Adolescence, Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

La bouche pleine de mots

de Camilla Gibb
Poche – 1 janvier 2003
Éditeur : Piment

Une petite fille nous parle. Elle se nomme Thelma et a tantôt la voix de Poil de Carotte, tantôt celle d’Alice au Pays des Merveilles. Elle veut nous révéler un secret, pour s’en débarrasser, pour survivre. Mais existe-t-il des mots qui forcent la vérité à rendre gorge? Guérit-on jamais d’une enfance saccagée? Du fond de sa nuit, Thelma appelle au secours. Elle croit que le roi est nu et les grandes personnes capables du pire. Elle accuse, dénonce, pleure mais rit aussi pour conjurer l’angoisse. «Aimez-moi », répète-t-elle, et le lecteur n’y résiste pas.
Gabrielle Rolin (traductrice de l’ouvrage)

En ouvrant La bouche pleine de mots de Camilla Gibb, j’ai compris très vite que ce roman ne me ferait pas seulement suivre une histoire, il allait me faire entrer dans la tête de la petite Thelma, une petite abusée par son père sous le regard silencieux d’une mère qui détourne les yeux. Très vite, je me suis retrouvé prisonnier de ses pensées, comme si son esprit devenait le seul lieu possible pour comprendre ce qu’elle vit, ou plutôt ce qu’elle ressent. Le monde autour d’elle reste flou, presque inaccessible, mais ce n’est pas là que le roman veut nous conduire. C’est en elle que tout se passe, dans ce territoire intérieur où personne n’écoute, personne ne veut voir, sauf moi, lecteur malgré moi devenu confident involontaire.

Thelma se dépeint tour à tour comme un insecte sur un mur, une petite fille perdue, une femme fracturée, presque folle. J’ai suivi ses angoisses, ses doutes, sa douleur qui ne dit pas son nom. Elle porte sur la peau et dans l’âme les traces d’un père destructeur, mais aussi celles de ses propres choix, dictés par la confusion et la survie. Malgré la noirceur, jamais je ne me suis senti étouffé, il y a, dans l’écriture de Camilla Gibb, une délicatesse qui laisse filtrer parfois de minuscules éclats de lumière, de poésie, de ceux qui empêchent le désespoir de tout engloutir.

Ce qui m’a le plus bouleversé, c’est la façon dont l’autrice explore l’instabilité mentale de Thelma. Son esprit se fragmente, se décompose, se recompose autrement pour supporter l’insupportable. Le récit navigue entre époques, perspectives et états d’être, comme si la narration épousait les fissures de sa psyché. Peu à peu, je comprends ce qui l’a menée là, ce lent glissement intérieur. Et pourtant, au cœur de cette déchirure, il subsiste une force improbable, une forme de courage qui m’a serré la gorge.

Mais le roman ne s’arrête pas à la chute. Il raconte aussi la résilience, la lente remontée grâce à ces mains inattendues qui se tendent, ces êtres bienveillants qui l’accompagnent hors du gouffre, doucement, patiemment.

Je me suis demandé régulièrement pendant ma lecture si ce roman n’était pas autobiographique. Trop de subtilités ici ou là qui ont leur importance, beaucoup trop d’importance…
J’ai refermé ce livre, profondément remué par ce récit brutal, mais traversé d’espoir. Un roman qui donne voix à une enfant qu’on n’a jamais voulu entendre…

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Extraits :

« Voilà d’où vient l’homme que nous appelons notre père : il est assis dans une grange avec ses frères Gar-reth et Timothy, par un pluvieux après-midi dans les collines des Costwolds. Garreth, son aîné de deux ans, a regagné le foyer pour les vacances de Pâques après avoir fini son second trimestre au collège de Wheaton.
La mère, surnommée “Houpette” à cause du doux nuage de cheveux gris qui encadre son visage, ne se lasse jamais de faire l’éloge de son grand garçon, “un vrai petit gentleman à présent”… Timothy, le dernier, âgé de cinq ans, est assis, muet, les joues gonflées en permanence de bonbons assortis qu’il stocke dans sa bouche. Quand il ne dort pas, il passe la plupart du temps sans prononcer un mot. »

« Longtemps, j’ai eu l’impression que les gens saisissaient parfaitement ce à quoi je faisais allusion et je m’étonnais de leur obstination à ne pas le montrer.
Plus tard, rentrée chez moi, je battais la campagne, cherchais mon chemin dans un enchevêtrement de fougères et de groseilliers tout en chuchotant dans le noir à mon amant imaginaire. Je lui décrivais ce petit univers parfaitement clos et silencieux réservé aux étrangers. »

« Le matin, j’avais un endroit où aller : ma jolie école. Là, j’avais mon pupitre bien propre et je m’exerçais à écrire dans mon cahier neuf, sous l’œil de la charmante Mrs Kelly. C’est elle qui me donna le carnet intitulé: « Mon autobiographie» dans lequel j’allais révéler qu’à ma naissance j’étais un bébé mort et de couleur violette. Elle manifesta de l’inquiétude mais ce fut la suite qui l’incita à téléphoner à mes parents pour leur demander un entretien. Le deuxième paragraphe lui semblait pire que le premier. “Je m’appelle Thelma et je suis née morte, mon corps saigne, parfois je me transforme en insecte ou en caillou dans la cave, en une brindille, je roule mes yeux dans ma tête pour voir l’intérieur. C’est tout rouge et saignant. Ce que je préfère, c’est me transformer en poney shetland ou aller à l’école.” »

« Quand j’arrivais en retard à la maison, Papa qui m’avait attendue pour m’aider à faire mes devoirs me disait que j’étais une mauvaise élève et m’ordonnait de me coucher pour recevoir un châtiment. A présent, cela m’était égal. Je le laissais jouer à ses jeux dégoûtants et rêvais à Mrs Kelly en pensant : “Bientôt, il ne pourra plus jamais me faire ça.” »

Camilla Gibb est née à Londres en 1961, d’origine canadienne.
Elle a terminé son doctorat en anthropologie sociale à l’Université d’Oxford en 1997, et elle a passé deux ans à l’Université de Toronto à effectuer des recherches postdoctorales avant de devenir écrivaine à temps plein.

Elle est l’auteure de quatre romans, Mouthing the Words (La bouche pleine de mots), The Petty Details of So-and-So’s Life, Sweetness in the Belly et Beauty of Humanity Movement.

Elle a été lauréate du Prix Trillium en 2006 et finaliste pour le Scotiabank Giller Prize en 2005 en plus d’avoir reçu le Book Award de la Ville de Toronto en 2000 et le Prix littéraire CBC (Radio-Canada) de nouvelle en 2001.

Ses livres ont été publiés dans 18 pays et traduits dans 14 langues. Elle a été écrivaine invitée à l’Université de Toronto et à l’Université de l’Alberta et est membre auxiliaire d’enseignement au programme de maîtrise en création littéraire à l’Université de Toronto.

Émotion, Drame, Psychologie, Thriller

Le Testament

de John Grisham
Broché – 6 avril 2000
Éditeur : Robert Laffont

Ce testament, objet de toutes les convoitises, fascine tout le monde, sauf la principale intéressée : l’héritière.
Médecin missionnaire dans la jungle brésilienne, Rachel hérite de onze milliards de dollars, sur un dernier caprice de son père qu’elle connaît à peine. Du jour au lendemain, elle devient l’une des femmes les plus riches du monde. Comment réagira-t-elle quand elle l’apprendra ? Personne ne peut le dire…
Ni l’exécuteur de ce testament, lorsqu’il découvre que son client a déshérité ses six enfants légitimes pour léguer sa fortune à cette fille adultérine…
Ni les héritiers légitimes, bien déterminés à devenir enfin milliardaires…
Ni leurs hommes de loi, qui voient déjà danser des milliers de dollars d’honoraires…
Ni l’avocat alcoolique et suicidaire parti à la recherche de la jeune femme…
Qui serait assez fou – ou assez pur – pour renoncer à une telle fortune ?

