Fantastique, Philosophique

Tuer Camus

S.A.R.R.A. Files
de David Gruson
Broché – 18 avril 2022
Éditions : Beta Publisher

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1940/2026 : Quand Camus rencontre l’IA
Soir du 11 novembre 1940.
Albert Camus, alors journaliste pour Paris-Soir, séjourne à l’hôtel Madison à Paris.

Il reçoit la visite imprévue de Sarah, étudiante inconnue et apeurée.
La jeune fille vient se réfugier chez lui et lui apprend les événements inattendus en cours dans la capitale : au mépris de l’Occupant, un rassemblement de centaines de personnes vient d’avoir lieu Place de l’Étoile. La Gestapo sillonne déjà les rues pour traquer les manifestants.

Tout au long de cette « nuit de toutes les nuits », une relation ambigüe se noue peu à peu entre eux et amène la jeune femme à lui révéler sa véritable nature et mission : nous sauver de l’extinction qui s’annonce en 2026.

Et tout ne tient qu’en une question : Notre liberté a-t-elle plus de prix que notre survie ?

 

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Je tourne la dernière page… ainsi se termine la trilogie de David Gruson…

Le tome 1 avait été un coup de cœur.
Dense, pas un instant de répit, très rythmé, chapitres très courts. Un vrai thriller… Le récit avançait vers l’anéantissement de la vie sur Terre…

Le tome 2, où j’ai été pris à contre-pied !
Une écriture différente. Très angoissante. Entre fiction et réalité, j’étais complètement perdu. Aucune alternative positive à un futur serein !

Tome 3.
Celui-ci est très indépendant des deux précédents, mais à la fois pertinent et intéressant. Il pourrait se lire indépendamment, mais quel dommage de ne pas faire connaissance avec tous les instigateurs de ce récit. Ceux-là mêmes qui sont les piliers de la trame globale. David nous fait faire un bon, en arrière, dans le temps, un retour en 1940, une rencontre avec un personnage qui deviendra public quelques années plus tard. Albert Camus !
Le “Albert Camus” qui écrivit pendant l’occupation, “L’étranger” puis “La peste”, son récit symbolique du nazisme qui envahit Paris, un incontournable de la littérature française. L’écrivain, nouvelliste, poète et philosophe, qui s’engagea activement en faveur d’une citoyenneté mondiale, et qui élabora une philosophie existentialiste de l’absurde, résultant du constat de l’absence de sens à la vie… dans un monde qui pour lui se mourrait.

Mais que vient faire ce “personnage historique” dans mon “Thriller” ?

Seul David pouvait se permettre cette interaction incroyable. On sent sa maîtrise du sujet, sa maîtrise complète d’Albert Camus.
Un tome 3 qui pourrait se résumer en un mot. DIALOGUE, car la quasi-totalité du roman est un dialogue sur plusieurs heures, entre Sarah, l’IA venant du futur et Albert Camus, qui n’a d’autres choix que de l’écouter. Cette rencontre étonnante et fascinante, malgré une grosse surprise en début de lecture, est vivante, c’est un échange continu, très fluide, très vivant… Ils sont là, face à nous, avec leurs réparties, leurs colères et leurs doutes.
Un roman, que je ne saurais classer, ni sur sa forme unique, ni sur son fond, fantastique et historique !

David, vient-il d’inventer une nouvelle écriture ?
Une écriture qui utiliserait la vue, mais aussi l’ouïe, le toucher, l’odorat et pourquoi pas le goût…

Alors, ma liberté a-t-elle plus de prix que ma survie ?

Je vous laisse répondre à ces deux questions.
Moi, je sais !

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Extraits :

« J’ai appris que le cours de la vie n’est pas linéaire. Des périodes mornes, passives. Et puis des coups d’accélérateur, des ruptures inattendues. Ce matin-là était particulier. Tout, au-dehors, semblait ressortir de la première catégorie : une chape de plomb paraissait s’être abattue sur ce bout de France de Vichy, à l’instar sans doute de ce qu’il restait du pays dans son ensemble. Tout respirait une moite lenteur, une grise et interminable déréliction. Un temps maussade et inerte pour les Temps vieux. Mais, dans cet espace-temps suspendu, ma vie connaissait, elle, une brusque accélération. Plus de trois mois s’était écoulés depuis ma première lettre de candidature. Deux mois depuis la deuxième. Quinze jours depuis la dernière. Puis, enfin, cet appel. Et ce rendez-vous. Le service du Maréchal s’était faite attendre.»

« Tu dois me ressentir en toi, Albert, tu dois entendre mon appel. Mais je ne puis rien te promettre de brillant, de glorieux. Là où je peux t’emmener, il n’y a que du sang. Du déchirement et du sang. Le secret que je porte n’est pas un trésor. C’est un fardeau. Une incommensurable charge. Que personne ne pourrait porter. Sauf, peut-être, toi, Albert Camus. Je n’en suis pas certaine. Je peux ne pas l’être. Mais il n’y a qu’une façon de le savoir. Et c’est à toi de décider. Mais retiens bien que là où je peux t’emmener il n’y a que noirceur. Les monstres existent, Albert. Je les ai rencontrés. Je leur ai parlé. »

« Le 26 juillet 2026.
Presque tous les hommes sont morts. Presque tous ceux qui ont été enfermés avec moi dans la forteresse de Minoyecques. Je les pensais immunisés pourtant. Depuis le temps. Et je croyais aussi ces murs hermétiques. Cette épaisseur… Cette profondeur…
Les choses se sont passées lentement. Le danger n’est pas venu d’où je pensais qu’il viendrait. J’ai mis du temps à comprendre. Son dessein n’était-il pas lisible. Il n’est pas fait pour l’être ab initio. Il le devient. »

 

 

Ancien Conseiller du Premier ministre chargé de la Santé et directeur général de CHU, David Gruson est un spécialiste reconnu dans le domaine des politiques publiques de santé. Il a eu à intervenir directement dans la gestion des risques sanitaires majeurs tels que celui constituant la trame de ce polar. L’auteur s’est, en outre, beaucoup engagé, avec l’initiative Ethik-IA, pour promouvoir une vision responsable de la diffusion de l’intelligence artificielle et de la robotisation en santé. Docteur en droit médical et titulaire d’un troisième cycle de technologies de l’information et de la communication, ses idées sur le numérique en santé sont diffusées dans des cercles académiques de haut niveau au plan national et international.

Sous la forme d’une fiction d’anticipation d’un réalisme glaçant, S.A.R.R.A., une intelligence artificielle apporte une contribution décisive à cette démarche citoyenne essentielle. Derrière une intrigue ciselée et sans aucun temps mort, il s’agit bien d’un véritable conte philosophique sur l’intelligence artificielle, ses apports et ses risques de dérives.

 

S.A.R.R.A.
PARTIE 1 – Une intelligence artificielle
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/06/s-a-r-r-a/

S.A.R.R.A.
PARTIE 2 : Une Conscience Artificielle
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/14/s-a-r-r-a-2/

Émotion, Histoire, Philosophique

L’homme qui peignait les âmes

de Metin Arditi
Broché – 2 juin 2021
Éditeur : Grasset

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Acre, quartier juif, 1078. Avner, qui a quatorze ans, pêche avec son père. À l’occasion d’une livraison à un monastère, son regard tombe sur une icône. C’est l’éblouissement. « Il ne s’agit pas d’un portrait mais d’un objet sacré, lui dit le supérieur du monastère. On ne peint pas une icône, on l’écrit, et on ne peut le faire qu’en ayant une foi profonde ».
Avner n’aura de cesse de pouvoir « écrire ». Et tant pis s’il n’a pas la foi, il fait comme si, acquiert les techniques, apprend les textes sacrés, se fait baptiser, quitte les siens. Mansour, un marchand ambulant musulman, le prend sous son aile. C’est l’occasion d’un merveilleux voyage initiatique d’Acre à Nazareth, de Césarée à Jérusalem, puis à Bethlehem, jusqu’au monastère de Mar Saba, en plein désert de Judée, où Avner reste dix années où il devient l’un des plus grands iconographes de Palestine.
Refusant de s’astreindre aux canons rigides de l’Eglise qui obligent à ne représenter que Dieu et les saints, il ose reproduire des visages de gens de la vie ordinaire, cherchant dans chaque être sa part de divin, sa beauté. C’est un triomphe, c’est un scandale. Se prend-il pour un prophète ? Il est chassé, son œuvre est brûlée. Quel sera le destin final d’un homme qui a osé défier l’ordre établi ?
Le roman de l’artiste qui, envers et contre tous les ordres établis, tente d’apporter de la grâce au monde.

