Adolescence, Émotion, Cercle littéraire, Philosophique, Roman

Tempo

de Martin Dumont
Broché – 3 janvier 20248
Éditions : Les Avrils

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À trente ans, la vie de Félix, c’est Belleville, sa compagne et leur bébé. C’est, le soir, jouer de la guitare dans des bars avec l’espoir tenace de voir sa carrière solo démarrer. Car la gloire, Félix l’a déjà frôlée. Tous les quatre, ils avaient le talent, l’audace, l’osmose. Il y avait la fièvre, l’excitation et l’insouciance. Leur groupe a décollé, puis tout s’est effondré. Alors, arrivé en ce point précis où l’existence l’exige, Félix doit faire un choix : poursuivre encore le rêve ou changer de regard sur sa réalité.

 

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Avec Tempo, Martin Dumont nous propose un récit tout en douceur, avec une double temporalité.

– Félix est un jeune père de famille qui essaie de percer dans la musique sans vraiment y parvenir. Marié à Anna, infirmière et papa d’un petit garçon de deux mois, ils ont du mal à joindre les deux bouts, dès lors, leur vie se complique doucement…
– Félix vit les moments d’une gloire passée, alors il avait un groupe avec des amis lorsqu’ils étaient adolescents. Un groupe qui avait connu des moments de gloire, avec un album et de nombreux concerts.

Livre autobiographique ?

Martin nous fait vivre la vie de Félix, musicien dans l’âme, de la création de son groupe à leur zénith, puis malheureusement à leur déchéance. Il refuse d’abandonner et croit toujours en ses rêves et se produisant dans des bars où désormais personne ne l’écoute. Félix est attachant, un peu égoïste ? Peut-être. Il porte des blessures, qui seraient sûrement les nôtres si nous avions eu le même vécu. L’auteur nous montre combien nos rêves de jeunesse, une fois dans la vie réelle, sont difficiles à réaliser. Mais ce sont ces moments difficiles qui finalement nous construisent et nous permettent d’affronter le quotidien d’une vie.

J’ai beaucoup aimé l’émotion se dégageant de ce récit plein de nostalgie, mais rempli d’espoir. Rapidement, je me suis identifié à Félix, sachant qu’il est plus facile de vivre dans le passé que de tourner la page et d’affronter une dure réalité. Je n’ai pu m’empêcher de me demander ce qu’il me restait de mes rêves d’enfant…
Sûrement l’une des raisons pour laquelle ce roman m’a autant touché.
La prose de Martin pourrait paraître simple et sobre, mais au contraire, je trouve qu’il trouve un bon équilibre entre une certaine la pudeur et un éventail de sentiments très expressifs, mais toujours avec beaucoup de délicatesse.

Un beau moment de lecture…

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Merci beaucoup Martin, pour cette belle soirée au Château de l’Hermitage.
J’avais un peu “entrevu” l’auteur entre les lignes, durant toute ma lecture.
Hier soir je t’ai découvert, Homme, chanteur et musicien…

À très bientôt, je l’espère !

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Extraits :

« Il n’y a pas d’applaudissements. Les conversations reprennent, je bois une gorgée de bière avant de me réaccorder. J’égraine doucement les cordes. De haut en bas, des graves jusqu’aux aiguës. Les notes s’élèvent et flottent au-dessus de la salle. À mes pieds, la diode de l’accordeur clignote. Je tourne à peine les mécaniques. Un quart de ton, pas plus. Des réglages fins pour parfaire l’équilibre. »

« Le jour où j’ai rencontré Louis, il s’est cassé la gueule. C’était un matin de septembre, on entrait en seconde. Je venais de déménager et je ne connaissais personne. Après une enfance en Savoie, le jeu des mutations avait envoyé mes parents profs poursuivre leur carrière à Paris. En pénétrant dans le lycée, j’ai maudit l’Éducation nationale, mon père, ma mère et plus ou moins la Terre entière. J’ai rejoint la petite foule massée devant le tableau. Je me suis dressé sur la pointe des pieds. Il y avait une dizaine de classes et des centaines de noms. Il m’a fallu un bon moment avant de dénicher le mien. »

« Je reviens à mon fils. Blotti sous sa couverture, il dort profondément. Il change tellement vite. Ses cheveux ont poussé, ses sourires sont plus francs et il s’est épaissi. Il n’a plus rien du nouveau-né que j’ai soulevé en tremblant à la maternité. La première fois que je l’ai vu, je crois qu’il m’a fait peur. J’ai eu le sentiment que je ne serais jamais à la hauteur. Quand la sage-femme l’a placé contre moi, j’ai eu un mouvement de recul. Ça n’avait rien de l’évidence que j’avais imaginée. Anna a souri quand je lui en ai parlé quelques semaines plus tard. Elle m’a dit de ne pas m’en faire, qu’elle avait ressenti la même chose. Elle avait culpabilisé avant de se rendre compte qu’elle aimait son fils chaque jour un peu plus. »

« J’aime à penser que cette chanson leur plaît. Elle parle des amours d’un soir qui marquent pour une vie entière, des regards à la dérobée qui s’impriment trop profondément. Du goût au bord des lèvres qu’on n’oubliera jamais et des fantômes qui dansent au fond des souvenirs. Je joue sans m’arrêter, surtout sans réfléchir. Le bruit autour n’existe plus. Ou bien, il m’accompagne. Oui, c’est ça. Moi qui n’ai plus de groupe, plus un seul musicien, j’ai la clameur des bars. Le brouhaha des salles indifférentes. Les rires, les cris et les anniversaires. Le son des retrouvailles et des joies éphémères, le tintement des verres qui trinquent au bonheur de l’instant. J’ai le fracas de la vie qui s’efforce d’être heureuse. »

 

Martin Dumont est né en 1988, il est ingénieur pour l’éolien en mer et vit à Nantes.

Après Le Chien de Schrödinger et Tant qu’il reste des îles (Prix France bleu / Page des libraires, sélections Prix des libraires, Prix Relay), il revient avec Tempo ; roman du passage à l’âge adulte, dans lequel il confirme son talent ; celui de sonder avec pudeur et délicatesse le cœur des hommes.

Émotion, Drame, Histoire, Roman, Suspense, Thriller ésotérique

Vérité**

La terre promise
de Hervé Gagnon
7 mars 2019
Éditeur : Hugo Roman

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Sept siècles après Gondemar de Rossal, la Vérité est à nouveau en péril. Et elle n’a jamais été aussi terrible.
Après avoir réussi à mettre la main sur des documents hautement sensibles, protégés jadis par Gondemar de Rossal, Roland Sentenac pense avoir mérité le salut de son âme.
C’est sans compter sur le fait que le Troisième Reich est désormais sur les traces des Tables de la Loi. Convaincus qu’elles existent, Himmler et les siens déploient des moyens considérables pour les retrouver.

Les Sages de Sion, société secrète qui veille depuis deux mille ans à la préservation du peuple juif, n’ont pas d’autre choix que de se lancer à leur tour dans cette quête insensée.
Il leur faut arriver avant les SS. Et cette fois, ils comptent bien y parvenir grâce à l’aide de Roland et de la mystérieuse Anna, cette femme amnésique sans laquelle rien n’aurait été possible.
Va-t-elle le suivre dans cette nouvelle aventure sachant les risques encourus ? Va-t-elle enfin découvrir son identité ? Et qui est ce Léon qu’elle semble appeler durant son sommeil ?

