Émotion, Drame, Folie

Un jour, ma fille a disparu dans la nuit de mon cerveau

de Stéphanie Kalfon
Broché – 5 janvier 2023
Éditions : Verticales

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« Pour me consoler, la petite fille revenue de la nuit pose sa main sur mon épaule, je la saisis mécaniquement : elle est fraîche et potelée, mais ce geste ne suffit pas à dissiper mes doutes. On pourra bien me dire que cette enfant a gardé son visage de la veille, que sa voix désordonnée reste inimitable, que cette pâleur dans les yeux c’est tout elle, comparer ne mène à rien. Cette enfant n’est pas la mienne. »

Emma, la narratrice de ce roman, raconte le trouble qui la saisit en revoyant sa fille Nina, disparue plusieurs heures un soir de septembre. Quelque chose dissone dans leurs retrouvailles, un “presque-rien”, provoquant chez Emma une vrille qui nous plonge dans une vertigineuse incertitude.

 

 

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Un récit prenant et je l’avoue très perturbant aussi !

Hier soir nous avons eu le plaisir de recevoir Stéphanie Kalfon au Château de l’Hermitage à Ennery.
Une très belle personne, avec laquelle nous avons beaucoup partagé de “secrets”, de la relation mère/fille et aussi beaucoup de sourires…
Encore une fois une excellente soirée en compagnie de nos amis du Cercle…

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Pour fêter ses huit ans, Paul et Emma emmènent leur fille Nina à la fête foraine. Il aura suffi d’un instant d’inattention au tir à la carabine, pour essayer de lui offrir une peluche… quand soudain, ils se rendent compte que la fillette a disparu…

La police intervient et une battue est très vite organisée dans la forêt très proche.
Les parents vivent alors l’horreur, l’attente, le désespoir.

La police leur conseille de se reposer. Ils resteront dans tous les cas, en contact avec eux.
En rentrant chez eux, la vision des décorations festives et de la banderole JOYEUX ANNIVERSAIRE, ravive leur détresse. Où est Nina ? Pourquoi s’est-elle éloignée d’eux ?

Après la pire nuit de leur vie, Nina est retrouvée dans les toilettes d’un chantier prêt de la fête foraine. Elle est saine et sauve pour leur plus grand bonheur.
Mais après la joie des retrouvailles, Emma sent que quelque chose ne va pas. La petite fille qui vient de rentrer au foyer est-elle Nina ou une petite fille qui lui ressemble énormément ?

Commence alors pour Emma, une spirale infernale qui va l’entraîner dans les méandres de son esprit.

Je découvre Stéphanie Kalfon avec ce bijou inclassable !

Avez-vous lu le titre du livre du livre ?
Je ne dis pas le survoler…
Non. Le lire.
Essayer encore.
Et puis encore une fois…

Vous avez vu ?
Déjà dans son titre, Stéphanie révèle ses possibilités d’écriture.

Thriller psychologique à la lecture immersive ?
Récit angoissant sur les pertes de repères ?
Histoire tragique sur les relations mère/fille ?
Ou roman émouvant sur une petite est prête à tout pour être aimée d’une mère qui la rejette ?

Stéphanie est pour moi la grande révélation de 2023.
Une écriture, un style que je n’avais jamais vu jusqu’à l’ouverture de son livre.
Chaque phrase, chaque mot est une idée, une image qui prend sa place dans mon esprit au fur et à mesure de ma lecture. Plus que l’impression d’être au cinéma, j’avais l’impression que l’auteure était dans ma tête et qu’elle me chuchotait son histoire. C’est perturbant et c’est bouleversant aussi. J’ai vécu tour à tour la peur de Nina, qui est rejetée, l’angoisse d’Emma qui veut retrouver sa fille, la vraie, et l’incompréhension de Paul, qui fera tout son possible pour aider Emma… mais en vain.

Une lecture riche et fluide qui de plus force à la réflexion. Deux cents pages qui ont brusqué, métamorphosé, le lecteur que je suis.
Une nouvelle vision, une nouvelle perception de la peur qui ne m’avait jamais effleurée, car c’est bien la peur et la paranoïa qui planaient au-dessus de moi, jusqu’à la dernière ligne.
Un jour, ma fille a disparu dans la nuit de mon cerveau.

Coup de cœur, pour ce récit puissant et fort bien construit qui a éveillé de nombreux sens en moi !
Auteure à suivre absolument…

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Extraits :

« Je cours, j’appelle, je nage à contre-courant de la foule électrique, je traverse des forêts de bruits, de jambes et de bras hirsutes, des gueules indifférentes ou horrifiées, des visages laids, gras, suintants, avec leurs yeux en forme de boules à facettes. Partout surgissent des monstres, des gens maquillés de rires exagérés, leur voix larsen, m’engloutissent… ils ne se poussent pas, les gens, ne me répondent pas, ils restent agglutinés en file indienne devant le train fantôme, ils veulent leur ticket pour le grand divertissement, mon cœur tremble tel un mauvais alcool dans le fond d’un verre, je les harangue et j’implore.
– Vous avez vu une petite fille : huit ans, brune, des couettes, un sac à dos vert, un jean ? »

« Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Nina, une pensée couteau m’agresse, mon Dieu, est-ce possible de mourir le jour de sa date de naissance ? »

« On nous fait patienter le temps de finir “les tests médicaux d’usage”, nous dit-on. Des professionnels sont en train de vérifier si ma gamine ne s’est pas fait violer. Cette perspective me coupe sec la parole, alors l’inspecteur s’adresse d’abord à Paul. Comparé à moi, mon mari, paraît très solide, il utilise convenablement ses intonations, oui, il m’épate, je trouve qu’il fait un automate absolument sensationnel. »

« J’aimerais raconter mon expérience sans tricher, suivre le déroulé exact où mon cerveau a placé les faits. Déplier mes souvenirs origamis pour en soulever les coins, les disparus et les apparents. Pour cela, je dois parler de justesse, à tâtons, dans cette hâte sans hâte située juste avant l’oubli. Pas le choix. Je n’ai accès à ma mémoire que par un interstice fragile et opaque, le reste du temps, je vis sous la tyrannie du décompte éphémère de ma lucidité. Je suis prise dans une fièvre de visions claires qui vont s’éteindre ou se corrompre, passagères comme la vie. »

« Limite : ligne qui marque le début ou la fin d’une étendue ou d’un espace de temps – point au-delà duquel ne peuvent s’étendre une action, une influence –, degré extrême de quelque chose, seuil de ce qui est acceptable. »

Née à Paris en 1979, Stéphanie Kalfon est écrivaine et scénariste. Elle a publié deux romans aux Editions Joëlle Losfeld, Les parapluies d’Erik Satie (prix littéraire des Musiciens, 2017 ; Folio, 2018) et Attendre un fantôme (2019).

Émotion, Fantastique, Philosophique, Suspense

Temporis

de Gaëlle Perrin-Guillet
Broché – 15 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Londres, 1890.

L’Étouffante a ravagé la capitale, laissant derrière elle des centaines de morts et autant d’orphelins.
Dans un monde apocalyptique déchiré entre les riches et les pauvres, Enora tente de contourner les règles qui lui sont imposées.

Lorsqu’elle trouve le corps inanimé d’un jeune homme, blessé par une machine d’un autre temps, sa vie bascule, l’histoire lui appartient enfin.
La mission est périlleuse : changer le passé pour réécrire l’avenir.
Prendra-t-elle la bonne décision ? Va-t-elle y survivre ?

