Émotion, Drame, Philosophique, Psychologie, Roman, Suspense, Thriller

Intuitio

de Laurent Gounelle
Poche – 29 mars 2023
Éditeur : Le Livre de Poche

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Timothy Fisher, jeune auteur de polar, mène une vie tranquille dans une rue du Queens, à New York, avec son chat Al Capone. Quand deux agents du FBI se présentent à sa porte pour lui demander de les aider à arrêter l’homme le plus recherché du pays, il croit d’abord à une plaisanterie. Mais, après un moment de rejet, il finit par accepter leur étrange proposition : rejoindre un programme secret visant à former des intuitifs, des personnes capables d’accéder à volonté à leurs intuitions. D’abord sceptique, Timothy découvre que le monde cache des possibilités insoupçonnées. Il se trouve embarqué dans une course contre la montre qui le conduit à apprivoiser ce pouvoir méconnu mais accessible à tous, un pouvoir qui nous montre la vie telle qu’elle est véritablement : extraordinaire.

C’est une vraie réussite, c’est passionnant, palpitant.
France Info TV.

Un thriller initiatique au suspense aussi original qu’haletant.
Ouest France.

 

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D’abord, je fus surpris, puis vint le doute, le récit est superbement construit, arrive alors le suspense, la colère puis la haine, l’envie de tout casser, de hurler… je suis seul dans ma chambre à quoi cela servirait-il ? Vient enfin l’apaisement, une union peut-être ? Le bien-être aussi… Tout n’est peut-être pas perdu. Mais au fond de moi, la colère est, et restera présente jusqu’au bout du récit. “Que deviendrait leur pouvoir, en effet, si vous, moi, nous tous ensemble, nous choisissions simplement d’être plus regardants sur nos décisions de tous les jours ? Leurs entreprises vivent grâce à nous, à nos achats, à nos choix. Elles reposent totalement sur nous et ne sont rien sans nous. Ils sont quelques centaines. Nous sommes huit milliards. Leur pouvoir s’effondrerait en moins de temps qu’il n’en faut à une tour pour s’écrouler sur elle-même”.

Laurent Gounelle est arrivé à me tenir en haleine avec son scénario que j’ai cru d’abord “fantastique”, d’ailleurs, il l’est, mais pour une tout autre raison !

Nous sommes dans la tête d’un écrivain un peu “perdu”, qui découvre la pratique du remote viewing, une certaine vision à distance, utilisée par la CIA depuis la guerre froide.
Il va être mêlé dans une enquête très spéciale, un peu à contrecœur au début, qui va mêler le président américain ainsi que de très grosses sociétés qui gèrent pratiquement le monde.

Un roman vraiment passionnant, qui aurait être rébarbatif et technique, mais l’auteur a su retranscrire en termes clairs et accessibles des notions sur le Temps, les Distances et l’Univers Quantique. Il m’a donné de nouveaux repères et a ouvert chez moi des portes sur l’inconnu, concernant l’intuition et le développement personnel à un très haut niveau.
Dès le début du roman, j’avais ressenti comme une vibration différente, comme lorsque l’on écoute certaines musiques composées en 432 hz au lieu de 440 hz…
Très vite, je me renseigne sur Internet. Le Projet Stargate, le Remote Viewing (je vous conseille vraiment de vous renseigner !), la déforestation en Amazonie… toutes ces grosses boîtes ! Tout est vrai !!!
Ce n’est plus un roman que je lis, c’est la vérité.
Laurent, se sert de ce récit pour nous envoyer un message… des messages, car aujourd’hui, il y a urgence.

Intéressant, passionnant, intrigant, ce roman nous invite à réfléchir sur ce que nous sommes et ce que nous pouvons devenir si nous prêtons attention aux signaux que notre « corps » nous envoie.
Gros coup de cœur bien sûr, que je ne peux que vous recommander. Laurent est un auteur surprenant qui est arrivé à me faire comprendre que nous avons tous une “puissance”. À nous maintenant, d’apprendre à nous en servir, “La croyance en soi”.

Merci Laurent…

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Extraits :

« Je culpabilisais de ma réaction première, et j’étais perplexe devant la gentillesse, l’abnégation de cet homme qui avait spontanément choisi de se tremper et de se salir pour aider un inconnu. L’aurais-je fait à sa place ? Ben… pas sûr… et à son âge, sûrement pas. »

« J’ai la faiblesse de penser qu’on vient sur terre avec une mission, un rôle à accomplir. Chacun de nous. Et qu’on a en nous les talents qui nous permettent de le faire.
Quand on regarde autour de nous, ça ne saute pas aux yeux… Parce que la plupart des gens ne se connaissent pas. Ils ont des talents qu’ils ignorent. Leur esprit est accaparé par l’agitation du monde, les médias, l’influence de la publicité… S’ils écoutaient suffisamment ce qui vient du plus profond d’eux-mêmes, ils sentiraient ce vers quoi ils sont appelés, et ils découviraient qu’ils ont en eux les ressources nécessaires pour l’accomplir. »

« Quand on vit dans l’incertitude, le plus sage est d’avoir confiance. Confiance dans la vie, confiance en soi, en sa bonne étoile… S’inquiéter ne sert qu’à nous couper de l’accès à nos ressources, abîmer notre santé, et rendre notre compagnie désagréable aux autres. La confiance est la clé de voûte de notre équilibre, de notre force, de notre capacité à rebondir. Avoir confiance même quand tout semble perdu, qu’on ne voit pas l’issue, et que l’avenir semble aussi bouché qu’un ciel de novembre. »

« Dans des lettres que les Nations unies ont écrites à Blackstone ainsi qu’aux gouvernements de la République tchèque, du Danemark, d’Irlande, d’Espagne, de Suède et des États-Unis, elles accusent Blackstone et d’autres firmes d’investissement d’éloigner les locataires à revenus moyens et faibles de leurs logements, de réduire le nombre de logements abordables, et d’entreprendre des expulsions agressives pour assurer le niveau de leurs revenus locatifs. Et elles reprochent aux pays visés de ne pas défendre les droits des locataires de logements ou de bureaux face à ces firmes. Blackstone s’est juste contentée de contester les faits. Ces gens sont au-dessus des gouvernements, et même les Nations unies ne les inquiètent pas. »

Laurent Gounelle est l’un des romanciers français les plus lus dans le monde. il écrit des romans qui expriment sa passion pour la philosophie, la psychologie et le développement personnel.

Ancien spécialiste des sciences humaines, formé en France et aux Etats-Unis, conférencier à l’Université de Clermont-Ferrand, il a pendant de nombreuses années sillonné le monde à la rencontre d’hommes et de femmes qui, chacun à sa manière, apporte des éclairages sur la question fondamentale entre toutes : comment s’épanouir et donner du sens à sa vie.

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Ses romans sont des best-sellers traduits dans le monde entier.

