Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire

Le Courage des Lâches

de Wendall Utroi
Broché – Grand livre, 3 avril 2024
Éditions : La Trace

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Années 30, cinq adolescents des corons du Nord grandissent dans l’insouciance de l’enfance, pourtant le destin les conduira à traverser les années sombres d’occupation allemande et, bien malgré eux, à vivre loin de chez eux. Une histoire d’amitiés, d’amour, de dons et de sacrifices, de courage et de lâcheté…
Un récit déroutant d’enfants devenus trop vite adultes et confrontés à des choix déchirants qui marqueront à jamais leurs vies.

Destins croisés et tragiques de 5 enfants, des années trente à l’occupation Allemande : Une histoire d’amitiés, d’amours, de dons et de sacrifices, de courage et de lâcheté…

 

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Le courage des Lâches

Un roman qui bouscule, une belle histoire, une lecture qui m’a complètement embarqué dès les premières lignes, impossible une fois encore de le lâcher, les pages défilent à toute vitesse, et puis c’est la fin… Il est bouleversant, je suis bouleversé, ému aux larmes, et une question tourne dans ma tête, depuis que j’ai terminé ce livre. Une question pour laquelle je n’ai pas de réponse. Une question pour laquelle je ne veux surtout pas de réponse…

Qu’aurai-je fait à leur place ?
Comment supporter la haine et la violence ? Comment ne pas craquer durant une torture qui n’en finit pas ?
Aurais-je été un homme courageux ou bien un lâche ?

1930. Nous sommes dans le nord de la France. Nos héros, une bande de copains qui ont une dizaine d’années, voient arriver dans leur classe un nouveau. Radek. Il est courageux et volontaire, très vite, il intégrera la bande. Pendant une dizaine d’année, “la bande à Bouboule” qui réunit cinq adolescents, va développer des valeurs d’amitié, d’empathie et d’entraide qui se révéleront cruciales pour les années sombres qui s’apprêtent à venir. En effet, la guerre va les cueillir en pleine adolescence.

Ce roman sur fond historique a tout pour plaire. Une écriture fluide et directe, de beaux portraits d’hommes et de femmes, je pence qu’il restera gravé dans mon esprit.
Comment ne pas adhérer à la puissance de ce récit plein d’humanité, malgré la période noire de la Seconde Guerre Mondiale ?

La plume de Wendall est magnifique, puissante. D’ailleurs, j’ai été très heureux de voir qu’il avait intégré les éditions La Trace, que j’affectionne tout particulièrement…
Un grand merci Wendall pour ce voyage dans le temps, ton récit mérite une très longue vie… et un grand merci/câlin à Martine de me l’avoir transmis.

L’histoire d’une bande d’amis qui ne vous laissera pas indifférents !
Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ?

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Extraits :

« Trois jours que le ciel épanchait son malheur sur le plat pays. La cour de récréation parsemée de flaques d’eau, désertée, n’était plus qu’un vague souvenir de cette marée humaine qui d’habitude écumait sa surface. En ce jour de la mi-octobre 1931, agglutinés sous le préau qui résonnait des cris, les garçons de l’école primaire Pasteur se chamaillaient pour une bille ou un calot, bêlaient d’impatience à qui serait le loup. »

« Le maître avait parlé, sa colère s’était refroidie. En notre nom à tous, il présenta ses excuses au jeune Polonais, ce qui surprit tout le monde. Il invita Radek à le suivre au fond de la classe, la, il lui montra le seul pupitre inoccupé, celui situé à ma droite. Puis, d’une voix à marée basse, il s’adressa à moi :
– Pierre, je te charge de lui apprendre les finesses de notre langue, tu t’occuperas de cela pendant les récréations… »

« Ma gorge se noua dans l’instant, l’estomac la seconde suivante. Une fois à ses côtés, le maître me dévisagea, puis sans un mot, il déposa sa règle de métal carrée sur l’estrade.
– Vous connaissez la sanction… à genoux sur la règle et les mains sur la tête, nous verrons si cela vous donne encore envie de sourire.
Les quelques murmures qui avaient suivi ma progression dans l’allée s’étaient éteints, le silence compatissait. Monsieur Leblanc reprit son cours. »

« – Messieurs, je suis très fier de vous, vous venez d’agir avec noblesse, avec cœur pour sauver votre jeune ami Radek d’un futur bien sombre. Aujourd’hui, vous êtes devenus des hommes, des hommes dignes de ce nom.
Je veux que ce secret reste entre nous, ne parlez à personne de ce qui vient de se passer, ni à vos familles, ni à vos amis. Gardez en vous ce moment, comme un moment de bravoure qui vous élève. »

 

Wendall Utroi, ancien policier formateur, vit aujourd’hui à Romans-sur-Isère. Il diffuse son premier roman sur Internet en 2014 et rencontre un succès inespéré.

“Auteur de dix romans, j’écris en pensant toujours à me faire plaisir et à surprendre le lecteur. Au travers de ces histoires, je tente de véhiculer un message, une douleur, une crainte ou tout simplement les émotions qui font le lot de chacun d’entre nous. Investigateur, instructeur, et policier, mon métier m’a permis d’entrevoir les différentes facettes de l’Homme ; bonnes, mauvaises, odieuses ou merveilleuses.”

Il reçoit en 2018 le Prix des lecteurs des plumes francophones.
L’un de ses romans, Wanda, a fait l’objet d’un court métrage tourné au Canada ayant remporté deux prix internationaux.

Amour, Émotion, Drame, Histoire

Un secret

de Philippe Grimbert
Poche – 1 septembre 2004
Éditions : Le Livre de Poche

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Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine, d’autres parents.
Le narrateur de ce livre, lui, s’est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu’il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas… Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c’est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu’il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l’Holocauste, et des millions de disparus sur qui s’est abattue une chape de silence.
Psychanalyste, Philippe Grimbert est venu au roman avec La Petite Robe de Paul. Avec ce nouveau livre, couronné en 2004 par le prix Goncourt des lycéens et en 2005 par le Grand Prix littéraire des lectrices de Elle, il démontre avec autant de rigueur que d’émotion combien les puissances du roman peuvent aller loin dans l’exploration des secrets à l’œuvre dans nos vies.

 

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J’ai pris ce roman comme un très bel hommage… et je pense même que la part autobiographique de ce livre est très importante !

Enfant, il s’invente un grand frère et s’imagine la rencontre de ses parents, l’idéaliser et vivre sa vie ainsi sans trop se poser de questions. Plus tard, une amie de la famille va lui raconter la véritable histoire de ses origines. Il est Juif, et son père a eu un fils avant lui, Simon. Puis vint l’exode, les trains vers l’Est, ils vivent en France depuis des dizaines d’années, il ne peut donc rien leur arriver, mais pourtant… Ils décident alors de franchir la ligne de démarcation.

Une histoire très poignante, sans aucun jugement, l’auteur raconte la vie de cette famille, sa famille, avec des mots simples, emplis d’une grande pudeur, une histoire qui forcément change un homme.
Philippe Grimbert la raconte avec beaucoup de délicatesse, c’est presque un chuchotement, pour pouvoir survivre à ce passé trop lourd.

Alors que nous sommes en pleine invasion allemande,

Peut-on vraiment imaginer la douleur de toutes ces gens, hommes, femmes et enfants obligés de porter une étoile jaune qui les livraient à la haine des racistes, des antisémites ?
“Un secret” est un grand roman qui m’a plongé par le biais d’un traumatisme familial dans l’une des périodes la plus infamante de notre histoire.

