Adolescence, Émotion, Drame, Noir, Suspense

VICES

Épisode 02 : Zabulu
de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

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« Un hurlement explose dans sa poitrine quand la lumière jaillit et qu’elle se voit, les mains plongées dans le ventre ouvert de sa mère. Derrière elle, un filet de voix l’appelle. Affalé dans l’ombre, une machette en travers de la gorge, son père tend le bras »

Les 608. Une cité abandonnée, dernier refuge des laissés-pour-compte. Un jeune délinquant disparaît dans des conditions mystérieuses et une vieille dame y est brûlée vive. Bien que les deux affaires ne semblent pas liées, les mêmes ombres cernent les personnes impliquées.Grâce à la dernière enquête qu’elle a brillamment résolue, l’avenir de Marie à la BJV semble bien engagé. Sa confiance est renforcée par les sentiments toujours plus forts qui l’unissent à Zolan. Seule ombre au tableau : Sophie, sa rancunière collègue, qui ne se conforme pas à cette idylle. Si les destins tragiques des réfugiés la déstabilisent, ce sont les animosités qui bourgeonnent dans la brigade qui l’inquiètent. Zolan est lui aussi tiraillé par les fantômes issus de son adolescence tumultueuse. Chacun à leur manière, ils s’escriment à les contrer. Mais le destin ne frappe pas toujours là où on l’attend…

VICES est une série littéraire de 8 “épisodes” dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

 

• Couv_2024-012_Paladini Gipsy - Vices_02

 

Seconde enquête pour Marie Lafontaine à la BJV.
Chaque tome peut se lire indépendamment, mais c’est tellement fort, que je vous conseille de faire comme moi et d’apprécier chaque opus qui révèle l’évolution des personnages.

Comment Gipsy, parvient-elle à être aussi dure et douce à la fois ? D’avoir une plume violente dotée d’une sensibilité époustouflante !
Malheureusement, je n’ai pas pu enchaîner le premier volet “3 petits singes” avec celui-ci, à cause des SP que je reçois, mais je savais que je le glisserai dès que possible, j’avais hâte de retrouver les enquêtes de Marie et Zolan…

Le style de Gipsy bouscule, interpelle même, elle construit “son” polar en dehors des clous, à sa façon, avec un style tellement différent de ce à quoi je suis habitué. Profondément humaine, terriblement sensible, je pense que telle est l’auteure. Elle nous prend, nous enlace et nous emmène dans un univers sombre, fragile et fort à la fois… Et c’est en avançant dans le récit, en entrant dans les chapitres petit à petit, qu’une petite lumière au loin, une chaleur nous attend, dotée d’une galerie de personnages attachants, variée et très impressionnante…

Entre lumière et noirceur, Marie et Zolan se perdent-ils pour mieux se retrouver dans ces cités, où la misère du quotidien ne génère que la violence et le mal ?

Encore une fois, Gipsy m’a conquis par sa plume noire, acérée, piquante, mais tellement plus encore…
Si vous aviez aimé le premier volet, n’hésitez surtout pas !!!

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Extraits :
« – Je ne connais rien à la vie.
– Depuis quand est-ce un défaut ?
Avec sa bienveillance habituelle, l’instructeur s’était rapproché d’elle tandis que leur parvenaient les encouragements des apprentis policiers sur le terrain d’entraînement.
– Fais de ce désavantage un atout. Ton esprit est brut, dénué de préjugés, tu es plus apte à analyser les situations en toute impartialité. »

« Leurs cheveux sont filasse, leurs yeux cernés. Des croûtes en partie arrachées parsèment leurs bras. Deux grosses négligées qui vivent recluses dans leur appartement, c’est ainsi qu’elles sont considérées. Méprisées par les familles de leurs agresseurs, conspuées par leurs voisins, car elles réclament encore justice.
C’était arrivé cinq ans plus tôt. Leurs assaillants étaient des gosses au moment des faits. Maintenant, ils ont changé. Certains sont de bons pères de famille. Il faut oublier tout ça. L’obscurité poussiéreuse de la cave, les sexes qui les étouffent, le goût infect de ce qu’on les force à avaler… Oublier ça, non, elles ne le peuvent pas. »

« La scène débute en pleine action : quelqu’un au sol est roué de coups. On ne voit pas l’agresseur, seulement son pied qui s’abat avec une telle force que le corps décolle à chaque assaut. Prise depuis la cage d’escalier, en hauteur, à environ quatre mètres, la vidéo dévoile l’entrée d’un appartement que l’on aperçoit à travers la porte entrebâillée. Le mauvais cadrage de l’image trahit la nervosité de celui qui filme. Vraisemblablement avec un portable. »

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Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué « Sang pour sang » en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

VICES – Épisode 02 : 3 petits singes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/18/vices/

Adolescence, Émotion, Roman

Les Toiles de la discorde

de Albert Ducloz
Broché – 4 janvier 2024
Éditions : Éditions de borée

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1954. Doué pour les arts graphiques, le jeune François Dufour s’inscrit à l’école des Arts du Puy-en-Velay et sympathise avec sa jeune voisine, Émeline Landry. Bientôt, celle-ci pose nue pour François. Furieux, les parents du jeune artiste détruisent le tableau. Les deux adolescents, après avoir fugué, trouvent refuge chez leur professeur de peinture, Sébastien Favre, et sa femme, la belle Clara. Alors encouragé par son professeur, François reprend la peinture de nus et se met rapidement en tête de peindre Clara. Sébastien, bien que très réticent, accepte. Un choix qu’il ne tardera pas à regretter…

 

• Couv_2024-005_Ducloz Albert - Les Toiles de la discorde

 

1954, François Dufour a une passion pour le dessin et en plus, il est doué. Tous les ans pour Noël, il se fait offrir des crayons de couleur, des carnets de croquis. Puis il découvre la peinture. Maintenant, il sait ce qu’il veut faire plus tard. Mais comment l’annoncer à sa famille. Finalement, grâce à son talent, il est encouragé par un professeur à rejoindre l’école des Art du Puy-en-Velay tous les jeudis en plus de ses cours hebdomadaires. Émeline Landry, une jeune voisine, aime aussi le dessin. François demande à son professeur M. Favre, s’il peut y avoir une possibilité qu’elle intègre le cours avec lui. Au contraire, lui répond-il, elle sera la première fille du groupe.

