Histoire, Thriller ésotérique

Artefacts

de Jérôme Segguns
Broché – 8 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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L’exil de l’archéologue Pia Masson aux confins du monde afin de contenir le mal antédiluvien qui se répand sur terre a échoué. Ces puissances occultes involontairement libérées sont plus fortes que jamais. L’équipe des « Merrow » devra combattre cet ennemi séculaire, une fois encore. Au-delà de leurs vies, c’est l’humanité tout entière qui est menacée. Plus que du courage, ils devront engager leurs âmes et se munir d’artefacts mystiques pour délivrer Samaël, le dernier des Beney Elohim, emprisonné dans le corps de Raphaël.

Le diable, l’ayant élevé, lui montra en un instant tous les royaumes de la terre,
et lui dit : Je te donnerai toute cette puissance, et la gloire de ces royaumes ;
car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux.

Luc 4:5-6

Jérôme Segguns signe une suite magistrale à son précédent roman EL. Toujours inspiré de faits authentiques, l’auteur n’a pas fini de bousculer nos convictions les plus profondes.

 

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D’où viennent les êtres humains ?
Voilà la grande question que se pose Jérôme Segguns, dans cet incroyable roman qui est la suite directe de “EL”.

Huit années de recherche, c’est le temps qu’il aura fallu à l’auteur pour développer et mettre en place ce fil rouge chargé de rebondissements qui court le long de ses deux romans qui m’ont laissé abasourdi. EL, avait déjà été un gros coup de cœur, cette suite est digne du premier opus en clôturant à priori le sujet. Le premier mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de ma lecture est : Magistral !

Je retrouve donc avec grand plaisir Pia et son équipe de “Merrow” qui de nouveau vont s’opposer à des forces puissantes et invisibles venant du fin fond de l’Histoire. Le danger les guette, il est partout sans pitié… Les anges déchus sont bien décidés à ne pas se laisser faire.

Encore une fois le thriller ésotérico-historique de Jérôme m’a emporté par sa thématique qui je le signale part de bases authentiques, mentionnées dans des rapports officiels, et il s’en donne à cœur joie pour mon plus grand plaisir. Non, la lignée humaine de par son évolution et surtout son origine, n’est peut-être pas celle que nous croyons, celle que nous avons apprise !

C’est un thriller qui forcément fera peur, tellement Jérôme mélange avec maestria son récit à des faits réels qu’il développe avec une écriture très érudite, addictive et agréable à la fois.

Encore une fois, un coup de cœur. Jérôme, définitivement devient pour moi un auteur à suivre et qui je pense, n’a pas fini de me surprendre…

Merci Jérôme, merci Angie et merci aux Éditions Des Livres et du rêve !

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Extraits :

« Une jeune femme rousse, pas très épaisse, le teint diaphane, ouvrait les yeux après plusieurs mois de coma, mais là, elle l’ignorait encore. La demoiselle réintégrait doucement le monde des vivants. Elle réalisa de suite qu’elle se trouvait dans un hôpital.
Pourquoi ? »

« Tu ne m’es plus d’aucune utilité pour le moment et tu n’as aucun ordre à me donner. Puis te connaissant, tu trouveras sans délai une âme en peine, ou un nigaud qui s’amuse à se désincorporer sans prendre en considération les risques qu’il est encourt de laisser son enveloppe charnelle exposée ainsi à nos forces. »

« C’était vrai, la frêle jeune femme était encore loin d’être remise. Pourtant, elle désirait ardemment partir loin, elle qui rêvait de découvrir les îles du monde. C’était tout de même la une sacrée chance, puis archéologiquement parlant, Yap paraissait, d’après les renseignements qu’elles avaient piochés dans des encyclopédies à leur bibliothèque habituelle, un endroit hors du monde. »

« La très jeune fille n’avait trouvé aucun réconfort chez la sœur aînée de sa mère, d’autant qu’elle l’avait battue pour lui intimer le secret. Puis c’était de sa faute de toute façon : malgré sa taille très mince due à un régime très strict, la nature avait affublé l’adolescente d’une poitrine plus que généreuse et d’un beau visage. Malheureusement, et trop souvent les gars des environs, dès qu’ils l’apercevaient, lui pinçaient les tétons, ils étaient trop nombreux pour qu’elle puisse même penser à se défendre ou à se rebeller. Tel était son lot. Alors, lorsque la tante lui avait annoncé qu’elle l’avait vendue à un couple européen en mal d’enfant, elle avait cru que son calvaire allait enfin prendre fin. »

« Tout s’annonçait pour le mieux. Finalement cette île n’était pas si mal, il y avait dans l’atmosphère une aura de mysticité des temps oubliés. Ces insulaires étaient proches et sollicitaient souvent les esprits primaires qui rôdaient en permanence près des habitations. Cela se ressentait, il y avait une certaine connivence dans le monde sensible et l’ultra-sensible qu’on ne discernait plus que difficilement en métropole. Ils allaient pouvoir s’orienter en communiquant avec eux. »

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Gémologue depuis 1995, Jérôme Segguns (un pseudonyme) suit quelques années plus tard une formation de Géotechnicien et devient responsable de laboratoire d’analyses géologiques. Après trois années d’écriture, il signe son premier contrat d’auteur, aux éditions Assyelle. Des pas sur le sable, un récit témoignage, est édité en 2014. Il plonge dans les affres d’une affaire judiciaire dans son quatrième ouvrage, Ni hérisson, ni paillasson (Au Pays Rêvé, 2018). Jamais en panne d’inspiration, il participe également à des concours littéraires, mais sous son vrai nom. Lauréat de nombreux prix. Troisième prix des écrivains publics de Toulon pour un concours de lettres 2014. Lauréat du second et troisième concours des Passeurs de Livres de Grasse, 2014 et 2015. Lauréat du concours de « Nouvelles » d’Istres 2015. Et premier prix qui lui est décerné au mois d’avril 2017 des Écrivains publics de Toulon, pour un nouveau concours de lettres. En 2018, de graves problèmes de santé contraignent Jérôme Segguns à suspendre pour un temps long sa vie professionnelle. Sa force de caractère lui permet de rebondir et de réaliser un de ses plus vieux rêves en passant le Bac littéraire qu’il obtient avec la mention Bien. Dans la foulée, il s’inscrit à la Faculté de Lettres Modernes et réussit sa première année de Licence avec la mention Assez Bien. En plus du travail « universitaire », il reprend l’écriture d’un projet commencé six ans auparavant, son second mais qui deviendra au final son quatrième roman, EL, un thriller ésotérique qui va remettre en cause la réalité même que l’on se fait de notre descendance humaine.

https://leressentidejeanpaul.com/2021/11/30/el/

Émotion, Drame, Histoire, Poésie

LE PARFAIT inconnu

de Gérard Papier-Wagner
Broché – 20 mars 2023
Éditions : Independently published

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À Paris, sur la colline Sainte-Hermione, une église du IXe siècle, une place pavée, un restaurant vénérable, une librairie et quatre marronniers, voici planté le décor d’un drame qui va naître d’un ouvrage historique écrit par un inconnu féru de catharisme, et préfacé par une auteure journaliste. Ajoutons un cheminot et un architecte à la retraite pour compléter le tableau, ainsi qu’un prêtre aux sermons très appréciés, une chanteuse de cabaret, et toutes les conditions seront réunies pour une lecture passionnante, puisque les personnages eux-mêmes sont passionnants.

 

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J’ai découvert l’écriture de Gérard Papier-Wagner en mars dernier, avec MONA qui m’avait beaucoup plu et inspiré par le sujet et par le style.