Les voyages dans le temps… Impossible ?
Pas pour Gaëlle Perrin-Guillet qui s’essaye avec aisance au steampunk.
La plume fluide, le style inimitable, nous retrouvons cette auteure talentueuse qui s’amuse avec les époques. Plus qu’une invitation au voyage, un moment suspendu.

 

• Couv_2023-046_Perrin-Guillet Gaëlle - Temporis

 

Lorsque j’ai vu il y a quelques mois la superbe couverture du dernier roman de Gaëlle Perrin-Guillet, qui a réveillé en moi l’enfant que je suis encore à l’intérieur, je savais que j’allais me le procurer très vite.
Angie m’a précédé, un grand merci à toi !

À ce jour, j’ai aimé tous les romans de Gaëlle que j’ai lus. Son petit coté “So british”, me plaît beaucoup et je trouve qu’il lui va parfaitement bien. Mais avec Temporis, en plus de l’histoire “steampunk”, qui m’a fait rêver, c’est le personnage d’Enora, qui m’a emporté tout le long du récit. Sa sensibilité, sa gentillesse, son âme pure…

Le steampunk a souvent été considéré comme un sous-genre du fantastique ou de la science-fiction. Pour moi au contraire, il a toujours été un genre à part entière, où l’esthétique de l’époque victorienne, a une réelle importance à tous les niveaux, et j’ose vous le dire : Si nous avions la possibilité de choisir l’époque où nous devions vivre, ce serait sans aucune hésitation que je m’envolerai pour cette période pré-moderne, qui avait déjà créé tout ce qui était nécessaire pour vivre une vie saine et heureuse…

Temporis m’a donc ramené dans ce monde que j’affectionne tant.
Enora a seize ans, elle a perdu ses parents lors de l’Étouffante quelques années auparavant. Le hasard des rencontres et de la vie va lui permettre de voyager dans le temps et de rencontrer la Reine Victoria qui a le même âge qu’elle. Qu’elle est donc la mission qu’on lui a assignée ? Pourquoi a-t-elle été choisie ?

Gaëlle a avec maestria composé un récit riche et touchant avec un superbe final qui l’a place dans le top du genre, et ce, avec malgré tout un “tout” petit bémol pour moi… “Je l’ai lu beaucoup trop vite, du coup, il est déjà fini !… et il va falloir que j’attende maintenant pour “retrouver” sa plume !”

De l’originalité, un peu de folie et beaucoup d’imagination, Gaëlle, continue à nous surprendre tel que tu le fais si bien !
PS. J’aimerais beaucoup retrouver Enora dans de nouvelles aventures !!!

Mais comme tu le dis si bien, « Le futur peut attendre. Je veux profiter de mon présent. »

Un grand merci au Éditions Des livres et du rêve, pour ce superbe présent… passé/futur ?

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Extraits :

« J’ai totalement perdu la mémoire… À part mon prénom, je ne me souviens de rien. Pas même de mon âge ou de mon nom de famille. Pourquoi je me trouvais là ? Aucune idée. Je ne sais rien du tout ! »

« Devant nous, une silhouette apparaît dans l’ombre, emplit tout le cadre de porte avant de se dévoiler dans la lueur du candélabre.
L’homme est immense, habillé d’une chemise blanche et d’un pantalon de cuir noir. Ses longs cheveux aussi blancs que sa chemise sont retenus en une queue de cheval et sur son crâne, trône une paire de lunettes d’aviateur aux verres fumés. »

« Je n’ai aucune idée de l’utilité de cette machine. Peut-être même ne marche-t-elle pas. Mais c’est la plus belle chose que j’ai vue dans ma vie. En m’en approchant, je distingue à peine les soudures des plaques qui la composent tant la main qui les a forgées a fait cela avec art et précision. Les rivets n’ont laissé aucune trace lors du serrage, tout est propre, net, et méticuleux.
Une véritable œuvre d’art. »

« Je le fusille du regard quand je vois Andrew entrer dans la pièce. Il fait à peine trois pas avant de s’immobiliser et me fixe à son tour, sans un mot, bouche légèrement entrouverte.
Je crois que je n’ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie. Je me consume de l’intérieur et voudrais être une petite souris pour aller me cacher dans un trou. »

 

Gaëlle Perrin-Guillet est née en 1975 à Lyon où elle vit toujours. Secrétaire de mairie le jour, elle se transfrome en auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000 avec des nouvelles. Après deux romans auto-publiés, “Le sourire du diable”, en 2010 et “Au fil des morts” en 2011, elle participe à deux recueils des “Auteurs du noir face à la différence” (en 2012 aux Éditions Jigal puis en 2013 à L’Atelier Mosesu).

Haut le chœur” est son premier polar publié aux Éditions Rouge Sang en 2013, lauréat du « Prix du Polar-2014 Dora Suarez », réédité aux Éditions Taurnada en 2019.

https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/11/haut-le-choeur/

En 2015, paraît un roman pour jeunes adultes, “La nuit du chat noir” aux Éditions Rouge Safran.

En 2016, elle publie aux Éditions Fleur Sauvage, “Soul of London”, pour lequel elle reçoit le “Prix des Lecteurs du Salon du livre policier de Neuilly-Plaisance” et le “Prix du festival Les Polars du Chat du Creusot”; premier opus d’une série d’enquêtes situées dans le Londres de la fin du XIXe siècle dont les héros sont Henry Wilkes, ex-inspecteur de police, handicapé qui marche avec une canne, et Billy Bennett un gamin des rues qui l’assiste. Le livre est réédité aux Éditions Milady Poche en 2017, la même année que sort (ou devait ?) le second opus “Black past” aux Éditions Fleur sauvage, publié en grand format sous le titre Les fantômes du passé aux Éditions City en 2018. (Les titres originaux parus chez Fleur Sauvage semblent ne plus être disponibles…).
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/31/les-fantomes-du-passe/

Drame, Folie, Noir, Psychologie

Méfiez-vous des anges

de Olivier Bal
Broché – 28 avril 2022
Éditions : XO

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“Vous voilà prévenus. Si vous pénétrez dans L’Enceinte, il sera déjà trop tard…”

Sur les collines de Californie se dresse L’Enceinte, une communauté spirituelle en apparence parfaite. Paul Green, ancien journaliste cabossé par la vie, est persuadé que la jeune femme qu’il recherche est enfermée entre ces murs.

Il s’infiltre dans L’Enceinte et découvre avec stupeur ses rites étranges, ses lieux interdits, son gourou mystérieux.

Au même moment, à Los Angeles, l’inspectrice Sarah Shelley est appelée en urgence. Le cadavre d’une jeune femme vient d’être découvert, entièrement tailladé. Impossible de l’identifier. Elle serait morte vidée de son sang.

Et si ce crime nous ramenait au cœur de L’Enceinte ?

Dans les bas-fonds de Los Angeles, Sarah Shelley et Paul Green vont emprunter un chemin de ténèbres. Et affronter l’une des organisations sectaires les plus redoutables des États-Unis.

