Amour, Émotion, Cercle littéraire, Drame, Philosophique, Roman

Des lendemains qui chantent

de Alexia Stresi
Broché – 1 février 2023
Éditions : Flammarion

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Paris, 1935 Lors de la première du Rigoletto de Verdi à l’Opéra-Comique, un jeune ténor défraie la chronique en volant la vedette au rôle-titre. Le nom de ce prodige ? Elio Leone. Né en Italie à l’orée de la Première Guerre mondiale, orphelin parmi tant d’autres, rien ne le prédestinait à enflflammer un jour le Tout-Paris. Rien ? Si, sa voix. Une voix en or, comme il en existe peut-être trois ou quatre par siècle. Cette histoire serait très belle, mais un peu trop simple. L’homme a des failles. D’ailleurs, est-ce vraiment de succès qu’il rêvait ? En mettant en scène avec une générosité folle et une grande puissance romanesque d’inoubliables personnages, Alexia Stresi nous raconte que ce sont les rencontres et la manière dont on les honore qui font que nos lendemains chantent et qu’on sauve sa vie.

 

• Couv_2023-108_Stresi Alexia - Des lendemains qui chantent

 

J’ai commencé ma lecture un matin.
Je ne sais pas comment dire… C’est merveilleux !
Tout ce que j’aime. La musique, la gentillesse, l’amour au sens très large du mot… J’ai eu quelques montées de larmes. En rentrant de mon travail le soir même, j’ai loupé ma station !
Rentré chez moi, je n’avais qu’une hâte, m’asseoir sur mon fauteuil et retourner auprès d’Elio, en profitant des airs proposés durant ma lecture, qui figurent tous ou presque dans mes playlist…

Des lendemains qui chantent, tout un programme…
Elio est né, alors que sa mère mourrait. Orphelin, il devient un enfant des rues, alors il n’a pas le choix. Se battre, passer ses journées dehors, à chercher de quoi manger, à éviter les coups, à essayer de comprendre ce qui ne s’explique pas.
Comment a-t-il pu s’en sortir ?
Le destin ? La chance ? Il aura suffi d’une rencontre… celle d’un homme, un pédiatre qui se battait pour tous ces enfants perdus.

Sa vie lui aura réservé bien des surprises… Mais un jour, il découvre le pouvoir de la musique, en particulier les magnifiques compositions de Verdi.
Ce récit raconte l’histoire d’Elio Leone, un ténor à la voix d’or…

Alexia Stresi m’a complètement emporté dans son récit. C’est fort, puissant et si beau à la fois. Un sublime roman où la musique, bien sûr, joue un rôle très important, mais qui met en avant aussi la fidélité, l’amitié, l’amour qui restent des valeurs réelles et éternelles. Elle nous raconte la vie d’Elio à travers le temps, son enfance, son adolescence, puis la montée du fascisme qui va très vite l’inciter à quitter l’Italie, pour Paris. La misère le rattrape, il vie dans les rues. Puis, petit à petit, les premières portes qui s’ouvrent, les rencontres importantes qu’il va faire et son amour inconditionnel pour Verdi. Mais la Seconde Guerre mondial le rattrape, il refuse de jouer les “planqués” !

J’ai eu l’impression de voir un film… Alexia, dans son roman laisse une trace tellement forte. J’aurais aimé qu’Elio Leone ait vraiment existé. J’aurai aimé alors, écouter encore et encore toutes ses interprétations. Alexia dresse le portrait d’un homme qui n’a pas son égal, ses mots m’ont ému, ses phrases m’ont emporté… Il y a quelque chose proche de la magie dans ce récit. À chaque arrêt de ma lecture, j’avais vraiment l’impression de me réveiller dans un monde qui sonnait “creux”… J’avais hâte d’y retourner !

Beaucoup d’émotion et de puissance, dans ce récit qui offre une vision du monde fermé de l’opéra, mais bien plus encore…
Un livre à lire absolument !

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Extraits :

« Les éclats de voix peuvent leurrer, un pianissimo intense jamais. Hier, nous avons entendu chanter une âme. Derrière la technique éblouissante, des qualités secrètes nous ont montré un Nadir vrai. “Je crois entendre encore…” répète-t-il dans son air fameux. Elio Leone, plus qu’il ne chantait, semblait lui aussi entendre. Son énergie physique s’était faite spirituelle. Sa voix n’était plus qu’un dedans qui cherchait son dehors. Nous, qui avions été bouleversés d’entendre battre un cœur, à présent nous le voyions naître. »

« La projection vocale impressionne, sans que le ténor ait le mauvais goût d’y ajouter de quoi assommer le public. Ce dernier ne s’y est d’ailleurs pas trompé en acclamant longuement le prodige. Si l’on craignait d’assister à un jeu de massacre où l’on jette à l’eau quelqu’un à qui on n’a pas appris à nager, on a au contraire vu un chanteur naître à un rôle où tant d’autres sont morts. »

« Assis, le front posé sur un genou, ou bien roulés en boule par terre, avec des corps maigrichons malgré la triple épaisseur d’habits qui les boudinent. Il y a une petite fille avec les tricots de toute sa famille sur le dos, et une seule chaussure. Pourquoi n’a-t-elle pas l’autre, se demande Elio, qui voudrait la retrouver et la lui rendre. Deux petits garçons se tiennent l’un à l’autre en dormant. La plupart n’ont rien à quoi s’agripper.
On n’entend personne pleurer. Ils ne parlent pas non plus. Le silence de ces gens donne envie de hurler. »

« Sœur Annamaria le cale sur son giron et commence à lui chanter Ninna Nanna.
L’effet que ça fait d’entendre la première berceuse de sa vie…
– Ça va aller, ça va aller, lui répète-t-elle.
C’est affreux, les gens gentils. On a toujours envie de les croire. »

 

Alexia Stresi est comédienne, scénariste et écrivaine. Elle a publié deux romans aux Éditions Stock, Looping (2017, finaliste du Goncourt du premier roman et Grand Prix Madame Figaro) et Batailles (2021).

Frisson horreur, Psychologie, Roman, Thriller, Thriller psychologique

Le Manoir des glaces

de Camilla Sten
Broché – 13 octobre 2023
Éditions : Seuil

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Eleanor n’aurait jamais imaginé assister au meurtre de sa cruelle mais bien-aimée grand-mère Vivianne. Sur le seuil de l’appartement, elle croise le tueur. Mais atteinte d’une maladie rare, la prosopagnosie, elle ne peut reconnaître les visages.

En état de choc, elle apprend de surcroît que Vivianne lui a légué un manoir isolé dans la forêt suédoise dont elle n’avait jamais entendu parler.

Accompagnée de sa tante Veronika, de son compagnon Sebastian et d’un avocat un peu étrange, Eleanor se rend, angoissée, dans ce lieu inconnu. Le manoir dévoile peu à peu ses secrets et semble avoir été le témoin d’un passé terrible. Que cachait Vivianne ? Pourquoi n’avoir jamais mentionné l’existence de cette bâtisse ?

Beaucoup d’interrogations et si peu de temps, car le blizzard se lève et l’ombre des bois pénètre dans le domaine de Haut Soleil. Commence alors un huis clos pour le moins glaçant…

Camilla Sten, née en 1992, est la fille de Viveca Sten, superstar suédoise de polars. Après une série pour la jeunesse (L’Île des disparus, Michel Lafon) à quatre mains avec sa mère, elle publie son premier roman, Le Village Perdu, bientôt adapté sur Netflix, et revient avec Le Manoir des glaces, un nouveau thriller oppressant et machiavélique.

Traduit du suédois par Anna Postel.

