Émotion, Drame, Polar, Thriller

Seul à savoir

de Patrick Bauwen
Poche – 1 février 2012
Éditions : Le Livre de Poche

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Il a suffi d’un message mystérieux sur Facebook pour que le passé de Marion resurgisse. Meurtres, coups de théâtre, faux-semblants et, au bout d’un jeu de piste infernal, la plus incroyable des révélations : le secret de Nathan Chess, l’homme que Marion n’a jamais pu oublier… Recherches médicales de pointe, argent sale, nouvelles technologies : une intrigue à couper le souffle, où s’entrelacent amour et suspense. Par l’auteur de L’OEil de Caine et de Monster.
À la façon des Américains Stephen King, Harlan Coben ou Robin Cook, Patrick Bauwen a le don de bâtir des histoires bien ficelées et pleines de rebondissements. Blaise de Chabalier, Le Figaro littéraire.

 

• Couv_2024-042_Bauwen Patrick - Seul à savoir

 

Je termine ce thriller à l’instant !

Installez-vous bien dans votre fauteuil (je conseille un fauteuil plutôt qu’une chaise…), un verre à portée de main (une citronnade ou une bière fraîche ne serait pas une mauvaise idée non plus, je vous fais confiance, de toute façon, je ne suis pas là pour vous fliquer !).
Parce que là, ça démarre en trombe et ça décoiffe !!!
Pas une seconde de répit, à vous couper le souffle, jusqu’au bout du récit.
Quel rythme, que de rebondissements…

Où est passé Nathan Chess ?
Mais qui est le “Troyen” ?
Un maître-chanteur, menaçant, imprévisible ? Que de mystères…
Marion n’a pas le choix. Ne pas lui obéir… c’est la mort assurée pour elle et ses proches.
Twitter, Facebook, Myspace, vous ne vous connecterez plus à tous ces réseaux de la même façon, après avoir lu ce livre.
Le genre de scénario que l’on risque de voir très vite au cinéma !

Un très très bon moment de lecture.
Une intrigue sur fond médicale très bien ficelée.
Décidément, Patrick ne cessera de me surprendre !

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Extraits :

« – Dis-moi que tu m’aimes.
– Bien sûr que je t’aime.
– Mieux que ça.
– D’accord.
Il a inspiré et l’a fixée droit dans les yeux.
– Marion Marsh, je vous aime… Tu es mon âme sœur. Et je ne te quitterai jamais… Jamais. »

« Il y a des moments où vous vous demandez pourquoi vous avez accepté ce boulot d’assistante, étant donné qu’il consiste essentiellement à vous faire crier dessus.
Sans doute parce qu’il paye votre loyer.
Et aussi parce que vous n’avez rien trouvé d’autre. »

« Claquements des talons sur le sol. Courants d’air chaud ou froid. Puis le quai, à l’odeur caoutchouteuse. Le métro s’est immobilisé dans un chuintement de portes. Ça sort, ça entre, on s’écrase sans pitié, comme s’il s’agissait d’embarquer sur un radeau de survie. Les gens manipulaient fébrilement leur portable, s’envoyant des messages de la plus haute importance. Certains lisaient. D’autres affichaient une mine sinistre, ou dormaient la tête contre la vitre. Aucun sourire. Aucune tentative de révolte contre cette immense comédie humaine. »

« Il y a des rituels de passage dans la vie. La perte de votre première dent. Le jour des premières règles. Votre premier baiser. La première fois que vous faites l’amour. Le premier mort que vous voyez aux urgences. Et chaque passage tue l’époque antérieure. Vous devenez different, vous franchissez une étape et une nouvelle ère s’ouvre. Vous prenez conscience du temps qui passe et de votre mortalité, de la fragilité des choses. De l’importance de capturer des instants tels qu’un lever de soleil au petit matin, un bon moment autour d’une table, un fou rire en compagnie de vos amis. »

 

Patrick Bauwen dirige un service d’urgences dans un hôpital de la région parisienne. Après avoir collaboré aux novélisations de la célèbre bande dessinée Lanfeust de Troy, il publie son premier thriller, L’Œil de Caine, qui reçoit le prix Carrefour du premier roman 2007 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2008. Patrick Bauwen est également l’auteur de Monster (prix Maison de la Presse 2009), de Seul à savoir (prix Littré 2011) et de la trilogie Le Jour du Chien (prix Polar Babelio 2017), La Nuit de l’ogre et L’Heure du diable.

Noir, Polar

ILS DOIVENT TOUS MOURIR

de Serge Bertrand
Broché – 18 mars 2024
Éditions : Les Presses du Midi

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Durant une nuit de novembre 2014, à Marseille, cinq policiers sont tués à l’hôtel de police, plus connu sous le nom de « l’Évêché » par les Marseillais.
Ange Magnifico, un détenu, a été libéré par un commando de quatre hommes.
Pourquoi toutes ces victimes ?
Qui sont ces hommes qui ont pris autant de risques ?
Qui dirige cette organisation criminelle ?
Le commissaire Patrick Blanchard, chargé de l’enquête, accompagné de son adjoint, le brigadier-chef Mélusine Merle, devra répondre à toutes ces questions et arrêter les assassins.
Un polar aux multiples rebondissements, mené tambour battant, va entraîner le lecteur dans plusieurs quartiers de Marseille.

 

• Couv_2024-034_Bertrand Serge - Ils doivent tous mourir

 

“Ils doivent tous mourir”, un vrai “tourne Pages” ! Et ça commence dès les premières pages…
Beaucoup d’actions, des rebondissements, des cadavres, en veux-tu en voilà, une trame addictive et très originale… Le tout maîtrisé par des mains de maître.

J’ai découvert les écrits de Serge Bertrand à travers ses deux autobiographies “Destination Rock” et ”Dans le feu du tempo”. Serge m’avait déjà embarqué dans son monde. Puis j’ai appris qu’il avait écrit un polar qui très vite est arrivé dans ma boîte aux lettres.

Serge a trouvé pour son nouveau récit un rythme soutenu et très agréable, avec des chapitres très courts et un petit texte, tantôt poème, tantôt traduction d’une chanson, parfois une simple réflexion ou le développement d’une idée, dans tous les cas, ayant toujours un rapport avec le chapitre lu. Et là, j’y ai vu la volonté de Serge, son envie de marquer le coup. Personnellement, je valide !

Tous les personnages, les bons comme les mauvais sont charismatiques, et superbement bien décrits et ce ne sont pas toutes les explosions durant tout le récit qui me contrediront ! 😂

Je vais tacher de rester sérieux, Le livre le mérite.

Nous sommes à Marseille.
Patrick Blanchard, responsable de l’enquête et son adjointe, le brigadier-chef Mélusine Merle vont se retrouver confrontés à un véritable tourbillon de folie du jour au lendemain, depuis l’enlèvement d’Ange Magnifico, à l’hôtel de police. Meurtres en série, organisation parfaite, le tout en quelques minutes seulement. C’est une équipe de professionnel terriblement bien organisée. Pas d’empreintes, aucun élément valable pour les forces de police qui ont fort à faire avec des adversaires aussi redoutables. Plusieurs équipes vont s’associer malgré les risques qu’ils encourent et des méthodes parfois pas très orthodoxes.
Nombreux morts, enlèvements, tortures, impossible pour moi de repousser ma lecture à plus tard… Je l’ai lu d’une traite !

