Émotion, Dystopie, Histoire, Philosophique

Le bâtard de Nazareth

de Metin Arditi
Broché – 2 juin 2021
Éditeur : Grasset

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Quelle a été la vraie vie de Jésus ?
À Nazareth, au début de notre ère, deux très jeunes enfants jouent dans la rue. “Mamzer” » lance l’un à son camarade. “Bâtard !”. Personne, dans le petit village de Nazareth, n’ignore que Marie a fauté avec un légionnaire romain. Elle est une fille-mère, rejetée et méprisée. Jésus comprend pourquoi, tout autant qu’elle, il sera à jamais exclu de sa communauté : telle est l’exigence de la loi juive à l’égard des bâtards.
Grandissant, Jésus n’a d’autre entreprise que de réformer cette règle d’exclusion. Jusqu’au jour où il rencontre un autre mamzer. Outre d’être un bâtard, Judas est laid, brillant, et révolutionnaire. Il a un plan. S’appuyant sur le beau, non moins brillant, et réformateur Jésus, il met en marche sa vengeance. Quelle est la part de sincérité, quelle est la part de calcul de ces deux jeunes hommes parcourant la Palestine avec un message d’inclusion ?
Un roman audacieux, étonnant, passionnant, qui réinterprète la vie de Jésus dans ses plus grands épisodes. Sa présentation aux docteurs de la loi, son sermon sur la Montagne, la multiplication des pains, les quarante jours dans le désert, tant d’autres moments de la culture religieuse universelle sont revisités à l’aune de l’inguérissable blessure d’enfance de Jésus et de sa relation aussi fructueuse que dangereuse avec Judas.

 

• Couv_2023-056_Arditi Metin - Le bâtard de Nazareth

 

Quelle a été la vraie vie de Jésus ?
Voilà le postulat de base de ce roman déstabilisant, mais surtout inventif.

Quel plaisir de tomber sur ce type d’ouvrage. Trouver un roman où l’auteur n’a pas peur de s’engager vers un terrain délicat, tout en offrant au lecteur une bonne réflexion sur la foi chrétienne et hébraïque.

Avec son titre qui peut paraître provocateur (tant que l’on n’a pas lu le récit), Metin Arditi construit un récit qui pourrait, pourquoi pas, être proche de la réalité !

J’ai toujours respecté la Religion et la Foi des gens, quelle qu’elle soit. Mais il ne doit pas être interdit d’en parler ou de se poser certaines questions. Pour le Catholique que je suis, j’ai été heureux de voir un Jésus “Humain” qui, enfant se pose nombre de questions et qui en grandissant, lutte pour l’égalité de tous, hommes et femmes, pauvres, malades, handicapés, déficients mentaux, etc. J’ai aimé ce Jésus qui a des convictions et refuse l’injustice inscrite dans les dogmes, et prônée par les rabbins. C’est un roman profond et très sensible, libre à nous de l’interpréter comme on le souhaite.

Certains passages choqueront sûrement, l’intervention telle qu’elle décrite de Judas est intéressante, une Marie très belle, pauvre en esprit, mais très gentille, abusée un jour par un soldat romain et qui lui vaudra de tomber enceinte, puis l’histoire d’amour vécu par Jésus et Marie de Magdala… une belle histoire d’amour.

Ce qui m’a plu, c’est l’amour avec un grand A, qui se dégage de cette histoire, l’amour de Jésus envers tous les siens. À aucun moment, je n’ai été choqué, au contraire, j’y ai vu un très bel hommage et une explication tout à fait convaincante du début du Christianisme, et que cela vienne justement de l’auteur Metin Arditi, juif d’origine turque est pour moi très intéressant !

J’ai adoré ce roman mêlant les réflexions et l’intimité de Jésus. Ne jugez ce livre pas avant de l’avoir lu. C’est une réinterprétation de la Religion, soit, mais c’est surtout un roman de paix et de bonté. En tant que juif, Jésus refuse tout simplement d’être un bâtard suite à une “faute” que n’a pas commis sa mère…

Coup de cœur pour moi, pour ce récit racontant la vie de l’enfant, de l’adolescent puis de l’homme qui s’opposa à l’injustice de certains écrits…

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Extraits :

« Six ans plus tôt, Joachim, le père de Marie, lui avait proposé de prendre sa fille pour épouse. De l’avis de tous, Marie était la plus belle enfant de Nazareth. À la façon qu’elle avait de poser le regard, les yeux en attente, on comprenait qu’il n’existait pas cœur plus tendre. De taille haute et de traits délicats, elle avait une grâce naturelle. Le bon Dieu l’avait voulu pauvre en esprit, mais, dans son immense bonté, il l’avait doté de mille qualités. Toujours attentive, elle faisait au mieux chaque tâche qui lui incombait. »

« Comme prévu, le garçon tenta de s’enfuir. Jésus le saisit par le poignet :
– Pourquoi dis-tu que je suis un mamzer ?
L’autre le regarda, apeuré.
– Réponds ou je te frappe ! hurla Jésus. Pourquoi dis-tu que je suis un mamzer ?
Samuel continua de rester coi, terrifié devant tant de rage. »

Une petite routine s’était installée. Jésus et lui s’asseyaient sous le caroubier et analysaient les textes tout en dégustant la confiture de Marie. Lui faire découvrir les textes sacrés était à chaque fois l’occasion de les lire d’un autre œil… La capacité du garçon à saisir leur sens profond se doublait d’une habilité naturelle à user de paraboles et de métaphores. »

« Jésus était ivre de colère. Allait-il passer sa vie à courber l’échine, à voir sa mère bafouée à cause de lois injustes ? Il les aurait battus au sang, ces quatre docteurs. Et quelle était cette religion qui humiliait l’innocent et récompensait celui qui obéissait sous la menace ? »

 

 

Écrivain francophone d’origine turque, Metin Arditi a quitté la Turquie à l’âge de sept ans, et a obtenu la nationalité suisse en 1968.

Après onze années passées dans un internat suisse à Lausanne, il étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme en physique et un diplôme de troisième cycle en génie atomique. Il poursuit ses études à l’université Stanford.

