Adolescence, Émotion, Roman

Les Toiles de la discorde

de Albert Ducloz
Broché – 4 janvier 2024
Éditions : Éditions de borée

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1954. Doué pour les arts graphiques, le jeune François Dufour s’inscrit à l’école des Arts du Puy-en-Velay et sympathise avec sa jeune voisine, Émeline Landry. Bientôt, celle-ci pose nue pour François. Furieux, les parents du jeune artiste détruisent le tableau. Les deux adolescents, après avoir fugué, trouvent refuge chez leur professeur de peinture, Sébastien Favre, et sa femme, la belle Clara. Alors encouragé par son professeur, François reprend la peinture de nus et se met rapidement en tête de peindre Clara. Sébastien, bien que très réticent, accepte. Un choix qu’il ne tardera pas à regretter…

 

• Couv_2024-005_Ducloz Albert - Les Toiles de la discorde

 

1954, François Dufour a une passion pour le dessin et en plus, il est doué. Tous les ans pour Noël, il se fait offrir des crayons de couleur, des carnets de croquis. Puis il découvre la peinture. Maintenant, il sait ce qu’il veut faire plus tard. Mais comment l’annoncer à sa famille. Finalement, grâce à son talent, il est encouragé par un professeur à rejoindre l’école des Art du Puy-en-Velay tous les jeudis en plus de ses cours hebdomadaires. Émeline Landry, une jeune voisine, aime aussi le dessin. François demande à son professeur M. Favre, s’il peut y avoir une possibilité qu’elle intègre le cours avec lui. Au contraire, lui répond-il, elle sera la première fille du groupe.

Ainsi commence ce récit que j’ai énormément apprécié. L’histoire m’a replongé dans mon enfance, où je passais des heures et des heures à dessiner, à colorier, jamais fatigué j’en voulais toujours plus, et plus un jour plus tard, à l’adolescence, j’ai intégré un établissement d’Art Graphique. Dessins, perspective, peintures, natures mortes et nus. Je me suis revu, dans le récit d’Albert Ducloz. J’étais tout jeune avec cette dualité, timidité et fonceur, car j’en voulais toujours plus. d’ailleurs, j’ai trouvé les premiers cours du récit très bien racontés. puis très vite, ce furent mes premiers cours de nus. La gène d’abord, de voir des femmes plus âgées que moi complètement dévêtues qui nous regardaient et nous mettaient à l’aise. La colère de mes parents, lorsqu’ils apprirent en quoi consistaient certains de nos cours. Moi, je ne voyais que des modèles, souvent des femmes, rarement des hommes. L’univers de la peinture ne m’est donc pas inconnu et c’est pour cela que je voulais lire ce roman fort bien écrit et très intéressant. La passion des jeunes artistes qui se mêle à une jalousie qui ne peut pas, ne pas exister. Ils sont jeunes, ils sont amoureux. Mais quand est-il lorsque François veut peindre une autre femme ? Comment réagira Émeline ? D’autant plus que cette femme n’est autre que la femme de M. Favre, leur professeur…

Une bien belle histoire qui m’a portée dans un monde agréable où je me suis attaché aux personnages, les descriptions aussi sont particulièrement réussies. Je ne connaissais pas Albert Ducloz, c’est une très belle découverte !

Un grand merci aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée…

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Extraits :

« Les derniers jours de juin 1954 se prélassent au village de Lavoûte-sur-Loire, au cœur de la Haute-Loire. Nous touchons aux vacances d’été. À cette époque, ce havre de paix où je suis né prend ses aises à la campagne. Mon père, lorsqu’il a planté les arbres du verger, s’y est pris de telle sorte que la famille puisse disposer de fruits toute l’année. Des claies menuisées de ses mains et installées à la cave permettent d’y conserver pommes et poires hors de l’humidité et d’attendre ainsi le prochain printemps pour le parfait mûrissement des premiers fruits rouges. »

« Au jour convenu, aussitôt à pied d’œuvre, nous posons nos vélos contre le premier tronc venu, pénétrons bravement en forêt sans craindre les fougères et choisissons nos places. J’observe les frondaisons aux orangés luisants du soleil d’après-midi et les ors des feuillages que les premières gelées n’ont pas encore fait tomber. Face à moi, légèrement en recul, je surprends deux hêtres dont les troncs se nouent a s’embrasser. Je n’ose encore imaginer qu’ils pourraient être Émeline et moi-même. De temps à autre, un coup de vent fait envoler les feuilles qui virevoltent comme des flocons jusqu’à se laisser aller à rejoindre celles qui avant elles ont épousé le sol. »

« Sur la route du retour, pédalant côte à côte, nous profitons d’un chemin qui s’égare de la route et l’empruntons pour le quitter vers un bosquet ; contre un bouleau, nous posons nos vélos et, longuement, longuement, nous nous embrassons.
C’est la première fois. Pas suffisamment longtemps, certes, les parents sont exigeants sur les horaires de retour, mais enfin, à partir de ce très long baiser, Émeline et moi ne sommes plus seulement amis.
Un baiser hebdomadaire, si long et passionné soit-il, ne nous suffit pas. Nous cherchons et nous trouvons. Nous allons prendre prétexte de peindre pour nous retrouver, mais où ? »

 

Albert Ducloz écrit pour son propre plaisir depuis l’enfance romans, poésies, contes et nouvelles. En 2002, après une carrière de directeur d’établissement de soins, il publie son premier roman, Citadelles d’orgueil. En 2015, il obtient le prix du Cercle littéraire Médicis pour son roman Les Trois Promesses et, la même année, le prix La Plume et la Lettre pour Le Chant d’Aurore. Avec Les Toile de la discorde, il signe son dix-septième roman aux éditions De Borée.

Émotion, Drame, Historique, Roman

Fleur de sang

de Emmanuel Robert-Espalieu
Poche – 2 mars 2023
Éditions : Pocket

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​Par amour pour elle, il va devenir bourreau. Par amour pour lui, elle va défier l’ordre établi…
En épousant Marguerite, fille unique du bourreau de la ville de Joigny, Charles a tout perdu : son grade de lieutenant dans l’armée du Roi-Soleil, son titre de comte, mais surtout l’affection et l’estime de son père. Par amour, il doit désormais apprendre les macabres ficelles de ce métier si redouté, reclus de la société.
Néanmoins, alors que magie et superstition se mêlent à la médecine, les bourreaux ont un précieux savoir de guérisseurs. À peine Charles acquiert-il une réputation pour ses onguents que Marguerite est la proie d’un mal étrange. En quête du remède ultime, le nouvel exécuteur engage son destin sur des voies dangereuses… surtout quand on en vient à déterrer les morts.

 

• Couv_2023-130_Robert-Espalieu Emmanuel - Fleur de sang

 

Les dernières heures de l’année 2023 arrivent doucement…
Encore une belle année de lecture pour moi, que je terminerai avec ce cent-trentième Ressenti !