Je ne dirai rien de plus, trop peur d’en dire trop…
Enfin si, une dernière chose…
Vous voulez lire un très bon polar, passer un excellent moment de lecture, foncez vite chez votre libraire préféré. Je suis sûr qu’après l’avoir lu, vous ferez comme moi, vous le conseillerez partout, autour de vous !

Bravo Serge, une nouvelle fois, tu es arrivé à me surprendre, et pour moi, à entrer dans le monde du polar directement par la grande porte !

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Extraits :
« Lorsqu’il se tourne pour fermer la porte, il reçoit un coup de matraque derrière la tête et s’effondre sur le parquet. Aussitôt, les hommes du commando le ligotent, le bâillonnent et le mettent dans un grand étui en nylon noir avec des poignées. »

« Devant une telle organisation mafieuse, un tel guet-apens, les policiers en danger ont dû battre en retraite. Sur ce coup, les effectifs et les moyens n’étaient pas à la hauteur de la situation. Le trafic génère une économie souterraine vertigineuse qui fait vivre des milliers de personnes, aussi chacun à son niveau défend farouchement sa place dans le trafic. Tu vois, Patrick, les choses se passent comme ça dans les quartiers nord. Il faut faire semblant de combattre le trafic par rapport à l’opinion publique et sauver à tout prix les apparences. Mais c’est une guerre perdue d’avance, les policiers restent seuls au front, abandonnés par les juges. Un énorme fossé s’est creusé entre la police et la justice. Notre société vole en éclats, tout le monde s’en fout. Le pouvoir politique reste inactif et la justice laxiste. »

« Mais, le pire, c’est qu’il n’est pas mort de ses blessures au couteau. Il a subi un supplice abominable, ses bourreaux l’ont posé sur un pieu planté dans le sol. Enfoncé dans son anus. Sous l’effet de la gravité, tous ses organes ont été transpercés, le pal est ressorti par le cou. Hémorragie interne, agonie extrême, son visage horrifié l’atteste. »

« – Mélusine, tu mets le feu à mon corps.
Tu déshabilles mon âme
Une flamme est née à ton contact
Et ne cesse de croître
Tu donnes un sens à ma vie.
Avec toi, je n’ai plus peur de la nuit.
Avec toi, je me sens fort
Tu es l’oasis dans mon désert
Tu es la source qui me désaltère
Tu es la sortie de mon labyrinthe
Dans lequel je m’étais perdu
Tu m’as guéri de mes blessures.
Tu m’as libéré de mes angoisses
Il y a des certitudes qui s’imposent
Et aujourd’hui pour toutes ces raisons
Je te dis :
Je t’aime. »

 

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires, Serge Bertrand trouve de la motivation pour écrire son premier livre. Destination Rock propose un voyage à Marseille sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/07/destination-rock/

Puis il donne suite aux aventures de Paul avec Dans le feu du Tempo – Un itinéraire d’Amour. Il embarque le lecteur dans un voyage palpitant, empli de rebondissements dans le milieu du rock marseillais. Pour lui, le rock est une façon de vivre et de penser.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/08/dans-le-feu-du-tempo/

Émotion, Drame, Folie, Frisson horreur, Polar, Thriller psychologique

Meurtre au scalpel

de Jean-Pierre Levain
Broché – 2 avril 2024
Éditions : Des livres et du rêve

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Et si, pour une fois, le chasseur devenait la proie ?
Un prédateur sexuel se délecte des sévices qu’il va pouvoir infliger à cette femme sublime rencontrée dans un bar. Mais par un malheureux retournement de situation, il se retrouve entravé à son propre lit avant d’être émasculé puis égorgé.

Fred Brazier et son équipe sont de retour dans cette nouvelle enquête aux multiples rebondissements. Pour résoudre l’affaire, ils devront remonter le cours du temps et démasquer une bande de notables accomplis.

Une investigation en col blanc où se mêlent arnaques financières, jeux de pouvoirs, sadisme et meurtres en série.

 

• Couv_2024-032_Levain Jean-Pierre - Meurtre au scalpel

 

Époustouflant !

Jean-Pierre Levain n’y va pas par quatre chemins. J’avoue avoir au début de ma lecture été un peu décontenancé, et je ne sais pas pourquoi !
J’ai déjà lu des livres plus durs et plus violents, mais je crois tout simplement que je ne m’y attendais pas. Et pour le coup, j’ai été servi, et j’ai même malgré le sujet sombre et difficile, souris plusieurs fois tellement l’audace de l’auteur m’a épatée.

Meurtre au scalpel est un livre qui va fouiller dans la noirceur des hommes les plus vils, les plus retords, qui se retrouvent, comme c’est étrange, régulièrement tout en haut de la “chaîne alimentaire”.
Des avocats, des médecins, des hommes ayant pignon sur rue… Ils se retrouvent quelques jours, tous les ans chez l’un d’eux, dans une maison isolée en bordure d’une forêt. Et là, tout est autorisé (n’essayez même pas de deviner…), jusqu’à une chasse finale où ne seront utilisés que des arcs et des flèches pour finir en beauté. Vous aurez intérêt à vous accrocher, Jean-Pierre n’est pas un petit joueur, loin de là. Pas de temps mort, les chapitres défilent et s’intercroisent à une vitesse folle, une plume incisive et sombre qui pointe sans détour, des agressions physiques, agressions morales, une sexualité extrême où la perversion de ces hommes ne recule devant rien. J’ai ressenti du dégoût et de la haine essayant parfois de me mettre à la place des victimes.

Dans ce récit à plusieurs niveaux, le commandant du SRPJ de Lyon, Fred Brazier aidé de son adjointe, le lieutenant Gaëlle Lebras n’ont pas fini de retrousser leur manche pour aller au bout de cette enquête. Ils forment un duo parfait, mais c’est sans compter les nombreux rebondissements, les complexes revirements qui vont les perdre à de nombreuses reprises.

Pour moi, la construction de l’intrigue est parfaite. Rien ne nous sera épargné, la vengeance tient le rôle principal, et personnellement dans certains cas, je valide !

Je découvre Jean-Pierre avec ce roman. C’est son quatrième. J’ai été conquis, et je suis bien obligé de reconnaître que je suis très curieux de lire les autres…
Pour tous les amateurs du genre, et plus encore !