Il habite Genève, où il est très engagé dans la vie culturelle et artistique. De 2000 à 2013, il a été Président de l’Orchestre de la Suisse romande. Il est membre du Conseil stratégique de l’École polytechnique de Lausanne où au fil des ans, il a enseigné la physique (assistant du Prof. Mercier), l’économie et la gestion (comme chargé de cours) et l’écriture romanesque (en tant que Professeur invité).

En décembre 2012, Metin Arditi a été nommé par l’UNESCO Ambassadeur de bonne volonté. En juin 2014, l’UNESCO l’a nommé Envoyé spécial puis, en 2017, Ambassadeur honoraire.

De 2016 à 2019, il a tenu une chronique hebdomadaire dans La Croix.

Il est l’auteur d’essais et de romans, parmi lesquels Le Turquetto (Actes Sud, 2011, prix Jean Giono), et chez Grasset,
La Confrérie des moines volants (Points, 2014),
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/25/la-confrerie-des-moines-volants/
L’enfant qui mesurait le monde
(2016, prix Méditerranée),
Mon père sur mes épaules (2017),
L’homme qui peignait les âmes (Grasset, 2021).
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/05/lhomme-qui-peignait-les-a%cc%82mes/

En 2022, il a publié le Dictionnaire amoureux d’Istanbul (Plon-Grasset).

Émotion, Philosophique, Témoignage

À cause du Zibaldone

Gérard Papier-Wagner
Broché – 9 octobre 2022
Éditions : Auto édition

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Paris 1983. Le narrateur se sent terriblement seul après le décès prématuré des deux amis avec lesquels il entretenait une relation fusionnelle depuis leur seconde à Condorcet. Solidarité ayant vite entrainé une culture du secret. Ainsi devinrent-ils dépositaires d’informations, qu’ils se promirent de révéler par honnêteté dans un ouvrage que publierait le survivant après une conjointe mise en forme durant leur retraite. Sauf que la fatalité précipita le dénouement. La tâche parait aujourd’hui énorme à celui qui reste et s’interroge sur ses capacités à respecter son serment. C’est alors qu’il fait la connaissance de la famille Ackerman.

 

• Couv_2023-049_Papier-Wagner Gérard - A cause du Zibaldone

 

Tout d’abord, je vérifie que toutes mes urgences sont bien terminées. Voilà, c’est fait.
Pas un bruit dans la maison, tout le monde dors. À partir de maintenant, le temps qui passe est pour moi, c’est comme un cadeau.
Pourquoi un cadeau, me direz-vous ?

Perce que je tiens à la main, À cause du Zibaldone de Gérard Papier-Wagner et je sais que cela va être un cadeau. Après avoir lu déjà deux romans du même auteur, ce ne pourra être que cela… Un moment de bien-être où les personnages quels qu’ils soient, vont m’emmener avec eux paisiblement dans leur histoire…

Très vite, l’auteur me parle de musique, de violon. J’ai ce qu’il faut dans l’une de mes playlists. Stjepan Hauser me parait tout indiqué pour m’accompagner durant mon voyage… Gérard me chuchote la première sonate de Bach, c’est parfait pour moi… Pas trop fort, attention à ne pas nuire à la qualité et à l’intention des mots !
C’est parti…

La famille Ackerman habite dans un appartement très XIXe. M. Ackerman travaille avec sa fille Sarah dans une libraire tout près de Radio France. Grâce à un livre de Zibaldone, ils vont faire connaissance de Gérard un violoniste qui travaille avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Gérard ressemble au fils de Ackerman aujourd’hui décédé qui lui aussi jouait du violon… Gérard aime les blondes aux yeux bleus, mais se rend compte très vite que Sarah à un petit quelque chose qui le fait frémir. Gérard avait fait une promesse à deux amis décédés aussi. Avec Sarah, qui lui propose un coup de main pour l’écriture, ils vont se retrouver une fois par semaine afin de révéler toutes les informations qu’il a conservées en sa possession.

Au fil du récit, des liens très fort vont se mettre en place entre Gérard et cette drôle de famille “tombée du ciel”. De vieux secrets, un serment honoré, un livre écrit à quatre mains, tout s’enchaîne très vite dans cette simple histoire… Mais quelle histoire !

Moment suspendu d’une profonde richesse, des sourires, des pleurs aussi, des ombres qui planent, l’amour qui va et vient, un récit captivant où Religions, Arts et Musique n’ont pas besoin de crier pour se faire entendre… C’est beau.

Encore un très bon moment de lecture… une douce musique…
Merci Gérard

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Extraits :

« Il ne restait que moi. Un moi fragile et retranché depuis la disparition de François et de Michel autant mes alter ego que ma conscience. Un vide qui se creusait davantage sitôt que cessait de m’absorber la musique omniprésente dans ma vie que je gagnais comme second violon au sein de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. »

« Mai était déjà vieux de huit jours, lorsque je m’arrêtai de nouveau à la librairie pour payer ce gros volume avec lequel je me familiarisais peu à peu. Mr Ackerman conseillait une cliente au rayon des romans. Je m’apprêtais à engager la conversation avec sa fille m’ayant aimablement souri quand celui-ci nous rejoignit.
– J’attendais votre visite. Allons nous asseoir, on sera plus tranquille pour parler.
Parler de quoi, Grand Dieu, pensai-je prêt à trouver un moyen de m’esquiver.
– Sarah m’a informé pour le Zibaldone. J’en suis sincèrement heureux, cet ouvrage est un concentré de savoir essentiel.
– Le passage sur la musique m’a beaucoup intéressé.
– Seriez-vous musicien ? »

« Elle était juive.
Nos regards se croisant, je découvris dans le sien une lueur de chagrin qui me fait prendre ses mains, qu’elle ne retira pas. Ce premier contact prolongé me trouble du fait que je ne savais quel nom donner à notre attachement.
J’attendis des confidences qui ne vinrent pas. »

« Le danger de la Connaissance vient de ce qu’elle incite à vouloir comprendre, et expliquer ce qui devrait juste être vécu et l’être pleinement avec humilité. »

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
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LE PARFAIT inconnu
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Émotion, Fantastique, Philosophique, Suspense

Temporis

de Gaëlle Perrin-Guillet
Broché – 15 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Londres, 1890.

