Adolescence, Amour, Autobiographie, Émotion

Les Rêveurs

de Isabelle Carré
Poche – 30 janvier 2019
Éditeur : Le Livre de Poche

« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… »

Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées du moment, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

Une parfaite unité de ton, une grande justesse d’observation.
La Croix.

Une plume aussi délicate qu’experte,
qui virevolte d’une scène à une autre, d’un sentiment à un autre.
L’Express.

L’auteure a su créer un objet passionnant, dont chaque détail sonne juste.
Elle.

Avec Les Rêveurs” son premier roman, Isabelle Carré nous ouvre les portes de son passé, un récit intime et sensible où réalité et fiction s’entrelacent avec une douceur mélancolique. À travers une écriture délicate et lumineuse, elle remonte le fil de son enfance marquée par la singularité et les silences, une famille éclatée, des parents en quête d’un bonheur insaisissable, et une petite fille qui observe, tente de comprendre, d’aimer malgré tout.

Dans ce roman, l’auteure évoque les non-dits, ces blessures discrètes qui façonnent un être, mais aussi les échappées belles, les instants de grâce qui illuminent l’existence. Elle décrit un père rêveur, une mère éprise de liberté, un monde où l’enfance se construit entre l’émerveillement et l’incompréhension des adultes. Loin d’un simple récit autobiographique, Les Rêveurs est un roman d’apprentissage où chaque souvenir semble suspendu dans une bulle de douceur, parfois teintée de tristesse.

Je me suis laissé porter en douceur par son écriture intime, poétique, tendre et mélancolique, où chaque mot semble pesé avec soin pour en révéler toute la justesse, où chacun pourra, je le pense, retrouver un fragment de sa propre histoire.

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Extraits :

« Elle n’a pas senti ma main lui échapper, elle n’était que de l’eau ou du vent dans la sienne. J’ai six ou sept ans, et ce rêve revient de plus en plus sou-vent. Je sais bien que ce n’est qu’un cauchemar, mais il semble contenir une vérité que je ne saurais ignorer : ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d’aucun danger, elle n’est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s’en va. »

« Tu vas aller vivre là-bas, ton frère te donnera un peu d’argent, tu éviteras absolument de voir tes amis, et surtout tu n’iras pas dans Paris, à aucun moment, tu entends ! Il ne faut pas qu’on te voie… La clinique qu’on t’a trouvée pourra t’accueillir jusqu’au terme, tu n’auras qu’un papier à signer. Un papier, c’est tout. »

« Mais l’enfant qui n’a pas possédé ce trésor ne le récupérera jamais. Il restera pour toujours démuni, lésé, comme tous ceux qui ont grandi sans tendresse, et se sont rassurés seuls dans leur chambre, les genoux repliés dans des bras gelés.
Se raconter des histoires, se frotter la joue avec un mouchoir, chanter à voix basse…
Aucun adulte ne la félicite jamais pour ces efforts, ils passent inaperçus. On prend vite l’habitude de ne compter que sur soi-même. »

« Dès le lendemain de sa naissance, ils sont revenus.
Son père et ses sœurs sont restés un long moment silencieux, son frère a tout de même fait l’effort de quelques paroles de circonstance. Puis ils sont repar-tis, la laissant seule avec son enfant.
Elle comprend à leur façon de dire au revoir qu’ils ne reviendront plus.
Tout ce qui vient d’eux lui est égal désormais. Et tout ce qui ne viendra jamais. »

Isabelle Carré est une actrice et écrivaine française.

Au théâtre comme au cinéma, elle est l’une des plus grandes comédiennes françaises.
Elle a obtenu le César de la meilleure actrice en 2003 pour son rôle dans Se souvenir des belles choses ainsi que le Molière de la comédienne à deux reprises (en 1999 : Molière pour Mademoiselle Else et en 2004 pour L’Hiver sous la table).

Elle se lance dans l’écriture en 2018 avec un premier roman très remarqué, Les rêveurs, qui remporte un extraordinaire succès et est couronné, entre autres, du Grand Prix RTL-Lire, du Prix des lecteurs L’Express-BFMTV et du Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, et Du côté des Indiens, en 2020.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire

Le Courage des Lâches

de Wendall Utroi
Broché – Grand livre, 3 avril 2024
Éditions : La Trace

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Années 30, cinq adolescents des corons du Nord grandissent dans l’insouciance de l’enfance, pourtant le destin les conduira à traverser les années sombres d’occupation allemande et, bien malgré eux, à vivre loin de chez eux. Une histoire d’amitiés, d’amour, de dons et de sacrifices, de courage et de lâcheté…
Un récit déroutant d’enfants devenus trop vite adultes et confrontés à des choix déchirants qui marqueront à jamais leurs vies.

Destins croisés et tragiques de 5 enfants, des années trente à l’occupation Allemande : Une histoire d’amitiés, d’amours, de dons et de sacrifices, de courage et de lâcheté…

 

• Couv_2024-054_Utroi Wendall - Le Courage des Lâches

Le courage des Lâches

Un roman qui bouscule, une belle histoire, une lecture qui m’a complètement embarqué dès les premières lignes, impossible une fois encore de le lâcher, les pages défilent à toute vitesse, et puis c’est la fin… Il est bouleversant, je suis bouleversé, ému aux larmes, et une question tourne dans ma tête, depuis que j’ai terminé ce livre. Une question pour laquelle je n’ai pas de réponse. Une question pour laquelle je ne veux surtout pas de réponse…

Qu’aurai-je fait à leur place ?
Comment supporter la haine et la violence ? Comment ne pas craquer durant une torture qui n’en finit pas ?
Aurais-je été un homme courageux ou bien un lâche ?

1930. Nous sommes dans le nord de la France. Nos héros, une bande de copains qui ont une dizaine d’années, voient arriver dans leur classe un nouveau. Radek. Il est courageux et volontaire, très vite, il intégrera la bande. Pendant une dizaine d’année, “la bande à Bouboule” qui réunit cinq adolescents, va développer des valeurs d’amitié, d’empathie et d’entraide qui se révéleront cruciales pour les années sombres qui s’apprêtent à venir. En effet, la guerre va les cueillir en pleine adolescence.

Ce roman sur fond historique a tout pour plaire. Une écriture fluide et directe, de beaux portraits d’hommes et de femmes, je pence qu’il restera gravé dans mon esprit.
Comment ne pas adhérer à la puissance de ce récit plein d’humanité, malgré la période noire de la Seconde Guerre Mondiale ?

La plume de Wendall est magnifique, puissante. D’ailleurs, j’ai été très heureux de voir qu’il avait intégré les éditions La Trace, que j’affectionne tout particulièrement…
Un grand merci Wendall pour ce voyage dans le temps, ton récit mérite une très longue vie… et un grand merci/câlin à Martine de me l’avoir transmis.