 

• Couv_2024-014_Gagnon Hervé - Vérité** La terre promise

 

L’intrigue de ce second opus démarre exactement après la révélation fracassante qui concluait le premier.

1939. Les sages de Sion, les nazis et le Pape sont toujours à la recherche de la “Vérité” qui prouverait que Jésus n’est pas mort sur la croix, et qu’il n’est donc pas ressuscité, mettant ainsi à mal la religion Catholique !

Personnage très attachant, alors qu’il est loin d’être un enfant de chœur, en mission pour un Dieu qui n’a rien de miséricordieux, Roland va devoir faire un choix, afin de décider pour quel camp il va œuvrer !
Il est toujours accompagné d’Anna, à la recherche de ses souvenirs perdus, qui grâce à ses talents linguistique permet à Roland de résoudre toutes les énigmes qu’ils trouvent au fur et à mesure de leur tâche…

Le récit reprend les mêmes thèmes qui m’avaient fait plonger dans le premier volume : l’intégration de l’Histoire, les nombreux rebondissements, et surtout l’ésotérisme qui plane tout le long des chapitres.
Il va même au-delà de ce à quoi je m’attendais, et je l’ai trouvé meilleur que le premier.
Hervé Gagnon ne nous ménage pas dans cette histoire palpitante, pleine d’action, qui fait vaciller nos croyances séculaires.

Une intrigue fine, intelligente et époustouflante à lire absolument.
Hervé reste pour moi définitivement un auteur que je vous conseille vraiment de découvrir !

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Extraits :

« – Père saint, juste, véridique et miséricordieux, qui a le pouvoir dans le ciel et sur la terre de remettre les péchés, remets et pardonne tous mes péchés en ce monde, fais-moi miséricorde dans le monde futur, chevrota-t-il en bon cathare. Conduis-moi à bonne fin.
Voilà. Il était prêt. Il se mit debout avec ses dernières parcelles de force et de volonté. »

« Quelque part, un hurlement retentit et s’étira jusqu’au bout de son souffle avant de reprendre de plus belle.
Le son de la souffrance éternelle qui l’attendait dans ce monde de désespérance. Il regarda au loin sans apercevoir le moindre indice de vie. L’éternité dans cet endroit. Et il n’y avait aucun moyen d’y échapper.
Pas même par la mort. Malgré la chaleur torride, un frisson de terreur lui remonta la colonne vertébrale et il ravala avec difficulté le sanglot qui l’étranglait. »

« Les flammes jaillirent du sol et enveloppèrent Gondemar de Rossal. Les vêtements et les cheveux du géant s’embrasèrent et il se mit à se contorsionner dans tous les sens tandis que sa peau se couvrait de cloques qui éclataient dans un grésillement sinistre. Tandis que la chair de son prédécesseur commençait à couler en dégoulinant sur sa charpente comme de la cire chaude, le sang de Roland se glaça dans ses veines. Il avala sa salive et se retourna lentement pour découvrir Métatron dans toute sa splendeur. Droit et sévère, il était enveloppé dans un halo de lumière d’une pureté inconcevable. Ses yeux avaient pris la teinte des flammes. »

« Les choix qui s’offraient à lui étaient restreints : soit il suivait la voie que l’archange s’ingéniait à lui dévoiler au compte-gouttes, soit il retournait brûler pour l’éternité avec Rossal. La décision allait de soi. Il devait jouer le jeu et espérer pour le mieux. À défaut de prier. De toute façon, la prière était futile et Dieu devait bien rire quand les supplications désespérées et ferventes de ses pauvres créatures montaient vers lui. »

 

l’auteur : Né le 26 août 1963 à La Baie, au Québec, Hervé Gagnon détient un Ph.D. en histoire et une maîtrise en muséologie de l’Université de Montréal. Habitant depuis 1995 dans la région des Cantons de l’Est, au Québec, il consacre ses temps libres à la musique, à la lecture, à l’ornithologie et à la cuisine. Amateur de blues depuis sont adolescence, il voue une grande admiration au mythique guitariste Robert Johnson.
Après avoir œuvré pendant plus de 25 ans dans la mise en valeur du patrimoine et l’enseignement universitaire, il se consacre entièrement à l’écriture 2010.

Reconnu comme un des maîtres du thriller et du polar ésotérique, il a signé entre autres les séries Damné (vendue à plus de 200 000 exemplaires en français seulement), Malefica et La mort du Temple.
Ses livres ont été récompensés à plusieurs reprises.

La légende de Jack
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/21/la-legende-de-jack/

Jeremiah
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/24/jeremiah/

Maria
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/27/maria/

Crossroads
https://leressentidejeanpaul.com/2021/12/07/crossroads/

Vérité* Les sages de Sion
https://leressentidejeanpaul.com/2024/02/23/verite/

Adolescence, Émotion, Drame, Noir, Suspense

VICES

Épisode 02 : Zabulu
de Gipsy Paladini
Broché – 19 octobre 2018
Éditions : Auto-éditions

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« Un hurlement explose dans sa poitrine quand la lumière jaillit et qu’elle se voit, les mains plongées dans le ventre ouvert de sa mère. Derrière elle, un filet de voix l’appelle. Affalé dans l’ombre, une machette en travers de la gorge, son père tend le bras »

Les 608. Une cité abandonnée, dernier refuge des laissés-pour-compte. Un jeune délinquant disparaît dans des conditions mystérieuses et une vieille dame y est brûlée vive. Bien que les deux affaires ne semblent pas liées, les mêmes ombres cernent les personnes impliquées.Grâce à la dernière enquête qu’elle a brillamment résolue, l’avenir de Marie à la BJV semble bien engagé. Sa confiance est renforcée par les sentiments toujours plus forts qui l’unissent à Zolan. Seule ombre au tableau : Sophie, sa rancunière collègue, qui ne se conforme pas à cette idylle. Si les destins tragiques des réfugiés la déstabilisent, ce sont les animosités qui bourgeonnent dans la brigade qui l’inquiètent. Zolan est lui aussi tiraillé par les fantômes issus de son adolescence tumultueuse. Chacun à leur manière, ils s’escriment à les contrer. Mais le destin ne frappe pas toujours là où on l’attend…

VICES est une série littéraire de 8 “épisodes” dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.
VICES c’est aussi l’histoire de Marie et de Zolan, deux êtres tourmentés que tout oppose, dont l’amour naissant est sans cesse menacé.

 

• Couv_2024-012_Paladini Gipsy - Vices_02

 

Seconde enquête pour Marie Lafontaine à la BJV.
Chaque tome peut se lire indépendamment, mais c’est tellement fort, que je vous conseille de faire comme moi et d’apprécier chaque opus qui révèle l’évolution des personnages.

Comment Gipsy, parvient-elle à être aussi dure et douce à la fois ? D’avoir une plume violente dotée d’une sensibilité époustouflante !
Malheureusement, je n’ai pas pu enchaîner le premier volet “3 petits singes” avec celui-ci, à cause des SP que je reçois, mais je savais que je le glisserai dès que possible, j’avais hâte de retrouver les enquêtes de Marie et Zolan…

Le style de Gipsy bouscule, interpelle même, elle construit “son” polar en dehors des clous, à sa façon, avec un style tellement différent de ce à quoi je suis habitué. Profondément humaine, terriblement sensible, je pense que telle est l’auteure. Elle nous prend, nous enlace et nous emmène dans un univers sombre, fragile et fort à la fois… Et c’est en avançant dans le récit, en entrant dans les chapitres petit à petit, qu’une petite lumière au loin, une chaleur nous attend, dotée d’une galerie de personnages attachants, variée et très impressionnante…

Entre lumière et noirceur, Marie et Zolan se perdent-ils pour mieux se retrouver dans ces cités, où la misère du quotidien ne génère que la violence et le mal ?