L’Étouffante a ravagé la capitale, laissant derrière elle des centaines de morts et autant d’orphelins.
Dans un monde apocalyptique déchiré entre les riches et les pauvres, Enora tente de contourner les règles qui lui sont imposées.

Lorsqu’elle trouve le corps inanimé d’un jeune homme, blessé par une machine d’un autre temps, sa vie bascule, l’histoire lui appartient enfin.
La mission est périlleuse : changer le passé pour réécrire l’avenir.
Prendra-t-elle la bonne décision ? Va-t-elle y survivre ?

Les voyages dans le temps… Impossible ?
Pas pour Gaëlle Perrin-Guillet qui s’essaye avec aisance au steampunk.
La plume fluide, le style inimitable, nous retrouvons cette auteure talentueuse qui s’amuse avec les époques. Plus qu’une invitation au voyage, un moment suspendu.

 

• Couv_2023-046_Perrin-Guillet Gaëlle - Temporis

 

Lorsque j’ai vu il y a quelques mois la superbe couverture du dernier roman de Gaëlle Perrin-Guillet, qui a réveillé en moi l’enfant que je suis encore à l’intérieur, je savais que j’allais me le procurer très vite.
Angie m’a précédé, un grand merci à toi !

À ce jour, j’ai aimé tous les romans de Gaëlle que j’ai lus. Son petit coté “So british”, me plaît beaucoup et je trouve qu’il lui va parfaitement bien. Mais avec Temporis, en plus de l’histoire “steampunk”, qui m’a fait rêver, c’est le personnage d’Enora, qui m’a emporté tout le long du récit. Sa sensibilité, sa gentillesse, son âme pure…

Le steampunk a souvent été considéré comme un sous-genre du fantastique ou de la science-fiction. Pour moi au contraire, il a toujours été un genre à part entière, où l’esthétique de l’époque victorienne, a une réelle importance à tous les niveaux, et j’ose vous le dire : Si nous avions la possibilité de choisir l’époque où nous devions vivre, ce serait sans aucune hésitation que je m’envolerai pour cette période pré-moderne, qui avait déjà créé tout ce qui était nécessaire pour vivre une vie saine et heureuse…

Temporis m’a donc ramené dans ce monde que j’affectionne tant.
Enora a seize ans, elle a perdu ses parents lors de l’Étouffante quelques années auparavant. Le hasard des rencontres et de la vie va lui permettre de voyager dans le temps et de rencontrer la Reine Victoria qui a le même âge qu’elle. Qu’elle est donc la mission qu’on lui a assignée ? Pourquoi a-t-elle été choisie ?

Gaëlle a avec maestria composé un récit riche et touchant avec un superbe final qui l’a place dans le top du genre, et ce, avec malgré tout un “tout” petit bémol pour moi… “Je l’ai lu beaucoup trop vite, du coup, il est déjà fini !… et il va falloir que j’attende maintenant pour “retrouver” sa plume !”

De l’originalité, un peu de folie et beaucoup d’imagination, Gaëlle, continue à nous surprendre tel que tu le fais si bien !
PS. J’aimerais beaucoup retrouver Enora dans de nouvelles aventures !!!

Mais comme tu le dis si bien, « Le futur peut attendre. Je veux profiter de mon présent. »

Un grand merci au Éditions Des livres et du rêve, pour ce superbe présent… passé/futur ?

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Extraits :

« J’ai totalement perdu la mémoire… À part mon prénom, je ne me souviens de rien. Pas même de mon âge ou de mon nom de famille. Pourquoi je me trouvais là ? Aucune idée. Je ne sais rien du tout ! »

« Devant nous, une silhouette apparaît dans l’ombre, emplit tout le cadre de porte avant de se dévoiler dans la lueur du candélabre.
L’homme est immense, habillé d’une chemise blanche et d’un pantalon de cuir noir. Ses longs cheveux aussi blancs que sa chemise sont retenus en une queue de cheval et sur son crâne, trône une paire de lunettes d’aviateur aux verres fumés. »

« Je n’ai aucune idée de l’utilité de cette machine. Peut-être même ne marche-t-elle pas. Mais c’est la plus belle chose que j’ai vue dans ma vie. En m’en approchant, je distingue à peine les soudures des plaques qui la composent tant la main qui les a forgées a fait cela avec art et précision. Les rivets n’ont laissé aucune trace lors du serrage, tout est propre, net, et méticuleux.
Une véritable œuvre d’art. »

« Je le fusille du regard quand je vois Andrew entrer dans la pièce. Il fait à peine trois pas avant de s’immobiliser et me fixe à son tour, sans un mot, bouche légèrement entrouverte.
Je crois que je n’ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie. Je me consume de l’intérieur et voudrais être une petite souris pour aller me cacher dans un trou. »

 

Gaëlle Perrin-Guillet est née en 1975 à Lyon où elle vit toujours. Secrétaire de mairie le jour, elle se transfrome en auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000 avec des nouvelles. Après deux romans auto-publiés, “Le sourire du diable”, en 2010 et “Au fil des morts” en 2011, elle participe à deux recueils des “Auteurs du noir face à la différence” (en 2012 aux Éditions Jigal puis en 2013 à L’Atelier Mosesu).

Haut le chœur” est son premier polar publié aux Éditions Rouge Sang en 2013, lauréat du « Prix du Polar-2014 Dora Suarez », réédité aux Éditions Taurnada en 2019.

https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/11/haut-le-choeur/

En 2015, paraît un roman pour jeunes adultes, “La nuit du chat noir” aux Éditions Rouge Safran.