L’histoire d’une bande d’amis qui ne vous laissera pas indifférents !
Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ?

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Extraits :

« Trois jours que le ciel épanchait son malheur sur le plat pays. La cour de récréation parsemée de flaques d’eau, désertée, n’était plus qu’un vague souvenir de cette marée humaine qui d’habitude écumait sa surface. En ce jour de la mi-octobre 1931, agglutinés sous le préau qui résonnait des cris, les garçons de l’école primaire Pasteur se chamaillaient pour une bille ou un calot, bêlaient d’impatience à qui serait le loup. »

« Le maître avait parlé, sa colère s’était refroidie. En notre nom à tous, il présenta ses excuses au jeune Polonais, ce qui surprit tout le monde. Il invita Radek à le suivre au fond de la classe, la, il lui montra le seul pupitre inoccupé, celui situé à ma droite. Puis, d’une voix à marée basse, il s’adressa à moi :
– Pierre, je te charge de lui apprendre les finesses de notre langue, tu t’occuperas de cela pendant les récréations… »

« Ma gorge se noua dans l’instant, l’estomac la seconde suivante. Une fois à ses côtés, le maître me dévisagea, puis sans un mot, il déposa sa règle de métal carrée sur l’estrade.
– Vous connaissez la sanction… à genoux sur la règle et les mains sur la tête, nous verrons si cela vous donne encore envie de sourire.
Les quelques murmures qui avaient suivi ma progression dans l’allée s’étaient éteints, le silence compatissait. Monsieur Leblanc reprit son cours. »

« – Messieurs, je suis très fier de vous, vous venez d’agir avec noblesse, avec cœur pour sauver votre jeune ami Radek d’un futur bien sombre. Aujourd’hui, vous êtes devenus des hommes, des hommes dignes de ce nom.
Je veux que ce secret reste entre nous, ne parlez à personne de ce qui vient de se passer, ni à vos familles, ni à vos amis. Gardez en vous ce moment, comme un moment de bravoure qui vous élève. »

 

Wendall Utroi, ancien policier formateur, vit aujourd’hui à Romans-sur-Isère. Il diffuse son premier roman sur Internet en 2014 et rencontre un succès inespéré.

“Auteur de dix romans, j’écris en pensant toujours à me faire plaisir et à surprendre le lecteur. Au travers de ces histoires, je tente de véhiculer un message, une douleur, une crainte ou tout simplement les émotions qui font le lot de chacun d’entre nous. Investigateur, instructeur, et policier, mon métier m’a permis d’entrevoir les différentes facettes de l’Homme ; bonnes, mauvaises, odieuses ou merveilleuses.”

Il reçoit en 2018 le Prix des lecteurs des plumes francophones.
L’un de ses romans, Wanda, a fait l’objet d’un court métrage tourné au Canada ayant remporté deux prix internationaux.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Merci maîtresse !

De rien c’est mon job
de Anouk F.
Poche – 4 avril 2024
Éditions : Mon Poche

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C’est l’histoire de Carla, qui est venue et qui a dû repartir. Trop vite. C’est l’histoire de Martim, qui aurait préféré ne pas être là, avec nous. C’est aussi celle d’Habib, qui espère chaque matin qu’il y aura sport aujourd’hui. C’est l’histoire de Valentine et de son papa. D’Adriano et de la quiche qu’il a vomie sur sa dictée ce matin. De Timéo, qui n’avait pas de chat mais des griffures quand même. De la corde de Laurence, la directrice, sur laquelle on a un peu trop tiré. C’est leur histoire à tous. Et la mienne, aussi. L’histoire de mon école, de notre école. Et de la vôtre aussi, sûrement.

 

• Couv_2024-046_F. Anouk - Merci maîtresse ! De rien c'est mon job

 

Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais avoir un “petit” livre entre les mains, quelques pages à lire avant la fin de la journée…

Vous l’aurez compris, le récit raconte l’histoire d’une « maîtresse ». Elle enseigne dans une classe de CE2 constituée d’enfants parlant plusieurs langues. Nos enfants ont changé. Les parents plus difficiles à gérer, dans cette société qui exige toujours plus de performances.

J’ai très vite été happée par le roman… Par cette maîtresse très touchante, par ses élèves venant de diverses origines sociales.
On ne devient pas enseignant par hasard, on ne le fait pas non plus pour l’argent. C’est pour moi, lorsqu’il est bien fait, un des plus beaux métiers qui soit, et j’ai voulu moi-même à un moment de ma vie être enseignant dans les Arts Graphiques…

Anouk F., raconte une belle histoire, sûrement son histoire, son quotidien, drôle ou triste, avec beaucoup d’émotion et de respect pour “ses” enfants.
Je suis sorti de mon rôle de lecteur, pour redevenir l’enfant que j’avais été avec la chance que j’avais eue avec ma maîtresse au CP. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontrait, elle continuait à sourire, et à nous donner la confiance, qui nous manquait pour la plupart. J’étais moi-même un enfant allophone, comme la plupart des élèves de la classe. Nous venions tous d’horizons différents, mais arrivions quand même à communiquer, avec les mains, les yeux, des grimaces aussi et parfois avec la bouche. Malgré nos couleurs de peaux différentes, nous étions tous pareils…

J’ai retrouvé, beaucoup de choses vécues, à travers ces quelques pages. J’ai pu imaginer très facilement la fierté, que devait ressentir certains enseignants lorsqu’ils atteignent leurs objectifs sans jamais baisser les bras, lorsqu’ils voyaient l’évolution de leurs élèves, toujours avec beaucoup de dévouement.

Merci maîtresse !, est une belle histoire, l’histoire de mon école, de notre école, l’histoire d’une maîtresse qui ouvre les portes de sa classe, et qui sut ouvrir son cœur dans son quotidien, avec une vraie sincérité. Soyez tous les bienvenus dans sa classe, venez partager ses joies et ses tristesses !
J’ai souri, j’ai pleuré, j’ai passé un réel moment de bonheur avec ce livre, une nouvelle fois un “coup de cœur”.
Une histoire que je vous recommande vivement et qui s’adresse à tous.

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Extraits :

« Je veux être au service des autres, oui, encore.

