Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Belle de Mai

de Pascal Escobar
Broché – 15 septembre 2023
Éditeur : Le mot et le reste

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Ancien éducateur rattaché au juge des enfants à Marseille, Stanislas Carrera s’est reconverti en enquêteur privé. Mandaté par une famille d’origine comorienne, il se lance à la recherche du jeune Fuad, dix-sept ans, dont le frère aîné est au même moment accusé du meurtre d’une jeune femme. Des intérieurs confinés et angoissants de la cité Félix Pyat aux rues abandonnées de l’ancien quartier ouvrier, la Belle de Mai, les besoins de l’enquête vont l’amener à croiser gros et petits truands, éducateurs, immigrés clandestins, flics, prédateurs, militants politiques, et une jeunesse qui tente de s’extirper de sa condition dans le quartier le plus pauvre de France.

 

• Couv_2024-026_Escobar Pascal - Belle de mai

 

Belle de mai est le premier roman de Pascal Escobar !
Et j’ai bien l’impression que nous avons trouvé un nouveau conteur…

Contrairement à ce que j’avais cru en lisant le titre, je m’attendais un peu à une jolie histoire, qui nous conterait la vie d’une jolie femme !

Première claque,
Belle de mai est un quartier de Marseille parmi les plus violents et les plus pauvres de France, la misère y est omniprésente à chaque coin de rue. Nous sommes très loin de la carte postale habituelle que nous avons en tête de Marseille.

Deuxième claque,
Une écriture riche, profonde et froide à la fois. Pascal tranche, violente et sonne son lecteur. Certains passages sont particulièrement brutaux et difficiles, mais c’est aussi ce qui fait la richesse du récit situé entre le drame et le roman social, sûrement plein de vérités et d’objectivité. J’ai assez vite trouvé mon rythme de lecture, mais toujours avec la crainte de la page suivante… On sort complètement du Polar traditionnel. Mais d’ailleurs, est-ce un Polar ou l’histoire d’une ville qui se détruit et se reconstruit sans cesse années après années suivant les arrivées des différents immigrés ?

Troisième claque,
Stanislas Carrera, est un enquêteur privé. Ancien éducateur, il connaît sa ville, mais parfois, il se heurte à ce nouveau monde caché au fin fond des quartiers les plus mal famé.
Sa dernière mission ? Fuad, un jeune Comorien à disparu après l’arrestation de son frère accusé de meurtre. Leur sœur s’adresse au privé afin de retrouver son jeune frère qu’elle sait innocent de toute violence.
Son enquête le mènera dans la noirceur des rues, où meurtres, vengeances, drogues diverses, prostitutions et viols sont le quotidien des habitants qui n’ont d’autres choix que de courber l’échine et mourir, ou de devenir la nouvelle main obéissante des chefs de quartiers.

J’ai aimé l’histoire et son réalisme brutal. Les descriptions de tous ces mineurs isolés m’ont semblé particulièrement justes, même si elles font vraiment très peur.
J’ai senti que l’auteur malgré tout aimait Marseille. On le devine à travers ses lignes, à travers son écriture. Son intrigue est très bien ficelée et bien sûr, j’attendais une fin heureuse…
Mais qu’est-ce qu’une fin heureuse dans cette succession de drames qui s’enchaînent ?

Pascal m’a vraiment surpris par une écriture vivante et déjà très mure, pour un premier roman.
Je suis vraiment curieux de savoir vers quel “monde”, il m’emportera dans ses prochaines aventures !

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Extraits :

« Il est quatorze heures dans Marseille. La chaleur blanche de l’été fait éclater la pierre et le bitume. Au croisement de la rue du Camas et du boulevard Chave, un taxi est arrêté à un feu rouge. À l’instant où le conducteur s’apprête à enclencher la première, une femme traverse. Tranquille. Tongs, sarouel, pieds sales et bière à neuf degrés à la main. Elle ne se presse pas. Pile au milieu de la chaussée, elle stoppe pour boire une lampée de son breuvage. En soi, le geste ne dure que quelques secondes, mais c’est trop pour le taxi. Il s’énerve, il klaxonne. La femme aux tongs ne semble pas particulièrement sensible à l’irascibilité légendaire des taxis marseillais. Elle finit sa gorgée, s’essuie la bouche, se tourne vers le SUV et annonce au conducteur :
– Eh, va te faire enculer, tu vois pas que je traverse ! »

« – Je comprendrai jamais la manière dont on accueille les personnes qui fuient l’extrême pauvreté. Ils sont parqués dans leur quartier comme en prison. On peut pas laisser des gens croupir dans leur misère sous prétexte qu’on ne veut pas partager nos richesses. Et par-dessus, on laisse des marchands de sommeil s’enrichir sur le dos des familles qui ne peuvent pas se loger ailleurs, c’est immoral, on devrait les mettre en prison. Pourquoi la CAF ne crée pas des brigades d’inspection de la salubrité plutôt que de dilapider l’argent public dans des allocations qu’elle verse directement à des bailleurs véreux ? C’est révoltant et ça mesure bien l’iniquité du monde moderne. »

« La bénévole lui a fait envie avec son Garlaban. Il se demande s’il en prend un avec un café bien serré. En même temps, il s’était juré de ne plus boire d’alcool fort en journée. L’être humain est en permanence placé dans une position schizophrénique intenable. J’en bois encore un ou pas ? L’hémisphère gauche de mon cerveau me guide vers le plaisir et la jouissance de la modification de l’état de conscience. L’hémisphère droit me dicte la tempérance et la retenue. Plusieurs fois par jour se pose le dilemme. De quoi devenir fou. “Tu as qu’à arrêter de boire, lui dit Bérangère, et ton dilemme sera réglé en dix minutes.” Pas si facile, constate Carrera. »

 

Pascal Escobar naît à St-Henri en 1974. Il est l’avant-centre de l’équipe de football du quartier durant dix ans, puis devient punk, dynamiteur, projectionniste de cinéma et pour finir, travailleur social. Son parcours professionnel l’amène à travailler dans le secteur de la Belle de Mai, dans le troisième arrondissement de Marseille. Il écrit depuis 2017. Belle de Mai est son quatrième livre, son premier roman et le premier opus d’une série de trois romans sur Marseille.

Amour, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Le refuge

de Alain Beaulieu
Broché – 16 février 2022
Éditeur : Éditions Druide

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Antoine et Marie ont choisi de vendre leur maison en ville pour s’installer dans ce qu’ils appellent leur Refuge, un chalet sans eau courante ni électricité situé au pied d’une montagne, à deux pas d’une rivière. Ils y coulent les jours tranquilles de leur retraite jusqu’à ce qu’ils soient victimes d’un braquage de domicile par une nuit sans lune du mois de juin. À compter de ce moment, le couple aura à vivre avec la honte des gestes posés dans la foulée de l’agression subie et la crainte que ses secrets ne soient découverts. Irrémédiablement, les vies d’Antoine et Marie, qui n’avaient jusque-là été rien d’autre qu’ordinaires, basculeront dans le chaos alors qu’un étau se resserrera autour d’eux.

 

• Couv_2024-024_Beaulieu Alain - Le refuge

 

Antoine et Marie couple de retraité, avaient prévu de vivre sereinement la suite de leur vie dans leur maison de bois, perdue au bord d’une forêt au Québec. Après une vie bien remplie, ils souhaitent plus que tout être tranquille et avoir la paix. Ils n’ont pas d’électricité, ni d’eau courante, mais vivent au bord d’une rivière et cela leur suffit amplement.
Malheureusement, le destin va en décider autrement…

Une nuit, ils sont réveillés en sursaut par des cris derrière les murs leur indiquant que la forêt est en feu !
N’ayant pas les mêmes perceptions de cette nuit, la vie d’Antoine et de Marie va se transformer en combat permanent pour sortir d’une spirale qui les attire irrémédiablement vers le drame qu’ils ont vécu.