 

2022_025_Arditi Metin - L'homme qui peignait les âmes

 

Nous sommes à Acre en l’an 1078.
Avner est un jeune Juif, fils de pêcheur, il a quatorze ans. Régulièrement, il va livrer au monastère de la Sainte-Trinité, les poissons qu’ils ont pêchés ensemble. Et, régulièrement, il est accueilli chaleureusement par les frères. Dont un, Thomas, qui connaît bien sa gourmandise et lui prépare des mets à chaque fois meilleurs, mélange de sucré, fruité et salé.
Avner, pour les déguster, aime s’installer à l’ombre sous un figuier, près de l’église. Endroit qu’il nomme, Le Petit Paradis. Il aime écouter la douceur du chant des moines orthodoxes, sentir le vent à travers ses cheveux et observer la nature, les animaux et tout particulièrement un papillon doré, le « Roi des Rois », qui lui rend visite de temps en temps.

Un jour, alors qu’il dessine de mémoire, “son” papillon, il est puni par son père. Il ne comprend pas pourquoi la représentation est interdite dans sa religion. Il ne voulait que célébrer la beauté du monde…

Lors d’une livraison de poisson au monastère, un jour sa curiosité l’emporte et se laissant bercer par les chants liturgiques, il entre dans le lieu de culte.
Dès lors, sa vie va changer à jamais, lorsqu’il voit pour la première fois une icône peinte. Éblouis pas cette beauté sur fond d’or, le garçon veut devenir iconographe !

Commence alors un parcourt qui impliquera une reconversion au christianisme, à la grande honte de sa famille, qui le mènera vers un long chemin d’apprentissage, où il fera la connaissance de Mansour, un marchand musulman, qui s’occupera d’Avner, comme s’il était son fils…

À travers cette histoire prenante Metin Arditi rend hommage à l’art sacré de l’iconographie et tout particulièrement à Avner, un homme bon, passionné par son art et par la beauté des hommes et des femmes, dans un pays où juifs, musulmans et chrétiens sont en conflit constant. Avner se donne une mission. Il veut peindre les âmes, et mettre en avant ce qu’il y a de meilleur chez les êtres humains. Il souhaite que tout le monde s’aime et célébrer ainsi la beauté du monde…

Je découvre Metin avec ce roman rempli d’émotions à chaque chapitre. Ce récit, très riche en rencontres dans le Proche-Orient du XIe siècle, fait vivre des personnages attachants quelles que soient leurs religions. Metin mêle avec talent l’Histoire, où le fanatisme religieux tue et n’offre aucune liberté, mais il met en valeur, tout ceux qui avaient une vision différente du monde et qui à travers les siècles, ont pu faire évoluer les esprits les plus ouverts.

De courts chapitres, une écriture belle et apaisante.
Coup de cœur pour ce roman, où la douceur se fait une place dans un monde qui malheureusement renouera très vite avec les violences de son temps…

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Extraits :

« Avner se saisit de la galette et la mordit, ayant soin de prendre en bouche une figue entière. Durant quelques instants, il se tint immobile, les yeux fermés, a humer le parfum dégagé par les petits fruits restés sur la galette. Il était à la fois délicat et enivrant, le même dont il s’emplissait les poumons lorsqu’il était étendu sous le figuier.
Très vite, l’onctuosité du fromage, la douceur du sirop et la tendresse du fruit lui procurèrent une succession de plaisir qu’il s’amusa à identifier, selon que c’était le fromage, le sirop ou le fruit qui caressait son palais. »

« Pourquoi alors ne pouvait-il s’émerveiller des chants orthodoxes ? Parce qu’il était juif ? Cette obligation d’obéir à des lois ridicules, d’avoir le droit d’aimer ceci, mais pas cela, de se couper de plaisirs délicats, de joies innocentes, au risque de voir son père exploser de colère, tout cela le révoltait. »

« Avner transgressait chaque jour davantage. Étendu près de Myriam, il la caressait comme s’il peignait l’ovale de son visage, son nez, ses lèvres, ses yeux, son front, puis à nouveau l’ovale, le menton, et ainsi de suite, très lentement, avant de l’embrasser, lèvres écartées, et de frotter son corps contre le sien jusqu’à ce que vienne leur plaisir. »

« Prier avec un musulman si tu es juif, prier avec un chrétien si tu es musulman, ce sont des actes de fraternité. Je suis sûr qu’ils plaisent au Tout-Puissant. Il se dira : voilà un homme de paix.
Ces mots apaisèrent Avner. Malgré tout, il s’interrogea. Juifs, chrétiens et musulmans pouvaient-ils se joindre dans la prière en un même lieu ? Au même moment ? »

 

 

Écrivain francophone d’origine turque, Metin Arditi a quitté la Turquie à l’âge de sept ans, et a obtenu la nationalité suisse en 1968.

Après onze années passées dans un internat suisse à Lausanne, il étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme en physique et un diplôme de troisième cycle en génie atomique. Il poursuit ses études à l’université Stanford.

Il habite Genève, où il est très engagé dans la vie culturelle et artistique. De 2000 à 2013, il a été Président de l’Orchestre de la Suisse romande. Il est membre du Conseil stratégique de l’École polytechnique de Lausanne où au fil des ans, il a enseigné la physique (assistant du Prof. Mercier), l’économie et la gestion (comme chargé de cours) et l’écriture romanesque (en tant que Professeur invité).

En décembre 2012, Metin Arditi a été nommé par l’UNESCO Ambassadeur de bonne volonté. En juin 2014, l’UNESCO l’a nommé Envoyé spécial puis, en 2017, Ambassadeur honoraire.

De 2016 à 2019, il a tenu une chronique hebdomadaire dans La Croix.

Il est l’auteur d’essais et de romans, parmi lesquels Le Turquetto (Actes Sud, 2011, prix Jean Giono), et chez Grasset, L’enfant qui mesurait le monde (2016, prix Méditerranée), Mon père sur mes épaules (2017) et L’homme qui peignait les âmes (Grasset, 2021). En 2022, il a publié le Dictionnaire amoureux d’Istanbul (Plon-Grasset).

Émotion, Histoire, Philosophique, Thriller ésotérique

Mare Nostrum

Les étoiles d’Orion** – 1096
de Brice Nadin
Broché – 4 novembre 2021
Éditeur : Librinova

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À la veille de la première croisade, une mission diplomatique tourne mal et plonge un novice bénédictin de 17 ans dans un périple vertigineux autour de la Méditerranée du XIe siècle. Mare Nostrum est un roman d’aventures à la croisée des genres entre histoire, fantastique, romance et quête existentielle. De la jeune république de Pise à l’île de Malte, de la grande pyramide de Gizeh à la vieille ville du Caire, il nous entraîne au seuil de deux mondes qui vont bientôt s’affronter : l’Occident chrétien porté par une vague de foi sans précédent et l’Orient musulman qui brille par sa civilisation. Sur les traces de Joachim de Saint-Ange, on y rencontre des personnages fascinants : comtesse combattante, conteur persan, membre de la secte des Assassins, esclaves, espions, seigneurs et émirs… Cette épopée médiévale mènera-t-elle Joachim vers le plus convoité des trésors, la quête de lui-même ?

 

2022_018_Nadin Brice - Mare Nostrum

 

Quel plaisir de retrouver Joachim de Saint-Ange, notre jeune moine copiste.
“Les étoiles d’Orion”, le premier volet de ce récit, était teinté d’ésotérisme et de magie. Dans cette suite, j’ai vécu de véritables aventures, chaque action en entraînant une autre, je ne me suis ennuyé à aucun moment et c’est aussi un roman très érudit pour les passionnés d’histoires.

Joachim, avec d’autres moines et quelques soldats ont pris la mer pour une mission secrète. Sous couvert d’une mission d’étude, ils devront analyser les forces et les faiblesses de ceux qui occupent Jérusalem, afin de libérer la ville sainte. La belle Alix de Saint-Germain fait aussi partie du voyage, jusqu’en Italie, pour échapper à la colère d’Helgon qui n’accepte pas son humiliation, suite au refus de son mariage. Joachim veut profiter de cette période en mer pour renouer avec elle, après plusieurs mois de silence.

