Amour, Émotion, Drame, Thriller

Seuil T: Requiem pour l’échafaud

de Éric D’Aura
Broché – 2 avril 2024
Éditions : Des livres et du rêve

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1976. Équinoxe de printemps. Près de Marseille, cinq jeunes adolescents s’amusent à se lancer des défis dans une abbaye abandonnée. L’un d’eux va disparaître, un autre sera retrouvé mort dans un ruisseau, massacré selon un rituel étrange.
Le coupable désigné est arrêté, jugé, condamné à la peine capitale puis exécuté.
Il sera le dernier prisonnier guillotiné sur le sol français.

2019. Équinoxe de printemps. Près de Nice, le corps d’un vieil homme est découvert étêté dans les bois de Villeneuve-Loubet. Le premier d’une longue et inquiétante série.

Y aurait-il un lien avec l’affaire de 1976 ?

Ce sera à la brigade de l’explosive commandant Abigaïl Eixewech de le déterminer.
Une enquête qui la poussera aux confins de la raison, car l’un des adolescents de 1976 n’est autre que son ancien amour platonique ; le charismatique mais sulfureux médecin légiste : Démétrius Collaki.

Entre rebondissements, rire et drame, cette histoire inspirée de faits authentiques vous consumera jusqu’à l’improbable dénouement, où de la Côte d’Azur à la frontière canadienne, vous finirez sur une île perdue au milieu d’un lac, projeté dans le temps…

Vous avez aimé Forget me not ? Vous allez adorer Seuil T ! Éric D’Aura retrouve son personnage fétiche, Démétrius Collaki, amateur de bons mots, tout comme lui. Pour notre plus grand plaisir.

 

• Couv_2024-047_D'Aura Éric - Seuil T - Requiem pour l'échafaud

 

J’ai découvert Éric D’Aura avec le superbe, le sublimissime Forget me not, son premier roman. Un roman déjà teinté d’une certaine maîtrise, mais surtout, un roman complètement fou, où j’ai régulièrement eu de vrais éclats de rire !
Éric a développé un humour très particulier, ça fonctionne, il assume, et il y va à fond. L’aptitude aux vrais jeux de mots (ceux qui sont doublés d’un jeu de sens) est la voie royale vers les figures de style et les traits d’esprit. Lorsqu’il est développé, comme le fait Éric, le vrai sens de la langue et de l’esprit est inaliénable et semble ne plus pouvoir être arrêté, et là… C’est que du bonheur.

Alors, quel plaisir de retrouver les personnages du premier opus qui ont à peine changé ! Enfin certains… n’ont pas changé, pour les autres, vous verrez. Une sacrée équipe.

Éric, encore une fois s’amuse avec brio, ça se sent, et c’est ce qui me plaît. Il casse les codes, mais toujours avec un profond respect pour la littérature, une vraie maîtrise du vocabulaire et de la langue, avec du rythme, de la hargne !
Une sorte de “One man show-auteur” débridé, et ça va encore une fois dans tous les sens… Vous pensiez détenir le fil rouge, et tout s’écroule. Vous aviez trouvé le coupable, mais il est mort !
Un récit multiple, des mensonges, des manipulations, des faux-semblants, mais que c’est bon.

Je ne m’étais pas trompé, Éric D’Aura est un auteur définitivement à “poursuivre”.

Merci à Angie Lollia des éditions Des livres et du Rêve, pour ce cadeau !

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Extraits :

« – Oh putain ! s’exclama un autre.
– Mais où diable est passé le cerveau ? demanda sidérée une femme avec un certain aplomb.
– Comment le saurais-je ? répondit la légiste qui, dans le ton de sa voix, avait perdu de sa superbe.
– Pourtant le crâne était bien fermé de l’intérieur, reprit le participant numéro 2.
– Putain J.P, tu te crois dans Le mystère de la chambre jaune, lui rétorqua la femme avec morgue.
– Regardez, lança le premier intervenant, on dirait qu’il y a un petit rouleau en papier à l’intérieur du crâne. Encore un message, comme pour le meurtre précédent ?
– Oui, le même type de missive. C’est sans aucun doute notre tueur, valida la femme. »

« Seul Démétrius fut saisi, les yeux grands ouverts, par cette réponse. Tous les autres impassibles étaient déjà au courant. En fait nul ne l’ignorait, mais beaucoup feignaient de ne pas savoir, car à cette époque, on ne se mêlait pas de la vie privée d’autrui. C’était un concept de base. À tort ou à raison d’ailleurs. Quant aux victimes, la honte teintée de crainte les soumettait à un mutisme bienvenu pour les coupables qui surfaient sur cette haute vague de pression psychologique.
Le jeune garçon était consterné.
Son père le frappe ?!
Son beau-père ! Mais ferme ta gueule, OK ! intervint Isabelle. »

« Dès lors, une nouvelle bataille l’anima : la volonté de lancer un projet fédérateur.
Il créa une fondation caritative pour venir en aide aux individus en grande difficulté, abîmés par les aléas de l’existence.
Il désirait ainsi encourager leur leadership et leur permettre de se réaliser dans un monde ambitionné meilleur, plus sûr, plus authentique, plus charitable.
Vaste programme.
Depuis, il parcourait la planète et sa fondation se bâtit une réputation solide dans le monde du mécénat. »

« – C’est toujours sympa de discuter avec un dinosaure et se rendre compte qu’ils n’ont pas tous disparu.
Je ne pus réprimer un rire face à cette riposte fort bien pensée.
Cassie insista :
– Bon, il serait temps que tu rebootes ton cerveau et remettes à jour ton logiciel. Ta version n’est plus compatible avec la société actuelle. Sans compter que tu partais déjà avec un sacré handicap.
– Ah bon ?
– Oh que oui ! Tu n’as jamais été dans le vent, s’amusa-t-elle à me brocarder.
– Et j’en suis fier ! Quel intérêt d’être dans le vent ? Je n’ai jamais ambitionné le destin d’une feuille-morte. »

 

Éric D’Aura : Né en 1970 entre le décès de Jimi Hendrix et celui du général De Gaulle, docteur en pharmacie diplômé à la faculté de pharmacie de Marseille où j’ai rencontré ma future épouse, douce moitié vitale mais également professionnelle, donc marié, deux filles, installés sur la Côte d’Azur depuis 1996. Biberonné par les lectures de Marcel Pagnol et d’Agatha Christie, j’ai osé pour mon premier roman le mixe des deux auteurs saupoudré d’un zeste de Pierre Desproges et rehaussé d’une pincée de Raymond Devos. Résultat : humour et des cadences…

Forget me not
https://leressentidejeanpaul.com/2024/01/15/forget-me-not/

Émotion, Psychologie, Témoignage

les secrets de l’aura

de Rampa T. Lobsang
Broché – 1 janvier 1987
Éditions : J’Ai lu

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Depuis la parution du Troisième œil, il est inutile de présenter au public francais le lama T. Lobsang Rampa. Sa vie, et les raisons qui le poussèrent à fuir son Tibet natal, nous furent ensuite exposées dans ses œuvres autobiographiques, Histoire de Rampa et La caverne des Anciens.
De nombreux lecteurs désiraient avoir plus de précisions sur les secrets occultes que le lama avait laissé entrevoir dans ses précédents livres. Aujourd’hui, Lobsang Rampa cède enfin aux vœux de son public et nous donne dans cet ouvrage inédit un véritable cours d’ésotérisme lamaïste. Ainsi il nous apprend à voyager dans le plan astral et à discerner l’aura de chacun d’entre nous : il nous enseigne la méthode qui permet à l’esprit de quitter son support charnel tout en lui restant attaché par la « corde d’argent ». Toutes ces révélations, et bien d’autres, sont expliquées très simplement et toujours d’un point de vue pratique.
Cet ouvrage est assurément le plus important qu’ait écrit T. L. Rampa depuis Le Troisième œil.