En ouvrant Le Testament de John Grisham, je ne m’attendais pas à être entraîné si loin, au sens propre comme au figuré. Très vite, je me suis retrouvé happé par ce thriller dense, plein de rebondissements, dont chaque chapitre semblait m’appeler avec un suspens renouvelé. J’ai particulièrement savouré l’alternance entre les couloirs feutrés de Washington et la jungle brésilienne, cette autre jungle faite de serpents, d’alligators, de moustiques, d’humidité écrasante… et de dangers plus humains encore.

Au cœur du roman trône Troy Phelan, un magnat imbuvable, riche à l’excès, entouré d’ex-femmes cupides et de six enfants d’une avidité presque caricaturale. Tous n’attendent qu’une chose, se partager son immense fortune. Mais Troy leur offre un retour de bâton glacial. Le milliardaire lègue tout à une fille illégitime disparue depuis vingt ans, Rachel Lane, médecin missionnaire au fin fond du Brésil. À partir de là, l’histoire prend une tournure inattendue.

C’est Nate O’Riley, avocat brisé, rescapé de l’alcool, de la drogue et de ses propres démons, que l’on envoie sur les traces de cette héritière improbable. Je l’ai suivi dans son périple chaotique, les cartes imprécises, les rivières mouvantes, un avion qui s’écrase, son bateau qui chavire, les caïmans, les anacondas, les insectes porteurs de maladie… Et surtout cette quête presque impossible d’une femme dont on ne possède même pas la photo. À mesure que Nate avançait dans cette Amazonie immense et capricieuse, je sentais naître une tension nouvelle, un véritable souffle d’aventure qui m’a captivé.

Par contraste, les scènes où l’on revient aux batailles juridiques de la famille m’ont semblé un peu plus longues, mais elles restent essentielles à l’intrigue et montrent le cynisme presque jubilatoire de ces héritiers qui s’entredéchirent.

Ce roman a vu grandir mon intérêt au fil des pages. J’ai aimé sa dimension humaine, sa manière de confronter richesse obscène et dénuement absolu, ambition toxique et foi inébranlable.
Et surtout, j’ai apprécié que rien ne se passe comme prévu… Ni pour les avocats, ni pour Rachel, ni même pour moi, lecteur !

Le Testament m’a offert un voyage dépaysant, vibrant, parfois cruel, mais toujours profondément humain.

Extraits :

« Voici le dernier jour, la dernière heure. Je suis un vieil homme, seul et sans amour, malade, acariâtre, fatigué de vivre. Je suis prêt pour l’au-delà ; ça ne peut pas être pire qu’ici-bas.
Je possède le grand building de verre à l’intérieur duquel je suis assis et quatre-vingt-dix-sept pour cent de la compagnie qui y réside, sous moi; le terrain qui l’entoure sur presque un kilomètre à la ronde, les deux milles personnes qui y travaillent et les vingt mille réparties sur mes autres sites; et je possède le pipeline sous l’écorce terrestre qui apporte au building le gaz de mes houillères du Texas, les lignes électriques qui conduisent l’électricité, et le satellite grâce auquel j’aboyais mes ordres à mon empire planétaire. Mes biens excèdent les onze milliards de dollars. »

« Le problème quand on a de l’argent, c’est que chacun dans votre entourage veut sa part du gâteau. Juste une tranche, une petite lamelle. Qu’est-ce qu’un million de dollars pour un homme qui en a des milliards? Donne-moi un million, mon vieux, et tu ne verras même pas la différence. Fais-moi un petit prêt et on l’oubliera tous les deux. Mets mon nom dans ton testament, il y a de la place. »

« Donc, Rachel vivait dans une hutte ou une case et dormait sur un lit bâti de ses propres mains, cuisinait sur un feu de bois, mangeait le produit de ce qu’elle cultivait ou chassait, et enseignait les histoires de la Bible aux enfants et les Évangiles aux adultes ; et ne savait rien sur les événements, les inquiétudes et les pressions de la civilisation, ou s’en fichait éperdument. Elle était très satisfaite. Sa foi la soutenait.
Il semblait presque cruel d’aller l’ennuyer avec tout ça. »

« – Je ne veux pas de cet argent.
– Ne faites pas l’idiote.
– Je ne fais pas l’idiote. L’argent ne signifie rien pour moi.
– Cela devrait vous paraître évident.
– Vous ne savez même pas combien il y a.
– Ça ne m’intéresse pas. J’ai travaillé aujourd’hui sans penser une seconde à l’argent. Je ferai la même chose demain, et le jour suivant.
– C’est onze milliards, à quelques dollars près.
– C’est censé m’impressionner ?
– Moi, ça a éveillé mon intérêt.
– Mais vous adorez l’argent, Nate. Vous faites partie d’une culture qui l’idolâtre, où tout est mesuré par lui. C’est une religion.
– Exact. Mais le sexe est assez important aussi.
– Ok, l’argent et le sexe. Et quoi d’autre ?
– La célébrité. Tout le monde veut être célèbre. »

……………………………

Né en 1955, John Grisham a commencé sa carrière comme avocat dans une petite ville du Mississippi.
Avec La Firme, parue en 1991, il a rencontré son premier grand succès de romancier. Depuis, il a vendu plus de soixante millions d’exemplaires dans le monde au travers de nombreux romans dont L’Affaire Pélican, Le Maître du jeu, L’Associé, La Loi du plus faible, Le Testament, L’Héritage, Le Dernier Juré, Le Clandestin, L’Accusé, Le Contrat, La Revanche, L’Infiltré et, plus récemment, Chroniques de Ford County, tous publiés chez Robert Laffont.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Humour, Psychologie

Les flammes de l’autre rive

de Lucie Delacroix
Broché – 3 octobre 2025
Éditeur : Auto-édition

Et si la vérité vous attendait de l’autre côté de l’océan ?

Laura s’envole pour le Québec afin d’animer une colonie de vacances, le cœur lourd et les nerfs à vif. Chez elle, ses parents lui dissimulent un secret. Mais à peine arrivée sur le sol canadien, un courrier inattendu bouleverse ses repères : une lettre signée d’une personne liée à cette vérité qu’elle cherche depuis des mois.

Portée par les veillées au coin du feu, les confidences nocturnes et la complicité naissante entre les animateurs, Laura s’engage dans une quête aussi intime que lointaine. À travers les paysages grandioses de la Belle Province, c’est tout un pan de son histoire qui se révèle — et peut-être, au détour d’un regard ou d’une chanson, une rencontre qui changera tout.

Un roman lumineux sur la quête de soi, les secrets de famille
et l’amour qui naît là où on ne l’attend pas.

Dès les premières pages, j’ai été porté par la plume de Lucie Delacroix et par l’histoire de Laura. Entre les paysages grandioses, les expressions savoureuses et les soirées autour du feu de camp, je me suis laissé happer par ce roman vibrant d’émotions. On y parle d’amitié, de solitude, d’addiction, mais surtout de la quête des origines, ces racines invisibles qui nous façonnent et nous appellent, même à des milliers de kilomètres.

Laura est une jeune femme en colère, blessée par les secrets et les silences qui ont fissuré son enfance. Un jour, elle décide de tout quitter pour partir au Québec avec sa meilleure amie. Là-bas, au milieu des lacs et des forêts, elle espère souffler, se retrouver… Mais le destin lui réserve bien plus qu’une simple parenthèse. Une mystérieuse lettre déposée sur son oreiller dès son arrivée va tout bouleverser.
Qui lui écrit ? Et surtout, pourquoi maintenant ?