Ainsi commence ce récit que j’ai énormément apprécié. L’histoire m’a replongé dans mon enfance, où je passais des heures et des heures à dessiner, à colorier, jamais fatigué j’en voulais toujours plus, et plus un jour plus tard, à l’adolescence, j’ai intégré un établissement d’Art Graphique. Dessins, perspective, peintures, natures mortes et nus. Je me suis revu, dans le récit d’Albert Ducloz. J’étais tout jeune avec cette dualité, timidité et fonceur, car j’en voulais toujours plus. d’ailleurs, j’ai trouvé les premiers cours du récit très bien racontés. puis très vite, ce furent mes premiers cours de nus. La gène d’abord, de voir des femmes plus âgées que moi complètement dévêtues qui nous regardaient et nous mettaient à l’aise. La colère de mes parents, lorsqu’ils apprirent en quoi consistaient certains de nos cours. Moi, je ne voyais que des modèles, souvent des femmes, rarement des hommes. L’univers de la peinture ne m’est donc pas inconnu et c’est pour cela que je voulais lire ce roman fort bien écrit et très intéressant. La passion des jeunes artistes qui se mêle à une jalousie qui ne peut pas, ne pas exister. Ils sont jeunes, ils sont amoureux. Mais quand est-il lorsque François veut peindre une autre femme ? Comment réagira Émeline ? D’autant plus que cette femme n’est autre que la femme de M. Favre, leur professeur…

Une bien belle histoire qui m’a portée dans un monde agréable où je me suis attaché aux personnages, les descriptions aussi sont particulièrement réussies. Je ne connaissais pas Albert Ducloz, c’est une très belle découverte !

Un grand merci aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée…

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Extraits :

« Les derniers jours de juin 1954 se prélassent au village de Lavoûte-sur-Loire, au cœur de la Haute-Loire. Nous touchons aux vacances d’été. À cette époque, ce havre de paix où je suis né prend ses aises à la campagne. Mon père, lorsqu’il a planté les arbres du verger, s’y est pris de telle sorte que la famille puisse disposer de fruits toute l’année. Des claies menuisées de ses mains et installées à la cave permettent d’y conserver pommes et poires hors de l’humidité et d’attendre ainsi le prochain printemps pour le parfait mûrissement des premiers fruits rouges. »

« Au jour convenu, aussitôt à pied d’œuvre, nous posons nos vélos contre le premier tronc venu, pénétrons bravement en forêt sans craindre les fougères et choisissons nos places. J’observe les frondaisons aux orangés luisants du soleil d’après-midi et les ors des feuillages que les premières gelées n’ont pas encore fait tomber. Face à moi, légèrement en recul, je surprends deux hêtres dont les troncs se nouent a s’embrasser. Je n’ose encore imaginer qu’ils pourraient être Émeline et moi-même. De temps à autre, un coup de vent fait envoler les feuilles qui virevoltent comme des flocons jusqu’à se laisser aller à rejoindre celles qui avant elles ont épousé le sol. »

« Sur la route du retour, pédalant côte à côte, nous profitons d’un chemin qui s’égare de la route et l’empruntons pour le quitter vers un bosquet ; contre un bouleau, nous posons nos vélos et, longuement, longuement, nous nous embrassons.
C’est la première fois. Pas suffisamment longtemps, certes, les parents sont exigeants sur les horaires de retour, mais enfin, à partir de ce très long baiser, Émeline et moi ne sommes plus seulement amis.
Un baiser hebdomadaire, si long et passionné soit-il, ne nous suffit pas. Nous cherchons et nous trouvons. Nous allons prendre prétexte de peindre pour nous retrouver, mais où ? »

 

Albert Ducloz écrit pour son propre plaisir depuis l’enfance romans, poésies, contes et nouvelles. En 2002, après une carrière de directeur d’établissement de soins, il publie son premier roman, Citadelles d’orgueil. En 2015, il obtient le prix du Cercle littéraire Médicis pour son roman Les Trois Promesses et, la même année, le prix La Plume et la Lettre pour Le Chant d’Aurore. Avec Les Toile de la discorde, il signe son dix-septième roman aux éditions De Borée.

Adolescence, Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

La route du lac

de Xavier Massé
Poche – 7 septembre 2023
Éditeur : Taurnada Éditions

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Blaches est un charmant village réputé pour sa tranquillité… Jusqu’au jour où, au lendemain d’une soirée, trois étudiants sont portés disparus. Que s’est-il passé cette nuit-là ? Que s’est-il passé sur l’unique route qui mène au lac ? Amis, voisins, connaissances… pour les enquêteurs, tous sont suspects. Bienvenue à Blaches.

 

• Couv_2023-097_Massé Xavier - La route du lac

 

La Route du lac, a obligé Xavier Massé à sortir du cadre habituel de ses romans. Pas toujours évident pour un auteur, mais je pense que l’exercice est largement concluant.
Bravo Xavier !

21 avril 2018.
C’est l’anniversaire de Benjamin, le fils à papa du village. Il a décidé, d’inviter un maximum de ses amis vivant à Blaches, près de Lyon, dans un bar où ils ont l’habitude de se réunir les week-ends. Ce sera une méga fête… On chante, on rit, on boit et on danse jusqu’à pas d’heure. Après une dernière tournée avec quelques proches, Benjamin et les autres rentrent chez eux… Personne n’aurait pu imaginer la tragédie qui allait s’en suivre…

En effet, dès le lendemain, certains parents s’inquiètent, trois des jeunes gens ne sont pas rentrés de la nuit. Aussitôt la police contactée, les recherches commencent. Très vite, ils retrouvent le corps de la jeune fille disparue, Mylène, morte au pied d’une cascade alors que deux de ses camarades sont toujours portés disparus. Le capitaine de gendarmerie Michel Leroy accompagné du lieutenant Anthony Ramazzy sont chargés de l’enquête, quand l’un des garçons disparus, Thomas, est retrouvé errant en plein milieu de la forêt. Il ne se rappelle absolument de rien depuis qu’il a quitté le bar la veille au soir… Les enquêteurs décident alors d’axer les interrogatoires, sur la famille et les proches des disparus. Benjamin, lui reste introuvable. Commence alors une enquête minutieuse aux multiples rebondissements…

Xavier a fait très fort, il a l’air de s’amuser tout le long du récit, me perdant à la fin de chaque chapitre quand je pensais avoir trouvé “LE” fil conducteur. L’histoire est tout à fait crédible et le scénario lui, est diabolique. Le grand “plus” de son récit, ce sont vraiment les personnages tels que Xavier les a imaginés. Parmi tant d’autres, le personnage de Rémi est vraiment superbe et très émouvant !

Qu’est-il arrivé à Thomas, Mylène et Benjamin dans ce petit village paisible ?

Des personnages particulièrement réussit, des flash-back très ingénieux, un final avec une vraie surprise, l’imagination débordante de Xavier n’aurait-elle donc plus de limite ?
Personnellement, je ne serai pas contre une suite pour ce récit “puzzle”…

“La Route du lac”, n’a pas fini de parler d’elle !
Un excellent moment de lecture.

Un grand merci aux Éditions Taurnada.