Encore une fois, Gipsy m’a conquis par sa plume noire, acérée, piquante, mais tellement plus encore…
Si vous aviez aimé le premier volet, n’hésitez surtout pas !!!

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Extraits :
« – Je ne connais rien à la vie.
– Depuis quand est-ce un défaut ?
Avec sa bienveillance habituelle, l’instructeur s’était rapproché d’elle tandis que leur parvenaient les encouragements des apprentis policiers sur le terrain d’entraînement.
– Fais de ce désavantage un atout. Ton esprit est brut, dénué de préjugés, tu es plus apte à analyser les situations en toute impartialité. »

« Leurs cheveux sont filasse, leurs yeux cernés. Des croûtes en partie arrachées parsèment leurs bras. Deux grosses négligées qui vivent recluses dans leur appartement, c’est ainsi qu’elles sont considérées. Méprisées par les familles de leurs agresseurs, conspuées par leurs voisins, car elles réclament encore justice.
C’était arrivé cinq ans plus tôt. Leurs assaillants étaient des gosses au moment des faits. Maintenant, ils ont changé. Certains sont de bons pères de famille. Il faut oublier tout ça. L’obscurité poussiéreuse de la cave, les sexes qui les étouffent, le goût infect de ce qu’on les force à avaler… Oublier ça, non, elles ne le peuvent pas. »

« La scène débute en pleine action : quelqu’un au sol est roué de coups. On ne voit pas l’agresseur, seulement son pied qui s’abat avec une telle force que le corps décolle à chaque assaut. Prise depuis la cage d’escalier, en hauteur, à environ quatre mètres, la vidéo dévoile l’entrée d’un appartement que l’on aperçoit à travers la porte entrebâillée. Le mauvais cadrage de l’image trahit la nervosité de celui qui filme. Vraisemblablement avec un portable. »

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Née dans l’est de la France, Gipsy Paladini rêve très tôt d’aventures.

Elle commence dès seize ans à découvrir le monde et voyage de l’Autriche à l’Italie en passant par la Turquie ou encore l’ex-Yougoslavie. Enfin, elle se rend à San Francisco où elle séjourne pendant plusieurs mois dans une auberge de jeunesse miteuse, au milieu de dealers et de toxicomanes.

À dix-neuf ans, elle part en Autriche où elle partage pendant deux ans la vie de la population immigrée yougoslave. Puis elle s’installe à Los Angeles où elle rencontre son mari, un ancien membre des forces brésiliennes. Elle n’a de cesse, ensuite, de parcourir le monde à la rencontre des populations défavorisées. Elle est depuis peu revenue habiter à Paris, avec époux et enfant. Jeune, dynamique, polyglotte (elle parle 6 langues dont 4 couramment), Gipsy Paladini a déjà publié le remarqué « Sang pour sang » en 2010 aux éditions Transit. Elle souhaite faire du flic Al Seriani un personnage récurrent.

VICES – Épisode 02 : 3 petits singes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/18/vices/

Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Fantastique, Philosophique, Poésie, Roman

FREESIA

Évolution
de Angeline Monceaux
Broché – 26 janvier 2018
Éditions : Auto-édition

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Le journal d’Aléna retrace son voyage, en compagnie des derniers rescapés terriens. Des surprises les attendent sur la route des étoiles. Découvrez leurs joies, leurs peines, leurs peurs, à la recherche d’un monde meilleur. Terre, 2067. La Terre autrefois si majestueuse est devenue une planète hostile. L’homme dans son évolution est devenu cupide, avide de pouvoir et de richesses. Il pollua les rivières, l’air, embrasa les forêts, pilla la terre. L’équilibre parfait, délicat, parfois cruel de la faune et de la flore fut brisé. Les épidémies, la famine, et les cataclysmes détruisirent tout sur leur passage. Existe-t-il dans l’univers, une planète épargnée d’une même beauté ? Ce roman est utopique, ce n’est pas un roman d’horreur, il est sentimental. Sans prétention, pour vous apporter un moment d’évasion.

 

• Couv_2024-011_Monceaux Angeline - Freesia

 

2067. La terre est en train de mourir à force de maltraitance.
Les humains n’ont plus le choix, leurs survit en dépend, ils doivent coloniser, très vite, de nouvelles planètes dans d’autres galaxies qui puissent les accueillir. Seront-ils capables de recommencer depuis le début sans retomber dans les travers qui les ont conduits à leur perte ?

Un roman très agréable et bien mené, bien trop court à mon goût. J’aurais aimé partager encore un peu la vie incroyable de ces rescapés sur cette nouvelle planète, avoir plus de détails sur le climat, sur d’autres animaux peuplant cette planète aux couleurs incroyables…

Au cours de ma lecture, je me suis évadé quelques heures dans un monde différent, agréable et très coloré, mais le récit contient aussi des passages difficiles et violents. Les chapitres courts s’enchaînent à toute vitesse. Nous sommes entre le roman fantastique et le conte parfois, j’ai trouvé. Avec quelques moments très forts et merveilleux, plein de poésie qui m’ont vraiment ému… Quand la maman Giphan retrouve Aléna, je n’ai pu retenir une larme.

Certains lecteurs penseront sûrement, “roman facile” voire “utopiste” !
J’y ai vu, moi, une belle histoire qui pourrait s’adresser à de jeunes adolescents aimant le fantastique. Le récit est pertinent, actuel et nous permet de nous poser pas mal de questions sur le devenir de l’humanité, sur l’entraide et le partage !

Merci Angeline, pour ce beau moment de lecture que je conseille vivement…

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Extraits :

« Terre, année 2067.
La soif de pouvoir et d’argent avait finalement détruit notre belle planète bleue. La combustion du charbon, du pétrole et du gaz, l’utilisation excessive de nos ressources naturelles, leur pillage ainsi que la déforestation avaient accéléré inexorablement le réchauffement climatique.
La fonte des glaciers entraînait l’élévation du niveau des océans. Nous vivions constamment dans la peur que les prochaines inondations ou tornades soient pour nous les dernières.
Depuis vingt ans, les pouvoirs en place avaient constitué un programme de survie afin de sauvegarder la race humaine, animale et certains végétaux. La France, la Suisse et l’Allemagne avaient combiné leurs ressources pour sauver notre civilisation d’une extinction inévitable. »

« Une écharpe en coton qui avait appartenu à mon frère et un médaillon en argent qui symbolisait l’arbre de Vie, issu d’une légende que ma grand-mère aimait à me raconter. Il était dit que très loin de la Terre, à des milliers d’années-lumière, naquit une planète. À son épicentre y poussait un arbre. Chaque nouvelle branche donnait vie à une plante, une fleur, un animal, une rivière, etc. Ses racines agençaient et façonnaient le sol en vallée, montagne, bord de mer et ainsi de suite. »

« Mes yeux s’égarèrent sur la beauté de cette nature. Je souhaitai, du fond du cœur, que si notre race survivait sur cette planète, qu’elle n’oubliât jamais comment la nôtre avait disparu et ne commettrait pas l’erreur de vouloir l’industrialiser. Nous nous devions de respecter notre nouvelle terre d’accueil. »

 

Angeline Monceaux est née dans les Hauts de France.
Après avoir vécu pendant plus de vingt ans au Danemark, elle est de retour dans son pays natal.
Elle décide de s’investir à temps complet dans l’écriture de ses romans.

