Émotion, Drame, Historique, Roman

Fleur de sang

de Emmanuel Robert-Espalieu
Poche – 2 mars 2023
Éditions : Pocket

• Bandeau_Intro_5.jpg

​Par amour pour elle, il va devenir bourreau. Par amour pour lui, elle va défier l’ordre établi…
En épousant Marguerite, fille unique du bourreau de la ville de Joigny, Charles a tout perdu : son grade de lieutenant dans l’armée du Roi-Soleil, son titre de comte, mais surtout l’affection et l’estime de son père. Par amour, il doit désormais apprendre les macabres ficelles de ce métier si redouté, reclus de la société.
Néanmoins, alors que magie et superstition se mêlent à la médecine, les bourreaux ont un précieux savoir de guérisseurs. À peine Charles acquiert-il une réputation pour ses onguents que Marguerite est la proie d’un mal étrange. En quête du remède ultime, le nouvel exécuteur engage son destin sur des voies dangereuses… surtout quand on en vient à déterrer les morts.

 

• Couv_2023-130_Robert-Espalieu Emmanuel - Fleur de sang

 

Les dernières heures de l’année 2023 arrivent doucement…
Encore une belle année de lecture pour moi, que je terminerai avec ce cent-trentième Ressenti !

Premier roman d’Emmanuel Robert-Espalieu, Fleur de sang laisse déjà entrevoir une plume affinée et une belle interaction entre les personnages bien développés et le lecteur que je suis. Je me demandais vraiment comment l’auteur allait arriver à me rendre sympathique un “bourreau” vivant au XVIIe siècle… Ce n’était pas gagné d’avance et pourtant, Emmanuel s’en sort largement, au point de faire de Charles “le bon bourreau”, un vrai héros, auquel je me suis attaché assez vite pour de multiples raisons que je vous laisserai découvrir !
Il y a beaucoup d’imagination dans ce récit, de nombreux rebondissements, de l’émotion et de la poésie, mêlant faits historiques et histoire d’amour et il m’a été très difficile de le lâcher une fois entamé. J’ai Ressenti une véritable passion de la part d’Emmanuel pour cette période de l’Histoire. Il a dû faire de nombreuses recherches afin de soigner et de caler son récit dans l’Histoire, de plus, j’ai appris énormément de choses sur un “métier” plus que méconnu.

Charles, lieutenant dans l’armée française, fils de comte est promis à sa succession, au grand désespoir de Paul son demi-frère. Mais comme dans de nombreux récits, tout ne se déroulera pas comme convenu, au grand désespoir de son père et à la grande joie de Paul…
En effet, un jour lors d’une exécution le regard de Charles croise les yeux d’une belle inconnue qui, elle aussi ne le lâche plus du regard. Que dis-je une belle inconnue ? Une femme superbe ! Il est ébloui, son cœur bat à tout rompre, alors que le temps s’est arrêté.
Ce regard changera sa vie à jamais…
Mais Charles et Marguerite n’étaient-ils pas destinés l’un à l’autre, à s’aimer malgré toutes les épreuves que cela engendrerait ?

Pour son premier livre, Emmanuel m’a touché.
C’est un sacré roman de 500 pages, qui m’a semblé bien trop court.

Un grand merci à Karine Warszawski pour cette belle découverte !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :
« Coupable ! conclut autoritairement Paul Fouquier, le prévôt général de la ville.
La sentence rebondit en écho entre les voûtes de la grande salle du château abritant désormais le tribunal, provoquant immédiatement les applaudissements de la foule bigarrée venue s’agglutiner pour assister au spectacle. Une sentence similaire à celle prononcée quelques jours plus tôt contre un fermier acoquiné aux “Tranche-Montagnes” devenus le centre d’intérêt de toutes les conversations ici, à Joigny et dans ses environs. Dans les rues, au marché, à l’église, dans les estaminets et même au château, on ne parlait plus que de cette bande, une “armée” selon certains, constituée de soldats déserteurs et de voleurs, qui vivraient, selon les dires, terrés comme des bêtes dans la forêt d’Othe, juste au-dessus de la ville, au-delà des vignes. »

« Il se sentit fondre en elle alors qu’il tâchait toujours de la maintenir prisonnière, son visage effleurant presque le sien. Ses yeux étaient verts, striés d’éclairs jaunes vers l’iris. Elle était si merveilleusement belle que sa perfection repoussait les possibilités humaines, et il ne pouvait contenir l’émotion qui le submergeait. L’attraction était irrépressible. Le combat était perdu, mais une guerre était gagnée, puisqu’il sentait qu’il pouvait aimer cette femme de tous ses yeux, de tout son corps. Il pouvait l’aimer de tous les ciels, de toutes les forêts et tous les oiseaux, l’aimer de tout ce qui était fait de terre et d’eau, d’air et de feu. »

« – Vous ne m’avez pas écoutée, minauda-t-elle.
– Si ! Si ! Même si je ne suis pas certain d’avoir jamais vraiment compris la poésie. J’ai toujours préféré les romans. Ou les nouvelles.
– Il ne s’agit pas de comprendre, mais de ressentir. Ce ne sont pas tant les mots en soi qui comptent, mais les images qu’ils véhiculent. La sensation qu’ils vous apportent individuellement, et liés les uns aux autres. Vous comprenez ?
– Oui. Comme de la musique.
– Exactement ! »

 

Emmanuel Robert-Espalieu est né le 1er juillet 1970 à Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Après une carrière comme photographe, dans les coulisses des théâtres (Festival d’Avignon, Théâtre National de la Colline, Comédie Français…), dramaturge et réalisateur, il se consacre désormais à l’écriture et la mise en scène de pièces de théâtre, ainsi qu’à l’écriture de romans. Il vit à Joigny.

Fleur de sang est son premier roman.

Amour, Émotion, Poésie, Roman, Suspense

Le rendez-vous de Tchimbamba

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 28 mai 2022
Éditeur : Autoédition

• Bandeau_Intro_4.jpg

Parce qu’un ex-inspecteur garde l’instinct du policier, Gabriel s’intéresse aux meurtres en lisant son journal. Balades, lecture, musique et quelques passades suffisent, par choix, à combler les loisirs que lui laisse la compagnie d’assurances, où dorénavant il gagne sa vie. Mais, ce mardi 16 février 1982, un titre à la une le fait bondir. Une relation du temps de son service militaire au Congo a été assassinée la veille à Deauville. Ensuite le lendemain, il apprend qu’une autre vient de subir le même sort à Versailles. Convaincu d’en savoir davantage que la police, il se risque à enquêter de son côté. Dans les coulisses du quotidien, combien se cachent de tentations refoulées ? Il suffit que le destin s’en mêle pour que l’audace et l’ambition surgissent. Surtout si entre en scène une grande femme mince et rousse.

 

• Couv_2023-129_Papier-Wagner Gérard - Le rendez-vous de Tchimbamba

 

Tout a commencé mardi 16 février 1982 à 19 h exactement.

2023 aura été pour moi la découverte de Gérard Papier-Wagner. Dès mon troisième roman lu, j’ai su que ma fidélité le suivrait dans ses autres aventures. Mais ce que je ne savais pas encore au mois de mai, c’est que ses deux romans suivant allaient complètement renouveler son style et me faire voyager aussi loin, dans tous les sens du terme…

“Le rendez-vous de Tchimbamba” est un roman complètement à part ! Mais ne devrais-je pas dire : “Le rendez-vous de Tchimbamba” sont des romans complètement à part…
Le dernier chapitre à même emmener une larme avec lui, lorsque j’ai posé le livre sur ma table de chevet avant d’éteindre.

