Émotion, Drame, Folie, Polar, Thriller psychologique

Le berceau du Talion

de Sébastien Jullian
Broché – 6 septembre 2019
Éditeur : Auto-édition

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Lorsqu’un mail provenant du ministère de l’Intérieur est envoyé dans les bureaux de la police de Grenoble, le trouble est semé. Il décrit l’endroit où gît le corps d’un célèbre avocat, Eddie Durand, assassiné dans des circonstances effroyables.
Au même moment, dans un petit village de Haute-Savoie, un suicide étrange éveille la curiosité des forces de l’ordre…
À priori, ces affaires n’ont rien en commun. Mais un détail fait ressurgir un nom, celui de Valentin Monge. Le commissaire Sirus et ses hommes doivent replonger dans une sordide affaire classée de harcèlement, viol et suicide.
L’ombre d’une vengeance semble désormais planer sur les enquêteurs. Mais tout va trop vite, et paraît incontrôlable.
Il n’y a plus de hasard.
Ce n’est pas un jeu. C’est une démonstration.

 

• Couv_2024-081_Jullian Sébastien - Le berceau du Talion

 

Plus qu’un coup de cœur, Le berceau du Talion est un véritable coup de poing dans la figure !!!

Mais pourquoi, ne suis-je pas surpris…
Avec On l’emportera dans la tombe, Sébastien avait déjà marqué mon esprit et je me demandais ce qu’il nous réserverait par la suite…
Puis, j’ai lu Dualité. Comment vous dire ? Un récit qui sort des “rails”, qui m’a glacé le sang pages après pages. J’étais complètement figé en fin de lecture. Je me suis même demandé si l’auteur n’était pas un peu “fou” !

Avec Le berceau du Talion, Sébastien confirme son talent et va même au-delà. Mais d’où vient-il ? Où va-t-il chercher tout ça ?
Une chose est sûre Sébastien…
Ne change rien, je suis devenu addict, et je ne voudrais surtout pas tomber en manque !

Valentin est “le” souffre-douleur dans son lycée. Son style gothique, ses goûts différents, son besoin d’être seul depuis qu’il est enfant, ont malheureusement fait de lui un être à part que personne ne comprend, pas même les adultes qui gravitent autour de lui.
Dès lors, il décide de tenir un journal intime où il notera le calvaire qu’on lui fait subir au quotidien, les humiliations, les crachats, les insultes, les tortures aussi tant physiques que psychologiques. Sa vie est un enfer.
Certaines plaies ne se referment pas, un jour, il baisse les bras. Après avoir subit un viol collectif, il écrit les dernières lignes de son journal et décide de partir pour un monde qu’il espère meilleur, abandonnant son seul ami, son frère Romain, le seul qui partageait son vécu. Lui-même disparaîtra juste après l’enterrement de son frère.

14 ans plus tard, l’avocat qui avait défendu, ceux qui s’en étaient pris à Valentin est retrouvé mort, avec un étrange message à ses pieds. Une enquête, qui va remuer “la boue”, est ouverte. Les morts vont se multiplier.
Et très vite, la police établira que Valentin est le lien entre tous ces décès.
Gilles Rousset et sa nouvelle recrue, Marion qui va devoir faire ses preuves très vite, se retrouvent au centre d’une enquête aux multiples rebondissements, où quelqu’un se joue des lois, de la police, de la justice… Pour cette personne, une seule chose est importante.
La vengeance !

Un excellent thriller, où le mal ne se trouve pas là où on le croit.
Œil pour œil, dent pour dent. Seule la justice est importante…

Bravo Sébastien, j’en perds mes mots !
Merci Blandine Caron, encore une fois, tu ouvres mon univers littéraire, et avec la plume sombre et efficace de Sébastien Jullian, on tient un bijou qui risque de faire parler de lui très vite !

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Extraits :

« La vérité ne meurt pas, elle nourrit la colère.
Valentin referme la dernière page de son journal intime en ce matin glacial du 10 décembre 2004. Il a choisi sa plus belle plume pour écrire les derniers mots. Celle que son parrain lui a offerte pour ses seize ans à son entrée au lycée. Sa main est tremblante, son rythme cardiaque s’accélère. Il se demande si le moment doit durer ou non, s’il faut lui donner un sens. Non, ça ne changera rien. Les secrets de sa douleur sont là, enfouis entre les pages. »

« Crachats, insultes, violences physiques sont le quotidien d’un véritable enfer. Il ne se déplace plus dans l’établissement pour éviter les croche-pieds, tirages de cheveux, jets d’objets en tout genre. Même les plus jeunes en font leur souffre-douleur. Il raconte avec une écriture discontinue cette fois où « un camarade lui urine dans le dos dans les vestiaires du cours d’EPS. »

« Chaque individu est confronté un jour à cette étrange sensation. Ce moment où la réalité flirte avec l’irréel et vous plonge dans le doute. Après un mauvais rêve, ou peut-être votre pire cauchemar ?
Deux possibilités s’offrent à vous : soit peu à peu vous vous rendez compte que rien de tout ça n’est arrivé, et le soulagement vient chasser la peur. Soit vos rêves n’étaient qu’illusions, et le retour à la vie n’en est que plus terrible. »

« Elle est étendue au sol, patauge dans sa propre pisse. Une odeur infecte assaille ses narines. Son corps commence à rendre les armes. Les mains liées au-dessus de la tête, on dirait une crucifiée au milieu d’une arène romaine. Les liens ont entaillé ses poignets jusqu’au sang, la peau est meurtrie d’ecchymoses. »

 

Informaticien de métier, entraineur de football et père de deux enfants, j’ai pris le gout de la lecture depuis 2016. Les trajets en train, la sieste des enfants, les insomnies nocturnes, sont autant de moments qui m’ont également permis de m’adonner à une nouvelle passion : l’écriture de thrillers.

J’aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur. Un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs…

On l’emportera dans la tombe
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/16/on-lemportera-dans-la-tombe/

Dualité
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/15/dualite/

Émotion, Drame, Polar, Suspense

La disparue de Belle-Île

de Christophe Ferré
Broché – 12 octobre 2023
Éditions : L’Archipel

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Après La Petite Fille du phare, le nouveau suspense stupéfiant de Christophe Ferré sur l’une des plus belles îles de France.

Une disparition glaçante sur l’une des plus belles îles de France.
Le nouveau suspense de l’auteur de La Petite Fille du phare

Où est passée Chloé ?

Plus aucune trace de cette jeune ostéopathe depuis une soirée qui s’est terminée dans les cris. Plus étonnant encore, sa voiture est tout aussi introuvable, alors qu’elle n’est jamais repartie par le bac qui relie l’île au continent.
Un mystère comme les aime Léa, une journaliste qui ne tarde pas à comprendre que sa présence dérange…
Un suspense plein de fausses pistes et de rebondissements inspiré d’un fait divers jamais résolu : la mystérieuse disparition de la pharmacienne de Belle-Île.

