Amour, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Le refuge

de Alain Beaulieu
Broché – 16 février 2022
Éditeur : Éditions Druide

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Antoine et Marie ont choisi de vendre leur maison en ville pour s’installer dans ce qu’ils appellent leur Refuge, un chalet sans eau courante ni électricité situé au pied d’une montagne, à deux pas d’une rivière. Ils y coulent les jours tranquilles de leur retraite jusqu’à ce qu’ils soient victimes d’un braquage de domicile par une nuit sans lune du mois de juin. À compter de ce moment, le couple aura à vivre avec la honte des gestes posés dans la foulée de l’agression subie et la crainte que ses secrets ne soient découverts. Irrémédiablement, les vies d’Antoine et Marie, qui n’avaient jusque-là été rien d’autre qu’ordinaires, basculeront dans le chaos alors qu’un étau se resserrera autour d’eux.

 

• Couv_2024-024_Beaulieu Alain - Le refuge

 

Antoine et Marie couple de retraité, avaient prévu de vivre sereinement la suite de leur vie dans leur maison de bois, perdue au bord d’une forêt au Québec. Après une vie bien remplie, ils souhaitent plus que tout être tranquille et avoir la paix. Ils n’ont pas d’électricité, ni d’eau courante, mais vivent au bord d’une rivière et cela leur suffit amplement.
Malheureusement, le destin va en décider autrement…

Une nuit, ils sont réveillés en sursaut par des cris derrière les murs leur indiquant que la forêt est en feu !
N’ayant pas les mêmes perceptions de cette nuit, la vie d’Antoine et de Marie va se transformer en combat permanent pour sortir d’une spirale qui les attire irrémédiablement vers le drame qu’ils ont vécu.

La forme d’écriture adoptée par l’auteur est très intéressante, d’ailleurs pour moi, elle est la raison du livre.
Ancien professeur d’université en création littéraire, Antoine raconte ce qui s’est passé. Il prend en main le récit dès le début du roman. Mais très vite, Marie ajoute quelques mots d’abord qui s’inscrivent dans les idées d’Antoine, mais petit à petit Marie n’adhère plus aux mots de son conjoint et ses propres pensées s’opposeront à celles de son mari, elle refuse qu’il parle en son nom.

C’est donc une narration alternée entre le couple, qui va raconter le terrible événement. Leur maison n’est plus un lieu de paix. Comment vont-ils réagir au malheur qui leur est arrivé ?

La perception d’une chose est un ressenti très personnel. Chacun vivra un traumatisme à sa façon. Pour certains, ce sera le déni, d’autres s’enfonceront dans le silence, alors que d’autres encore auront besoin de le partager, de communiquer.
La sécurité n’existe plus dans le quotidien d’Antoine et Marie dans ce récit très original et fort bien mené. Heureusement, il y a de l’amour dans ce couple. Marie ne supporte plus la dégradation physique et psychologique de son mari. Elle va tout faire pour le retrouver.

Alain Beaulieu joue avec ses lecteurs.
Rebondissements successifs, suspense et psychologie dans ce thriller psychologique et philosophique que j’ai lu d’un trait, captivé que j’étais jusqu’à la dernière page.

Une intrigue sur fond de nature vierge, particulière, intéressante, haletante… et d’une belle finesse.

Nous avons tous passé un très bon moment de partage et d’échanges au château de l’Hermitage ce vendredi soir, où j’ai découvert un autre “Alain” très drôle et bavard ainsi que sa compagne Chantal, fort charmante…

Après avoir été nommé en 2017 avec L’interrogatoire de Salim Belfakir (Druide), Alain Beaulieu remporte cette fois-ci le prix France-Québec 2023 pour son roman “Le refuge”.

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Extraits :

« Je suis né Antoine Béraud dans une maison du quartier Saint-Roch à Québec qu’on a démolie deux ans plus tard pour y faire passer une autoroute. Issus d’un milieu ouvrier, mes parents ont connu leur lot de misère avant qu’un emploi dans la fonction publique n’offre à mon père l’occasion de se glisser lentement sous les jupes de la classe moyenne. Après l’entrée de ma sœur cadette à l’école primaire de notre quartier, ma mère a mis à contribution ses compétences en relations interpersonnelles pour se dénicher un emploi de secrétaire à l’université. Tout ça pour dire que je n’ai jamais manqué de rien, passant même mes étés d’adolescence à la campagne dans un chalet rudimentaire mais chaleureux situé dans le haut d’une avenue donnant directement sur un lac. »

« Cette entrée en matière me semble convenue, voire réductrice, car mon mari aurait bien des choses à dire sur sa jeunesse en dehors de ces lieux communs. Mais comme je ne suis pas que “la femme de”, je parlerai pour moi et lui laisserai le monopole de ses révélations personnelles, m’octroyant cependant le droit de rectifier au besoin ce qui, dans sa version de ce qui nous est arrivé, me semble fautif. »

« Vous excuserez le ton, et la volatilité de ma pensée. J’ai un peu perdu la main, et mon cerveau s’égare souvent dans des digressions que je n’arrive à réfréner que lorsqu’on me rappelle à l’ordre. Or, seul devant la feuille de papier sur laquelle je m’échine à écrire à la main, je perds mes moyens et laisse libre cours à ce que mon esprit choisit d’exprimer. »

« Je prends ici une grande respiration, car c’est un peu ce qui s’est produit dans les jours et les semaines qui ont suivi, comme si le temps s’était arrêté sur cet été splendide, le soleil faisant valoir son droit d’aînesse sur des nuages toujours éphémères. Nos enfants étaient partis pour l’été, notre fille chez une amie installée à Toronto et notre fils à Copenhague avec sa conjointe pour son projet de recherche en santé internationale – auquel nous ne comprenions pas grand-chose. »

« Je garde un souvenir ému de cette journée avec les étudiants d’Antoine et leurs familles, comme si la vie avait voulu appliquer un baume sur notre détresse. Un dôme d’allégresse avait recouvert le terrain, et rien n’était venu altérer l’état de béatitude dans lequel nous avait plongés l’initiative de Martin. »

 

Alain Beaulieu est écrivain, enseignant, chercheur en création littéraire à l’Université Laval et directeur de la collection Alinéa (Druide). Plusieurs de ses romans ont été cités pour un prix littéraire, dont L’interrogatoire de Salim Belfakir (Druide, 2016) pour le prix France-Québec et Le postier Passila (Actes Sud, 2010) pour un Prix du Gouverneur général. Il a remporté le Prix de création littéraire Ville de Québec-Salon international du livre de Québec à deux reprises. Il dirige la revue Le Crachoir de Flaubert, en plus d’être membre du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en science de la Société royale du Canada.

 

Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

L’Ombre du Prédateur

de Gérard Saryan
Broché – 14 mars 2024
Éditions : Taurnada Éditions

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Lorsqu’un adolescent est découvert crucifié sur une plateforme au milieu du lac de Lambecq, les villageois sont consternés. Qui a pu commettre un acte aussi odieux ?
La même nuit, la soeur de la victime disparaît. A-t-elle été enlevée par l’assassin de son frère ?
La capitaine de police Agnès Demare est envoyée sur place afin de prêter main-forte aux gendarmes. Ses faits et gestes sont relayés sur les réseaux sociaux par Jade, une célèbre influenceuse lilloise.
Pour ces deux femmes que tout oppose, une enquête tentaculaire commence.
La soif de vérité emporte Agnès et Jade dans un tourbillon où la proie n’est pas toujours celle que l’on croit. Méfiez-vous, la toile diabolique de Gérard Saryan va encore vous prendre au piège !

