Émotion, Drame, Noir, Polar, Psychologie, Suspense

La femme du lieutenant

de Bernard Courtebras
Relié – 28 novembre 2022
Éditeur : Nombre 7

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Los Angeles, début des années 2000.
Une femme que personne ne voit jamais et dont l’existence n’est attestée que par son seul mari, le flic le plus célèbre de la ville.
Un journaliste, ami du lieutenant, qui pose des questions et se pose des questions.
Une enquête qui piétine et qui les conduit de l’autre côté de l’Atlantique.
Un jeu de dupes où chacun cache et se cache. Mais de qui et pourquoi ?
Et si tout était lié ?

 

• Couv_2023-064_Courtebras Bernard - La femme du lieutenant

 

C’est une belle surprise qui est arrivée dans ma boîte aux lettres, il y a quelques jours.

Une belle surprise, tout d’abord, car je ne l’attendais pas du tout, ensuite l’écriture de l’auteur, fine, rythmée, toute en subtilité, avec par-ci par-là de petites pointes d’humour fort agréable…
Une belle surprise, surtout, car je découvre un “nouvel auteur”, qui n’a pas peur de jouer avec ses lecteurs, ça se sent, mais j’ai aussi senti beaucoup de psychologie et un grand amour des mathématiques…

Le lieutenant Colombo fait partie de mon adolescence. Je regardais souvent cette série lorsqu’elle passait à la télé… Voir ce brave Monsieur dans la simplicité de son quotidien, toujours “un peu perdu”, avec son vieil imperméable beige, sa Peugeot 403. Il arrivait en quelques questions, à mettre à mal les plus horribles des criminels, jusqu’à les piéger, les mettre dos au mur. Quel plaisir de le retrouver. Mais aussi, quel plaisir surtout de découvrir sa femme que l’on ne voyait jamais !

Tout ce que j’ai toujours voulu savoir sur sa femme, est là. Quelques lignes offertes par l’auteur… De la sensibilité, de la psychologie, elle est séduisante et a une vraie personnalité et je n’en dirait pas plus, juste qu’elle mérite vraiment que vous la découvriez !

Un très bon roman, un sans-faute. Pas de chichi. Pas de frime.
Le ton est clair, direct avec une bonne profondeur dramatique !
Un livre qui m’a ouvert, et m’a permis de retrouver celui que je considérai comme un ami…

Bravo Bernard et à très bientôt, j’espère.

Bernard Courtebras, auteur tout en subtilité, à découvrir !
Merci aux Éditions Nombre 7 pour ce très beau voyage dans cette île méconnue d’Italie.

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Extraits :

« Alberto Saviano, célèbre, journaliste au Los Angeles Times, avait construit sa notoriété en écrivant sur les crimes et les délits commis au sein de la haute société californienne. C’est dans ce cadre qu’il avait été amené à rencontrer le lieutenant de police, chargé des enquêtes et à échanger avec lui, pêle-mêle et au gré des investigations, des informations relatives à l’instruction et à la résolution d’affaires très médiatisées. Leurs racines italiennes communes et le fait qu’ils étaient à peu près du même âge avaient facilité leur rapprochement. »

« – Personnellement, j’évite l’alcool, indiqua le lieutenant en souriant. Les réveils sont trop souvent douloureux.
– Je vous le confirme. J’ai été malade toute la nuit. J’ai pas mal déliré aussi. Et d’ailleurs, cela vous concerne. Enfin, cela concerne plutôt votre femme… À force de me demander pourquoi on ne la voyait jamais, je me suis mis à échafauder… ses hypothèses.
– Des hypothèses, voyez-vous ça ! J’ignorais que ma femme vous obsédait à ce point ! »

« C’est joliment dit ! Pour tout vous dire, ma femme a connu dans son enfance des problèmes familiaux. On lui a caché que son oncle et son grand-oncle faisaient partie de la Mafia. Ils ont commis des crimes et ont fini assassinés. Sa famille n’en parlait jamais. Quand elle l’a appris, tardivement, elle a compris que ce secret devait être à l’origine de sa discrétion excessive.
– C’est peut-être pour ça qu’elle a épousé un inspecteur de police… avança Saviano. »

 

Bernard Courtebras est ancien maître de conférences, spécialisé en histoire et sociologie des mathématiques, et en sociologie de la socialisation et de la forme scolaire. Chercheur, Groupe d’histoire et de diffusion des sciences, Orsay, Université Paris 11 (en 2006).

Émotion, Philosophique, Sciences

La douzième prophétie

L’heure décisive
de James Redfield
Poche – 21 septembre 2013
Éditeur : J’ai lu

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Dans La douzième prophétie, quatrième volet très attendu de la célèbre série des Andes, nous retrouvons le narrateur et son ami Wil. Tous deux vont faire la découverte d’un ancien et mystérieux manuscrit qui annonce pour 2020 la venue d’un monde meilleur et spirituel. Malheureusement, l’aspect fragmentaire du manuscrit les empêche d’en savoir plus. De l’Arizona au Mont Sinaï, ils partent en quête du message complet du mystérieux document en se laissant guider par les synchronicités, leurs intuitions et les rencontres.

 

• Couv_2023-063_Redfield James - La douzième prophétie

 

J’ai adoré ce livre, comme les trois premiers tomes !

Pour bien assimiler et comprendre ce dernier volet, qui pour moi est le plus “fort”, il vous faudra obligatoirement tous les lire dans l’ordre.

Je pense que James Redfield a écrit cette “saga” comme une histoire pour mieux nous toucher, mieux nous convaincre des possibilités que nous pourrions avoir si plus que de le comprendre, on met en application tout ce qu’il nous transmet. Je suis d’ailleurs persuadé que le héros du récit, le narrateur, n’est autre que James lui-même !

Cette lecture m’a ouvert les yeux sur de nombreuses choses pour appréhender la vie avec les meilleures bases possible. Il m’a permis de me guérir de certains maux et de me perfectionner dans mon quotidien. Ne plus me mettre en retrait, partager mes acquis, avoir plus de compassion, ne plus tourner autour du pot lorsqu’il me faudra prendre une décision, et surtout, écouter, regarder…
J’ai d’ores et déjà prêté les miens à un voisin qui était intéressé. Je lui ai dit, de ne surtout pas me les rendre, de les prêter à son tour à la personne de son choix, afin qu’ils touchent un maximum de personnes et en espérant qu’ils leur fassent du bien comme ils me l’ont fait…

Un roman d’aventures ?
Peut-être…

Quoi qu’il en soit, quatre livres qui changeront votre vie à jamais. Nous n’avons pas besoin d’attendre d’avoir un grand niveau de sagesse pour interagir avec le monde. Tous les enseignements dévoilés par l’auteur seront pour nous tous, les premières pierres fondatrices d’un meilleur futur.

Alors que je lisais tranquillement ce matin en arrivant à la page 285, je tombe sur cette phrase : “Avant que je ne puisse la rattraper, elle jeta un coup d’œil autour d’elle, et son regard se figea sur quelque chose derrière nous.
Tu as encore cette plume ? s’enquit-elle.
– Oui, pourquoi ?”
Et bien, figurez-vous qu’au moment exact où mon cerveau à lu le mot “plume”, une plume blanche est tombée à mes pieds !
Je vous jure que c’est la vérité, je peux vous assurer que cela m’a fait une sensation étrange…
Quelquefois, la fiction est dépassée par la réalité…

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Gros coup de cœur !

