Émotion, Drame, Roman

Immortelle(s)

de Bertrand Touzet
Broché – 6 octobre 2022
Éditions : Les Presses de la cité

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Le croisement de deux vies à l’orée d’un nouveau départ.
Depuis son cancer du sein, Anna a besoin de se réapproprier sa féminité ; elle rencontre Camille, une jeune femme devenue tatoueuse, qui a ouvert son local à celles qui ont été marquées par la vie.

Anna revient vivre dans sa région natale, près de Toulouse, pour tourner définitivement une page de sa vie : oublier une relation amoureuse toxique, se reconvertir… Mais une nouvelle épreuve l’attend : une tumeur au sein. La voilà quelques mois plus tard face à son corps meurtri, persuadée d’avoir perdu une part de sa féminité et de ne plus avoir droit à l’amour.
Camille, tatoueuse, se remet douloureusement d’un accident terrible. Une rencontre lui fait comprendre qu’elle peut embellir ce qui a été détruit chez les autres, chez elle. Elle met ainsi tout son art au service des femmes maltraitées par la vie avec des tatouages destinés à masquer leurs cicatrices.
Un jour, Anna pousse la porte de son salon…

L’histoire de deux renaissances. Un roman vrai et bouleversant qui redonne espoir et foi en l’humain.

 

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Je découvre la très belle écriture de Bertrand Touzet avec Immortelle(s).
C’est une écriture pleine d’émotions, avec un mélange de force et de douceur. J’ai tout d’abord trouvé que l’écriture de Bertrand était aussi très féminine…
Et, au fur et à mesure, je me suis dit : pourquoi les écrivains n’auraient-ils pas le droit d’avoir aussi une telle sensibilité ?

Encore une fois, je craque littéralement pour un roman qui est triste et tellement beau à la fois…

Dans son roman, Bertrand met en avant deux femmes. Anna, qui commence le récit, et vient ensuite Camille. Chaque chapitre en alternance va donner la parole à l’une, puis à l’autre, et ainsi de suite jusqu’au bout du roman.

J’étais Anna qui quitte son travail, qui ne lui ressemble plus du tout, qui revient vivre dans la région de son enfance et qui apprendra qu’elle a un cancer du sein. Mais j’étais aussi Camille, jeune tatoueuse qui va “offrir” son art à des femmes qui s’étaient perdues, qui va leur redonner l’envie de vivre, l’envie d’aimer.
Mais le récit de Bertrand, m’a aussi permis de voir et de ressentir d’une manière plus “personnelle” le vécu, le ressenti de Frédérique…
Qui est Frédérique ?
C’est une amie que je connais depuis plusieurs années. Elle m’a contacté au mois d’avril m’informant qu’elle-même était atteinte d’une tumeur du sein, pour la seconde fois, et qui m’a proposé de la remplacer à son travail, le temps qu’elle se fasse opérer, qu’elle subisse les soins nécessaires, avant de pouvoir reprendre son travail en mi-temps thérapeutique. Alors, oui, le récit de Bertrand a “vibré” d’une façon très particulière et personnelle pour moi…

Son roman est doux, il fait beaucoup de bien.
D’ailleurs, il a fallu que je ralentisse ma vitesse de lecture pour en profiter pleinement, pour être en accord avec son récit… Que j’ai trouvé malheureusement beaucoup trop court.

J’ai trouvé mon Anna.
Je dois maintenant partir à la recherche de ma Camille, afin de recréer cette rencontre merveilleuse qui, peut-être, changera leurs vies…

Immortelle(s), paraîtra en début octobre 2022.
Un roman plein de bienveillance que je vous le conseille fortement !
Auteur à suivre…

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Extraits :

« Tout semble possible dans l’existence, à condition de s’en donner la chance. Quelquefois, il faut des coups de pouce au destin, la rencontre des bonnes personnes.
La boulangerie de Labastide avait fermé un an auparavant, une faillite de finances, d’envie, avait eu raison des propriétaires. Aucun volontaire pour reprendre, trop difficile, le bail est trop cher. Un village de quatre cent soixante âmes, proche d’une grande ville, pas assez rentable. »

« Rien a changé, les odeurs, les bruits, les gens. Des étals ont disparu, d’autres ont pris leur place, mais sensiblement tout est identique au marché de mon enfance, lorsque j’accompagnais ma grand-mère.
Ici sur cette place, autour de cette halle, debout, les mains posées sur le comptoir camion du torréfacteur, la foule me frôle, m’enveloppe. Les rires, les conversations, les appels des commerçants. Je reste immobile dans l’odeur du café. Mélange de vanille et de caramel. »

« Trois mots : cancer, chimiothérapie, mastectomie.
Touchée, coulée.
Il me voit me prendre la poitrine, il essaie de me rassurer, mais ces mots n’ont aucun effet à cet instant.
C’est bizarre, on a beau vous expliquer que l’on essaie de vous sauver la vie, que cela est nécessaire à la guérison, que votre sein, symbole de féminité, de maternité, porte votre pire ennemi et qu’il faut vous en séparer, la seule chose qui vous préoccupe et le fait que l’on va toucher à votre intégrité, qu’esthétiquement votre corps ne sera plus jamais le même. Puis il y aura la fatigue du boulot, les cheveux, bref, ça craint. »

« Je touche la couverture, cette habitude que j’ai avec les livres, comme si je prenais possession de l’objet avant de l’ouvrir. Cela fait partie du plaisir physique que j’ai à entrer dans une librairie, celui de toucher les livres, de sentir le papier des livres. Il y a quelque chose de sensuel dans ma démarche, d’organique. C’est peut-être pour cela que j’ai du mal à lire un livre de poche, trop petit, ou que je n’aime pas lire un livre que quelqu’un a déjà lu ai eu entre les mains, comme un besoin d’être la seule à le toucher, à le découvrir. »

 

 

Né à Toulouse il y a une quarantaine d’années, Bertrand Touzet a grandi aux pieds des Pyrénées. Il est aujourd’hui masseur-kinésithérapeute. Remarqué pour son premier roman Aurore, finaliste du Prix Jean Anglade 2020 et lauréat du Grand Prix national du Lions Club de littérature 2022, paru aux Presses de la Cité, il puise dans son quotidien personnel et professionnel les expériences qui nourrissent ses romans.

Émotion, Roman

L’homme qui veille dans la pierre

de Alain Cadeo
Relié – 13 septembre 2022
Éditions : La Trace

Plus qu’un roman, ceci est un journal tenu par un artiste peintre casanier tiré de son cocon pour retrouver, il l’a promis, traces de son frère Théo disparu dans une coulée de lave à l’autre bout du Monde, vingt ans auparavant.
Ce journal, entièrement dédié à une petite fille vivant dans ce hameau d’âmes perdues sous la tutelle d’un volcan, est le récit d’un être qui se découvre un amour fou pour l’innocence et la beauté, l’universel de tout instant vécu loin de la glu des peurs, du bruit et de la convoitise.

