Amour, Émotion, Humour, Philosophique, Poésie

Pensées Clandestines

de Lou Valérie Vernet
Broché – 27 avril 2018
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Tout laisser tomber.
Ce qu’on avait à faire, ce qu’on faisait.
Tout donner à l’autre,
Prendre le temps d’être avec lui.
Cinq minutes ou une heure,
Complétement là.
S’apercevoir que cet autre n’était que soi,
Qui attendait qu’on le prenne dans ses bras.

 

• Couv_2024-070_Vernet Lou Valérie - Pensées Clandestines

 

“Petite” lecture de chevet qui m’a accompagné partout pendant quelques semaines…

Très beau recueil de pensées et plus encore. Lou à l’art de me surprendre à chacun de ses livres. Pensées Clandestines n’échappe pas à la règle.
Sourires, larmes parfois, mais émotions surtout, ce petit livre m’a fait passer par tous les états. Chaque page, chaque ligne, chaque mot est une véritable surprise que l’on ne voit pas arriver.

Entre chansons, comptines et poésie, l’auteure nous démontre encore une fois la maîtrise de son art. C’est beau, c’est triste et tellement puissant.

Impossible de vous dire combien de fois, je l’ai relu, mais chaque passage était comme un baume sur mon esprit et dans mon cœur. Le matin au réveil, le soir avant de m’endormir, parfois juste une phrase à peine.
N’hésitez surtout pas à le conserver tout proche de vous et de revenir régulièrement piocher le mot qui vous permettra de vagabonder, de vous envoler loin, très loin devant…

Les pensées que Lou nous offre appartienne à la vie. Elle ne triche pas et c’est là son grand talent.

Coup de cœur !!!

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Extraits :

« Aux pires cauchemars, les grands remèdes.
Que vous soyez en plein burn-out, sous la pluie, coincé dans un embouteillage, tributaire d’une grève, le moral à zéro, désespéré d’avoir manqué une fois encore la chance de votre vie, ce florilège de pensées est pour vous. »

« Il y a des femmes qui font rêver à l’amour, à qui l’on pourrait tout concéder, chez qui on voudrait tout déposer.
Des femmes pour qui les mots doux, les fleurs et la passion ont été inventés.
Des femmes qui restent longtemps à hanter le cœur d’autres femmes. »

« Tant mieux. S’il meurt demain. Tant mieux.
Il n’avait qu’à m’écouter. Je ne voulais pas que ma dernière pensée soit pour ce que je n’ai pas fait.
J’ai pris l’arme et j’ai tiré. Une fois, il est tombé.
Deux fois, moi à côté. C’est bien. Si on meurt ensemble. C’est bien.
Au moins, on ne sera pas séparé. »

« Le matin s’est levé sur un ciel noir.
L’orage était là. En attente. Une chape de misère recouvrait Paris. Les immeubles étaient gris, les costumes noirs, les visages blêmes. Plus personne ne souriait dans les rues. Une sourde colère plombait l’atmosphère. Les gens étaient malheureux. Et moi, j’allais hagarde. Sans rien voir.
Je savais qu’il était trop tard. »

« Je déclame et j’écris des murmures de souffrance. Mes horizons sont noircis du feu de mes errances. J’ai perdu le sommeil, il dort mieux ailleurs.
L’amour m’a quitté, elle aime quelqu’un d’autre, autre part. »

Auteure multicartes, Lou Valérie Vernet a déjà publié trois thrillers, deux polars et sept autres livres passant du récit humoristique aux fragments de voyage, du Feel Good au spicilège poétique, du recueil de nouvelles au théâtre. Tous ses ouvrages confirment son talent à manier en virtuose l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Toucher l’instant : ou la trilogie du choix
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/17/toucher-linstant-ou-la-trilogie-du-choix-de-lou-vernet/

Surtout le pire
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/surtout-le-pire-de-lou-vernet/

Acouphanges
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/19/acouphanges/

La toile aux alouettes
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/01/la-toile-aux-alouettes/

Matricule 2022
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/27/matricule-2022/

Grand comme le monde
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/11/grand-comme-le-monde/

Amour, Polar, Roman, Science Fiction, Thriller

Projet Aurora 2142

de Michael Fenris
Broché – 1 juin 2024
Éditions : Des livres et du Rêve

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Années 50, Purdence, petite ville oubliée du Nouveau-Mexique au nom mal orthographié, que personne n’a jamais songé à corriger.
Perdus dans ce désert, le shérif Stone et son adjoint Brent mènent une vie monotone, entre chaleur étouffante et beuveries du samedi soir.
Jusqu’au jour où un cadavre est retrouvé, comme tombé du ciel.
Son corps a subi de multiples opérations, son squelette est recouvert d’une matière inconnue tout comme sa mystérieuse combinaison orange.
Le médecin local est dépassé. Y a-t-il un lien avec les bases militaires voisines et leurs récents essais nucléaires ?

Michaël Fenris nous livre une œuvre captivante entre polar et science-fiction.
Une plume efficace à découvrir de toute urgence.

 

• Couv_2024-062_Fenris Michaël - Projet Aurora 2142

 

1955.
Ville de purdence, complètement perdue dans le désert. Le shérif Stone et son adjoint Brent occupent comme ils peuvent leur quotidien bien monotone, quand un jour, ils sont appelés suite, à la découverte d’un cadavre qui n’a plus de visage et semble tombé du ciel !
Il est brisé en mille morceaux, est vêtu d’un type de combinaison orange que personne n’a vue jusqu’à présent, et porte aussi un étrange médaillon autour de son cou.
Le médecin légiste qui récupère le corps se rend compte que la victime a été greffé sur tout le corps avec des prothèses utilisant des matériaux et une pratique médicale encore inconnus.
Qui est ce personnage ? D’où vient-il et où a-t-il pu bénéficier de cette intervention médicale extrêmement pointue ?

Michael Fenris aligne les phrases et fait défiler ses chapitres d’une main de maître dans ce roman inclassable, qui oscille régulièrement entre polar, roman d’espionnage, de guerre et de science-fiction.
J’ai pris énormément de plaisir à retrouver sa plume et ses dialogues gouailleurs, malgré un suspense constant et une volonté flagrante de perdre son lecteur. Et il y parvient parfois, et c’est à chaque fois pour mieux rebondir. On va suivre ainsi une enquête, où chaque nouvel élément trouvé va perdre un peu plus nos policiers au point qu’ils se perdront d’abord complètement avant de recevoir un message qui va les retourner !
Des rebondissements constants, une fin étonnante, et cerise sur le gâteau, une belle histoire d’amour qui arrive à se glisser très agréablement dans le récit, je ne peux que vous conseiller ce roman “mélanges de genres” très bien ficelé !

Un grand merci à Angie Lollia, des éditions Des livres et du rêve, qui m’a permis de m’amuser, en réalisant cette couverture complètement folle !!!

