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Roman

Tata

de Valérie Perrin
Broché – 18 septembre 2024
Éditeur : Albin Michel

“Tata est son livre le plus ambitieux, le plus intime, le plus libérateur, le plus important.”
Pierre Vavasseur – Le Parisien

“Tata est un livre palpitant, surprenant et surtout réussi.”
Le Parisien

“Valérie Perrin s’affirme comme [une] conteuse prodigieuse.”
Olivia de Lamberterie – Elle

“Colette est remorte. Ce mot n’existe nulle part. Remourir, ça n’existe pas.”

Colette était une femme sans histoire. C’est du moins ce que l’on croyait jusqu’au jour où sa nièce apprend son décès par un appel de la police. Car Colette, sa tante unique, a déjà été enterrée il y a trois ans…

Avec ce roman virtuose où s’entrelacent destins et intrigues palpitantes, Valérie Perrin, extraordinaire conteuse de nos vies, signe son grand retour.

Quelques heures ont été nécessaires pour que je puisse rédiger mon Ressenti. J’avais besoin de laisser passer un peu l’émotion qui était restée en moi, les derniers mots du roman m’avaient laissé sans voix.
Car il était extraordinaire, car il était déjà terminé…

J’ai beaucoup aimé chacun des romans de Valérie Perrin, mais celui-ci a quelque chose d’autre pour moi, quelque chose de plus. Son aspect thriller dans sa construction qui se déroule sur plusieurs temporalités, des destins qui s’entrelacent, mêlant des souvenirs d’enfance et le présent, entre une famille juive arrêtée et déportée pour Auschwitz pendant la dernière Guerre Mondiale, un coach de football pédophile, un père et mari violent et criminel dès que le besoin s’en fait ressentir, des fans du Football club de Gueugnon, un petit frère devenu pianiste, un cordonnier au grand cœur, une maman qui finalement ne l’ai plus mais qui le restera pour toujours au fond du cœur et aussi de nombreux personnages secondaires qui petit à petit prennent vie, au même titre que tous les autres, car sans le savoir chacun porte une part de l’énigme, un fragment d’un puzzle, découvert par Agnès, suite au décès de sa tante Colette.

Toutes ces histoires entrelacées… que d’émotions j’ai ressenti, toutes ses images qui sont venues me percuter, tel un grand film qui se déroulait sous mes yeux qui en redemandaient encore et encore !

La magie de Valérie a rendu une histoire horriblement triste, magnifique !
Les centaines d’heures d’enregistrement réalisées par Colette sur des cassettes, quelle belle idée… Pendant plusieurs centaines de pages, la voix de Colette m’a captivé, tout comme celle de Blanche… la pauvre Blanche…

Je te remercie, Valérie, pour cet instant savoureux, en dépit de toute la tristesse qui m’a accompagné et continue de m’accompagner encore un peu. Je crois qu’il était nécessaire de passer par là pour justifier toutes ces rencontres extraordinaires…

J’ai lu tout le roman accompagné, de Mozart, de Bach, Chopin, Beethoven, Vivaldi et bien d’autres, mais aussi Alain Souchon, Jean-Jacques Goldman, Bourvil pour ne mentionner qu’eux.

« Tata », un ouvrage captivant qui mérite d’être lu… Un livre qui je l’espère, vous fera autant de bien qu’il m’en a fait.
Ce qui me ferait véritablement rêver à présent ?

Une magnifique mise en scène au cinéma…

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Extraits :

« Trois ans sans entendre le son de sa voix au téléphone, mais là, il y a prescription. Colette est remorte. Ce mot n’existe nulle part. Remourir, ça n’existe pas.
Au début, le début de ma fin, c’est Cornélia, la nounou, qui emmenait notre enfant chez lui, enfin, chez eux. Et c’est Cornélia qui ramenait notre enfant chez moi. L’enfant a quinze ans à présent. Elle se déplace en métro, ou en taxi s’il est tard. »

« Papa me parlait très peu de Colette. Entre eux, c’était doux. Je n’ai jamais assisté à une dispute, au moindre reproche sous-entendu ou à un geste brusque. Il y avait beaucoup de regards et de silences entre eux. Je n’y prêtais pas attention. Les mecs sur leurs motos m’intéressaient bien plus que la relation entre ma tante et mon père. »

« – Faire un film, c’est écrire pour des personnages réels ou de fiction, avec de la lumière, des images, des mots et des sentiments…
– C’est vrai, ajoute Nathalie. Et quand un roman est extra-ordinaire, il contient de la lumière, des images, des mots et des sentiments. Et les personnages deviennent réels parce qu’on s’y attache. »

« J’ai eu envie de pleurer, mais j’avais la joie. La tristesse a essayé de prendre le dessus, mais elle n’a pas réussi, parce que cet instant ressemblait à aucun des instants que j’avais vécus. La lumière, la chaleur, sa présence, la musique, le champagne. Le beau est et restera toujours le plus fort. »

« La jeune femme avec qui tu as passé une nuit après le cabaret est enceinte de cinq mois. Elle ne peut pas garder l’enfant, parce que sa vie privée est très compliquée. Elle vit sous la coupe d’un homme dangereux, c’est nous qui allons élever l’enfant. Je suis enceinte de toi sans l’être. C’est une autre qui porte notre enfant. »

Valérie Perrin est née en 1967 à Remiremont dans les Vosges. Elle grandit en Bourgogne et s’installe à Paris en 1986, puis en Normandie en 1995.

En 2015, elle publie son premier roman Les oubliés du dimanche chez Albin Michel. Traduit dans une dizaine de pays, il obtient 13 prix littéraires dont le Choix des Libraires 2018 et se classe depuis parmi les meilleures ventes au livre de poche.

En 2018 elle connait un succès retentissant avec son deuxième roman, Changer l’eau des fleurs dans lequel elle décrit le quotidien de Violette Toussaint une garde-cimetière en Bourgogne. Ce roman obtient le Prix Maison de la Presse 2018 et le Prix des Lecteurs au livre de poche en 2019. Avec ce deuxième roman, elle rentre dans le classement très fermé du Figaro Littéraire des 10 auteurs les plus vendus en France en 2019.Et figure toujours en tête des ventes internationales : son roman est traduit dans 30 pays dont la Chine, les Etats-Unis et la Russie. Elle est l’auteure la plus vendue en Italie en 2020. Elle travaille à l’adaptation cinématographique de son roman.

Garde-cimetière, fossoyeurs, aides-soignantes en gériatrie, couturières, bistrotiers, Valérie Perrin met en lumière et en poésie la dureté et la beauté des vies de l’ombre. Elle dit qu’elle écrit des romans d’amour construits comme des polars.

Le 31 Mars 2021, elle publiera son troisième roman, Trois aux Éditions Albin Michel dans lequel elle tisse le destin de trois amis d’enfance sur 30 ans.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/04/15/trois/

De 2010 à 2018, elle est la coscénariste de Claude Lelouch. Avec lui elle signe : « Salaud, on t’aime » avec Johnny Hallyday et Eddy Mitchell. (Tournage 2013 dans les Alpes) « Un plus Une » avec Jean Dujardin et Elsa Zylberstein. (Tournage en Inde janvier/février 2015). « Chacun sa vie » avec Jean Dujardin, Éric Dupond-Moretti, Béatrice Dalle, Johnny Hallyday, Elsa Zylberstein. (Tournage à Beaune juillet 2016) « Les plus belles années d’une vie » avec Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant (tournage à Deauville en 2018). En 2009, elle publie le carnet de tournage de Ces Amours-là, film de Claude Lelouch, photographies et textes, aux Éditions France Empire. Avant d’écrire des romans et des scénarios, Valérie Perrin a été photographe de plateau, directrice des opérations dans une boite de téléphonie mobile, assistante de direction, vendeuse.