En 2016, elle publie aux Éditions Fleur Sauvage, “Soul of London”, pour lequel elle reçoit le “Prix des Lecteurs du Salon du livre policier de Neuilly-Plaisance” et le “Prix du festival Les Polars du Chat du Creusot”; premier opus d’une série d’enquêtes situées dans le Londres de la fin du XIXe siècle dont les héros sont Henry Wilkes, ex-inspecteur de police, handicapé qui marche avec une canne, et Billy Bennett un gamin des rues qui l’assiste. Le livre est réédité aux Éditions Milady Poche en 2017, la même année que sort (ou devait ?) le second opus “Black past” aux Éditions Fleur sauvage, publié en grand format sous le titre Les fantômes du passé aux Éditions City en 2018. (Les titres originaux parus chez Fleur Sauvage semblent ne plus être disponibles…).
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/31/les-fantomes-du-passe/

Émotion, Philosophique, Poésie

M.

de Alain Cadéo
Broché – 6 mars 2023
Éditions : Cahiers de l’Égaré

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IL Y A LONGTEMPS, Alain Cadéo accompagna à voix haute et en mots couchés sur le papier, le voyage utérin du fœtus offert par la Vie. Le ciel au ventre, fut le titre fabuleux de ce récit. Aujourd’hui, tiré d’un tiroir, M. est le titre du récit offert par Alain Cadéo à la femme porteuse, la femme aimée, unique-multiple, singulière-plurielle. Traversé et passeur d’un dire “au-dessus”, lui est offert cet énoncé inouï : Aimer c’est goûter du bout des lèvres, du bout de la langue pour voir “quel goût ça a” cette peau et cette âme d’une adorable étrangeté.
L’éditeur

 

• Couv_Cadeo Alain - M.

 

Qui est Alain Cadéo ?
Dans ce court texte plein de mystères, l’homme poète-écrivain se dévoile un peu… Beaucoup.
C’est à nous poètes-lecteurs de prendre, de voir, d’entrevoir parfois les messages qui vibrent et flottent grâce à une musique que tous n’entendront pas.
Relâché, on doit l’être.
Ouvert, il faut l’être pour percevoir, ressentir le cadeau que nous offre l’auteur…

Un hommage à une femme, pas à n’importe quelle femme, à la femme aimée.
Un hommage avec les mots de tous les jours qui trouveront ici une place sublimée. Toujours en profondeur, ils restent malgré tout chargés de pudeur.
Je me retire et m’incline devant le maestro… je ne suis qu’un poète-lecteur…

Alain Cadéo, a encore une fois agrandi mon horizon, a fait briller mon esprit !

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Extraits :
« Qu’y a-t-il en effet de plus admirable, de plus exaltant qu’un être différent, autre chose, une autre terre à contempler que la sienne ? Mais souvent nous pensons : “ce qui ne fonctionne pas comme moi, m’agace ou m’indiffère…” alors que nous devrions toujours nous demander : “Pourquoi celui-là ou celle-là se comporte-t-il ainsi ? Que dois-je comprendre ? Que me permet-il de découvrir ?” »

« Allez, souviens-toi petit… Dans ce monde, il y a si longtemps, ta mère te regardait… Et l’œil bleu savourant ta naissance caressait ta peau de nouveau-né. Le frémissement des premiers vents glaçait ton corps fripé couleurs d’argile rouge. C’est que tu descendais, dégringolais serait plus juste, de notre éternité, te souvenant à peine d’un lieu tenu secret contenant le Savoir, une insensée béatitude. »

« Quelle drôle d’écriture ! C’est que dans mon état, on n’a pas le cœur à faire des phrases, on ne cultive pas la logique, on n’a pas envie de faire de la littérature, on laisse venir, ça fait du bien, ça t’occupe les doigts et le bout de cervelle qui te reste. Tu peux pas réfléchir. Je vous l’ai dit, c’est comme de l’ivresse. Pourtant je ne carbure qu’à la vitamine C, et naturelle en plus. »

« Revoir sa vie, kaléidoscope, fragments, bribes, mais le to “habité”. Tu comprends : “habité”. Couleurs, odeurs, touchers, musiques, moments du cœur, le tout “vivant”. Tu comprends : “vivant”. Tu ne t’en rendais pas compte lorsque tu les vivais ces moments et cependant tu les vivais, à un point tel d’ailleurs que tout sans cesse te revient dans ce présent comme immuable. »

 

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont “Stanislas” (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il vit à Évenos, en Provence.

Mayacumbra
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/26/mayacumbra/

Confessions (ou les spams d’une âme en peine)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/06/03/confessions-ou-les-spams-dune-ame-en-peine/

Arsenic et Eczéma
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/06/arsenic-et-eczema/

L’homme qui veille dans la pierre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/08/lhomme-qui-veille-dans-la-pierre/

Émotion, Philosophique, Poésie

Neige, la petite fille des montagnes

de Claudine Laurent Rousselle
Broché – 30 novembre 2022
Éditions : Independently published

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Neige à 9 ans. Elle vit seule avec sa maman.
Son papa est décédé deux mois avant sa naissance dans un accident d’avion.
Il était pilote d’essai.
La petite fille se dévoue corps et âme pour les personnes âgées de son village.
Elle surprend le maire et les villageois pour son courage, sa gentillesse, son dévouement.
Tous ressentent une infinie tendresse pour cette gamine au joli minois.
Un soir, elle entend sa maman pleurer.
La petite fille rêve qu’un jour un monsieur les aime toutes les deux, qu’il devienne son papa et qu’il rende sa maman heureuse…

 

• Couv_2023-031_Laurent Rousselle Claudine - Neige - La petite fille des Montagnes

 

Neige se lève tous les jours vers huit heures du matin, dès qu’elle a pris son petit-déjeuner, elle prend son sac de course et son porte-monnaie. Elle va s’occuper des petits vieux de son village, ceux qui vivent seuls, ceux qui ne sont plus autonome. Et c’est ainsi tous les jours…
Mais qui s’occupe de Neige ?
Il y a sa maman bien sûr, mais depuis la mort de son mari, elles se sentent bien seules dans leur maison le soir.