Magnifique, immersif.
Comment à un moment de ma lecture ai-je pu douter un instant de Gérard, que j’ai cru perdu dans son récit ! Quel Maestro…

Un récit captivant, aux nombreuses péripéties, de plus de cinq cents pages, où je ne me suis pas ennuyé un instant.

Gabriel Carré ancien inspecteur, découvre la mort violente d’un de ses amis du temps où il faisait son service militaire au Congo. Le lendemain, un deuxième de ses anciens amis, décède dans les mêmes circonstances !
Qui se cache derrière ces meurtres qui lui remettent à l’esprit la vie qu’il a vécue à Pointe-Noire au Congo, dans le quartier de Tchimbamba.
Gabriel décide alors d’enquêter sur ses meurtres commis en France.
S’ouvre alors un “nouveau” roman très intéressant où magie, coutumes et paysages se mélangent…

Mais où est passé “Gabriel” l’enquêteur ?
Une nouvelle vie à l’air de s’ouvrir à lui.
De nouvelles aventures aussi, l’Amour avec un grand A, mais les souffrances ne tardent pas… Il perd sa reine, hérite d’une fille, mais pas que. Je tourne encore quelques pages et c’est un nouveau bouleversement qui s’opère. Où me mène Gérard ?
Amitiés, trahisons, passions. Chaque ligne à son propre pouvoir, la magie opère naturellement. L’Afrique est partout, elle ne me quitte plus et Gabriel est de plus en plus attachant, tel un ami que j’avais oublié. Mais la fin…
Cette fin, où Gérard et Gabriel bouclent la boucle du récit… Wahou. À ce moment, je n’ai qu’une seule déception… Je n’ai jamais serré Gabriel dans mes bras !

Une semaine complète de lecture. Une semaine qui se justifiait. Des images magnifiques, de la musique que j’ai écouté en boucle… Je ne voulais pas bâcler cette histoire et naturellement, je l’avais compris. Le temps est un personnage à part entière de ce très beau récit.
J’arrive à court de mots, mais cette lecture sensible, poétique, érudite et très prenante fera partie de mes gros coups de cœur 2023.

Comment finit l’histoire ?
Je vous conseille vraiment de découvrir cet auteur si vous ne le connaissez pas encore, le dépaysement qui vous attend à la lecture de ce récit est poignant.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Parce qu’une évidence n’en devient une qu’à l’instant de sa révélation, c’est en déballant sa chemise neuve que Gabriel comprend. Cherchant sa taille au Monoprix, il a bousculé par inadvertance une jeune femme, une jolie rousse au parfum de printemps, dont les cheveux lui ont balayé la figure. Lorsqu’il s’est excusé, elle lui a répondu en souriant, que ce n’était rien. Le charme de ses yeux bleus et des taches de rousseur sur ses joues a désarçonné Gabriel au point qu’il en rougit a posteriori. Derrière l’aimable parole, il avait cru déceler ce rien de compassion réservée aux gens insignifiants. Ainsi Gabriel de manière subliminale s’est-il senti relégué parmi ceux qui n’intéressent plus personne, désolant constat réclamant vérification. »

« Simultanément, à six mille six cents kilomètres de sa rue et sur le même fuseau horaire dans l’hémisphère austral, au lieudit Tchimbamba, près de Pointe-Noire, une grande femme mince et rousse dort dans une chambre assez vaste pour contenir la moitié du logement de Gabriel. Au pied du lit est couché un épagneul au pelage aussi flamboyant que la chevelure de sa maîtresse. La nuit épaisse et humide est assourdissante du coassement des crapauds-buffles et enfiévrée du dialogue des tams-tams, embaumée aussi des fumées de feux de bois se mêlant aux parfums capiteux des frangipaniers. Demain, à 6h, après la trêve silencieuse de l’aube, le soleil relancera le fabuleux spectacle de l’éveil de cette puissante et impérieuse nature, qui règne sous les tropiques. »

« – Ouand tu reviens patron, moi je suis toujours là.
Qui peut savoir ? Songe Gabriel se souvenant de ce que lui a confié un jour en voiture Célestin “Dans mon pays, on dit l’homme, il est comme la chèvre à son piquet, sa liberté a la longueur de la corde que Dieu attache à son cou.” Pour masquer sa croissante émotion devant le fossé qui déjà les sépare, il lui donne l’accolade, et se dirige vers l’escalier mobile sans se retourner.
Dix minutes plus tard, nez au hublot, il regarde pour la dernière fois l’océan frangé d’écume, la ville blanche, la cité noire en éventail, puis à perte de vue le Mayombe au moutonnement vert sombre. » 

 

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/

Le disparu de Monrovia
https://leressentidejeanpaul.com/2023/06/27/le-disparu-de-monrovia/

La double vie des Jodlere
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/25/la-double-vie-des-jodlere/

Émotion, Drame, Folie, Suspense, Thriller psychologique

Trois vies pour une

de Bastien Perchet
Broché – 13 octobre 2023
Éditions : Independently published

• Bandeau_Intro_2.jpg

2009, province d’Helmand, Afghanistan.
Robin Costes, reporter de guerre, et son équipe, capturent les dernières images poignantes d’un documentaire sur le conflit qui consume le pays depuis des années. Entre excitation et appréhension, ils bravent l’interdit, plongeant au cœur de l’effroi. L’apogée tant espérée se transforme en un chaos implacable. Une prise d’otages qui bouleversera à jamais leurs existences…

2022, Annecy, France.
Après des années de reconstruction, Robin tente de reprendre une vie normale, bien que les spectres de son passé continuent de le hanter, aussi persistants que la douleur de son bras fantôme, témoin muet des horreurs ayant décimé la plupart de ses compagnons. Une nouvelle existence marquée par sa rencontre avec Mélinda, et plus tard, par la naissance d’Anaïs, leur fille. Mais le jour de ses quarante ans, tout bascule à nouveau… La mort réclame vengeance, engloutissant tout sur son passage.

Quels secrets ont été ensevelis durant toutes ces années ?

 

• Couv_2023-127_Perchet Bastien - Trois vies pour une

 

Je viens de finir “Trois vies pour une”.

Quel récit !!!

De la violence, de la peur, de la haine, de la reconstruction… du pardon ? Peut-être. De l’amour, encore de la peur, des confessions, une vengeance… Toujours de la peur.

Superbe.
Pas un moment de faiblesse dans le récit. Mais quel récit… Très différents des thrillers habituels. J’avais envie qu’il continue encore et encore. L’auteur a trouvé une “clé” qu’il maîtrise parfaitement et il a complètement baladé le lecteur que je suis. Pas de gentils, pas de méchants, juste des coupables et les autres…

Dans ce roman particulièrement bien ficelé, Bastien ne devait avoir qu’un mot en tête. “SUSPENSE”. Et toute l’histoire tourne autour.
Au final, une très “belle” histoire de sentiments mêlés où tout le monde souffre, mais malgré tout Bastien parvient à nous faire ressentir beaucoup d’émotions qui peuvent parfois s’opposer. C’est troublant…

Coup de cœur !
C’est fort et profond, je vous le recommande vraiment…
…Et moi, je vais patiemment attendre les autres romans de “Bastien Perchet”, car j’avoue avoir été réellement surpris.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La lampe de chevet créait une ambiance tamisée et chaleureuse que Robin glaça en une seule phrase :

– Tu crois qu’elle va grandir dans quel genre de monde ?
Mélinda comprit qu’il faisait allusion à leur future fille.
– Le même que celui dans lequel nous sommes, répondit-elle en haussant les sourcils, avant de poser son livre, les pages tournées vers le bas.
Robin souffla bruyamment.
– J’ai peur pour elle. Plus le temps passe, plus j’ai l’impression qu’un jour, tout va voler en éclats. »

« – Vous protestez contre quoi exactement ?