Roman

Frisson Cognitif

Expérience Mortelle au Cœur des Phobies*
de Eymeric Bihan
Broché – 16 mai 2023
Éditeur : Art en Mots

Traiter le mal par le mal…
Au cœur du poumon vert de la planète, Dennis Brown, un riche homme d’affaires PDG d’AnCog S, une entreprise scientifique spécialisée dans l’étude cognitive, se voit expérimenter un traitement révolutionnaire et novateur au coeur d’un centre pour phobique. Avant de proposer son programme de guérison à grande échelle, il veut vérifier son efficacité en se servant de ses employés. Il leur propose une somme d’argent astronomique, en échange ceux-ci devront se confronter à leurs phobies au sein d’attractions conçues spécialement pour eux…

Denis Brown, un entrepreneur, souhaite tester une méthode innovante pour traiter les troubles de la phobie ! Avant de mettre en place son nouveau centre, il prévoit d’abord d’expérimenter ce traitement sur ses employés.

Dès le commencement, Eymeric Bihan manipule judicieusement mes nerfs…

L’idée de « la phobie » est particulièrement inédite, et j’étais enthousiaste à l’idée de savoir jusqu’où l’écrivain allait me conduire. On perçoit rapidement la nécessité d’un travail de recherche pour ce genre de livre, mais…
Nous n’avons pas tous effectué ce travail en question !
Donc, en parallèle de ma lecture, il m’a fallu consulter régulièrement Google pour comprendre les propos d’Eymeric. C’est regrettable, quelques notes par page auraient suffit. Dès ce moment, je me suis retrouvé dans une lecture un peu « laborieuse », nécessitant de me focaliser pour ne pas me perdre, et dans les sauts dans le temps du récit, et dans la tête des différentes personnages qui conduisent le récit…
Je le répète, c’est intéressant mais compliqué et je ne suis vraiment entré dans le roman qu’au bout d’une centaine de pages avec quelques allers/retours.
Ensuite, je trouve que trop de dialogues sont mal retranscrits, où les mots sont mâchés, coupés. On sent bien que c’est une volonté d’Eymeric, mais je n’arrivais pas du tout à me projeter dans ce mode d’élocution.

« Frisson Cognitif », qui constitue le premier volume d’une trilogie, dégage clairement un désir de perfection, voire de perfection excessive.
Des idées remarquables, des personnages captivants, mais tout se déroule trop rapidement malgré un talent qui apparaît entre les lignes. Effectivement, nous explorons un monde inédit, unique et plutôt impressionnant, mais je n’ai malheureusement pas réussi à m’y immerger entièrement.
Cela reste une lecture intense, mais souvent déroutante pour moi. Peut-être parce que je ne me connais pas de phobie référencée ?
Même les grosses araignées velues sont mes amies !

Tentez l’expérience, peut-être l’auteur vous embraquera-t-il là où je n’ai su aller…

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Extraits :

« La recherche minutieuse autour des cognitions est en plein essor depuis plus d’une dizaine d’années, parallèlement aux études menées sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur la biodiversité. Mais pour le riche homme d’affaires, seules les découvertes sur les sciences cognitives avaient de l’intérêt. Un intérêt obsessionnel qui tournait autour des neurosciences et de ses complexités taboues au regard de l’opinion générale : la peur de l’inconnu, de l’irrationnel, de la folie découlant de la défaillance cérébrale… et tout un tas d’autres facteurs repoussés par l’individu lambda. »

« Hors d’haleine et meurtri, il trébucha de nouveau. Ses poursuivants se rapprochaient inexorablement. Il le sentait. Ils n’allaient pas tarder à le rattraper. Il se releva tremblant, fiévreux, mais surtout inquiet. Ces individus, armés d’arcs et cannibales avaient tué ses collègues et amis, et maintenant, ça allait être son tour… »

« … Les gens se plaignent du changement climatique et de ses effets mortels, humains, animaliers ou végétaux, mais ne font rien pour y remédier… Il faut savoir utiliser les ressources du cerveau de temps en temps au lieu de ne penser que par l’argent ou le confort matériel.
Rebecca Miller contempla finalement son tout nouveau vernis, assorti à la couleur de sa robe, en semblant là avoir un réel intérêt pour la ch
ose. »

Eymeric Bihan, 30 ans, est actuellement en poste hébergement au sein d’une maison de retraite dans les Pyrénées, à Saint Lary Soulan.
Suite à une imagination débordante depuis tout petit et à une succession de soucis personnels, il s’est pour ainsi dire plongé dans l’écriture. Tout a commencé par des chansons en anglais, de part son attrait pour la culture américaine. Puis l’écriture a dévié sur des scénarios, des nouvelles pour enfin toucher la construction d’un roman.
Avec Frisson Cognitif, il signe là, la première trilogie, dans le genre littéraire du Cosy Mystery.
Avec les paysages Pyrénéens qui l’entourent, il a de quoi nourrir son inspiration.

Roman

Seine criminelle

de Pascal Marmet
Poche – 13 juin 2024
Éditions : M+

Septembre 2017. À quelques jours du transfert du 36 quai des Orfèvres vers la rue du Bastion, le commandant François Chanel rassemble une équipe atypique pour arrêter un serial killer qui noie des gens dans la Seine. Ce nouvel opus des enquêtes du commandant décode les travers de cette intelligence artificielle aux conséquences déconcertantes et offre au lecteur une déclaration d’amour à la Seine qui tient ici un rôle magistral avec ses bouquinistes, véritables âmes de Paris.

Rares sont les polars scientifiques et amoureux, précieuses sont les intrigues addictives fouillant dans les courants tourmentés de notre siècle.

Ce troisième volet des enquêtes magistrales de Chanel en eaux troubles, décortique le génie de son adversaire, un criminel redoutable et inoubliable.

J’avais bien aimé les deux premiers ouvrages qui relataient de la vie du Commandant François Chanel, mais je dois reconnaître que celui-ci m’a complètement emporté.

Tout d’abord, en raison du fait que ce polar rende un bel hommage aux classiques de la littératures policières, mais aussi à notre métropole, et en particulier à la Seine, qui devient presque un personnage à part entière, parce que l’auteur nous plonge dans une atmosphère parisienne et dans ses fragments d’histoires, avec beaucoup de répartie, riche en expressions très illustrées et pleine de petits détails.

Un livre qui m’a complètement fasciné par tous ses aspects, en particulier pour son aspect « Polar 2.0 ». Son réalisme est si intense qu’il en devient effrayant lorsqu’il confronte la souffrance et le désarroi humains face à l’intelligence artificielle et tout ce qui en résulte.

Remarquablement complexe, tout y est minutieusement décrit et orchestré, d’une main de maître.
Cela s’applique également aux personnages de ce roman, et ils sont nombreux !
Il vous faudra vous accrocher, heureusement Pascal a pris les mesures appropriées pour approfondir nos connaissances sur ces derniers.
On retrouve bien sûr le Commandant François Chanel, qui demeure non seulement élégant et méticuleux, mais également passionné par la mission de cette nouvelle équipe très hétéroclite composée de six enquêteurs, “hommes/femmes”, qu’on lui impose dans cette enquête complexe impliquant une augmentation soudaine de noyés dans la Seine, ayant tous des points communs. Chaque personnage est développé avec une multitude de détails, parcours professionnel, leur origine, leur force et leur faiblesse, leurs savoir-faire ou leurs intuitions, nous donnant ainsi l’opportunité de progresser avec eux tout au long de leurs recherches, comme si nous participions directement à l’enquête..

Pascal nous dévoile une intrigue tout en suspense, chargée de surprises, de rebondissements et d’événements surprenants.
Non seulement ce troisième volet des enquêtes de François Chanel ravira les passionnés de thrillers psychologiques, mais il incarne également pour moi, un polar extrêmement contemporain qui est hors du commun, qui fusionne l’homme et la technologie tout en transcendant les conventions traditionnelles du genre policier, que j’ai lu jusqu’à présent.
Les surprises se succèdent à toute vitesse, en quête de cet assassin complètement invisible, redoutable et chargé de mystère, pour nous mener vers une révélation finale, particulièrement réussie à mon goût.

Bravo et mille mercis Pascal, pour ta confiance renouvelée.