Mais j’aimerais que ces autres ne soient plus cachés derrière leur poste de radio, qu’ils soient là, en face de moi. Je verrais leurs yeux, leurs oreilles.
Ils ne pourraient pas tourner le bouton quand ce que je leur dirais ne les intéresserait plus. Ils baisseraient peut-être les yeux, les oreilles, mais je le saurais, je le verrais. Alors je me reprendrais. »

« 11 h 45. Je ramène la plupart des enfants au portail. Rares sont ceux qui mangent à la cantine, en ce jour de rentrée. La maman de Kahina est aux premières loges, inquiète. Persuadée, de toute façon, que ça s’est mal passé. »

« Je crois que je suis vraiment devenue enseignante le jour où j’ai accepté de ne pas être capable de tout faire, en tout cas pas tout de suite. Je crois que j’ai failli quitter ce métier à chaque fois que je me suis rendu compte que je ne pourrai pas les aider tous, en tout cas pas comme il faut. »

« MAIS ON NE GAGNE PAS à tous les coups. Loin de là. Souvent, même, on se ramasse complètement. On essaie, c’est l’essentiel, finalement. Il faut juste savoir se le dire, et y croire. »

« Je vois, oui, très bien. J’ai même envie de pleurer tellement je vois. Amina regarde Yacine. Tout le monde regarde Yacine. Quand il s’en aperçoit, quand il entend que je le félicite, que je le remercie, il est fier, mon petit bonhomme de travers, et il a de quoi. »

 

Après avoir été journaliste pendant plus de huit ans pour Radio France, Anouk F. démissionne et s’inscrit en candidat libre au concours de professeur des écoles. Elle commence à enseigner en septembre 2013 et est actuellement “maîtresse” dans le sud de la France, dans une école REP (Réseau d’Éducation Prioritaire), dite “de regroupement”, accueillant des enfants allophones.

son blog : https://merci-maitresse.fr/
page Facebook : https://www.facebook.com/AnoukF2
Twitter : https://twitter.com/AnoukF2

Adolescence, Émotion, Drame

Dies iræ – Jour de colère

de Pascal Alliot
Broché – 15 avril 2024
Éditions : Maïa Quantum scandola

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Alors il commence son texte, son état de vie, son acte de reconnaissance. Par ses premières années, celles heureuses à Saint-Savetier, il y a trente ans environ. Quelque part dans le Nord, au pays des mines. Des terrils. Un p’tit gars du Nord qui est monté à la capitale, et qui a croisé son destin. Mais qui grandit heureux auprès de sa famille. Où tout débuta dix ans auparavant. En toute quiétude. Sans penser la moindre seconde à l’hallucinant chemin que cette aventure humaine se bornait à prendre. Quatre jeunes gens que la vie emporterait par-delà toute imagination. Dans un tumulte médiatique sans égal. Et les mènerait vers une destruction claire. Dies iræ, ou le cri de la colère, de la lutte, de la revendication. Du fond de l’abîme vers lequel, sans le savoir initialement, ils se lançaient à corps perdu. À coups de latte dans le ciel d’azur. Vers les tréfonds vivaces de ces sons violents qui forgeaient leur son, leurs chansons, leurs appels, ces concerts tout en énergie dans lesquels ils s’abandonnent, en toute nécessité. Et ce succès, cette reconnaissance d’un public qui viendra de plus en plus nombreux lors de ces grand-messes rock and roll. Lors desquelles ils finiront par se noyer, les menant vers un point de non-retour absolu. Que vive leur histoire désormais.

 

• Couv_2024-044_Alliot Pascal - DIES IRAE - Jour de colère

 

Yvan et François, deux frères se passionnent très tôt pour la musique. Avec deux amis du collège, ils décident de monter leur groupe. Un groupe de Rock, “Dies iræ, jour de colère”.

Commence alors pour nos quatre adolescents une longue route qui alterne entre joies et déceptions. Mais jamais ils ne baisseront les bras. Ils sont passionnés, ils sont jeunes et ont toute la vie devant eux. Ils feront très vite de belles rencontres qui vont leur permettre d’aller beaucoup plus vite que ce qu’ils pensaient, et après quelques concerts ici ou là, où ils donneront toute leur puissance, montreront toute leur passion, on leur proposera d’enregistrer un premier EP ! Ils sont aux anges… Mais la vie et le monde de la musique, vont leur en faire voir de toutes les couleurs…

C’est le second roman de Pascal Alliot que je lis, et le premier m’avait déjà emporté.
Je suis entré dans le roman très vite. Il est prenant, il vibre même à certaines occasions. Je me suis revu plus jeune lors des concerts où j’allais et sur ce point les descriptions de Pascal Alliot sont superbes, vivantes, j’avais l’impression d’y être, j’ai eu des frissons !

Les personnages principaux, sont très bien décrits, j’arrivais à les visualiser sur scène. Le récit est bien mené avec des rebondissements, mais j’ai vraiment été très embêté par le nombre de fautes que j’ai trouvé pendant la lecture, et forcément cela à gâché mon plaisir. C’est bien dommage et j’en suis bien triste… Triste pour l’auteur qui n’a pas été suffisamment accompagné par sa maison d’édition, triste pour les lecteurs qui risquent de se faire une fausse idée de Pascal Alliot !
J’ai quand même lu le livre jusqu’au bout, mais certains passages étaient vraiment très difficiles…

Je tiens quand même à remercier Pascal pour ses envois, et j’attendrai avec grande impatiente son prochain “bébé”…

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Extraits :

« Saint Savetier se présente comme toutes les villes moyennes du Nord. Sa place, son beffroi, de belle dimension, sa mairie gothique et ses pigeons. Et le long de tout ceci, les bars, cafés, grands magasins habituels. Divers quartiers s’organisent autour de la cathédrale, certains existent depuis le Moyen Âge pour leur création. Environ soixante-dix mille âmes survivent dans cette ville. »

« Il rentrait désormais régulièrement ivre. Parfois, il s’écroulait à même le sol et Madeleine devait le porter au lit, comme elle le pouvait, avec la force du désespoir.
Parfois, il demeurait debout et, pour un rien, la folie se mettait en place. Madeleine demeurait la cible principale. Celle de tous les coups portés. Un long supplice. Et puis, un jour, il s’attaqua aux enfants, alors âgés de dix et huit ans et demi. Il leur tomba dessus, sans crier gare. Dans un premier temps, il frappe Yvan, puis François. Les coups redoublèrent de cette force implacable. L’innocence est marquée au fer rouge. Les anges déchus s’envolent vers l’enfer. Quatre années terrifiantes, hallucinées, sordides. La mort se rapprochait bien près parfois. Madeleine ne portait pas plainte, supportait l’insupportable. »

« Les quatre garçons ne se quittent plus. Inséparables face à l’enfer, la damnation, le Mal. Tous issus de familles en fusion ou reconstruction selon les trois cas bien distincts. Cette union du malheur absolu ou de la renaissance qui crée le ciment le plus solide entre chacun d’entre eux, de l’amour pour les deux frères, unis comme jamais. Prêts à en découdre avec les affres du désarroi. »

 

Archéologue céramologue, Pascal Alliot vit en Espagne, près de Barcelone.

Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire est son premier roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/16/journal-ordinaire-dun-assassin-pas-ordinaire/

L’auteur nous entraîne dans un imaginaire brutal, onirique, riche et haletant, nous faisant visiter les tréfonds de l’âme tourmentée d’un meurtrier.

Adolescence, Amour, Drame, Psychologie, Thriller

Mon ami Charly

de David Belo
Broché – 16 mai 2024
Éditeur : Éditions Taurnada

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Après un traumatisme, deux adolescents de 14 ans, Charly et Bastien, inventent le BINGO : une philosophie permettant d’anticiper, d’extrapoler et de déjouer les dangers de la vie.
Toujours en place trente ans plus tard, le BINGO promet des vacances d’été paisibles au mont Corbier pour Bastien et sa famille.
Mais lorsque l’énigmatique Chloé, meilleure amie de sa fille, se joint à l’escapade, le BINGO semble caduc.
Bastien panique et la montagne se métamorphose en théâtre des enfers.
Certaines choses sont imprévisibles.

 

• Couv_2024-036_Belo David - Mon ami Charly

 

Décidément, les Éditions Taurnada ne cesseront jamais de m’étonner !
J’en profite pour te remercier Joël…

Par où commencer ?
Rarement, je n’ai eu autant de mal à faire ma sélection d’extraits. J’en avais prévu tellement que faire un tri a été un véritable défi !

Le premier mot qui m’est venu à la fin de ma lecture a été “magnifique”. Mais où donc David Belo est allé chercher ce récit jubilatoire pour le lecteur que je suis et en même temps complètement déroutant. Des chapitres courts, du rythme, un super suspense, mais plus que tout, des rebondissements intenses et réguliers, qui n’en finissent pas, beaucoup de psychologie, des personnages émouvants, quelle claque littéraire !!!
Il m’est même venu plusieurs fois à l’esprit, mais… ce mec est fou !!!

Du coup, je suis allé voir un peu qui était David Belo grâce à Internet. Et je vous engage à faire même… Sacré personnage.

Charly et Bastien sont deux adolescents. Les meilleurs amis du monde. Ils sont amoureux de Marion. Mais leur amitié qui traverse les années.
Un traumatisme grave va venir percuter leur quotidien et ils décident alors de créer le Bingo, afin de déjouer les dangers de la vie… et ça marche.
Mais un jour, tout va basculer vers le pire.

Comment Charly et Bastien, vont-ils déjouer leur destin ?
Il leur faudra toute la malice et la plume de l’auteur pour arriver à sortir de ce véritable cauchemar.
Accrochez-vous bien pour ce voyage “coup de cœur” hors des sentiers battus, que vous ne regretterez sûrement pas !

“Certaines choses sont imprévisibles”

Alors le 16 mai, foncez vite chez votre libraire, parce qu’il n’y en aura peut-être pas pour tout le monde…
Bravo David !

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Extraits :

« Marion, pétrifiée, lâche le plat. En heurtant le sol, celui-ci explose en un million de tessons de verre comme du cristal. Elle tombe à genoux près du corps inerte et pousse un hurlement de détresse.
Les cheveux bruns, mi-longs, de notre enfant baignent dans la sauce tomate et le sang. Son visage aux traits fins est dépourvu de toute émotion et ses yeux verts sont révulsés.
Sans frapper à la porte, l’horreur s’invite dans notre foyer.
Hugo est mort… »

« Marion et moi avons les traits tirés, des cernes et tous les signes de fatigue dus au voyage et à cette nuit agitée. À contrario, les jeunes ont bien dormi et ne se sont rendu compte de rien. C’est mieux ainsi, ils ont été préservés de l’horrible vision de l’accident. »

« “Il te faut de l’aide pour porter les courses, je t’accompagne, dit Chloé depuis l’interstice de sa chambre.
– Non ! Pour quelques croissants et deux cafés, ça ira, merci.”
En catimini, je me tourne vers Marion, l’implorant de mes grands yeux. Elle sait que je suis mal à l’aise avec la jeune fille, que je ne l’aime pas beaucoup. Mais elle ne partage pas et ne comprend pas mon sentiment. Mon épouse me trouve injuste et intolérant, en deux mots, un vieux con. Elle ne m’aidera pas, j’en suis conscient et la soupçonne même de ricaner dans sa barbe qu’elle n’a pas. »

« Des doigts recouvrent mes yeux, m’empêchent de rêver davantage aux VTT et à la montagne.
“C’est qui ? demande une voix que je connais bien.
– Je dirais… la plus belle femme du monde.”
Marion danse autour de moi et me fait face.
“Tu parles de moi ? J’accepte le compliment avec plaisir.
– En fait, j’espérais plutôt voir Scarlett Johansson, mais je m’en contenterai.”
Elle serre son poing et frappe mon épaule pour corriger mon effronterie. Entrant dans son jeu, j’exprime un “ouille” de douleur totalement feint puisque son coup avait la puissance d’une mouche en perte de vitesse s’écrasant sur le cul d’une vache. »

 

David Belo est un peintre et décorateur en bâtiments depuis 1997… il est aujourd’hui artisan Spécialiste en décoration, entreprise BeloDeco (ancienne technique décorative : patine, imitation bois, imitation marbre, fresques etc…. )

Il a commencé la peinture sur tableau en janvier 2017. La passion du métier ainsi que ses connaissances lui permettent une bonne évolution dans le domaine de l’art. Peinture et photographie sont naturellement devenues sa façon de penser… vivre… Ses toiles sont réalisées avec des peintures de bâtiment, il joue avec les matières et les transparences de glacis à l’ancienne. (huile de lin – térébentine – pigments en poudre)

David Belo vit et travaille à Mogneville (France).

Passionné de films d’horreur, thrillers et adepte des livres audio, c’est à son tour d’inviter les lecteurs à frissonner au rythme de ses mots.

2024 – MON AMI CHARLY édition Taurnada
2023 – Le monde part en vrille Nouvelle au format numérique aux éditions Taurnada.
2023 – OPATOMA, le fleuve aux mille morts aux éditions LBS, diffusion Dilisco, groupe Albin Michel. Parrainé et Bandeau sur couverture par Claire Favan, auteure.
2021 – Mourir gentiment novella au format switch, Publié par Hugo Publishing sur Nextory.
2021 – Représentation du tableau Il était deux fois de Franck THILLIEZ, publié dans la version poche.
2020 – Auto-édition du recueil photographique des tableaux d’auteurs Portraits & mots d’écrivains.

Adolescence, Émotion, Cercle littéraire, Philosophique, Roman

Tempo

de Martin Dumont
Broché – 3 janvier 20248
Éditions : Les Avrils

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À trente ans, la vie de Félix, c’est Belleville, sa compagne et leur bébé. C’est, le soir, jouer de la guitare dans des bars avec l’espoir tenace de voir sa carrière solo démarrer. Car la gloire, Félix l’a déjà frôlée. Tous les quatre, ils avaient le talent, l’audace, l’osmose. Il y avait la fièvre, l’excitation et l’insouciance. Leur groupe a décollé, puis tout s’est effondré. Alors, arrivé en ce point précis où l’existence l’exige, Félix doit faire un choix : poursuivre encore le rêve ou changer de regard sur sa réalité.

