Émotion, Drame, Fantastique

BlackWater **

La digue
de Michael McDowell
Poche – 22 avril 2022
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

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Tandis que la ville se remet à peine d’une crue dévastatrice, le chantier d’une digue censée la protéger charrie son lot de conséquences : main d’œuvre incontrôlable, courants capricieux, disparitions inquiétantes.
Pendant ce temps, dans le clan Caskey, Mary-Love, la matriarche, voit ses machinations se heurter à celles d’Elinor, son étrange belle-fille, mais la lutte ne fait que commencer.
Manigances, alliances contre-nature, sacrifices, tout est permis. À Perdido, les mutations seront profondes, et les conséquences, irréversibles.
Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ¬co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi -addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le deuxième épisode de Blackwater, une saga matriarcale avec une touche de surnaturel et un soupçon d’horreur.

Michael McDowell se souciait fort peu de la postérité.
Il se targuait d’être un “écrivain commercial”, un “artisan”
dont le style était guidé par la recherche de clarté et de précision.
Son dessein était aussi humble qu’ambitieux : procurer du plaisir aux lecteurs.
Force est de constater que celui-ci demeure inentamé au fil des ans.
Blackwater, c’est le plaisir retrouvé du roman-feuilleton.
Le Monde

 

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Je ne pouvais pas rester sur ma faim, j’ai enchaîné avec le tome suivant…

Manipulations, trahisons et manigances sont vraiment les spécialités de Mary-Love Caskey, mais Elinor sa belle-fille est définitivement décidée à ne pas se laisser faire. Mary-Love a bien du mal à rester sereine, mais tout n’est pas encore fini.
La digue censée protéger la ville des crues dévastatrices, va enfin commencer à se construire au désespoir d’Elinor qui ne pourra plus profiter de son fleuve…

Un second volet plus pointu, je pense que nous ne sommes toujours pas dans le vif du sujet, mais nous allons de découvertes en découvertes et le surnaturel vient s’immiscer sournoisement (légendes, sorcellerie…).
En plus, des crises financières suite à la crue, s’ajoutent maintenant les crises familiales, les violences au sein du couple, viols, violences physiques et meurtres. L’arrivée de plusieurs milliers d’ouvriers dans la ville n’y est sûrement pas pour rien…

Une très bonne suite au style fluide !

Devinez quelle sera ma prochaine lecture ?

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Extraits :

« Zaddie était la seule à savoir. Elle rêva du brouillard, dont les doigts moites tirèrent les draps qui la couvraient, si bien que son corps se refroidit. Elle rêva qu’il la réveillait et l’attirait dehors, loin de la sécurité de sa minuscule chambre derrière la cuisine. Cela paraissait si réel que Zaddie ouvrit les yeux pour se prouver que le brouillard n’existait pas. Mais lorsqu’elle le fit, son regard tomba sur le plafond, et c’est seulement après qu’elle vit d’épaisses nappes de brume flotter devant sa fenêtre. Au même moment elle perçut, léger et assourdi, le grincement humide de la moustiquaire à l’arrière de la maison. D’abord, elle ne fit pas confiance à ses oreilles, ce son lui avait paru si lointain, puis elle entendit un bruit de pas sur les marches du porche. »

« Mary Love vivait comme un affront que sa nièce tire un tel plaisir de la compagnie d’une domestique noire de treize ans, qui plus est dans la maison d’Elinor. C’est pourquoi elle décida, contre l’avis de James, de détruire ce bonheur. Ainsi, Grace apprendrait que seule Mary-Love était source de joie au sein de la famille Caskey. »

« Les travaux commencèrent sur la rive de Baptist Bottom, au sud de la confluence. Early fit venir de Pensacola, Mobile, Montgomery et même d’aussi loin que Tallahassee, des ouvriers qui passeraient un an ou presque à Perdido. Des carrières de trois comtés furent étendues et creusées jusqu’à la roche, et la terre extraite fut chargée sur des camions ou des carrioles à mule. Tous les matins, ces véhicules descendaient jusqu’à Perdido, empruntant les trois routes qui reliaient la ville au reste du monde. Quelques constructions avaient été rasées à Baptist Bottom et on y déversa ces chargements qu’une armée de Noirs répartit et aplanit à l’aide de pelles flambant neuves. Le premier mur d’argile ressemblait au château de boue démesurément grand qu’un enfant aurait bâti, si bien que tous se demandèrent comment une construction d’apparence aussi fragile pourrait résister aux eaux de la rivière si elles décidaient de monter. »

 

Au-delà des manipulations et des coups de théâtre, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série populaire de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.

 

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Drame, Fantastique, Suspense

BlackWater *

La crue
de Michael McDowell
Poche – 7 avril 2022
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

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Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater.

Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey.

Au-delà des manipulations et des rebondissements, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), ¬co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de livres, réussit avec Blackwater à bâtir une saga en six romans aussi addictive qu’une série Netflix, baignée d’une atmosphère unique et fascinante digne de Stephen King.

Découvrez le premier épisode de Blackwater, une saga matriarcale avec une touche de surnaturel et un soupçon d’horreur.

Au-delà des manipulations et des coups de théâtres, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et Étrange Noël de Monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.

 

• Couv_2023-082_ MC Dowell Michael - BlackWater *

 

Je ne vais pas vous mentir… Je ne connaissais pas du tout Michael McDowell avant de voir nos librairies, Fnac, Cultura et autres, envahis par les superbes couvertures, incroyablement réussies, il faut bien le dire, par Pedro Oyarbide que j’apprécie tout particulièrement…

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Une fois les six tomes sortis, je me suis laissé tenter !

J’ai ressenti ce premier tome, comme une sorte de présentation. On découvre les personnages, hommes, femmes, enfants. Mais ce sont surtout deux femmes qui se détachent pour moi du récit, deux femmes fortes. Mary-Love Caskey, la mère de famille qui régente absolument tout et Elinor Dammert, personnage étrange, très froide qui semble prête à tout pour faire partie de la famille Caskey.

Tout se met en place doucement, c’est très intéressant…
Suite à une crue destructrice des rivières Perdido et Blackwater, les mille deux cents habitants d’une bourgade du nord de l’Alabama sont obligés d’abandonner leurs maisons, leurs biens, fuyants vers les hauteurs pour sauver leurs vies. Mais le pire risque d’être à venir, quand les eaux vont refluer arrachant tout sur leur passage. Les dégâts provoqués se compteront en millions de dollars. L’idée de construire une digue se met en place. Elinor est contre !

L’écriture de Michael McDowell, au style solide et efficace, est traversée d’une certaine poésie, et caractérisée par des images saisissantes, c’est presque cinématographique !

