas ensembles qui se ressemblent dans les banlieues. C’est dans CES quartiers que l’on concentre les masses humaines, dans CES immeubles collectifs que l’on amasse ces familles qu’on ne peut loger ailleurs. La définition du dictionnaire ajoute “composés d’une population défavorisée”. »

« Les gens pleurent dans les rues de la cité Ambourget et même au-delà. Je comprends qu’il s’est passé quelque chose de grave. Claude François vient de mourir électrocuté dans sa baignoire, le 11 mars 1978. Là, je ne comprends plus. comment peut-on pleurer pour un chanteur aussi nul, comme s’il était un membre de notre famille? Je trouve ces gens stupides. »

« Un dérèglement de la perception des douleurs a pris possession de mon corps. Un médecin m’a dit un jour : “Résilience ? oui, mais avec des cicatrices, sinon vous ne souffririez pas comme ça.” Une fibromyalgie a été diagnostiquée dans les années 2000, que je gère avec ce que je peux, mes béquilles de toujours : l’anglais et l’écriture. Je suis devenue mère, à mon tour, et espère avoir fait de mon mieux pour ne pas être “une mauvaise mère”. On n’atteint jamais la perfection en ce domaine, tous les parents le savent. On se reproche toujours quelque chose. J’ai réussi à créer une famille. »

Elsa Morienval est née en Seine Saint-Denis, angliciste de formation, intéressée par le monde anglophone, elle est enseignante.

Elle a écrit des nouvelles et a publié dans une revue littéraire.
Elle signe Échappée en Ulster chez Nombre7 en 2020
https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/12/echappee-en-ulster/

et sa traduction en anglais My Ulster haven en 2022 chez le même éditeur.

La dame de Pa Co Ja
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/30/la-dame-de-pa-co-ja/

Amour, Émotion, Drame, Historique

Du domaine des murmures

de Carole Martinez
Poche – 10 février 2013
Éditions : Folio

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui ». Contre la décision de son père, le seigneur du domaine des Murmures, elle s’offre à Dieu et exige de vivre emmurée jusqu’à sa mort. Elle ne se doute pas de ce qu’elle entraîne dans sa tombe, ni du voyage que sera sa réclusion… Loin de gagner la solitude, la voici bientôt témoin et actrice de son siècle, inspirant pèlerins et croisés jusqu’en Terre sainte.Aujourd’hui encore, son fantôme murmure son fabuleux destin à qui sait tendre l’oreille.Après Le coeur cousu, Carole Martinez nous offre un conte sensuel et cruel, encensé par la critique et les lecteurs. Elle y dessine l’inoubliable portrait d’une femme insoumise, vivant à la lisière du songe.

Lorsque j’ai ouvert Du domaine des murmures, je ne savais pas encore que Carole Martinez allait, une nouvelle fois, me saisir par la main pour m’entraîner là où je n’aurais jamais pensé aller.
Le XIIᵉ siècle, Dieu, la foi, une jeune mystique emmurée… tout cela, à première vue, aurait pu me rebuter.
Mais j’avais adoré Le cœur cousu, et j’ai choisi de lui faire confiance. J’ai bien fait.

Dès les premières pages, Esclarmonde m’a bouleversé. Cette jeune fille de quinze ans refuse le destin imposé aux femmes de son époque. Un mariage arrangé avec Lothaire, connu pour sa brutalité. Le jour des noces, elle dit non. Un non fou, un non courageux. Elle se coupe une oreille et demande à se consacrer à Dieu. Son père, furieux mais impuissant devant sa détermination, l’emmure dans une minuscule cellule attenante à la chapelle.
Ce qu’Esclarmonde ignore, c’est qu’elle n’entre pas seule dans ce tombeau de pierre…

Enfermée, elle devient pourtant plus libre que jamais.
Son corps est captif, mais son esprit voyage.
Elle suit les pèlerins sur les routes, accompagne son père parti en croisade, sent battre les vies de ceux qu’elle aime. À travers ce recoin d’ombre, c’est tout le Moyen Âge qui murmure, sa foi aveugle, sa brutalité, son ignorance, mais aussi ses élans d’amour, de miracle et de grâce.