J’ai suivi Laura dans ce voyage initiatique avec le cœur serré. Elle découvre l’amitié sincère, l’amour naissant, la bienveillance d’une équipe d’animateurs, et cette nature généreuse qui soigne mieux que bien des mots. J’ai aimé ces moments simples, la musique des Cowboys Fringants, le sirop d’érable, les accents à travers les expressions québécoises… toute une atmosphère qui sent bon la vie.

Lucie a cette faculté de faire vibrer chaque émotion. Sa plume, fluide et sensible, capte le moindre frémissement d’un regard ou d’un silence. On rit, on espère, on pleure aussi. Car ce roman est une véritable montagne russe émotionnelle. On s’y brûle, mais il réchauffe aussi, car l faut savoir pardonner.
Et derrière l’histoire de Laura, il y a un message fort. Parfois, pour avancer, il faut accepter de regarder la vérité en face, même si elle fait mal.

La fin m’a bouleversé, tout simplement.
J’ai refermé le livre le cœur serré, mais le sourire aux lèvres. Les flammes de l’autre rive est un roman qui touche l’âme, c’est une ode à la résilience, à l’amour et à la vie sous toutes ses formes.

Et comme un joli clin d’œil, je remercie Lucie aussi pour la bande-son de ma lecture et plus encore, depuis, les Cowboys Fringants m’accompagnent à chaque promenade en promenant mon chien, j’adore !
Pas après pas, j’ai la banane !!!
Une très belle découverte…

Ce roman m’a touché bien au-delà des mots… il m’a fait du bien.

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Extraits :

« “Toute l’équipe d’Air Canada vous souhaite une excellente année ! Qu’elle vous apporte une belle blonde ou un bon chum et une belle job’. Enjoy !”
Alors que s’entrechoquent les coupes de champagne offertes par la compagnie aérienne, Florence déambule dans les allées les bras chargés de bouteilles vides. Elle se nourrit des sourires qui éclairent les visages des passagers. L’ambiance qui règne dans l’avion est presque magique. Français, Canadiens et autres nationalités trinquent et rient de bon cœur, se souhaitant le meilleur pour cette nouvelle année à venir. »

« Blessée par leur attitude, mais aussi infiniment triste que leur soutien sans faille ait finalement des limites. J’aurais aimé que ma mère soit là ce soir, qu’elle me prenne la main et me raconte enfin tout ce que je cherche depuis des mois. Tout ce qu’elle n’a jamais voulu me dire. »

« Mes parents sont passionnés par votre pays, je commence, y compris de ses chanteurs. Maman ne loupe pas une occasion de nous faire écouter ses CD rapportés de leurs divers voyages ici. L’autoradio de sa voiture ne doit pas savoir jouer autre chose, d’ailleurs. Mon enfance a été bercée par les titres de Lynda Lemay. »

« À la nuit tombée, la foule s’agglutine devant la scène dès la fin du concert précédent. Le groupe suivant semble très attendu et c’est également pour eux que nous sommes venus. Johan trépigne d’impatience. Il nous fraie un chemin sur le côté afin de parvenir à deux rangs des barrières, au pied du décor. Ainsi, nous serons aux premières loges pour admirer ces artistes québécois.
Dès que les quatre pionniers du groupe débarquent sur scène, les festivaliers sont en transe. Ils sont accueillis par un tonnerre d’applaudissements, la foule crie leurs noms un à un. Je reconnais les premières notes, qui débutent un spectacle grandiose. Les titres s’enchaînent et la connexion avec le public est extraordinaire. Les chansons engagées se succèdent, défendant avec ferveur des valeurs fortes, telles que la solidarité et l’environnement. »

Bretonne de 34 ans, Lucie Delacroix est mariée et maman de trois jeunes enfants. Salariée, elle consacre son temps libre à la lecture et l’écriture. Elle aime les « page-turner », ces romans qu’on ne peut plus refermer sans en connaître le dénouement. Naturellement, elle en écrit aussi, passionnée d’écriture depuis son plus jeune âge.

Plongez dans ses romans, des histoires pleines de rebondissements avec un soupçon de romance.

Les flammes de l’autre rive, fait partie des finalistes du Grand Prix Romanesque 2025 !

Amour, Émotion, Drame, Folie, Thriller psychologique

Point de fuite

Estelle Tharreau
Broché – 6 novembre 2025
Éditions : Taurnada Éditions

Alors qu’une tempête se déchaîne, un criminel tente d’échapper à la police et à son complice. Une réceptionniste dépose une étrange valise dans une chambre d’hôtel où un petit garçon est enfermé. Une femme guette l’arrivée du père de son enfant, et un steward désespéré attend d’embarquer pour un vol ultime.
Tous approchent du point de non-retour qui fera basculer leur existence.

Un huis clos labyrinthique où l’amour et la mort se livrent une course-poursuite infernale dans les entrailles d’un aéroport pris dans un déluge de neige et de glace.

J’ai retrouvé avec un immense plaisir la plume d’Estelle Tharreau dans son dernier roman, Point de fuite. À chaque nouveau livre, elle me surprend, m’emmène ailleurs, me bouscule un peu plus. Ici, elle m’a emmené dans un huis clos comme je les aime. Glacé, tendu et terriblement humain.

Dès les premières pages, la tempête fait rage. Petit à petit les acteurs du roman approchent d’un point de non-retour, celui qui fait basculer une vie. L’aéroport devient alors bien plus qu’un simple décor. Sous la plume d’Estelle, il se transforme en monstre d’acier et de verre, une sorte de labyrinthe oppressant où la neige et la peur se mêlent, puis finalement en prison. J’ai adoré cette sensation d’étouffement, ce froid qui s’infiltre jusque dans les pages. On ressent chaque vibration, chaque silence.

J’ai lu ce roman, il y a quelques jours, un soir de grand vent, bien au chaud dans mon lit, et je me suis laissé happer par cette atmosphère glaciale. Je voyais presque les flocons tourbillonner derrière les vitres, j’entendais le grondement des avions. Et cette femme avec sa poussette dans l’aéroport… elle m’a bouleversé.

Ce que j’aime chez Estelle, c’est sa capacité à sonder l’âme humaine, à explorer les failles de chacun. Ses personnages sont toujours sur le fil, entre la peur et le courage, entre la fuite et la rédemption. Ici, ils se débattent dans la tempête, pris dans un engrenage implacable où chaque décision compte.

Le suspense est constant, la tension monte à chaque chapitre, et l’auteure maîtrise son intrigue d’une main de fer. Tout est millimétré, pensé, calibré pour que le lecteur ne puisse plus lâcher prise. C’est un thriller court, mais d’une intensité rare, où l’émotion et la peur se sont livrés une véritable bataille, même dans ma tête…

Point de fuite est un roman noir, nerveux, mais profondément humain.
Il questionne sur la survie, l’amour, la culpabilité, et ce qu’on est prêt à faire pour s’en sortir.
Elle prouve définitivement pour moi qu’elle n’a pas son pareil pour explorer toutes les zones d’ombre de l’âme humaine.