– Contre ces enculés de lobbyistes de l’agroalimentaire qui s’approvisionnent à l’étranger alors qu’ici, on se crève jour et nuit pour gagner une misère.
Quand on en gagne, d’ailleurs ! »


« – Je ne comprends toujours pas le rapport.

– Rob… le rapport, c’est qu’après une mort, c’est plusieurs quilles qui tombent en même temps. Tu vois ce que je veux dire ? Personne n’y pense quand ça arrive. Personne ne songe à la femme du mec à qui tu viens de trouer le bide, à son gamin, sa famille, ses amis. En fait, la vengeance, c’est le fléau de l’humanité. Tu butes un type et c’est son frère, son père, sa mère, qui voudra ensuite ta peau. Et l’engrenage ne s’arrête jamais. La folie non plus. Et si les gens ne se vengent pas, ils risquent de devenir comme la majeure partie des épaves qui arpente ma ruelle pour s’échouer dans mon bar. »

« Personne n’est prêt à affronter la mort d’un être cher. La tristesse n’est que le prélude, car un mélange âpre et rugueux s’installe ensuite, mêlant incompréhension, haine et rage. Certains ne parviennent jamais à s’en remettre. En réalité, personne ne s’en remet véritablement… »


« Une toute dernière fois, Robin caressa sa chienne et lui murmura quelques mots à l’oreille. La pauvre bête ne comprenait pas, penchait la tête d’un côté puis de l’autre, la queue entre les jambes.

Au moment de quitter la maison, Joseph tapota l’épaule de Robin sans dire un mot. À sa manière, le vieil homme exprimait son émotion de voir cet homme partir, ce dernier lui rappelant combien il regrettait de ne jamais avoir eu de fils dans sa vie. »

 

Né en 1992, à Belley dans l’Ain, Bastien Perchet vit depuis à Aix-les-Bains en Savoie. En 2015, son premier roman Aux creux de nos demains s’est hissé au sommet du classement Amazon Kindle et a captivé des milliers de lecteurs. Son nouveau thriller, Trois vies pour une, vous plonge dans une descente aux enfers vertigineuse où chaque page vous rapproche de la vérité, troublante…

Émotion, Drame, Psychologie, Roman

Les Galeries hurlantes

de Jean-Marc Dhainaut
Poche – 4 juillet 2019
Éditions : Taurnada édition

• Bandeau_Intro_5.jpg

Karine, dix ans, joue avec un ami imaginaire. Tout ce qu’elle sait, c’est son âge et qu’il n’aime pas Alan Lambin, le spécialiste en paranormal que son père, désemparé et dépassé par une succession de phénomènes étranges, a appelé à l’aide. Et si l’origine de tout cela se trouvait dans les anciennes galeries minières existant toujours sous ce village du Nord ? Le seul moyen d’accéder à ce dédale oublié de tous serait les sous-sols d’un hôpital abandonné et hanté par le souvenir de tous ceux qui y laissèrent leur vie, un matin d’hiver, treize ans plus tôt.

 

• Couv_2023-126_Dhainaut jean-Marc - Les galeries hurlantes

 

On ne change pas une équipe qui gagne !
Alan et Mina à travers leurs récits sont devenus des habitués de mes lectures, pour mon plus grand plaisir…

Mais quand Jean-Marc vers la fin de son roman a fait… Qu’est-ce qu’il a fait !!!
Non… Pas ça…

Dans la maison d’Étienne Delbique, rien ne va plus, depuis que sa femme a disparu.
Sa fille Karine à dix ans continue à jouer avec un ami imaginaire, sa belle-mère Rozenn a complètement perdu la tête, elle tricote toutes les journées un pull qui n’en fini pas en répétant sempiternellement une série de chiffres, 2… 2… 8… 1… et Etienne qui boit pour faire face à toutes les choses étranges qui se déroulent chez lui régulièrement, sans parler des baisses constantes de température. Sur les conseils de sa sœur, il décide de contacter Alan Lambin qui vit aujourd’hui en Bretagne.

Mina a quelques petits soucis de santé et propose donc à Alan de s’occuper seul de cette nouvelle enquête. Il va être entraîné dans une histoire étrange et incroyable, à l’atmosphère sombre et inquiétante se déroulant dans le nord de la France sur fond de catastrophe minière et disparition inexpliquée. Une histoire qui aurait pu m’emporter par la peur, les frissons ou la détresse, mais c’est de la mélancolie que j’ai Ressenti. La mélancolie de ces belles histoires qui vous reviennent à l’esprit dû à leur tristesse.
Jean-Marc ne cesse de me surprendre. Qu’est-ce qui est vrai dans son récit ? Qu’est-ce qu’il a inventé ? Je m’en moque… Je vis le moment, tels ses personnages qui vivent le récit… Pour moi, tout est vrai, tout est crédible. Le rêve s’est envolé pour une réalité, ma réalité… Je veux continuer à croire qu’il y a quelque chose au-delà, à croire que nous ne serons plus jamais seuls…

Une très belle écriture, une intrigue qui tient sa place et se renforce au fur et à mesure de ma lecture… Hâte de découvrir la suite…
Encore une très belle histoire aux éditions Taurnada.

Et de six pour jean-Marc !
Vous souhaitez découvrir Jean-Marc Dhainaut ?

Deux de ses nouvelles, dont le personnage principal est Alan Lambin, sont proposées gratuitement sur le site de taurnada.
https://www.taurnada.fr/nouvelles/
Ainsi que des nouvelles de Magali Collet, Isabelle Villain et Estelle Tharreau

N’hésitez plus à les découvrir…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« À près de cent kilomètres de là, une camionnette de la poste venait de quitter ce petit hameau si cher au cœur d’Alan Lambin, spécialiste en phénomènes de hantises depuis déjà plus de vingt ans. La lettre qu’elle venait de déposer dans sa boîte ne contenait que quelques lignes : un appel à l’aide bien différent de ce que chacun pourrait imaginer. »


« Étienne prit la loupe et se concentra sur l’image, puis il releva la tête, le visage blême et la bouche grande ouverte. Debout, à la fenêtre de la chambre de Karine, se tenait Sarah. Elle regardait son mari, sa fille et son amie se faire prendre en photo. Pourtant, ce jour-là, Sarah était déjà morte depuis un an. »


« C’était donc d’ici, à l’endroit même où il se trouvait, que Sarah s’était jetée dans le gouffre, fermé, il y avait encore deux ans, par de simples planches et tôles qu’elle avait retirées.

Il se frotta la moustache et le menton en chuchotant, « c’était ici. Sarah… Pourquoi ? » »

« Il éclaira sa montre : midi trente. Il plongea la main dans la poche intérieure de sa veste et sortit son porte-feuille. Il caressa, à la lueur de sa lampe, la photo de Mina qui s’y trouvait, puis l’embrassa. Mina… Que faisait-elle en ce moment ? Allait-elle bien ? Alan ne devrait pas être là, mais avec elle. »

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Lauréat du Prix Plume Libre en 2018, il remporte le concours de nouvelles des Géants du Polar en 2019.