Carole parvient à mêler la cruauté du réel à la douceur d’une poésie surnaturelle. Son écriture, fine et lumineuse, transforme chaque scène en vision. Elle fait surgir un monde où les légendes frôlent les pierres, où la voix des femmes, même enfermée derrière des murs épais, continue de traverser les siècles.

J’ai adoré l’originalité de l’histoire, la force de cette héroïne qui s’affirme envers et contre tous, et la manière dont l’autrice rend palpable l’époque sans jamais alourdir le récit. La fin m’a bouleversé.
Ce roman est doux et cruel, sensuel et mystique, d’une beauté rare.
Un livre qui laisse une trace durable, un bruissement dans le cœur.

Je le recommande à tous, mais surtout à celles et ceux qui aiment être emportés, déracinés, chavirés.
Une fois encore, Carole Martinez m’a ensorcelé.

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Extraits :

« On gagne le château des Murmures par le nord.
Il faut connaître le pays pour s’engager dans le chemin qui perce la forêt épaisse depuis le pré de la Dame Verte. Cette plaie entre les arbres, des générations d’hommes l’ont entretenue comme feu, coupant les branches à mesure qu’elles repoussaient, luttant sans cesse pour empêcher que la masse des bois ne se refermât. »

« Je suis Esclarmonde, la sacrifiée, la colombe, la chair offerte à Dieu, sa part.
J’étais belle, tu n’imagines pas, aussi belle qu’une fille peut l’être à quinze ans, si belle et si fine que mon père, ne se lassant pas de me contempler, ne parvenait pas à se décider à me céder à un autre. J’avais hérité de ma mère une lumière sur la peau qui n’était pas commune. Derrière mon visage d’albâtre et mes yeux trop clairs, une flamme semblait vaciller, insaisissable. »

« Lothaire venait souvent en visite aux Murmures pour faire sa cour à la recluse. Il écrivait désormais des poèmes qu’il me récitait à mi-voix, il apprenait même à chanter pour mieux charmer mon oreille.
Je ressentais beaucoup de pitié pour ce méchant garçon qui disait ne plus dormir par ma faute et me quémandait des sourires, comme s’il s’en nourrissait. »

« Durant ce siège d’Acre, famine et maladies se sont révélées bien plus meurtrières que les batailles, et j’ai frémi d’horreur le jour où celui dont je partageais le sang, le nom et le regard a dû, à quelques heures d’intervalle, fermer les yeux de Jean, son deuxième fils, et ceux de Frédéric de Souabe, emportés tous les deux par le même mal. J’ai vu ses doigts maigres se poser sur leurs paupières tièdes avec la même tendresse paternelle. Plus rien ne l’animait que cette tendresse, ce sentiment doux dont il n’avait jamais pris conscience avant cet écroulement final. Sans révolte, sans orgueil et sans force, absolument démuni de ce qu’il avait longtemps cru essentiel à un homme de sa trempe, mon père a compris que son sentiment dernier serait cette tendresse, qu’elle seule avait pu résister à cette horrible guerre qu’on disait sainte, qu’elle seule le tenait encore en vie, alors même qu’il avait passé la plus grande partie de son existence à l’ignorer ou à la combattre. »

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Née en novembre 1966 à Créhange, Carole Martinez est romancière et professeure de français. Elle a notamment signé Le Cœur cousu (2007), auréolé de nombreux prix, et Du domaine des murmures, couronné par le Prix Goncourt des Lycéens en 2011. En 2015, elle publie La terre qui penche (Gallimard). Tentée par la littérature jeunesse – elle est l’auteure de Le Cri du livre, en 1998 – Carole Martinez se lance pour la première fois dans la bande dessinée en scénarisant Bouche d’ombre pour Maud Begon. Deux albums sont parus chez Casterman en 2014 et 2015.