Un grand merci à Joël des Éditions Taurnada pour cette lecture qui m’a glacé le sang autant qu’elle m’a captivé

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Extraits :

« Comme une flèche étincelante tirée dans la nuit, la navette était propulsée à travers les tunnels ralliant l’aéroport. Lors de son déplacement, son souffle puissant s’accompagnait d’un grincement pénible. Le tumulte extérieur des wagons tranchait avec l’inertie intérieure dans laquelle les passagers étaient plongés. »

« Avant de pénétrer dans son gigantesque hangar, le responsable technique, au gilet orange à bandes réfléchissantes, ne put s’empêcher de contempler le ciel. Il savait que les dieux de la tour de contrôle auraient besoin de lui si le monstre météorologique ne déviait pas sa trajectoire et venait s’abattre sur l’aéroport. »

« Dans les halls de l’aérogare, dans les salles réservées au personnel navigant ou d’escale, à la réception, des hôtels, tout individu portant un uniforme s’affairait avec une sérénité étonnante. Dans ces lieux stratégiques, l’alerte avait également été transmise. Tout devait être prêt pour parer l’impact des bourrasques, des congères, du gel, mais surtout, des avions cloués au sol et de la déferlante de voyageurs harassés, anxieux, perdus, furieux qui constituerait, pour tous ces agents, une réplique tellurique de la secousse provoquée par la tempête. Malgré leur propre fatigue et inquiétude, c’est avec calme et diplomatie qu’ils devraient gérer cette submersion humaine. »

« Attends-moi le 13 décembre au terminal C. Je serai sur le vol ALB423. Je t’envoie ce billet pour que nous partions ensemble en espérant que le cessez-le-feu se poursuive et que les négociations de paix aboutissent. Si ce n’est pas le cas, je ne peux t’offrir qu’un pays en guerre, que je n’abandonnerai pas. Si tu ne souhaites pas courir ce risque, dis-le-moi par courrier. C’est le seul moyen de communication encore à peu près fiable. Je t’en prie, fais vite que je sache si je dois venir vous récupérer ou non. Si tu maintiens ta décision de me suivre, prépare-toi à tout quitter, à tout perdre jusqu’à la vie ou celle du bébé. »

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

Le Dernier festin des vaincus
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/01/le-dernier-festin-des-vaincus/

L’Alpha & l’Oméga
https://leressentidejeanpaul.com/2024/11/07/lalpha-lomega/

Émotion, Drame, Psychologie, Violence

L’Île des chasseurs d’oiseaux

de Peter May
Poche – 3 novembre 2011
Éditeur : Babel

Chargé de l’enquête sur un assassinat commis à Édimbourg, Fin Macleod est envoyé sur son île natale de Lewis, en Écosse, quand un second cadavre apparemment exécuté selon le même modus operandi y est découvert. Persuadé que les deux affaires ne sont pas liées, Fin doit composer avec un décor et des gens qu’il a quittés dix-huit ans auparavant… Sur fond de traditions ancestrales d’une cruauté absolue, Peter May compose un roman palpitant parsemé de fausses pistes, de scènes glaçantes et de personnages aussi frustes que menaçants.

Il y a longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi original.

Il y a longtemps que je n’avais pas été happé par un roman aussi original.
L’Île des chasseurs d’oiseaux m’a transporté sur l’île de Lewis, au nord de l’Écosse, là où le vent sculpte la lande et où la mer rugit sans relâche. C’est une terre rude, presque sauvage, que Peter May dépeint avec une intensité telle que j’avais l’impression d’y marcher, le visage fouetté par la pluie et le vent.

Tout commence par un meurtre, mais très vite, je comprends que l’enquête n’est qu’un fil parmi d’autres… une excuse à un roman très audacieux…
L’inspecteur Fin Macleod, envoyé sur place, retrouve son île natale qu’il avait fuie depuis des années. Il y revient contraint, lesté du deuil de son fils et d’un mariage à bout de souffle. Cette enquête le replonge dans un passé qu’il pensait loin derrière et enterré.

J’ai été fasciné par la façon dont les souvenirs de Fin se mêlent au présent, comme des nappes de brume qui se dissipent lentement. À mesure que l’histoire avance, ce ne sont pas seulement les faits qui se révèlent, mais les hommes, leurs blessures, leurs silences. L’île devient un personnage à part entière, à la fois refuge et piège.

Et puis, il y a cette expédition sur An Sgeir, cet îlot battu par les vents où, chaque année, des hommes partent chasser les « gugas », les jeunes fous de Bassan. Une tradition à la fois fascinante et terrible, presque mythique. C’est là que tout se noue, que le passé rejoint le présent, que la mémoire se fissure.

L’écriture de Peter est sobre, fluide, profondément visuelle. Elle m’a plongé dans une atmosphère crépusculaire, dense, empreinte d’émotion. Ce roman est plus qu’un polar : c’est une exploration de l’âme humaine, de la culpabilité et de la rédemption.

J’ai refermé le livre avec cette sensation étrange qu’il me manquait quelque chose, comme si je quittais moi aussi cette île rude et magnifique. Mais, je sais d’ores et déjà que je reviendrai, avec le deuxième tome de cette trilogie écossaise…

Un roman à lire absolument !
Un grand merci à David Fréchou pour cette très belle idée de lecture…

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Extraits :

« Contrairement à d’habitude, la brise est légère et, pour une fois, tiède, comme un souffle sur la peau, doux et attirant. Dans le ciel d’août, une fine brume masque les étoiles mais la lune, aux trois quarts pleine, parvient tout de même à projeter sa lumière fantomatique sur le sable laissé humide par la marée descendante. Avec douceur, la mer va et vient sur la plage. L’écume phosphorescente libère des bulles argentées qui restent accrochées au sable doré. Ils dévalent la route qui descend du village. Le sang leur bat les tempes avec force, comme des vagues s’écrasant au pied d’une falaise. »

« Nous vivions dans ce que l’on appelle une whitehouse, à un peu moins d’un kilomètre du village de Crobost. Ce village faisait partie de la commune de Ness, située sur la pointe la plus au nord de l’île de Lewis, qui était elle-même l’île la plus au nord de l’archipel écossais des Hébrides extérieures. Les whitehouses dataient des années vingt. Les murs étaient faits avec de la pierre et de la chaux, ou avec des blocs de béton, et les toits étaient couverts d’ardoise, de tôle ondulée ou de feutre bitumé. Elles avaient été construites pour remplacer les anciennes blackhouses, qui étaient constituées de murs de pierres sèches et d’un toit de chaume, et dans lesquelles s’abritaient hommes et bêtes. Un feu de tourbe brûlait nuit et jour dans la pièce principale. Il n’y avait pas de cheminée et la fumée était censée s’évacuer par un trou pratiqué dans le plafond.
Bien sûr, ce n’était pas très efficace. Les maisons étaient toujours enfumées et l’espérance de vie assez courte. »

« Parce que ce n’est que le début. Le visage de Fionnlagh s’empourpra sous l’effet de l’excitation. « Les prémices d’un Etat policier. On va tous finir dans un fichier, quelque part, référencés grâce à notre ADN, et on pourra plus rien faire ni aller où que ce soit sans que quelqu’un sache pour-quoi, d’où on vient et où on va. Et ensuite on nous refusera un emprunt, ou une assurance-vie, parce que la compagnie d’assurances estimera qu’on représente un risque.
Tout sera là, dans le fichier ADN. Ton grand-père mort d’un cancer, ou peut-être un problème d’antécédent cardiaque du côté de ta mère. On te refusera un boulot parce que celui qui voulait t’embaucher découvrira que ton arrière-grand-mère a été internée dans un asile psychiatrique et que ton ADN ressemble furieusement au sien. »

Écrivain écossais, Peter May habite depuis une dizaine d’années dans le Lot.
Il a d’abord été journaliste avant de devenir l’un des plus brillants et prolifiques scénaristes de la télévision écossaise. Il y a quelques années, Peter May a décidé de quitter le monde de la télévision pour se consacrer à l’écriture de ses romans. Le Rouergue a publié sa série chinoise avant d’éditer la trilogie écossaise (parue d’abord dans sa traduction française avant d’être publiée, avec un immense succès, en anglais).

Émotion, Drame, Roman, Terroir

La Vie est une histoire vraie

de Frédérique-Sophie Braize
Broché – 16 octobre 2025
Éditions : Presse de Cité

Lectrice de manuscrits chez un éditeur réputé, Ava apprend qu’elle risque de perdre la vue. C’est le choc. L’ophtalmologue lui interdit le moindre effort, même un ébat amoureux. Il lui reste peu de temps pour admirer les beautés de la nature et aiguiser ses autres sens. Contre l’avis de son compagnon, la belle rousse quitte Paris pour Abondance, dans ces paysages savoyards où elle a été heureuse avant.
Le bon air, le bleu d’altitude… Un monde hors du temps où vit Germinie, faiseuse de secrets, qui, Ava l’espère, saura éloigner d’elle l’angoisse et l’obscurité. Où vit aussi Virgil, séduisant homme des bois au métier rare de « sanglier ».
Le trouble et l’émoi qui les poussent l’un vers l’autre mèneront-ils Ava sur la voie de la guérison ?