La forme d’écriture adoptée par l’auteur est très intéressante, d’ailleurs pour moi, elle est la raison du livre.
Ancien professeur d’université en création littéraire, Antoine raconte ce qui s’est passé. Il prend en main le récit dès le début du roman. Mais très vite, Marie ajoute quelques mots d’abord qui s’inscrivent dans les idées d’Antoine, mais petit à petit Marie n’adhère plus aux mots de son conjoint et ses propres pensées s’opposeront à celles de son mari, elle refuse qu’il parle en son nom.

C’est donc une narration alternée entre le couple, qui va raconter le terrible événement. Leur maison n’est plus un lieu de paix. Comment vont-ils réagir au malheur qui leur est arrivé ?

La perception d’une chose est un ressenti très personnel. Chacun vivra un traumatisme à sa façon. Pour certains, ce sera le déni, d’autres s’enfonceront dans le silence, alors que d’autres encore auront besoin de le partager, de communiquer.
La sécurité n’existe plus dans le quotidien d’Antoine et Marie dans ce récit très original et fort bien mené. Heureusement, il y a de l’amour dans ce couple. Marie ne supporte plus la dégradation physique et psychologique de son mari. Elle va tout faire pour le retrouver.

Alain Beaulieu joue avec ses lecteurs.
Rebondissements successifs, suspense et psychologie dans ce thriller psychologique et philosophique que j’ai lu d’un trait, captivé que j’étais jusqu’à la dernière page.

Une intrigue sur fond de nature vierge, particulière, intéressante, haletante… et d’une belle finesse.

Nous avons tous passé un très bon moment de partage et d’échanges au château de l’Hermitage ce vendredi soir, où j’ai découvert un autre “Alain” très drôle et bavard ainsi que sa compagne Chantal, fort charmante…

Après avoir été nommé en 2017 avec L’interrogatoire de Salim Belfakir (Druide), Alain Beaulieu remporte cette fois-ci le prix France-Québec 2023 pour son roman “Le refuge”.

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Extraits :

« Je suis né Antoine Béraud dans une maison du quartier Saint-Roch à Québec qu’on a démolie deux ans plus tard pour y faire passer une autoroute. Issus d’un milieu ouvrier, mes parents ont connu leur lot de misère avant qu’un emploi dans la fonction publique n’offre à mon père l’occasion de se glisser lentement sous les jupes de la classe moyenne. Après l’entrée de ma sœur cadette à l’école primaire de notre quartier, ma mère a mis à contribution ses compétences en relations interpersonnelles pour se dénicher un emploi de secrétaire à l’université. Tout ça pour dire que je n’ai jamais manqué de rien, passant même mes étés d’adolescence à la campagne dans un chalet rudimentaire mais chaleureux situé dans le haut d’une avenue donnant directement sur un lac. »

« Cette entrée en matière me semble convenue, voire réductrice, car mon mari aurait bien des choses à dire sur sa jeunesse en dehors de ces lieux communs. Mais comme je ne suis pas que “la femme de”, je parlerai pour moi et lui laisserai le monopole de ses révélations personnelles, m’octroyant cependant le droit de rectifier au besoin ce qui, dans sa version de ce qui nous est arrivé, me semble fautif. »

« Vous excuserez le ton, et la volatilité de ma pensée. J’ai un peu perdu la main, et mon cerveau s’égare souvent dans des digressions que je n’arrive à réfréner que lorsqu’on me rappelle à l’ordre. Or, seul devant la feuille de papier sur laquelle je m’échine à écrire à la main, je perds mes moyens et laisse libre cours à ce que mon esprit choisit d’exprimer. »

« Je prends ici une grande respiration, car c’est un peu ce qui s’est produit dans les jours et les semaines qui ont suivi, comme si le temps s’était arrêté sur cet été splendide, le soleil faisant valoir son droit d’aînesse sur des nuages toujours éphémères. Nos enfants étaient partis pour l’été, notre fille chez une amie installée à Toronto et notre fils à Copenhague avec sa conjointe pour son projet de recherche en santé internationale – auquel nous ne comprenions pas grand-chose. »

« Je garde un souvenir ému de cette journée avec les étudiants d’Antoine et leurs familles, comme si la vie avait voulu appliquer un baume sur notre détresse. Un dôme d’allégresse avait recouvert le terrain, et rien n’était venu altérer l’état de béatitude dans lequel nous avait plongés l’initiative de Martin. »

 

Alain Beaulieu est écrivain, enseignant, chercheur en création littéraire à l’Université Laval et directeur de la collection Alinéa (Druide). Plusieurs de ses romans ont été cités pour un prix littéraire, dont L’interrogatoire de Salim Belfakir (Druide, 2016) pour le prix France-Québec et Le postier Passila (Actes Sud, 2010) pour un Prix du Gouverneur général. Il a remporté le Prix de création littéraire Ville de Québec-Salon international du livre de Québec à deux reprises. Il dirige la revue Le Crachoir de Flaubert, en plus d’être membre du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en arts et en science de la Société royale du Canada.

 

Émotion, Drame, Folie, Suspense, Thriller psychologique

Trois vies pour une

de Bastien Perchet
Broché – 13 octobre 2023
Éditions : Independently published

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2009, province d’Helmand, Afghanistan.
Robin Costes, reporter de guerre, et son équipe, capturent les dernières images poignantes d’un documentaire sur le conflit qui consume le pays depuis des années. Entre excitation et appréhension, ils bravent l’interdit, plongeant au cœur de l’effroi. L’apogée tant espérée se transforme en un chaos implacable. Une prise d’otages qui bouleversera à jamais leurs existences…

2022, Annecy, France.
Après des années de reconstruction, Robin tente de reprendre une vie normale, bien que les spectres de son passé continuent de le hanter, aussi persistants que la douleur de son bras fantôme, témoin muet des horreurs ayant décimé la plupart de ses compagnons. Une nouvelle existence marquée par sa rencontre avec Mélinda, et plus tard, par la naissance d’Anaïs, leur fille. Mais le jour de ses quarante ans, tout bascule à nouveau… La mort réclame vengeance, engloutissant tout sur son passage.

Quels secrets ont été ensevelis durant toutes ces années ?

 

• Couv_2023-127_Perchet Bastien - Trois vies pour une

 

Je viens de finir “Trois vies pour une”.

Quel récit !!!

De la violence, de la peur, de la haine, de la reconstruction… du pardon ? Peut-être. De l’amour, encore de la peur, des confessions, une vengeance… Toujours de la peur.

Superbe.
Pas un moment de faiblesse dans le récit. Mais quel récit… Très différents des thrillers habituels. J’avais envie qu’il continue encore et encore. L’auteur a trouvé une “clé” qu’il maîtrise parfaitement et il a complètement baladé le lecteur que je suis. Pas de gentils, pas de méchants, juste des coupables et les autres…

Dans ce roman particulièrement bien ficelé, Bastien ne devait avoir qu’un mot en tête. “SUSPENSE”. Et toute l’histoire tourne autour.
Au final, une très “belle” histoire de sentiments mêlés où tout le monde souffre, mais malgré tout Bastien parvient à nous faire ressentir beaucoup d’émotions qui peuvent parfois s’opposer. C’est troublant…

Coup de cœur !
C’est fort et profond, je vous le recommande vraiment…
…Et moi, je vais patiemment attendre les autres romans de “Bastien Perchet”, car j’avoue avoir été réellement surpris.