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Extraits :

« Maman, ta voix porte… Il ne faudrait pas que Mademoiselle Elinor t’entende.
– Elle ne m’entendra pas, à moins d’être en train d’écouter à la fenêtre, rétorqua Mary-Love d’une voix encore plus forte. Et je ne serais pas surprise qu’elle le fasse !
– Maman, qu’est-ce qui te déplaît tant chez elle ? demanda Sister avec douceur. Moi, je l’aime bien. »

« Mary-Love Caskey ne prétendait pas contrôler les actes et les émotions de son fils comme c’était le cas avec Sister. Elle savait que l’institutrice aux cheveux roux lui plaisait, mais elle savait aussi que ce n’était pas son rôle de dire à son fils de ne pas l’apprécier. Oscar était désormais l’homme de la famille et ça devait entrer en ligne de compte. Aussi, Mary-Love se réjouissait-elle qu’en dépit de la proximité de voisinage, Elinor et Oscar aient si peu d’échanges. La crue avait provoqué leur rencontre, mais ses répercussions semblaient – du moins, pour le moment – les séparer. »

« Ce qu’il savait en revanche, c’est qu’Elinor ressemblait énormément à Mary-Love : dotées d’un caractère fort et dominant, toutes les deux exerçaient leur pouvoir d’une façon avec laquelle il ne pourrait jamais rivaliser. Voilà la plus grande méprise au sujet des hommes : parce qu’ils s’occupent de l’argent, parce qu’ils peuvent embaucher quelqu’un et le licencier ensuite, parce qu’eux seuls remplissent des assemblées et sont élus au Congrès, tout le monde croit qu’ils ont du pouvoir. Or, les embauches et les licenciements, les achats de terres et les contrats de coupes, le processus complexe pour faire adopter un amendement constitutionnel – tout ça n’est qu’un écran de fumée. Ce n’est qu’un voile pour masquer la véritable impuissance des hommes dans l’existence. »

« Soudain, les couleurs s’estompèrent, et son visage fut baigné de fraîcheur. Elle ouvrit les yeux. Un unique nuage gris sombre venait d’escamoter le soleil. Il n’était pas grand – probablement pas plus que la parcelle de terrain sur laquelle étaient bâties les maisons Caskey, pensa Zaddie – mais il n’était pas du tout à sa place. Zaddie était certaine qu’aucun nuage n’était visible à l’horizon cinq minutes plus tôt. Elle s’aperçut qu’autre chose n’était pas normal : on trouvait ordinairement les nuages solitaires bien plus haut dans le ciel, et ils avaient tendance à être vaporeux, brillants et blancs. Celui-ci était noir, bouillonnant et bas. »

 

Au-delà des manipulations et des coups de théâtre, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série populaire de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.

Émotion, Drame, Fantastique, Folie, Noir, Nouvelles, Poésie, Polar, Suspense

SEPT

Les padawans de René Manzor
de Alys Réal, Alba Ombieri, Élodie Fabre, Isabelle Weber,
Olivier Martial, Louise Calvi-Lotito, Stéphanie Baudron-Cosson

Broché – 1 juillet 2023
Éditeur : Des livres et du Rêve

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Il y a trois ans, quand le covid frappe et que les tournages s’arrêtent, le réalisateur, scénariste et romancier, René Manzor, a une idée folle : donner vie à ce prof d’écriture qu’il cherchait désespérément étant môme, quelqu’un qui vous apprendrait les secrets de l’écriture comme un prof de guitare vous montre les accords.
Grâce à son « coaching », des débutants de tous âges donnent vie à leur histoire.
SEPT d’entre elles sont publiées dans ce recueil.
Elles révèlent SEPT nouveaux talents…

 

• Couv_2023-066_Collectif - René Manzor présente SEPT

 

La sortie du jour dans toutes les bonnes librairies !

Pas facile d’emporter ses lecteurs avec des nouvelles. Il faut être concis, pointu, mais il faut aussi trouver le petit plus qui fera la différence qui nous embarquera quel que soit le choix de l’auteur.
La puissance des mots, la beauté du texte, la volonté de magie, le suspense, la violence, et plus encore.

Un exercice difficile, et pourtant…

Avec ce recueil, René Manzor grâce à ses conseils auprès de ses SEPT recrues réussit pour moi un véritable tour de force… Il y a de la passion, de l’envie, des drames, des meurtres, de l’amour aussi. Je suis passé du sourire aux larmes, et vice-versa. Dieu que c’est bon de savoir qu’il existe encore tant de choses à écrire, tant d’histoires à découvrir…

Mais finalement, qu’est-ce qu’un(e) auteur(e) ?
N’est-il pas le conteur d’autrefois qui nous émerveillait et faisait briller les yeux des enfants ?
Alors, en toute honnêteté, je vous conseille d’entrer dans le monde de ces SEPT “nouveaux” auteurs, qui pour une première tentative, frappent très fort, et dont je suis persuadé que l’on entendra parler de certains d’entre eux très bientôt. TROIS de ces nouvelles, dont je tairai le nom, sont pour moi de gros coups de cœur…
Sauriez-vous deviner lesquelles ?

Merci à Réné pour cette superbe idée.
Merci à Angie Lollia des Éditions Des livres et du Rêve, pour l’impression et la diffusion de ce livre, pour lequel j’ai eu la chance de réaliser la couverture.

C’est pour genre de récits que je continuerai à lire tant que je le pourrai…
C’est magnifique, beau et touchant à la fois.

Un beau cadeau à offrir et à s’offrir…
Pour chaque achat de ce livre, 1€ sera versé aux Apprentis d’Auteuil.

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Extraits :

Stéphanie Baudron-Cosson – Embrasez-vous !
« Les pompiers étaient arrivés juste après pour éteindre l’incendie et constater le décès de la femme de Paul.
L’enquête avait été classée sans suite, faute de preuves. Reste que les gendarmes de Saint-Mars avaient retrouvé un briquet carbonisé dans la chambre des enfants… »

Élodie FabreMaman
« Tout son corps n’était que douleur. Encore. C’était épuisant. Le supplice de l’accouchement, Rose s’y était préparée, ces quelques heures d’une torture bien réelle. Mais qu’en était-il de la suite ? Personne n’évoquait le sujet. Comme si tout s’arrêtait, lorsque les ciseaux embrassaient le cordon. Et pourtant, la souffrance perdurait, bien au-delà, vicieuse, pernicieuse, et pas le moins du monde discrète. Rose la traînait comme un boulet dès qu’elle se levait, dès qu’elle s’asseyait, dès qu’elle bougeait, en somme. »

Isabelle Weber – Emprise
« – Il va avoir besoin de nous, Hélene.
– Oui ! De nous ensemble, pas l’un contre l’autre.
Ils se dévisagèrent intensément, comme deux ennemis se rappelant qu’ils avaient été alliés, deux parents à la dérive, convaincus que tout était encore possible pour sauver ce qu’ils avaient de plus précieux en commun : leur enfant. »

Alba Ombieri – Valentin, 1916
« Je m’accrochai à cette photographie, imaginant que ces gens étaient mes proches. Je scrutai le doux visage de cette mère jusqu’à ce que les yeux me brûlent. Cela me fit presque oublier la douleur d’être vivant. Je glissai alors le cliché dans ma poche, décidant d’emmener avec moi ce qui me manquait le plus : une famille qui m’aimait. »

Olivier Martial – 74 après R.A
« – Mais si, c’est toi qui choisis, protestait ma mère. Et tu peux lire autant de livres que tu souhaites sans nous encombrer.
– Non ! C’est différent. Un livre, ce n’est pas que ce contenu. C’est aussi un objet avec lequel j’ai voyagé, qui m’a accompagné dans des moments difficiles ou joyeux. Ce sont des pages écornées, abîmées, avec des notes sur le côté… Et parfois, ce sont des cadeaux de gens que l’on aime. »

Alys RéalEntre chienne et louve
« C’était un soir d’octobre, une de ces belles fins de journée ensoleillées où l’on sentait que l’automne pointait le bout de son nez. Les couleurs étaient éclatantes et une légère brume guettait un petit coin de campagne de l’Heure, aux portes de la Normandie. La nuit patientait encore un peu pour laisser la place à cette heure que l’on nomme magique. Ce moment, où il fait trop sombre pour différencier un chien d’un loup- rappelait aux promeneurs qu’on apprivoisait durablement, personne. »

Louise Calvi-Lotito – La Vespa rouge
« Je me revois, en ce jour, si particulier de 1955, tremblant de la tête aux pieds, devant ma machine, dans l’attente de la sanction définitive du directeur : mon renvoi, après seulement une journée de travail. Il m’avait appelé. Nous avions parlé. Enfin… si je suis honnête, j’avais surtout écouté. La conversation est restée gravée dans ma mémoire. Le plus incroyable est que je n’ai pas été congédié. Il a décidé de me donner ma chance. Cela arrivait encore, dans ces années-là. Pas sur la chaîne de montage des Vespa, non, mais dans l’équipe de designers de l’entreprise. On m’a installé à l’étage, dans un grand atelier où travaillaient des personnes sorties d’écoles prestigieuses. J’ai eu deux mois. Deux mois pour montrer que mon geste n’était pas seulement celui, irréfléchi, d’un gamin. Deux mois pour faire mes preuves, ou repartir de zéro, ailleurs. »

Émotion, Fantastique, Philosophique, Suspense

Temporis

de Gaëlle Perrin-Guillet
Broché – 15 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Londres, 1890.