Une plongée dans la noirceur de l’âme humaine et de la manipulation
Un thriller haletant et terriblement actuel

 

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Méfiez-vous des anges, n’est pas un simple roman, mais ça, vous ne pouvez pas encore le savoir !
C’est l’histoire de Rafa, de Paul Green, de Sarah Shelley et de bien d’autres…

J’avais lu les précédentes aventures de Paul Green, avec L’affaire Clara Miller et La forêt des disparus, et même s’il n’est pas indispensable d’avoir lu les précédents romans pour lire celui-ci, je le conseillerai quand même pour mieux connaître “notre” héros, qui va dans cette nouvelle enquête être soumis à rude épreuve !

Vous l’avez peut-être deviné, c’est bien un nouveau roman choral que nous propose Olivier Bal. Le ressenti, mais aussi le vécu de ses personnages attachants pour certains, énigmatiques, machiavéliques pour d’autres. Tout le long du récit, ils vont se livrer à vous petit à petit.

Paul Green enquête depuis plusieurs mois, afin de retrouver Linda Richardson. Ses recherches vont l’amener au cœur de communautés spirituelles et d’une secte…
Sarah Sheller, est policière, elle fait partie de la section Homicide. Suite à un appel, elle “trouve” une jeune femme le visage tailladé et les pulpes des doigts tranchées… Le début d’une nouvelle enquête !
Rafa, lui, travaille pour le compte de la Sombra, un gang de Los Angeles. Sa dernière mission tourne au drame, obligé de s’enfuir, et de se cacher, il a peur, il sait parfaitement que les membres de la Sombra finiront par le retrouver…
Quel est le point commun entre ses trois personnages d’origines complètement différentes ?

À travers ce véritable page-turner Olivier, nous entraîne dans une spirale infernale maîtrisée où chaque page nous mène un peu plus loin dans l’horreur et l’indicible… Mais c’est tellement addictif !
Soyez donc les bienvenus dans ce thriller, au cœur de l’Enceinte, la plus ancienne communauté de la Voie…

Un récit qui m’a bousculé et une fin incroyable que je n’ai pas vu venir du tout !
Encore une fois Olivier est arrivé à me faire passer un excellent moment de lecture.

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Extraits :

« “Mon nom, c’est Paul… Et je suis alcoolique.”
Les autres types, assis sur des chaises en plastique disposées en demi-cercle, me répondent, mollement.
“Bienvenue, Paul.” L’animateur de session, Josh, un jeune gars, au physique de surfeur, avec des cheveux blonds accrochés en catogan, se met à m’applaudir, bientôt rejoint par le reste de l’assemblée. “Bravo à vous, Paul. Le fait que vous soyez ici, que vous ayez fait le premier pas, ça veut déjà dire beaucoup.” »

« Depuis que je suis gamine, je suis “différente”. Je suis atteinte d’une maladie, l’hypermnésie. Moi, j’appelle ça la Machine. Je retiens tout ce que se passe autour de moi, en permanence. Il n’y a pas de hiérarchie dans mon cerveau. Tout est important. C’est un chaos sans nom. Chaque matin, de retour chez moi, il me faut plusieurs heures avant de trouver le sommeil. Je dois d’abord trier les centaines de données accumulées durant mon service. C’est pour cela que je travaille la nuit, que je porte ces putain de lunettes… Pour limiter au maximum l’afflux de messages que reçoit mon maudit cerveau. »

« L’homme arbore son style et sa tenue iconiques. Une barbe blanche, bien taillée, les cheveux vif-argent qui retombent sur sa nuque. Sa sempiternelle chemise blanche, un pantalon simple et une écharpe bleu clair. Celui que les membres de la Voie appelle Le Guide, dégage quelque chose, un magnétisme unique. J’attrape un exemplaire, en lis un extrait : “Votre dépendance, vos doutes, votre dépression, vos accès de colère, votre violence… tous vos maux proviennent de là, de ses ombres qui se terrent en vous. Vous êtes des écorchés que l’on n’a jamais su soigner…” Pour le coup, j’en suis un sacré d’écorché. Pas assez de tous les pansements du monde pour me rafistoler. »

 

 

Olivier Bal a 43 ans. Il est l’une des grandes révélations du monde du thriller. Lauréat du Grand Prix des Géants du Polar et du Prix de la Ligue de l’imaginaire, il est l’auteur, chez XO Éditions, de L’Affaire Clara Miller et de La Forêt des disparus, thrillers remarqués par la presse et le public. Il publie en 2022 Méfiez-vous des anges, qui met de nouveau en scène le personnage de Paul Green.

L’Affaire Clara Miller
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/30/laffaire-clara-miller/

La Forêt des disparus
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/07/la-foret-des-disparus/

Noir, Polar, Suspense

Une poupée de chiffon blanc

de Florence Fréguin-Schneider
Broché – 1 décembre 2020
Éditions : Encre Rouge Éditions

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Franck Amelin, commandant d’un groupe d’enquête à la section criminelle du S.R.P.J. de Lyon n’est pas ravi lorsqu’il doit annoncer à son équipe qu’Alexandra Serrano, une jeune officier de police judiciaire, psychologue de surcroît, débarque de Paris pour travailler avec eux en tant que « profileuse ». Mais la série d’assassinats qui s’amorce. dans la capitale rhodanienne en ce milieu de printemps, ne leur laisse pas le loisir de s’appesantir sur leurs relations orageuses. Quel est donc le lien entre ces meurtres sanglants et le corps de la jeune femme retrouvé quelques mois auparavant sur les bords du Rhône ? Que va révéler l’enquête sur le passé de la première victime ? La traqué commence et lé Capitaine Serrano, femme et psychologue, n’est pas de trop pour aider les enquêteurs à résoudre cette sombre affaire. Sillonnez les rues et quartiers de Lyon avec Franck et son équipe, suivez les enquêteurs dans les monts du Lyonnais, accompagnez-les jusqu’à Vienne, Chambéry, Aix-les-Bains et dénouez avec eux les fils de la première enquête Lyonnaise du Capitaine Serrano.

 

• Couv_2023-44_Fréguin-Schneider Florence - Une poupée de chiffon blanc

 

Quel plaisir que celui de découvrir une nouvelle auteure et de se laisser prendre par une intrigue originale, un style intéressant, un suspense plein de rebondissements qui m’a accompagné le long de ma lecture, et le parti-pris de l’utilisation quasi-constante de dialogues qui couronne le tout !
Du coup, je ne sais comment aborder mon Ressenti sans trahir Florence…

Je vais commencer par un merci !
Merci de mettre en scène des policiers qui ressemblent à ceux que je connais et fréquente parfois. Ici, ils ne souffrent pas de burn-out, ils ne sont pas alcooliques, ni racistes, ni violents. Ouf, ça fait du bien. J’ai vécu quelques heures avec des personnages plutôt sympathiques qui ont l’air de s’apprécier et qui travaillent bien ensemble.

Plusieurs meurtres sanglants ont lieu dans les alentours de Lyon. Des meurtres qui de prime abord n’auraient aucun liens les uns des autres si le meurtrier n’avait pas laissé auprès de chaque victime une poupée de chiffon blanc pleine de sang avec un point d’interrogation en son centre. Le temps passe, l’enquête piétine, mais l’arrivée du Capitaine Serrano, “profileuse” fraîchement venue de Paris, va donner de nouveaux axes de recherches à l’équipe qu’elle vient d’intégrer.
Dès lors l’enquête avance, tandis que le suspense montant de plus en plus m’offre un bon polar que j’ai beaucoup apprécié.

Une belle écriture où j’ai entrevu régulièrement les sourires de Florence (qui cherchait à nous perdre)…
Un polar fort, efficace et qui ose aussi choquer parfois…
Je dis, bravo Florence !