Premier roman d’Emmanuel Robert-Espalieu, Fleur de sang laisse déjà entrevoir une plume affinée et une belle interaction entre les personnages bien développés et le lecteur que je suis. Je me demandais vraiment comment l’auteur allait arriver à me rendre sympathique un “bourreau” vivant au XVIIe siècle… Ce n’était pas gagné d’avance et pourtant, Emmanuel s’en sort largement, au point de faire de Charles “le bon bourreau”, un vrai héros, auquel je me suis attaché assez vite pour de multiples raisons que je vous laisserai découvrir !
Il y a beaucoup d’imagination dans ce récit, de nombreux rebondissements, de l’émotion et de la poésie, mêlant faits historiques et histoire d’amour et il m’a été très difficile de le lâcher une fois entamé. J’ai Ressenti une véritable passion de la part d’Emmanuel pour cette période de l’Histoire. Il a dû faire de nombreuses recherches afin de soigner et de caler son récit dans l’Histoire, de plus, j’ai appris énormément de choses sur un “métier” plus que méconnu.

Charles, lieutenant dans l’armée française, fils de comte est promis à sa succession, au grand désespoir de Paul son demi-frère. Mais comme dans de nombreux récits, tout ne se déroulera pas comme convenu, au grand désespoir de son père et à la grande joie de Paul…
En effet, un jour lors d’une exécution le regard de Charles croise les yeux d’une belle inconnue qui, elle aussi ne le lâche plus du regard. Que dis-je une belle inconnue ? Une femme superbe ! Il est ébloui, son cœur bat à tout rompre, alors que le temps s’est arrêté.
Ce regard changera sa vie à jamais…
Mais Charles et Marguerite n’étaient-ils pas destinés l’un à l’autre, à s’aimer malgré toutes les épreuves que cela engendrerait ?

Pour son premier livre, Emmanuel m’a touché.
C’est un sacré roman de 500 pages, qui m’a semblé bien trop court.

Un grand merci à Karine Warszawski pour cette belle découverte !

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Extraits :
« Coupable ! conclut autoritairement Paul Fouquier, le prévôt général de la ville.
La sentence rebondit en écho entre les voûtes de la grande salle du château abritant désormais le tribunal, provoquant immédiatement les applaudissements de la foule bigarrée venue s’agglutiner pour assister au spectacle. Une sentence similaire à celle prononcée quelques jours plus tôt contre un fermier acoquiné aux “Tranche-Montagnes” devenus le centre d’intérêt de toutes les conversations ici, à Joigny et dans ses environs. Dans les rues, au marché, à l’église, dans les estaminets et même au château, on ne parlait plus que de cette bande, une “armée” selon certains, constituée de soldats déserteurs et de voleurs, qui vivraient, selon les dires, terrés comme des bêtes dans la forêt d’Othe, juste au-dessus de la ville, au-delà des vignes. »

« Il se sentit fondre en elle alors qu’il tâchait toujours de la maintenir prisonnière, son visage effleurant presque le sien. Ses yeux étaient verts, striés d’éclairs jaunes vers l’iris. Elle était si merveilleusement belle que sa perfection repoussait les possibilités humaines, et il ne pouvait contenir l’émotion qui le submergeait. L’attraction était irrépressible. Le combat était perdu, mais une guerre était gagnée, puisqu’il sentait qu’il pouvait aimer cette femme de tous ses yeux, de tout son corps. Il pouvait l’aimer de tous les ciels, de toutes les forêts et tous les oiseaux, l’aimer de tout ce qui était fait de terre et d’eau, d’air et de feu. »

« – Vous ne m’avez pas écoutée, minauda-t-elle.
– Si ! Si ! Même si je ne suis pas certain d’avoir jamais vraiment compris la poésie. J’ai toujours préféré les romans. Ou les nouvelles.
– Il ne s’agit pas de comprendre, mais de ressentir. Ce ne sont pas tant les mots en soi qui comptent, mais les images qu’ils véhiculent. La sensation qu’ils vous apportent individuellement, et liés les uns aux autres. Vous comprenez ?
– Oui. Comme de la musique.
– Exactement ! »

 

Emmanuel Robert-Espalieu est né le 1er juillet 1970 à Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Après une carrière comme photographe, dans les coulisses des théâtres (Festival d’Avignon, Théâtre National de la Colline, Comédie Français…), dramaturge et réalisateur, il se consacre désormais à l’écriture et la mise en scène de pièces de théâtre, ainsi qu’à l’écriture de romans. Il vit à Joigny.

Fleur de sang est son premier roman.

Amour, Émotion, Poésie, Roman, Suspense

Le rendez-vous de Tchimbamba

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 28 mai 2022
Éditeur : Autoédition

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Parce qu’un ex-inspecteur garde l’instinct du policier, Gabriel s’intéresse aux meurtres en lisant son journal. Balades, lecture, musique et quelques passades suffisent, par choix, à combler les loisirs que lui laisse la compagnie d’assurances, où dorénavant il gagne sa vie. Mais, ce mardi 16 février 1982, un titre à la une le fait bondir. Une relation du temps de son service militaire au Congo a été assassinée la veille à Deauville. Ensuite le lendemain, il apprend qu’une autre vient de subir le même sort à Versailles. Convaincu d’en savoir davantage que la police, il se risque à enquêter de son côté. Dans les coulisses du quotidien, combien se cachent de tentations refoulées ? Il suffit que le destin s’en mêle pour que l’audace et l’ambition surgissent. Surtout si entre en scène une grande femme mince et rousse.

 

• Couv_2023-129_Papier-Wagner Gérard - Le rendez-vous de Tchimbamba

 

Tout a commencé mardi 16 février 1982 à 19 h exactement.

2023 aura été pour moi la découverte de Gérard Papier-Wagner. Dès mon troisième roman lu, j’ai su que ma fidélité le suivrait dans ses autres aventures. Mais ce que je ne savais pas encore au mois de mai, c’est que ses deux romans suivant allaient complètement renouveler son style et me faire voyager aussi loin, dans tous les sens du terme…

“Le rendez-vous de Tchimbamba” est un roman complètement à part ! Mais ne devrais-je pas dire : “Le rendez-vous de Tchimbamba” sont des romans complètement à part…
Le dernier chapitre à même emmener une larme avec lui, lorsque j’ai posé le livre sur ma table de chevet avant d’éteindre.

Magnifique, immersif.
Comment à un moment de ma lecture ai-je pu douter un instant de Gérard, que j’ai cru perdu dans son récit ! Quel Maestro…

Un récit captivant, aux nombreuses péripéties, de plus de cinq cents pages, où je ne me suis pas ennuyé un instant.

Gabriel Carré ancien inspecteur, découvre la mort violente d’un de ses amis du temps où il faisait son service militaire au Congo. Le lendemain, un deuxième de ses anciens amis, décède dans les mêmes circonstances !
Qui se cache derrière ces meurtres qui lui remettent à l’esprit la vie qu’il a vécue à Pointe-Noire au Congo, dans le quartier de Tchimbamba.
Gabriel décide alors d’enquêter sur ses meurtres commis en France.
S’ouvre alors un “nouveau” roman très intéressant où magie, coutumes et paysages se mélangent…

Mais où est passé “Gabriel” l’enquêteur ?
Une nouvelle vie à l’air de s’ouvrir à lui.
De nouvelles aventures aussi, l’Amour avec un grand A, mais les souffrances ne tardent pas… Il perd sa reine, hérite d’une fille, mais pas que. Je tourne encore quelques pages et c’est un nouveau bouleversement qui s’opère. Où me mène Gérard ?
Amitiés, trahisons, passions. Chaque ligne à son propre pouvoir, la magie opère naturellement. L’Afrique est partout, elle ne me quitte plus et Gabriel est de plus en plus attachant, tel un ami que j’avais oublié. Mais la fin…
Cette fin, où Gérard et Gabriel bouclent la boucle du récit… Wahou. À ce moment, je n’ai qu’une seule déception… Je n’ai jamais serré Gabriel dans mes bras !