 

• Couv_2024-045_Rampa T. Lobsang - les secrets de l'aura

 

J’avais déjà lu ce livre, il y a très longtemps et, il y a quelques jours, je l’ai trouvé dans une boîte à livre dans ma gare. J’avais conservé un bon souvenir de cette lecture, mais après l’avoir relu, je me suis rendu compte que j’étais passé à côté de nombreuses choses fortes intéressantes… Il est impossible de tout assimiler en une seule lecture, donc ce livre est à relire plusieurs fois. Juste un ou deux chapitres le plus régulièrement possible. “Les secrets de l’aura”, traite de nombreuses sujets, de relaxation, d’hypnose, d’auto-hypnose, de voyage hors du corps, de télépathie, de clairvoyance, de psychométrie, de nos peurs diverses, du karma, de la mort… et de bien d’autres choses encore !

Ce livre pourrait et devrait même en partie, être étudié aujourd’hui, dans les écoles. Les leçons de morale, de respect, de vie tout simplement y sont omniprésentes. Nos enfants et petits enfants pourraient ainsi aller de l’avant avec une certaine confiance en eux, et aussi que le respect des autres devienne naturel et quotidien.

Selon T. Lobsang Rampa tout ce qui est développé dans ce livre est à notre portée à tous, avec un peu de persévérance et de volonté ! Il mène à une autre conception des choses et de la vie sur terre. Car rappelons-nous que, le jour où nous quitterons ce monde, nous n’emmènerons RIEN, si ce ne sont les connaissances acquises lors de notre passage sur cette terre.

C’est très instructif, régulièrement doté d’une logique à toute épreuve et cela m’a obligé à me questionner régulièrement.
Pour ceux qui ont l’esprit ouvert, je recommande cet ouvrage sans hésitation, pour sa clarté et pour tous les thèmes abordés. Pour ceux qui ne trouvent plus l’harmonie dans leur quotidien, il sera comme une soupape, une porte d’évasion vers le bien-être, car il est toujours à portée de main. Il faut juste réapprendre à regarder les gens, les animaux, la nature… la vie !

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Extraits :

« On a rien sans rien. Il faut travailler, car les choses qui vous sont données gratuitement n’ont généralement aucune valeur. Vous devez ouvrir votre esprit ; vous devez avoir la volonté d’absorber de nouvelles connaissances. Vous devez “imaginer” que le savoir vous imprègne, et ne jamais oublier que la pensée, c’est l’homme. »

« L’étendue des connaissances du sur-moi est illimitée, mais le corps physique a des limites réelles. Presque tout le monde quitte son corps pendant son sommeil. Puis, lorsqu’on se réveille, on dit que l’on a rêvé parce que, encore une fois, les hommes ont appris à croire que la vie terrestre est la seule qui importe, et qu’ils ne peuvent voyager dans l’espace quand ils dorment. »

« La peur est une attitude négative, qui appauvrit notre perception. Quelle que soit la chose que nous puissions craindre, toute forme de peur est maléfique. »

« Quelles autres créatures que l’homme songent à se lancer mutuellement des bombes atomiques ? Quels animaux condamnent à mort leurs semblables ou les torturent ?
L’homme, en dépit de sa prétendue supériorité dont il aime à se vanter, est par bien des côtés plus bas que les plus vils animaux. C’est parce que l’homme s’attache à des valeurs fausses, parce qu’il ne désire que l’argent et les plaisirs matériels alors que ce qui importe le plus, ce sont les choses immatérielles que nous tentons de vous enseigner. »

 

Tuesday Lobsang Rampa, pseudonyme de Cyril Henry Hoskin, figure marquante et incontournable de la spiritualité du XXe siècle, a inspiré plusieurs générations de lecteurs grâce à ses récits d’initiation au Tibet et ses enseignements métaphysiques. Il est l’auteur du best-seller Le troisième œil.

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Merci maîtresse !

De rien c’est mon job
de Anouk F.
Poche – 4 avril 2024
Éditions : Mon Poche

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C’est l’histoire de Carla, qui est venue et qui a dû repartir. Trop vite. C’est l’histoire de Martim, qui aurait préféré ne pas être là, avec nous. C’est aussi celle d’Habib, qui espère chaque matin qu’il y aura sport aujourd’hui. C’est l’histoire de Valentine et de son papa. D’Adriano et de la quiche qu’il a vomie sur sa dictée ce matin. De Timéo, qui n’avait pas de chat mais des griffures quand même. De la corde de Laurence, la directrice, sur laquelle on a un peu trop tiré. C’est leur histoire à tous. Et la mienne, aussi. L’histoire de mon école, de notre école. Et de la vôtre aussi, sûrement.

 

• Couv_2024-046_F. Anouk - Merci maîtresse ! De rien c'est mon job

 

Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais avoir un “petit” livre entre les mains, quelques pages à lire avant la fin de la journée…

Vous l’aurez compris, le récit raconte l’histoire d’une « maîtresse ». Elle enseigne dans une classe de CE2 constituée d’enfants parlant plusieurs langues. Nos enfants ont changé. Les parents plus difficiles à gérer, dans cette société qui exige toujours plus de performances.

J’ai très vite été happée par le roman… Par cette maîtresse très touchante, par ses élèves venant de diverses origines sociales.
On ne devient pas enseignant par hasard, on ne le fait pas non plus pour l’argent. C’est pour moi, lorsqu’il est bien fait, un des plus beaux métiers qui soit, et j’ai voulu moi-même à un moment de ma vie être enseignant dans les Arts Graphiques…

Anouk F., raconte une belle histoire, sûrement son histoire, son quotidien, drôle ou triste, avec beaucoup d’émotion et de respect pour “ses” enfants.
Je suis sorti de mon rôle de lecteur, pour redevenir l’enfant que j’avais été avec la chance que j’avais eue avec ma maîtresse au CP. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontrait, elle continuait à sourire, et à nous donner la confiance, qui nous manquait pour la plupart. J’étais moi-même un enfant allophone, comme la plupart des élèves de la classe. Nous venions tous d’horizons différents, mais arrivions quand même à communiquer, avec les mains, les yeux, des grimaces aussi et parfois avec la bouche. Malgré nos couleurs de peaux différentes, nous étions tous pareils…

J’ai retrouvé, beaucoup de choses vécues, à travers ces quelques pages. J’ai pu imaginer très facilement la fierté, que devait ressentir certains enseignants lorsqu’ils atteignent leurs objectifs sans jamais baisser les bras, lorsqu’ils voyaient l’évolution de leurs élèves, toujours avec beaucoup de dévouement.

Merci maîtresse !, est une belle histoire, l’histoire de mon école, de notre école, l’histoire d’une maîtresse qui ouvre les portes de sa classe, et qui sut ouvrir son cœur dans son quotidien, avec une vraie sincérité. Soyez tous les bienvenus dans sa classe, venez partager ses joies et ses tristesses !
J’ai souri, j’ai pleuré, j’ai passé un réel moment de bonheur avec ce livre, une nouvelle fois un “coup de cœur”.
Une histoire que je vous recommande vivement et qui s’adresse à tous.