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Extraits :

« Le mort est tel que ce vieux Buggy l’a déclaré. Allongé dans le sable, enfoncé, une main en griffe tendue vers le ciel comme s’il cherchait à implorer quelque chose, ou quelqu’un. Sa jambe droite forme un angle de quatre-vingt-dix degrés avec le reste du corps, elle part vers l’extérieur, le pied en haut. Quant à son visage, il n’existe plus. »

« – Comment ça va, shérif ?

Stone hausse les épaules. On fait aller.
– Alors, c’était vrai ce que racontait Buggy ? À propos du macchabée ?
La question irrite le policier. Cette vieille outre a dû en parler aux trois-quarts de la ville.
– Je croyais que personne ne prêtait attention aux délires de ce poivrot. »

« Le corps d’un individu d’une trentaine d’années, équipé de multiples prothèses de très haute technologie, dont même nos plus éminents chirurgiens ignorent le principe. J’ajouterai que le défunt était vêtu d’une combinaison recouverte de fils d’un métal extrêmement résistant, et qu’il présente tellement de fractures qu’il semble être tombé d’un avion en vol.

– En quoi cela me concerne-t-il ?
– L’homme en question possédait une plaque d’identification au nom de Tom Briard, né le 26 mars 1910.
– Un faux, assurément ! »

« Debout sur la terrasse de sa maison, Anthony Stone fume une cigarette, nu comme un ver. Dans la chambre à côté, Sarah-Lou Cornell dort à poings fermés. Lorsqu’il est rentré de chez Buggy, elle s’est précipitée sur lui, presque désespérée, incapable de contenir son émotion de le voir sain et sauf. Elle l’a littéralement harcelé de questions auxquelles il a répondu de façon évasive, avant de le tirer en direction du lit. Ils ont fait l’amour doucement, c’est elle qui a pris la direction des manœuvres, le laissant allongé sur les draps tandis qu’elle s’installait sur lui. »

 

Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.
Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.

Sont respectivement sortis :

Chez Prisma
– Feuilles en 2015,
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/17/feuilles/
– le Syndrome Noah en 2016,
– Thérianthrope en 2018,
– L’île en 2019,
– Déviation en 2020
– Émersion en 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/19/emersion/

Chez Evidence
– Neige,
– Whistlers,
– Horizons Funèbres
– Le Fétichiste.

Chez Eaux Troubles
– Diamants sur Macchabées (reprise d’un auto édité)
– Vengeance sur Pellicule.

En autoédition
– Aaverhelyon,
– Diamants sur Macchabées 1° version
– les 7.

En parallèle il développe les aventures de Don et de Luc Dassaut sous un autre nom, et travaille au scénario de plusieurs BD.

Amour, Émotion, Drame, Historique, Roman

De sang et d’encre

de Jacquie Béal
Broché – 2 janvier 2019
Éditions : Terres de l’Ouest

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Dans le Périgord du XVIe siècle, les conflits entre catholiques et protestants font rage. Dans cette lutte sanglante, Landry et sa petite soeur voient leurs parents mourir sous leurs yeux. Les deux orphelins s’enfuient et trouvent refuge chez un imprimeur qui les prend sous sa protection. Landry devient colporteur et, au péril de sa vie, diffuse des livres emplis d’idées neuves et d’appels à la résistance. En chemin, le jeune homme découvre le goût de la liberté de vivre et de penser. Au milieu du chaos, Landry fait également une rencontre qui change sa vie : Mathilie, fille de gentilhomme et catholique. À ses côtés, il apprend que l’amour ne connaît pas de barrières sociales. Mais, dans la tourmente de l’Histoire, la conquête du bonheur a forcément un prix…

 

• Couv_2024-061_Béal Jacquie - De sang et d'encre

 

Je découvre la plume fluide et très élégante de Jacquie Béal, sa passion pour l’histoire est évidente, mais surtout sa passion pour les mots. Les dialogues sont superbes, au point de m’avoir fait traverser de temps, et permis de vivre au côté de Landry durant quelques pages.

Landry, c’est le personnage “phare” du roman. Un jeune homme qui dès le début du roman perd ses parents et se retrouve tout seul avec sa petite sœur Francette devenu aphasique suite au drame. Landry, va grandir et évoluer tout le long du récit. D’abord protecteur de sa sœur, il deviendra colporteur pour l’imprimeur qui les a recueillis dans sa famille d’obédience protestante. C’est un jeune homme bien, qui fait toujours son possible pour aider et faire ce qui est juste autour de lui. Il hait la guerre et refuse de choisir un camp en cette période si sombre et si troublée des guerres de religion.

L’auteure de par son analyse très subtile, nous montre la vie et les tourments que vivaient la plupart des gens qui par peur, n’avaient pas d’autres choix que d’adhérer à la religion imposée par leur seigneur. Landry arrive par ses doutes, ses interrogations, à passer outre. Il sait qu’il y a du mauvais partout, et que les bons aussi se cachent, qu’elle que soit leur religion, de crainte de mourir. Puis, un jour Landry, pendant l’une de ses expéditions, rencontre une jeune fille de “bonne famille”, orpheline aussi, mais de religion catholique, Mathilie.
Pour lui, c’est un coup de foudre !
Mais comment une fille bien née, pourrait-elle s’intéresser à lui, alors qu’ils n’ont même pas la même Religion ?

Jacquie m’a agréablement surpris durant toute ma lecture, mais surtout à deux niveaux. Tout d’abord pour sa remarquable érudition sur les sujets traités, et aussi pour avoir choisi un homme pour personnage principal, lui offrant ainsi toutes les pensées féminines qui sont en elle, faisant de Landry un personnage auquel on s’attache très vite…
Par contre j’espère qu’une suite sera prévue, car le lecteur que je suis est resté sur sa faim !

Cet excellent roman décrivant avec précision les horreurs de la guerre, la famine, les maladies, les fléaux de l’époque, les mentalités et les coutumes de la noblesse, les persécutions qu’ils faisaient endurer à ceux qui n’étaient pas bien “nés”, s’adressera plus particulièrement aux passionnés d’Histoire, et du Moyen Âge…

Personnellement, je Valide !!!