 

• Couv_2024-080_Ferré Christophe - La disparue de Belle-île

 

Le récit se déroule en Bretagne, très exactement sur Belle-Île-en-Mer, et là, c’est déjà une bonne pioche !
J’ai toujours été attiré par la Bretagne, et c’est un réel plaisir de m’y promener dès que cela est possible. Je ne connais pas Belle-Île-en-Mer, mais malgré le sujet Christophe Ferré m’a quand même donné envie d’y aller…

Léa Grange, journaliste, s’est spécialisée dans les enquêtes sur des affaires non résolues, qu’elle publie ensuite sous forme de livres.
Dès qu’elle entend parler de la disparition sans laisser de traces, d’une jeune ostéopathe, Chloé, à Belle-Île, ni une, ni deux, elle décide d’y aller et de mener sa propre enquête.
La jeune femme a disparu, le lendemain d’une pendaison de crémaillère entre “amis”. Sa voiture a aussi disparu, et à priori, elle n’a pas pris non plus le bac qui relie l’île au continent. Que s’est-il réellement passé ce soir là ?
Léa va vite se rendre compte que chaque personne qu’elle va interroger, est un éventuel coupable et que de nombreuses pistes se multiplient autour d’elle au fur et à mesure… jusqu’à ce qu’elle tombe sur de nouveaux cadavres !

Un thriller rempli de fausses pistes, de pièges et de rebondissements. Léa est attachante, et on a bien envie de l’aider lorsqu’elle se sent perdue.
Les personnages qui gravitent autour d’elle, ont aussi leur importance et on va découvrir qu’une communauté en apparence soudée et sans histoires, peut cacher de nombreux mystères et des secrets.

Une lecture agréable et fluide dans laquelle il m’a manqué un “tout petit quelque chose”, que je ne suis pas arrivé à déterminer !
Pourtant, tout est là. Même un final, que je n’ai pas anticipé du tout !
Peut-être que j’en demande trop ?
Dans tous les cas, la sensibilité de Léa m’a beaucoup touchée, et c’est pour moi le gros plus du récit par rapport à mes thrillers habituels…

Merci Christophe !

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Extraits :

« Belle-Île-en-Mer.

Ici, au milieu de l’océan, s’étend une terre de légendes celtiques. Quelques-unes reposent sur des faits réels. On y croit ou pas, selon sa foi, son imagination.
Des fées de la forêt de Brocéliande auraient jeté des couronnes de fleurs dans le golfe du Morbihan. La plus grande et la plus somptueuse serait devenue Belle-Île : pure poésie. Mais certaines histoires contiennent une part de vérité. »

« Les mouettes, les goélands, les cormorans, quelques oiseaux de la lande picoraient ce qu’ils pouvaient. Des poissons morts. Des mollusques.
Des crabes. D’autres oiseaux tués. La nature se fiche complètement de la mort et de la vie. La nature est une force indomptable qui fait vivre et mourir sans avoir à se justifier. »

« – Soit, mais quel rapport avec Chloé ?
Marie semblait émue.
– Pour moi, elle se trouve entre les murs de cette secte, je ne vois pas d’autre hypothèse. Sous des dehors joyeux, elle était déçue par la vie qu’elle menait. Elle se sentait tellement seule. Pas de compagnon, peu d’amis.
Un jour, elle a craqué. Manque de chance, c’était juste après la soirée chez moi.
Cette thèse rejoignait celle du commandant de gendarmerie et ne contredisait pas la lettre anonyme. »

« L’homme l’attendait sur le goudron, immobile, comme un loup affamé, comme s’il savait que la jeune femme allait revenir par là, comme s’il connaissait le moindre chemin, ceux permettant de fuir et ceux ne menant nulle part.
Qui était cet homme sans voix et sans visage ? Elle n’arrivait pas à trouver d’explication, tout n’était qu’hypothèses invérifiables. »

 

Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a obtenu le Prix de la nouvelle de l’Académie française en 2010.
Il est l’auteur de :
La Chambre d’amour (Arléa, 1995),
La Septième nuit (Seuil, 2000),
Paradis Turquoise (Flammarion, 2005).
Son premier suspense,
La Révélation de Chartres (Salvador, 2015) s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires, toutes éditions confondues,
La Petite Fille du phare (Éditions de l’Archipel, 2018),
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/08/la-petite-fille-du-phare/
Mortelle Tentation (Éditions de l’Archipel, 2019),
La Prophétie de la cathédrale (Archipoche, 2020).

Émotion, Drame, Frisson horreur, Polar, Thriller psychologique

Les aubes assassines

de Luca Tahtieazym
Broché – 19 août 2024
Éditions : CZY

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Une jeune femme suspectée de meurtre.
Un marin grec égaré dans les océans.
Une Brésilienne paumée, invisible aux yeux des puissants.
Trois victimes du hasard, trois jouets du destin réunis par la fatalité, pourchassés par des tueurs à gages qui éliminent sans états d’âme et sans laisser de traces.

Et au cœur de la tourmente, liant ces êtres balayés par le destin, des corps qui tombent et ne se relèvent pas…

 

• Couv_2024-077_Tahtieazym Luca - Les aubes assassines

 

Luca Tahtieazym, ou l’art et la manière de semer des indices là où il faut, l’art de jouer avec les lecteurs et les “7IGN3S” du temps…

Avec “Les aubes assassines”, Luca nous propose un thriller captivant sous forme d’un puzzle temporel, où de multiples intrigues finiront par se percuter !

Début du récit.
Nous sommes en 1984. Lison est accusée de meurtre, la police ne voulant pas écouter sa version, elle va devoir fuir, quitter le pays s’il le faut.

Plus loin… dans le temps.
1987, nous sommes en Grèce. Hélias est un marin pécheur, personnage solitaire et particulier, il est sourd et difficile à cerner.
On continue de voyager. Nous sommes cette fois-ci au Brésil, Laís, alors qu’elle n’a pas de compétence particulière, à part celle de parler le français, se retrouve convoquée un dimanche après-midi au bureau de sa patronne, France ou Françoise, on ne sait plus, qu’importe, elles sont deux.
Puis, il y a Panos au teint olivâtre, Isabelle, une belle “écervelée”, Papy, toujours un couteau dans sa poche, Albert, Astérix, Asuka, Carole, Jeremy, Véronique, Ansovino, Ludovic, Sébastien et bien d’autres encore, tous les plus attachants ou détraqués les uns que les autres.
Mais quel est donc le lien qui unit Lison à tous ces personnages hors du commun ?
Luca cherche à nous embrouiller et il y arrive parfaitement. Construction ingénieuse pleine de rebondissements, gare à ceux qui baisseront leur garde ne serait-ce qu’un chapitre ! Je vous aurai prévenu…

Un thriller machiavélique au rythme trépidant, avec un final qu’il faudra mériter.
Coup de cœur, à découvrir dès que possible !

Aujourd’hui, certains auteurs comme certains chanteurs, sont malheureusement trop peu visible…
Luca Tahtieazym en fait partie. Seul notre bouche à oreille mérité lui permettra, je l’espère d’avoir bientôt la place qu’il mérite !