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Extraits :

« Je veux être au service des autres, oui, encore.

Mais j’aimerais que ces autres ne soient plus cachés derrière leur poste de radio, qu’ils soient là, en face de moi. Je verrais leurs yeux, leurs oreilles.
Ils ne pourraient pas tourner le bouton quand ce que je leur dirais ne les intéresserait plus. Ils baisseraient peut-être les yeux, les oreilles, mais je le saurais, je le verrais. Alors je me reprendrais. »

« 11 h 45. Je ramène la plupart des enfants au portail. Rares sont ceux qui mangent à la cantine, en ce jour de rentrée. La maman de Kahina est aux premières loges, inquiète. Persuadée, de toute façon, que ça s’est mal passé. »

« Je crois que je suis vraiment devenue enseignante le jour où j’ai accepté de ne pas être capable de tout faire, en tout cas pas tout de suite. Je crois que j’ai failli quitter ce métier à chaque fois que je me suis rendu compte que je ne pourrai pas les aider tous, en tout cas pas comme il faut. »

« MAIS ON NE GAGNE PAS à tous les coups. Loin de là. Souvent, même, on se ramasse complètement. On essaie, c’est l’essentiel, finalement. Il faut juste savoir se le dire, et y croire. »

« Je vois, oui, très bien. J’ai même envie de pleurer tellement je vois. Amina regarde Yacine. Tout le monde regarde Yacine. Quand il s’en aperçoit, quand il entend que je le félicite, que je le remercie, il est fier, mon petit bonhomme de travers, et il a de quoi. »

 

Après avoir été journaliste pendant plus de huit ans pour Radio France, Anouk F. démissionne et s’inscrit en candidat libre au concours de professeur des écoles. Elle commence à enseigner en septembre 2013 et est actuellement “maîtresse” dans le sud de la France, dans une école REP (Réseau d’Éducation Prioritaire), dite “de regroupement”, accueillant des enfants allophones.

son blog : https://merci-maitresse.fr/
page Facebook : https://www.facebook.com/AnoukF2
Twitter : https://twitter.com/AnoukF2

Adolescence, Émotion, Drame

Dies iræ – Jour de colère

de Pascal Alliot
Broché – 15 avril 2024
Éditions : Maïa Quantum scandola

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Alors il commence son texte, son état de vie, son acte de reconnaissance. Par ses premières années, celles heureuses à Saint-Savetier, il y a trente ans environ. Quelque part dans le Nord, au pays des mines. Des terrils. Un p’tit gars du Nord qui est monté à la capitale, et qui a croisé son destin. Mais qui grandit heureux auprès de sa famille. Où tout débuta dix ans auparavant. En toute quiétude. Sans penser la moindre seconde à l’hallucinant chemin que cette aventure humaine se bornait à prendre. Quatre jeunes gens que la vie emporterait par-delà toute imagination. Dans un tumulte médiatique sans égal. Et les mènerait vers une destruction claire. Dies iræ, ou le cri de la colère, de la lutte, de la revendication. Du fond de l’abîme vers lequel, sans le savoir initialement, ils se lançaient à corps perdu. À coups de latte dans le ciel d’azur. Vers les tréfonds vivaces de ces sons violents qui forgeaient leur son, leurs chansons, leurs appels, ces concerts tout en énergie dans lesquels ils s’abandonnent, en toute nécessité. Et ce succès, cette reconnaissance d’un public qui viendra de plus en plus nombreux lors de ces grand-messes rock and roll. Lors desquelles ils finiront par se noyer, les menant vers un point de non-retour absolu. Que vive leur histoire désormais.

 

• Couv_2024-044_Alliot Pascal - DIES IRAE - Jour de colère

 

Yvan et François, deux frères se passionnent très tôt pour la musique. Avec deux amis du collège, ils décident de monter leur groupe. Un groupe de Rock, “Dies iræ, jour de colère”.

Commence alors pour nos quatre adolescents une longue route qui alterne entre joies et déceptions. Mais jamais ils ne baisseront les bras. Ils sont passionnés, ils sont jeunes et ont toute la vie devant eux. Ils feront très vite de belles rencontres qui vont leur permettre d’aller beaucoup plus vite que ce qu’ils pensaient, et après quelques concerts ici ou là, où ils donneront toute leur puissance, montreront toute leur passion, on leur proposera d’enregistrer un premier EP ! Ils sont aux anges… Mais la vie et le monde de la musique, vont leur en faire voir de toutes les couleurs…

C’est le second roman de Pascal Alliot que je lis, et le premier m’avait déjà emporté.
Je suis entré dans le roman très vite. Il est prenant, il vibre même à certaines occasions. Je me suis revu plus jeune lors des concerts où j’allais et sur ce point les descriptions de Pascal Alliot sont superbes, vivantes, j’avais l’impression d’y être, j’ai eu des frissons !

Les personnages principaux, sont très bien décrits, j’arrivais à les visualiser sur scène. Le récit est bien mené avec des rebondissements, mais j’ai vraiment été très embêté par le nombre de fautes que j’ai trouvé pendant la lecture, et forcément cela à gâché mon plaisir. C’est bien dommage et j’en suis bien triste… Triste pour l’auteur qui n’a pas été suffisamment accompagné par sa maison d’édition, triste pour les lecteurs qui risquent de se faire une fausse idée de Pascal Alliot !
J’ai quand même lu le livre jusqu’au bout, mais certains passages étaient vraiment très difficiles…

Je tiens quand même à remercier Pascal pour ses envois, et j’attendrai avec grande impatiente son prochain “bébé”…

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Extraits :

« Saint Savetier se présente comme toutes les villes moyennes du Nord. Sa place, son beffroi, de belle dimension, sa mairie gothique et ses pigeons. Et le long de tout ceci, les bars, cafés, grands magasins habituels. Divers quartiers s’organisent autour de la cathédrale, certains existent depuis le Moyen Âge pour leur création. Environ soixante-dix mille âmes survivent dans cette ville. »

« Il rentrait désormais régulièrement ivre. Parfois, il s’écroulait à même le sol et Madeleine devait le porter au lit, comme elle le pouvait, avec la force du désespoir.
Parfois, il demeurait debout et, pour un rien, la folie se mettait en place. Madeleine demeurait la cible principale. Celle de tous les coups portés. Un long supplice. Et puis, un jour, il s’attaqua aux enfants, alors âgés de dix et huit ans et demi. Il leur tomba dessus, sans crier gare. Dans un premier temps, il frappe Yvan, puis François. Les coups redoublèrent de cette force implacable. L’innocence est marquée au fer rouge. Les anges déchus s’envolent vers l’enfer. Quatre années terrifiantes, hallucinées, sordides. La mort se rapprochait bien près parfois. Madeleine ne portait pas plainte, supportait l’insupportable. »

« Les quatre garçons ne se quittent plus. Inséparables face à l’enfer, la damnation, le Mal. Tous issus de familles en fusion ou reconstruction selon les trois cas bien distincts. Cette union du malheur absolu ou de la renaissance qui crée le ciment le plus solide entre chacun d’entre eux, de l’amour pour les deux frères, unis comme jamais. Prêts à en découdre avec les affres du désarroi. »

 

Archéologue céramologue, Pascal Alliot vit en Espagne, près de Barcelone.

Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire est son premier roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/16/journal-ordinaire-dun-assassin-pas-ordinaire/

L’auteur nous entraîne dans un imaginaire brutal, onirique, riche et haletant, nous faisant visiter les tréfonds de l’âme tourmentée d’un meurtrier.

Amour, Émotion, Drame, Historique

L’Enfant trouvée

de Louis Mercadié
Broché – Grand livre, 14 mars 2024
Éditions : de Borée

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Années 1820-1900. Tout comme son amie Marie, future madame Talabot, Noëlle n’a jamais rien connu d’autre que l’orphelinat. S’accrochant uniquement à l’idée de retrouver sa mère, elle affronte un quotidien harassant et surmonte dignement les difficultés qui jalonnent son chemin. Sa quête la conduira dans un Paris en pleine tourmente. Modifiant profondément sa façon de voir la vie, cette période agitée la mènera là où tout a commencé, au village de son enfance…

 

• Couv_2024-043_Mercadié Louis - L'enfant trouvée

 

Malgré le vécu incroyablement triste de Noëlle en ce début de 19e siècle, je referme tout de même mon livre heureux de cette histoire et éblouis par le parcours qu’elle a vécu sans jamais baisser les bras devant l’adversité.
Après un abandon, hors de la volonté de sa mère en 1822, nous suivons le parcours de la petite Noëlle qui va grandir dans un orphelinat, dans une France où il ne fait pas bon vivre lorsque l’on est tout seul, sans famille. C’est l’obligation de travailler très tôt dans les mines ou les fermes avoisinantes, l’exploitation des enfants, la prostitution, des conditions de travail opprimantes et dégradantes…

Noêlle est une belle fille au caractère facile, bienveillante, ayant une bonté d’âme exceptionnelle. Elle va très vite nouer de belles amitiés avec celles et ceux qui partagent sa condition.
Puis viendront les premiers amours… Adulte, elle décidera de quitter l’Aveyron à la recherche de ses origines, connaître aussi le “pourquoi” de son abandon. Commencera alors un périple à travers la France jusqu’à son arrivée à Paris, où la pauvreté est omniprésente dans tous les quartiers plus sordides les uns que les autres.

Louis Mercadié, originaire du Nord-Aveyron, c’est très bien documenté sur cette période de l’histoire. Nous seulement le récit est un vrai livre d’histoire, mais il possède une plume très agréable avec un style propre, assez rare de nos jours.
Il y a quelques jours, je parlais d’un roman écris par une femme, racontant des vies de femmes, dans un lieu où je n’avais pas l’habitude de les rencontrer, en étant ému aux larmes…
L’Enfant trouvée est un excellent roman écris par un homme, qui raconte des vies de femmes très très dures, dans des lieux où je n’imaginais même pas qu’elles puissent y travailler. Et que d’émotions…

Plus qu’une simple lecture, elle est devenue au fil des pages une lecture très enrichissante, avec en plus, quelques annotations par-ci, par-là, avec lesquelles je suis allé au-delà, grâce à Internet, j’ai même assimilé cette lecture à une sorte de leçon de vie. Car Noëlle, oui, est une femme, oui, elle est courageuse et bonne avec les gens qu’elle côtoie, mais c’est aussi une révolutionnaire au fond de son cœur. Alors, oui, la société à évoluée depuis quant au droit des femmes, mais Noëlle voulait croire en un avenir ou les femmes et les hommes seraient égaux…

Un roman qui devrait vous procurer un véritable plaisir de lecture, hors du temps !
Un très grand MERCI encore une fois à Virginie des Éditions de Borée…

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Extraits :

« Chaque jour que Dieu faisait, Suzanne visitait Mme Castanié. À présent que ses jambes ne la portaient presque plus, la jeune fille assurait ses courses et lui révélait les nouvelles de la cité auxquelles la vieille dame continuait de s’intéresser. »

« Dans le calme de l’aurore, les deux femmes, qui traversaient le pont, crurent entendre les plaintes d’un agneau. Cependant, au fur et à mesure de leur progression, elles reconnurent les pleurs d’un bébé. Elles se hâtèrent en direction des cris et gravirent les marches du grand escalier de l’église. Tout en haut, une corbeille recouverte d’un linge reposait au sol. À l’intérieur, un bébé, pourtant bien emmailloté, tremblait de froid et s’agitait en hurlant. Enveloppé d’une sorte de pèlerine épaisse sur laquelle on avait grossièrement cousu des poches, elles-mêmes emplies de châtaignes grillées, il portait autour du cou une chaîne de métal retenant un médaillon étoilé gravé d’entrelacs. »

« – Tu as raison, mon Mathieu, elle est magique ta forêt !
On ne se lasserait pas de l’écouter.
– Et puis chaque saison apporte sa ritournelle, son murmure. C’est toujours différent, toujours nouveau. Allez, faut y aller maintenant, on continue ! »

« Ton bonheur me rend heureuse, chère Marina. Tu le mérites amplement et tu sauras le répandre autour de toi ! Tu es une fille formidable qui a su sortir de l’ornière profonde où tu te trouvais. Vois-tu, la vie, c’est comme un chemin, tantôt courant tout droit dans la plaine, tantôt montant péniblement les pentes sinueuses d’une montagne. Les jours viennent… et s’en vont. Ils sont des inconnus qui nous surprennent. Regarde ces guerres que nous venons de vivre, ces violences, cette souffrance ! »

 

Originaire du Nord-Aveyron, au pied des monts d’Aubrac, et fils d’un tonnelier dont il a conservé le savoir-faire, Louis Mercadié est un amoureux du temps passé. C’est aussi un passionné.

Auteur de plusieurs monographies historiques et d’une thèse de troisième cycle (Histoire, Géographie, Sciences humaines, Université de Jussieu), il a obtenu deux prix littéraires pour une biographie sur Marie Talabot, une Aveyronnaise dans le tourbillon du XIXe siècle.

Chevalier des Arts et Lettres, conférencier, membre de la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, il n’a de cesse de parcourir l’histoire du département, notamment celle de ces femmes qui ont vécu un destin remarquable.

Émotion, Drame, Polar, Thriller

Seul à savoir

de Patrick Bauwen
Poche – 1 février 2012
Éditions : Le Livre de Poche

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Il a suffi d’un message mystérieux sur Facebook pour que le passé de Marion resurgisse. Meurtres, coups de théâtre, faux-semblants et, au bout d’un jeu de piste infernal, la plus incroyable des révélations : le secret de Nathan Chess, l’homme que Marion n’a jamais pu oublier… Recherches médicales de pointe, argent sale, nouvelles technologies : une intrigue à couper le souffle, où s’entrelacent amour et suspense. Par l’auteur de L’OEil de Caine et de Monster.
À la façon des Américains Stephen King, Harlan Coben ou Robin Cook, Patrick Bauwen a le don de bâtir des histoires bien ficelées et pleines de rebondissements. Blaise de Chabalier, Le Figaro littéraire.

 

• Couv_2024-042_Bauwen Patrick - Seul à savoir

 

Je termine ce thriller à l’instant !