En savoir plus sur le site de l’auteur : http://www.laurentgounelle.com

Histoire, Roman

Jésus

La biographie non autorisée
de Patrick Banon
Broché – 17 janvier 2013
Éditions : Michel Lafon

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À 9 ans, Jésus avait déjà ressuscité un enfant, donné vie à des oiseaux d’argile et maudit un olivier qu’il avait desséché d’un geste. Pourtant, ces faits sont absents des textes canoniques du christianisme. Entre le IIIe et le VIe siècle, l’Église a établi la version officielle de la vie de Jésus selon les quatre Évangiles et les textes des apôtres. Mais soixante-dix textes, pour la plupart rédigés entre le IIe et le Ve siècle, ont été interdits de lecture, sous peine de mort ou de mutilation. Ce sont les évangiles apocryphes, qui retracent toute la vie de Jésus et de sa famille : la relation entre Marie et Joseph, l’histoire de Joseph, celle des parents de Marie, la virginité et la grossesse de Marie, la naissance de Jésus, son enfance, la fuite en Égypte, ses relations avec Judas et Marie de Magdala, etc. Autant d’écrits qui détiennent la même légitimité historique que les canons de l’Église, les complétant souvent, les contredisant parfois, mais offrant toujours un éclairage nouveau sur les événements marquants du destin de Jésus et sur le monde dans lequel il évolua. En Galilée, à Jérusalem, Jésus, Joseph, Marie, Anne, Joachim, Salomé prennent ici chair avec leurs qualités et leurs défauts, leurs doutes et leurs espoirs, leurs peurs, leur courage. Reflet de la pensée religieuse populaire, à la frontière entre folklore, mythologie et foi, cette biographie « non autorisée » écrite à la manière d’un roman dresse le portrait d’un monde chaotique, à la veille du changement de notre ère, et révèle, pour la première fois, la vie « censurée » de l’enfant qui devint Dieu.

 

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C’est un nouveau livre sur la religion et tout particulièrement sur la vie de Jésus, qui a éveillé la curiosité du lecteur que je suis…
Dès que j’ai lu son titre, c’est La biographie non autorisée qui a retenu toute mon attention.

J’avais déjà lu d’autres biographies, les évangiles aussi, mais de voir qu’un auteur avait rassemblé des textes “apocryphes”, et interdits par l’Église, je n’ai pas eu à réfléchir trop longtemps avant de l’acheter, d’autant que cela faisait un moment que j’en avais entendu parler. Le hasard fait bien les choses…

Patrick Banon a eu la très bonne idée de “romancer” tous ces écrits méconnus, et sourcés, donnant plus de vie à cette biographie, et dès le début, certains passages m’ont révélé une image très éloignée de Jésus, par rapport à celle que je pouvais avoir à l’esprit. C’est très intéressant, très instructif aussi. (Le glossaire et les sources accessibles à la fin du livre y sont forcément pour beaucoup.)
C’est bien écrit et très clair, mettant en exergue à la fois la nature humaine de Jésus et sa nature divine, et ce, dès son plus jeune âge. Nature divine qui parfois est très brutale, tel le Dieu de l’ancien testament, plus proche d’un Dieu vengeur que d’un Dieu d’amour. Je découvre donc un Jésus agressif, qui n’hésite pas à réclamer vengeance si besoin, à hausser le ton voire à lever la main. C’est surprenant par rapport à notre perception actuelle de l’homme, mais tellement compréhensible pour l’époque. J’ai découvert aussi de nouveaux rapports entre Jésus et Judas, désigné comme étant l’apôtre préféré de Jésus, son ami, celui qui lui a permis d’accéder à la place où il se trouve actuellement. Jésus n’est pas né dans une étable, mais dans une grotte. Il n’a jamais rejeté les femmes et Marie de Magdala était une “apôtre” à part entière, et plus encore…

Un livre surprenant, captivant même, que j’ai lu d’une traite, comprenant au fur et à mesure pourquoi l’interdiction de l’Église quant à sa diffusion.
Un livre fort passionnant qui éclaire d’une nouvelle “lumière” les nombreux personnages qui sont cités.
Merci Patrick, pour ce travail accompli, destiné aux plus curieux d’entre nous, dont je fais définitivement partie !

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Extraits :

« À sept ans, Jésus avait déjà ressuscité un enfant, donné vie à des oiseaux d’argile et maudit un olivier qu’il dessécha d’un geste ! La version officielle de sa vie, les quatre évangiles canoniques, ne mentionne pas ces épisodes, pourtant racontés dans les évangiles “apocryphes”, des textes écartés par l’Église, cachés et dont elle a longtemps interdit la lecture. »

« Par la faute d’Ève, les femmes sont condamnées à accoucher dans la douleur. Cela lui a été enseigné et répété. Les mères seraient coupables d’apporter à leurs nouveau-nés la mortalité promise aux bannis du Jardin d’Éden, lui a-t-on dit. Mais aujourd’hui, Zélémi découvre une situation extraordinaire : cette femme-là a accouché sans peine et sans épanchement de sang, comme si elle se trouvait encore dans le jardin de la Création, à l’instant où aucune faute n’était encore venue souiller l’humanité naissante. Telle Yokabed, la mère de Moise, Marie a accouché sans souffrance. »

« – Je vous en supplie tous, jette tout à coup Zachée.
Faites sortir Jésus de votre village. Il ne devrait pas fouler cette terre. Faites-le sortir de ce monde ! Nous ne devrions pas le contempler. Moi-même, je quitte immédiatement Nazareth. Je n’aurai de répit que loin de sa vue. Cet enfant n’appartient pas au monde des vivants ! Tenez-vous loin de lui ! Qu’il soit bon ou mauvais, nous ne devons pas rester près de lui ! »

« Une rumeur effroyable se répand à travers Jérusalem. Non seulement Jésus le Nazaréen est ressuscité, mais il a ramené de la mort d’autres défunts. Les tombeaux se sont ouverts, libérant les corps inertes. Des morts, vivant à nouveau, déambulent dans la cité. Comme réveillés d’un long et profond sommeil, ils marchent d’un pas hésitant, le regard épouvanté par l’aube qui les a tirés par les pieds du monde souterrain. L’esprit chancelant, ils gardent le silence de peur que cette nouvelle vie ne soit qu’un mirage. De temps à autre, surpris par la vision d’un lieu aimé, ils laissent échapper des cris lugubres. De leurs yeux exorbités, ils dévorent les visages des êtres chers. Vieillis, ceux qui ne sont encore jamais morts regardent épouvantés ces revenants du monde souterrain mendier un peu d’amour. »

 

Patrick Banon est écrivain, essayiste et spécialiste des sciences des religions et systèmes de pensée. Il est l’auteur de nombreux romans biographies historiques, parmi lesquels Flavius Josèphe, un juif dans l’Empire romain, vendu à plus de 20 000 exemplaires et traduit dans plusieurs langues, Moïse, Bethsabée, Etemenanki, le secret de la tour de Babel, La Prophétesse oubliée… Chercheur associé à la chaire Management & Diversité de l’université de Paris Dauphine, Patrick Banon est aussi directeur de l’Institut des sciences de la diversité.

Émotion, Drame, Roman

Grand comme le monde

de Lou Valérie Vernet
Broché – 22 juin 2023
Éditions : M+

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Pour la première fois, il tourne le dos à la caravane, au bois, à tout ce qu’il connait. Il tourne le dos au père et il répète : Je pars. Qu’est-ce qu’il pourrait dire d’autre ? Je pars pour dire le poids du corps, la brûlure du silence, la solitude, l’inévitable et le devoir. Je pars pour dire en un mot ce que mille ne sauraient révéler. Pour ne pas user le peu de force qu’il lui reste et d’un geste de la main montrer au loin ce qu’il laisse en haussant les épaules…. Un silence à hauteur d’homme, tapi dans le coeur d’un enfant.

Ainsi débute l’histoire de Pepo. Une nuit de décembre, le père meurt. Commence alors pour l’enfant un long chemin d’apprentissage pour revenir au centre des hommes et de la Ville, celle qui, parait-il, avale la tête des gens. Tiraillé entre le besoin de vivre sa propre destinée et celui de ne pas trahir ses origines, il n’aura de cesse de faire des allers-retours entre sa vie d’enfant sauvage et son envie de retrouver une place dans le monde.

Une histoire forte, universelle, incarnée.
Véritable ode à la liberté et à la littérature.