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Extraits :

« La lampe de chevet créait une ambiance tamisée et chaleureuse que Robin glaça en une seule phrase :

– Tu crois qu’elle va grandir dans quel genre de monde ?
Mélinda comprit qu’il faisait allusion à leur future fille.
– Le même que celui dans lequel nous sommes, répondit-elle en haussant les sourcils, avant de poser son livre, les pages tournées vers le bas.
Robin souffla bruyamment.
– J’ai peur pour elle. Plus le temps passe, plus j’ai l’impression qu’un jour, tout va voler en éclats. »

« – Vous protestez contre quoi exactement ?

– Contre ces enculés de lobbyistes de l’agroalimentaire qui s’approvisionnent à l’étranger alors qu’ici, on se crève jour et nuit pour gagner une misère.
Quand on en gagne, d’ailleurs ! »


« – Je ne comprends toujours pas le rapport.

– Rob… le rapport, c’est qu’après une mort, c’est plusieurs quilles qui tombent en même temps. Tu vois ce que je veux dire ? Personne n’y pense quand ça arrive. Personne ne songe à la femme du mec à qui tu viens de trouer le bide, à son gamin, sa famille, ses amis. En fait, la vengeance, c’est le fléau de l’humanité. Tu butes un type et c’est son frère, son père, sa mère, qui voudra ensuite ta peau. Et l’engrenage ne s’arrête jamais. La folie non plus. Et si les gens ne se vengent pas, ils risquent de devenir comme la majeure partie des épaves qui arpente ma ruelle pour s’échouer dans mon bar. »

« Personne n’est prêt à affronter la mort d’un être cher. La tristesse n’est que le prélude, car un mélange âpre et rugueux s’installe ensuite, mêlant incompréhension, haine et rage. Certains ne parviennent jamais à s’en remettre. En réalité, personne ne s’en remet véritablement… »


« Une toute dernière fois, Robin caressa sa chienne et lui murmura quelques mots à l’oreille. La pauvre bête ne comprenait pas, penchait la tête d’un côté puis de l’autre, la queue entre les jambes.

Au moment de quitter la maison, Joseph tapota l’épaule de Robin sans dire un mot. À sa manière, le vieil homme exprimait son émotion de voir cet homme partir, ce dernier lui rappelant combien il regrettait de ne jamais avoir eu de fils dans sa vie. »

 

Né en 1992, à Belley dans l’Ain, Bastien Perchet vit depuis à Aix-les-Bains en Savoie. En 2015, son premier roman Aux creux de nos demains s’est hissé au sommet du classement Amazon Kindle et a captivé des milliers de lecteurs. Son nouveau thriller, Trois vies pour une, vous plonge dans une descente aux enfers vertigineuse où chaque page vous rapproche de la vérité, troublante…

Frisson horreur, Psychologie, Roman, Thriller, Thriller psychologique

Le Manoir des glaces

de Camilla Sten
Broché – 13 octobre 2023
Éditions : Seuil

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Eleanor n’aurait jamais imaginé assister au meurtre de sa cruelle mais bien-aimée grand-mère Vivianne. Sur le seuil de l’appartement, elle croise le tueur. Mais atteinte d’une maladie rare, la prosopagnosie, elle ne peut reconnaître les visages.

En état de choc, elle apprend de surcroît que Vivianne lui a légué un manoir isolé dans la forêt suédoise dont elle n’avait jamais entendu parler.

Accompagnée de sa tante Veronika, de son compagnon Sebastian et d’un avocat un peu étrange, Eleanor se rend, angoissée, dans ce lieu inconnu. Le manoir dévoile peu à peu ses secrets et semble avoir été le témoin d’un passé terrible. Que cachait Vivianne ? Pourquoi n’avoir jamais mentionné l’existence de cette bâtisse ?

Beaucoup d’interrogations et si peu de temps, car le blizzard se lève et l’ombre des bois pénètre dans le domaine de Haut Soleil. Commence alors un huis clos pour le moins glaçant…

Camilla Sten, née en 1992, est la fille de Viveca Sten, superstar suédoise de polars. Après une série pour la jeunesse (L’Île des disparus, Michel Lafon) à quatre mains avec sa mère, elle publie son premier roman, Le Village Perdu, bientôt adapté sur Netflix, et revient avec Le Manoir des glaces, un nouveau thriller oppressant et machiavélique.

Traduit du suédois par Anna Postel.

“Une plongée terrifiante au cœur des secrets de famille et de la forêt suédoise.”
The New York Times

 

• Couv_2023-109_Sten Camilla - Le manoir des glaces

 

C’est le premier roman de Camilla Sten que je lis.
Le moins, que l’on puisse dire, c’est que cela démarre très fort, avec le meurtre de la grand-mère de l’héroïne, Eleanor, qui va hériter du coup d’un manoir isolé en plein milieu de la mystérieuse forêt suédoise !
De manière générale, j’aime beaucoup le côté très dépaysant des polars nordiques et là, pas de déception…

L’auteure nous entraîne dans un huis clos glaçant, où les personnages sont isolés de tout, au milieu de nulle part. Le personnage principal aurait pu être le manoir lui-même, tellement son rôle et sa situation géographique ont de l’importance, mais Camilla a “construit” une histoire audacieuse, qui recèle de nombreuses idées qui donnent un sacré plus à son récit.

Tout d’abord.
– Eleanor, souffre de prosopagnosie, une maladie très rare qui l’empêche de reconnaître les visages. Elle est la seule à avoir croisée le ou la meurtrière, mais son esprit n’a pas pu l’enregistrer. Et pour cause, elle est incapable de se souvenir d’un visage, pas même le sien, lorsqu’elle se voit dans un miroir.
– Le cadre, les paysages isolés et le climat très hostile sont bien exploités par Camilla, créant une atmosphère oppressante avec des personnages qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes, une tempête de neige ayant immobilisé les accès routiers et le réseau téléphonique.
– Le choix d’écrire aussi avec une double temporalité, qui apporte de la complexité au récit, ce qui permet à l’auteure de jouer d’autant plus avec ses lecteurs puisqu’elle révèle au compte-gouttes de minuscules indices au fil des pages…
– Un roman policier (où d’ailleurs, il n’y a aucun policier…), on recherche le ou la coupable, en évitant de se faire tuer à son tour.

Non-dits, secrets de famille, intrigues bien ficelées, nombreux rebondissements, un récit fluide et très agréable à lire… jusqu’à la dernière ligne, jusqu’aux révélations finales.

Merci à Babelio pour cette très belle découverte !

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Extraits :

« Lorsque je regarde mes mains, j’ai toujours l’impression d’y voir du sang, bien que je les aie frottées au savon antiseptique jusqu’à ce qu’elles soient rouges et irritées, dans la salle de bains aux murs immaculés. »

« – J’ai vu quelqu’un !
Je serre toujours sa manche dans mon poing.
– Comment ça ?
– Près du lac. À côté de la petite maison, là-bas. Il y avait quelqu’un.
Son regard glisse sur moi pour se porter vers la maison.
– Tu es sûre ? Il fait nuit noire.
Certaine.
En prononçant ces paroles, je me demande si c’est la vérité. La voix calme et rassurante de Carina résonne dans mes oreilles.
Ta peur est valide, mais elle n’a pas besoin d’être réelle. La peur est vraie, mais n’a pas besoin d’être la vérité. »

« Son sourire s’était dissipé aussi vite qu’il était venu.
“Tu es une petite fille sale et idiote, incapable de parler convenablement !” La peau de son visage semblait se tendre au niveau de ses pommettes. “Comment peux-tu penser que quelqu’un comme toi puisse être autre chose qu’une bonniche ?” »

« Je voudrais briser ce miroir vaniteux. Saisir un couteau acéré dans la cuisine et le planter dans le beau visage de la peinture dans l’entrée. Je voudrais lui hurler : Tu m’as détruite ! Tu ne m’as jamais aimée, tu m’as traitée comme un animal de compagnie, un chien servile. Tu m’as dit que j’étais bête, insignifiante, laide. Que c’était ma faute si ma mère avait eu un cancer. Que mon père avait quitté ma mère parce qu’il ne voulait pas de moi et que personne d’autre que toi ne m’aimerait. » 

 

 

Camilla Sten est la fille de Viveca Sten (1959), célèbre auteur suédoise de romans policiers.