Installez-vous bien dans votre fauteuil (je conseille un fauteuil plutôt qu’une chaise…), un verre à portée de main (une citronnade ou une bière fraîche ne serait pas une mauvaise idée non plus, je vous fais confiance, de toute façon, je ne suis pas là pour vous fliquer !).
Parce que là, ça démarre en trombe et ça décoiffe !!!
Pas une seconde de répit, à vous couper le souffle, jusqu’au bout du récit.
Quel rythme, que de rebondissements…

Où est passé Nathan Chess ?
Mais qui est le “Troyen” ?
Un maître-chanteur, menaçant, imprévisible ? Que de mystères…
Marion n’a pas le choix. Ne pas lui obéir… c’est la mort assurée pour elle et ses proches.
Twitter, Facebook, Myspace, vous ne vous connecterez plus à tous ces réseaux de la même façon, après avoir lu ce livre.
Le genre de scénario que l’on risque de voir très vite au cinéma !

Un très très bon moment de lecture.
Une intrigue sur fond médicale très bien ficelée.
Décidément, Patrick ne cessera de me surprendre !

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Extraits :

« – Dis-moi que tu m’aimes.
– Bien sûr que je t’aime.
– Mieux que ça.
– D’accord.
Il a inspiré et l’a fixée droit dans les yeux.
– Marion Marsh, je vous aime… Tu es mon âme sœur. Et je ne te quitterai jamais… Jamais. »

« Il y a des moments où vous vous demandez pourquoi vous avez accepté ce boulot d’assistante, étant donné qu’il consiste essentiellement à vous faire crier dessus.
Sans doute parce qu’il paye votre loyer.
Et aussi parce que vous n’avez rien trouvé d’autre. »

« Claquements des talons sur le sol. Courants d’air chaud ou froid. Puis le quai, à l’odeur caoutchouteuse. Le métro s’est immobilisé dans un chuintement de portes. Ça sort, ça entre, on s’écrase sans pitié, comme s’il s’agissait d’embarquer sur un radeau de survie. Les gens manipulaient fébrilement leur portable, s’envoyant des messages de la plus haute importance. Certains lisaient. D’autres affichaient une mine sinistre, ou dormaient la tête contre la vitre. Aucun sourire. Aucune tentative de révolte contre cette immense comédie humaine. »

« Il y a des rituels de passage dans la vie. La perte de votre première dent. Le jour des premières règles. Votre premier baiser. La première fois que vous faites l’amour. Le premier mort que vous voyez aux urgences. Et chaque passage tue l’époque antérieure. Vous devenez different, vous franchissez une étape et une nouvelle ère s’ouvre. Vous prenez conscience du temps qui passe et de votre mortalité, de la fragilité des choses. De l’importance de capturer des instants tels qu’un lever de soleil au petit matin, un bon moment autour d’une table, un fou rire en compagnie de vos amis. »

 

Patrick Bauwen dirige un service d’urgences dans un hôpital de la région parisienne. Après avoir collaboré aux novélisations de la célèbre bande dessinée Lanfeust de Troy, il publie son premier thriller, L’Œil de Caine, qui reçoit le prix Carrefour du premier roman 2007 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2008. Patrick Bauwen est également l’auteur de Monster (prix Maison de la Presse 2009), de Seul à savoir (prix Littré 2011) et de la trilogie Le Jour du Chien (prix Polar Babelio 2017), La Nuit de l’ogre et L’Heure du diable.

Amour, Émotion, Drame, Histoire

Promets moi, Émile

de Bénédicte Rousset
Broché – 5 juin 2024
Éditions : LA TRACE

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Un roman poignant, qui traduit la réalité de ce qu’ont vécu des anonymes, jetés dans l’Histoire par choix ou par fatalité.
Lorsque Clémence utilise Émile pour échapper à un mariage forcé, elle ne mesure pas les conséquences terribles de sa décision. C’est Gustave qu’elle veut, un américain promis à sa cousine, Pauline. Mais la première Guerre mondiale éclate et, flanquée d’un drôle de compagnon, Clémence s’engage avec elle au plus près du front. Son amour secret en reviendra-t-il vivant ? Entre forts et faibles, dans le chaos d’un conflit sans précédent, s’ouvre une vie nouvelle où, quel que soit son jeu, on veut ramasser la mise.

 

• Couv_2024-041_Rousset Bénédicte - Promets-moi, Émile

 

Quel plaisir de retrouver l’écriture douce et lumineuse de Bénédicte Rousset…

Avec Promets moi, Émile, elle m’a cueilli là où je ne l’attendais pas.
C’est beau. Triste. C’est horrible. Magnifique. Trois cent soixante-treize pages de guerre et d’amour, dont la dernière page, qui fut pour moi l’une des plus importantes.

… Et toujours ce mélange de douceur, de poésie, de réalisme magique, et ici une tendre folie. Bénédicte nous offre un regard tellement chargé d’humanité qu’il arrive à changer les pires moments d’une guerre en épisodes chargés d’amour, d’humour et d’espoir.

Ce roman poignant parle de ceux que l’on ne voit pas, les invisibles, les anonymes qui sont ici jetés dans l’Histoire par choix ou par fatalité ! Ils se nomment Clémence, Émile, Pauline, Pierre, Gabrielle, Marie Curie ou Gustave… Ils sont les témoins d’une vie passée, d’une vie de tristesse, d’horreur ou d’amour.
Clémence et Émile, vont très vite devenir Émile et Clémence. Parce que la vie ne triche pas avec ceux qui ne savent pas mentir. Ce roman poignant, tout en contraste où se mêlent légèreté et gravité, fantaisie et poésie, nous raconte une histoire d’amour incroyable et touchante, une histoire à plusieurs niveaux, entravée par la guerre et la haine et la bêtise des hommes qui restent assis sur des fauteuils en cuir.

J’ai refermé ce livre, écris par une femme, racontant des vies de femmes, dans un lieu où je n’avais pas l’habitude de les rencontrer, ému aux larmes… Pourtant, elles étaient bien à leurs places !

Je conseille ce roman au plus grand nombre. Ce roman profondément Humain.
Bénédicte Rousset, petit à petit, est en train de laisser une empreinte durable…
Lisez-la.
Vous verrez, elle méritera votre bouche à oreille !

Merci aux Éditions La Trace pour ce tremblement de cœur…

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Extraits :

« Tout le reste, chez elle, relevait de la perfection. Sa chevelure, d’un roux flamboyant, presque trop piquant, rehaussait des pommettes saillantes et sublimait sa singularité. On ne voyait que cela avant, ses cheveux bouclés et son visage moucheté de taches de rousseur. On aurait dit que Dieu, en lui infligeant cette blessure, avait voulu rectifier un tir trop bien aligné, retirant un peu de beauté là où il en avait trop mis. »

« Clémence fixa le garçon dans un sourire attendri. Quel gentil benêt ! À chaque fois qu’il venait au Domaine avec ses parents, il ne la lâchait pas. Heureusement, grâce à lui, elle pouvait chevaucher des heures. Comme elle devait être accompagnée pour s’éloigner et que personne ne se dévouait jamais
-les domestiques étant inaptes-, la compagnie d’Émile l’arrangeait, d’autant qu’il ne parlait pas. »

« – C’est à l’asile qu’est la place de cet aliéné.
– Sa mère refuse. On peut comprendre, dit Clémence. Il est mieux auprès d’elle que…
– Certains traitements expérimentaux montrent leur efficacité, la coupa-t-il.
– Son intelligence n’est pas “normale” mais il est doué d’une certaine sensibilité.
– Cet individu n’a pas de cervelle ma chère, seulement un cervelet, qui suffit à la vie bestiale.
Comment osait-il ? »

« – Quel sacrilège!
– Dieu n’existe pas.
– Tu sais bien que si.
Pauline croisa les bras, l’air effronté.
– Papa et maman disent que non, et c’est en eux que je crois. »