Le Cœur cousu (2007)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/02/19/le-coeur-cousu/

La Terre qui penche (2017)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/08/10/la-terre-qui-penche/

Les roses fauves (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2025/10/13/les-roses-fauves/

Dors ton sommeil de brute (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/10/14/dors-ton-sommeil-de-brute/

Amour, Émotion, Histoire

Jerusalem 1099

Les étoiles d’Orion****
de Brice Nadin
Broché – 27 octobre 2025
Éditeur : Leo Éditions

Depuis Constantinople, en 1097, l’armée des barons chrétiens s’avance vers Jérusalem.
De la bataille de Nicée aux murailles d’Antioche, Joachim de Saint-Ange poursuit dans leur sillage une quête obstinée ― découvrir le sens caché de son voyage… et retrouver l’amour qu’il croyait perdu.
Sur les routes d’Orient, entre les intrigues des émirs et l’ombre de la secte des assassins, la présence énigmatique d’un jeune homme au cordon rouge semble guider ses pas. Vision ? Messager ?
À Antioche, il provoque une révélation qui change le cours de la croisade.
Jusqu’où Joachim devra-t-il aller pour accomplir ce qui semble écrit ? Jusqu’à Jérusalem, où se joue le destin des croisés, et à l’hospice Saint-Jean, où s’accomplit le sien ?
Après Cluny 1095, Mare Nostrum et L’Oracle de Constantinople, ce quatrième volume des Étoiles d’Orion entraîne le lecteur dans l’ultime assaut de la première croisade ― la prise de Jérusalem, en juillet 1099, tournant décisif de deux siècles de présence latine en Terre sainte.

Décidément, le hasard n’existe pas.

Fin 2021, Isabelle, la cousine de ma femme, a posé entre mes mains un de ses livres. Les étoiles d’Orion – Cluny, 1095, de Brice Nadin.
J’ai ouvert la première page… et très vite quelque chose s’est passé.
Une voix. Une force. Un souffle ancien.
J’ai lu le roman d’une traite, comme si quelqu’un marchait à mes côtés, me murmurant à l’oreille.

Puis j’ai découvert le deuxième tome. Et là encore, ce même tremblement intime, cette écriture érudite mais limpide, cette manière qu’a Brice de tenir la main du lecteur tout en l’entraînant dans les zones d’ombre de notre passé. Il aime les mots, ça se sent. Il aime la vie, ça se devine.
Même lorsqu’il parle de haine, de croisades, de blessures anciennes qui n’ont jamais vraiment cicatrisé.

Ses personnages, mi-fils de l’Histoire, mi-enfants de l’imaginaire, m’ont mené très loin, dans un lieu où le réel et le surnaturel se frôlent, s’enlacent, s’oublient.
Un endroit où la paix et l’amour deviennent soudain plausibles.
Où les femmes occupent la place qu’elles n’auraient jamais dû perdre.
Et je me suis surpris à penser : Et s’il avait raison ?

Puis j’ai appris que Brice vivait à Saint-Leu-la-Forêt, tout près de chez moi.
Les routes se croisent parfois comme les destins dans ses romans.
Je l’ai contacté. Nous nous sommes rencontrés. Depuis, nos échanges sont devenus ces petits instants suspendus où l’on parle de ce qui nous touche, de ce qui nous construit, de ce qui nous brûle encore.

Aujourd’hui, Jerusalem 1099 vient refermer une tétralogie splendide, et je pèse mes mots.
Je quitte Joachim, Alix, et tous les autres avec un pincement au cœur, comme on quitte des compagnons de route après un long voyage.
Une fois encore, Brice m’a fait vibrer, m’a mis en colère, m’a serré les dents, mais toujours avec ce scintillement discret qui traverse son œuvre, une étincelle d’humanité, fragile mais tenace.

Tout se joue dans Jérusalem, cette ville que je rêve de fouler depuis des années.
Une ville où les prières se heurtent, où les croyances s’entrechoquent, où la lumière survit malgré tout.
Il en restitue les tensions, les fièvres, les lueurs, avec une vérité qui fait frissonner.

Brice est devenu pour moi un auteur essentiel, incontournable.
Et quand il m’a demandé de travailler avec lui sur la couverture de ce dernier tome… comment dire ?
J’ai Ressenti comme une petite lumière dans ma tête… et j’ai souri. Comment ne pas y voir un signe ?
Non, le hasard n’existe pas.

Je vous invite à plonger dans son univers, là où les grandes idées, paix, amour, partage, tiennent tête à la brutalité sans concession de l’Histoire.
Ces idées qui nous rassemblent encore aujourd’hui.

Merci, Brice, pour tes mots, pour ta présence, pour ce que tu nous offres.