 

 

L’homme qui veille dans la pierre est le prolongement de Mayacumbra.
Il peut se lire indépendamment, mais ce serait vraiment dommage de passer à côté des tribulations de Théo… En effet autant Théo était un personnage très curieux, qui se projetait vers l’extérieur, qui avait besoin de s’exprimer, de voyager et qui d’ailleurs est parti un jour en laissant toute sa famille et ses amis.
Dans ce nouveau récit, c’est Augustin, son frère qui est à “l’honneur”.
Augustin, c’est… En fait il est tout le contraire de Théo ! Il est calme, réservé et les voyages sont pour lui, tout ce qu’il y a de plus abstrait ! Il est heureux chez lui, passant des heures a peindre auprès de sa famille, qui d’ailleurs ne s’est jamais vraiment remise du départ de son frère… Les années passent. Un jour, vingt après le départ de son ainé, il décide de partir à sa recherche, suite à une promesse faite à sa mère avant de décéder. Il se met donc en route… Et là, commencera un voyage qui bouleversera sa vie, il fera des connaissances qu’il n’imaginait pas. Arrivé dans le village de Mayacumbra, il apprend le décès de son frère figé à jamais dans une coulée de lave refroidie, d’un volcan rugissant et devient soudain, le “grand-père” d’une adorable petite fille de cinq ans, Lina, sa petite-nièce.

À partir de là, Augustin va vivre l’essentiel, très vite oublier le superflu, il va adopter un nouveau mode de vie porté sur la transmission et l’échange. Il va découvrir dans ce village des habitants plus étonnants les uns que les autres et ce sera surtout le manque de sa nièce, partit étudier en “ville”, qui le poussera par écrit, à créer un lien transgénérationnel et intemporel.

Avec cette histoire belle et émouvante, Alain Cadéo, m’a emporté par ses métaphores qu’il a semées tout le long de son récit telles de petites pierres gonflées de magie. C’est le quatrième roman d’Alain que je lis et à chaque fois, j’ai cette impression d’être transporté ailleurs. Un ailleurs où les secondes, les minutes ne s’égrainent pas de la même façon, comme dans un rêve merveilleux que l’on ne voudrait pas quitter, peuplé de personnages extraordinaires…

Vous en dire davantage ne serait d’aucune utilité.
Il vous suffira juste de vous laisser aller, de suivre la poésie d’Alain au fil des pages…
Alain est un conteur, un magicien des mots, et lire ses romans, c’est accepter avant tout de se laisser aller dans un monde bienveillant et merveilleux.

Un grand merci aux Éditions La Trace…

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Extraits :

« À l’origine, dans l’aube bleue mouvante, quelques troncs noirs étranglent encore la lumière fade de la vallée. Ils sont la trame d’une immense forêt pourrissante.
Là, beaucoup plus haut, dans les rides du ciel, moi, Théo, je suis derrière une fenêtre glacée, au niveau du menton d’un volcan. La corne de Dieu.
Paisible enfin, assis, au chaud, à deux mille mètres d’altitude, dans une sacrée cabane construite de mes mains, plantée sur un plateau de pierres, “Je te rêve” Lita, comme un ado qui étreint les nuages.
Je vis ici avec un âne, Ferdinand. Depuis deux ans, je contemple le Monde, comme seuls peut-être, le firent les premiers Incas.
Je n’ai rien d’un ermite et pourtant, je ne vois pratiquement personne. Lorsque j’ai vraiment besoin de compagnie, je dégringole en vrai capricorne le sentier sommaire que j’ai tracé de mes pas répétés sur un des flancs de la montagne. Une demi-heure après, je déboule à Mayacumbra qui est le seul village à plus de cent kilomètres à la ronde… »

« J’étais bien, là, entre le ciel et les dieux qui me rendaient souvent visite, le soir, au crépuscule, et la nuit, par les fenêtres et les lucarnes de feu. Le feu des nuits sous les étoiles, cette liqueur d’ambre, cet hydromel des lents nuages violacés qui passent sous les lunes. Et moi le vermisseau, je devenais luciole et je peignais, avec comme une couronne fluorescente qui irradiait et dirigeait ma main, le tout dans des vertiges de béatitudes. »

« Tu sais au fond, une vie, ça se résume vite. Ce sont souvent quelques images… Diaporama, manège, lanterne magique… un peu toujours les mêmes. C’est chaud, c’est lourd, ça se glisse au hasard. Gros plan sur l’expression d’un visage, loupe sur un détail devenu important, sans qu’on sache pourquoi. Ce qui prédomine, c’est la puissance de certaines formes imbibées de parfum. Mémoire de nos doigts, de nos mains, du toucher… avec, en toile de fond, des mots, des notes, des timbres de voix. De l’émotion sur un buvard, de la couleur sur la grisaille de nos mémoires… Tout est important bien sûr, mais tu ne choisis pas toujours ce que tu vas retenir. Ce peut être aussi bête qu’un moucheron se débattant sur une tartine de confiture. »

 

 

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont « Stanislas » (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il vit à Évenos, en Provence.

Sa bibliographie complète est la suivante :

  • Les Voix de Brume (1982, nouvelles)
  • Stanislas (1983, roman)
  • La Corne de Dieu (1983, roman)
  • L’Océan vertical (1983, roman)
  • Le Mangeur de Peur (1984, roman)
  • Macadam Epitaphe (1986, texte)
  • Le Ciel au ventre (1993, texte)
  • Les Anges disparaissent (1998, roman)
  • Fin (1999, texte)
  • Et votre éternité sera la somme de vos rêves (2008, roman)
  • L’Ombre d’un doute (2008, théâtre)
  • Les Réveillés de l’ombre (2013, théâtre)
  • Zoé (2013, roman)
  • Chaque seconde est un murmure (2016, roman)
  • Des Mots de contrebande (Aux inconnus qui comme moi…) (2018, texte)
  • Comme un enfant qui joue tout seul (2019, roman)
  • Mayacumbra (2019, roman)
  • Lettres en Vie (2020, texte illustré)
  • Confessions (2021, roman)
  • Arsenic et Eczéma (2022, théâtre)
  • L’Homme qui veille dans la pierre (2022, roman)
Anticipation, Psychologie, Roman, Science Fiction, Suspense

La Guilde des Supras

de O’Scaryne
Broché – novembre 2019
Éditions : Elenya

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2066.
Une panne générale paralyse toute la planète. Les machines, usines, centrales nucléaires, appareils électriques, véhicules s’arrêtent. Le système économique planétaire est en souffrance, obligeant l’Humanité à le repenser.
Dans ce Nouveau Monde, La Guilde des Supras ― une unité composée d’hommes et de femmes dotés de capacités psychiques hors du commun ― lutte contre le crime. Des « suprasens » qui ne mettent pourtant pas à l’abri les membres de la Ligue du Grand Paris d’attaques répétées.
Toutes leurs capacités vont devoir être mobilisées pour se lancer sur la piste du coupable qui les menace, eux et leurs proches.

Quelque part entre « Soleil Vert » et « Minority Report », La Guilde des Supras est un thriller d’anticipation où les sens tiennent une place conséquente dans ce Nouveau Monde qu’est devenue la Terre !

 

2022_034_O'Scaryne - La Guilde des Supras

 

Je découvre la plume d’O’Scaryne avec ce thriller psychologique et psychique, mené tambour battant !