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Extraits :

« On lui avait parlé plusieurs fois de l’expérience du chat de Schrödinger. Mais la physique quantique et tutti quanti, les bidules macroscopiques et les vecteurs de la décohérence machin, François, ça lui passait au-dessus de la tête. Ce qu’il avait retenu était simple : si on enfermait la bête dans une boîte, en théorie, on ne savait pas si elle était vivante tant qu’on ne l’avait pas ouverte – la boîte, pas le chat. En attendant, l’animal était donc entre deux états, à la fois vivant et mort. »
« Héraklion était une cité séduisante et agréable, mais pas partout. Comme dans tant d’autres villes, les quartiers sensibles servaient de dépotoirs à âmes humaines. On y stockait ceux qui gênaient, ceux qui puaient, ceux qui tendaient la main, ceux qui n’étaient plus capables de s’extirper de la spirale fatale de la piqûre dans le creux du bras. »

« Isabelle Carrigné était le genre de fille excentrique qui cherchait avant tout à ne pas être invisible. On les disait légères, écervelées, faciles, les comme elle. Mais souvent, elles étaient surtout tristes, loin des hétaires grecques qui elles se repaissaient de leurs prérogatives. »

« Tuer quelqu’un, c’est ça, ce que ça fait ? C’est horrible, pas vrai, Lison ?
– Je n’en sais rien. Je n’ai jamais tué personne.
– Pardon. C’est pas ce que je voulais dire. Elle va nous rejoindre ?
– Carole ?
– Oui.
– Non, Asuka, Carole ne nous rejoindra pas. On ne reverra plus Carole. Carole va aller en prison.
– Parce qu’elle a tué quelqu’un.
– Oui. Et parce qu’elle est folle. Et nous, on doit partir.
– Où ?
– Ailleurs.
– Mais pourquoi ?
– Parce que la police apprendra que deux femmes étaient mêlées à ce qui s’est passé. Des témoins leur expliqueront qu’on était là et que l’homme à la tête défoncée s’en prenait à moi avant que Carole ne le massacre. Ou peut-être que Carole nous dénoncera. »

 

Auteur au nom imprononçable, originaire du Sud de la France et vivant actuellement près de La Rochelle, Luca Tahtieazym est l’auteur de treize romans parus à ce jour. Jonglant avec les genres et les styles, inspiré par Steinbeck, Ellroy, Dard ou Stephen King, il apporte un soin particulier aux intrigues de ses livres, s’efforçant de proposer des histoires originales et des personnages tourmentés et attachants.
Tahtieazym a remporté le concours des plumes francophones 2017 (plume des lecteurs) avec son titre VERSUS,
le grand prix du roman AEB 2022 pour LA MANTE NUE
et le Prix du festival du livre de Niort en 2023 avec LA FORÊT.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/02/08/la-foret/

Amour, Émotion, Drame, Roman

Liv Maria

de Julia Kerninon
Poche – 3 mars 2022
Éditions : Folio

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“D’une certaine façon, la distance n’était plus la question, où qu’elle vive à la surface de la Terre, elle ne pourrait échapper au rayonnement du passé, aux conséquences de ses actes.”
Née sur une petite île bretonne, Liv Maria grandit au milieu des livres. À dix-sept ans, elle est envoyée à Berlin où, le temps d’un été, elle fait une rencontre qui bouleversera le cours de son existence. Éprise de liberté, elle deviendra tour à tour une amoureuse, une aventurière, une libraire, une mère, et connaîtra mille vies. Mais laquelle est véritablement la sienne ?

Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme qui, malgré un secret inavouable, cherchera sans cesse à réécrire son histoire.

 

• Couv_2024-075_Kerninon Julia - Liv Maria

 

Encore une très belle plume !
Décidément, les femmes prennent de plus en plus de place dans la littérature, et c’est tant mieux !

Enfant libre et solitaire, Liv Maria a 17 ans. Son père est Norvégien et sa mère française. Suite à une tentative d’agression sexuelle sur son île de naissance, ses parents la contraignent à l’exil chez une tante à Berlin le temps d’un été. Elle prendra des cours d’anglais en attendant la rentrée scolaire. Mais la rencontre avec son professeur d’origine irlandaise va bouleverser son existence.

Envoûté par l’héroïne dès les premières pages, forte dans son corps et dans son esprit, j’ai savouré ce récit très bien construit, pages après pages.
La liberté a un prix cher à payer, elle le sait, mais Liv Maria, l’accepte et assume les choix de son destin jusqu’à la dernière page.

Elle voyagera à travers le monde, entrera de plein pieds dans le monde des affaires, exercera plusieurs métiers et vivra plusieurs vies éprouvant sa vie sexuelle comme elle l’entend, sans aucun regret.
Pourtant…
Pourtant, au fond de son cœur, tout au fond, elle cache une blessure secrète qui ne pourra jamais cicatriser.
Partir, revenir, fuir, quitter, recommencer…
Une histoire éprouvante et difficile, mais ô combien émouvante et sensible.

Merci Julia, pour cette vision de femme qui a su me séduire dans un contexte qui m’a agréablement séduit !

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Extraits :

« Mes parents font l’amour et je ne suis pas encore là.
Quand ils escaladent l’escalier de leur chambre, juste après le déjeuner, et qu’ils s’enfouissent sous les duvets de leur lit bateau, je regarde les mouvements de reins de mon père et je m’étonne qu’un homme d’un mètre quatre-vingt-dix et de cent vingt kilos puisse onduler comme ça. Seuls les petits pieds de ma mère dépassent du cadre de bois sculpté. Secrètement, je m’imagine que, la nuit, mes parents retrouvent la même taille, que la nuit, ils sont égaux. »

« Même quand elle était enfant, elle était une enfant Tonnerre et les gens l’avaient respectée. À cause du café, à cause de sa mère, à cause de ses quatre oncles aux mains gigantesques, à cause de son père étranger à l’accent chantant. La richesse du monde l’émerveillait, son monde débordant de collines, d’eau salée et de moutons qui se tordaient le cou pour la regarder passer, à travers le nuage de poussière qui la suivait sans jamais la rattraper. C’était sa vie et elle en était pleinement satisfaite. »

« Non, à l’époque, elle ne savait pas, elle ne savait rien, elle se réveillait le dimanche matin à côté de Fergus et elle le regardait dormir, son corps compact contre lequel elle se lovait en cuillère, et au réveil, sa bonne humeur inattaquable, sa volubilité. Fergus à quarante ans.
Cette personnalité si expansive et si secrète à la fois, impénétrable. Sanguin. Chaleureux.
Tragique. »

« C’est Bettina qui avait pris l’appel, et quand elle avait annoncé la nouvelle à Liv Maria, à travers ses larmes, celle-ci était restée sans voix. Plus de parents. Plus jamais sa mère, plus jamais son père. Plus jamais la vie qu’elle avait connue avec eux. Plus jamais les odeurs familières, la mémoire commune, les doigts osseux de Mado entrelacés aux siens. Plus jamais l’enfance. »

Née en 1987 dans la région nantaise, Julia Kerninon est thésarde en littérature américaine. Son premier roman, Buvard, a reçu de nombreux prix, dont le prix Françoise Sagan. Elle a été lauréate de la bourse Lagardère du jeune écrivain en 2015.
Son deuxième roman, Le dernier amour d’Attila Kiss, a reçu le prix de la Closerie des Lilas en 2016.
En 2017, Julia Kerninon publie une courte autobiographie, intitulée Une activité respectable. Elle y raconte son enfance et sa passion pour l’écriture.
2018 parait Ma dévotion, qui retrace une histoire d’amour du début à la fin. L’auteure reçoit le prix Fénéon.
2020 sort Liv Maria, un portrait de femme qui remportera deux ans plus tard le prix Folio des libraires, organisé en partenariat avec Télérama.
2021, elle publie un essai, Le chaos ne produit pas de chefs-d’œuvre : les écrivains, le travail et la légende, issu de sa thèse et consacré à John Steinbeck, Ernest Hemingway et William Faulkner.
2022, elle publie un court roman autobiographique, Toucher la terre ferme, sur le fait de devenir mère tout en restant soi. Le roman sort en poche en août 2023.
2023, elle co-écrit l’ouvrage Mères sans filtre, publié chez Solar Editions, avec sept autres autrices dont Camille Abbey, Renée Greusard et Claire Tran. Elle y raconte son expérience de la maternité et les difficultés inhérentes.
Le 17 août 2023, elle sort son septième roman intitulé Sauvage. Le roman dresse le portrait d’une femme forte, à l’image de deux de ses précédents romans Liv Maria et Ma Dévotion. Il raconte l’histoire de la mère de famille et cheffe de restaurant Ottavia Selvaggio, dont le nom de famille veut dire sauvage en italien et dont les choix de vie sont remis en cause par le retour d’un ancien amant.