Et maintenant, j’attends avec impatience ton prochain voyage littéraire, aux côtés de Mathilde de Toscane, Marie d’Alanie, Anne Comnène, Hildegarde von Bingen… et toutes ces femmes qui ont éclairé l’Histoire. Je sais d’avance que tu emporteras mon cœur…

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Extraits :

« Depuis l’une des innombrables fenêtres du palais impérial, j’aperçus un instant les flots de la mer de Marmara, puis revins vers les bancs où mes élèves, tête penchée, plume grattant, s’appliquaient. Enfin, je me tournai de nouveau vers Anne. Elle ne posait jamais une question sans avoir déjà rassemblé ses pièces. Je songeai aux audiences récentes : l’empereur avait tout orchestré pour impressionner les chefs chrétiens, les envelopper de faste et les contraindre par serment à lui restituer leurs conquêtes. »

« Une question, toute simple et lourde comme une ancre, me traversa : mes frères de Cluny étaient-ils à bord ? Aldebert, Moïse… L’un, grand et blond, armarius venu de Bourgogne, fin diplomate et représentant l’abbé Hugues. L’autre, moine de l’Église d’Antioche, réfugié depuis la chute de sa cité, avait jadis suivi notre maître Odon de Beaulieu jusqu’en Occident. Il parlait syriaque et arabe. J’avais poussé à leurs côtés, et leur absence m’avait pesé plus que je ne voulais me l’avouer.
Je demeurai un instant immobile, à écouter les cris du port, le claquement des rames, les goélands qui tournaient à hauteur d’homme. Puis je pris mon souffle et me lançai dans l’escalier, comme si la réponse m’attendait déjà sur le quai, et qu’il ne restait plus qu’à la rejoindre. »

« Je sentis Aldebert s’arrêter net à ma gauche. Face à de jeunes nymphes aux seins nus, un trouble passager assombrit son regard.
Il détourna ostensiblement les yeux. Sa gêne était palpable, presque douloureuse. Je le comprenais. Moi aussi, lors de ma première visite, ces corps dévoilés m’avaient déstabilisé. J’y voyais maintenant des témoins d’un autre monde où le nu n’était pas offense, mais langage. Leurs formes figées n’invitaient pas à la luxure, mais à l’idéal. Ici, la pierre parlait un autre alphabet que celui de nos églises aux saints ascétiques : un art évoquant les anciens dieux, la mythologie et le dépassement de soi. »

« Il se tut. Puis me demanda, presque à voix basse :
– Avec toutes ces similitudes… pourquoi y a-t-il tant d’incompréhension entre chrétiens et musulmans ?
– Peut-être, répondis-je, parce qu’on a peur de ce qu’on ne connaît pas. »

Brice Nadin est né en 1967 à Saint-Germain-en-Laye. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Consultant en nouvelles technologies, entrepreneur et père de trois enfants, il a eu d’autres vies avant de devenir romancier.

Passionné d’histoire et d’ésotérisme, en 2019, il publie son premier ouvrage, Les étoiles d’Orion, Cluny 1095, en auto-édition. Porté par une atmosphère médiévale fidèlement reconstituée, matinée d’un peu de surnaturel, le roman séduit plus de 4 000 lecteurs et se classe plusieurs fois en tête des ventes de romans historiques sur la boutique Kindle. Il est aussi « coup de cœur » dans de nombreuses librairies telles que La Procure ou Lamartine à Paris.

Les étoiles d’Orion* – Cluny, 1095
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/30/les-etoiles-dorion/

Les étoiles d’Orion** – Mare Nostrum, 1096
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/11/mare-nostrum/

Les étoiles d’Orion*** – L’Oracle de Constantinople
https://leressentidejeanpaul.com/2024/04/01/loracle-de-constantinople/

Amour, Émotion, Philosophique

Terre de lumières***

de Joëlle Giraud-Buttez
Broché – 1 novembre 2025
Éditeur : Thot Éditions

Entre Paris et Levanto, Julia se cherche, se découvre, avance doucement dans les traces de ses ancêtres. Après avoir confié le grimoire familial à son impulsif ami parisien, elle reprend le chemin de l’Italie. L’ultime étape de sa quête l’y attend, la levée d’excommunication concernant sa grand-mère. Confrontée à la vraie nature de Fabien ainsi qu’à l’ampleur inattendue de sa mission, elle se verra une fois encore malmenée et ébranlée dans ses convictions, ses repères et ses acquis.
Parviendra-t-elle à libérer l’ensemble des femmes de sa lignée, prisonnières de l’injustice ? Arrivera-t-elle à les mener vers la lumière, à prendre la place qui est la sienne ?