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Extraits :

« Sa respiration était forte et brusque. À son passage, les feuilles virevoltaient et les branches se brisaient sous ses pas. Sa course était effrénée. Elle était effrayée et ne savait plus dans quelle direction aller. Elle ne voyait rien. Les arbres cachaient la lueur de la lune.
En panique totale, elle gémissait de terreur et n’arrêtait pas de se retourner. Elle ne l’entendait ni ne l’apercevait. Ce qui décuplait son stress. Les ronces écorchaient ses mollets, son sang perlait. Elle pleurait. La noirceur de cette forêt était devenue son ennemie. La peur l’engloutissait comme des sables mouvants. »

« Elle était si gentille. C’était une fille adorable, et si douce. Tout le monde l’aimait. Elle n’aurait jamais fait de mal à personne. Mylène riait tout le temps et avait toujours le sourire. C’était la joie de vivre incarnée. Elle avait tout juste 18 ans. Elle avait eu son bac l’été dernier et avait entamé à la faculté sa première année de biologie. Ma fille avait tout pour elle, capitaine. Elle avait la vie devant elle ! »

« “Accroche-toi, mon Rémi.”
Le tenant par les mains, les bras tendus, elle se pencha en arrière. Rémi la retenait de toutes ses forces pour qu’elle ne chavire pas. La musique battait son plein.
Mylène tournoyait. Se penchant de plus en plus en arrière, elle dessinait un cercle imaginaire tout autour de Rémi, et il se prit au jeu. Ils tournèrent tous les deux. Il la regardait sourire. Il se sentait ivre. Ivre de bonheur. Il était comme dans un tourbillon où tout disparaissait et plus rien n’avait d’importance. Pendant un instant, Rémi ne se sentit plus différent. »

« Tandis que cet autre, dans son garage, buvait une dernière bière. Il se frottait le bras comme pour raviver les plaies du passé et celles du présent. Il jeta sa canette dans la poubelle dédiée aux cadavres de verre, puis il commença à mettre des coups-de-poing dans son sac de frappe. Il espérait que l’exercice effacerait certains souvenirs. »

« Son agresseur verrouilla sa prise pour l’étrangler.
Malgré ses tentatives désespérées pour se libérer, le barman commençait à perdre pied, manquant cruellement d’oxygène.
Bataillant mollement, il suffoquait, ayant de moins en moins de force…
Son bourreau resserra un peu plus son emprise.
Franck était à l’agonie. Les bras inertes, il se sentait partir. Ses yeux se révulsèrent et il cessa de lutter.
L’homme maintint sa prise encore quelques secondes, puis lâcha le sac : le corps de sa proie chuta au sol comme une pierre.
“Eh ben… j’ai failli attendre ! ironisa Yannick Provost. Mets-le dans le coffre, maintenant !…” »

 

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 « Répercussions », qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec « L’Inconnue de l’équation », un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

L’inconnue de l’équation
https://leressentidejeanpaul.com/2019/06/05/linconnue-de-lequation-de-xavier-masse/

30 secondes…
https://leressentidejeanpaul.com/2022/02/16/30-secondes/

Némésis
https://leressentidejeanpaul.com/2020/11/04/nemesis/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Humour

Là où tu iras j’irai

de Marie Vareille
Poche – 28 février 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

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Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d’actrice comparable à celle du Titanic : catastrophique. Le jour où elle refuse d’épouser l’homme qu’elle aime, sous prétexte qu’elle ne veut pas d’enfant, elle se retrouve à la rue. Elle accepte alors le seul rôle qu’on lui propose : se faire passer pour l’irréprochable Nanou du petit Nicolas, qui n’a pas prononcé un mot depuis la mort de sa mère, afin d’infiltrer sa famille et d’y exécuter une étrange mission. Elle part donc pour l’Italie, dans la maison de vacances familiale, loin d’imaginer à quel point la rencontre avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.


Réjouissant.

Femme actuelle.

Les aventures d’Isabelle font mouche : sens de la formule, humour, justesse, émotion.
Télé star.

 

• Couv_2023-078_Vareille Marie - Là où tu iras j'irai

 

Encore un livre lu d’une traite !

Mais qu’est-ce que j’ai ri…
Rarement cela ne m’étais autant arrivé durant une lecture. Il y a de nombreux rebondissements, c’est léger, c’est frais, mais pas que…
Avec des personnages très attachants, tous sans exception, Marie Vareille nous a concocté un vrai petit bijou de lecture.

Isabelle a 32 ans, elle s’est un peu perdue dans sa vie. Pour ne pas se retrouver à la rue, après une très courte hésitation, elle accepte un poste de nourrice, en Italie, proposé par l’une des enfants dont elle doit s’occuper, moyennant la somme de dix mille euros pour quelques semaines… Vous vous doutez bien que rien n’ira comme il se doit !

J’ai été très agréablement surpris par la trame du récit, le rythme et un final rempli d’étincelles ! Derrière un “petit” roman qui aurait pu être léger, Marie nous dévoile une histoire profonde, dure parfois et très émouvante. La plume de l’auteure est belle, vivante, j’aurais voulu partager encore quelques instants avec le petit Nicolas, ses sœurs, deux vraies pestes, Isabelle et tous les autres…

Une histoire pleine de tendresse, remplie de beaux sentiments, qui m’a fait du bien et m’a permis de passer un très agréable moment, où j’ai complètement déconnecté de mon quotidien. C’est aussi ça la lecture…
Mais qu’est-ce que j’ai ri 😂 😂 😂!!!

Un livre que je vous conseille tout particulièrement… Un vrai plein d’oxygène !

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Extraits :

« Isabelle !
Pour la troisième fois, Quentin secoua l’épaule d’Isabelle.
Hein ?! Quoi ?!
Elle leva une tête paniquée de l’oreiller qu’elle enserrait de ses bras comme un naufragé une bouée de sauvetage. Elle avait la marque des draps incrustée sur la joue gauche et ses yeux bruns, écarquillés portaient encore les traces du maquillage de la veille. Avec ses cheveux blonds ébouriffés, elle présentait à Quentin le visage effaré d’un oisillon tombé du nid.
– Il est midi ! Ton audition !
– Mon audition ? Quelle audition ?… Ah merde, mon audition ! »

« Personne n’écoute ceux qui ne parlent pas, alors lui non plus ne voulait pas écouter. Malheureusement, le bruit finissait toujours par se rétablir. D’abord le grattement d’un stylo sur une feuille de papier, des voix d’enfants assourdies, des talons sur le parquet, comme si quelqu’un montait graduellement le volume d’une radio réglée au minimum. Le docteur avait ouvert la porte. Nicolas pouvait aller attendre dans la salle d’attente. Vingt minutes s’étaient écoulées depuis qu’ils lui avaient dit de ne pas s’inquiéter. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui s’était passé depuis. Parce que Nicolas se taisait, la plupart des gens présumaient qu’il était sourd. »