Un très grand MERCI à Angie des éditions Des Livres et du rêve pour sa confiance, et aussi de m’avoir permis de réaliser cette couverture…

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Extraits :
« Il aimait l’amour vache, rien à voir avec la romance. Celui qui faisait mal et laissait des traces sur le corps. Essentiellement celui des femmes qu’il prenait plaisir à martyriser pour mieux les asservir. Tous les moyens étaient bons pour arriver à ses fins y compris la pharmacopée. La motarde n’en savait rien. Elle le découvrirait bien assez tôt, à ses dépens. »

« La femme s’éloigna, puis, par un accès de mansuétude, revint sur ses pas. Elle saisit la tête du fumier par les cheveux. Il pleurnichait dans son mauvais trip. Elle lui ouvrit la gorge d’une oreille à l’autre. Point final !
En bonne ménagère, elle ramassa le pénis qui traînait par terre, se rendit dans la salle de bains et le balança dans la poubelle. »

« Elle utilisait ce terme en son sens générique et l’avait dit tout de go lors de sa prise de fonction : “Je suis profondément féministe et œuvrerai à défendre la place des femmes dans la police. Les pratiques sont, à mes yeux, plus importantes que les mots qui les qualifient. Ne comptez donc pas sur moi pour utiliser des formules ridicules pour féminiser mes propos. Quand je dis mes hommes, voyez-y un signe d’égalité entre les sexes qui a la même valeur de neutralité que le terme de flic. Pas question de parler de fliques au féminin ; encore moins de fliquettes comme je l’ai entendu dans la bouche de certains qui feraient bien d’y réfléchir à deux fois avant de réitérer pareilles âneries.” »

« Elle devait avoir approximativement l’âge d’Hélène au moment de sa disparition. Elena se rendit compte qu’il la fixait. Sa réaction le stupéfia.
– Toi aussi, tu voudras coucher avec moi ?
Désarçonné, il lui fallut quelques secondes avant de répondre.
– Bien sûr que non ! Jamais je ne te ferai le moindre mal. Tu peux me faire confiance. Tu es ici en sécurité. La porte de la maison sera toujours ouverte. Tu peux t’en aller quand tu veux. J’espère seulement que tu resteras le temps de te rétablir. Excuse-moi si je t’ai mise mal à l’aise.
– C’est parce que tu me regardais comme les autres.
– J’ai cru que…
– Tu ressembles à ma fille. Crois-moi, c’était la seule raison. Maintenant, repose-toi, il vaut mieux que je te laisse… »

 

Jean-Pierre Levain est Docteur en psychologie.

Il a été chercheur à l’Institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques et maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Franche-Comté.

Aujourd’hui à la retraite, il s’est reconverti dans l’écriture de romans policiers. Le premier s’intitule Les femmes ne plaisantent pas avec l’amour (2020).

Facebook
https://www.facebook.com/JPLevain/

Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

L’Ombre du Prédateur

de Gérard Saryan
Broché – 14 mars 2024
Éditions : Taurnada Éditions

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Lorsqu’un adolescent est découvert crucifié sur une plateforme au milieu du lac de Lambecq, les villageois sont consternés. Qui a pu commettre un acte aussi odieux ?
La même nuit, la soeur de la victime disparaît. A-t-elle été enlevée par l’assassin de son frère ?
La capitaine de police Agnès Demare est envoyée sur place afin de prêter main-forte aux gendarmes. Ses faits et gestes sont relayés sur les réseaux sociaux par Jade, une célèbre influenceuse lilloise.
Pour ces deux femmes que tout oppose, une enquête tentaculaire commence.
La soif de vérité emporte Agnès et Jade dans un tourbillon où la proie n’est pas toujours celle que l’on croit. Méfiez-vous, la toile diabolique de Gérard Saryan va encore vous prendre au piège !

 

• Couv_2024-019_Saryan Gérard - L'Ombre du Prédateur

 

Avant toutes choses, je tenais vraiment à remercier Joël, des éditions Taurnada pour sa confiance régulièrement renouvelée !
L’Ombre du Prédateur, est la suite de Sur un arbre perché.
Il peut se lire seul, mais ne serait-ce que pour découvrir la très belle plume de Gérard, ce serait dommage de le manquer.
Afin de donner envie aux jeunes de s’engager, et mettre en avant la gendarmerie, la capitaine Agnès Demare est envoyée à Lambecq, dans l’Indre, avec une influenceuse, Jade, spécialiste des réseaux sociaux, suite à la découverte du corps d’un jeune homme de 19 ans crucifié sur une plateforme au milieu d’un lac, afin de coopérer avec les gendarmes.
Le jeune homme, venait de disparaître, ainsi que sa jeune sœur Betty, toujours portée disparue. Les gendarmes pensent qu’elle s’est sauvée après le massacre de son frère.
Mais une seconde intrigue vient interférer l’enquête en cours. Un tueur en série, “La Demoiselle”, arrêté par Agnès et un de ses collègues quelques années plus tôt a perdu la mémoire suite à une tentative de suicide où il restera plusieurs années dans le coma.
Commence alors une enquête mystérieuse, où les deux intrigues vont se croiser !
Gérard, comme dans son premier opus, nous propose un récit très réaliste, avec une écriture directe et incisive. Il nous entraîne entre passé et présent, par le biais de chapitres courts et attractifs. C’est sombre, dérangeant parfois, mais le rythme est tellement soutenu, que j’étais happé par ses mots !
Durant toute ma lecture, j’ai essayé de trouver la chute, mais en vain. Chaque chapitre amenait de nouveaux éléments qui bousculaient mes idées premières.
Et puis, arrive une autre petite fille enlevée, depuis plusieurs et jamais retrouvée ! Maeva Laffont. Nouvelles recherches, nouvelles preuves et tout est à reprendre depuis le début…
Avec ses deux romans Gérard, entre pour moi de plein pied, dans le monde du polar, mais pas que…
Il maîtrise parfaitement les ambiances sombres et menaçantes.
Avec un final “éblouissant”, et malgré tout d’une grande simplicité, je vous recommande vivement ce livre alternant entre tension, tristesse, angoisse et… soulagement ?
Faites-vous votre propre opinion, afin de comprendre pourquoi toutes ces disparitions et ces meurtres qui s’enchaînent !
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Extraits :
« Jugeant qu’elle était assez éloignée, elle se mit à courir dans l’obscurité de cette forêt. Maëva Laffont, 6 ans, fuyait aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes. Par deux fois, elle faillit tomber, mais récupéra in extremis son équilibre en s’appuyant contre des branches à sa portée. Au loin, elle entendit le loup se lancer à l’assaut de sa proie. Avec rage.
Soudain, d’autres bruissements.
Maëva les devinait. Chacune de ses foulées était étouffée par une autre, plus énergique, plus prononcée, et plus rapide aussi. Paniquée, affolée, elle sentit des larmes couler le long de ses joues. La collision était imminente et la terreur se jouait d’elle. »
« “C’est pas possible ! C’est pas possible !”
C’est pas possible !
La phrase tournait en boucle dans son esprit. Yann Vairelles était en passe de perdre pied. Sa détresse absolue ressemblait à celle d’un homme face à l’inimaginable. Il plongea dans l’eau glacée, ignorant le choc thermique et les quelques mètres encore à parcourir, accompagnant chaque mouvement de bras d’un cri strident.
Transi de froid, il posa enfin une main sur le plan-cher. Une forte odeur métallique lui donna envie de vomir. Des dizaines d’oiseaux affamés étaient agglutinés sur… un cadavre. »
« Face à elle, la beauté à ciel ouvert. Recouvert de cette brume du matin qui s’étalait tel un manteau neigeux, le paysage s’ouvrait devant ses yeux et ressemblait à une calanque. Elle retira son téléphone portable de son brassard afin d’immortaliser l’instant. La qualification “d’écrin de verdure” que l’on attribuait à Lambecq prenait ici tout son sens. Ensoleillé, nul doute que le lieu devenait l’un de ces merveilleux endroits que seule la nature pouvait offrir. »
Féru de musique, coureur invétéré, Gérard Saryan puise ses sources d’inspiration dans ses nombreux voyages et dans une enfance solitaire et introspective. Observateur averti, il est passé maitre dans l’art du thriller psychologique où l’imagination laisse place à nos pires angoisses.
Son précédent roman Sur un arbre perché a reçu en 2023 le Prix des lecteurs “Gouttes de Sang d’Encre”, et le Prix Noires Sœurs.
Sur un arbre perché
Noir, Polar, Psychologie, Suspense, Thriller

Je ne me souviens plus très bien…

de Yannick Provost
Broché – 8 septembre 2023
Éditions : Éditions Lajouanie

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Sur une aire de repos, un homme se réveille dans une Mercedes, criblée d’impacts de balles, sans le moindre souvenir… À la radio, on ne parle que d’un braquage récent particulièrement violent. L’amnésique est-il l’un des truands que la police recherche ou une victime collatérale ? Sa quête pour retrouver son identité va bousculer le quotidien d’un bourg de Normandie en pleine révolte sociale.