Une semaine complète de lecture. Une semaine qui se justifiait. Des images magnifiques, de la musique que j’ai écouté en boucle… Je ne voulais pas bâcler cette histoire et naturellement, je l’avais compris. Le temps est un personnage à part entière de ce très beau récit.
J’arrive à court de mots, mais cette lecture sensible, poétique, érudite et très prenante fera partie de mes gros coups de cœur 2023.

Comment finit l’histoire ?
Je vous conseille vraiment de découvrir cet auteur si vous ne le connaissez pas encore, le dépaysement qui vous attend à la lecture de ce récit est poignant.

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Extraits :

« Parce qu’une évidence n’en devient une qu’à l’instant de sa révélation, c’est en déballant sa chemise neuve que Gabriel comprend. Cherchant sa taille au Monoprix, il a bousculé par inadvertance une jeune femme, une jolie rousse au parfum de printemps, dont les cheveux lui ont balayé la figure. Lorsqu’il s’est excusé, elle lui a répondu en souriant, que ce n’était rien. Le charme de ses yeux bleus et des taches de rousseur sur ses joues a désarçonné Gabriel au point qu’il en rougit a posteriori. Derrière l’aimable parole, il avait cru déceler ce rien de compassion réservée aux gens insignifiants. Ainsi Gabriel de manière subliminale s’est-il senti relégué parmi ceux qui n’intéressent plus personne, désolant constat réclamant vérification. »

« Simultanément, à six mille six cents kilomètres de sa rue et sur le même fuseau horaire dans l’hémisphère austral, au lieudit Tchimbamba, près de Pointe-Noire, une grande femme mince et rousse dort dans une chambre assez vaste pour contenir la moitié du logement de Gabriel. Au pied du lit est couché un épagneul au pelage aussi flamboyant que la chevelure de sa maîtresse. La nuit épaisse et humide est assourdissante du coassement des crapauds-buffles et enfiévrée du dialogue des tams-tams, embaumée aussi des fumées de feux de bois se mêlant aux parfums capiteux des frangipaniers. Demain, à 6h, après la trêve silencieuse de l’aube, le soleil relancera le fabuleux spectacle de l’éveil de cette puissante et impérieuse nature, qui règne sous les tropiques. »

« – Ouand tu reviens patron, moi je suis toujours là.
Qui peut savoir ? Songe Gabriel se souvenant de ce que lui a confié un jour en voiture Célestin “Dans mon pays, on dit l’homme, il est comme la chèvre à son piquet, sa liberté a la longueur de la corde que Dieu attache à son cou.” Pour masquer sa croissante émotion devant le fossé qui déjà les sépare, il lui donne l’accolade, et se dirige vers l’escalier mobile sans se retourner.
Dix minutes plus tard, nez au hublot, il regarde pour la dernière fois l’océan frangé d’écume, la ville blanche, la cité noire en éventail, puis à perte de vue le Mayombe au moutonnement vert sombre. » 

 

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Le disparu de Monrovia
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

La double vie des Jodlere
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

Émotion, Drame, Psychologie, Roman

Les Galeries hurlantes

de Jean-Marc Dhainaut
Poche – 4 juillet 2019
Éditions : Taurnada édition

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Karine, dix ans, joue avec un ami imaginaire. Tout ce qu’elle sait, c’est son âge et qu’il n’aime pas Alan Lambin, le spécialiste en paranormal que son père, désemparé et dépassé par une succession de phénomènes étranges, a appelé à l’aide. Et si l’origine de tout cela se trouvait dans les anciennes galeries minières existant toujours sous ce village du Nord ? Le seul moyen d’accéder à ce dédale oublié de tous serait les sous-sols d’un hôpital abandonné et hanté par le souvenir de tous ceux qui y laissèrent leur vie, un matin d’hiver, treize ans plus tôt.

 

• Couv_2023-126_Dhainaut jean-Marc - Les galeries hurlantes

 

On ne change pas une équipe qui gagne !
Alan et Mina à travers leurs récits sont devenus des habitués de mes lectures, pour mon plus grand plaisir…

Mais quand Jean-Marc vers la fin de son roman a fait… Qu’est-ce qu’il a fait !!!
Non… Pas ça…

Dans la maison d’Étienne Delbique, rien ne va plus, depuis que sa femme a disparu.
Sa fille Karine à dix ans continue à jouer avec un ami imaginaire, sa belle-mère Rozenn a complètement perdu la tête, elle tricote toutes les journées un pull qui n’en fini pas en répétant sempiternellement une série de chiffres, 2… 2… 8… 1… et Etienne qui boit pour faire face à toutes les choses étranges qui se déroulent chez lui régulièrement, sans parler des baisses constantes de température. Sur les conseils de sa sœur, il décide de contacter Alan Lambin qui vit aujourd’hui en Bretagne.

Mina a quelques petits soucis de santé et propose donc à Alan de s’occuper seul de cette nouvelle enquête. Il va être entraîné dans une histoire étrange et incroyable, à l’atmosphère sombre et inquiétante se déroulant dans le nord de la France sur fond de catastrophe minière et disparition inexpliquée. Une histoire qui aurait pu m’emporter par la peur, les frissons ou la détresse, mais c’est de la mélancolie que j’ai Ressenti. La mélancolie de ces belles histoires qui vous reviennent à l’esprit dû à leur tristesse.
Jean-Marc ne cesse de me surprendre. Qu’est-ce qui est vrai dans son récit ? Qu’est-ce qu’il a inventé ? Je m’en moque… Je vis le moment, tels ses personnages qui vivent le récit… Pour moi, tout est vrai, tout est crédible. Le rêve s’est envolé pour une réalité, ma réalité… Je veux continuer à croire qu’il y a quelque chose au-delà, à croire que nous ne serons plus jamais seuls…

Une très belle écriture, une intrigue qui tient sa place et se renforce au fur et à mesure de ma lecture… Hâte de découvrir la suite…
Encore une très belle histoire aux éditions Taurnada.

Et de six pour jean-Marc !
Vous souhaitez découvrir Jean-Marc Dhainaut ?

Deux de ses nouvelles, dont le personnage principal est Alan Lambin, sont proposées gratuitement sur le site de taurnada.
https://www.taurnada.fr/nouvelles/
Ainsi que des nouvelles de Magali Collet, Isabelle Villain et Estelle Tharreau

N’hésitez plus à les découvrir…

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Extraits :

« À près de cent kilomètres de là, une camionnette de la poste venait de quitter ce petit hameau si cher au cœur d’Alan Lambin, spécialiste en phénomènes de hantises depuis déjà plus de vingt ans. La lettre qu’elle venait de déposer dans sa boîte ne contenait que quelques lignes : un appel à l’aide bien différent de ce que chacun pourrait imaginer. »


« Étienne prit la loupe et se concentra sur l’image, puis il releva la tête, le visage blême et la bouche grande ouverte. Debout, à la fenêtre de la chambre de Karine, se tenait Sarah. Elle regardait son mari, sa fille et son amie se faire prendre en photo. Pourtant, ce jour-là, Sarah était déjà morte depuis un an. »


« C’était donc d’ici, à l’endroit même où il se trouvait, que Sarah s’était jetée dans le gouffre, fermé, il y avait encore deux ans, par de simples planches et tôles qu’elle avait retirées.