24 mai 2066.
14h29 (heure de Paris).
La Terre subit une panne globale. Plus rien ne fonctionne nulle part, toutes les machines sont à l’arrêt.
22h10, le même jour, tout se remet en place.
Pas la société… Elle vient de s’écrouler…

Tous les habitants de la planète sont obligés de revoir complètement leur travail, leur système économique et leur mode de vie.
Oubliées les frontières, les barrières professionnelles, les gens se donnent “ la main”. Mais petit à petit, deux tendances vont se former.
La “Sphère E” et la “Sphère A”.

La Sphère E :
La sphère écocapitaliste. Leur mode de vie est axé sur la libre entreprise, la recherche du profit, des richesses et de la réussite personnelle. Ils ont certaines obligations. Abandon définitif des énergies fossiles et une politique “zéro déchet, zéro pollution”.
Police, justice et armée restent les garants de l’ordre public.

La Sphère A :
La sphère alter-créative. Les citoyens de cette sphère ont opté pour la mise en avant des consciences humaines. La sécurité, la paix, la bienveillance, l’intelligence collective sont au cœur de leurs développements. Ils sont libres de s’installer où ils le souhaitent, sous condition de respecter le vivant et l’environnement. Chez eux, le pouvoir fait place à l’épanouissement universel.
Une Guilde a été créée. C’est elle qui veille au bon fonctionnement des échanges et de la vie. Cette Guilde est constituée de “supras”, sélectionnés, formés et triés sur le volet. Des hommes et des femmes qui ont développé leur côté psychique. Ils peuvent, soit lire les pensées des autres, se déplacer par l’esprit, communiquer dans n’importe quelle langue sans l’avoir apprise, etc… Ils sont tous dotés d’une très haute sensibilité aux forces vibratoires…

Un jour, les membres des Supras font face à des attaques de plus en plus violentes et très ciblées.
Mais qui peut bien en vouloir à cette élite bienveillante, alors qu’elle ne souhaite que la paix ?

Bienvenus dans un Paris futuriste, avec une atmosphère bien “étrange”, entièrement crée par O’Scaryne.
Je m’y suis cru !
C’est moderne, rythmé, les dialogues bien construits, l’écriture très agréable est captivante. Une enquête sans “grandes” surprises soit, mais une belle utilisation du suspense et de la psychologie pour les différents protagonistes. Plusieurs fois, je me suis cru dans un film, c’est très visuel avec une belle montée en puissance jusqu’au final, que je n’ai pas vu venir…

Personnellement, j’ai trouvé le roman trop court à mon goût. J’aurais aimé m’en prendre plus encore dans les yeux, dans la tête…
Une suite ? pourquoi pas…

J’ai passé un agréable moment lecture, et (allez, j’insiste un peu…), je ne serais pas contre retrouver tous les personnages, pour suivre leur “évolution” dans une nouvelle aventure !

Merci O’Scaryne

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Extraits :

« Le souffle et les jambes coupées, Ludmila descendit de son vélo avant d’avoir atteint le haut de la rue. Le début de la longue côte abrupte avait eu raison de ces dernières forces.
Grosse journée !
Et nuit courte en perspective puisqu’elle devait participer, dans moins de quatre heures, à une Web-conférence entre Supras de la “sphère A”. Bien sûr, elle pouvait se connecter depuis son domicile, mais elle devait être présentable : habillée et le visage débarrassé des traces d’oreiller et d’autres stigmates nocturnes décalqués sur sa peau de quinquagénaire en déficit d’élastine. L’impossible donc de se jeter sur la toile au saut du lit ! »

« Une panne générale paralysa, partout dans le monde, l’ensemble des machines, usines, centrales, appareils, véhicules… fonctionnant aux énergies fossiles. Dans la foulée, les places financières s’écroulèrent. Les bulles spéculatives explosèrent. Dommage collatéral : des faillites spontanées frappèrent les multinationales de tous les secteurs économiques et géographiques. En quelques heures, les notions de “valeur marchande” et “valeur monétaire” perdirent leur sens. »

« Elle pénétra dans la pièce où l’attendait son premier rendez-vous ; une femme de vingt-cinq ans. Quatre ans plus tôt, alors qu’elle était encore étudiante, elle avait tué un homme qui harcelait sa sœur. Son crime avait fait d’elle une atypique. La Guilde était chargée de les repérer, les arrêter puis les guérir.
Il fallait du temps, des années parfois. Mais, le plus souvent, les séances de “reprogrammation bienveillante” portaient leurs fruits. Associées aux peines de travaux d’utilité collective, elles assuraient la réinsertion sans récidive de quatre-vingt-seize pour cent des criminels. Les quatre pour cent restant, les inflexibles, étaient emprisonnés dans des stations orbitales. »

« Les deux femmes s’exécutèrent. Agenouillé devant elles, il prit une main dans chacune des siennes et se concentra pour leur transmettre un flux d’énergie sereine. Abby et Yelleen sentirent une onde apaisante parcourir leur corps jusqu’à l’intérieur de leur crâne. Leurs muscles se détendirent et elles se laissèrent porter par cette vague bienfaisante ; l’une comme l’autre se sentit enfin en parfaite sécurité ; à l’abri dans un cocon de douceur ou rien ne pouvait les atteindre. »

 

 

Sylvie O’Scaryne Vannier est romancière et nouvelliste.

Enseignante puis Directrice Déléguée aux Formations Technologiques dans un lycée public, elle est tombée dans les livres quand elle était petite au point de se dire : « Un jour j’en écrirai ! »

Le temps passe… L’envie demeure et O’Scaryne prend la plume pour des adaptations puis des créations collectives de spectacles amateurs mêlant théâtre et chant. Jusqu’au jour où elle réalise, à l’aube de son 47e automne qu’il est temps de tenter d’aller au bout de son rêve !

Elle se jette alors à l’encre et écrit son premier roman : « Au-delà des dunnes », un récit initiatique mêlant ambiance gothique et fantasy, publié en 2015 (Ed. Langlois Cécile).

En 2016, elle publie un thriller psychologique : « L’Echantillonneuse » (LC éditions). Deux de ses nouvelles sont également éditées dans les ouvrages collectifs « Super-Heros » (2014) « L’apocalypse selon Jonas » et « Dans l’ombre » (2016) « Un chant dans la lagune » publiés par Elenya Éditions.

Elle est également auteur d’une nouvelle intitulée « La clé de FAH » publiée dans le recueil collectif « Dyrméa » (Elenya Éditions, 2017).

Émotion, Roman

Celles qui se taisent

de Bénédicte Rousset
Broché – 19 mai 2021
Éditeur : La Trace

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Par une nuit de décembre, une macabre disparition est signalée à la maternité de l’hôpital. La direction demande à son personnel de ne rien dire : il en va de la réputation de l’établissement.
Les années passent, le secret est enterré.
Pourtant, dix-huit ans plus tard,
le destin s’en mêle quand, après une terrible découverte, Caroline fouille dans le passé… c’est incompréhensible…
ça ne « peut » pas être.