Extraits :

« Avec sa gueule d’atmosphère, ses paupières lourdes et sa gouaille, la blonde incendiaire aux cheveux courts buvait un thé avec la tête de Dark Vador dessinée sur son mug.
D’une voix de confidence, elle se lança dans un monologue faussement léger dont elle avait le secret.

– Depuis plus d’un siècle, les paroliers déclarent régulièrement leur amour à la Seine. Deux mille chansons à la gloire d’un fleuve, c’est beau, non ? Les poètes ont même donné une appellation à ce genre musical : l’air de Paris. Quelle imagination ! »

« À la sortie du métro Pont Neuf, une bande d’adolescentes venues des confins d’Europe de l’Est l’accostèrent. Chanel leva les yeux au ciel, souffla lentement. Elles étaient fraîches, mal éduquées, agressives, presque heureuses d’être libres sur ce terrain de jeu à ciel ouvert. Vol à la tire en journée, prostitution en soirée. Personne ne pouvait imaginer leur misérable condition de vie, encore moins leur histoire de femmes soumises à la brutalité d’hommes de peu de foi. »

« – J’hésite encore à choisir un camp, monsieur. Cela dépendra. Ce qui se passera ici, la façon dont se terminera cette affaire ou comment la justice sera rendue déterminera ma voie future.
– En quoi cette affaire influerait-elle dans vos hésitations ?
– Je ne peux répondre à cette question. Je sais juste qu’aujourd’hui avec dix photos de vous et trente secondes de votre voix, je peux faire un clone numérique parfait pour manipuler votre quotidien, voire vous enfermer pour un meurtre dont vous êtes parfaitement innocent en prouvant que vous avez commis le pire des crimes. Je suis potentiellement une personne hautement dangereuse pour l’équilibre de notre société. Ou pas. Tout dépendra.
– Qui êtes-vous vraiment ?

– Je ne sais pas. Peut-être suis-je le monde que votre génération a laissé agoniser derrière elle. »

« KA glissa, haletante le long du mur.
– Regardez-moi, KA, c’est une crise de panique, il suffira de l’affronter, calez-vous sur ma voix, gonflez votre ventre, respirez fort, expirez lentement, oui, laissez venir, tout doux.
– J’ai arrêté les médicaments, alors la vie, ça fait peur sans béquilles chimiques. »

……………………………

L’auteur : Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.
Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Commandant François Chanel (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/10/commandant-francois-chanel/

Onze Cahiers (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/17/onze-cahiers/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Roman

Mille façons d’aimer

d’Anne Goscinny
Broché – 9 octobre 2024
Éditions : Grasset

C’est l’histoire d’un garçon et d’une fille qui s’aiment depuis toujours.
Jeanne et Raphaël se sont connus enfants, visages ronds, fossettes, pères absents. Et tout de suite ils se sont adoptés.
Frères et sœurs, âmes sœurs, amis amoureux ? Peu importe. C’est autour d’un jeu de société, sur fond de Dalida et Barbara, qu’ils jurent fidélité et vérité, jusqu’à ce que la mort les sépare.
Ils ont ensemble quinze ans, dix-huit, les jeux d’école laissent place aux lectures, à la découverte de la sexualité, aux conflits ou au trouble. Et le monde continue lui aussi de tourner : le sida fait des ravages.
C’est cette histoire que nous raconte Jeanne, lors d’une première promenade sans Raphaël à travers les rues ensoleillées de Paris. Ce jour de printemps, elle se rend au cimetière, assister à l’enterrement de celui qui lui est essentiel. Hier encore, ils avaient vingt-cinq ans tous les deux. Et aujourd’hui, Raphaël n’est plus là. Jeanne nous raconte les histoires d’amour impossibles, la maladie, le père disparu, et la passion des mots. Parfois l’amour ne dit pas son nom. Au pays de la mélancolie et du bonheur partagé, Anne Goscinny écrit la plus belle des lettres à Raphaël.

Jeanne a perdu sa mère…
Raphaël, son meilleur ami, succombera du Sida deux mois après.

Trente ans plus tard, elle se souvient de cette amitié extraordinaire qui l’a guidée toute son enfance jusqu’à sa maturité, traversant toutes les premières fois et les difficultés qui en résultaient.
Raphaël était là, Raphaël était toujours là.

Anne Goscinny rédige un véritable hommage à l’amitié et à l’amour dans ce récit. À une amitié qui a vu le jour dans la jeunesse d’un garçon et d’une jeune fille qui perdurera dans le temps alors qu’ils deviennent un homme et une femme, et plus encore le jour où Raphaël la quittera.
Dès lors, ce n’est plus de l’amour, c’est beaucoup plus fort.

Il existe de nombreuses manières d’aimer.
L’amitié est à l’origine de toute forme d’amour. Quel est alors le sentiment le plus intense ? L’amitié ou l’amour ? Alors qu’ils sont liés, la nuance peut parfois être délicate. Particulièrement, si une intimité particulière s’établit entre deux personnes, du même sexe ou pas. Il sera alors nécessaire de faire preuve de nuance, de subtilité, être capable de détecter les signaux cachés, savoir regarder, savoir écouter. Mais si l’amitié implique un homme et une femme, devons-nous évoquer “la camaraderie” sincère, la fraternité, les amis amoureux, ou les âmes-sœurs ? En réalité, peu importe. L’important est le bien-être que cet élan génèrera de manière mutuelle.

À l’aide de son style simple et épuré, l’autrice m’a emporté par sa douceur et la poésie de cette relation d’une force exceptionnelle. “Mille façons d’aimer” fait aussi référence à l’amour maternel et aux pères qui ne sont plus là…

Jeanne et Raphaël, resteront eux inséparables, au-delà du décès, pendant toutes ces années et à jamais, formant un lien crucial indéfectible.

Ce roman a résonné en moi, au-delà de sa tristesse, il est doux et bien rédigé, reste positif et ne tombe jamais dans le pathos.
Tout ce que j’aime, tout ce qui me touche.

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Extraits :

« Ce n’était plus le son de la tristesse elle-même qui m’accablait, mais l’absence de son écho.
Et puis, doucement, j’ai commencé à accepter ce contre quoi je m’élevais depuis trente ans : tu étais mort. La dernière promenade que j’avais imaginée n’avait pas eu lieu. Le jour de ton enterrement, j’étais allée seule à Montparnasse, en route, je n’avais croisé personne, et les fantômes que j’appelais de mes vœux étaient restés silencieux. »

« Je fais couler l’eau dans la salle de bains de ma mère, devenue mienne. Je me lave les cheveux, comme tous les jours. Ils sécheront en route.
L’eau très chaude me fait du bien. Je voudrais me recoucher. Ce soir, j’aurai enterré mon meilleur ami, mon frère, mon âme-sœur. Ce soir, quand je m’allongerai, tu reposeras sous la terre. »

« La lettre n’était pas cachetée, preuve de l’immense confiance que tu avais en moi. Le jour de ton enterrement, il y a trente ans, pour entendre ta voix une dernière fois, je l’ai ouverte et lue. C’est impardonnable. »

« Le temps du chagrin viendra, je n’ai ni doutes, ni illusions. Le deuil et son cortège de regrets, de blessures à vif. Le deuil et tout ce qu’on n’a pas eu le courage de se dire. Le deuil qui nargue le temps ensemble qu’on n’a plus, le deuil, qu’une seule consonne sépare de seuil. Pas de hasard lexical. Le deuil vous maintient sur le seuil d’une vie à côté de laquelle longtemps, toujours peut-être, vous allez passer. Le deuil et mon air triste. »

Fille de René Goscinny et de son épouse Gilberte2, Anne Goscinny est l’unique ayant droit de son père, dont elle gère toute l’œuvre en étroite collaboration avec les co-auteurs (Uderzo, Sempé…), éditeurs et producteurs.

Elle a suivi toute sa scolarité au lycée Molière (Paris). Elle est titulaire d’une maîtrise de littérature comparée (son mémoire porte sur Jean Rhys : de l’échec d’une vie à la création littéraire) de l’université Paris-III Censier.