“Une plongée terrifiante au cœur des secrets de famille et de la forêt suédoise.”
The New York Times

 

• Couv_2023-109_Sten Camilla - Le manoir des glaces

 

C’est le premier roman de Camilla Sten que je lis.
Le moins, que l’on puisse dire, c’est que cela démarre très fort, avec le meurtre de la grand-mère de l’héroïne, Eleanor, qui va hériter du coup d’un manoir isolé en plein milieu de la mystérieuse forêt suédoise !
De manière générale, j’aime beaucoup le côté très dépaysant des polars nordiques et là, pas de déception…

L’auteure nous entraîne dans un huis clos glaçant, où les personnages sont isolés de tout, au milieu de nulle part. Le personnage principal aurait pu être le manoir lui-même, tellement son rôle et sa situation géographique ont de l’importance, mais Camilla a “construit” une histoire audacieuse, qui recèle de nombreuses idées qui donnent un sacré plus à son récit.

Tout d’abord.
– Eleanor, souffre de prosopagnosie, une maladie très rare qui l’empêche de reconnaître les visages. Elle est la seule à avoir croisée le ou la meurtrière, mais son esprit n’a pas pu l’enregistrer. Et pour cause, elle est incapable de se souvenir d’un visage, pas même le sien, lorsqu’elle se voit dans un miroir.
– Le cadre, les paysages isolés et le climat très hostile sont bien exploités par Camilla, créant une atmosphère oppressante avec des personnages qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes, une tempête de neige ayant immobilisé les accès routiers et le réseau téléphonique.
– Le choix d’écrire aussi avec une double temporalité, qui apporte de la complexité au récit, ce qui permet à l’auteure de jouer d’autant plus avec ses lecteurs puisqu’elle révèle au compte-gouttes de minuscules indices au fil des pages…
– Un roman policier (où d’ailleurs, il n’y a aucun policier…), on recherche le ou la coupable, en évitant de se faire tuer à son tour.

Non-dits, secrets de famille, intrigues bien ficelées, nombreux rebondissements, un récit fluide et très agréable à lire… jusqu’à la dernière ligne, jusqu’aux révélations finales.

Merci à Babelio pour cette très belle découverte !

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Extraits :

« Lorsque je regarde mes mains, j’ai toujours l’impression d’y voir du sang, bien que je les aie frottées au savon antiseptique jusqu’à ce qu’elles soient rouges et irritées, dans la salle de bains aux murs immaculés. »

« – J’ai vu quelqu’un !
Je serre toujours sa manche dans mon poing.
– Comment ça ?
– Près du lac. À côté de la petite maison, là-bas. Il y avait quelqu’un.
Son regard glisse sur moi pour se porter vers la maison.
– Tu es sûre ? Il fait nuit noire.
Certaine.
En prononçant ces paroles, je me demande si c’est la vérité. La voix calme et rassurante de Carina résonne dans mes oreilles.
Ta peur est valide, mais elle n’a pas besoin d’être réelle. La peur est vraie, mais n’a pas besoin d’être la vérité. »

« Son sourire s’était dissipé aussi vite qu’il était venu.
“Tu es une petite fille sale et idiote, incapable de parler convenablement !” La peau de son visage semblait se tendre au niveau de ses pommettes. “Comment peux-tu penser que quelqu’un comme toi puisse être autre chose qu’une bonniche ?” »

« Je voudrais briser ce miroir vaniteux. Saisir un couteau acéré dans la cuisine et le planter dans le beau visage de la peinture dans l’entrée. Je voudrais lui hurler : Tu m’as détruite ! Tu ne m’as jamais aimée, tu m’as traitée comme un animal de compagnie, un chien servile. Tu m’as dit que j’étais bête, insignifiante, laide. Que c’était ma faute si ma mère avait eu un cancer. Que mon père avait quitté ma mère parce qu’il ne voulait pas de moi et que personne d’autre que toi ne m’aimerait. » 

 

 

Camilla Sten est la fille de Viveca Sten (1959), célèbre auteur suédoise de romans policiers.

Elle étudie actuellement la psychologie à l’Université d’Uppsala.

Elle a souvent écrit et aidé sa mère à peaufiner ses histoires. Avec L’Île des disparus : La fille de l’eau (Djupgraven, 2016), elles se sont lancé un nouveau défi : l’écriture d’une série pour la jeunesse.

Le secret du brouillard (Sjörök), le deuxième tome, a été publié en 2017, suivi de Les Lueurs de l’archipel (Mareld, 2018).

Le village perdu (Staden, 2019), un thriller très original vendu dans 17 pays, est son premier roman adulte.

Roman

Le tigre et les pilleurs de Dieu*

Une enquête d’Hippolyte Salvignac
de Philippe Grandcoing
Broché – 13 juin 2019
Éditeur : de Borée

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Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l’ouragan de l’affaire Dreyfus. La séparation de l’Église et de l’État est dans tous les esprits… Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d’une quarantaine d’années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d’oeuvres d’art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne… Flanqué de l’inspecteur Jules Lerouet, bâtard au grand coeur, Salvignac découvre les méandres d’une situation explosive : luttes politiques, tensions diplomatiques, conflits religieux et trafics internationaux. Au fil de son enquête, il sillonnera l’Europe de la Belle Epoque, de son Quercy natal à Londres en passant par les stations thermales d’Auvergne et la banlieue parisienne.
Une galerie de personnages attachants, romanesques ou réels, fait de ce polar historique un livre passionnant, alors que va naître la police moderne des Brigades du Tigre. Fréquentant aussi bien les allées du pouvoir que le monde interlope des marchands d’art ou les soupentes du Quai des Orfèvres, Salvignac entraîne le lecteur dans le tourbillon des années 1900. À travers mille rebondissements se dévoile tout un monde révolu où se côtoient premières automobiles et voitures à chevaux, lampes à pétrole et ampoules électriques, une société où s’invente chaque jour la modernité du XXe siècle.

 

• Couv_2023-107_Grandcoing Philippe - Le tigre et les pilleurs de Dieu - Une enquête d'Hippolyte Salvignac*

 

C’est la couverture qui m’a incité à aller vers ce roman. Je la trouve superbe !

Le Tigre et les pilleurs de Dieu est un très bon roman policier historique. Lorsque que j’ai lu le titre, je n’ai pas tout de suite fait le lien avec le “tigre”. C’est pendant ma lecture, dès la première intervention de Georges Clemenceau, que j’ai compris !

Nous sommes en 1906 en pleine séparation de l’église et de l’État. Le scandale est proche. En effet, depuis plusieurs années, déjà, des œuvres d’art sont copiées et volées dans les Églises. Afin d’éviter une implosion au sein de l’État, Georges Clémenceau, Président du Conseil, confie à l’inspecteur Jules Lerouet la responsabilité de démêler ce problème avant que sa présidence ne soit impliquée. Lerouet sera aidé par un jeune antiquaire, Hippolyte Salvignac, qui a une véritable passion pour l’histoire, il devra aider la Police sur cette enquête concernant un trafic d’œuvres d’art religieuses en France et en Europe.

Dès les premières lignes, je me suis retrouvé dans le passé à l’aube du XXe siècle. Philippe Grandcoing m’a fait voyager dans le temps de manière totalement crédible, dans un Paris rempli de nouvelles technologies naissantes. C’est la Belle Époque, et les investigations policières se modernisent aussi. Le recensement des premiers portraits d’éventuels malfaiteurs, le début des recherches d’empreintes digitales et une nouvelle idée qui émerge tout doucement, la création d’une Police Nationale. Hippolyte Salvignac prend un certain plaisir et va petit à petit s’éveiller au métier de détective, il se prend au jeu.