De nombreux voyages en Europe et aux États-Unis l’inspirent et nourrissent son imagination.
Elle vous propose de vous évader avec de la romance contemporaine, romance de Science-Fiction, romance Fantasy et bien d’autres genres.

Suivez-la sur les réseaux sociaux et sur sa page Amazon pour connaître les sorties de ses nouvelles histoires.
https://www.amazon.fr/stores/Angeline-Monceaux/author/B071GRWRNJ?ref=ap_rdr&isDramIntegrated=true&shoppingPortalEnabled=true

Émotion, Drame, Fantastique, Psychologie, Suspense

La forêt

de Luca Tahtieazym
Broché – Grand livre, 5 juillet 2022
Éditions : Inceptio

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N’ENTREZ PAS DANS CETTE FORET,
VOUS POURRIEZ NE JAMAIS EN SORTIR…

1958.
Lors d’une sortie scolaire, sept adolescents s’égarent en forêt et se réfugient dans une cabane abandonnée, au centre d’une clairière.
Très vite, ils comprennent que toute tentative de fuite les ramène systématiquement à leur point de départ. Un constat s’impose : ils sont prisonniers.
Et de tous les dangers qui les guettent, le pire n’est peut-être pas cette Chose qui rôde la nuit…

 

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1958.
Une banale sortie scolaire en forêt avec le professeur de biologie, madame Lambert.
Durant cette sortie, sept enfants âgés de douze à treize ans, se font distancer par le reste du groupe.
Sept enfants, Élise, Claire, Simon, Romain, Achille, Naguib et Louis.
Toujours aucune nouvelle des autres… Par où sont-ils passés ? Impossible de les retrouver et la nuit qui ne va pas tarder. Se sont-ils perdus à ce point ?
Finalement, ils décident d’aller tout simplement au point de départ de leur sortie, là où ils sont arrivés. Ils avancent en file indienne. Soudain, un claquement retentit. Un coup de tonnerre qui les fait tous sursauter. Un éclair fulgurant s’écrase juste devant eux, à quelques mètres à peine.
L’inquiétude qui pesait sur leurs épaules se transforme en peur ! L’écho continue à vibrer dans l’air un long moment, ils repartent très vite, dès lors, c’est la peur qui les guide. Impossible de retrouver leur point de chute, mais heureusement au bout de plusieurs kilomètres, ils découvrent une vieille cabane abandonnée. Ils décident d’y entrer pour se protéger, mais surtout pour se reposer… Demain sera un autre jour. D’ailleurs, les secours sont sûrement déjà à leur recherche.

Je n’avais jamais lu de roman de Luca Tahtieazym. J’imagine très facilement le plaisir qu’il a dû ressentir en déposant “ses pions” au fur et à mesure de son écriture. Un roman de plus de quatre cents pages où je ne me suis pas ennuyé un instant, bien au contraire. La structure de l’écriture de Luca nous fait vivre cette aventure de l’intérieur en totale immersion avec ces sept enfants qui vont se retrouver livré à eux-mêmes avec les difficultés d’adaptation que l’on peut imaginer dans un milieu hostile, alors qu’ils n’ont rien pour subsister, ils vont devenir des chasseurs-cueilleurs.
Là où Luca est très fort, c’est qu’en partant d’un sujet tout simple, il arrive à construire un récit fascinant, entre voyage dans le temps, récit fantastique, voire même récit surréaliste !

Je me suis enfoncé dans cette forêt avec eux, recherchant désespérément une sortie et me posant de nombreuses questions. Mais pourquoi, au bout de plusieurs jours, n’arrivent-ils toujours pas à quitter cette forêt ? Que devront-ils faire pour survivre ?

Personnellement, j’ai été emporté par la magie du récit, par la belle plume de Luca, par des personnages intéressants qui ont TOUS un vrai plus à donner à l’histoire, par les rebondissements constants qui s’enchaînent jusqu’au point final.
Coup de cœur pour cette superbe “aventure” qui risque fort de heurter les plus cartésiens d’entre nous, mais pour tous les autres,… foncez vite vers une très belle découverte !

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Extraits :

« Je soupirai bruyamment. Devant moi, notre professeur de biologie, madame Lambert, se retourna. Ses yeux plissés trahissaient son exaspération. Ses gros sourcils broussailleux, arqués en forme d’hirondelle, se rejoignaient au-dessus de son nez, accentuant la moue outrée qu’elle affichait au moindre murmure de l’un de ses élèves.

« Un problème, Louis ?
– Non, Madame.
– Je préfère ça. »
Elle fixa son attention sur le sentier. »

« Soudain, alors que le chemin visible se rétrécissait dans les frondaisons étouffantes, le claquement retentissant du tonnerre frappa. Un choc tonitruant à réveiller les morts. Nous sursautâmes tous les sept à l’unisson. Un frisson me parcourir l’échine. Tous mes poils se dressèrent, et je retins ma respiration. Les nues allaient s’abattre sur nous. La boule au ventre, vous la connaissez ? Vous l’avez déjà eue ? Celle qui contracte vos intestins et les vrille dans tous les sens, qui vous oblige à fermer les yeux en serrant les dents. Les déflagrations résonnaient encore et semblaient s’étirer sans jamais s’éteindre totalement. L’écho était horrible et nous encerclait. Un éclair fulgurant zébra le ciel et s’écrasa juste devant nous, à quelques mètres à peine du groupe apeuré que nous formions, suivi d’autres traits phosphorescents qui nous cernèrent comme des hallebardes plantées dans le sol. »

« “Non… non… c’est pas possible !”
La panique. La vraie. La cauteleuse. L’insidieuse. Celle qui rampe, progresse, s’entortille autour des chevilles, grimpe, s’insinue dans les pores et explore et creuse, creuse, creuse. Celle qui prend par surprise et n’écoute pas. Indomptable. Impitoyable. Vicieuse. Chevilles, mollets, cuisses, le truc entre les hanches que je ne peux pas nommer, le bide, on y reste un peu, sur le bide, on tourne autour du nombril, puis on escalade les abdominaux et on se hisse et on se faufile sournoisement et on pétrifie le cœur.
“Du calme, Elise.
– Du calme ? Comment tu veux que je me calme, Nagib ?
T’es toujours comme ça, hein ? Toujours tranquille ? Tu perds jamais ton calme ?
– Ça ne sert à rien. On est tous sur les nerfs. Si on commence à paniquer, ça va prendre des proportions énormes.
– Et alors ? Peut-être que ça nous ferait du bien de hurler un bon coup. On a peut-être besoin de se déchaîner un peu…
– Y a déjà la Teigne pour ça.” »

 

Auteur au nom imprononçable, originaire du Sud de la France et vivant actuellement près de La Rochelle, Luca Tahtieazym est l’auteur de treize romans parus à ce jour. Jonglant avec les genres et les styles, inspiré par Steinbeck, Ellroy, Dard ou Stephen King, il apporte un soin particulier aux intrigues de ses livres, s’efforçant de proposer des histoires originales et des personnages tourmentés et attachants.
Tahtieazym a remporté le concours des plumes francophones 2017 (plume des lecteurs) avec son titre VERSUS, le grand prix du roman AEB 2022 pour LA MANTE NUE et le Prix du festival du livre de Niort en 2023 avec LA FORÊT.