 

• Couv_2024-019_Saryan Gérard - L'Ombre du Prédateur

 

Avant toutes choses, je tenais vraiment à remercier Joël, des éditions Taurnada pour sa confiance régulièrement renouvelée !
L’Ombre du Prédateur, est la suite de Sur un arbre perché.
Il peut se lire seul, mais ne serait-ce que pour découvrir la très belle plume de Gérard, ce serait dommage de le manquer.
Afin de donner envie aux jeunes de s’engager, et mettre en avant la gendarmerie, la capitaine Agnès Demare est envoyée à Lambecq, dans l’Indre, avec une influenceuse, Jade, spécialiste des réseaux sociaux, suite à la découverte du corps d’un jeune homme de 19 ans crucifié sur une plateforme au milieu d’un lac, afin de coopérer avec les gendarmes.
Le jeune homme, venait de disparaître, ainsi que sa jeune sœur Betty, toujours portée disparue. Les gendarmes pensent qu’elle s’est sauvée après le massacre de son frère.
Mais une seconde intrigue vient interférer l’enquête en cours. Un tueur en série, “La Demoiselle”, arrêté par Agnès et un de ses collègues quelques années plus tôt a perdu la mémoire suite à une tentative de suicide où il restera plusieurs années dans le coma.
Commence alors une enquête mystérieuse, où les deux intrigues vont se croiser !
Gérard, comme dans son premier opus, nous propose un récit très réaliste, avec une écriture directe et incisive. Il nous entraîne entre passé et présent, par le biais de chapitres courts et attractifs. C’est sombre, dérangeant parfois, mais le rythme est tellement soutenu, que j’étais happé par ses mots !
Durant toute ma lecture, j’ai essayé de trouver la chute, mais en vain. Chaque chapitre amenait de nouveaux éléments qui bousculaient mes idées premières.
Et puis, arrive une autre petite fille enlevée, depuis plusieurs et jamais retrouvée ! Maeva Laffont. Nouvelles recherches, nouvelles preuves et tout est à reprendre depuis le début…
Avec ses deux romans Gérard, entre pour moi de plein pied, dans le monde du polar, mais pas que…
Il maîtrise parfaitement les ambiances sombres et menaçantes.
Avec un final “éblouissant”, et malgré tout d’une grande simplicité, je vous recommande vivement ce livre alternant entre tension, tristesse, angoisse et… soulagement ?
Faites-vous votre propre opinion, afin de comprendre pourquoi toutes ces disparitions et ces meurtres qui s’enchaînent !
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Extraits :
« Jugeant qu’elle était assez éloignée, elle se mit à courir dans l’obscurité de cette forêt. Maëva Laffont, 6 ans, fuyait aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes. Par deux fois, elle faillit tomber, mais récupéra in extremis son équilibre en s’appuyant contre des branches à sa portée. Au loin, elle entendit le loup se lancer à l’assaut de sa proie. Avec rage.
Soudain, d’autres bruissements.
Maëva les devinait. Chacune de ses foulées était étouffée par une autre, plus énergique, plus prononcée, et plus rapide aussi. Paniquée, affolée, elle sentit des larmes couler le long de ses joues. La collision était imminente et la terreur se jouait d’elle. »
« “C’est pas possible ! C’est pas possible !”
C’est pas possible !
La phrase tournait en boucle dans son esprit. Yann Vairelles était en passe de perdre pied. Sa détresse absolue ressemblait à celle d’un homme face à l’inimaginable. Il plongea dans l’eau glacée, ignorant le choc thermique et les quelques mètres encore à parcourir, accompagnant chaque mouvement de bras d’un cri strident.
Transi de froid, il posa enfin une main sur le plan-cher. Une forte odeur métallique lui donna envie de vomir. Des dizaines d’oiseaux affamés étaient agglutinés sur… un cadavre. »
« Face à elle, la beauté à ciel ouvert. Recouvert de cette brume du matin qui s’étalait tel un manteau neigeux, le paysage s’ouvrait devant ses yeux et ressemblait à une calanque. Elle retira son téléphone portable de son brassard afin d’immortaliser l’instant. La qualification “d’écrin de verdure” que l’on attribuait à Lambecq prenait ici tout son sens. Ensoleillé, nul doute que le lieu devenait l’un de ces merveilleux endroits que seule la nature pouvait offrir. »
Féru de musique, coureur invétéré, Gérard Saryan puise ses sources d’inspiration dans ses nombreux voyages et dans une enfance solitaire et introspective. Observateur averti, il est passé maitre dans l’art du thriller psychologique où l’imagination laisse place à nos pires angoisses.
Son précédent roman Sur un arbre perché a reçu en 2023 le Prix des lecteurs “Gouttes de Sang d’Encre”, et le Prix Noires Sœurs.
Sur un arbre perché
Émotion, Drame, Histoire, Roman, Suspense, Thriller ésotérique

Vérité**

La terre promise
de Hervé Gagnon
7 mars 2019
Éditeur : Hugo Roman

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Sept siècles après Gondemar de Rossal, la Vérité est à nouveau en péril. Et elle n’a jamais été aussi terrible.
Après avoir réussi à mettre la main sur des documents hautement sensibles, protégés jadis par Gondemar de Rossal, Roland Sentenac pense avoir mérité le salut de son âme.
C’est sans compter sur le fait que le Troisième Reich est désormais sur les traces des Tables de la Loi. Convaincus qu’elles existent, Himmler et les siens déploient des moyens considérables pour les retrouver.

Les Sages de Sion, société secrète qui veille depuis deux mille ans à la préservation du peuple juif, n’ont pas d’autre choix que de se lancer à leur tour dans cette quête insensée.
Il leur faut arriver avant les SS. Et cette fois, ils comptent bien y parvenir grâce à l’aide de Roland et de la mystérieuse Anna, cette femme amnésique sans laquelle rien n’aurait été possible.
Va-t-elle le suivre dans cette nouvelle aventure sachant les risques encourus ? Va-t-elle enfin découvrir son identité ? Et qui est ce Léon qu’elle semble appeler durant son sommeil ?

 

• Couv_2024-014_Gagnon Hervé - Vérité** La terre promise

 

L’intrigue de ce second opus démarre exactement après la révélation fracassante qui concluait le premier.

1939. Les sages de Sion, les nazis et le Pape sont toujours à la recherche de la “Vérité” qui prouverait que Jésus n’est pas mort sur la croix, et qu’il n’est donc pas ressuscité, mettant ainsi à mal la religion Catholique !

Personnage très attachant, alors qu’il est loin d’être un enfant de chœur, en mission pour un Dieu qui n’a rien de miséricordieux, Roland va devoir faire un choix, afin de décider pour quel camp il va œuvrer !
Il est toujours accompagné d’Anna, à la recherche de ses souvenirs perdus, qui grâce à ses talents linguistique permet à Roland de résoudre toutes les énigmes qu’ils trouvent au fur et à mesure de leur tâche…

Le récit reprend les mêmes thèmes qui m’avaient fait plonger dans le premier volume : l’intégration de l’Histoire, les nombreux rebondissements, et surtout l’ésotérisme qui plane tout le long des chapitres.
Il va même au-delà de ce à quoi je m’attendais, et je l’ai trouvé meilleur que le premier.
Hervé Gagnon ne nous ménage pas dans cette histoire palpitante, pleine d’action, qui fait vaciller nos croyances séculaires.

Une intrigue fine, intelligente et époustouflante à lire absolument.
Hervé reste pour moi définitivement un auteur que je vous conseille vraiment de découvrir !