Elle étudie actuellement la psychologie à l’Université d’Uppsala.

Elle a souvent écrit et aidé sa mère à peaufiner ses histoires. Avec L’Île des disparus : La fille de l’eau (Djupgraven, 2016), elles se sont lancé un nouveau défi : l’écriture d’une série pour la jeunesse.

Le secret du brouillard (Sjörök), le deuxième tome, a été publié en 2017, suivi de Les Lueurs de l’archipel (Mareld, 2018).

Le village perdu (Staden, 2019), un thriller très original vendu dans 17 pays, est son premier roman adulte.

Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Suspense, Thriller psychologique

Labyrinthes

de Franck Thilliez
Broché – 4 mai 2023
Éditeur : Pocket

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L’oubli comme seul témoin… Une enquête en forme de labyrinthe.

Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie.
Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car, avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…

“Franck Thilliez nous entraîne avec Labyrinthes dans un formidable casse-tête, brillant exercice de style où plusieurs intrigues se déroulent de front, se superposent
puis fusionnent, pour dévoiler, en fin de compte, une stupéfiante vérité.”

Le Figaro magazine

“Le roi du polar a encore frappé !
Un incroyable dédale qui ne laisse pas une seconde de répit.”
Cosmopolitan

“Retrouvez le romancier, expert ès thriller, qui une fois encore
prend plaisir à explorer les dédales du cerveau humain.”
Femme actuelle

“Aussi déroutant qu’haletant.”
France Dimanche

 

• Couv_2023-102-Thilliez Franck - Labyrinthes

 

Comme le dit si bien Franck Thilliez lui-même : “Cette histoire de fous !”

Si Labyrinthes peut très bien se lire sans avoir lu Le Manuscrit inachevé et Il était deux fois, je vous les conseille quand même, afin d’apprécier pleinement ce dernier volet qui vient conclure cette superbe trilogie.

Dès les premières lignes, j’ai compris que j’allais passer un sacré moment, mais j’avoue que j’étais très loin d’imaginer tout ça…
Quel autre titre Franck aurait-il pu choisir pour clôturer cette trilogie ? Il résume à lui seul les nombreuses pistes qui paraissent très embrouillées tout le long du roman, pour, dans le dernier chapitre, boucler la boucle qui mène vers une fin… Mais est-ce vraiment une fin ?

Franck est un auteur que j’apprécie énormément, il n’hésite jamais à créer des ambiances particulières, imbibées de mystère et pleines de tension. J’ai trouvé son récit incroyable, d’autant plus qu’il est basé uniquement sur des faits avérés. Je vous conseille de bien vous installer au fond de votre fauteuil, et préparez-vous à en prendre plein la tête !

Dans ce roman choral, Franck a donné les rôles principaux à des femmes, leur consacrant systématiquement un chapitre chacune, à tour de rôle, pour mieux nous immerger, et surtout mieux nous perdre. Il y a un bon suspense, la tension va crescendo, c’est très addictif. Âmes sensibles s’abstenir, le sujet : “La violence dans l’Art”, combiné avec des passages particulièrement cruels, pourrais être dérangeant pour certains lecteurs…

Quant à la fin, comme d’habitude, parfaitement maîtrisée, que je n’ai pas vu venir du tout, elle relève du grand art, et m’a laissé complètement coi !

Prêt pour un grand bol d’adrénaline ?
Avec ce thriller, vous mettrez les pieds dans un univers où chacun essaiera de trouver ses propres repères. Mais attention, ne vous fiez jamais aux apparences…

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Extraits :

« Face à eux, la patiente dormait ; le bip lent de l’électrocardiogramme indiquait un sommeil paisible qu’il n’était pas question de perturber.
– D’après ses médecins, physiquement, il n’y a pas de risques. Les analyses biologiques révèlent des carences, mais rien de grave. Quant à ses engelures, même si certaines sont assez profondes, elles ne laisseront pas de séquelles. Psychologiquement, en revanche, c’est une autre histoire. Je vais faire au plus simple : tout a disparu de sa mémoire.
– Quand vous dites “tout”…
– L’intégralité de sa vie d’avant. Elle ne se souvient de rien. Une page blanche. »

« Quitter un cauchemar pour se réveiller dans un autre, pire encore… Tout tourbillonnait autour d’elle lorsque Julie tenta de se redresser. C’était comme dans un manège infernal, un bateau pirate de foire qui tournait autour d’un axe et vous maintenait la tête à l’envers durant d’interminables secondes. La nausée l’envahit, mais elle n’avait rien à régurgiter. Elle s’appuya de ses deux mains sur le sol, essaya de se lever. Le poids de son corps l’attira inexorablement vers le bas et elle se retrouva affalée sur une espèce de linoléum tendre. »

« Elle décida de profiter des heures qu’elle avait devant elle pour mener des recherches sur Internet autour de ses pertes de mémoire. Elle tapa des mots-clés comme « souvenirs erronés », « confusion, mélange souvenirs », « tumeur, cerveau, mémoire ». Et fut rapidement orientée vers la notion de « faux souvenirs ». Des spécialistes expliquaient que chaque individu avait des événements profondément transformés, voire inventés, ancrés dans sa mémoire. Le cerveau étant malléable, il se réorganisait en permanence, et un souvenir n’était pas une photo précise, comme on l’avait longtemps pensé : chaque fois qu’il remontait à la surface, il se reconstruisait avec de nouveaux éléments, mutait, et était réenregistré ainsi.
En définitive, plus on se remémorait un instant, plus celui-ci s’éloignait de la réalité du passé. »

« Vas-y, vas-y !
Véra encourageait la flamme alors qu’elle se propageait du papier au bois sec. La danse se transforma aussitôt en une grande valse rougeoyante. Et la survivante poussa un rugissement de joie. Au bout d’une minute, la chaleur vint heurter son corps. Elle s’approcha. Le feu rentrait en elle et entraînait une piqûre à la limite du supportable sur ses plaies, mais elle devait tenir. Son sang se fluidifiait, ses artères se dilataient enfin. La vie revenait, la chair rosissait, même si les ongles demeuraient, eux, d’un blanc presque bleu. »

 

Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans dont La Chambre des morts, adapté au cinéma en 2007, prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et prix SNCF du polar français 2007, Puzzle (2013), Rêver (2016), Le Manuscrit inachevé (2018) ou bien encore Il était deux fois (2020). Il est également connu pour avoir donné vie à deux personnages emblématiques, Franck Sharko et Lucie Henebelle. Ces derniers sont réunis pour la première fois dans Le Syndrome [E] (2010), qui a été adapté en BD et est actuellement en cours d’adaptation pour une mini-série qui sera diffusée sur TF1. De plus, ces deux personnages sont présents dans les récents Sharko (2017) et Luca (2019) chez Fleuve Éditions. Son recueil de nouvelles, Au-delà de l’horizon et autres nouvelles, a paru en 2020 chez Pocket. Franck Thilliez a publié 1991 chez Fleuve Éditions en 2021, ainsi que Labyrinthes chez le même éditeur, en 2022.
Ses titres ont été salués par la critique, traduits dans le monde entier et se sont classés à leur sortie en tête des meilleures ventes.