Gérard m’a fait parvenir un autre roman, LE PARFAIT inconnu, la curiosité m’a piqué, et une nouvelle fois, j’avoue avoir passé un merveilleux moment de lecture.
J’en avais déjà parlé pour son premier roman lu, mais la plume de l’auteur est vraiment très intéressante, très aboutie. L’utilisation du passé simple, la richesse des mots, l’érudition globale du sujet tout en conservant une réelle fluidité dans la dans la lecture, un soupçon de mélancolie et une douce poésie, j’ai forcément été happé par le récit.

Jérôme est à la retraite, il aime passer ses journées à lire seul, toujours sur le même banc, à l’ombre des marronniers, là où il peut contempler l’église Sainte-Hermione. Jérôme est marié à Mag. Un jour, ils font la connaissance de Luc et de sa femme Béatrice, une journaliste qui aime les voyages et qui comble en Jérôme un vide insoupçonné.
Après des débuts difficiles, une belle amitié va naître entre Jérôme et Ernest qui a une fille, Gina qui tient un restaurant étoilé. Le prêtre, Jean Destivelle, lui aussi est un personnage étonnant, mais je n’imaginais pas à quel point. Puis, il y a aussi Sonia, qui tient la librairie de quartier, et surtout l’étrange découverte dans sa librairie qui mettra en avant l’une des pires périodes de l’Histoire… De nombreux personnages avec leurs qualités et leurs défauts, qui se croisent et se recroisent dans ce récit intelligent et bien documenté qui mettra finalement en avant l’église et la place Sainte-Hermione. Mais chuuuut… Ça, c’est encore un secret…

Très belle lecture, qui m’a donné envie de me replonger dans notre Histoire, ainsi que dans celle de la Religion. Mystérieuse, énigmatique et très intéressante, tout ce que j’affectionne !

Un livre que je conseille à ceux qui aiment les beaux récits et la grande Histoire.
Merci beaucoup Gérard, pour ce très beau cadeau !

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Extraits :

« Sur ce banc, presque chaque matin, s’asseyait Jérôme y venant pour se distraire en regardant s’agiter les autres. La sérénité de l’endroit l’incitait à réfléchir sur le passé, à visiter des souvenirs entachés de regrets. Il est médita seul jusqu’à ce qu’un autre retraité eût la même aspiration. Jérôme fut tout d’abord fâché que celui-ci, à tout prix, voulût engager la conversation, mais il s’y résigna parce que dialoguer vaut mieux que ressasser. Las des potins du coin et des commentaires d’actualité, Jérôme, lâcha début avril, ce à quoi l’avait mené sa cogitation.
– Qu’est-ce que vous attendez de la vie ? »

« Très chères sœurs et très chers frères, je devine à vos regards tous les questionnements suscités par certaines révélations. Si les agissements de l’Inquisition au Moyen-âge nous horrifient aujourd’hui, le temps les a passés par profits et pertes, car la grande Histoire ne retient que les faits en délaissant les émotions, afin de rester objective. »

« – J’ai l’impression que vous tombez vite amoureux des âmes qui se livrent, n’est-ce pas ?
– Je me crois plutôt sentimental par empathie, répondit prudemment Jérôme. »

« – Vous m’avez manqué, se risqua Jérôme.
– Dois-je comprendre que vous me faites la cour ?
– Je cherche votre amitié, parce que votre personnalité, comble en moi un vide insoupçonné.
– Entre un homme et une femme, il n’existe pas d’amitié réelle, sans composante amoureuse.
– Alors, c’est cornélien ?
– Non, c’est plutôt agréable l’amour sans les inconvénients de l’amour. »

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001. Il s’est ensuite consacré à l’écriture de romans et de poèmes. Marié depuis 1962 avec Marie-Thérèse assistante sociale, il n’a pas eu d’enfant.

MONA
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

Histoire, Polar historique, Thriller ésotérique

La forêt des assassins

de Mathieu Bertrand
Broché – 27 octobre 2022
Éditions : M+

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1982 : Une communauté d’anciens soixante-huitards, installée depuis 1968 dans un village abandonné du Périgord, s’est muée progressivement en une secte hors du temps et de toute civilisation dirigée par les Dignitaires.

2022 : Le commandant Lagazzi, officier de la section Alésani, service du ministère de l’Intérieur spécialisé dans les phénomènes étranges, est missionné pour enquêter dans un petit village perdu du Périgord où les dirigeants d’une secte religieuse sont assassinés dans des circonstances particulièrement violentes. Ses investigations vont rapidement la plonger dans le passé sanglant d’une région où la sorcellerie, les disparitions et les meurtres rituels semblent monnaie courante depuis plusieurs siècles.

 

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Encore une fois, et pour mon plus grand plaisir, Mathieu Bertrand m’a complètement embarqué dans son récit addictif et bien rythmé, qui se déroule tantôt en 1982, tantôt en 2022.

La forêt des assassins est la suite de La Porte d’Abaddon, mais elle peut très bien se lire sans avoir lu le premier volet, même si je trouve cela un peu dommage…
J’avais donc déjà fait la connaissance de Patricia Lagazzi commandante à la section Alésani, au caractère racé et j’ai bien aimé la retrouver dans ce thriller sombre où la sorcellerie peut se cacher derrière n’importe quel arbre…

Patricia enquête sur les phénomènes étranges, c’est donc tout naturellement que ses responsables l’ont envoyé à Anarchia, petit hameau perdu au fin fond d’une forêt dans le Périgord, suite à une série de meurtres sous forme de rituels, particulièrement violents au sein d’une secte. Son enquête va la mener dans le passé de cette région où depuis plusieurs siècles la mort rode, et s’abat régulièrement sur les personnes qui oseraient s’aventurer au cœur cette forêt étrange !
Dès le début du récit, j’ai senti une ambiance sombre et pesante s’installer… Et le lecteur que je suis a été “baladé” dans tous les sens par l’auteur durant ma lecture dans cette histoire bien mystérieuse ayant moult rebondissements et où plusieurs histoires s’entremêlent.

J’ai retrouvé avec plaisir le style épuré, très visuel, l’érudition et la passion de Mathieu envers l’Histoire, l’ésotérique et les mystères. J’ai trouvé son roman passionnant et très addictif, une fois commencé, impossible de le lâcher…
Et la forêt… cette forêt… !!!

Si vous ne connaissez pas encore Mathieu Bertrand, c’est un auteur que je vous recommande vraiment !

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Extraits :

« J’en ai lu des bouquins relatifs aux religions, à la sorcellerie et aux croyances, mais ça, c’est un truc de dingue. À mon avis, ces Dignitaires ont fait une compilation de tout ce qu’ils ont trouvé. Il y a là-dedans des extraits de l’Ancien comme du Nouveau Testament et de la Torah. Mais j’y ai aussi découvert des passages du Malleus maleficarum, un livre du XVe siècle qui était utilisé dans le cadre de la chasse aux sorcières. J’y ai même vu des chapitres complets sur les exorcismes. Il y a aussi d’autres références que je ne connais pas… »

« Quand Guillaume pénétra dans la pièce, le geste qu’il amorça l’adjudant pour cacher le cadre contenant ses décorations sous son bureau n’échappa pas à Patricia. Il ne souhaitait pas parler de ses faits d’armes à ses hommes et Patricia apprécia son comportement plein d’humilité, notamment dans un milieu militaire où la fierté de porter des décorations paraissait pourtant logique. »