« Dans le grand appartement du boulevard Saint-Germain, assis sur le parquet du salon, Nicolas remonta les lunettes rondes qui glissaient sur son nez et déplaça son fou de l’autre côté du plateau. Le fou pouvait traverser les cases à toute bringue et en diagonale. Les autres pièces ne se méfiaient jamais de lui. Normal, puisqu’il était fou. Nicolas se refusait d’ailleurs à utiliser tout autre pion. Concentré sur son jeu, il laissa s’échapper une goutte de salive qui vint s’écraser sur son pyjama Spiderman. En face de lui, sa mère lui sourit avec tendresse. »

 

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Son bestseller La Vie rêvée des chaussettes orphelines, traduit dans de nombreux pays, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Il a reçu le Prix des lectrices Charleston 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/15/desenchantees/

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la Passeuse d’âmes et son roman Young Adult Le syndrome du spaghetti a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Adolescence, Émotion, Poésie

Dans tes yeux

de Yves Giombini
Broché – 7 mai 2023
Éditeur : Des livres et du Rêve

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Trente ans après s’être perdus de vue à la fin de l’école primaire, Agnès et Rémi se retrouvent à Grasse à l’occasion d’une réunion d’anciens élèves. Leur amitié amoureuse d’alors les submerge : toutes ces années d’absence et de silence se volatilisent instantanément. Ils faussent compagnie au groupe pour plonger dans les arcanes secrets du Musée International de la Parfumerie. S’émancipant du temps et de l’espace, ils réinventent les aventures citadines et stellaires de leur enfance. Ce nouveau voyage a-t-il ses propres limites ? Ou bien n’a-t-il jamais existé que dans l’instantané du regard échangé au moment précis de leurs retrouvailles ?

« Là où l’infini de l’espace recoupe l’infini du temps, on trouve un endroit précis
à un moment donné ; j’y suis souvent. »
Grégoire Lacroix

 

• Couv_2023-070_Giombini Yves - Dans tes yeux

 

Sans même le savoir, j’attendais cette histoire depuis plusieurs années…

Voilà le genre de livre qui m’inspire, que je relirai à mes petits-enfants afin qu’eux aussi aillent s’envoler avec Yves Giombini dans des endroits où le temps n’est plus, là où TOUS les Arts se retrouvent et se mélangent, là où la Musique joue jusqu’à l’infini.

Je ne connaissais pas Yves avant de recevoir ce livre il y a quelques jours. Je suis allé sur sa page FaceBook et j’ai rencontré un homme, un poète, un amoureux de la peinture, de la sculpture, de la musique, du théâtre, de l’Histoire (la belle Histoire… pas celle où les hommes s’entretuent), des sciences aussi et ouvert à tellement d’autres choses… J’ai eu l’impression qu’il avait déjà vécu plusieurs vie…

Dès le commencement de ma lecture, j’ai su.
J’ai su que l’ouvrage que j’avais entre les mains allait me secouer, me toucher, j’ai su très vite que je risquais d’arriver en retard à mon travail… Tant pis, je resterai plus tard ce soir !
Bouleversant.
Comment tellement de poésie, de beauté, d’amour, de rencontres improbables, de voyages, dans l’espace, dans le temps, ont-ils pu entrer dans aussi peu de pages ?
J’ai eu un mal fou à sélectionner des extraits tellement chaque phrase a son importance.
Il y a de la magie dans l’écriture d’Yves. Ce moment a été pour moi comme une parenthèse hors du temps, hors de tout… J’ai fini ma lecture dans un square où des enfants jouaient avec leur nounou, leur maman, et je les ai trouvé beaux, j’ai vu des oiseaux voler dans le ciel en me tournant autour, une guêpe s’est même posé sur mon bras, je n’ai pas eu peur.

“Dans tes yeux” a agrandi mon horizon, a ouvert beaucoup de choses en moi.
Vous l’avez compris, c’est un énorme coup de cœur…

Un roman indispensable.
Merci Yves, j’ai hâte de lire d’autres livres…

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Extraits :

« Te souviens-tu ?
Oui, trente ans, c’est long, c’est loin. Tu m’avais emportée dans ta détermination farouche. Nous nous étions affranchis nos heures terriennes amarrées à l’uniformité des jours. Nous avions franchi les frontières du temps, l’un à l’autre enlacés.
Passagers de l’instant, nous voulions l’éternité.
Oui, je me souviens… »

« II leur était indifférent de chercher à élucider le mystère de leurs voyages extraordinaires. Le jardin, l’école, le mûrier, le ciel, l’étoile, la musique, ils en faisaient leur miel. Ils avaient vécu leur rêve, rêvé leur désir, et leurs chairs comblées frissonnaient encore de leurs jouissances partagées.
Au-dessus d’eux, chevauchant une ultime gazelle, Marie-Jeanne s’évapora dans les limbes de leur mémoire réincarnée.
Et le ciel s’éteignit. »

« L’endroit était frais malgré la chaleur de l’été. Il régnait un silence paisible veiné de lointains bruits de moteurs, des paresses d’avions croisant dans un ciel qui restait à imaginer.
C’est le lot des caves de fuir la lumière. Celle-ci avait gardé prisonnière toute la froidure de l’hiver, ses pluies glaciales et ses neiges, ses frimas et ses vents. Ceux qui s’y engouffraient forçant les passages, devenaient bises sitôt franchies les grilles des soupiraux aux vitres brisées. Des radiateurs à pétrole, dont l’amère odeur de fioul imprégnait l’atmosphère, avaient été répartis dans différents recoins pour conjurer autant que faire se pouvait les morsures du froid. Des ampoules électriques nues pendaient au plafond. Des lampes rétro en pied posées à même le sol ou sur des meubles hétéroclites de brocante, proposaient un éclairage scénographique à la limite de l’étrange. »

« Les hommes font la guerre, certains font l’amour, les enfants rient ou pleurent, ici, on naît, là, on meurt, ailleurs et partout, on mange, on boit, on crie, on rêve, on crève, on espère, on pleure, on se désespère, on apprend, on oublie, on jubile, on attend… La planète est belle vue d’en haut, presque irréelle. Devant tant de beauté, on n’imagine pas le malheur. On ne le voit pas. Et parce qu’on ne le voit pas, il n’existe pas. » 

 

 

Niçois d’origine, Grassois d’adoption, enseignant et conseiller pédagogique à la retraite, Yves Giombini est un citoyen de la Terre et d’ailleurs, ses voyages ne sont pas uniquement géographiques ; ils se font aussi depuis toujours dans la compagnie des mots, passeports universels des émotions, via l’écriture dans plusieurs genres littéraires : romans, nouvelles, récits, poésies… ; mais aussi le théâtre, comme comédien, formateur, metteur en scène au Théâtre de La Nuit Blanche à Grasse, dont il est le président depuis 15 ans ; et la chanson : ses textes sont mis en musique par Patrick Massabo, et interprétés par le groupe Les Variants Deluxe, au style pop-rock. Parrain de la 2ème Nuit des Ecrivains (décembre 2018) sur Radio Agora Côte d’Azur, il anime régulièrement des ateliers d’écriture dans les librairies et les établissements scolaires, et des ateliers de lecture dans les écoles, les collèges, et avec le groupe des Poémiens de Châteauneuf (06).