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Extraits :

« – Père saint, juste, véridique et miséricordieux, qui a le pouvoir dans le ciel et sur la terre de remettre les péchés, remets et pardonne tous mes péchés en ce monde, fais-moi miséricorde dans le monde futur, chevrota-t-il en bon cathare. Conduis-moi à bonne fin.
Voilà. Il était prêt. Il se mit debout avec ses dernières parcelles de force et de volonté. »

« Quelque part, un hurlement retentit et s’étira jusqu’au bout de son souffle avant de reprendre de plus belle.
Le son de la souffrance éternelle qui l’attendait dans ce monde de désespérance. Il regarda au loin sans apercevoir le moindre indice de vie. L’éternité dans cet endroit. Et il n’y avait aucun moyen d’y échapper.
Pas même par la mort. Malgré la chaleur torride, un frisson de terreur lui remonta la colonne vertébrale et il ravala avec difficulté le sanglot qui l’étranglait. »

« Les flammes jaillirent du sol et enveloppèrent Gondemar de Rossal. Les vêtements et les cheveux du géant s’embrasèrent et il se mit à se contorsionner dans tous les sens tandis que sa peau se couvrait de cloques qui éclataient dans un grésillement sinistre. Tandis que la chair de son prédécesseur commençait à couler en dégoulinant sur sa charpente comme de la cire chaude, le sang de Roland se glaça dans ses veines. Il avala sa salive et se retourna lentement pour découvrir Métatron dans toute sa splendeur. Droit et sévère, il était enveloppé dans un halo de lumière d’une pureté inconcevable. Ses yeux avaient pris la teinte des flammes. »

« Les choix qui s’offraient à lui étaient restreints : soit il suivait la voie que l’archange s’ingéniait à lui dévoiler au compte-gouttes, soit il retournait brûler pour l’éternité avec Rossal. La décision allait de soi. Il devait jouer le jeu et espérer pour le mieux. À défaut de prier. De toute façon, la prière était futile et Dieu devait bien rire quand les supplications désespérées et ferventes de ses pauvres créatures montaient vers lui. »

 

l’auteur : Né le 26 août 1963 à La Baie, au Québec, Hervé Gagnon détient un Ph.D. en histoire et une maîtrise en muséologie de l’Université de Montréal. Habitant depuis 1995 dans la région des Cantons de l’Est, au Québec, il consacre ses temps libres à la musique, à la lecture, à l’ornithologie et à la cuisine. Amateur de blues depuis sont adolescence, il voue une grande admiration au mythique guitariste Robert Johnson.
Après avoir œuvré pendant plus de 25 ans dans la mise en valeur du patrimoine et l’enseignement universitaire, il se consacre entièrement à l’écriture 2010.

Reconnu comme un des maîtres du thriller et du polar ésotérique, il a signé entre autres les séries Damné (vendue à plus de 200 000 exemplaires en français seulement), Malefica et La mort du Temple.
Ses livres ont été récompensés à plusieurs reprises.

La légende de Jack
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/21/la-legende-de-jack/

Jeremiah
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/24/jeremiah/

Maria
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/27/maria/

Crossroads
https://leressentidejeanpaul.com/2021/12/07/crossroads/

Vérité* Les sages de Sion
https://leressentidejeanpaul.com/2024/02/23/verite/

Adolescence, Émotion, Drame, Noir, Suspense

VICES

Épisode 02 : Zabulu
de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

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« Un hurlement explose dans sa poitrine quand la lumière jaillit et qu’elle se voit, les mains plongées dans le ventre ouvert de sa mère. Derrière elle, un filet de voix l’appelle. Affalé dans l’ombre, une machette en travers de la gorge, son père tend le bras »

Les 608. Une cité abandonnée, dernier refuge des laissés-pour-compte. Un jeune délinquant disparaît dans des conditions mystérieuses et une vieille dame y est brûlée vive. Bien que les deux affaires ne semblent pas liées, les mêmes ombres cernent les personnes impliquées.Grâce à la dernière enquête qu’elle a brillamment résolue, l’avenir de Marie à la BJV semble bien engagé. Sa confiance est renforcée par les sentiments toujours plus forts qui l’unissent à Zolan. Seule ombre au tableau : Sophie, sa rancunière collègue, qui ne se conforme pas à cette idylle. Si les destins tragiques des réfugiés la déstabilisent, ce sont les animosités qui bourgeonnent dans la brigade qui l’inquiètent. Zolan est lui aussi tiraillé par les fantômes issus de son adolescence tumultueuse. Chacun à leur manière, ils s’escriment à les contrer. Mais le destin ne frappe pas toujours là où on l’attend…

VICES est une série littéraire de 8 “épisodes” dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

 

• Couv_2024-012_Paladini Gipsy - Vices_02

 

Seconde enquête pour Marie Lafontaine à la BJV.
Chaque tome peut se lire indépendamment, mais c’est tellement fort, que je vous conseille de faire comme moi et d’apprécier chaque opus qui révèle l’évolution des personnages.

Comment Gipsy, parvient-elle à être aussi dure et douce à la fois ? D’avoir une plume violente dotée d’une sensibilité époustouflante !
Malheureusement, je n’ai pas pu enchaîner le premier volet “3 petits singes” avec celui-ci, à cause des SP que je reçois, mais je savais que je le glisserai dès que possible, j’avais hâte de retrouver les enquêtes de Marie et Zolan…

Le style de Gipsy bouscule, interpelle même, elle construit “son” polar en dehors des clous, à sa façon, avec un style tellement différent de ce à quoi je suis habitué. Profondément humaine, terriblement sensible, je pense que telle est l’auteure. Elle nous prend, nous enlace et nous emmène dans un univers sombre, fragile et fort à la fois… Et c’est en avançant dans le récit, en entrant dans les chapitres petit à petit, qu’une petite lumière au loin, une chaleur nous attend, dotée d’une galerie de personnages attachants, variée et très impressionnante…

Entre lumière et noirceur, Marie et Zolan se perdent-ils pour mieux se retrouver dans ces cités, où la misère du quotidien ne génère que la violence et le mal ?

Encore une fois, Gipsy m’a conquis par sa plume noire, acérée, piquante, mais tellement plus encore…
Si vous aviez aimé le premier volet, n’hésitez surtout pas !!!

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Extraits :
« – Je ne connais rien à la vie.
– Depuis quand est-ce un défaut ?
Avec sa bienveillance habituelle, l’instructeur s’était rapproché d’elle tandis que leur parvenaient les encouragements des apprentis policiers sur le terrain d’entraînement.
– Fais de ce désavantage un atout. Ton esprit est brut, dénué de préjugés, tu es plus apte à analyser les situations en toute impartialité. »

« Leurs cheveux sont filasse, leurs yeux cernés. Des croûtes en partie arrachées parsèment leurs bras. Deux grosses négligées qui vivent recluses dans leur appartement, c’est ainsi qu’elles sont considérées. Méprisées par les familles de leurs agresseurs, conspuées par leurs voisins, car elles réclament encore justice.
C’était arrivé cinq ans plus tôt. Leurs assaillants étaient des gosses au moment des faits. Maintenant, ils ont changé. Certains sont de bons pères de famille. Il faut oublier tout ça. L’obscurité poussiéreuse de la cave, les sexes qui les étouffent, le goût infect de ce qu’on les force à avaler… Oublier ça, non, elles ne le peuvent pas. »

« La scène débute en pleine action : quelqu’un au sol est roué de coups. On ne voit pas l’agresseur, seulement son pied qui s’abat avec une telle force que le corps décolle à chaque assaut. Prise depuis la cage d’escalier, en hauteur, à environ quatre mètres, la vidéo dévoile l’entrée d’un appartement que l’on aperçoit à travers la porte entrebâillée. Le mauvais cadrage de l’image trahit la nervosité de celui qui filme. Vraisemblablement avec un portable. »

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Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué « Sang pour sang » en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

VICES – Épisode 02 : 3 petits singes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/18/vices/

Drame, Histoire, Roman, Suspense

Tuer est un art***

Une enquête d’Hippolyte Salvignac
de Philippe Grandcoing
Broché – 12 mars 2020
Éditions : de Borée

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Point de repos pour Hippolyte Salvignac, l’antiquaire rentré au service de la police de Clemenceau. Un mystérieux cadavre vient d’être découvert à Giverny, à deux pas de la maison du peintre Claude Monet. Flanqué de son inséparable complice, l’inspecteur Lerouet, le voilà plongé au cœur d’une intrigue où l’on ne compte plus les crimes extraordinaires : assassinat du peintre Steinheil, époux de l’ancienne maîtresse du président de la République, meurtre du beau-frère de Claude Monet dans son hôtel particulier…

Aidé par Maurice Leblanc, le créateur d’Arsène Lupin, Hippolyte tente de démêler l’écheveau de ces multiples intrigues.