« Dès sa première visite à Anarchia, Patricia avait constaté l’absence de toute animal. Elle avait déjà entendu parler, lors d’une formation qu’elle avait suivie dans le Sud-ouest de la France, d’endroits que les animaux évitaient autant que possible. Le formateur, spécialisé en géobiologie et en harmonisation de l’habitat, avait expliqué aux stagiaires que certains lieux étaient chargés d’énergies négatives, notamment en raison de la mémoire des murs ou d’un passé violent ou particulièrement dramatique. Il était alors fréquent de constater que les animaux, par instinct, s’en éloignaient. »

« Soudainement, Patricia eut la sensation que les murs se mettaient à tourner autour d’elle. Une migraine enserra instantanément son crâne, comme si une immense tenaille tentait de rapprocher ses tempes l’une de l’autre. Elle connaissait ses signes. Ils ne se manifestaient qu’à de rares occasions, mais elle savait qu’ils signifiaient l’arrivée de moments de stress intenses. »

 

Bertrand Mathieu, est né en 1969 en région parisienne et a grandi en Corse. Professeur à l’École de droit de la Sorbonne-Université Paris I, préside l’Association française de droit constitutionnel. Il est membre du Conseil supérieur de la magistrature et a été membre de la Commission Avril sur le statut pénal du chef de l’État (2002) et du Comité Balladur chargé de proposer une révision de la Constitution (2007). Il dirige la revue Constitutions.

Il est passionné par la visite des lieux chargés d’histoire et d’Histoire en général avec une attirance particulière pour le moyen âge.

En 2016, il publie son premier roman,
Les émeraudes de Satan
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/09/les-emeraudes-de-satan/

Son second roman sort en 2017,
Je pleurerai plus tard
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/03/je-pleurerai-plus-tard/

puis en 2020, il sort,
Le manuscrit des damnés
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/19/le-manuscrit-des-damnes/

En juillet 2021,
La porte d’Abaddon
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/26/la-porte-dabaddon/

La forêt des assassins publié en juillet 2022 est son dernier roman à ce jour…

Émotion, Histoire, Témoignage

Tapis magique

Terre de prières de mystères et de lumière
de Annette Rossi
Broché – 20 octobre 2022
Éditions : Encre Rouge 66

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Annette Rossi, originaire des Pays Bas et ayant adopté Chamonix comme terre de prédilection, est aussi l’autrice du roman en trois tomes ALEXANDRE, une aventure historico-romanesque à la découverte du tombeau disparu d’Alexandre le Grand : Le pacte de Babylone, La malédiction de Tamerlan, L’horizon d’Aton, une expérience des plus inspirées qui prouve, s’il en est besoin, son talent et son inépuisable imagination. La réalisation de cet ouvrage est le début d’une série de “Tapis magique” qui sans aucun doute saura séduire tous les amateurs de voyages.

 

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En 2021, j’ai découvert Annette Rossi avec sa superbe trilogie Alexandre.
Rarement, je n’avais ressenti une telle érudition dans un roman d’aventures. Puis je me suis rendu compte qu’Annette était une voyageuse, mais pas n’importe quel type de voyageuse. C’est plutôt une “baroudeuse” dans le beau sens du terme. Que dis-je ? C’est une globe-trotteuse, une véritable aventurière qui ne se déplace jamais sans ses petits carnets où elle recueille le moindre détail de ses pérégrinations.

Véritable passionnée d’histoire et des civilisations du Moyen-Orient, lorsque j’ai appris qu’elle avait rédigé un livre mêlant photos et souvenirs de son voyage en Arabie Saoudite, ma curiosité de nouveau emballée n’a pu se contenir. Après avoir découvert l’auteure qui m’avait fait rêver grâce à ses aventures, je me demandais comment elle allait faire pour transmettre ce voyage qui s’avérait fantastique.

Je n’ai pas été déçu du tout !

Le Tapis Magique d’Annette, m’a mené en des terres rarement foulées au cours des siècles surtout par les non-musulmans. C’est un pays que je ne connais pas du tout, mais qui m’a toujours fait rêver au niveau historique.
Me voilà parti, entre de bonnes mains, d’oasis en oasis, traversant les déserts et découvrant à chaque étape des lieux gorgés d’histoire et de magie. Le vrai plus de ce livre pour moi, ce sont les photos prises par son compagnon, Philippe, qui ailluminent les écrits d’Annette tout le long du livre et nous permettent de voyager avec eux. Certaines photos sont exceptionnelles, les textes magnifiquement détaillés, fluides et limpides tant sur les parties historiques que sur ces ressentis personnels. Elle nous transmet sa curiosité, et j’en demandais encore… J’ai eu vraiment l’impression de voyager et découvrir avec elle une population très accueillante, des traditions hors du temps, dans une atmosphère que seuls certains pays du Moyen-Orient ont encore. Là où j’ai vraiment été surpris, c’est le paradoxe entre les richesses historiques du passé, et les étonnantes nouvelles constructions architecturales qui nous mènent tout droit dans le futur !

Attention, ce n’est pas un banal guide de voyage, c’est un livre de découvertes sur un royaume qui vient juste de nous ouvrir ses portes…
Passionnés d’archéologie et d’histoire et si vous aimez en plus l’aventure et les voyages merveilleux, je ne peux que vous conseiller de suivre, et d’offrir même, Annette sur son “Tapis magique”.
Vivement son prochain voyage !

Personnellement, elle m’a vraiment donné envie de voyager là-bas, découvrir et faire découvrir pourquoi pas, ces sites incroyables.

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Extraits :

« Quand j’étais une petite fille, je rêvais de posséder un tapis magique et de pouvoir m’envoler la nuit vers des horizons lointains. Je fantasmais sur des pyramides surgissant, des sables, des temples trônant sur des acropoles, des dômes et des arcades s’élevant au cœur de cités féeriques, des cathédrales dominant des villes somptueuses. »

« Curieuse de tout, fascinée par l’histoire et l’archéologie de cette contrée si longtemps fermée, je veux découvrir ce qui se dissimule sous le voile obscur que laissent filtrer les médias. Car le témoignage permet au monde extérieur de prendre connaissance de l’âme profonde et des aspirations des peuples. »

« Nous arrivons à Al-Okhdood en fin d’après-midi, à l’heure, où les ombres s’allongent… La lumière feutrée baigne les vieilles pierres dans un voile ambré.
Les vestiges nécessitent beaucoup d’imagination pour faire revivre la bouillonnante cité antique, mais la sensation d’être au cœur de l’histoire nous submerge profondément. »

« Le village offre une image surréaliste. Depuis une sorte d’amphithéâtre, sur un arrière-plan de falaises vertigineuses, une soixantaine de maisons fortifiées nous surplombent. Atteignant jusqu’à sept étages, elles sont construites avec de la roche locale, très sombre leur conférant une allure austère et menaçante. Les contours des fenêtres sont façonnés avec du quartz blanc étincelant tandis que les portes et les volets en bois sont de couleur verte, rouge, jaune, turquoise.
Le fort d’Al Elwan, âgés de quatre cents ans, est la bâtisse la plus ancienne. Autour du bourg, se dressent des tours de surveillance. »

Née aux Pays-Bas, passionnée de voyages, d’histoire et d’archéologie, très tôt Annette Rossi part à la découverte du monde et consigne ses expériences sur des carnets. Un jour, sur sa route, elle croise deux aventuriers avec lesquels elle se lie d’amitié et qui donneront naissance aux héros de son premier roman. Aujourd’hui, elle vit en France, au pied du mont Blanc dans la vallée de Chamonix.