 

“Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire.”
Georges Orwell

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Extraits :

« Ce manuscrit est tout à fait explicite, commença-t-il. Il affirme qu’à notre époque nos conditions de vies matérielles si confortables deviendront plus dures et que nous aurons à faire face à des perturbations sociales et financières de grande envergure. Il affirme néanmoins que tous ses défis susciteront en nous un éveil spirituel encore plus fort qui nous permettra de manifester des capacités et des perceptions nouvelles. »

« Eh bien, ces derniers temps, la corruption s’en est mêlée. Des intérêts financiers, comme ceux des grandes compagnies pharmaceutiques et de l’industrie agroalimentaire, ont pris le contrôle des écoles de médecine et des facultés universitaires. Ces sociétés offrent de grosses subventions qui leur permettent d’obtenir désormais les résultats qu’ils escomptent des études commanditées. D’autres industries font la même chose, mais les domaines de la santé et de l’agroalimentaire sont les pires. C’est lamentable. »

« L’industrie alimentaire affirme qu’ils ne sont pas nocifs ; toutefois, selon certains spécialistes, il aura été prouvé qu’ils provoquent des inflammations du cerveau et des dysfonctionnements d’autres organes contribuant à provoquer une multitude de maladies récentes, telles que le diabète, la maladie d’Alzheimer et plus particulièrement l’obésité. »

« Dès que tu commences à vivre, en accord, avec la vérité la plus authentique que tu connaisses, et que tu te rends compte qu’être au service des autres et donner le bon exemple sont les meilleures choses que tu puisses faire pour toi-même, alors tout change. Tu t’alignes sur la manière dont l’univers est censé fonctionner. Tu cesses de manipuler et tu n’attires donc plus de manipulateurs dans ta vie. »

 

James Redfield est né le 19 mars 1950 près de Birmingham, en Alabama aux États-Unis. Il est devenu un auteur phénomène avec plus de dix millions de livres vendus. Le succès extraordinaire de cet auteur ne se dément pas. Dans son premier roman, La prophétie des Andes, le héros part en quête d’un manuscrit qui va le mener au sommet des Andes et en Amazonie. Il découvrira au fur et à mesure de son périple neuf révélations.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/10/la-prophetie-des-andes/

Avec le second tome de la série, La dixième prophétie, le héros se retrouve dans la forêt des Appalaches et découvre une dixième prophétie.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/14/la-dixieme-prophetie/

Le troisième tome, Le secret de Shambhala, va mener notre héros dans l’Himalaya et dévoile quant à lui la onzième prophétie.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/17/le-secret-de-shambhala/

La douzième prophétie – L’heure décisive

Émotion, Drame, Non classé

La vie est facile ne t’inquiète pas

de Agnès Martin-Lugand
Poche – 5 septembre 2019
Éditeur : Pocket

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Rentrée d’Irlande, Diane est bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l’aide de son ami Félix, elle s’est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C’est là, aux  » Gens heureux lisent et boivent du café « , son havre de paix, qu’elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné, et, surtout, il comprend son refus d’être mère à nouveau. Car elle ne peut se remettre de la perte de sa fille.
Bientôt, un événement inattendu va venir bouleverser les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé.
Aura-t-elle le courage d’accepter un autre chemin ?

“On se laisse entraîner par le talent de feuilletoniste de l’auteur, qui manie à merveille le suspense amoureux.” Le Figaro

“Agnès Martin-Lugand possède un incontestable sens du récit.” L’Express

 

• Couv_2023-062_Martin-Lugand Agnès - La vie est facile ne t'inquiète pas.jpg

 

J’étais triste de quitter les personnages de “Les gens heureux lisent et boivent du café”, ils m’avaient tous touché, je les avais vraiment beaucoup aimés. À peine quitté, j’avais déjà hâte de les retrouver.

Dans ma lecture, très vite, je me suis rendu compte que les personnages étaient plus “solides”, plus travaillés, dans leurs dialogues et dans leurs Ressentis.
Quelque chose m’avait manqué lors du premier tome. Je suis heureux qu’Agnès soit revenue dessus. En effet, il était beaucoup question des amours de Diane, et du décès de Colin, son mari, mais Clara, leur petite fille, avait été, il me semble un peu mise à l’écart du récit. Elle aura ce coup-ci, une importance toute différente dans ce second volet.

Rentrée d’Irlande, Diane a décidé une fois pour toutes de se “reconstruire” avec sa librairie à Paris, avec l’aide de Félix. Un jour, un client entre et très vite leurs regards se captent, se cherchent. Aurait-elle trouvé avec Olivier, qui passe presque tous les jours la voir, celui qui lui permettrait de continuer à avancer ?
Je ne dévoilerai rien de plus…

Agnès possède un vrai sens de l’histoire.
J’ai eu l’impression pendant cette lecture, d’être avec des amis. C’est très réaliste et les personnages sont attachants. J’ai ressenti beaucoup d’émotions dans le chemin réparateur des deuils que subit Diane. Un récit très bien menés, devenant même addictif vers la fin du récit, me demandant même quel choix ferait-elle ?

Très agréable à lire, beau et vivifiant, malgré les différents sujets abordés, je ne peux que recommander.
Encore un très beau livre qui vient enrichir ma bibliothèque !

Ps. Définitivement pas un feel-good !!!

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Extraits :

« – Diane, c’est ça ? Je suis ravie de faire ta connaissance, Olivier nous parle tellement de toi.
Elle me fit la bise, l’odeur de Mustela, me sauta au nez et me renvoyant à la naissance de Clara. J’avais toujours aimé les bébés et leurs odeurs – Colin me disait souvent : « Tu sniffes ta fille ! » À l’époque de leur départ, nous songions à en fabriquer un second pour offrir à Clara, un petit frère ou une petite sœur… »

« Tout le monde s’en alla. Sauf moi. Dès que nous fûmes seuls, e lis les deux mètres qui me séparaient de lui et retrouvai ses lèvres en me collant contre son corps. Mes mains pouvaient le découvrir, les siennes se baladaient déjà sur ma taille, dans mon dos.
– Je peux rester dormir ici ? murmurai-je contre sa bouche.
– Comment peux-tu me poser cette question ? me répondit-il. »

« Sans me laisser le temps de lui répondre, il tourna les talons. Je ne le quittai pas des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse en bas de la rue. Je luttais contre les larmes. Une image utopique se fissurait dans mes souvenirs. Lorsque je pensais à Mulranny, rien n’avait changé : Abby joyeuse, Jack solide, Edward seul, avec son chien et ses photos. Comment avais-je pu imaginer que la vie ne continuerait pas sans moi ? »

 

Agnès Martin-Lugand est l’auteur de neufs romans, tous salués par le public et la critique :
– Les gens heureux lisent et boivent du café,
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/19/les-gens-heureux-lisent-et-boivent-du-cafe/

– Entre mes mains le bonheur se faufile,
– La vie est facile, ne t’inquiète pas,
– Désolée, je suis attendue,
– J’ai toujours cette musique dans la tête,
– À la lumière du petit matin,
– Une évidence,
– Nos résiliences et
– La Datcha.

Psychologue clinicienne qui n’a pas son pareil pour décrypter les émotions, elle a su imposer son univers délicat peuplé de personnages attachants auxquels il est difficile de ne pas s’identifier. Elle a vendu près de 3,5 millions de livres tous formats confondus à travers le monde et est traduite dans 35 pays.