Une enquête captivante et haletante, où une nouvelle fois s’entremêlent les monde de l’art, de la politique et du crime.

 

• Couv_2024-010_Grandcoing Philippe - Tuer est un art

 

Troisième volet des enquêtes d’Hippolyte Salvignac

Quel bonheur de retrouver l’élégance, le style, la richesse et l’authenticité de Philippe Grandcoing… Il me ramène dans le passé, me donne l’impression d’y être vraiment, mais pas seulement. Que ce soit dans les rues changeantes de Paris ou dans cette aventure dans la campagne normande, les mots de l’auteur expriment son amour et sa connaissance du patrimoine et de l’histoire. Et malgré un côté technique, très documenté, il y a quand même beaucoup de poésie.

Encore une fois, avec efficacité et d’une main de maître, cette nouvelle intrigue nous plonge dans l’atmosphère politique, sociale et culturelle de cette époque. De plus, les personnages récurant prennent de l’ampleur et on arriverait presque à croire qu’ils évoluent comme s’ils étaient à nos côtés. Quel plaisir de “revoir” et côtoyer des écrivains, des peintres et des hommes politiques du début du XXe siècle.

Une nouvelle enquête pour Hippolyte Salvignac qui nous entraîne dans une aventure où les morts se succèdent autour de Claude Monet !

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Extraits :

« Hippolyte Salvignac contemplait les berges ombragées du fleuve qui défilaient sous ses yeux. En amont de Gaillon, les flots de la Seine avaient formé de vastes îles sablonneuses ceinturées d’aulnes et de saules, envahies par de hautes herbes ondulant sous la brise. Les occupants des lieux, aigrettes, canards, poules d’eau, s’envolaient à leur approche. Il se prenait à imaginer qu’il était un explorateur descendant quelque rivière au cœur d’un continent sauvage et inconnu. De temps à autre, la cheminée en briques rouges d’une usine ou le panache gris d’une péniche à vapeur le ramenait à la réalité : il canotait au cœur de la France de 1908. Et nombreux étaient ceux qui, comme lui, profitaient des agréments de l’endroit. Pêcheurs confortablement installés sur la rive ou calés au fond de leur barque, promeneurs solitaires, bandes de jeunes gens en goguette, flâneurs du dimanche et familles parties pique-niquer au bord de l’eau. »

« – Ce cher monsieur Salvignac. Cela faisait un bail ! Presque un an, je crois. Comment vous portez-vous ?
– Fort bien, Monsieur le président du Conseil.
– Allez, allez. Pas de protocole entre nous. Laissez tomber les titres. Je vous rappelle que nous avons passé toute une soirée ensemble au bordel. Ça crée des liens.
Salvignac rougit à l’évocation de cette nuit où il avait tellement bu qu’il ne se souvenait de rien, ce qui lui avait valu de connaître quelques jours durant les geôles de la prison de la Santé et les dédales du palais de Justice.
– Oh ! A ce propos, poursuivit Clemenceau, je crois que je ne vous ai jamais vraiment remercié. »

« Le 17 juin, après dix jours passés à la campagne, Salvignac se résolut à rentrer à Paris. La veille au soir, Lerouet était revenu de la capitale, affichant un air soucieux et maussade. Durant tout le repas, il se mura dans le silence, ne répondant que par monosyllabes aux questions de Madeleine et d’Hippolyte. Enfin, au dessert, il laissa exploser sa colère. Il n’en pouvait plus de travailler avec des incapables ou des corrompus. Il vomissait la guerre entre services, les coups bas et les règlements de comptes politiques. Hippolyte tenta un commentaire. Mal lui en prit. L’inspecteur bondit de sa chaise tel un diable et monta s’enfermer dans sa chambre. »

 

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée.

Publications
Ouvrages historiques et scientifiques

– Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
– La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
– Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
– Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

– Le Tigre et les pilleurs de Dieu, éditions De Borée, 2018.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/07/le-tigre-et-les-pilleurs-de-dieu/

– Le Faubourg des diaboliques, éditions De Borée, 2019.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/23/le-faubourg-des-diaboliques/

– Tuer est un art, éditions De Borée, 2020.
– La Conspiration hongroise, éditions De Borée, 2021
– La Malédiction de Rocalbes, éditions De Borée, 2022
– Les Noyés du bord de Marne, éditions De Borée, 2023

Ouvrages collectifs

– 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
– Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
– L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
– Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
– Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
– Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
– Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
– Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
– Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
– Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
– Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
– Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
– Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
– Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
– Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
– Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
– Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
– Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
– La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
– Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
– L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

Publications diverses

– Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

Émotion, Drame, Fantastique, Psychologie, Suspense

La forêt

de Luca Tahtieazym
Broché – Grand livre, 5 juillet 2022
Éditions : Inceptio

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N’ENTREZ PAS DANS CETTE FORET,
VOUS POURRIEZ NE JAMAIS EN SORTIR…

1958.
Lors d’une sortie scolaire, sept adolescents s’égarent en forêt et se réfugient dans une cabane abandonnée, au centre d’une clairière.
Très vite, ils comprennent que toute tentative de fuite les ramène systématiquement à leur point de départ. Un constat s’impose : ils sont prisonniers.
Et de tous les dangers qui les guettent, le pire n’est peut-être pas cette Chose qui rôde la nuit…

 

• Couv_2024-009_Tahtieazym Luca - La Forêt

 

1958.
Une banale sortie scolaire en forêt avec le professeur de biologie, madame Lambert.
Durant cette sortie, sept enfants âgés de douze à treize ans, se font distancer par le reste du groupe.
Sept enfants, Élise, Claire, Simon, Romain, Achille, Naguib et Louis.
Toujours aucune nouvelle des autres… Par où sont-ils passés ? Impossible de les retrouver et la nuit qui ne va pas tarder. Se sont-ils perdus à ce point ?
Finalement, ils décident d’aller tout simplement au point de départ de leur sortie, là où ils sont arrivés. Ils avancent en file indienne. Soudain, un claquement retentit. Un coup de tonnerre qui les fait tous sursauter. Un éclair fulgurant s’écrase juste devant eux, à quelques mètres à peine.
L’inquiétude qui pesait sur leurs épaules se transforme en peur ! L’écho continue à vibrer dans l’air un long moment, ils repartent très vite, dès lors, c’est la peur qui les guide. Impossible de retrouver leur point de chute, mais heureusement au bout de plusieurs kilomètres, ils découvrent une vieille cabane abandonnée. Ils décident d’y entrer pour se protéger, mais surtout pour se reposer… Demain sera un autre jour. D’ailleurs, les secours sont sûrement déjà à leur recherche.

Je n’avais jamais lu de roman de Luca Tahtieazym. J’imagine très facilement le plaisir qu’il a dû ressentir en déposant “ses pions” au fur et à mesure de son écriture. Un roman de plus de quatre cents pages où je ne me suis pas ennuyé un instant, bien au contraire. La structure de l’écriture de Luca nous fait vivre cette aventure de l’intérieur en totale immersion avec ces sept enfants qui vont se retrouver livré à eux-mêmes avec les difficultés d’adaptation que l’on peut imaginer dans un milieu hostile, alors qu’ils n’ont rien pour subsister, ils vont devenir des chasseurs-cueilleurs.
Là où Luca est très fort, c’est qu’en partant d’un sujet tout simple, il arrive à construire un récit fascinant, entre voyage dans le temps, récit fantastique, voire même récit surréaliste !

Je me suis enfoncé dans cette forêt avec eux, recherchant désespérément une sortie et me posant de nombreuses questions. Mais pourquoi, au bout de plusieurs jours, n’arrivent-ils toujours pas à quitter cette forêt ? Que devront-ils faire pour survivre ?