Dans ce dernier volet de cette surprenante trilogie, Joëlle Giraud-Buttez emmène, tout en délicatesse, le lecteur aux confins de l’infini.

À travers Le Réveil des mémoires, L’Arche du passé et maintenant Terre de lumières, qui vient clore cette magnifique trilogie, Joëlle Giraud-Buttez m’a entraîné avec une virtuosité rare dans une saga envoûtante. J’y ai suivi, au fil des pages, une histoire familiale complexe qui traverse les siècles, dévoilant progressivement une réalité imperceptible, à la frontière du tangible et des croyances anciennes. Et dans cet entre-deux fascinant, j’ai vu Julia, l’héroïne, devoir affronter l’étrange héritage de sa lignée. Soutenue par Fabien, Camille, Flavio et son grand-père, elle avance envers et contre tout pour découvrir la vérité sur ses ancêtres, et notamment sur sa grand-mère injustement accusée de sorcellerie.

J’attendais cette suite depuis des années, sans même savoir si elle verrait le jour, mais je l’espérais de toutes mes forces… Et la magie a opéré.
Joëlle est, pour moi, une véritable magicienne. Elle puise son inspiration dans la simplicité des rencontres humaines et écrit des romans dont je redoute toujours la dernière page, tant j’aimerais que l’histoire continue encore et encore… À chaque chapitre, à chaque nouvelle page, elle crée un rebondissement, un souffle nouveau soutenu par les valeurs du cœur, l’amour, la filiation, la force des femmes.
Comment ne pas être bouleversé ?

Entre passé et présent, chaque tome m’a offert un voyage unique. Et dans ce troisième volet, le récit est tout simplement sublime.
L’écriture est d’une grande finesse. J’ai senti que chaque mot avait été soigneusement choisi, parfaitement placé. Joëlle m’a transporté dans un monde tantôt magique, tantôt historique, mais toujours traversé d’émotion.

La fin, quant à elle, est d’une beauté rare.
Une conclusion lumineuse, profondément émouvante. J’ai pleuré, pas de tristesse, mais d’un bonheur immense. Ce roman m’a touché au plus intime. C’est beau, tellement beau… et cela fait tellement de bien.

Un énorme coup de cœur pour le roman, bien sûr, mais aussi pour l’auteure, qui transmet avec franchise et douceur des messages de paix, de bienveillance et d’ouverture d’esprit dont beaucoup devraient s’inspirer.

Et dire que sans mon amie Yolande Legras, je serais passé à côté…

Terre de lumières est une histoire prenante, d’une beauté simple et profonde, qui mérite de toucher le cœur de nombreuses personnes.
À lire absolument !

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Extraits :

« Comment avait-elle pu se montrer à ce point aveugle, ne rien avoir vu venir, offrant ainsi, en toute légèreté, son chat aux affres de l’angoisse? Pauvre bête, assignée depuis la nuit des temps au rang de vigile énergétique! Éponge volontaire ou involontaire, elle hésitait encore entre les deux. Quoi qu’il en soit, un vrai baromètre sur pattes à la douloureuse fonction d’absorber tous les éléments résiduels malintentionnés flottant dans l’atmosphère. »

« Quoi qu’il en soit, il était de retour. Après un examen draconien, il regagna nonchalamment son rocking-chair. Le nez entre les pattes, les yeux mi-clos, il réintégra ce qui semblait un délice : la mémoire océanique de son ancienne vie fœtale. Le bonheur à l’état pur. Le jour et la nuit. Qu’avait-il vécu exactement, lui seul le savait. Le mystère resterait entier. Honnêtement, elle en resterait là. Quant à la sensibilité particulière des chats en présence de l’invisible, le fait, bien qu’inexplicable, était reconnu et validé dans l’univers du supra-sensible.
N’en déplaise aux détracteurs en tous genres. Après s’être renseignée sur le sujet, elle découvrit que certains animaux plus que d’autres percevaient, absorbaient, voyaient au-delà du ressenti humain. Un invisible qu’elle n’était pas encore en mesure d’appréhender dans son intégralité, encore trop novice en la matière. »