Adolescence, Émotion, Drame, Polar

Désenchantées

de Marie Vareille
Broché – 17 mai 2022
Éditions : Charleston

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La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on élaborait des hypothèses, mais ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su.

Vingt ans plus tard, Fanny revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qu’elle avait préféré oublier qui resurgit… Car l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi un peu la sienne, et celle d’une bande de filles qui se faisaient appeler les « Désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes et du chlore de la piscine municipale, des serments d’amitié et surtout, des plus lourds secrets.

Avec finesse et un vrai sens du suspense, Marie Vareille met à nu les rouages de l’amitié féminine dans un roman d’apprentissage captivant et rempli d’émotion.

« UNE FOIS DE PLUS, MARIE VAREILLE NOUS LIVRE UN ROMAN ABSOLUMENT INCROYABLE. CE RÉCIT EST BRILLANT, INTELLIGENT, ÉPATANT, PERCUTANT. »

 

• Couv_2023-038_Vareille Marie - Désenchantées

 

L’adolescence n’est-elle pas le moment de notre vie le plus compliqué à vivre ?
On se cherche, on s’invente surtout avant de finalement se trouver. Mais entre temps toutes les émotions ressenties qui viennent nous perturber au risque de nos perdre, ne sont-elles pas les premiers pas qui feront de nous des adultes ?

Marie Vareille, nous conte dans ce récit, cette vie tumultueuse que nous avons tous vécus. C’est avec pas mal de nostalgie que j’ai abordé certains passages, c’était comme du vécu, comme si j’avais remonté le temps et je me revoyais avec mes cheveux hirsutes, mes docs Martens, tout de noir vêtu au milieu de mes camarades… Il y a beaucoup de finesse dans ce récit. Beaucoup de gravité aussi.

2001.
Sarah Leroy disparaît. Tous ses proches seront interrogés et très vite un suspect sera arrêté.
2021.
Fanny, qui connaissait très bien Sarah Leroy, se voit confier une mission par sa patronne. Enquêter sur la disparition de celle qui fut sa meilleure amie…

Personnages attachants, énigme à rebondissements et très captivante, Marie Vareille entre à pas de velours dans le milieu du “Polar”.
C’est bien fait, rythmé, impossible de décrocher.
Roman d’amitié, de disputes, de déchirements et d’émotions… avec un final plein de surprise !
Merci Marie pour cette belle histoire…

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Extraits :

« Les gens qui t’expliquent qu’avant de mourir, tu vois défiler tes souvenirs ne sont clairement jamais mort. Moi, la seule chose que je vois défiler, c’est un faux plafond en liège, des néons blafards et des silhouettes en blouse qui me poussent à toute vitesse vers un ascenseur en hurlant des mots que je ne comprends pas. Des souvenirs, je n’en ai plus. On ne ressasse pas le passé quand on n’a pas d’avenir. »

« Angélique a de ce fait vécu une période un peu mystique, pendant laquelle elle accrochait des portraits de Thérèse d’Avilla au-dessus de son lit. Persuadée d’être élue par le Seigneur, elle s’affamait avec enthousiasme pendant le carême, s’astreignait à quatre bonnes actions et trois, Je vous salue Marie par jour et reversait scrupuleusement tout son argent de poche dans la panière de la quête. Un jour, au catéchisme, Angélique a évoqué son ambition de devenir prêtre. On lui a évidemment ri au nez et, effondrée d’apprendre qu’un pénis était indispensable à la bonne animation d’une messe, elle a sombré dans une déprime qui a sonné la fin de ses ambitions ecclésiastiques. »

« Il fallait être lisse comme le papier glacé d’un magazine féminin. Iris était aussi exigeante avec elle-même qu’avec les autres. Elle passait un temps infini à entretenir son corps, son visage, ses mains, ses pieds. Elle ne faisait jamais un écart – s’exposer au soleil, sans crème solaire, manger une chips ou manquer sa séance de footing quotidienne n’étaient pas des options. C’est à cause de gens comme Iris qu’on vit aujourd’hui dans un monde où l’on pense qu’il faut retoucher les photos de Penélope Cruz. »

« Leur professeur principal, M. Folley, leur avais recommandé de tenir un journal intime. M. Folley était connu pour avoir conseillé cet exercice à toutes les classes qu’il accueillait dans son cours de français depuis des années. L’écriture était, selon lui, un bon moyen d’ordonner nos pensées et nos émotions, et nous serions contents, plus tard, de redécouvrir des souvenirs d’enfance oubliés. J’ai toujours aimé, en ce qui me concerne, déverser dans ses carnets tous mes sentiments et mes rêves sans crainte du jugement d’autrui. Peut-être ne serais-je d’ailleurs pas capable d’écrire tout cela aujourd’hui si je n’avais pas affûté ma plume pendant des années dans ces carnets. »

 

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Son bestseller La Vie rêvée des chaussettes orphelines, traduit dans de nombreux pays, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Il a reçu le Prix des lectrices Charleston 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles) et Ainsi gèlent les bulles de savon.

Adolescence, Émotion, Drame, Poésie

Le choix du père

de Véronique Villard
Broché – 28 septembre 2022
Éditions : Nombre 7

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En pleine pandémie, Flora, une adolescente de quinze ans, doit affronter une implacable réalité.
Sur une plage sétoise, Natacha, sa mère, lui dévoile l’inimaginable.
À l’issue de ce drame, Flora, oscillant entre espoir et désespoir, va tenter de survivre, tissant de nouvelles relations, renforçant ses liens existants.
Mais elle va aussi s’impliquer au sein de sa propre histoire, menant sa propre enquête.
Dans un tel contexte, aura-t-elle la force de sortir de l’impasse ?
Tandis que la mer déroule invariablement ses bleus, les personnages vont et viennent en quête d’une mémoire de l’émotion.

 

• Couv_2023-016_Villard Véronique - Le choix du père

 

Dès le début de ma lecture, je me suis rendu compte que je tenais entre mes mains un livre “différent”.
Lorsque je lis, habituellement, c’est moi qui donne le rythme de ma lecture et qui décide de mes poses.
Avec Le choix du père, impossible !
C’est l’auteure qui commande, et il a fallu que je m’adapte à son écriture. Véronique manie la langue française telle une experte avec énormément de poésie, sa poésie.
Alors j’ai tout repris depuis le début. Je ne voulais pas passer à côté de quoi que ce soit d’important…

Flora vit son adolescence à fleur de peau. La confession d’une mère peut tuer. Flora est soudain perdu et a besoin de se nicher au creux des bras de sa grand-mère, et va tout lui expliquer. Ensemble elles entreprendront les recherches nécessaires afin qu’elle retrouve un semblant d’équilibre, mais malheureusement le sort en aura décidé autrement…
Flora est très attachante, et le mystère nous tient tout le long du récit, mais ce n’est pas un simple récit.