C’est un livre très agréable à lire, un vrai moment de détente, un pur régal à déguster sans modération, au-delà d’une intrigue originale et bien documentée. Il y a du suspense, de multiples rebondissements, j’ai savouré chacune de ses phrases… grâce à une écriture fluide, précise, riche et imagée.

Les personnages sont attachants, ce premier roman est fort prometteur et m’a donné envie de poursuivre la série et de découvrir d’autres enquêtes.

Un grand merci à Virginie des éditions de Borée, pour ce voyage dans le temps…

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Extraits :

« De larges gouttes de pluie crépitaient sur les verrières du passage du Grand-Cerf, au cœur du quartier Bonne-Nouvelle. Dans sa boutique de curiosités et d’antiquités à l’enseigne des Arts sacrés du monde entier, Hippolyte Salvignac examinait un fétiche à clous qu’il venait d’acquérir dans un lot en provenance du Congo. Son correspondant à Léopoldville avait joint à l’envoi une courte lettre lui détaillant les caractéristiques de l’objet. »

« Le fiacre filait au trot dans les rues du centre de Paris. La rue Saint-Denis, la rue Etienne-Marcel, la place des Victoires, la rue des Petits-Champs, la place Vendôme, la rue Saint-Honoré. C’était le Paris qu’Hippolyte Salvignac aimait le plus, celui de la rive droite, modelé par l’urbanisme royal des XVIIe et XVIIIe siècles, celui que les grandes percées haussmanniennes avaient épargné. Il se dit que, s’il avait davantage d’argent, il chercherait à se loger par là. Non que son appartement de la rue Vieille-du-Temple lui déplaise, mais il avait envie de quitter ce quartier du Marais trop industrieux à son goût. »

« Lorsque Hippolyte se présenta le lendemain matin à la préfecture de police, Ernest Favre, l’homme qui l’avait ramené de Meudon la veille, lui expliqua qu’ils devaient aller chercher Lerouet au ministère avant d’aller fouiller la villa. Tandis que la voiture s’insérait dans le trafic matinal des quais, le policier lui expliqua que son collègue avait été convoqué par Clemenceau suite au rapport qu’il avait fait au préfet de police.
Ça doit être un gros lièvre que vous avez levé tous les deux, pour que le père Clemenceau s’en mêle…»

« Il commençait à regretter l’univers qu’il avait côtoyé un temps : le bureau du chef du gouvernement, la loge officielle à l’Opéra, les couloirs de la Sûreté. Il en voulait à Clemenceau et à Lerouet qui lui avaient entrebâillé une porte pour la refermer presque aussitôt. Il hésita à ouvrir une seconde bouteille. Il avait atteint cet état cotonneux où les sens s’émoussent, mais où l’esprit semble avoir repoussé ses propres limites. Finalement, il se laissa tomber dans un fauteuil face à la carte zébrée de rouge et piquetée d’épingles. Plus il la fixait, plus il lui semblait qu’elle cachait une vérité à laquelle jamais Lerouet, avec ses méthodes de policier, n’accéderait. »

 

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Ouvrages historiques et scientifiques

– Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
– La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
– Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
– Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

– Le Tigre et les pilleurs de Dieu, éditions De Borée, 2018.
– Le Faubourg des diaboliques, éditions De Borée, 2019.
– Tuer est un art, éditions De Borée, 2020.
– La Conspiration hongroise, éditions De Borée, 2021
– La Malédiction de Rocalbes, éditions De Borée, 2022
– Les Noyés du bord de Marne, éditions De Borée, 2023

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Ouvrages collectifs

– 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
– Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
– L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
– Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
– Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
– Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
– Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
– Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
– Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
– Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
– Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
– Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
– Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
– Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
– Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
– Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
– Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
– Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
– La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
– Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
– L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

Publications diverses

– Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

Émotion, Roman

Cordillera

de Delphine Grouès
Broché – 12 janvier 2023
Éditeur : Cherche Midi

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On dit que la cordillère des Andes vibre à l’écho des vies qui y défilent.

Dans le Chili du début du xxe siècle, la famille Silva, respectée et crainte dans le village, est auréolée de mystère. Cecilio, le père, taiseux, les mains dans la terre rebelle. Luisa, la mère, mapuche, qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. Esteban, l’aîné, amené à découvrir, ébloui, l’univers des poètes et de l’imprimerie. Joaquín, le cadet téméraire, gardien de troupeaux, mû par l’appel des cimes. Nombreuses sont leurs épreuves : la colère de la terre, la violence des hommes, la mort, le traumatisme de la guerre. Le clan fait face, soudé par un amour pudique. Dans cette nature indomptable, des cols glacials aux vallons ombrageux, des pâtures verdoyantes aux mines du désert de l’Atacama, chacun chemine vers son destin, sa liberté.

Fresque ample et romanesque teintée du réalisme magique sud-américain, Cordillera nous emporte dans la vie d’hommes et de femmes qui résistent et se tiennent debout sur les crêtes des montagnes comme sur le fil hasardeux de l’existence.

 

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Ceux qui me connaissent un peu, savent mon attachement aux premiers romans, avec leurs “petites” imperfections, c’est toujours une aventure littéraire “aveugle”, avec le risque d’être déçu ou tout simplement de ne pas aimer, mais aussi la possibilité d’être émerveillé, de rencontrer une nouvelle plume. Très vite je me suis perdu avec tous les personnages, hommes, femmes aux prénoms auxquels nous sommes peu habitués. Mais j’ai insisté, les phrases que je lisais étaient belles, me touchaient, je ressentais quelque chose…

“Cordillera” est le genre de livre qui a du souffle. Nous ne sommes pas loin d’une grande fresque, d’une saga, on suit l’épopée des fils SILVA qui quittent le clan et partent à l’aventure, les femmes sont-elles guérisseuses, ou sorcière peut-être, dans une véritable société de transhumance qui parle très peu comme souvent sont les Montagnards, taiseux. Mais par contre, ils dialoguent avec le vent qui respecte les plantes et la nature, ils comprennent les animaux. Chacun de leur geste semble faire raisonner une prière, qui tend vers le respect, car l’héroïne, la vraie de ce roman, c’est la Terre. Les habitants du village, la nomment, la Pachamama la “Terre mère”… Les humains ne sont que de passage, la Pachamama elle, c’est le temps, et les hommes de la famille SILVA, sont justement des grands amoureux de la Pachamama. Ce sont des “arrieros”, des cavaliers de la Cordillère profonde et plusieurs fois par an, ils montent sur les Andes pour veiller sur leurs troupeaux et protéger la terre des brigands argentins, leurs grands ennemis.

La trame du livre raconte l’histoire de deux garçons, Esteban l’ainé, sensible à la poésie et à l’écriture, et le plus jeune, Joaquin qui très tôt rêve d’aventure au grand air et souhaite guider les bêtes vers les cimes lors de l’estive. Ces garçons très différents, mais à la complicité fusionnelle feront la fierté de Cecilio le patriarche, ombrageux et secret, et de Luisa, d’origine Mapuche, guérisseuse qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. À peine adultes, les deux jeunes hommes seront contraints de quitter leur village situé au pied de la cordillère des Andes, afin de vivre leur propre vie, et les épreuves qu’ils avaient déjà rencontrées très tôt, continueront malheureusement à frapper à leur porte… l’exil, la menace, la maladie, l’amour et la mort…

En avançant dans ma lecture, les angles se sont multipliés laissant le côté familial du début pour être davantage politique et historique. Cordillera est un livre dense et riche, à aucun moment, il ne faut relâcher son attention sous peine de devenir plus spectateur que lecteur intégré !