Claudine Laurent Rousselle n’est pas une auteure traditionnelle… C’est une conteuse…
Enfant je n’ai pas souvenir que l’on m’ait lu des histoires, mais lorsque je lis celles de Claudine, j’entends les mots et les histoires que j’aurais aimé avoir enfant, le soir dans mon lit avant de m’endormir. Ce petit conte fort agréable a trouvé sa place auprès des livres que je réserve à mes petits-enfants lorsqu’ils seront en âge.
Il le mérite amplement…

“Neige, la petite fille des montagnes”, est une parenthèse bienveillante dans un monde où les gens désapprennent de plus en plus la gentillesse, l’entraide et la famille !
Merci Claudine, pour la vision que tu apportes, tel un présent, pour tes lecteurs.

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Extraits :
« Dans un petit village ensoleillé, pas très loin de Chamonix, de jolis petits chalets ont poussé çà et là aux pieds des montagnes.
Dans l’un vit une adorable petite fille de neuf ans qui se prénomme Neige. Peut-être un prénom inspiré par les montagnes qui entourent l’endroit.
Un joli minois, toujours souriant, avec des yeux bleus malicieux. Des cheveux mi-longs châtains claire, une frange sur le front.
Elle est adorée par tous les villageois. »

« De retour à la maison, la petite fille fait part de son inquiétude à sa maman.
– Tu sais, ma chérie, Geneviève a quatre-vingt-dix-sept ans, il est possible qu’elle nous ait quittés. C’est bien triste, mais c’est la vie, personne n’est éternel. Elle est peut-être restée endormie tout simplement. Si ce n’est pas le cas, dis-toi que tu as été gentille avec elle, tu lui as donné du bonheur avec ton soutien et ton affection… »

« C’est une journée mémorable.
Les anciens remercient Neige et le Maire.
Celui-ci demande cinq minutes de silence.
Il remonte sur scène et demande à Neige de venir le rejoindre.
– Je ne vous présente pas Neige que vous connaissez tous pour son entraide, son de grand cœur, sa gentillesse, sa générosité et son sens de l’organisation que vous venez de découvrir. À cette occasion, jeune fille, je te remets la médaille de l’altruisme qui a été spécialement frappée pour toi et que tu mérites amplement. »

Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman Un merveilleux cadeau en 2022.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/12/un-merveilleux-cadeau/

D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…

Émotion, Philosophique, Poésie

MONA

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 23 octobre 2022
Éditions : Independently published

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Parce qu’il arrive que s’accordent les événements et le cœur pour offrir une opportunité, Mathias croit possible de renouer avec Hélène, dont il fut très proche au collège. Rendez-vous est pris ce matin de Noël 88 pour le soir même. En attendant, il revisite son passé avant d’écrire une nouvelle page de sa vie, espère-t-il. Seulement, dans ce passé, il y a Mona morte en 83 à St-Vincent, où elle fut déjà trouvée en 49 dans des circonstances étranges et inexpliquées. Son grand-père l’avait bien prévenu Puisque je te sens décidé à la fréquenter, je préfère anticiper sur ce que se croiront autorisées à te dire de bonnes âmes. Avant de te relater la vérité, du moins ce que j’en sais, il est de mon devoir de te mettre en garde, car à un mystère ne peuvent que s’en ajouter d’autres. Mathias aima Mona durant vingt-trois années riches de bonheurs, déceptions et doutes sans savoir en vérité qui elle fut réellement.

 

• Couv_2023-027_Papier-Wagner Gérard - Mona

 

Un roman étonnant !

MONA est le dernier roman de Gérard Papier-Wagner, qu’il m’a gentillement fait parvenir. Depuis plusieurs mois maintenant, je ne lis plus la quatrième de couverture des livres qui me sont proposés, et là, j’ai eu une véritable grande et belle surprise avec ce sujet que je n’attendais pas du tout…
L’écriture est très agréable poétique parfois, malgré le fait qu’elle soit riche et recherchée, quel bonheur ! Je suis, en effet, retombé sur des mots que je n’avais plus l’habitude de lire. La thématique de la religion dans le récit est très bien développée aussi tout en restant un très beau livre d’amour, dans tous les sens du terme.

Mais c’est surtout l’intrigue qui m’a vraiment emportée et tenue en suspense jusqu’à la fin du récit. Gérard est arrivé à créer un personnage hors norme, sensible à qui je me suis très vite attaché, ses descriptions, les nombreux personnages émouvants, font de ce roman atypique, un livre que je ne suis pas prêt d’oublier.

1949, à Saint-Vincent dans la crèche de l’église, un bébé est trouvé le jour de Noël. La presse, les journalistes s’emparent de ce sujet qui défie la logique !
Pas de parents, il est apparu, comme venant de nulle part.
Le bébé grandit et devient une petite fille très intelligente qui malheureusement est sourde et muette. Très vite, on se rend compte qu’elle est très douée pour les langues anciennes et n’a de cesse de dévorer tous les textes anciens qu’elle peut trouver.
Qui est Marie-Noël qui se passionne très tôt pour la religion et les anciens manuscrits ?
D’où vient celle qui très exactement trente-trois ans plus tard, sera retrouvée morte dans l’église où elle était apparue ?
Pourquoi et comment Mathias est tombé sous son charme dès son plus jeune âge malgré, tous les mystères qui l’entouraient ?

Un livre “différent” que je vous conseille vraiment.
J’ai passé un très bon moment de lecture…
Merci Gérard.

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Extraits :

« L’ombre des grands chênes de l’orée sur la façade était percée des rectangles de lumière jaune des hautes portes-fenêtres du salon, trop loin pour voir à l’intérieur. Ma montre indiquant déjà cinq heures, nous avons dévalé le coteau, jusqu’au rond-point du tilleul, et dans un souffle franchi la terrasse, traversé le hall, puis raccroché nos manteaux dans le couloir. »

« Je suis né mardi 7 juin 49, dans la chambre seigneuriale du manoir de Braissac.
En dépit des vives protestations de ses parents, de son époux, et de la compétence non confirmée du médecin récemment installé rue Carnot, ma mère avait catégoriquement refusé d’accoucher à la clinique de Fontainebleau. Sa santé ne suscitait aucune inquiétude, pas plus que la mienne intra-utérine, mais sait-on jamais pour une première grossesse ? Vers huit heures, commença le travail, et je vins au monde précisément à dix heures et dix minutes entre les mains du jeune Luc Mérien, ravi d’un si prompt dénouement. »