 

• Couv_2023-074_Vernet Lou Valérie - Grand comme le monde

 

Je suis un peu sonné.
J’ouvre un œil. D’abord, le gauche, le droit suivra très vite.
Où suis-je ?
J’entends une respiration tout près de moi. Une personne qui a l’air assoupi. Je n’ose pas me retourner, mais j’ai bien peur de deviner…
Certains de mes souvenirs reviennent. Je me rappelle. Je sais pourquoi je suis là, dans cette chambre. Rigolo n’a pas eu autant de chance que moi… Je pense très fort à toi mon ami, mon seul ami.

Soudain des bruits dans le couloir. La respiration rassurante cesse soudain. Elle s’est réveillée. Elle. C’est forcément elle. Mais je ne suis pas encore prêt, mais alors pas du tout…

Le temps s’est suspendu.
Gilbert Cesbron disait, : “le bonheur, c’est quand le temps s’arrête.”
Aujourd’hui, je doute de sa phrase.
Je referme les yeux. Elle finira bien par partir… ensuite, j’aviserai…

Envie de disparaître…

Lou Valérie Vernet, signe ici, pour moi, son plus beau roman…

Très tôt, dans ma lecture, j’ai pris la main de Pepo afin qu’il m’emmène avec lui dans son aventure. Une aventure atypique où chacun de ses questionnements trouve un sens. Telle une plante, au moment où il en a le plus besoin, Pepo perd son tuteur, son père, son repaire…
Il a tout juste sept ans et devra se découvrir, lutter, s’accrocher à cette nouvelle vie, riche en émotions, qui lui tombe dessus.
Malgré la disparition de son père, il est toujours là, présent dans sa tête et dans son cœur, tel un phare qui le guide à travers les jours qui passent, à travers sa vie, mélange de certitudes et de trop nombreuses hésitations.

Un roman superbe qui aborde les questions de la vie. Lou ne triche pas. Tous les thèmes seront abordés, car pour pouvoir grandir, Pepo doit savoir. Savoir regarder, savoir comprendre et parfois savoir accepter.
Lou a suspendu le temps avec ce roman initiatique qui m’a envoûté, par son mélange de poésie, d’idéologie, de sagesse et de philosophie…
Coup de cœur magique !

“Vient Pepo ! Donne-moi ta main, et allons ensemble…”

Un grand merci à M+ éditions.

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Extraits :

« Douze heures plus tard, Elya regarde dormir Pepo, se demande s’il va se réveiller. Il n’a toujours pas bougé. Elle en est certaine, il a la même position qu’en s’écroulant sur son lit, recroquevillé sur lui, emmitouflé dans son blouson, tout habillé, son sac à dos dans les bras, serré contre lui. Comme un trésor auquel il s’accroche. Ou qu’il protège. Sorte de bouclier qui l’isole des autres, fait rempart. »

« Le père dirait sûrement que Pepo file un mauvais coton. Qu’une journée sans apprendre est une journée perdue. Qu’à ce train-là, il ne grandira jamais. Parce que si tu n’apprends rien, tu ne grandis pas. T’es juste une larve de plus qui se répand à la surface de la terre. Et que s’il continue, il va se fâcher tout rouge. Ah oui, les expressions du père, avoir une peur bleue, broyer du noir, voir la vie en rose, être blanc comme un linge, rire jaune, voir rouge, être vert de rage… »

« Le père qui était pourtant le sien n’a jamais permis qu’il l’appelle autrement. Aucun possessif n’était jamais rentré sur leur territoire. Que cette appartenance leste l’enfant d’une insupportable responsabilité ou d’un quelconque devoir pouvait le rendre hargneux. On vient au monde pour expérimenter la vie, Pepo, pas pour porter des fardeaux, encore moins ceux des autres. Ceux qui voudront te faire croire le contraire, fuis-les. Quoi que tu choisisses de faire, ne le fais jamais que par passion, envie, conviction. »

« Trois événements majeurs ont tout de même inscrit leur mémoire au-delà du quotidien. Comme des balises sur le chemin, des sortes de signes diront plus tard Carmen et Isabella. Car tout de même, qui peut grandir ainsi, sans jamais tenir la main de personne, juste là, posé au milieu d’eux. Pepo plus sauvage que ne l’était le père.
Plus solitaire et taiseux aussi. Présent, serviable, presque docile mais en retrait, à fleur de peau, constamment en alerte, sur le qui-vive. Jamais complètement serein, confiant, joyeux. Sans attachement autre que Rigolo. Sa seule source de chaleur, de souffle, de peau, de caresse, de mains et pattes tendues. »

« Parce qu’au fond, le Pepo qui dort en chacun de nous, c’est une liberté d’être sans autre loi que la sienne, poussée dans ces retranchements, condamnée à une solitude définitive et même pour ainsi dire, crevant d’aberration, incapable de nouer du solide, du durable ou de rester dans un endroit, au risque de se faire absorber puis d’avoir à partir et désirant dans le même temps qu’une main plus légère et plus forte, une main comme celle d’Isabella, de toutes ces femmes plus grandes que des dieux le sauve, l’élève, lui fasse courir le risque du renoncement, de l’acceptation, des deuils accomplis, des peurs enfin rejetées, repoussées, terrassées. C’est une histoire qui ressemble à la sienne dans toutes les histoires du monde, en train de sécher sur le grand Arbre à Feuilles, qui n’épargne à personne le devoir d’éprouver au moins une fois le silence, la douleur, l’absence, l’impuissance alors même que la force du chaos nous propulse dans l’existence sans autre apparat que notre propre humanité.
Fragile et dérisoire. »

Lou Valérie Vernet signe ici, avec Grand comme le monde son tout premier roman. Auteure multicartes, elle a déjà publié trois thrillers, deux polars et sept autres livres passant du récit humoristique aux fragments de voyage, du Feel Good au spicilège poétique, du recueil de nouvelles au théâtre. Tous ses ouvrages confirment son talent à manier en virtuose l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Émotion, Roman, Suspense

La drôle de vie de Zelda Zonk

de Laurence Peyrin
Poche – 2 juin 2016
Éditions : Pocket

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Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

“Notons la plume alerte et rafraîchissante de Laurence Peyrin, qui fait preuve d’un talent d’écriture rare. Une véritable gourmandise.” Metronews

Cet ouvrage a reçu le Prix Maison de la Presse
Prix Maison de la Presse – 2015

 

• Couv_087_Peyrin Laurence - La Drôle de vie de Zelda Zonk

 

La semaine dernière, j’ai découvert une nouvelle plume…
Cela faisait un moment que je voyais des romans de Laurence Peyrin exposés, mais je ne me sentais pas visé du tout. Dernièrement, l’orientation de mes lectures ayant changé, je me suis dit… et pourquoi pas ?

Je commence ma lecture.
Les premières pages sont plutôt agréables, le sujet plaisant et les personnages tendres et très vite attachants. Puis soudain, ma lecture devint plus immersive, un petit je ne sais quoi qui me titille, qui me plaît et qui m’emporte. Le sujet est profond, mais traité avec humour et délicatesse, voire même de la tendresse…

Nous sommes en Irlande, suite à un accident Hanna partage sa chambre d’hôpital avec une vieille dame mystérieuse, Zelda Zonk. Elles font connaissance et un lien se tisse entre elles, elles parlent de tout, de rien, mais sentent bien au fond d’elles-mêmes qu’il y a quelque chose qui se met en place.
Zelda à un fils, Michael qui est bel homme, et qui va très vite “piquer” le cœur d’Hanna.
Dès lors, elle va se demander quel chemin elle devra suivre à partir de ce moment.
Quitter son mari, qui lui assure un quotidien bien rangé et sans encombre, ou bousculer sa vie et choisir une vie de passion ?