Caroline et Augusta, deux femmes que tout oppose. En apparence…
Que s’est-il passé qui disloque leur vie et ternisse leur bonheur ?
Jusqu’où peut-on aller dans le renoncement, par amour pour une mère, par amour pour un fils ?
Il est des rencontres qui bouleversent nos silences.
Peut-être courons-nous après l’amour sans en donner assez ?

 

2021_066_Rousset Bénédicte - Celles qui se taisent

 

“Celles qui se taisent” est le dernier roman de Bénédicte Rousset publié par les éditions La Trace !
Je sais ce qu’il me reste à faire maintenant !
Me procurer ses romans précédents…

Caroline et Augusta sont deux femmes très différentes.
Caroline est femme de ménage, maman de trois enfants. Un jour son mari l’a quitté sans aucune explication. Elle travaille pour Augusta, elle entretien sa maison. Le hasard fait que les deux femmes se retrouvent enceinte au même moment. Bénédiction, pour l’une, c’est un malheur pour l’autre.
Pourtant la vie, le hasard vont se charger de les réunir, pour le meilleur et surtout pour le pire…
Que leur est-il donc arrivé ?
Leurs destins vont définitivement se lier à la suite d’un terrible événement.

Maternités, romance, viol, séparation, maltraitance, sexe, Religion, mensonges, haine…
“Celles qui se taisent” est un condensé de vie, avec tous ses malheurs, tous les problèmes existant pour essayer de conserver un équilibre familial bien souvent précaire.

Un récit bouleversant, qui mérite que je me retire, que je ne vous dévoile rien de plus, afin que mots après mots, phrases après phrases vous soyez comme moi transporté dans des destinées mêlées.
Bénédicte, m’a touché le cœur, mais pas seulement.
Elle s’est immiscée dans certaines parties très sombres de l’esprit qui ne demandent qu’à rester dans l’oubli.
Mais, on ne choisi pas toujours son destin !

Récit de femmes, mais pas seulement…
Lent et envoutant, ce roman mérite une belle et longue vie.
Très beau et émouvant, je recommande vivement !

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Extraits :

« Le jour se lève à peine sur la ville. Une fine couche de givre recouvre le trottoir et de timides rayons éclaircissent la façade de l’hôpital.
Au deuxième étage, la ligne directe du directeur lui indique un appel. Il décroche sans quitter les yeux le formulaire qu’il est en train de remplir. Deux semaines auparavant, un de ses ambulanciers, ivre, a percuté en reculant une personne en fauteuil roulant, la blessant gravement, juste devant l’entrée de l’hôpital. La famille porte plainte et cet incident s’ajoute aux dysfonctionnements qui s’enchaînent dans son établissement ces derniers temps. La presse en fait ses gros titres, ridiculisant sa place et sa personne. Le coup de grâce tombe en page deux du journal La Provence, qui dévoile le palmarès des hôpitaux les plus performants, et où il occupe l’avant-dernière place. Il soupire. »
…/…
« Quelque chose de sa fierté vient de le traverser.
Dès lors, Jean sent dans tout ce qu’il fait le regard admiratif de sa mère. Il pointe les orteils vers le pied du lit et se sent grand.
À partir de ce moment, dans l’air, quelque chose a changé. L’odeur du chou brocoli devient agréable, celle du foie de veau, alléchante.
Il suffit qu’elle l’aime pour qu’il l’aime aussi. Le plus beau chef-d’œuvre de la vie est bien le cœur d’une mère et peu importent ses larges ou étroites barrières.
L’épaisseur de l’enfance se mesure à la place qu’une mère nous accorde dans son cœur. À une certaine période de la vie, on peut trouver grand ce qui est petit, comme la cour de récréations. Quand on est enfant, elle nous paraît immense et puis un jour, longtemps après, notre œil d’adulte la revoit et sa grandeur a disparu : l’âge adulte l’a balayée d’un simple revers de manche. »

 

 

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. L’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.

Professeure certifiée de Lettres Modernes, Bénédicte est enseignante dans un collège du Vaucluse.
Après « Rue sombre » (2017), son premier roman policier, elle publie « Le Lis des teinturiers » en 2018.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

Émotion, Drame, Roman

Elle voudrait des étoiles, des étincelles et des papillons verts dans ses cheveux

de Blandine Bergeret
Broché – 30 octobre 2020
Éditeur : Les Éditions de l’ArtBouquine

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Pour eux ou contre eux, j’ai abandonné le nid parce que j’étouffais de les décevoir, de ne pas coller à la parfaite, voire la plus-que-parfaite demoiselle, celle qu’ils avaient imaginée, projetée, ambitionnée. Un clone d’eux. Ils avaient en tête une voie toute tracée pour moi, celle d’une fille, puis d’une épouse et d’une mère discrète, rangée, dévouée. Celle que leur gendre avait espérée. Celle que je suis devenue.
Au risque de m’oublier. À force d’acquiescer, j’ai cessé d’exister. J’ai tiré un trait sur ma vie. Prise en otage par des injonctions inconscientes. Amarrées au plus profond de mon âme.

Un magnifique roman dans lequel se mêlent humour et émotion. Blandine Bergeret compose avec talent, et un formidable sens de l’observation, un portrait de femme à la recherche d’elle-même.

 

2021_065_Bergeret Blandine - Elle voudrait des étoiles…

 

Cela aurait pu être une histoire ordinaire, un journal intime.
L’histoire d’Alice, mariée à Laurent depuis dix ans. Maman de deux enfants, Mathieu et Clémentine. Aujourd’hui ils en attendent un troisième.
Alors qu’Alice ne pense qu’a ça, Laurent, lui, est un obsédé du travail, et complètement insensible à tout ce qui se passe dans son foyer. Seul son travail l’intéresse.
Alice, le supporte et l’excuse aussi, elle est gentille, elle ne cherche le bonheur, leur bonheur.

Et puis survient “Le Drame”, l’électrochoc brutal. Elle craque et se sent alors incapable de poursuivre son quotidien…
Elle souffre et décide de tout plaquer !
Elle a besoin de partir, de tout quitter pour faire un point sur sa vie, sur ses envies.
Elle part, sans explications, loin de sa famille, loin de chez elle.
Cette fêlure est très vite suivie de nombreuses évidences.

Qui n’a jamais voulu tout stopper dans sa vie ? Faire le point ? Et pourquoi pas, repartir à zéro ?
C’est le choix qu’Alice a pris. Il aura fallu la souffrance pour qu’elle se décide à dire “Stop !”

Blandine Bergeret, vient titiller en nous tous un tas d’émotions et de ressentis.
Son écriture simple et puissante, m’a porté au-delà de ce que j’escomptais.

Alice est extrêmement touchante… Mais est-ce vraiment Alice, où déjà Blandine qui s’immisce ?
Écrit sous la forme d’un journal, l’histoire définie parfaitement le quotidien d’une femme, mère et épouse.
Blandine est allée chercher très profondément des sentiments forts avec beaucoup de tendresse aussi.

Alice est une belle personne, j’ai éprouvé énormément d’empathie pour elle, après ce qu’elle a vécu.
Toutes les émotions ressenties sont la force de ce roman, tout en bienveillance.