 

• Couv_2024-015_Dumont Martin - Tempo

 

Avec Tempo, Martin Dumont nous propose un récit tout en douceur, avec une double temporalité.

– Félix est un jeune père de famille qui essaie de percer dans la musique sans vraiment y parvenir. Marié à Anna, infirmière et papa d’un petit garçon de deux mois, ils ont du mal à joindre les deux bouts, dès lors, leur vie se complique doucement…
– Félix vit les moments d’une gloire passée, alors il avait un groupe avec des amis lorsqu’ils étaient adolescents. Un groupe qui avait connu des moments de gloire, avec un album et de nombreux concerts.

Livre autobiographique ?

Martin nous fait vivre la vie de Félix, musicien dans l’âme, de la création de son groupe à leur zénith, puis malheureusement à leur déchéance. Il refuse d’abandonner et croit toujours en ses rêves et se produisant dans des bars où désormais personne ne l’écoute. Félix est attachant, un peu égoïste ? Peut-être. Il porte des blessures, qui seraient sûrement les nôtres si nous avions eu le même vécu. L’auteur nous montre combien nos rêves de jeunesse, une fois dans la vie réelle, sont difficiles à réaliser. Mais ce sont ces moments difficiles qui finalement nous construisent et nous permettent d’affronter le quotidien d’une vie.

J’ai beaucoup aimé l’émotion se dégageant de ce récit plein de nostalgie, mais rempli d’espoir. Rapidement, je me suis identifié à Félix, sachant qu’il est plus facile de vivre dans le passé que de tourner la page et d’affronter une dure réalité. Je n’ai pu m’empêcher de me demander ce qu’il me restait de mes rêves d’enfant…
Sûrement l’une des raisons pour laquelle ce roman m’a autant touché.
La prose de Martin pourrait paraître simple et sobre, mais au contraire, je trouve qu’il trouve un bon équilibre entre une certaine la pudeur et un éventail de sentiments très expressifs, mais toujours avec beaucoup de délicatesse.

Un beau moment de lecture…

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Merci beaucoup Martin, pour cette belle soirée au Château de l’Hermitage.
J’avais un peu “entrevu” l’auteur entre les lignes, durant toute ma lecture.
Hier soir je t’ai découvert, Homme, chanteur et musicien…

À très bientôt, je l’espère !

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Extraits :

« Il n’y a pas d’applaudissements. Les conversations reprennent, je bois une gorgée de bière avant de me réaccorder. J’égraine doucement les cordes. De haut en bas, des graves jusqu’aux aiguës. Les notes s’élèvent et flottent au-dessus de la salle. À mes pieds, la diode de l’accordeur clignote. Je tourne à peine les mécaniques. Un quart de ton, pas plus. Des réglages fins pour parfaire l’équilibre. »

« Le jour où j’ai rencontré Louis, il s’est cassé la gueule. C’était un matin de septembre, on entrait en seconde. Je venais de déménager et je ne connaissais personne. Après une enfance en Savoie, le jeu des mutations avait envoyé mes parents profs poursuivre leur carrière à Paris. En pénétrant dans le lycée, j’ai maudit l’Éducation nationale, mon père, ma mère et plus ou moins la Terre entière. J’ai rejoint la petite foule massée devant le tableau. Je me suis dressé sur la pointe des pieds. Il y avait une dizaine de classes et des centaines de noms. Il m’a fallu un bon moment avant de dénicher le mien. »

« Je reviens à mon fils. Blotti sous sa couverture, il dort profondément. Il change tellement vite. Ses cheveux ont poussé, ses sourires sont plus francs et il s’est épaissi. Il n’a plus rien du nouveau-né que j’ai soulevé en tremblant à la maternité. La première fois que je l’ai vu, je crois qu’il m’a fait peur. J’ai eu le sentiment que je ne serais jamais à la hauteur. Quand la sage-femme l’a placé contre moi, j’ai eu un mouvement de recul. Ça n’avait rien de l’évidence que j’avais imaginée. Anna a souri quand je lui en ai parlé quelques semaines plus tard. Elle m’a dit de ne pas m’en faire, qu’elle avait ressenti la même chose. Elle avait culpabilisé avant de se rendre compte qu’elle aimait son fils chaque jour un peu plus. »

« J’aime à penser que cette chanson leur plaît. Elle parle des amours d’un soir qui marquent pour une vie entière, des regards à la dérobée qui s’impriment trop profondément. Du goût au bord des lèvres qu’on n’oubliera jamais et des fantômes qui dansent au fond des souvenirs. Je joue sans m’arrêter, surtout sans réfléchir. Le bruit autour n’existe plus. Ou bien, il m’accompagne. Oui, c’est ça. Moi qui n’ai plus de groupe, plus un seul musicien, j’ai la clameur des bars. Le brouhaha des salles indifférentes. Les rires, les cris et les anniversaires. Le son des retrouvailles et des joies éphémères, le tintement des verres qui trinquent au bonheur de l’instant. J’ai le fracas de la vie qui s’efforce d’être heureuse. »

 

Martin Dumont est né en 1988, il est ingénieur pour l’éolien en mer et vit à Nantes.

Après Le Chien de Schrödinger et Tant qu’il reste des îles (Prix France bleu / Page des libraires, sélections Prix des libraires, Prix Relay), il revient avec Tempo ; roman du passage à l’âge adulte, dans lequel il confirme son talent ; celui de sonder avec pudeur et délicatesse le cœur des hommes.

Adolescence, Émotion, Drame, Noir, Suspense

VICES

Épisode 02 : Zabulu
de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

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« Un hurlement explose dans sa poitrine quand la lumière jaillit et qu’elle se voit, les mains plongées dans le ventre ouvert de sa mère. Derrière elle, un filet de voix l’appelle. Affalé dans l’ombre, une machette en travers de la gorge, son père tend le bras »

Les 608. Une cité abandonnée, dernier refuge des laissés-pour-compte. Un jeune délinquant disparaît dans des conditions mystérieuses et une vieille dame y est brûlée vive. Bien que les deux affaires ne semblent pas liées, les mêmes ombres cernent les personnes impliquées.Grâce à la dernière enquête qu’elle a brillamment résolue, l’avenir de Marie à la BJV semble bien engagé. Sa confiance est renforcée par les sentiments toujours plus forts qui l’unissent à Zolan. Seule ombre au tableau : Sophie, sa rancunière collègue, qui ne se conforme pas à cette idylle. Si les destins tragiques des réfugiés la déstabilisent, ce sont les animosités qui bourgeonnent dans la brigade qui l’inquiètent. Zolan est lui aussi tiraillé par les fantômes issus de son adolescence tumultueuse. Chacun à leur manière, ils s’escriment à les contrer. Mais le destin ne frappe pas toujours là où on l’attend…

VICES est une série littéraire de 8 “épisodes” dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

 

• Couv_2024-012_Paladini Gipsy - Vices_02

 

Seconde enquête pour Marie Lafontaine à la BJV.
Chaque tome peut se lire indépendamment, mais c’est tellement fort, que je vous conseille de faire comme moi et d’apprécier chaque opus qui révèle l’évolution des personnages.