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Extraits :

« La porte du bureau du commandant Amelin s’ouvrit avec fracas. Franck Amelin leva la tête, une lueur moqueuse au fond de ses yeux clairs. Il n’y avait qu’une personne pour martyriser ainsi le matériel déjà vétuste de l’hôtel de police de Lyon.
– Ça va comme tu veux, Jo ? Lança-t-il avant même de voir apparaître la tignasse ébouriffée de son subordonné et ami de longue date, Joël Assant.
– Saleté de machine à café ! Marmonna celui-ci en guise de préambule. »

« Amelin jugea que, sans témoin, la défunte risquait d’être difficile à identifier. Bien qu’il ait appris à se méfier des apparences, il pensait qu’il y avait peu de chances qu’elle soit déjà fichée par la police : si elle n’avait pas de casier, ils auraient du mal à mettre un nom dessus. »

« L’homme était installé à une terrasse de café, rue de la République, dans le centre de Lyon. Il finissait son verre de bière en attendant son amie. Ils s’étaient donné rendez-vous sur cette terrasse à dix-neuf heures. Il était déjà vingt heures, il en était à sa deuxième bière et elle n’était toujours pas là. Depuis un moment, il avait l’impression d’être observé. Il se retourna, regarda à droite, puis à gauche. Il ne remarqua rien. Il ne pouvait pourtant se défaire de cette impression désagréable. »

« Tandis que Franck rentrait chez lui vers les vingt heures, l’assassin ruminait son prochain crime…
Seul en ce vendredi soir, il était énervé et n’arrivait pas à se calmer. Il se servit un verre. Cette fois encore, sa quête avait été infructueuse. Il y avait cinq jours maintenant que la chasse avait commencé et toujours aucune proie à l’horizon.
Il s’effondra sur le canapé, quitta sa casquette et lui fit traverser la pièce en un long vol plané. Les baskets suivirent le même chemin. Les yeux mi-clos, l’assassin laissa ses pensées divaguer… »

 

Née à Paris, après vingt ans passés en Savoie, Florence Fréguin-Schneider est tombée amoureuse de la ville de Lyon pendant ses études et s’y est installée. Elle travaille toujours à Lyon mais réside maintenant dans l’Ain.

Cadre dans un grand groupe international, mariée, deux enfants, c’est une femme pressée. Éclectique dans ses goûts, elle privilégie tout ce qui fait appel à sa créativité. Le virus de l’écriture l’a prise alors qu’elle passait son bac et ne l’a plus quittée, sans qu’elle cherche forcément à publier.

Vengeance d’Outre-Tombe (épuisé) est son premier polar publié en e-book chez Chemin vert éditions, après avoir été finaliste au prestigieux Prix du Quai des Orfèvres. Ré-édité en format papier en 2020 aux Editions Encre Rouge sous le titre Une poupée de chiffon blanc, il est aussitôt suivi d’un second en 2021 Une petite fille dans la nuit. Le troisième et dernier opus de cette série de polars lyonnais est en cours d’écriture.

En 2020 elle publie aussi chez Encre Rouge Origines, un roman d’aventures post-apocalyptique écrit avec sa fille de 22 ans, Alexandra.

Pour les amateurs de sensations fortes, une petite nouvelle sympa intitulée La Cité est également parue dans l’anthologie “Morts Dents Lames” des éditions La Madolière.

Drame, Psychologie, Thriller

In vino veritas

de Magali Collet et Isabelle Villain
Broché – 11 mai 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Lors d’un vernissage, une galeriste est assassinée. Secrets, mensonges et trahisons vont secouer la quiétude d’une petite commune en plein coeur du vignoble bordelais. Et lorsque deux frères se retrouvent après des années de séparation, la liberté de l’un va dépendre de la détermination de l’autre. Un thriller psychologique délicieusement machiavélique.

 

• Couv_2023-43_Collet Magali & Villain Isabelle - In vino veritas

 

J’avais hâte de lire In vino veritas.
Hâte de voir ce que les deux dames allaient faire à quatre mains… Mais ce sont surtout leurs deux cerveaux avec des personnalités bien différentes travaillant ensemble qui m’intéressaient !

Alors, Bravo !
Je me suis retrouvé enfermé dans un très bon roman gigogne à suspense, un peu comme un puzzle où les éléments se mettent en place au fur et à mesure, comme une enquête d’Agatha Christie ou d’Hercule Poirot, où l’on devine très vite que le coupable va se promener durant toute ma lecture, là, sous mes yeux, mais que nos deux artistes tairont son nom jusqu’à l’épilogue, après de nombreux voyages allant du passé au présent et vice-versa.

Mathias est le jeune frère d’Augustin.
Enfant, suite à un accident Mathias tombe dans le coma.
Michel, le père des garçons, en veut à Augustin qu’il estime coupable. Il ne veut pas pardonner.
Michel est le mari de Delphine. Il aime sa femme, du moins il le croit, enfin, il s’en fout… Tant qu’elle s’occupe de la maison et des enfants.
Delphine n’aime pas Michel. Mais chez les Clavery, on ne divorce pas !
Augustin dépité quitte sa famille et la France pour l’Argentine.
Aurélie est la femme de Mathias qui aujourd’hui est gendarme, il est fou d’elle.
Fanny, la collègue de Mathias, est amoureuse de lui.
Fanny est aussi la collègue de Dupuis, mais elle n’est pas amoureuse de lui.
Louis de Bearn est en colère contre Aurélie qui lui a vendu des faux tableaux !
Aurélie est en colère après Karine qui a cassé des bouteilles de vin très chères durant son exposition.
Aurélie est assassinée pendant un vernissage.
Delphine est désolée pour Carole, la mère d’Aurélie.
Carole a perdu son mari à cause de Michel et Delphine…
Qui a tué Aurélie et pourquoi ?

Ne vous inquiétez pas, les plumes de nos deux auteures, aussi sympathiques que diaboliques, sont suffisamment affûtées pour ne pas perdre le lecteur.
C’est fluide, déroutant, parfois surprenant, mais surtout captivant et plein de rebondissements, et qu’est-ce que c’est bon…
Les personnages sont attachants et plusieurs fois, j’ai eu un élan de sympathie, de peine ou de pitié envers eux.

Alors !
Qui me suivra dans ce thriller casse-tête que je vous conseille vraiment ?

Un grand merci à Joël de Taurnada Éditions pour sa confiance…
Et, un grand BRAVO à mes deux copines !