Franck Thilliez est aujourd’hui le 3e auteur de fiction moderne le plus lu en France.

Émotion, Fantastique, Suspense, Thriller psychologique

On l’emportera dans la tombe

de Sébastien Jullian
Broché – 12 juillet 2023
Éditeur : Inceptio

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Un home-jacking vire au bain de sang, laissant derrière lui la mort inexpliquée d’un des cambrioleurs. Le lendemain, un homme se jette sous un train devant une foule médusée. Alors que des évènements troublants se multiplient, deux lieutenants de police se retrouvent chargés de l’enquête qui les plonge dans l’abîme de l’inexplicable. Quel sombre passé se réveille subitement, insinuant ses ombres sinistres au cœur d’une affaire en apparence ordinaire de cambriolage et de suicide ? Peut-on réellement se contenter d’une approche rationnelle pour démêler les fils de cette sombre toile ? « Une plongée au cœur d’une enquête percutante et tortueuse, où les ombres du passé se mêlent à un présent troublant, défiant les certitudes et révélant les secrets les plus sombres. »

 

• Couv_2023-089_Jullian Sébastien - On l'emportra dans la tombe

 

Quelle écriture surprenante !

En quelques pages, je suis emporté dans un polar très bien construit teinté de fantastique.
Je découvre Sébastien Jullian avec ce récit, et le moins que je puisse dire c’est que ça frappe vite, ça frappe fort !
Des chapitres courts, des allers/retours dans le temps, c’est dynamique et il y a de nombreuses interrogations de toutes parts. Petit à petit, le récit se met en place nous offrant encore plus de suspense, avec une tension palpable à chaque chapitre.

Un cambriolage dramatique, un suicide étrange au sein d’une gare sont liés par des phénomènes inexplicables. La police enquête, mais a énormément de mal à trouver les éléments communs. Et quand elle en trouve un, il y a un autre meurtre à la clé… difficile de ne pas en perdre son latin… Le lieutenant Jérôme est complètement perdu. Il va lui falloir une très grande ouverture d’esprit pour mettre bout à bout ce qui ressort de cette enquête étrange et peu banale. Il décide donc de mettre de côté son esprit cartésien et décide de foncer malgré les alertes de Stéphane, son collègue et ami.

Plus j’avançais, plus je ressentais des moments d’excitations. Je ne savais plus qui croire, la folie paraît emporter certains personnages. Parfois, je pensais avoir trouvé “une clé”, avoir compris, et paf ! Sébastien réoriente son récit différemment, trop fort !
J’ai aimé me faire balader… Pas seulement dans cette forêt sombre et oppressante, non, c’est toute l’histoire angoissante qui nous mène en bateau.

Bravo Sébastien !
Intrigue originale, avec une tension qui s’accentue au fil des chapitres, personnages attachants, un thriller haletant, qui régalera les amateurs du genre.

Encore une fois, Merci Blandine pour cette nouvelle découverte !
C’était mon premier “Sébastien Jullian” et ce ne sera sûrement pas le dernier…

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Extraits :

« Après avoir remonté les escaliers à toute vitesse, elle découvre son fils, terrorisé, qui court, hurle et passe de chambre en chambre, tentant de se cacher derrière les portes ou sous un lit. Il prononce des mots incompréhensibles, bafouille et tremble de la tête aux pieds. Elle ne parvient ni à le maîtriser ni à lui parler et ne distingue qu’une phrase au milieu de ce charabia délirant : “Fais-le partir…”. Après quelques minutes, il finit par se positionner devant son armoire en chêne massif et s’y fracasse la tête deux à trois fois avant de perdre connaissance. Fort heureusement sans gravité apparente. Il s’est réveillé chez nous, le lendemain matin. »

« Au mur, les posters de Kurt Cobain, Silverchair, Axl Rose et Eddie Vedder lui rappellent qu’il est un pur produit du rock et du grunge. Pas question de se laisser imposer le diktat des radios françaises. Énervé, il finit par débrancher la prise électrique, ce qui renvoie Lydia dans les pages du dernier Star Club acheté la veille. Une nouvelle activité qui ne ravit pas davantage son hôte du jour. »

« – Laissez-moi tranquille, j’ai besoin de souffler. Je vous le jure, sur la tête de ma mère. Il y avait un cadavre ici. Il était effrayant. Pâle, froid et raide. Ses yeux… ses yeux étaient sombres, grands ouverts, perdus dans le vide. Il ne respirait plus. Oui, ça, j’en suis sûr, il ne respirait plus… Il était jeune, comme nous. Si seulement j’avais eu un appareil photo, j’aurais pu vous le prouver… »

« Trois heures du matin. Avachi sur le canapé, Jérôme ne parvient pas à plonger dans un sommeil profond et réparateur. Il cherche à tuer ce temps assassin, à chasser de son esprit cette faucheuse diabolique qui ne le laisse pas en paix.
Ce soir, il est resté une heure à l’hôpital auprès d’Elisa, prostré comme un zombie. Incapable de se déconnecter des images de mort. Il revoit sans cesse les corps d’Armando, David et Lydia, pulvérisés par une fatalité absurde. »

« – Croyez-vous que Dieu nous écoute, Lieutenant ? Après avoir vu et entendu tout ce à quoi vous avez été confronté ces derniers jours, je suis certain que votre position a changé, non ? Pour ma part, je l’ai abandonnée ici, il y a plus de vingt ans.
– Je ne sais pas, Eric. Je ne sais pas déterminer ce qu’est Dieu, s’il existe et sous quelle forme, s’il est seul ou accompagné. Ce que je pense, c’est que notre monde et la définition de notre existence sont bien plus complexes que ce qu’on nous explique au catéchisme ou dans les livres de science. Il reste tant de réponses à trouver et nous avons mis le doigt sur quelque chose d’extraordinaire. Mais ce n’est pas à vous de payer… »

Informaticien de métier, entraîneur de football et père de famille, Sébastien Jullian s’adonne depuis quelques à sa nouvelle passion : l’écriture. Ses influences sont diverses. Des incontournables cinématographiques telles que Carrie, Fight Club, Le silence des Agneaux, Usual Suspects, pour ne citer que les principales.
Coté littérature, Sébastien aime beaucoup les univers respectifs de Cédric Sire, Jérôme Loubry et bien sûr, Stephen King. Il est également un grand passionné de musique, notamment le Heavy metal, à laquelle il fait très souvent référence dans ses romans. Mais aussi l’humour (parfois noir, méchant ou gratuit) est aussi sa tasse de thé. Lire a toujours été une tâche compliquée car son imagination ne le laisse jamais en paix. Lorsqu’il lit une histoire, il en invente une autre. Il aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur.
Selon Sébastien, un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs et avec notre imaginaire…

Drame, Folie, Noir, Thriller ésotérique, Thriller psychologique

Néréides

de Christophe Royer
Poche – 16 mars 2023
Éditions : Taurnada

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Quand Nathalie Lesage, commandant à la PJ de Lyon, reçoit un appel au secours de l’un de ses amis, elle n’hésite pas une seconde et part aussitôt pour Albi afin de l’aider à retrouver sa jeune soeur. Une banale disparition qui, très vite, va se transformer en course-poursuite, jonchée de cadavres et de mystères : un dangereux et insaisissable « Monsieur Étienne », une obscure école de magie, d’étranges disparitions… Un thriller palpitant, aussi addictif que terrifiant.