Amour, Émotion, Poésie, Roman

MAX ET LE MONDE IMAGINAIRE

de Claudine Laurent Rousselle
Broché – 5 juin 2023
Éditions : Independently published

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Max à dix ans. Petit garçon timide, peureux qui manque de confiance, se renferme sur lui-même.
Ses parents ont épuisé toutes les solutions pour lui venir en aide : Sans résultat.
Une nuit, lors d’un rêve, il voit une grande porte entourée de nuages très blancs dans un ciel très bleu.
Il approche et n’ose l’ouvrir. Un petit oiseau se pose sur le sommet de la porte et l’encourage à entrer, il doit prendre sur lui. Il lui faut juste un peu de courage.
Max approche sa main de la poignée, mais il hésite.
Allez ouvre-là ! Lui dit l’oiseau.
Que va-t-il trouver derrière ?…

 

• Couv_2024-008_Laurent Rousselle Claudine - Max et le monde imaginaire

 

Claudine Laurent Rousselle, a le don de me toucher à chacun de ses contes, car il s’agit bien d’un conte, d’un joli conte.

Max est “bloqué” dans le quotidien de sa vie, timide, peureux, il se renferme…
La nuit, pendant son sommeil, il rêve et dans ses rêves le petit garçon vie des moments incroyables. Il parle aux animaux, aux loups, aux vautours, aux éléphants, même aux escargots. Cette nuit l’amène dans une forêt où un lapin blanc va lui confier une mission des plus importantes. Malgré sa peur, Max décide d’affronter tous les dangers…

Claudine, connaît toutes les astuces, pour captiver ses lecteurs, qu’ils soient des enfants, ou des adultes. Avec MAX ET LE MONDE IMAGINAIRE, elle laisse libre cours à sa poésie, et illumine ainsi la vie du pauvre Max, par le biais d’aventures extraordinaires.
J’aurais aimé que le livre soit plus épais, mais j’oublie très vite que le livre est adressé avant tout aux enfants et aux parents qui aiment leur raconter des histoires, et Claudine le sait très bien. Ne pas décrocher leurs attentions lorsqu’ils sont captivés !

Bravo Claudine, encore une fois tes visions, ta magie m’ont fait vivre un beau moment. Max était un enfant gentil. Grâce à toi, il devient une belle personne qui “résonnera” sûrement dans l’esprit de tous tes lecteurs…
Merci de nous faire rêver !

Un livre pour les mamans et les papas, les futures mamans et les futurs papas, mais surtout, un livre pour les enfants qui ont besoin de rêver…

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Extraits :


« Une nuit, lors d’un rêve, il voit une grande porte entourée de nuages très blancs dans un ciel très bleu.

Il approche et n’ose l’ouvrir. Que va-t-il trouver derrière ? »

« À l’orée d’un bois, elle se pose sur l’herbe et avance vers son petit. Le tourtereau ne bouge pas. Max a peur qu’il ne soit mort. Il le prend délicatement dans ses mains, il est tout chaud, il sent son cœur battre.
Il ramasse de la mousse, des feuilles afin de lui faire un nid de fortune. Il le dépose doucement puis part à la recherche d’un peu d’eau. »

« Max poursuit sa route jusqu’à l’éboulis.
Il avance avec précaution en tenant compte de l’avertissement de son ami le vautour.
Il inspecte le gros monticule. Il écoute, il ne perçoit aucun sifflement, mais il reste prudent.
Il prélève deux pierres les frotte l’une contre l’autre, mais pas d’étincelle. Il essaie avec deux autres sans résultat. Il poursuit les essais et commence à désespérer jusqu’au moment où : Victoire ! De belles étincelles lui réchauffent le cœur. »

« Blanc lapin qui passe par-là le voit dormir. Il s’approche.
– Max réveille-toi, il faut que tu te dépêches de trouver le nénuphar, c’est urgent, comme je te l’ai dit, le temps est compté !
Max se lève aussitôt et s’excuse pour s’être endormi, mais il en avait besoin.
Le lapin parti, Max reprend la route.
Il se demande pourquoi ce nénuphar est si important.
À quoi va-t-il servir ? »

 

Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman Un merveilleux cadeau en 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/12/un-merveilleux-cadeau/

Neige, la petite fille des montagnes
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/07/neige-la-petite-fille-des-montagnes/

D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…

Amour, Émotion, Drame, Psychologie

Un seul être nous manque

de Corinne Falbet-Desmoulin
Broché – 15 septembre 2021
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Qu’est-il arrivé à Gaël, enlevé à l’âge de quatre ans en plein carnaval de Nice ? Six années plus tard, interpellée par les conditions d’un nouveau rapt, sa tante Anaïs commence une enquête personnelle. Elle sera vite rejointe par Côme, un ami cher, et plus tard par Pauline, la maman de Gaël. À travers un suspense omniprésent, leur enquête conduira les héros aux quatre coins du monde. Mais comment espèrent-ils réussir, là où les forces de police internationales ont échoué ? Jusqu’à quel point de non-retour l’énergie et la détermination d’Anaïs les mèneront-elles ?

 

• Couv_2024-007_Falbet-Desmoulin Corinne - Un seul être nous manque

 

Qu’il y a-t-il de pire pour un couple, que de perdre son enfant ?

Avec ce roman, Corinne Falbet-Desmoulin m’a entraîné dans un récit au suspense palpitant et plein de psychologie.
Cela fait six ans que Gaël a été enlevé, il était alors âgé de quatre ans. Malgré les diverses enquêtes réalisées, c’est toujours le point mort. Pauline, la maman de Gaël, est en dépression depuis la disparition de son enfant. Mais un jour, suite à un nouvel enlèvement, Anaïs, la tante du petit Gaël, décide de reprendre les recherches à son compte… De pays en pays, elle va ainsi suivre une piste complètement ignorée par la police…

J’ai beaucoup aimé la construction du roman à plusieurs voix en fonction des chapitres, toutes à la première personne, nous permettant de nous impliquer très vite dans le récit. Corinne prend aussi le temps de décrire les divers paysages et villes traversées, solidifiant ainsi les éléments autour du drame. Le choix de ne pas écrire un roman noir et dur, m’a paru très intéressant compte tenu du sujet. Il y a beaucoup d’énergie, d’enthousiasme, Anaïs est une battante, elle est prête à soulever des montagnes pour redonner le sourire à sa sœur, et cela fonctionne très bien !
Le tout doté d’une belle écriture, fluide et dynamique, ne délaissant à aucun moment suspense et rebondissements à travers une histoire qui va crescendo, avec une fin aussi inattendue que le reste du récit.

Encore une fois, avec Corinne, un très bon moment de lecture que je vous recommande !