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Extraits :

« Je suis fatigué, mais ce n’est pas le plus important. J’ai peur, Augustin et je suis surtout super inquiet. J’ai beau essayer de rassembler mes souvenirs, je n’arrive pas à me rappeler ce que j’ai fait avant la mort d’Aurélie. Mes collègues me l’ont demandé des dizaines de fois et je suis incapable de leur fournir une explication. J’essaie pourtant, de toutes mes forces. Et si je l’avais tuée ? Si c’était moi et que je fais un truc du genre amnésie post-traumatique ? »

« En allumant la radio ce matin-là, Valentin Dubuisson sentit instinctivement que cette journée serait compliquée. Météo-France venait de placer 21 départements en vigilance orange en alertant sur une situation orageuse nécessitant une attention très particulière.
Nécessitant une attention particulière… Des conneries, oui… On voit bien que ces types n’ont jamais foutu, un pied dans un vignoble…
À chaque grosse intempérie, tous les paysans sont sur le pied de guerre en espérant que l’orage s’éloigne de leurs terres, que le front s’amenuise petit à petit, ne provoquant que de fortes averses. »

« Les convives se taisent, abasourdis par le drame qui se joue sous leurs yeux. Michel se lève et saisit le bras d’Augustin.
“Sortons. Tu as dû boire un peu trop. Je te ramène au château.”
Il se dégage fermement.
“M’as-tu déjà adressé un mot gentil, un sourire sincère ou même une simple accolade ?
– Tu divagues complètement, mon pauvre.
– As-tu, ne serait-ce qu’une fois dans ta vie, été fier de moi ?
– Comment l’aurais-je pu ? Tu as voulu tuer ton frère !” »

 

 

Magali Collet est née en 1972 à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Elle vit en Picardie depuis près de vingt ans. C’est une passionnée des mots ; elle écrit des poèmes, des nouvelles ou des chroniques depuis de nombreuses années. Sa sensibilité à la cause des femmes, celles qui souffrent de ne pouvoir échapper à leur condition, apparaît en filigrane dans tous ses écrits. Avec son premier roman, la Cave aux poupées, publié aux éditions Taurnada, elle plonge ses lecteurs dans les fosses ténébreuses des âmes, pleines de violences, d’angoisses mais aussi d’un profond désir de rédemption.

La cave aux poupées
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/06/la-cave-aux-poupees/

Les yeux d’Iris
https://leressentidejeanpaul.com/2021/11/03/les-yeux-diris/

Comme une image
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/30/comme-une-image/

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Née au Maroc à Casablanca en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’évènementiel et l’organisation de salons professionnels.
Passionnée de romans policiers depuis l’enfance. Elle décide de se lancer dans l’écriture pour mettre par écrit les nombreuses histoires qui lui trottent dans la tête.
Son quatrième roman “Peine Capitale”, publié aux Editions Auteurs d’Aujourd’hui, a reçu le prix Maurice Bouvier en 2015.
“Âmes battues”, le second volet des enquêtes du commandant de Lost, découvert dans “Peine capitale” à reçu le prix du festival du polar de la ville d’Arcachon en 2016, et le prix polar du festival Jeter l’Encre.
“Mauvais genre”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 15 novembre 2018.
“Blessures invisibles”, publié aux Éditions Taurnada est sorti le 9 janvier 2020.
“À pas de loup”, son 7e roman, publié aussi aux Éditions Taurnada est sorti le 14 janvier 2021.

Mauvais genre
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/23/mauvais-genre/

Blessures invisibles
https://leressentidejeanpaul.com/2020/01/03/blessures-invisibles/

À pas de loup
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/14/a-pas-de-loup/

Histoire, Thriller ésotérique

Artefacts

de Jérôme Segguns
Broché – 8 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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L’exil de l’archéologue Pia Masson aux confins du monde afin de contenir le mal antédiluvien qui se répand sur terre a échoué. Ces puissances occultes involontairement libérées sont plus fortes que jamais. L’équipe des « Merrow » devra combattre cet ennemi séculaire, une fois encore. Au-delà de leurs vies, c’est l’humanité tout entière qui est menacée. Plus que du courage, ils devront engager leurs âmes et se munir d’artefacts mystiques pour délivrer Samaël, le dernier des Beney Elohim, emprisonné dans le corps de Raphaël.

Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre,
et lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ;
car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux.

Luc 4:5-6

Jérôme Segguns signe une suite magistrale à son précédent roman EL. Toujours inspiré de faits authentiques, l’auteur n’a pas fini de bousculer nos convictions les plus profondes.

 

• Couv_2023-042_Segguns Jérôme - Artefacts

 

D’où viennent les êtres humains ?
Voilà la grande question que se pose Jérôme Segguns, dans cet incroyable roman qui est la suite directe de “EL”.

Huit années de recherche, c’est le temps qu’il aura fallu à l’auteur pour développer et mettre en place ce fil rouge chargé de rebondissements qui court le long de ses deux romans qui m’ont laissé abasourdi. EL, avait déjà été un gros coup de cœur, cette suite est digne du premier opus en clôturant à priori le sujet. Le premier mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de ma lecture est : Magistral !

Je retrouve donc avec grand plaisir Pia et son équipe de “Merrow” qui de nouveau vont s’opposer à des forces puissantes et invisibles venant du fin fond de l’Histoire. Le danger les guette, il est partout sans pitié… Les anges déchus sont bien décidés à ne pas se laisser faire.

Encore une fois le thriller ésotérico-historique de Jérôme m’a emporté par sa thématique qui je le signale part de bases authentiques, mentionnées dans des rapports officiels, et il s’en donne à cœur joie pour mon plus grand plaisir. Non, la lignée humaine de par son évolution et surtout son origine, n’est peut-être pas celle que nous croyons, celle que nous avons apprise !

C’est un thriller qui forcément fera peur, tellement Jérôme mélange avec maestria son récit à des faits réels qu’il développe avec une écriture très érudite, addictive et agréable à la fois.

Encore une fois, un coup de cœur. Jérôme, définitivement devient pour moi un auteur à suivre et qui je pense, n’a pas fini de me surprendre…

Merci Jérôme, merci Angie et merci aux Éditions Des Livres et du rêve !

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Extraits :

« Une jeune femme rousse, pas très épaisse, le teint diaphane, ouvrait les yeux après plusieurs mois de coma, mais là, elle l’ignorait encore. La demoiselle réintégrait doucement le monde des vivants. Elle réalisa de suite qu’elle se trouvait dans un hôpital.
Pourquoi ? »

« Tu ne m’es plus d’aucune utilité pour le moment et tu n’as aucun ordre à me donner. Puis te connaissant, tu trouveras sans délai une âme en peine, ou un nigaud qui s’amuse à se désincorporer sans prendre en considération les risques qu’il est encourt de laisser son enveloppe charnelle exposée ainsi à nos forces. »

« C’était vrai, la frêle jeune femme était encore loin d’être remise. Pourtant, elle désirait ardemment partir loin, elle qui rêvait de découvrir les îles du monde. C’était tout de même la une sacrée chance, puis archéologiquement parlant, Yap paraissait, d’après les renseignements qu’elles avaient piochés dans des encyclopédies à leur bibliothèque habituelle, un endroit hors du monde. »

« La très jeune fille n’avait trouvé aucun réconfort chez la sœur aînée de sa mère, d’autant qu’elle l’avait battue pour lui intimer le secret. Puis c’était de sa faute de toute façon : malgré sa taille très mince due à un régime très strict, la nature avait affublé l’adolescente d’une poitrine plus que généreuse et d’un beau visage. Malheureusement, et trop souvent les gars des environs, dès qu’ils l’apercevaient, lui pinçaient les tétons, ils étaient trop nombreux pour qu’elle puisse même penser à se défendre ou à se rebeller. Tel était son lot. Alors, lorsque la tante lui avait annoncé qu’elle l’avait vendue à un couple européen en mal d’enfant, elle avait cru que son calvaire allait enfin prendre fin. »

« Tout s’annonçait pour le mieux. Finalement cette île n’était pas si mal, il y avait dans l’atmosphère une aura de mysticité des temps oubliés. Ces insulaires étaient proches et sollicitaient souvent les esprits primaires qui rôdaient en permanence près des habitations. Cela se ressentait, il y avait une certaine connivence dans le monde sensible et l’ultra-sensible qu’on ne discernait plus que difficilement en métropole. Ils allaient pouvoir s’orienter en communiquant avec eux. »