L’Étouffante a ravagé la capitale, laissant derrière elle des centaines de morts et autant d’orphelins.
Dans un monde apocalyptique déchiré entre les riches et les pauvres, Enora tente de contourner les règles qui lui sont imposées.

Lorsqu’elle trouve le corps inanimé d’un jeune homme, blessé par une machine d’un autre temps, sa vie bascule, l’histoire lui appartient enfin.
La mission est périlleuse : changer le passé pour réécrire l’avenir.
Prendra-t-elle la bonne décision ? Va-t-elle y survivre ?

Les voyages dans le temps… Impossible ?
Pas pour Gaëlle Perrin-Guillet qui s’essaye avec aisance au steampunk.
La plume fluide, le style inimitable, nous retrouvons cette auteure talentueuse qui s’amuse avec les époques. Plus qu’une invitation au voyage, un moment suspendu.

 

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Lorsque j’ai vu il y a quelques mois la superbe couverture du dernier roman de Gaëlle Perrin-Guillet, qui a réveillé en moi l’enfant que je suis encore à l’intérieur, je savais que j’allais me le procurer très vite.
Angie m’a précédé, un grand merci à toi !

À ce jour, j’ai aimé tous les romans de Gaëlle que j’ai lus. Son petit coté “So british”, me plaît beaucoup et je trouve qu’il lui va parfaitement bien. Mais avec Temporis, en plus de l’histoire “steampunk”, qui m’a fait rêver, c’est le personnage d’Enora, qui m’a emporté tout le long du récit. Sa sensibilité, sa gentillesse, son âme pure…

Le steampunk a souvent été considéré comme un sous-genre du fantastique ou de la science-fiction. Pour moi au contraire, il a toujours été un genre à part entière, où l’esthétique de l’époque victorienne, a une réelle importance à tous les niveaux, et j’ose vous le dire : Si nous avions la possibilité de choisir l’époque où nous devions vivre, ce serait sans aucune hésitation que je m’envolerai pour cette période pré-moderne, qui avait déjà créé tout ce qui était nécessaire pour vivre une vie saine et heureuse…

Temporis m’a donc ramené dans ce monde que j’affectionne tant.
Enora a seize ans, elle a perdu ses parents lors de l’Étouffante quelques années auparavant. Le hasard des rencontres et de la vie va lui permettre de voyager dans le temps et de rencontrer la Reine Victoria qui a le même âge qu’elle. Qu’elle est donc la mission qu’on lui a assignée ? Pourquoi a-t-elle été choisie ?

Gaëlle a avec maestria composé un récit riche et touchant avec un superbe final qui l’a place dans le top du genre, et ce, avec malgré tout un “tout” petit bémol pour moi… “Je l’ai lu beaucoup trop vite, du coup, il est déjà fini !… et il va falloir que j’attende maintenant pour “retrouver” sa plume !”

De l’originalité, un peu de folie et beaucoup d’imagination, Gaëlle, continue à nous surprendre tel que tu le fais si bien !
PS. J’aimerais beaucoup retrouver Enora dans de nouvelles aventures !!!

Mais comme tu le dis si bien, « Le futur peut attendre. Je veux profiter de mon présent. »

Un grand merci au Éditions Des livres et du rêve, pour ce superbe présent… passé/futur ?

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Extraits :

« J’ai totalement perdu la mémoire… À part mon prénom, je ne me souviens de rien. Pas même de mon âge ou de mon nom de famille. Pourquoi je me trouvais là ? Aucune idée. Je ne sais rien du tout ! »

« Devant nous, une silhouette apparaît dans l’ombre, emplit tout le cadre de porte avant de se dévoiler dans la lueur du candélabre.
L’homme est immense, habillé d’une chemise blanche et d’un pantalon de cuir noir. Ses longs cheveux aussi blancs que sa chemise sont retenus en une queue de cheval et sur son crâne, trône une paire de lunettes d’aviateur aux verres fumés. »

« Je n’ai aucune idée de l’utilité de cette machine. Peut-être même ne marche-t-elle pas. Mais c’est la plus belle chose que j’ai vue dans ma vie. En m’en approchant, je distingue à peine les soudures des plaques qui la composent tant la main qui les a forgées a fait cela avec art et précision. Les rivets n’ont laissé aucune trace lors du serrage, tout est propre, net, et méticuleux.
Une véritable œuvre d’art. »

« Je le fusille du regard quand je vois Andrew entrer dans la pièce. Il fait à peine trois pas avant de s’immobiliser et me fixe à son tour, sans un mot, bouche légèrement entrouverte.
Je crois que je n’ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie. Je me consume de l’intérieur et voudrais être une petite souris pour aller me cacher dans un trou. »

 

Gaëlle Perrin-Guillet est née en 1975 à Lyon où elle vit toujours. Secrétaire de mairie le jour, elle se transfrome en auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000 avec des nouvelles. Après deux romans auto-publiés, “Le sourire du diable”, en 2010 et “Au fil des morts” en 2011, elle participe à deux recueils des “Auteurs du noir face à la différence” (en 2012 aux Éditions Jigal puis en 2013 à L’Atelier Mosesu).

Haut le chœur” est son premier polar publié aux Éditions Rouge Sang en 2013, lauréat du « Prix du Polar-2014 Dora Suarez », réédité aux Éditions Taurnada en 2019.

https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/11/haut-le-choeur/

En 2015, paraît un roman pour jeunes adultes, “La nuit du chat noir” aux Éditions Rouge Safran.

En 2016, elle publie aux Éditions Fleur Sauvage, “Soul of London”, pour lequel elle reçoit le “Prix des Lecteurs du Salon du livre policier de Neuilly-Plaisance” et le “Prix du festival Les Polars du Chat du Creusot”; premier opus d’une série d’enquêtes situées dans le Londres de la fin du XIXe siècle dont les héros sont Henry Wilkes, ex-inspecteur de police, handicapé qui marche avec une canne, et Billy Bennett un gamin des rues qui l’assiste. Le livre est réédité aux Éditions Milady Poche en 2017, la même année que sort (ou devait ?) le second opus “Black past” aux Éditions Fleur sauvage, publié en grand format sous le titre Les fantômes du passé aux Éditions City en 2018. (Les titres originaux parus chez Fleur Sauvage semblent ne plus être disponibles…).
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/31/les-fantomes-du-passe/

Émotion, Drame, Fantastique

La Maison Bleu Horizon

de Jean-Marc Dhainaut
Poche – 29 juin 2017
Éditions : Taurnada Éditions

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Janvier 1985. Tout commence par un message laissé sur le répondeur d’Alan Lambin, enquêteur spécialiste en phénomènes de hantises. Une maison, dans un village de la Somme, semble hantée par un esprit qui effraie la famille qui y vit. En quittant sa chère Bretagne, Alan ignore encore l’enquête bouleversante qui l’attend et les cauchemars qui vont le projeter au coeur des tranchées de 1915. Bloqué par une tempête de neige, sous le regard perçant d’un étrange corbeau, Alan réussira-t-il à libérer cette maison de ce qui la tourmente ?