Critique littéraire, elle a collaboré à de nombreuses publications dont Paris Match, Le Figaro littéraire, L’Express, Le Magazine littéraire, Pilote.

Elle est mariée à Aymar du Chatenet, ex-journaliste de télévision et éditeur.

Romans
Elle a publié six romans chez Grasset et un récit chez Nil. Certains titres sont disponibles au Livre de poche. Ses romans sont traduits notamment au Portugal, à Taïwan, en Corée et en Pologne. Elle a reçu le prix de la WIZO en 2007 pour son roman Le Père éternel.

Son livre, Le Bruit des clefs, est adapté par Marion Bierry en 2017 sous forme de lecture musicale au Théâtre du Girasole (Avignon) puis au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme (Paris) à l’occasion des commémorations des 40 ans de la disparition de René Goscinny, accompagnée par le violoncelliste Henri Demarquette.

Elle écrit également pour la jeunesse. En collaboration avec la dessinatrice Catel, elle est l’auteur d’une série pour adolescents intitulée Le Monde de Lucrèce, recueil de nouvelles illustrées. Neuf volumes sont publiés chez Gallimard-Jeunesse, depuis mars 2018.

Mille façons d’aimer est son neuvième livre. Elle poursuit son œuvre pour les plus jeunes avec sa série Le monde de Lucrèce, illustrée par son amie Catel, dont le neuvième volume sera publié en septembre 2024.

Drame, Histoire, Noir, Roman, Thriller psychologique

Le onzième châtiment

de Tristan Marco
Broché – 11 septembre 2019
Éditeur : Auto-édition

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“Qui oserait envisager qu’une poignée d’individus arrogants et cupides puissent jouer avec le destin des peuples comme on joue à la dinette ?”

Cassius Belly est vivant.
La nouvelle suscite à ce point l’inquiétude qu’elle réunit en urgence dans un motel miteux du Nevada, le chef d’une importante agence du Renseignement américain, une éminente chercheuse en immunologie et un haut fonctionnaire suisse.
Vingt ans qu’ils ne s’étaient pas revus. Vingt ans qu’ils le croyaient mort. Le doute qui se distille en eux comme un poison va les contraindre à revisiter un passé que tous s’étaient jurés de ne jamais déterrer.
Entre le Congo Belge de 1958 et le Paris des années 80, les pièces du puzzle s’assemblent, laissant entrevoir les contours d’une chimère.
Lorsque la vérité menace de sortir de l’ombre, lorsque les histoires d’amour sont à ce point contrariées, chacun doit faire face à ses démons, ses incohérences et ses faiblesses.

 

2024-105_Marco Tristan - Le onzième châtiment

 

La littérature à cela de magnifique… On ne sait jamais où elle nous emmènera !

Le onzième châtiment est un roman fort, dur et très actuel. La recherche d’influence, le pouvoir à tout prix, la position de l’Église et des États face au peuple, les mensonges et les dissimulations diverses.
Après Le sang de la licorne et L’étrange cohérence du sablier, je me doutais que ce troisième roman risquait de me plaire. Il est allé bien au-delà.

De nombreuses phrases m’ont marqué durant ma lecture, mais il en est une qui m’a saisie de par son évidence et qui résume assez bien là où veut nous mener l’auteur.
« Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir. »

Un roman très équilibré entre deux époques, le Congo Belge en 1958 et Paris, dans le quartier de Pigalle, en 1980. Tristan, dans son histoire très crédible et addictive, nous propose des personnages qui tiennent vraiment le roman. Ils sont tantôt complexes et profonds avec leurs côtés sombres, tantôt faillibles et blessés, mais toujours menés avec habileté, les différents indices de l’histoire eux se dévoilent petit à petit, faisant littéralement exploser le récit au moment où je m’y attendais le moins. Tout est parfaitement maîtrisé.

Il m’est impossible de développer plus, de peur de trop en dire sur l’intrigue globale et mondiale proposée par Tristan.
Ce que je peux encore ajouter, c’est que Tristan est un grand auteur. En plus de capter ses lecteurs avec des récits prenants, des sujets gravitent toujours entre les frontières ô combien complexes de la violence, de la maltraitance et de l’amour et la bienveillance… Il ose pénétrer dans les “malaises” de l’humanité, des hommes de pouvoir et de ses “décideurs”.

Merci Tristan pour ce beau roman !

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Extraits :

« Il entre dans le motel et se dirige vers le fond d’une salle tout en longueur aux grandes baies vitrées. Une femme blonde, la cinquantaine, est déjà installée à une table et l’attend devant un café fumant. Il s’avance jusqu’à elle et la gratifie d’un baisemain.
— Le temps n’exerce aucun effet sur vous, Merry. »

« Souvent, il m’est arrivé de m’interroger sur le sens de tout cela. Sur le sens de ce chaos qui a toujours sévi en moi. J’ai enduré maintes souffrances physiques, psychiques… infligé tant de blessures à mon âme.
C’est maintenant que je suis sur le plongeoir, prêt à faire le grand saut vers l’inconnu, que je ressens cette urgence de me poser un instant pour réfléchir à cette existence. À toi… à moi… à lui.
La vie est faite d’intervalles, ma toute belle.
Elle est un livre où s’intercalent des pages de petits bonheurs au milieu de chapitres de souffrances. »

« “Ils représentent l’avenir de l’humanité”, martèle sans cesse le docteur Kendal avec une obstination conférant au déni. Quel meilleur moyen de justifier les sévices répétés que l’on fait subir à des animaux que d’invoquer une grande cause. »

« Le silence n’est pas un luxe. Il s’avère parfois une absolue nécessité. Juste pour récupérer de ces coups de barre à mine qui viennent de briser Meredith à tout jamais… qui viennent de briser l’adulte… le médecin… la femme.
— Est-ce que je peux retourner jouer, à présent ?
interroge l’enfant.
Le temps suspend sa course. Le malaise d’un haut-le-cœur nauséeux s’empare de l’Américaine. Elle demeure immobile, ébranlée. Anéantie par ce récit morbide, insupportable. Bouleversée par cette aptitude à vivre, ou plutôt à survivre. L’absence totale d’émotions de Divine confine à l’irrationnel. »

 

Né le 27 mars 1971, Tristan Marco a exercé pendant plus de vingt années le métier de pilote d’hélicoptères, spécialisé dans le sauvetage en mer, comme en montagne. Il est à présent pilote Garde-côtes.

Son premier roman, L’étrange cohérence du sablier (2018), est témoin d’une urgence intérieure de faire partager ses ressentis et son univers, au travers d’un thriller métaphysique.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/06/letrange-coherence-du-sablier/

Vient ensuite Le onzième châtiment (2019), un thriller politique et d’aventures qui fait voyager le lecteur entre le Congo Belge juste avant son indépendance, et le Paris des années 80.

Le sang de la licorne (2023)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/04/18/le-sang-de-la-licorne/
Un polar noir dans lequel deux officiers de gendarmerie se débattent dans une enquête sordide et une course contre la montre pour appréhender un mystérieux tueur en série qui laisse systématiquement sur le lieu du crime des huiles sur toiles aux accents bibliques.

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Émotion, Drame, Histoire, Poésie, Roman

Madelaine avant l’aube

de Sandrine Collette
Broché – 21 août 2024
Éditions : JC Lattès

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C’est un endroit à l’abri du temps. Ce minuscule hameau, qu’on appelle Les Montées, est un pays à lui seul pour les jumelles Ambre et Aelis, et la vieille Rose.
Ici, l’existence n’a jamais été douce. Les familles travaillent une terre avare qui appartient à d’autres, endurent en serrant les dents l’injustice. Mais c’est ainsi depuis toujours.
Jusqu’au jour où surgit Madelaine. Une fillette affamée et sauvage, sortie des forêts. Adoptée par Les Montées, Madelaine les ravit, passionnée, courageuse, si vivante. Pourtant, il reste dans ses yeux cette petite flamme pas tout à fait droite. Une petite flamme qui fera un jour brûler le monde.