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Extraits :

« De cachette en cachette, il s’était tenu à l’écart des maisons, car les paysans, excédés, étaient devenus des meurtriers. Ils tuaient sans même chercher à savoir si vous étiez papiste ou parpaillot. Ils tuaient parce qu’ils avaient pris goût au sang.
Mariotte pleura son homme. Parfois, elle imaginait qu’il pourrissait dans une fosse commune. Avait-on séparé les catholiques et les protestants ? Un trou pour les uns, un trou pour les autres ? »

« – Te mets pas en peine, Ricou. La mère en veut au monde entier depuis que mon père est mort.
– Je sais bien. Remarque, elle a raison de dire que la guerre, c’est pas tant beau que ça. La guerre, c’est beaucoup de sang et de souffrance, sauf quand on la fait comme les seigneurs : la piétaille devant comme chair à canon et la cavalerie derrière, dans ses plus beaux habits. Ceux qui commandent observent bien à l’abri, et ils empochent la victoire et les honneurs. »

« Ils se mirent en route. Au-delà du bois, c’était l’inconnu. Landry avait déjà fait la route jusqu’à Villamblard, et il savait que Bergerac se trouvait à quelques lieues de marche seulement, mais Francette se fatiguait vite et ne pourrait pas supporter de trop longues étapes. »

« – Après la bataille de Moncontour, la Double était parsemée de cadavres : des soldats, des femmes, des enfants…
– Crois-tu vraiment que ces femmes et ces enfants ont été tués au nom de Dieu ? Pour de nobles raisons ?
C’était le chaos. On avait l’impression de traverser l’Enfer. »

« Quand la haine s’allie au désordre, la violence l’emporte toujours sur la raison. »

Agrégée de Lettres et enseignante, Jacquie Béal se consacre à l’écriture. Elle vit en Périgord où se situe l’action de ses romans, notamment La dame d’Aquitaine et Le Temps de l’insoumise. Amoureuse du langage et de l’Histoire, grande et petite, elle fait vivre ses personnages dans l’atmosphère des siècles passés.

Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Pages volées

d’Alexandra Koszelyk
Broché – 23 août 2024
Éditions : Aux Forges de Vulcain

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Quand des pages entières de votre vie vous ont été volées, comment faire pour les retrouver, si ce n’est les écrire ?

Les parents d’Alexandra meurent dans un accident de voiture alors qu’elle n’a que huit ans. Elle est recueillie avec son frère par sa tante. Tandis qu’elle grandit entre premiers amours et amitiés adolescentes, un immense vide demeure en elle. Qui est-elle ? L’orpheline ? L’Ukrainienne ? La jeune fille qui aime les histoires ?

Vingt ans plus tard, alors qu’elle revient en Normandie, elle entreprend une enquête sur ce qui a permis sa survie : la langue, la littérature et l’écriture.

Un récit poignant sur ces continents intérieurs que nous habitons et qui nous habitent.

 

• Couv_2024-060_Koszelyk Alexandra - Pages volées

 

Tout d’abord, un très grand merci à Babelio et aux éditions “Aux Forges de Vulcain” pour m’avoir permis de lire ce livre très touchant.

Ce n’est pas le premier roman d’Alexandra koszelyk que je lis.
Fin 2019, dans le cadre de l’un de nos dîners littéraires, nous l’avions reçu pour son premier roman, “À crier dans les ruines”. Roman qui m’avait beaucoup ému pour sa finesse et sa psychologie. L’histoire de deux adolescents, Léna et Ivan, qui se retrouvent séparés suite à la terrible catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à Tchernobyl. J’avais pris son roman comme une ode à la vie, à la liberté et à l’amour… Mais aussi comme une sorte de lien entre son passé et son présent ! J’ai découvert, à ce moment-là, une auteure qui me semblait timide et en même temps très souriante. Je la regardais, elle semblait heureuse d’être en notre compagnie, et nous a expliqué longuement d’où lui était venu l’idée du récit. Je la regardais encore, et je voyais “comme des absences”, ses yeux ne bougeaient plus. Comme si, nous la perdions parfois. L’émotion ? Mais nous avons tous passé une excellente soirée.

Aujourd’hui, après avoir terminé “Pages volées”, je pense avoir compris…
Je pense que par moments ce n’était plus Alexandra qui participait à notre dîner, mais peut-être “la petite” Alexandra qui nous ouvrait son cœur, avec des mélanges de sentiments : Je suis tellement heureuse d’être là parmi vous ! La littérature m’a vraiment aidé à me battre ! Papa, maman, je sais que vous me voyez d’où vous êtes… Je me sens tellement bien ! Certaines personnes ont ce don-là. Celui de toujours communiquer avec leur “petit moi”…

Avec “Pages volées”, elle ressent le besoin de partager sa vie, son passé avec son “petit moi”. Alexandra nous ouvre son cœur sur sa petite enfance et sur un événement qui aurait pu l’anéantir… La perte de ses deux parents dans un accident de voiture, alors qu’elle n’avait que huit ans et demi. J’ai retrouvé dans ce nouveau récit, cette force poétique dans de nombreuses phrases, cette force qui m’avait déjà embarqué dans son autre récit, ce besoin mettre des mots sur des sensations… Ou comment grâce à l’enseignement, les différentes langues qu’elle a étudié, son amour de la lecture l’amène très vite et naturellement au plaisir de l’écriture lui permettant dans ce récit tout particulièrement, d’écrire les chapitres qui lui manquaient peut-être dans la construction de sa vie.

Un livre très émouvant, qui m’a permis de me poser de nombreuses questions sur ce que nous sommes et ce que nous sommes prêts à réaliser dans notre vie, malgré les nombreuses embûches que nous pouvons subir, les différents traumatismes que nous pouvons vivre. Alexandra nous dit dans son livre qu’elle est née à huit ans, sept mois et douze jours. Aujourd’hui je comprends cette phrase…

La forme et le fond rédigé par Alexandra, nous amènent ce très beau livre comme un cadeau précieux qu’elle nous offre, mélangeant passé, présent, peine, courage, force et amour…

J’espère que ton “petit moi” vit sa vie présente avec bonheur.
Ton livre poétique et émouvant d’où se dégage une force très positive, m’a fait énormément de bien…
Merci Alexandra, pour ce que tu es. Quel bel exemple d’accomplissement tu nous offres !

À lire absolument…

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Extraits :

« “Pourquoi une histoire sur tes origines ? me demande mon oncle. Tu as déjà écrit deux romans qui y font allusion.
– Cette fois-ci, je n’ai pas envie d’écrire un roman.
– Tu veux parler de toi ? Entre autres. De moi, de l’identité, de la place qu’on occupe, de l’importance de la littérature, des mots et des langues. De mes parents, aussi.
– Mais tu n’as pas de souvenirs d’eux, que vas-tu faire ? Les inventer ?”
L’invention de mes parents. L’invention d’une vie. »

« Je suis née à huit ans, sept mois et douze jours.
Des cris de partout, à gauche, à droite, impossibles à faire taire. L’ensemble des pleurs en concert improvisé provient d’une quinzaine de nouveau-nés qui à eux tous cumulaient au maximum trente-deux jours.
De là où je suis, je ne vois rien, je ne fais qu’entendre ces cris. »

« Immédiatement après l’annonce de la mort de mes parents, il a fallu que je connaisse toute la vérité, si terrible soit-elle, si durs soient les mots et les images. Je ne savais pas à quel point établir une exactitude est une sorte de graal impossible à atteindre. Et si certaines réponses remplissaient des vides, elles ne les comblaient pas tous. »

« Je regarde le calendrier.
Dans moins d’un mois, le 19 août, jour de l’accident, je serai de nouveau cette petite fille qui perd ses parents. Il me faut alors écrire, écrire contre le temps, les retrouver, dans ce cahier noirci de leurs contours, attraper quelque chose que je ne saurais pas encore. Le temps joue contre moi. Cette date me terrifie autant qu’elle me galvanise.
Je replonge dans les jours de deuil. »

« Les livres sont ces histoires qui me permettent de saisir que la vie est faite d’embûches dont il faut se relever.
Je ne le sais pas encore, mais je suis sur le chemin du deuil.
Si les adultes ne peuvent répondre à mes questions, les livres le font.
La langue écrite, langue du savoir, de la distance, du choix des mots, d’un rythme, me permet des bonds de pierre en pierre, d’histoire en histoire, d’aller plus loin que l’expérience acquise dans une vie seule. »

 

Alexandra Koszelyk est née en 1976 à Caen. Ayant vécu dans son enfance dans une commune située près de Caen (Normandie), elle mène dans cette ville ses études secondaires et supérieures.