Comment Gipsy, parvient-elle à être aussi dure et douce à la fois ? D’avoir une plume violente dotée d’une sensibilité époustouflante !
Malheureusement, je n’ai pas pu enchaîner le premier volet “3 petits singes” avec celui-ci, à cause des SP que je reçois, mais je savais que je le glisserai dès que possible, j’avais hâte de retrouver les enquêtes de Marie et Zolan…

Le style de Gipsy bouscule, interpelle même, elle construit “son” polar en dehors des clous, à sa façon, avec un style tellement différent de ce à quoi je suis habitué. Profondément humaine, terriblement sensible, je pense que telle est l’auteure. Elle nous prend, nous enlace et nous emmène dans un univers sombre, fragile et fort à la fois… Et c’est en avançant dans le récit, en entrant dans les chapitres petit à petit, qu’une petite lumière au loin, une chaleur nous attend, dotée d’une galerie de personnages attachants, variée et très impressionnante…

Entre lumière et noirceur, Marie et Zolan se perdent-ils pour mieux se retrouver dans ces cités, où la misère du quotidien ne génère que la violence et le mal ?

Encore une fois, Gipsy m’a conquis par sa plume noire, acérée, piquante, mais tellement plus encore…
Si vous aviez aimé le premier volet, n’hésitez surtout pas !!!

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Extraits :
« – Je ne connais rien à la vie.
– Depuis quand est-ce un défaut ?
Avec sa bienveillance habituelle, l’instructeur s’était rapproché d’elle tandis que leur parvenaient les encouragements des apprentis policiers sur le terrain d’entraînement.
– Fais de ce désavantage un atout. Ton esprit est brut, dénué de préjugés, tu es plus apte à analyser les situations en toute impartialité. »

« Leurs cheveux sont filasse, leurs yeux cernés. Des croûtes en partie arrachées parsèment leurs bras. Deux grosses négligées qui vivent recluses dans leur appartement, c’est ainsi qu’elles sont considérées. Méprisées par les familles de leurs agresseurs, conspuées par leurs voisins, car elles réclament encore justice.
C’était arrivé cinq ans plus tôt. Leurs assaillants étaient des gosses au moment des faits. Maintenant, ils ont changé. Certains sont de bons pères de famille. Il faut oublier tout ça. L’obscurité poussiéreuse de la cave, les sexes qui les étouffent, le goût infect de ce qu’on les force à avaler… Oublier ça, non, elles ne le peuvent pas. »

« La scène débute en pleine action : quelqu’un au sol est roué de coups. On ne voit pas l’agresseur, seulement son pied qui s’abat avec une telle force que le corps décolle à chaque assaut. Prise depuis la cage d’escalier, en hauteur, à environ quatre mètres, la vidéo dévoile l’entrée d’un appartement que l’on aperçoit à travers la porte entrebâillée. Le mauvais cadrage de l’image trahit la nervosité de celui qui filme. Vraisemblablement avec un portable. »

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Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué « Sang pour sang » en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

VICES – Épisode 02 : 3 petits singes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/18/vices/

Adolescence, Émotion, Roman

Les Toiles de la discorde

de Albert Ducloz
Broché – 4 janvier 2024
Éditions : Éditions de borée

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1954. Doué pour les arts graphiques, le jeune François Dufour s’inscrit à l’école des Arts du Puy-en-Velay et sympathise avec sa jeune voisine, Émeline Landry. Bientôt, celle-ci pose nue pour François. Furieux, les parents du jeune artiste détruisent le tableau. Les deux adolescents, après avoir fugué, trouvent refuge chez leur professeur de peinture, Sébastien Favre, et sa femme, la belle Clara. Alors encouragé par son professeur, François reprend la peinture de nus et se met rapidement en tête de peindre Clara. Sébastien, bien que très réticent, accepte. Un choix qu’il ne tardera pas à regretter…

 

• Couv_2024-005_Ducloz Albert - Les Toiles de la discorde

 

1954, François Dufour a une passion pour le dessin et en plus, il est doué. Tous les ans pour Noël, il se fait offrir des crayons de couleur, des carnets de croquis. Puis il découvre la peinture. Maintenant, il sait ce qu’il veut faire plus tard. Mais comment l’annoncer à sa famille. Finalement, grâce à son talent, il est encouragé par un professeur à rejoindre l’école des Art du Puy-en-Velay tous les jeudis en plus de ses cours hebdomadaires. Émeline Landry, une jeune voisine, aime aussi le dessin. François demande à son professeur M. Favre, s’il peut y avoir une possibilité qu’elle intègre le cours avec lui. Au contraire, lui répond-il, elle sera la première fille du groupe.

Ainsi commence ce récit que j’ai énormément apprécié. L’histoire m’a replongé dans mon enfance, où je passais des heures et des heures à dessiner, à colorier, jamais fatigué j’en voulais toujours plus, et plus un jour plus tard, à l’adolescence, j’ai intégré un établissement d’Art Graphique. Dessins, perspective, peintures, natures mortes et nus. Je me suis revu, dans le récit d’Albert Ducloz. J’étais tout jeune avec cette dualité, timidité et fonceur, car j’en voulais toujours plus. d’ailleurs, j’ai trouvé les premiers cours du récit très bien racontés. puis très vite, ce furent mes premiers cours de nus. La gène d’abord, de voir des femmes plus âgées que moi complètement dévêtues qui nous regardaient et nous mettaient à l’aise. La colère de mes parents, lorsqu’ils apprirent en quoi consistaient certains de nos cours. Moi, je ne voyais que des modèles, souvent des femmes, rarement des hommes. L’univers de la peinture ne m’est donc pas inconnu et c’est pour cela que je voulais lire ce roman fort bien écrit et très intéressant. La passion des jeunes artistes qui se mêle à une jalousie qui ne peut pas, ne pas exister. Ils sont jeunes, ils sont amoureux. Mais quand est-il lorsque François veut peindre une autre femme ? Comment réagira Émeline ? D’autant plus que cette femme n’est autre que la femme de M. Favre, leur professeur…

Une bien belle histoire qui m’a portée dans un monde agréable où je me suis attaché aux personnages, les descriptions aussi sont particulièrement réussies. Je ne connaissais pas Albert Ducloz, c’est une très belle découverte !