Avec Madelaine avant l’aube, Sandrine Collette questionne l’ordre des choses, sonde l’instinct de révolte, et nous offre, servie par une écriture éblouissante, une ode aux liens familiaux.

« Sandrine Collette s’élève au sommet de son art. »
Le Parisien

« Tout simplement impressionnant »
Lire Magazine littéraire

« Un roman intense et terrible »
Femme Actuelle

« La romancière est au sommet de son art. »
Version Femina

« Éblouissant »
Point de Vue

« Artisane d’une écriture mêlant tournures incantatoires et mots rugueux, sensations précises comme des coupures, images vives, nature puissante, Sandrine Collette fait tourbillonner les éléments du décor et les pantins qui l’habitent en un ballet macabre, captivant, tandis que les planètes s’alignent pour précipiter ce petit monde dans le chaos. »
Le Point

« Un génial tour de force »
La Vie

« Ce texte déborde de vie »
Télérama

« Une écriture magnifique »
Madame Figaro

« Notre Goncourt à nous. »
Le Parisien

« Une grande réussite »
Le Monde des Livres

« Un talent hors pair de raconteuse d’histoires »
L’OBS

« Un roman magistral »
Version Fémina

 

• Couv_2024-104_Collette Sandrine - Madelaine avant l'aube.jpg

 

C’est le septième roman de Sandrine Collette qui passe entre mes mains.
Sandrine, pour moi fait partie des autrices qui ont su s’affranchir d’une certaine bienveillance pour aller vers une prose personnelle, parfois choquante, parfois très poétique. Je ferme mon livre en me disant qu’encore une fois, elle nous offre une sacrée évasion littéraire…

Ce roman est un peu comme une ode. Une ode à la puissance de la nature, une ode à la famille, à l’histoire des paysans et tout simplement à la vie, dans un monde où les hommes et les femmes vivent courbés face à leurs maîtres. Ici, le droit de cuissage n’est pas une “légende”, il est la peur que ressentent toutes les femmes et toutes les jeunes filles. La vie est très dure, et les intempéries qui pourrissent les cultures n’arrangent rien à la faim qui est leur quotidien dans le hameau où ils vivent, que l’on ne peut situer ni dans le temps, ni dans les lieux. Tout ce que l’on sait, c’est que la vie est dure, très dure…
Et un jour, Madelaine, petite fille abandonnée, apparaît dans le hameau. Elle sera accueillie avec beaucoup de bienveillance par deux sœurs jumelles, Ambre et Aelis. Bran, le narrateur du récit, et personnage emblématique, voit tout de suite en Madelaine, une fille différente qui n’a peur de rien et est capable de s’imposer malgré son jeune âge face aux hommes. Bran l’aime et lui sera fidèle jusqu’au bout…

L’histoire est magnifique, et à un moment de ma lecture, je me suis rendu compte que Sandrine, par une ponctuation particulière, des phrases sans verbe, ou “presque” incomplètes, nous obligeait à créer une sorte de liens, de trouver nos propres mots pour avancer dans le récit !
Rien que pour ça, ce livre mérite votre attention, on est obligé d’entrer ainsi dans les pensées de l’autrice…

Récit prenant jusqu’aux entrailles, récit coup de poing et bouleversant qui sort des lieux communs et qui a élargi mon horizon… Encore une fois Sandrine frappe là où je ne l’attendais pas, mais quel plaisir…
Coup de cœur pour Madelaine, même si je ne sais toujours pas si elle m’a mené vers la lumière ou la noirceur, vers une suite… peut-être ?

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Extraits :

« La terre frémit sous leur pas lourd. Ils se hâtent, de cette lenteur presque hypnotique des grands corps épuisés après une journée de labeur – interrompue bien avant l’heure, quand l’enfant est venu. Ils vont côte à côte l’homme et le cheval, puant l’un et l’autre la sueur séchée sur leur peau rugueuse, le premier essuie la poussière qui fait du gris sur son front et l’autre secoue la tête pour se débarrasser des mouches. L’enfant marche devant, se retourne pour les attendre. Il ne dit rien, mais tout dans son attitude trahit son impatience. »

« Nous vivons au bout du monde. Le fleuve Basilic serpente sur toute la frontière de notre région, la coupant du reste de l’univers. De notre côté de la rivière, il y a quelques marais et puis en retrait, le village et derrière le village des fermes éparses comme celle de Rose, qui fait partie de cet ensemble de trois maisons qu’on appelle les Montées. Il y a des forêts et il y a des champs, et encore loin après, tout cela s’étiole et se termine par une montagne de lave presque verticale que personne ne s’est jamais aventuré à gravir. »

« Aelis et Ambre ont été inséparables, enfants. Elles n’avaient pas les mots pour parler d’âme-sœur pourtant il n’y en avait pas d’autre, deux petites filles n’en faisant qu’une tant leur communion d’esprit était forte, deux petites filles qui se suivaient telles des ombres, reproduisant exactement les gestes l’une de l’autre sans s’être copiées ni concertées, jusqu’au son de leur voix que leur mère ne différenciait pas. À elles deux, elles avaient créé un monde. Elles se suffisaient à elles-mêmes, ignorantes des regards qu’on leur jetait soit parce que leur ressemblance sidérait, soit parce que leur beauté fascinait. Elles inventaient des histoires qu’elles étaient seules à comprendre et qui ne faisaient rire qu’elles. Leur enfance fut un temps de partage et de bonheur. »

« L’hiver est passé sur le chagrin de Madelaine. Comme pour les hommes, la mort du chien est devenue invisible. On n’a plus le temps, ni la force. De plus en plus, les pensées sont obnubilées par la nécessité de se mettre quelque chose d’infime sous la dent chaque jour, cela a l’aigreur et l’acuité des poignards fouaillant les corps, la sensation est physique, terriblement réelle, tellement que lorsque les hommes ont crevé, on les a à peine pleurés. »

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar Une brume si légère, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans Six fourmis blanches (2015).

Il reste la poussière (2016) obtient le Prix Landerneau du polar.
En 2017 paraît Les larmes noires sur la terre.

Son huitième roman, Et toujours les forêts, une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Elle partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Animal
https://leressentidejeanpaul.com/2021/01/19/animal/

Juste après la vague
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/10/juste-apres-la-vague-de-sandrine-collette/

Et toujours les Forêts
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/08/et-toujours-les-forets/

Émotion, Drame, Frisson horreur, Thriller psychologique

L’Alpha & l’Oméga

Estelle Tharreau
Broché – 7 novembre 2024
Éditions : Taurnada Éditions

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Cédric est l’enfant non désiré de Nadège Solignac, tueuse en série.
Au fil du temps, il découvre son passé familial et tente de grandir sous l’ombre meurtrière de sa mère.
Mais un tel monstre peut-il aimer ? Peut-on seulement lui survivre ?

Un roman psychologique noir dans lequel le lien filial oscille dangereusement entre amour et haine.

 

• Couv_2024-103_Tharreau Estelle - L'Alpha et l'Oméga

 

Un mélange de violence et de poésie à l’équilibre parfait !

C’est LA sortie du jour.
Bientôt cinquante ans que je lis. D’abord régulièrement, puis très vite tous les jours. Ce sont plus de 3 500 livres qui sont passés ainsi sous mes yeux… et lorsque je tombe sur un livre comme celui d’Estelle, c’est le bonheur !

Tout d’abord, L’Alpha & l’Oméga est une suite de Mon ombre assassine où figurait déjà Nadège Solignac.
En commençant mon récit, je ne savais pas du tout que les deux romans étaient liés, et très honnêtement “L’Alpha & l’Oméga” est tellement riche de tout, qu’il peut très bien se lire sans avoir lu le précédent.

Dès le début de ma lecture, je me suis retrouvé comme plaqué contre un mur avec violence, avoir l’impression de dévaler un escalier sans fin et de me cogner à chaque marche, ce thriller psychologiquement très violent et très sombre m’a fait passé par des émotions dingues et diamétralement opposées. J’en ai eu le souffle coupé !
Une violence rarement aussi aboutie dans un récit, avec un final où…

Je te supplie Estelle, je veux une suite !!!