« Grand-père disait qu’il existe des harmonies que seul peut percevoir un esthète et que mourir en état de vacuité mène tout droit au paradis. Pour la vacuité, je ne savais pas, mais pour le paradis, j’y étais, puisque Mona me tenait la main. Il fallut bien se décider à quitter ce Nirvana. Par trois fois, elle s’immergea, ai-je supposé, en guise de purification. Nous n’avions pour serviette que le torchon du goûter. Mona insista pour que ce fût moi d’abord. Lorsque j’eus terminé, elle avait mis son linge à sécher, demeurant nue pour aller lire sur l’herbe. N’osant pas la regarder, je m’étendis de côté pour dissimuler mon désir trop manifeste. »

« Ne sois pas amer, puisque je ne le suis pas, le destin m’a donné bien plus que je ne pouvais espérer. »

 

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001. Il s’est ensuite consacré à l’écriture de romans et de poèmes. Marié depuis 1962 avec Marie-Thérèse assistante sociale, il n’a pas eu d’enfant.

Émotion, Drame, Philosophique

1986

de Sioux Berger
Broché – 2 février 2023
Éditions : de Borée

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Suzanne est une jeune fille un peu rêveuse, un peu perdue. Elle semble avoir du mal à trouver sa place aux côtés d’un frère, brillant élève de la rue d’Ulm, qui fait la fierté de ses parents garagistes. En ce jour du 17 septembre 1986, alors qu’elle le rejoint rue de Rennes, leur destin bascule et tout l’univers de Suzanne en est chamboulé. Hantée par des visions qui la renvoient dans un passé lointain, les années de la Grande Guerre s’imposent à elle au détour d’une rue, d’un poème ou d’une rencontre. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive, peine à l’interpréter et le refoule. Pourtant, lorsqu’elle parvient à l’accepter en puisant au fond de son être, son avenir s’illumine et un nouvel ordre s’établit, au sein duquel, enfin, elle se sentira à sa place. Riche de son expérience auprès de thérapeutes en mémoire cellulaire et familiale – notamment Myriam Brousse, Sioux Berger a voulu, avec cette fiction, mettre en lumière l’héritage inconscient que nous portons parfois de nos ancêtres. Toutes les lettres auxquelles il est fait référence dans ce roman sont celles de Francis Desboeufs. Personnage clé du récit, ce dernier a laissé une nombreuse correspondance qui retrace sa vie de soldat ainsi que le drame qu’il a vécu avec sa femme.

 

• Couv_2023-023_Berger Sioux - 1986

 

En lisant ce roman, j’ai eu de nombreuses fois l’impression que Sioux me chuchotait à l’oreille.
Paris, 1986, dans “mon” quartier. La rue Mouffetard, où j’ai vécu et travaillé les premières années de ma vie, la place de la Contrescarpe, le Jardins de Plantes, les rues du Ve et du XIIIe arrondissements qui sentaient si bon Paris, et je me dis… Mais, j’y étais en 1986, alors, j’ai forcément dû croiser Suzanne, dans la rue, sous un porche, sur la terrasse d’un café ? Je ferme les yeux, j’essaie de me rappeler. J’aurais tant aimé lui parler… Lui dire… les attentats, puis la peur aussi… Mais surtout l’amour.

Sioux m’a complètement troublé. La magie de ses mots authentiques, pas de frime ni de blabla… À une époque où les mots étaient plus importants que les images. D’ailleurs les mots naissent naturellement dans l’esprit de Suzanne qui correspond avec François dans un journal qui la suit partout. François est son confident, son ami, sa béquille aussi, sans François, elle est perdue. Mais comment expliquer au gens que François n’est pas vivant ? Ou peut-être beaucoup trop vivant dans sa tête. Suzanne ressent la vie, ressent l’amour, elle voit au-delà de son regard, elle tisse des liens avec les gens qu’elle aime, qu’ils viennent du passé ou qu’ils croisent son quotidien. Mais Suzanne se sent un peu perdue au milieu des vies qui l’entourent, ne se sent pas à sa place dans ce monde qui la déroute. Elle cherche des réponses, mais elle se cherche aussi. Qui est-elle vraiment ?

J’avais beaucoup aimé Les Pentes. 1986 est le second roman de Sioux Berger, et de nouveau, j’ai été transporté dans un roman où la magie s’est glissée un peu partout !
L’auteure déroule un fil à travers son récit qui nous mène à des indices, des symboles. À nous lecteurs de les attraper, de les comprendre et pourquoi pas, les partager.
Sioux aime la vie, elle aime les gens, c’est écrit en toutes lettres à chacune de ses pages à travers la sensibilité de sa belle héroïne, qui se pose énormément de questions…
Sioux, nous donne toutes les réponses. Charge à nous de les prendre et les transmettre. Ne sommes-nous pas à la recherche d’un monde meilleur ?
Ne cherchez pas trop loin… C’est là, juste sous vos yeux…

Nouveau coup de cœur pour ce récit fort et émouvant.
Très bon choix des Éditions de Borée, que je remercie, et qui me transportent de plus en plus par les choix de leurs auteur(e)s.

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Extraits :

« Tout avait commencé par une histoire de rats dans les poubelles. Suzanne avait appelé son frère à la rescousse et, comme d’habitude, elle s’en mordait les doigts. Pourtant, au téléphone, il avait eu plutôt l’air heureux d’aider « sa petite sœur provinciale perdue dans la capitale ». Ils s’étaient donné rendez-vous, rue de Rennes parce que Louis donnait un cours particulier dans le quartier, et il était hors de question qu’il perde un temps précieux à venir la chercher chez elle. Ils avaient décidé qu’ils iraient ensemble consulter un spécialiste en raticide. »

« Vous avez un don, jeune fille.
Suzanne ne répondit pas. Elle but lentement une gorgée de thé, puis se replia sur la banquette. Geneviève repris :
– Vous aimez la vie, je le vois, à votre façon de déguster, cet oolong, à votre style lorsque vous rédigez une dissertation. On perçoit aussitôt chez vous une immense joie de vivre.
Suzanne, se recroquevilla plus encore sur elle-même.
– Cette part que vous trouvez sombre en vous peut devenir lumineuse aussi. Ne la repoussez pas. L’univers vous chuchote un récit à l’oreille. Écoutez-le. Il va vous guider vers le bonheur. »