« Le besoin de décrire ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens, existe depuis mon enfance. Mes voyages me donneront l’occasion d’exprimer cette passion et ces notes donnent naissance à des récits en néerlandais. Plus tard, je découvre le plaisir d’écrire en français. Une langue tellement riche, tellement raffinée, qu’elle permet de trouver toujours le mot juste, la parfaite nuance. Je publie un blog de voyages sur WordPress : Voyages au-delà de l’horizon et un blog d’images en trois langues ; français, néerlandais, anglais : Images au-delà de l’horizon. Puis, un jour, une intrigue traverse mon esprit… »

Annette Rossi

Adolescence, Émotion, Histoire

L’Arpenteur de rêves

de Philippe Lemaire
Broché – 4 novembre 2021
Éditions : de Borée

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Une équipe de tournage dirigée par un des plus grands cinéastes des années 50 s’installe à Attigny dans les Ardennes pour réaliser en extérieur quelques-unes des séquences les plus importantes d’un film, L’Arpenteur de rêves, qui évoque la jeunesse de Rimbaud et ses amours tumultueuses avec Verlaine. Toute la vie du bourg, rythmée à la fois par les campagnes sucrières et le passage des péniches qui franchissent son écluse, va en être bouleversée comme le sera la vie monotone et solitaire de la jeune Clémence.

 

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L’Arpenteur de rêves, se déroule dans les Ardennes…

Clémence, jeune fille attachante de dix-sept ans, rêve d’amour et d’une vie meilleure, en effet, jusqu’à présent elle n’a pas eu une vie franchement facile. Très tôt abandonnée par son père qu’elle n’a jamais revu, une mère qui agit comme si elle n’existait pas, elle vit son quotidien comme un jour sans fin. Elle trouve un travail comme serveuse au village, au “Bar de l’Écluse”, et là encore les rapports avec sa patronne, Léonie Franquin, sont difficiles et conflictuels, mais elle s’accroche à ce poste sans intérêt qui lui donne quand même un soupçon de liberté.
Un jour, sa patronne l’informe qu’elle va devoir partir quelques jours voir sa sœur, et qu’elle la laisse le soin de tenir le bar durant son absence. Mais quelle fut sa surprise en voyant arriver le lendemain, Julieta, qu’elle connaît de vue et qui n’est pas vraiment son amie, qui lui explique qu’elles vont travailler ensemble, pendant l’absence de Franquin !
Encore une fois, son rêve de liberté s’évanouit…
Mais, petit à petit, la roue de la vie semble tourner, avec “Rimbaud” et “Verlaine”, elle en oubliera même la monotonie de sa vie !

Encore une fois, l’écriture fluide et réaliste de Philippe Lemaire fonctionne. On remonte le temps avec une telle évidence, j’ai tout de suite été immergé dans ce petit village durant les années 50 qui se remet à peine de la dernière Guerre. L’atmosphère est fort bien ressentie, la vie difficile des habitants, les commérages, la médisance, un climat dur où rares sont les distractions.
Mais la magie du cinéma arrive bientôt…

Après avoir lu, La forêt des violons et Le miroir aux mirages, même si j’ai aimé L’Arpenteur de rêves, je l’ai quand trouvé, en dessous des deux autres, mais cela reste un avis personnel et je continuerai à lire ses autres romans avec plaisir…

Merci à Virginie pour cette lecture…

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Extraits :

« La jolie Clémence Fourquet avait des rêves plein les mollets. Chaque coup de pédale la grisait en la propulsant dans une liberté imaginaire. La même chanson se répétait chaque matin. L’idée même de liberté est un alcool qui enivre quand on a tout juste dix-sept ans. Son rêve ? Un truc tout simple. Un matin, elle se lèverait, rassemblerait tout son fourbi dans une valise, y compris sa trousse de maquillage qui avait rendu sa mère furieuse, et salut la compagnie ! »

« Les péniches, qui s’arrêtaient transportaient aussi dans leurs cales, outre le charbon, le sable ou le blé, des paysages lointains qui provoquaient en elle une envie irrésistible d’évasion. C’étaient autant de cerfs-volants colorés qui se mettaient à tournoyer dans sa tête. Elle fut presque jalouse du nourrisson qui continuait de téter et qui les découvrirait bientôt sans se rendre compte de sa chance. Il allait traverser de grandes villes, s’arrêter dans d’autres ports, connaître d’autres gens, tandis qu’elle, elle resterait enfermée entre les quatre murs de son horizon, de champs, de bois et d’abreuvoirs à vaches. »

« Clémence aurait aimé éprouver davantage d’émotion en apprenant la mort de cet inconnu qui était son père. Cette page de sa vie qui se tournait la laissait indifférente, un peu comme si cette mort de la concernait que de loin. Pourtant, combien de fois avait-elle espéré le voir apparaître souriant et volubile avec, comme une fleur accrochée à la boutonnière, le récit d’un voyage lointain ? Ou d’un exploit qui aurait sidéré le monde. »

 

Philippe Lemaire a longtemps été journaliste, présentateur du journal télévisé de France 3 Rhône-Alpes Auvergne.

Auteur de chansons et réalisateur de films documentaires, il se fait remarquer dès son premier livre Les Vendanges de Lison (2003).

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a notamment publié La Mélancolie du renard (2015), son son neuvième roman, L’Enfant des silences (2013) et Rue de la côte-chaude (2011). Il prouve une fois de plus son talent dans La Forêt des violons, son seizième roman.

Ardennais, Il vit en Rhône-Alpes depuis de longues années.

Les racines de Philippe Lemaire, justement, ce sont les Ardennes.
« Quand je reviens à Saint-Laurent, je ressens les choses différemment, je me sens heureux, simplement. C’est difficile à expliquer, c’est un peu comme si j’avais les ombres de mes grands-parents à mes côtés.»

Le cheval de bataille de l’écrivain, c’est aussi d’essayer de convaincre que la lecture, c’est indispensable. « Lire, c’est fondamental, explique-t-il. Cela permet de s’évader, de réfléchir, de structurer sa vie. »
Philippe Lemaire s’est mis à la lecture lorsqu’il avait six ans. « Ma grand-mère lisait des romans photos, ça a été mon premier vrai contact avec les livres. Et puis j’ai rencontré un professeur de Français en quatrième, qui écrivait des pièces de théâtre, et les choses se sont enchaînées. »
L’auteur ardennais met aussi, et surtout, de sa vie dans ses romans. « L’écriture traduit une émotion. Si j’angoisse, le lecteur s’en rendra compte. Si je suis tendu, heureux, cela se verra. Toute ma vie j’ai écris, je serais incapable de m’arrêter. Je pourrais même écrire s’il le fallait des modes d’emploi. C’est mon métier, c’est comme si j’étais artisan ou même employé, c’est comme ça. »
Et Philippe Lemaire a choisi son style. « J’écris des romans aux personnages simples. Je n’aime pas les romans “coffre-fort” où les lecteurs doivent chercher des combinaisons compliquées », précise-t-il.

Histoire, Suspense

Le Miroir aux mirages

de Philippe Lemaire
Broché – 10 novembre 2022
Éditions : de Borée

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Afin que Louis XIV puisse se refléter dans des miroirs qui seraient enfin français, François est envoyé à Venise sur ordre de Colbert qui entend créer la Manufacture royale des glaces de miroir. Sa mission ? Dérober aux Vénitiens les secrets de fabrication des grands miroirs qu’ignoraient alors les artisans français. Mais ce n’est pas tout ! Il lui faut aussi convaincre quelques grands maîtres verriers de venir à Paris pour y transmettre leur savoir. Le pont d’or qu’il est prêt à leur faire sera-t-il suffisant ?