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Extraits :

« Depuis presque six ans, la vie de Pauline est un cauchemar. Même si elle tente de faire bonne figure, je sais bien que les larmes s’invitent souvent sur ses joues creusées par un trop-plein de chagrin.
Pauline, c’est ma petite sœur. À nos âges, nos deux années d’écart n’ont plus vraiment d’importance, mais elle reste et restera toujours dans mon cœur ma petite sœur. Celle que pendant l’enfance, j’ai protégée de mon mieux, que je tenais par la main pour traverser la rue et dont je prenais la défense devant nos parents, ne supportant pas qu’elle se fasse gronder à tort. »

« Je m’affaire pour préparer le repas du soir, mais comme d’habitude, mon esprit s’évade au bout d’un instant. Que fait-IL ? A-t-IL faim ? Chaud, froid peut-être ? Chaque nuit, des cauchemars LE réveillent-ils en sursaut, comme moi ? Depuis que mon petit bonhomme a disparu, c’est la seule façon que j’ai trouvée de rester reliée à lui. Imaginer son quotidien. Me représenter Gaël loin de moi, mais sain et sauf.
Les années ont passé, interminables. Emplies d’effroi. De questions sans réponses. D’espérance folle. Et de lourdes désillusions, quand il s’avérait que certaines personnes pensant avoir croisé mon fils s’étaient trompées.
Je continue à penser à lui à tout moment de la journée. Au début, j’ai envisagé le pire. Des images atroces envahissaient mon cerveau. La terreur de mon enfant, brutalement séparé de sa famille. Le viol. La torture. L’assassinat. Car je sais pertinemment que même avec un garçonnet de cet âge, il y a des individus détraqués qui passent à l’acte. On le voit parfois dans d’épouvantables faits divers. »

« Je serre fort Pauline dans mes bras. Elle continue de pleurer. Les larmes roulent en grosses perles transparentes sur ses joues. Son menton. Son cou. Des gouttes salées qui n’en finissent pas de déborder de l’azur de ses yeux. Si lourdes. Déchirantes. »

 

Corinne Falbet-Desmoulin vit à Léognan, une ville au milieu des vignes près de Bordeaux. Le goût des mots l’accompagne depuis l’enfance. Ancienne institutrice, elle consacre désormais son temps libre à l’écriture.

Avec son premier roman À l’encre du cœur, elle a obtenu le Coup de cœur du Jury du Prix Femme Actuelle Développement Personnel 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/19/a-lencre-du-coeur/

Le deuxième Un seul être nous manque a été sélectionné pour le Prix du Suspense Psychologique 2022.

Tout au bout des silences est son troisième roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/24/tout-au-bout-des-silences/

Auparavant, ses nouvelles et ses poèmes ont remporté 12 Prix littéraires.

Oser l’espoir
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/30/oser-lespoir/

Après Haïkus d’été, Bulles de bien-être est son deuxième recueil de haïkus.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/01/02/bulles-de-bien-etre/

Si vous lui demandez ce que son aventure littéraire représente pour elle, elle vous répondra : QUE DU BONHEUR !

Anticipation, Émotion, Drame, Roman, Suspense

Les Liens artificiels

de Nathan Devers
Poche – Grand livre, 10 janvier 2024
Éditions : Le Livre de Poche

 

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Il fallait la raconter, cette spirale. La spirale de ceux qui tournent en rond entre le virtuel et la réalité. Qui perdent pied à mesure que s’estompe la frontière entre les écrans et les choses, les mirages et le réel, le monde et les réseaux. Le cercle vicieux d’une génération qui se connecte à tout, excepté à la vie. N.D. L’Antimonde est le premier métavers qui réplique la planète Terre à l’identique. Ce monde artificiel offre à chaque utilisateur la possibilité d’avoir en ligne, via son avatar, une vie plus riche et plus folle. Julien Liberat, professeur de piano frustré, s’est, depuis la crise sanitaire, laissé submerger par les écrans. L’Antimonde lui ouvre la voie d’un grand destin. Un roman vertigineux sur la frontière entre réel et virtuel, une plongée irrésistible dans le « charme du néant ». C’est à la fois une tragédie, une satire sociale, un drame digital et psychologique, qui dénonce un monde tout proche, une aberration surgie de la Silicon Valley pour nourrir des âmes vides avec des pixels…

Captivant, terrifiant et burlesque. Le Figaro magazine.

Le premier bon roman sur le métavers. L’Express.

Choix Goncourt de l’Orient 2022.

 

• Couv_2024-006_Devers Nathan - Les liens artificiels

 

Julien Libérat, a la trentaine. Il vit de petits boulots, celui de pianiste chichement rémunéré d’un petit bar et il est aussi professeur particulier de piano. Largué par sa petite amie, et faute de moyens suffisants, il quitte Paris et se retrouve seul dans un studio paumé à Rungis. Il tourne en rond… Le temps lui paraît long, bien trop long. Un jour, il tombe sur une publicité sur l’Antimonde, un monde parallèle, un métavers imaginé par Adrien Sterner, dans lequel Julien va s’engouffrer. Il se créé un avatar “Vangel”, qui va lui permettre de vivre des aventures extraordinaires dans ce nouvel univers. Il va gagner de l’argent, beaucoup d’argent, il va rencontrer et devenir un proche de “la réplique” de Serge Gainsbourg, et enfin devenir “quelqu’un” de reconnu !
Mais sa nouvelle vie est-elle aussi belle qu’il le pense ? Qu’en est-il de julien, qui reste lui enfermé entre ses quatre murs à Rungis ?

Nathan Devers, jeune auteur, se prête habilement à la création d’un nouveau monde. Un monde parfait puisqu’il est le reflet de la volonté des personnes qui y circulent. Quoi de plus beau, de plus magique ? Mais n’y a-t-il pas danger lorsque les gens se mettent à confondre monde réel et monde virtuel ?

Un roman qui m’a interpellé, que j’ai trouvé non seulement bien écrit, sans temps mort et réussi. Avec beaucoup d’imagination, d’humour aussi, l’auteur nous propose un récit qui débouche sur de nombreuses questions existentielles contemporaines et de plus en plus d’actualité, exposant plusieurs facettes des dangers des mondes numériques.
Immersif et agréable à lire, au fur et à mesure de ma lecture, j’ai senti comme un malaise grandissant. Finalement, ce roman n’est pas loin de la réalité de toutes ces personnes qui actuellement sont devant leur écran sur des jeux, en réseau, et ce pendant des heures et des heures…

Une bonne réflexion sur l’addiction et la déconnexion de notre réalité vers de “nouveaux univers”…

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Extraits :

« Je cherche une autre vie et des songes réels,
Un mirage charnel, un semblant authentique
Et des apparitions qui m’ouvriraient les yeux.
Je veux qu’un autre monde éclipse enfin le nôtre.
Amis ou ennemis sans jamais nous connaître,
Nous serons tous, là-bas, reliés autrement.

Il nous faut effacer la présence des choses,
Construire un univers plus léger que l’extase
Où nous naviguerons dans un réseau d’images.
Nous aurons sublimé les abîmes de l’homme,
Ces deux sombres fléaux : le silence et l’ennui,
Qui rythment nos espoirs, béances réciproques. »

« Le 7 novembre 2022, un nouveau compte fit son apparition sur Facebook, au nom de “Julien Libérat bis”. Comme on pouvait s’y attendre, cet événement suscita la plus parfaite indifférence. Mais Julien Libérat ne perdit pas de temps. En guise de première publication, il divulgua une capture d’écran : un carré noir où figurait un texte. Les phrases étaient sobres et les lettres violettes. Le lendemain, lisait-on, il se filmerait en direct pour effectuer un “geste symbolique”. »

« Il pleuvait donc, et la vie pleut, elle aussi. Elle a capitulé avant de commencer. Sa trajectoire est sourde, son mouvement ne lui appartient pas. Elle ne part de nulle part et finit exactement au point de son commencement, sauf qu’elle a, entre-temps, perdu toute sa hauteur. Entraînée par son propre poids, elle n’est rien d’autre qu’une vitesse têtue précipitée vers le rien. Le pire étant qu’elle ne peut pas décider du voyage qu’elle va parcourir : tout est écrit d’avance, il faut s’en remettre au vent, aux forces environnantes et aux puissances hostiles. La goutte tombe raide, sans dévier un seul instant de sa ligne, sans se permettre de danser, de s’enfuir, d’être libre. Elle diminue, elle descend, mais ne se déplace pas. Le temps passe et la défaite augmente. Alors le cap disparaît totalement, c’est la grande culbute. »

 

Nathan Devers est né en 1997. Normalien et agrégé de philosophie, il a publié l’essai Espace fumeur (Grasset, 2021) et deux romans : Ciel et terre (Flammarion, 2020), Prix du Cercle interallié du premier roman, et Les liens artificiels (Albin Michel, 2022) qui a connu un grand succès. Avec Penser contre soi-même, il signe son deuxième essai.
Proche de Bernard-Henri Lévy, il édite la revue La Règle du jeu.
Depuis 2021, il est intervient régulièrement sur la chaîne Cnews et, plus particulièrement, dans l’émission L’Heure des pros, animée par Pascal Praud.