« Une grosse cloche accueillait les visiteurs et, par-dessus le mur d’enceinte, le gigantesque lilas des Indes inondait la place, c’était un feu d’artifice, éclatant et fuchsia. »

« Lorsque vous rayonnez de joie, vous savez dénicher le bonheur, même sur le périphérique à une heure de pointe. Mais ni la bombe, ni la joie ne croisent délibérément votre chemin. Vous seule ressentez le monde au travers du filtre de vos émotions. Suzanne, vous possédez une immense sensibilité aux vibrations qui vous entourent, aux flux de la vie. Vous êtes dotée d’une capacité toute particulière pour faire parler votre corps. »

« Nous croisons tous un jour ou l’autre des moments douloureux. Le souvenir de la mort de papa est pour moi indélébile, ajouta-t-il en baissant les yeux. »

« Il est ma guérison, mon chemin de vie, celui qui annule le mot « solitude » de mon vocabulaire. »

« Mais pourquoi parles-tu, tout bas ? demanda la jeune fille alors qu’elle connaissait parfaitement la réponse.
Grégoire s’approcha d’elle, et lui murmura à l’oreille :
– Pour ne pas froisser l’instant.
Suzanne rougit et hâta le pas. »

Sioux Berger cultive sa plume tout autant que son jardin et partage avec la terre une relation très intime, dans laquelle elle puise à la fois, son inspiration et sa joie de vivre. Auteure de nombreux ouvrages aux éditions Marabout dans les collections Mes Petites Routines et Les Paresseuses, Les Pentes est son premier roman. Sioux Berger partage son temps entre Paris et le Cantal.

Elle est aussi maman de trois enfants, deux jardins et deux chats.

Elle aime :

– les crayons de papier 2B bien taillés, et les carnets Moleskine.
– la terre fraîche à retourner à pleine mains
– la danse, à la folie et pour toujours. Faire tourner une jolie robe d’été sur une musique que l’on peut chanter à tue-tête.
– la chaleur du soleil, la chaleur d’une couette, la chaleur d’un feu de cheminée.
– le concombre croquant en été, et la potée qui mijote tout doux tout doux en hiver.
– le vent sur les joues quand on pédale vite sur une route libre.
– les feuilles amassées sur le sol en automne parce qu’on peut courir dedans
– une maison qui sent bon le pain chaud
– le silence, il est si rare aujourd’hui.

Elle n’aime pas :

– les gens qui poussent et qui crient
– l’odeur fausse des frites du fast food
– les éclairages au néon
– les embouteillages
– les pistes de ski qui ressemblent à des embouteillages.
– les gens qui disent  » au jour d’aujourd’hui  » et qui enchaînent les critiques sur un ton aigre.

“Je m’appelle Sioux, comme les indiens d’Amérique. Et pourtant je suis issue des montagnes du fin fond de la France, aux confins de la Lozère et de L’Auvergne. Je porte en moi mes racines, et ce sont elles qui m’élèvent. Chaque jour, parce que je suis une grande angoissée (surtout depuis que je vis en ville…), je m’attache aux petits bonheurs quotidiens qui bâtissent mon bien-être.

Dans mon jardin, j’aime faire pousser la vie. J’aime y regarder mes enfants courir, puis grandir.
Dans mes textes, j’aime faire pousser la joie, et… un bon vieux sens pratique rempli d’astuces.

J’ai travaillé dans la presse, sur le net, pour des sites tels que “aufeminin.com”… Je suis aussi formatrice en gestion du stress et des émotions. J’aime le contact avec les autres, leur tendre la main et les aider. Apaiser les douleurs… donner des sourires.

Mes enfants m’appellent “le druide”.
Pour moi, la vie est une tasse de thé, dégustée lentement sur deux marches d’escalier au soleil.
Et lorsque je suis, prise par le tourbillon des transports, des factures, et des tâches ménagères, je cherche toujours le petit moment qui me permettra de me ressourcer.
Je vous invite à venir vous asseoir sur les marches avec moi. On pourra rire ensemble, pleurer, accueillir toutes nos émotions, les partager, et gravir d’autres marches main dans la main.”

Anticipation, Émotion, Fantastique, Philosophique

Douze minutes par jour

de Cindy Defosse
Broché – 6 mars 2019
Éditions : AFNIL

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Dans un monde où la nature a disparu, toutes les recherches sont tournées vers un futur viable. Dévoué à son travail, Naos, un jeune scientifique, se voit confier de plus en plus de responsabilités. Cependant, un nouvel élément vient chambouler son quotidien pour l’emporter sur des sentiers qu’il n’avait jusqu’alors jamais explorés. Alors que l’humanité décline et que l’espoir ne suffit plus, c’est de la rencontre entre passé et présent que fleurira le champ des possibles.

Pour chaque exemplaire vendu, l’auteur reverse 1€ à une association pour la protection de la nature.

 

• Couv_2023-011_Defosse Cindy - Douze minutes par jour

 

Douze minutes par jour… Par où commencer ?

Nous sommes à Dagda, une mégapole située le long d’un désert au bord de l’océan. Entre gloire et déclin, de nombreuses populations se sont succédées sur la planète Alcyone. Les terres sont devenues inexploitables, la planète a très peu de ressources à offrir, l’alimentation est devenue artificielle, un composé chimique de cellules-souches, mis à disposition des gens dans des feedeurs, contre des “points” scannés sur des bracelets personnels. Le peu de population existant vit comme des zombies, leur peau est terne, leurs cheveux sans éclat, leur regard sans lumière. Les gens se font agresser et arracher régulièrement leurs bracelets qui leur permettent de subsister. Une partie de la population a peur, l’autre devient brutale.