Je ne peux que recommander à tout le monde ce magnifique ouvrage, même si je l’ai terminé avec une boule au ventre. Surtout, ne jamais oublier…

Merci M. Grimbert

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Extraits :
« La marque indélébile imprimée sur mon sexe se réduisait au souvenir d’une intervention chirurgicale nécessaire. Rien de rituel, une simple décision médicale, une parmi tant d’autres. Notre nom lui aussi portait sa cicatrice : deux lettres changées officiellement à la demande de mon père, orthographe différente qui lui permettait de planter des racines profondes dans le sol de France. »

« L’œuvre de destruction entreprise par les bourreaux quelques années avant ma naissance se poursuivait ainsi, souterraine, déversant ses tombereaux de secrets, de silences, cultivant la honte, mutilant les patronymes, générant le mensonge. Défait, le persécuteur triomphait encore. »

« Le port de l’étoile est devenu obligatoire. Une gifle pour Maxime qui ne peut plus rien opposer à ceux qu’il a tenté de rassurer. Les inquiétudes de Joseph, les craintes des commerçants voisins étaient fondées. La perspective d’arborer l’insigne jaune anéantit tous ses efforts, le rallie de force à une communauté avec laquelle il voudrait prendre ses distances. Pire, l’ennemi n’est plus l’envahisseur, mais son pays lui-même, qui le range du côté des proscrits. »

« Il touche enfin le corps de Tania. Après s’être allongé tant de fois en rêve dans sa chaleur, c’est la peau glacée de la nageuse qui s’offre à lui. L’eau de la Creuse se mêle à ses larmes. Ils restent ainsi un long moment puis se détachent, toujours sans un mot. Tania s’allonge à côté de lui et tous deux fixent le ciel. »

 

Philippe Grimbert est un auteur et psychologue français.

Après des études de psychologie, Philippe Grimbert a passé une dizaine d’années en analyse chez un lacanien, avant d’ouvrir son propre cabinet. Il travaille aussi dans deux instituts médico-éducatifs, à Asnières et à Saint-Cloud, auprès d’adolescents autistes ou psychotiques.

Passionné de musique, de danse et d’informatique, il a publié divers essais, dont Psychanalyse de la chanson (Belles Lettres, 1996) et Pas de fumée sans Freud (Armand Colin, 1999).

Il est aussi l’auteur de romans,
La fille de l’être (1998),
La petite robe de Paul (2001),
Un secret (2004) qui fut adapté au cinéma (avec Patrick Bruel et Cécile de France dans les rôles principaux) et qui fut récompensé par le prix Goncourt des lycéens 2004, le prix des Lectrices de Elle et le prix Wizo en 2005,
La mauvaise rencontre (2009),
Un garçon singulier (2011),
Nom de dieu ! (2014),
Rudik, l’autre Noureev (2015).

Amour, Émotion, Drame, Philosophique, Roman

La Souffleuse de cœur

de Aurélie Caruso
Broché – 29 novembre 2023
Éditions : Books on Demand

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Romane 40 ans est avocate à l’ONU. Passionnée par son travail à Genève, elle passe ses journées à soutenir la cause des femmes. Mais au cours d’une conférence, elle perd pied. Le diagnostic tombe : burn-out. Entre Genève et le Mexique, en passant par l’éco-village de la Drôme, elle va se laisser embarquer par Rachèle, son amie de toujours, yogi écolo légèrement excentrique, sur les chemins de la reconnexion à soi. Ses rencontres avec le peu conventionnel Dr Bichat et la thérapie assistée par psychédéliques viennent éveiller ses sens. Et si la vie était bien plus large que ce que lui laissait croire son esprit rationnel ? Et si son travail, qu’elle avait mis sur un piedestal, ne comblait plus ses manques ? Et si elle découvrait ses forces intérieures ? Au delà des limitations du mental, elle expérimente le voyage chamanique, bouscule ses croyances et découvre l’énergie du cœur dans des relations puissantes et profondes qui l’emmènent à la rencontre d’elle même.

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J’ai rencontré Aurélie Caruso, il y quelques jours, lors d’une soirée organisée par Babelio qui recevait Laurent Gounelle, pour son dernier roman “Un monde presque parfait”. Arrivés assez tôt, nous avons pu échanger un peu sur nos parcours respectifs, et plus encore. Nous avons bien sûr parlé littérature, et justement Aurélie était venu avec un roman, son premier roman qu’elle avait prévu d’offrir à Laurent Gounelle. J’ai passé une très belle soirée en sa compagnie.

“La Souffleuse de cœur”, est donc un premier roman qui intègre tout ce qui fait la force d’un premier livre. Le style est prenant et tous les personnages attachants dans ce sujet qui me touche tout particulièrement. Alors je me suis laissé emporter… Emporter par les mots, emporter par la force du récit… et je pèse mes mots ! J’ai eu l’impression parfois d’être avec les personnages. D’être là, de les voir et de pouvoir les écouter et ressentir ce tout ce qu’ils vivaient.

À 40 ans, passionnée et fière de son travail, Romane est avocate. Mais un jour va venir et bouleverser son rythme quotidien et ses habitudes de travail. Elle craque. C’est le burn-out dont elle a tant entendu parler ces dernières années. Mais elle refuse de se laisser emporter. Romane veut absolument reprendre le dessus. Elle décide de voyager et elle fera ainsi des rencontres inattendues qui vont l’aider à se reconstruire et à reprendre confiance en elle, qui vont lui permettre d’aller jusqu’au bout d’elle-même…

J’ai beaucoup aimé ce roman particulièrement bienveillant, il a beaucoup résonné en moi grâce à une dimension spirituelle très présente amenant une certaine sagesse au récit.
Bravo et merci Aurélie !
Je le sentais très fort, tout au fond de moi, que tu allais m’emmener dans un très beau voyage. Tu es allé au-delà…

J’ai hâte de lire tes prochains récits…

PS. Aurélie, moi aussi, j’adore Ludovico Einaudi !

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Extraits :

« Le médecin se lève et s’assoit sur le bord du bureau. Il pose une main rassurante sur l’épaule de la jeune femme et la regarde avec compassion :
– Romane, au vu des symptômes que vous présentez et en tenant compte de votre situation professionnelle trop stressante, je me vois dans l’obligation de vous arrêter. Une quinzaine de jours dans un premier temps. C’est un minimum pour récupérer. Mais évidemment, nous ferons le point à ce moment-là et il est fort possible que je vous prolonge l’arrêt, si besoin est. Entre-temps, j’aimerais que vous vous reposiez. Je sais à quel point vous êtes attachée à votre travail, mais je vous assure que le repos physique et mental est essentiel. Je vais vous adresser à l’un de mes confrères, le Dr Bichat. Il est psychiatre. J’ai la conviction qu’il pourrait vraiment vous aider. »

« Arrivée à l’appartement, c’est une Romane épuisée qui s’écroule sur son canapé. Il est midi et elle passera toute l’après-midi là, Poustache à ses pieds, et Rachèle la surveillant du coin de l’œil. Elle a mis sa playlist favorite en fond, les ondes musicales réconfortent les cœurs meurtris. Bach, Vivaldi et Einaudi tenteront de consoler son âme blessée. »

« À cet instant précis, Romane prend conscience du décalage immense entre la réalité de Mathilde et la sienne. Un fossé gigantesque. Une montée de colère parcourt sa gorge et vient enserrer ses mâchoires. “À quoi sert la vie ?”, pense-t-elle. C’est une question à laquelle je ne peux répondre. J’ai eu tellement de mal à vivre cette dernière année… à quoi sert la vie ? Je n’en sais rien ! C’est un luxe de pouvoir se poser cette question…”. »

« Transforme tes peurs en confiance. »

 

Aurélie Caruso est thérapeute holistique à Genève et poursuit des études de psychologie. En 2019, après avoir donné des séances de yoga dans des classes de primaire, elle créé son « jeu de cartes de yoga et méditation » qui rencontre un succès auprès des enfants, des enseignants et professeurs de yoga.