Il se frotta la moustache et le menton en chuchotant, « c’était ici. Sarah… Pourquoi ? » »

« Il éclaira sa montre : midi trente. Il plongea la main dans la poche intérieure de sa veste et sortit son porte-feuille. Il caressa, à la lueur de sa lampe, la photo de Mina qui s’y trouvait, puis l’embrassa. Mina… Que faisait-elle en ce moment ? Allait-elle bien ? Alan ne devrait pas être là, mais avec elle. »

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Les prières de sang
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/22/les-prieres-de-sang/

Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Amour, Émotion, Poésie, Roman

Oser l’espoir

de Corinne Falbet-Desmoulin, Monique Sanchez
Broché – 25 octobre 20231
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Après INSTANTS DE GRÂCE À PARTAGER, Corinne Falbet-Desmoulin et Monique Sanchez ont souhaité renouveler l’expérience d’un recueil à quatre mains. Très différent du premier, OSER L’ESPOIR explore, à travers quinze histoires originales et emplies de sensibilité, des situations que l’on peut trouver dans la vie réelle. Positifs, les héros luttent tout en gardant l’espoir. Ne dit-on pas que celui-ci fait vivre ? C’est ce que pensent sincèrement les deux auteures, qui vous offrent ces récits illustrés, écrits avec leurs cœurs.

 

• Couv_2023-125_Falbet-Desmoulin Corinne & Sanchez Monique - Oser l'espoir

 

Dans ce recueil, il y a quinze nouvelles, quinze histoires de tous les jours, quinze histoires de vies.
Leur point commun ?
La sensibilité, la bienveillance, la beauté, l’amour…

Pour rappel, Corinne Falbet-Desmoulin a obtenu le coup de cœur du jury du prix Femme actuelle développement personnel 2022 pour son premier roman À l’encre du cœur. Elle a également reçu onze prix littéraires pour ses nouvelles, ainsi qu’un prix pour ses poèmes. Monique Sanchez elle, écrit depuis de nombreuses années “pour son plaisir et celui de sa famille”.
Les deux ouvrages écrits avec Corinne Falbet-Desmoulin sont les seuls qu’elle ait publiés.

À travers ces quinze histoires originales, sept écrites par chacune d’elles et une en commun, Corinne et Monique ont regonflé mon cœur de bons et beaux sentiments. Des histoires tellement belles parfois que je n’ai pu m’empêcher de verser parfois une larme. Je n’ai jamais cherché à savoir qui avait écrit quoi, la globalité de l’ouvrage est très homogène et c’est ce qui m’a plu. Je suis entré dans un autre monde, un monde qui devrait pourtant être le nôtre, un monde où les gens se parlent, s’écoutent, se regardent, se respectent, s’aiment… Pourquoi cela ne fonctionne-t-il que dans les histoires ?
Est-ce si compliqué d’écouter, de tendre la main ?

Dans tous les cas, Corinne et Monique se sont amusées, cela se sent, et je me dis, en cette veille de fêtes, c’est tout à fait le genre de “petit” cadeau du cœur, que l’on pourrait glisser sous les sapins.

Un moment de pur bonheur que je conseille à toutes et à tous !

Merci Blandine, tu as embelli ma soirée…
Un très grand merci à Pierre, qui comme le colibri a fait sa part…
Merci à Vincent le SDF, merci à la bouche de Gauvin, mon pauvre Ludovic… Merci Lou, bravo Valentin ! Gros bisou Léon. J’espère un jour être comme toi Ulysse ! Guillaume et Amandine 💖. Non Céleste, ce n’était pas vain… Dahlia, tu es belle. Maeva, Antoine, Mélissa, Lola, Enzo, vous resterez dans mon cœur. Martin continue à prendre de soin de Margot, Lilou, tu as fait les bons choix, Gwendoline, je ferme les yeux et je te vois glisser, je te vois danser…
Bravo Corinne, bravo Monique. Votre enthousiasme communicatif m’a fait beaucoup de bien…
À moi maintenant de faire ma part…

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Extraits :

« Pour Vincent, les livres représentent un véritable refuge. De tout temps, grâce à eux, il a voyagé. Il a appris. Il s’est évadé.
Il a réfléchi. Avec eux, aujourd’hui, il peut oublier un instant sa condition précaire de SDF qui vit dans sa vieille Renault, aussi fatiguée que lui. »

« En levant les yeux, dans le ciel bleu tendre du matin, elle observe les rayons du soleil qui semblent jouer avec des petits nuages ronds et blancs, comme des touffes de coton. »

« Un soir, alors qu’ils observent ensemble un coucher de soleil magnifique, Gauvin prend doucement la main de Marjolaine et lui dit :
– Tu es ma muse, que j’ai cherchée toute ma vie.
Je veux être celui qui t’inspire et te soutient à chaque instant de ton existence. »

« – Tu as raison, mon chéri. Tu as énormément travaillé ces dernières années. À mon avis, ton manque d’inspiration est une sorte de burn-out. Et si on partait ensemble quelque part ? De vraies vacances, pour une fois ? »

« Il se souvient des mots prononcés par sa grand-mère : Ton destin est devant toi, avance à petits pas, le chemin est parfois long, mais tu y arriveras. »

« – Papi, a-t-elle dit, tu ne crois pas qu’elle a assez duré, cette brouille entre papa et toi ? Je sais qu’il en souffre et je me doute bien que toi aussi. »

« Merci Pierre, pour votre immense humanité.
Merci d’avoir semé des graines d’espoir pour un monde meilleur, tout autour de vous. Voyez, votre vœu a été exaucé ; je suis un tout petit colibri, mais je fais ma part et cela me rend heureuse. »

 

 

Corinne Falbet-Desmoulin vit à Léognan, une ville au milieu des vignes près de Bordeaux. Le goût des mots l’accompagne depuis l’enfance. Ancienne institutrice, elle consacre désormais son temps libre à l’écriture.

Avec son premier roman À l’encre du cœur, elle a obtenu le Coup de cœur du Jury du Prix Femme Actuelle Développement Personnel 2022.

Le deuxième Un seul être nous manque a été sélectionné pour le Prix du Suspense Psychologique 2022.
Tout au bout des silences est son troisième roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/24/tout-au-bout-des-silences/

Auparavant, ses nouvelles et ses poèmes ont remporté 12 Prix littéraires.
Singulières, Insolites, atypiques
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/24/singulieres-insolites-atypiques/

Si vous lui demandez ce que son aventure littéraire représente pour elle, elle vous répondra : QUE DU BONHEUR !

Monique Sanchez habite à Caudéran, un quartier chic de Bordeaux. Elle écrit depuis de nombreuses années, pour son plaisir et celui de sa famille, mais sans avoir publié. Elle plonge dans l’univers de l’édition en 2020, en écrivant un premier recueil à quatre mains, en collaboration avec Corinne Falbet-Desmoulin. Aujourd’hui, elle est heureuse de vous présenter ses histoires, à travers lesquelles elle a cherché à capturer émotions et sentiments, afin de les faire résonner en vous.

Roman, Science Fiction, Sciences, Suspense, Thriller

L’ultime expérience

de Bruce Benamran
Poche – 8 septembre 2021
Éditions : J’ai Lu

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Sylvain Guérin est un employé sans histoire à la routine millimétrée. Un matin, le JT annonce qu’un accident a eu lieu sur la route de son travail. La seule victime s’appelle Sylvain Guérin. S’agit-il d’un homonyme ? Quelques minutes plus tard, un SMS l’exhorte à ne surtout pas se rendre au bureau… Entre courses-poursuites, machination scientifique et engrenage industriel machiavélique, la vie de Sylvain repose sur un passé qui pourrait bien receler les clés de l’expérience ultime de l’humanité. Un premier thriller trépidant qui n’est pas sans rappeler les maîtres français du genre !