Un grand merci aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée…

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Extraits :

« Les derniers jours de juin 1954 se prélassent au village de Lavoûte-sur-Loire, au cœur de la Haute-Loire. Nous touchons aux vacances d’été. À cette époque, ce havre de paix où je suis né prend ses aises à la campagne. Mon père, lorsqu’il a planté les arbres du verger, s’y est pris de telle sorte que la famille puisse disposer de fruits toute l’année. Des claies menuisées de ses mains et installées à la cave permettent d’y conserver pommes et poires hors de l’humidité et d’attendre ainsi le prochain printemps pour le parfait mûrissement des premiers fruits rouges. »

« Au jour convenu, aussitôt à pied d’œuvre, nous posons nos vélos contre le premier tronc venu, pénétrons bravement en forêt sans craindre les fougères et choisissons nos places. J’observe les frondaisons aux orangés luisants du soleil d’après-midi et les ors des feuillages que les premières gelées n’ont pas encore fait tomber. Face à moi, légèrement en recul, je surprends deux hêtres dont les troncs se nouent a s’embrasser. Je n’ose encore imaginer qu’ils pourraient être Émeline et moi-même. De temps à autre, un coup de vent fait envoler les feuilles qui virevoltent comme des flocons jusqu’à se laisser aller à rejoindre celles qui avant elles ont épousé le sol. »

« Sur la route du retour, pédalant côte à côte, nous profitons d’un chemin qui s’égare de la route et l’empruntons pour le quitter vers un bosquet ; contre un bouleau, nous posons nos vélos et, longuement, longuement, nous nous embrassons.
C’est la première fois. Pas suffisamment longtemps, certes, les parents sont exigeants sur les horaires de retour, mais enfin, à partir de ce très long baiser, Émeline et moi ne sommes plus seulement amis.
Un baiser hebdomadaire, si long et passionné soit-il, ne nous suffit pas. Nous cherchons et nous trouvons. Nous allons prendre prétexte de peindre pour nous retrouver, mais où ? »

 

Albert Ducloz écrit pour son propre plaisir depuis l’enfance romans, poésies, contes et nouvelles. En 2002, après une carrière de directeur d’établissement de soins, il publie son premier roman, Citadelles d’orgueil. En 2015, il obtient le prix du Cercle littéraire Médicis pour son roman Les Trois Promesses et, la même année, le prix La Plume et la Lettre pour Le Chant d’Aurore. Avec Les Toile de la discorde, il signe son dix-septième roman aux éditions De Borée.

Adolescence, Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

La route du lac

de Xavier Massé
Poche – 7 septembre 2023
Éditeur : Taurnada Éditions

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Blaches est un charmant village réputé pour sa tranquillité… Jusqu’au jour où, au lendemain d’une soirée, trois étudiants sont portés disparus. Que s’est-il passé cette nuit-là ? Que s’est-il passé sur l’unique route qui mène au lac ? Amis, voisins, connaissances… pour les enquêteurs, tous sont suspects. Bienvenue à Blaches.

 

• Couv_2023-097_Massé Xavier - La route du lac

 

La Route du lac, a obligé Xavier Massé à sortir du cadre habituel de ses romans. Pas toujours évident pour un auteur, mais je pense que l’exercice est largement concluant.
Bravo Xavier !

21 avril 2018.
C’est l’anniversaire de Benjamin, le fils à papa du village. Il a décidé, d’inviter un maximum de ses amis vivant à Blaches, près de Lyon, dans un bar où ils ont l’habitude de se réunir les week-ends. Ce sera une méga fête… On chante, on rit, on boit et on danse jusqu’à pas d’heure. Après une dernière tournée avec quelques proches, Benjamin et les autres rentrent chez eux… Personne n’aurait pu imaginer la tragédie qui allait s’en suivre…

En effet, dès le lendemain, certains parents s’inquiètent, trois des jeunes gens ne sont pas rentrés de la nuit. Aussitôt la police contactée, les recherches commencent. Très vite, ils retrouvent le corps de la jeune fille disparue, Mylène, morte au pied d’une cascade alors que deux de ses camarades sont toujours portés disparus. Le capitaine de gendarmerie Michel Leroy accompagné du lieutenant Anthony Ramazzy sont chargés de l’enquête, quand l’un des garçons disparus, Thomas, est retrouvé errant en plein milieu de la forêt. Il ne se rappelle absolument de rien depuis qu’il a quitté le bar la veille au soir… Les enquêteurs décident alors d’axer les interrogatoires, sur la famille et les proches des disparus. Benjamin, lui reste introuvable. Commence alors une enquête minutieuse aux multiples rebondissements…

Xavier a fait très fort, il a l’air de s’amuser tout le long du récit, me perdant à la fin de chaque chapitre quand je pensais avoir trouvé “LE” fil conducteur. L’histoire est tout à fait crédible et le scénario lui, est diabolique. Le grand “plus” de son récit, ce sont vraiment les personnages tels que Xavier les a imaginés. Parmi tant d’autres, le personnage de Rémi est vraiment superbe et très émouvant !

Qu’est-il arrivé à Thomas, Mylène et Benjamin dans ce petit village paisible ?

Des personnages particulièrement réussit, des flash-back très ingénieux, un final avec une vraie surprise, l’imagination débordante de Xavier n’aurait-elle donc plus de limite ?
Personnellement, je ne serai pas contre une suite pour ce récit “puzzle”…

“La Route du lac”, n’a pas fini de parler d’elle !
Un excellent moment de lecture.

Un grand merci aux Éditions Taurnada.

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Extraits :

« Sa respiration était forte et brusque. À son passage, les feuilles virevoltaient et les branches se brisaient sous ses pas. Sa course était effrénée. Elle était effrayée et ne savait plus dans quelle direction aller. Elle ne voyait rien. Les arbres cachaient la lueur de la lune.
En panique totale, elle gémissait de terreur et n’arrêtait pas de se retourner. Elle ne l’entendait ni ne l’apercevait. Ce qui décuplait son stress. Les ronces écorchaient ses mollets, son sang perlait. Elle pleurait. La noirceur de cette forêt était devenue son ennemie. La peur l’engloutissait comme des sables mouvants. »

« Elle était si gentille. C’était une fille adorable, et si douce. Tout le monde l’aimait. Elle n’aurait jamais fait de mal à personne. Mylène riait tout le temps et avait toujours le sourire. C’était la joie de vivre incarnée. Elle avait tout juste 18 ans. Elle avait eu son bac l’été dernier et avait entamé à la faculté sa première année de biologie. Ma fille avait tout pour elle, capitaine. Elle avait la vie devant elle ! »