Un roman noir rural aussi dépaysant que surprenant, par l’auteur d’Il ne rentre pas ce soir… et de Tu joues, tu meurs ! La Normandie comme vous l’avez rarement lue !

 

• Couv_2024-002_Provost Yannick - Je ne me souviens plus très bien…

 

J’ai eu l’énorme plaisir de revoir Yannick Provost fin novembre à Polar’Osny !
Que le temps passe vite, cela faisait déjà près de cinq ans que nous ne nous étions pas croisés. J’étais par ailleurs passer à coté de ses deux premières parutions, mais cette fois-là pas question !

Très vite, son roman particulièrement noir et violent m’a embarqué dans la tête de celui qui ne sait plus qui il est. Notre héros est amnésique. Il cherche par tous les moyens de se retrouver. C’est une traque plus qu’une enquête qu’il décide de mener. Une traque où la peur n’est jamais loin, car à son réveil, il y avait du sang partout dans une Mercedes qu’il ne connaît pas, avec une arme de poing posé à ses côtés… Est-il un meurtrier, un criminel ? Dans le petit village où il se trouve en Normandie, dernièrement il y a eu un braquage terriblement sanglant.

Yannick a essayé de nous perdre avec des personnages particulièrement haut en couleur, de nombreux paysans, des agriculteurs, des vaches bien sûr, des tueurs polonais, là, c’est moins courant, mais tout s’imbrique particulièrement bien.
Il est fort ce Yannick !
C’est captivant et sans temps morts. Je serai incapable de vous dire combien il y a d’histoires dans son récit, une chose est sûre, vous n’êtes pas prêt de vous ennuyer.

Et pourquoi tous ces titres à chaque chapitre ?
Un mot. Un seul. Un verbe à l’infinitif, repris dès le début du chapitre dans la première phrase ! Un mot qui à chaque fois m’a pris la tête, me demandant le pourquoi, le lien ?

J’ai lu le roman entre lâcher-prise et tension extrême.

D’ailleurs, qui est cette jeune femme rousse qui va entrer dans la destinée de notre héros !

Un récit gigogne sous forme de tourne-pages, sans un instant de repos, adressé à tous ceux qui n’ont pas froid aux yeux et ont l’estomac accroché.
Je valide !!!

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Extraits :

« La jeune femme se composait d’un mètre soixante-six d’insouciance et de gaîté. Un fantasme celte perdu à la frontière de la forêt d’Écouves avec des yeux gourmands et verts, une tignasse rebelle de cheveux roux et une paire de seins ensorcelants. Derrière son comptoir, elle rêvait de flirts et d’évasions parisiennes, en carbonisant le moindre mâle gravitant aux alentours. »

« – Arrête ! Pardon. Je suis désolé. Ne fais pas ça.
– Arrêter ? Non, mais tu rigoles. Tu as arrêté toi quand tu m’as pénétrée ? Je t’ai supplié. J’ai hurlé.
Après, tu as filé comme le porc que tu es. Tu t’es barré faire le beau.
– Faire le beau ? Qu’est-ce que tu crois ? Je suis soldat. Mon métier, c’est la guerre. Et en ce moment, c’est loin, à l’Est.
– Et pas une seconde, le petit soldat que tu es, n’a pensé à revenir élever sa gamine ? »

« – Tu étais fier quand j’avais ton ventre contre moi. Regarde-toi, tu n’es plus rien. Rien qu’un amas de viande. Et cette viande ne mérite aucune pitié.
Prise de frénésie, elle ne s’aperçut de rien quand l’homme cessa de l’insulter. La folie avait gagné Sybille. Elle ne voyait plus le géniteur de sa fille, mais un boucher à punir. Chaque coup la libérerait d’un poids. À chaque impact, la lourde pince labourait ce corps qui l’avait souillé. Elle s’attaqua au visage de son violeur qui ne ressemblait plus à rien. »

« Bordel ! C’est quoi mon nom ? Comment je m’appelle ? beugla-t-il.
Un vertige absolu. Il frappa son front contre le volant avec pour résultat un nouveau signal à l’orchestre qui recommença à jouer. Une sérénade pour trolls frappant l’enclume qui lui servait de cerveau. Putain de mal de crâne. Soudain, il gravit un échelon sur l’échelle de l’effroi : Mais qu’est-ce que je fous là ?
Il n’avait plus aucun souvenir. Ni nom, ni adresse, ni proche. Il était dans une voiture sur un parking enneigé. D’ailleurs était-ce la sienne ? Il examina la boîte à gant. Rien. Aucun papier, ni dans l’habitacle ni sur lui. Rien que les clés sur le contact et un bonnet. Il l’enfila. Au moins, l’air gelé ne lui lécherait plus le crâne. Il fixa le rétroviseur. Ce visage était le sien. Ses doigts parcouraient ses pommettes, l’arête de son nez, sa mâchoire. Le contact physique. L’index et le pouce. Palpable. Il ne rêvait pas. T’es qui mec ? Putain, je suis qui ? Sa barbe devait avoir deux jours. Sa tempe portait un hématome. OK ! Au moins je sais d’où vient mon mal de crâne.
Il mit le contact. Le moteur démarra. »

 

Né pour voir Niel Armstrong poser le pied sur la lune et écouter Abbey Road, amateur de romans noirs et de musique et de whiskys, Yannick Provost aime partager ses penchants à travers ses écrits. Voyageur passionné, il oscille entre la région parisienne et la Sarthe. À ce jour, Yannick Provost est l’auteur de 3 romans parus aux éditions Lajouanie :
Tu joues tu meurs ! (2021),
Il ne rentre pas ce soir… (2022) et
Je ne me souviens plus très bien… (2023).