En 2022, elle se met à l’écriture, un rêve qu’elle portait en elle depuis 10 ans.

La Souffleuse de cœur”, son premier roman, est édité fin 2023. Ce roman initiatique aborde les thématiques du burn-out, du droit des femmes, du chamanisme et des thérapies assistées par psychédéliques. L’histoire fait voyager le lecteur entre Genève, la Drôme et le Mexique.

Aurélie est passionnée par les recherches sur la Conscience, la psychologie et le vivant. Elle participe à plusieurs cercles littéraires, aime rencontrer les auteurs et ne rate pas une occasion de pousser la porte d’une librairie.

Amour, Émotion, Drame, Thriller

Seuil T: Requiem pour l’échafaud

de Éric D’Aura
Broché – 2 avril 2024
Éditions : Des livres et du rêve

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1976. Équinoxe de printemps. Près de Marseille, cinq jeunes adolescents s’amusent à se lancer des défis dans une abbaye abandonnée. L’un d’eux va disparaître, un autre sera retrouvé mort dans un ruisseau, massacré selon un rituel étrange.
Le coupable désigné est arrêté, jugé, condamné à la peine capitale puis exécuté.
Il sera le dernier prisonnier guillotiné sur le sol français.

2019. Équinoxe de printemps. Près de Nice, le corps d’un vieil homme est découvert étêté dans les bois de Villeneuve-Loubet. Le premier d’une longue et inquiétante série.

Y aurait-il un lien avec l’affaire de 1976 ?

Ce sera à la brigade de l’explosive commandant Abigaïl Eixewech de le déterminer.
Une enquête qui la poussera aux confins de la raison, car l’un des adolescents de 1976 n’est autre que son ancien amour platonique ; le charismatique mais sulfureux médecin légiste : Démétrius Collaki.

Entre rebondissements, rire et drame, cette histoire inspirée de faits authentiques vous consumera jusqu’à l’improbable dénouement, où de la Côte d’Azur à la frontière canadienne, vous finirez sur une île perdue au milieu d’un lac, projeté dans le temps…

Vous avez aimé Forget me not ? Vous allez adorer Seuil T ! Éric D’Aura retrouve son personnage fétiche, Démétrius Collaki, amateur de bons mots, tout comme lui. Pour notre plus grand plaisir.

 

• Couv_2024-047_D'Aura Éric - Seuil T - Requiem pour l'échafaud

 

J’ai découvert Éric D’Aura avec le superbe, le sublimissime Forget me not, son premier roman. Un roman déjà teinté d’une certaine maîtrise, mais surtout, un roman complètement fou, où j’ai régulièrement eu de vrais éclats de rire !
Éric a développé un humour très particulier, ça fonctionne, il assume, et il y va à fond. L’aptitude aux vrais jeux de mots (ceux qui sont doublés d’un jeu de sens) est la voie royale vers les figures de style et les traits d’esprit. Lorsqu’il est développé, comme le fait Éric, le vrai sens de la langue et de l’esprit est inaliénable et semble ne plus pouvoir être arrêté, et là… C’est que du bonheur.

Alors, quel plaisir de retrouver les personnages du premier opus qui ont à peine changé ! Enfin certains… n’ont pas changé, pour les autres, vous verrez. Une sacrée équipe.

Éric, encore une fois s’amuse avec brio, ça se sent, et c’est ce qui me plaît. Il casse les codes, mais toujours avec un profond respect pour la littérature, une vraie maîtrise du vocabulaire et de la langue, avec du rythme, de la hargne !
Une sorte de “One man show-auteur” débridé, et ça va encore une fois dans tous les sens… Vous pensiez détenir le fil rouge, et tout s’écroule. Vous aviez trouvé le coupable, mais il est mort !
Un récit multiple, des mensonges, des manipulations, des faux-semblants, mais que c’est bon.

Je ne m’étais pas trompé, Éric D’Aura est un auteur définitivement à “poursuivre”.

Merci à Angie Lollia des éditions Des livres et du Rêve, pour ce cadeau !

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Extraits :

« – Oh putain ! s’exclama un autre.
– Mais où diable est passé le cerveau ? demanda sidérée une femme avec un certain aplomb.
– Comment le saurais-je ? répondit la légiste qui, dans le ton de sa voix, avait perdu de sa superbe.
– Pourtant le crâne était bien fermé de l’intérieur, reprit le participant numéro 2.
– Putain J.P, tu te crois dans Le mystère de la chambre jaune, lui rétorqua la femme avec morgue.
– Regardez, lança le premier intervenant, on dirait qu’il y a un petit rouleau en papier à l’intérieur du crâne. Encore un message, comme pour le meurtre précédent ?
– Oui, le même type de missive. C’est sans aucun doute notre tueur, valida la femme. »

« Seul Démétrius fut saisi, les yeux grands ouverts, par cette réponse. Tous les autres impassibles étaient déjà au courant. En fait nul ne l’ignorait, mais beaucoup feignaient de ne pas savoir, car à cette époque, on ne se mêlait pas de la vie privée d’autrui. C’était un concept de base. À tort ou à raison d’ailleurs. Quant aux victimes, la honte teintée de crainte les soumettait à un mutisme bienvenu pour les coupables qui surfaient sur cette haute vague de pression psychologique.
Le jeune garçon était consterné.
Son père le frappe ?!
Son beau-père ! Mais ferme ta gueule, OK ! intervint Isabelle. »

« Dès lors, une nouvelle bataille l’anima : la volonté de lancer un projet fédérateur.
Il créa une fondation caritative pour venir en aide aux individus en grande difficulté, abîmés par les aléas de l’existence.
Il désirait ainsi encourager leur leadership et leur permettre de se réaliser dans un monde ambitionné meilleur, plus sûr, plus authentique, plus charitable.
Vaste programme.
Depuis, il parcourait la planète et sa fondation se bâtit une réputation solide dans le monde du mécénat. »

« – C’est toujours sympa de discuter avec un dinosaure et se rendre compte qu’ils n’ont pas tous disparu.
Je ne pus réprimer un rire face à cette riposte fort bien pensée.
Cassie insista :
– Bon, il serait temps que tu rebootes ton cerveau et remettes à jour ton logiciel. Ta version n’est plus compatible avec la société actuelle. Sans compter que tu partais déjà avec un sacré handicap.
– Ah bon ?
– Oh que oui ! Tu n’as jamais été dans le vent, s’amusa-t-elle à me brocarder.
– Et j’en suis fier ! Quel intérêt d’être dans le vent ? Je n’ai jamais ambitionné le destin d’une feuille-morte. »

 

Éric D’Aura : Né en 1970 entre le décès de Jimi Hendrix et celui du général De Gaulle, docteur en pharmacie diplômé à la faculté de pharmacie de Marseille où j’ai rencontré ma future épouse, douce moitié vitale mais également professionnelle, donc marié, deux filles, installés sur la Côte d’Azur depuis 1996. Biberonné par les lectures de Marcel Pagnol et d’Agatha Christie, j’ai osé pour mon premier roman le mixe des deux auteurs saupoudré d’un zeste de Pierre Desproges et rehaussé d’une pincée de Raymond Devos. Résultat : humour et des cadences…

Forget me not
https://leressentidejeanpaul.com/2024/01/15/forget-me-not/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Merci maîtresse !