Tout aurait pu se passer comme dans le meilleur des mondes, mais Brice Nadin en a décidé autrement…

L’écriture fluide, et très documentée de ce roman, qui navigue régulièrement entre fiction et histoire, raconte le voyage initiatique de Joachim confronté à un monde inconnu jusqu’alors, très loin de son quotidien dans l’abbaye de Cluny.
Le jeune moine sorti de son “cocon”, va vivre des aventures dangereuses, il frôlera la mort à plusieurs reprises, jusqu’à l’émergence de celui qu’il était déjà dans son esprit. Un homme libre, curieux de savoir et bon avec autrui. La vie va s’ouvrir à lui… Quels seront ses choix ? Quelle sera sa destinée ?

La réponse se trouve entre les lignes de ce sublime roman, qui je l’espère aura une suite toute aussi prenante !

Je n’en dirais pas plus pour que vous puissiez ressentir les mêmes émotions que moi…

Merci Brice, pour m’avoir de nouveau fait voyager si loin dans des contrées oubliées… Pise, Malte, le Caire… Les pyramides et leurs secrets, des coptes, des juifs et des musulmans qui vivent ensemble, un conteur persan, la secte des Hassanjins (assassins)…
De nouveau, un gros coup de cœur pour moi !

J’espère que mes quelques mots, donneront envie de découvrir cette “vision” de l’auteur à ne surtout pas manquer.

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Extraits :

« Car il faut bien que la vie ait une fin pour qu’on puisse en saisir la substance. Et devant cette mort qui nous guette tous, ne sommes-nous pas enfin égaux ? Riche, pauvre, puissant, faible, elle nous attend tous au bout de la route sans distinction de race ni de sexe.
Mes chers enfants, écoutez la voix de mon âme : gardez la foi. Ne redoutez pas l’heure ultime. Vivez votre vie, accomplissez votre destinée et soyez-en assurés : nul ne naît par hasard ni ne vient au monde contre sa volonté. Car tout a un sens ici-bas. Mais n’attendez rien de la providence et faites en sorte de pouvoir être fier de ce que vous aurez accompli. Vivez chaque jour comme s’il était le dernier et, ce jour venu, vous n’aurez rien à regretter. »

« Chez les anciens Grecs, Cassiopée était l’épouse du roi Céphée. Tous deux régnaient sur ce pays qu’on nomme Éthiopie et qui se situe aux confins du lointain pays d’Égypte, à la frontière du monde connu. Un jour, la reine Cassiopée prétendit que sa fille Andromède, qu’on aperçoit ici en direction du levant, était plus belle que les Néréides, nymphes de la mère pourvues d’une beauté incroyable. Vexées par insolence de Cassiopée, les nymphes se plaignirent auprès de Poséidon, dieu de la mère chez les Grecs. En colère, ce dernier envoya un redoutable monstre marin, nommé Cétus, dévaster les rivages d’Éthiopie en y provoquant des tempêtes si violentes que le pays sombra dans le chaos. »

« J’accepte ton offre, tu peux lui proposer ma candidature comme assistant. Mais tu lui diras aussi que je fais équipe avec Hiba. Elle s’occupera de tenir la boutique et moi de l’inventaire et de la tenue des livres. Il lui faudra nous loger et nous nourrir en échange de notre travail. C’est à prendre ou à laisser…
Théodose nous considéra tous les deux, l’air stupéfait.
– Et tu ne comptes pas lui demander de salaire ?
– Pourquoi faire, si nous sommes logés et nourris ? »

 

 

Brice Nadin est né en 1967 à Saint-Germain-en-Laye. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Consultant en nouvelles technologies, entrepreneur et père de trois enfants, il a eu d’autres vies avant de devenir romancier.

Passionné d’histoire et d’ésotérisme, en 2019, il publie son premier ouvrage, Les étoiles d’Orion, Cluny 1095, en auto-édition. Porté par une atmosphère médiévale fidèlement reconstituée, matinée d’un peu de surnaturel, le roman séduit plus de 4 000 lecteurs et se classe plusieurs fois en tête des ventes de romans historiques sur la boutique Kindle. Il est aussi « coup de cœur » dans de nombreuses librairies telles que La Procure ou Lamartine à Paris. Le tome 2, Mare Nostrum, reprend les mêmes personnages attachants pour les conduire cette fois dans un périple autour de la Méditerranée, à la veille de la première croisade.

Les étoiles d’Orion, Cluny 1095
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/30/les-etoiles-dorion/

Drame, Noir, Philosophique

Presque le silence

de Julie Estève
Broché – 12 janvier 2022
Éditeur : Stock

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« Les mots m’étranglent. J’ai mal : tête, ventre, tout le temps. Je suis un calvaire de treize ans, un mètre cinquante, quarante kilos qui se brisent. Je ne ressemble à rien sinon à une laideur bizarre. Ce n’est pas avec cette gueule-là que je vais pécho Camille Leygues. Il est dans ma classe cette année et il me déteste, comme tout le monde. »

Cassandre est rousse, frisée et haïe des autres enfants. On l’appelle le Caniche. Elle aime Camille, un garçon très beau et fou de chevaux. Un jour, elle se rend chez un voyant pour connaître son avenir. Mais la séance tourne mal. Le cartomancien lui révèle cinq prophéties terrifiantes qui ne cesseront, au cours de sa vie, de la hanter.

Presque le silence raconte la vie d’une femme en dix chapitres, de son enfance à sa mort. Une vie qui traverse dix grandes pertes, l’amour fou et les deuils. Une vie mêlée au sort des hommes, des animaux et des arbres où les tourments de l’âme sont les miroirs de l’effondrement du monde.

 

2022_011_Estève Julie - Presque le silence

 

J’ai entamé le roman ce matin dans les transports pour me rendre sur mon lieu de travail. Très vite, il a fallu que je m’arrête. Je ne comprenais rien à ce que je lisais… Ça me semblait brouillon, trop de tout, trop à la fois !
J’ai tout stoppé et j’ai repris le récit depuis le début, plus doucement, j’articulais alors, les phrases avec mon esprit, plutôt que de les lire dans la tête…

Et là, tout a changé.
Le livre s’est ouvert à moi comme par magie et j’y ai découvert une nouvelle Julie !

Comme je suis heureux d’avoir insisté. Il s’est passé quelque chose durant ma lecture. Ce style surprenant qui m’a bousculé au départ, finalement, je l’ai adoré et surtout, il se justifie pour cette histoire très forte en émotions… Julie a utilisé un style très atypique que je n’avais jamais eu l’occasion de lire, d’ailleurs peut-être, l’a-t-elle créé ?

À quel moment, un roman se transforme-t-il en œuvre ?
Voilà la question que je me suis posé finalement en cours de lecture !

Presque le silence, quel titre !
Dès que j’ai entendu parler de sa sortie, je savais que j’allais le lire, et c’est vraiment le titre qui m’a “appelé”.
Je m’attendais à un roman doux, un roman sage… Le silence…

Mais le “Presque” s’est glissé au début du roman. C’est lui qui dirigera, c’est lui qui déterminera le futur du récit, et quel récit !

Cassandre est rousse. Elle est frisée aussi, donc naturellement haïe par tous les autres enfants.
On se moque d’elle, on la bouscule dans la cour de récréation, dans les escaliers, elle subira le pire durant toute son enfance…
Elle consulte un cartomancien qui, lui révèle cinq prophéties terrifiantes qui ne cesseront, au cours de sa vie, de la hanter.
L’adolescence lui amènera d’autres problèmes avant d’appréhender ceux de sa vie d’adulte. Tout ne sera que doute et peur…

Comment Cassandre, un être si sensible peut-elle survivre à tout ça ?
Elle qui ne cherchait qu’à être aimée pour pouvoir aimer à son tour…

Elle ne cessera, mais en vain, d’essayer de dévier de cette malédiction qui pèse sur ses frêles épaules… et se battra ainsi seule contre tous, jusqu’au final du roman qui m’a pris les tripes et le cœur.
Chaque phrase est un frisson, chaque mot vous enlisera dans les tourments de votre âme, chaque point n’est là que pour mieux faire jaillir la phrase suivante, telle une boucle infernale choisie par l’auteure, qui va même jusqu’à réduire ses chapitres à la plus simple expression.
À certains moments, j’ai même imaginé Julie envoûtée, souffrant d’une tachypsychie “écrite” !
Mais il sera trop tard, vous ne pourrez plus poser votre roman, toutes les images seront dans votre esprit, et vous n’aurez que le choix d’aller jusqu’au bout, mais je vous aurez prévenu… “Presque” domine tout le récit !