 

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C’est le second roman de Philippe Lemaire, après “La forêt des violons”, que je lis.
J’ai toujours beaucoup aimé les romans historiques, mais quand l’auteur y apporte une part de poésie, de beauté et un sens artistique, quasi-omniprésent, alors là, j’adore…

La première partie du roman se déroule à Venise XVIIe siècle.
François Guilbert de Soulac a été mandaté par Colbert, pour dérober aux Vénitiens de l’île de Murano, les secrets de fabrication des miroirs, voire plus encore, inciter des maître verriers qui ont été sélectionnés à quitter leur pays, pour la France afin qu’ils partagent leurs connaissances pour créer une Manufacture Royale des glaces et des miroirs à Versailles, suivant la demande de Louis XIV.
François Guilbert, va se rendre compte très vite que cette mission sera non seulement délicate, mais de plus, très dangereuse… Sera-t-il prêt à braver les dangers ? Le regard et la voix de la belle Lucia, ne risquent-ils pas de l’entraîner vers des lieux qu’il n’imaginait même pas ?

J’ai voyagé dans le temps et dans les ruelles sombres de Venise, Philippe Lemaire nous conte avec passion la vie et le travail des maîtres verriers… C’est superbe et très addictif. Les canaux, les soirées richissimes dans cette ville incroyable où tout est axé sur la beauté et surtout les plaisirs…
Un texte très fluide, bien écrit, du suspense avec une intrigue fort bien menée, une histoire d’amour qui n’a rien pour déplaire et un travail de recherche assez incroyable de la part de l’auteur.

J’ai passé un très bon moment de lecture…
Philippe Lemaire, fait dorénavant partie des conteurs que je suivrai avec plaisir !

Un grand merci à Virginie des Éditions de Borée pour ce SP qui m’a fait rêver.

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Extraits :

« Il remonta le col de son manteau de lourde laine afin d’affronter le vent qui venait de la mer. Celui-ci s’engouffrait dans les ruelles de Murano, avec des sifflements aigus et rageurs. En dépit du vent, il avait cru entendre un bruit de pas derrière lui. Comme si on le suivait. Quand il se retourna, il ne vit personne. Sans être rassuré pour autant, il marqua son inquiétude d’un froncement de sourcils. Il n’avait aucune raison de craindre les voleurs. Sa bourse ne contenait qu’un ou deux sequins, grandement insuffisants pour tenter le diable. »

« Le Castello était un quartier tranquille à l’écart des grandes ruées de voyageurs et d’aventuriers de toutes espèces qui débarquaient dans la Sérénissime en quête de fortunes rapides ou d’aventures galantes. La réputation de certains lieux de grandes polissonneries, les attirait, comme la lumière attire les papillons de nuit. Dans ces endroits, tenus plus ou moins secrets, des femmes languissantes est parfumées à demi nues, faisaient promesse d’assouvir leurs sens dans le murmure, d’épopées amoureuses bien coûteuses. En choisissant ce quartier, François Guilbert n’avait fait qu’obéir à M. Courtin, un des hommes, de confiance de Jean-Baptiste, Colbert, qui lui avait recommandé la plus grande discrétion, en lui remettant la bourse contenant plusieurs centaines de livres pour ses frais de route et de séjour, ainsi que des lettres à vue nécessaires, à la réussite de sa mission. »

« Comme une déesse du silence, Calisto entra sur scène. L’air égarée, la poitrine palpitante, elle s’abandonna à l’attente amoureuse qui s’était emparée d’elle comme une terrible fièvre. François Guilbert reconnut Adèle Cantalli malgré le masque qui lui couvrait le haut du visage. Puis un chant de séduction s’éleva depuis les coulisses. Envoûtant. Qui aurait été capable de lui résister ? À l’entrée du castrat, un murmure d’adulation parcourut la salle. Le madrigal soutenu par les cordes commença. Persuasion. Assurance. Ruse d’un côté. Pudeur. Charmante dérobade de l’autre. Les voix s’égarèrent dans les arabesques de la passion. Elles ensorcelaient à tour de rôle. »

« La taille ceinturée d’un tablier de cuir, Bartolomeo Guardi, s’empara de sa plus longue canne avant de la plonger dans la gueule incandescente du four. Fruit de l’expérience acquise auprès de son père qui l’avait entraîné dans l’atelier de verrerie alors qu’il n’avait pas dix ans, un seul coup d’œil lui avait suffit pour savoir qu’il était à la bonne température. Il commença à tourner doucement la canne, entre ses doigts pour cueillir dans le creuset une boule de verre en fusion, sous le regard attentif de ses aides. Un silence quasi-religieux, régnait dans l’atelier, où l’on entendait plus que le bourdonnement du feu. »

Philippe Lemaire a longtemps été journaliste, présentateur du journal télévisé de France 3 Rhône-Alpes Auvergne.

Auteur de chansons et réalisateur de films documentaires, il se fait remarquer dès son premier livre Les Vendanges de Lison (2003).

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a notamment publié La Mélancolie du renard (2015), son son neuvième roman, L’Enfant des silences (2013) et Rue de la côte-chaude (2011). Il prouve une fois de plus son talent dans La Forêt des violons, son seizième roman.

Ardennais, Il vit en Rhône-Alpes depuis de longues années.

Les racines de Philippe Lemaire, justement, ce sont les Ardennes. « Quand je reviens à Saint-Laurent, je ressens les choses différemment, je me sens heureux, simplement. C’est difficile à expliquer, c’est un peu comme si j’avais les ombres de mes grands-parents à mes côtés. »
Le cheval de bataille de l’écrivain, c’est aussi d’essayer de convaincre que la lecture, c’est indispensable. « Lire, c’est fondamental, explique-t-il. Cela permet de s’évader, de réfléchir, de structurer sa vie. »
Philippe Lemaire s’est mis à la lecture lorsqu’il avait six ans. « Ma grand-mère lisait des romans photos, ça a été mon premier vrai contact avec les livres. Et puis j’ai rencontré un professeur de Français en quatrième, qui écrivait des pièces de théâtre, et les choses se sont enchaînées. »
L’auteur ardennais met aussi, et surtout, de sa vie dans ses romans. « L’écriture traduit une émotion. Si j’angoisse, le lecteur s’en rendra compte. Si je suis tendu, heureux, cela se verra. Toute ma vie j’ai écris, je serais incapable de m’arrêter. Je pourrais même écrire s’il le fallait des modes d’emploi. C’est mon métier, c’est comme si j’étais artisan ou même employé, c’est comme ça. »
Et Philippe Lemaire a choisi son style. « J’écris des romans aux personnages simples. Je n’aime pas les romans “coffre-fort” où les lecteurs doivent chercher des combinaisons compliquées », précise-t-il.

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Le soldat désaccordé

de Gilles Marchand
Broché – 19 août 2022
Éditions : Aux Forges de Vulcain

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Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

 

• Couv_105_Marchand Gilles - Le soldat désaccordé

 

La guerre, et peut-être même la 1ère Guerre Mondiale, a été une des plus dures pour les soldats, celle qui de nouveau à faire prendre conscience aux Français et aux autre pays d’Europe que de nouveau nul n’était à l’abri.

Rien n’est beau dans une guerre… Les champs de bataille, les explosions, les tranchées, des corps mutilés, les massacres, le sang, les cris et les pleurs, la boue, la peur… Mais au milieu de tout cela, il y a aussi des histoires de cœurs et d’amitié.