« Tout commença le jour où Julia lui fie part d’étranges malaises, d’intuitions spontanées, de rêves de plus en plus types, voire prémonitoires, Des pressentiments qui, pour l’avoir constaté, dépassaient le virtuel pour la matérialisation. Julia savait sans pouvoir se l’expliquer, Tant d’éléments déroutants, elle devait l’admettre. Troubles de la personnalité, suractivée émotionnelle féminine, d’où la distanciation relationnelle et la difficulté de la patiente à s’inscrire dans l’équilibre normé de la société, auraient diagnostiqué ses confrères. »

« L’ère technologique et scientifique des siècles derniers avait malheureusement modifié la relation de l’homme à son environnement. Certains allèrent jusqu’à reléguer toute pratique de soin en lien avec la nature au rang de charlatanisme. D’autres réussirent, en dépit de la pression exercée, à garder et à entretenir le lien avec celle qu’ils vénéraient et respectaient, Terre Mère. »

Joëlle Giraud-Buttez est une auteure discrète et spontanée qui affectionne la simplicité des rencontres humaines comme les voyages aux quatre coins du monde. Après des années de travail en milieu hospitalier, elle a désormais un regard plus holistique sur la santé et, au travers des soins énergétiques qu’elle dispense quotidiennement, elle considère chaque personne dans sa globalité. Au fil de ses romans, Joëlle Giraud-Buttez nous entraîne dans un univers hors des sentiers battus, un monde aux multiples facettes.

Le Réveil des mémoires
https://leressentidejeanpaul.com/2019/11/27/le-reveil-des-memoires/

L’arche du passé
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/04/larche-du-passe/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Humour, Psychologie

Les flammes de l’autre rive

de Lucie Delacroix
Broché – 3 octobre 2025
Éditeur : Auto-édition

Et si la vérité vous attendait de l’autre côté de l’océan ?

Laura s’envole pour le Québec afin d’animer une colonie de vacances, le cœur lourd et les nerfs à vif. Chez elle, ses parents lui dissimulent un secret. Mais à peine arrivée sur le sol canadien, un courrier inattendu bouleverse ses repères : une lettre signée d’une personne liée à cette vérité qu’elle cherche depuis des mois.

Portée par les veillées au coin du feu, les confidences nocturnes et la complicité naissante entre les animateurs, Laura s’engage dans une quête aussi intime que lointaine. À travers les paysages grandioses de la Belle Province, c’est tout un pan de son histoire qui se révèle — et peut-être, au détour d’un regard ou d’une chanson, une rencontre qui changera tout.

Un roman lumineux sur la quête de soi, les secrets de famille
et l’amour qui naît là où on ne l’attend pas.

Dès les premières pages, j’ai été porté par la plume de Lucie Delacroix et par l’histoire de Laura. Entre les paysages grandioses, les expressions savoureuses et les soirées autour du feu de camp, je me suis laissé happer par ce roman vibrant d’émotions. On y parle d’amitié, de solitude, d’addiction, mais surtout de la quête des origines, ces racines invisibles qui nous façonnent et nous appellent, même à des milliers de kilomètres.

Laura est une jeune femme en colère, blessée par les secrets et les silences qui ont fissuré son enfance. Un jour, elle décide de tout quitter pour partir au Québec avec sa meilleure amie. Là-bas, au milieu des lacs et des forêts, elle espère souffler, se retrouver… Mais le destin lui réserve bien plus qu’une simple parenthèse. Une mystérieuse lettre déposée sur son oreiller dès son arrivée va tout bouleverser.
Qui lui écrit ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

J’ai suivi Laura dans ce voyage initiatique avec le cœur serré. Elle découvre l’amitié sincère, l’amour naissant, la bienveillance d’une équipe d’animateurs, et cette nature généreuse qui soigne mieux que bien des mots. J’ai aimé ces moments simples, la musique des Cowboys Fringants, le sirop d’érable, les accents à travers les expressions québécoises… toute une atmosphère qui sent bon la vie.