Alors, plus j’avançais, plus j’avais envie de me boucher les oreilles. Julie se sert de sa puissance romanesque comme une symphonie qui va crescendo, jouant avec le monde entier, les animaux, la nature, tous les êtres humains…
Jusqu’au silence tellement attendu…

Et si Cassandre était simplement une “part” de chacun d’entre nous ?

ÉNORME COUP DE CŒUR pour ce roman très sombre, il est vrai.
Mais à travers toute cette noirceur, j’ai vu une lumière pleine d’amour et de tendresse…

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Extraits :

« Ça a commencé dans les forêts tropicales et les mangroves en Guyane. Des œufs. Des tas d’œufs. Ils étaient des millions, des montagnes. Les œufs sont devenus des chenilles moches qui ont mangé les feuilles des arbres dont les palétuviers des marais. Leur abdomen était gonflé, leurs poils épais, elles avaient trois paires de pattes.
Pendant des kilomètres, la forêt fut recouverte de ces choses. Elle fut dévorée. La forêt : des troncs et des branches vides.
Un jour, les chenilles se sont changées en papillon de nuit, trapus, triangulaires. Ils étaient jaune et marron. Au crépuscule, ils ont volé vers les villes. »

« Chaque matin depuis deux mois, je me réveille amnésique. Pendant quelques secondes magnifiques, ma mère n’est pas malade, puis tout se casse la gueule et je tombe dans un trou grand, profond et noir. L’angoisse colle au cul de ma raison. Je ressasse la phrase du voyant, ”ta mère va mourir“. Je suis coincée dans cette phrase. Je réfléchis à l’envers. Je me remets à prier les dieux. Je les supplie de sauver ma mère. De tromper le destin, de changer les cartes. J’en suis là, débile, noyée dans l’absurdité. »

« J’ai 35 ans, je suis enceinte. Je l’annonce à Camille un matin sans soleil. Un sourire dérègle son visage. Je ne reconnais pas ses traits. L’ensemble est dévoré par une joie qui a l’air de la peur. Il m’entoure de ses bras. Pose son front contre le mien. Quitte le lit et s’en va sur le dos de Zambia. Il revient cinq heures après, épuisé, la tête remplie de deuils et d’avenir.
De mon côté, je pleure avec un fœtus dans le ventre. Je déverse sur les draps des larmes inquiètes. Je suis à la fois un horizon et un clapier. Quelque chose meurt en moi pendant qu’un être devient. Je ne serai plus jamais une enfant, la vie qui loge en bas me retire ma couronne. Je laisse à ce fœtus toute la place. J’ai tant besoin de ma mère. Des mots, des mains de ma mère. »

« Je survis grâce à l’amour, aux lettres que Camille m’écrit chaque semaine. Elles me raniment. Je vous ai montré les cœurs de mon fils au bas des pages ? Dans l’enveloppe, ils mettent toujours un peu de ma terre rouge. Je la lèche, vous savez, ça me remplit. »

 

 

Titulaire d’un DEA d’Histoire de l’Art à l’Université Paris IV-Sorbonne (2004), Julie Estève est journaliste spécialiste d’art contemporain.

Elle est auteur de catalogues d’exposition, de contes pour enfants.

Presque le silence est le troisième roman de Julie Estève. Ses deux précédents livres, Moro-sphinx (Stock, 2016) et Simple (Stock, 2018), ont été très remarqués par la presse.

Facebook : https://www.facebook.com/esteve.julie

Émotion, Philosophique, Témoignage

Après…

Quand l’au-delà nous fait signe
de Stéphane Allix
Broché – 26 septembre 2018
Éditeur : Albin Michel

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« Plus d’un quart des personnes en deuil font l’expérience de formes diverses de communication spontanées après la mort d’un proche. Signes, messages, apparitions… il ne s’agit pas d’anecdotes rares ou suspectes, mais d’une réalité quotidienne et indiscutable vécue par plus de deux-cent mille personnes par an, rien qu’en France.

Il n’est pas possible de réduire une telle quantité de témoignages à de simples hallucinations. Après Le Test, ces récits constituent une nouvelle preuve que la vie se poursuit après la mort. Ce n’est pas une croyance mais une déduction scientifique. Je suis journaliste. Celles et ceux que l’on a aimé poursuivent leur existence dans l’au-delà. Ils sont vivants, et tentent de nous faire signe.

Écouter ces témoignages permet de comprendre quelle forme d’existence nous attend après notre décès. Où se trouvent nos proches défunts ? Que font-ils ? Ont-ils toutes les réponses ? Qu’advient-il au moment de la mort ? Peut-on s’y préparer ? À ces interrogations pressantes, il est désormais possible de répondre. À travers ces incroyables témoignages, je vous propose de découvrir ce qu’il advient après…

On demande des preuves, elles sont devant nos yeux. »

 

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Ce livre est chez moi depuis plusieurs années.
Qu’est-ce qui a fait que je ne l’ai pris qu’hier et pas avant ?

Je venais juste de terminer “Les étoiles d’Orion” de Brice Nadin, et m’apprêtais à commencer “Sœurs de sable” de Stéphane Heaume, pour notre dîner Littéraire mensuel, du Cercle de Maffliers, qui aura lieu vendredi prochain.

Alors, pourquoi avoir changé le livre prévu ?

Je travaillais seul dans mon bureau, quand soudain ! Boum !!!

J’entends un bruit dans mon dos… Je me retourne, et là, un livre, au milieu de la pièce, tombé “soudain” de ma bibliothèque !
Je pense d’abord à une blague. Je monte… ma femme discute dans le salon avec un ami. Personne d’autre à la maison ! Je redescends, et prends le livre entre mes mains, et lis la quatrième de couverture… Après le roman que je venais de terminer qui traite entre-autre de personnes qui ont vécu une expérience de mort imminente, j’y ai alors vu comme un signe… J’ai décidé de le lire de suite.

Après… Quand l’au-delà nous fait signe”, n’est pas un roman, vous l’aurez compris. C’est un recueil de témoignages de diverses personnes qui ont vécu des démonstrations, après le décès d’un proche, l’âme du défunt tente de leur envoyer des signaux, d’entrer en contact avec eux.

Tout d’abord, ce livre n’est pas adressé aux septiques, ni a ceux qui n’ont pas un minimum de foi. Le livre repose sur des histoires de vie, des histoires du quotidien, qui pourront paraître incroyables parfois, mais tellement belles et captivantes… Alors oui, j’ai trouvé que c’était un beau livre. Je ne connaissais pas l’auteur, mais son discourt est clair et les témoignages qu’il a reçu, peuvent j’en suis, sûr aider les gens qui vivent des deuils compliqués.

J’ai appris beaucoup de choses venant de ces témoins qui sont des Madames et Monsieurs “tout le monde”. Ici, personne ne vient de milieux spirituels ou similaires, pas de magie, ni de gourou. La parole est donnée à nos voisins, nos amis, nos parents, à nos enfants aussi.

Merci Stéphane Allix, pour cette “ouverture” que vous nous proposez, votre volonté de chercher toujours l’aspect le plus rationnel est régulièrement présent. Vos mots d’ordre ? Confiance et simplicité.
J’ai été transporté par toutes les réflexions qui émanent de ce livre et je n’aborderai plus jamais le sujet de la même façon… Effectivement, difficile de réfuter en bloc l’existence d’un “au-delà” quelque part, après cette lecture émouvante et abordé toujours avec tact et délicatesse.