De rien c’est mon job
de Anouk F.
Poche – 4 avril 2024
Éditions : Mon Poche

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C’est l’histoire de Carla, qui est venue et qui a dû repartir. Trop vite. C’est l’histoire de Martim, qui aurait préféré ne pas être là, avec nous. C’est aussi celle d’Habib, qui espère chaque matin qu’il y aura sport aujourd’hui. C’est l’histoire de Valentine et de son papa. D’Adriano et de la quiche qu’il a vomie sur sa dictée ce matin. De Timéo, qui n’avait pas de chat mais des griffures quand même. De la corde de Laurence, la directrice, sur laquelle on a un peu trop tiré. C’est leur histoire à tous. Et la mienne, aussi. L’histoire de mon école, de notre école. Et de la vôtre aussi, sûrement.

 

• Couv_2024-046_F. Anouk - Merci maîtresse ! De rien c'est mon job

 

Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais avoir un “petit” livre entre les mains, quelques pages à lire avant la fin de la journée…

Vous l’aurez compris, le récit raconte l’histoire d’une « maîtresse ». Elle enseigne dans une classe de CE2 constituée d’enfants parlant plusieurs langues. Nos enfants ont changé. Les parents plus difficiles à gérer, dans cette société qui exige toujours plus de performances.

J’ai très vite été happée par le roman… Par cette maîtresse très touchante, par ses élèves venant de diverses origines sociales.
On ne devient pas enseignant par hasard, on ne le fait pas non plus pour l’argent. C’est pour moi, lorsqu’il est bien fait, un des plus beaux métiers qui soit, et j’ai voulu moi-même à un moment de ma vie être enseignant dans les Arts Graphiques…

Anouk F., raconte une belle histoire, sûrement son histoire, son quotidien, drôle ou triste, avec beaucoup d’émotion et de respect pour “ses” enfants.
Je suis sorti de mon rôle de lecteur, pour redevenir l’enfant que j’avais été avec la chance que j’avais eue avec ma maîtresse au CP. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontrait, elle continuait à sourire, et à nous donner la confiance, qui nous manquait pour la plupart. J’étais moi-même un enfant allophone, comme la plupart des élèves de la classe. Nous venions tous d’horizons différents, mais arrivions quand même à communiquer, avec les mains, les yeux, des grimaces aussi et parfois avec la bouche. Malgré nos couleurs de peaux différentes, nous étions tous pareils…

J’ai retrouvé, beaucoup de choses vécues, à travers ces quelques pages. J’ai pu imaginer très facilement la fierté, que devait ressentir certains enseignants lorsqu’ils atteignent leurs objectifs sans jamais baisser les bras, lorsqu’ils voyaient l’évolution de leurs élèves, toujours avec beaucoup de dévouement.

Merci maîtresse !, est une belle histoire, l’histoire de mon école, de notre école, l’histoire d’une maîtresse qui ouvre les portes de sa classe, et qui sut ouvrir son cœur dans son quotidien, avec une vraie sincérité. Soyez tous les bienvenus dans sa classe, venez partager ses joies et ses tristesses !
J’ai souri, j’ai pleuré, j’ai passé un réel moment de bonheur avec ce livre, une nouvelle fois un “coup de cœur”.
Une histoire que je vous recommande vivement et qui s’adresse à tous.

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Extraits :

« Je veux être au service des autres, oui, encore.

Mais j’aimerais que ces autres ne soient plus cachés derrière leur poste de radio, qu’ils soient là, en face de moi. Je verrais leurs yeux, leurs oreilles.
Ils ne pourraient pas tourner le bouton quand ce que je leur dirais ne les intéresserait plus. Ils baisseraient peut-être les yeux, les oreilles, mais je le saurais, je le verrais. Alors je me reprendrais. »

« 11 h 45. Je ramène la plupart des enfants au portail. Rares sont ceux qui mangent à la cantine, en ce jour de rentrée. La maman de Kahina est aux premières loges, inquiète. Persuadée, de toute façon, que ça s’est mal passé. »

« Je crois que je suis vraiment devenue enseignante le jour où j’ai accepté de ne pas être capable de tout faire, en tout cas pas tout de suite. Je crois que j’ai failli quitter ce métier à chaque fois que je me suis rendu compte que je ne pourrai pas les aider tous, en tout cas pas comme il faut. »

« MAIS ON NE GAGNE PAS à tous les coups. Loin de là. Souvent, même, on se ramasse complètement. On essaie, c’est l’essentiel, finalement. Il faut juste savoir se le dire, et y croire. »

« Je vois, oui, très bien. J’ai même envie de pleurer tellement je vois. Amina regarde Yacine. Tout le monde regarde Yacine. Quand il s’en aperçoit, quand il entend que je le félicite, que je le remercie, il est fier, mon petit bonhomme de travers, et il a de quoi. »

 

Après avoir été journaliste pendant plus de huit ans pour Radio France, Anouk F. démissionne et s’inscrit en candidat libre au concours de professeur des écoles. Elle commence à enseigner en septembre 2013 et est actuellement “maîtresse” dans le sud de la France, dans une école REP (Réseau d’Éducation Prioritaire), dite “de regroupement”, accueillant des enfants allophones.

son blog : https://merci-maitresse.fr/
page Facebook : https://www.facebook.com/AnoukF2
Twitter : https://twitter.com/AnoukF2

Amour, Émotion, Drame, Historique

L’Enfant trouvée

de Louis Mercadié
Broché – Grand livre, 14 mars 2024
Éditions : de Borée

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Années 1820-1900. Tout comme son amie Marie, future madame Talabot, Noëlle n’a jamais rien connu d’autre que l’orphelinat. S’accrochant uniquement à l’idée de retrouver sa mère, elle affronte un quotidien harassant et surmonte dignement les difficultés qui jalonnent son chemin. Sa quête la conduira dans un Paris en pleine tourmente. Modifiant profondément sa façon de voir la vie, cette période agitée la mènera là où tout a commencé, au village de son enfance…

 

• Couv_2024-043_Mercadié Louis - L'enfant trouvée

 

Malgré le vécu incroyablement triste de Noëlle en ce début de 19e siècle, je referme tout de même mon livre heureux de cette histoire et éblouis par le parcours qu’elle a vécu sans jamais baisser les bras devant l’adversité.
Après un abandon, hors de la volonté de sa mère en 1822, nous suivons le parcours de la petite Noëlle qui va grandir dans un orphelinat, dans une France où il ne fait pas bon vivre lorsque l’on est tout seul, sans famille. C’est l’obligation de travailler très tôt dans les mines ou les fermes avoisinantes, l’exploitation des enfants, la prostitution, des conditions de travail opprimantes et dégradantes…

Noêlle est une belle fille au caractère facile, bienveillante, ayant une bonté d’âme exceptionnelle. Elle va très vite nouer de belles amitiés avec celles et ceux qui partagent sa condition.
Puis viendront les premiers amours… Adulte, elle décidera de quitter l’Aveyron à la recherche de ses origines, connaître aussi le “pourquoi” de son abandon. Commencera alors un périple à travers la France jusqu’à son arrivée à Paris, où la pauvreté est omniprésente dans tous les quartiers plus sordides les uns que les autres.