Personnellement, j’ai été emporté par la magie du récit, par la belle plume de Luca, par des personnages intéressants qui ont TOUS un vrai plus à donner à l’histoire, par les rebondissements constants qui s’enchaînent jusqu’au point final.
Coup de cœur pour cette superbe “aventure” qui risque fort de heurter les plus cartésiens d’entre nous, mais pour tous les autres,… foncez vite vers une très belle découverte !

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Extraits :

« Je soupirai bruyamment. Devant moi, notre professeur de biologie, madame Lambert, se retourna. Ses yeux plissés trahissaient son exaspération. Ses gros sourcils broussailleux, arqués en forme d’hirondelle, se rejoignaient au-dessus de son nez, accentuant la moue outrée qu’elle affichait au moindre murmure de l’un de ses élèves.

« Un problème, Louis ?
– Non, Madame.
– Je préfère ça. »
Elle fixa son attention sur le sentier. »

« Soudain, alors que le chemin visible se rétrécissait dans les frondaisons étouffantes, le claquement retentissant du tonnerre frappa. Un choc tonitruant à réveiller les morts. Nous sursautâmes tous les sept à l’unisson. Un frisson me parcourir l’échine. Tous mes poils se dressèrent, et je retins ma respiration. Les nues allaient s’abattre sur nous. La boule au ventre, vous la connaissez ? Vous l’avez déjà eue ? Celle qui contracte vos intestins et les vrille dans tous les sens, qui vous oblige à fermer les yeux en serrant les dents. Les déflagrations résonnaient encore et semblaient s’étirer sans jamais s’éteindre totalement. L’écho était horrible et nous encerclait. Un éclair fulgurant zébra le ciel et s’écrasa juste devant nous, à quelques mètres à peine du groupe apeuré que nous formions, suivi d’autres traits phosphorescents qui nous cernèrent comme des hallebardes plantées dans le sol. »

« “Non… non… c’est pas possible !”
La panique. La vraie. La cauteleuse. L’insidieuse. Celle qui rampe, progresse, s’entortille autour des chevilles, grimpe, s’insinue dans les pores et explore et creuse, creuse, creuse. Celle qui prend par surprise et n’écoute pas. Indomptable. Impitoyable. Vicieuse. Chevilles, mollets, cuisses, le truc entre les hanches que je ne peux pas nommer, le bide, on y reste un peu, sur le bide, on tourne autour du nombril, puis on escalade les abdominaux et on se hisse et on se faufile sournoisement et on pétrifie le cœur.
“Du calme, Elise.
– Du calme ? Comment tu veux que je me calme, Nagib ?
T’es toujours comme ça, hein ? Toujours tranquille ? Tu perds jamais ton calme ?
– Ça ne sert à rien. On est tous sur les nerfs. Si on commence à paniquer, ça va prendre des proportions énormes.
– Et alors ? Peut-être que ça nous ferait du bien de hurler un bon coup. On a peut-être besoin de se déchaîner un peu…
– Y a déjà la Teigne pour ça.” »

 

Auteur au nom imprononçable, originaire du Sud de la France et vivant actuellement près de La Rochelle, Luca Tahtieazym est l’auteur de treize romans parus à ce jour. Jonglant avec les genres et les styles, inspiré par Steinbeck, Ellroy, Dard ou Stephen King, il apporte un soin particulier aux intrigues de ses livres, s’efforçant de proposer des histoires originales et des personnages tourmentés et attachants.
Tahtieazym a remporté le concours des plumes francophones 2017 (plume des lecteurs) avec son titre VERSUS, le grand prix du roman AEB 2022 pour LA MANTE NUE et le Prix du festival du livre de Niort en 2023 avec LA FORÊT.

Anticipation, Émotion, Drame, Roman, Suspense

Les Liens artificiels

de Nathan Devers
Poche – Grand livre, 10 janvier 2024
Éditions : Le Livre de Poche

 

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Il fallait la raconter, cette spirale. La spirale de ceux qui tournent en rond entre le virtuel et la réalité. Qui perdent pied à mesure que s’estompe la frontière entre les écrans et les choses, les mirages et le réel, le monde et les réseaux. Le cercle vicieux d’une génération qui se connecte à tout, excepté à la vie. N.D. L’Antimonde est le premier métavers qui réplique la planète Terre à l’identique. Ce monde artificiel offre à chaque utilisateur la possibilité d’avoir en ligne, via son avatar, une vie plus riche et plus folle. Julien Liberat, professeur de piano frustré, s’est, depuis la crise sanitaire, laissé submerger par les écrans. L’Antimonde lui ouvre la voie d’un grand destin. Un roman vertigineux sur la frontière entre réel et virtuel, une plongée irrésistible dans le « charme du néant ». C’est à la fois une tragédie, une satire sociale, un drame digital et psychologique, qui dénonce un monde tout proche, une aberration surgie de la Silicon Valley pour nourrir des âmes vides avec des pixels…

Captivant, terrifiant et burlesque. Le Figaro magazine.

Le premier bon roman sur le métavers. L’Express.

Choix Goncourt de l’Orient 2022.

 

• Couv_2024-006_Devers Nathan - Les liens artificiels

 

Julien Libérat, a la trentaine. Il vit de petits boulots, celui de pianiste chichement rémunéré d’un petit bar et il est aussi professeur particulier de piano. Largué par sa petite amie, et faute de moyens suffisants, il quitte Paris et se retrouve seul dans un studio paumé à Rungis. Il tourne en rond… Le temps lui paraît long, bien trop long. Un jour, il tombe sur une publicité sur l’Antimonde, un monde parallèle, un métavers imaginé par Adrien Sterner, dans lequel Julien va s’engouffrer. Il se créé un avatar “Vangel”, qui va lui permettre de vivre des aventures extraordinaires dans ce nouvel univers. Il va gagner de l’argent, beaucoup d’argent, il va rencontrer et devenir un proche de “la réplique” de Serge Gainsbourg, et enfin devenir “quelqu’un” de reconnu !
Mais sa nouvelle vie est-elle aussi belle qu’il le pense ? Qu’en est-il de julien, qui reste lui enfermé entre ses quatre murs à Rungis ?

Nathan Devers, jeune auteur, se prête habilement à la création d’un nouveau monde. Un monde parfait puisqu’il est le reflet de la volonté des personnes qui y circulent. Quoi de plus beau, de plus magique ? Mais n’y a-t-il pas danger lorsque les gens se mettent à confondre monde réel et monde virtuel ?

Un roman qui m’a interpellé, que j’ai trouvé non seulement bien écrit, sans temps mort et réussi. Avec beaucoup d’imagination, d’humour aussi, l’auteur nous propose un récit qui débouche sur de nombreuses questions existentielles contemporaines et de plus en plus d’actualité, exposant plusieurs facettes des dangers des mondes numériques.
Immersif et agréable à lire, au fur et à mesure de ma lecture, j’ai senti comme un malaise grandissant. Finalement, ce roman n’est pas loin de la réalité de toutes ces personnes qui actuellement sont devant leur écran sur des jeux, en réseau, et ce pendant des heures et des heures…

Une bonne réflexion sur l’addiction et la déconnexion de notre réalité vers de “nouveaux univers”…

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Extraits :

« Je cherche une autre vie et des songes réels,
Un mirage charnel, un semblant authentique
Et des apparitions qui m’ouvriraient les yeux.
Je veux qu’un autre monde éclipse enfin le nôtre.
Amis ou ennemis sans jamais nous connaître,
Nous serons tous, là-bas, reliés autrement.