Je recommande à tout ceux qui sont curieux et qui se posent, “La question” de l’Après…

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Extraits :

« Car la loi Leonetti permet en effet notamment une prise en charge de la douleur et des autres symptômes de fin de vie, la mise en œuvre de soins palliatifs à l’hôpital ou à domicile. Elle condamne sans équivoque l’acharnement thérapeutique est accorde le droit au patient de refuser un traitement ou des examens complémentaires s’il les estimes inutiles. Elle offre enfin la possibilité d’une sédation profonde et continue, jusqu’au décès pour les malades en phase terminale, dans le cas de souffrances insupportables, tant physiques que psychologiques. »

« Quelques semaines avant son décès, je rends visite à mon père. Je le trouve dans son atelier baigné dans un froid soleil de printemps. La forêt s’éveille, les oiseaux s’affairent avec enthousiasme et sillonnent le ciel, plein de projets. Le vent agite le cime des pins.
Il règne dans la pièce une chaleur étouffante. Chauffage poussé à fond le corps frêle de mon père est fragile. Occupé à écrire, il redresse la tête et me sourit. Les tableaux sont entreposés dans chaque coin de l’atelier. Tout autour de lui, dans ses yeux, ses paysages de l’esprit. Fruit d’une vie de peintre. Les étagères sont garnie de milliers de pages de centaines de livres. Sur sa table entre les petits papiers à noter de sa plume épaisse, les pinceaux et les objets qu’il prend plaisir à toucher, un volume de la Pleiades : Platon, œuvres complètes, volume 1. »

« La réalité de l’au-delà est semblable au monde des rêves. Les « nouveaux morts » traversent par moment des états dans lesquels il est difficile de s’accrocher à la moindre chose solide. Identité, lieu, situation… Tout a l’air de se dissoudre continuellement et les pensées s’évaporent les unes après les autres sans plus laisser aucune trace, comme dans un rêve. Mais à d’autres instants, et même très rapidement après leur décès, ils semblent tout aussi en mesure de se faire connaître en étant conscient de leur nouvel état, calme, lucide, heureux, à l’image d’un rêve, où l’on passe parfois par des états émotionnels très divers en une fraction de seconde… »

« Être père. Moi qui viens de perdre le mien. Chaque minute avec ma fille est source de bonheur et conforte la vision que j’ai de ce rôle. Guider plutôt que commander. Accompagner, écouter, faire confiance, toujours, sans jamais faillir. Éveillez la force, encourager l’autonomie, l’esprit d’indépendance. Apprendre, transmettre les valeurs essentielles, respect et espérance. »

 

 

Reporter de guerre pendant plus de quinze ans, Stéphane Allix a brusquement changé de voie après un événement bouleversant : la mort de son frère, au printemps 2001. Depuis, il explore les mystères de la conscience et de la mort.

Concepteur et animateur des documentaires Enquêtes extraordinaires sur M6, fondateur de l’INREES (Institut de Recherches sur les Expériences Extraordinaires), fondateur et directeur de la rédaction du magazine Inexploré, Stéphane Allix accompagne le développement de l’INREES tout en poursuivant sa carrière d’écrivain.

Reporter de guerre pendant plus de quinze ans, Stéphane Allix a brusquement changé de voie après un événement bouleversant : la mort de son frère, au printemps 2001. Depuis, il explore les mystères de la conscience et de la mort.

Concepteur et animateur des documentaires Enquêtes extraordinaires sur M6, fondateur de l’INREES (Institut de Recherches sur les Expériences Extraordinaires), fondateur et directeur de la rédaction du magazine Inexploré, Stéphane Allix accompagne le développement de l’INREES tout en poursuivant sa carrière d’écrivain.

Il, applique des méthodes d’enquête rigoureuses pour explorer avec sérieux des phénomènes inexpliqués. Son précédent livre, Le Test et Après…, parus aux éditions Albin Michel, ont été des best-sellers acclamés aussi bien par les lecteurs et les libraires que par la presse.

Émotion, Historique, Philosophique

Les étoiles d’Orion*

Cluny, 1095
de Brice Nadin
Broché – 27 septembre 2019
Éditeur : Librinova

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En 1095, en Bourgogne, à la veille de la première croisade, l’Occident chrétien est porté par une vague de foi sans précédent. Joachim de Saint Ange est un jeune moine copiste du prieuré de Beaulieu dépendant de la puissante abbaye de Cluny. Alors qu’il rêve de parcourir le monde et d’accompagner son maître Odon à la recherche de manuscrits anciens, ses origines nobles le destinent – contre sa volonté – à une carrière ecclésiastique au service du pape Urbain II. De la plus grande abbaye du monde chrétien aux sordides geôles de Mâcon, pris en étau entre son amour pour la fille d’un seigneur et l’opération armée la plus importante de son temps, Joachim va tenter d’échapper à sa destinée. Y parviendra-t-il ?

 

2022_008_ Nadin Brice - Les étoiles d'Orion

 

« C’est la troisième fois que j’ai ce Ressenti… Cette fois, c’est un peu différent. Je suis dans le noir. Je flotte dans une sorte de tunnel qui paraît ne jamais se terminer. Tout au bout, une lueur blanche m’appelle…
Je m’appelle Joachim de Saint-Ange, je naquis en Francie en 1078. Quand mon père trouva la mort, j’étais âgé de 11 ans. Suite à l’appel du pape Grégoire VII. Il s’était lancé comme de nombreux chevaliers chrétiens pour combattre et repousser les infidèles qui avaient envahis l’Espagne. Malheureusement, il est mort d’une flèche dans le coup. Alors, depuis six ans, je suis novice au prieuré de Beaulieu. Je reçois une formation de copiste et de traducteur grec. C’est mon maistre, Odon qui s’occupe de moi. Je me prépare à une carrière ecclésiastique au service de l’ordre bénédictin.

Je m’envole littéralement vers la lumière de plus en plus proche…
À travers le néant, j’entends une voix.
– Fils…
– Père ? Est-ce toi ?
– Fils… Écoute-moi bien, nous n’avons que peu de temps. Tu as subi une agression mortelle, la vie telle que tu l’as connue jusqu’ici va changer, tu dois te préparer… »

“Les étoiles d’Orion” de Brice Nadin, fait partie de ces romans qui me font “décrocher”. Je ne suis plus là pour personne, j’oublie le temps, j’oublie qui je suis et pendant quelques heures, trop courtes à mon goût, je suis projeté à Cluny, pendant l’époque médiévale. La poussière, le bruit des sabots, les chevaliers, Brice m’a capturé par son style et son histoire passionnante, il a adapté son écriture à l’époque, tout est là…
Des descriptions avec moult détails, le monde ecclésiastique, et bien sûr le clergé qui a la main mise sur tous les courants de pensée.

De plus, le fait d’avoir intégré des “plans” de mort imminente, est pour moi, un vrai plus dans le récit, qui m’ont du coup, obligé à me poser pas mal de questions… Voire même, une véritable réflexion sur la mort, par un biais philosophique, dans un roman où Dieu est omniprésent… Pas mal du tout !
Les personnages sont très émouvants, l’histoire dépaysante et fort bien menée, un vrai plaisir.

Joachim est issu d’une famille riche. Il rêve de voyager à travers le monde, mais à la mort de son père, son statut l’obligera à entrer dans les ordres.
Mais, quelques années plus tard, sa rencontre avec la belle Alix, va remettre en question tout son avenir…

Amoureux de l’Histoire et de l’ésotérisme, je ne pouvais pas passer à côté de ce récit, lu d’une traite.

Une plume séduisante, un récit épique avec de belles envolées, que demander de plus.
Un premier roman de Brice, qui pour moi, laisse entrevoir un avenir bien prometteur !

Coup de cœur, pour ce roman que je vous conseille vivement !