Louis Mercadié, originaire du Nord-Aveyron, c’est très bien documenté sur cette période de l’histoire. Nous seulement le récit est un vrai livre d’histoire, mais il possède une plume très agréable avec un style propre, assez rare de nos jours.
Il y a quelques jours, je parlais d’un roman écris par une femme, racontant des vies de femmes, dans un lieu où je n’avais pas l’habitude de les rencontrer, en étant ému aux larmes…
L’Enfant trouvée est un excellent roman écris par un homme, qui raconte des vies de femmes très très dures, dans des lieux où je n’imaginais même pas qu’elles puissent y travailler. Et que d’émotions…

Plus qu’une simple lecture, elle est devenue au fil des pages une lecture très enrichissante, avec en plus, quelques annotations par-ci, par-là, avec lesquelles je suis allé au-delà, grâce à Internet, j’ai même assimilé cette lecture à une sorte de leçon de vie. Car Noëlle, oui, est une femme, oui, elle est courageuse et bonne avec les gens qu’elle côtoie, mais c’est aussi une révolutionnaire au fond de son cœur. Alors, oui, la société à évoluée depuis quant au droit des femmes, mais Noëlle voulait croire en un avenir ou les femmes et les hommes seraient égaux…

Un roman qui devrait vous procurer un véritable plaisir de lecture, hors du temps !
Un très grand MERCI encore une fois à Virginie des Éditions de Borée…

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Extraits :

« Chaque jour que Dieu faisait, Suzanne visitait Mme Castanié. À présent que ses jambes ne la portaient presque plus, la jeune fille assurait ses courses et lui révélait les nouvelles de la cité auxquelles la vieille dame continuait de s’intéresser. »

« Dans le calme de l’aurore, les deux femmes, qui traversaient le pont, crurent entendre les plaintes d’un agneau. Cependant, au fur et à mesure de leur progression, elles reconnurent les pleurs d’un bébé. Elles se hâtèrent en direction des cris et gravirent les marches du grand escalier de l’église. Tout en haut, une corbeille recouverte d’un linge reposait au sol. À l’intérieur, un bébé, pourtant bien emmailloté, tremblait de froid et s’agitait en hurlant. Enveloppé d’une sorte de pèlerine épaisse sur laquelle on avait grossièrement cousu des poches, elles-mêmes emplies de châtaignes grillées, il portait autour du cou une chaîne de métal retenant un médaillon étoilé gravé d’entrelacs. »

« – Tu as raison, mon Mathieu, elle est magique ta forêt !
On ne se lasserait pas de l’écouter.
– Et puis chaque saison apporte sa ritournelle, son murmure. C’est toujours différent, toujours nouveau. Allez, faut y aller maintenant, on continue ! »

« Ton bonheur me rend heureuse, chère Marina. Tu le mérites amplement et tu sauras le répandre autour de toi ! Tu es une fille formidable qui a su sortir de l’ornière profonde où tu te trouvais. Vois-tu, la vie, c’est comme un chemin, tantôt courant tout droit dans la plaine, tantôt montant péniblement les pentes sinueuses d’une montagne. Les jours viennent… et s’en vont. Ils sont des inconnus qui nous surprennent. Regarde ces guerres que nous venons de vivre, ces violences, cette souffrance ! »

 

Originaire du Nord-Aveyron, au pied des monts d’Aubrac, et fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. C’est aussi un passionné.

Auteur de plusieurs monographies historiques et d’une thèse de troisième cycle (Histoire, Géographie, Sciences humaines, Université de Jussieu), il a obtenu deux prix littéraires pour une biographie sur Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle.

Chevalier des Arts et Lettres, conférencier, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’a de cesse de parcourir l’histoire du département, notamment celle de ces femmes qui ont vécu un destin remarquable.

Amour, Émotion, Drame, Histoire

Promets moi, Émile

de Bénédicte Rousset
Broché – 5 juin 2024
Éditions : LA TRACE

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Un roman poignant, qui traduit la réalité de ce qu’ont vécu des anonymes, jetés dans l’Histoire par choix ou par fatalité.
Lorsque Clémence utilise Émile pour échapper à un mariage forcé, elle ne mesure pas les conséquences terribles de sa décision. C’est Gustave qu’elle veut, un américain promis à sa cousine, Pauline. Mais la première Guerre mondiale éclate et, flanquée d’un drôle de compagnon, Clémence s’engage avec elle au plus près du front. Son amour secret en reviendra-t-il vivant ? Entre forts et faibles, dans le chaos d’un conflit sans précédent, s’ouvre une vie nouvelle où, quel que soit son jeu, on veut ramasser la mise.

 

• Couv_2024-041_Rousset Bénédicte - Promets-moi, Émile

 

Quel plaisir de retrouver l’écriture douce et lumineuse de Bénédicte Rousset…

Avec Promets moi, Émile, elle m’a cueilli là où je ne l’attendais pas.
C’est beau. Triste. C’est horrible. Magnifique. Trois cent soixante-treize pages de guerre et d’amour, dont la dernière page, qui fut pour moi l’une des plus importantes.

… Et toujours ce mélange de douceur, de poésie, de réalisme magique, et ici une tendre folie. Bénédicte nous offre un regard tellement chargé d’humanité qu’il arrive à changer les pires moments d’une guerre en épisodes chargés d’amour, d’humour et d’espoir.

Ce roman poignant parle de ceux que l’on ne voit pas, les invisibles, les anonymes qui sont ici jetés dans l’Histoire par choix ou par fatalité ! Ils se nomment Clémence, Émile, Pauline, Pierre, Gabrielle, Marie Curie ou Gustave… Ils sont les témoins d’une vie passée, d’une vie de tristesse, d’horreur ou d’amour.
Clémence et Émile, vont très vite devenir Émile et Clémence. Parce que la vie ne triche pas avec ceux qui ne savent pas mentir. Ce roman poignant, tout en contraste où se mêlent légèreté et gravité, fantaisie et poésie, nous raconte une histoire d’amour incroyable et touchante, une histoire à plusieurs niveaux, entravée par la guerre et la haine et la bêtise des hommes qui restent assis sur des fauteuils en cuir.

J’ai refermé ce livre, écris par une femme, racontant des vies de femmes, dans un lieu où je n’avais pas l’habitude de les rencontrer, ému aux larmes… Pourtant, elles étaient bien à leurs places !

Je conseille ce roman au plus grand nombre. Ce roman profondément Humain.
Bénédicte Rousset, petit à petit, est en train de laisser une empreinte durable…
Lisez-la.
Vous verrez, elle méritera votre bouche à oreille !