Elle devient professeure de lettres classiques dans les Yvelines, tout en se consacrant à l’écriture. Elle est lauréate de plusieurs prix comme le prix Vleel 2022, ou le Prix Totem des lycéens 2020.

Chez Alexandra Koszelyk, le surnaturel s’invite dans les grands et les petits drames de l’Histoire, avec des romans « sidérant de poésie et d’actualité ». Cette écrivaine a baigné dans la culture ukrainienne héritée de ses grands-parents, émigrés en France dans les années 1930 (venant de la région de Galicie).

C’est aussi une blogueuse littéraire.
Sur son blog “Bric à Book”, elle organise chaque semaine des ateliers d’écriture.

– À crier dans les ruines, 2019.
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/22/a-crier-dans-les-ruines/

– La Dixième Muse, 2021.
– Le Sanctuaire d’Emona, 2022.
– L’Archiviste, 2022.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire

Le Courage des Lâches

de Wendall Utroi
Broché – Grand livre, 3 avril 2024
Éditions : La Trace

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Années 30, cinq adolescents des corons du Nord grandissent dans l’insouciance de l’enfance, pourtant le destin les conduira à traverser les années sombres d’occupation allemande et, bien malgré eux, à vivre loin de chez eux. Une histoire d’amitiés, d’amour, de dons et de sacrifices, de courage et de lâcheté…
Un récit déroutant d’enfants devenus trop vite adultes et confrontés à des choix déchirants qui marqueront à jamais leurs vies.

Destins croisés et tragiques de 5 enfants, des années trente à l’occupation Allemande : Une histoire d’amitiés, d’amours, de dons et de sacrifices, de courage et de lâcheté…

 

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Le courage des Lâches

Un roman qui bouscule, une belle histoire, une lecture qui m’a complètement embarqué dès les premières lignes, impossible une fois encore de le lâcher, les pages défilent à toute vitesse, et puis c’est la fin… Il est bouleversant, je suis bouleversé, ému aux larmes, et une question tourne dans ma tête, depuis que j’ai terminé ce livre. Une question pour laquelle je n’ai pas de réponse. Une question pour laquelle je ne veux surtout pas de réponse…

Qu’aurai-je fait à leur place ?
Comment supporter la haine et la violence ? Comment ne pas craquer durant une torture qui n’en finit pas ?
Aurais-je été un homme courageux ou bien un lâche ?

1930. Nous sommes dans le nord de la France. Nos héros, une bande de copains qui ont une dizaine d’années, voient arriver dans leur classe un nouveau. Radek. Il est courageux et volontaire, très vite, il intégrera la bande. Pendant une dizaine d’année, “la bande à Bouboule” qui réunit cinq adolescents, va développer des valeurs d’amitié, d’empathie et d’entraide qui se révéleront cruciales pour les années sombres qui s’apprêtent à venir. En effet, la guerre va les cueillir en pleine adolescence.

Ce roman sur fond historique a tout pour plaire. Une écriture fluide et directe, de beaux portraits d’hommes et de femmes, je pence qu’il restera gravé dans mon esprit.
Comment ne pas adhérer à la puissance de ce récit plein d’humanité, malgré la période noire de la Seconde Guerre Mondiale ?

La plume de Wendall est magnifique, puissante. D’ailleurs, j’ai été très heureux de voir qu’il avait intégré les éditions La Trace, que j’affectionne tout particulièrement…
Un grand merci Wendall pour ce voyage dans le temps, ton récit mérite une très longue vie… et un grand merci/câlin à Martine de me l’avoir transmis.

L’histoire d’une bande d’amis qui ne vous laissera pas indifférents !
Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ?

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Extraits :

« Trois jours que le ciel épanchait son malheur sur le plat pays. La cour de récréation parsemée de flaques d’eau, désertée, n’était plus qu’un vague souvenir de cette marée humaine qui d’habitude écumait sa surface. En ce jour de la mi-octobre 1931, agglutinés sous le préau qui résonnait des cris, les garçons de l’école primaire Pasteur se chamaillaient pour une bille ou un calot, bêlaient d’impatience à qui serait le loup. »

« Le maître avait parlé, sa colère s’était refroidie. En notre nom à tous, il présenta ses excuses au jeune Polonais, ce qui surprit tout le monde. Il invita Radek à le suivre au fond de la classe, la, il lui montra le seul pupitre inoccupé, celui situé à ma droite. Puis, d’une voix à marée basse, il s’adressa à moi :
– Pierre, je te charge de lui apprendre les finesses de notre langue, tu t’occuperas de cela pendant les récréations… »

« Ma gorge se noua dans l’instant, l’estomac la seconde suivante. Une fois à ses côtés, le maître me dévisagea, puis sans un mot, il déposa sa règle de métal carrée sur l’estrade.
– Vous connaissez la sanction… à genoux sur la règle et les mains sur la tête, nous verrons si cela vous donne encore envie de sourire.
Les quelques murmures qui avaient suivi ma progression dans l’allée s’étaient éteints, le silence compatissait. Monsieur Leblanc reprit son cours. »

« – Messieurs, je suis très fier de vous, vous venez d’agir avec noblesse, avec cœur pour sauver votre jeune ami Radek d’un futur bien sombre. Aujourd’hui, vous êtes devenus des hommes, des hommes dignes de ce nom.
Je veux que ce secret reste entre nous, ne parlez à personne de ce qui vient de se passer, ni à vos familles, ni à vos amis. Gardez en vous ce moment, comme un moment de bravoure qui vous élève. »

 

Wendall Utroi, ancien policier formateur, vit aujourd’hui à Romans-sur-Isère. Il diffuse son premier roman sur Internet en 2014 et rencontre un succès inespéré.

“Auteur de dix romans, j’écris en pensant toujours à me faire plaisir et à surprendre le lecteur. Au travers de ces histoires, je tente de véhiculer un message, une douleur, une crainte ou tout simplement les émotions qui font le lot de chacun d’entre nous. Investigateur, instructeur, et policier, mon métier m’a permis d’entrevoir les différentes facettes de l’Homme ; bonnes, mauvaises, odieuses ou merveilleuses.”

Il reçoit en 2018 le Prix des lecteurs des plumes francophones.
L’un de ses romans, Wanda, a fait l’objet d’un court métrage tourné au Canada ayant remporté deux prix internationaux.