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Extraits :

« Délaissant les bois et cheminant à flanc de pâturage, je guettais l’instant où j’apercevrais en contrebas les tours de la grande abbaye. Cluny, monastère aux dimensions peu communes situé à la frontière du Royaume et de l’Empire. Les pèlerins en provenance des plus lointaines contrées venaient y reprendre leur souffle avant de se diriger vers Conques, Rome ou Saint-Jacques. Après une longue descente, le gigantesque chœur et le transept en construction de la nouvelle église abbatiale nous apparurent enfin. Au gré de la pente, un véritable vaisseau prenait forme dans la plaine en contrebas. »

« Tel un spectre, j’avais traversé la grand-messe solennelle et j’errais depuis, la peur au ventre, à travers l’enceinte du cloître. La seule idée de croiser Odon ou Clément me terrorisait. Qu’allais-je pouvoir leur dire ? Comment narrer l’inexprimable ? Il m’avait fallu peu de temps pour comprendre que j’avais pêché par vanité. Le grand prieur m’avait appâté avec un poste que j’avais eu la lâcheté d’accepter tout en discréditant subtilement mon maître. Je n’avais pas pu m’opposer à lui. Je n’avais pas su trouver les mots pour défendre mon maître. J’avais laissé cet homme le dénigrer et m’imposer sa volonté. »

« – Urbain entrera assurément dans l’histoire pour cela ! rétorqua Odon. Mais ne compte pas sur moi pour cautionner cette funeste entreprise, qui causera tellement de ravages qu’on en parlera encore dans mille ans…
– Tu oublies que ce sont des païens qui martyrisent les chrétiens et nos pèlerins sur place. Et toi, tu préfères rester ici, bras croisés, sans rien faire ?
– Ne confonds pas le comportement de quelques califes fanatiques et excités avec celui des populations innocentes. Leur dieu porte un nom différent du nôtre, cela est vrai, mais cela ne nous donne pas le droit de massacrer au nom du Christ. Et nos chevaliers, que tu envoies à la mort. Te soucies-tu de leur famille, de leurs femmes, enfants, dont tu feras des veuves et des orphelins ? »

« Gardez toujours en tête que, quoi qu’il advienne, nos petits-enfants, nous considérerons toujours comme des arriérés ou des idiots… Toutes ces choses, qui nous paraissent aujourd’hui fantastiques ou irréelles, seront demain des faits indiscutables à leurs yeux… »

 

 

Brice Nadin est né en 1967 à Saint-Germain-en-Laye. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Consultant en nouvelles technologies, entrepreneur et père de trois enfants, il a eu d’autres vies avant de devenir romancier.

Passionné d’histoire et d’ésotérisme, en 2019, il publie son premier ouvrage, les étoiles d’Orion, Cluny 1095, en auto-édition. Porté par une atmosphère médiévale fidèlement reconstituée, matinée d’un peu de surnaturel, le roman séduit plus de 4 000 lecteurs et se classe plusieurs fois en tête des ventes de romans historiques sur la boutique Kindle. Il est aussi « coup de cœur » dans de nombreuses librairies telles que La Procure ou Lamartine à Paris. Le tome 2, Mare Nostrum, reprend les mêmes personnages attachants pour les conduire cette fois dans un périple autour de la Méditerranée, à la veille de la première croisade. Il est paru en octobre 2021.

Philosophique, Suspense

Dykhotomia

De Didier Curel
Broché – 19 octobre 2021
Éditions : LA TRACE

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Est-ce que je suis à l’aise dans le costume que je me suis taillé ? Ce double jeu je l’ai mis en place, je m’y suis enfoncé de façon imperceptible, avec lenteur sans même m’en rendre compte. Une rencontre en entrainant une autre, un mensonge suivant l’autre, je suis l’acteur d’une vie qui pourrait ou devrait ne pas être la mienne. Pour me créer et conserver mon statut d’homme incontournable, j’ai appris, au fil des années, à utiliser les atouts des uns et les faiblesses des autres à mon profit. On croit que la vie est simple, qu’elle est unique, mais si nous savions lire au fond des yeux de nos semblables nous verrions qu’elle est multiple et qu’elle renferme des secrets inavouables. Alors la vraie vie de chacun se dévoilerait au grand jour. Je parle ainsi aujourd’hui, avec le recul de l’aventure que je viens de vivre, mais à ce moment-là, rien de tout cela ne m’effleurait l’esprit.

 

2021_090_Curel Didier - Dykothomia

 

Merci aux Éditions “La Trace” pour cette belle découverte…

– Avez-vous le sentiment de maîtriser votre vie ?
Voilà bien une question que ne s’était jamais posé Frank M. jusqu’à l’âge de trente-trois ans. Pour lui, il était tout simplement le roi des rois, l’acteur qui avait décroché le trophée du meilleur acteur de la décennie…

Mais un matin, tout bascule. Frank se retrouve dans la peau d’un SDF crasseux, dormant sur des cartons vivant tant bien que mal, sa vie depuis huit ans. Petit à petit il va se perdre entre deux vies, deux existences qu’il a vraiment vécue. Son esprit balloté d’un “monde à l’autre” perd petit à petit ses repères.
Qu’elle aurait été notre vie si nous avions pris des décisions différentes tout au long de celle-ci ?

Petit “bombe” littéraire que je n’ai pas vu venir !

“Dykhotomia” est un récit philosophique moderne et troublant, avec de nombreuses facettes. Un récit qui appuie là où ça fait mal. L’auteur nous lance des signaux. Il faut profiter du temps présent, sans chercher à nuire aux autres. Ne jamais se croire invincible, car on peut tout perdre du jour au lendemain.
C’est bien écrit, rythmé, parfois drôle, mais surtout très angoissant…
Perdre “sa vie” du jour au lendemain. Ne plus être reconnu. Tout le monde vous regarde comme si vous étiez fou. Quelle horreur…

J’ai passé un excellent moment de lecture, mais un peu court à mon goût. Avec un final tout en bienveillance…
Un livre que je conseillerai volontiers à tout ceux qui se sentent un peu perdu… Car rien n’est jamais perdu. Il y a toujours un moment où la force de se relever reprend finalement le dessus.
Malgré un coté très sombre, “Dykothomia” s’est révélé pour moi être une belle lumière dans la nuit.

À lire !!!

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Extraits :

« On loue une chambre d’hôtel. Louis se remet à neuf, ça prend un moment, y a du boulot. Allongé sur un des lits, je zappe la télé. Infos, infos, et encore infos, jeu à la con, reportage aussi instructif que chiant sur les animaux, vieux film, jeu encore plus con, y a vraiment de tout à la télé. Avant de l’éteindre, je lui accorde une dernière chance. J’ai bien fait, je suis à la télé. Enfin, pas moi, celui qui se prend pour moi. Il parle bien, aussi bien que moi. Il passe bien à l’écran, mieux que moi peut-être. »

« Vous savez, il existe des théories qui prétendent que la vie n’existe pas, qu’elle n’est qu’un rêve, fruit l’imagination, de pensée. Imaginez alors que vous viviez autant de vies que vous pouvez en rêver, en pensez. Ce serait fabuleux si c’était le cas et surtout si nous avions le maîtriser, non ? »

« Le temps est-il palpable ? Peut-on le matérialiser autrement que par le truchement de l’expression humaine ? Le soleil qui se lève et qui se couche n’est rien d’autre qu’une interprétation du temps, mais pas une matérialisation. Le temps n’est pas matière, il est abstrait, impalpable, invisible. Les rides sur un visage sont-elles le temps où l’expression du temps. »

 

 

Didier Curel, Vauclusien de 55 ans a grandi au cœur du Luberon. De là, il est intrigué très tôt par les raisons de l’existence, avec une question encore inexpliquée : Pourquoi suis-je là ? Ses introspections sur la vie le conduisent à l’écriture, art qui le passionne et lui permet de se découvrir et de s’interroger sur l’importance des interactions entre les humains.

Émotion, Drame, Humour, Philosophique

Tout le bleu du ciel

de Mélissa Da Costa
Poche – 12 février 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

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Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Un livre aux dialogues impeccables et aux personnages touchants d’humanité. Psychologies magazine

Bouleversant.
Version femina

 

2021_070_da Costa Mélissa - tout le bleu du ciel

 

Je viens de passer mes quatre derniers jours entre rires et larmes…
Quel superbe roman…

C’est le second roman de Melissa que je lis en quelques temps et tous les deux m’ont bouleversés !

“Tout le bleu du ciel” est un roman magnifique, aussi triste que drôle et beau, malgré les sujets traités, la maladie, l’amour, l’autisme, la vieillesse et le deuil. C’est une histoire lumineuse pleine de vie.