Brocélia
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/07/brocelia/

L’Œil du chaos
https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/13/loeil-du-chaos/

La maison bleu horizon
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/13/la-maison-bleu-horizon/

Les prières de sang
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/22/les-prieres-de-sang/

Psylence
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/05/psylence/

Amour, Émotion, Poésie, Roman

Oser l’espoir

de Corinne Falbet-Desmoulin, Monique Sanchez
Broché – 25 octobre 20231
Éditions : BOOKS ON DEMAND

• Bandeau_Intro_2.jpg

Après INSTANTS DE GRÂCE À PARTAGER, Corinne Falbet-Desmoulin et Monique Sanchez ont souhaité renouveler l’expérience d’un recueil à quatre mains. Très différent du premier, OSER L’ESPOIR explore, à travers quinze histoires originales et emplies de sensibilité, des situations que l’on peut trouver dans la vie réelle. Positifs, les héros luttent tout en gardant l’espoir. Ne dit-on pas que celui-ci fait vivre ? C’est ce que pensent sincèrement les deux auteures, qui vous offrent ces récits illustrés, écrits avec leurs cœurs.

 

• Couv_2023-125_Falbet-Desmoulin Corinne & Sanchez Monique - Oser l'espoir

 

Dans ce recueil, il y a quinze nouvelles, quinze histoires de tous les jours, quinze histoires de vies.
Leur point commun ?
La sensibilité, la bienveillance, la beauté, l’amour…

Pour rappel, Corinne Falbet-Desmoulin a obtenu le coup de cœur du jury du prix Femme actuelle développement personnel 2022 pour son premier roman À l’encre du cœur. Elle a également reçu onze prix littéraires pour ses nouvelles, ainsi qu’un prix pour ses poèmes. Monique Sanchez elle, écrit depuis de nombreuses années “pour son plaisir et celui de sa famille”.
Les deux ouvrages écrits avec Corinne Falbet-Desmoulin sont les seuls qu’elle ait publiés.

À travers ces quinze histoires originales, sept écrites par chacune d’elles et une en commun, Corinne et Monique ont regonflé mon cœur de bons et beaux sentiments. Des histoires tellement belles parfois que je n’ai pu m’empêcher de verser parfois une larme. Je n’ai jamais cherché à savoir qui avait écrit quoi, la globalité de l’ouvrage est très homogène et c’est ce qui m’a plu. Je suis entré dans un autre monde, un monde qui devrait pourtant être le nôtre, un monde où les gens se parlent, s’écoutent, se regardent, se respectent, s’aiment… Pourquoi cela ne fonctionne-t-il que dans les histoires ?
Est-ce si compliqué d’écouter, de tendre la main ?

Dans tous les cas, Corinne et Monique se sont amusées, cela se sent, et je me dis, en cette veille de fêtes, c’est tout à fait le genre de “petit” cadeau du cœur, que l’on pourrait glisser sous les sapins.

Un moment de pur bonheur que je conseille à toutes et à tous !

Merci Blandine, tu as embelli ma soirée…
Un très grand merci à Pierre, qui comme le colibri a fait sa part…
Merci à Vincent le SDF, merci à la bouche de Gauvin, mon pauvre Ludovic… Merci Lou, bravo Valentin ! Gros bisou Léon. J’espère un jour être comme toi Ulysse ! Guillaume et Amandine 💖. Non Céleste, ce n’était pas vain… Dahlia, tu es belle. Maeva, Antoine, Mélissa, Lola, Enzo, vous resterez dans mon cœur. Martin continue à prendre de soin de Margot, Lilou, tu as fait les bons choix, Gwendoline, je ferme les yeux et je te vois glisser, je te vois danser…
Bravo Corinne, bravo Monique. Votre enthousiasme communicatif m’a fait beaucoup de bien…
À moi maintenant de faire ma part…

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« Pour Vincent, les livres représentent un véritable refuge. De tout temps, grâce à eux, il a voyagé. Il a appris. Il s’est évadé.
Il a réfléchi. Avec eux, aujourd’hui, il peut oublier un instant sa condition précaire de SDF qui vit dans sa vieille Renault, aussi fatiguée que lui. »

« En levant les yeux, dans le ciel bleu tendre du matin, elle observe les rayons du soleil qui semblent jouer avec des petits nuages ronds et blancs, comme des touffes de coton. »

« Un soir, alors qu’ils observent ensemble un coucher de soleil magnifique, Gauvin prend doucement la main de Marjolaine et lui dit :
– Tu es ma muse, que j’ai cherchée toute ma vie.
Je veux être celui qui t’inspire et te soutient à chaque instant de ton existence. »

« – Tu as raison, mon chéri. Tu as énormément travaillé ces dernières années. À mon avis, ton manque d’inspiration est une sorte de burn-out. Et si on partait ensemble quelque part ? De vraies vacances, pour une fois ? »

« Il se souvient des mots prononcés par sa grand-mère : Ton destin est devant toi, avance à petits pas, le chemin est parfois long, mais tu y arriveras. »

« – Papi, a-t-elle dit, tu ne crois pas qu’elle a assez duré, cette brouille entre papa et toi ? Je sais qu’il en souffre et je me doute bien que toi aussi. »

« Merci Pierre, pour votre immense humanité.
Merci d’avoir semé des graines d’espoir pour un monde meilleur, tout autour de vous. Voyez, votre vœu a été exaucé ; je suis un tout petit colibri, mais je fais ma part et cela me rend heureuse. »

 

 

Corinne Falbet-Desmoulin vit à Léognan, une ville au milieu des vignes près de Bordeaux. Le goût des mots l’accompagne depuis l’enfance. Ancienne institutrice, elle consacre désormais son temps libre à l’écriture.

Avec son premier roman À l’encre du cœur, elle a obtenu le Coup de cœur du Jury du Prix Femme Actuelle Développement Personnel 2022.

Le deuxième Un seul être nous manque a été sélectionné pour le Prix du Suspense Psychologique 2022.
Tout au bout des silences est son troisième roman.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/24/tout-au-bout-des-silences/

Auparavant, ses nouvelles et ses poèmes ont remporté 12 Prix littéraires.
Singulières, Insolites, atypiques
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/24/singulieres-insolites-atypiques/

Si vous lui demandez ce que son aventure littéraire représente pour elle, elle vous répondra : QUE DU BONHEUR !

Monique Sanchez habite à Caudéran, un quartier chic de Bordeaux. Elle écrit depuis de nombreuses années, pour son plaisir et celui de sa famille, mais sans avoir publié. Elle plonge dans l’univers de l’édition en 2020, en écrivant un premier recueil à quatre mains, en collaboration avec Corinne Falbet-Desmoulin. Aujourd’hui, elle est heureuse de vous présenter ses histoires, à travers lesquelles elle a cherché à capturer émotions et sentiments, afin de les faire résonner en vous.

Émotion, Drame, Historique, Roman, Suspense

Le Fil d’Argent

de Rebecca Greenberg
Broché – 27 août 2017
Éditions : Auto-Édition

• Bandeau_Intro_4.jpg

New York 2011. Thomas Gordon, journaliste d’investigation au Daily News, voit son existence basculer un jour de blizzard. Comment reprendre le cours de sa vie lorsque l’on se retrouve soudain doté de dons paranormaux ? Comment rester les pieds sur terre lorsque l’on peut désormais sortir de son corps et dépasser les limites de l’Espace et du Temps ? Sans cesse ramené dans la France occupée des années 1940, il devient témoin de la vie tragique de Simon, un Juif entré dans la Résistance, et de ses deux petites sœurs virtuoses. Bientôt les coïncidences s’accumulent et un puzzle hallucinant prend forme… Pour ne pas devenir fou et comprendre ce qui le relie à cette famille prise dans la tourmente de l’Histoire, Tom devra s’engager corps et âme dans l’enquête la plus incroyable de sa vie. Et si rien n’était dû au hasard ?