Yannick Provost est d’une génération pré-chatGPT, pour qui le papier est essentiel. Il a plongé dans la littérature noire pour y trouver des sources de réflexions mais aussi de plaisir. « Le roman noir, qu’il se fasse polar illustrant les revers et les maux de notre société, ou qu’il se fasse thriller filtrant la vision de notre présent, voire de notre futur, recueille nos travers et nos craintes en filigrane. »

Drame, Noir, Polar, Thriller

Mort sur le Tage

de Pedro Garcia rosado
Broché – 5 octobre 2017
Éditions : Chandeigne Éditions

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Dans ce roman noir où la ville de Lisbonne est un personnage à part entière, Pedro Garcia Rosado dresse un portrait au vitriol de la société lisboète où défilent la jet-set des beaux-quartiers et des environs chics avec son ancien capitaine d’industrie et ses deux rejetons tout puissants, des fonctionnaires municipaux corrompus et des policiers véreux (ou pas), des immigrés russes et des prostituées et, surgi des sous-sols inexplorés de la ville aux remugles fétides, un bien étrange être humain…

Dans ce roman noir où la ville de Lisbonne est un personnage à part entière, Pedro Garcia Rosado dresse un portrait au vitriol de la société lisboète où défilent la jet-set des beaux-quartiers et des environs chics avec son ancien capitaine d’industrie et ses deux rejetons tout puissants, des fonctionnaires municipaux corrompus et des policiers véreux (ou pas), des immigrés russes et des prostituées et, surgi des sous-sols inexplorés de la ville aux remugles fétides, un bien étrange être humain…

 

• Couv_2023-128_Garcia Rosado Pedro - Mort sur le Tage

 

Une histoire d’hommes, une histoire de meurtres, une histoire particulièrement violente…
Dans ce pays, assez peu connu pour ces meurtres, ce sont les hommes qui commandent. Les femmes se taisent et baissent leurs yeux, et les rares qui arrivent à s’affranchir dans ce roman, sont des actrices dans des films pornographiques ou des prostituées.

C’est la première fois que je lis un Polar se déroulant au Portugal. Plus qu’un polar, c’est même un thriller, je dois le reconnaître assez angoissant. Cela faisait plusieurs années que ce livre m’appelait régulièrement. Mais, j’en avais toujours un autre “plus urgent” à lire. La semaine dernière il est tombé tout seul de ma bibliothèque !
Un signe ?
C’est la seconde fois que cela m’arrive en moins de deux ans. Je vais finir par me poser des questions.

Dans ce livre l’un des personnages principaaux, si ce n’est le plus important, c’est la ville de Lisbonne avec son fleuve, le Tage. Mais c’est aussi l’âme du Portugal, avec la corruption de certaines grandes familles, les nombreux souterrains de la ville, qui datent d’un terrible tremblement de terre à Lisbonne en 1755. Mais là où l’auteur m’a véritablement surpris, c’est de faire intervenir la mafia russe dans son récit. C’est sombre, c’est noir et glauque. Les actions se déroulent souvent la nuit dans des coins perdus et isolés. La présence d’un SDF aussi à une réelle importance, on ne sait pas qui il est. Il vit seul dans une grotte souterraine qui se trouve le long du Tage. On ne connaîtra jamais son nom…
Lui, se fait appeler le Diable. Et si c’était vraiment lui ?

Une jeune fille Irina a disparu un soir sans laisser aucune trace. Une ombre plane aux alentours, une ombre qui l’emmène avec elle, dans un monde noir et perdu…
Sa disparition inquiète sa famille. Son fiancé Evgueni, ainsi que son frère, un ex-agent du KGB, Oulianov, et puisque que la police, en partie corrompue, ne fait pas son travail, après avoir trouvé des traces de sang sur la berge du Tage, Oulianov décide d’enquêter… Seul.
Au fur et à mesure des recherches effectuées, Oulianov va tomber sur les activités diverses et illicites de sa sœur. Petit à petit, se mettra en place “une vérité” qui va gêner et provoquer d’autres morts et une nouvelle vague de violence…

Des immigrés russes à Lisbonne, une misère omniprésente, pendant que chez les riches familles locales et pour les « fils à papa », la vie est un jeu où chacun se sert comme il veut.
Corruption, trafics en tout genre, violence et abus de pouvoir. Pedro Garcia Rosado s’en donne à cœur joie. Tous les personnages quels qu’ils soient avec leurs forces et leurs faiblesses sont parfaits dans leurs rôles.

Une ambiance lourde et mystérieuse plane autour de cette histoire et de ces personnages, accrue par la présence fantomatique de cette ombre qui rôde…

Pedro Garcia Rosado nous raconte ici une histoire surprenante sur une ville que je croyais connaître. J’ai mis plus de temps de d’habitude pour lire Mort sur le Tage.
Je ne l’ai que mieux apprécié…

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Extraits :

« Lourenço se regarde dans la glace et n’aime pas ce qu’il voit : un homme de petite taille, plus gonflé qu’obèse, pas vraiment blond, avec l’air d’un enfant pris en train de faire une bêtise. Qu’est-ce qu’on fait quand on a tué quelqu’un ? C’est la première fois : et donc, il ne sait que faire. »

« Un mort non identifié n’est pas chose étrange ni peu courante. Ils sont nombreux les morts et les mortes qui entrent à la Morgue de Lisbonne et qui y reste avec quelques notes circonstanciées en annexe, dans l’attente d’un meilleur sort, quand rien ne peut les identifier, quand personne ne les recherche ou quand on pense que l’identification n’en vaut pas la peine.
Ils restent entreposés là au cas où se présenterait une demande subite d’organes encore utilisables ou bien, lorsque les installations sont surpeuplées, ils sont évacués, sans que personne ne sache ni ne veuille savoir vers quelle destination. »

« – Comment tu sais tout ça, Oulianov ?
– J’étais flic, j’ai fait ce que font les flics : j’ai fait une enquête, inspecteur Moura.
« Je me serais bien passé d’entendre ça », se dit Moura.
Il se lève, les photos à la main et regarde Oulianov.
– Je vais chercher à savoir qui sont les trois hommes de la photo, dit-il. Tu m’attends, mais dans une autre pièce.
Oulianov se lève, sans rien dire, inquiet. Il a échappé à un piège, mais il a pu tomber dans un autre.
Moura l’a toujours traité avec respect, mais il est flic et obéit à qui commande. »

 

Pedro Garcia Rosado est un germaniste, écrivain, journaliste et traducteur portugais.

Il est diplômé à la Faculté des arts de l’Université de Lisbonne.

Il est l’auteur d’une dizaine de romans policiers dont les thèmes sont souvent inspirés des grandes affaires qui rythment l’actualité portugaise.

Facebook : https://www.facebook.com/pedro.garciarosado.3

Drame, Noir, Polar, Thriller

Un Dossier explosif

de Anne-Marie Bougret
Broché – 19 juin 2022
Éditions : Auto-édité

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Attachez votre ceinture ! Cette histoire démarre au quart de tour et vous entraîne de rebondissement en rebondissement dans une traque parfois terrifiante.

Un mari qui ne rentre pas chez lui, son associé suspecté de puiser dans la caisse. Deux événements qui, d’un instant à l’autre, vont faire basculer la vie de Vanessa Stephen dans l’horreur.
Une histoire palpitante où rien n’est jamais acquis, pas même la réalité, mêlant finance et écologie.

Un Dossier explosif vous embarque dans une course-poursuite mouvementée de New York à Finger Lakes en passant par le Massachusetts, une spirale infernale due à un suspense haletant et une intrigue parfaitement ficelée.

Le préquel, L’invitation, est de préférence à découvrir avant ce thriller, même si les deux peuvent se lire indépendamment.