Émile, a vingt-six ans lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une forme précoce de la maladie de Alzheimer.
On lui donne deux ans de vie au maximum avec tout ce que cela impliquera, sénilité précoce, il oubliera petit à petit tout ce qui le lie à sa famille à ses proches, les noms des choses et des personnes, ce qu’il faisait la veille, le risque de se perdre à chaque instant, bref, tout son vécu au fur et à mesure.
Il refuse de rester cloué sur un lit d’hôpital durant toutes ses journées à attendre la fin.
Sa famille par contre souhaiterait le remettre entre les mains d’un hôpital, en le faisant participer à un essai clinique.
Tout va trop vite pour lui désormais…

Alors, il décide de tout plaquer, pour voyager dans des endroits qu’il n’a encore jamais vu. Il publie une petite annonce, comme on lance une bouteille à la mer, à la recherche d’un compagnon de route pour la dernière ligne droite de sa vie à travers la France.
Surpris, c’est une femme qui répondra à son annonce, Joanne. On comprendra très vite qu’elle aussi a un passif qui lui pèse sur les épaules. Emile aura un peu de mal à la cerner, ses silences qui meubles des journées complètes, ses habits noirs et son chapeau !
Puis petit à petit… la découverte de l’inconnu, la Liberté, la mer, la forêt, les montagnes, ils vont en pendre plein les yeux et nous aussi. Ensemble ils vont rire, pleurer, oublier, se rappeler, et surtout se soutenir, pour finalement se débarrasser de tout ce qui pèse sur eux, afin d’aller à l’essentiel.

Mélissa m’a vraiment mené très loin dans ce parcours introspectif, elle a traité de sujets grave avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Evidement je me suis attaché à Émile et Joanne et j’aurai voulu poursuivre mon chemin avec eux, mais laissons-les maintenant vivre leur “vie”, raviver leurs souvenirs afin accepter l’inéluctable.

Vous ne me voyez pas, mais peut-être ressentirez-vous mes yeux rougis à travers ses quelques mots.
C’est une histoire prenante, belle où la nature prend une place qui grandit avec la lecture.

Et avec ça un final que je n’ai pas vu arriver, Magnifique !!!
Je ne regarderai plus le ciel, les montagnes et la mer de la même façon.

Un très beau coup de cœur…

Dites les auteurs !
Il va falloir vous calmer un peu… Si tous les romans qui me restent à lire sont dans cette esprit, moi aussi je vais finir par partir sur les routes, de villes en villes et profiter de la liberté…

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Extraits :

« Ils rient à n’en plus pouvoir pendant deux, trois minutes, peut-être quatre, sans s’arrêter, sans réussir à reprendre leur souffle. Ils rient à en avoir la gorge brûlée, les yeux remplis de larmes, ils rient à finir par terre, à genoux, parce qu’ils ne tiennent plus debout. Bon sang, songe Émile quand il parvient enfin à reprendre son souffle, ça, c’est la meilleure thérapie du monde. »

« Ils marchent avec une lenteur infinie. Leurs pas laissent des empreintes dans la neige fraiche. Ils avancent, avec l’impression de n’être pas plus réels que le paysage, de n’être que deux mirages. » « Il a de la chance de faire ce voyage. Quelque part, il a de la chance de savoir qu’il va mourir très bientôt. Sans ça il n’aurait jamais pris le temps de partir, de voyager au cœur de lui-même, de voir les choses avec de nouveaux yeux. »

« Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient. »

« Il faut prendre garde.
– À quoi ?
– À ne pas s’endormir dans sa vie. »

 

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.

Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

« Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade » (2017), sortie en librairie sous le titre « Tout le bleu du ciel » (2019), est son premier roman. Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.

page Facebook :
https://www.facebook.com/M%C3%A9lissa-Da-Costa-Auteure-494686537718514/

Émotion, Philosophique

Ma reine

de Jean-Baptiste Andrea
Poche – 7 février 2019
Éditeur : Folio

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« Grâce à Viviane j’étais devenu immense, j’avais touché le ciel d’une main et la terre de l’autre. Le monde avait retrouvé sa reine et c’était grâce à moi ».

Eté 1965. Shell s’enfuit de la station-service où il a grandi avec ses parents. Sur le plateau qui surplombe la vallée de l’Asse, seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Une fille, comme un souffle, vient à sa rencontre. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai. Dans l’univers fulgurant de Viviane, Shell ne se sent plus différent. Alors par jeu, par amour, il lui obéit, sans s’apercevoir que son dévouement le conduit bien au-delà de ce qu’il avait imaginé.

 

2021_068_Andrea Jean-Baptiste - Ma reine

 

Ce roman qui se lit à la première personne commence tout simplement. Il nous raconte la vie d’un jeune garçon, “Shell”, un enfant pas comme les autres enfants. Hésitant, naïf, maladroit et sincère, maîtrisant mal le langage, il est malmené par la vie, par les autres qui l’entourent à l’école et même par ses parents…

Dès lors, il s’adapte comme il peut à cette vie misérable. Alors, un jour, suite à une conversion avec ses parents, il décide de quitter l’école, de partir de chez lui, pour aller “à la guerre”, dans les Alpes de Haute-Provence.
Sur le chemin vers cette guerre, il fera la rencontre de Viviane, qu’il va tout de suite apprécier. Viviane, est aussi est différente, c’est une fée. Et surtout elle ne fait pas de différences avec lui, comme les autres le font habituellement. Avec elle il peut se sentir normal, même s’il est conscient de sa différence.
Entre eux, un “drôle” de jeu va se mettre en place, elle sera Sa Reine, Il devra lui Obéir. Sa rencontre va complètement changer sa vie, sa perception des choses et même le transformer.
C’est à ce moment-là que le roman a pris un envol différent et que je suis devenu captif du récit, jusqu’à ce qu’il me devienne impossible de m’en détacher.
Comme j’aurai aimer faire durer ces instants et protéger la candeur de Shell de l’inévitable retour à la réalité !

Avec ce premier roman, court et poétique, beau et cruel à la fois, Jean-Baptiste Andrea m’a entraîné avec beaucoup de sensibilité dans “un monde” où les difficultés du handicap mental sont omniprésents… Difficile de ne pas être séduit par Shell, ce jeune garçon candide qui porte un regard tendre et innocent sur le monde et les êtres qui l’entourent.

Un beau roman qui parle de différence, d’enfance, d’amitié et de jeux d’enfants bien sûr… Mais les jeux d’enfants peuvent être parfois bien dangereux…
Au travers de ces pages, la douceur fait place, la justesse aussi, et surtout la simplicité de cette belle histoire.

Un roman tout aussi léger que triste.
Touchant, sensible, poétique et intelligent…
Gros coup de cœur que je vous conseille vivement !

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Extraits :

« On ne se parlait pas chez nous, on s’était déjà tout dit. »

« Quand Viviane arrivait, je sentais bon le savon et j’étais prêt à faire ce qu’elle voulait. Elle inventait un nouveau jeu presque chaque jour. Je n’avais jamais joué avec quelqu’un avant… »

« Je n’arrivais pas à dire quelque chose parce que ça prenait trop de place dans ma tête et que ça ne passait pas par ma bouche. »

« Je tombais, je tombais et j’avais oublié pourquoi. C’était comme si j’étais toujours tombé. Des étoiles passaient au-dessus de ma tête, sous mes pieds, autour de moi, je moulinais pour m’y raccrocher mais je n’attrapais que du vide. Je tourbillonnais dans un grand souffle d’air mouillé.
Je brûlais de vitesse, le vent hurlait entre mes doigts; j’ai repensé à l’époque où on courait le cent mètres à l’école, les seules fois où les autres ne se moquaient pas de moi. Avec mes gardes jambes, je les battais tous. Sauf que là, mes grandes jambes ne servaient à rien. Elles tombaient elles aussi comme des imbéciles. »

« C’est un reflet qui a attiré mon attention. J’avais une mouche sur l’œil, je l’ai chassée et j’ai rampé pour aller voir. Derrière un éboulis, il y avait un sac à dos en toile avec des boucles en métal. Le métal était chaud. J’ai mis du temps à l’ouvrir avec mes doigts gonflés et quand j’ai vu ce qu’il y avait dedans, j’ai pleuré des larmes sèches, c’est pour ça que ça ne compte pas comme si j’avais vraiment pleuré.
Dedans il y avait une lettre, trois boîtes de lentilles et un ouvre-boîte. Sur la lettre il y avait mon nom, enfin il y avait Shell. La faim était loin derrière moi, alors j’ai d’abord ouvert la lettre. Viviane avait une belle écriture penchée qui fonçait dans ce qu’elle racontait. Mais c’était trop compliqué pour moi, surtout dans mon état, les mots sautaient, les lettres tournoyaient. »

 

 

Jean-Baptiste Andrea, né le 4 avril 1971 à Saint-Germain-en-Laye, est un écrivain, scénariste et réalisateur français.