Les mots que Véronique a posés sur ses pages, sont pesés, analysés. Aucune faute de style, la richesse du verbe est omniprésente. Ce ne sont que quelques mots posés sur le papier, me direz-vous ?
Effectivement, juste quelques mots. Quelques mots pour conter le beau, pour conter le laid. Quelques mots pour nous transmettre le plus doux des poisons, au plus mortel remède : c’est bien d’amour évidemment que l’on parle. L’amour !
Le cœur de Flora s’est vidé. Elle est perdue…

J’ai la grande chance de n’avoir à ce jour, rien lut de tel, et de le découvrir par le biais de la prose de Véronique.
Aucune chronique ne pourrait être à la hauteur de ce récit. On pourra ne pas aimer, moi, j’ai adoré me perdre dans ses phrases ni ordonnées, ni ordinaires, ne sachant à aucun moment où l’auteure veut nous mèner.
Roman décalé sur fond de pandémie ? Roman poétique qui cherche ses lecteurs ? Ou véritable chef d’œuvre ?
L’avenir nous le dira…
Dans tous les cas, Véronique a la force des mots et la beauté de l’écriture.

Je vous recommande vivement cet ouvrage pour lequel j’ai eu un gros coup de cœur, pour son style très personnel.

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Extraits :

« C’est la fin des vacances estivales.
Flora qui vient de nager longuement le crawl s’apprête à regagner le bord de la plage. À quinze ans, elle possède le corps finement musclé d’une nageuse de compétition. Seulement, si elle a appris à se mouvoir dans l’eau depuis sa petite enfance, Flora n’a jamais été inscrite dans un club de natation. Malgré tout, en scrutant, les crawleurs expérimentés, elle a acquis un véritable savoir-faire, reproduisant leurs gestes à l’identique. »

« Le blues s’éteint, blues d’une jeune fille…
Confier sa tristesse au lointain, se hisser à l’endroit d’un possible. Parce que ressasser l’impensable ronge le mental, notamment celui d’une demoiselle qui se croyait à l’abri entre Natacha et Luc, pouvant ainsi définir la paix d’une famille, sa quiétude, presque…
Soudain, un moineau se pose sur le rebord du balcon, à côté d’une jardinière en métal vide. »

« En ce lundi brumeux, Flora attend l’autobus.
Seule sur le banc, elle appréhende l’arrivée d’un véhicule comble, sachant que le virus circule de nouveau. D’ailleurs, à ce sujet, le port du masque est-il redevenu obligatoire ?
Un soupir de regret se perd parmi ses tissus en guise de réponse. »

« Un peu avant le coucher du soleil, je m’installe à un vieux bureau d’écolier.
Dessus, une lampe en bois flotté, un carnet de notes ligné avec élastique et un stylo-bille bleu.
J’écris pour garder une trace de mes rires, une trace de cette douce folie, une trace de ce présent–éternité.
Je veux pouvoir me relire, me relire à tout jamais.
Ne jamais oublier ce qui m’a été donné.
Non que je veuille devenir écrivaine, et puis au fond, pourquoi pas ?
On écrit parfois pour exister autrement qu’au travers de la voix.
Mais aussi pour compenser une impossibilité à dire.
Plutôt que de souffrir d’un blocage psychologique.
Je ne t’apprends rien, je ne te surprends pas, je te confirme quelque chose.
Par contre, tu es la seule à qui je parle de ce qui me tient à cœur. »

« Le vide, le plein, un peu de tout, un grain de quelque chose.
Si bien qu’elles s’efforceront de veiller avant de dormir, lune au-dessus d’elles, rondeur possible.
Sur ce, Flora allumera sa micro-chaîne, aspirant à se laisser porter par une voix.
Benjamin Biolay ? Orelsan ?
Peut-être Arthur H chantant, « la boxeuse amoureuse » :
Regardez-la danser
Quand elle s’approche du ring
La boxeuse amoureuse
La boxeuse amoureuse… »

 

Véronique Villard, enseignante depuis trente ans, a participé à un stage de lectrice aux Éditions Ramsay. Elle a également suivi une formation de correction-réécriture avec Jean-Pierre Collignon, chef correcteur au journal Le Monde. Par la suite, elle a obtenu un DUDL, diplôme universitaire de didactique de langues, à la Sorbonne Nouvelle. Enfin, elle s’est engagée dans une formation en art-thérapie et a animé plusieurs ateliers d’écriture.

Sa deuxième passion est la peinture, à laquelle elle s’adonne depuis une vingtaine d’années, exposant régulièrement en galerie d’art. Le choix du père est son troisième roman.

Adolescence, Émotion, Témoignage

Destination Rock

Un rêve de musique et de liberté
de Serge Bertrand
Broché – 29 décembre 2021
Éditions : Le Lys Bleu

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« Je m’appelle Paul, je suis né à Marseille en 1953. J’ai une histoire à raconter, mon histoire, mais aussi le témoignage d’une époque avec sa philosophie et son état d’esprit. C’est le récit, plein d’émotions, de sentiments et de musique, d’une éducation sévère et rigide, de mes souffrances, de mes joies, de mes douleurs, de mes découvertes et des rencontres qui m’ont construit et permis de rester un enfant dans ma tête. »

 

• Couv_2023-014_Bertrand Serge - Destination Rock

 

Je découvre Serge Bertrand avec ce premier roman.
Tout d’abord, j’ai été très surpris par le début du récit. Je m’attendais vraiment à plonger de suite dans un univers musical quel qu’il soit. Et bien non !
C’est dans la jeunesse de Paul, né à Marseille en 1953 que Serge nous plonge…
La jeunesse familiale de Paul se déroule toute en difficulté. Son père est trop souvent absent, d’abord parce qu’il place son travail au-dessus de tout, même de sa famille, et aussi parce qu’il a une maîtresse. Sa mère est une femme dure, avec un système éducatif très rigide. Paul lui est un passionné, un rêveur, un garçon qui très vite sort du lot et se veut indépendant. Durant tout le récit, nous évoluons dans la tête du jeune garçon qui va se transformer en adolescent, avant de devenir un homme. Nous le suivrons à travers ses difficultés scolaires puis professionnelles, à travers de nombreux voyages dans le monde entier, à travers son parcours, à travers ses joies, ses peines de cœur, ses pensées aussi, sa passion pour la musique, et les filles qui très jeune ne le laisseront pas indifférent…

Je me suis très vite attaché à lui, à sa recherche de la liberté, malgré son mal-être. J’étais heureux en le voyant prendre de bonnes décisions et ainsi de le voir évoluer.
Paul va suivre son chemin de vérité en côtoyant ses premiers flirts qui lui permettent de sortir de son monde où il se sentait bien à l’étroit, il découvrira l’amour à travers une période où la liberté fourmillait dans tous les sens. Alors, Paul s’épanouit, Paul se découvre et prend confiance en lui. Le monde tel qu’il le connaissait ne lui plaisait pas… Il va donc se créer son propre monde avec ses propres règles !
Tolérance, sérénité, sagesse et passion. Paul est quelqu’un de bien…

La plume de Serge est touchante. Il le dit lui-même, c’est son histoire, mais c’est aussi le témoignage d’une époque révolue. J’ai ressenti entre les lignes, beaucoup d’émotion, de déchirements. Une partie de sa vie a beaucoup résonné en moi. Les conflits de famille, cette impression de ne jamais être à sa place. Le refus de rester dans le moule… L’envie d’en sortir.