Un roman vrai tout en sensualité, drôlerie et émotion,
avec une héroïne irrésistible qui chemine, toujours, vers la lumière

Après avoir lu tous ses précédents romans, j’avais tellement hâte de lire le dernier roman de Frédérique-Sophie Braize, “La vie est une histoire vraie”…

Je viens de le terminer et je ne sais pas par où commencer. Pour la simple et bonne raison que ce roman n’est pas un simple roman. Il est une “tranche” de vie de Frédérique-Sophie… Une tranche de vie où, comme elle le dit si bien, parfois elle “tord la vérité pour construire son récit, elle déplace les événements, les lieux et invente certains personnages afin qu’il demeure un roman”… Mais il est beaucoup plus que cela…

Lorsque je lis un roman de Frédérique-Sophie, je sais que je vais vivre une, lorsque ce ne sont pas plusieurs histoires incroyables. Souvent des histoires de femmes… Elles sont fortes, elles sont touchantes, émouvantes et, profondément humaines.
L’Histoire et le réel prennent aussi une place très importante dans ses récits, c’est régulièrement une remontée dans le temps, son écriture, ses dialogues pleins de tendresse qui me mènent vers une autre époque… Des sagas familiales, leurs secrets, leurs souffrances, et toujours une très belle solidarité entre des “personnages” qui ont une âme et cela fait du bien. Et puis, il y a la nature, les arbres et la montagne, cette terre qu’elle chérit et qu’elle sait décrire avec tant de justesse. La vie tout simplement…

Frédérique-Sophie, oups ! Ava, quitte Paris pour Abondance, un village de montagne où vit Germinie, une faiseuse de secrets renommée. Elle vient d’apprendre qu’elle risque de perdre la vue. C’est en pleine montagne, entourée de ses amis et de Virgil, que la belle rousse décide de faire un point sur sa vie, mais surtout de lutter comme il se doit contre cette cécité qui envahit ses yeux et petit à petit obscurcit son horizon. Eva est bien loin d’imaginer toutes les aventures qu’elle vivra dès lors, sur la voie de la guérison.

Je l’ai dévoré !
J’ai ri, j’ai tremblé, j’ai été ému. J’ai refermé ce livre le cœur gonflé d’une gratitude immense. Frédérique-Sophie signe ici un récit d’une sincérité bouleversante, un hymne à la vie, à la lumière, à la résilience.
Son roman m’a fait respirer…
Et ce clin d’œil à “Mouton”… Quelle délicieuse surprise !

Gros bisous à toute ta famille…

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Extraits :

« — Interdit de porter une valise ou un enfant. Défendu de vous pencher en avant. Et surtout pas d’ébats amoureux ! Un baiser peut vous faire perdre la vue. Voilà…
c’est tout.
Les paroles de l’oculiste portent un coup à Ava. La tête lui tourne presque. En quoi un baiser est-il si redoutable ? Risque-t-elle de se retrouver dans le noir à la moindre étreinte ? »

« Postée à la fenêtre, Ava regarde en direction d’un point connu d’elle seule. Elle plisse les yeux, même s’il n’y a pas de soleil mais un ciel de tôle sur l’après-midi finissant. La lectrice pourrait demeurer là, à espérer que d’illustres ophtalmologues parviennent à la guérir.
Or elle craint de perdre son temps en restant dans le 5€ arrondissement. Lorsque l’on n’a plus que quelques mois à voir, il convient de les utiliser avec discernement.
Aussi ouvre-t-elle les placards en quête du répertoire de sa mère. Sa persistance à s’agiter agace Ray :
– Qu’est-ce que tu fabriques ?
– Je cherche le numéro de Germinie.
– Ne t’emballe pas. Laisse-moi le temps de contacter quelques personnes. Je vais t’obtenir un rendez-vous à la fondation Rothschild pour avoir un autre avis. »

« Malgré son agenda chargé, il a tenu à l’accompagner. Il est curieux de rencontrer Germinie et de découvrir ce village savoyard qu’Ava considère – à tort – comme un refuge. Alors qu’elle déplie le prospectus, il lâche un ronflement. S’il n’était pas déjà en train de dormir, voilà ce qu’il pourrait lire :
Aussi appelé station-village de charme, ce bourg montagnard de Haute-Savoie se situe à trente kilomètres du lac Léman, et à quinze minutes de la frontière suisse. La station de ski est reliée au domaine des Portes du Soleil, un des plus grands du monde. Abondance, c’est aussi un habitat typique, une race de vache et un fromage qui contribuent à la réputation de ce village d’exception. »

« Ava est réveillée par des chuchotis. Voix masculine et féminine. Virgil et Germinie. Elle ouvre les yeux. L’aube darde un rai de clarté dans la chambre, la preuve que sa vue n’a pas filé à l’anglaise pendant la nuit. Elle se lève, se débarbouille, emprunte le couloir. Là, elle est saisie d’un profond étonnement en réalisant qu’elle s’est trompée sur le détenteur de la voix d’homme, compte tenu de la soutane. Germinie barre un zona à un prêtre qui a hésité à la consulter. Et pour cause : la rumeur dit que la guérisseuse sait lire sur le front des gens s’ils sont – ou non – aimés du Ciel. »

Frédérique-Sophie BRAIZE romancière, nouvelliste, chroniqueuse de presse écrite, née à Évian. Fille unique d’un alpiniste – réalisateur des Colonnes de Buren à Paris – elle vit dix ans chez ses grands-parents, des paysans de montagne. Elle fait ses études au Pays de Galles d’où elle revient diplômée en Business et Finances du Polytechnic of Wales. Elle travaille dans la sécurité privée et industrielle avant de se lancer dans l’écriture. Elle partage sa vie entre la Haute-Savoie et Paris avec Mouton, son chien de berger.

Parutions récentes et à venir :

Paysannes de montagne (éd. Lucien Souny 2015) Grand Livre du mois / Format poche (éd. Souny Poche 2018)

Pour quelques arpents de rêve (éd. Lucien Souny 2016)

Sœurs de lait (éd. De Borée 2018) Grand Prix littéraire de l’Académie de Pharmacie 2018. Prix Patrimoine 2018. Format poche (Coll. Terre de Poche, éd. De Borée 2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/11/01/soeurs-de-lait/

Lily sans logis (éd. De Borée – 2019) Adapté en “Livre à deux places” pour “Lire et faire lire” d’Alexandre Jardin en 2020.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/05/23/lily-sans-logis/

Une montagne de femmes (éd. Les Passionnés de bouquins 2019) Prix Welter. Prix Ecriture d’Azur
https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/31/une-montagne-de-femmes/

Un voyage nommé désir (éd. Presses de la Cité 2021) Trophée des Savoyards du monde. Prix Machiavel 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/03/09/un-voyage-nomme-desir/

Les liaisons périlleuses (éd. Presses de la Cité 02/2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/26/les-liaisons-perilleuses/

Ses livres sont toujours inspirés de faits réels tombés dans l’oubli : histoire vraie, fait de société, fait historique…

https://www.instagram.com/frederiquesophiebraize/?hl=fr
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Anticipation, Émotion, Drame, Thriller psychologique

Transylvania

de Nicolas Beuglet
Broché – 18 septembre 2025
Éditeur : XO

Il était une fois…

Encore aujourd’hui, on prétend que le château de Bran, en Transylvanie, était la propriété du comte Dracula. Rares sont ceux qui s’arrêtent dans cet hôtel reculé, cerné par la neige et la glace. L’endroit paraît habité par des fantômes depuis la nuit des temps.