Merci Alice/Blandine ? pour cette histoire moderne et pleine de rebondissements et qui malgré une thématique dense et profonde, ne pourra que plaire…
Un superbe portrait de femme par une femme, un vrai roman au féminin !

Pour un premier “essai”, Wahou !
Que de messages à nous transmettre.
Auteure à suivre…

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Extraits :

« Au risque de m’oublier. Malgré moi, contre moi. Avec une colère et une tristesse sourdes, latentes, débordantes. À force d’acquiescer, j’ai cessé d’exister. J’ai tiré un trait sur ma vie. Prise en otage par des injonctions inconscientes. Amarrées au plus profond de mon âme.
Le monologue de la gynécologue sur mon téléphone me revient tel un boomerang. Factuel, sans appel. Mon crâne est sur le point d’imploser, mon cerveau enserré dans un étau poignant. J’encaisse l’uppercut. Plus de prénom à dénicher, plus d’efforts à fournir pour la sauvegarde d’un couple à la dérive. »
…/…
« Je me remémore nos explorations intimes, les frissons éprouvés à chacune de ses caresses, à chaque baiser effleurant mon cou, ma poitrine, mon ventre. J’aime son regard sur moi, direct et impudique, même si je n’étais pas à l’aise. Personne ne m’a contemplé ainsi depuis des siècles et la sensation de se voir belle dans les yeux de l’autre est une émotion tellement vivifiante. Un appel du ventre, un cri du cœur qui me lie à lui. Sans retenue, je lui ai dit. Je l’ai senti bouleversé, touché d’être accepté avec transparence et sincérité. »

 

 

Blandine Bergeret est directrice logistique et services chez Cegos, un organisme de formation professionnelle et continue, depuis 2012.

Elle est titulaire d’un diplôme de recherche en études appliquées (DREA), russe et commerce internationale, à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) (1990-1995).

Elle est lauréate du premier concours de manuscrits de L’ArtBouquine avec « Elle voudrait des étoiles, des étincelles et des papillons verts dans ses cheveux » (2020).

Émotion, Roman

La page arrachée

de Martine Pilate
Broché – 8 avril 2021
Éditeur : Éditions de Borée

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Entre Juliette, Française issue d’un milieu petit bourgeois du Sud de la France et Faouzi, Marocain illettré au passé douloureux, une vie commune est-elle possible ? Ils approchent l’un et l’autre de la soixantaine et ont une histoire, une culture, une religion à assumer et à faire accepter à leurs entourages. Ces obstacles se dressent comme autant de défis à vaincre. Les enfants de Faouzi, un garçon et une fille, transportent une partie du destin de leur père. Celui-ci sera-t-il en mesure d’apaiser les vieilles querelles, de dissiper les mensonges ? Comme une parabole, l’apprentissage sur le tard de la lecture permet à Faouzi d’approcher la vérité, de retrouver sa fille, et de vivre pleinement avec Juliette.

 

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Un très grand merci à Virginie des Éditions de Borée pour cette belle surprise…

Une belle histoire qui évolue sur plusieurs “niveaux” avec un élément commun… l’amour !

“La page arrachée”, c’est une histoire de religion, c’est l’histoire de Faouzi qui a honte de ne savoir lire. C’est Juliette, bourgeoise du sud de la France qui découvre une nouvelle culture. Ils ne sont plus jeunes, et apprennent à se connaître. C’est l’histoire aussi de Baya, la femme de Faouzi, qui décide de partir, emmenant leur fille Leïla, abandonnant son fils Rayan et son mari. C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui décident de ce donner une chance de vivre heureux…

Martine, avec délicatesse nous prend par la main, et nous fait découvrir, des lieux, des coutumes, une façon de vivre différente. Un livre lu d’une traite qui force à la réflexion. Qui balaie les murs de bêtises qui s’érigent régulièrement dès que les gens ne comprennent pas les autres. On est presque dans l’actualité !

Je découvre Martine avec ce roman. J’ai été touché.
C’est un sujet que je n’avais encore jamais abordé. L’amour de deux retraités qui se construit pierre après pierre alors que tout les opposait, non-dits, religions, culture et niveau social. Un beau voyage plein, d’odeurs d’épices, de générosité et d’émotions.
La vie est ainsi faite, que pour pouvoir apprécier les choses, il faut d’abord les comprendre et les ressentir…

J’ai passé un excellent moment de lecture, et je pense retenter une nouvelle aventure avec Martine dès que l’occasion se présentera !

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Extraits :

« Depuis mon entrée à l’école, j’ai toujours eu un rêve. J’ai dû l’abandonner mais je n’y ai jamais renoncé. Maintenant, je vais enfin pouvoir le réaliser. Lire ! Prendre un livre, m’évadé au fil des pages ! C’est une fenêtre ouverte sur un univers différent. Voilà pourquoi je suis venu à votre association. Il faut que j’apprenne ! Chez nous, on dit que les livres sont les jardins des savants.
L’émotion planait. Un simple livre, objet dérisoire dans son apparence, mais paradoxalement si précieux, nourrissant aussi bien l’imaginaire que l’intelligence, dont l’odeur d’encre et la douceur du papier créaient un lien fort avec celui qui se penchait dessus… Elle ne put contenir un élan et allongea son bras pour poser sa main sur la sienne.
– Vous verrez, d’ici quelques mois vous plongerez dans la lecture. J’en suis certaine. »
…/…
« Juliette acquiesça d’un signe de la tête. Il fallait le ménager.
Au moment de se séparer, Leïla lui remit une carte de visite. Les deux femmes s’embrassèrent spontanément. Ce baiser, qu’elles avaient contenu quelques heures auparavant, scellait leur appartenance à une même famille, et une amitié confiante. »

 

 

Née à Marrakech, Martine Pilate a passé de longues années à l’étranger. Après des études littéraires, elle s’est tournée vers le droit. Depuis une quinzaine d’années, elle se consacre entièrement à l’écriture. Installée en Provence, elle s’implique dans de nombreuses actions culturelles.
Elle est l’auteur des « Papier Bonbon », en grande partie autobiographique, « Luta et les siens » , « La Véritable Histoire de la Pétanque », la naissance de ce jeu initialement plutôt « masculin » et de son expansion, au travers d’une saga familiale : celle des fondateurs du jeu dont elle est la descendante directe, « L’œuvre des Frères Bec » et « La Passion selon cinq Matous ».