Merci aux Éditions La Trace pour ce tremblement de cœur…

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Extraits :

« Tout le reste, chez elle, relevait de la perfection. Sa chevelure, d’un roux flamboyant, presque trop piquant, rehaussait des pommettes saillantes et sublimait sa singularité. On ne voyait que cela avant, ses cheveux bouclés et son visage moucheté de taches de rousseur. On aurait dit que Dieu, en lui infligeant cette blessure, avait voulu rectifier un tir trop bien aligné, retirant un peu de beauté là où il en avait trop mis. »

« Clémence fixa le garçon dans un sourire attendri. Quel gentil benêt ! À chaque fois qu’il venait au Domaine avec ses parents, il ne la lâchait pas. Heureusement, grâce à lui, elle pouvait chevaucher des heures. Comme elle devait être accompagnée pour s’éloigner et que personne ne se dévouait jamais
-les domestiques étant inaptes-, la compagnie d’Émile l’arrangeait, d’autant qu’il ne parlait pas. »

« – C’est à l’asile qu’est la place de cet aliéné.
– Sa mère refuse. On peut comprendre, dit Clémence. Il est mieux auprès d’elle que…
– Certains traitements expérimentaux montrent leur efficacité, la coupa-t-il.
– Son intelligence n’est pas “normale” mais il est doué d’une certaine sensibilité.
– Cet individu n’a pas de cervelle ma chère, seulement un cervelet, qui suffit à la vie bestiale.
Comment osait-il ? »

« – Quel sacrilège!
– Dieu n’existe pas.
– Tu sais bien que si.
Pauline croisa les bras, l’air effronté.
– Papa et maman disent que non, et c’est en eux que je crois. »

« Le front de Clémence se plissa.
– Tu es triste ?
– Triste de joie.
La mélancolique beauté de la scène l’enveloppa de tendresse. »

 

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. Professeur de Lettres Modernes, l’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.
Promets-moi Émile est son Huitième roman.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

« Ecrire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Il y a de moi dans chacun de mes personnages, même les plus noirs : ce sont peut-être eux qui me révèlent en miroir ! Ils sont un moyen d’évacuer les traumatismes vécus dans l’enfance. Deux éléments me semblent essentiels dans mes romans : la quête de l’identité, et celle de la vérité. La première nous concerne tous : qui sommes-nous ? Comment nous comportons-nous face à l’image que nous renvoyons ? Sommes-nous conformes à cette image ? La deuxième entre dans la structure du roman policier : pourquoi tuer ? Comment arrive-t-on à franchir le pas ? Je crois qu’il y a un assassin en chacun de nous, mais, la plupart du temps, il ne rencontre jamais sa victime (heureusement, non ?) »

– Celles qui se taisent
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/03/celles-qui-se-taisent/

– À toutes celles que tu es
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/24/a-toutes-celles-que-tu-es/

– Le portrait d’Humphrey Back
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/13/le-portrait-dhumphrey-back/

Amour, Cercle littéraire, Drame, Philosophique

Les échappés

de Renaud Rodier
Broché – 5 janvier 2024
Éditions : Anne Carrière

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Lauren, étouffée par le silence d’une bourgade du Kansas, part se réfugier à New York après une fusillade meurtrière dont elle est injustement accusée. Aaron, héritier d’un empire mafieux à la mort de son père, peine à mettre ses ressources au service de ses victimes. Émilie, talentueuse interprète aux Nations-Unies, perd la parole à la suite d’une simple erreur de traduction. Nathaniel, star planétaire, décide de disparaître pour fuir ces superproductions qui le consument. Aashakiran, une intouchable née dans un bidonville de Mumbai, cherche son avenir à travers l’oculaire d’un télescope, jusqu’à oublier ses origines.

Leurs histoires se chevauchent. Leurs exils les rapprochent les uns des autres.

Renaud Rodier s’impose, grâce à ce premier roman, comme le formidable cartographe d’une génération en déshérence. Ode à l’audace, à la résilience et à la recherche de soi dans un monde en constante transformation, Les Echappés transcende les frontières et voit dans nos blessures les plus intimes quelque chose d’universel.

 

• Couv_2024-039_Rodier Renaud - Les échappés

 

2024 s’annonçait déjà comme l’année des premiers romans…
En tant que tel, Les échappés m’a complètement retourné.

Il est impossible de résumer ou de classer “Les échappés”.
Certains diront roman à tiroirs, d’autres, roman gigogne, roman choral ou poupées russes. Mais “Les échappés” est tellement plus ! Il a pointé du doigt et remis en cause, plusieurs choses que je concevais comme acquises. Renaud Rodier nous propose un roman complètement nouveau. Il faut s’accrocher, écouter les “acteurs”, éviter les pièges, rester en éveil, attraper les détails et se battre parfois. “Les échappés” est un livre qui se mérite ! Pour moi, le roman le plus abouti depuis la rentrée… et dire que j’ai failli passer à côté !

Une fresque romanesque à travers le monde et le destin de “quelques” personnages en quête d’évasion, où une profonde humanité est présente dans chaque ligne.
Lauren, Aaron, Émilie, Kip, Nathaniel, Nathaniel, Aashakiran. Chacun des personnages a une histoire, son histoire. Mais quand l’auteur décide à la place du destin, de les faire se rencontrer ou se réunir, est-ce pour le meilleur… ou pour le pire ?

J’ai fait tellement d’aller-retours, à travers les pages en quelques jours, que finalement, j’ai bien dû le lire deux fois… un vrai plaisir. De la poésie, de la tristesse, j’avais l’impression de contempler des photos, des tableaux, et à régulièrement, je discernais de nouveaux détails, comme hypnotisé pendant des heures. J’ai rarement été aussi triste à la fin d’un livre, comme pour certains films, certains voyages qui se terminent, certaines vies que l’on quitte à regret.

Renaud maîtrise à la perfection son sujet, et j’en demandais toujours plus. Une fresque romanesque, une ode à la résilience, je vous le disais plus haut, impossible à classer. Chaque mot, chaque phrase est pesés pour nous porter vers l’étincelle la plus lumineuse, vers la terrible noirceur d’une séparation, ou d’un décès. Un récit qui a percuté aussi ma vie. Les migrations, la mondialisation, le terrorisme, les inégalités,… Toutes les voix se mêlent, se complètent, se répondent, se contredisent aussi, car les personnages sont vivants, et s’expriment avec leur cœur et à travers le monde. Héros, anti-héros… Ils sont moi, ils sont vous, ils sont nous…

Un premier roman, pour lequel je suis obligé de m’incliner. Je sais que je le relirai. Je suis forcément passé à côté de nombreuses choses que Renaud a disséminé par-ci, par-là.
J’hésite encore entre coup de cœur et coup de foudre… Je suis complètement sonné.
Il y a de la passion dans la plume de ce nouvel auteur !

Vous souhaitez vivre différemment ?
“Les échappés” sont là pour ça, ils vous tendent leurs mains…

Je sais maintenant, que ce n’est pas un hasard, si Renaud Rodier a été élu Lauréat du Cercle Littéraire du Château de l’Hermitage.

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Extraits :

« Kip était mon aîné de quelques mois, mais avait tellement besoin d’une grande sœur que je me comportais comme telle. Je l’escortais sur le chemin de l’école, partageais mon sandwich avec lui à la cantine lorsque Jack lui volait sa gamelle, l’aidais à faire ses devoirs, lui lisais des contes des frères Grimm pour lui donner du courage. Un soir d’hiver, alors que nous parcourions Hansel et Gretel à la lueur d’une chandelle, ses yeux se sont illuminés. Il m’a implorée d’adapter cette histoire pour lui, pour nous. Je ne m’en croyais pas capable, mais comment trahir cette confiance qui frôlait la foi ? »

« – J’ai réglé le problème. Régler des problèmes, c’est mon métier. »
Quelques jours plus tard, Kip était de retour à l’école, apparemment indemne. J’ai cherché à l’aborder, mais il a réussi à m’éviter en accélérant le pas. Lors d’une récréation, j’ai fini par le coincer au détour d’un couloir. Il m’a lancé un regard d’animal pris au piège. Quand j’ai avancé une main maladroite vers sa joue, il a reculé d’un bond. Je lui ai dit que nous pouvions passer outre l’interdiction de mon père et nous rencontrer en secret, ici, ou mieux encore à Lemon Park, jusqu’à ce que tout revienne à la normale.
“-Je… J’peux pas, a-t-il bégayé.” »

« Lieux a germé de la conjonction de la douleur de Malina et de la splendeur de ce baiser. Mes sujets s’imposent toujours à moi d’un coup, intelligibles, précis, mais aussi extrêmement fragiles et éphémères. Je dois les noter sur un bout de papier aussitôt qu’ils me viennent, au risque de les perdre. Dans le cas de Lieux, j’ai dû me précipiter vers un café pour emprunter un stylo et quelques feuilles. Il m’a fallu moins d’une demi-journée pour écrire son incipit. À ce stade, je n’avais encore aucune garantie que ce texte aurait 

 

 

Renaud Rodier est diplômé de Sciences Po Paris et de l’université Columbia de New York. Il collabore depuis près de vingt ans avec les Nations unies et diverses ONG pour apporter une aide aux réfugiés et aux déplacés. Ses missions l’ont conduit aux quatre coins du monde, souvent dans des zones de conflit.
Les Échappés est son premier roman.