Il nous faut effacer la présence des choses,
Construire un univers plus léger que l’extase
Où nous naviguerons dans un réseau d’images.
Nous aurons sublimé les abîmes de l’homme,
Ces deux sombres fléaux : le silence et l’ennui,
Qui rythment nos espoirs, béances réciproques. »

« Le 7 novembre 2022, un nouveau compte fit son apparition sur Facebook, au nom de “Julien Libérat bis”. Comme on pouvait s’y attendre, cet événement suscita la plus parfaite indifférence. Mais Julien Libérat ne perdit pas de temps. En guise de première publication, il divulgua une capture d’écran : un carré noir où figurait un texte. Les phrases étaient sobres et les lettres violettes. Le lendemain, lisait-on, il se filmerait en direct pour effectuer un “geste symbolique”. »

« Il pleuvait donc, et la vie pleut, elle aussi. Elle a capitulé avant de commencer. Sa trajectoire est sourde, son mouvement ne lui appartient pas. Elle ne part de nulle part et finit exactement au point de son commencement, sauf qu’elle a, entre-temps, perdu toute sa hauteur. Entraînée par son propre poids, elle n’est rien d’autre qu’une vitesse têtue précipitée vers le rien. Le pire étant qu’elle ne peut pas décider du voyage qu’elle va parcourir : tout est écrit d’avance, il faut s’en remettre au vent, aux forces environnantes et aux puissances hostiles. La goutte tombe raide, sans dévier un seul instant de sa ligne, sans se permettre de danser, de s’enfuir, d’être libre. Elle diminue, elle descend, mais ne se déplace pas. Le temps passe et la défaite augmente. Alors le cap disparaît totalement, c’est la grande culbute. »

 

Nathan Devers est né en 1997. Normalien et agrégé de philosophie, il a publié l’essai Espace fumeur (Grasset, 2021) et deux romans : Ciel et terre (Flammarion, 2020), Prix du Cercle interallié du premier roman, et Les liens artificiels (Albin Michel, 2022) qui a connu un grand succès. Avec Penser contre soi-même, il signe son deuxième essai.
Proche de Bernard-Henri Lévy, il édite la revue La Règle du jeu.
Depuis 2021, il est intervient régulièrement sur la chaîne Cnews et, plus particulièrement, dans l’émission L’Heure des pros, animée par Pascal Praud.

Drame, Folie, Suspense, Thriller ésotérique

Famille décomposée

de Christophe Royer
Broché – 18 janvier 2024
Éditeur : Taurnada

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À Lyon, au cimetière de Loyasse, un homme est retrouvé assassiné près de la tombe d’un célèbre guérisseur. Découvert par sa mère, tout porte à croire que ce meurtre n’est que le début d’une longue cabale déclenchée contre la famille Daventure. De par sa complexité, cette nouvelle affaire est un défi de taille pour le commandant Nathalie Lesage et son équipe. Dans les rues d’un Lyon aussi secret que mystérieux, où la petite histoire va croiser la grande, cette enquête va bouleverser la vie de notre héroïne… Un thriller percutant sur lequel plane l’ombre de Raspoutine, personnage historique qui continue à intriguer et stimuler l’imaginaire collectif…

 

• Couv_2024-004_Royer Christophe - Famille décomposée

 

Une nouvelle enquête pour Nathalie Lesage, commandant à la PJ de Lyon et quand elle est menée d’une main de maître par Christophe Royer, on se doute bien que tout ne va pas aller comme on s’y attendrait !

La famille Daventure, “bonne famille” pratiquante de Lyon, semble être la cible de personnes qui ont l’air de leur en vouloir tout particulièrement, au point d’en exécuter les membres un par un… Pourquoi ?
Tout commence par le fils, retrouvé atrocement mutilé près de la tombe d’un célèbre guérisseur. Quel peut bien être le rapport entre les Daventure et le fameux Raspoutine ?

Une bien étrange enquête au qui glisse vers le mystique où Nathalie va devoir redoubler de finesse afin de confondre, les, le, ou la coupable ?
Rien ne paraît être ce qu’il semble. Qui peut bien tirer les ficelles ?

Encore une fois, Christophe n’y va pas de main morte. Plus on avance dans son roman parfaitement documenté, plus il ouvre placards, tiroirs, carnets secrets et autres devinettes. Les chapitres courts donnent le rythme et cela fonctionne à merveille… Et ce côté “grande” Histoire, qui vient percuter le récit, est un plus sacrément agréable, et pour le récit et pour nous perdre une nouvelle fois !
Bravo Christophe…
Jamais déçu de ses enquêtes avec à chaque fois des styles différents.
Un thriller particulièrement percutant et passionnant que j’ai dévoré en une soirée, aucun temps mort et un très bon final.
Attention !!! Tant pis je spoile, on dirait bien que Nathalie à un amoureux !

Christophe Royer, fait pour moi partie des auteurs français qui ne font pas beaucoup de bruit et qui pourtant, mériteraient largement un gros coup de projecteur, afin qu’on les remarque…
“Famille décomposée”, la sortie du jour des Éditions Taurnada que je remercie énormément, restera un excellent moment de lecture !

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Extraits :

« À travers ses enquêtes, Nathalie avait acquis une certaine expertise dans les soirées exotiques, voire ésotériques. De toute évidence, elle en avait un nouvel exemple sous les yeux.
Les appareils photo arrosaient chaque centimètre carré de la pièce. Le son des déclencheurs s’attarda dans un coin, trop éloigné pour Nathalie.
“Qu’est-ce que vous avez trouvé ?” les héla-t-elle.
Un des hommes lui répondit sans retirer l’œil du viseur :
“Une concentration différente de sang, beaucoup plus dense que les éclaboussures que l’on trouve un peu partout. On a une grande trace homogène.
– C’est certainement l’endroit où notre homme a été tué.
– Peut-être…” »

« – Reste à découvrir si la victime était consentante ou pas ! précisa-t-elle.
– Tu plaisantes ?
– Non. Plus rien ne m’étonne.
– Pas d’accord. Si on met de côté les coups de fouet, son passage à tabac n’a rien d’une partie de plaisir. Il y a eu un acharnement indiscutable sur lui qui me donne une nouvelle idée. Imagine : la soirée se déroule tranquillement, une gentille bande de masos qui adore se réunir pour se flageller en psalmodiant ou je ne sais quoi. Et puis, d’un coup, le gars fait une connerie et ça dégénère, entraînant ce déferlement de violence.
– Possible. Donc ça exclurait la préméditation ?
– Oui. »

« – C’est à partir de ce moment que tu as atterri chez ta grand-mère ?
– Oui, pas le choix. Je comprends maintenant pourquoi mon père s’est vite barré de cette famille de tarés.
– À ce point ? demanda innocemment Nathalie pour la pousser à se confier.
– T’es flic ! Ne me dis pas que tu ne l’as pas encore remarqué ! Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. »

« – Benoît, le gentil toutou à sa maman qui dès qu’elle avait le dos tourné se transformait en obsédé sexuel.
C’est à cause de lui que j’ai installé la caméra. Putain de vicelard ! C’est dur ce que je vais dire, mais je ne vais pas le regretter.
– Je ne juge pas. C’est ton opinion… »

« – “Pouvez-vous nous expliquer ces marques dans votre cave ? Elles sont postérieures à l’effraction ?”
Robert y jeta un œil.
– “Oui, et alors ?”
– On reconnaît clairement des cercles, des croix et un pentagramme. Vous versez également dans le satanisme ?
– Pas du tout ! Vous savez qu’un même symbole peut prendre des dizaines de significations différentes.
Le meilleur exemple reste la croix gammée qui, avant d’être un signe nazi, est sacrée dans plusieurs religions comme l’hindouisme et le bouddhisme.
– Merci pour ce cours, mais revenons à votre cave, le recadra-t-elle. »

 

Christophe Royer est né en 1971 au Creusot, en Bourgogne. Après l’obtention de son doctorat en biologie animale, il change de cap pour préparer un master d’informatique, sa deuxième passion, à l’INSA de Lyon. Aujourd’hui, chef de projet, il vit à Saint-Vallier avec sa femme et leur fils.