Lucie a cette faculté de faire vibrer chaque émotion. Sa plume, fluide et sensible, capte le moindre frémissement d’un regard ou d’un silence. On rit, on espère, on pleure aussi. Car ce roman est une véritable montagne russe émotionnelle. On s’y brûle, mais il réchauffe aussi, car l faut savoir pardonner.
Et derrière l’histoire de Laura, il y a un message fort. Parfois, pour avancer, il faut accepter de regarder la vérité en face, même si elle fait mal.

La fin m’a bouleversé, tout simplement.
J’ai refermé le livre le cœur serré, mais le sourire aux lèvres. Les flammes de l’autre rive est un roman qui touche l’âme, c’est une ode à la résilience, à l’amour et à la vie sous toutes ses formes.

Et comme un joli clin d’œil, je remercie Lucie aussi pour la bande-son de ma lecture et plus encore, depuis, les Cowboys Fringants m’accompagnent à chaque promenade en promenant mon chien, j’adore !
Pas après pas, j’ai la banane !!!
Une très belle découverte…

Ce roman m’a touché bien au-delà des mots… il m’a fait du bien.

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Extraits :

« “Toute l’équipe d’Air Canada vous souhaite une excellente année ! Qu’elle vous apporte une belle blonde ou un bon chum et une belle job’. Enjoy !”
Alors que s’entrechoquent les coupes de champagne offertes par la compagnie aérienne, Florence déambule dans les allées les bras chargés de bouteilles vides. Elle se nourrit des sourires qui éclairent les visages des passagers. L’ambiance qui règne dans l’avion est presque magique. Français, Canadiens et autres nationalités trinquent et rient de bon cœur, se souhaitant le meilleur pour cette nouvelle année à venir. »

« Blessée par leur attitude, mais aussi infiniment triste que leur soutien sans faille ait finalement des limites. J’aurais aimé que ma mère soit là ce soir, qu’elle me prenne la main et me raconte enfin tout ce que je cherche depuis des mois. Tout ce qu’elle n’a jamais voulu me dire. »

« Mes parents sont passionnés par votre pays, je commence, y compris de ses chanteurs. Maman ne loupe pas une occasion de nous faire écouter ses CD rapportés de leurs divers voyages ici. L’autoradio de sa voiture ne doit pas savoir jouer autre chose, d’ailleurs. Mon enfance a été bercée par les titres de Lynda Lemay. »

« À la nuit tombée, la foule s’agglutine devant la scène dès la fin du concert précédent. Le groupe suivant semble très attendu et c’est également pour eux que nous sommes venus. Johan trépigne d’impatience. Il nous fraie un chemin sur le côté afin de parvenir à deux rangs des barrières, au pied du décor. Ainsi, nous serons aux premières loges pour admirer ces artistes québécois.
Dès que les quatre pionniers du groupe débarquent sur scène, les festivaliers sont en transe. Ils sont accueillis par un tonnerre d’applaudissements, la foule crie leurs noms un à un. Je reconnais les premières notes, qui débutent un spectacle grandiose. Les titres s’enchaînent et la connexion avec le public est extraordinaire. Les chansons engagées se succèdent, défendant avec ferveur des valeurs fortes, telles que la solidarité et l’environnement. »

Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.

Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.

Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !

Amour, Émotion, Drame, Folie, Thriller psychologique

Point de fuite

Estelle Tharreau
Broché – 6 novembre 2025
Éditions : Taurnada Éditions

Alors qu’une tempête se déchaîne, un criminel tente d’échapper à la police et à son complice. Une réceptionniste dépose une étrange valise dans une chambre d’hôtel où un petit garçon est enfermé. Une femme guette l’arrivée du père de son enfant, et un steward désespéré attend d’embarquer pour un vol ultime.
Tous approchent du point de non-retour qui fera basculer leur existence.

Un huis clos labyrinthique où l’amour et la mort se livrent une course-poursuite infernale dans les entrailles d’un aéroport pris dans un déluge de neige et de glace.

J’ai retrouvé avec un immense plaisir la plume d’Estelle Tharreau dans son dernier roman, Point de fuite. À chaque nouveau livre, elle me surprend, m’emmène ailleurs, me bouscule un peu plus. Ici, elle m’a emmené dans un huis clos comme je les aime. Glacé, tendu et terriblement humain.