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“Écrire a toujours été, pour moi, un acte de survie. C’est en scrutant la cour d’une prison depuis la fenêtre de ma cuisine que j’ai couché mes premiers mots sur une page. Contempler le va-et-vient des détenus des heures durant offrait une échappatoire à ma réalité quotidienne, mais je préfère garder cette histoire pour une autre occasion. Aux yeux de mon enfance, les reclus étaient autant d’oiseaux en cage. Je leur consacrais des poèmes maladroits, les voyant virevolter dans les cieux délavés d’une ville portuaire. Par respect pour la souffrance, je préférais taire leurs gémissements nocturnes, qui me maintenaient parfois éveillé.

Avec les années, mon style a évolué, mais ma philosophie est demeurée la même. Ma matière première est la douleur. Je modèle sans relâche les traumatismes jusqu’à les voir se transformer en oiseaux dansants. La principale différence avec mes écrits de jeunesse est que je ne passe plus les hurlements sous silence. Ce n’est pas tant une question d’honnêteté ou d’acuité, mais plutôt que j’ai découvert que les cris peuvent être propulseurs.”

Amour, Émotion, Drame, Suspense

Suite en do mineur

de Jean Mattern
Poche – 16 février 2024
Éditeur : POINTS

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Robert Stobetzky a quitté sa petite librairie de Bar-sur-Aube pour un voyage à Jérusalem. Son neveu le lui a offert pour ses cinquante ans. Il se maudit d’avoir accepté. Il préfère le calme aux groupes de touristes. Perdu dans les rues de la ville, il reconnaît la silhouette d’une femme qu’il a passionnément aimée vingt-six ans plus tôt. Souvenir qu’il était parvenu à éloigner grâce à la lecture et à la musique. Mais le fantôme de Madeleine ravive en lui la mémoire d’autres disparus.

« Un roman délicieux et triste qui en dit long sur le sens la vie. »
Libération

 

• Couv_2024-037_Mattern Jean - Suite en do mineur

 

Pour ses cinquante ans, Robert Stobetzky est parti faire un voyage organisé en Israël.
Dieu sait qu’il n’avait pas du tout envie de ce voyage, mais c’est son neveu Émile qui a payé, et s’est occupé de tout, Robert n’a pas voulu lui faire de peine…
À Jérusalem, les touristes se prennent pour Jésus, Mohamed ou un autre prophète. Dès sa première sortie, il perd le groupe avec lequel il a quitté l’hôtel. Soudain, en déambulant dans les rues étroites, il est persuadé de l’avoir reconnue dans la via Dolorosa. Vision furtive, mais il est sûr que c’était bien elle, Madeleine. Comment faire pour la retrouver avec toute cette foule ?

Vingt-six ans qu’il ne l’a pas revue.
Trois semaines de bonheur intense, puis une séparation brutale qui laisse Robert complètement dévasté. Juste un petit mot avant de le quitter, “Tu comprendras un jour, sois heureux”.

Suite en do mineur, c’est l’histoire de cet homme défait, incapable de se reconstruire, et là, vingt-six ans plus tard, tout lui revient à l’esprit. Pourquoi ?
Lorsqu’il décide des années plus tôt de prendre des cours de musique, c’est par le violoncelle que Robert est attiré. Son professeur, Johann, qui deviendra son ami, disparaît aussi du jour au lendemain.
Le seul plaisir que la vie lui a offert, c’est ce lien qu’il est arrivé à construire avec son neveu Émile, avec qui il nouera une relation très profonde autour de la littérature, et qui vient lui donner tous les samedis un coup de main dans sa librairie. La vie de Robert est difficile et pèse sur ses épaules…

Je découvre Jean Mattern avec ce roman particulièrement sensible.
Alors qu’habituellement, je n’aime pas spécialement les phrases trop longues dans les romans, ici au contraire, elles se justifient, et donnent véritablement un sens au récit, accentuant même une certaine tristesse présente dans tout le récit. Je me suis laissé porter et Jean est arrivé à m’emmener dans son histoire triste et agréable.

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Extraits :

« Pourtant j’avais fait la paix avec l’idée de ne jamais la revoir, pourquoi alors cette brûlure, sans raison ni logique, une silhouette qui envahit mon champ de vision sans crier gare et qui devient la seule chose que je vois, sans possibilité d’y échapper, la conviction immédiate que c’est elle, comme si je l’avais reconnue avec certitude alors que mon esprit naviguait au large, en écoutant vaguement notre guide, mais l’image avait déjà pris toute la place en effaçant le reste. »

« Deux jours après, sa remarque me revint en mémoire et me ramena presque trente ans en arrière.
Brutalement. Était-ce parce que j’avais aperçu – ou cru apercevoir – Madeleine sur la Via Dolorosa la veille ? En tout cas, la phrase de mon nouveau meilleur ami Albert Benquelquechose réveilla le souvenir de ces paroles définitives prononcées par Madeleine quelques heures avant son départ pour Lyon. “Tu es juif. Je suis catholique. Ça ne peut pas marcher.” J’étais abasourdi, en colère, scandalisé. J’ai été dans une telle rage pendant trois jours que cela me fit oublier mon chagrin. Ne croyant pas une seconde à cette affirmation qui, pour moi, cachait un “Tu es pauvre. Je suis riche” qu’elle n’osa pas prononcer, mais, à ce jour, je ne sais pas si elle pensait vraiment ce qu’elle disait, comment pourrais-je le savoir ? Madeleine coupa court à toute discussion, les larmes coulèrent sur ses joues, mais sa voix ne trembla pas. “Fais-moi confiance. Je sais de quoi je parle. Ce n’est pas possible, et ce n’est plus la peine d’en parler.” »

« La musique n’exprime pas seulement la tristesse, ou la colère, ou le chagrin, tous ces sentiments – elle y répond aussi. À écouter la mélodie presque joyeuse exécutée par la voix de la Callas, des paires de croches qui montent et descendent dans une indéniable allégresse, suivies par les violons qui nous offrent la même ligne mélodique – et ce alors qu’Orphée déplore la mort de celle qu’il aime plus que sa propre vie -, les mots de Johann prenaient enfin tout leur sens : “C’est à cela que tu reconnais les grands compositeurs. Dans une suite de Bach, dans une sonate de Schubert, dans un air de Mozart, tu peux entendre tout à la fois la détresse abyssale d’un homme en deuil et la joie voluptueuse de quelqu’un qui a été comblé d’amour. La musique, quand elle sonne juste, déplore et console en même temps, elle chante la beauté du monde et se lamente de notre solitude irréductible. L’humanité a besoin de musique, car elle seule peut faire danser notre âme.” »

 

Jean Mattern est né en 1965 dans une famille originaire d’Europe centrale.