« Le front de Clémence se plissa.
– Tu es triste ?
– Triste de joie.
La mélancolique beauté de la scène l’enveloppa de tendresse. »

 

Bénédicte Rousset a grandi dans le Vaucluse entre le petit atelier d’imprimerie de son père et une mère institutrice. Professeur de Lettres Modernes, l’écriture lui permet d’explorer des recoins jusqu’alors ignorés d’elle-même, dans une tradition familiale qu’elle découvre à travers les pièces de théâtre, poèmes et romans qu’ont écrit ses aïeux.
Promets-moi Émile est son Huitième roman.

https://www.facebook.com/benedicte.rousset.auteur/

« Ecrire, c’est vivre plusieurs vies à la fois. Il y a de moi dans chacun de mes personnages, même les plus noirs : ce sont peut-être eux qui me révèlent en miroir ! Ils sont un moyen d’évacuer les traumatismes vécus dans l’enfance. Deux éléments me semblent essentiels dans mes romans : la quête de l’identité, et celle de la vérité. La première nous concerne tous : qui sommes-nous ? Comment nous comportons-nous face à l’image que nous renvoyons ? Sommes-nous conformes à cette image ? La deuxième entre dans la structure du roman policier : pourquoi tuer ? Comment arrive-t-on à franchir le pas ? Je crois qu’il y a un assassin en chacun de nous, mais, la plupart du temps, il ne rencontre jamais sa victime (heureusement, non ?) »

– Celles qui se taisent
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/03/celles-qui-se-taisent/

– À toutes celles que tu es
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/24/a-toutes-celles-que-tu-es/

– Le portrait d’Humphrey Back
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/13/le-portrait-dhumphrey-back/

Émotion, Drame, Philosophique

Oscar et la dame rose

de Éric-Emmanuel Schmitt
Broché – 6 juin 2006
Éditions : Magnard

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Oscar a dix ans et il vit à l’hôpital. Même si personne n’ose le lui dire, il sait qu’il va mourir. La dame rose, qui le visite et « qui croit au ciel », lui propose d’écrire à Dieu pour qu’il se sente moins seul.

À travers cette correspondance originale, le récit aborde, du point de vue de l’enfance, des questions philosophiques et existentielles : la maladie, la souffrance et la mort, la rencontre avec l’autre et avec le mystère… Les nombreux passages de paroles rapportées permettront aux élèves de découvrir ou d’approfondir les techniques du dialogue argumentatif. L’appareil pédagogique est suivi d’une interview exclusive d’Éric-Emmanuel Schmitt.

 

• Couv_2024-040_Schmitt Eric-Emmanuel - Oscar et la dame rose.jpg

 

J’ai trouvé ce livre sur mon lieu de travail il y a quelques jours.
Je me rappelle aussi avoir vu le film et avoir été très ému. Le livre m’a appelé, je n’ai pas été déçu !

En quelques pages, Éric-Emmanuel Schmitt réussit à raconter l’inracontable. L’histoire d’un enfant qui va mourir d’un cancer et qui le sait.
L’auteur, à travers les yeux et les mots d’Oscar, s’adresse à Dieu, abordant des sujets qui le touche en toute simplicité, mais pour nous, elles se transforment en questions philosophiques et existentielles… et malgré tout, avec beaucoup de pudeur et de sobriété. L’histoire est triste, bien sûr, mais Éric-Emmanuel lui donne une dimension que je n’aurais pas imaginée, c’est très émouvant.
Grâce à la dame rose, Oscar va vivre une vie complète. Une vie où il tombera amoureux de Peggy Blue, une vie où chacune de ses journées sera remplie de poésie, d’humour et d’un sentiment de paix. Oscar deviendra un homme et décidera de ne plus aimer Dieu alors qu’il sera âgé de cent-dix ans…

C’est touchant, car finalement pour Oscar sa mort ne sera plus un drame, il a accompli ce qu’il souhaitait réaliser dans sa vie.

J’attendais quelque chose de ce roman, je ne suis pas déçu. Je l’ai obtenu. Oscar s’affranchit de tout, lui permettant ainsi de rejoindre les étoiles…
Un livre dense, un livre riche, qui ne peut faire que du bien !

Merci Éric-Emmanuel, parfois la simplicité est suffisante.

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Extraits :

« – Si tu écrivais à Dieu, Oscar ?
– Ah non, pas vous, Mamie-Rose !
– Quoi, pas moi ?
– Pas vous ! Je croyais que vous n’étiez pas menteuse.
– Mais je ne te mens pas.
– Alors pourquoi vous me parlez de Dieu ? On m’a déjà fait le coup du Père Noël. Une fois suffit ! »

« Cher Dieu,
Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps.
Je te préviens tout de suite : j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera. Écrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adultes. »

« – Je suis venu t’annoncer que, ce soir, et tous les soirs suivants, si tu veux bien, je monterai la garde devant ta chambre pour te protéger des fantômes.
Elle m’a regardé, elle a battu des cils et j’ai eu l’impression que le film passait au ralenti, que l’air devenait plus aérien, le silence plus silencieux, que je marchais comme dans de l’eau et que tout changeait lorsqu’on s’approchait de son lit éclairé par une lumière qui tombait de nulle part. »

« Mamie-Rose m’a tenu la main pour m’empêcher de m’énerver.
– Pourquoi ton Dieu, Mamie-Rose, il permet que ça soit possible, des gens comme Peggy et moi ?
– Heureusement qu’il vous fait, mon petit Oscar, parce que la vie serait moins belle sans vous. »

 

Éric-Emmanuel Schmitt est né à Lyon en 1960, de parents d’origine alsacienne.
Interrogé par un journaliste, il se peint comme un adolescent rebelle, ne supportant pas les idées reçues et parfois victime d’accès de violence. Mais la philosophie, pense-t-il, l’a sauvé en lui apprenant à être lui-même et à se sentir libre. Ses études l’ont mené à l’École normale supérieure, à l’agrégation et au professorat de philosophie, comme maître de conférence.

Sa carrière de dramaturge débute très tôt, vers l’âge de huit ans, lorsque sa mère l’emmène voir une représentation du Cyrano de Bergerac avec Jean Marais. L’enfant est bouleversé jusqu’aux larmes et le théâtre devient sa passion. Il se met à écrire : « À seize ans, j’avais compris – ou décidé – que j’étais écrivain, et j’ai composé, mis en scène et joué mes premières pièces au lycée. » Pour améliorer son style, il se livre avec fougue et ferveur à des exercices de réécriture et de pastiche, en particulier de Molière. La Nuit de Valognes (C&C n°61), œuvre écrite à 29 ans, témoigne encore de ce goût et des réminiscences culturelles emmagasinées par la mémoire. Grâce à l’actrice Edwige Feuillère qui la recommanda à plusieurs metteurs en scène, la pièce fut jouée à la Comédie des Champs-Élysées en 1991. C’est à ce moment-là, alors qu’il est encore professeur de philosophie en Normandie, que le succès de la pièce infléchit sa carrière. D’autres œuvres suivirent, parfois couronnées par des prix littéraires au pouvoir médiatique. Certaines entrèrent dans la carrière audiovisuelle ou cinématographique comme Le Visiteur (C&C n°42), créé en 1993, Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran (C&C n°57), créé en 1999 ou Oscar et la dame rose (C&C n°79), porté au cinéma par Schmitt lui-même en 2009.