 

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Quel bonheur de retrouver Nathalie Lesage l’excellente commandant à la PJ de Lyon dans une nouvelle aventure où se côtoient magie et disparitions !
Rien ne l’arrêtera dans cette enquête qui va multiplier les cadavres…
Frissons garantis.

En voilà un thriller rondement mené !
Christophe Royer, ne nous épargne rien. L’atmosphère très vite malsaine de ce très bon récit, l’univers terrifiant, un suspense digne des plus grands récits, un rythme archi soutenu et de multiples rebondissements… Encore une fois, il m’a complètement embarqué par sa thématique très originale, construite sur des sujets aussi réels que passionnant, nous confit-il dans ses remerciements… Ça fait peur !!!

Louna, la sœur Samir, a disparu depuis quelques jours. Il décide donc de contacter Nathalie, afin qu’elle l’aide à la retrouver.
Ensemble et très vite aidés par une vieille dame Lucie Dubrac, et de son collègue de Lyon, Cyrille. Ils vont se lancer dans une mission beaucoup plus dangereuse qu’ils n’avaient prévus, au péril de leur vie. Très vite, leurs recherches les mèneront aux portes d’une école de magie en pleine ville d’Albi.

Une fois de plus, force est de constater que plus je découvre Christophe à travers ses romans, plus il arrive à me surprendre différemment à chaque fois !
Par ailleurs, j’ai aussi beaucoup aimé la façon dont il traite les diverses relations très poignantes entre “nos héros” dans ce récit.
Vivement une suite à ce thriller teinté d’ésotérisme !

Un grand merci aux Éditions Taurnada pour la confiance qu’ils m’offrent régulièrement…

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Extraits :

« Dans le fond, étaient alignés deux lits pourvus de matelas de marque et de plusieurs couvertures épaisses. Sur l’un deux, une jeune femme rousse dormait profondément. Juste à côté, assise sur une chaise, une autre prisonnière à la longue chevelure blonde surveillait sa camarade d’infortune. Son visage exprimait l’anxiété et la détresse. »

« On peut dire que j’ai eu une enfance malheureuse. C’était compliqué à la maison. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours entendu mes parents se gueuler dessus. C’était du matin au soir ! Je n’ai jamais compris pourquoi ils restaient ensemble. À mon avis, il y avait une histoire d’argent derrière. Bref, passons. Dans ce climat de violence permanente, j’étais complètement transparente. Je ne ressentais aucun amour de leur part. Jamais de câlins ou de mots affectueux. »

« – C’est limpide. Cette histoire de magie n’est donc qu’une façade.
– Pas tout à fait. Il y a un autre type d’enseignement proposé dans cette école. Mais, là, on passe au niveau supérieur avec la Magia Sexualis.
– La Magia Sexualis ?! s’exclama Samir.
La magie sexuelle ! se répéta mentalement Nathalie pour interroger ses souvenirs au sein de la BRP. Mais rien ne lui venait.
Jamais entendu parler. Je m’attends au pire. »

« “Qu’est-ce qui se passe, Lucie ?
– Ne t’en fais pas, c’est juste un coup de fatigue. Ça va passer.”
Ses yeux se remplirent de larmes.
“Tu es sûre?
– Oui”, mentit-elle en lui tapotant les cuisses.
Assise juste à côté, Nathalie avait les mains serrées entre ses jambes. Elle avait tout de suite deviné à qui était destiné cette pièce et comprenait la tristesse de Lucie. Elle était complètement désemparée et ne savait pas comment réagir ni comment la réconforter… Elle n’avait jamais su exprimer ses émotions, on ne lui avait pas appris. Pas plus que d’en recevoir. C’était une handicapée des sentiments, une écorchée vive pleine de haine envers ses parents, qui n’avait pas joué leur rôle. Elle souffrait de ne pas pouvoir prendre spontanément Lucie dans ses bras pour amoindrir sa peine. Non. À la place, elle restait là, posée comme une potiche, à attendre que ça se passe… »

 

Christophe Royer est né en 1971 au Creusot, en Bourgogne. Après l’obtention de son doctorat en biologie animale, il change de cap pour préparer un master d’informatique, sa deuxième passion, à l’INSA de Lyon. Aujourd’hui, chef de projet, il vit à Saint Vallier avec sa femme et leur fils.

Le Projet Sapience est né il y a 25 ans. Après une longue gestation, il prit la forme d’un dossier pour un jeu vidéo qui a été proposé à plusieurs éditeurs. Aucun n’a répondu, mais étrangement, deux années plus tard, un jeu reprenant les principes de base du dossier sortait. Par la suite, le scénario issu du jeu est resté dans un placard durant de longues années. En 2014, Christophe décide de reprendre l’idée originale et se lance dans l’écriture d’un roman d’anticipation, où l’aventure est omniprésente sur fond d’intrigues.

En 2016, sortie de la première partie L’arche qui va nous amener à quitter la Terre pour la mystérieuse planète Sapience. Un long voyage durant lequel un groupe hétéroclite de personnages devront s’unir pour faire face à une succession d’événements inquiétants.

En 2017, sortie de la suite et fin de cette aventure avec Hostile. Parvenus à la surface de Sapience, ils devront poursuivre leurs investigations tout en implantant au mieux la nouvelle colonie et en faisant connaissance avec les habitants. Riche programme…

En 2019, L’auteur change d’univers et revient sur Terre avec Lésions intimes un thriller addictif et percutant qui se déroule entre Paris et la Bourgogne. Nous suivons les aventures d’une jeune capitaine travaillant à la Brigade de Répression du Proxénétisme.

Mars 2021, Une arête dans la gorge plonge le lecteur dans un Lyon mystérieux où l’héroïne devra collaborer avec des francs-maçons lyonnais pour résoudre une série de meurtres. Une enquête à tiroirs passionnante, extrêmement bien documentée !

Mars 2022, direction Annecy avec La quatrième feuille. Un thriller glaçant ou personnalité toxique et amitié riment avec descente aux enfers… Inspiré de faits réels.

Mars 2022, Néréides, on retrouve Nathalie Lesage dans une affaire de disparition qui se déroule à Albi.

À suivre…

Émotion, Drame, Folie, Noir, Psychologie, Thriller psychologique

Haut le chœur

de Gaëlle Perrin-Guillet
Poche – 14 mars 2019
Éditions : Taurnada

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« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver. » Depuis qu’Éloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison… Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Éloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse… Une promesse de sang…

 

• Couv_2023-025_Perrin-Guillet Gaëlle - Haut le chœur

 

Après avoir lu il y a quelques années déjà, les très bons “Soul of London” et “Les fantômes du passé” à l’atmosphère sombre et “So british”, j’étais très curieux de lire ce thriller réédité aux éditions Taurnada.

Tout d’abord, un premier bravo pour la couverture qui donne très vite le ton du récit.
Et oui, car dans ce roman, nous avons à faire à une tueuse en série Éloane, déjà ce n’est pas banal, mais en plus, elle vient se frotter à Alix, la journaliste qui l’avait interviewé lorsqu’elle était “encore” emprisonnée !

Je me rends compte que dernièrement les femmes sont de plus en plus mise en avant en littérature et ce n’est pas pour me déplaire, mais en plus si c’est une femme qui raconte, on a le tiercé gagnant !