Avec beaucoup de pudeur et de la délicatesse aussi, Gilles Marchand, nous raconte la guerre, “sa” guerre, à la première personne, avec des mot choisis, des mots pensés, il ne contourne pas les horreurs, il ne triche pas, ça sonne vrai et c’est ce qui m’a emporté, car malgré les images qui se dégagent de son récit, Gilles d’une main de maître m’a projeté dans ce qui vers se transformer petit à petit au fur et à mesure de ma lecture en un conte empreint d’une certaine beauté et de poésie… Après avoir lu déjà plusieurs de ses romans, j’attendais ce retournement, mais dans ici, ce n’est plus un retournement, c’est une transformation magique et bouleversante !

À la fin de la 1ère Guerre Mondiale, après l’armistice, alors que le pays se relève comme il peut, un ancien combattant français, qui a perdu une main lors combat et dont nous ne connaîtrons jamais le nom, ni le prénom, se donne comme mission de chercher et retrouver les soldats dont on a perdu la trace pendant et après le conflit meurtrier. Parmi toutes ses recherches, une va lui tenir particulièrement à cœur. Celle du soldat Émile Joplain. Mandaté par sa mère, une riche veuve, il se lance sur sa piste et va très vite découvrir une histoire hors du commun. Cette histoire incroyable, je la découvre aussi avec le héros, et le récit se magnifie de chapitre en chapitre, de page en page jusqu’au chapitre 25 qui pour moi atteint des sommets rarement égalés. Ce n’est plus un récit de guerre, c’est une magnifique histoire d’amour impossible entre Émile, soldat, jeune bourgeois, poète et écrivain, et Lucie, une jeune paysanne Alsacienne, “la fille de la lune”, sa muse, sa lumière… qu’il avait juré d’épouser après la guerre.
Gilles parvient à me faire oublier les ténèbres et la mort, les frontières entre les classes sociales, je ne voyais plus que l’espoir, ne voyais plus que des yeux brillants, des mains tendues. Une histoire hors du commun.

Gilles, « armé de simples mots” rend un hommage magnifique à ces générations d’hommes et de femmes aussi, qui ont souffert dans leur corps, dans leur tête et dans leur âme, suite à cette boucherie organisée par des “bien-pensants” qui ont déchiré, voisins, amis et familles.

Coup de cœur pour ce récit bouleversant et indispensable contre l’oubli.

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Extraits :

« Je n’étais pas parti la fleur au fusil. Je ne connais d’ailleurs personne qui l’ait vécu ainsi. L’image était certes jolie, mais elle ne reflétait pas la réalité. On n’imaginait pas que le conflit allait s’éterniser, évidemment. Personne ne pouvait le prévoir. On croyait passer l’été sous les drapeaux et revenir pour l’automne avec l’Alsace et la Lorraine en bandoulière. À temps pour les moissons, les vendanges ou de nouveaux tours de vis à l’usine. Pour tout dire, ça emmerdait pas mal de monde cette histoire. On avait mieux à faire qu’aller taper sur nos voisins. »

« Ils étaient gamins quand ils s’étaient rencontrés.
Elle était née près de Strasbourg, à Molsheim, à la fin du siècle. Ses parents, Elsa et Lorenz Himmel, étaient français. Enfin, plus sur le papier évidemment. Français de cœur. Ça ne se disait pas trop. À la maison, ça parlait aussi alsacien. Ce n’était pas une famille riche, c’était le moins qu’on puisse dire. Louis, louait ses bras à des fermiers locaux, des vignerons pour les vendanges, des agriculteurs le reste de l’année ; elle, briquait les sols dans les salons bourgeois, servante ici, puis là. Lucie est arrivée alors que le couple avait déjà du mal à nourrir deux bouches. »

« Je me suis toujours impliqué dans les affaires sur lesquelles j’enquêtais. Néanmoins, je dois bien admettre que celle de la disparition d’Émile Joplain a rapidement pris une importance sans commune mesure.
En 1925, la France fêtait sa victoire depuis sept ans. Ça swinguait, ça jazzait, ça cinématographiait, ça électroménageait, ça mistinguait. L’art déco flamboyait, Paris s’amusait et s’insouciait. Coco Chanélait, André Bretonnait, Maurice Chevaliait. »

 

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent. Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les “Talents à suivre” par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants “Libr’à Nous” en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Aux quatre vents

de Amélie Antoine
Broché – 13 octobre 2022
Éditions : XO

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On dit que chaque famille a ses secrets. C’est encore plus vrai en temps de guerre…

1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.

Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.

Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Aux quatre vents est l’histoire fascinante d’un homme qui, sans même en avoir conscience, se lance dans une quête éperdue d’identité. Car qui est-on quand on ignore d’où l’on vient ?

 

• Couv_099_Antoine Amélie - Aux quatre vents

 

– J’ai fait un vœu, maman, tu crois qu’il va se réaliser ?
– Si tu as réussi à souffler, tout ton pissenlit d’un seul coup, je pense que oui, Charlotte…
– Alors, ça veut dire que j’aurai bientôt un chien !
– Ah ça, je ne sais pas… Ton père ne sera jamais d’accord…
– Mais, un vœu, c’est un vœu, non ? Je voudrais tellement, tellement avoir un chien, je sais déjà à quoi il ressemblerait : il serait grand, noir, avec des poils doux, comme de la soie et un regard malicieux… J’ai soufflé tout le pissenlit, regarde, il ne reste plus que la tige !
– Dans ce cas, tu as sans doute raison d’y croire, ma chérie. Tu as sans doute raison d’y croire…

Voilà.
J’ai terminé ma lecture. L’un des plus beaux et des plus tristes romans qu’il m’ait été donné de lire cette année. Chacun des nouveaux romans d’Amélie Antoine est une véritable découverte. Celui-ci, plus encore… Une histoire très émouvante qui nous ramène au cours de la Seconde Guerre mondiale à Sabran-sur-la-Lys, petit village du nord de la France et qui se poursuit jusqu’au début des années 80.

Tout le roman se déroule ainsi une cette double temporalité, à travers la vie de deux familles aux destins tragiques.
Je ne sais pas par où commencer sans vous ôter le plaisir de la découverte, chaque idée, chaque détail est tellement fort et intense.

En tant que lecteur, ce roman est magnifique. Tout est là.
La violence, la guerre, les rapports familiaux compliqués, l’amour, les naissances, la haine, la mort, la vengeance et j’en passe… Mais c’est aussi LE LIVRE que j’aurais aimé écrire si j’étais auteur. La justesse des mots, la sensibilité omniprésente. J’ai vécu le roman, parfois en apnée, parfois en colère, souvent très ému. Amélie est une auteure qui ne cesse de m’étonner au fur et à mesure de ses écrits ! Un roman que je relirais sûrement, que je n’oublierai jamais !