En juillet 2001, venant récompenser de nombreuses et riches parutions, l’Académie française lui décerne le Grand Prix du Théâtre pour l’ensemble de son œuvre. En 2002 est joué sur la scène du théâtre des Champs-Elysées Oscar et la dame rose avec, dans le rôle principal, Danielle Darrieux, rôle ensuite repris par Anny Duperey en 2005-2006. L’auteur, mélomane passionné d’art lyrique, a également traduit deux livrets d’opéras de Mozart : Les Noces de Figaro en 1997 et Don Giovanni en 2001. Parallèlement, et de manière plus insistante, Eric-Emmanuel Schmitt s’exerce l’art romanesque. La Secte des égoïstes (1994) lui permet de renouer avec sa formation de philosophe spécialiste du XVIIIe siècle. Un essai, Diderot ou la Philosophie de la séduction, publié en 1997, reprend partiellement le sujet de sa thèse. L’Evangile selon Pilate (2000) et La Part de l’autre (2001) mettent en scène les deux figures les plus emblématiques de l’histoire de l’humanité, le Bien et le Mal absolus, Jésus et Hitler. Éric-Emmanuel Schmitt s’est taillé une belle figure d’écrivain contemporain grâce à une écriture fluide et directe mise au service de thèmes éternels. Comme Michel Tournier, autre écrivain philosophe, il sait donner présence aux figures mythiques les plus populaires: Don Juan, Freud, Dieu, le Christ, Hitler… et enrichir son propos littéraire d’une culture philosophique qui ne manifeste ni cuistrerie ni hermétisme.

Amour, Émotion, Drame, Suspense

Suite en do mineur

de Jean Mattern
Poche – 16 février 2024
Éditeur : POINTS

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Robert Stobetzky a quitté sa petite librairie de Bar-sur-Aube pour un voyage à Jérusalem. Son neveu le lui a offert pour ses cinquante ans. Il se maudit d’avoir accepté. Il préfère le calme aux groupes de touristes. Perdu dans les rues de la ville, il reconnaît la silhouette d’une femme qu’il a passionnément aimée vingt-six ans plus tôt. Souvenir qu’il était parvenu à éloigner grâce à la lecture et à la musique. Mais le fantôme de Madeleine ravive en lui la mémoire d’autres disparus.

« Un roman délicieux et triste qui en dit long sur le sens la vie. »
Libération

 

• Couv_2024-037_Mattern Jean - Suite en do mineur

 

Pour ses cinquante ans, Robert Stobetzky est parti faire un voyage organisé en Israël.
Dieu sait qu’il n’avait pas du tout envie de ce voyage, mais c’est son neveu Émile qui a payé, et s’est occupé de tout, Robert n’a pas voulu lui faire de peine…
À Jérusalem, les touristes se prennent pour Jésus, Mohamed ou un autre prophète. Dès sa première sortie, il perd le groupe avec lequel il a quitté l’hôtel. Soudain, en déambulant dans les rues étroites, il est persuadé de l’avoir reconnue dans la via Dolorosa. Vision furtive, mais il est sûr que c’était bien elle, Madeleine. Comment faire pour la retrouver avec toute cette foule ?

Vingt-six ans qu’il ne l’a pas revue.
Trois semaines de bonheur intense, puis une séparation brutale qui laisse Robert complètement dévasté. Juste un petit mot avant de le quitter, “Tu comprendras un jour, sois heureux”.

Suite en do mineur, c’est l’histoire de cet homme défait, incapable de se reconstruire, et là, vingt-six ans plus tard, tout lui revient à l’esprit. Pourquoi ?
Lorsqu’il décide des années plus tôt de prendre des cours de musique, c’est par le violoncelle que Robert est attiré. Son professeur, Johann, qui deviendra son ami, disparaît aussi du jour au lendemain.
Le seul plaisir que la vie lui a offert, c’est ce lien qu’il est arrivé à construire avec son neveu Émile, avec qui il nouera une relation très profonde autour de la littérature, et qui vient lui donner tous les samedis un coup de main dans sa librairie. La vie de Robert est difficile et pèse sur ses épaules…

Je découvre Jean Mattern avec ce roman particulièrement sensible.
Alors qu’habituellement, je n’aime pas spécialement les phrases trop longues dans les romans, ici au contraire, elles se justifient, et donnent véritablement un sens au récit, accentuant même une certaine tristesse présente dans tout le récit. Je me suis laissé porter et Jean est arrivé à m’emmener dans son histoire triste et agréable.

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Extraits :

« Pourtant j’avais fait la paix avec l’idée de ne jamais la revoir, pourquoi alors cette brûlure, sans raison ni logique, une silhouette qui envahit mon champ de vision sans crier gare et qui devient la seule chose que je vois, sans possibilité d’y échapper, la conviction immédiate que c’est elle, comme si je l’avais reconnue avec certitude alors que mon esprit naviguait au large, en écoutant vaguement notre guide, mais l’image avait déjà pris toute la place en effaçant le reste. »

« Deux jours après, sa remarque me revint en mémoire et me ramena presque trente ans en arrière.
Brutalement. Était-ce parce que j’avais aperçu – ou cru apercevoir – Madeleine sur la Via Dolorosa la veille ? En tout cas, la phrase de mon nouveau meilleur ami Albert Benquelquechose réveilla le souvenir de ces paroles définitives prononcées par Madeleine quelques heures avant son départ pour Lyon. “Tu es juif. Je suis catholique. Ça ne peut pas marcher.” J’étais abasourdi, en colère, scandalisé. J’ai été dans une telle rage pendant trois jours que cela me fit oublier mon chagrin. Ne croyant pas une seconde à cette affirmation qui, pour moi, cachait un “Tu es pauvre. Je suis riche” qu’elle n’osa pas prononcer, mais, à ce jour, je ne sais pas si elle pensait vraiment ce qu’elle disait, comment pourrais-je le savoir ? Madeleine coupa court à toute discussion, les larmes coulèrent sur ses joues, mais sa voix ne trembla pas. “Fais-moi confiance. Je sais de quoi je parle. Ce n’est pas possible, et ce n’est plus la peine d’en parler.” »

« La musique n’exprime pas seulement la tristesse, ou la colère, ou le chagrin, tous ces sentiments – elle y répond aussi. À écouter la mélodie presque joyeuse exécutée par la voix de la Callas, des paires de croches qui montent et descendent dans une indéniable allégresse, suivies par les violons qui nous offrent la même ligne mélodique – et ce alors qu’Orphée déplore la mort de celle qu’il aime plus que sa propre vie -, les mots de Johann prenaient enfin tout leur sens : “C’est à cela que tu reconnais les grands compositeurs. Dans une suite de Bach, dans une sonate de Schubert, dans un air de Mozart, tu peux entendre tout à la fois la détresse abyssale d’un homme en deuil et la joie voluptueuse de quelqu’un qui a été comblé d’amour. La musique, quand elle sonne juste, déplore et console en même temps, elle chante la beauté du monde et se lamente de notre solitude irréductible. L’humanité a besoin de musique, car elle seule peut faire danser notre âme.” »

 

Jean Mattern est né en 1965 dans une famille originaire d’Europe centrale.

Il suit des études de littérature comparée en France à la Sorbonne, avant d’être responsable des droits étrangers aux éditions Actes Sud, responsable des acquisitions de littérature étrangère aux éditions Gallimard, puis responsable du domaine étranger chez Grasset. Depuis octobre 2022, il est directeur éditorial des éditions Christian Bourgois.