J’ai ressenti une vraie différence sur mon Ressenti au fur et à mesure de ma lecture !
Vivre avec la famille Silva n’est pas une mince affaire… J’ai bien fait de ne pas baisser les bras, car au final, j’ai fait un superbe voyage !
Hâte de lire le prochain roman de Delphine…

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Extraits :

« Notre histoire est une histoire de déracinements. Parfois, j’aime croire que le cours du récit pourrait changer, que les chapitres suivants se hisseraient dans les airs, balayés par les vents.
Le petit Joaquin, grelottant de fièvre. Mes berceuses, les chants de Luisa. »

« La vie est mal faite.
Une phrase figée que l’on répète à l’envi. Mais ce n’est pas pour rien qu’elle existe.
Lorsque je remonte aux prémices de cette histoire, je ne peux m’empêcher de pourfendre cette vie qui est si mal faite. »

« Esteban était un homme, mais lui, il était différent. Ils s’étaient observés, devinés. Deux esprits enflammés sous deux apparences tranquilles, le même camouflage de sensibilités qui se protègent et se comprennent.
Rosa frappait à la porte, Esteban posait son livre. Le père Bixente la saluait puis laissait le jeune homme la raccompagner à Santa Victoria. Chacun tenait une anse du panier de linge. Ils calaient le balancier de leurs pas.
Ils remontaient doucement la colline, conversaient allègrement, se taisaient dès qu’un intrus croisait leur route. »

« Esteban s’évadait, se vouait à la puissance de la lecture, à la vénération sensorielle du livre. Chaque moment était clef dans l’amorce de l’envoûtement.
Prendre le livre entre ses mains, sentir sa texture, l’odeur du papier. Déchiffrer le titre, tourner lentement la première page, l’ultime respiration avant d’amorcer la lecture, la première phrase, l’envolée. Le col du mi-roman, la reliure qui bascule, les feuillets qui s’éclipsent, les dernières pages qui filent entre les doigts, l’irruption du blanc closant le texte. La couverture qui se referme dans un soupir. Le silence. La séparation, voire le deuil. Puis, le renouveau. »

 

Delphine Grouès, directrice de l’Institut des compétences et de l’innovation de Sciences Po, est autrice d’une thèse sur la protestation populaire chilienne, Cris et écrits de l’opprimé, et d’une pièce de théâtre, La Lueur de l’ombre, sur les silences mémoriels.

Chaque année, cette amoureuse du Chili arpente la cordillère des Andes à cheval et s’aventure seule dans les lieux les plus sauvages.

Amour, Émotion, Drame, Roman

Je vais mieux

de David Foenkinos
Poche – 4 janvier 2018
Éditeur : Folio

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“Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos. Je pensais que cela passerait, mais non. J’ai tout essayé… J’ai été tour à tour inquiet, désespéré, tenté par le paranormal. Ma vie a commencé à partir dans tous les sens. J’ai eu des problèmes au travail, dans mon couple, avec mes parents, avec mes enfants. Je ne savais plus que faire pour aller mieux… Et puis, j’ai fini par comprendre.”

 

• Couv_2023-100_Foenkinos David - Je vais mieux

 

Encore une fois, David Foenkinos trouve le “petit plus” très original dans son écriture, “La Simplicité”.

L’histoire est écrite à la première personne du singulier, et j’ai trouvé cela tellement évident, tellement normal, un récit qui m’a renvoyé régulièrement un miroir sur ma propre vie…

Un livre qui pourrait paraître simple pour de nombreux lecteurs, Mais…

Tout part d’une douleur, une simple douleur indéfinie dans le dos. Cette douleur va augmenter de plus en plus, au point d’en devenir obsédante. Cette douleur va permettre une remise en question complète de la vie de notre pauvre héros.
Il va dès lors entamer des recherches sur le pourquoi.
Ce seront d’abord des recherches médicales qui n’aboutiront malheureusement pas, jusqu’à se diriger vers des méthodes plus larges, et même psychologiques.

David raconte la vie de Monsieur tout le monde. La vôtre, la mienne…
Celle d’un homme qui s’est perdu à force de vouloir s’effacer. Le stress au travail, une certaine insatisfaction à la maison, l’impression d’être devenu invisible… Que ce soit dans sa vie de famille ou sa vie professionnelle, aujourd’hui, il a tout perdu…

N’est-ce pas le bon moment pour rebondir et reprendre sa vie en main ?
Ne sommes-nous pas, tous responsable de notre vie et de notre bonheur ?

Fermez les yeux.
Inspirer un long moment… encore un peu. Bien.
Bloquer.
Souffler maintenant jusqu’au bout…

Voilà !
C’est exactement ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman.
Un énorme coup de cœur où j’ai souri de nombreuses fois, où je me suis retrouvé régulièrement.

C’est un livre rempli d’humour et d’espoir.
Alors, détendez-vous et continuez à lire !
Les chapitres sont très courts et tous liés les uns entre eux par une “Intensité de la douleur”, un “État d’esprit”.
C’est fluide, c’est très beau…

Intensité de la douleur : aujourd’hui, 4.
État d’esprit : heureux.

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Extraits :

« On sait toujours quand une histoire commence.
J’ai immédiatement compris que quelque chose se passait. Bien sûr, je ne pouvais pas imaginer tous les bouleversements à venir. Au tout début, j’ai éprouvé une vague douleur ; une simple pointe nerveuse dans le bas du dos. Cela ne m’était jamais arrivé, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. C’était sûrement une tension liée à l’accumulation de soucis récents. »

« Cette fois-ci, ma femme n’avait pas pu m’accompagner, et ça m’arrangeait. Si jamais on repérait sur mes radios quelque chose de grave, je préférais ne pas avoir à parler. »

« Au moins, ma femme n’avait pas pu percevoir l’angoisse dans ma voix. Les cachets m’avaient fait du bien, mais cela ne changeait rien à ma destination : demain, j’allais faire une IRM. Tous s’étaient efforcés de me rassurer, c’était leur rôle, mais je ne cessais de tourner et retourner la situation dans mon esprit. On ne faisait pas une IRM comme ça. Tout le monde savait à quel point les hôpitaux étaient encombrés. »

« La symbolique est claire : le quotidien est une redoutable machine à ne plus observer l’autre. Ma femme et moi vivions depuis quelque temps déjà comme des automates de la tendresse. J’avais peur que notre discussion débouche sur un constat terrible. Et je devais l’avouer : je ne savais pas ce que je voulais non plus. »

« Bien sûr, je n’étais pas dupe de certaines perversités, loin de là, mais mon incapacité à avancer masqué m’avait finalement rendu aveugle aux rivalités. Je n’avais aucun regret, car je n’avais pas les capacités requises pour aller plus haut dans la hiérarchie. Je n’étais pas assez politique, pas assez comédien, je n’avais pas le don d’être un autre. Je me sentais en permanence retenu dans une sorte de premier degré, condamné à être moi. » 

 

 

Romancier, scénariste et musicien, David Foenkinos est né en 1974. Auteur de treize romans traduits en quarante langues, il a notamment publié aux Éditions Gallimard Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations, La délicatesse, Les souvenirs et Je vais mieux. En 2011, il a adapté au cinéma avec son frère son livre La délicatesse, avec Audrey Tautou et François Damiens.

Amour, Émotion, Drame, Humour, Poésie, Roman

Requiem pour une apache

de Gilles Marchand
Poche – 14 janvier 2022
Éditions : Points

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Jésus tient une petite pension, un refuge pour les réprouvés de la société. Un couple d’anciens taulards qui n’a de cesse de ruminer ses exploits. Un ancien catcheur qui n’a plus toute sa tête. Un jeune homme simplet. Une VRP qui pense que les encyclopédies sauveront le monde et un chanteur qui a glissé sur la voie savonneuse de la ringardisation. Lorsque Jolene s’y installe à son tour, plus question de baisser la tête, la pension devient le centre de l’attention et le quartier général d’une révolte poétique.