Retournements de situations incroyables, sublimés par une plume percutante, vous empêcheront de fermer ce livre avant le dénouement.

 

• Couv_2023-123_Bougret Anne-Marie - Un dossier explosif.jpg

 

Lors de ma lecture de “L’Invitation”, je sentais bien qu’Anne-Marie Bougret nous cachait quelque chose… Je ne m’étais pas trompé !
Là où elle m’avait envoûté par un univers mystérieux et érotique, dans “Un dossier explosif”, elle excelle.
Je l’ai lu d’une traite, impossible de m’arrêter, ses courts chapitres m’incitaient à aller toujours plus loin. Pas un moment de répit (ou très peu, et tout en douceur… Miaou…), un très bon suspense jusqu’à la dernière ligne, qui je l’espère bien, ne sera pas la dernière !

Je défie quiconque de ne pas s’attacher à Vanessa, à sa petite fille et à tous ceux qui vont lutter, avec elle contre un pouvoir menaçant qui s’étend. Un pouvoir invisible mais pourtant déjà très présent dans le monde. Magouilles, malversations, désastres écologiques, croisons tous les doigts bien forts pour qu’elle arrive à s’en sortir, et à diffuser la vérité. Désormais, un ennemi non identifié est à sa poursuite…

Avant de commencer votre lecture, je vous conseille de prendre une grande inspiration. Je vous le dis, c’est presque en apnée que vous vous dirigerez jusqu’au point final.
Une tension qui monte, qui monte, et qui ne redescend jamais. Anne-Marie, maîtrise son univers et elle en joue, elle nous offre un vrai tourne-page*.

* Mot français que nous avons décidé d’utiliser dorénavant pour lutter contre les anglicismes de plus en plus fréquents en France (Olivier Norek, Jean-Pierre Tartare et moi-même).

Beaucoup de sensibilité, de l’émotion et multiples rebondissements, Anne-Marie Bougret, une autrice à suivre…

 

Extraits :

« John ferme les yeux pour évacuer ces visions d’horreur et tenter d’éclaircir ses idées, puis il enfouit son visage dans la chevelure de Vanessa, dont la couleur dorée ressemble à un champ de blé en plein été. Elle vient de se tourner sur le côté en chien de fusil. Il se colle un peu plus contre le corps de son épouse et passe son bras libre autour d’elle. Alors que quelques minutes auparavant, sa femme se faisait poignarder par ce malade, il la sent bien vivante contre lui avec sa peau chaude, ferme et veloutée ; ses formes rebondies au bon endroit, lui font depuis toujours un effet dingue. »

« En regardant Brandon se diriger vers la cuisine, suivi de Stessie, elle se demande soudain jusqu’à quel point la mort de John pourrait arranger son ami. Certes, depuis le début, elle sait qu’il est amoureux d’elle, mais heureusement, il n’a jamais osé lui déclarer sa flamme. »

« Elle roule, mais ne sait pas quelle direction choisir. Et si elle appelait le policier ? Il viendrait à son secours et tout ce cauchemar prendrait fin. Elle regarde dans son rétroviseur pour s’assurer que personne ne la suit et que sa fille s’est bien endormie. »


« De grosses larmes lui brouillent le regard. Elle est en train de s’essuyer les yeux avec un mouchoir qu’elle a trouvé dans son sac à main, lorsqu’un homme se dirige vers la voiture. La jeune femme s’accroupit à l’endroit où l’on place normalement ses jambes. Elle se recouvre avec le plaid en espérant que le bonhomme ne l’ait pas remarquée. Elle suspend son souffle. Le bruit de pas se rapproche. Puis, plus rien. Elle se redresse un peu, soulève légèrement la couverture pour voir ce qui se passe et sourit intérieurement lorsqu’elle aperçoit l’homme en train de promener son petit yorkshire »

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Anne-Marie Bougret est une ex-danseuse et une romancière.

Passionnée de danse, elle a suivi une formation à l’Institut d’Art Chorégraphique (IPAC) de Paris. Elle a ouvert son école de danse à Bourgoin-Jallieu qu’elle a dirigée pendant 22 ans. Suite à des immobilités forcées, conséquence de son métier de danseuse, elle s’est mise à lire beaucoup et à écrire.

Elle écrit aussi depuis plusieurs années et c’est en 2019 qu’elle a expérimenté l’auto-édition en publiant son premier roman, Intrigue chez Virginia Woolf.

Petite, elle se réfugiait dans ses rêves, aujourd’hui, elle imagine des histoires qui font rêver les autres.

De caractère indépendant, elle a trouvé dans l’auto-édition la liberté d’aborder divers genres littéraires et d’écrire les histoires qui lui plaisent. Passionnée par les comportements humains, elle écrit des romans qui traitent de sujets de société, parfois tabous, mais toujours avec empathie et bienveillance.

L’invitation : https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/22/linvitation/

Accro au thé vert au jasmin, il est un compagnon indispensable à ses sessions d’écriture.

Retrouvez-là sur son site : annemariebougret.fr
Suivez son actualité sur : https://www.facebook.com/annemarie.bougret/
et sur Instagram : https://www.instagram.com/anne.marie.bougret.autrice/

N’hésitez pas à la contacter !

Drame, Polar, Suspense

VICES

Épisode 01 : Trois Petits Singes
de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

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« J’ai alors vu la bouteille de White Spirit sur le sol et les allumettes éparpillées. Puis ma fille sur le sofa, la bouche grande ouverte, l’intérieur entièrement brûlé. (…) Elle avait laissé un mot : j’ai froid à l’intérieur »

La ville. Ses quartiers mal famés, ses odeurs étrangères, ses peuples déracinés… Pas facile de s’en accommoder quand on a grandi dans un village paisible et que l’on s’est construite à travers les films de justiciers. Voilà 6 mois que Marie a intégré la BJV, une brigade spécialisée dans la prise en charge des jeunes victimes, et elle a bien du mal à se faire accepter. La pendaison de Lucie, une lycéenne apparemment sans problème, lui donne l’opportunité de prouver qu’elle mérite sa place au sein de l’équipe. C’est sans compter la malveillance de certains collègues bien décidés à se débarrasser d’elle. Marie sera-t-elle suffisamment armée pour affronter la cruelle réalité alors qu’un lourd secret la handicape ?

VICES est une série littéraire de 8 « épisodes » dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

 

• Couv_2023-120_Paladini Gipsy - Vices_01

 

Première enquête pour Marie Lafontaine.

La victime est se nomme Amélie, elle avait quinze ans et a été retrouvée pendue dans sa chambre. Des marques étranges sur ses bras font douter la policière. Elle ne croit pas au suicide de la jeune fille. Commence alors une enquête qui la mène au collège-lycée privé où était scolarisée Amélie. L’atmosphère de l’établissement scolaire particulier, lui donne une idée de ce qui a pu arriver. Elle y fait la connaissance d’Enzo qui veut absolument lui donner un coup de main. Pourquoi ? Alors que tous les autres élèves semblent plutôt heureux du décès d’Amélie qui, comme ils le disent tous, n’avait rien à faire dans “leur” lycée !