Émotion, Babelio, Rencontre littéraire, Drame

Les gens heureux lisent et boivent du café

de Agnès Martin-Lugand
Poche – 5 septembre 2019
Éditeur : Pocket

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“Ils étaient partis en chahutant. J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux.”

Diane a brusquement perdu son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. Afin d’échapper à son entourage qui l’enjoint à reprendre pied, elle décide de s’exiler en Irlande, seule.
Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper…

“Poignante, cette histoire de résilience se trouve servie par des phrases courtes, beaucoup de dialogues, et une écriture légère dans laquelle se glissent même quelques notes d’humour.”
Catherine BalleLe Parisien / Aujourd’hui en France

“Une cascade d’émotions, un échantillon de bonheur.”
douceurlitteraire.com

 

• Couv_2023-060_Martin-Lugand Agnès - Les gens heureux lisent et boivent du café

 

Diane a décidé de partir vivre en Irlande contre l’avis de ses parents et de Félix, son meilleur ami. Elle a trouvé un petit cottage à Mulranny loin de tout. C’est tout ce dont elle aspire. Le calme, le silence et la solitude.

Déjà un an que sa vie a été complètement anéantie du jour au lendemain. Colin, son mari et Clara leur fillette de six ans sont décédés suite à un accident de voiture. Est-ce le besoin de faire son deuil, a-t-elle envie de faire le point sur sa vie ? Une chose est sûre trop de fantômes vivent encore, là où ils ont partagé rires et bonheur…

En quittant la France, elle quitte aussi son café littéraire “LES GENS HEUREUX LISENT ET BOIVENT DU CAFÉ”, qu’ils avaient “pensé” avec Colin, pour vivre leurs jours heureux. Depuis, c’est Félix qui s’en occupe en espérant que Diane passe un cap et redevienne la femme qu’elle était.

Le climat de l’Irlande lui convient très bien. Le vent, la pluie et une plage déserte deviendront son quotidien jusqu’à l’arrivée d’Edward, le fils des propriétaires de la maison qu’elle loue. Malgré son envie de rester seule, il vient habiter juste en face de chez elle.

Dès leur première rencontre le ton est donné. Autant, elle souhaiterait son départ pour sa tranquillité, autant Edward demande à ses parents de la “dégager” immédiatement de son horizon. Il ne veut personne autour de lui !

Commence alors un bras de fer entre les deux inconnus qui va aller de mal en pire…

“Feel good”, qu’elle est donc cette désignation absurde pour désigner ce roman, pour le coup pas feel good du tout. Diane a perdu son amour, a perdu sa fille, elle est au bord de la rupture physique, ne sait plus comment vivre et on parle de feel good ???

C’est au contraire une histoire attachante, avec beaucoup d’émotions. On a envie d’aider Diane, de la soutenir dans ses hauts et ses bas, afin qu’elle reprenne goût à la vie au plus vite, avant qu’elle n’aille trop loin.

La beauté des lieux et les habitants d’Irlande, grâce à une belle écriture de la part de l’auteure, vont lui permettre de se reconstruire petit à petit… Je découvre Agnès Martin-Lugand avec ce récit émouvant, bouleversant et captivant à la fois. 187 pages lues d’une seule traite. Elles le méritaient. Chaque page amène un petit plus au récit qui évolue tout doucement vers un horizon bienveillant, vers une fin qui n’en sera pas une, mais plutôt, un nouveau départ !

La vie est parfois un parcours houleux et difficile, certaines personnes méritent une seconde chance, Agnès l’a bien compris.
Un livre, un sujet qui m’a emporté, que je conseille sans aucune honte.
Oui, j’ai aimé “Les gens heureux lisent et boivent du café”, même si je n’ai pas besoin de café pour être heureux…

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Extraits :

« Aujourd’hui, comme depuis un an, le silence régnait, en maître dans notre appartement. Plus de musique, plus de rires, plus de conversation sans fin.
Mes pas me guidèrent automatiquement vers la chambre de Clara. Tout y était rose. Dès l’instant où j’avais su que nous aurions une fille, j’avais décrété que l’intégralité de la décoration serait de cette couleur. Colin avait utilisé un nombre phénoménal de subterfuges pour me faire changer d’avis. Je n’avais pas cédé. »

« Les yeux grands ouverts, je fixais le plafond. J’attendais que mon réveil sonne. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit, et le fait d’avoir raccroché au nez de mes parents n’avait rien à voir avec mon insomnie. Dans quelques heures, j’embarquerai à bord d’un avion, direction l’Irlande. Je venais de vivre ma dernière nuit dans notre appartement, dans notre lit. »

« Écouter de la musique à m’en faire exploser les tympans, j’avais oublié les sensations que ça me procurait. J’avais longuement hésité avant de mettre en marche la chaîne hi-fi. Il fut pourtant une époque où c’était un réflexe. »

« Je m’allongeai, et il remonta l’édredon sur moi. Il repoussa les cheveux de mon front. Je sentis qu’il s’éloignait. Ma respiration se saccada, les pleurs redoublèrent. J’ouvris les yeux et, pour la première fois, je le regardai. Il se passa une main sur le visage est partit. Je ressortis mon alliance de la chemise pour la serrer dans ma main. Je me mise en position fœtale et enfonçai ma tête dans l’oreiller. Puis je finis par sombrer dans le Sommeil. » 

 

Agnès Martin-Lugand est l’auteur de neufs romans, tous salués par le public et la critique : Les gens heureux lisent et boivent du café, Entre mes mains le bonheur se faufile, La vie est facile, ne t’inquiète pas, Désolée, je suis attendue, J’ai toujours cette musique dans la tête, À la lumière du petit matin, Une évidence, Nos résiliences et La Datcha.
Psychologue clinicienne qui n’a pas son pareil pour décrypter les émotions, elle a su imposer son univers délicat peuplé de personnages attachants auxquels il est difficile de ne pas s’identifier. Elle a vendu près de 3,5 millions de livres tous formats confondus à travers le monde et est traduite dans 35 pays.

Émotion, Philosophique, Sciences

Le secret de Shambhala

La onzième prophétie révélée
de James Redfield
Poche – 27 mars 2006
Éditeur : J’ai lu

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Quelque part dans l’Himalaya, en un lieu mythique appelé Shambhala, vivrait une communauté secrète chargée de l’évolution spirituelle de l’humanité. Simple légende tibétaine ou réalité ? Guidé par une série de coïncidences, le héros de James Redfield va partir en quête de ce lieu mystérieux et faire des découvertes inattendues. Aidé du moine Yin et du lama Rigden, il va comprendre pourquoi personne n’a encore réussi à localiser Shambhala. Aucun être ne peut y accéder à moins d’élever ses énergies et de se libérer de ses peurs les plus profondes. Traqué par les services secrets chinois, il poursuit une initiation difficile qui le mènera aux portes de Shambhala, une ville extraordinaire habitée par des humains aux pouvoirs puissants. Ces êtres lui révèlent la onzième prophétie qui changera le destin du monde.

 

• Couv_2023-061_Redfield James - Le secret de Shambhala

 

J’avance doucement dans des aventures incroyables…

Ce coup-ci James Redfield nous ammène à Shambhala, vers une porte mystérieuse…
Pas de surprise sur ce troisième volet. L’auteur continue à nous expliquer des fondamentaux qui permettent de mieux appréhender les visions ou les actions négatives en nous chargeant d’énergie et d’en transmettre si besoin… J’ai trouvé une sorte de continuité logique de chapitre en chapitre, un fil rouge qui telle une fleur qui pousse et éclot à la fin du récit, nous révélant des messages plus ou moins simples pour avancer et accepter certains mystères.