Amour, Émotion, Drame, Histoire

Un secret

de Philippe Grimbert
Poche – 1 septembre 2004
Éditions : Le Livre de Poche

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Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents.
Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu’il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l’Holocauste, et des millions de disparus sur qui s’est abattue une chape de silence.
Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d’émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l’exploration des secrets à l’œuvre dans nos vies.

 

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J’ai pris ce roman comme un très bel hommage… et je pense même que la part autobiographique de ce livre est très importante !

Enfant, il s’invente un grand frère et s’imagine la rencontre de ses parents, l’idéaliser et vivre sa vie ainsi sans trop se poser de questions. Plus tard, une amie de la famille va lui raconter la véritable histoire de ses origines. Il est Juif, et son père a eu un fils avant lui, Simon. Puis vint l’exode, les trains vers l’Est, ils vivent en France depuis des dizaines d’années, il ne peut donc rien leur arriver, mais pourtant… Ils décident alors de franchir la ligne de démarcation.

Une histoire très poignante, sans aucun jugement, l’auteur raconte la vie de cette famille, sa famille, avec des mots simples, emplis d’une grande pudeur, une histoire qui forcément change un homme.
Philippe Grimbert la raconte avec beaucoup de délicatesse, c’est presque un chuchotement, pour pouvoir survivre à ce passé trop lourd.

Alors que nous sommes en pleine invasion allemande,

Peut-on vraiment imaginer la douleur de toutes ces gens, hommes, femmes et enfants obligés de porter une étoile jaune qui les livraient à la haine des racistes, des antisémites ?
“Un secret” est un grand roman qui m’a plongé par le biais d’un traumatisme familial dans l’une des périodes la plus infamante de notre histoire.

Je ne peux que recommander à tout le monde ce magnifique ouvrage, même si je l’ai terminé avec une boule au ventre. Surtout, ne jamais oublier…

Merci M. Grimbert

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Extraits :
« La marque indélébile imprimée sur mon sexe se réduisait au souvenir d’une intervention chirurgicale nécessaire. Rien de rituel, une simple décision médicale, une parmi tant d’autres. Notre nom lui aussi portait sa cicatrice : deux lettres changées officiellement à la demande de mon père, orthographe différente qui lui permettait de planter des racines profondes dans le sol de France. »

« L’œuvre de destruction entreprise par les bourreaux quelques années avant ma naissance se poursuivait ainsi, souterraine, déversant ses tombereaux de secrets, de silences, cultivant la honte, mutilant les patronymes, générant le mensonge. Défait, le persécuteur triomphait encore. »

« Le port de l’étoile est devenu obligatoire. Une gifle pour Maxime qui ne peut plus rien opposer à ceux qu’il a tenté de rassurer. Les inquiétudes de Joseph, les craintes des commerçants voisins étaient fondées. La perspective d’arborer l’insigne jaune anéantit tous ses efforts, le rallie de force à une communauté avec laquelle il voudrait prendre ses distances. Pire, l’ennemi n’est plus l’envahisseur, mais son pays lui-même, qui le range du côté des proscrits. »

« Il touche enfin le corps de Tania. Après s’être allongé tant de fois en rêve dans sa chaleur, c’est la peau glacée de la nageuse qui s’offre à lui. L’eau de la Creuse se mêle à ses larmes. Ils restent ainsi un long moment puis se détachent, toujours sans un mot. Tania s’allonge à côté de lui et tous deux fixent le ciel. »

 

Philippe Grimbert est un auteur et psychologue français.

Après des études de psychologie, Philippe Grimbert a passé une dizaine d’années en analyse chez un lacanien, avant d’ouvrir son propre cabinet. Il travaille aussi dans deux instituts médico-éducatifs, à Asnières et à Saint-Cloud, auprès d’adolescents autistes ou psychotiques.

Passionné de musique, de danse et d’informatique, il a publié divers essais, dont Psychanalyse de la chanson (Belles Lettres, 1996) et Pas de fumée sans Freud (Armand Colin, 1999).

Il est aussi l’auteur de romans,
La fille de l’être (1998),
La petite robe de Paul (2001),
Un secret (2004) qui fut adapté au cinéma (avec Patrick Bruel et Cécile de France dans les rôles principaux) et qui fut récompensé par le prix Goncourt des lycéens 2004, le prix des Lectrices de Elle et le prix Wizo en 2005,
La mauvaise rencontre (2009),
Un garçon singulier (2011),
Nom de dieu ! (2014),
Rudik, l’autre Noureev (2015).

Amour, Émotion, Drame, Philosophique, Roman

La Souffleuse de cœur

de Aurélie Caruso
Broché – 29 novembre 2023
Éditions : Books on Demand

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Romane 40 ans est avocate à l’ONU. Passionnée par son travail à Genève, elle passe ses journées à soutenir la cause des femmes. Mais au cours d’une conférence, elle perd pied. Le diagnostic tombe : burn-out. Entre Genève et le Mexique, en passant par l’éco-village de la Drôme, elle va se laisser embarquer par Rachèle, son amie de toujours, yogi écolo légèrement excentrique, sur les chemins de la reconnexion à soi. Ses rencontres avec le peu conventionnel Dr Bichat et la thérapie assistée par psychédéliques viennent éveiller ses sens. Et si la vie était bien plus large que ce que lui laissait croire son esprit rationnel ? Et si son travail, qu’elle avait mis sur un piedestal, ne comblait plus ses manques ? Et si elle découvrait ses forces intérieures ? Au delà des limitations du mental, elle expérimente le voyage chamanique, bouscule ses croyances et découvre l’énergie du cœur dans des relations puissantes et profondes qui l’emmènent à la rencontre d’elle même.

• Couv_2024-049_Caruso Aurélie - La souffleuse de cœur.jpg

 

J’ai rencontré Aurélie Caruso, il y quelques jours, lors d’une soirée organisée par Babelio qui recevait Laurent Gounelle, pour son dernier roman “Un monde presque parfait”. Arrivés assez tôt, nous avons pu échanger un peu sur nos parcours respectifs, et plus encore. Nous avons bien sûr parlé littérature, et justement Aurélie était venu avec un roman, son premier roman qu’elle avait prévu d’offrir à Laurent Gounelle. J’ai passé une très belle soirée en sa compagnie.

“La Souffleuse de cœur”, est donc un premier roman qui intègre tout ce qui fait la force d’un premier livre. Le style est prenant et tous les personnages attachants dans ce sujet qui me touche tout particulièrement. Alors je me suis laissé emporter… Emporter par les mots, emporter par la force du récit… et je pèse mes mots ! J’ai eu l’impression parfois d’être avec les personnages. D’être là, de les voir et de pouvoir les écouter et ressentir ce tout ce qu’ils vivaient.