Adolescence, Émotion, Roman

Les Toiles de la discorde

de Albert Ducloz
Broché – 4 janvier 2024
Éditions : Éditions de borée

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1954. Doué pour les arts graphiques, le jeune François Dufour s’inscrit à l’école des Arts du Puy-en-Velay et sympathise avec sa jeune voisine, Émeline Landry. Bientôt, celle-ci pose nue pour François. Furieux, les parents du jeune artiste détruisent le tableau. Les deux adolescents, après avoir fugué, trouvent refuge chez leur professeur de peinture, Sébastien Favre, et sa femme, la belle Clara. Alors encouragé par son professeur, François reprend la peinture de nus et se met rapidement en tête de peindre Clara. Sébastien, bien que très réticent, accepte. Un choix qu’il ne tardera pas à regretter…

 

• Couv_2024-005_Ducloz Albert - Les Toiles de la discorde

 

1954, François Dufour a une passion pour le dessin et en plus, il est doué. Tous les ans pour Noël, il se fait offrir des crayons de couleur, des carnets de croquis. Puis il découvre la peinture. Maintenant, il sait ce qu’il veut faire plus tard. Mais comment l’annoncer à sa famille. Finalement, grâce à son talent, il est encouragé par un professeur à rejoindre l’école des Art du Puy-en-Velay tous les jeudis en plus de ses cours hebdomadaires. Émeline Landry, une jeune voisine, aime aussi le dessin. François demande à son professeur M. Favre, s’il peut y avoir une possibilité qu’elle intègre le cours avec lui. Au contraire, lui répond-il, elle sera la première fille du groupe.

Ainsi commence ce récit que j’ai énormément apprécié. L’histoire m’a replongé dans mon enfance, où je passais des heures et des heures à dessiner, à colorier, jamais fatigué j’en voulais toujours plus, et plus un jour plus tard, à l’adolescence, j’ai intégré un établissement d’Art Graphique. Dessins, perspective, peintures, natures mortes et nus. Je me suis revu, dans le récit d’Albert Ducloz. J’étais tout jeune avec cette dualité, timidité et fonceur, car j’en voulais toujours plus. d’ailleurs, j’ai trouvé les premiers cours du récit très bien racontés. puis très vite, ce furent mes premiers cours de nus. La gène d’abord, de voir des femmes plus âgées que moi complètement dévêtues qui nous regardaient et nous mettaient à l’aise. La colère de mes parents, lorsqu’ils apprirent en quoi consistaient certains de nos cours. Moi, je ne voyais que des modèles, souvent des femmes, rarement des hommes. L’univers de la peinture ne m’est donc pas inconnu et c’est pour cela que je voulais lire ce roman fort bien écrit et très intéressant. La passion des jeunes artistes qui se mêle à une jalousie qui ne peut pas, ne pas exister. Ils sont jeunes, ils sont amoureux. Mais quand est-il lorsque François veut peindre une autre femme ? Comment réagira Émeline ? D’autant plus que cette femme n’est autre que la femme de M. Favre, leur professeur…

Une bien belle histoire qui m’a portée dans un monde agréable où je me suis attaché aux personnages, les descriptions aussi sont particulièrement réussies. Je ne connaissais pas Albert Ducloz, c’est une très belle découverte !

Un grand merci aux Éditions De Borée pour leur confiance renouvelée…

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Extraits :

« Les derniers jours de juin 1954 se prélassent au village de Lavoûte-sur-Loire, au cœur de la Haute-Loire. Nous touchons aux vacances d’été. À cette époque, ce havre de paix où je suis né prend ses aises à la campagne. Mon père, lorsqu’il a planté les arbres du verger, s’y est pris de telle sorte que la famille puisse disposer de fruits toute l’année. Des claies menuisées de ses mains et installées à la cave permettent d’y conserver pommes et poires hors de l’humidité et d’attendre ainsi le prochain printemps pour le parfait mûrissement des premiers fruits rouges. »

« Au jour convenu, aussitôt à pied d’œuvre, nous posons nos vélos contre le premier tronc venu, pénétrons bravement en forêt sans craindre les fougères et choisissons nos places. J’observe les frondaisons aux orangés luisants du soleil d’après-midi et les ors des feuillages que les premières gelées n’ont pas encore fait tomber. Face à moi, légèrement en recul, je surprends deux hêtres dont les troncs se nouent a s’embrasser. Je n’ose encore imaginer qu’ils pourraient être Émeline et moi-même. De temps à autre, un coup de vent fait envoler les feuilles qui virevoltent comme des flocons jusqu’à se laisser aller à rejoindre celles qui avant elles ont épousé le sol. »

« Sur la route du retour, pédalant côte à côte, nous profitons d’un chemin qui s’égare de la route et l’empruntons pour le quitter vers un bosquet ; contre un bouleau, nous posons nos vélos et, longuement, longuement, nous nous embrassons.
C’est la première fois. Pas suffisamment longtemps, certes, les parents sont exigeants sur les horaires de retour, mais enfin, à partir de ce très long baiser, Émeline et moi ne sommes plus seulement amis.
Un baiser hebdomadaire, si long et passionné soit-il, ne nous suffit pas. Nous cherchons et nous trouvons. Nous allons prendre prétexte de peindre pour nous retrouver, mais où ? »

 

Albert Ducloz écrit pour son propre plaisir depuis l’enfance romans, poésies, contes et nouvelles. En 2002, après une carrière de directeur d’établissement de soins, il publie son premier roman, Citadelles d’orgueil. En 2015, il obtient le prix du Cercle littéraire Médicis pour son roman Les Trois Promesses et, la même année, le prix La Plume et la Lettre pour Le Chant d’Aurore. Avec Les Toile de la discorde, il signe son dix-septième roman aux éditions De Borée.

Émotion, Drame, Histoire vraie, Psychologie, Thriller ésotérique

Forget me not

de Éric D’Aura
Broché – 16 septembre 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Un polar machiavélique à l’humour décapant.

Un homme disparu pendant vingt ans, une succession de mystérieux meurtres rituels, un médecin légiste à la personnalité loufoque, narrateur sarcastique et principal suspect…
Manipulations, énigmes religieuses et faux semblants vont jalonner cette enquête trépidante aux rebondissements multiples, sur fond de Côte d’Azur. Des personnages déjantés, une capitaine aussi talentueuse qu’expéditive.

Vivez en immersion, heure par heure, une affaire inédite qui vous laissera à bout de souffle, au bord du précipice.
Inspiré de faits réels.