Roman choral à la première personne du singulier pour les trois voix du roman. Celle de Nadège, personnage complexe qui n’a aucune empathie envers personne, jamais… de son frère Cédric, et enfin de son fils Julien qui aime sa mère, même s’il a découvert très jeune, que c’est une meurtrière, mais elle est tellement protectrice envers lui.
Dès le début, le ton est donné. Une ambiance qui oscille régulièrement entre amour et haine, en quelques lignes, c’est un récit morbide, sordide, voire choquant ! Les amoureux du genre seront comblés, mais ce n’est pas tout. Estelle nous tient par son écriture fine, directe sans aucune fioriture et malgré tout ça, j’y ai vu énormément de poésie. Il se passe quelque chose durant la lecture, entre les regards, les silences et une tension constante qui explose littéralement à la fin du roman. J’étais à la fois dans la tête de Julien, de Cédric et de Nadège, c’était complètement fou !

Décidément, c’est un vrai plaisir de retrouver Estelle Tharreau à chacun de ses romans, elle arrive, tout en maintenant “un cap”, à se renouveler à chaque fois… Son grand “plus” pour moi dans celui-ci… Une maîtrise parfaite de ses personnages…

Un très grand merci à Joël des Éditions Taurnada pour sa confiance renouvelée.
Un bon conseil, foncez…
Ce roman-là, il ne faudrait surtout pas passer à côté !

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Extraits :

« Une institutrice mise en examen pour “homicide involontaire”
La guerre des profils
Légitime défense ?
… un policier harceleur et un mari adultère.
Nadège Solignac, “La tueuse des salles de classe”
L’hécatombe dans l’entourage de Nadège Solignac
Huit semaines après le dénouement de l’affaire Bianchi, Nadège Solignac retrouve enfin le chemin de l’école
Elle sollicite ce qu’elle a appelé elle-même, “le droit à l’oubli” »

« Mon frère a profité de moi quand sa vie personnelle s’est effondrée malgré le legs confortable de “papa”. Des mâles. Des nuisibles.
Je suis allongée dans la salle de bains pour ne pas souiller ma demeure. Les douleurs sont à leur paroxysme.
Ça ne va plus être long. Mon rythme cardiaque s’accélère. Dans quelques instants, je vais arracher à mon propre corps ce qui va survivre ou mourir. »

« – Je veux déclarer sa naissance.
– Vous avez accouché chez vous ?
– Je n’ai plus confiance dans les hôpitaux depuis la pandémie.
“Confiance” et “pandémie”, les deux mots magiques qui changent tout, qui excusent tout, qui la rendent compréhensive et me font passer de voleuse d’enfant à mère prudente et méritante.
– Vous avez donc accouché seule ?
– Oui. »

« Je suis sidérée : il est en rage, lui, si apathique depuis sa naissance. Je suis admirative : il m’a fait mal. Il me ressemble peut-être ; tout aussi transparent qu’enragé quand son existence en dépend. C’est peut-être le seul être qui sera assez fort pour me comprendre et me survivre… à condition qu’il ne soit pas perverti par ce monde extérieur, cette fabrique matérialiste et individualiste à enfants rois, futurs adultes névrosés et ingrats. »
……………………………

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

– La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

– Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

– Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

– Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

– Le Dernier festin des vaincus
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/01/le-dernier-festin-des-vaincus/

Émotion, Drame, Roman

Tenir debout

de Mélissa Da Costa
Broché – 14 août 2024
Éditeur : Albin Michel

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Jusqu’où peut-on aimer ? Jusqu’à s’oublier…

Le nouveau roman de Mélissa Da Costa nous plonge au cœur de l’intimité d’un couple en miettes et affronte, avec une force inouïe, la réalité de l’amour, du désespoir, et la soif de vivre, malgré les épreuves.

« Elle a conquis ses lectrices avec Tout le bleu de ciel, les a désarçonnées
avec La Doublure et enthousiasmées avec Les Femmes du bout du monde. »

Olivia de Lamberterie, Elle

« Un succès complètement mérité. »
Augustin Trapenard, La Grande Librairie

« Mélissa da Costa, la jeune romancière qui chamboule tout ».
Mohammed Aïssaoui, Le Figaro littéraire

« Cette intrigue bouleversante nous tient en haleine
au fil de rebondissements imprevisibles. »

Pelerin

 

• Couv_2024-102_Da Costa Melissa - Tenir debout

 

Je pourrais résumer ce magnifique roman en un mot : bouleversant !

En quelques romans Mélissa Da Costa à su toucher de nombreux lecteurs, et comme je les comprends, j’ai plongé avec plaisir moi aussi dans chacun de ses ouvrages.

Je sentais “Tenir debout” très différents de ses autres romans. Je ne me suis pas trompé.
Mélissa entre pour moi définitivement dans la cour des “grands”, et je continuerai de la suivre…

Tristesse, perdition, violence, haine, amour, sincérité, Mélissa aborde tous les sentiments vécus par tous les couples. Ce récit parle de la vie, avec ses hauts et ses bas. Comment ne pas être captivé, déconcerté… touché par le vécu de François et d’Éléonore… couple fusionnel confronté à l’une des épreuves les plus compliquées à surmonter, le handicap physique dans la vie d’un couple. Le récit oscille constamment entre amour et colère, entre angoisse et espoir. Difficile de ne pas verser quelques larmes durant ma lecture où je me suis senti rempli d’empathie pour l’un ou l’autre en sachant tout au fond de moi qu’ils avaient tantôt raison et tort à la fois.

Alors, c’est un livre qui forcément fait réfléchir, et au fur et à mesure de ma lecture, je devais accepter les choix de l’autrice dans son roman coup de poing, acquérir une autre vision, sur nos aptitudes à changer lorsque le besoin est là, comment s’adapter, afin que la vie puisse triompher avant qu’elle ne prenne une tournure allant définitivement vers l’irréparable.

L’autrice nous évoque ainsi que le handicap n’annule aucun de nos rêves. Il les transforme, mais ils sont bien là, toujours présents et n’attendent que d’être à nouveau révélés.
C’est dur, c’est éprouvant et tellement beau pourtant !
Une lecture captivante, pleine de réalisme, que je vous conseille.

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Extraits :

« J’ai mal. C’est à peu près la seule réalité dont j’ai conscience. J’ai mal. Atrocement. C’est diffus. Comme un halo qui irradie en continu dans mon dos jusqu’à ma nuque et mes mâchoires. Chaque inspiration, chaque expiration, comme si mes côtes avaient été écartelées, puis broyées minutieusement jusqu’à ce qu’il ne reste que des miettes. Je souffre, mais je serre les dents. Si j’ouvre la bouche, si je parviens à produire un grognement, ils me demanderont : « Tout va bien, monsieur Louvier ? Vous avez mal ? »

« Le petit gobelet de café a refroidi. Je n’y ai pas touché non plus. Cinq heures que je suis plongée dans ce drôle d’état second, calme et apaisé. Les pas et le roulement des chariots dans le couloir me bercent. Les bips des machines de François me rassurent. Si je reste ici, ça ira. Je me répète cette phrase en boucle. J’appréhende le moment où on me mettra dehors, où je retrouverai le vent glacial de la fin octobre, les gens, le bruit, l’agitation.
“Vous voulez mettre la télévision ? a demandé l’infirmière qui est passée plus tôt.
– Non.” »

« Tout se mélange dans ma tête. L’angoisse, la peur, la surprise et l’incompréhensions. Je fixe la porte de la chambre avec crainte tandis que François soulève la laine de mon chandail, pose son nez entre mes seins, dans la chaleur de ma peau, au plus près des battements de mon cœur.
“François…”
Alors il se met à pleurer, ici, contre ma poitrine. Je passe mes mains dans ses cheveux. Des mains tremblantes. Je murmure : “Ça va aller, mon amour. Je ne partirai pas.”
Je ne crois pas qu’aucun mot le réconforte. Mais là, contre mon corps, il se sent à l’abri. Protégé.
“Ça va aller, tu verras…” »