« Ce roman, c’est La vie mode d’emploi de Perec réorchestré
par A day in the life des Beatles. Ce roman,
c’est Despentes filmé par Fellini. »

Antoine Jarrige, librairie Le Tumulte

 

• Couv_2023-096_Marchand Gilles - Requiem pour une apache

 

Ils vivaient en paix, soit, avec leurs difficultés, mais ils vivaient en paix…
Il aura fallu, un “petit grain de sable”, un “Releveur” de gaz qui refuse de dire bonjour et tout à commencé à ce moment-là !

Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous connaissez sa poésie entre les mots.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous que vous allez découvrir des personnages extrêmement attachants.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous savez que vous allez sourire parfois, trouver son texte intéressant, toujours, voire un peu fou, un peu fantastique.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous vous attendez forcément à prendre beaucoup de plaisir à cette nouvelle lecture.

Et bien, vous êtes au bon endroit, vous ne vous êtes pas trompé.
On y va ?

Bienvenue dans cette grande fable poétique, politique et aussi dramatique, même si Gilles a le don de nous faire sourire entre les lignes.
Jésus tient une petite pension, où il reçoit de drôles d’individus. Les cassés de la vie, les fragiles, les pas beaux, les laids aussi, un chanteur oublié, un catcheur qu’on a trop frappé, des gens en colère, d’autres qui sourient tout le temps. Jésus ne fait pas ça pour l’argent. Il s’est donné une mission. Aider. Même si Mario, le “chef” de la cuisine, se met à penser, au bout d’un moment, que cela commence à faire beaucoup de monde tout ça !
Et puis un jour… Jolene arrive silencieuse, intriguée. Alors qu’elle-même peine à s’éveiller dans un monde qu’elle ne comprend décidément plus, elle va transformer le “refuge” en un symbole de liberté !

Voilà, vous savez tout… Ou presque !
Bah oui !
Il en faudra quand même un peu plus pour partager la vie de cette “bande d’ignorés” et verser quelques larmes… mais c’est tellement beau !

Dans un style qui me ravit à chaque fois, un doux moment de lecture où la musique est omniprésente…

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Extraits :

« Il aurait fallu commencer par le début, mais le début, on l’a oublié. Ça a démarré bien avant nous. Et bien avant elle.
Rome ne s’est pas faite en un jour, la légende de Jolene non plus. On la présente aujourd’hui comme la meneuse d’une troupe d’insurgés. Plutôt que d’insurgés, ça tenait davantage d’une cour des Miracles contemporaine accueillant les trop maigres, les trop gros, les trop petits ou trop grands, les trop ceci ou trop cela, les roux, les Arabes, les Noirs et les Chinois. »

« Jolene s’est retournée et lui a fait signe d’arrêter.
Elle a fait un nouveau pas.
Elle s’est plantée à un mètre de monsieur Gaz, a posé son verre sur le comptoir et lui a expliqué qu’ici, on disait bonjour. Tous les jours, on disait bonjour. Que l’on soit patron, employé, client ou représentant, on disait bonjour. C’était une règle un peu vieillotte, légèrement surannée, mais on y tenait. Bon-jour. »

« C’est ce soir-là que Jésus a inventé le “velours des Carpates”. Il désirait quelque chose de fort et de doux, un cocktail qui ressemblerait à Jolene. Un truc qu’on n’aurait pas vu venir. Il a pressé des citrons verts, sorti une bouteille de sirop de gingembre dont il n’avait jamais su que faire et ajouté une bonne dose de vodka. »

« Et, même s’il avait acheté leurs terrains au prix fort, une promesse est une promesse, surtout si elle est signée, paraphée en bas à droite sur chaque page, lue et approuvée contractuellement.
Il a eu des procès. Il a perdu des procès.
Reconnu coupable, il a culpabilisé.
Il a eu des amendes, il s’est amendé.
Il a payé des dommages et des intérêts, des préjudices. Il n’a rien négocié, il a tout payé.
Mais la société ne pardonne pas si vite. Il était devenu l’escroc mégalo. Il resterait l’escroc mégalo. »

« Jamais je n’avais vu Jésus aussi heureux et jamais il n’avait aussi bien porté son nom. Au milieu des déshérités, il ne prêchait pas la bonne parole, il se contentait d’accueillir et de faire au mieux. “Faire au mieux” était devenu sa spécialité. Lorsque Mario lui expliquait qu’il ne pourrait nourrir autant de monde, il lui demandait simplement et calmement de faire au mieux. Lorsqu’il y avait un problème de couverture, de courant d’air, de chasse d’eau, il nous demandait de faire au mieux. Il dégageait une étonnante sérénité. Et cette sérénité, il la devait à Jolene. »

« Le jour débutait et, pour marquer le coup, le soleil envoya trois rayons dans ma direction. Je parvins à éviter les deux premiers, me pris le troisième en plein visage. Ne voulant pas avoir de problème avec le soleil, je ne lui adressai aucun reproche et continuai ma route. J’avais marché toute la nuit. Il avait fait doux, léger vent d’ouest, faibles risques de pluie. »

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent. Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les “Talents à suivre” par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants “Libr’à Nous” en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Des mirages plein les poches
https://leressentidejeanpaul.com/2019/01/05/des-mirages-plein-les-poches-de-gilles-marchand/

Un funambule sur le sable
https://leressentidejeanpaul.com/2019/01/14/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand/

Une bouche sans personne
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/26/une-bouche-sans-personne/

Une bouche sans personne
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/26/une-bouche-sans-personne/

Le soldat désaccordé
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/12/le-soldat-desaccorde/

Amour, Émotion, Drame, Roman

Les Femmes du bout du monde

de Mélissa Da Costa
Broché – 1 mars 2023
Éditeur : Albin Michel

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Si tu te demandes ce que nous faisons ainsi, loin des hommes, je vais te dire : nous veillons sur notre petit univers, nous veillons les unes sur les autres. C’est ce que font les femmes du bout du monde.

À la pointe sud de la Nouvelle-Zélande, dans la région isolée des Catlins, au cœur d’une nature sauvage, vivent Autumn et sa fille Milly. Sur ce dernier bastion de terre avant l’océan Austral et le pôle Sud, elles gèrent le camping Mutunga o te ao, le bout du monde en maori. Autumn et Milly forment un duo inséparable, jusqu’au jour où débarque Flore, une jeune parisienne en quête de rédemption… Hantées par le passé mais bercées par les vents et les légendes maories, ces trois femmes apprendront à se connaître, se pardonner et s’aimer.

Mélissa Da Costa nous offre un voyage inoubliable à travers des paysages d’une stupéfiante beauté, aux côtés de personnages inspirés et inspirants. Un nouveau roman magistral et une ode à la liberté.

Prix des lecteurs Babelio 2023 – Catégorie littérature française.

 

• Couv_2023-095_Da Costa Melissa - Les femmes du bout du monde

 

Au fur et à mesure de mes lectures, chaque roman de Mélissa Da Costa a été une véritable surprise, et Les Femmes du bout du monde n’échappe pas à cette règle…
Mélissa a le don d’écrire des histoires qui sont dures et pourtant douces à la fois.