Avec une écriture fluide et agréable, un style qui m’a porté de chapitre en chapitre jusqu’à la dernière page…
Coup de cœur, pour cette lecture empreinte de beaucoup de sensibilité, pour la vie de Paul hors du commun, pour le destin qu’il s’est choisi !

Une excellente découverte, encore un grand merci à mon amie Blandine Carron !

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Extraits :

« Je suis très vite intéressé par les textes de l’ancien et du Nouveau Testament. L’histoire de Moïse et de Jésus, passionnante, et toutes les valeurs morales qu’elle porte trouvent un écho en moi. Quand je lis les dix commandements, j’y trouve de la logique du bon sens et je me dis que si tout le monde respectait et appliquait ces préceptes moraux, nous vivrions tous en harmonie et en paix. J’aime particulièrement le message puissant de Jésus parlant de fraternité, de tolérance, de sérénité et de sagesse. »

« Paul, il est important que tu réalises tes rêves et tes passions. Trop de gens cachent derrière l’effigie du faux-cul, leur absence d’idées et de fantaisies. Ils s’enterrent dans le confort d’une vie médiocre, passent trop souvent à côté des choses merveilleuses sans le savoir. Profite tant que tu peux, vis intensément tes expériences, elles t’appartiennent. Personne ne pourra te les voler. Ne te préoccupe pas de ces personnes déshumanisées, ce ne sont que des marionnettes. Écoute ton cœur et suis ton chemin. »

« Le concert attaque. Le volume sonore est énorme. Chaque note me propulse en avant. Je ressens une impression de puissance. Ce moment dont j’ai tant en rêvé est arrivé, je le vis, il est là ! La peur que j’éprouve disparaît aussitôt comme neige au soleil. »

 

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires, Serge Bertrand trouve de la motivation pour écrire son premier livre. Destination Rock propose un voyage à Marseille sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.

Adolescence, Émotion, Histoire

L’Arpenteur de rêves

de Philippe Lemaire
Broché – 4 novembre 2021
Éditions : de Borée

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Une équipe de tournage dirigée par un des plus grands cinéastes des années 50 s’installe à Attigny dans les Ardennes pour réaliser en extérieur quelques-unes des séquences les plus importantes d’un film, L’Arpenteur de rêves, qui évoque la jeunesse de Rimbaud et ses amours tumultueuses avec Verlaine. Toute la vie du bourg, rythmée à la fois par les campagnes sucrières et le passage des péniches qui franchissent son écluse, va en être bouleversée comme le sera la vie monotone et solitaire de la jeune Clémence.

 

• Couv_2023-012_Lemaire Philippe - L'arpenteur de rêves

 

L’Arpenteur de rêves, se déroule dans les Ardennes…

Clémence, jeune fille attachante de dix-sept ans, rêve d’amour et d’une vie meilleure, en effet, jusqu’à présent elle n’a pas eu une vie franchement facile. Très tôt abandonnée par son père qu’elle n’a jamais revu, une mère qui agit comme si elle n’existait pas, elle vit son quotidien comme un jour sans fin. Elle trouve un travail comme serveuse au village, au “Bar de l’Écluse”, et là encore les rapports avec sa patronne, Léonie Franquin, sont difficiles et conflictuels, mais elle s’accroche à ce poste sans intérêt qui lui donne quand même un soupçon de liberté.
Un jour, sa patronne l’informe qu’elle va devoir partir quelques jours voir sa sœur, et qu’elle la laisse le soin de tenir le bar durant son absence. Mais quelle fut sa surprise en voyant arriver le lendemain, Julieta, qu’elle connaît de vue et qui n’est pas vraiment son amie, qui lui explique qu’elles vont travailler ensemble, pendant l’absence de Franquin !
Encore une fois, son rêve de liberté s’évanouit…
Mais, petit à petit, la roue de la vie semble tourner, avec “Rimbaud” et “Verlaine”, elle en oubliera même la monotonie de sa vie !

Encore une fois, l’écriture fluide et réaliste de Philippe Lemaire fonctionne. On remonte le temps avec une telle évidence, j’ai tout de suite été immergé dans ce petit village durant les années 50 qui se remet à peine de la dernière Guerre. L’atmosphère est fort bien ressentie, la vie difficile des habitants, les commérages, la médisance, un climat dur où rares sont les distractions.
Mais la magie du cinéma arrive bientôt…

Après avoir lu, La forêt des violons et Le miroir aux mirages, même si j’ai aimé L’Arpenteur de rêves, je l’ai quand trouvé, en dessous des deux autres, mais cela reste un avis personnel et je continuerai à lire ses autres romans avec plaisir…

Merci à Virginie pour cette lecture…

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Extraits :

« La jolie Clémence Fourquet avait des rêves plein les mollets. Chaque coup de pédale la grisait en la propulsant dans une liberté imaginaire. La même chanson se répétait chaque matin. L’idée même de liberté est un alcool qui enivre quand on a tout juste dix-sept ans. Son rêve ? Un truc tout simple. Un matin, elle se lèverait, rassemblerait tout son fourbi dans une valise, y compris sa trousse de maquillage qui avait rendu sa mère furieuse, et salut la compagnie ! »

« Les péniches, qui s’arrêtaient transportaient aussi dans leurs cales, outre le charbon, le sable ou le blé, des paysages lointains qui provoquaient en elle une envie irrésistible d’évasion. C’étaient autant de cerfs-volants colorés qui se mettaient à tournoyer dans sa tête. Elle fut presque jalouse du nourrisson qui continuait de téter et qui les découvrirait bientôt sans se rendre compte de sa chance. Il allait traverser de grandes villes, s’arrêter dans d’autres ports, connaître d’autres gens, tandis qu’elle, elle resterait enfermée entre les quatre murs de son horizon, de champs, de bois et d’abreuvoirs à vaches. »

« Clémence aurait aimé éprouver davantage d’émotion en apprenant la mort de cet inconnu qui était son père. Cette page de sa vie qui se tournait la laissait indifférente, un peu comme si cette mort de la concernait que de loin. Pourtant, combien de fois avait-elle espéré le voir apparaître souriant et volubile avec, comme une fleur accrochée à la boutonnière, le récit d’un voyage lointain ? Ou d’un exploit qui aurait sidéré le monde. »

 

Philippe Lemaire a longtemps été journaliste, présentateur du journal télévisé de France 3 Rhône-Alpes Auvergne.