Le sujet est incroyable. On y croit, ou on n’y croit pas. Mais forcément, James arrive à titiller notre esprit par de nombreuses images qui paraissent fondées.
La lecture des deux premiers volet m’a permis quoi qu’il en soit, d’avoir une vision plus large, plus poussée sur de nombreuses choses qui résonnaient dans mon esprit. J’ai commencé à les lire comme un conte, mais très vite, je percevais certaines choses vécues, ou des coïncidences, qui du coup n’en étaient plus.

Vers 4/5 ans notre fils Ethan nous a un jour demandé : ”Quand est-ce que je pourrai rentrer chez mou, retrouver ma vraie famille ?
Je vous assure que votre cerveau en prend un coup. Il nous parlait régulièrement pendant plusieurs mois de sa femme, de ses enfants de sa Peugeot, etc. Un mercredi après-midi, ma femme l’a surpris en train d’essayer d’escalader le toit avec sa valise pour les retrouver… Alors oui, cette ouverture d’esprit avec des expériences étranges, je l’ai depuis un moment, James Redfield m’a embarqué fatalement dans son épopée haletante et intrigante…

Son message, finalement, est très simple.
– QUE FAITES-VOUS ?
– RÉVEILLEZ-VOUS !

Je conseille vivement à tous ceux qui ont lu les deux premiers volets.

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Extraits :

« Notre génération, elle, affrontait d’autres problèmes, davantage liés à notre attitude devant la vie et au fait que nous sommes constamment ballottés entre l’optimisme et le désespoir. Nous entendons sans arrêt des prédictions sinistres, on nous bombarde de statistiques alarmantes : le mode de vie occidental est menacé, l’atmosphère se réchauffe, les terroristes possèdent des arsenaux de plus en plus importants, les forêts se meurent, la technologie, rend nos enfants fous en les projetant dans un monde virtuel, etc. – affirmations qui risquent toutes de nous détourner des questions essentielles, de nous inciter à poursuivre des objectifs irréalistes et stériles. »

« Une chose est certaine. Si ceux qui croient au pouvoir de la Vision doivent changer quelque chose, il faut qu’ils agissent tout de suite, au début de ce nouveau et mystérieux millénaire. Cette situation m’angoissait un peu. Nous avions la chance de vivre à la fois un changement de siècle et le début d’un millénaire. Mais pourquoi cela nous arrivait-il ? Pourquoi notre génération précisément ? J’avais l’impression que des réponses importantes me manquaient encore. »

« Tu sais, nous avons recueilli beaucoup d’informations sur l’évolution de l’humanité, sur la façon d’être constamment en éveil, de nous laisser guider par l’intuition et les coïncidences, de progresser grâce à elles. Chacun de nous a reçu la mission de conserver la nouvelle Vision. Mais nous ne la mettons pas en pratique au niveau où nous pouvons agir. Il nous manque encore un élément. »

« Il sourit, et s’assit sur un banc en face de moi.
– Les dakini sont en train de vous aider.
– Je ne comprends pas. Qui sont-ils ? Wil a laissé à Yin un mot dans lequel il mentionne leur nom, mais je n’en avais jamais entendu parler auparavant.
– Ils appartiennent au monde spirituel. Habituellement, ils apparaissent sous des traits féminins, mais ils peuvent choisir n’importe quelle forme. En Occident, vous les appelez des anges, mais ils sont beaucoup plus mystérieux que vous ne le croyez. Seuls les habitants de Shambhala les connaissent vraiment. D’après les contes et les légendes, ils se déplacent en se servant de la lumière de Shambhala. »

 

 

James Redfield est né le 19 mars 1950 près de Birmingham, en Alabama aux États-Unis. Il est devenu un auteur phénomène avec plus de dix millions de livres vendus. Le succès extraordinaire de cet auteur ne se dément pas. Dans son premier roman, La prophétie des Andes, le héros part en quête d’un manuscrit qui va le mener au sommet des Andes et en Amazonie. Il découvrira au fur et à mesure de son périple neuf révélations.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/10/la-prophetie-des-andes/

Avec le second tome de la série, La dixième prophétie, le héros se retrouve dans la forêt des Appalaches et découvre une dixième prophétie.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/14/la-dixieme-prophetie/

Le troisième tome, Le secret de Shambhala, va mener notre héros dans l’Himalaya et dévoile quant à lui la onzième prophétie. La prophétie des Andesa été adapté pour le cinéma en 2006. Le DVD est déjà disponible en langue anglaise. James Redfield travaille actuellement à la rédaction d’un nouveau roman où il dévoilera une douzième et ultime prophétie.

Émotion, Philosophique, Sciences, Témoignage

La dixième prophétie

L’accomplissement des neuf révélations
et la découverte des clés de l’après-vie

de James Redfield
Poche – 8 novembre 2003
Éditeur : J’ai lu

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Avec La dixième prophétie, notre héros se trouve de nouveau entraîné dans une passionnante aventure. Charlène a disparu dans un parc naturel aux États-Unis, où des scientifiques mènent – en toute illégalité – d’inquiétantes expériences. Préoccupé, James décide de partir à sa recherche. Cette poursuite donne lieu à quatre rencontres qui l’aident à pousser encore plus loin sa quête spirituelle. Grâce à son ami Wil, il entre dans une autre dimension, l’Après-Vie, et atteint un niveau de conscience jusque-là insoupçonné. Au cœur de cette forêt des Appalaches, il comprend mieux que jamais la raison de sa présence sur terre et le sens profond de la vie. Récit d’aventures et roman initiatique, La dixième prophétie nous invite à choisir le chemin de notre propre aventure spirituelle.

 

• Couv_2023-059_Redfield James - La dixième prophétie

 

Comme prévu depuis plusieurs années, j’enchaîne avec la suite de “La Prophétie des Andes”

Ce tome reprend exactement à l’endroit où s’était arrêté le précédent. Ma lecture, pourtant, est différente. Étant déjà dans l’ambiance, le début du récit me semble “plus mou” et traîne en longueur. Certaines descriptions me paraissent même inutiles parfois. Je suppose que l’auteur a procédé de cette façon pour les lecteurs qui ont mis plus de temps entre les deux lectures afin qu’ils ne soient pas trop perdus en entrant directement dans le vif du sujet.

Passé le premier quart, je retrouve mon rythme de lecture. Finalement, l’auteur propose un bon roman initiatique et philosophique, je suis de nouveau emporté, même si je dois avouer que ce second tome est un peu moins passionnant, tout en restant très intéressant.
Savoir rester ouvert, être à l’écoute et savoir parfois déchiffrer les signes que nous recevons dans nos rêves ou dans la vie. Une personne que l’on croise plusieurs fois, le regard d’un animal. Voilà ce que l’auteur veux nous transmettre. On comprend à la fin des deux tomes qu’il est nécessaire de s’ouvrir et de regarder tout autour de nous… Tout a un sens, il faut juste comprendre le pourquoi des coïncidences et des synchronicités.

Mais que va bien pouvoir nous révéler le troisième tome ?
Hâte de lire la suite !