Et puis, il y a cette fixation de la part d’Hanna. Zelda, est-elle Marylin Monroe ?
Zelda Zonk, n’était-il pas le nom qu’utilisait Marilyn pour se déplacer tranquillement et incognito ?

Un roman très agréable. De l’amour, de la passion, du suspense, de l’amitié et des choix de vie qui pourraient mener à la culpabilité, voire aux regrets.
Mais… la vie n’est-elle pas un tourbillon ?

Une lecture sans regret pour ce roman bien mené, que j’ai apprécié et savouré page après page…
… Suffisamment pour étendre ma PAL d’un roman supplémentaire, “Hanna”, la suite directe de celui-ci !

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Extraits :

« Patti avait des rondeurs d’enfance que sa mère craignait de voir partir.
Déjà, son corps se déliait, ses jambes se faisaient plus maigrichonnes, ses pieds moins dodus. À chacun de ses retours, Gail redoutait de voir sa fille changer de chaussures. Ses pieds, si doux, si ronds, éveillaient en elle une sorte d’appétit ; elle en adorait les petits ongles, nacrés comme des coquillages, calés par des coussinets roses – comme des bébés cochons –, les plis sur les orteils replets, l’absence de corne sous les talons. Elle les portait souvent jusqu’à son nez, sa bouche, avec une gaieté vorace, en reniflant l’odeur sans retenue. »

« Tu sais, dit Hanna, depuis ce foutu accident, je me suis posé plein de questions. Et je n’ai eu qu’une seule réponse, pour toutes : “C’est comme ça…” Pourquoi ai-je survécu alors que d’autres sont morts ? C’est comme ça. Pourquoi mes parents ne se sont pas précipités à l’hôpital ? C’est comme ça… Pour le bébé, c’est pareil : c’est comme ça. Je ne serai peut-être jamais enceinte, c’est comme ça. Je me fais à l’idée. C’est la vie qui décide. Moi, je ne veux plus y penser. »

« Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait ces yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux et en lâcha une moitié dans sa tasse. »

« Elle prit le temps de s’asseoir, ses deux pieds bien plats sur les ronds en caoutchouc noirs et usés qui recouvraient le sol.
“Michael… Donnez-moi deux jours”, dit-elle sans réfléchir.
Sa voix tremblait, mais elle était forte, et rebondissait dans les parois du sarcophage qu’il la ramenait à Dearbly.
Un silence, de son côté à lui. “Deux jours ?” Finit-il par demander. Elle prit son élan : “Deux jours avec vous, n’importe où. Vous et moi. Deux jours, deux nuits.” Il comprit. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…

Émotion, Drame, Roman, Suspense

Rue du Rendez-Vous

de Solène Bakowski
Broché – 20 mai 2021
Éditions : PLON

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Rien ne prédestinait Alice Beausoleil et Marcel Dambre à se rencontrer. Pour que le vieil homme ouvre sa porte à la jeune femme trempée, il aura fallu une grève des transports, un GPS capricieux et un terrible orage. De leur tête-à-tête inattendu va naître ce qui ressemble à une seconde chance. Un nouveau rendez-vous avec l’existence, peu importe le temps qui reste…

Marcel, quatre-vingt-sept ans, vit rue du Rendez-Vous, reclus dans son atelier de bottier menacé par les bulldozers. Vendeuse en boulangerie, Alice offre son sourire à tous ceux qu’elle croise. En réalité, depuis deux ans, trois mois et quatre jours, en proie à une profonde tristesse, elle s’empêche de vivre.

À mesure que la pluie et les heures s’écoulent, le passé resurgit. Sous l’impulsion de la jeune femme qui l’écoute sans se dévoiler, Marcel raconte la guerre, sa carrière et son amour fou pour sa mère. Et s’il trouvait à son tour la clé pour délivrer Alice de son silence ?

 

• Couv_086_Bakowski Solène- Rue du rendez-vous

 

Bienvenus dans la Rue du rendez-vous, bienvenus dans la boutique de Marcel, ce havre de paix hors du temps… Il aura fallu un violent orage pour que le destin de deux êtres perdus se trouve modifié à jamais.
Comment ne pas succomber au charme de ce récit ?
Venez donc rencontrer Alice, Marcel, Georgette, Nini, la Jaunisse, Suzanne et bien d’autres aussi…

Ce roman a été pour moi, comme une parenthèse hors du temps, une parenthèse bienveillante.
La vie, n’est-elle pas faite de hasards ?
Pour moi, complètement.

Je me suis plongé dans le récit Solène. J’ai aimé toutes les rencontres que j’ai faites grâce à elle. Je me suis amusé, je me suis inquiété. J’ai eu peur, j’ai pleuré, puis je me suis révolté avant de m’effondrer.

Alice Beausoleil et Marcel Dambre ont un pouvoir qu’ils ignoraient.
C’est en se révélant l’un à l’autre petit à petit qu’ils vont le découvrir.
Un duo inattendu, une écriture pleine de douceur et de poésie, Solène signe un roman tendre et magnifique !

C’est le sixième roman de Solène que je lis.
J’avais déjà ressenti, une certaine douceur dans ces thrillers, qui se glissait parfois entre ses mots, entre ses phrases. Dans “Avec elle / sans elle”, qu’elle a écrit en collaboration avec Amélie Antoine, c’était même devenu une évidence. Mais là…

… Je suis obligé de reconnaître que, pour mon plus grand bonheur, ma sensibilité a été grandement éprouvée !

Un superbe roman que je conseille à tout type de lecteurs…

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Extraits :

« Voilà pour le premier début.

Parce que tout ce qui est arrivé a donné naissance à ceux qui arrivent aujourd’hui. De tout ce qui arrive aujourd’hui, découle ce qui arrivera demain. Quoi que nous fassions, et peu importe le degré d’indépendance et de liberté que nous revendiquions, nous sommes toujours l’enfant de quelqu’un ou de quelque chose. »

« En France depuis sept ans, il est éboueur. C’est un boulot, on ne peut pas dire que ça lui plaît, mais il y met du cœur, il fait coucou aux gamins fascinés par le camion-poubelle, il aide les gardiens d’immeuble à rentrer les containers, il caresse les chiens qui passent. Parce que, quitte à faire quelque chose, autant le faire bien, sinon ça n’en vaut pas la peine. »

« Marcel a quatre-vingt-sept ans. Il est assis à son établi branlant. Derrière lui, une radio diffuse une musique jazzy. Jamais d’actualités, voilà bien longtemps que les nouvelles des hommes ne sont pas bonnes, les informations parlent d’un univers qu’il n’habite plus assez pour le comprendre. »

« Quatre-vingt-sept années qu’il use son corps sur le plancher des vaches. Il a choisi son cercueil, le caveau est prêt, la concession louée pour les trois prochaines décennies. Ce n’est pas qu’il tienne tant, à prendre de la place, mais ça le rassure de savoir que c’est réglé, que c’est prêt, qu’il n’aura qu’à sauter dans le trou. Il n’a plus envie d’être ici, sa vie et derrière, tout ce qu’il désire, si tant est qu’il désire encore quelque chose, c’est rejoindre ceux que la faucheuse a déjà emportés. Il ne demande rien d’extraordinaire, au fond, juste que ça s’arrête. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019). “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.
“Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), est mon sixième roman.
J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie douce » à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira.
Vous voulez en savoir plus ? Retrouvez-moi sur ma page Facebook, Instagram ou Twitter

Au plaisir de vous lire et d’échanger avec vous !