Émotion, Drame

Plus fort que la nuit

de Frédéric Lepage
Broché – 12 septembre 2024
Éditeur : Taurnada Éditions

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En arrivant à New York, Lana Harpending, cavalière hors pair et nouvelle recrue de la police montée, ne s’attendait pas à tomber doublement amoureuse.
D’abord, de son camarade de patrouille, Paul, qui va se retrouver au centre d’une affaire criminelle effroyable. Mais aussi du cheval qui lui est attribué, un appaloosa nommé Éridan, caractériel selon la rumeur, et dont elle parvient peu à peu à gagner la confiance.
Bientôt, un secret terrifiant vient se glisser entre Lana et son cheval. Un secret qui, dévoilé, pourrait entraîner la mort d’Éridan.
Alors, elle va faire un pari fou, et tenter l’impensable.

 

• Couv_2024-071_Lepage Frédéric - Plus fort que la nuit.jpg

 

Encore un très bon roman “Taurnada” qui sort des sentiers battus !

La couverture laissait pour moi entrevoir un récit particulier, voire intimiste… Il va beaucoup plus loin !

Lana, après quelques années dans la police de New York, réalise son rêve en faisant aujourd’hui partie de la police de la capitale. Elle chevauche au quotidien un cheval “appaloosa” qui se nomme Eridan. Les relations avec son nouveau camarade de patrouille, Paul, après des débuts assez compliqué vont petit à petit se relâcher et atteindre naturellement un doux sentiment qui la mènera vers l’amour. L’amour envers son nouvel “homme” et un attachement très particulier envers son cheval.

Leurs enquêtes avancent ainsi le long de journées bien remplies, où ils ont hâte de se retrouver le soir et de s’aimer…

Mais Frédéric Lepage, décide de prendre le lecteur à contre-pied, et c’est le lien qui unit Lana et son cheval qui va devenir le fer de lance du récit. Mais leur situation va prendre un tour dramatique pour chacun de nos héros…

C’est un sujet très original que nous propose l’auteur. Nous restons dans un polar avec des ramifications multiples sur plusieurs meurtres, mais c’est la passion et la connexion de Lana envers Eridan qui m’ont vraiment portés dans le récit. Finis les classiques polars linéaires, nos auteurs français, nous happent véritablement, en jouant avec nos émotions. Personnellement, je valide à cent pour cent. L’amour envers un cheval, un chien qui n’aura de cesse que de sauver celui qui est devenu son meilleur ami et tout ça avec beaucoup de respect et de psychologie. Les barrières tombent. Lana est prête à tout désormais pour sauver son ami à quatre pattes.

Merci aux éditions Taurnada pour ce roman qui mérite sa place dans le monde de la littérature policière, mais pas que !

Une très belle surprise pour ce roman qui ne s’adressera pas uniquement aux amoureux de la race équine, mais aux amoureux de la justice.

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Extraits :

« L’homme est blond. Il dort sur le dos, les bras le long du corps et les jambes parallèles. Il a la poitrine étroite. Au-dessus des pectoraux, un duvet forme un triangle qui pointe vers le bas et se prolonge d’un chemin pileux. Celui-ci contourne le nombril et se perd dans le court foisonnement d’un pubis taillé et égalisé à la tondeuse. Sa poitrine se soulève faiblement et lentement, ses lèvres sont fermées, aucun ronflement ni bruit organique ne s’échappe de son corps.
Lana se lève. Ils ont fait l’amour par-dessus les draps, sans déranger la literie. »

« Rosa a sûrement raison. Lana interprète abusivement le langage corporel d’Éridan. Elle prête sans doute à son cheval, en réalité, sa propre peur : l’angoisse de gâcher ce jour, l’un des plus importants de sa vie, sans s’en rendre compte. Elle s’est juré depuis si longtemps de ne quitter les chevaux des grandes plaines que pour rejoindre ceux des prairies de bitume !
Et la voilà, aujourd’hui, cavalière officiellement intronisée au sein de la City Police Department Mounted Unit. C’est sûrement elle, et non Eridan, que les obstacles pourtant déjà surmontés terrifient encore. »

« “Je suis désolée. Dans trois jours, un van viendra chercher Éridan. D’ici là, il ne doit pas sortir. Il partira sans s’en rendre compte, sous anesthésie générale, d’un arrêt respiratoire immédiatement suivi d’un arrêt cardiaque.”
Pour Lana, ces mots sonnent comme le bris d’une porcelaine précipitée sur un carrelage. »

« – Que feriez-vous si votre chien le plus cher devenait aveugle ?
– Je lui construirais un monde plein d’odeurs et de sons. Je piégerais des objets aromatiques dans des boules pour stimuler ses sens, lui jouerais de la guitare, lui soufflerais dans les narines après avoir mangé du chocolat, placerais dans sa niche mes vieux tee-shirts afin que mon odeur le rassure, pendrais aux buissons des carillons à vent et, aux arbres, des clochettes qui tintinnabuleraient. Je m’assurerais surtout qu’il ne me quitte jamais. »
Lana lui prend la main.
Il est le petit frère que ses parents ne lui ont pas donné. »

Frédéric Lepage est écrivain, auteur et producteur de plusieurs centaines d’émissions et de documentaires.

Frédéric Lepage est auteur de romans tels que La Fin du septième Jour ou La Mémoire interdite (éd. Robert Laffont), publiés dans de nombreux pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Japon ou la Grèce, et de nombreux essais sur des sujets allant de la science (Les Jumeaux : enquête) à la gastronomie (À Table avec Chirac), éd. Michel Lafon, en passant par une anthologie des plus belles prières du monde.
En 2008, il crée une collection de romans pour enfants, Micah et les voix de la jungle, qui obtient de nombreux prix (Ed. Lattès).
En tant qu’éditeur au sein des Éditions Michel Lafon, Frédéric Lepage a supervisé en 2012 la publication du livre de Julien Lepers, Les fautes de français, plus jamais. Puis vient, en 2014, signé du même auteur, Les mauvaises manières, ça suffit !
En 2016 paraît aux éditions Robin (Italie) son roman Il Congresso delle scimmie.
En 2017, Frédéric Lepage rencontre Alexandre Lafont, un jeune épileptique youtubeur, qui parle de sa maladie avec humour et dérision. Ils écrivent ensemble son histoire. Le livre, Je suis Epilepticman, est publié en avril 2018 (éd. Plon).
Frédéric Lepage est l’auteur du premier guide touristique de la France écrit spécialement pour les visiteurs chinois : Bonjour China publié, en chinois mandarin, à Pékin (éd. China Light Industry Press).
Septembre 2019 : parution de Le Concile des singes (éd. FLM).
Plus récemment, Frédéric Lepage a publié Si la bête s’éveille (éditions Plon), qui a obtenu le prix du meilleur roman francophone au festival polar de Cognac 2021.
En 2023, N’oublie pas d’avoir peur (éditions Robert Laffont).

Auteur de fiction pour la télévision, Frédéric Lepage créée avec Caroline Glorion et Marc Eisenchteter, en 2023, la série Flair de famille, avec Samuel Labarthe et Sylvie Testud. Le premier film de la collection, diffusé le 8 avril 2923 en prime time sur France 2, s’est classé largement en tête des audiences. Le deuxième film de la collection a été tourné à l’été 2023.