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Extraits :

« – Je vais vous accompagner jusqu’à la source, proposai-je. Je ramassai mon sac à dos et, tandis que nous descendions le coteau, il me demanda :
– Savez-vous où allait votre amie ?
– Non.
– À la recherche d’un espace mystique ? Du pays de l’utopie ? Lança-t-il avec un sourire cynique.
Je me rendis compte qu’il voulait me provoquer. »

« – Savez-vous ce que pensent de la situation actuelle, les millénaristes et les adventistes, ceux qui énoncent la fin du monde ? demanda-t-il. J’ai réalisé une enquête vraiment passionnante sur eux, il y a plusieurs années.
– Non, dis-je pour l’encourager à continuer.
– Ils étudient les prophéties cachées dans la Bible, spécialement le Livre de l’Apocalypse. D’après eux, nous vivons ce qu’ils appellent les derniers jours, l’époque où toutes les prédictions se vérifieront. Les conditions historiques sont mûres : le Christ va revenir et créer un royaume céleste sur terre. Mais, avant que cela ne se produise, la planète subira, une série de guerres, de catastrophes naturelles et de cataclysmes annoncés dans les Écritures. Ils connaissent toutes ces prédictions et passent leur temps à observer très attentivement les événements mondiaux, dans l’attente du prochain événement programmé. »

« Il a été le premier à pressentir cette relation, et toutes les recherches actuelles confirment son intuition. Mais je n’en ai jamais parlé avec lui. D’abord, je me suis demandé pourquoi j’étais née dans cette famille et pourquoi mon père se comportait de cette façon. Mais j’ai fini par accepter le fait : mes parents possédaient exactement la combinaison de trait de caractère et de centres d’intérêt qui ont influencé ma propre évolution. C’est pourquoi quand j’étais jeune, j’appréciais tellement leur compagnie. »

« Quand j’ouvris les yeux, je me trouvais dans un lieu baigné par une lumière bleue ; j’éprouvai un sentiment désormais familier de bien-être et de paix.
Wil se tenait à ma gauche et, comme les fois précédentes, il semblait soulagé et très content de me revoir. Il s’approcha de moi, et murmura :
– Tu vas adorer cet endroit.
– Où sommes-nous ? Demandai-je.
– Observe plus attentivement. »

 

James Redfield est né le 19 mars 1950 près de Birmingham, en Alabama aux États-Unis. Il est devenu un auteur phénomène avec plus de dix millions de livres vendus. Le succès extraordinaire de cet auteur ne se dément pas. Dans son premier roman, La prophétie des Andes, le héros part en quête d’un manuscrit qui va le mener au sommet des Andes et en Amazonie. Il découvrira au fur et à mesure de son périple neuf révélations.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/10/la-prophetie-des-andes/

Avec le second tome de la série, La dixième prophétie, le héros se retrouve dans la forêt des Appalaches et découvre une dixième prophétie.
Le troisième tome, Le secret de Shambhala, va mener notre héros dans l’Himalaya et dévoile quant à lui la onzième prophétie. La prophétie des Andesa été adapté pour le cinéma en 2006. Le DVD est déjà disponible en langue anglaise. James Redfield travaille actuellement à la rédaction d’un nouveau roman où il dévoilera une douzième et ultime prophétie.

Émotion, Drame, Suspense

Le portrait d’Humphrey Back

de Bénédicte Rousset
Broché – 13 juin 2023
Éditeur : La Trace

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Naïs, enfermée dans une vie de couple fade et sans couleur, a relégué dans un coin de sa tête son amour pour l’Art. Pourtant, quand elle apprend que les œuvres du « Saint », peintre anonyme et mondialement reconnu, vont être exposées tout près de chez elle, elle se précipite au musée. Humphrey Back, huile sur toile s’offre alors à son regard et la happe. Témoin d’un tel tumulte intérieur, le collectionneur, seul et malade, décide de lui faire don du tableau.
Comment expliquer cet attrait, si puissant ? Et ces détails…
Quel mystère cache la toile, qu’elle seule sait voir ?
À quoi joue le maître des ombres et du figuratif ?
Naïs, qui n’a plus rien à perdre, décide de tout entreprendre pour le démasquer.

 

• Couv_2023-058_Rousset Bénédicte - Le portrait d'Humphrey Back

 

Un récit étrange et bien mené, ou le ressenti est presque aussi intense que le vécu, sinon plus…

Dès le début j’ai été captivé par l’ambiance du roman sans savoir encore où Bénédicte allait me mener.
Naïs et Philou vivent ensemble depuis plusieurs années. Ils auraient pu former un beau couple, mais c’est peine perdue. Naïs est une jeune femme qui a souffert dans son enfance et qui reste marquée. Philou aurait pu l’aider lui redonner confiance en elle, ouvrir son cœur, mais c’est un homme très intéressé, fainéant qui ne pense qu’à lui. Quand, au retour d’un musée Naïs de fait offrir une toile “Humphrey Back”, valant plus d’un million d’euros, Philou voit déjà sa vie se transformer. Mais Naïs ne l’entend pas comme ça… C’est son tableau et elle est bien décidée à le conserver malgré le chantage et les menaces de son conjoint !
Quelque temps plus tard, la toile est volée, disparue ! Tout naturellement, elle pense à son mari, mais elle se rend compte bien vite que tout n’est pas aussi simple qu’il n’y parait, et décide de mener son enquête.

Je n’ai pas vu arriver tout de suite le sujet du roman et c’est tant mieux. Je me suis laissé porter par la plume de l’auteure. Il y a de la magie dans les yeux de Naïs, du moins c’est comme cela que je l’ai perçue. Je l’ai tout de suite trouvée forte malgré ses rapports difficiles avec Philou. Un roman que l’on pourrait caser entre drame et passion. Naïs est le pilier de cette étrange histoire, son présent, son futur, mais son passé aussi… Passé qui sera la source de toute cette histoire.

J’ai aussi appris un nouveau mot : “Bovarysme”.
Sans le connaître, alors que pourtant, il me suit presque tous les jours dans mon quotidien professionnel de créatif et d’exécutant, cette impression pesante dans ma tête et sur mes épaules, que je peux faire mieux, que je ne suis pas encore tout à fait prêt, que ce n’est pas tout à fait fini, encore une petite touche ici et une autre là…
À partir de là, je me suis approprié la fin du récit. J’étais, parce que je le comprenais, le “Saint” (Santos ! Hasard ou coïncidence ?), j’étais celui qui lisait et à la fois celui qui était dans l’ombre.

Quelque chose a vraiment plané au-dessus de moi, durant toute la lecture ce très beau roman magnifiquement traité.
Je le ressens souvent, je ne le dis que très rarement. Les bons romans écrits par des femmes, sont envoûtants, ils ont une puissance extraordinaire que peu d’hommes arrivent à atteindre…

Bravo Bénédicte !
Et comme tu le dis si bien : “Retirez sa passion à quiconque, vous le tuez”.