Émotion, Drame, Roman

Immortelle(s)

de Bertrand Touzet
Broché – 6 octobre 2022
Éditions : Les Presses de la cité

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Le croisement de deux vies à l’orée d’un nouveau départ.
Depuis son cancer du sein, Anna a besoin de se réapproprier sa féminité ; elle rencontre Camille, une jeune femme devenue tatoueuse, qui a ouvert son local à celles qui ont été marquées par la vie.

Anna revient vivre dans sa région natale, près de Toulouse, pour tourner définitivement une page de sa vie : oublier une relation amoureuse toxique, se reconvertir… Mais une nouvelle épreuve l’attend : une tumeur au sein. La voilà quelques mois plus tard face à son corps meurtri, persuadée d’avoir perdu une part de sa féminité et de ne plus avoir droit à l’amour.
Camille, tatoueuse, se remet douloureusement d’un accident terrible. Une rencontre lui fait comprendre qu’elle peut embellir ce qui a été détruit chez les autres, chez elle. Elle met ainsi tout son art au service des femmes maltraitées par la vie avec des tatouages destinés à masquer leurs cicatrices.
Un jour, Anna pousse la porte de son salon…

L’histoire de deux renaissances. Un roman vrai et bouleversant qui redonne espoir et foi en l’humain.

 

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Je découvre la très belle écriture de Bertrand Touzet avec Immortelle(s).
C’est une écriture pleine d’émotions, avec un mélange de force et de douceur. J’ai tout d’abord trouvé que l’écriture de Bertrand était aussi très féminine…
Et, au fur et à mesure, je me suis dit : pourquoi les écrivains n’auraient-ils pas le droit d’avoir aussi une telle sensibilité ?

Encore une fois, je craque littéralement pour un roman qui est triste et tellement beau à la fois…

Dans son roman, Bertrand met en avant deux femmes. Anna, qui commence le récit, et vient ensuite Camille. Chaque chapitre en alternance va donner la parole à l’une, puis à l’autre, et ainsi de suite jusqu’au bout du roman.

J’étais Anna qui quitte son travail, qui ne lui ressemble plus du tout, qui revient vivre dans la région de son enfance et qui apprendra qu’elle a un cancer du sein. Mais j’étais aussi Camille, jeune tatoueuse qui va “offrir” son art à des femmes qui s’étaient perdues, qui va leur redonner l’envie de vivre, l’envie d’aimer.
Mais le récit de Bertrand, m’a aussi permis de voir et de ressentir d’une manière plus “personnelle” le vécu, le ressenti de Frédérique…
Qui est Frédérique ?
C’est une amie que je connais depuis plusieurs années. Elle m’a contacté au mois d’avril m’informant qu’elle-même était atteinte d’une tumeur du sein, pour la seconde fois, et qui m’a proposé de la remplacer à son travail, le temps qu’elle se fasse opérer, qu’elle subisse les soins nécessaires, avant de pouvoir reprendre son travail en mi-temps thérapeutique. Alors, oui, le récit de Bertrand a “vibré” d’une façon très particulière et personnelle pour moi…

Son roman est doux, il fait beaucoup de bien.
D’ailleurs, il a fallu que je ralentisse ma vitesse de lecture pour en profiter pleinement, pour être en accord avec son récit… Que j’ai trouvé malheureusement beaucoup trop court.

J’ai trouvé mon Anna.
Je dois maintenant partir à la recherche de ma Camille, afin de recréer cette rencontre merveilleuse qui, peut-être, changera leurs vies…

Immortelle(s), paraîtra en début octobre 2022.
Un roman plein de bienveillance que je vous le conseille fortement !
Auteur à suivre…

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Extraits :

« Tout semble possible dans l’existence, à condition de s’en donner la chance. Quelquefois, il faut des coups de pouce au destin, la rencontre des bonnes personnes.
La boulangerie de Labastide avait fermé un an auparavant, une faillite de finances, d’envie, avait eu raison des propriétaires. Aucun volontaire pour reprendre, trop difficile, le bail est trop cher. Un village de quatre cent soixante âmes, proche d’une grande ville, pas assez rentable. »

« Rien a changé, les odeurs, les bruits, les gens. Des étals ont disparu, d’autres ont pris leur place, mais sensiblement tout est identique au marché de mon enfance, lorsque j’accompagnais ma grand-mère.
Ici sur cette place, autour de cette halle, debout, les mains posées sur le comptoir camion du torréfacteur, la foule me frôle, m’enveloppe. Les rires, les conversations, les appels des commerçants. Je reste immobile dans l’odeur du café. Mélange de vanille et de caramel. »

« Trois mots : cancer, chimiothérapie, mastectomie.
Touchée, coulée.
Il me voit me prendre la poitrine, il essaie de me rassurer, mais ces mots n’ont aucun effet à cet instant.
C’est bizarre, on a beau vous expliquer que l’on essaie de vous sauver la vie, que cela est nécessaire à la guérison, que votre sein, symbole de féminité, de maternité, porte votre pire ennemi et qu’il faut vous en séparer, la seule chose qui vous préoccupe et le fait que l’on va toucher à votre intégrité, qu’esthétiquement votre corps ne sera plus jamais le même. Puis il y aura la fatigue du boulot, les cheveux, bref, ça craint. »

« Je touche la couverture, cette habitude que j’ai avec les livres, comme si je prenais possession de l’objet avant de l’ouvrir. Cela fait partie du plaisir physique que j’ai à entrer dans une librairie, celui de toucher les livres, de sentir le papier des livres. Il y a quelque chose de sensuel dans ma démarche, d’organique. C’est peut-être pour cela que j’ai du mal à lire un livre de poche, trop petit, ou que je n’aime pas lire un livre que quelqu’un a déjà lu ai eu entre les mains, comme un besoin d’être la seule à le toucher, à le découvrir. »

 

 

Né à Toulouse il y a une quarantaine d’années, Bertrand Touzet a grandi aux pieds des Pyrénées. Il est aujourd’hui masseur-kinésithérapeute. Remarqué pour son premier roman Aurore, finaliste du Prix Jean Anglade 2020 et lauréat du Grand Prix national du Lions Club de littérature 2022, paru aux Presses de la Cité, il puise dans son quotidien personnel et professionnel les expériences qui nourrissent ses romans.

Émotion, Roman

L’homme qui veille dans la pierre

de Alain Cadeo
Relié – 13 septembre 2022
Éditions : La Trace

Plus qu’un roman, ceci est un journal tenu par un artiste peintre casanier tiré de son cocon pour retrouver, il l’a promis, traces de son frère Théo disparu dans une coulée de lave à l’autre bout du Monde, vingt ans auparavant.
Ce journal, entièrement dédié à une petite fille vivant dans ce hameau d’âmes perdues sous la tutelle d’un volcan, est le récit d’un être qui se découvre un amour fou pour l’innocence et la beauté, l’universel de tout instant vécu loin de la glu des peurs, du bruit et de la convoitise.

 

 

L’homme qui veille dans la pierre est le prolongement de Mayacumbra.
Il peut se lire indépendamment, mais ce serait vraiment dommage de passer à côté des tribulations de Théo… En effet autant Théo était un personnage très curieux, qui se projetait vers l’extérieur, qui avait besoin de s’exprimer, de voyager et qui d’ailleurs est parti un jour en laissant toute sa famille et ses amis.
Dans ce nouveau récit, c’est Augustin, son frère qui est à “l’honneur”.
Augustin, c’est… En fait il est tout le contraire de Théo ! Il est calme, réservé et les voyages sont pour lui, tout ce qu’il y a de plus abstrait ! Il est heureux chez lui, passant des heures a peindre auprès de sa famille, qui d’ailleurs ne s’est jamais vraiment remise du départ de son frère… Les années passent. Un jour, vingt après le départ de son ainé, il décide de partir à sa recherche, suite à une promesse faite à sa mère avant de décéder. Il se met donc en route… Et là, commencera un voyage qui bouleversera sa vie, il fera des connaissances qu’il n’imaginait pas. Arrivé dans le village de Mayacumbra, il apprend le décès de son frère figé à jamais dans une coulée de lave refroidie, d’un volcan rugissant et devient soudain, le “grand-père” d’une adorable petite fille de cinq ans, Lina, sa petite-nièce.