 

• Couv_2023-119_Greenberg Rebecca - Le fil d'argent

 

J’ai terminé le roman de Rebecca Greenberg depuis deux jours déjà et je ne sais toujours pas comment entamer mon Ressenti…
Tant pis, je me lance !

Le premier roman de Rebecca est MA-GNI-FIQUE, impressionnant, addictif, tellement réaliste !!!

Quel travail remarquable, documenté, réfléchi, quelle sensibilité, des personnages que je ne suis pas près d’oublier, j’entendais de la musique durant ma lecture, le violon, le piano, les mots qui s’écoulaient dans un rythme tantôt en douceur, tantôt avec violence, la beauté des âmes pures, la peur, les cris, les larmes, la laideur des autres, la haine, la jalousie. Rebecca m’a comblé en tant que lecteur, m’a envoûté en tant qu’homme. Plusieurs fois, j’ai dû stopper ma lecture, fermer les yeux étant dans l’incapacité d’aller plus loin, d’appréhender les abominations, les cruautés qui risquaient de retomber à chaque moment, à chaque page, mais malgré son récit si dur et bouleversant, il n’y a jamais jugement, ni pathos. La lecture est très agréable, fluide, j’étais complètement transporté par la plume de l’auteure. Certains lecteurs auront peut-être l’impression de lire un roman de type ”fantastique”. Pas moi. La réalité de ce phénomène, pour moi, ne fait aucun doute…

Dès le début du récit, nous suivons deux histoires qui se passent à deux périodes différentes. Nous sommes en 2011, où Tom est plongé dans un coma suite à un accident, ou en 1940, avec Simon, jeune juif qui subit la Seconde Guerre mondiale de plein fouet. Nous allons alterner ainsi d’une époque à l’autre par le biais de la décorporation, un sujet qui me plaît tout particulièrement. Tom, finalement, va sortir du coma avec un don qu’il va apprivoiser jour après jour. Mais est-ce vraiment un don ou malédiction ?
Il lui faudra plusieurs années pour le maîtriser et comprendre pourquoi il est sorti vivant du coma.

Rebecca m’a touché au plus profond de mon âme, j’aimerais tellement connaître les morceaux qu’elle avait en tête en écrivant son roman.
Durant ma “vie de lecteur” certains romans m’ont marqué. “Le Fil d’Argent” fait définitivement partie de ceux qui se trouvent en haut de la pile !

Merci pour ce voyage magnifique… Pour ne jamais oublier.
Très gros coup de cœur.

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« La lumière.
Diffuse, douce comme un voile.
Mouvante, comme des courants opalins,
mais se déplaçant avec lenteur.
Irradiant une paix profonde et un amour infini.
Bientôt y apparaissent des formes sans consistance,
ressemblant toutefois de plus en plus à des visages.
Oui, ce sont bien des visages… !
Des visages qu’il connaît et qu’il chérit.
Celui de Kate d’abord, puis ceux d’Andy et d’Ellen. »

« Il prit soudain conscience d’une sorte de connexion invisible entre lui et ce mystérieux inconnu aux yeux clos, une espèce de fluide non-palpable, mais de plus en plus intense. La musique, toujours plus riche, pénétrait ses tympans, son cerveau, son cœur, son être tout entier, jusqu’aux tréfonds de son âme.
Alors il comprit. »

« 1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l’identité des Juifs qu’ils ont mission d’arrêter, n’ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux. Les enfants vivant avec la ou les personnes arrêtées seront emmenés en même temps, ils ne doivent pas être confiés aux voisins »

« C’est simple, il me faut environ trente minutes pour faire un tampon qui permettra de fabriquer une cinquantaine de cartes. Chaque demi-heure supplémentaire où je parviens à rester éveillé, c’est comme cinquante vies que je sauve… »

« – Ils… ils l’ont emmenée.
– Où ça ? Nous pouvons organiser son évasion ! Je connais…
– Non, Léo, non.
Simon sentit les larmes lui brûler les yeux ; il sentait aussi les mots – ceux qu’il n’aurait certainement pas fallu dire – affluer entre ses lèvres malgré lui.
– Il est trop tard. Ils l’ont… fusillée, il y a deux jours.
Les bras de Léo retombèrent à l’instant, inertes le long de son corps. Ses yeux s’exorbitèrent pendant une ou deux secondes, puis Simon vit le souffle lui manquer. Enfin, il s’affaissa sur les genoux, dans l’herbe sèche, en inspirant dans une sorte de gémissement déchirant et ne bougea plus. Simon se laissa tomber à côté de lui, pris du besoin insoutenable de se justifier.
– Je… je n’ai rien pu faire… Je…
Mais il se tut. À quoi bon expliquer pour le moment… Qu’y avait-il à expliquer, d’ailleurs ?
Je suis vraiment désolé, finit-il par dire à mi-voix. »

« Léo secoua la tête, écœuré. Il commençait à être las de cette guerre qui n’en finissait pas. Pourquoi les Français ne se soulevaient-ils pas en masse, pourquoi étaient-ils seulement une petite poignée d’hommes à réagir ? Pourquoi devaient-ils attendre la victoire des Alliés sans bouger ? Pourquoi devoir supporter sur ses propres terres des combats sanglants entre deux pays étrangers s’affrontant sans même se soucier des autochtones ?… Combien de vies innocentes devraient-elles être encore happées ? »

 

Rebecca Greenberg part à 17 ans vivre en Afrique, au Cameroun, avec ses parents. Elle y passe son bac, et poursuit par une année d’initiation à l’Histoire de l’Art.

Lorsqu’elle rentre en France, elle entame des études universitaires cinématographiques et audiovisuelles. Elle assiste à des tournages de films, aux côtés de Gérard Jugnot et Richard Bohringer et se prend de passion pour les écrits de Stephen King, rédigeant des scripts adaptés de quelques nouvelles choisies. Elle est correctrice littéraire.

Puis elle rencontre son âme-sœur, et fait finalement le choix de se consacrer corps et âme à sa nombreuse famille.

Mère de 7 enfants, c’est la saga Harry Potter, découverte par le biais de ses enfants bien des années plus tard, qui lui donne – comme une révélation – le goût insatiable des livres et le besoin de réécrire, comme au temps de son adolescence.

Le fil d’argent (illustrations de Matthieu Biasotto) est son premier roman.

son blog : http://lefildargent.over-blog.com/
page Facebook : https://www.facebook.com/lefildargent.back/

Émotion, Cercle littéraire, Drame, Polar, Psychologie

Dans les brumes de Capelans

Olivier Norek
Poche – 23 mars 2023
Éditeur : Pocket

• Bandeau_Intro_5.jpg

Le grand retour du capitaine Coste.

Une île de l’Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige.
Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense.
Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles.
Une jeune femme qu’il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque.

Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l’aveugle.

 

• Couv_2023-118_Norek Olivier - Dans les brumes de Capelans

 

Hier soir a eu lieu notre soirée mensuelle du Cercle Littéraire du Château de l’Hermitage, Olivier Norek était notre invité.
Très belle soirée aux échanges nombreux et enrichissants, ce fut un moment très agréable. Malgré certains passages très durs du roman, il y a eu quand même de nombreux éclats de rire ! Olivier était tellement à l’aise que pour la première fois, notre soirée s’est terminée bien après minuit !
Mais quel bavard cet Olivier… 😂

Je l’attendais impatiemment ce septième roman d’Olivier !