Émotion, Roman

Mamma Maria

de Serena Giuliano
Broché – 5 mars 2020
Éditeur : Cherche Midi

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“Ciao, Sofia, qu’est-ce que je te sers ? Comme d’habitude ? Et j’ajoute un cornetto, parce qu’il faut manger, ma fille !
– Oui, merci, Maria.”
Je m’installe en terrasse, face à la mer, comme chaque matin depuis que je suis de retour en Italie. J’aime bien travailler au son des tasses qui s’entrechoquent. Et, au Mamma Maria, j’ai toujours de la compagnie. Il y a ceux qui viennent tuer le temps. Il y a les enfants qui rêvent devant le comptoir à glaces. Il y a les ados qui sirotent un soda, monsieur le curé, et, surtout, mes partenaires de scopa.
Ici, on vient échanger quelques mots, partager un apéro, esquiver la solitude ou écouter Celentano. Moi, je viens pour me persuader que j’ai bien fait de quitter Paris… et l’autre abruti.
Il fait quand même meilleur ici.
Et puis, on cherche aussi à profiter de la bonne humeur (ou non) de Maria, qui mène, comme une mamma, tout ce petit monde à la baguette.
Bref, j’ai enfin retrouvé mon village paisible.
Enfin, paisible jusqu’au jour où…

PRIX BABELIO LITTERATURE FRANCAISE 2020

 

2021_020_ Giuliano Serena - Mamma Maria

 

Bonjour à toutes et à tous,

Benvenuti a “Mamma Maria” !
Le petit bistrot où tout le monde vient prendre un café le matin ou un apéritif un peu plus tard. Bienvenue sous le soleil italien qui, en ces temps un peu triste, m’a fait rêver et oublier un peu le présent. J’ai eu l’impression d’avoir passé quelques jours à tremper mes pieds dans les eaux turquoise de la côte Amalfitaine. Une belle bouffée d’air !

L’histoire de Serana parle d’amour, d’amitié, de deuil et bien sûr de la famille…
Un « court » roman fort généreux, comme un bon plat de pâtes à l’italienne !

Tout le long du récit, j’ai trouvé des personnages merveilleux, très hauts en couleurs, avec beaucoup de caractère pour certains, de la compassion pour d’autres… Sofia, Maria et tous les autres nous offrent des moments de vie passionnants et beaucoup d’amour.

Le thème principal, traité avec élégance et finesse, n’étant pas indiqué dans le résumé, je garderai le secret !
Mais, il est d’actualité et dans cette histoire, il fera réfléchir tous les lecteurs…

Dans ce roman, il n’y a pas beaucoup d’intrigue.
Pas de tueurs en série, ni de courses poursuites non plus !
C’est roman très agréable et doux.
Un roman vivant, qui parle parfois un peu fort et avec les mains !
Un roman dans lequel on passe un bon moment, si bon qu’on pourrait y rester des heures.
Certains chapitres sont même de véritables cartes postales, il vous sera impossible de rester de marbre face à ces descriptions grandioses.
Un roman qui aborde, avec justesse, le racisme, la solidarité, l’amitié, la perte d’un être cher et la tolérance aussi…

J’espère que, comme moi, vous aurez envie de faire la connaissance de Maria, de Sofia, de Gianna… Franco bien sûr, Souma, Ugo, Antonio et bien d’autres encore…
Ils sont tous là, derrière la porte du bar. Ils vous attendent. Et qui sait ! Peut-être pourrez-vous boire un apéritif avec eux ? Un Amalfitano bien frais !

Alors n’hésitez pas, quittez votre fauteuil le temps d’une lecture sur la côte italienne, et venez pousser la porte du “Mamma Maria”…

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Extraits :

« je ne t’ai pas vu à l’église, dimanche, me lance le prêtre.
– Avec tout le respect que je te dois, Don Aniello, je n’y suis pas les autres dimanches non plus !
– Oui mais c’était un jour particulier…
– Pas pour moi.
– Tout le monde était là. Même Pino.
– Tant mieux pour toi, ça t’a fait plus de sous pour la quête… Les mariés étaient beaux aujourd’hui.
– Très. Tu sais que j’avais baptisée cette petite. Comme le temps passe vite.
– C’est un beau métier que de célébrer la naissance et l’amour.
– Oui, c’est presque toujours une bénédiction de faire ce que je fais.
– Presque toujours ? Bah alors ! Dieu ne serait pas un patron irréprochable ?
– Parfois c’est un peu difficile, d’obéir à ses ordres…
– Quand ça ?
– Quand il me demande d’enterrer mes amis, par exemple. »
…/…
« “On a passé la journée derrière les fourneaux, m’a expliqué Franco. Moi, j’apprends sa cuisine, et elle, la mienne.”
Pendant le repas je me suis rendu compte qu’il était plus facile d’avoir de la colère pour des inconnus derrière un écran de télévision qu’en face et en réalité. Lorsque “ces gens là”, comme je les ai souvent appelés, plongent leurs yeux dans les vôtres, lorsqu’on se retrouve devant une femme qui a préféré risquer mourir en pleine mer plutôt que de laisser ses enfants grandir dans un pays où il ne seraient pas libres, on se sent tout petit.
Et très con, aussi. »

 

 

Serena Giuliano est italienne mais a aussi quelques défauts. Elle écrit – en français – sur les réseaux et sur papier.

Elle arrive en France, en 1994. Elle a alors 12 ans et ne parle pas un mot de français. En trois mois, elle maîtrise la langue et se hisse au niveau de ses camarades de classe.
Après un BTS dans le domaine bancaire, elle se lance comme conseillère en image et crée un blog mode et beauté.
Mère de deux fils, elle crée son blog autour de la maternité, « Wonder mum », en 2013.
Après trois ouvrages « Wonder mum » (2014-2016), succès littéraire de l’année 2014, elle signe avec « Ciao Bella » (2019) son premier roman.
« Mamma Maria » (2020) remporte le prix Babelio 2020, dans la catégorie littérature française.
Serena Giuliano vit à Metz.

Émotion, Drame, Roman

Alabama

de Alexis Arend
Broché – 19 août 2020
Éditeur : Independently published

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« Que Dieu me pardonne, je détestais l’Alabama. Je le haïssais !
L’Alabama était le pays où toute la misère du monde avait choisi d’élire domicile. C’était le pays où se donnaient rendez-vous toutes les haines, toutes les iniquités, toutes les bassesses humaines. Aucune région du globe ne mettait un tel point d’honneur à annihiler la vie d’un homme, à le rabaisser, à lui faire courber l’échine jusqu’à le contraindre à ramper à terre, éreinté, vaincu.
Et, pour tous ceux dont le malheur était de ne pas avoir la peau claire, l’Alabama était tout cela aussi, en pire. Pour eux, il déployait tout son ignoble talent, il déchaînait toute sa noirceur contenue, toute sa dureté réfrénée. Oh oui ! Pour eux, l’Alabama se surpassait.
« Il n’y a rien de pire au monde, ni de plus éprouvant pour un homme, que d’être pauvre. Excepté le fait d’être un nègre, naturellement », disait mon père.
Ô combien il avait raison ! »

Trent P. Chestwood

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Je viens de tourner ma dernière page…
C’est complètement bouleversé que je termine ce superbe roman, le cœur vidé et pourtant rempli de belles images, les yeux pleins de larmes ruisselantes le long de mes joues…

J’avais adoré “Perdition” il y a un peu plus d’un an.
Il y a quelques jours le nouveau Alexis Arend : Alabama, est arrivé dans ma boîte aux lettres.

Dès que j’ai ouvert le livre, j’ai directement été plongé dans une ferme en Alabama où, un père vit seul avec son fils. Il a perdu sa femme et son ainé, suite à la fièvre qui a frappé la région en 1954. La vie est rude, les corvées nombreuses, pas le temps de se reposer. L’esclavagisme a été aboli, pourtant la ségrégation raciale reste la normalité dans cette partie des États-Unis, pendant les années 60.