« “Je crois que j’aimerais parler de l’immeuble tout entier. De la société tout entière. Ce monsieur qui s’abrutit avec la télévision, cette famille bridée par le caractère tyrannique du père, ce couple dont les téléphones portables ont pris toute la place … /… nous sommes tous enfermés dans notre quotidien, nous sommes tous dans ces carrés de lumière jaune sur la façade d’en face, à quelques mètres les uns des autres, et pourtant éminemment seuls. Mais si nous nous regardions, nous découvririons tous ces alter ego aussi seuls que nous, aussi désœuvrés, angoissés, optimistes, peureux, amoureux, emplis d’espoirs, de rêves, de craintes. Le message pourrait être alors : ouvrons grand les fenêtres et rencontrons-nous ! Un message d’humanité… Tu vois ?”
Je vois. Parfaitement. »

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat. Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade (2017), sorti en librairie sous le Tout le bleu du ciel (2019), est son premier roman.
Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/17/tout-le-bleu-du-ciel/

Je revenais des autres (2017), et Les Lendemains (2020), sont portés par les libraires et salués par la presse, ils ont conquis plus d’un million de lecteurs.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/04/je-revenais-des-autres/
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/18/les-lendemains/

Les douleurs fantômes (2022) est lauréat du Prix Babelio – littérature française 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/25/les-douleurs-fantomes/

La Faiseuse d’étoiles
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/17/la-faiseuse-detoiles/

Les Femmes du bout du monde
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/31/les-femmes-du-bout-du-monde/

Elle figure au palmarès du Figaro des auteurs français ayant le plus vendus de livres.

Drame, Folie, Frisson horreur, Noir, Thriller

Enigma

de Armelle Carbonel
Broché – 18 septembre 2024
Éditeur : Le Livre de Poche

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Domaine de la Haute-Barde. Un énigmatique orphelinat, théâtre de terribles événements. Par une nuit d’orage, soixante-neuf ans plus tôt, des enfants ont mystérieusement disparu. Spécialiste des édifices à l’abandon, la journaliste et cinéaste Barbara Blair tente de comprendre ce qui leur est arrivé. Mais les habitants du petit village n’apprécient guère cette étrangère qui vient remuer ce passé trouble, d’autant qu’un nouveau drame ne tarde pas à les frapper. Entre légende et réalité, Barbara est confrontée à une énigme qui menace de réveiller les démons d’autrefois, mais aussi ses plus douloureux souvenirs. Certains secrets doivent être tus à tout jamais, au risque de vous hanter jusqu’à votre dernier souffle.

“Une plume glaçante.”
Sylvie Lecoules, Le Tarn libre.

 

• Couv_2024-101_Carbonel Armelle - Enigma

 

Après, les superbes Criminal loft et Majestic murder, je ne pouvais pas passer à coté d’Enigma la suite de Sinestra !
C’est un roman obscur et magistral, où Armelle nous emmène très loin…

Barbara, est une journaliste et cinéaste, elle s’est spécialisée dans les documentaires sur les lieux mystérieux et abandonnés où ont eu lieu des disparitions inexpliquées. Elle veut savoir pourquoi, dans un ancien orphelinat, situé dans le Domaine de la Haute-Barde, soixante-neuf ans plus tôt, plusieurs enfants ont disparu, durant une nuit d’orage, et jamais personne ne les a retrouvés. Accompagnée de ses deux collaborateurs, David et Warren, ils décident de mener l’enquête. Une affaire qui lui rappelle étrangement celle du Val Sinestra, en Suisse, où sa fille Emma a disparu quatre ans plus tôt. Sur place, une vieille habitante, Magda et Arnold, un ancien policier, vont tenter de les aider dans cette quête mystérieuse, contre les avis du reste des habitants, quand un nouveau drame survient.

Armelle nous a concocté un thriller avec une intrigue très sombre, machiavélique, dans une sorte de huis clos aux nombreux rebondissements, entre fantômes, légendes et réalité…
Encore une fois, c’est d’une main de maître que l’autrice m’a complètement surpris par cette suite superbe et très subtile.

Oserez-vous la suivre dans cette nouvelle aventure ?
C’est troublant, très angoissant, mais qu’est-ce que c’est bon !

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Extrait :

« Une chose hideuse s’est logée en moi.
Lutter ne servirait qu’à accroître la pourriture qui m’infecte.
C’est ainsi que débute le premier chapitre d’une épopée sous influence, et j’ai l’assurance que cette mise en bouche te plaira. Inutile de prétendre le contraire, tu ne recules jamais devant un bon festin.
Dès le premier regard, j’ai su qu’elle serait la prochaine. »

« En lisière de forêt, sommeille un étang au bord duquel une masure flamboie à la lueur d’un feu allumé pour la nuit. Une chaleur rassurante émane de la cheminée où les plus jeunes de la fratrie se pressent afin d’assister à la veillée. Les mains calées sous le menton, ils restent suspendus aux lèvres de leur mère, qu’une voix caverneuse transforme en véritable conteuse. L’histoire, tous la connaissent depuis le berceau, et les plus ingénieux ne sont pas sans savoir qu’elle constitue une mise en garde. Cette fable, plus triste qu’un saule en pleurs, ne les effraie pas pour autant. Les versions se succèdent, mais aucune ne ressemble aux autres, si bien que la réalité des faits se noie finalement sous un enrobage d’incertitudes. Ce soir, elle raconte que leur petit village de Beaumont-la-Ronce a connu son lot de souffrances et de perversions. »

« Disposée sur la literie douteuse, une poupée grimaçante forme un puzzle sectionné en six morceaux distincts. Fichées dans le plancher, les billes oculaires arrachées valident la théorie d’une mise en scène particulièrement démente. Non loin de la tête blonde décapitée, une nuée de mouches complète le panorama en survolant un dôme de matière fécale. »

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l’auteur : Armelle Carbonel, née le 16 juillet 1975 à Paris, est écrivain. En parallèle de son activité littéraire, elle travaille pour le Ministère de la défense.

Elle commence à écrire dès son plus jeune âge. À 8 ans, elle rédige des poèmes, puis à 11 ans, un roman fantastique. À 15 ans, elle se tourne vers le théâtre avec la composition de 3 pièces de théâtre, avant de revenir au roman à 20 ans. Elle remporte de nombreux prix Littéraires (Art et Lettre de France, Concours littéraire des Armées, concours de poésie de la ville de Rambouillet, Prix Calliope.) sous le pseudonyme de Rebecca Arque pour son roman Criminal Loft (publié en auto-édition en 2011) et devient membre du Collectif de la Plume Noire. Elle retravaille son thriller Criminal Loft dans une nouvelle version en 2015. Elle est également l’auteur de Les Marais funèbres et La Maison de l’ombre.

En 2013, elle participe au recueil de nouvelles Santé, au profit de la fondation Maladies Rares.