 

• Couv_2023-124_Benamran Bruce - L'ultime expérience

 

Pour un premier roman, Bruce Benamran a déjà bien compris les astuces pour ferrer ses lecteurs !

Lu très vite, le rythme soutenu et les chapitres très courts poussent à une lecture rapide.
Bruce a fait le choix de chapitres très courts, en passant régulièrement d’un personnage à l’autre, c’est dynamique et cela donne une vue d’ensemble sur le récit.
Véritable tourne-pages, impossible de lâcher ce roman construit comme un puzzle qui se met en place au fil du déroulement des pages. L’idée principale, quoi que déjà utilisée, fonctionne parfaitement. J’ai imaginé facilement un Ben Affleck, ou un Bruce Willis dans le rôle de Sylvain.

Il y a du suspense, il y a de la fiction, et même une pointe de science-fiction. J’ai été emballé par ce récit abouti, mais un peu plus d’émotions aurait pu amener un “plus” aux personnages que j’ai trouvé crédibles soit, mais un peu froids, j’ai eu un peu de mal à me projeter vers eux. Mais cela reste malgré tout un bon moment de lecture en attendant le prochain roman !

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Extraits :

« Je suppose que ça arrive à tout le monde, ce genre de rêves… Tu sais, celui où on – pardon, je te tutoie, mais au point où on en est, on ne va pas faire de chichi, hein… Donc, je disais, le genre de rêve où on court, sans trop savoir si on cherche à attraper quelque chose ou à échapper à quelqu’un… On peut bien être dans une forêt ou dans un long couloir, il n’y a rien qui puisse nous faire dire : “Hey, mais c’est un rêve, pas besoin de s’épuiser comme ça !” D’ailleurs, je ne devrais même pas savoir qu’il s’agit d’un rêve, à vrai dire. Mais en même temps, je ne suis pas censé te parler, alors…
Donc, tu veux connaître mon histoire ; j’espère que t’es bien installé, parce que mon histoire est aussi complexe qu’elle est inhabituelle… »

« Ça fait bizarre, quand même, je ne vais pas te le cacher. Je me suis senti un peu con, pendant deux secondes, d’avoir reproché à ce pauvre type à peine décédé d’avoir gâché ma journée alors qu’il y avait quand même peu de chances qu’il l’ait fait exprès, mais surtout, aucune que ce soit pour m’emmerder. »

« Il avait été accompagné par des gens bienveillants qui allaient l’aider à s’accomplir, à faire quelque chose d’important de sa vie, à améliorer le monde en combattant l’oppression et l’impérialisme qui se camouflaient bien en faisant croire aux populations que ce qui comptait était la liberté et l’égalité, alors que lui et ses frères savaient bien les réelles motivations de ces pays, de ces sociétés, de ces hommes impies : l’argent et le pouvoir. Tout ce qui les intéressait, c’était avoir du pouvoir, et avoir de l’argent pour acheter encore plus de pouvoir. Peu importaient les morts et les victimes. Tant que les nantis avaient ce qu’ils désiraient. »

« Ce que je vous propose, c’est d’avoir votre propre laboratoire de recherches, un budget quasiment illimité et une immunité totale. La seule chose que nous attendons de vous en retour, c’est que vous poursuiviez vos travaux et que vous en partagiez les découvertes avec un groupe restreint de… bienfaiteurs. »

 

Passionné de science depuis toujours, Bruce Benamran rêvait de devenir pilote d’avions. Il a cependant échoué aux portes de l’École nationale de l’aviation civile car il est myope ! Il s’est alors tourné vers l’informatique et a créé son entreprise d’architecture logicielle.
En 2010, il découvre les vidéos américaines de vulgarisation scientifique.
Eureka ! Il a trouvé sa voie et importe le concept en France. En août 2013, il créé sa chaîne e-penser sur Youtube qui connaît un succès croissant jusqu’à atteindre aujourd’hui plus d’un million d’abonnés suivent ses vidéos qui tentent d’expliquer la science avec humour.

Il se produit sur scène, en première partie du spectacle d’Alexandre Astier, L’Exoconférence.

Bruce Benamran est aussi l’auteur de Prenez le temps d’e-penser.
L’Ultime Expérience (Flammarion, 2020) est son premier roman.

Émotion, Drame, Historique, Roman, Suspense

Le Fil d’Argent

de Rebecca Greenberg
Broché – 27 août 2017
Éditions : Auto-Édition

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New York 2011. Thomas Gordon, journaliste d’investigation au Daily News, voit son existence basculer un jour de blizzard. Comment reprendre le cours de sa vie lorsque l’on se retrouve soudain doté de dons paranormaux ? Comment rester les pieds sur terre lorsque l’on peut désormais sortir de son corps et dépasser les limites de l’Espace et du Temps ? Sans cesse ramené dans la France occupée des années 1940, il devient témoin de la vie tragique de Simon, un Juif entré dans la Résistance, et de ses deux petites sœurs virtuoses. Bientôt les coïncidences s’accumulent et un puzzle hallucinant prend forme… Pour ne pas devenir fou et comprendre ce qui le relie à cette famille prise dans la tourmente de l’Histoire, Tom devra s’engager corps et âme dans l’enquête la plus incroyable de sa vie. Et si rien n’était dû au hasard ?

 

• Couv_2023-119_Greenberg Rebecca - Le fil d'argent

 

J’ai terminé le roman de Rebecca Greenberg depuis deux jours déjà et je ne sais toujours pas comment entamer mon Ressenti…
Tant pis, je me lance !

Le premier roman de Rebecca est MA-GNI-FIQUE, impressionnant, addictif, tellement réaliste !!!

Quel travail remarquable, documenté, réfléchi, quelle sensibilité, des personnages que je ne suis pas près d’oublier, j’entendais de la musique durant ma lecture, le violon, le piano, les mots qui s’écoulaient dans un rythme tantôt en douceur, tantôt avec violence, la beauté des âmes pures, la peur, les cris, les larmes, la laideur des autres, la haine, la jalousie. Rebecca m’a comblé en tant que lecteur, m’a envoûté en tant qu’homme. Plusieurs fois, j’ai dû stopper ma lecture, fermer les yeux étant dans l’incapacité d’aller plus loin, d’appréhender les abominations, les cruautés qui risquaient de retomber à chaque moment, à chaque page, mais malgré son récit si dur et bouleversant, il n’y a jamais jugement, ni pathos. La lecture est très agréable, fluide, j’étais complètement transporté par la plume de l’auteure. Certains lecteurs auront peut-être l’impression de lire un roman de type ”fantastique”. Pas moi. La réalité de ce phénomène, pour moi, ne fait aucun doute…

Dès le début du récit, nous suivons deux histoires qui se passent à deux périodes différentes. Nous sommes en 2011, où Tom est plongé dans un coma suite à un accident, ou en 1940, avec Simon, jeune juif qui subit la Seconde Guerre mondiale de plein fouet. Nous allons alterner ainsi d’une époque à l’autre par le biais de la décorporation, un sujet qui me plaît tout particulièrement. Tom, finalement, va sortir du coma avec un don qu’il va apprivoiser jour après jour. Mais est-ce vraiment un don ou malédiction ?
Il lui faudra plusieurs années pour le maîtriser et comprendre pourquoi il est sorti vivant du coma.