 

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J’avoue qu’après avoir déjà lu deux romans de Jean-Marc, je pensais savoir à peu près où il allait me mener. Alors, j’ai commencé ma lecture tranquillement, sachant que j’allais passer un bon moment.
Très vite, je me suis rendu compte que le récit risquait d’aller bien au-delà de ce que je m’étais mis en tête. J’en ai lu de nombreux récits qui côtoient le paranormal, Jean-Marc y a mis beaucoup de sensibilité et a créé une histoire sur mesure pour sa thématique que j’avais rarement vu aussi bien développée…

Le mari d’Hélène s’est absenté pour quelques jours. Très vite, il ne donne plus de ses nouvelles.
Hélène s’inquiète. Thomas, leur fils se réveille depuis toutes les nuits à la même heure en hurlant. La nuit les portes claquent toutes seules, alors que d’autres restent bloquées sans logique, les parquets craquent et ils entendent régulièrement les pleurs d’une jeune fille. Lorsqu’une tempête de neige s’abat sur la région, les isolant complètement des autres villageois, Hélène qui a entendu à la radio Alan Lambin, enquêteur en phénomènes paranormaux, décide de le contacter. Il doit justement faire une interview pas très loin et se propose de passer.

En arrivant, Alan découvre une immense propriété, le type de “château” où ce genre de phénomènes a l’air de se produire plus qu’ailleurs. Au fil des pages, une ambiance pesante s’installe déroutant l’enquêteur et mettant à mal la famille apeurée.

Quel est le rapport entre un militaire de la guerre 14-18, une petite fille qui apparaît et disparaît dans les couloirs, les pleurs d’une enfant et la disparition du mari d’Hélène ?
Très vite, Alan va se retrouver confronté à une “réalité” qui risque de le dépasser, une réalité bouleversante et touchante à la fois !

Une fois commencé, impossible de m’arrêter. Je l’ai lu d’une traite. Les dernières pages, je les ai même lu les larmes aux yeux… Quel plaisir de lecture, quel bonheur.
C’est exactement pour ce genre de récits que je lis. C’est beau, plein de sensibilité. Ou comment un roman qui m’a fait frissonner dès les premières pages est devenu au fil de ma lecture un roman émouvant où chaque personnage a sa raison d’être… Bravo Jean-Marc pour cette “petite histoire dans la grande”, les personnages, j’espère vont me hanter encore longtemps.

Très gros coup de cœur pour ce récit Jean-Marc Dhainaut qui prend des risques à chacun de ses romans.
Que d’émotions…

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Extraits :

« Durant mes nombreuses enquêtes, j’ai parfois eu l’occasion de me gratter le menton en me posant une multitude de questions. Je suis de plus en plus persuadé que la mort n’est pas une fin, mai qu’il convient de trier tous les clichés, toutes ces certitudes, toutes les affirmations de certains. »

« Oui… Bonjour. Madame Anneraux à l’appareil. J’habite dans un village de la Somme. C’est difficile de l’expliquer comme ça, mais il se passe des choses étranges chez nous… Je vous laisse mon numéro… »

« Mon mari a enchaîné les dépressions lorsqu’il travaillait dans sa précédente société. La pression et l’humiliation étaient devenues insupportables. Sa vie professionnelle avais viré au cauchemar et nous avons failli nous séparer à cause de cela. Puis, il y a eu sa tentative de suicide. Après un long arrêt et un séjour à l’hôpital, il s’est fait renvoyer. »

« Pardonnez-moi, ma chérie. Sous la pluie, sous les obus, je n’ai jamais cessé de penser à vous, ma Louise. Et lorsque je pensais à vous, alors, dans la plaine tourmentée fleurissaient les coquelicots que nous aimions tellement cueillir. Et le soleil brillait en effaçant le malheur devant moi, illuminant votre sourire que je n’oublierai jamais. Vous vous souvenez, mon amour ? Vous vous souvenez de votre main dans la mienne, quand nous courions dans les champs derrière chez vous ? Et de tous ces après-midi, simplement allongés dans les coquelicots, à regarder la forme des nuages, laissant voyager notre imagination ? »

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.


Brocélia

https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

Anticipation, Émotion, Fantastique, Philosophique

Douze minutes par jour

de Cindy Defosse
Broché – 6 mars 2019
Éditions : AFNIL

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Dans un monde où la nature a disparu, toutes les recherches sont tournées vers un futur viable. Dévoué à son travail, Naos, un jeune scientifique, se voit confier de plus en plus de responsabilités. Cependant, un nouvel élément vient chambouler son quotidien pour l’emporter sur des sentiers qu’il n’avait jusqu’alors jamais explorés. Alors que l’humanité décline et que l’espoir ne suffit plus, c’est de la rencontre entre passé et présent que fleurira le champ des possibles.

Pour chaque exemplaire vendu, l’auteur reverse 1€ à une association pour la protection de la nature.

 

• Couv_2023-011_Defosse Cindy - Douze minutes par jour

 

Douze minutes par jour… Par où commencer ?

Nous sommes à Dagda, une mégapole située le long d’un désert au bord de l’océan. Entre gloire et déclin, de nombreuses populations se sont succédées sur la planète Alcyone. Les terres sont devenues inexploitables, la planète a très peu de ressources à offrir, l’alimentation est devenue artificielle, un composé chimique de cellules-souches, mis à disposition des gens dans des feedeurs, contre des “points” scannés sur des bracelets personnels. Le peu de population existant vit comme des zombies, leur peau est terne, leurs cheveux sans éclat, leur regard sans lumière. Les gens se font agresser et arracher régulièrement leurs bracelets qui leur permettent de subsister. Une partie de la population a peur, l’autre devient brutale.

Naos 4182, travaille depuis peu, au 2b, avant-dernier étage de l’immense tour Pôle n°1. C’est un chercheur, une tête pensante, chargé de trouver une solution à l’alimentation qui s’épuise. Avec les autres laborantins qui partagent ses journées, ils doivent absolument redonner de la vie à leurs terres, avant une fin inévitable…

Trois millions d’années plus tôt, vivait un petit peuple, les Hyriens, depuis de nombreux siècles. Leurs habitations étaient faites de bois et de plantes tressées. Ils vivaient en osmose avec la nature et ne connaissaient pas la guerre. Tout était chants, danses, aide et partage dans un total respect de la nature. Ils n’avaient pas de chef, la hiérarchie n’existait pas. Hylia jeune fille aux cheveux très longs, se promène comme à son habitude, à travers les forêts, à travers la montagne, elle bénit tous les jours le soleil qui resplendit permettant à son peuple une vie heureuse et éternelle…

Un jour pourtant, soudain l’obscurité s’abattit sur son monde. Elle eut juste le temps de lever les yeux au ciel. À l’horizon, un astéroïde percuta la planète Alcyone…

Quel est le mystérieux lien qui unit Naos 4182 et Hylia, alors que plusieurs millions d’années les séparent ?