Quel plaisir de retrouver Victor Coste (Code 93, Territoires et Surtensions.), Capitaine de police au groupe crime de la SDPJ dans le 93. Je m’étais longtemps demandé ce qu’il était devenu depuis la perte de l’une de ses coéquipières. Aujourd’hui, il n’est plus capitaine. Il a quitté la France et s’est exilé tout seul à Saint-Pierre, une petite île française perdue au large du Québec, dans une petite maison complètement isolé, qui chaque année est entièrement engloutie par des brumes les plus épaisses qui soient, au point de ne même plus voir sa propre main lorsque que l’on tend son bras. Dévasté par la culpabilité de la perte de sa collègue, il a du mal à reprendre le dessus et se sent complètement brisé au quotidien. Officiellement, il est à la tête de la police des frontières. Réellement, il travaille pour un programme secret défense “Protection des témoins et des repentis”. Sa maison est protégée comme un bunker et surveillée tout au long de l’année. Il interroge ainsi, dans le plus parfait isolement, des truands, des meurtriers qui se disent repentis afin de vérifier si l’État Français peut leur faire confiance ou pas.

En France, bien loin de notre ex-capitaine, depuis dix ans, dix jeunes filles ont été enlevées, victimes d’un tueur en série particulièrement insaisissable… Jusqu’au jour où un policier retrouve l’une d’entre elles vivante enfermée dans le sous-sol d’une maison d’apparence inhabitée. Elle se nomme Anna, a été enlevée il y a dix ans déjà. Elle fut la première à avoir été enlevée et violée. Les neuf suivantes furent séquestrées, violées et assassinées par le tueur. Pourquoi Anna est-elle toujours en vie ? Qu’est-ce qui la différencie des autres ?
Actuellement, complètement perdue, isolée dans son esprit, elle a besoin de soins tout particulier.
L’ancienne responsable de Coste qui était sur l’enquête a l’idée de lui confier la jeune-fille, la seule à pouvoir identifier le tueur. Elle est persuadée que les deux âmes brisées ensemble pourraient se relever !

Dès qu’ils vont se retrouver ensemble l’enquête va basculer !

Le fait d’avoir ramené Coste dans cette enquête est une excellente idée d’Olivier. Le récit est très vite addictif pour de nombreuses raisons qui s’entrecroisent tout le long du récit. Pas de temps mort, une tension psychologique constante et efficace, le lecteur n’a qu’à se lasser porter, mais attention, ça va faire mal, d’autant que la brume épaisse de Saint-Pierre ne va pas faciliter les choses, durant cette course contre la montre !

Ce récit très prenant véritable “tourne pages”, va bien au-delà d’une enquête policière !
J’ai tout particulièrement apprécié le “dérapage” de Coste… Ça fait du bien !
Est-ce que c’est mal Olivier ?

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Il n’est rien de plus imparfait, de moins abouti, de plus fragile qu’un nourrisson. Il n’était pas plus grand que les peluches qui l’entouraient et son souffle irrégulier était si léger que j’avais dû poser la main sur son ventre pour le sentir s’élever doucement sous sa respiration. Au sommet de sa tête, le crâne informe n’était pas encore soudé et laissait là l’espace de la fontanelle, sans plus de protection qu’une fine membrane. J’aurais pu, si je l’avais voulu, y plonger mon doigt sans effort, comme dans un fruit mûr. »

« Plusieurs fois, Coste avait été invité à dîner, ou à boire un verre, et il avait poliment refusé autant de fois. Grâce à ses faibles efforts de sociabilisation, il avait rapidement été classé par les Saint-Pierrais comme par ses collègues, dans la catégorie des ours solitaires et traité comme tel.
On n’ennuie pas un ours solitaire. »

« On les voudrait hideux, les monstres.
Dans les villes, dans la foule, leurs démons sont invisibles. Ils nous frôlent sans que l’on frémisse. Leurs sourires ressemblent aux nôtres, on les côtoie, on les voisine, on les invite. Ils nous charment ou nous indiffèrent, car ils sont bien normaux, les monstres. Leur peau, leur voix, leurs gestes, tout en surface est identique à l’ordinaire. Mais, quelque part, une ombre s’est posée. Elle s’est nourrie silencieusement d’une blessure, d’une humiliation, d’une violence, d’une anomalie, d’une malfaçon. Elle s’est posée sur une fine craquelure qu’à coups de bec et de griffes elle a transformée en faille. Un gouffre, un piège pour la raison, et s’engendre la colère. La colère si jouissive à libérer, pour que sur d’autres se pose une partie de l’ombre. Pensant ainsi s’alléger, le monstre s’enferme et nourrit son serpent, toujours plus affamé. »

« L’avion décolla de Roissy puis traversa la France par l’ouest, passant obligatoirement au-dessus d’un bon nombre de déclarations d’amour, de crises de couple, de crises de nerfs, de portes claquées, de coups de fil embarrassés, d’explosions de joie, de parents débordés, de gamins qui refusent d’aller au lit, passant au-dessus d’un monde qui poursuivait son chemin de millions de petites choses insignifiantes et de quelques-unes forcément sublimes ou dramatiques qui remplissent les vies, sans faire cas du Boeing 777 qui le survolait, un monde qui poursuivait son quotidien comme il l’avait fait pendant les dix dernières années durant lesquelles Anna avait disparu. »

« Sur un rythme régulier, son poing s’abattit sur le visage de Sean et ne s’arrêta que lorsqu’il fut recouvert du sang du gamin recroquevillé au fond de sa cabine, défiguré, le nez cassé, une pommette brisée, les lèvres explosées, les arcades fendues, les yeux mi-clos, gonflés et tuméfiés. Il le laissa là, à moitié inconscient, gargouillant dans son hémoglobine, respirant avec difficulté. »

 

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Avec Surface, il nous entraîne dans une enquête aussi déroutante que dangereuse. Un retour aux sources du polar, brutal, terriblement humain, et un suspense à couper le souffle.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/01/surface/

Émotion, Philosophique

Le parfum des fleurs la nuit

de Leïla Slimani
Poche – 14 avril 2022
Éditions : Folio

• Bandeau_Intro_3.jpg

“Écrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle”. Comme un écrivain qui pense que “toute audace véritable vient de l’intérieur”, Leïla Slimani préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la Pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ? Autour de cette “impossibilité” d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leïla Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la Pointe de la Douane.

 

• Couv_2023-117_Slimani Leïla - Le parfum des fleurs la nuit

 

Je ne connais pas l’âge de Leïla Slimani, mais à la lecture de ce “petit roman” on pourrait croire qu’il a été écrit par une personne beaucoup plus âgée, ou alors, Leïla a déjà vécu de nombreuses vies…

“Petit” par son nombre de pages, Le parfum des fleurs la nuit est un très grand livre, érudit, poétique, beau et mélancolique. Dès le début de ma lecture, c’est comme si le temps s’était arrêté ! En quelques pages Leïla a abordé tellement de sujets différents et intelligents qu’il a fallu que je m’attarde sur certains passages. Non pas parce que je ne les avais pas compris, mais ils étaient tellement fondé, et tellement juste que j’ai vraiment pris du plaisir à ces relectures. Après avoir lu il y a quelques mois Chanson douce, je savais que j’allais très vite lire d’autres romans de cette auteure. Elle confirme ici mon premier Ressenti. Cette lecture m’a donné l’impression d’avoir pris une très grande inspiration. Et…

J’ai voyagé, de Rabat à Paris, puis de Paris à Venise où se roule le récit, mais c’est surtout dans l’esprit de Leïla que j’ai voyagé. Leïla se dévoile, se raconte, les doutes sur son métier, son pays, sa langue maternelle, toutes les difficultés à définir son identité, son père, sa mère, sa religion aussi. C’est très émouvant, tout sonne tellement juste, tellement vrai. Je pense que ce n’est pas pour rien qu’à 30 ans à peine, elle ait déjà reçue le Prix Goncourt.
Je vais continuer à la lire, j’aimerais beaucoup la rencontrer, pouvoir discuter avec elle voir si le temps s’arrête de nouveau…

“Le parfum des fleurs la nuit”, c’est la réminiscence de tout les souvenirs enfouis, c’est la mémoire olfactive du passé qui se réveille. Le sien, mais aussi le nôtre…

Merci Leïla, pour ta plume élégante et magnifique qui telle une douce symphonie m’a accompagnée pendant quelques heures, bien trop courtes à mon goût.
Coup de cœur pour Leïla, que je recommande vivement !