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Extraits :

« La nuit est tombée depuis longtemps. Le mistral souffle, furieux. Bien plus fort que ce qu’il a fallu à Naïs pour éteindre ses huit bougies.
Quelque chose de lourd traîne dans son sommeil, grossit, bouillonne, puis explose dans une apparition. Il fait moite et lourd sous la couette, ses cheveux collent à la taie. Sa poitrine se soulève et s’abaisse. Une femme âgée cloue un tableau au mur, se cloue le doigt avec. Un coup, une syllabe. “ÇA NE SERT À RIEN UN TABLEAU !” »

« – Lundi, Naïs. Lundi, le tableau est officiellement à vous.
Le collectionneur dépose une bise, appuyée sur sa joue. Naïs se colle contre lui. À cet instant monte une chaleur simple et amicale, aussi vrai que nouvelles. La puissance de cette affection l’étonne. Il y a une heure, elle se traînait dans la vie. Elle vit maintenant. L’air en est plus doux, les arbres plus majestueux, le ciel plus haut point, la nature accompagne sa félicité. »

« Le temps passe. À pas de loup, elle descend et arrive dans le grand salon, où elle ne peut réprimer un sifflement d’admiration. Tableaux de maîtres, sculptures… Quelles merveilles !
Pendant une demi-heure, elle passe la pièce au crible, sans parvenir à trouver ce qui ne va pas. C’est une superbe demeure, encore habitée il y a peu, on s’y sent bien et on ne se sent pas chez quelqu’un.
Pourquoi ? »

 

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. L’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

Professeure certifiée de Lettres Modernes, Bénédicte est enseignante dans un collège du Vaucluse.
Après “Rue sombre” (2017), son premier roman policier, elle publie “Le Lis des teinturiers” en 2018.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

“Écrire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Il y a de moi dans chacun de mes personnages, même les plus noirs : ce sont peut-être eux qui me révèlent en miroir ! Ils sont un moyen d’évacuer les traumatismes vécus dans l’enfance. Deux éléments me semblent essentiels dans mes romans : la quête de l’identité, et celle de la vérité. La première nous concerne tous : qui sommes-nous ? Comment nous comportons-nous face à l’image que nous renvoyons ? Sommes-nous conformes à cette image ? La deuxième entre dans la structure du roman policier : pourquoi tuer ? Comment arrive-t-on à franchir le pas ? Je crois qu’il y a un assassin en chacun de nous, mais, la plupart du temps, il ne rencontre jamais sa victime (heureusement, non ?)”

Émotion, Histoire, Philosophique

La prophétie des Andes

Et si les coïncidences révélaient le sens de la vie ?
de James Redfield
Poche – 2 décembre 1997
Éditeur : J’ai lu

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À l’origine, un manuscrit fabuleux rédigé six cents ans avant J.-C. et une prophétie : notre société va subir un grand bouleversement. Intrigué, le héros de cette histoire s’envole pour le Pérou à la recherche du mystérieux grimoire, objet de toutes les convoitises, qui va transformer sa vie. Commence alors une aventure magique et enchanteresse, une dangereuse initiation: une quête en neuf étapes qui le mène du sommet des Andes au cœur de la forêt amazonienne sur la voie des révélations de la vie. Quand, au terme de son périple, le héros découvre le vrai sens de son existence, c’est notre propre quête qui débute. Pour James Redfield, si nous restons attentifs et savons percevoir le grand mystère de l’existence, nous nous apercevrons que nous avons été judicieusement placés, à l’endroit adéquat… pour changer quelque chose en ce monde.

 

• Couv_2023-057_Redfield James - La prophétie des Andes

 

Je me rappelle avoir acheté ce roman à la librairie de Saint-Leu-la-Forêt en 1996, lorsque nous avons emménagé là-bas. Ce fut dans cette librairie, le premier achat d’une longue liste…
J’avais entendu beaucoup de choses très intéressantes sur ce roman et “ma” libraire l’avait trouvé formidable, mais… elle m’a tout de suite indiqué qu’une suite était sortie au États-Unis et qu’il y aurait forcément une suite à venir en France aussi. Je l’ai mis de côté. J’ai acheté à sa sortie le tome suivant, qui ne serait pas le dernier, et puis le suivant, etc…
J’ai lu le tome 1 pour la première fois, lorsque sortir ne nous était plus autorisé. Nous étions en “pandémie” COVID, enfermés chez nous. Ne sachant pas trop où nous allions. J’avais acheté le dernier tome quelques jours plus tôt. “Hasard ou coïncidence” ? Dans tous les cas, je suis très vite entré dans le livre, dont le sujet traite justement des coïncidences que nous vivons régulièrement et auxquelles nous ne prêtons pour la plupart, bien souvent que bien peu d’attention. Personnellement, je ne crois pas aux coïncidences. J’ai vécu tellement de choses allant dans ce sens que c’est pour moi, devenu même un indicateur de choix de directions de vie. Je n’ai pas écris comme d’habitude, mon ”Ressenti” en fin de lecture, car l’histoire m’avait vraiment touché personnellement et j’ai vécu quelques jours un peu perdu. Je décidai alors de le relire un jour, plus tard…

Ce jour est arrivé jeudi dernier. Après avoir lu une très mauvaise nouvelle concernant l’OMS, j’ai décidé de le relire. Depuis ma première lecture de ce livre, je voyais déjà la vie sous un angle différent. Ma famille, nos projets, ce que je souhaitais pour notre futur… Cette seconde lecture a confirmé les choix que j’avais faits à l’époque et plus encore.
“Osons”, ne plus se cacher derrière des peurs ou derrière des certitudes annoncées !
Osons, ou simplement essayons… une vie qui nous sera Propre, et non celles que d’autre nous choisissent.
Peut-être alors, nous sentirons nous grandis ?

C’est le choix que nous avons fait et nous l’assumons pleinement. Ce livre romanesque nous distille certaines “clés”. À nous de les voir ou pas. À nous de les utiliser si nous le souhaitons. Dans tous les cas, lorsque je me regarde dans un miroir, je n’ai pas honte de ce que j’ai fait.

Tout doit avoir un sens : nos rencontres, les choses plaisantes ou pas. Elles nous guident vers une direction, un but à atteindre parce que nous le souhaitons très fort et non pas par dépit en se disant : “c’est toujours mieux que rien”.

Lisez-le, peut-être, le comprendrez-vous à votre tour.
Le monde décrit par l’auteur pourrait exister, il est proche du notre. À nous maintenant, à chacun d’entre nous de faire le nécessaire pour créer cette différence tellement importante pour notre bien-être.

Lire ce livre, c’est s’émouvoir des valeurs perdues, c’est s’éveiller et pourquoi pas, se libérer une fois pour toutes des mensonges distillés par les pouvoirs en place.
Ce premier tome propose un éveil de la conscience qui est à la portée de la plupart d’entre nous. Il suffit de dire STOP, et de se poser les bonnes questions.

Quel plaisir d’avoir lu ce livre.
C’est plus qu’un coup de cœur, c’est une initiation vers une nouvelle vie !

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Extraits :

« As-tu déjà eu l’intuition que quelque chose dont tu avais vraiment envie ? D’une direction que tu voulais donner à ta vie ? Est-ce que tu t’es jamais demandé comment faire pour que cela arrive ? Et puis après avoir à moitié oublié, t’es-tu trouvé nez à nez avec quelqu’un, ou bien as-tu lu quelque chose ou encore es-tu allé dans un endroit qui t’a justement apporté cette chance que tu attendais ? »

« La soirée avait été passionnante, mais je demeurais sceptique quant à la possibilité d’une transformation culturelle radicale. Comme beaucoup de mes contemporains, je m’étais laissé prendre par l’idéalisme social des années soixante et soixante-dix, et même par la curiosité spirituelle des années quatre-vingt. Il était difficile de juger de ce qui se passait vraiment sous nos yeux. Quel type d’information nouvelle pouvait bien suffire à transformer le monde ? »

« Pensez-vous avoir maintenant une vision plus claire du monde des hommes ? Voyez-vous ce qui nous a tous préoccupés ? Cela explique beaucoup de choses. Combien de gens connaissez-vous qui sont obsédés par leur travail, victimes de maladies psychosomatiques, stressés en permanence et qui n’arrivent pas à ralentir leur rythme. Ils ne le peuvent pas parce que leur train-train quotidien, qui réduit l’existence à des considérations pratiques, est une sorte de distraction. Et la distraction permet d’oublier que nous sommes ignorants de nos fins dernières. »

« Mais je vous dis juste ceci : la perception de la beauté est une sorte de baromètre qui annonce à chacun de nous s’il est prêt ou non à percevoir l’énergie. C’est clair, parce que, si vous observez cette énergie, vous verrez qu’elle fait partie du même continuum que la beauté. »

 

James Redfield est né le 19 mars 1950 près de Birmingham, en Alabama aux États-Unis. Il est devenu un auteur phénomène avec plus de dix millions de livres vendus. Le succès extraordinaire de cet auteur ne se dément pas.