C’est le premier roman de Gipsy Paladini que je lis, j’ai bien aimé sa façon d’écrire. Elle oblige le lecteur à visualiser les scènes et actions du roman. Il n’y a pas ou très peu de descriptions, nous sommes donc obligés de nous créer les lieux, les personnages…
L’intrigue est simple, bien menée, mais j’ai trouvé le dénouement particulièrement inattendu ! Gipsy aborde le harcèlement scolaire, sujet de plus en plus d’actualité, avec beaucoup de justesse !

J’ai été absorbé par le récit, celui d’une brigade policière assez différentes des autres, c’est fluide, très rythmé, sacré tourne-pages, qui m’a mené vers la “FIN”, sans que je m’en sois rendu compte !
Personnellement, je valide, et vivement la suite…

Merci Blandine, pour ces héros, plus proches d’une série télévisée que d’un récit traditionnel.
Ça surprend, mais cela m’a bien plu !

À suivre…

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Extraits :

« Ses lèvres sur moi, son souffle dans mon cou, les mots qu’il me murmurait, des mots que je n’avais jamais entendus. Je tends la main comme si je pouvais les toucher, les garder à jamais à ma portée. Elle se referme sur le vide. »

« J’ai donné vingt-sept ans de ma vie aux Stups, a-t-il clamé lors de son discours d’inauguration. Ce que j’en ai déduit, c’est qu’une majorité des criminels ne le seraient pas devenus si enfants, adolescents ou jeunes adultes, victimes ou incriminés, ils avaient été mieux traités. Chaque individu a un processus propre. C’est notre travail de le cerner pour mieux réorienter les blessés et les égarés.
N’oublions pas qu’un jeune, même incriminé, est avant tout une victime. Soyons les médecins de la société future. »

« Le nez collé à la vitre, Marie observe le mécanisme fascinant de son réveil, cette chorégraphie citadine aux centaines de milliers d’interprètes dont les mouvements routiniers sont si bien assimilés qu’ils s’accordent malgré leur hétérogénéité dans un ballet parfait. »

« On observe le monde avec les yeux, mais seuls ceux qui savent le faire avec le cœur sont en mesure de comprendre ce qui s’y passe vraiment. »

 

Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué Sang pour sang en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

Émotion, Cercle littéraire, Drame, Polar, Psychologie

Dans les brumes de Capelans

Olivier Norek
Poche – 23 mars 2023
Éditeur : Pocket

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Le grand retour du capitaine Coste.

Une île de l’Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige.
Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense.
Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles.
Une jeune femme qu’il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque.

Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l’aveugle.

 

• Couv_2023-118_Norek Olivier - Dans les brumes de Capelans

 

Hier soir a eu lieu notre soirée mensuelle du Cercle Littéraire du Château de l’Hermitage, Olivier Norek était notre invité.
Très belle soirée aux échanges nombreux et enrichissants, ce fut un moment très agréable. Malgré certains passages très durs du roman, il y a eu quand même de nombreux éclats de rire ! Olivier était tellement à l’aise que pour la première fois, notre soirée s’est terminée bien après minuit !
Mais quel bavard cet Olivier… 😂

Je l’attendais impatiemment ce septième roman d’Olivier !

Quel plaisir de retrouver Victor Coste (Code 93, Territoires et Surtensions.), Capitaine de police au groupe crime de la SDPJ dans le 93. Je m’étais longtemps demandé ce qu’il était devenu depuis la perte de l’une de ses coéquipières. Aujourd’hui, il n’est plus capitaine. Il a quitté la France et s’est exilé tout seul à Saint-Pierre, une petite île française perdue au large du Québec, dans une petite maison complètement isolé, qui chaque année est entièrement engloutie par des brumes les plus épaisses qui soient, au point de ne même plus voir sa propre main lorsque que l’on tend son bras. Dévasté par la culpabilité de la perte de sa collègue, il a du mal à reprendre le dessus et se sent complètement brisé au quotidien. Officiellement, il est à la tête de la police des frontières. Réellement, il travaille pour un programme secret défense “Protection des témoins et des repentis”. Sa maison est protégée comme un bunker et surveillée tout au long de l’année. Il interroge ainsi, dans le plus parfait isolement, des truands, des meurtriers qui se disent repentis afin de vérifier si l’État Français peut leur faire confiance ou pas.

En France, bien loin de notre ex-capitaine, depuis dix ans, dix jeunes filles ont été enlevées, victimes d’un tueur en série particulièrement insaisissable… Jusqu’au jour où un policier retrouve l’une d’entre elles vivante enfermée dans le sous-sol d’une maison d’apparence inhabitée. Elle se nomme Anna, a été enlevée il y a dix ans déjà. Elle fut la première à avoir été enlevée et violée. Les neuf suivantes furent séquestrées, violées et assassinées par le tueur. Pourquoi Anna est-elle toujours en vie ? Qu’est-ce qui la différencie des autres ?
Actuellement, complètement perdue, isolée dans son esprit, elle a besoin de soins tout particulier.
L’ancienne responsable de Coste qui était sur l’enquête a l’idée de lui confier la jeune-fille, la seule à pouvoir identifier le tueur. Elle est persuadée que les deux âmes brisées ensemble pourraient se relever !

Dès qu’ils vont se retrouver ensemble l’enquête va basculer !

Le fait d’avoir ramené Coste dans cette enquête est une excellente idée d’Olivier. Le récit est très vite addictif pour de nombreuses raisons qui s’entrecroisent tout le long du récit. Pas de temps mort, une tension psychologique constante et efficace, le lecteur n’a qu’à se lasser porter, mais attention, ça va faire mal, d’autant que la brume épaisse de Saint-Pierre ne va pas faciliter les choses, durant cette course contre la montre !

Ce récit très prenant véritable “tourne pages”, va bien au-delà d’une enquête policière !
J’ai tout particulièrement apprécié le “dérapage” de Coste… Ça fait du bien !
Est-ce que c’est mal Olivier ?

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Extraits :

« Il n’est rien de plus imparfait, de moins abouti, de plus fragile qu’un nourrisson. Il n’était pas plus grand que les peluches qui l’entouraient et son souffle irrégulier était si léger que j’avais dû poser la main sur son ventre pour le sentir s’élever doucement sous sa respiration. Au sommet de sa tête, le crâne informe n’était pas encore soudé et laissait là l’espace de la fontanelle, sans plus de protection qu’une fine membrane. J’aurais pu, si je l’avais voulu, y plonger mon doigt sans effort, comme dans un fruit mûr. »

« Plusieurs fois, Coste avait été invité à dîner, ou à boire un verre, et il avait poliment refusé autant de fois. Grâce à ses faibles efforts de sociabilisation, il avait rapidement été classé par les Saint-Pierrais comme par ses collègues, dans la catégorie des ours solitaires et traité comme tel.
On n’ennuie pas un ours solitaire. »

« On les voudrait hideux, les monstres.
Dans les villes, dans la foule, leurs démons sont invisibles. Ils nous frôlent sans que l’on frémisse. Leurs sourires ressemblent aux nôtres, on les côtoie, on les voisine, on les invite. Ils nous charment ou nous indiffèrent, car ils sont bien normaux, les monstres. Leur peau, leur voix, leurs gestes, tout en surface est identique à l’ordinaire. Mais, quelque part, une ombre s’est posée. Elle s’est nourrie silencieusement d’une blessure, d’une humiliation, d’une violence, d’une anomalie, d’une malfaçon. Elle s’est posée sur une fine craquelure qu’à coups de bec et de griffes elle a transformée en faille. Un gouffre, un piège pour la raison, et s’engendre la colère. La colère si jouissive à libérer, pour que sur d’autres se pose une partie de l’ombre. Pensant ainsi s’alléger, le monstre s’enferme et nourrit son serpent, toujours plus affamé. »