Sinestra (2018)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/05/20/sinestra/

Drame, Témoignage

Ne leur pardonnez pas ! 3

Ils savent très bien ce qu’ils font…
L’EMPIRE DU MENSONGE
de Jean-Michel Jacquemin-Raffestin
Broché – Illustré, 11 septembre 2024
Éditions : Nouvelle Terre

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Jean-Michel Jacquemin-Raffestin continue son travail d’enquête sur les mensonges d’État. Il décortique à présent pour nous les mensonges de l’Occident sur une guerre qui se prépare depuis plus de 30 ans, celle menée par les Américains contre les Russes en utilisant aujourd’hui – approximativement depuis 2014 – les Ukrainiens et des Européens. En guise d’entrée en matière, il est essentiel de constater qu’en 248 ans d’existence, les États-Unis ont déclenché plus de 200 guerres sur la planète. De 248 conflits armés survenus dans 153 régions du monde, 201 ont été déclenchés par les Américains. Ils n’ont et n’ont résolument jamais eu d’équivalent en termes de fauteurs de guerres. Alors qu’en 1962, John Fitzgerald Kennedy avait fermement refusé que l’URSS installât des missiles à Cuba, il reçoit littéralement toute la reconnaissance de l’Occident. Aujourd’hui en revanche, Vladimir Poutine, en refusant pareillement que l’OTAN établisse des bases militaires à sa frontière, se fait unanimement traiter de dictateur sanguinaire par ce même Occident.
Nous découvrons ici à travers divers documents et mensonges comment cette guerre Ukraine/Russie s’est nouée, prévue et préparée depuis l’éclatement de l’URSS, et comment les Accords de Minsk ont été hypocritement signés par François Hollande et Angela Merkel. Il est également question de cette fameuse « Révolution orange » – le Maïdan – orchestrée par la CIA en s’appuyant sur les habituels jeux de rôles de cette dernière. Il faut également établir ici que l’Otan, avec plus de 850 bases militaires dans le monde, n’a jamais tenu ses engagements de ne pas s’étendre au-delà de l’Elbe, Les médias français nous expliquant que rien ne saurait étayer cette affirmation. Notre auteur a ainsi trouvé le document qui le prouve, signé en 1993 par l’Amérique de George W. Bush et la Fédération russe naissante de Boris Eltsine. Il s’agit de comprendre que les États-Unis qui, après l’avoir vu dans un film, ont placé un clown à la tête du pays le plus corrompu d’Europe, l’Ukraine, ne craignent qu’une chose, c’est qu’Européens et Russe ne deviennent les meilleurs amis du monde. Ils veulent ainsi empêcher tout lien commercial, allant même jusqu’à faire exploser les 2 gazoducs « Nord Stream », comme le président Biden l’a annoncé pour parachever la destruction de l’économie européenne.
On voit dans ce qui est exposé ici, que ce sont des nazis ont pris possession du pouvoir en Ukraine – et également ailleurs –, lesquels massacrent et torturent les Ukrainiens russophiles de l’est du pays depuis 10 ans. Il s’agit enfin de se rendre compte que les sanctions occidentales qui devaient mettre la Russie à genoux ont eu le résultat inverse : la Russie se porte aujourd’hui bien mieux que la France !

 

• Couv_2024-100_Jacquemin-Raffestin Jean-Michel - Ne leur pardonnez pas ! 3 Ils savent très bien ce qu'ils font… L'empire du mensonge

 

En avril 2023, je découvrais Jean-Michel Jacquemin-Raffestin, évoquant entre autres la crise de la Covid-19, avec Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu’ils font.
Quelques semaines plus tard, j’enchaînais avec Fukushima – Tremblements et stupeur 10 ans après, où l’auteur nous apprends les mensonges de divers États Européens suite à la catastrophe nucléaire.
Jean-Michel a d’ailleurs reçu pour son ouvrage Ce fameux nuage… Tchernobyl : La France contaminée, sérieux et fort bien documenté, les félicitations de l’ancien président de l’Ukraine, Leonid Koutchma, le 30 novembre 1998.

Puis vint la suite de Ne leur pardonnez pas !, le tome 2, Ils savent très bien ce qu’ils font… depuis très longtemps ! que tout le monde devrait lire pour avoir un aperçu du monde malheureusement réel dans lequel nous vivons.

Aujourd’hui, pour mon centième Ressenti de l’année, après “plusieurs” heures de lecture et de recherches diverses sur les réseaux, qui ont cimenté au fur et à mesure ma lecture, c’est du tome 3 dont il est question. L’EMPIRE DU MENSONGE.
Ce troisième tome, axé sur la guerre en Ukraine, dévoile les comportements des États-Unis, de la Russie, mais pas seulement…
Jean-Michel fait encore une fois un très gros effort de collecte d’informations, offrant énormément d’éléments de contrôle et de réflexion. Tout est sourcé, fouillé, implacable et rigoureusement documenté. Je signalerai au passage, qu’aucun de ses livres n’ont jamais été inquiétés, ni interdits. Ils se veulent le reflet de la vérité !

On les nomme “lanceurs d’alertes”, certains les appellent “complotistes”, pour moi, Jean-Michel Jacquemin-Raffestin est tout simplement un homme qui s’inquiète pour le devenir du monde dans lequel nous vivons…

Certains lecteurs réagiront peut-être aux réactions que l’auteur glisse çà et là dans son livre. Personnellement, elles me plaisent, elles donnent du rythme et apportent un côté humain à ce qui ne serait au final qu’un Nième rapport sur le conflit entre deux grandes puissances… Jean-Michel est engagé, passionné et c’est comme ça. Il fait partie de ces quelques personnes qui un jour ont fait un choix. Ouvrir nos yeux malgré les risques qu’ils encourent dans leur quotidien…

Un livre qui s’adresse à ceux qui ne veulent plus se voiler la face !

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Extraits :

« Depuis 2022, en France, comme ailleurs en Occident, ceux qui s’opposent à la parole officielle sont traités de “complotistes”, puis mis au ban de la société… Heureusement, ce mot de “complotistes” n’existait pas durant les années 1980-90, sinon nous aurions eu : l’Affaire des avions renifleurs, “complotistes” ! Le nuage de Tchernobyl, “complotistes” ! Le Sang contaminé, “complotistes” ! Les Hormones de croissance, “complotistes” ! le Rainbow Warrior, “complotistes” ! Etc.
Mais, qu’est-ce qu’être complotiste ? Être complotiste, c’est faire des recherches pendant des heures en exerçant son esprit critique, avant que des individus qui ne font aucune recherche, mais qui regardent la télévision en avalant tout cru ce qu’on leur y annonce, nous disent que nous sommes… »

« L’Occident tout entier est désormais aux prises avec des élites milliardaires qui ont la mainmise sur les médias, l’establishment politique et toutes nos institutions importantes. Ces dernières années, nous avons vu ces oligarques étendre leur influence sur les marchés, la finance et le commerce, jusqu’à la politique, aux questions sociales, à la santé publique, à l’écologie, le fameux CO2, et même à la nourriture. »

« Cette guerre n’est ni plus ni moins qu’un big business et assurément le plus gros hold-up du siècle, voire de l’histoire de l’humanité. Ceux qui l’ont provoquée sont ceux qui vendent les armes pour la faire et qui, en plus, raflent les marchés de reconstruction qui l’accompagnent. Tout ça financé par les pauvres Européens qui, une fois de plus, sont les dindons de la farce – impôts, taxes, augmentation des prix, inflation, appel aux dons… »

« “Nous sommes en guerre !”. D’après un sondage, 76 % des Français sont “contre”, mais ce qui laisse tout de même dubitatif, ce sont les 24 % qui sont “pour”. Alors à ceux-là, qui sont certainement parmi les 18,4 millions de français qui ont voté pour le “prince”, vu leur super courage, je voudrais suggérer, puisqu’ils sont si forts, si courageux, si engagés dans ce conflit, eh bien d’aller en première ligne. Sortez de derrière vos écrans, quittez vos micros ; soyez rassurés parce que vous serez particulièrement bien guidés, grâce aux conseils de tous les généraux de plateaux télé. »

 

Jean-Michel Jacquemin-Raffestin est journaliste, spécialiste de Tchernobyl et auteur de Tchernobyl – Cachez ce nuage que je ne saurais voir. Après avoir mené l’enquête pendant près de huit ans, pour raconter les causes et les conséquences de ce drame, il a entamé une autre enquête sur la catastrophe de Fukushima.
Il se définit comme un passionné des mensonges d’État.

Fukushima – Tremblements et stupeur – 10 ans après
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/25/fukushima/

Ne leur pardonnez pas ! Ils savent très bien ce qu’ils font…
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/09/ne-leur-pardonnez-pas-ils-savent-tres-bien-ce-quils-font/

Ne leur pardonnez pas ! 2
Ils savent très bien ce qu’ils font… depuis très longtemps !
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/01/ne-leur-pardonnez-pas-2/

http://www.jeanmicheljacquemin.com/biographie