Il suit des études de littérature comparée en France à la Sorbonne, avant d’être responsable des droits étrangers aux éditions Actes Sud, responsable des acquisitions de littérature étrangère aux éditions Gallimard, puis responsable du domaine étranger chez Grasset. Depuis octobre 2022, il est directeur éditorial des éditions Christian Bourgois.

Les Bains de Kiraly, son premier roman, a été remarqué par la critique et les libraires lors de sa publication chez Sabine Wespieser éditeur en août 2008. Le festival du premier roman de Laval l’a également sélectionné pour son prix qui sera remis au printemps 2009.

Dans chacun de ses livres, la question de la transmission
occupe une place prépondérante :
De lait et de miel (2010),
Simon Weber (2012),
Le Bleu du lac (2018),
Une vue exceptionnelle (2019)
Suite en do mineur (2021),
Les Eaux du Danube (2024) est son septième roman chez Sabine Wespieser éditeur.

Aux éditions Gallimard il a également publié un roman,
Septembre (2015), qui reçoit le Prix des Lecteurs du Salon du Roman Historique 2015 de Levallois, ainsi qu’un essai,
De la perte et d’autres bonheurs (2016), dans la collection « Connaissance de l’Inconscient ».

Adolescence, Amour, Drame, Psychologie, Thriller

Mon ami Charly

de David Belo
Broché – 16 mai 2024
Éditeur : Éditions Taurnada

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Après un traumatisme, deux adolescents de 14 ans, Charly et Bastien, inventent le BINGO : une philosophie permettant d’anticiper, d’extrapoler et de déjouer les dangers de la vie.
Toujours en place trente ans plus tard, le BINGO promet des vacances d’été paisibles au mont Corbier pour Bastien et sa famille.
Mais lorsque l’énigmatique Chloé, meilleure amie de sa fille, se joint à l’escapade, le BINGO semble caduc.
Bastien panique et la montagne se métamorphose en théâtre des enfers.
Certaines choses sont imprévisibles.

 

• Couv_2024-036_Belo David - Mon ami Charly

 

Décidément, les Éditions Taurnada ne cesseront jamais de m’étonner !
J’en profite pour te remercier Joël…

Par où commencer ?
Rarement, je n’ai eu autant de mal à faire ma sélection d’extraits. J’en avais prévu tellement que faire un tri a été un véritable défi !

Le premier mot qui m’est venu à la fin de ma lecture a été “magnifique”. Mais où donc David Belo est allé chercher ce récit jubilatoire pour le lecteur que je suis et en même temps complètement déroutant. Des chapitres courts, du rythme, un super suspense, mais plus que tout, des rebondissements intenses et réguliers, qui n’en finissent pas, beaucoup de psychologie, des personnages émouvants, quelle claque littéraire !!!
Il m’est même venu plusieurs fois à l’esprit, mais… ce mec est fou !!!

Du coup, je suis allé voir un peu qui était David Belo grâce à Internet. Et je vous engage à faire même… Sacré personnage.

Charly et Bastien sont deux adolescents. Les meilleurs amis du monde. Ils sont amoureux de Marion. Mais leur amitié qui traverse les années.
Un traumatisme grave va venir percuter leur quotidien et ils décident alors de créer le Bingo, afin de déjouer les dangers de la vie… et ça marche.
Mais un jour, tout va basculer vers le pire.

Comment Charly et Bastien, vont-ils déjouer leur destin ?
Il leur faudra toute la malice et la plume de l’auteur pour arriver à sortir de ce véritable cauchemar.
Accrochez-vous bien pour ce voyage “coup de cœur” hors des sentiers battus, que vous ne regretterez sûrement pas !

“Certaines choses sont imprévisibles”

Alors le 16 mai, foncez vite chez votre libraire, parce qu’il n’y en aura peut-être pas pour tout le monde…
Bravo David !

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Extraits :

« Marion, pétrifiée, lâche le plat. En heurtant le sol, celui-ci explose en un million de tessons de verre comme du cristal. Elle tombe à genoux près du corps inerte et pousse un hurlement de détresse.
Les cheveux bruns, mi-longs, de notre enfant baignent dans la sauce tomate et le sang. Son visage aux traits fins est dépourvu de toute émotion et ses yeux verts sont révulsés.
Sans frapper à la porte, l’horreur s’invite dans notre foyer.
Hugo est mort… »

« Marion et moi avons les traits tirés, des cernes et tous les signes de fatigue dus au voyage et à cette nuit agitée. À contrario, les jeunes ont bien dormi et ne se sont rendu compte de rien. C’est mieux ainsi, ils ont été préservés de l’horrible vision de l’accident. »

« “Il te faut de l’aide pour porter les courses, je t’accompagne, dit Chloé depuis l’interstice de sa chambre.
– Non ! Pour quelques croissants et deux cafés, ça ira, merci.”
En catimini, je me tourne vers Marion, l’implorant de mes grands yeux. Elle sait que je suis mal à l’aise avec la jeune fille, que je ne l’aime pas beaucoup. Mais elle ne partage pas et ne comprend pas mon sentiment. Mon épouse me trouve injuste et intolérant, en deux mots, un vieux con. Elle ne m’aidera pas, j’en suis conscient et la soupçonne même de ricaner dans sa barbe qu’elle n’a pas. »

« Des doigts recouvrent mes yeux, m’empêchent de rêver davantage aux VTT et à la montagne.
“C’est qui ? demande une voix que je connais bien.
– Je dirais… la plus belle femme du monde.”
Marion danse autour de moi et me fait face.
“Tu parles de moi ? J’accepte le compliment avec plaisir.
– En fait, j’espérais plutôt voir Scarlett Johansson, mais je m’en contenterai.”
Elle serre son poing et frappe mon épaule pour corriger mon effronterie. Entrant dans son jeu, j’exprime un “ouille” de douleur totalement feint puisque son coup avait la puissance d’une mouche en perte de vitesse s’écrasant sur le cul d’une vache. »

 

David Belo est un peintre et décorateur en bâtiments depuis 1997… il est aujourd’hui artisan Spécialiste en décoration, entreprise BeloDeco (ancienne technique décorative : patine, imitation bois, imitation marbre, fresques etc…. )

Il a commencé la peinture sur tableau en janvier 2017. La passion du métier ainsi que ses connaissances lui permettent une bonne évolution dans le domaine de l’art. Peinture et photographie sont naturellement devenues sa façon de penser… vivre… Ses toiles sont réalisées avec des peintures de bâtiment, il joue avec les matières et les transparences de glacis à l’ancienne. (huile de lin – térébentine – pigments en poudre)

David Belo vit et travaille à Mogneville (France).

Passionné de films d’horreur, thrillers et adepte des livres audio, c’est à son tour d’inviter les lecteurs à frissonner au rythme de ses mots.

2024 – MON AMI CHARLY édition Taurnada
2023 – Le monde part en vrille Nouvelle au format numérique aux éditions Taurnada.
2023 – OPATOMA, le fleuve aux mille morts aux éditions LBS, diffusion Dilisco, groupe Albin Michel. Parrainé et Bandeau sur couverture par Claire Favan, auteure.
2021 – Mourir gentiment novella au format switch, Publié par Hugo Publishing sur Nextory.
2021 – Représentation du tableau Il était deux fois de Franck THILLIEZ, publié dans la version poche.
2020 – Auto-édition du recueil photographique des tableaux d’auteurs Portraits & mots d’écrivains.