À partir de là, Augustin va vivre l’essentiel, très vite oublier le superflu, il va adopter un nouveau mode de vie porté sur la transmission et l’échange. Il va découvrir dans ce village des habitants plus étonnants les uns que les autres et ce sera surtout le manque de sa nièce, partit étudier en “ville”, qui le poussera par écrit, à créer un lien transgénérationnel et intemporel.

Avec cette histoire belle et émouvante, Alain Cadéo, m’a emporté par ses métaphores qu’il a semées tout le long de son récit telles de petites pierres gonflées de magie. C’est le quatrième roman d’Alain que je lis et à chaque fois, j’ai cette impression d’être transporté ailleurs. Un ailleurs où les secondes, les minutes ne s’égrainent pas de la même façon, comme dans un rêve merveilleux que l’on ne voudrait pas quitter, peuplé de personnages extraordinaires…

Vous en dire davantage ne serait d’aucune utilité.
Il vous suffira juste de vous laisser aller, de suivre la poésie d’Alain au fil des pages…
Alain est un conteur, un magicien des mots, et lire ses romans, c’est accepter avant tout de se laisser aller dans un monde bienveillant et merveilleux.

Un grand merci aux Éditions La Trace…

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Extraits :

« À l’origine, dans l’aube bleue mouvante, quelques troncs noirs étranglent encore la lumière fade de la vallée. Ils sont la trame d’une immense forêt pourrissante.
Là, beaucoup plus haut, dans les rides du ciel, moi, Théo, je suis derrière une fenêtre glacée, au niveau du menton d’un volcan. La corne de Dieu.
Paisible enfin, assis, au chaud, à deux mille mètres d’altitude, dans une sacrée cabane construite de mes mains, plantée sur un plateau de pierres, “Je te rêve” Lita, comme un ado qui étreint les nuages.
Je vis ici avec un âne, Ferdinand. Depuis deux ans, je contemple le Monde, comme seuls peut-être, le firent les premiers Incas.
Je n’ai rien d’un ermite et pourtant, je ne vois pratiquement personne. Lorsque j’ai vraiment besoin de compagnie, je dégringole en vrai capricorne le sentier sommaire que j’ai tracé de mes pas répétés sur un des flancs de la montagne. Une demi-heure après, je déboule à Mayacumbra qui est le seul village à plus de cent kilomètres à la ronde… »

« J’étais bien, là, entre le ciel et les dieux qui me rendaient souvent visite, le soir, au crépuscule, et la nuit, par les fenêtres et les lucarnes de feu. Le feu des nuits sous les étoiles, cette liqueur d’ambre, cet hydromel des lents nuages violacés qui passent sous les lunes. Et moi le vermisseau, je devenais luciole et je peignais, avec comme une couronne fluorescente qui irradiait et dirigeait ma main, le tout dans des vertiges de béatitudes. »

« Tu sais au fond, une vie, ça se résume vite. Ce sont souvent quelques images… Diaporama, manège, lanterne magique… un peu toujours les mêmes. C’est chaud, c’est lourd, ça se glisse au hasard. Gros plan sur l’expression d’un visage, loupe sur un détail devenu important, sans qu’on sache pourquoi. Ce qui prédomine, c’est la puissance de certaines formes imbibées de parfum. Mémoire de nos doigts, de nos mains, du toucher… avec, en toile de fond, des mots, des notes, des timbres de voix. De l’émotion sur un buvard, de la couleur sur la grisaille de nos mémoires… Tout est important bien sûr, mais tu ne choisis pas toujours ce que tu vas retenir. Ce peut être aussi bête qu’un moucheron se débattant sur une tartine de confiture. »

 

 

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont « Stanislas » (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il vit à Évenos, en Provence.

Sa bibliographie complète est la suivante :

  • Les Voix de Brume (1982, nouvelles)
  • Stanislas (1983, roman)
  • La Corne de Dieu (1983, roman)
  • L’Océan vertical (1983, roman)
  • Le Mangeur de Peur (1984, roman)
  • Macadam Epitaphe (1986, texte)
  • Le Ciel au ventre (1993, texte)
  • Les Anges disparaissent (1998, roman)
  • Fin (1999, texte)
  • Et votre éternité sera la somme de vos rêves (2008, roman)
  • L’Ombre d’un doute (2008, théâtre)
  • Les Réveillés de l’ombre (2013, théâtre)
  • Zoé (2013, roman)
  • Chaque seconde est un murmure (2016, roman)
  • Des Mots de contrebande (Aux inconnus qui comme moi…) (2018, texte)
  • Comme un enfant qui joue tout seul (2019, roman)
  • Mayacumbra (2019, roman)
  • Lettres en Vie (2020, texte illustré)
  • Confessions (2021, roman)
  • Arsenic et Eczéma (2022, théâtre)
  • L’Homme qui veille dans la pierre (2022, roman)
Anticipation, Psychologie, Roman, Science Fiction, Suspense

La Guilde des Supras

de O’Scaryne
Broché – novembre 2019
Éditions : Elenya

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2066.
Une panne générale paralyse toute la planète. Les machines, usines, centrales nucléaires, appareils électriques, véhicules s’arrêtent. Le système économique planétaire est en souffrance, obligeant l’Humanité à le repenser.
Dans ce Nouveau Monde, La Guilde des Supras ― une unité composée d’hommes et de femmes dotés de capacités psychiques hors du commun ― lutte contre le crime. Des « suprasens » qui ne mettent pourtant pas à l’abri les membres de la Ligue du Grand Paris d’attaques répétées.
Toutes leurs capacités vont devoir être mobilisées pour se lancer sur la piste du coupable qui les menace, eux et leurs proches.

Quelque part entre « Soleil Vert » et « Minority Report », La Guilde des Supras est un thriller d’anticipation où les sens tiennent une place conséquente dans ce Nouveau Monde qu’est devenue la Terre !

 

2022_034_O'Scaryne - La Guilde des Supras

 

Je découvre la plume d’O’Scaryne avec ce thriller psychologique et psychique, mené tambour battant !

24 mai 2066.
14h29 (heure de Paris).
La Terre subit une panne globale. Plus rien ne fonctionne nulle part, toutes les machines sont à l’arrêt.
22h10, le même jour, tout se remet en place.
Pas la société… Elle vient de s’écrouler…

Tous les habitants de la planète sont obligés de revoir complètement leur travail, leur système économique et leur mode de vie.
Oubliées les frontières, les barrières professionnelles, les gens se donnent “ la main”. Mais petit à petit, deux tendances vont se former.
La “Sphère E” et la “Sphère A”.

La Sphère E :
La sphère écocapitaliste. Leur mode de vie est axé sur la libre entreprise, la recherche du profit, des richesses et de la réussite personnelle. Ils ont certaines obligations. Abandon définitif des énergies fossiles et une politique “zéro déchet, zéro pollution”.
Police, justice et armée restent les garants de l’ordre public.