Le Projet Sapience est né il y a 25 ans. Après une longue gestation, il prit la forme d’un dossier pour un jeu vidéo qui a été proposé à plusieurs éditeurs. Aucun n’a répondu, mais étrangement, deux années plus tard, un jeu reprenant les principes de base du dossier sortait. Par la suite, le scénario issu du jeu est resté dans un placard durant de longues années. En 2014, Christophe décide de reprendre l’idée originale et se lance dans l’écriture d’un roman d’anticipation, où l’aventure est omniprésente sur fond d’intrigues.

Dévoreur de livres depuis toujours, il a exploré les genres : thrillers, polars, SF, fantasy, terreur, histoire et ésotérisme.

Puis un jour il a eu envie de raconter ses propres histoires.

Après plusieurs essais, le virus de l’écriture prend possession de son organisme et depuis il se garde de trouver un vaccin.

Entre deux cours à l’école de cinéma et de télévision Eicar de Lyon, il embarque mes lecteurs dans des aventures rythmées et originales.

Son aventure littéraire a commencé avec un décollage pour la planète Sapience, deux romans d’anticipation sortis en auto-édition. Puis, retour sur terre avec l’écriture de thrillers où se mêlent mes thèmes préférés.

En 2016, sortie de la première partie L’arche qui va nous amener à quitter la Terre pour la mystérieuse planète Sapience. Un long voyage durant lequel un groupe hétéroclite de personnages devront s’unir pour faire face à une succession d’événements inquiétants.

En 2017, sortie de la suite et fin de cette aventure avec Hostile. Parvenus à la surface de Sapience, ils devront poursuivre leurs investigations tout en implantant au mieux la nouvelle colonie et en faisant connaissance avec les habitants. Riche programme…

En 2019, L’auteur change d’univers et revient sur Terre avec un thriller addictif et percutant qui se déroule entre Paris et la Bourgogne. Nous suivons les aventures d’une jeune capitaine travaillant à la Brigade de Répression du Proxénétisme. .

Mars 2021, Une arête dans la gorge plonge le lecteur dans un Lyon mystérieux où l’héroïne devra collaborer avec des francs-maçons lyonnais pour résoudre une série de meurtres.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/03/15/une-arete-dans-la-gorge/

Une enquête à tiroirs passionnante, extrêmement bien documentée !

Mars 2022, direction Annecy avec La quatrième feuille. Un thriller glaçant ou personnalité toxique et amitié riment avec descente aux enfers… Inspiré de faits réels.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/16/la-quatrieme-feuille/

Mars 2023, au cœur du pays cathare, Albi, une course poursuite terrifiante avec Néréides.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/16/nereides/

Janvier 2024, « Famille décomposée » nous replonge dans un Lyon surprenant sur fond de vengeance sur une grande famille Lyonnaise.

À suivre…

Noir, Polar, Psychologie, Suspense, Thriller

Je ne me souviens plus très bien…

de Yannick Provost
Broché – 8 septembre 2023
Éditions : Éditions Lajouanie

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Sur une aire de repos, un homme se réveille dans une Mercedes, criblée d’impacts de balles, sans le moindre souvenir… À la radio, on ne parle que d’un braquage récent particulièrement violent. L’amnésique est-il l’un des truands que la police recherche ou une victime collatérale ? Sa quête pour retrouver son identité va bousculer le quotidien d’un bourg de Normandie en pleine révolte sociale.

Un roman noir rural aussi dépaysant que surprenant, par l’auteur d’Il ne rentre pas ce soir… et de Tu joues, tu meurs ! La Normandie comme vous l’avez rarement lue !

 

• Couv_2024-002_Provost Yannick - Je ne me souviens plus très bien…

 

J’ai eu l’énorme plaisir de revoir Yannick Provost fin novembre à Polar’Osny !
Que le temps passe vite, cela faisait déjà près de cinq ans que nous ne nous étions pas croisés. J’étais par ailleurs passer à coté de ses deux premières parutions, mais cette fois-là pas question !

Très vite, son roman particulièrement noir et violent m’a embarqué dans la tête de celui qui ne sait plus qui il est. Notre héros est amnésique. Il cherche par tous les moyens de se retrouver. C’est une traque plus qu’une enquête qu’il décide de mener. Une traque où la peur n’est jamais loin, car à son réveil, il y avait du sang partout dans une Mercedes qu’il ne connaît pas, avec une arme de poing posé à ses côtés… Est-il un meurtrier, un criminel ? Dans le petit village où il se trouve en Normandie, dernièrement il y a eu un braquage terriblement sanglant.

Yannick a essayé de nous perdre avec des personnages particulièrement haut en couleur, de nombreux paysans, des agriculteurs, des vaches bien sûr, des tueurs polonais, là, c’est moins courant, mais tout s’imbrique particulièrement bien.
Il est fort ce Yannick !
C’est captivant et sans temps morts. Je serai incapable de vous dire combien il y a d’histoires dans son récit, une chose est sûre, vous n’êtes pas prêt de vous ennuyer.

Et pourquoi tous ces titres à chaque chapitre ?
Un mot. Un seul. Un verbe à l’infinitif, repris dès le début du chapitre dans la première phrase ! Un mot qui à chaque fois m’a pris la tête, me demandant le pourquoi, le lien ?

J’ai lu le roman entre lâcher-prise et tension extrême.

D’ailleurs, qui est cette jeune femme rousse qui va entrer dans la destinée de notre héros !

Un récit gigogne sous forme de tourne-pages, sans un instant de repos, adressé à tous ceux qui n’ont pas froid aux yeux et ont l’estomac accroché.
Je valide !!!

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Extraits :

« La jeune femme se composait d’un mètre soixante-six d’insouciance et de gaîté. Un fantasme celte perdu à la frontière de la forêt d’Écouves avec des yeux gourmands et verts, une tignasse rebelle de cheveux roux et une paire de seins ensorcelants. Derrière son comptoir, elle rêvait de flirts et d’évasions parisiennes, en carbonisant le moindre mâle gravitant aux alentours. »

« – Arrête ! Pardon. Je suis désolé. Ne fais pas ça.
– Arrêter ? Non, mais tu rigoles. Tu as arrêté toi quand tu m’as pénétrée ? Je t’ai supplié. J’ai hurlé.
Après, tu as filé comme le porc que tu es. Tu t’es barré faire le beau.
– Faire le beau ? Qu’est-ce que tu crois ? Je suis soldat. Mon métier, c’est la guerre. Et en ce moment, c’est loin, à l’Est.
– Et pas une seconde, le petit soldat que tu es, n’a pensé à revenir élever sa gamine ? »

« – Tu étais fier quand j’avais ton ventre contre moi. Regarde-toi, tu n’es plus rien. Rien qu’un amas de viande. Et cette viande ne mérite aucune pitié.
Prise de frénésie, elle ne s’aperçut de rien quand l’homme cessa de l’insulter. La folie avait gagné Sybille. Elle ne voyait plus le géniteur de sa fille, mais un boucher à punir. Chaque coup la libérerait d’un poids. À chaque impact, la lourde pince labourait ce corps qui l’avait souillé. Elle s’attaqua au visage de son violeur qui ne ressemblait plus à rien. »

« Bordel ! C’est quoi mon nom ? Comment je m’appelle ? beugla-t-il.
Un vertige absolu. Il frappa son front contre le volant avec pour résultat un nouveau signal à l’orchestre qui recommença à jouer. Une sérénade pour trolls frappant l’enclume qui lui servait de cerveau. Putain de mal de crâne. Soudain, il gravit un échelon sur l’échelle de l’effroi : Mais qu’est-ce que je fous là ?
Il n’avait plus aucun souvenir. Ni nom, ni adresse, ni proche. Il était dans une voiture sur un parking enneigé. D’ailleurs était-ce la sienne ? Il examina la boîte à gant. Rien. Aucun papier, ni dans l’habitacle ni sur lui. Rien que les clés sur le contact et un bonnet. Il l’enfila. Au moins, l’air gelé ne lui lécherait plus le crâne. Il fixa le rétroviseur. Ce visage était le sien. Ses doigts parcouraient ses pommettes, l’arête de son nez, sa mâchoire. Le contact physique. L’index et le pouce. Palpable. Il ne rêvait pas. T’es qui mec ? Putain, je suis qui ? Sa barbe devait avoir deux jours. Sa tempe portait un hématome. OK ! Au moins je sais d’où vient mon mal de crâne.
Il mit le contact. Le moteur démarra. »

 

Né pour voir Niel Armstrong poser le pied sur la lune et écouter Abbey Road, amateur de romans noirs et de musique et de whiskys, Yannick Provost aime partager ses penchants à travers ses écrits. Voyageur passionné, il oscille entre la région parisienne et la Sarthe. À ce jour, Yannick Provost est l’auteur de 3 romans parus aux éditions Lajouanie :
Tu joues tu meurs ! (2021),
Il ne rentre pas ce soir… (2022) et
Je ne me souviens plus très bien… (2023).