Rebecca m’a touché au plus profond de mon âme, j’aimerais tellement connaître les morceaux qu’elle avait en tête en écrivant son roman.
Durant ma “vie de lecteur” certains romans m’ont marqué. “Le Fil d’Argent” fait définitivement partie de ceux qui se trouvent en haut de la pile !

Merci pour ce voyage magnifique… Pour ne jamais oublier.
Très gros coup de cœur.

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Extraits :

« La lumière.
Diffuse, douce comme un voile.
Mouvante, comme des courants opalins,
mais se déplaçant avec lenteur.
Irradiant une paix profonde et un amour infini.
Bientôt y apparaissent des formes sans consistance,
ressemblant toutefois de plus en plus à des visages.
Oui, ce sont bien des visages… !
Des visages qu’il connaît et qu’il chérit.
Celui de Kate d’abord, puis ceux d’Andy et d’Ellen. »

« Il prit soudain conscience d’une sorte de connexion invisible entre lui et ce mystérieux inconnu aux yeux clos, une espèce de fluide non-palpable, mais de plus en plus intense. La musique, toujours plus riche, pénétrait ses tympans, son cerveau, son cœur, son être tout entier, jusqu’aux tréfonds de son âme.
Alors il comprit. »

« 1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l’identité des Juifs qu’ils ont mission d’arrêter, n’ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux. Les enfants vivant avec la ou les personnes arrêtées seront emmenés en même temps, ils ne doivent pas être confiés aux voisins »

« C’est simple, il me faut environ trente minutes pour faire un tampon qui permettra de fabriquer une cinquantaine de cartes. Chaque demi-heure supplémentaire où je parviens à rester éveillé, c’est comme cinquante vies que je sauve… »

« – Ils… ils l’ont emmenée.
– Où ça ? Nous pouvons organiser son évasion ! Je connais…
– Non, Léo, non.
Simon sentit les larmes lui brûler les yeux ; il sentait aussi les mots – ceux qu’il n’aurait certainement pas fallu dire – affluer entre ses lèvres malgré lui.
– Il est trop tard. Ils l’ont… fusillée, il y a deux jours.
Les bras de Léo retombèrent à l’instant, inertes le long de son corps. Ses yeux s’exorbitèrent pendant une ou deux secondes, puis Simon vit le souffle lui manquer. Enfin, il s’affaissa sur les genoux, dans l’herbe sèche, en inspirant dans une sorte de gémissement déchirant et ne bougea plus. Simon se laissa tomber à côté de lui, pris du besoin insoutenable de se justifier.
– Je… je n’ai rien pu faire… Je…
Mais il se tut. À quoi bon expliquer pour le moment… Qu’y avait-il à expliquer, d’ailleurs ?
Je suis vraiment désolé, finit-il par dire à mi-voix. »

« Léo secoua la tête, écœuré. Il commençait à être las de cette guerre qui n’en finissait pas. Pourquoi les Français ne se soulevaient-ils pas en masse, pourquoi étaient-ils seulement une petite poignée d’hommes à réagir ? Pourquoi devaient-ils attendre la victoire des Alliés sans bouger ? Pourquoi devoir supporter sur ses propres terres des combats sanglants entre deux pays étrangers s’affrontant sans même se soucier des autochtones ?… Combien de vies innocentes devraient-elles être encore happées ? »

 

Rebecca Greenberg part à 17 ans vivre en Afrique, au Cameroun, avec ses parents. Elle y passe son bac, et poursuit par une année d’initiation à l’Histoire de l’Art.

Lorsqu’elle rentre en France, elle entame des études universitaires cinématographiques et audiovisuelles. Elle assiste à des tournages de films, aux côtés de Gérard Jugnot et Richard Bohringer et se prend de passion pour les écrits de Stephen King, rédigeant des scripts adaptés de quelques nouvelles choisies. Elle est correctrice littéraire.

Puis elle rencontre son âme-sœur, et fait finalement le choix de se consacrer corps et âme à sa nombreuse famille.

Mère de 7 enfants, c’est la saga Harry Potter, découverte par le biais de ses enfants bien des années plus tard, qui lui donne – comme une révélation – le goût insatiable des livres et le besoin de réécrire, comme au temps de son adolescence.

Le fil d’argent (illustrations de Matthieu Biasotto) est son premier roman.

son blog : http://lefildargent.over-blog.com/
page Facebook : https://www.facebook.com/lefildargent.back/

Drame, Fantasy, Frisson horreur, Roman, Suspense, Thriller

Les Gardiens du Sanctuaire

de Martine Chifflot
Broché – 1 juin 2023
Éditions : M +

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Un thriller fantastique, qui fait suite à La Maison des Innocents et confirme la saga de New Town. Un livre percutant qui révèle les nouveaux traquenards fomentés par les suppôts de l’Enfer. Helda Hartmann, l’inspectrice, et ses héroïques coéquipiers sont confrontés aux forces maléfiques décuplées dans les tréfonds de New Town tandis que le procès des ravisseurs d’enfants s’ouvre avec grand fracas dans la capitale, provoquant des remous politiques et cosmiques. Les héros sauveront-ils les victimes des nouveaux holocaustes démoniaques ? Démasqueront-ils l’instigateur de ces horreurs ? Ce combat inégal défie et broie les bonnes volontés, le bien contre le mal, l’amour contre la haine. Les gardiens du sanctuaire défendent le Graal des Innocents contre les formidables assauts des puissance maléfiques. Des personnages extraordinaires dans des situations qui défient l’imagination.

 

• Couv_2023-116_Chifflot Martine - Les gardiens du sanctuaire

 

Les Gardiens du Sanctuaire est la suite directe de La maison des innocents !
Je ne pouvais pas attendre après l’avoir lu, il y a quelques jours, il me fallait enchaîner avec cette suite qui n’est, je l’espère pas une fin !

Ici encore le surnaturel, l’horrifique et les mystères font entièrement partie du récit. Éblouissant et captivant, je suis entré de suite dans l’histoire, qui dès le début nous offre de multiples rebondissements.
Helda, l’inspectrice aidée de ses coéquipiers, luttent contre les forces démoniaques, et enfin arrivent à les arrêter, élites, politiciens et autres hommes d’affaires en pleine célébration du Mal. Un procès va pouvoir voir le jour… Le procès du Bien contre le Mal ? Et là où j’ai cru qu’enfin le procès pourrait inverser la tendance du récit, c’est un car d’adolescent complet qui disparaît, laissant des parents dans l’angoisse et le désespoir, tandis que les démons, eux jubilent.