Dans son premier roman, La prophétie des Andes, le héros part en quête d’un manuscrit qui va le mener au sommet des Andes et en Amazonie. Il découvrira au fur et à mesure de son périple neuf révélations.
Avec le second tome de la série, La dixième prophétie, le héros se retrouve dans la forêt des Appalaches et découvre une dixième prophétie.
Le troisième tome, Le secret de Shambhala, va mener notre héros dans l’Himalaya et dévoile quant à lui la onzième prophétie. La prophétie des Andesa été adapté pour le cinéma en 2006. Le DVD est déjà disponible en langue anglaise.
James Redfield travaille actuellement à la rédaction d’un nouveau roman où il dévoilera une douzième et ultime prophétie.

Émotion, Dystopie, Histoire, Philosophique

Le bâtard de Nazareth

de Metin Arditi
Broché – 2 juin 2021
Éditeur : Grasset

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Quelle a été la vraie vie de Jésus ?
À Nazareth, au début de notre ère, deux très jeunes enfants jouent dans la rue. “Mamzer” » lance l’un à son camarade. “Bâtard !”. Personne, dans le petit village de Nazareth, n’ignore que Marie a fauté avec un légionnaire romain. Elle est une fille-mère, rejetée et méprisée. Jésus comprend pourquoi, tout autant qu’elle, il sera à jamais exclu de sa communauté : telle est l’exigence de la loi juive à l’égard des bâtards.
Grandissant, Jésus n’a d’autre entreprise que de réformer cette règle d’exclusion. Jusqu’au jour où il rencontre un autre mamzer. Outre d’être un bâtard, Judas est laid, brillant, et révolutionnaire. Il a un plan. S’appuyant sur le beau, non moins brillant, et réformateur Jésus, il met en marche sa vengeance. Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de calcul de ces deux jeunes hommes parcourant la Palestine avec un message d’inclusion ?
Un roman audacieux, étonnant, passionnant, qui réinterprète la vie de Jésus dans ses plus grands épisodes. Sa présentation aux docteurs de la loi, son sermon sur la Montagne, la multiplication des pains, les quarante jours dans le désert, tant d’autres moments de la culture religieuse universelle sont revisités à l’aune de l’inguérissable blessure d’enfance de Jésus et de sa relation aussi fructueuse que dangereuse avec Judas.

 

• Couv_2023-056_Arditi Metin - Le bâtard de Nazareth

 

Quelle a été la vraie vie de Jésus ?
Voilà le postulat de base de ce roman déstabilisant, mais surtout inventif.

Quel plaisir de tomber sur ce type d’ouvrage. Trouver un roman où l’auteur n’a pas peur de s’engager vers un terrain délicat, tout en offrant au lecteur une bonne réflexion sur la foi chrétienne et hébraïque.

Avec son titre qui peut paraître provocateur (tant que l’on n’a pas lu le récit), Metin Arditi construit un récit qui pourrait, pourquoi pas, être proche de la réalité !

J’ai toujours respecté la Religion et la Foi des gens, quelle qu’elle soit. Mais il ne doit pas être interdit d’en parler ou de se poser certaines questions. Pour le Catholique que je suis, j’ai été heureux de voir un Jésus “Humain” qui, enfant se pose nombre de questions et qui en grandissant, lutte pour l’égalité de tous, hommes et femmes, pauvres, malades, handicapés, déficients mentaux, etc. J’ai aimé ce Jésus qui a des convictions et refuse l’injustice inscrite dans les dogmes, et prônée par les rabbins. C’est un roman profond et très sensible, libre à nous de l’interpréter comme on le souhaite.

Certains passages choqueront sûrement, l’intervention telle qu’elle décrite de Judas est intéressante, une Marie très belle, pauvre en esprit, mais très gentille, abusée un jour par un soldat romain et qui lui vaudra de tomber enceinte, puis l’histoire d’amour vécu par Jésus et Marie de Magdala… une belle histoire d’amour.

Ce qui m’a plu, c’est l’amour avec un grand A, qui se dégage de cette histoire, l’amour de Jésus envers tous les siens. À aucun moment, je n’ai été choqué, au contraire, j’y ai vu un très bel hommage et une explication tout à fait convaincante du début du Christianisme, et que cela vienne justement de l’auteur Metin Arditi, juif d’origine turque est pour moi très intéressant !

J’ai adoré ce roman mêlant les réflexions et l’intimité de Jésus. Ne jugez ce livre pas avant de l’avoir lu. C’est une réinterprétation de la Religion, soit, mais c’est surtout un roman de paix et de bonté. En tant que juif, Jésus refuse tout simplement d’être un bâtard suite à une “faute” que n’a pas commis sa mère…

Coup de cœur pour moi, pour ce récit racontant la vie de l’enfant, de l’adolescent puis de l’homme qui s’opposa à l’injustice de certains écrits…

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Extraits :

« Six ans plus tôt, Joachim, le père de Marie, lui avait proposé de prendre sa fille pour épouse. De l’avis de tous, Marie était la plus belle enfant de Nazareth. À la façon qu’elle avait de poser le regard, les yeux en attente, on comprenait qu’il n’existait pas cœur plus tendre. De taille haute et de traits délicats, elle avait une grâce naturelle. Le bon Dieu l’avait voulu pauvre en esprit, mais, dans son immense bonté, il l’avait doté de mille qualités. Toujours attentive, elle faisait au mieux chaque tâche qui lui incombait. »

« Comme prévu, le garçon tenta de s’enfuir. Jésus le saisit par le poignet :
– Pourquoi dis-tu que je suis un mamzer ?
L’autre le regarda, apeuré.
– Réponds ou je te frappe ! hurla Jésus. Pourquoi dis-tu que je suis un mamzer ?
Samuel continua de rester coi, terrifié devant tant de rage. »

Une petite routine s’était installée. Jésus et lui s’asseyaient sous le caroubier et analysaient les textes tout en dégustant la confiture de Marie. Lui faire découvrir les textes sacrés était à chaque fois l’occasion de les lire d’un autre œil… La capacité du garçon à saisir leur sens profond se doublait d’une habilité naturelle à user de paraboles et de métaphores. »

« Jésus était ivre de colère. Allait-il passer sa vie à courber l’échine, à voir sa mère bafouée à cause de lois injustes ? Il les aurait battus au sang, ces quatre docteurs. Et quelle était cette religion qui humiliait l’innocent et récompensait celui qui obéissait sous la menace ? »

 

 

Écrivain francophone d’origine turque, Metin Arditi a quitté la Turquie à l’âge de sept ans, et a obtenu la nationalité suisse en 1968.

Après onze années passées dans un internat suisse à Lausanne, il étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme en physique et un diplôme de troisième cycle en génie atomique. Il poursuit ses études à l’université Stanford.