Il n’y a pas vraiment de grandes surprises dans la thématique du récit.
Une famille de “Noirs” très pauvre, les Coleman, qui travaillent pour les Peterson…
Le Héros, Trent, un jeune Blanc sachant à peine lire et écrire, face à Toby, un Noir plus instruit qui aime s’évader à travers les livres, qui va même lui apprendre à lire, scellant ainsi une très belle amitié…
Une jeune fille Blanche qui tombe amoureuse d’un jeune Noir…
Et bien sûr, le Ku Klux Klan !

Là, où Alexis est vraiment très fort, c’est à sa façon de nous raconter son histoire qui va me passionner dès les premières lignes. Mélange d’Histoire et de poésie, servie par une écriture très fluide dont le ton change en fonction des intervenants. Une lecture très visuelle également, j’ai voyagé en Alabama, j’étais dans cette ferme avec tous ses personnages, sous la chaleur écrasante. Mais attention, c’est une histoire terrible, et on ne peut ressortir indemne d’un tel récit.

Grace à ses personnages terriblement émouvants, la plume de l’auteur a touché quelque chose en moi. À sa façon, Alexis cherche à immerger ses lecteurs véritablement au cœur de son roman, et ce n’est vraiment pas pour me déplaire… Même si mon cœur était triste à la lecture des derniers mots d’Alabama.

Comme pour Perdition,
Je m’incline humblement devant cette lecture.
Devant ce livre qui m’a fait sourire et pleurer…
Devant cette histoire qui m’a tant émue…
Devant ce texte qui après lecture m’a enrichit le cœur et l’esprit…

Livre à lire absolument !
Gros coup de cœur de cette fin d’année.

Merci Alexis.

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Extraits :

« Tu vois, quand je me plonge dans un roman, c’est un autre monde qui s’ouvre devant moi, je suis ailleurs, je vis d’autres vies, je découvre d’autres endroits, je rencontre d’autres personnes. Je les côtoie dans ma tête, guidé par tous ces mots et toutes ces phrases qui s’alignent et me racontent quelque chose. »

« – P’pa… est-ce que les livres sont une mauvaise chose, d’après toi ?
– une mauvaise chose, non, maugréa-t-il en rompant son morceau de pain. En tout cas, la plupart du temps, même si certains d’entre eux peuvent être subversif. Mais une chose futile, oui, certainement. Ils encombrent inutilement l’esprit, les remplissent de fadaises absurdes, inventées de toutes pièces par des tire-au-flanc qui non rien de mieux à faire de leurs journées que de paresser le cul sur une chaise à noircir bêtement du papier. Ils sont une pure perte de temps pour tout esprit sain, tout travailleurs de la terre comme toi et moi. Seule la sainte Bible, bien évidemment, mérite de faire partie de ce que doit posséder un homme dans sa vie. Le reste n’est que bon à jeter. Souviens-toi toujours de ça. »

 

 

Ancien ingénieur, Alexis Arend s’est aujourd’hui tourné vers sa vraie passion : l’écriture. Une passion qui l’habite depuis ses douze ans. Ses romans sont de véritables récits de voyage aux portes de l’étrange, dans lesquels transparaît toujours une très grande humanité, et où l’on y découvre en permanence ce fragile équilibre entre Bien et Mal.
Féru d’auteurs comme John Steinbeck ou Stephen King, mais également Bernard Clavel ou encore Émile Zola, c’est un fou de mots et d’images, un passionné d’Histoire et d’histoires, qui aime tout particulièrement voyager au travers de beaux récits.

N’hésitez pas à le contacter à cette adresse :
alexisarendpro@outlook.fr

ou sur son blog :
https://alexisarend.com/

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J’ai fait un rêve, qu’un jour, cette nation se lèvera et vivra la vraie signification de sa croyance : « Nous tenons ces vérités comme évidentes : que tous les hommes naissent égaux. »
J’ai fait un rêve, qu’un jour, sur les collines de terre rouge de la Géorgie, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
J’ai fait un rêve, qu’un jour même l’état du Mississippi, un désert étouffant d’injustice et d’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
J’ai fait un rêve, que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur leur comportement.
J’ai fait un rêve aujourd’hui.
J’ai fait un rêve, qu’un jour l’état de l’Alabama, dont le gouverneur actuel n’a à la bouche que les mots d’interposition et d’invalidation, sera transformé en un endroit où les petits garçons et les petites filles noirs pourront prendre la main des petits garçons et des petites filles blancs et marcher ensemble comme frères et sœurs.
J’ai fait un rêve aujourd’hui.

Extrait du discours de Martin Luther King, le 28 aout 1963

Émotion, Histoire, Roman

Le temps des vieux moulins

de Isabelle Artiges
Broché – 13 juin 2019
Éditeur : Éditions De Borée

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En 1943, Madeleine a 19 ans et vit au rythme de ses missions de messagère pour les maquisards de la campagne périgourdine. Arrêtée par les nazis, elle est relâchée grâce à l’intervention de sa meilleure amie Yvonne, en couple avec un soldat allemand. D’août 1944 à novembre 1945, Madeleine va poursuivre son combat contre l’envahisseur, du Périgord à Paris, et être happée par les remous de la grande Histoire. De la libération de Paris aux dernières poches allemandes sur l’Atlantique, elle va suivre un chemin cahoteux, à l’image de son pays. Le Temps des vieux moulins, c’est aussi une histoire d’amitié entre deux femmes que tout oppose. Madeleine la résistante, Yvonne l’amoureuse d’un Allemand. Et quand viendra le temps des comptes, Madeleine n’aura de cesse de sauver son amie.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

C’est le second roman d’Isabelle Artiges que je lis, et comme pour le premier, une certaine magie a opéré, j’ai été emporté dans ce roman d’aventure et d’amitié plein de rebondissements…

Un très beau roman exigeant…
Tout le contraire d’un page-turner. Quel plaisir, quel bonheur de se plonger dans un livre où chaque mot à un sens et une utilité, dans lequel les personnages semblent réels tant ils sont bien décrits. Une fresque sur toute une période de notre histoire ; la guerre, l’après guerre, la vie en province…

C’est un livre merveilleux, avec une écriture originale qui va parfaitement avec la vision du monde racontée par Isabelle. Elle décrit parfaitement l’horreur de la guerre et la dynamique qu’elle a déclenchée.

Mais malgré les horreurs de la guerre, les carnages, la veulerie, la cupidité… d’autres pages sublimes parlent de la fraternité, la solidarité, l’amitié, reprendre pied, tenter enfin de vivre pour oublier…
Une « certaine justice » sera-t-elle faite ?
On y croit, et puis tout s’écroule, et puis il y a des rebondissements, encore, toujours.

Isabelle a un réel talent pour raconter de belles histoires.