« “Accroche-toi, mon Rémi.”
Le tenant par les mains, les bras tendus, elle se pencha en arrière. Rémi la retenait de toutes ses forces pour qu’elle ne chavire pas. La musique battait son plein.
Mylène tournoyait. Se penchant de plus en plus en arrière, elle dessinait un cercle imaginaire tout autour de Rémi, et il se prit au jeu. Ils tournèrent tous les deux. Il la regardait sourire. Il se sentait ivre. Ivre de bonheur. Il était comme dans un tourbillon où tout disparaissait et plus rien n’avait d’importance. Pendant un instant, Rémi ne se sentit plus différent. »

« Tandis que cet autre, dans son garage, buvait une dernière bière. Il se frottait le bras comme pour raviver les plaies du passé et celles du présent. Il jeta sa canette dans la poubelle dédiée aux cadavres de verre, puis il commença à mettre des coups-de-poing dans son sac de frappe. Il espérait que l’exercice effacerait certains souvenirs. »

« Son agresseur verrouilla sa prise pour l’étrangler.
Malgré ses tentatives désespérées pour se libérer, le barman commençait à perdre pied, manquant cruellement d’oxygène.
Bataillant mollement, il suffoquait, ayant de moins en moins de force…
Son bourreau resserra un peu plus son emprise.
Franck était à l’agonie. Les bras inertes, il se sentait partir. Ses yeux se révulsèrent et il cessa de lutter.
L’homme maintint sa prise encore quelques secondes, puis lâcha le sac : le corps de sa proie chuta au sol comme une pierre.
“Eh ben… j’ai failli attendre ! ironisa Yannick Provost. Mets-le dans le coffre, maintenant !…” »

 

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 « Répercussions », qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec « L’Inconnue de l’équation », un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

L’inconnue de l’équation
https://leressentidejeanpaul.com/2019/06/05/linconnue-de-lequation-de-xavier-masse/

30 secondes…
https://leressentidejeanpaul.com/2022/02/16/30-secondes/

Némésis
https://leressentidejeanpaul.com/2020/11/04/nemesis/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Humour

Là où tu iras j’irai

de Marie Vareille
Poche – 28 février 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

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Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d’actrice comparable à celle du Titanic : catastrophique. Le jour où elle refuse d’épouser l’homme qu’elle aime, sous prétexte qu’elle ne veut pas d’enfant, elle se retrouve à la rue. Elle accepte alors le seul rôle qu’on lui propose : se faire passer pour l’irréprochable Nanou du petit Nicolas, qui n’a pas prononcé un mot depuis la mort de sa mère, afin d’infiltrer sa famille et d’y exécuter une étrange mission. Elle part donc pour l’Italie, dans la maison de vacances familiale, loin d’imaginer à quel point la rencontre avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.


Réjouissant.

Femme actuelle.

Les aventures d’Isabelle font mouche : sens de la formule, humour, justesse, émotion.
Télé star.

 

• Couv_2023-078_Vareille Marie - Là où tu iras j'irai

 

Encore un livre lu d’une traite !

Mais qu’est-ce que j’ai ri…
Rarement cela ne m’étais autant arrivé durant une lecture. Il y a de nombreux rebondissements, c’est léger, c’est frais, mais pas que…
Avec des personnages très attachants, tous sans exception, Marie Vareille nous a concocté un vrai petit bijou de lecture.

Isabelle a 32 ans, elle s’est un peu perdue dans sa vie. Pour ne pas se retrouver à la rue, après une très courte hésitation, elle accepte un poste de nourrice, en Italie, proposé par l’une des enfants dont elle doit s’occuper, moyennant la somme de dix mille euros pour quelques semaines… Vous vous doutez bien que rien n’ira comme il se doit !

J’ai été très agréablement surpris par la trame du récit, le rythme et un final rempli d’étincelles ! Derrière un “petit” roman qui aurait pu être léger, Marie nous dévoile une histoire profonde, dure parfois et très émouvante. La plume de l’auteure est belle, vivante, j’aurais voulu partager encore quelques instants avec le petit Nicolas, ses sœurs, deux vraies pestes, Isabelle et tous les autres…

Une histoire pleine de tendresse, remplie de beaux sentiments, qui m’a fait du bien et m’a permis de passer un très agréable moment, où j’ai complètement déconnecté de mon quotidien. C’est aussi ça la lecture…
Mais qu’est-ce que j’ai ri 😂 😂 😂!!!

Un livre que je vous conseille tout particulièrement… Un vrai plein d’oxygène !

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Extraits :

« Isabelle !
Pour la troisième fois, Quentin secoua l’épaule d’Isabelle.
Hein ?! Quoi ?!
Elle leva une tête paniquée de l’oreiller qu’elle enserrait de ses bras comme un naufragé une bouée de sauvetage. Elle avait la marque des draps incrustée sur la joue gauche et ses yeux bruns, écarquillés portaient encore les traces du maquillage de la veille. Avec ses cheveux blonds ébouriffés, elle présentait à Quentin le visage effaré d’un oisillon tombé du nid.
– Il est midi ! Ton audition !
– Mon audition ? Quelle audition ?… Ah merde, mon audition ! »

« Personne n’écoute ceux qui ne parlent pas, alors lui non plus ne voulait pas écouter. Malheureusement, le bruit finissait toujours par se rétablir. D’abord le grattement d’un stylo sur une feuille de papier, des voix d’enfants assourdies, des talons sur le parquet, comme si quelqu’un montait graduellement le volume d’une radio réglée au minimum. Le docteur avait ouvert la porte. Nicolas pouvait aller attendre dans la salle d’attente. Vingt minutes s’étaient écoulées depuis qu’ils lui avaient dit de ne pas s’inquiéter. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui s’était passé depuis. Parce que Nicolas se taisait, la plupart des gens présumaient qu’il était sourd. »

« Dans le grand appartement du boulevard Saint-Germain, assis sur le parquet du salon, Nicolas remonta les lunettes rondes qui glissaient sur son nez et déplaça son fou de l’autre côté du plateau. Le fou pouvait traverser les cases à toute bringue et en diagonale. Les autres pièces ne se méfiaient jamais de lui. Normal, puisqu’il était fou. Nicolas se refusait d’ailleurs à utiliser tout autre pion. Concentré sur son jeu, il laissa s’échapper une goutte de salive qui vint s’écraser sur son pyjama Spiderman. En face de lui, sa mère lui sourit avec tendresse. »

 

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Son bestseller La Vie rêvée des chaussettes orphelines, traduit dans de nombreux pays, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Il a reçu le Prix des lectrices Charleston 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/15/desenchantees/

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la Passeuse d’âmes et son roman Young Adult Le syndrome du spaghetti a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.