Il habite Genève, où il est très engagé dans la vie culturelle et artistique. De 2000 à 2013, il a été Président de l’Orchestre de la Suisse romande. Il est membre du Conseil stratégique de l’École polytechnique de Lausanne où au fil des ans, il a enseigné la physique (assistant du Prof. Mercier), l’économie et la gestion (comme chargé de cours) et l’écriture romanesque (en tant que Professeur invité).

En décembre 2012, Metin Arditi a été nommé par l’UNESCO Ambassadeur de bonne volonté. En juin 2014, l’UNESCO l’a nommé Envoyé spécial puis, en 2017, Ambassadeur honoraire.

De 2016 à 2019, il a tenu une chronique hebdomadaire dans La Croix.

Il est l’auteur d’essais et de romans, parmi lesquels Le Turquetto (Actes Sud, 2011, prix Jean Giono), et chez Grasset,
La Confrérie des moines volants (Points, 2014),
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/25/la-confrerie-des-moines-volants/
L’enfant qui mesurait le monde
(2016, prix Méditerranée),
Mon père sur mes épaules (2017),
L’homme qui peignait les âmes (Grasset, 2021).
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/05/lhomme-qui-peignait-les-a%cc%82mes/

En 2022, il a publié le Dictionnaire amoureux d’Istanbul (Plon-Grasset).

Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Les parapluies d’Erik Satie

de Stéphanie Kalfon
Poche – 11 octobre 2018
Éditions : Folio

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“La folie n’est pas du côté de l’extravagance, elle est du côté de la normalité. Les gens seuls, les déviants, les étranges, les bizarres, ne sont que la doublure honnête des photocopies carbone qui représentent la masse des vivants. Ceux qui marchent sur la tête, les vrais fous, sont ceux qui n’ont jamais besoin d’air.” Le génie ou l’imposture, telle est l’ambiguïté qui a condamné Satie à la solitude. Désireux de ne jamais dévoiler ses fragilités, le compositeur a caché toute sa vie la tristesse qui le dévorait. Dans un texte aussi habité que fantaisiste, Stéphanie Kalfon la laisse résonner.

 

• Couv_2023-055_Kalfon Stéphanie - Les parapluies d'Erik Satie

 

Je connaissais Erik Satie, le musicien hors norme, mais je ne connaissais pas l’homme.

Stéphanie Kalfon, lui offre un superbe hommage et me permet de découvrir l’enfant qu’il était et l’homme qu’il voulait être. Aîné de sa famille, il a à peine quatre ans quand sa mère s’effondre après la mort subite de sa petite sœur encore bébé. La perte de sa maman sera un coup dur pour Erik en pleine construction. Il est intelligent, mais ne se mêle jamais aux autres, qu’ils soient, enfants ou adultes, il reste un solitaire. Il observe le rythme de la vie des gens. Très vite, il s’intéressera à la musique et il est doué pour ça. Son génie en la matière fera de lui un artiste précurseur, un visionnaire, musicien minimaliste et mélancolique, mais un incompris parmi les musiciens qui l’entourent.

Ce n’est pas une biographie, plutôt une fiction qui autorise dès lors Stéphanie à entrer dans la tête du musicien, à lui donner la parole et la vie, et quelle vie. Une vie où solitude, mélancolie et alcoolisme se ressentent à travers chaque phrase. Un homme perdu, dépressif presque toute sa vie, en avance sur son temps sûrement, qui brûle de créer sa musique, de la partager et de la faire entendre, mais le monde n’a pas le temps de s’arrêter, n’a pas le temps de l’écouter. Le nouveau monde va trop vite, il suit l’industrialisation de l’époque bruyante, masquant le tempo lent et intense de ses compositions, jusqu’à l’intérieur de son esprit de plus en plus fragile.

Artiste maudit et miséreux, Erik Satie était un homme libre qui refusa toutes concessions allant à l’encontre de la liberté.

Ma lecture accompagnée de sa musique, plus que présente dans mes playlists, m’a porté tout le long du récit au style fluide et puissant de l’auteure, elle porte gracieusement l’histoire par ses mots choisis, étonnants parfois, poétiques souvent, mais aussi par de nombreuses citations du compositeur… Stéphanie ouvre la porte d’un univers sombre et étouffant qui m’a paru vraiment en adéquation avec le personnage qu’il fût.

Un livre fort et prenant, qui fera découvrir le génie de Satie pour certains, l’homme incompris qu’il était pour les autres. Un roman qui a sa place dans toutes les belles bibliothèques !

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Extraits :

« On n’envie jamais les gens tristes. On les remarque. On s’assied loin, ravi de mesurer les kilomètres d’immunité qui nous tiennent à l’abri les uns des autres. Les gens tristes sourient souvent, possible oui, possible. Ils portent en eux une musique inutile. Et leur silence. Vous frôle comme un rire qui s’éloigne. Les gens tristes passent. Pudiques. S’en vont, reviennent. Ils se forcent à sortir, discrets faiseurs d’été… Partout, c’est l’hiver. Ils ne s’apitoient pas : ils s’absentent. Ils disparaissent poliment de la vue. »

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. Un lieu pour soi, à soi, qui nous dit l’état de son âme. Et qui a fait sa légende. Lorsque ses amis ont ouvert la porte de cette chambre, le jour de sa mort, ils ne s’en sont pas remis. Ils ont manqué d’air. »

« Il sourit lointain, on ne sait pas ce qu’il pense, pire, on le devine bien trop… L’élève Satie crée un malaise : jadis, il fut un enfant impressionnable, à dix-sept ans, il est devenu un adolescent impressionnant. Sa timidité prise pour de la hauteur. Dans ses yeux, ses opinions précises clignotent comme des panneaux publicitaires. Ce qu’il pensera trente ans plus tard, il le pense déjà, inflexible et intransigeant. »

« La seule chose qui compte désormais, pour Erik, c’est l’instant pétrifié. L’immobilité de la forme. La clarté d’un espace en apesanteur. Une musique qui s’écoule, d’accord, mais émouvante et distante. Un rythme si lent qu’on pourrait craindre qu’il s’arrête, un, rien, un souffle, un rien. Du bout de la pensée, il tâtonne, il cherche les notes immobiles. Alors qu’autour de lui, quelque chose de nouveau commence : un changement de rythme, un changement perpétuel. »

« Paris change et Paris demeure. L’homme moderne voyage dans les airs, utilise l’électricité, roule en automobile, s’amuse au cinéma, écoute le gramophone et découvre l’inconscient. Les bruits de la ville ont changé. De nouveaux sons apparaissent, plus mobiles, plus industriels. L’espace s’est décomposé en petits cubes cubistes. On fabrique des sons nouveaux, parce qu’on fabrique des objets nouveaux : avions, moteurs électriques, pneus. Le temps cesse d’être unique. »

 

Née en 1979, Stéphanie Kalfon a commencé par les classes préparatoires littéraires et des études de philosophie avant de devenir réalisatrice et scénariste. Lauréate de la bourse Lagardère dans la catégorie Scénariste TV, elle a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon, diffusée sur Arte, et réalisé le film Super triste avec Emma de Causes et Philippe Rebbot.
En 2017, elle publie son premier roman, Les parapluies d’Erik Satie, qui a été très remarqué par la critique.
Elle publie Attendre un fantôme, en 2019;
et Un jour, ma fille a disparu dans la nuit de mon cerveau, en 2023.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/23/un-jour-ma-fille-a-disparu-dans-la-nuit-de-mon-cerveau/