Martine Chifflot nous amène une fois encore dans les tréfonds de l’horreur !
La construction du récit, est pour moi, très différente de celle du premier opus. Toujours aussi noire et mystérieuse, toujours aussi soutenue et érudite (merci Google…), mais j’ai eu ici l’impression, d’entrevoir des faits et des scènes beaucoup plus réalistes, même si certaines restaient dans le domaine du fantastique. À force de voir et d’écouter l’évolution de notre civilisation telle qu’elle se porte, je serai à peine surpris… J’ai fait un lien assez vite (pourquoi ?) avec certains articles que j’ai lu de Karl Zéro, malheureusement… là pour le coup, on n’est plus dans le surnaturel ! Alors oui, régulièrement certains passages sont revenus à mon esprit. Puis… le choix de Martine de situer son récit dans un monde imaginaire, dont les noms de pays, de villes et même de certaines personnes résonnaient du coup étonnamment à mes oreilles. Est-ce un parti-pris de l’auteur de vouloir dénoncer ? Ou est-ce que je me fais des idées ? Je vous laisse réfléchir à ces questions, qui sortent un peu du cadre du roman. Mais pour moi, dès lors, “Les Gardiens du Sanctuaire” a atteint un niveau différent de lecture, qui m’a d’autant plus inquiété… Les force du mal sont vraiment partout.
Le procès est très bien mené, je l’ai vécu comme si j’y étais. Tous ces tortionnaires sur la sellette. Ceux qui ont honte, qui se confondent en excuses et les autres, qui vous regardent dans les yeux et revendiquent le fait qu’ils n’ont rien à faire dans cette parodie de procès, qu’ils ont bien sûr été piégés par leurs adversaires politiques ou autres…

Superbe roman et très fort à la fois ! Un sans-faute pour moi, avec un retournement très intéressant qui est venu me vriller l’esprit. Martine aborde et mène très intelligemment cette thématique de la pédocriminalité qui ne pourra qu’ouvrir les esprits…

Encore Bravo Martine ! Même si je reste encore sous le choc de ce récit glaçant, angoissant, teinté d’horreur et de noirceur.

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Extraits :

« Depuis l’enlèvement de son mari et après avoir su tout ce qu’il avait enduré, Gina avait perdu tout goût à l’existence et elle s’était laissée emporter par une dépression visqueuse qui paralysait toute volonté. Le couple avait dû quitter sa maison de rêve, l’atelier, les statues entreposées qui avaient finalement été transportées dans les hangars de Todd, mais plus rien n’avait de sens pour Gina et l’art lui apparaissait maintenant comme une effroyable vanité destinée à détourner les hommes de l’essentiel, mais quel était cet essentiel ? »

« Si Helda avait survécu, le chien aurait pu supporter la mort de son maître, mais que serait-il devenu, seul au chenil, sans eux ? L’amour était la seule chose qui importât. Maintenant et toujours, il le savait. Sans l’amour, il n’était rien. Sans Helda, sans le chien, tout volait en éclats comme une bombe qui explose, tout se dispersait sans liens, sans attrait, rien. Le vide sidéral et sidérant, le trou noir dispersant les atomes, les particules… Comment ce tas de particules pouvait-il aimer ? Vivre sans aimer ? C’est l’amour qui lie, qui attire, qui retient… »

« L’informateur était entré dans l’appartement et le majordome le conduisait à travers maints couloirs après lui avoir soigneusement bandé les yeux. L’adresse était tenue secrète, mais une exception avait été autorisée en raison de la gravité des faits et des circonstances. Le risque n’en était pas moins grand et le majordome, bien que masqué, en mesurait toute l’ampleur. Jamais on ne recevait ici des adeptes ordinaires, seuls les plus hauts dignitaires avaient foulé le sol de ce lieu caché où séjournait l’Envoyé suprême. »

« Les visites du démon s’étant raréfiées, la pauvre femme éprouvait un manque affreux, car ses sens avaient été totalement envoûtés par les saillies généreusement dispensées au début, puis plus parcimonieusement afin que le désir s’accrût au fur et à mesure du retardement de l’effet. Elle était en manque depuis plusieurs jours lorsque son incube se manifesta enfin sous les aspects qu’elle lui préférait. Sa silhouette étrange se dessinait cette fois dans la clarté lunaire près d’une fenêtre délabrée et il dégageait une odeur vaguement pimentée, propre à la soumettre totalement. Le moindre de ses mouvements provoquait un torrent de désirs impurs, réduisant la misérable à s’agenouiller pour quémander son dû. »

 

Ecrivain, auteure et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe ici un roman percutant, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie hdr et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.

La maison des innocents
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/26/la-maison-des-innocents/

Émotion, Fantastique, Frisson horreur, Noir, Roman, Suspense

La maison des innocents

de Martine Chifflot
Broché – 17 février 2022
Éditions : M +

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Une ténébreuse affaire…

Des disparitions inexpliquées déjouent le flair de l’inspectrice Hartmann tandis que le comté semble sombrer sous l’emprise d’une force polymorphe aux mystérieux tentacules.

Qu’est devenu Richard Elton, brutalement arraché à ses études et à Julia, son amour d’enfance ? Quelle menace pèse sur les quartiers septentrionaux de New Town ?

Le lecteur frémit au récit des innommables épreuves endurées, au gré d’un suspens qui convoque toutes les puissances du monde et de l’au-delà.

Un roman captivant, qui déploie les facettes bigarrées d’une histoire vertigineuse, portée par des personnages énigmatiques ou attachants.

Un thriller somptueux, dans l’ambiance gothique d’un beau quartier, qui renoue avec la tradition du réalisme fantastique aux multiples sens.

À lire…passionnément !

 

• Couv_2023-113_Chifflot Martine - La maison des innocents

 

Je découvre l’écriture de Martine Chifflot avec La maison des innocents, et…
Comment vous dire ?

Comme le dit très bien Martine avant d’entrer dans le vif du sujet : “Lecture déconseillée aux enfants de moins de 15 ans.” Et je dirai même “déconseillée aux personnes sensibles”, car il faut vraiment avoir le cœur bien accroché tout le long du récit.

J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises. Je crois n’avoir jamais lu à ce jour un roman, du genre, d’une telle qualité. Le choix des mots, la structure des phrases, les longs chapitres qui s’enchaînent sans savoir avant quelques lignes quel est le personnage impliqué. C’est très bien écrit, méticuleux, exigeant, très érudit, j’ai appris énormément de mots que je n’avais jamais ni lu ni entendu.
Quelle belle surprise !
Alors, oui, c’est violent, très violent même. Des meurtres, en veux-tu, en voilà, des viols d’adultes, d’enfants, c’est parfois une véritable boucherie, des scènes très intenses, mais le sujet du roman légitime tout ce qui pourrait paraître excessif. Nous sommes dans un roman mystérieux où les ombres règnent, au point d’être dérangeantes, oppressantes. Mais il y a la lumière, faible au début, à peine des points lumineux qui vont s’étendre, se multiplier, s’unir pour combattre le Mal, s’unir pour une descente aux enfers vertigineuse, parfois même une descente dans les méandres de la folie.

Impossible d’échapper à ce piège, je suis tombé dedans, tout au fond… Là, où le satanisme tient une part très importante.

Le récit se déroule dans un monde imaginaire, très proche du nôtre. Nous sommes à quelques kilomètres de New Town où régulièrement des personnes disparaissent mystérieusement, hommes, femmes et enfants.
La police est complètement perdue, pas assez de moyens, et des ordres venant de “plus haut” qui font bien comprendre que ce n’est pas une priorité. Lorsque Richard Elton, un jeune homme de bonne famille, disparaît, là, une enquête sérieuse est exigée. Dès lors, la police n’hésite pas à contacter des médiums pour résoudre leur affaire. Suzanne, est l’une d’entre elle et elle va très vite percevoir des vibrations négatives. Les plus fortes qu’elles ai subies à ce jour. Elle va déranger le monde des esprits, des fantômes et des démons, toutes les créatures qui peuplent ce monde, au plus fort de leur puissance se nourrissant des crimes, tortures et perversités diverses perpétuées en offrande pour eux…

La police aidée de plusieurs médiums arrivera-t-elle à mettre fin au mal omniprésent ?