Autumn et Milly, sa fille, vivent à la pointe de la Nouvelle-Zélande, en face du pôle Sud. Ensembles, elles s’occupent d’un camping, au cœur d’une nature sauvage et encore préservée. Un jour Flore, une jeune Parisienne, débarque au camping et demande à Autumn, si elles ont besoin de bras supplémentaires pour gérer les tâches quotidiennes. Elle veut oublier sa vie à Paris et à vraiment besoin de faire le vide dans sa tête. Autumn accepte la proposition, sachant bien que la frêle femme ne tiendra pas longtemps à cause du climat très particulier de l’endroit, et comme les autres avant elle, finira par quitter ce nouveau travail. Mais Flore va lutter, elle a décidé de tout quitter pour partir très loin afin de fuir sa vie qui la faisait souffrir. Petit à petit, elle apprend à connaître les deux femmes, et ensemble finissent par s’apprivoiser…
Le travail au camping n’est pas désagréable du tout. Il est dur, fatiguant, mais elles s’entraident régulièrement.
Une nouvelle amitié va naître entre Flore et Milly une jeune fille innocente, pure et forte à la fois. Une amitié qui va très vite se transformer…

J’ai passé un excellent moment en compagnie de ces trois femmes auxquelles je me suis très vite attaché. Elles mènent une vie belle et simple au plus près de la nature. Mélissa nous fait découvrir des paysages sublimes de Nouvelle-Zélande, divers mammifères marins, des arbres couchés à cause de violentes bourrasques, de sublimes couchers de soleil, la mer jusqu’au bout de l’horizon et surtout la vie et les mœurs des Maoris. Une vraie découverte pour moi !

Tout est douceur et naturel. Une histoire simple et complexe à la fois. La vie n’a pas fait de cadeau à Flore. Milly qui apprend que son amour d’enfance et meilleur ami va se marier et quitter la région. Autumn qui élève seule sa fille malgré les blessures qu’elle doit soigner depuis le décès de Dan, son mari. Chacune d’elles lutte dans son quotidien.
C’est un roman qui m’a donné une envie de liberté et de contrées sauvages. Il y a beaucoup d’émotions, je me suis laissé envahir par ce récit très bien construit qui transforme la peine et la douleur en amour et en beauté.

Un septième roman magistral, à ne surtout pas manquer.

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Extraits :
« Dan et elle… Ils avaient beau être souvent en désaccord, ils s’entendaient sur une chose, toujours : le bien-être de Milly. C’était leur priorité. Pas de sodas, pas de jardin d’enfants avant deux ans, pas de télévision, pas de console de jeux, de l’exercice en plein air, la nature… Il semblait rassurant et rassuré quand il avait parlé de ce projet fou de s’installer à la pointe sud de l’île : « Elle aura tout ce dont elle a besoin. »

« Elle songe que le sentiment maternel, c’est quelque chose de doux et d’amer à la fois. On fait tout pour garder son enfant auprès de soi, l’empêcher de s’envoler trop loin, puis un matin, on le voit pépier avec un autre oisillon et on ne sait plus ce qu’on ressent : un pincement au cœur ou un trouble attendri. Les deux à la fois. »

« – Allez, termine ton verre. Tu en reveux ?
Milly secoue la tête. Flore hausse les épaules, termine le vin au goulot. Tu es pitoyable, ma fille. Elle n’a plus grand-chose à vouloir sauver ce soir. Si la vie était joueuse, si on avait le droit de négocier un peu avec le destin, elle pourrait passer un pacte : se faire engloutir par la tempête ce soir même, pourvu qu’on recrache de l’océan le père de Milly. Ainsi, les choses seraient justes. Mais elles ne le sont jamais. Et Milly, cette pauvre Milly à l’âme pure et innocente, doit se farcir sa présence. Elle est trop polie pour décamper. Elle s’assurera que ses sanglots s’arrêtent avant de repartir en lui souhaitant une bonne nuit.
– “Il avait quel âge ton père quand il est parti ?
– Trente-neuf ans.
– C’est bien jeune pour mourir.” »

« Alors, sans prévenir, parce qu’elle a le cœur gros comme une pierre, elle vient se blottir contre Flore comme un petit chaton cherchant la chaleur. Elle se colle le long de son corps, enfouit son visage dans son cou, respire l’odeur vanillée de ses boucles.
– “S’il te plaît, Flore… ne pars pas.”
Et Flore est si surprise, saisie par une telle émotion qu’elle reste figée, des larmes plein la gorge. »

« Quand Milly hésite, est sur le point de reculer, Flore lui murmure :
“Tout est possible, Milly… c’est la nuit…”
Et Milly songe qu’elle a raison, que la nuit les choses ne sont pas réelles, elles sont belles et fragiles, éphémères. La nuit, les baisers ne sont qu’un songe… »

 

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat. Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade (2017), sorti en librairie sous le Tout le bleu du ciel (2019), est son premier roman.
Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/17/tout-le-bleu-du-ciel/

Je revenais des autres (2017), et Les Lendemains (2020), sont portés par les libraires et salués par la presse, ils ont conquis plus d’un million de lecteurs.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/04/je-revenais-des-autres/
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/18/les-lendemains/

Les douleurs fantômes (2022) est lauréat du Prix Babelio – littérature française 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/25/les-douleurs-fantomes/

La Faiseuse d’étoiles
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/17/la-faiseuse-detoiles/

Elle figure au palmarès du Figaro des auteurs français ayant le plus vendus de livres.

Amour, Émotion, Drame, Roman, Suspense

Vers le soleil

de Julien Sandrel
Poche – 2 mars 2022
Éditeur : Le Livre de Poche

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Août 2018. Tess part vers la Toscane, où elle doit rejoindre pour les vacances sa fille, Sienna, et l’oncle de la petite, Sacha. Mais, alors qu’elle fait étape chez une amie à Gênes, la maison s’écroule sur elle.
Une portion du pont Morandi vient de s’effondrer, enfouissant la zone. Tess est portée disparue. Lorsque Sacha apprend la catastrophe, c’est tout leur univers commun qui vole en éclats. Tous leurs mensonges aussi. Car Sacha n’est pas vraiment l’oncle de cette fillette : il est un acteur, engagé pour jouer ce rôle particulier quelques jours par mois, depuis trois ans. Un rôle qu’il n’a plus l’impression de jouer tant il s’est attaché à Sienna et à sa mère.
Alors que de dangereux secrets refont surface, Sacha sait qu’il n’a que quelques heures pour décider ce qu’il veut faire si Tess ne sort pas vivante des décombres : perdre pour toujours cette enfant avec laquelle il n’a aucun lien légal… ou écouter son cœur et s’enfuir avec elle ? En attendant, il décide de cacher la vérité à Sienna et de la protéger coûte que coûte.

Un livre épatant.
Femme actuelle.

Bouleversant.
RTL.

Solaire et émouvant.
Version Femina.

• Couv_2023-094_Sandrel Julien - Vers le soleil

 

Après avoir lu La chambre des merveilles, et vu il y a quelques jours l’adaptation en film, je me suis dit qu’il était peut-être temps de lire au autre roman de Julien Sandrel !
Et bien, j’ai passé un excellent dimanche matin, avec des personnages captivants et attachants, subjugué par ce roman tout en finesse et plein de délicatesse…

Sacha n’a que très peu de temps pour la réflexion.
Il vient d’apprendre que Tess est portée disparue, suite à un effondrement. Non seulement, il est horrifié par cette nouvelle, mais comment l’annoncer à Sienna, alors que tout deux s’apprêtaient justement à la rejoindre.

Vers le soleil est un roman très fort en émotions, plein de suspense et de rebondissements. Des relations complexes mais sincères. J’ai vraiment été emporté par ce récit sans aucun temps mort.
Cela fait trois ans que Sacha fait semblant d’être l’oncle de Sienna qu’il considère aujourd’hui comme sa propre fille. Dès leur premier regard, il est tombé amoureux de Tess sa maman et a accepté de jouer un rôle pour la petite, quelques jours par mois. Mais aujourd’hui, suite à cette catastrophe naturelle, il risque de “perdre” la petite, mais c’est aussi toute sa vie et son amour qui sont remis en cause !