Yannick Provost est d’une génération pré-chatGPT, pour qui le papier est essentiel. Il a plongé dans la littérature noire pour y trouver des sources de réflexions mais aussi de plaisir. « Le roman noir, qu’il se fasse polar illustrant les revers et les maux de notre société, ou qu’il se fasse thriller filtrant la vision de notre présent, voire de notre futur, recueille nos travers et nos craintes en filigrane. »

Amour, Émotion, Poésie, Roman, Suspense

Le rendez-vous de Tchimbamba

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 28 mai 2022
Éditeur : Autoédition

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Parce qu’un ex-inspecteur garde l’instinct du policier, Gabriel s’intéresse aux meurtres en lisant son journal. Balades, lecture, musique et quelques passades suffisent, par choix, à combler les loisirs que lui laisse la compagnie d’assurances, où dorénavant il gagne sa vie. Mais, ce mardi 16 février 1982, un titre à la une le fait bondir. Une relation du temps de son service militaire au Congo a été assassinée la veille à Deauville. Ensuite le lendemain, il apprend qu’une autre vient de subir le même sort à Versailles. Convaincu d’en savoir davantage que la police, il se risque à enquêter de son côté. Dans les coulisses du quotidien, combien se cachent de tentations refoulées ? Il suffit que le destin s’en mêle pour que l’audace et l’ambition surgissent. Surtout si entre en scène une grande femme mince et rousse.

 

• Couv_2023-129_Papier-Wagner Gérard - Le rendez-vous de Tchimbamba

 

Tout a commencé mardi 16 février 1982 à 19 h exactement.

2023 aura été pour moi la découverte de Gérard Papier-Wagner. Dès mon troisième roman lu, j’ai su que ma fidélité le suivrait dans ses autres aventures. Mais ce que je ne savais pas encore au mois de mai, c’est que ses deux romans suivant allaient complètement renouveler son style et me faire voyager aussi loin, dans tous les sens du terme…

“Le rendez-vous de Tchimbamba” est un roman complètement à part ! Mais ne devrais-je pas dire : “Le rendez-vous de Tchimbamba” sont des romans complètement à part…
Le dernier chapitre à même emmener une larme avec lui, lorsque j’ai posé le livre sur ma table de chevet avant d’éteindre.

Magnifique, immersif.
Comment à un moment de ma lecture ai-je pu douter un instant de Gérard, que j’ai cru perdu dans son récit ! Quel Maestro…

Un récit captivant, aux nombreuses péripéties, de plus de cinq cents pages, où je ne me suis pas ennuyé un instant.

Gabriel Carré ancien inspecteur, découvre la mort violente d’un de ses amis du temps où il faisait son service militaire au Congo. Le lendemain, un deuxième de ses anciens amis, décède dans les mêmes circonstances !
Qui se cache derrière ces meurtres qui lui remettent à l’esprit la vie qu’il a vécue à Pointe-Noire au Congo, dans le quartier de Tchimbamba.
Gabriel décide alors d’enquêter sur ses meurtres commis en France.
S’ouvre alors un “nouveau” roman très intéressant où magie, coutumes et paysages se mélangent…

Mais où est passé “Gabriel” l’enquêteur ?
Une nouvelle vie à l’air de s’ouvrir à lui.
De nouvelles aventures aussi, l’Amour avec un grand A, mais les souffrances ne tardent pas… Il perd sa reine, hérite d’une fille, mais pas que. Je tourne encore quelques pages et c’est un nouveau bouleversement qui s’opère. Où me mène Gérard ?
Amitiés, trahisons, passions. Chaque ligne à son propre pouvoir, la magie opère naturellement. L’Afrique est partout, elle ne me quitte plus et Gabriel est de plus en plus attachant, tel un ami que j’avais oublié. Mais la fin…
Cette fin, où Gérard et Gabriel bouclent la boucle du récit… Wahou. À ce moment, je n’ai qu’une seule déception… Je n’ai jamais serré Gabriel dans mes bras !

Une semaine complète de lecture. Une semaine qui se justifiait. Des images magnifiques, de la musique que j’ai écouté en boucle… Je ne voulais pas bâcler cette histoire et naturellement, je l’avais compris. Le temps est un personnage à part entière de ce très beau récit.
J’arrive à court de mots, mais cette lecture sensible, poétique, érudite et très prenante fera partie de mes gros coups de cœur 2023.

Comment finit l’histoire ?
Je vous conseille vraiment de découvrir cet auteur si vous ne le connaissez pas encore, le dépaysement qui vous attend à la lecture de ce récit est poignant.

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Extraits :

« Parce qu’une évidence n’en devient une qu’à l’instant de sa révélation, c’est en déballant sa chemise neuve que Gabriel comprend. Cherchant sa taille au Monoprix, il a bousculé par inadvertance une jeune femme, une jolie rousse au parfum de printemps, dont les cheveux lui ont balayé la figure. Lorsqu’il s’est excusé, elle lui a répondu en souriant, que ce n’était rien. Le charme de ses yeux bleus et des taches de rousseur sur ses joues a désarçonné Gabriel au point qu’il en rougit a posteriori. Derrière l’aimable parole, il avait cru déceler ce rien de compassion réservée aux gens insignifiants. Ainsi Gabriel de manière subliminale s’est-il senti relégué parmi ceux qui n’intéressent plus personne, désolant constat réclamant vérification. »

« Simultanément, à six mille six cents kilomètres de sa rue et sur le même fuseau horaire dans l’hémisphère austral, au lieudit Tchimbamba, près de Pointe-Noire, une grande femme mince et rousse dort dans une chambre assez vaste pour contenir la moitié du logement de Gabriel. Au pied du lit est couché un épagneul au pelage aussi flamboyant que la chevelure de sa maîtresse. La nuit épaisse et humide est assourdissante du coassement des crapauds-buffles et enfiévrée du dialogue des tams-tams, embaumée aussi des fumées de feux de bois se mêlant aux parfums capiteux des frangipaniers. Demain, à 6h, après la trêve silencieuse de l’aube, le soleil relancera le fabuleux spectacle de l’éveil de cette puissante et impérieuse nature, qui règne sous les tropiques. »

« – Ouand tu reviens patron, moi je suis toujours là.
Qui peut savoir ? Songe Gabriel se souvenant de ce que lui a confié un jour en voiture Célestin “Dans mon pays, on dit l’homme, il est comme la chèvre à son piquet, sa liberté a la longueur de la corde que Dieu attache à son cou.” Pour masquer sa croissante émotion devant le fossé qui déjà les sépare, il lui donne l’accolade, et se dirige vers l’escalier mobile sans se retourner.
Dix minutes plus tard, nez au hublot, il regarde pour la dernière fois l’océan frangé d’écume, la ville blanche, la cité noire en éventail, puis à perte de vue le Mayombe au moutonnement vert sombre. » 

 

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
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LE PARFAIT inconnu
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À cause du Zibaldone
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Le disparu de Monrovia
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La double vie des Jodlere
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