La Sphère A :
La sphère alter-créative. Les citoyens de cette sphère ont opté pour la mise en avant des consciences humaines. La sécurité, la paix, la bienveillance, l’intelligence collective sont au cœur de leurs développements. Ils sont libres de s’installer où ils le souhaitent, sous condition de respecter le vivant et l’environnement. Chez eux, le pouvoir fait place à l’épanouissement universel.
Une Guilde a été créée. C’est elle qui veille au bon fonctionnement des échanges et de la vie. Cette Guilde est constituée de “supras”, sélectionnés, formés et triés sur le volet. Des hommes et des femmes qui ont développé leur côté psychique. Ils peuvent, soit lire les pensées des autres, se déplacer par l’esprit, communiquer dans n’importe quelle langue sans l’avoir apprise, etc… Ils sont tous dotés d’une très haute sensibilité aux forces vibratoires…

Un jour, les membres des Supras font face à des attaques de plus en plus violentes et très ciblées.
Mais qui peut bien en vouloir à cette élite bienveillante, alors qu’elle ne souhaite que la paix ?

Bienvenus dans un Paris futuriste, avec une atmosphère bien “étrange”, entièrement crée par O’Scaryne.
Je m’y suis cru !
C’est moderne, rythmé, les dialogues bien construits, l’écriture très agréable est captivante. Une enquête sans “grandes” surprises soit, mais une belle utilisation du suspense et de la psychologie pour les différents protagonistes. Plusieurs fois, je me suis cru dans un film, c’est très visuel avec une belle montée en puissance jusqu’au final, que je n’ai pas vu venir…

Personnellement, j’ai trouvé le roman trop court à mon goût. J’aurais aimé m’en prendre plus encore dans les yeux, dans la tête…
Une suite ? pourquoi pas…

J’ai passé un agréable moment lecture, et (allez, j’insiste un peu…), je ne serais pas contre retrouver tous les personnages, pour suivre leur “évolution” dans une nouvelle aventure !

Merci O’Scaryne

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Extraits :

« Le souffle et les jambes coupées, Ludmila descendit de son vélo avant d’avoir atteint le haut de la rue. Le début de la longue côte abrupte avait eu raison de ces dernières forces.
Grosse journée !
Et nuit courte en perspective puisqu’elle devait participer, dans moins de quatre heures, à une Web-conférence entre Supras de la “sphère A”. Bien sûr, elle pouvait se connecter depuis son domicile, mais elle devait être présentable : habillée et le visage débarrassé des traces d’oreiller et d’autres stigmates nocturnes décalqués sur sa peau de quinquagénaire en déficit d’élastine. L’impossible donc de se jeter sur la toile au saut du lit ! »

« Une panne générale paralysa, partout dans le monde, l’ensemble des machines, usines, centrales, appareils, véhicules… fonctionnant aux énergies fossiles. Dans la foulée, les places financières s’écroulèrent. Les bulles spéculatives explosèrent. Dommage collatéral : des faillites spontanées frappèrent les multinationales de tous les secteurs économiques et géographiques. En quelques heures, les notions de “valeur marchande” et “valeur monétaire” perdirent leur sens. »

« Elle pénétra dans la pièce où l’attendait son premier rendez-vous ; une femme de vingt-cinq ans. Quatre ans plus tôt, alors qu’elle était encore étudiante, elle avait tué un homme qui harcelait sa sœur. Son crime avait fait d’elle une atypique. La Guilde était chargée de les repérer, les arrêter puis les guérir.
Il fallait du temps, des années parfois. Mais, le plus souvent, les séances de “reprogrammation bienveillante” portaient leurs fruits. Associées aux peines de travaux d’utilité collective, elles assuraient la réinsertion sans récidive de quatre-vingt-seize pour cent des criminels. Les quatre pour cent restant, les inflexibles, étaient emprisonnés dans des stations orbitales. »

« Les deux femmes s’exécutèrent. Agenouillé devant elles, il prit une main dans chacune des siennes et se concentra pour leur transmettre un flux d’énergie sereine. Abby et Yelleen sentirent une onde apaisante parcourir leur corps jusqu’à l’intérieur de leur crâne. Leurs muscles se détendirent et elles se laissèrent porter par cette vague bienfaisante ; l’une comme l’autre se sentit enfin en parfaite sécurité ; à l’abri dans un cocon de douceur ou rien ne pouvait les atteindre. »

 

 

Sylvie O’Scaryne Vannier est romancière et nouvelliste.

Enseignante puis Directrice Déléguée aux Formations Technologiques dans un lycée public, elle est tombée dans les livres quand elle était petite au point de se dire : « Un jour j’en écrirai ! »

Le temps passe… L’envie demeure et O’Scaryne prend la plume pour des adaptations puis des créations collectives de spectacles amateurs mêlant théâtre et chant. Jusqu’au jour où elle réalise, à l’aube de son 47e automne qu’il est temps de tenter d’aller au bout de son rêve !

Elle se jette alors à l’encre et écrit son premier roman : « Au-delà des dunnes », un récit initiatique mêlant ambiance gothique et fantasy, publié en 2015 (Ed. Langlois Cécile).

En 2016, elle publie un thriller psychologique : « L’Echantillonneuse » (LC éditions). Deux de ses nouvelles sont également éditées dans les ouvrages collectifs « Super-Heros » (2014) « L’apocalypse selon Jonas » et « Dans l’ombre » (2016) « Un chant dans la lagune » publiés par Elenya Éditions.

Elle est également auteur d’une nouvelle intitulée « La clé de FAH » publiée dans le recueil collectif « Dyrméa » (Elenya Éditions, 2017).

Émotion, Roman

Celles qui se taisent

de Bénédicte Rousset
Broché – 19 mai 2021
Éditeur : La Trace

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Par une nuit de décembre, une macabre disparition est signalée à la maternité de l’hôpital. La direction demande à son personnel de ne rien dire : il en va de la réputation de l’établissement.
Les années passent, le secret est enterré.
Pourtant, dix-huit ans plus tard,
le destin s’en mêle quand, après une terrible découverte, Caroline fouille dans le passé… c’est incompréhensible…
ça ne « peut » pas être.

Caroline et Augusta, deux femmes que tout oppose. En apparence…
Que s’est-il passé qui disloque leur vie et ternisse leur bonheur ?
Jusqu’où peut-on aller dans le renoncement, par amour pour une mère, par amour pour un fils ?
Il est des rencontres qui bouleversent nos silences.
Peut-être courons-nous après l’amour sans en donner assez ?

 

2021_066_Rousset Bénédicte - Celles qui se taisent

 

“Celles qui se taisent” est le dernier roman de Bénédicte Rousset publié par les éditions La Trace !
Je sais ce qu’il me reste à faire maintenant !
Me procurer ses romans précédents…

Caroline et Augusta sont deux femmes très différentes.
Caroline est femme de ménage, maman de trois enfants. Un jour son mari l’a quitté sans aucune explication. Elle travaille pour Augusta, elle entretien sa maison. Le hasard fait que les deux femmes se retrouvent enceinte au même moment. Bénédiction, pour l’une, c’est un malheur pour l’autre.
Pourtant la vie, le hasard vont se charger de les réunir, pour le meilleur et surtout pour le pire…
Que leur est-il donc arrivé ?
Leurs destins vont définitivement se lier à la suite d’un terrible événement.

Maternités, romance, viol, séparation, maltraitance, sexe, Religion, mensonges, haine…
“Celles qui se taisent” est un condensé de vie, avec tous ses malheurs, tous les problèmes existant pour essayer de conserver un équilibre familial bien souvent précaire.