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Gémologue depuis 1995, Jérôme Segguns (un pseudonyme) suit quelques années plus tard une formation de Géotechnicien et devient responsable de laboratoire d’analyses géologiques. Après trois années d’écriture, il signe son premier contrat d’auteur, aux éditions Assyelle. Des pas sur le sable, un récit témoignage, est édité en 2014. Il plonge dans les affres d’une affaire judiciaire dans son quatrième ouvrage, Ni hérisson, ni paillasson (Au Pays Rêvé, 2018). Jamais en panne d’inspiration, il participe également à des concours littéraires, mais sous son vrai nom. Lauréat de nombreux prix. Troisième prix des écrivains publics de Toulon pour un concours de lettres 2014. Lauréat du second et troisième concours des Passeurs de Livres de Grasse, 2014 et 2015. Lauréat du concours de « Nouvelles » d’Istres 2015. Et premier prix qui lui est décerné au mois d’avril 2017 des Écrivains publics de Toulon, pour un nouveau concours de lettres. En 2018, de graves problèmes de santé contraignent Jérôme Segguns à suspendre pour un temps long sa vie professionnelle. Sa force de caractère lui permet de rebondir et de réaliser un de ses plus vieux rêves en passant le Bac littéraire qu’il obtient avec la mention Bien. Dans la foulée, il s’inscrit à la Faculté de Lettres Modernes et réussit sa première année de Licence avec la mention Assez Bien. En plus du travail « universitaire », il reprend l’écriture d’un projet commencé six ans auparavant, son second mais qui deviendra au final son quatrième roman, EL, un thriller ésotérique qui va remettre en cause la réalité même que l’on se fait de notre descendance humaine.

https://leressentidejeanpaul.com/2021/11/30/el/

Émotion, Drame, Psychologie, Suspense

Travail, travail quand tu nous tues

de Marie-José Aubourg-Iberti
Broché – 20 mars 2023
Éditions : Nombre 7

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Hector est épuisé de maintenir son service à flot, la cadence est devenue intenable. Il aime pourtant son travail, alors, quand de manière injuste, il est licencié à la suite d’accusations émanant d’un membre de son équipe, le vide s’ouvre sous ses pieds. C’est son identité, sa dignité qu’il perd. Victime d’un burn-out, le quinquagénaire sombre dans une spirale infernale dont il ne voit pas l’issue et envisage le pire tandis que Sophie, son épouse, aveuglée par la colère et cherchant désespérément la vérité pour retrouver leur vie d’avant, va aller au bout d’un processus de vengeance destructeur.

 

• Couv_2023-041_Aubourg-Iberti Marie-José - Travail, travail quand tu nous tues

 

“Ecce homo” !
Voici l’homme tel qu’il est dans sa réalité, tel qu’il est dans le monde du travail…
Un roman qui m’a retourné les tripes à plusieurs reprises.

Hector est un bon employé, sa vie, c’est son travail, il ne compte jamais ses heures. Il est heureux de bien faire et n’hésite jamais à emmener du travail chez lui si c’est nécessaire. Mais un jour, soudain tout bascule. Hector est convoqué. La sentence tombe comme un couperet, il est licencié !
Mais Sophie, son épouse, qui l’aime et le soutien a décidé de ne pas en rester là…

Rarement, je n’ai été autant saisi par un roman. Le mal-être, la déprime, le combat intérieur, la souffrance, l’incompréhension d’Hector… Comment ne pas être bouleversé ?
J’ai ressenti la douleur d’Hector… Parce que je l’ai moi-même subi il y a quelques années. J’ai replongé dans ce passé, dans cette zone d’ombre que je cache habituellement. Marie-José a ravivé des sentiments que j’avais soigneusement enfouis, mais je lui dis merci… Merci, car elle m’a permis de voir et de comprendre certaines choses qui à l’époque m’étaient invisibles tellement j’étais centré sur ma difficulté à tenir et à avancer.
Je ne sais pas si c’est du vécu pour l’auteure ou pas, mais ce livre est le reflet de ma réalité, Marie-José n’oublie rien, jusque dans les plus petits détails. Impossible d’interrompre ma lecture une fois commencée, je voulais savoir ce qui allait arriver à Hector…
Maintenant, je sais… J’aurais aimé le rencontrer, lui expliquer avec mon recul, lui parler.

Un excellent roman qui traite sans faux-semblant du mal-être de certains employés qui en oublient que le travail n’est pas “la vie”. Qu’il faut savoir parler, partager, écouter aussi les personnes qui font partie de notre quotidien professionnel, mais surtout familial et amical, ne pas s’isoler et absolument sortir de cette compétition qui nous tue petit à petit au travail.

Gros coup de cœur personnel pour cette histoire/miroir d’une autre vie, qui finalement m’a fait du bien…
À lire absolument !

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Extraits :

« Je suis face à un problème insoluble ; j’évolue à l’intérieur d’un cercle vicieux destructeur dont il est impossible de s’extraire. Le cadre soumis chasse rapidement le rebelle qui s’était réveillé en moi et très vite, le siège de mon cerveau devient le théâtre d’un mouvement brownien, participant à la chute vertigineuse de ma courbe d’autosatisfaction. »

« Très imbu de sa personne, les cheveux grisonnants, il s’adresse à nous de toute sa hauteur, le sourcil épais relevé, la bouche légèrement inclinée marquant presque un dégoût, et une intonation dans la voix, une manière de s’exprimer qui ne laisse aucun doute sur ses origines sociales. Le Big Boss, c’est lui, c’est un contestable. Personne ne lui tient tête, il est respecté et sa parole n’est jamais remise en question. »

« Je suis sous traitement depuis quelques mois. Je me sent un peu mieux, c’est vrai, mais les flashs et les cauchemars persistent. Je ressens parfois une impression de flottement et la sensation bizarre que la chimie des médicaments a bâillonné mes émotions. Ce n’est ni agréable ni désagréable, c’est un état étrange dont il m’arrive de vouloir sortir afin d’arrêter de polluer mon cerveau avec ces molécules artificielles. »

« Ainsi, je ne parviens même pas à obtenir un poste de débutant ! Je suis trop vieux, trop formé ; trop d’ancienneté, trop difficile à formater, pas l’âge de la retraite, mais plus l’âge d’être embauché. Le désarroi cède peu à peu la place à la colère ; contre mon épouse, qui ne me supporte plus, contre Marc, qui m’abandonne, contre l’agent de Pôle emploi, qui ne me propose pas de travail, contre mes voisins, dont le regard réprobateur indique qu’ils savent bien que je ne travaille pas. »

 

Résidant dans le département du Var, Marie-José Aubourg-Iberti s’inspire des histoires de la vie ordinaire qu’elle observe et met en lumière. En publiant Travail, travail quand tu nous tues, elle signe son troisième roman. À travers l’histoire d’Hector et Sophie Juillet, elle s’intéresse aux mécanismes qui conduisent à la perte d’un emploi et à l’impact d’un tel évènement sur le couple, la famille. L’écriture de cette intrigue est née de témoignages et d’expériences qui l’ont conduite à réfléchir plus largement à la question centrale de la place du travail dans notre société.