À 40 ans, passionnée et fière de son travail, Romane est avocate. Mais un jour va venir et bouleverser son rythme quotidien et ses habitudes de travail. Elle craque. C’est le burn-out dont elle a tant entendu parler ces dernières années. Mais elle refuse de se laisser emporter. Romane veut absolument reprendre le dessus. Elle décide de voyager et elle fera ainsi des rencontres inattendues qui vont l’aider à se reconstruire et à reprendre confiance en elle, qui vont lui permettre d’aller jusqu’au bout d’elle-même…

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement bienveillant, il a beaucoup résonné en moi grâce à une dimension spirituelle très présente amenant une certaine sagesse au récit.
Bravo et merci Aurélie !
Je le sentais très fort, tout au fond de moi, que tu allais m’emmener dans un très beau voyage. Tu es allé au-delà…

J’ai hâte de lire tes prochains récits…

PS. Aurélie, moi aussi, j’adore Ludovico Einaudi !

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Extraits :

« Le médecin se lève et s’assoit sur le bord du bureau. Il pose une main rassurante sur l’épaule de la jeune femme et la regarde avec compassion :
– Romane, au vu des symptômes que vous présentez et en tenant compte de votre situation professionnelle trop stressante, je me vois dans l’obligation de vous arrêter. Une quinzaine de jours dans un premier temps. C’est un minimum pour récupérer. Mais évidemment, nous ferons le point à ce moment-là et il est fort possible que je vous prolonge l’arrêt, si besoin est. Entre-temps, j’aimerais que vous vous reposiez. Je sais à quel point vous êtes attachée à votre travail, mais je vous assure que le repos physique et mental est essentiel. Je vais vous adresser à l’un de mes confrères, le Dr Bichat. Il est psychiatre. J’ai la conviction qu’il pourrait vraiment vous aider. »

« Arrivée à l’appartement, c’est une Romane épuisée qui s’écroule sur son canapé. Il est midi et elle passera toute l’après-midi là, Poustache à ses pieds, et Rachèle la surveillant du coin de l’œil. Elle a mis sa playlist favorite en fond, les ondes musicales réconfortent les cœurs meurtris. Bach, Vivaldi et Einaudi tenteront de consoler son âme blessée. »

« À cet instant précis, Romane prend conscience du décalage immense entre la réalité de Mathilde et la sienne. Un fossé gigantesque. Une montée de colère parcourt sa gorge et vient enserrer ses mâchoires. “À quoi sert la vie ?”, pense-t-elle. C’est une question à laquelle je ne peux répondre. J’ai eu tellement de mal à vivre cette dernière année… à quoi sert la vie ? Je n’en sais rien ! C’est un luxe de pouvoir se poser cette question…”. »

« Transforme tes peurs en confiance. »

 

Aurélie Caruso est thérapeute holistique à Genève et poursuit des études de psychologie. En 2019, après avoir donné des séances de yoga dans des classes de primaire, elle créé son « jeu de cartes de yoga et méditation » qui rencontre un succès auprès des enfants, des enseignants et professeurs de yoga.

En 2022, elle se met à l’écriture, un rêve qu’elle portait en elle depuis 10 ans.

La Souffleuse de cœur”, son premier roman, est édité fin 2023. Ce roman initiatique aborde les thématiques du burn-out, du droit des femmes, du chamanisme et des thérapies assistées par psychédéliques. L’histoire fait voyager le lecteur entre Genève, la Drôme et le Mexique.

Aurélie est passionnée par les recherches sur la Conscience, la psychologie et le vivant. Elle participe à plusieurs cercles littéraires, aime rencontrer les auteurs et ne rate pas une occasion de pousser la porte d’une librairie.

Amour, Émotion, Drame, Thriller

Seuil T: Requiem pour l’échafaud

de Éric D’Aura
Broché – 2 avril 2024
Éditions : Des livres et du rêve

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1976. Équinoxe de printemps. Près de Marseille, cinq jeunes adolescents s’amusent à se lancer des défis dans une abbaye abandonnée. L’un d’eux va disparaître, un autre sera retrouvé mort dans un ruisseau, massacré selon un rituel étrange.
Le coupable désigné est arrêté, jugé, condamné à la peine capitale puis exécuté.
Il sera le dernier prisonnier guillotiné sur le sol français.

2019. Équinoxe de printemps. Près de Nice, le corps d’un vieil homme est découvert étêté dans les bois de Villeneuve-Loubet. Le premier d’une longue et inquiétante série.

Y aurait-il un lien avec l’affaire de 1976 ?

Ce sera à la brigade de l’explosive commandant Abigaïl Eixewech de le déterminer.
Une enquête qui la poussera aux confins de la raison, car l’un des adolescents de 1976 n’est autre que son ancien amour platonique ; le charismatique mais sulfureux médecin légiste : Démétrius Collaki.

Entre rebondissements, rire et drame, cette histoire inspirée de faits authentiques vous consumera jusqu’à l’improbable dénouement, où de la Côte d’Azur à la frontière canadienne, vous finirez sur une île perdue au milieu d’un lac, projeté dans le temps…

Vous avez aimé Forget me not ? Vous allez adorer Seuil T ! Éric D’Aura retrouve son personnage fétiche, Démétrius Collaki, amateur de bons mots, tout comme lui. Pour notre plus grand plaisir.

 

• Couv_2024-047_D'Aura Éric - Seuil T - Requiem pour l'échafaud

 

J’ai découvert Éric D’Aura avec le superbe, le sublimissime Forget me not, son premier roman. Un roman déjà teinté d’une certaine maîtrise, mais surtout, un roman complètement fou, où j’ai régulièrement eu de vrais éclats de rire !
Éric a développé un humour très particulier, ça fonctionne, il assume, et il y va à fond. L’aptitude aux vrais jeux de mots (ceux qui sont doublés d’un jeu de sens) est la voie royale vers les figures de style et les traits d’esprit. Lorsqu’il est développé, comme le fait Éric, le vrai sens de la langue et de l’esprit est inaliénable et semble ne plus pouvoir être arrêté, et là… C’est que du bonheur.

Alors, quel plaisir de retrouver les personnages du premier opus qui ont à peine changé ! Enfin certains… n’ont pas changé, pour les autres, vous verrez. Une sacrée équipe.

Éric, encore une fois s’amuse avec brio, ça se sent, et c’est ce qui me plaît. Il casse les codes, mais toujours avec un profond respect pour la littérature, une vraie maîtrise du vocabulaire et de la langue, avec du rythme, de la hargne !
Une sorte de “One man show-auteur” débridé, et ça va encore une fois dans tous les sens… Vous pensiez détenir le fil rouge, et tout s’écroule. Vous aviez trouvé le coupable, mais il est mort !
Un récit multiple, des mensonges, des manipulations, des faux-semblants, mais que c’est bon.

Je ne m’étais pas trompé, Éric D’Aura est un auteur définitivement à “poursuivre”.

Merci à Angie Lollia des éditions Des livres et du Rêve, pour ce cadeau !