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Extrait :

« Un brouillard silencieux bouchait mes oreilles, je peinais à ouvrir mes yeux. J’étais prisonnière de mon propre corps. J’arrivais enfin, après bien des efforts, à bouger mes doigts. Des rumeurs me parvenaient. D’abord des sons incompréhensibles, puis petit à petit des bruits de voix de plus en plus perceptibles. Mon cerveau s’éveillait. Je marchais dans la pénombre sur un long sentier, apercevant enfin une lueur. Mes paupières étaient encore lourdes.
– Ils vont forcer les dernières résistances extérieures et anéantir les points d’appui de Paris. Il est prévu un premier passage porte de Gentilly, pour accéder au Luxembourg, à l’Hôtel de Ville, au Louvre jusqu’au Meurice, poste de commandement général von Choltitz, expliqua un homme près de moi.
– La deuxième vague de franchira la porte d’Orléans et marchera sur l’école militaire et le parlais Bourbon. Pour cela, ils vont former deux colonnes. Une qui va suivre les boulevards extérieurs jusqu’au viaduc d’Auteuil, l’autre remontra la Seine, passera par Montparnasse et les Invalides. Tout le monde se retrouvera à la Concorde. Telles furent les paroles qui résonnaient dans ma tête. »

 

 

Périgourdine d’origine, Isabelle Artiges est une esthète et une femme d’entreprise. Cosmétiques de luxe et mode sont ses choix professionnels ; piano et peinture, ses passions.

Mais c’est aussi une insatiable conteuse. Après une vie professionnelle bien remplie, elle se consacre désormais à sa passion : l’écriture. L’académie des Arts et des Lettres du Périgord, dont elle est aujourd’hui membre, a salué son talent et lui a attribué son prix de littérature en 2015 pour La Belle Créole.

Émotion, Drame, Histoire, Roman

Le Bal des folles

de Victoria Mas
Broché – 21 août 2019
Éditeur : Albin Michel

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Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Prix Renaudot des Lycéens 2019.

Sélection Les 30 meilleurs livres de l’année 2019 du magazine Le Point.

Sélection Les 100 livres de l’année 2019 du magazine Lire.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes à hôpital de La Pitié-Salpétrière, à la fin du XIXe siècle, à une époque où les femmes ne sont qu’une décoration sur le bras d’un homme.
Plusieurs femmes sont enfermées dans cet hôpital qui rendrait folle n’importe quelle femme saine d’esprit. Il est dangereux d’être “différente”.
Victimes d’un traumatisme enfant, victimes de visions et de voix, pour peu qu’elles ne rentrent pas dans le contrat normalisé des leurs, elles sont envoyées à la Salpêtrière, sous le commandement du docteur Charcot, grand précepteur des maladies neurologiques.

Que de violence dans cette société du XIXe siècle, à l’égard des femmes. Eugénie Clery, jeune fille bourgeoise, éprise de liberté, a un don, elle voit et entend les morts. Elle se confie à sa grand-mère, quelle erreur… En quelques heures, Eugénie est rayée de la vie de sa famille et jetée aux oubliettes sans que plus personne ne se préoccupe de son sort.
Le père d’Eugénie en toute hypocrisie, va proposer une promenade à sa fille… vers cet hôpital psychiatrique, La Pitié-Salpétrière.

Les bourgeois viennent, comme s’il se rendaient au cirque, se faire peur devant les crises d’épilepsie de certaines patientes… Crises provoquées par Charcot lui-même… devant un public béat par ses miracles. Geneviève y soigne ces « malades mentaux”. Elle se rendra vite compte qu’Eugènie n’est nullement folle et décide de l’aider.

Un très bon roman, que je n’ai pas lâché jusqu’à la fin. Le style d’écriture de Victoria est presque poétique, malgré la peinture sordide de cette époque et particulièrement de cet établissement. Les conditions d’accueil et de « soin » des patientes, les salles communes, les chambres d’isolement… Des dizaines de femmes dormant dans une même pièce, attendant que la journée se passe… Seulement des femmes… Pas toutes folles, loin de là.
Il est si facile à l’époque pour un homme de faire interner son épouse ou sa fille !

Heureusement, le Bal des folles approche. Un bal que le Tout Paris bourgeois attends…
Une préparation qui va occuper ces femmes désœuvrées.
C’est si amusant d’y participer, d’approcher pour un soir ces folles qui ont choisi leur belle robe, si amusant de faire partie de cette élite parisienne, si amusant d’y être vu.

Le sujet du livre est basé sur des événements réels. Cet hôpital est à la fois un hôpital et une prison.

Tout le long de ma lecture, j’ai vraiment eu l’impression de vivre dans le passé, ou plutôt d’avoir pu voir à travers une petite fenêtre sur le passé, la vie de ces femmes confrontées à beaucoup de souffrance et de douleur.

Le bal des folles est un très bon roman, où Victoria Mas donne la voix a trois femmes fortes, alliant l’histoire de la psychiatrie à une réflexion profonde sur la condition des femmes déplorable à cette époque, et parfois encore aujourd’hui…

À découvrir…

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Extrait :

« En dehors des murs de la Salpêtrière, dans les salons et les cafés, on imagine ce à quoi peut bien ressembler le service de Charcot, dit le « service des hystériques ». On se représente des femmes nues qui courent dans les couloirs, se cognent le front contre le carrelage, écartent les jambes pour accueillir un amant imaginaire, hurlent à gorge déployée de l’aube au coucher. On décrit des corps de folles entrant en convulsion sous des draps blancs, des mines grimaçantes sous des cheveux hirsutes, des visages de vieilles femmes, de femmes obèses, de femmes laides, des femmes qu’on fait bien de maintenir à l’écart, même si on ne saurait dire pour quelle raison exactement, celles-ci n’ayant commis ni offense ni crime. Pour ces gens que la moindre excentricité affole, qu’ils soient bourgeois ou prolétaires, songer à ces aliénées excite leur désir et alimente leurs craintes. Les folles les fascinent et leur font horreur. Leur déception serait certaine s’ils venaient faire un tour dans le service en cette fin de matinée. »

 

 

Victoria Mas, née en 1987 au Chesnay dans les Yvelines, est une écrivaine française.
Elle est la fille de la chanteuse Jeanne Mas.

Elle a travaillé dans le cinéma comme assistante de production, scripte et photographe de plateau.

Elle étudie le cinéma et la littérature anglo-américaine aux Etats-Unis où elle a vécu 8 ans.
Elle y publie en 2014 un ouvrage dédié à la cuisine française, véritable guide pour les américains désireux de se familiariser avec les us et coutumes gastronomiques en vue d’un séjour en France : “The Farm to Table French Phrasebook: Master the Culture, Language and Savoir Faire of French Cuisine”.

De retour en France, elle obtient un master en littérature à la Sorbonne.

“Le bal des folles” (Albin Michel, 2019), son premier roman, a figuré dans la première sélection du prix Stanislas qui récompense chaque année un primo-romancier de la rentrée littéraire. Il a été récompensé, par l’obtention, du prix Renaudot des lycéens. Le roman a pour cadre l’hôpital de la Salpêtrière à la fin du XIXe siècle et les recherches du docteur Charcot sur l’hystérie et l’hypnose auprès de femmes internées. Pour Jérôme Garcin de L’Obs, « Dans une prose limpide, légère comme un pastel […] la jeune romancière stigmatise le machisme triomphant et fait entendre, bouleversante, la voix de celles qu’on a muselées, étouffées, hypnotisées ». Le roman va être adapté au cinéma par la réalisatrice Mélanie Laurent.