En avril 2023 est créée au théâtre du Gymnase (Paris), la pièce de Lepage, Marcel & Reynaldo, un spectacle musical sur la relation amoureuse, puis amicale, entre Marcel Proust et le compositeur Reynaldo Hahn.

Drame, Folie, Psychologie, Thriller psychologique

La Catalane

de Eric Dupuis
Broché – 8 mars 2023
Éditeur : Editions Cairn

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Victoire Rhéexas, gardienne de la paix à la Brigade Anti-Criminalité de Paris, et championne de Boxe, revient sur ses terres natales dans les Pyrénées-Orientales, après dix ans d’absence. Venue se ressourcer, son retour provoque tellement de remous qu’il ne se déroule pas vraiment comme elle l’avait envisagé. Témoin d’une découverte macabre, la policière est plongée bien malgré elle dans une spirale où son passé et ses problèmes personnels vont s’entremêler au coeur d’une affaire criminelle des plus abominables. Vic va devoir jouer des poings, sa discipline favorite, pour espérer rester dans les cordes, et regagner le chemin de la rédemption.

 

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Encore une belle surprise. Décidément, cette rentrée est particulièrement attractive…
C’est mon troisième coup de cœur à la suite !

Avec cette intrigue particulièrement prenante, Éric Dupuis frappe très fort dans ce récit mélangeant les genres, mais restant résolument un excellent Polar, avec des personnages différents de ceux auxquels il m’avait habitué. Victoire en est l’exemple principal. J’espère d’ailleurs la retrouver dans une suite ou dans un préquel. J’ai comme l’impression qu’elle a encore de nombreuses choses à nous raconter.

Le récit commence très vite et très fort. Il est d’une violence physique et psychologique très au-dessus des autres romans de l’auteur. Il m’a fallu relire certains passages deux fois, tant ils m’ont surpris, voire estomaqués, mais c’est pour la bonne cause, pour le plaisir du lecteur. Le ton général résolument visuel m’a complètement embarqué comme dans un film, où la facilité aurait été de parfois fermer les yeux pour ne pas subir la violence récurrente du récit. Mais vous aurez beau fermer les yeux, les mots eux, resteront inscrits dans votre esprit quoi qu’il advienne !

Victoire Rhéexas est gardienne de la paix à Paris. Femme attachante et en même temps à fleur de peau, en parallèle c’est une championne de boxe.
Sous le coup d’une procédure disciplinaire, elle va profiter d’un congé forcé, pour se rendre, avec son chien “Mec”, dans sa région natale, dans les Pyrénées-Orientales, qu’elle avait quitté depuis pratiquement dix ans. Aujourd’hui, elle a besoin de se ressourcer et de retrouver ses racines, mais l’accueil de ses amis à son arrivée est plutôt froid. En effet, c’est suite au décès d’un des leurs qu’elle avait quitté la région.
Seul Vincent devenu gendarme, se montrera à la hauteur de leur ancienne amitié. Enquêtant sur l’enlèvement de jeunes garçons de 8 ans et de leurs parents qui disparaissent également, Victoire va s’infiltrer dans son enquête et tenter de l’aider. Faisant son jogging matinal, elle fait une découverte dont elle aurait bien pu se passer…

Un roman qui aborde frontalement les violences conjugales, les violences faites aux enfants et plus encore. D’ailleurs certaines scènes sont particulièrement dures, notamment les scènes de viols, mais elles justifient, je pense le besoin d’Éric, d’écrire ce récit. Rien n’est gratuit, rien n’est de trop…
Éric joue avec nos nerfs et il sait y faire, “embrassant” toutes les émotions qui font de ce récit un excellent Polar !
L’histoire ne laisse pas indemne et chaque rebondissement est un plus, qui vous invitera, je l’espère à aller encore plus loin dans l’univers de l’auteur qui m’a vraiment bouleversé, et dont le Prix Guy Raynaud 2024 ne me surprend pas.

Prix

Un grand merci aux Éditions Cairn pour leur confiance !

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Extraits :

« Le souffle court et rapide, il haletait, tant le désir d’assouvir sa pulsion devenait intense. Dans ces moments-là, il était capable de tout. Il tenta de se contenir, conscient qu’il allait devoir encore patienter. Attendre le moment propice pour agir. Le terrain en pente, l’homme avait remarqué que sa proie descendait parfois récupérer le ballon, en disparaissant quelques instants de l’axe visuel de son camarade. Instant précis qu’il choisira pour frapper… »

« Mon esprit, assez perturbé en ce moment, n’a vraiment pas besoin de s’encombrer des mauvaises ondes insufflées de mon enfance. »

« L’individu encagoulé lâcha un râle de jouissance. Telle une bête en rut, après le coït, il se décolla de l’entrejambe d’Évelyne, non sans laisser couler une traînée de son liquide séminal. Plaquée en position ventrale sur la table, les jambes droites plaquées contre le rebord, la jupe retroussée, elle avait les membres ligotés à chaque pied. Son viol, d’une terrible brutalité, venait de se produire devant les autres détenus, médusés. »

« Myriam eut le temps de constater, avant que leur tortionnaire ne masque son entrejambe, que son sexe était démesuré. Raisons de ses douleurs atroces occasionnées lors des pénétrations forcées et la résultante de ses saignements abondants. »

« Juste pour vous prouver qu’ici, personne ne doit se croire à l’abri, tout le monde est traité à la même enseigne. Et doit suivre un seul et unique objectif : la discipline. La seule notion qui doit vous apporter la sérénité de l’esprit. Le reste n’est que pacotille, futilité… Ramène ton cher mari dans votre chambre, ordonna-t-il à Myriam. »

 

 

Né dans les années 1960 à Courrières dans le Pas-de-Calais, Éric Dupuis poursuit ses études secondaires à Lens avant d’incorporer le premier contingent de policiers auxiliaires en octobre 1986, puis de devenir gardien de la paix en 1987. Après plusieurs années sur la voie publique et trente ans de carrière dans la police nationale en région parisienne, il devient major-instructeur. En tant que formateur en sécurité intérieure, il enseigne aujourd’hui activités physiques et professionnelles : tir, auto-défense et techniques de sécurité en intervention. Il est également passionné par les arts martiaux et notamment par le krav maga, une discipline d’auto-défense qu’il pratique et enseigne en tant que 4e dan.
Dans le cadre de son travail d’acteur et de conseiller technique pour le cinéma et les séries télévisées, il se lance dans l’écriture et propose ses récits. Après Aussi noir que le charbon, il publie un autre polar se déroulant dans le bassin minier : Devoir de mémoire. Un retour aux sources, en quelque sorte…

Aussi noir que le charbon
https://leressentidejeanpaul.com/2019/02/19/aussi-noir-que-le-charbon-de-eric-dupuis/

Devoir de mémoire
https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/27/devoir-de-memoire/

Amour, Émotion, Drame, Historique, Roman

De sang et d’encre

de Jacquie Béal
Broché – 2 janvier 2019
Éditions : Terres de l’Ouest

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Dans le Périgord du XVIe siècle, les conflits entre catholiques et protestants font rage. Dans cette lutte sanglante, Landry et sa petite soeur voient leurs parents mourir sous leurs yeux. Les deux orphelins s’enfuient et trouvent refuge chez un imprimeur qui les prend sous sa protection. Landry devient colporteur et, au péril de sa vie, diffuse des livres emplis d’idées neuves et d’appels à la résistance. En chemin, le jeune homme découvre le goût de la liberté de vivre et de penser. Au milieu du chaos, Landry fait également une rencontre qui change sa vie : Mathilie, fille de gentilhomme et catholique. À ses côtés, il apprend que l’amour ne connaît pas de barrières sociales. Mais, dans la tourmente de l’Histoire, la conquête du bonheur a forcément un prix…

 

• Couv_2024-061_Béal Jacquie - De sang et d'encre

 

Je découvre la plume fluide et très élégante de Jacquie Béal, sa passion pour l’histoire est évidente, mais surtout sa passion pour les mots. Les dialogues sont superbes, au point de m’avoir fait traverser de temps, et permis de vivre au côté de Landry durant quelques pages.