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Extraits :

« – Oh putain ! s’exclama un autre.
– Mais où diable est passé le cerveau ? demanda sidérée une femme avec un certain aplomb.
– Comment le saurais-je ? répondit la légiste qui, dans le ton de sa voix, avait perdu de sa superbe.
– Pourtant le crâne était bien fermé de l’intérieur, reprit le participant numéro 2.
– Putain J.P, tu te crois dans Le mystère de la chambre jaune, lui rétorqua la femme avec morgue.
– Regardez, lança le premier intervenant, on dirait qu’il y a un petit rouleau en papier à l’intérieur du crâne. Encore un message, comme pour le meurtre précédent ?
– Oui, le même type de missive. C’est sans aucun doute notre tueur, valida la femme. »

« Seul Démétrius fut saisi, les yeux grands ouverts, par cette réponse. Tous les autres impassibles étaient déjà au courant. En fait nul ne l’ignorait, mais beaucoup feignaient de ne pas savoir, car à cette époque, on ne se mêlait pas de la vie privée d’autrui. C’était un concept de base. À tort ou à raison d’ailleurs. Quant aux victimes, la honte teintée de crainte les soumettait à un mutisme bienvenu pour les coupables qui surfaient sur cette haute vague de pression psychologique.
Le jeune garçon était consterné.
Son père le frappe ?!
Son beau-père ! Mais ferme ta gueule, OK ! intervint Isabelle. »

« Dès lors, une nouvelle bataille l’anima : la volonté de lancer un projet fédérateur.
Il créa une fondation caritative pour venir en aide aux individus en grande difficulté, abîmés par les aléas de l’existence.
Il désirait ainsi encourager leur leadership et leur permettre de se réaliser dans un monde ambitionné meilleur, plus sûr, plus authentique, plus charitable.
Vaste programme.
Depuis, il parcourait la planète et sa fondation se bâtit une réputation solide dans le monde du mécénat. »

« – C’est toujours sympa de discuter avec un dinosaure et se rendre compte qu’ils n’ont pas tous disparu.
Je ne pus réprimer un rire face à cette riposte fort bien pensée.
Cassie insista :
– Bon, il serait temps que tu rebootes ton cerveau et remettes à jour ton logiciel. Ta version n’est plus compatible avec la société actuelle. Sans compter que tu partais déjà avec un sacré handicap.
– Ah bon ?
– Oh que oui ! Tu n’as jamais été dans le vent, s’amusa-t-elle à me brocarder.
– Et j’en suis fier ! Quel intérêt d’être dans le vent ? Je n’ai jamais ambitionné le destin d’une feuille-morte. »

 

Éric D’Aura : Né en 1970 entre le décès de Jimi Hendrix et celui du général De Gaulle, docteur en pharmacie diplômé à la faculté de pharmacie de Marseille où j’ai rencontré ma future épouse, douce moitié vitale mais également professionnelle, donc marié, deux filles, installés sur la Côte d’Azur depuis 1996. Biberonné par les lectures de Marcel Pagnol et d’Agatha Christie, j’ai osé pour mon premier roman le mixe des deux auteurs saupoudré d’un zeste de Pierre Desproges et rehaussé d’une pincée de Raymond Devos. Résultat : humour et des cadences…

Forget me not
https://leressentidejeanpaul.com/2024/01/15/forget-me-not/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Merci maîtresse !

De rien c’est mon job
de Anouk F.
Poche – 4 avril 2024
Éditions : Mon Poche

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C’est l’histoire de Carla, qui est venue et qui a dû repartir. Trop vite. C’est l’histoire de Martim, qui aurait préféré ne pas être là, avec nous. C’est aussi celle d’Habib, qui espère chaque matin qu’il y aura sport aujourd’hui. C’est l’histoire de Valentine et de son papa. D’Adriano et de la quiche qu’il a vomie sur sa dictée ce matin. De Timéo, qui n’avait pas de chat mais des griffures quand même. De la corde de Laurence, la directrice, sur laquelle on a un peu trop tiré. C’est leur histoire à tous. Et la mienne, aussi. L’histoire de mon école, de notre école. Et de la vôtre aussi, sûrement.

 

• Couv_2024-046_F. Anouk - Merci maîtresse ! De rien c'est mon job

 

Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais avoir un “petit” livre entre les mains, quelques pages à lire avant la fin de la journée…

Vous l’aurez compris, le récit raconte l’histoire d’une « maîtresse ». Elle enseigne dans une classe de CE2 constituée d’enfants parlant plusieurs langues. Nos enfants ont changé. Les parents plus difficiles à gérer, dans cette société qui exige toujours plus de performances.

J’ai très vite été happée par le roman… Par cette maîtresse très touchante, par ses élèves venant de diverses origines sociales.
On ne devient pas enseignant par hasard, on ne le fait pas non plus pour l’argent. C’est pour moi, lorsqu’il est bien fait, un des plus beaux métiers qui soit, et j’ai voulu moi-même à un moment de ma vie être enseignant dans les Arts Graphiques…

Anouk F., raconte une belle histoire, sûrement son histoire, son quotidien, drôle ou triste, avec beaucoup d’émotion et de respect pour “ses” enfants.
Je suis sorti de mon rôle de lecteur, pour redevenir l’enfant que j’avais été avec la chance que j’avais eue avec ma maîtresse au CP. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontrait, elle continuait à sourire, et à nous donner la confiance, qui nous manquait pour la plupart. J’étais moi-même un enfant allophone, comme la plupart des élèves de la classe. Nous venions tous d’horizons différents, mais arrivions quand même à communiquer, avec les mains, les yeux, des grimaces aussi et parfois avec la bouche. Malgré nos couleurs de peaux différentes, nous étions tous pareils…

J’ai retrouvé, beaucoup de choses vécues, à travers ces quelques pages. J’ai pu imaginer très facilement la fierté, que devait ressentir certains enseignants lorsqu’ils atteignent leurs objectifs sans jamais baisser les bras, lorsqu’ils voyaient l’évolution de leurs élèves, toujours avec beaucoup de dévouement.

Merci maîtresse !, est une belle histoire, l’histoire de mon école, de notre école, l’histoire d’une maîtresse qui ouvre les portes de sa classe, et qui sut ouvrir son cœur dans son quotidien, avec une vraie sincérité. Soyez tous les bienvenus dans sa classe, venez partager ses joies et ses tristesses !
J’ai souri, j’ai pleuré, j’ai passé un réel moment de bonheur avec ce livre, une nouvelle fois un “coup de cœur”.
Une histoire que je vous recommande vivement et qui s’adresse à tous.

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Extraits :

« Je veux être au service des autres, oui, encore.