C’est là que la jeune inspectrice Mina Dragan est envoyée pour enquêter sur un meurtre étrange. Un cadavre gît dans une chambre. Celui de l’unique client de l’établissement. À ses côtés traîne une vieille malle verrouillée. Avant de disparaître, l’assassin a inscrit un tatouage énigmatique sur la main de sa victime.

Mina Dragan ne le sait pas mais c’est pour elle le début d’un jeu de piste terrifiant qui lui fera découvrir la face cachée et peut-être pas si imaginaire des contes de fées de notre enfance.

Et si la clé de tous ces mystères se trouvait dans un seul livre ?
Un livre fondateur. Il était une fois Transylvania…

Dans ce thriller qui plonge dans les profondeurs de notre subconscient, Nicolas Beuglet explore, une fois de plus, les ombres du passé pour éclairer l’avenir. Haletant. Vertigineux. Passionnant.

Avec Transylvania, son huitième roman, Nicolas Beuglet nous entraîne dans un thriller aussi fascinant qu’inquiétant, fidèle à sa manière d’offrir plusieurs niveaux de lecture. Dès les premières pages, j’ai été happé par cette atmosphère glaciale, dans le château du comte Dracula, perdu au milieu des montagnes enneigées. Un meurtre, un tatouage mystérieux, un magnat de la finance assassiné, et la presse mondiale qui s’enflamme… Tout est en place.

Au cœur de cette tempête, Mina Dragan, jeune policière roumaine, mène sa première enquête. Fragile et forte à la fois, elle se retrouve bientôt manipulée par une main invisible, guidée vers un univers où les contes des frères Grimm se mêlent à la noirceur du réel. J’ai adoré cette dualité, le polar moderne qui épouse les codes du gothique, la raison qui lutte contre l’étrangeté.

Très vite, j’ai compris que la véritable enquête ne se limitait pas au meurtre. Elle se cache entre les lignes, dans les symboles, dans les illusions. Comme Mina, j’ai douté, j’ai suivi les fausses pistes, cherché la vérité derrière les apparences. Et à la page 188, tout bascule. Nicolas ralentit le rythme, une nouvelle angoisse s’installe, et LA QUESTION surgit : Et si le mal n’était pas là où on le croit ?

L’écriture est fluide, précise, parfois cinématographique. Les décors sont somptueux, l’atmosphère oppressante, les réflexions terriblement actuelles. l’intelligence artificielle, les réseaux sociaux, la surveillance, et cette place de plus en plus fragile qu’occupe aujourd’hui la lecture dans nos vies connectées.

J’ai été surpris, ébranlé, puis captivé.
Transylvania m’a tenu éveillé durant ma lecture et cela risque de continuer bien au-delà de la dernière page. Un roman total, à la fois thriller, miroir du monde et fable moderne.
Un excellent moment de lecture, un véritable coup de cœur et une fin qui, à priori, n’est qu’un commencement…
La dernière ligne laisse présager une suite !!!

Extraits :

« Mina pila, tira le frein à main et coupa le contact. Après avoir pris une profonde inspiration, elle tourna la tête vers son coéquipier assis sur le siège passager. Coiffé de sa casquette d’agent de police, il regardait droit devant lui, l’air rageur. Du sang coulait de sa joue gauche et sa peau commençait à se teinter du bleuté de l’hématome. »

« Mina s’étira un peu pour essayer de voir ce que l’écran de son téléphone affichait de si captivant. Et distingua que la jeune femme ne tenait pas un smartphone entre ses mains, mais un livre.
Elle l’observa longuement, vivant par procuration le plaisir que devait éprouver cette lectrice. Malgré son abandon précoce de l’école, Mina avait toujours entretenu un rapport intime avec les livres, notamment grâce à sa mère bibliothécaire. Les livres qui, elle ne l’avait pas précisé au commissaire, lui avaient permis de s’évader lorsque la vie devenait trop dure à bord du bateau de pêche. Les livres qui l’aidaient par moments à combattre son complexe d’avoir redoublé sa classe de troisième et finalement quitté l’école avant le lycée. »

« Même si elle avait fait face à différentes situations qu’une femme de son âge ne connaîtrait jamais, à cet instant elle doutait de sa force, de ses capacités à affronter un défi qui lui avait paru moins intimidant lorsqu’elle l’avait accepté dans le bureau du commissaire. Ses mains tremblèrent et elle sut que bientôt ses jambes allaient flageoler, sa respiration deviendrait difficile, la nausée lui monterait aux lèvres. »

« – Au moins, à mon époque, on aidait les enfants à être responsables, aujourd’hui, on les protège tellement qu’ils ne savent plus rien faire. »

« – Je suis le dernier descendant de Wilhelm Grimm, très chère madame… Dragan. Mina Dragan ! Quel nom, mes amis, quel nom ! s’enthousiasma le dénommé Alphonse en frappant les planches de la scène d’un coup de canne. Vous avez tellement le profil pour être une héroïne ! »

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Après avoir écrit des scénarios pour la télévision, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer pleinement à l’écriture de romans. Salué par la presse, il est devenu en six ans et autant de romans l’une des plus grandes plumes du thriller français. Il est l’auteur chez XO Editions de deux trilogies : la première a pour héroïne Sarah Geringën (Le Cri, Complot, L’Île du Diable) et la deuxième Grace Campbell (Le Dernier Message, Le Passager sans visage et L’Archipel des oubliés).
Le mot de l’éditeur: “En huit ans et presque autant de romans, Nicolas Beuglet est devenu un géant du thriller français. Après L’Archipel des oubliés, il y a deux ans, Nicolas Beuglet confirme avec brio l’originalité et la densité de son univers littéraire dans ce roman policier”.

Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa famille.

Le Cri (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/09/le-cri-de-nicolas-beuglet/

Complot (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/07/31/complot/

L’île du Diable (2019)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/08/04/lile-du-diable/

Le dernier message (2020)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/21/le-dernier-message/

Le passager sans visage (2021)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/12/10/le-passager-sans-visage/

L’Archipel des oubliés (2022)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/31/larchipel-des-oublies/

L’ultime avertissement (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/12/01/lultime-avertissement/

Drame, Noir, Psychologie, Thriller psychologique

L’homme qui voulait vivre sa vie

de Douglas Kennedy
Poche – 21 octobre 2010
Éditeur : Pocket

Un poste important, une vaste maison, une femme élégante, un bébé : pour tout le monde, Ben Bradford a réussi.
Pourtant à ses yeux, rien n’est moins sûr : de son rêve d’enfant – être photographe – il ne reste plus rien. S’il possède les appareils photo les plus perfectionnés, les occasions de s’en servir sont rares. Et le sentiment d’être un imposteur dans sa propre existence est de plus en plus fort…

« Douglas Kennedy bouillonne de talent, sa narration est haletante,
sa construction sans faille. »

Martine Laval – Télérama

Je découvre Douglas Kennedy avec “L’homme qui voulait vivre sa vie”, et je dois dire que cette lecture m’a profondément marqué. Dès les premières pages, j’ai été happé par ce récit puissant, aussi troublant que lucide, où l’auteur nous entraîne dans la vie bien réglée — trop bien réglée — de Ben Bradford, un homme que tout le monde pourrait envier. Avocat brillant, marié, père de famille, installé dans une belle maison… Il coche toutes les cases de la réussite. Et pourtant, il suffoque.

Ce roman m’a frappé par sa précision, par la manière dont l’auteur dissèque sans complaisance une société américaine obsédée par l’argent, l’image et le qu’en-dira-t-on. Tout est apparence, performance, domination. Et Ben, prisonnier de ce système, rêve en silence d’une autre existence, plus vraie, plus libre. Jusqu’au jour où tout bascule. Quand sa femme le trompe, son monde s’écroule. Alors il agit, dans un geste insensé, irréversible. À partir de là, tout devient vertigineux.