 

• Couv_2024-003_D'Aura Éric - Forget me not

 

Je termine mon roman, le ferme, le dépose sur mon bureau avec respect. La première question qui titille mon esprit est : “Qui est Éric D’Aura, d’où vient-il ?”

La règle du “premier roman” sera toujours pour moi, un mystère, une nouvelle vision, de la magie, une aventure qui requiert patience et rigueur, le prolongement de l’œil de l’auteur qui doit savoir aussi capter ma vue, mon odorat, mais le goût aussi, le toucher, et faire marcher mes sens et ceux de tous les lecteurs afin de les happer dans de nouvelles aventures…
Mais qui est Éric D’Aura ?

Lorsque j’ai pris ce livre, je l’ai feuilleté un moment et me suis dit “Oups ! Cinq cents pages écrites en petit, et des pages qui respirent peu, il va falloir s’accrocher !”
Encore une fois, je me suis fait avoir comme un débutant !
Car très vite, je baignais dans un monde qui me convenait et que j’aimais vraiment. De l’Histoire, de l’érudition, une enquête, non, des enquêtes gigognes pleines de suspenses, de la folie teintées d’étrangetés, de l’ésotérisme, des enquêtes qui se poursuivent sur plusieurs dizaines d’années, des messages secrets qui semblent traverser le temps, des jumeaux, des jumelles et au milieu de tout ça, Démétrius Collaki.

Démétrius Collaki. Quel personnage. Le personnage !
Dès le premier jour de son arrivée à l’IML de Nice, Démétrius Collaki, médecin légiste, a à peine le temps de faire connaissance avec ses collègues que sa première enquête démarre à toute vitesse et va le conduire là où il ne s’attendant pas du tout. Vers son passé.
Que se passe-t-il ? Un piège ? Chercherait-on à lui nuire ?

Des personnages forts bien choisis, très imagés que je me suis amusé à les imaginer… Et lui, petit et gros ? Elle plutôt fine, brune au carré, le grand rougeot qui veut toujours avoir raison… Bref, une sacrée équipe.
Au fur et à mesure de ma lecture, mais surtout des dialogues et une fois ma première surprise passée, après plusieurs éclats de rire, j’ai juste eu à me laisser emporter par des calembours qui n’ont cessé tout le long du récit et Démétrius Collaki/Éric D’Aura, n’a rien à envier aux grands, Raymond Devos, Pierre Desproges et et d’autre encore… Un coté un tant soit peu désuet, une vrai maîtrise du vocabulaire du rythme.
Un premier roman qui bouscule, qui percute qui explose !!!
Mais, où dons était caché Éric D’Aura durant toutes ces années ?

Un récit multipliant les faux-semblants, les mensonges et les manipulations. Qui va-vous perdre à de nombreuses reprises, jusqu’à la fin complètement inattendue, mais que c’est bon.
Quel style, quelle classe, ça fait un bien fou. De la vraie littérature “française”, de vrais exquis mots !
Éric D’Aura un auteur définitivement à poursuivre !

Merci à Angie Lollia des éditions Des livres et du Rêve, pour cette excellente surprise !

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Extraits :

« – Ah, d’accord. Tu plussoies, dis-tu ? Je ne connais pas ce terme, tu m’en vois confus.

– Oui, le verbe plussoyer. C’est un néologisme Internet.
– Aaaah, voilà pourquoi. Plussoyer ? Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
– Ben, c’est le fait de noter +1 sur Facebook, Tweeter, les réseaux sociaux quoi !
– Ah OK. Les latrines du web, quoi !
– Pourquoi les latrines du web ? rétorque Cassiopée un soupçon vexée.
– Eh bien c’est très simple. Coupez-moi si je me trompe, et je parle sous votre contrôle, c’est très en vogue de parler sous le contrôle d’autrui, mais évidemment c’est une formule purement rhétorique et stupide, il est bien question ici, de ces réseaux dits “sociaux”, sur lesquels des personnes bien intentionnées, occupent leur temps libre à vomir sur leurs prochains, et qui cachées derrière leur écran aux vertus désinhibantes, se sentent subitement affranchies et décomplexées, au point d’être dès lors victimes de diarrhées verbales acides, et souvent même en apparente contradiction avec leur propre personnalité, n’est-ce pas ? Ensuite, selon le principe rabelaisien, les suiveurs dénués de tout bon sens, cliquent à tout-va dans la foulée, Panurge oblige, et se jettent ainsi dans la fosse ; septique. En conclusion, on affirme évidemment que c’est viral. »

« – Non, je suis lucide. Je tiens plus à ma fille qu’à ma propre vie, mais elle ne serait pas heureuse avec moi, je ne suis jamais là, peu disponible, trop mobile. Son bien-être nécessite des repères et de la routine. L’amour impose parfois quelques sacrifices, aimer n’est pas posséder, mais désirer le bonheur de l’autre, même loin de soi. Ne croyez-vous pas ? »

« – Dites-moi, vous possédez des connaissances pour le moins surprenantes, même si on sait désormais que Démétrius peut se conjuguer au pluriel, selon vos propos.
– Vous avez retenu ma petite blague, ça ne m’étonne pas de vous. Je m’explique : dans les années trente en Allemagne, peu après la montée en puissance d’Hitler, il était devenu évident, et l’avenir le démontra, que les francs-maçons étaient en danger et le myosotis, petite fleur bleue ou mauve, selon la variété, a été utilisé comme signe distinctif entre les frères en lieu et place de l’équerre et du compas. Plus discret.
Cette fleur est devenue par la suite le symbole de toute la Maçonnerie durant ces années de ténèbres. Et quand après la guerre, les loges en Allemagne ont pu rouvrir, qu’elles ont pu rallumer la lumière après toutes ces années d’obscurantisme, elles ont gardé comme emblème officiel, la petite fleur, en forme de « Forget-Me-Not ». Voilà pour le petit aparté historique. Sans condescendance de ma part, ça va de soi.
– Je suis impressionnée. Encore un cadeau de la sectaire confrérie des “frères la gratouille”. »

« – Ceci répond en effet à la question de la conservation du corps et du sang. Je valide. Par conséquent, ça laisse supposer que c’est bien le meurtrier qui a enlevé Lucien, il y a vingt ans. Mais à quoi joue-t-il ?
– Mais mon cher, si je le savais, je l’aurais déjà appréhendé. Quant à savoir pourquoi mettre autant de temps entre l’enlèvement et le meurtre de Salomos, là, j’avoue, c’est le blanc.
– Oui, c’est juste ! Je pouffe.
Abigail m’observe avec de grands yeux dubitatifs :
– Hum ?
– C’est Juste Leblanc.
– Et alors ? s’exclame Abigail désabusée.
– Non, rien, ça me fait penser à un type que je dois inviter à un dîner. »

 

Eric D’Aura : Né en 1970 entre le décès de Jimi Hendrix et celui du général De Gaulle, docteur en pharmacie diplômé à la faculté de pharmacie de Marseille où j’ai rencontré ma future épouse, douce moitié vitale mais également professionnelle, donc marié, deux filles, installés sur la Côte d’Azur depuis 1996. Biberonné par les lectures de Marcel Pagnol et d’Agatha Christie, j’ai osé pour mon premier roman le mixe des deux auteurs saupoudré d’un zeste de Pierre Desproges et rehaussé d’une pincée de Raymond Devos. Résultat : humour et des cadences…