Auteur de chansons et réalisateur de films documentaires, il se fait remarquer dès son premier livre Les Vendanges de Lison (2003).

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a notamment publié La Mélancolie du renard (2015), son son neuvième roman, L’Enfant des silences (2013) et Rue de la côte-chaude (2011). Il prouve une fois de plus son talent dans La Forêt des violons, son seizième roman.

Ardennais, Il vit en Rhône-Alpes depuis de longues années.

Les racines de Philippe Lemaire, justement, ce sont les Ardennes.
« Quand je reviens à Saint-Laurent, je ressens les choses différemment, je me sens heureux, simplement. C’est difficile à expliquer, c’est un peu comme si j’avais les ombres de mes grands-parents à mes côtés.»

Le cheval de bataille de l’écrivain, c’est aussi d’essayer de convaincre que la lecture, c’est indispensable. « Lire, c’est fondamental, explique-t-il. Cela permet de s’évader, de réfléchir, de structurer sa vie. »
Philippe Lemaire s’est mis à la lecture lorsqu’il avait six ans. « Ma grand-mère lisait des romans photos, ça a été mon premier vrai contact avec les livres. Et puis j’ai rencontré un professeur de Français en quatrième, qui écrivait des pièces de théâtre, et les choses se sont enchaînées. »
L’auteur ardennais met aussi, et surtout, de sa vie dans ses romans. « L’écriture traduit une émotion. Si j’angoisse, le lecteur s’en rendra compte. Si je suis tendu, heureux, cela se verra. Toute ma vie j’ai écris, je serais incapable de m’arrêter. Je pourrais même écrire s’il le fallait des modes d’emploi. C’est mon métier, c’est comme si j’étais artisan ou même employé, c’est comme ça. »
Et Philippe Lemaire a choisi son style. « J’écris des romans aux personnages simples. Je n’aime pas les romans “coffre-fort” où les lecteurs doivent chercher des combinaisons compliquées », précise-t-il.

Adolescence, Émotion, Histoire vraie, Témoignage

La dame de Pa Co Ja

de Elsa Morienval
Broché – 14 novembre 2022
Éditions : Nombre 7

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Intriguée par le personnage qu’était Germaine, sa grand-mère, Elsa Morienval entame des recherches pour découvrir les raisons derrière son masque d’indifférence, ses « attitudes de vieille bourgeoise déchue ».

Diplômée, employée et mariée, la jeune femme a un destin tout tracé. Cependant, avec la fin des années folles arrive la Crise de 1929. L’entreprise de son mari fait faillite, leur statut social dégringole. Germaine et sa famille devront faire face à de nombreuses épreuves, à commencer par rembourser les dettes accumulées.

Avec La dame de Pa Co Ja, explorez les réalités du quotidien d’une femme au début du XXème siècle.

 

• Couv_2023-010_Morienval Elsa - La dame de Pa Co Ja

 

Qui était Germaine ?
Voilà la question que se pose Elsa Morienval, concernant sa grand-mère, femme énigmatique aux nombreux secrets. Au fil des chapitres Elsa va nous offrir une partie de son enfance, une partie de sa vie. Petit à petit, elle va dessiner le visage de celle qui aura passé sa vie à essayer de conserver le statut bourgeois qu’elle avait a sa naissance, mais la vie, ainsi que certains mauvais choix de sa part en auront décidé autrement…

C’est un récit dur et émouvant où malheureusement l’amour n’est que très peu présent. Au fur et à mesure où les années passent, les membres de la famille tissent des liens d’obligations, plus que des liens de filiations. Tout est très compliqué, les non-dits, les erreurs qui sont commises par plusieurs générations, créées des tensions où le pardon n’est que rarement accepté. J’imagine difficilement le courage qu’il aura fallu à l’auteure, pour rassembler tous ces éléments et rédiger cette exploration personnelle au sein même de sa famille. C’est très intime, mais Elsa l’aborde avec toute sa sincérité.

J’ai été touché, pas ce récit souvent triste. On traverse des guerres, des crises, économiques et autres, des décès, mais c’est bien la vie qui mène cette histoire riche et très visuelle, comme une parenthèse posée en plein XXe siècle.

Une lecture agréable et lente qui par résonance m’a fait remonter certains de mes propres souvenirs familiaux…

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Extraits :

« C’est un jour particulier. Nous partons à l’enterrement de ma grand-mère maternelle.

Alors que mon père et moi faisons la vaisselle du matin, la sonnerie du téléphone gris à cadran retentit dans l’entrée de l’appartement. Sans réfléchir, je me souviens avoir dit à mes parents : ça y est, c’est Lucien, il est mort. Ma mère décroche l’appareil. En effet, Lucien, le frère de ma grand-mère vient de mourir. Mon grand-oncle était dans le coma depuis des semaines, mais il a visiblement choisi de disparaître le jour de l’enterrement de sa sœur. »

« Germaine avait cinq ans quand ses parents ont divorcé, le mariage a duré dix ans. Elle n’en parlait jamais. D’ailleurs, elle ne parlait jamais de sa jeunesse. Elle n’a jamais évoqué l’alcoolisme de son père, elle était trop jeune, probablement. De son enfance, on ne sait pas grand-chose sinon qu’elle a toujours aimé les animaux. Elle avait même acquis un petit singe, où, à quelle occasion, nul ne le sait. Elle a été réglée (formée, comme on dit…) très jeune, à l’âge de neuf ans. Elle a cru qu’elle allait mourir. Les mères ne disaient rien à leurs filles, elles découvraient seules, ce ruissellement, de sang entre les cuisses. Cela ne se disait pas, et encore moins dans le milieu bourgeois. »

« Alors que les pantalons à pattes d’éléphant, et que les couleurs orange et vert pétant, régnaient en maître, que Valéry Giscard d’Estaing devenait président de la République, beaucoup d’événements heureux et malheureux se sont déroulés dans notre famille. »

 

Elsa Morienval est née en Seine Saint-Denis, angliciste de formation, intéressée par le monde anglophone, elle est enseignante.

Elle a écrit des nouvelles et a publié dans une revue littéraire.

Elle signe Échappée en Ulster chez Nombre7 en 2020

https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/12/echappee-en-ulster/

et sa traduction en anglais My Ulster haven en 2022 chez le même éditeur.