Douglas Kennedy ne se contente pas de raconter une fuite, il explore le besoin viscéral de vivre une vie choisie, et non subie. Ce que j’ai aimé, c’est cette tension permanente entre la peur et le désir, la fuite et la reconstruction, l’ombre et la lumière. Il y a dans ce livre une réflexion profonde sur l’identité, la liberté, la photographie aussi — cet art de figer un instant pour mieux saisir l’essence du monde.

J’ai trouvé l’écriture efficace, presque cinématographique, malgré une traduction parfois maladroite qui m’a un peu freiné. Et même si la fin m’a semblé un peu rapide, elle laisse un goût doux-amer, comme un écho à nos propres questionnements.

Ce roman m’a rappelé que vivre, c’est risquer. Que parfois, il faut tout perdre pour se retrouver.
Et qu’au fond, la vraie réussite n’est peut-être pas celle que les autres voient, mais celle que l’on ressent.

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Extraits :

« Alors qu’Adam a été un bébé de gravure de mode, le genre d’adorable bambin qui sourit dans la lumière irisée d’une pub pour couches-culottes, Josh, lui, est une petite brutasse. Une tête trop grosse, un nez de boxeur et un tempérament de pitbull. Bien sûr, je l’aime, mais je me demande si je l’aime bien. Il me met mal à l’aise, et pas seulement parce qu’il hurle tout le temps: parce qu’il n’a pas l’air heureux d’être venu au monde. J’ai l’impression que cela doit aussi tenir au fait qu’il représente pour moi, tout comme la maison elle-même, un boulet domestique parmi beaucoup d’autres. Un de mes amis a une formule très imagée pour décrire cette situation: au premier gosse, dit-il, on croit encore avoir de la marge, on ne veut pas admettre qu’on est enferré jusqu’au cou dans la vie à crédit et les traites au banquier. Au second, on doit admettre qu’on est devenu un père de famille sérieux, qu’on a des obligations jusque-là. »

« Moins de quinze jours après notre arrivée, elle avait déjà décroché un job au bureau parisien de Newsweek.
Trois mois plus tard, son français étant devenu très convenable, elle devenait assistante de production chez CBS News. Et cinq mois après, elle était rentrée un soir en m’annonçant que notre histoire était terminée : elle allait vivre avec son patron, le chef du bureau de CBS à Paris. »

« “Réussir, réussir, réussir.” A posteriori, cette crise de déprime de mes vingt ans et quelques me laisse perplexe : pourquoi étais-je si crispé, pourquoi en étais-je arrivé à perdre toute confiance en moi et en mes chances de vivre de mes photos ? J’aurais pu, j’aurais dû me dire qu’au moins j’aimais regarder le monde à travers un objectif, qu’on ne s’improvisait pas photo-graphe, qu’il me fallait parfaire ma technique au lieu d’angoisser hystériquement en désespérant de ne pas encore me voir au faîte de la profession. »

Douglas Kennedy est né à New York en 1955, et vit entre les États-Unis, le Canada et la France.
Auteur de trois récits de voyage remarqués :
Au pays de Dieu (2004),
Au-delà des pyramides (2010)
et Combien ? (2012)

Il s’est imposé avec :
Piège nuptial (1997), porté à l’écran par Stephen Elliot,
L’homme qui voulait vivre sa vie (1998), adapté au cinéma par Éric Lartigau en 2010, avec Romain Duris et Catherine Deneuve,
Les Désarrois de Ned Allen (1999).

Ont suivi La Poursuite du bonheur (2001),
Rien ne va plus (2002), (Prix littéraire du Festival du cinéma américain de Deauville 2003),
Une relation dangereuse (2003),
Les Charmes discrets de la vie conjugale (2005),
La Femme du Ve (2007), adapté au cinéma en 2011 par Pawel Pawlikowski, avec Kristin Scott Thomas et Ethan Hawke,
Quitter le monde (2009),
Cet instant-là (2011),
Cinq jours (2013),
Murmurer à l’oreille des femmes (2014),
Mirage (2015),
Toutes ces grandes questions sans réponse (2016),
La Symphonie du hasard (2017-2018),
Isabelle, l’après-midi (2020),
Les hommes ont peur de la lumière (2022),
Et c’est ainsi que nous vivrons (2023
Ailleurs, chez moi (2024).

Tous ses ouvrages ont paru chez Belfond et sont repris chez Pocket.
Douglas Kennedy a également publié une série de livres jeunesse illustrés par Joann Sfar, Les Fabuleuses Aventures d’Aurore, aux éditions PKJ.

Émotion, Drame, Psychologie, Suspense, Thriller

L’Antidote

de Tom Clearlake
Broché – 2 juin 2025
Éditeur : Moonlight éditions.

Andrew Fisher, père de famille sans histoires, disparaît sans laisser de traces.
Pour la police, il a fui délibérément, accablé par son récent licenciement.
Tess Lambert, ex-agent du FBI devenue détective privée, ne croit pas à cette version. Fisher occupait un poste important chez Corequantech, un géant des nouvelles technologies établi au cœur de la Silicon Valley.
Elle va percer le mur du secret professionnel de cette multinationale et découvrir qu’il travaillait au sein d’un laboratoire, avec quatre autres scientifiques spécialisés dans la génération d’intelligences artificielles avancées.
Persuadée que cette piste n’est que la face émergée d’un iceberg, elle va se mettre en quête de retrouver les ex-collègues de Fisher, et ouvrir une porte sur des révélations qui dépassent l’imaginable.
Quelque chose de plus vaste, de plus sombre, se cache derrière cette disparition.

Après « Sans retour », « Le Seuil », « Avides » et « Signatures », plongez dans ce techno-thriller infernal signé Tom Clearlake !

Quel bonheur d’être à nouveau surpris par un auteur que je suis depuis ses débuts !
Avec L’Antidote, Tom Clearlake sort de sa zone de confort, et pour moi, ce fut un vrai cadeau de lecture.

Dès les premières pages, je me suis retrouvé happé par cette histoire, véritable grand écart du début à la fin, qui démarre par une mystérieuse disparition. Peu à peu, un univers sombre et inquiétant s’installe, un monde qui, derrière sa part d’imaginaire, nous renvoie à une réalité peut-être bien plus proche que nous ne le pensons.

Ce roman est inclassable. Tom nous entraîne dans un récit qui brasse une multitude de thèmes et qui fait voyager mes émotions d’un extrême à l’autre, colère, haine, peur parfois, mais aussi douceur, humanité, amour, respect de la nature, des animaux et envers son prochain…. Cette richesse donne une profondeur singulière à l’histoire et la rend d’autant plus inoubliable.

Au cœur du récit, Tess Lambert. Détective privée et ancienne agente du FBI, elle se lance dans une enquête qu’elle n’aurait jamais imaginée, mais qui résonne intimement avec ses valeurs. Je l’ai trouvée incroyablement attachante. À la fois forte et fragile, obstinée et vulnérable, elle incarne à mes yeux le symbole de la résistance, ce contrepoids nécessaire face à un monde qui court à sa perte, happé par la technologie et la déshumanisation. Serait-elle la clé de cette résistance devenue nécessaire ?

L’ambiance, les révélations ponctuelles, le suspense qui monte sans cesse… tout est parfaitement maîtrisé. J’ai aussi beaucoup apprécié l’univers technologique, dense mais accessible, et surtout original. Tom Clearlake réussit à me faire tourner les pages avec frénésie tout en m’invitant régulièrement à réfléchir aux dérives de notre époque et à un besoin vital d’entraide et d’humanité.

L’Antidote est un véritable “tourne-page”, mais aussi un roman porteur de sens. Un énorme coup de cœur que je vous recommande sans hésiter !
Et cerise sur le gâteau, il y aura une suite… J’ai déjà hâte d’y plonger.