Il grandit à Cannes, où il est élève de l’Institut Stanislas et fait ses premières expériences de scène, d’écriture et de réalisation.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’ESCP, il écrit ses premiers films en anglais et reçoit plusieurs prix pour son film Dead End réalisé avec Fabrice Canepa.

Son premier roman, “Ma reine”, reçoit entre autres le prix Femina des lycéens, le prix du premier roman, le prix Alain-Fournier, le prix de la Fondation Jacqueline de Romilly.

Son troisième roman, “Des diables et des saints” (éditions de l’Iconoclaste), reçoit en mars 2021 le Grand prix RTL-Lire, et en mai 2021 le prix Ouest-France/Étonnants Voyageurs.

Fantastique, Histoire, Philosophique, Suspense

Le Secret ottoman

de Raymond Khoury
Broché – 12 mars 2020
Éditeur : Éditions de Noyelles

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Une uchronie redoutablement efficace, par l’auteur du Dernier Templier.

Istanbul, 1682 : Mehmed IV, sultan de l’Empire ottoman, s’apprête à lancer le second siège de Vienne, alors capitale du Saint-Empire romain, quand un mystérieux visiteur s’introduit dans sa chambre. L’homme, couvert d’étranges tatouages, déclare au souverain pouvoir l’aider à mener à bien ses rêves de conquête…

Paris, 2017 : Un drapeau rouge et blanc flotte sur la ville depuis qu’elle est tombée sous le joug des Ottomans pendant le règne de Louis XIV. Le vendredi est un jour de repos et la langue officielle, le turc. La dynastie au pouvoir, qui a régné avec sérénité pendant des siècles, vit cependant des moments difficiles. L’islamisme radical est devenu une menace.

Kamal en sait quelque chose, lui qui traque les dissidents au sein de la police du sultan. Nisrine, sa belle-soeur, dont il est amoureux dans l’ombre, est quant à elle une avocate opposée au régime. Sa mission met bientôt Kamal sur la piste d’un patient soigné par son frère et qui prétend venir du passé. Mais lorsque les autorités veulent l’interroger, les choses tournent mal. S’ensuit une course-poursuite effrénée dont l’enjeu est un secret enfoui dans la nuit des temps. Un secret qui pourrait, une fois de plus, modifier le cours de l’Histoire…

 

2021_050_KHOURY Raymond - Le Secret ottoman

 

Connaissez-vous Raymond Khoury ?

Il fait parti de ses auteurs qui ont une place privilégiée dans ma bibliothèque.
Ses romans, pour la plupart historiques, voire ésotériques, sont toujours très bien documentés, toujours beaucoup de rythme et de suspense avec des retournements de situations incroyables. À ce jour, j’ai lu tous ses romans.

Pour “Le Secret ottoman”, l’auteur a choisi de nous faire voyager autrement et c’est tant mieux pour nous !

En effet, ce thriller majestueux de 600 pages m’a emporté dans un véritable voyage temporel avec l’Histoire…
Raymond nous avait habitué dans ses romans souvent axés autour des Templiers, à des lectures imaginaires et prenantes, mais ici, il nous propose une uchronie où vous ne reconnaîtrez pas le Paris de nos jours !

Paris 2017.
La ville est sous domination ottomane. Les monuments sont des mosquées et la langue officielle est le turc. Le sultan Abdülhamid III, véritable tyran qui gouverne la ville avec autoritarisme en décapitant les islamistes radicaux qui cherchent à attenter au pouvoir mis en place en orchestrant des attentats.

Istanbul 1682.
Mehmed IV le sultan de l’Empire Ottoman s’apprête à assiéger Vienne la capitale du saint-empire romain.
Un mystérieux visiteur s’introduit dans sa chambre. Un homme rempli de tatouages qui va lui proposer son aide…

Voyager sans le temps et l’histoire, voilà le thème de ce roman qui m’a fait voyager !
Avec une belle aventure qui m’a aussi suscité de nombreuses interrogations philosophiques…
Les personnages sont aussi très attachants et l’intrigue est telle que j’ai eu du mal à lâcher le livre.

Je suis passé ainsi de “notre” monde à un monde “parallèle”, où l’empire ottoman, de nos jours, règne sur pratiquement toute l’Europe, où l’Amérique est exclusivement blanche et chrétienne, où un tzar gouverne la Russie, grand défenseur des chrétiens orthodoxes.
Les coutumes ancestrales côtoient la modernité et la lutte des femmes pour leurs droits et leurs indépendances à complètement disparue. Ce roman fourmille de renseignements et d’anecdotes historiques qui m’ont permis de constater le travail énorme de recherches fourni par l’auteur.
Bien plus qu’un roman, c’est un cours d’histoire très enrichissant, entre démocratie et autoritarisme, la différence est bien subtile dans certains cas.

L’intensité du roman est telle que régulièrement j’avais l’impression d’être au cinéma !

“Le Secret ottoman”, un “Raymond Khoury” en pleine forme, que je vous conseille vivement…
Quel talent !

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Extraits :

« Ramazan réfléchit à la question dans le noir, et se dit qu’il lui fallait pousser plus loin son enquête. Les jambes lasses, il retourna à la salle de séjour et s’assit à la table basse devant son ordinateur, qu’il alluma. Il fit de nouveau défiler les photos des tatouages, de plus en plus interloqué. Il se demandait s’il était prudent de chercher des informations sur Internet avec Hafiza, le moteur de recherche contrôlée par l’État, le seul autorisé dans l’empire. L’étroite surveillance de ses sujets exercée par Abdülhamid s’appliquait aussi au Web, et seuls les sites approuvés par l’État étaient accessibles. Tout le reste était bloqué. »
…/…
« La seule chose qui comptait, c’était de gagner de l’argent, lâcha-t-il, animé par un mépris qui ne demandait qu’à s’exprimer. Peu importait comment on s’enrichissait, du moment qu’on ne se faisait pas prendre. Plus on était corrompu est sûr de soi, et plus on était admiré. Les dirigeants américains étaient tous des menteurs, des tricheurs, des vendus. On entrait en politique par intérêt, pour se remplir les poches et pour se gaver de pouvoir. Les banquiers et les industriels finançaient les élus pour qu’ils les aident à s’enrichir encore plus pendant que les pauvres devenaient de plus en plus pauvres. Ce pays se vantait d’être un grand défenseur des droits de L’homme tout en soutenant de dangereux dictateurs et en poussant à leur perte d’autres pays au nom du profit. »

 

 

Raymond Khoury est un scénariste et un romancier libanais d’origine assyrienne.

Sa famille quitte le Liban en 1975, au début de la guerre civile, pour s’installer aux États-Unis. Il étudie à Rye dans l’État de New York. De retour au Liban, il fait ses études d’architecture à l’Université Américaine de Beyrouth, dans l’espoir d’aider à la reconstruction de sa ville natale. Mais en 1984, la guerre s’intensifie et il est évacué vers Londres à bord d’un hélicoptère Chinook de l’armée américaine.

Il travaille à Londres dans un cabinet d’architecte, puis il s’inscrit à l’INSEAD, à Fontainebleau, pour obtenir un MBA en management. Revenu à Londres, où il vit actuellement, il fait une courte carrière dans la finance. Il y rencontre sa future épouse dont il aura deux filles.

Un banquier rencontré aux Bahamas et qui a des liens avec Hollywood lui suggère d’écrire des scénarios. C’est ainsi que Raymond Khoury va travailler en 2002 à l’écriture de la série américaine « Dinotopia », puis en 2004 et 2006 de la série britannique « MI-5 », qui remporte un grand succès international.

Son premier thriller historique, « Le Dernier Templier » (« The Last Templar »), d’abord refusé en 1996 par un éditeur américain, est publié en 2005 .

Best-seller planétaire, vendu à plus de trois millions d’exemplaires, il sera adapté en 2009 en mini-série télévisée (« Le Dernier Templier »), interprétée notamment par Mira Sorvino et Omar Sharif.

Grand lecteur de bandes dessinée depuis toujours, Raymond Khoury se rapproche de cet art en adaptant ses propres romans. « Le dernier templier » est adapté en bande dessinée en 6 tomes (2009-2016) chez Dargaud.

« Eternalis » (« The Sanctuary », 2007), son deuxième roman, est également un best-seller mondial. De même pour son troisième roman, « Le signe » (« The Sign », 2009), et la suite tant attendue de son premier roman, « La Malédiction des Templiers » (« The Templar Salvation », 2010).