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Si je n’avais rien à raconter sur l’art contemporain, qu’allais-je bien pouvoir dire sur Venise ? Il n’y a rien de plus effrayant, pour un écrivain, que ces sujets sur lesquels il semble que tout a déjà été dit. »

« En trente ans, la population de Venise a été réduite de moitié. Les appartements, ici, sont mis en location pour les voyageurs de passage. Ils sont vingt-huit millions chaque année. Les Vénitiens, eux, sont comme des Indiens dans une réserve, derniers témoins d’un monde en train de mourir sous leurs yeux. »

« Dans quel piège suis-je encore allée me fourrer ? Pourquoi ai-je accepté d’écrire ce texte alors que je suis intimement convaincue que l’écriture doit répondre à une nécessité, à une obsession intime, à une urgence intérieure ? D’ailleurs, quand les journalistes me demandent pourquoi j’ai choisi tel sujet pour mon roman, je me trouve toujours en peine de répondre. J’invente quelque chose, un mensonge crédible. Si je leur disais que ce sont nos sujets qui nous choisissent, et pas l’inverse, ils me prendraient sans doute pour une snob ou une folle. La vérité, c’est que les romans s’imposent à vous, ils vous dévorent. »

« Je n’ai pas peur de la mort. La mort n’est rien d’autre qu’une solitude aboutie, entière, absolue. C’est la fin des conflits et des malentendus. C’est le retour, aussi, à la vérité des choses, au dénuement. Ce que je crains, c’est la résistance du corps. La déchéance. La douleur qui ronge les chairs. »

« L’eau, la neige, le vent ne tiennent pas au creux de la main. Aussi fort qu’on veuille les saisir, ils restent rétifs à notre volonté de les emprisonner. C’est assez semblable à l’expérience que fait tout écrivain lorsqu’il commence un roman. Au fur et à mesure qu’il avance, un monde se crée, mais l’essentiel demeure inaccessible comme si en écrivant, on renonçait en même temps, chaque fois, à ce que l’on voulait écrire. L’écriture est l’expérience d’un continuel échec, d’une frustration indépassable, d’une impossibilité. Et pourtant, on continue. Et on écrit. “Garder courage, en sachant au préalable qu’on sera vaincu et aller au combat : c’est ça la littérature”, disait l’écrivain chilien Roberto Bolaño. »

 

 

Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, d’une mère franco-algérienne et d’un père marocain, est une journaliste et écrivain franco-marocaine.

Élève du lycée français de Rabat, Leïla Slimani grandit dans une famille d’expression française. Son père, Othman Slimani, est banquier ; sa mère est médecin ORL, mi-alsacienne, mi-algérienne. En 1999, elle vient à Paris pour ses études où elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris. Elle s’essaie au métier de comédienne (Cours Florent), puis décide de compléter ses études à ESCP Europe pour se former aux médias. À cette occasion, elle rencontre Christophe Barbier, alors parrain de sa promotion, qui lui propose un stage à L’Express. Finalement, elle est engagée au magazine Jeune Afrique en 2008 et y traite des sujets touchant à l’Afrique du Nord.

En 2014, elle publie son premier roman aux éditions Gallimard, Dans le jardin de l’ogre. Le sujet (l’addiction sexuelle féminine) et l’écriture sont remarqués par la critique et l’ouvrage est sélectionné pour le prix de Flore 2014.

Son deuxième roman, Chanson douce, obtient le prix Goncourt 2016.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/02/chanson-douce/

Émotion, Drame, Histoire vraie, Thriller

Le Dernier festin des vaincus

Estelle Tharreau
Poche – 2 novembre 2023
Éditions : Taurnada Éditions

• Bandeau_Intro_2.jpg

Un soir de réveillon, Naomi Shehaan disparaît de la réserve indienne de Meshkanau. Dans une région minée par la corruption, le racisme, la violence et la misère, un jeune flic, Logan Robertson, tente de briser l’omerta qui entoure cette affaire. Il est rejoint par Nathan et Alice qui, en renouant avec leur passé, plongent dans l’enfer de ce dernier jalon avant la toundra. Un thriller dur qui éclaire sur les violences intracommunautaires et les traumatismes liés aux pensionnats indiens, dont les femmes sont les premières victimes. « Au Canada, une autochtone a dix fois plus de risque de se faire assassiner qu’une autre femme. »

 

• Couv_2023-115_Tharreau Estelle - Le dernier festin des vaincus

 

Avec Le Dernier festin des vaincus, thriller vraiment très sombre et très dur, Estelle Tharreau rend un très bel hommage aux Indiens d’Amérique…

Tout le long de ma lecture, j’ai ressenti une souffrance très forte envers ce peuple, qui lui aussi a été complètement broyé par “l’Homme blanc”.
Un récit où les enfants sont maltraités, abusés sexuellement, quand ils ne sont pas tout simplement tués et enterrés au pied d’un arbre… j’ai eu régulièrement les larmes aux yeux. Lorsqu’ils essayaient de s’en sortir, c’est l’alcool, puis la drogue qu’on tendait vers eux. Dès lors, comment arriver à se construire lorsqu’on a perdu son identité culturelle, lorsque à peine adolescent, ils deviennent une main d’œuvre gratuite et soumise au bon vouloir de ceux qui les payent ?
Racisme. Discrimination. Corruption de la police qui ne fait rien pour les aider. Beaucoup de vérités s’échappent de ce récit.

Naomi, jeune autochtone Innu de 16 ans, de la réserve indienne Meshkanau, dans la région Nord Canadienne, a disparu. Sa mère, alcoolique refuse de se rendre au commissariat de Pointe-Cartier pour le déclarer.
Les jours passent… la police est finalement au courant, mais refuse d’enquêter sur cette disparition. Il faudra attendre encore plusieurs jours pour que deux étudiants et un jeune policier révolté par les combines de ses responsables, décident de s’en occuper. Mais, toute vérité n’est bonne à dire…

Entre fiction et réalité, Estelle nous montre la vie des Indiens dans les réserves. La peur des jeunes filles qui deviennent très tôt des proies, celles qui tombent enceinte, celles qui fuguent, et les autres qui disparaissent…
Cela faisait un moment que je n’avais ressenti autant de colère en lisant. Estelle, n’y va pas par quatre chemins. Son écriture est claire et concise. Finis les non-dits, elle va les montrer du doigt, ils devront assumer les conséquences de leurs actes !

Beaucoup d’émotions, beaucoup de colère, je termine bouleversé par ce très beau et triste récit…
Un thriller à lire absolument !

Décidément, les éditions Taurnada bousculent tout sur leur passage !
Merci encore Joël, pour ta confiance.