Un récit bouleversant, qui mérite que je me retire, que je ne vous dévoile rien de plus, afin que mots après mots, phrases après phrases vous soyez comme moi transporté dans des destinées mêlées.
Bénédicte, m’a touché le cœur, mais pas seulement.
Elle s’est immiscée dans certaines parties très sombres de l’esprit qui ne demandent qu’à rester dans l’oubli.
Mais, on ne choisi pas toujours son destin !

Récit de femmes, mais pas seulement…
Lent et envoutant, ce roman mérite une belle et longue vie.
Très beau et émouvant, je recommande vivement !

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Extraits :

« Le jour se lève à peine sur la ville. Une fine couche de givre recouvre le trottoir et de timides rayons éclaircissent la façade de l’hôpital.
Au deuxième étage, la ligne directe du directeur lui indique un appel. Il décroche sans quitter les yeux le formulaire qu’il est en train de remplir. Deux semaines auparavant, un de ses ambulanciers, ivre, a percuté en reculant une personne en fauteuil roulant, la blessant gravement, juste devant l’entrée de l’hôpital. La famille porte plainte et cet incident s’ajoute aux dysfonctionnements qui s’enchaînent dans son établissement ces derniers temps. La presse en fait ses gros titres, ridiculisant sa place et sa personne. Le coup de grâce tombe en page deux du journal La Provence, qui dévoile le palmarès des hôpitaux les plus performants, et où il occupe l’avant-dernière place. Il soupire. »
…/…
« Quelque chose de sa fierté vient de le traverser.
Dès lors, Jean sent dans tout ce qu’il fait le regard admiratif de sa mère. Il pointe les orteils vers le pied du lit et se sent grand.
À partir de ce moment, dans l’air, quelque chose a changé. L’odeur du chou brocoli devient agréable, celle du foie de veau, alléchante.
Il suffit qu’elle l’aime pour qu’il l’aime aussi. Le plus beau chef-d’œuvre de la vie est bien le cœur d’une mère et peu importent ses larges ou étroites barrières.
L’épaisseur de l’enfance se mesure à la place qu’une mère nous accorde dans son cœur. À une certaine période de la vie, on peut trouver grand ce qui est petit, comme la cour de récréations. Quand on est enfant, elle nous paraît immense et puis un jour, longtemps après, notre œil d’adulte la revoit et sa grandeur a disparu : l’âge adulte l’a balayée d’un simple revers de manche. »

 

 

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. L’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

Professeure certifiée de Lettres Modernes, Bénédicte est enseignante dans un collège du Vaucluse.
Après « Rue sombre » (2017), son premier roman policier, elle publie « Le Lis des teinturiers » en 2018.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

Émotion, Drame, Roman

Elle voudrait des étoiles, des étincelles et des papillons verts dans ses cheveux

de Blandine Bergeret
Broché – 30 octobre 2020
Éditeur : Les Éditions de l’ArtBouquine

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Pour eux ou contre eux, j’ai abandonné le nid parce que j’étouffais de les décevoir, de ne pas coller à la parfaite, voire la plus-que-parfaite demoiselle, celle qu’ils avaient imaginée, projetée, ambitionnée. Un clone d’eux. Ils avaient en tête une voie toute tracée pour moi, celle d’une fille, puis d’une épouse et d’une mère discrète, rangée, dévouée. Celle que leur gendre avait espérée. Celle que je suis devenue.
Au risque de m’oublier. À force d’acquiescer, j’ai cessé d’exister. J’ai tiré un trait sur ma vie. Prise en otage par des injonctions inconscientes. Amarrées au plus profond de mon âme.

Un magnifique roman dans lequel se mêlent humour et émotion. Blandine Bergeret compose avec talent, et un formidable sens de l’observation, un portrait de femme à la recherche d’elle-même.

 

2021_065_Bergeret Blandine - Elle voudrait des étoiles…

 

Cela aurait pu être une histoire ordinaire, un journal intime.
L’histoire d’Alice, mariée à Laurent depuis dix ans. Maman de deux enfants, Mathieu et Clémentine. Aujourd’hui ils en attendent un troisième.
Alors qu’Alice ne pense qu’a ça, Laurent, lui, est un obsédé du travail, et complètement insensible à tout ce qui se passe dans son foyer. Seul son travail l’intéresse.
Alice, le supporte et l’excuse aussi, elle est gentille, elle ne cherche le bonheur, leur bonheur.

Et puis survient “Le Drame”, l’électrochoc brutal. Elle craque et se sent alors incapable de poursuivre son quotidien…
Elle souffre et décide de tout plaquer !
Elle a besoin de partir, de tout quitter pour faire un point sur sa vie, sur ses envies.
Elle part, sans explications, loin de sa famille, loin de chez elle.
Cette fêlure est très vite suivie de nombreuses évidences.

Qui n’a jamais voulu tout stopper dans sa vie ? Faire le point ? Et pourquoi pas, repartir à zéro ?
C’est le choix qu’Alice a pris. Il aura fallu la souffrance pour qu’elle se décide à dire “Stop !”

Blandine Bergeret, vient titiller en nous tous un tas d’émotions et de ressentis.
Son écriture simple et puissante, m’a porté au-delà de ce que j’escomptais.

Alice est extrêmement touchante… Mais est-ce vraiment Alice, où déjà Blandine qui s’immisce ?
Écrit sous la forme d’un journal, l’histoire définie parfaitement le quotidien d’une femme, mère et épouse.
Blandine est allée chercher très profondément des sentiments forts avec beaucoup de tendresse aussi.

Alice est une belle personne, j’ai éprouvé énormément d’empathie pour elle, après ce qu’elle a vécu.
Toutes les émotions ressenties sont la force de ce roman, tout en bienveillance.

Merci Alice/Blandine ? pour cette histoire moderne et pleine de rebondissements et qui malgré une thématique dense et profonde, ne pourra que plaire…
Un superbe portrait de femme par une femme, un vrai roman au féminin !

Pour un premier “essai”, Wahou !
Que de messages à nous transmettre.
Auteure à suivre…

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Extraits :

« Au risque de m’oublier. Malgré moi, contre moi. Avec une colère et une tristesse sourdes, latentes, débordantes. À force d’acquiescer, j’ai cessé d’exister. J’ai tiré un trait sur ma vie. Prise en otage par des injonctions inconscientes. Amarrées au plus profond de mon âme.
Le monologue de la gynécologue sur mon téléphone me revient tel un boomerang. Factuel, sans appel. Mon crâne est sur le point d’imploser, mon cerveau enserré dans un étau poignant. J’encaisse l’uppercut. Plus de prénom à dénicher, plus d’efforts à fournir pour la sauvegarde d’un couple à la dérive. »
…/…
« Je me remémore nos explorations intimes, les frissons éprouvés à chacune de ses caresses, à chaque baiser effleurant mon cou, ma poitrine, mon ventre. J’aime son regard sur moi, direct et impudique, même si je n’étais pas à l’aise. Personne ne m’a contemplé ainsi depuis des siècles et la sensation de se voir belle dans les yeux de l’autre est une émotion tellement vivifiante. Un appel du ventre, un cri du cœur qui me lie à lui. Sans retenue, je lui ai dit. Je l’ai senti bouleversé, touché d’être accepté avec transparence et sincérité. »

 

 

Blandine Bergeret est directrice logistique et services chez Cegos, un organisme de formation professionnelle et continue, depuis 2012.

Elle est titulaire d’un diplôme de recherche en études appliquées (DREA), russe et commerce internationale, à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) (1990-1995).

Elle est lauréate du premier concours de manuscrits de L’ArtBouquine avec « Elle voudrait des étoiles, des étincelles et des papillons verts dans ses cheveux » (2020).