« L’avion décolla de Roissy puis traversa la France par l’ouest, passant obligatoirement au-dessus d’un bon nombre de déclarations d’amour, de crises de couple, de crises de nerfs, de portes claquées, de coups de fil embarrassés, d’explosions de joie, de parents débordés, de gamins qui refusent d’aller au lit, passant au-dessus d’un monde qui poursuivait son chemin de millions de petites choses insignifiantes et de quelques-unes forcément sublimes ou dramatiques qui remplissent les vies, sans faire cas du Boeing 777 qui le survolait, un monde qui poursuivait son quotidien comme il l’avait fait pendant les dix dernières années durant lesquelles Anna avait disparu. »

« Sur un rythme régulier, son poing s’abattit sur le visage de Sean et ne s’arrêta que lorsqu’il fut recouvert du sang du gamin recroquevillé au fond de sa cabine, défiguré, le nez cassé, une pommette brisée, les lèvres explosées, les arcades fendues, les yeux mi-clos, gonflés et tuméfiés. Il le laissa là, à moitié inconscient, gargouillant dans son hémoglobine, respirant avec difficulté. »

 

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Avec Surface, il nous entraîne dans une enquête aussi déroutante que dangereuse. Un retour aux sources du polar, brutal, terriblement humain, et un suspense à couper le souffle.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/01/surface/

Drame, Folie, Histoire vraie, Polar

Sale temps pour le pays

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1976. Des femmes, pour la plupart des prostituées, sont agressées ou tuées dans le nord de l’Angleterre. La police locale est sur les dents. Un homme dirige l’enquête : George Knox, avec sa gueule à la Richard Burton, ses éternelles Ray-Ban, ses états de service légendaires. Secondé par le détective Mark Burstyn, il se lance à corps perdu dans cette affaire, convaincu que tous les crimes sont liés. Mais le tueur récidive et semble brouiller les pistes à plaisir. Plus le temps passe, plus Knox s’enfonce dans l’abîme. Un abîme à l’image du chaos social et de la dépression qui gagnent le pays…
Fasciné par les possibilités romanesques de l’affaire de l’Éventreur du Yorkshire, Michaël Mention la revisite en passionné de la culture des seventies, entre hommage au roman noir et portrait d’une Angleterre déboussolée, à un moment charnière de son histoire.

 

• Couv_Mention Michaël - Sale temps pour le pays

 

Sale temps pour le pays nous plonge en Angleterre à la fin des années 70, dans un Polar inspiré d’un fait réel qui s’est déroulé de 1975 à 1981. Que ce soit un auteur français qui développe ainsi, les meurs, les tendances politiques de l’époque qui se font et se défont, les cheveux longs, les pattes d’éléphants et qui me remet en tête des musiques et des groupes presque oubliés, je dis “Chapeau” !
Mais comment ce jeune auteur pas encore né en 1975 s’y est-il pris ? 🤣 🤣 🤣
Je plaisante bien sûr. Mais je pense qu’il aura fallu, tout de même, un sacré travail de recherche à Mickaël pour aller jusqu’au bout de son projet.

Un tueur en série qui se prend pour Jack l’Éventreur, sème la panique durant plusieurs années s’attaquant à des prostituées isolées, et parfois même, à des femmes se trouvant au mauvais endroit, au mauvais moment. Pas de chance pour toutes ces jeunes femmes retrouvées nues face contre terre, leur crâne défoncé à coups de marteaux, un tournevis régulièrement planté dans de dos, sans parler des lacérations au ventre et à la poitrine, et des nombreux coups de couteaux reçus !
Les enquêteurs piétinent et tournent en rond, mais quelques flics obstinés, vont s’entêter années après années, obstinés, obsédés, parfois même borderline…

Attention, malgré ce côté polar violent très marqué, le roman de Michaël s’intéresse surtout à cette Angleterre des “seventies”, un pays qui va vivre un véritable tournant dans son histoire politique, économique et sociale. Le pouvoir de l’argent, une population complètement désorientée, un taux de chômage jamais aussi élevé et une “Madame Thatcher” qui arrive dans un pays se trouvant en pleine dépression. C’est tout ça qui m’a plu dans ce récit.
Malgré une période “Peace and Love”, la réalité est toute autre et le lecteur que je suis en à pris plein la tête face au réalisme de l’auteur !

J’ai vraiment adoré suivre ce polar original, hyper-réaliste, avec son écriture directe et créative, ses chapitres courts, sa descente aux enfers, mais non dénuée d’émotion.
Il y a quelques passages très émouvants, le tout, sur une très belle bande originale que j’ai conservé encore quelques jours après… On ne se refait pas !

Merci Michaël…

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Extraits :
« George récupère le dossier et, sous l’article, découvre la fiche d’Emily Oldson : trente-deux ans, mariée, trois enfants, domiciliée à Churwell, sans profession, prostituée occasionnelle, découverte dans le quartier de Chapeltown, près du pub où elle a passé sa dernière soirée. Au rapport d’autopsie, sont agrafées trois photos de la scène de crime, où gît la victime. »

« Penchée au-dessus de la cuvette, Kathryn régurgite sous les yeux de George, désemparé. Elle crache et recommence, si violemment qu’elle perd le foulard qui dissimulait son crâne chauve. George le ramasse et, de l’autre main, lui caresse le dos. Essoufflée, Kathryn lui fait signe de quitter la salle de bains. Il sort, s’assoit sur le lit et attend. Là-bas, continuent les sons insoutenables. Il frémit à chacun d’eux, connecté viscéralement au supplice de celle qu’il aime. Chimio de merde. »

« Réputée être le plus vieux métier du monde, la prostitution a toujours été synonyme de peurs. Un pluriel subi au quotidien : la peur d’être agressée, volée, violée, arrêtée et tuée. Permanente, cette angoisse est devenue obsessionnelle depuis que sévit « L’Éventreur ». De Leeds à Bradford, en passant par Manchester, “les filles” du Nord se sont donc organisées : certaines ne consacrent qu’un temps imparti à chaque client, d’autres opèrent en duo ou notent les plaques d’immatriculation. »

« – Michaël Mention du Monde, Paris : est-il toujours membre du R.I.O. ? demande celui-ci dans un anglais catastrophique.
– Non.
– Dans ce cas, pourquoi…
– J’ai dit “une question par personne”. »

 

Michaël Mention, né le 13 novembre 1979 à Marseille. Après avoir dessiné des BD dans son adolescence, il publie son premier roman en 2008.
• Grand Prix du roman noir français en 2013 au Festival International du Film Policier de Beaune2 (Sale temps pour le pays)
• Prix du polar lycéen d’Aubusson en 2014 (Sale temps pour le pays).
• Prix Transfuge Meilleur Espoir Polar 2015 (… Et justice pour tous)