Gros, énorme coup de cœur pour ce roman érudit et parfaitement maîtrisé. Il n’y a rien à jeter. Tout est là, écrit qui se déroulait sous mes yeux. Le passé, le présent, le futur. J’ai adoré l’approche de l’auteure, sur la nature, sur la vie, la bonté et la simplicité de certains contre la perversion des autres… Je découvre Cindy Defosse, et je reste bouche bée. Comment a-t-elle fait ? Sa prose est tellement simple, tellement évidente. Cindy nous montre le chemin, elle nous ouvre une voie… Le bonheur est tellement proche, mais sommes nous prêt à nous passer du superflu. Tout était là bien avant nous. Qu’en avons nous fait ?

Une belle histoire pleine de poésie, pleine de force, de joie et aussi très philosophique. Cindy est une auteure qui m’a fait rêver durant quelques heures. Le bonheur est proche, il est là près de nous. À nous de faire les bons choix. Ce ne sont pas les plus nombreux, ou ceux qui parlent le plus fort qui ont forcément raison et qui sont dans le vrai. Sachons nous détacher, sachons écouter et prendre des initiatives lorsque cela est nécessaire….

Douze minutes par jour, c’est tellement peu pourtant

Pour les rêveurs inconditionnels, pour ceux qui aiment la vie, l’amour, pour ceux qui sont restés de grands enfant, ceux qui gardent espoir, ceux qui sont un peu perdu, qui se cherchent et enfin, pour tous les lecteurs un peu/beaucoup curieux…
Je vous garantis de passer un excellent moment de lecture !

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Extraits :

« À l’extrémité nord d’une chaîne montagneuse vivait un petit peuple, maître du partage et de l’altruisme : les Hyriens. Établis, depuis de nombreux siècles, ils veillaient à toujours rester en parfaite harmonie avec toute chose. Chaque mot, chaque acte, chaque geste était pensé et effectué dans le respect de l’ordre naturel et des lois véritables de la nature. Ainsi, les sources étaient sollicitées avant chaque goutte d’eau puisée, les arbres gratifiés à chaque fruit donné, le soleil Naos vénéré pour la lumière et la chaleur qu’il diffusait, la terre honorée pour sa fertilité, le vent remercié pour sa fraîcheur et ses caresses. »

« Aujourd’hui, les denrées consommables étaient devenues artificielles : de maigres cellules souches, on poussait la multiplication cellulaire à son maximum pour répondre aux besoins de la population. »

« Ils n’ont pas su où s’arrêter alors, fatalement, l’inévitable arriva : l’intelligence des robots surpassa, celle de leurs créateurs et les choses commencèrent à mal se dérouler. De simples accidents isolés, on passa à une guerre totale qui opposa les humains et les androïdes : l’I-War. »

« Chacun des passants semblait dépourvu de vitalité, leur peau était terne, leurs cheveux sans éclat, leur regard sans lumière. L’angoisse la saisit, elle ne voulait pas être absorbée par cette meute de zombies et encore moins être destinée à devenir l’une des leurs. »

« À quelle époque vis-tu, ma fille ? La nature a disparu depuis bien longtemps, mes grands-parents eux-mêmes ne l’ont pas connue. »

« Soixante-dix millions de personnes, c’est trop de bouches à nourrir pour les maigres ressources dont nous disposons, alors petit à petit, nous allons réduire la population, éliminer les bas-fonds pour permettre aux meilleurs de rester. »

« Jamais je ne t’entends parler de compassion, d’amour, de tolérance, d’estime de soi… Si la méditation était enseignée dès le plus jeune âge pour faire partie intégrante de vos mœurs, peut-être y aurait-il moins de frustration et de violence à Dagda. »

« Munie de son violon, la déesse s’appliqua à composer le plus merveilleux des mondes, en commençant par lui choisir un soleil bleuté. Elle sculpta avec minutie les contours de sa planète, dessina les courbes des montagnes du bout de son archet, peignit à l’image de son âme les reflets irisés des lacs et océans, pesa chaque atome de la constitution de l’atmosphère, écrivit au plus juste la musique des vents, produisit avec passion les vibrations de l’écume bouillonnante, arracha à ses cordes le son du volcan, accorda le chant de la terre, à la mélodie de son instrument… Sa partition achevée, Alcyone admira son œuvre. La planète était parfaite, comme il l’avait demandé. »

 

Née le 6 septembre 1991 dans le sud de la France, Cindy Defosse profite de sa jeunesse pour voyager sur notre belle planète et nourrir ses passions que sont la musique et l’astronomie.

À l’âge de 23 ans, elle retrouve les vieux brouillons d’une histoire qu’elle avait imaginée au lycée. Instantanément, cela réveille en elle l’envie d’écrire. Elle se plonge alors des journées entières aux côtés de son héroïne et moins d’un an plus tard, elle achève le premier tome de ce qui deviendra la trilogie des Éférides.

Sa saga terminée, elle reprend le projet d’un roman de science-fiction qui lui tient à cœur. C’est ainsi qu’elle sort sa nouvelle œuvre : Douze minutes par jour.

Émotion, Fantastique, Suspense

La chinoise du tableau

de Florence Tholozan
Poche – 20 mai 2021
Éditions : M Plus Pocket

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Si comme Mélisende et Guillaume vous découvriez un tableau très étonnant ?
Au second plan, derrière une jeune Chinoise, se tiendrait un couple. Un couple qui ressemblerait en tout point au vôtre. À un détail près : les personnages représentés sur la toile seraient bien plus âgés.
Une curiosité irrésistible vous entraînerait jusqu’en Chine, à la recherche de la Chinoise du tableau.
Et si vous vous aperceviez que cette dernière détenait un secret qui va bouleverser votre vision de la vie ?

Un roman contemporain envoûtant. Des sentiments purs et forts. Un récit à plusieurs voix de toute beauté, où la particularité de chacun s’imbrique dans une continuité intemporelle.

 

• Couv_102_Tholozan Florence - La chinoise du tableau

 

2022 a été pour moi, un peu l’année des premiers romans… et bien m’en a pris !
Il se dégage des premiers romans, une force, une envie de partage que je trouve assez incroyable et touchante.

Florence Tholozan signe avec “La chinoise du tableau” un livre très atypique et nouveau. C’est un voyage dans le temps, dans l’histoire, dans l’espace, avec une pointe de fantastique… ou pas !
Voyage en Chine avec sa culture magnifiquement retranscrite par l’auteure. Voyage historique puisque Florence partage avec nous deux sauts au sein des deux guerres mondiales comme si nous les vivions, et un voyage au-delà de la vie, à travers la mort.
J’ai passé un excellent moment de lecture, et j’ai regretté d’arriver si vite à la fin de cette intrigue, qui m’a amené à réfléchir sur des possibilités que nous offre la vie, qui sont peut-être encore à découvrir.
Une très belle histoire, où l’amour est le centre de tout, un roman extrêmement bien documenté, et même si j’ai noté une ou deux incohérences historiques, le récit est tellement beau, tellement vivant, que je les ai bien vite oubliées… au bénéfice d’un rythme entrainant avec une telle simplicité dans les mots, qui m’a fait énormément de bien au cœur.