Une histoire magnifique qui m’a touché du début à la fin.
Bienveillance, tendresse, amour, j’ai ri et été touché par les personnages crées par l’auteur. Une nouvelle fois, malgré un début dramatique, julien a rempli mon cœur de joie et de bonheur, c’est un excellent roman, je n’en doutais même pas…
Merci Julien pour cet agréable moment, au cœur de la Toscane et de l’Italie !

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Extraits :

« Je n’ai jamais connu mon père, et ma mère est morte quand j’avais quatorze ans. D’une overdose, dans la chambre d’hôtel d’un comédien un peu connu qu’elle aimait trop, au point de laisser son fils unique dîner seul, se coucher seul, se débrouiller seul. Je crois qu’on peut dire que je suis un vieux routier de la solitude. J’ai appris dans la douleur à quel point se lier à quelqu’un pouvait rendre malheureux, alors je ne m’attache pas.
Je ne me sens bien que dans l’éphémère. »

« Mon Dieu, je ne veux pas mourir.
Je pense à ma fille. Ma Sienna. Mon amour. Je ne pense qu’à elle. À nos projets, à notre avenir. À son sourire, il y a quelques minutes à peine. Je pense à Sacha, aussi. À ce bonheur minuscule, incertain, et pourtant si proche.
Je pense : “Tout cela ne peut pas se terminer ici.”
La plainte sourde du métal en torsion me glace le sang. L’appel au secours d’un animal que l’on égorge, voilà l’image qui envahit mon cerveau.
L’unique ampoule abdique. Je pousse un gémissement. La nuit est désormais complète.
Je n’entends plus que ma respiration. Halètement de bête traquée, immobile.
Un dernier silence.
Et le plafond cède. »

« En attendant, je dois faire comme si de rien n’était.
Ne pas alerter Sienna. Éviter qu’elle ne se trouve confrontée aux images du pont, donc aux journaux, à Internet, à la télévision… Et même si c’est dur, je dois continuer à vivre normalement, selon le programme établi.
Protéger Sienna, tant que nous n’avons aucune certitude sur la situation à Gênes.
Lorsqu’elle se lève, elle vient me rejoindre pour un câlin dans mon grand lit. Il est près de 10 heures, je viens tout juste de m’endormir, épuisé. Mais elle est en pleine forme. Bien décidée à profiter de cette belle journée d’été. »

« Je ne sais pas quoi lui répondre, mais je suis ému. Alors je ne dis rien.
Il y a quelques jours, je ne connaissais pas cette femme. Pourtant j’ai l’impression qu’il y a comme une connexion entre nous. Elle n’a qu’une quinzaine d’années de plus que moi, mais il y a quelque chose de l’ordre du maternel qui s’est installé, à une vitesse folle. Qu’est-ce que j’aurais aimé avoir une mère comme Chiara. Ma vie aurait sans doute été bien différente. »

 

Julien Sandrel est né en 1980 dans le sud de la France et vit à Paris. Son premier roman La Chambre des merveilles a connu un succès fulgurant et a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le prix Méditerranée des lycéens 2019. Traduit dans vingt-six pays et adapté au théâtre, il est également porté à l’écran par la réalisatrice Lisa Azuelos et l’actrice Alexandra Lamy.
Ses romans suivants, La vie qui m’attendait, Les étincelles, Vers le soleil et Merci, Grazie, Thank you, ont eux aussi rencontré un grand succès en librairie. Parallèlement à son activité de romancier, Julien Sandrel travaille en tant que scénariste, aussi bien sur des adaptations de ses romans que sur des projets originaux.

La Chambre des Merveilles
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/21/la-chambre-des-merveilles/

Émotion, Drame, Histoire, Roman

L’Aurore

de Nicole Anglés
Relié – 14 mai 2023
Éditeur : Cap Béar Editions

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En 1934, Alba, jeune catalane âgée de seize ans, quitte le giron familial et une mère acariâtre.
Elle entre au service de doña Lucia, riche bourgeoise qui réside dans un magnifique hôtel particulier situé au coeur de Barcelone.
Pendant les années suivantes, l’Espagne connaîtra des bouleversements politiques majeurs, prémices d’années sombres pour l’Europe et le monde. Autant d’évènements qu’Alba, portée par des convictions profondes et la fougue de sa jeunesse, vivra intensément.
Ainsi commence l’aventure de sa vie…

Nicole Anglés, d’une écriture vivante et efficace, focalise l’histoire de ce roman sur l’implication des femmes combattantes durant la guerre d’Espagne.
Leur rôle déterminant dans la révolution sociale organisée par le mouvement libertaire en riposte au coup d’État militaire à l’origine du conflit.
Et leur engagement aux côtés de l’armée républicaine pour éviter l’inéluctable, la prise de pouvoir de la dictature franquiste en 1939.

 

• Couv_2023-093_Anglés Nicole - L'Aurore.jpg

 

Tout d’abord, je tenais à remercier Nicole Anglés, qui grâce à son envoi, m’a permis de découvrir une nouvelle “auteure”…

Dès que j’ai reçu L’aurore, très vite, j’ai eu hâte de lire…

Alba, jeune espagnole catalane avait tout pour être heureuse. Mais malheureusement, elle n’est née, ni au bon endroit, ni à la bonne période. L’Espagne commence à subir la dictature franquiste. Avec ses amis et beaucoup d’autres de son âge, ils décideront de monter des groupes de soutien, anarchistes ou pas, le but étant de contrer la montée de l’extrême droite, menée par le général Franco.
Alba s’investit à cent pour cent dans son combat pour la liberté de tous. Elle a appris récemment à lire, alors la vie qui s’ouvrait tel un éventail sur l’avenir des “Femmes libres” se referme aussitôt !
Heureusement, elle n’est pas seule, son frère, sa sœur et ses amis, tous ensemble, ils décident de lutter… puis c’est aussi l’amour qui va entrer aussi dans sa vie à un moment où elle s’y attendais le moins, par le biais d’un jeune partisan qui a quitté sa Russie natale…

Magnifique, j’ai adoré. C’est tellement beau, c’est tellement fort, et si triste à la fois.
Un roman tel que je les aime. J’ai vécu, j’ai aimé et j’ai pleuré, pour tous ses jeunes à qui on a volé leur jeunesse et leur vie.

Le pouvoir !
Joder, je hais la violence, la guerre, les Hommes avec un grand H, qui ne comprennent jamais rien, à part le pouvoir, basta !!! L’Espagne subit les prémices de la nouvelle grande guerre qui s’annonçait dès 1934.

La lecture est très fluide, claire et interactive, pas le temps de s’ennuyer un instant. Beaucoup de dialogues, c’est vivant. On y croit. Le côté historique est omniprésent et c’est vraiment ce qui m’a plu. Essayer de comprendre tout ce que cette jeune génération à endurer, et ce, durant près de 40 ans !
La fin du roman est particulièrement prenante. J’en suis encore tout retourné…

D’ailleurs, je me suis demandé, un moment, si je n’aurai pas aimé quelques pages supplémentaires, pero no, le sujet est tellement bien géré et abouti.

Vale, merci Nicole, merci à toi pour ce cadeau qui a dû te coûter…
Tu m’as emporté loin, très loin… y gracias por supuesto por esta historia tan hermosa, dentro de la Historia.