Merci Tom, pour ta confiance et pour ce moment de lecture aussi intense que marquant.

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Extraits :

« – Maman, il est parti où papa ?
La mère entendit à peine la voix de sa jeune fille. Ses yeux étaient fixés sur un point vague, au loin, en direction de ce magasin, de l’autre côté de la route. Andrew y était allé pour acheter de la crème solaire.
– Hein maman, il est parti où ?
Le regard azur d’Emily Fisher ne dévia pas. Elle passa une main devant ses yeux pour dégager ses mèches brunes rabattues par le vent.
Daniel prit le relais de sa sœur ainée :
– Mais il est parti où papa ?!
– Il ne va plus tarder à revenir, les enfants. »

« Elle composa le 911, le cœur battant à tout rompre. La voix énergique d’une jeune femme s’éleva :
– 911, quelle est votre urgence ?
Emily respira profondément pour se calmer, et tâcha de parler clairement :
– Mon nom est Emily Fisher. Je vous appelle car mon mari
Andrew a disparu.
– Il va me falloir plus d’informations, madame. »

« Dans le paysage dynamique de la technologie mondiale, Corequantech émerge comme un colosse, dominé par une quête incessante d’innovation et une culture d’entreprise exclusivement basée sur le rendement. Fondée en 1980, cette multinationale, avec ses racines profondément ancrées dans la Silicon Valley, s’est imposée comme un leader incontesté dans les domaines de l’informatique classique et à présent quantique, des nanotechnologies, de la robotique indus-trielle, spatiale et domestique. Toutefois, derrière le voile de ses succès, se cache une réalité complexe, marquée par la compétitivité, et frappée du sceau du secret professionnel.
Une Course à l’Innovation. »

« Nous avions tous les cinq un idéal commun, le rêve d’un monde meilleur, d’une humanité unie, évoluant sur une planète sans frontières, exempte de guerre, de pollution, gouvernée avec sagesse. Nous voulions changer le monde et nous savions que l’intelligence artificielle allait ouvrir les portes d’une nouvelle ère. Au fil de nos réunions et de nos discussions en dehors du cadre du laboratoire, cet idéal s’est peu à peu concrétisé en un objectif. L’objectif ultime : la génération d’une super intelligence artificielle. »

Tom Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

« Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir. »

Drame, Folie, Polar, Psychologie, Violence

Adieu

de Jacques Expert
Poche – 27 mars 2013
Éditeur : Sonatine éditions

2001, Châtenay-Malabry. Une mère, son fils et sa fille sont retrouvés assassinés à leur domicile. Le père est porté disparu. Est-il lui aussi victime ou bien coupable ? Les recherches s’organisent, sous la direction du commissaire Langelier. Un mois plus tard jour pour jour, c’est au tour d’une seconde famille, tout aussi ordinaire, d’être abattue dans des circonstances identiques. Là aussi le père est introuvable. Presse, politiques, police, les avis sont unanimes, un tueur en série est à l’œuvre. Seul Langelier s’entête à concentrer tous ses efforts sur la piste des pères, qu’il soupçonne d’être à l’origine des massacres. Devant son obstination et son manque de résultats, son supérieur, le commissaire Ferracci, est obligé de lui retirer l’affaire. Commence alors entre les deux hommes une guerre froide, chacun s’efforçant de démontrer sa propre vérité, qui ne prendra fin que dix ans plus tard avec la révélation d’une incroyable réalité.

J’ai lu Adieu de Jacques Expert d’une traite, en une seule soirée. Impossible de le lâcher. Les pages se tournaient d’elles-mêmes, portées par un suspense qui me tenait en haleine jusqu’au bout, jusqu’à un dénouement que je n’avais absolument pas vu venir.

Tout commence en 2001. Une famille est retrouvée massacrée. Le père, lui, a disparu. Un mois plus tard, jour pour jour, une autre famille subit le même sort. Cette fois encore, le père s’évapore. Le commissaire Hervé Langelier est dépêché sur l’affaire. Très vite, il s’accroche à une hypothèse, et si ce carnage portait la signature des pères eux-mêmes ? Mais son supérieur et ami, le commissaire Ferracci, le met en garde, le pousse à abandonner cette piste jugée absurde.

24 mars 2011. Le jour de son départ à la retraite, Langelier prend la parole. Au lieu d’un discours classique, il décide de revenir sur “son” enquête, celle qui a brisé sa carrière, celle qui l’a isolé et discrédité, mais qu’il n’a jamais pu abandonner. Dix ans d’obsession, dix ans de lutte, seul contre tous. Car pour lui, il n’y avait pas de doute, la vérité se cachait forcément derrière cette hypothèse dérangeante.

À mesure que je lisais, l’ambiance devenait de plus en plus lourde, presque suffocante. Des femmes, des enfants, des familles entières disparaissaient dans un climat d’horreur insoutenable. Quant à Langelier, je l’ai trouvé froid, dur, antipathique même… et pourtant, il était le seul à ne rien lâcher, le seul à oser affronter ce dossier maudit. Je n’avais pas le choix, il fallait que je le suive.

Jacques Expert orchestre cette intrigue d’une main de maître. Chaque fois que je croyais anticiper, il me prenait de vitesse. Chaque certitude volait en éclats. Et cette fin… quelle claque ! Brutale, inattendue, glaçante. Même si le récit comporte quelques longueurs, il s’impose largement au-dessus de la moyenne des polars que j’ai lus.

Avec Adieu, Jacques Expert m’a montré à quel point l’obsession d’un homme, sa folie ou peut-être son génie, pouvait le mener au bout du possible. Et moi, lecteur, je suis resté scotché, jusqu’au dernier mot.

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Extraits :

« Je n’aime pas beaucoup parler de moi, aussi je serai bref. En toute franchise, si, à cette heure, je me penchais sur mon cas (ce que je répugne à faire), je dirais que ma vie est très facile à résumer : flic, divorcé, comme beaucoup d’entre nous, et la retraite comme avenir immédiat.
Je m’appelle Hervé Langelier. Je suis né le 3 mars 1956 à Caen. Mes parents, René Langelier, serrurier, et Raymonde Génier, sans emploi, sont tous deux décédés.
J’ai un frère aîné, Michel, dont je suis sans nouvelles depuis longtemps.
Mon ex-femme s’appelle Stéphanie. Nous sommes séparés depuis huit ans et c’est beaucoup mieux comme cela. J’ai trois enfants. Ils sont grands, maintenant. Je ne les vois plus. »

« Les dossiers importants, ceux qui m’occupent depuis plus de dix ans, je ne tenais pas à les garder au commissariat: Je les conserve à l’abri de la curiosité des autres dans mon appartement du Plessis-Robinson.
Seul le chat noir se promène librement parmi eux. »

« Jamais autant qu’en ce 19 mai 2001 la tension n’a été aussi palpable dans les commissariats des Hauts-de-Seine. À lui seul, Jean-Louis Ferracci a mis une telle pression que la nervosité a fini par gagner tout le monde. Même les plus aguerris ont été touchés. »

Jacques Expert est un écrivain et journaliste français.
Il débute sa carrière professionnelle sur les ondes, à France Info et France Inter, stations pour lesquelles il couvre, pendant près de quinze ans, de nombreux faits divers qui vont inspirer l’écriture de ses premiers ouvrages.
Publié en 2007, La Femme du monstre résulte d’une longue enquête de terrain et lui vaudra d’être rapidement remarqué par la presse. Parallèlement il poursuit une carrière dans les médias, en occupant successivement les postes de directeur des magazines M6 puis de directeur des programmes de la chaîne Paris Première avant de prendre la direction des programmes de RTL en 2013.
Son roman, Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils, est adapté en téléfilm sur TF1 par Pierre Aknine en 2014. D’abord publiés aux éditions Anne Carrière, les romans de Jacques Expert paraissent chez Sonatine depuis Adieu (2012).