Le but de la lecture, n’est-elle pas de nous faire rêver et voyager ?
Une très belle découverte pour moi. Florence un grand bravo à toi, tu as rempli ton premier contrat avec “une main de maître” !
Et je pense, d’ors et déjà, qu’il va falloir que je prévois de la place sur mes étagères pour tes prochains ouvrages…

Florence Tholozan, une auteure à suivre…

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Extraits :
« Tout le monde me connaît aux alentours.
Cependant, il serait plus exact de dire que l’on croit me connaître. On me rencontre quotidiennement, on m’adresse la parole, on me sourit… Néanmoins, personne ne sait l’essentiel, jusqu’à mon nom de naissance. Nul, n’imagine qui je suis en réalité. Ceux qui m’appellent Shushan sont les rares survivants d’une lointaine époque où je n’étais qu’une petite fille. Ils se comptent dorénavant sur les doigts de la main.
Pour tous, jeunes et vieux, hommes, femmes et enfants, peu importe, je suis la “passeuse d’offrandes”. Voilà comment on me nomme dans mon village natal, “passeuse d’offrandes”. »

« Nos cœurs qui battent à l’unisson, nos souffles accordés sur la même mesure. Sa peau veloutée. Les bouches qui se trouvent, les mains qui courent sur nos corps ; lesquels se cherchent, se découvrent, s’apprivoisent timidement, et se reconnaissent. Tout est si simple, si évident. »

« Mélisende… Regarde-la. Elle fonce dans la vie, elle envoie valser les obstacles et elle avance, le nez au vent, à l’écoute de ses intuitions, dont elle a le sens, particulièrement aiguisé… Oh, elle a bien des tourments ! Rares sont ceux qui y échappent. Mais j’admire son courage. Les femmes en ont beaucoup… Plus que les hommes. On le dit. J’en suis convaincu. Bah, des généralités. Je suis cependant obligé d’admettre que nombre d’entre elles ont une force intérieure qui me fascine… »

« “Voyons, si tu as poussé, fiston !” Mon objectif était d’atteindre la marque à hauteur de sa taille à lui, la plus haute de la famille. Constater que je m’en approchais chaque coup un peu plus, me rassurait. Quand, enfin, mon encoche a daigné, dépasser celle de mon paternel, au lieu d’en éprouver, l’orgueil escompté, j’ai réalisé avec effroi que, si lui ne grandissait plus, il continuait de vieillir. Et à cet instant-là, alors que je n’étais déjà plus un enfant et que mon père n’était plus une montagne, j’aurais voulu que plus rien n’évolue et profiter de mes parents, d’égal à égal. Et je songeais que si le temps n’épargnait ni ma mère, ni lui, il ne m’épargnerait pas, moi non plus…
C’est cela, devenir adulte, perdre une certaine innocence, prendre conscience qu’un jour, nous serons vieux et qu’après nous disparaîtrons. »

 

 

Florence Tholozan réside dans les proches environs de Montpellier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu l’amour des mots.

Diplômée en psychologie clinique, elle enseigne dans l’Hérault.

“La Chinoise du tableau” est son premier roman. Il a été présenté pour le Prix de la 1ère Œuvre d’une auteure 2020 et a concouru au Prix du Livre Romantique 2019 pour lequel il a été finaliste. Traduit en plusieurs langues il a été récompensé par le Prix Paroles d’Auteur(e)s.

“L’écho de nos jours” est son deuxième roman.

Drame, Fantastique, Thriller

Émersion**

de Michael Fenris
Broché – 7 octobre 2021
Éditions : Les Nouveaux Auteurs

Personne n’y croit mais Jedediah Lafkin en est convaincu, sa ville natale, Hope Falls, a bien été détruite par une tempête de feuilles, les esprits de la nature ont puni ceux qui ne la respectaient pas. Depuis Jedediah n’est plus que l’ombre de lui-même. Interné contre son gré dans un hôpital psychiatrique, gavé de médicaments destinés à lui faire perdre la mémoire, il ne se souvient plus de son identité. L’instigateur n’est autre que le sénateur Maccallan, l’homme qui a failli devenir son beau-père, et qui lui voue une haine féroce depuis la mort accidentelle de sa fille Barbara. Alors que Jed croupit dans sa cellule, victime des brimades répétées de certains membres du personnel, une mystérieuse inconnue lui fait discrètement passer un message. La carte postale d’Hope Falls l’avertit : le cauchemar recommence, cette fois à bien plus grande échelle. Alors que l’invasion de feuilles se prépare à frapper Manhattan le jour d’une conférence sur le climat à l’ONU, Jed s’échappe de l’hôpital, et il sait qu’il va devoir affronter la pire de ses terreurs : la feuille d’érable rouge et tout ce qu’elle représente.

“ Un thriller palpitant qui nous tient en haleine
de la première à la dernière page.”

Femme Actuelle

 

 

Dès ma dernière ligne sur le roman “Feuilles”, j’ai tout de suite enchaîné avec “Émersion” !
Il me fallait absolument connaître le dénouement du combat engagé par Jedediah…
Et quelle fut ma surprise…

J’avais tellement aimé “Feuilles”…
Au bout de quelques pages de ma nouvelle lecture, je me suis finalement rendu compte que, “Feuilles” n’avait été qu’une “ébauche”, un premier pas vers cette suite incroyable et surprenante !

Pour tous ceux qui ont lu le premier volet, n’essayez surtout pas d’anticiper ou de deviner cette suite que je tiens encore entre mes mains, vous ne feriez que perdre votre temps !
Il ma été impossible de la lâcher. Il a fallu que je la lise d’une traite, je ne pouvais pas faire autrement. En effet, Michaël a composé son récit de telle sorte que, plus on avance dans l’intrigue et plus l’histoire va crescendo, c’est malin. C’est efficace. Et cela ne s’arrêtera qu’à la dernière page, la dernière ligne même, qui je dois le dire m’a complètement

Et puis non, finalement je ne le vous dirai pas !

Vous ne savez pas ce qui vous reste à faire ?
Faites-moi confiance, vous ne le regretterez en aucun cas. Je dirai même plus… Vous risquez même de me remercier !
Mais celui qu’il faudra remercier c’est bien Michaël Fenris, car sans lui, vous ne liriez pas mes mots.

Après un début très personnel je trouve, sur les fissures et les “erreurs” commises par notre héros, qui va ainsi pendant plusieurs années rester caché derrière ses doutes et ses peurs bien malgré lui d’ailleurs, Jedediah décide enfin de reprendre son destin en main et d’affronter la nature qui se venge des humains qui ne la respectent plus, et ce de plus en plus. Dès lors, le scénario vire à 90° et à partir de là tremblez…
Le cauchemar recommence, mais cette fois, la nature s’attaque à Manhattan puis se seront toutes les grandes villes du monde qui très vite vont se trouver prises au piège.

J’ai adoré ce thriller fantastique et cette écriture si pointue.
C’est pour moi une vraie et belle réussite, c’est même un nouveau gros coup de cœur !
“Émersion” mériterait non seulement que l’auteur soit davantage connu pour une diffusion beaucoup plus large, mais aussi une adaptation cinématographique digne des plus grands réalisateurs.

Vous savez, je n’avais pas fais attention à toutes ces feuilles qui sont déjà par terre depuis quelques jours et qui se déplacent lentement avec avec le vent…

Et vous ?