Émotion, Drame, Histoire, Poésie

LE PARFAIT inconnu

de Gérard Papier-Wagner
Broché – 20 mars 2023
Éditions : Independently published

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À Paris, sur la colline Sainte-Hermione, une église du IXe siècle, une place pavée, un restaurant vénérable, une librairie et quatre marronniers, voici planté le décor d’un drame qui va naître d’un ouvrage historique écrit par un inconnu féru de catharisme, et préfacé par une auteure journaliste. Ajoutons un cheminot et un architecte à la retraite pour compléter le tableau, ainsi qu’un prêtre aux sermons très appréciés, une chanteuse de cabaret, et toutes les conditions seront réunies pour une lecture passionnante, puisque les personnages eux-mêmes sont passionnants.

 

• Couv_2023-040_Papier-Wagner Gérard - Le parfait inconnu

 

J’ai découvert l’écriture de Gérard Papier-Wagner en mars dernier, avec MONA qui m’avait beaucoup plu et inspiré par le sujet et par le style.

Gérard m’a fait parvenir un autre roman, LE PARFAIT inconnu, la curiosité m’a piqué, et une nouvelle fois, j’avoue avoir passé un merveilleux moment de lecture.
J’en avais déjà parlé pour son premier roman lu, mais la plume de l’auteur est vraiment très intéressante, très aboutie. L’utilisation du passé simple, la richesse des mots, l’érudition globale du sujet tout en conservant une réelle fluidité dans la dans la lecture, un soupçon de mélancolie et une douce poésie, j’ai forcément été happé par le récit.

Jérôme est à la retraite, il aime passer ses journées à lire seul, toujours sur le même banc, à l’ombre des marronniers, là où il peut contempler l’église Sainte-Hermione. Jérôme est marié à Mag. Un jour, ils font la connaissance de Luc et de sa femme Béatrice, une journaliste qui aime les voyages et qui comble en Jérôme un vide insoupçonné.
Après des débuts difficiles, une belle amitié va naître entre Jérôme et Ernest qui a une fille, Gina qui tient un restaurant étoilé. Le prêtre, Jean Destivelle, lui aussi est un personnage étonnant, mais je n’imaginais pas à quel point. Puis, il y a aussi Sonia, qui tient la librairie de quartier, et surtout l’étrange découverte dans sa librairie qui mettra en avant l’une des pires périodes de l’Histoire… De nombreux personnages avec leurs qualités et leurs défauts, qui se croisent et se recroisent dans ce récit intelligent et bien documenté qui mettra finalement en avant l’église et la place Sainte-Hermione. Mais chuuuut… Ça, c’est encore un secret…

Très belle lecture, qui m’a donné envie de me replonger dans notre Histoire, ainsi que dans celle de la Religion. Mystérieuse, énigmatique et très intéressante, tout ce que j’affectionne !

Un livre que je conseille à ceux qui aiment les beaux récits et la grande Histoire.
Merci beaucoup Gérard, pour ce très beau cadeau !

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Extraits :

« Sur ce banc, presque chaque matin, s’asseyait Jérôme y venant pour se distraire en regardant s’agiter les autres. La sérénité de l’endroit l’incitait à réfléchir sur le passé, à visiter des souvenirs entachés de regrets. Il est médita seul jusqu’à ce qu’un autre retraité eût la même aspiration. Jérôme fut tout d’abord fâché que celui-ci, à tout prix, voulût engager la conversation, mais il s’y résigna parce que dialoguer vaut mieux que ressasser. Las des potins du coin et des commentaires d’actualité, Jérôme, lâcha début avril, ce à quoi l’avait mené sa cogitation.
– Qu’est-ce que vous attendez de la vie ? »

« Très chères sœurs et très chers frères, je devine à vos regards tous les questionnements suscités par certaines révélations. Si les agissements de l’Inquisition au Moyen-âge nous horrifient aujourd’hui, le temps les a passés par profits et pertes, car la grande Histoire ne retient que les faits en délaissant les émotions, afin de rester objective. »

« – J’ai l’impression que vous tombez vite amoureux des âmes qui se livrent, n’est-ce pas ?
– Je me crois plutôt sentimental par empathie, répondit prudemment Jérôme. »

« – Vous m’avez manqué, se risqua Jérôme.
– Dois-je comprendre que vous me faites la cour ?
– Je cherche votre amitié, parce que votre personnalité, comble en moi un vide insoupçonné.
– Entre un homme et une femme, il n’existe pas d’amitié réelle, sans composante amoureuse.
– Alors, c’est cornélien ?
– Non, c’est plutôt agréable l’amour sans les inconvénients de l’amour. »

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001. Il s’est ensuite consacré à l’écriture de romans et de poèmes. Marié depuis 1962 avec Marie-Thérèse assistante sociale, il n’a pas eu d’enfant.

MONA
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

Folie, Frisson horreur, Humour, Noir, Polar

Jeu de rôles

de Olivier Petiot
Broché – 5 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Courchevel, 1850. Mercredi 1er janvier 2020. 1 h 30.
15 minutes de marche. Un craquement sourd. Puis plus rien.
Le néant. La neige. Le froid. Le sang.

Le parfum du supplice embaumait les bois.
La montagne, géante pétrifiée, belle et mortelle, leur tendait une embuscade.

Crimes sanglants, ambiance anxiogène, ce jeune auteur prometteur se joue de nous comme de ses personnages.

 

• Couv_2023-039_Petiot Olivier - Jeu de rôles.jpg

 

Je découvre l’écriture d’Olivier Petiot avec ce roman, et force est de constater qu’il n’a pas froid aux yeux.
Traduction : Âmes sensibles s’abstenir !

Mardi 31 décembre 2019.
Quelques amis décident de se retrouver afin de fêter le passage vers la nouvelle année ensemble à Courchevel, 1850, mais tout ne se passera pas comme prévu…

Dès le début du récit, j’ai ressenti une certaine jeunesse de l’auteur. Comme une envie de tout casser. C’est franc et direct, il n’y va pas par quatre-chemins, et on ressent fortement son envie de s’amuser par le biais de l’écriture.
Les chapitres sont courts, voire très courts et avancent sur deux niveaux temporels. L’avancée de l’enquête par le chef de la brigade criminelle de Chambéry, Brisson, qui alterne avec la nuit où ont eu lieu, les massacres. J’ai bien dit les massacres, car ce sont six corps qui ont été retrouvés après la tempête dans un état particulièrement horrible (je laisse les détails à l’auteur si vous me le permettez, il en parlera beaucoup mieux que moi !). Un récit qui ne manque pas d’humour, qui m’a fait penser aux premiers morceaux de certains groupes de rock qui sont devenus avec le temps des “légendes”. Olivier en a sous le coude, c’est le moins que je puisse dire, et j’ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir…

Alors, que le jeu commence !

Hâte de lire un prochain ouvrage d’Olivier, afin qu’il me titille à nouveau les nerfs !