Mais j’aimerais que ces autres ne soient plus cachés derrière leur poste de radio, qu’ils soient là, en face de moi. Je verrais leurs yeux, leurs oreilles.
Ils ne pourraient pas tourner le bouton quand ce que je leur dirais ne les intéresserait plus. Ils baisseraient peut-être les yeux, les oreilles, mais je le saurais, je le verrais. Alors je me reprendrais. »

« 11 h 45. Je ramène la plupart des enfants au portail. Rares sont ceux qui mangent à la cantine, en ce jour de rentrée. La maman de Kahina est aux premières loges, inquiète. Persuadée, de toute façon, que ça s’est mal passé. »

« Je crois que je suis vraiment devenue enseignante le jour où j’ai accepté de ne pas être capable de tout faire, en tout cas pas tout de suite. Je crois que j’ai failli quitter ce métier à chaque fois que je me suis rendu compte que je ne pourrai pas les aider tous, en tout cas pas comme il faut. »

« MAIS ON NE GAGNE PAS à tous les coups. Loin de là. Souvent, même, on se ramasse complètement. On essaie, c’est l’essentiel, finalement. Il faut juste savoir se le dire, et y croire. »

« Je vois, oui, très bien. J’ai même envie de pleurer tellement je vois. Amina regarde Yacine. Tout le monde regarde Yacine. Quand il s’en aperçoit, quand il entend que je le félicite, que je le remercie, il est fier, mon petit bonhomme de travers, et il a de quoi. »

 

Après avoir été journaliste pendant plus de huit ans pour Radio France, Anouk F. démissionne et s’inscrit en candidat libre au concours de professeur des écoles. Elle commence à enseigner en septembre 2013 et est actuellement “maîtresse” dans le sud de la France, dans une école REP (Réseau d’Éducation Prioritaire), dite “de regroupement”, accueillant des enfants allophones.

son blog : https://merci-maitresse.fr/
page Facebook : https://www.facebook.com/AnoukF2
Twitter : https://twitter.com/AnoukF2

Amour, Émotion, Drame, Historique

L’Enfant trouvée

de Louis Mercadié
Broché – Grand livre, 14 mars 2024
Éditions : de Borée

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Années 1820-1900. Tout comme son amie Marie, future madame Talabot, Noëlle n’a jamais rien connu d’autre que l’orphelinat. S’accrochant uniquement à l’idée de retrouver sa mère, elle affronte un quotidien harassant et surmonte dignement les difficultés qui jalonnent son chemin. Sa quête la conduira dans un Paris en pleine tourmente. Modifiant profondément sa façon de voir la vie, cette période agitée la mènera là où tout a commencé, au village de son enfance…

 

• Couv_2024-043_Mercadié Louis - L'enfant trouvée

 

Malgré le vécu incroyablement triste de Noëlle en ce début de 19e siècle, je referme tout de même mon livre heureux de cette histoire et éblouis par le parcours qu’elle a vécu sans jamais baisser les bras devant l’adversité.
Après un abandon, hors de la volonté de sa mère en 1822, nous suivons le parcours de la petite Noëlle qui va grandir dans un orphelinat, dans une France où il ne fait pas bon vivre lorsque l’on est tout seul, sans famille. C’est l’obligation de travailler très tôt dans les mines ou les fermes avoisinantes, l’exploitation des enfants, la prostitution, des conditions de travail opprimantes et dégradantes…

Noêlle est une belle fille au caractère facile, bienveillante, ayant une bonté d’âme exceptionnelle. Elle va très vite nouer de belles amitiés avec celles et ceux qui partagent sa condition.
Puis viendront les premiers amours… Adulte, elle décidera de quitter l’Aveyron à la recherche de ses origines, connaître aussi le “pourquoi” de son abandon. Commencera alors un périple à travers la France jusqu’à son arrivée à Paris, où la pauvreté est omniprésente dans tous les quartiers plus sordides les uns que les autres.

Louis Mercadié, originaire du Nord-Aveyron, c’est très bien documenté sur cette période de l’histoire. Nous seulement le récit est un vrai livre d’histoire, mais il possède une plume très agréable avec un style propre, assez rare de nos jours.
Il y a quelques jours, je parlais d’un roman écris par une femme, racontant des vies de femmes, dans un lieu où je n’avais pas l’habitude de les rencontrer, en étant ému aux larmes…
L’Enfant trouvée est un excellent roman écris par un homme, qui raconte des vies de femmes très très dures, dans des lieux où je n’imaginais même pas qu’elles puissent y travailler. Et que d’émotions…

Plus qu’une simple lecture, elle est devenue au fil des pages une lecture très enrichissante, avec en plus, quelques annotations par-ci, par-là, avec lesquelles je suis allé au-delà, grâce à Internet, j’ai même assimilé cette lecture à une sorte de leçon de vie. Car Noëlle, oui, est une femme, oui, elle est courageuse et bonne avec les gens qu’elle côtoie, mais c’est aussi une révolutionnaire au fond de son cœur. Alors, oui, la société à évoluée depuis quant au droit des femmes, mais Noëlle voulait croire en un avenir ou les femmes et les hommes seraient égaux…

Un roman qui devrait vous procurer un véritable plaisir de lecture, hors du temps !
Un très grand MERCI encore une fois à Virginie des Éditions de Borée…

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Extraits :

« Chaque jour que Dieu faisait, Suzanne visitait Mme Castanié. À présent que ses jambes ne la portaient presque plus, la jeune fille assurait ses courses et lui révélait les nouvelles de la cité auxquelles la vieille dame continuait de s’intéresser. »

« Dans le calme de l’aurore, les deux femmes, qui traversaient le pont, crurent entendre les plaintes d’un agneau. Cependant, au fur et à mesure de leur progression, elles reconnurent les pleurs d’un bébé. Elles se hâtèrent en direction des cris et gravirent les marches du grand escalier de l’église. Tout en haut, une corbeille recouverte d’un linge reposait au sol. À l’intérieur, un bébé, pourtant bien emmailloté, tremblait de froid et s’agitait en hurlant. Enveloppé d’une sorte de pèlerine épaisse sur laquelle on avait grossièrement cousu des poches, elles-mêmes emplies de châtaignes grillées, il portait autour du cou une chaîne de métal retenant un médaillon étoilé gravé d’entrelacs. »

« – Tu as raison, mon Mathieu, elle est magique ta forêt !
On ne se lasserait pas de l’écouter.
– Et puis chaque saison apporte sa ritournelle, son murmure. C’est toujours différent, toujours nouveau. Allez, faut y aller maintenant, on continue ! »

« Ton bonheur me rend heureuse, chère Marina. Tu le mérites amplement et tu sauras le répandre autour de toi ! Tu es une fille formidable qui a su sortir de l’ornière profonde où tu te trouvais. Vois-tu, la vie, c’est comme un chemin, tantôt courant tout droit dans la plaine, tantôt montant péniblement les pentes sinueuses d’une montagne. Les jours viennent… et s’en vont. Ils sont des inconnus qui nous surprennent. Regarde ces guerres que nous venons de vivre, ces violences, cette souffrance ! »

 

Originaire du Nord-Aveyron, au pied des monts d’Aubrac, et fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. C’est aussi un passionné.

Auteur de plusieurs monographies historiques et d’une thèse de troisième cycle (Histoire, Géographie, Sciences humaines, Université de Jussieu), il a obtenu deux prix littéraires pour une biographie sur Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle.

Chevalier des Arts et Lettres, conférencier, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’a de cesse de parcourir l’histoire du département, notamment celle de ces femmes qui ont vécu un destin remarquable.