Je ne vous cacherai pas que j’ai vraiment été accroché par ma lecture. Une très bonne intrigue, un rythme plus qu’intense qui ne cesse jamais de rebondir de page en page. C’est noir, c’est sombre et violent, mais c’est aussi un thriller prenant, car le personnage d’Éloane est très atypique. Elle a beau être un véritable “monstre” sans aucune conscience, elle a quand même fait vibrer certaines choses en moi (suis-je normal docteur ???). Heureusement qu’Alix était de l’autre côté de la balance, attachante et droite qui venait me mettre des petites claques régulièrement pour ne pas basculer du côté sombre… C’est que j’aime la musique moi !

Thriller inclassable qui m’a coupé le souffle à plusieurs reprises, avec des chapitres s’enchaînant parfaitement, chapitres qui par ailleurs, ne sont pas dénués d’émotions et de sentiments…
Quand le plaisir de tuer et de faire souffrir dépasse l’entendement, une véritable une course contre la montre qui va crescendo…

Comment arrêter une “serial-killeuse” qui prend toutes ses précautions ?
Haut le chœur, 242 pages qui vont vous retourner le cerveau !

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Extraits :

« Il la regarda s’avancer vers lui : âgée de trente-sept printemps, Alix Flament était une femme d’une beauté époustouflante. Sa mince silhouette aux formes douces et sa démarche assurée lui conféreraient une grâce naturelle et un déhanché voluptueux. Un véritable régal pour un œil masculin. Alors qu’elle s’approchait de lui, sa longue chevelure rousse, qui lui battait les reins, semblait l’envelopper d’une aura particulière dans cette nuit qui l’était tout autant. »

« Bizarrement, Alix était très étonnée, qu’Éloane, s’en soit prise à son ex-mari. Dans ses entretiens avec la psychopathe, le chapitre marital n’avait pas tenu la part la plus importante de son histoire. Bien au contraire. Éloane Frezet n’accordait pas plus d’intérêt à cet homme qui avait partagé sa vie durant une décennie, qu’à un cafard qui aurait traversé sa cellule. Elle ne ressentait qu’une colère modérée face à sa trahison au tribunal. »

« Le scalpel en main, Caroline observe son œuvre. Digne d’une pro. Pas de bavure, pas de découpe biscornue, un travail d’orfèvre. À côté d’elle, le microphone enregistrait tout ce qu’elle disait. Ces remarques pourraient être entendues par le docteur Bernet quand il arriverait. »

« Les nuages qui s’amoncelaient derrière, la Croix du Nivolet étaient chargés d’électricité et donnaient à la roche une couleur mordorée, luisant sous les rayons du soleil qui cherchaient encore à dominer. Une lutte de la nature : l’ombre face à la lumière, duel de forces contradictoires et pourtant si complémentaires… Une analogie, trop facile face a ce qu’elle vivait. Mais elle aurait été bien en peine de dire si elle se retrouvait dans ses gros nuages gris qui menaçaient de crever à chaque instant, déversant leur courroux sur la vallée en contrebas, ou dans cette lumière incandescente qui se battait, pour faire reculer cette masse électrique et totalement incontrôlable. »

 

Gaëlle Perrin-Guillet est née en 1975 à Lyon où elle vit toujours. Secrétaire de mairie le jour, elle se transfrome en auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000 avec des nouvelles. Après deux romans auto-publiés, Le sourire du diable, en 2010 et Au fil des morts en 2011, elle participe à deux recueils des Auteurs du noir face à la différence (en 2012 aux Éditions Jigal puis en 2013 à L’Atelier Mosesu).

Haut le chœur est son premier polar publié aux Éditions Rouge Sang en 2013, lauréat du « Prix du Polar-2014 Dora Suarez », réédité aux Éditions Taurnada en 2019. En 2015, paraît un roman pour jeunes adultes, “La nuit du chat noir” aux Éditions Rouge Safran.

En 2016, elle publie aux Éditions Fleur Sauvage, Soul of London, pour lequel elle reçoit le “Prix des Lecteurs du Salon du livre policier de Neuilly-Plaisance” et le “Prix du festival Les Polars du Chat du Creusot”; premier opus d’une série d’enquêtes situées dans le Londres de la fin du XIXe siècle dont les héros sont Henry Wilkes, ex-inspecteur de police, handicapé qui marche avec une canne, et Billy Bennett un gamin des rues qui l’assiste. Le livre est réédité aux Éditions Milady Poche en 2017, la même année que sort (ou devait ?) le second opus Black past aux Éditions Fleur sauvage, publié en grand format sous le titre Les fantômes du passé aux Éditions City en 2018. (Les titres originaux parus chez Fleur Sauvage semblent ne plus être disponibles…).

Émotion, Frisson horreur, Thriller psychologique

La petite fille du phare

de Christophe Ferré
Broché – 10 octobre 2019
Éditions : Mon Poche

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Un thriller psychologique intense de bout en bout, dans la lignée des romans de Guillaume Musso et Michel Bussi. Ploumanac’h, Côte de granit rose. Le temps d’une soirée dans un bar proche de leur maison, Morgane et Elouan laissent la garde de leur bébé, Gaela, à son frère adolescent. Au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d’effraction, nulle demande de rançon. Les pistes se multiplient, mais l’enquête piétine. Très vite, la police judiciaire pense que la petite fille ne sera jamais retrouvée. Pour les parents de Gaela, l’enfer commence. D’autant qu’on fouille leur passé, et que celui-ci présente des zones d’ombre. Morgane est bientôt suspectée d’avoir orchestré la disparition de sa fille. Un suspense au dénouement aussi stupéfiant qu’une déferlante sur les côtes bretonnes

 

• Couv_2023-024_Ferré Christophe - La petite fille du phare

 

Avant de commencer, je tenais personnellement à mettre en avant l’excellent choix de la couverture du roman, qui dégage déjà beaucoup d’émotion et que je trouve particulièrement belle !

Rarement, je n’ai lu un roman avec un tel suspense et une telle tension sur la longueur d’un récit !

Qui a-t-il de pire pour une maman que l’enlèvement ou la perte d’un enfant ?
Morgane et Elouan sont complètement perdus lorsqu’ils se rendent compte en rentrant chez eux de la disparition de Gaela qui n’a que quelques jours. Comment des parents, ont-ils pu laisser un bébé avec la garde seule de son grand frère, jeune adolescent ? J’ai trouvé se passage, un peu “léger”, mais c’est aussi ce qui peut expliquer la suite du récit…

Ce n’est pas possible, cela ne peut pas leur arriver, d’autant plus qu’ils ont déjà perdu une petite fille quelques années plus tôt.
Pourquoi le voisin accuse-t-il Morgane ?
Pourquoi la police elle-même est persuadée de sa culpabilité ?
Elle ne comprends plus rien, mais refuse de baisser les bras, en enquêtant elle-même de son côté !

Le récit de Christophe Ferré est très émouvant, on passe très vite de la colère à l’incompréhension totale. Les chapitres très courts s’enchaînent à toute vitesse et l’auteur non seulement nous promène à travers la magnifique lande bretonne, sur la côte de granit rose, un lieu magnifique, comme si nous y étions avec moult détails, mais il s’amuse surtout à nous perdre suite à la succession de “preuves”, de rebondissements jusqu’à la fin du récit, dans une confusion totale pour notre héroïne, et pour mon plus grand plaisir tellement je n’ai rien vu venir… J’y ai cru un moment, j’ai très vite abandonné, je me suis de nouveau persuadé qu’il ne pouvait s’agir que de “ça”, pour très vite me reperdre au travers des nouveaux événements qui se succédaient sans fin…

Christophe, non content de jouer avec les nerfs de Morgane et de son mari, joue avec les nôtres et fini par m’embrouiller complètement sans jamais me perdre totalement, malgré la vitesse de l’enchaînement des fausses pistes !