Impossible de sortir indemne d’une telle lecture, j’ai fait de nombreux “aller/retour” dans ma lecture, mais j’étais en haleine du début jusqu’à la fin.
Original, machiavélique, et riche en rebondissements.
Bravo Martine Chifflot, j’ai dévoré un véritable “chef-d’œuvre” !

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Extraits :

« À maintes reprises, ils avaient dû refuser de défendre des clients abjects dont les manigances avaient causé des pertes ou des faillites irrémédiables. Ces escrocs avaient parfois gain de cause dans les procès car la vertu se défend souvent mal. Les cabinets concurrents étaient moins scrupuleux et le pays souffrait de cet amoralisme contagieux. »

« Madame Elton était arrivée en larmes et s’était effondrée dans le bureau. Elle avait sans doute trop attendu avant de signaler le fait. Mais sait-on jamais si quelqu’un reviendra et à quel moment ? C’est là le problème. Les gens attendent des heures, quelquefois plusieurs jours et quand l’enquête commence, certains indices précieux ont, eux aussi, disparu. La pluie, le vent, les balayeurs effacent les traces. Le temps recouvre le drame d’une sorte de manteau silencieux. »

« La médiumnité est plutôt une charge pour tous ceux qui l’éprouvent réellement, seuls les charlatans s’en réjouissent, et Suzanne s’efforçait de refouler ses prémonitions et de taire ses visions. Depuis quelques semaines, des cauchemars la troublaient pourtant et elle sentait qu’un gros nuage allait passer. Il conviendrait sans doute de se remettre en activité de réception car des innocents paraissaient pâtir dans des tréfonds obscurs. »

« William pleurait de douleur et de joie, il souffrait le martyr, mais il avait rencontré deux amis, un homme des bois extraordinaire et un loup déguisé en chien. Pourraient-ils l’accompagner à New Town pour effectuer leur déposition ? Il le leur demandait instamment. Pour Oswald, c’était soudain une bouffée d’espoir, il avait rencontré un vrai policier et son chien était heureux. Malgré sa haine de la civilisation, il irait à la grande ville. »

Écrivain, auteure et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe ici un roman percutant, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie hdr et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.

Émotion, Poésie, Psychologie, Roman, Thriller

L’Invitation

Préquel du thriller “Un Dossier explosif”
de Anne-Marie Bougret
Broché – 17 juillet 2023
Éditions : Auto-édité

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Ambivalence, mystère et suspense avec cette échappée à New York où John Stephen, un bel architecte, invité avec son épouse à un bal masqué, risque sa vie en se laissant séduire par d’autres femmes…
Il est préférable de lire en premier cette nouvelle qui est le préquel du thriller, Un Dossier explosif. Bien que les deux peuvent se lire indépendamment.

Anne-Marie Bougret nous propose une histoire aux apparences trompeuses, qui ressemble à une romance, mais qui se transforme en thriller et où le mélange entre rêve et réalité nous plonge dans une sorte de vertige sensoriel.

L’autrice frappe vite et fort, le lecteur doit bien s’accrocher. Jolie prouesse pour un format aussi court.

 

• Couv_2023-112_Bougret Anne-Marie - L'Invitation

 

Je termine à l’instant L’invitation d’Anne-Marie Bougret !
J’ai décidé de partager mon Ressenti tant que je suis encore chaud… Dès le début de la lecture, j’ai été comme envoûté par ce mélange de mystère et d’érotisme si bien dosé. Habituellement, ce n’est pas mon type de lecture. Je ne savais pas du tout où je mettais les mains, et pour le coup les yeux aussi tellement la nouvelle est visuelle. Oui, c’est une nouvelle, c’est même le préquel du roman suivant de l’auteure “Un Dossier explosif”.

Au vu de ce que j’ai vécu et ressenti sur ces quelques lignes fort maîtrisées, je n’ose imaginer dans quel état je serai lors de ma prochaine lecture d’Anne-Marie !
C’est tout d’abord, vraiment le visuel de la couverture qui m’a donné l’envie d’acheter le livre. Le genre de photos que j’ai longtemps eu sur mes fonds d’écran et que j’avais adolescent accroché sur tous les murs de ma chambre au grand désespoir de mon frère (…qui ne s’est jamais plaint d’ailleurs !).

John Stephen, un jeune architecte, plutôt bien fait de sa personne est invité avec son épouse à un bal masqué. Cette invitation va marquer à jamais leurs vies de couple, mais pas du tout comme ils s’y attendaient. Très vite, John se retrouve entre les mains de très belles femmes qui savent ce qu’elles veulent. Il se laissent séduire, prend du plaisir… Mais tout va aller beaucoup trop vite, le piège va se refermer sur lui. Était-ce un rêve ou la réalité ? Sa femme, qui le cherche partout, est fatiguée. Elle décide au bout de quelques heures de rentrer seule, mais reste dans un grand désarroi.

Anne-Marie, frappe dès le début, vite et fort, je n’ai eu qu’à me laisser porter par une tension grandissante, c’est très visuel, envoûtant et de qualité.

Une excellente expérience de lecture pour moi, qui découvre l’auteure, et j’ai hâte de lire la suite !
Anne-Marie m’a embarqué dans son univers, mystérieux, érotique, mais je sens, qu’elle nous cache encore bien des choses…

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Extraits :
« John Stephen, architecte, et Vanessa, son épouse, ont décidé d’aller à une réception, une invitation étrange provenant de Brandon, l’associé de celui-ci.
La fête aura lieu dans un château des environs de New York. Elle se promet d’être somptueuse et assez osée d’après les informations inscrites sur le bristol que John a reçu quelques jours auparavant. »

« Au même moment, au-dessus de lui, il entend le bruit caractéristique d’un rideau de fer qui s’abaisse.
La musique d’ambiance s’arrête net, les lumières s’éteignent les unes après les autres. Seules, celles qui sont destinées à la sécurité répandent leurs faibles lueurs verdâtres sur ce monde factice, presque inquiétant. »

« Les yeux lui piquent, il se les frotte. Mais non ! il ne rêve pas. Les deux diablesses l’encerclent et commencent à le déshabiller. Au bout d’un instant, il se retrouve en caleçon, allongé sur la banquette. Des mains le caressent de tous côtés, une bouche s’empare de ses lèvres, une autre de son sexe. Il tente de résister, mais bien vite se laisse aller à une volupté sans pareille. »

« Ce matin, un architecte du nom de John Stephen vient d’être retrouvé dans un motel en compagnie de Lydie Nafair, ex-mannequin, décédée d’une overdose. Il a été constaté également que monsieur Stephen avait lui-même ingéré de la drogue. En attendant d’en savoir un peu plus, la police le place en garde à vue… »

 

 

Anne-Marie Bougret est une ex-danseuse et une romancière.

Passionnée de danse, elle a suivi une formation à l’Institut d’Art Chorégraphique (IPAC) de Paris. Elle a ouvert son école de danse à Bourgoin-Jallieu qu’elle a dirigée pendant 22 ans. Suite à des immobilités forcées, conséquence de son métier de danseuse, elle s’est mise à lire beaucoup et à écrire.

Depuis 2019, elle a publié cinq romans qui sont à découvrir sur son site :
https://www.annemariebougret.fr