Landry, c’est le personnage “phare” du roman. Un jeune homme qui dès le début du roman perd ses parents et se retrouve tout seul avec sa petite sœur Francette devenu aphasique suite au drame. Landry, va grandir et évoluer tout le long du récit. D’abord protecteur de sa sœur, il deviendra colporteur pour l’imprimeur qui les a recueillis dans sa famille d’obédience protestante. C’est un jeune homme bien, qui fait toujours son possible pour aider et faire ce qui est juste autour de lui. Il hait la guerre et refuse de choisir un camp en cette période si sombre et si troublée des guerres de religion.

L’auteure de par son analyse très subtile, nous montre la vie et les tourments que vivaient la plupart des gens qui par peur, n’avaient pas d’autres choix que d’adhérer à la religion imposée par leur seigneur. Landry arrive par ses doutes, ses interrogations, à passer outre. Il sait qu’il y a du mauvais partout, et que les bons aussi se cachent, qu’elle que soit leur religion, de crainte de mourir. Puis, un jour Landry, pendant l’une de ses expéditions, rencontre une jeune fille de “bonne famille”, orpheline aussi, mais de religion catholique, Mathilie.
Pour lui, c’est un coup de foudre !
Mais comment une fille bien née, pourrait-elle s’intéresser à lui, alors qu’ils n’ont même pas la même Religion ?

Jacquie m’a agréablement surpris durant toute ma lecture, mais surtout à deux niveaux. Tout d’abord pour sa remarquable érudition sur les sujets traités, et aussi pour avoir choisi un homme pour personnage principal, lui offrant ainsi toutes les pensées féminines qui sont en elle, faisant de Landry un personnage auquel on s’attache très vite…
Par contre j’espère qu’une suite sera prévue, car le lecteur que je suis est resté sur sa faim !

Cet excellent roman décrivant avec précision les horreurs de la guerre, la famine, les maladies, les fléaux de l’époque, les mentalités et les coutumes de la noblesse, les persécutions qu’ils faisaient endurer à ceux qui n’étaient pas bien “nés”, s’adressera plus particulièrement aux passionnés d’Histoire, et du Moyen Âge…

Personnellement, je Valide !!!

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Extraits :

« De cachette en cachette, il s’était tenu à l’écart des maisons, car les paysans, excédés, étaient devenus des meurtriers. Ils tuaient sans même chercher à savoir si vous étiez papiste ou parpaillot. Ils tuaient parce qu’ils avaient pris goût au sang.
Mariotte pleura son homme. Parfois, elle imaginait qu’il pourrissait dans une fosse commune. Avait-on séparé les catholiques et les protestants ? Un trou pour les uns, un trou pour les autres ? »

« – Te mets pas en peine, Ricou. La mère en veut au monde entier depuis que mon père est mort.
– Je sais bien. Remarque, elle a raison de dire que la guerre, c’est pas tant beau que ça. La guerre, c’est beaucoup de sang et de souffrance, sauf quand on la fait comme les seigneurs : la piétaille devant comme chair à canon et la cavalerie derrière, dans ses plus beaux habits. Ceux qui commandent observent bien à l’abri, et ils empochent la victoire et les honneurs. »

« Ils se mirent en route. Au-delà du bois, c’était l’inconnu. Landry avait déjà fait la route jusqu’à Villamblard, et il savait que Bergerac se trouvait à quelques lieues de marche seulement, mais Francette se fatiguait vite et ne pourrait pas supporter de trop longues étapes. »

« – Après la bataille de Moncontour, la Double était parsemée de cadavres : des soldats, des femmes, des enfants…
– Crois-tu vraiment que ces femmes et ces enfants ont été tués au nom de Dieu ? Pour de nobles raisons ?
C’était le chaos. On avait l’impression de traverser l’Enfer. »

« Quand la haine s’allie au désordre, la violence l’emporte toujours sur la raison. »

Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Pages volées

d’Alexandra Koszelyk
Broché – 23 août 2024
Éditions : Aux Forges de Vulcain

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Quand des pages entières de votre vie vous ont été volées, comment faire pour les retrouver, si ce n’est les écrire ?

Les parents d’Alexandra meurent dans un accident de voiture alors qu’elle n’a que huit ans. Elle est recueillie avec son frère par sa tante. Tandis qu’elle grandit entre premiers amours et amitiés adolescentes, un immense vide demeure en elle. Qui est-elle ? L’orpheline ? L’Ukrainienne ? La jeune fille qui aime les histoires ?

Vingt ans plus tard, alors qu’elle revient en Normandie, elle entreprend une enquête sur ce qui a permis sa survie : la langue, la littérature et l’écriture.

Un récit poignant sur ces continents intérieurs que nous habitons et qui nous habitent.

 

• Couv_2024-060_Koszelyk Alexandra - Pages volées

 

Tout d’abord, un très grand merci à Babelio et aux éditions “Aux Forges de Vulcain” pour m’avoir permis de lire ce livre très touchant.

Ce n’est pas le premier roman d’Alexandra koszelyk que je lis.
Fin 2019, dans le cadre de l’un de nos dîners littéraires, nous l’avions reçu pour son premier roman, “À crier dans les ruines”. Roman qui m’avait beaucoup ému pour sa finesse et sa psychologie. L’histoire de deux adolescents, Léna et Ivan, qui se retrouvent séparés suite à la terrible catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à Tchernobyl. J’avais pris son roman comme une ode à la vie, à la liberté et à l’amour… Mais aussi comme une sorte de lien entre son passé et son présent ! J’ai découvert, à ce moment-là, une auteure qui me semblait timide et en même temps très souriante. Je la regardais, elle semblait heureuse d’être en notre compagnie, et nous a expliqué longuement d’où lui était venu l’idée du récit. Je la regardais encore, et je voyais “comme des absences”, ses yeux ne bougeaient plus. Comme si, nous la perdions parfois. L’émotion ? Mais nous avons tous passé une excellente soirée.

Aujourd’hui, après avoir terminé “Pages volées”, je pense avoir compris…
Je pense que par moments ce n’était plus Alexandra qui participait à notre dîner, mais peut-être “la petite” Alexandra qui nous ouvrait son cœur, avec des mélanges de sentiments : Je suis tellement heureuse d’être là parmi vous ! La littérature m’a vraiment aidé à me battre ! Papa, maman, je sais que vous me voyez d’où vous êtes… Je me sens tellement bien ! Certaines personnes ont ce don-là. Celui de toujours communiquer avec leur “petit moi”…

Avec “Pages volées”, elle ressent le besoin de partager sa vie, son passé avec son “petit moi”. Alexandra nous ouvre son cœur sur sa petite enfance et sur un événement qui aurait pu l’anéantir… La perte de ses deux parents dans un accident de voiture, alors qu’elle n’avait que huit ans et demi. J’ai retrouvé dans ce nouveau récit, cette force poétique dans de nombreuses phrases, cette force qui m’avait déjà embarqué dans son autre récit, ce besoin mettre des mots sur des sensations… Ou comment grâce à l’enseignement, les différentes langues qu’elle a étudié, son amour de la lecture l’amène très vite et naturellement au plaisir de l’écriture lui permettant dans ce récit tout particulièrement, d’écrire les chapitres qui lui manquaient peut-être dans la construction de sa vie.