Si nous pouvions, prendre suffisamment de recul, prendre nos décisions après une juste réflexion, au lieu de laisser monter en nous la haine, la lâcheté et la violence…

Amélie voit juste… Nous sommes imparfaits. “Aux quatre vents” est plus qu’un roman !
Énorme coup de cœur pour moi.
Je suis, et reste un lecteur heureux…

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Extraits :
« Il n’y a encore pas si longtemps, c’était un vrai, petit village de carte postale.
Un petit village d’environ quatre cents âmes en bordure de la rivière Lys, dans le Pas-de-Calais, en Flandre française. Pour y accéder, un pont en pierre de taille voûté composé de trois grandes arches, qui enjambe la rivière depuis longtemps, domestiquée en canal. »

« Ils sont une vingtaine à être entassés les uns contre les autres, à se regarder d’un air effrayé, à se demander où ils vont être emmenés. Isaac passe son bras autour des épaules de Ludmilla, tente de garder la tête froide malgré la peur qui s’insinue aussi sournoisement qu’un serpent. »

« Soudain, elle entend un pas de bottes lourdes sur sa gauche. Quelques instants plus tard, deux soldats allemands, vêtus de leurs uniformes, et calots vert-de-gris, tournent au coin de la rue et remontent dans sa direction. Quand ils passent devant elle, ils lui adressent un petit signe de tête poli, auquel, par principe, elle ne répond pas. À Sabran-sur-la-Lys, tous les villageois, agissent de même, sans jamais s’être vraiment concertés. Tous se refusent à leur attribuer la moindre humanité, et même si le geste peut paraître futile, il n’en reste pas moins symbolique. »

« Aujourd’hui, Charlotte est bien placée pour savoir que la gentillesse ne suffit pas. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui transforme le bas-ventre d’une femme en un brasier. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui donne envie à une femme de bouleverser toute sa vie, au mépris du danger, de la bienséance, du qu’en-dira-t-on. Ce n’est pas la gentillesse qui rend folle d’amour, au point de ne même plus savoir ce qu’était la vie, avant lui.
Oh que non. »

 

 

Amélie Antoine est née en 1984. Elle vit à Lille avec sa famille.

“J’aimerais vous dire que j’ai toujours voulu être écrivain, mais ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire qu’il n’y a pas un jour sans que j’écrive, mais ça non plus, ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire que, quand je m’installe à mon ordinateur, c’est un plaisir, un vrai bonheur de me mettre à taper des mots, former des phrases jusqu’à ce qu’elles deviennent des chapitres de mon histoire. Mais ce ne serait pas vrai.

Alors je vais vous dire que, depuis toute petite, j’ai toujours pensé que l’écriture était le meilleur moyen de communiquer. Je ne l’ai pas choisi, c’était comme ça (Et nul doute qu’un psychologue aurait sans doute beaucoup de conclusions à tirer !).
Je n’étais pas timide ni renfermée, mais j’ai toujours préféré écrire quand j’avais quelque chose à partager. Des petits mots à mes parents pour leur annoncer des choses importantes que je n’aurais pas su formuler à l’oral, pour leur demander la permission de faire telle ou telle chose, pour m’excuser d’erreurs que j’avais pu commettre, parfois.
Écrire, c’est pour moi une manière de poser ma pensée. De peser et choisir chaque mot afin d’être sûre de moi. D’entendre la musique en ayant pris le temps de la composer. De parler sans être interrompue.

Je vais vous dire que s’il peut se passer des semaines sans que j’écrive la moindre ligne, il ne se passe pourtant pas un jour sans que je réfléchisse à une histoire, sans que je façonne un personnage, sans que je note des idées à la volée sur le premier papier venu (souvent perdu par la suite, d’ailleurs !), sans que je mémorise des anecdotes qu’on me raconte parce qu’elles résonnent en moi d’une manière particulière.
Je vais vous dire à quel point ce que j’aime, c’est inventer des histoires. Nouer des intrigues, trouver des rebondissements, manier toutes la palette des émotions qu’on peut ressentir.
Et, surtout, donner vie à des personnages auxquels je m’attache aussi fort que s’il existaient vraiment, auxquels je voudrais que vous vous attachiez aussi fort que s’ils faisaient partie de votre famille, de vos amis.

Je vais vous dire que, si je n’ai jamais rêvé depuis l’enfance d’être un jour écrivain, ce n’est pourtant que depuis que j’écris des romans que j’ai l’impression d’être à ma place. De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
D’avoir trouvé mon chemin, d’avoir trouvé un sens.
De savoir qui je suis et où je dois aller”.

http://www.amelie-antoine.com
Page Facebook : https://www.facebook.com/AmelieAtn/

Émotion, Histoire, Suspense

La Sorcière, le forgeron et les cathédrales

de Aurore Dandoy
Broché – Livre grand format, 15 septembre 2022
Éditions : de Borée Éditions

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Janvier 1286, Kirian, compagnon forgeron, assiste au sacre du roi Philippe IV à Reims. Parti de Vaufleury six plus tôt, son village natal où femme et enfants l’attendent, il fait appel aux chevaliers Templiers pour transporter son pécule sur les dangereuses routes de France. A Vaufleury, Isabeau, veuve, vit seule dans sa ferme. Guérisseuse, elle se complait dans cette vie libre et autonome jusqu’à ce jour d’octobre 1286 où Kirian, blessé, traqué et désabusé s’écroule sur le pas de sa chaumine. Sa vie devient alors une route sinueuse dont chaque péripétie semble la conduire au bûcher ou à la fuite.

 

• Couv_094_Dandoy Aurore - La sorcière, le Forgeron et les Cathédrales

 

Nous sommes en 1286.
Philippe le Bel vient d’être élu roi de France. Les Templiers qui tiennent encore une place prépondérante, sont de moins en moins tolérés suite à des factions internes et aussi à cause de leur richesse, de leur pouvoir qui font de nombreux jaloux au sein de la nouvelle royauté.
Mais, nous sommes aussi en pleine période de construction des cathédrales dans tout le pays, à Paris, à Reims, et à Strasbourg… L’auteure nous fait voyager dans le monde des guildes artisanales, des artisans et des compagnons à travers des chantiers gigantesques, qui s’étaleront sur plusieurs dizaines d’années…

Isabeau, femme cultivée et indépendante, est guérisseuse dans son village, Vaufleury, se situant près de Laval. Elle prépare onguents et infusions et intervient dès que possible pour aider son entourage. Elle est veuve, et contre la bienséance, elle décide de vivre seule à cette époque bien compliquée, où l’Église condamne toute liberté chez les femmes. Elle va finir par soulever bien des soupçons à son égard et susciter de la jalousie, jusqu’à être accusée de sorcellerie et de pratiquer la magie…
Kirian est forgeron. Rejeté par son père, il décide de parcourir le pays accumulant les chantiers afin de subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants, jusqu’au moment, où il est renvoyé chez lui pour un motif mensonger. Blessé durant son retour, il décide d’aller directement chez Isabeau, son ancienne maîtresse…

Sur fond d’un amour impossible, Aurore nous propose un premier roman passionnant, construit comme un thriller historique, très riche en détails, en événements et en rebondissements. Les personnages secondaires sont attachants et les chapitres courts rendent le récit très vivant et rythmé. La plume d’Aurore est agréable, et même si le roman se penche plus sur “l’Humain” que sur cette période de l’Histoire, qu’elle maîtrise d’ailleurs parfaitement. Le décor posé, je n’avais plus qu’à me laisser porter par son récit, par sa vision du moyen-âge et des divers conflits entre les Guildes et les Chevaliers du Temple. Une lecture vraiment très agréable que je vous recommande.
Aurore Dandoy… Une auteure à suivre !

Merci, aux Éditions de Borée pour cette étonnante découverte, en attendant, je l’espère un nouveau roman à venir…
Une suite peut-être ?