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Extraits :

« J’avais eu tort d’interrompre trop tôt son traitement sous prétexte qu’il m’assommait et m’empêchait d’avoir les idées claires. Il m’évitait surtout d’avoir des hallucinations. La feuille d’érable rouge avait disparu en même temps que ma ville natale, et si je n’avais pas trouvé la mort là-bas, ce n’était pas pour périr ici. Presque rasséréné à cette idée, je m’apprêtai à m’installer dans le salon lorsque le téléphone se mit à sonner. Aucun numéro ne s’afficha sur l’écran numérique. Je décrochai, m’attendant à une erreur, mais la voix féminine à l’autre bout du fil me prouva le contraire :
– Vous êtes Jedediah Lafkin ? »

« La douche acheva de réveiller mon corps, pas mon esprit. Je me traînai vers la table, m’assis et attendis, l’œil rivé sur la pendulette fixée au mur. Un truc moche, en plastique orange, auquel le créateur pour faire bonne mesure avait ajouté une citation en italique : Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus, singula dum capti circumvectamur amore*. Virgil. le datomètre indiquait deux chiffres : 18. De quel mois, je l’ignorais. »

« Quelque chose monta en moi, de très loin. Une vague intérieur immense, un tsunami de souvenirs qui afflua en forçant les ultimes barrages que mon cerveau avait dressés, volontairement ou non. Le col fut si violent que je me cabrai, basculai en arrière et me roulai sur le sol, en proie à ce qui ressemblait à une convulsion. Je clignai des yeux, mes dents claquèrent, je me mordis la langue, le sang chaud coula de ma bouche et se mêla à celui de mes narines. C’était comme se noyer. »

« Je sais que c’est difficile à croire, mais il faut partir du principe que la nature est régie par une force du bien. Elle ne demande que de vivre en bonne intelligence avec l’Homme. Depuis des centaines d’années, nous l’avons meurtrie, martyrisée, détruite pour notre seule satisfaction égoïste, nous avons multiplié les constructions, arraché au sol des millions d’hectares… Alors aujourd’hui, la nature se venge. »

* Mais en attendant, il fuit : le temps fuit sans retour, tandis que nous errons, prisonniers de notre amour du détail. 

 

 

Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.

Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.

Sont respectivement sortis :

  • Chez Prisma : Feuilles en 2015, le Syndrome Noah en 2016, Thérianthrope en 2018, L’île en 2019, Déviation en 2020 et Émersion en 2021.
  • Chez Evidence : Neige, Whistlers, Horizons Funèbres et le Fétichiste.
  • Chez Eaux Troubles : Diamants sur Macchabées (reprise d’un auto édité) et Vengeance sur Pellicule.
  • En autoédition : Aaverhelyon, Diamants sur Macchabées 1° version et les 7.

En parallèle il développe les aventures de Don et de Luc Dassaut sous un autre nom, et travaille au scénario de plusieurs BD.

Michaël Fenris – Feuilles*
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/17/feuilles/

 

Fantastique, Thriller

Feuilles*

de Michael Fenris
Broché – 7 octobre 2021
Éditions : Les Nouveaux Auteurs

À Hope Falls, petite ville américaine isolée au milieu d’une immense forêt, près de la frontière canadienne et des anciens territoires algonquins, tout est régi par Vernon Krueger. Maire, directeur de la plus grosse scierie de la région et propriétaire de la moitié de la ville, cet homme peu scrupuleux n’hésite pas à déforester sans aucune considération pour la nature environnante. Jed, son bras droit, cautionne de moins en moins ses pratiques douteuses, et tente vainement de préserver la forêt. Un phénomène étrange se produit alors : les feuilles des arbres commencent à tomber et, portées par un vent inhabituel, envahissent sans fin la ville, jusqu’à la recouvrir dangereusement. L’inquiétude s’empare peu à peu des habitants coupés du monde par ces murs de feuilles mortes et la tempête, à mesure qu’ils perdent tout contrôle sur des événements de moins en moins naturels. Tandis que l’angoisse grandit et que les habitants de Hope Falls plongent dans un véritable enfer auquel ils vont devoir survivre coûte que coûte, secrets enfouis et véritables caractères se révèlent au plus mauvais moment. Jed prend la tête des équipes de secours, mais bientôt il devra accepter l’incroyable et se résoudre à suivre ses intuitions…

 

 

Cela faisait un moment que “Feuilles”, premier roman de Michael Fenris me narguait. Dans les Fnac, chez ma libraire, sur FaceBook et dernièrement sur divers messages relayés par mon téléphone !

J’avais beau me retenir… je ne suis qu’un humain, et finalement, j’ai craqué !
Il va falloir que j’aie, deux trois mots avec les auteurs.
Si cela continue comme ça, c’est sûr, un déménagement s’impose !!!
Où vais-je continuer à ranger mes livres ?…

J’ai donc effectivement tardé sur cette lecture, mais je n’en apprécie pas moins la qualité. Écriture prenante, fluide et rapide, Michael a du répondant. Les personnages mêmes semblent vivants à travers la lecture. À plusieurs reprises, je me suis demandé si l’auteur était américain, tant les scènes sont justes et découlent naturellement. Mais ouf ! Honneur sauf, Michaël est bien de chez nous !

On ne peut pas s’empêcher de ressentir les influences d’au-delà du pacifique. Dans les décors, dans la mise en place de l’intrigue, un petit coté “Stephen King” aussi, dans la montée de l’intrigue et une “bande son” que je n’ai pu m’empêcher d’écouter pendant ma lecture… J’ai trouvé l’écriture très intelligente aussi ! Quelques petits détails, glissés ici et là, l’air de rien, ni vu ni connu pour ferrer le lecteur. On ne me la fait pas à moi !!!

Imaginez… c’est l’automne. La petite ville canadienne d’Hope Falls perdue au milieu des forêts. Vernon Krueger est un “sale” patron. Tout le monde le hait, personne n’ose le dire. Il a construit sa fortune dans la coupe des arbres et l’industrie du bois. Ses seuls moteurs, l’argent et son Ego. Le plaisir de donner des ordres qui ne seront jamais remis en cause, l’argent qui s’amasse, la population qui le craint et baisse les yeux. Il agit en despote, et ignore délibérément la loi. Il tient “sa” ville entre les mains. La plupart des emplois dépendent de lui. Il règne en maître absolu. Mais s’il n’y avait que ça… Un matin, deux inspecteurs de l’EPA (Environnemental Protection Agency) débarquent en ville pour un contrôle suite aux coupes arboricoles drastiques du ”tyran“. Mais ce qu’ils vont découvrir ira bien au-delà de ce à quoi ils s’attendaient !

Imaginez… une forêt de plus en plus appauvrie, des hectares dévastés… D’étranges événements sont signalés tout autour de la petite ville. Des feuilles d’arbres qui s’éparpillent, se déplacent, se forment en tas de plus en plus gros, créant des murs de plus en plus haut, recouvrant chaque rue, détériorant les installations électriques, puis téléphoniques, très vite la ville est complètement isolée du reste du monde…
La forêt a décidé de se rebeller, de se venger même de tout ce qu’elle a subi…

Imaginez… une nature qui se vengerait et reprendrait ses droits !

Un très bon thriller fantastique, qui vient soudain percuter et presque détrôner l’enquête policière en cours !
Un récit très original, qui m’a tenu éveillé jusqu’à la dernière ligne.
L’homme face à la nature, ou l’homme face à son destin ?
Imaginez… Et si ce cauchemar n’était que le début d’une nouvelle ère ?

Un premier roman qui force le respect. Dynamique et intelligent !
Michael Fenris, un nouvel auteur à suivre…

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Extraits :

« Dans mes souvenirs, pour peu qu’ils fussent encore clairs, tout débuta avec l’arrivée de l’automne, et la mort de l’ancien vétéran Milton Hoggs.
Je n’avais jamais aimé l’automne, je détestais même cette saison. Peut-être pas autant que Milton Hoggs… Mais personne ne pouvait sentir ce type, ses manières brutales vis-à-vis des Indiens de la région, sa façon de tout braconner, sa tendance à la destruction gratuite. »

« – En quoi le fait d’être une femme serait un handicap, demandai-je.
– Réveillez-vous Lafkin !, répondit-elle. Nous vivons dans un monde d’hommes, fait par et pour les hommes. Même à notre siècle des types comme Krueger, Lockwood ou Dolbert pensent encore que les femmes ne seront jamais leurs égales. Vous avez vu l’attitude de votre patron à mon égard ? Et son avocat n’est pas en reste.