Les Bains de Kiraly, son premier roman, a été remarqué par la critique et les libraires lors de sa publication chez Sabine Wespieser éditeur en août 2008. Le festival du premier roman de Laval l’a également sélectionné pour son prix qui sera remis au printemps 2009.

Dans chacun de ses livres, la question de la transmission
occupe une place prépondérante :
De lait et de miel (2010),
Simon Weber (2012),
Le Bleu du lac (2018),
Une vue exceptionnelle (2019)
Suite en do mineur (2021),
Les Eaux du Danube (2024) est son septième roman chez Sabine Wespieser éditeur.

Aux éditions Gallimard il a également publié un roman,
Septembre (2015), qui reçoit le Prix des Lecteurs du Salon du Roman Historique 2015 de Levallois, ainsi qu’un essai,
De la perte et d’autres bonheurs (2016), dans la collection « Connaissance de l’Inconscient ».

Émotion, Babelio, Rencontre littéraire, Philosophique, Suspense

Un monde presque parfait

de Laurent Gounelle
Poche – 2 mai 2024
Éditeur : Mazarine

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Et si le pouvoir de décision était essentiel à notre humanité ?

David Lisner, jeune chercheur ambitieux et cartésien, vit chez « les Réguliers », une société hyper-développée, hyper-connectée qui veille au bien-être des individus.

Non loin de là, une région rebelle s’est coupée du reste du monde : « les Exilés ». Fidèles à une certaine philosophie de vie, ils rejettent radicalement cette société.
David Lisner se voit confier malgré lui une mission de haute sécurité : se rendre dans ce territoire hostile et entrer en contact avec Ève Montoya, la nièce et l’unique héritière de l’éminent sociologue Robert Solo qui vient de décéder. Son objectif : récupérer un rapport explosif pouvant mettre en péril tout l’équilibre de la société des Réguliers.

Mais Ève, une jeune femme à la personnalité libre, n’entend pas se laisser dicter sa conduite. D’ailleurs, pourquoi David fait-il ce qu’on attend de lui ?
Un roman initiatique et original qui donne furieusement envie de retrouver son pouvoir de décision, de jouir de sa liberté, de se réapproprier sa vie.

 

• Couv_2024-035_Gounelle Laurent - Un monde presque parfait

 

Lorsqu’on ouvre un roman de Laurent Gounelle, on sait que l’on va vivre une belle histoire, une histoire avec son sens du positif, sa philosophie et des échanges entre humains…

Dans ce roman, que je n’arrive pas à classer (fiction, dystopie, ou futur proche, tout simplement ?), son message est un peu différent. Mais cela reste une histoire d’humains !
Ceux qui vivent sans s’opposer au régime en place, sont “les Réguliers”. Ils travaillent ou pas, selon leurs volontés et font ce qu’ils veulent de leurs journées. Ils ont l’air heureux et pour cause, ils sont pourvus d’un implant qui régule leurs émotions, et en cas de colère ou de tristesse, les ressentis négatifs sont immédiatement effacés. Du matin au soir, des applications “conseillent” les Réguliers, sur leurs activités quelles qu’elles soient, leurs nourritures, leurs sorties. Restons-nous vraiment humains quand des machines décident à notre place ?

Les autres, ce sont “les Exilés”, ils vivent ensemble sur une île et dépendent d’eux-mêmes. Ils rejettent tout type de technologie qui s’immiscerait dans leur quotidien.

Ce roman aborde pour moi d’une façon claire ce que devient notre quotidien petit à petit. Les réseaux, la façon dont les décisions sont prisent aujourd’hui, la place d’Internet dans notre vie de tous les jours, consciemment ou inconsciemment. Ça fait peur… Nous perdons ainsi petit à petit notre pouvoir de décision.

La mission reçue par David l’oblige à entrer en contact avec “les autres”, les Exilés. Il doit contacter Êve Montoya, suite au décès de son oncle un grand sociologue. David à tout préparé, masque (au cas où…) et dossiers à jour, afin de régler l’affaire le plus vite possible. Mais Eve, est une jeune femme qui refuse qu’on lui dicte les décisions qu’elle doit prendre…

Des personnages touchants, une intrigue très actuelle, qui donne un angle nouveau et une compréhension plus large sur notre société qui pourrait si l’on ne fait pas attention, devenir une technologie dictatoriale ultra contrôlée sous couvert de bonnes intentions… ou pas !

Un roman que je recommande vivement, qui nous montre que le prix de la liberté n’est pas un acquis, mais bien un combat que nous devons mener tous les jours !

Merci Laurent…

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Extraits :

« Au loin, le cœur de la ville insouciante bat paisiblement. Les lumières scintillent à tous les étages des hautes tours. La plupart des gens sont chez eux, sereins et confiants, détendus derrière leurs écrans. D’autres sont sortis, dans les lieux de détente ou de plaisir. Tous sont heureux dans cette société presque parfaite qui a réussi à abolir la tristesse et la souffrance. Une société hyper-développée qui a choisi de mettre ses fantastiques avancées technologiques au service du bien-être de la population. »

« Mais celui qui possédera le premier ordinateur quantique stabilisé pourra casser tous les codes secrets du monde en une poignée de secondes. Et toute la société s’effondrera. Il pourra pirater presque simultanément tous les comptes bancaires, tous les secrets industriels, tous les secrets militaires, mettre à genoux l’informatique de tous les hôpitaux, de tous les services publics, de toutes les compagnies d’assurances… Il pourra bloquer toute la société, et dans tous les pays. Une victoire par K.-O. avant même que la guerre ait commencé… »

« – J’ai essayé de penser à la manière d’annoncer à la jeune femme la mort de son oncle. C’est loin d’être facile pour moi… On m’a parlé d’un truc nouveau qu’on propose aux familles endeuillées : on crée un avatar virtuel du défunt pour qu’elles puissent le voir sur l’écran de leur tablette et dialoguer avec lui, et cela les aide à s’habituer progressivement à sa disparition.
– Oui, mais ça n’a rien de nouveau. Ça a été lancé par une équipe sud-coréenne au début des années 2020. Des gens avaient perdu leur fille de 7 ans d’une maladie incurable, et avec ce système, ils ont pu lui parler de nouveau, échanger avec elle. L’info avait fait le tour du monde. Maintenant, c’est devenu courant. »

 

Ancien spécialiste des sciences humaines, formé en France et aux Etats-Unis, conférencier à l’Université de Clermont-Ferrand, il a pendant de nombreuses années sillonné le monde à la rencontre d’hommes et de femmes qui, chacun à sa manière, apporte des éclairages sur la question fondamentale entre toutes : comment s’épanouir et donner du sens à sa vie.

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture.
En neuf romans, Laurent Gounelle est devenu une plume majeure de la littérature. Traduit dans près de quarante langues, il s’est imposé parmi les auteurs français les plus lus au monde, avec des titres incontournables : L’homme qui voulait être heureux, Le jour où j’ai appris à vivre ou encore Et tu trouveras le trésor qui dort en toi.

Dans ce Monde presque parfait, son dixième livre, il touche notre âme et nous invite à redevenir maîtres de notre existence.

Le jour où j’ai appris à vivre
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/07/le-jour-ou-jai-appris-a-vivre/

intuitio
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/22/intuitio/

En savoir plus sur le site de l’auteur : http://www.laurentgounelle.com