Dès les premières pages, la tempête fait rage. Petit à petit les acteurs du roman approchent d’un point de non-retour, celui qui fait basculer une vie. L’aéroport devient alors bien plus qu’un simple décor. Sous la plume d’Estelle, il se transforme en monstre d’acier et de verre, une sorte de labyrinthe oppressant où la neige et la peur se mêlent, puis finalement en prison. J’ai adoré cette sensation d’étouffement, ce froid qui s’infiltre jusque dans les pages. On ressent chaque vibration, chaque silence.

J’ai lu ce roman, il y a quelques jours, un soir de grand vent, bien au chaud dans mon lit, et je me suis laissé happer par cette atmosphère glaciale. Je voyais presque les flocons tourbillonner derrière les vitres, j’entendais le grondement des avions. Et cette femme avec sa poussette dans l’aéroport… elle m’a bouleversé.

Ce que j’aime chez Estelle, c’est sa capacité à sonder l’âme humaine, à explorer les failles de chacun. Ses personnages sont toujours sur le fil, entre la peur et le courage, entre la fuite et la rédemption. Ici, ils se débattent dans la tempête, pris dans un engrenage implacable où chaque décision compte.

Le suspense est constant, la tension monte à chaque chapitre, et l’auteure maîtrise son intrigue d’une main de fer. Tout est millimétré, pensé, calibré pour que le lecteur ne puisse plus lâcher prise. C’est un thriller court, mais d’une intensité rare, où l’émotion et la peur se sont livrés une véritable bataille, même dans ma tête…

Point de fuite est un roman noir, nerveux, mais profondément humain.
Il questionne sur la survie, l’amour, la culpabilité, et ce qu’on est prêt à faire pour s’en sortir.
Elle prouve définitivement pour moi qu’elle n’a pas son pareil pour explorer toutes les zones d’ombre de l’âme humaine.

Un grand merci à Joël des Éditions Taurnada pour cette lecture qui m’a glacé le sang autant qu’elle m’a captivé

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Extraits :

« Comme une flèche étincelante tirée dans la nuit, la navette était propulsée à travers les tunnels ralliant l’aéroport. Lors de son déplacement, son souffle puissant s’accompagnait d’un grincement pénible. Le tumulte extérieur des wagons tranchait avec l’inertie intérieure dans laquelle les passagers étaient plongés. »

« Avant de pénétrer dans son gigantesque hangar, le responsable technique, au gilet orange à bandes réfléchissantes, ne put s’empêcher de contempler le ciel. Il savait que les dieux de la tour de contrôle auraient besoin de lui si le monstre météorologique ne déviait pas sa trajectoire et venait s’abattre sur l’aéroport. »

« Dans les halls de l’aérogare, dans les salles réservées au personnel navigant ou d’escale, à la réception, des hôtels, tout individu portant un uniforme s’affairait avec une sérénité étonnante. Dans ces lieux stratégiques, l’alerte avait également été transmise. Tout devait être prêt pour parer l’impact des bourrasques, des congères, du gel, mais surtout, des avions cloués au sol et de la déferlante de voyageurs harassés, anxieux, perdus, furieux qui constituerait, pour tous ces agents, une réplique tellurique de la secousse provoquée par la tempête. Malgré leur propre fatigue et inquiétude, c’est avec calme et diplomatie qu’ils devraient gérer cette submersion humaine. »

« Attends-moi le 13 décembre au terminal C. Je serai sur le vol ALB423. Je t’envoie ce billet pour que nous partions ensemble en espérant que le cessez-le-feu se poursuive et que les négociations de paix aboutissent. Si ce n’est pas le cas, je ne peux t’offrir qu’un pays en guerre, que je n’abandonnerai pas. Si tu ne souhaites pas courir ce risque, dis-le-moi par courrier. C’est le seul moyen de communication encore à peu près fiable. Je t’en prie, fais vite que je sache si je dois venir vous récupérer ou non. Si tu maintiens ta décision de me suivre, prépare-toi à tout quitter, à tout perdre jusqu’à la vie ou celle du bébé. »

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

Le Dernier festin des vaincus
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/01/le-dernier-festin-des-vaincus/

L’Alpha & l’Oméga
https://leressentidejeanpaul.com/2024/11/07/lalpha-lomega/