Qui ment, qui dit la vérité ?
Il va falloir être patient pour le découvrir, en attendant profitez des descriptions sublimes proposées par l’auteur, Ploumanac’h, son phare, les rochers en bord de mer avec des roses très particuliers, le bleu du ciel, les vagues qui explosent sur le récif dès que le vent se lève…

Un très bon thriller psychologique qui fait froid dans le dos…

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Extraits :
« Elle craignait d’avoir été suivie. Elle avait peur de tout. Elle se méfiait de tout le monde. Même de son mari. Même de son fils. Que pensaient-ils d’elle ?
Elle regarda devant, derrière, sur les côtés. La végétation était épaisse, percée d’énormes masses de granit dont les noms, s’égrenaient sur les guides touristiques : le champignon, le bélier, la bouteille, le lapin, la roche tremblante, le chapeau de Napoléon, le bidet de la Vierge, la chaise du curé, les empreintes du Diable, la guérite des amoureux, la tête de mort. »

« Elles avaient fait de magnifiques balades ensemble, le long de la mer, dans les embruns, à Trébeurden, à Trégastel. Elles avaient parlé des heures sur les rochers ou le long des petits chemins de la lande. C’étaient deux femmes mues par la même colère et le même désespoir. »

« Un silence pesant suivit ce dialogue. Le regard de Morgane s’embruma. Elle se tourna vers sa fille qui dormait toujours à poings fermés, insensible à ce qui l’entourait. Elle s’approcha d’elle. Elle caressa son ventre du bout des doigts. »

« De la colline, la mer était belle dans la lumière d’octobre. Les voiliers ressemblaient à des maquettes. La Manche était une immense baignoire dans laquelle flottaient des jouets d’enfants. »

 

Christophe Ferré est romancier et auteur dramatique. Il a obtenu le Prix de la nouvelle de l’Académie française en 2010. Il est l’auteur de La Chambre d’amour (Arléa, 1995), La Septième nuit (Seuil, 2000) ou encore Paradis Turquoise (Flammarion, 2005). Son premier suspense, La Révélation de Chartres (Salvador, 2015) s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires, toutes éditions confondues, La Petite Fille du phare (Éditions de l’Archipel, 2018), Mortelle Tentation (Éditions de l’Archipel, 2019). La Prophétie de la cathédrale (Archipoche, 2020).

Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Sur un arbre perché

de Gérard Saryan
Poche – 9 janvier 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Une seule seconde d’inattention et la vie d’Alice bascule : Dimitri, 4 ans, le fils de son compagnon, échappe à sa vigilance. En panique, la jeune femme part à sa recherche, mais elle est victime d’un grave accident. À son réveil, elle doit se rendre à l’évidence : l’enfant a été kidnappé. Rejetée de tous et rongée par la culpabilité, la « belle-mère négligente » n’a désormais qu’une obsession : retrouver Dimitri, coûte que coûte. Ignorant alors tous les dangers… Sans le soupçonner un instant, Alice va se précipiter au centre d’une toile tissée par la pire des trahisons.

 

• Couv_2023-005_Saryan Gérard - Sur un arbre perché

 

Je découvre la plume de Gérard Saryan avec ce second roman, et j’avoue qu’après certaines réserves très vite oubliées, j’ai aimé me perdre dans ce labyrinthe implacable qui nous laisse très peu de temps pour “respirer” !
En effet, les chapitres sont courts, la ligne du temps nous transporte entre passé et présent régulièrement, il faut s’accrocher. Mais ce n’est pas tout ! Il y a de nombreux personnages, ceux qui sont utiles et les autres… Les nombreux voyages dans toute la France et en Europe. Gérard nous force à une concentration extrême de chaque instant, dans ce roman “poupée russe” où même plusieurs histoires s’entremêlent parfois ! Mais, l’auteur ne chercherait-il pas à me perdre ?

Je me suis accroché. Puis renversement de situation. L’héroïne, comme moi-même, à cet instant, sommes pris dans un engrenage percutant. Tout est très réaliste, le polar que j’ai sous les yeux se transforme en véritable drame. Je reste scotché jusqu’au bout !

Gérard est très fort. Son roman est vraiment maîtrisé de bout en bout. Sa plume fluide est saisissante, l’utilisation du passé simple très agréable. Je pensais parfois qu’il allait trop loin, mais à chaque fois, il rebondissait avec brio !
Quelle aventure…
Alice, une jeune styliste qui menait une existence paisible près de Lyon, va voir son avenir complètement exploser, suite à la disparition de Dimitri son beau fils de 4 ans, qui échappe à sa vigilance.

C’est très visuel, ça fait peur…
Nous avons nous-même “perdu” notre fille pendant le Carnaval de Nice, il y a plusieurs années, elle avait à peine trois ans. Nous avons tout de suite contacté la police sur place. Nous l’avons retrouvé un peu moins d’une heure plus tard. J’avais cru devenir fou, je courrais dans tous les sens en criant son prénom sous les regards étonnés de ceux qui regardaient la parade… Je ne le souhaite à aucun parent. Gérard a remué certaines choses qui s’étaient enfouies profondément dans mon esprit…

Un excellent thriller TRÈS intelligemment mené !
Gérard Saryan, un nouvel auteur à suivre…

Décidément, les Éditions Taurnada ont le don de trouver de “sacrées pépites”…

Merci Joël

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Extraits :

« Gabin posa une main ferme sur mon épaule :
“Alice, c’est à toi dans dix secondes !”
Ce n’était pas la première représentation de la pièce, et pourtant, ce trac insupportable me remuait tant les tripes, que j’en avais parfois des nausées. Ça commençait généralement la veille, troublant, sommeil et alimentation. »

« “Ce que je fais là est interdit. Je peux me faire virer.”
Coup d’œil rapide à droite, puis à gauche avant de me tendre une clé USB :
“Voici les images prises dans tous les halls de la gare jusqu’à l’entrée du métro. Il y a plusieurs heures de visionnage, mais à part remuer, le couteau dans la plaie, vous n’apprendrez rien. C’est moi qui vous le dis, vous perdez votre temps.”
Qu’importe sa conclusion, j’étais aussi enthousiaste qu’une enfant :
“Je ne sais comment vous remercier.
– Comment ? En laissant la police faire son travail. Ne dévoilez jamais votre source. Je nierai vous les avoir transmises.”
J’en fis le serment. Elle consulta sa montre, et prétexta devoir partir. Juste avant, elle me glissa :
“Alice, oubliez ce que l’on s’est dit tout à l’heure, je vous souhaite de tout cœur de le retrouver.” »

« Le visage et les vêtements maculés de sang, je faisais face à quelques voyageurs éberlués. Si un ou deux restèrent indifférents à ma détresse, un couple me vint en aide. Quelque chose d’inexplicable venait de se passer. Débarrassée de cette chape de plomb, rejetant une culpabilité qui me rongeait depuis des semaines, j’étais soudain redevenue… moi. Prise d’un instant de folie, je hurlai à travers le hall, mais aussi à la terre entière :
“JE SUIS VIVANTE !” »

« D’où viennent ces hommes ?
– Des filières organisées. Pour eux, la France est un moyen de faire de l’argent facile. Drogue, vol, prostitution, trafics en tout genre. Lorsqu’ils sont dans un pays, c’est pour le dévaster. Ils n’ont ni règles ni scrupules. À leurs yeux, votre vie ne vaut rien. »

 

 

Féru de musique, coureur invétéré, Gérard Saryan puise ses sources d’inspiration dans ses nombreux voyages et dans une enfance solitaire et introspective. Observateur averti, il est passé maitre dans l’art du thriller psychologique où l’imagination laisse place à nos pires angoisses.