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Extraits :

« Sa main remonta le long de sa cuisse avec une douceur équivoque. La jeune femme cambra son dos tandis qu’il embrassait son cou en partie découvert. Leur souffle s’accélérait, entre deux baisers enflammés, leurs doigts s’entremêlèrent vigoureusement. La natte, bien attachée le matin même, était défaite en une cascade de cheveux bouclés couleur caramel. Dans un soupir contrit, il remonta la manche qui découvrait l’épaule dénudée, pour la remettre en place. Elle rouvrit les yeux de surprise et de déception. Il prit alors son visage en coupe et, les yeux dans les yeux, lui déclara :
– Je t’aime, Isabeau. Je t’aime et rien ne pourra changer cela. »

« Elle avait été séparée de sa famille très jeune et elle avait très vite compris que l’interprétation des principes religieux dépendait surtout de qui elle rencontrait. Par exemple, à ses huit ans, un prêtre, vivant en concubinage avec une femme et ses cinq enfants, avait tenté de lui apprendre “les choses de la vie”. »

« Les jours qui suivirent la visite à La Sorbonne ramenèrent Kirian à sa réalité : son maître forgeron Everny l’envoya de l’autre côté du chantier, travailler en renfort sur une porte avec du fer forgé, qui venait de perdre deux de ses artisans : un forgeron que Kirian avait aperçu une fois ou deux, et un apprenti charpentier. Ce n’était pas sans raviver de mauvais souvenirs liés au portail de Notre-Dame de Strasbourg. »

« – Elle semble tellement forte et fragile à la fois.
– C’est une femme ! N’oublie pas que ce sont les femmes qui portent les enfants dans ce monde.
– Tu as raison… »

« Pour ne pas céder aux idées noires qui menaçaient de la submerger, Isabeau décida de partir à la découverte de la ville. Elle s’aventura dans les ruelles malodorantes, évitant comme elle pouvait les marchands pressés et les mains baladeuses des orphelins qui apprenaient à voler en même temps qu’à marcher. Elle se retrouva rapidement face au parvis de la grande cathédrale. La grandeur symbolique, tout autant que la grandeur physique déjà achevée, coupait le souffle et imposait un silencieux pieux, qui contrastait avec le capharnaüm des artisans et des marchands des alentours. D’abord intimidée, Isabeau se tint à distance respectable de l’immense bâtiment. Elle prit le temps d’embrasser la vision entière de la cathédrale. »

 

 

Aurore Dandoy écrit depuis l’âge de 8 ans. Avec son frère, elle imaginait des mondes et des personnages qui prenaient vie sur le papier. En grandissant, elle a noirci des milliers de pages, de journaux intimes aux scénarios de films. En 2019, elle débute un travail de recherche sur les Templiers, la grande passion de son père qu’elle sait malade. Il deviendra son premier roman historique.

Histoire, Suspense, Thriller

L’archéologue*

Épaves en mer d’Oman
de Philippe Ehly
Broché – 1 octobre 2022
Éditions : Éditions Encre Rouge

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Officiellement mort depuis dix-neuf ans, un assassin sans nom et sans visage exécute impitoyablement les volontés d’un petit groupe fanatique dirigé par celui que les agences de renseignement occidentales ont surnommé l’Ombre. Leur ambitieux projet vise à transformer par la terreur le Moyen-Orient en un khalifat unique et éternel.

Brillant ingénieur et archéologue passionné, solitaire et rigoureux, Marc Miller voit sa vie basculer le jour où le prince Turki, neveu du Sultan d’Oman, le charge d’explorer l’espace maritime de son pays pour lui rendre son histoire égarée dans les méandres du temps.

De découverte en découverte, entouré d’une équipe aussi compétente que fidèle, encouragé par le sultan en personne, Marc Miller se forge une place dans un pays ancré dans ses traditions qui cherche à s’ouvrir au monde.

Cependant, le danger guette. Car, tapi dans son repaire, l’Ombre prépare un plan machiavélique…

 

• Couv_090_Ehly Philippe - L'archéologue*

 

Philippe Ehly est un auteur que je ne connaissais pas à la lecture de son roman.

Le tome 1 de “L’archéologue” est un thriller, mais cela a été pour moi surtout un sacré roman d’aventures qui se déroule au fond des mers…

Marc Miller à 14 ans est devenu ingénieur sans même savoir que le terme existait !
Il a acheté un détecteur de métaux et très vite, il se rend compte que l’outil ne correspond pas du tout à ses demandes. Il le démonte, regarde le fonctionnement et y “ajoute” de nouvelles fonctions qui feront de cet outil, celui le plus utilisé au monde pour les recherches. Vous l’avez compris, Marc est quelqu’un de très brillant…

Sollicité par le neveu du sultan, il va explorer les côtes d’Oman à la recherche d’épaves, entouré d’une équipe qu’il aura lui-même choisie, des jeunes passionnés.
Très vite, la chance lui sourit, il trouve un premier bateau et va aller de découverte en découverte qui changeront les acquis de l’Histoire…

Philippe, grâce à son écriture m’a complètement transporté. On ressent très vite son amour pour l’Histoire et l’archéologie, mais pas seulement… Plus que de raconter une histoire, il nous propose une réelle immersion, pleine de précisions techniques, sans que cela ne nuise à la fluidité du récit, et les promenades aussi qu’il nous propose à travers ce pays où évolutions dans le temps et traditions figées dans l’Histoire ont beaucoup de mal à cohabiter.

Un premier tome très maîtrisé qui m’a vraiment intéressé, mais…
J’aurai aimé une “présence” de l’ombre plus marquée dans le récit. Peut-être les tomes suivants vont-ils répondre à toutes les questions que je me suis posées, là où, j’attendais des réponses peut-être précipitées ?

Philippe Ehly, une belle découverte, avec ce roman qui m’a tenu en haleine jusqu’au point final !
Passionnés de romans historiques, ce roman devrait vous intéresser…

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Extraits :

« L’homme n’était ni grand, ni petit. Ni gros, ni maigre. Un visage anonyme, aussitôt aperçu, aussitôt oublié. Quant à ses vêtements, un simple pantalon de toile et une chemisette, ils étaient aussi ceux des centaines d’hommes qui parcouraient les rues de Valence à l’heure de l’apéritif du soir.
Pourtant, l’anonyme noyé dans la foule de la fin d’après-midi, était tout sauf un promeneur ordinaire. C’était un des terroristes les plus habiles du Moyen-Orient. Mais même cette compétence exceptionnelle était aussi peu connue que son physique n’était remarquable. »

« La mer était absolument vide sur 360°, comme le montrèrent d’un coup d’œil à l’écran radar et un balayage à la jumelle, néanmoins l’enseigne tourna la proue vers le nord-est et la pleine mer tout en poussant doucement vers l’avant la double manette des gaz. Miller gardait les yeux fixés sur certains cadrans du tableau de bord : le loch, le compte-tours et les deux cadrans de température. »

« On a plein d’interdits religieux et sociétaux qui nous sont entrés dans le dans la tête dès l’enfance et on a sacrément intérêt à s’y conformer. Chez les Saoudiens, c’est pire et les histoires de crimes d’honneurs au Pakistan, c’est tout sauf une légende. Quand ton frère ou ton cousin te raconte qu’une fille a été lapidée par sa famille parce qu’elle avait parlé, rien que parlé, avec un garçon ou qu’une autre a été défigurée à l’acide par son père ou son oncle pour s’être montrée le visage non couvert sur la terrasse de la maison et qu’on pouvait la voir de la rue, je t’assure que ça calme la libido. »

« Les mots “exceptionnel découverte archéologique” prononcés par le journaliste à la télévision attirèrent l’attention de Danièle. L’écran montrait la reconstitution d’un navire antique, puis présenta une salle de conférence et un orateur qui s’exprimait en anglais, mais dont le commentaire du journaliste couvrait la voix. La caméra s’attarda trois secondes sur le conférencier et Danièle poussa un cri en reconnaissant son fils, portant une veste bleu marine et une cravate, ce qui pour lui constituait un exploit. »

 

 

Philippe Ehly, conseiller juridique et financier, a longuement voyagé en Asie, tant professionnellement que pour satisfaire sa passion pour l’histoire et l’archéologie.