÷÷÷÷÷÷÷
Extraits :

« Michèle s’était empressée de rentrer chez elle, de déchirer le sac en papier et de boire une gorgée de whisky pour calmer son mal-être, pour se donner le courage de remettre une bûche dans le poêle, qui commençait à réchauffer la pièce. La morsure de l’alcool tant attendue et si apaisante ne parvint pas à lui faire oublier la voix paniquée de sa fille, le soir du réveillon, ainsi que son malaise en apercevant Peter dans la rue principale de Pointe-Cartier. »

« Avec sa force tranquille, il s’insurgeait et faisait hocher la tête des étudiants qui, comme leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents avant eux, étaient convaincus que l’Homme pouvait changer, s’amender et construire un monde meilleur avant qu’il ne soit trop tard ; toujours les mêmes espoirs avant le lent désenchantement d’une vie. »

« Ta place ? Mais ce n’est pas ta place de chef de bande que je veux, mais ma place ancestrale de femme Innue. Quand on avait encore un statut social et qu’on prenait part aux décisions pour tout ce qui touchait à la communauté. Quand on était respectées, et pas battues à tour de bras, parce que les hommes savaient qu’on était indispensables ; les gardiennes du campement quand ils partaient à la chasse. Je ne veux pas être chef de bande. Je veux seulement que les femmes reprennent leur place. Tu sais celle qu’elles occupaient quand les Innus possédaient encore leurs terres. »

« Depuis cette nuit, jamais Peter n’était parvenu à dormir profondément dans l’enfer des bruissements qui s’immisçaient dans les dortoirs ; le froissement délicat du tissu d’une soutane venant l’envelopper pour déverser son “amour” et son “réconfort” puis laisser le jour se lever sur le dégoût de soi et un sentiment d’impuissance inculqué dès l’enfance aussi violemment que l’amour de Dieu. »

« En sortant du pensionnat, on avait aucune qualification. On est rentrés chez nous sans rien. Avec encore moins qu’en y entrant. On y a laissé notre joie, notre insouciance, notre famille et notre culture pour repartir avec un traumatisme irréversible. »

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

– La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

– Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

– Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

– Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

Émotion, Fantastique, Frisson horreur, Noir, Roman, Suspense

La maison des innocents

de Martine Chifflot
Broché – 17 février 2022
Éditions : M +

• Bandeau_Intro_1.jpg

Une ténébreuse affaire…

Des disparitions inexpliquées déjouent le flair de l’inspectrice Hartmann tandis que le comté semble sombrer sous l’emprise d’une force polymorphe aux mystérieux tentacules.

Qu’est devenu Richard Elton, brutalement arraché à ses études et à Julia, son amour d’enfance ? Quelle menace pèse sur les quartiers septentrionaux de New Town ?

Le lecteur frémit au récit des innommables épreuves endurées, au gré d’un suspens qui convoque toutes les puissances du monde et de l’au-delà.

Un roman captivant, qui déploie les facettes bigarrées d’une histoire vertigineuse, portée par des personnages énigmatiques ou attachants.

Un thriller somptueux, dans l’ambiance gothique d’un beau quartier, qui renoue avec la tradition du réalisme fantastique aux multiples sens.

À lire…passionnément !

 

• Couv_2023-113_Chifflot Martine - La maison des innocents

 

Je découvre l’écriture de Martine Chifflot avec La maison des innocents, et…
Comment vous dire ?

Comme le dit très bien Martine avant d’entrer dans le vif du sujet : “Lecture déconseillée aux enfants de moins de 15 ans.” Et je dirai même “déconseillée aux personnes sensibles”, car il faut vraiment avoir le cœur bien accroché tout le long du récit.

J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises. Je crois n’avoir jamais lu à ce jour un roman, du genre, d’une telle qualité. Le choix des mots, la structure des phrases, les longs chapitres qui s’enchaînent sans savoir avant quelques lignes quel est le personnage impliqué. C’est très bien écrit, méticuleux, exigeant, très érudit, j’ai appris énormément de mots que je n’avais jamais ni lu ni entendu.
Quelle belle surprise !
Alors, oui, c’est violent, très violent même. Des meurtres, en veux-tu, en voilà, des viols d’adultes, d’enfants, c’est parfois une véritable boucherie, des scènes très intenses, mais le sujet du roman légitime tout ce qui pourrait paraître excessif. Nous sommes dans un roman mystérieux où les ombres règnent, au point d’être dérangeantes, oppressantes. Mais il y a la lumière, faible au début, à peine des points lumineux qui vont s’étendre, se multiplier, s’unir pour combattre le Mal, s’unir pour une descente aux enfers vertigineuse, parfois même une descente dans les méandres de la folie.

Impossible d’échapper à ce piège, je suis tombé dedans, tout au fond… Là, où le satanisme tient une part très importante.

Le récit se déroule dans un monde imaginaire, très proche du nôtre. Nous sommes à quelques kilomètres de New Town où régulièrement des personnes disparaissent mystérieusement, hommes, femmes et enfants.
La police est complètement perdue, pas assez de moyens, et des ordres venant de “plus haut” qui font bien comprendre que ce n’est pas une priorité. Lorsque Richard Elton, un jeune homme de bonne famille, disparaît, là, une enquête sérieuse est exigée. Dès lors, la police n’hésite pas à contacter des médiums pour résoudre leur affaire. Suzanne, est l’une d’entre elle et elle va très vite percevoir des vibrations négatives. Les plus fortes qu’elles ai subies à ce jour. Elle va déranger le monde des esprits, des fantômes et des démons, toutes les créatures qui peuplent ce monde, au plus fort de leur puissance se nourrissant des crimes, tortures et perversités diverses perpétuées en offrande pour eux…

La police aidée de plusieurs médiums arrivera-t-elle à mettre fin au mal omniprésent ?

Impossible de sortir indemne d’une telle lecture, j’ai fait de nombreux “aller/retour” dans ma lecture, mais j’étais en haleine du début jusqu’à la fin.
Original, machiavélique, et riche en rebondissements.
Bravo Martine Chifflot, j’ai dévoré un véritable “chef-d’œuvre” !

÷÷÷÷÷÷÷

Extraits :

« À maintes reprises, ils avaient dû refuser de défendre des clients abjects dont les manigances avaient causé des pertes ou des faillites irrémédiables. Ces escrocs avaient parfois gain de cause dans les procès car la vertu se défend souvent mal. Les cabinets concurrents étaient moins scrupuleux et le pays souffrait de cet amoralisme contagieux. »

« Madame Elton était arrivée en larmes et s’était effondrée dans le bureau. Elle avait sans doute trop attendu avant de signaler le fait. Mais sait-on jamais si quelqu’un reviendra et à quel moment ? C’est là le problème. Les gens attendent des heures, quelquefois plusieurs jours et quand l’enquête commence, certains indices précieux ont, eux aussi, disparu. La pluie, le vent, les balayeurs effacent les traces. Le temps recouvre le drame d’une sorte de manteau silencieux. »

« La médiumnité est plutôt une charge pour tous ceux qui l’éprouvent réellement, seuls les charlatans s’en réjouissent, et Suzanne s’efforçait de refouler ses prémonitions et de taire ses visions. Depuis quelques semaines, des cauchemars la troublaient pourtant et elle sentait qu’un gros nuage allait passer. Il conviendrait sans doute de se remettre en activité de réception car des innocents paraissaient pâtir dans des tréfonds obscurs. »

« William pleurait de douleur et de joie, il souffrait le martyr, mais il avait rencontré deux amis, un homme des bois extraordinaire et un loup déguisé en chien. Pourraient-ils l’accompagner à New Town pour effectuer leur déposition ? Il le leur demandait instamment. Pour Oswald, c’était soudain une bouffée d’espoir, il avait rencontré un vrai policier et son chien était heureux. Malgré sa haine de la civilisation, il irait à la grande ville. »

Écrivain, auteure et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe ici un roman percutant, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie hdr et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.