Deux ordures, murmurai-je pour moi, mais elle entendit et me fixa d’un air interrogateur. »

« Nous nous assîmes en bordure de terrasse, pour profiter des dernières lumières naturelles de l’après-midi et des reflets de la rivière qui coulait un peu plus loin. Montant de la forêt, la brume s’élevait peu à peu et donnait l’impression que les troncs n’étaient plus solidaires du sol, mais flottaient librement dans l’espace. Dans le silence environnant, à peine troublé par le bruit des voitures dans la rue et celui plus ténu des engins forestiers plus éloignés, on aurait presque pu entendre le murmure de l’eau cheminant entre les galets polis. Tout aurait été parfait sans cette absence de vie animale et cette odeur de renfermé. »

« C’est à ce moment que je la vis. La feuille d’érable rouge sang, comme un avertissement brillant sous le soleil matinal. Un danger ou une interdiction. Elle semblait m’avoir suivie depuis la scierie pour se reposer sur le monticule, étalée devant moi. À travers le pare-brise du GMC, je distinguais sa découpe régulière, son limbe bordé de petites dents, son pétiole recourbé tel un dard de scorpion, ses nervures dont la couleur plus sombre me fit penser à des vaisseaux sanguins. Il émanait d’elle une sorte de vibration intermittente, régulière, qui la secouait à chaque fois que je posais les yeux sur elle. »

 

 

Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.

Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.

Sont respectivement sortis :
– Chez Prisma : Feuilles en 2015, le Syndrome Noah en 2016, Thérianthrope en 2018, L’île en 2019, Déviation en 2020 et Émersion en 2021.
– Chez Evidence : Neige, Whistlers, Horizons Funèbres et le Fétichiste.
– Chez Eaux Troubles : Diamants sur Macchabées (reprise d’un auto édité) et Vengeance sur Pellicule.
– En autoédition : Aaverhelyon, Diamants sur Macchabées 1° version et les 7.

En parallèle il développe les aventures de Don et de Luc Dassaut sous un autre nom, et travaille au scénario de plusieurs BD.

Fantastique

Le Royaume d’Esiah**

La Confrérie des morts
de Mélanie Gaujon
Broché – 1 décembre 2019
Éditions : France Loisirs

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Vingt-cinq années se sont écoulées depuis la bataille opposant le roi Lucifel à son frère. Le royaume d’Esiah vit désormais sous la tyrannie de Pyrrhos et seule lui résiste l’Edenrah, l’alliance des comtés attendant le retour de Lucifel. Dans le Royaume des Mortels, Almandin ignore tout de sa vie passée. Alors qu’une mystérieuse Confrérie menace l’équilibre entre les morts et les vivants, il va devoir faire un choix qui changera sa vie à jamais…

 

Couv_056_Gaujon Mélanie - Le Royaume d'Esiah ** La confrérie des morts.jpg

 

Quel plaisir de retrouver tous les héros du “Royaume d’Esiah” !
Almandin, Mehiel, Adel, Milo, Anjali, Pyrrhos et bien d’autres encore…

Vingt-cinq années se sont écoulées, depuis ma lecture du mot “fin” du tome précédent…
Milo, a grandi, ce n’est plus un enfant. Il est devenu un homme, un guerrier aguerri entraîné par Adel.
Almandin, lui, a payé le prix fort pour sa renaissance en tant que mortel… Il est aveugle ! Il fait de nombreux rêves étranges. Petit à petit certaines formes et couleurs lui apparaissent, des silhouettes tantôt rouges, tantôt bleues. Quand, un jour, des hommes venant de “l’enfer” se présentent à lui, et lui révèlent son rôle dans un conflit qui suit son cours dans un autre univers, depuis plus de vingt ans… tout lui revient soudain à l’esprit. Tout ? Surtout l’image d’une femme qui l’obsède ! Mehiel, SA PROPRE FEMME…
De retour dans “son” Royaume, Almandin va-t-il redevenir le roi qu’il était ?
Pourra-t-il stopper une fois pour toutes son frère dans sa quête du pouvoir absolu ?

Mélanie Gaujon, a su encore une fois me surprendre.
Si avec le tome 1, j’étais tombé de plein pied dans cet univers incroyable, avec ce second volet, plus pointu, plus précis aussi, Mélanie dresse ses “nouveaux” pions avec une technique imparable… Rien n’est laissé au hasard, et j’imagine très difficilement les heures qu’il lui a fallu pour “construire” ces/ses différents mondes.

Quelle est donc cette étrange “Confrérie des Morts” ?
Que cherche-t-elle à mettre en place ? Et pourquoi ?
En tant qu’humain, Almandin retrouvera-t-il sa mémoire ?

Arrivé à ce nouveau point de ma lecture, je ne peux que vous recommander ce livre entre univers merveilleux, entre les vivants et les morts, et moi-même n’ai de choix que de lire le troisième et dernier volet de cette saga hors du temps et hors des sentiers battus !

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Extraits :

« Une dizaine de gardes avaient été réunis en bas des escaliers de l’ancien palais du Roi, à Garak. Leur chef, Séraphin, muni d’un ruban rouge noué autour de son bras, achevait son discours.
Des guirlandes métalliques décoraient le pourtour de la grande place dédiée au défunt Roi Lucifel. Déjà, des centaines de Siahnnas s’étaient accroupis devant la statue du Roi allongée au-dessus de son cercueil. Elle le reproduisait à l’identique, de son visage à ses membres, de ses traits fins aux plis de ses vêtements ; aucun détail n’avait été omis. »

« Almandin se réveilla en sueur au milieu de la nuit. Un nouveau cauchemar, comme il en faisait depuis des années, un de ceux dont il se serait bien passé. Il percevait des visages dans ses rêves. Il voyait des personnes. Elles semblaient si réelles. Pourtant, il n’avait jamais pu distinguer l’image d’un homme. Né non-voyant, tout était noir pour lui. Enfin, presque tout. »

« Le portail s’ouvrit en plein cœur de la cité mère, près de l’ancien quartier réservé aux Arcantes. Anjali fut tout de suite attirée par la splendide tour blanche émergeant de la terre au milieu d’un amas de roches noires. L’un des plus beaux joyaux du royaume, sculpté dans la pierre de Garak, s’offrait à ses yeux émerveillés. Sortant à peine du vortex, Mésilande passa furtivement près de son visage et remonta vers le clocher où volaient d’autres Phœnix. Les oiseaux regonflaient leur plumage de feu en caressant de leurs ailes la voûte enflammée. »

« Papa,
Si tu ouvres cette lettre, c’est que je ne suis plus de ce monde. Je sais que tu t’y es préparé. Je l’ai senti lorsque tu es parti sans rien dire après mon union. Sache que rien n’est de ta faute. Tu as tout fait pour me sauver. Ce n’était pas à toi de faire le sacrifice de ta vie. Je te demanderai simplement de prendre soin de Mehiel et de Milo. Ils vont être seuls. Quelqu’un doit les protéger. »

 

 

Mélanie Gaujon, née en 1982, a reçu le prix de l’imaginaire aux éditions Nouvelles Plumes en 2018 avec son livre Le Royaume d’Esiah. Adepte de la photographie, de l’art et du voyage, elle détient un master en histoire. Après quelques années passées en gendarmerie, elle a intégré l’institut régional d’administration de Nantes avant de prendre un poste de gestionnaire dans un établissement scolaire de Seine-et-Marne. À présent, elle travaille dans une agence comptable du Val-de-Marne. Un parcours diversifié, ponctué de nombreuses rencontres qui lui ont donné l’envie d’écrire et de relever des défis.

Le Royaume d’Esiah* La stèle du destin
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/18/le-royaume-desiah/