Un livre très émouvant, qui m’a permis de me poser de nombreuses questions sur ce que nous sommes et ce que nous sommes prêts à réaliser dans notre vie, malgré les nombreuses embûches que nous pouvons subir, les différents traumatismes que nous pouvons vivre. Alexandra nous dit dans son livre qu’elle est née à huit ans, sept mois et douze jours. Aujourd’hui je comprends cette phrase…

La forme et le fond rédigé par Alexandra, nous amènent ce très beau livre comme un cadeau précieux qu’elle nous offre, mélangeant passé, présent, peine, courage, force et amour…

J’espère que ton “petit moi” vit sa vie présente avec bonheur.
Ton livre poétique et émouvant d’où se dégage une force très positive, m’a fait énormément de bien…
Merci Alexandra, pour ce que tu es. Quel bel exemple d’accomplissement tu nous offres !

À lire absolument…

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Extraits :

« “Pourquoi une histoire sur tes origines ? me demande mon oncle. Tu as déjà écrit deux romans qui y font allusion.
– Cette fois-ci, je n’ai pas envie d’écrire un roman.
– Tu veux parler de toi ? Entre autres. De moi, de l’identité, de la place qu’on occupe, de l’importance de la littérature, des mots et des langues. De mes parents, aussi.
– Mais tu n’as pas de souvenirs d’eux, que vas-tu faire ? Les inventer ?”
L’invention de mes parents. L’invention d’une vie. »

« Je suis née à huit ans, sept mois et douze jours.
Des cris de partout, à gauche, à droite, impossibles à faire taire. L’ensemble des pleurs en concert improvisé provient d’une quinzaine de nouveau-nés qui à eux tous cumulaient au maximum trente-deux jours.
De là où je suis, je ne vois rien, je ne fais qu’entendre ces cris. »

« Immédiatement après l’annonce de la mort de mes parents, il a fallu que je connaisse toute la vérité, si terrible soit-elle, si durs soient les mots et les images. Je ne savais pas à quel point établir une exactitude est une sorte de graal impossible à atteindre. Et si certaines réponses remplissaient des vides, elles ne les comblaient pas tous. »

« Je regarde le calendrier.
Dans moins d’un mois, le 19 août, jour de l’accident, je serai de nouveau cette petite fille qui perd ses parents. Il me faut alors écrire, écrire contre le temps, les retrouver, dans ce cahier noirci de leurs contours, attraper quelque chose que je ne saurais pas encore. Le temps joue contre moi. Cette date me terrifie autant qu’elle me galvanise.
Je replonge dans les jours de deuil. »

« Les livres sont ces histoires qui me permettent de saisir que la vie est faite d’embûches dont il faut se relever.
Je ne le sais pas encore, mais je suis sur le chemin du deuil.
Si les adultes ne peuvent répondre à mes questions, les livres le font.
La langue écrite, langue du savoir, de la distance, du choix des mots, d’un rythme, me permet des bonds de pierre en pierre, d’histoire en histoire, d’aller plus loin que l’expérience acquise dans une vie seule. »

 

Alexandra Koszelyk est née en 1976 à Caen. Ayant vécu dans son enfance dans une commune située près de Caen (Normandie), elle mène dans cette ville ses études secondaires et supérieures.

Elle devient professeure de lettres classiques dans les Yvelines, tout en se consacrant à l’écriture. Elle est lauréate de plusieurs prix comme le prix Vleel 2022, ou le Prix Totem des lycéens 2020.

Chez Alexandra Koszelyk, le surnaturel s’invite dans les grands et les petits drames de l’Histoire, avec des romans « sidérant de poésie et d’actualité ». Cette écrivaine a baigné dans la culture ukrainienne héritée de ses grands-parents, émigrés en France dans les années 1930 (venant de la région de Galicie).

C’est aussi une blogueuse littéraire.
Sur son blog “Bric à Book”, elle organise chaque semaine des ateliers d’écriture.

– À crier dans les ruines, 2019.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/22/a-crier-dans-les-ruines/

– La Dixième Muse, 2021.
– Le Sanctuaire d’Emona, 2022.
– L’Archiviste, 2022.

Drame, Psychologie, Suspense, Thriller

Invisibles & Fatales

Francs Mensonges*
de Muriel L. Mazoëlys
Broché – 1er décembre 2022
Éditions : auto-édition

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La vérité est une arme à double tranchant.

1er décembre. Toscane.
Libérez-moi de ce calvaire ! Comme chaque dimanche, Lucio Andreotti, petite crapule de bas étage, écoute sa belle-mère ressasser ses souvenirs insipides. Soudain, elle évoque un incendie meurtrier. Interloqué, il tend l’oreille. Ce nom ? Il le connaît. Ces informations ? Elles le ramènent seize ans en arrière ! Poussé par la curiosité, il entreprend aussitôt de déterrer les secrets du passé. Sans anticiper les conséquences…

Un mois plus tard. Lille.
Matthew, interne aux urgences, mène une vie bien rangée. En quelques jours, tout bascule. Chantage, overdose, meurtre… L’un après l’autre, les événements s’enchaînent et le précipitent dans une spirale de violence. Brutalement, l’évidence s’impose : quelqu’un, quelque part, l’a désigné pour cible.
Confronté à ses démons, balloté entre soif de vengeance et quête de vérité, parviendra-t-il à reprendre possession de sa vie… et de son avenir ?

 

• Couv_2024-057_Mazoëlys Muriel L. Invisibles & Fatales*

J’ai dévoré ce roman en quelques heures !

Embarqué dans ce roman scientifique-politique-policier-thriller-médical avec une intrigue complexe, une touche de fantastique et plus encore… pas moyen de m’arrêter, les pages ont défilé à toute vitesse, jusqu’à l’excellent final qui n’en est pas vraiment un, puisque “Invisibles & Fatales” est le premier tome d’une trilogie, “Francs Mensonges”.

Seize ans auparavant en Toscane.
Un incendie, toute une famille qui décède, sauf un garçon de huit ans, Mattéo qui a disparu. Comment a-t-il fait pour éviter le drame ? A-t-il survécu ?
Aujourd’hui à Lille.
Matthiew est urgentiste dans un hôpital. Il vit heureux, il a des amis avec lesquels il sort régulièrement, une famille qui croit en lui et qu’il aime et une belle amoureuse depuis quelques jours. Une vie banale au premier regard, mais Matthiew sait tout au fond de lui, qu’il n’est pas un homme ordinaire. Un soir suite à une chute de moto, tout va basculer, il va être obligé de se cacher afin de protéger sa vie. Commencera alors une aventure qui ressemble à un puzzle où chaque pièce devra trouver, et vite sa place, si elle ne veut pas disparaître…
Les personnages sont tous attachants, certains sont intrigants, l’histoire est palpitante, se déroulant à Lille, en Normandie et en Toscane, entre passé et présent.

On sent le plaisir de l’écriture fluide et addictive, à chaque moment. C’est réfléchi, très riche dans le vocabulaire, technique même, beaucoup de scènes se déroulent en hôpital, et centres de recherche, mais sans être insurmontable. Je n’ai pas été surpris du tout de voir que l’auteure est une ingénieure et docteure en sciences, une scientifique qui m’a complètement emporté dans son univers à plusieurs dimensions, plein de mystères, de suspenses et de nombreux rebondissements.