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Extraits :

« Une lettre postée il y a soixante-cinq ans ! Où avait-elle disparu ?
S’exalta Claire.
La missive trônait sur la desserte de la chaleureuse cuisine.
Étrangère à la curiosité de la jeune femme penchée sur son épaule, au générique du débat diffusé sur France 5 qu’elle n’aurait manqué à aucun prix, la vieille dame semblait hypnotisée.
Sur l’enveloppe jaunie, du cachet espagnol affranchi à deux pesetas, on ne déchiffrait plus que l’année. Mil neuf cent trente-neuf. »

« Le pouvoir des mots. Les livres devaient bien receler quelque trésor s’ils méritaient cette monumentale et fastueuse salle.
Un livre peut changer une vie avait proclamé la señora Duran.
Était-ce exact ? Quel livre aurait le don de changer la sienne ? Serait-elle capable d’apprendre à lire ? Bénéficierait-elle de ces cours de lecture ? Elle n’était pas une ouvrière, pour autant n’était-elle pas une pauvre fille ? »

« Alba identifia la voix de Jordi, stupéfaite. Surprise par sa témérité, reconnaissant pourtant son tempérament idéaliste et sa générosité.
Cinq minutes s’écoulèrent, oppressantes, chacun guettant la réaction du camp adverse. Les gardes d’assaut et les membres de la garde civile s’interrogeaient du regard. Puis, le miracle. Tour à tour, ils abaissèrent leurs armes et rejoignirent le mouvement.
Une clameur d’espoir s’envola dans le ciel catalan. »

« – Je vais te montrer qui c’est qui commande ici ! Tu m’entends, traînée ?
Paco l’agrippa par les cheveux et la maintint plaquée à lui. Son haleine de vin aigre et de tabac froid imprégna Núria qui ne put se détourner lorsqu’il lui cracha dessus.
Projetée sur la table, la figure meurtrie par le chêne rugueux sur lequel la maintenait la poigne brutale de son mari, elle ne vit pas la satisfaction cruelle inonder le faciès de Paco. Une douleur violente irradia son corps quand il la pénétra d’un soubresaut bestial.
Nûria retint ses cris pour ne pas réveiller Ana, sagement endormie dans le lit à barreaux, sur le seuil de l’alcôve qui leur servait de chambre.
« Mon pauvre enfant, pardonne-moi de te donner naissance dans cette fange » implora-t-elle du petit être qui prenait forme dans son ventre »

« Adieu mon Alba, mon amour, ma vie.
Ton Anton. »

 

 

« Je veux écrire un livre ». J’ai jeté cette phrase à ma mère du haut de mes dix ans. C’était à Perpignan en 1971.

À cette époque, ma grand-mère disait en riant qu’elle ne travaillait pas assez pour payer tous les livres que je dévorais. Quelques feuillets se sont égarés et le temps a passé.

Je suis restée une lectrice passionnée. Aujourd’hui, à l’aube de ma seconde vie, j’ai repris la plume et accompli mon rêve. J’aimerais vous offrir ces cadeaux reçus de mes moments de lecture :
L’évasion, le rêve, l’amour, la colère, la tristesse, la peur, l’émotion… la Vie !
« La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté » disait François Mauriac.

Alors, bienvenue dans mon monde et bonne lecture !

Émotion, Drame, Poésie, Roman

La double vie des Jodlere

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 28 mai 2022
Éditeur : Autoédition

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Début d’avril 1981 éclata un scandale troublant encore les consciences de ceux qui s’y trouvèrent mêlés. Le crime, il faut le dire, fut abject, parce que perpétré par un jeune garçon s’étant servi de son exceptionnel don de peintre pour détruire sa bienfaitrice. Celle-ci n’ayant pas déménagé, le retour de Dominique, en ce mois de septembre 1998, risque de susciter bien des rancœurs et appréhensions. Le récit, ayant pour lieu d’action un vieux quartier de Paris vivant comme un village, explore la nature humaine dans ses recoins les plus secrets, et la création artistique en conflit avec le génie. Surtout lorsqu’il s’agit de Dominique Pique.

 

• Couv_2023-092_Papier-Wagner Gérard - La double vie des Jodlere

 

Avril 81.
Dominique Pique est un jeune garçon, très tôt, il se passionne pour la peinture. C’est un artiste, peut-être même un jeune génie. Marcelline, son professeur de dessin, voit en lui le moyen de vivre un rêve qu’elle n’a jamais pu approcher. Elle le prend alors sous son aile et décide de l’aider à développer des talents de peintre qui lui semblent innés. Mais la jeunesse ou peut-être bien la fourberie de Dominique lui fera commettre un acte inadmissible à celle qui était sa bienfaitrice…
Marcelline aura énormément de mal à se remettre de la folie destructrice du jeune génie, qui va s’amuser à détruire plusieurs vies autour de lui, à travers le temps.

J’ai eu un peu de mal à entrer dans mon récit. Trop de personnages (très intéressant et haut en couleur d’ailleurs, avec aussi de nombreuses failles) qui m’ont un peu perdu. Mais très vite, malgré de multiples rebondissements, j’ai retrouvé le fil conducteur du récit.

Comme dans ses autres récits, la plume de Gérard est fluide et très visuelle. J’ai eu à plusieurs reprises l’impression de voir les tableaux… et toujours cette pointe de poésie présente régulièrement agrémentée d’une grande maîtrise de vocabulaire…

C’est un livre que j’ai trouvé émouvant et sensible qui décrit très bien une vie de quartier « tranquille” qui mêle commérages, passions amoureuses, relations entre voisins avec ses hauts et ses bas.

Gérard a vraiment le don de me tenir en haleine jusqu’à un final subtil et plein de philosophie.

C’est le cinquième roman que je lis de cet auteur, et à chaque fois de belles surprises toutes différentes.
Qu’est-ce qui fait que certains écrivains soient très vite accueilli par un large public et d’autres qui le méritent tout autant, ont un lectorat plus confidentiel ?
Je n’ai pas de réponse à cette question…
Mais j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, avec des personnages auxquels je m’étais finalement attaché, tous très atypiques et remplis, pour la plupart, de drôles de secrets !

Mais chuut…
Je n’en dirais pas plus !

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Extraits :

« Depuis le scandale d’avril 81 ayant anéanti ses chances de vivre avec celle qu’il aimait, sa déception s’était muée au fil des années en une sorte de mélancolie dans laquelle il avait fini par se complaire. Pour cela, il se composa une existence assez banale en apparence pour n’attirer sur lui ni l’attention des autres ni celle du destin souvent porté à compliquer les choses.
Charles faisait partie des êtres dont le bonheur simple et naïf contrarie les esprits cancaniers, par essence même, à l’affût des mauvaises nouvelles pour nourrir les commérages en exagérant au besoin leurs conséquences, afin de se faire valoir. »

« Semblant revenir à elle, Magali le fixe avec acuité.
– Voyons chéri, dis-moi ce qui te soucie réellement ?
– Inquiet pour Marcelline, j’ai rompu ma promesse de ne plus aller la voir. On l’avait déjà mise au courant, elle était effondrée. Ça m’a tellement bouleversé, que je lui ai proposé de partir avec elle loin d’ici. Je la croyais seulement rancunière. Mais elle m’a jeté à la figure, que jamais elle ne m’avait aimé, m’a traité d’idiot, et m’a flanqué à la porte en jurant de ne plus mettre un pied dehors. »

« – Excuse-moi, maman, j’ai pas mal à faire.
Il s’enfuit. Les câlins œil mouillé d’émotion et les cajoleries de sa mère lui sont insupportables maintenant qu’il jouit des faveurs de tant d’autres femmes lui prodiguant des tendresses autrement plus à son goût. “Chez toi, le sexe a chassé le sentiment.” lui redit Camille connaissant son frère mieux que quiconque. »

« – Je l’aime bien, il me parle comme à un grand. Et ce qu’il dit est toujours intéressant.
Sans savoir pourquoi, Martine a subitement les larmes aux yeux. Cela ne lui est pas arrivé depuis si longtemps, que ce chagrin lui paraît aussi doux, qu’une mélancolie qu’on caresse. »

 

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
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LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
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Le disparu de Monrovia
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