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Extraits :

« Nous pouvons tous être amenés à tuer et ça, tu le sais tout autant que moi. N’y as-tu jamais songé ? N’essaie pas de me le faire croire !
Tu es un assassin.
Nous sommes tous des assassins, je te l’assure. Les enquêtes le prouvent ! De la bonne mère de famille trompée par son mari, de l’ado paumé défoncé aux drogues dures à la grand-mère cachetonnée pour son Alzheimer, une multitude de contextes et de faits sont destinés à faire de nous des assassins.
Je te laisse t’inspirer de mon expérience en la matière. Tu verras qu’on y prend goût. »

« Elle était désorientée. Son corps, mis à l’arrêt par la froide soirée de décembre, ne lui répondait plus. Sophie était transie. Ses lèvres entièrement craquelées, bleuies et anesthésiées par la morsure du givre, elle ne les sentait plus. Elle les effleura d’un doigt raidi par sa nuit. Nada. Elle y passa sa langue rugueuse et chaude dans l’espoir de leur redonner vie. Calleuses, elles piquèrent comme si on y plantait une multitude d’aiguilles. »

« Toute personne en est capable. Tout le monde peut tuer. Il peut y avoir une multitude de contextes destinés à faire d’un humble citoyen un assassin. Elle ne se rappelait que trop bien des paroles de son cousin. Enfant, il s’amusait à étriper les animaux qui avaient le malheur de passer trop près de lui et donnait des leçons à sa jeune cousine. “Pour tuer, c’est simple. Il te faut simplement l’arme idéale : une once d’imagination ! Nous avons tous la capacité de tuer ! D’ailleurs, nous tuons sans le savoir des millions d’êtres vivants durant notre existence. Autant l’assumer ! Pourquoi renier sa nature profonde ?”. »

« Elle s’exhibait dans une robe corset noire, imprimée d’un énorme pique de tarot rouge à la hauteur de ses seins, ne laissant aucun doute quant à la proportion de ses formes et atouts. Son porte-jarretelles, en véritable ligne de départ de longues et interminables jambes, invitait à suivre leur courbure élancée. La tenue était complétée de cuissardes rouge sang, assorties à la couleur de ses lèvres et d’un voile cage à oiseaux dans lequel elle avait épinglé une carte. Une dame de pique. Elle tira une bouffée sur son porte-cigarettes d’un air suffisant avant d’ouvrir la bouche :
– Sexy, n’est-ce pas ? »

 

Né à peu de chose près en 1991, Olivier Petiot aime la musique, le sport, le vin, la nature, l’humour… et plus généralement, toutes les bonnes choses que la vie a à offrir !
Il écrit, aussi, et se lance officiellement dans l’aventure de l’édition avec un premier roman dystopique édité en 2020 chez Seven édition.
Un livre jeunesse dans la veine des Chair de poule verra ensuite le jour en 2022 au sein de la même maison.
Il signe sa troisième publication avec Jeu de rôles, thriller haletant, publié chez Des livres et du Rêve, et ne compte pas s’arrêter là !

Adolescence, Émotion, Drame, Polar

Désenchantées

de Marie Vareille
Broché – 17 mai 2022
Éditions : Charleston

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La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on élaborait des hypothèses, mais ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su.

Vingt ans plus tard, Fanny revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qu’elle avait préféré oublier qui resurgit… Car l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi un peu la sienne, et celle d’une bande de filles qui se faisaient appeler les « Désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes et du chlore de la piscine municipale, des serments d’amitié et surtout, des plus lourds secrets.

Avec finesse et un vrai sens du suspense, Marie Vareille met à nu les rouages de l’amitié féminine dans un roman d’apprentissage captivant et rempli d’émotion.

« UNE FOIS DE PLUS, MARIE VAREILLE NOUS LIVRE UN ROMAN ABSOLUMENT INCROYABLE. CE RÉCIT EST BRILLANT, INTELLIGENT, ÉPATANT, PERCUTANT. »

 

• Couv_2023-038_Vareille Marie - Désenchantées

 

L’adolescence n’est-elle pas le moment de notre vie le plus compliqué à vivre ?
On se cherche, on s’invente surtout avant de finalement se trouver. Mais entre temps toutes les émotions ressenties qui viennent nous perturber au risque de nos perdre, ne sont-elles pas les premiers pas qui feront de nous des adultes ?

Marie Vareille, nous conte dans ce récit, cette vie tumultueuse que nous avons tous vécus. C’est avec pas mal de nostalgie que j’ai abordé certains passages, c’était comme du vécu, comme si j’avais remonté le temps et je me revoyais avec mes cheveux hirsutes, mes docs Martens, tout de noir vêtu au milieu de mes camarades… Il y a beaucoup de finesse dans ce récit. Beaucoup de gravité aussi.

2001.
Sarah Leroy disparaît. Tous ses proches seront interrogés et très vite un suspect sera arrêté.
2021.
Fanny, qui connaissait très bien Sarah Leroy, se voit confier une mission par sa patronne. Enquêter sur la disparition de celle qui fut sa meilleure amie…

Personnages attachants, énigme à rebondissements et très captivante, Marie Vareille entre à pas de velours dans le milieu du “Polar”.
C’est bien fait, rythmé, impossible de décrocher.
Roman d’amitié, de disputes, de déchirements et d’émotions… avec un final plein de surprise !
Merci Marie pour cette belle histoire…

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Extraits :

« Les gens qui t’expliquent qu’avant de mourir, tu vois défiler tes souvenirs ne sont clairement jamais mort. Moi, la seule chose que je vois défiler, c’est un faux plafond en liège, des néons blafards et des silhouettes en blouse qui me poussent à toute vitesse vers un ascenseur en hurlant des mots que je ne comprends pas. Des souvenirs, je n’en ai plus. On ne ressasse pas le passé quand on n’a pas d’avenir. »

« Angélique a de ce fait vécu une période un peu mystique, pendant laquelle elle accrochait des portraits de Thérèse d’Avilla au-dessus de son lit. Persuadée d’être élue par le Seigneur, elle s’affamait avec enthousiasme pendant le carême, s’astreignait à quatre bonnes actions et trois, Je vous salue Marie par jour et reversait scrupuleusement tout son argent de poche dans la panière de la quête. Un jour, au catéchisme, Angélique a évoqué son ambition de devenir prêtre. On lui a évidemment ri au nez et, effondrée d’apprendre qu’un pénis était indispensable à la bonne animation d’une messe, elle a sombré dans une déprime qui a sonné la fin de ses ambitions ecclésiastiques. »

« Il fallait être lisse comme le papier glacé d’un magazine féminin. Iris était aussi exigeante avec elle-même qu’avec les autres. Elle passait un temps infini à entretenir son corps, son visage, ses mains, ses pieds. Elle ne faisait jamais un écart – s’exposer au soleil, sans crème solaire, manger une chips ou manquer sa séance de footing quotidienne n’étaient pas des options. C’est à cause de gens comme Iris qu’on vit aujourd’hui dans un monde où l’on pense qu’il faut retoucher les photos de Penélope Cruz. »

« Leur professeur principal, M. Folley, leur avais recommandé de tenir un journal intime. M. Folley était connu pour avoir conseillé cet exercice à toutes les classes qu’il accueillait dans son cours de français depuis des années. L’écriture était, selon lui, un bon moyen d’ordonner nos pensées et nos émotions, et nous serions contents, plus tard, de redécouvrir des souvenirs d’enfance oubliés. J’ai toujours aimé, en ce qui me concerne, déverser dans ses carnets tous mes sentiments et mes rêves sans crainte du jugement d’autrui. Peut-être ne serais-je d’ailleurs pas capable d’écrire tout cela aujourd’hui si je n’avais pas affûté ma plume pendant des années dans ces carnets. »

 

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Son bestseller La Vie rêvée des chaussettes orphelines, traduit dans de nombreux pays, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Il a reçu le Prix des lectrices Charleston 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles) et Ainsi gèlent les bulles de savon.