En fin de lecture, j’ai appris en faisant quelques recherches, que c’était le premier roman de Muriel Mazoëlys. Impossible dans ce cas, de ne pas placer ce récit en coup de cœur !
Superbe lecture et très belle réussite pour moi !

N’hésitez pas, Muriel est une belle découverte, qui mérite, pour moi, un lectorat en conséquence !

Devinez quel est le livre que je suis en train de lire ?

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Extraits :

« Quatorze mille quatre cents secondes. Autant dire une éternité. Lucio se trémoussa sur son fauteuil, fixant d’un œil éteint les aiguilles de l’antique horloge romaine qui le narguaient. Elles tournaient si lentement que le cours du temps semblait figé dans cet entre-deux terne, où présent et passé s’unissaient dans l’attente d’un avenir inéluctable. »

« Avec délice, Matthew s’étira dans son lit, profitant de ces instants précieux, où les rêves sont encore si proches et la réalité si lointaine.
Cet intermède était son moment préféré. Au réveil, l’éventail des possibles était encore complet.
Un regard à la lumière filtrant par les stores lui apprit qu’il n’était pas tôt, loin de là. Évidemment, couché à quatre heures du matin, il était légitime qu’il ne s’éveille que sur le coup de midi. »

« La scrutant, Matthew évalua la situation et ouvrit son bras, l’invitant. Aussitôt, elle se blottit contre lui, profitant de sa chaleur. Nichée contre son épaule réconfortante, Giulia cala son pas sur le sien et ils gagnèrent le bord de mer. Ils le longèrent lentement, en silence, profitant de l’immensité du ciel et du rythme apaisant du ressac. Les lumières du restaurant et du front de mer s’atténuaient alors qu’ils progressaient paisiblement. Bientôt, ils n’eurent que la lune pour témoin. Trop vite, la digue prit fin. Le regard perdu dans la contemplation des vagues, Giulia murmura :
– C’est magnifique, n’est-ce pas ?
– Effectivement. La vue est parfaite. »

« Alain Duhamel avait motivé ses troupes. On ne pouvait laisser une jeune femme mourir dans l’un des meilleurs hôtels de la ville sans élucider la cause de son décès et, le cas échéant, identifier le coupable. Le Maire avait appelé lui-même le commissaire divisionnaire. Qui l’avait appelé à son tour. La gamine était la fille d’un riche industriel italien. »

 

Ingénieure, docteure en sciences, maman et grande amatrice de chocolat, Muriel MAZOËLYS puise son inspiration dans les découvertes scientifiques et technologiques qui rythment notre quotidien ainsi que dans les grands défis que nous devons relever.

Portée par ses activités de recherche, elle développe dans ses romans l’ambiguïté sous-jacente à toute découverte : là où certains s’extasient d’un progrès phénoménal, d’autres y voient une menace ou pire, une opportunité d’instrumentalisation.

Elle aime tisser des intrigues complexes et mêler suspense, sciences et secrets dans ses romans. Quatre mots-clés résument son inspiration : la famille, la science, les secrets et l’amitié. Si ces thèmes vous interpellent, foncez découvrir sa plume !

Anticipation, Drame, Fantastique, Philosophique, Suspense

Terrienne

de Jean-Claude Mourlevat
Poche – 12 septembre 2013
Éditions : Gallimard Jeunesse

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Tout commence sur une route de campagne…
Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et… passe de “l’autre côté”. Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d’humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa sœur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu’au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière…

PRIX ASTRID LINDGREN 2021

• Couv_2024-055_Mourlevat Jean-Claude - Terrienne

 

Cela faisait un moment que je ne lisais plus les quatrièmes de couverture.
Et là, je ne sais pas pourquoi j’ai eu envie de le lire… et j’ai tout de suite été interpellé. Je l’ai pris et j’ai chamboulé dans la foulée l’ordre de ma PAL ! Et quelle bonne idée. Au bout de deux, trois pages et j’étais parti dans un “autre monde”. Étienne Virgil, alors qu’il ne le fait jamais, prend en auto-stop une jeune fille, toute vêtue de noir, sûrement, car elle lui fait penser à sa petite-fille. La jeune fille est très bavarde, ce qui ne déplaît pas à Virgil, au bout de kilomètres elle demande à descendre, en voyant un panneau qui indique la ville de Campagne, elle est arrivée. Ce panneau-là, Virgil ne l’avait jamais vu… Et pour cause !

Un drôle de récit surprenant et atypique, qui m’a tenu en haleine durant toute ma lecture. Je ne m’attendais pas à ça du tout, mais quelle bonne surprise.
Des personnages surprenants, étranges, angoissants même. Anne part à la recherche de sa sœur Gabrielle, disparue depuis un an, dans un monde propre et silencieux qui pourrait inviter au rêve, en ce début d’automne… Un monde où personne ne pleure, ni ne rit, un monde où l’on ne respire, ni ne soupire, un monde où l’on ne fait jamais l’amour. Mais pourquoi ? Puisqu’il suffit d’enlever des Terriennes !
Dans ce monde aseptisé, contrôlé, où tout est programmé, et dépourvu de toute trace humaine, c’est le seul moyen de se reproduire…

Un bon rythme et du suspense.
Je vous recommande cette lecture fantastique, angoissante et pleine de tension, qui m’a beaucoup émue sur les dernières pages…

Merci Jean-Claude Mourlevat de m’avoir amené avec vous “de l’autre côté” !

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Extraits :

« J’ai tenté ma chance auprès de celui qui était le plus proche de moi en âge, un garçon vraiment mignon avec sa coiffure en pétard et sa chemise blanche ouverte sur le torse. Je me rappelle avoir été impressionnée par sa peau parfaite, une peau dorée et satinée, sans marque d’aucune sorte, ni cicatrices, ni taches. Je me rappelle aussi son sourire qui m’a semblé plus naturel que celui des autres, plus vrai. »

« – Je peux ?
Comme je ne savais pas ce qu’elle comptait faire, je n’ai pas réagi. Alors elle a appliqué la paume de sa main droite sur le haut de ma poitrine, le gras de son pouce s’est logé dans la petite cavité de mon cou.
– Allez-y… Respirez…
J’ai inspiré puis expiré quatre ou cinq fois, posément, profondément, comme on fait chez le médecin. Je sentais la pression de sa main sur moi, et mes poumons qui la repoussaient à chaque respiration.
– Encore un peu, s’il vous plaît… »

« – C’est comme… une dépression ?
– Je ne sais pas. Peut-être. Je crois plutôt que c’est l’ennui qui nous submerge.
– L’ennui ?
– Oui. Nous mourons d’ennui. Mais il est interdit d’en parler. C’est un sujet tabou. On dit simplement que telle ou telle personne s’est assise et tout le monde comprend.
– Que fait-on de ces personnes qui… qui s’assoient ?
– La brigade sanitaire vient les chercher et les emporte.
– Elle les emporte où ?
– Dans une autre ville, qui s’appelle Estrellas. »

Jean-Claude Mourlevat est né en 1952 à Ambert en Auvergne, de parents agriculteurs.

Il est le cinquième enfant de six. Il fait des études à Strasbourg, Toulouse, Bonn et Paris et exerce brièvement le métier de professeur d’allemand avant de devenir comédien et metteur en scène de théâtre. À partir de 1997, il se consacre à l’écriture, avec tout d’abord des contes, puis un premier roman, La Balafre.

Depuis, les livres se succèdent avec bonheur, plébiscités par les lecteurs, la critique et les prix littéraires : Le Combat d’hiver, Le Chagrin du roi mort, Terrienne.

Jean-Claude Mourlevat réside près de Saint-Étienne, avec sa femme et leurs deux enfants.