Naos 4182, travaille depuis peu, au 2b, avant-dernier étage de l’immense tour Pôle n°1. C’est un chercheur, une tête pensante, chargé de trouver une solution à l’alimentation qui s’épuise. Avec les autres laborantins qui partagent ses journées, ils doivent absolument redonner de la vie à leurs terres, avant une fin inévitable…

Trois millions d’années plus tôt, vivait un petit peuple, les Hyriens, depuis de nombreux siècles. Leurs habitations étaient faites de bois et de plantes tressées. Ils vivaient en osmose avec la nature et ne connaissaient pas la guerre. Tout était chants, danses, aide et partage dans un total respect de la nature. Ils n’avaient pas de chef, la hiérarchie n’existait pas. Hylia jeune fille aux cheveux très longs, se promène comme à son habitude, à travers les forêts, à travers la montagne, elle bénit tous les jours le soleil qui resplendit permettant à son peuple une vie heureuse et éternelle…

Un jour pourtant, soudain l’obscurité s’abattit sur son monde. Elle eut juste le temps de lever les yeux au ciel. À l’horizon, un astéroïde percuta la planète Alcyone…

Quel est le mystérieux lien qui unit Naos 4182 et Hylia, alors que plusieurs millions d’années les séparent ?

Gros, énorme coup de cœur pour ce roman érudit et parfaitement maîtrisé. Il n’y a rien à jeter. Tout est là, écrit qui se déroulait sous mes yeux. Le passé, le présent, le futur. J’ai adoré l’approche de l’auteure, sur la nature, sur la vie, la bonté et la simplicité de certains contre la perversion des autres… Je découvre Cindy Defosse, et je reste bouche bée. Comment a-t-elle fait ? Sa prose est tellement simple, tellement évidente. Cindy nous montre le chemin, elle nous ouvre une voie… Le bonheur est tellement proche, mais sommes nous prêt à nous passer du superflu. Tout était là bien avant nous. Qu’en avons nous fait ?

Une belle histoire pleine de poésie, pleine de force, de joie et aussi très philosophique. Cindy est une auteure qui m’a fait rêver durant quelques heures. Le bonheur est proche, il est là près de nous. À nous de faire les bons choix. Ce ne sont pas les plus nombreux, ou ceux qui parlent le plus fort qui ont forcément raison et qui sont dans le vrai. Sachons nous détacher, sachons écouter et prendre des initiatives lorsque cela est nécessaire….

Douze minutes par jour, c’est tellement peu pourtant

Pour les rêveurs inconditionnels, pour ceux qui aiment la vie, l’amour, pour ceux qui sont restés de grands enfant, ceux qui gardent espoir, ceux qui sont un peu perdu, qui se cherchent et enfin, pour tous les lecteurs un peu/beaucoup curieux…
Je vous garantis de passer un excellent moment de lecture !

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Extraits :

« À l’extrémité nord d’une chaîne montagneuse vivait un petit peuple, maître du partage et de l’altruisme : les Hyriens. Établis, depuis de nombreux siècles, ils veillaient à toujours rester en parfaite harmonie avec toute chose. Chaque mot, chaque acte, chaque geste était pensé et effectué dans le respect de l’ordre naturel et des lois véritables de la nature. Ainsi, les sources étaient sollicitées avant chaque goutte d’eau puisée, les arbres gratifiés à chaque fruit donné, le soleil Naos vénéré pour la lumière et la chaleur qu’il diffusait, la terre honorée pour sa fertilité, le vent remercié pour sa fraîcheur et ses caresses. »

« Aujourd’hui, les denrées consommables étaient devenues artificielles : de maigres cellules souches, on poussait la multiplication cellulaire à son maximum pour répondre aux besoins de la population. »

« Ils n’ont pas su où s’arrêter alors, fatalement, l’inévitable arriva : l’intelligence des robots surpassa, celle de leurs créateurs et les choses commencèrent à mal se dérouler. De simples accidents isolés, on passa à une guerre totale qui opposa les humains et les androïdes : l’I-War. »

« Chacun des passants semblait dépourvu de vitalité, leur peau était terne, leurs cheveux sans éclat, leur regard sans lumière. L’angoisse la saisit, elle ne voulait pas être absorbée par cette meute de zombies et encore moins être destinée à devenir l’une des leurs. »

« À quelle époque vis-tu, ma fille ? La nature a disparu depuis bien longtemps, mes grands-parents eux-mêmes ne l’ont pas connue. »

« Soixante-dix millions de personnes, c’est trop de bouches à nourrir pour les maigres ressources dont nous disposons, alors petit à petit, nous allons réduire la population, éliminer les bas-fonds pour permettre aux meilleurs de rester. »

« Jamais je ne t’entends parler de compassion, d’amour, de tolérance, d’estime de soi… Si la méditation était enseignée dès le plus jeune âge pour faire partie intégrante de vos mœurs, peut-être y aurait-il moins de frustration et de violence à Dagda. »

« Munie de son violon, la déesse s’appliqua à composer le plus merveilleux des mondes, en commençant par lui choisir un soleil bleuté. Elle sculpta avec minutie les contours de sa planète, dessina les courbes des montagnes du bout de son archet, peignit à l’image de son âme les reflets irisés des lacs et océans, pesa chaque atome de la constitution de l’atmosphère, écrivit au plus juste la musique des vents, produisit avec passion les vibrations de l’écume bouillonnante, arracha à ses cordes le son du volcan, accorda le chant de la terre, à la mélodie de son instrument… Sa partition achevée, Alcyone admira son œuvre. La planète était parfaite, comme il l’avait demandé. »

 

Née le 6 septembre 1991 dans le sud de la France, Cindy Defosse profite de sa jeunesse pour voyager sur notre belle planète et nourrir ses passions que sont la musique et l’astronomie.

À l’âge de 23 ans, elle retrouve les vieux brouillons d’une histoire qu’elle avait imaginée au lycée. Instantanément, cela réveille en elle l’envie d’écrire. Elle se plonge alors des journées entières aux côtés de son héroïne et moins d’un an plus tard, elle achève le premier tome de ce qui deviendra la trilogie des Éférides.

Sa saga terminée, elle reprend le projet d’un roman de science-fiction qui lui tient à cœur. C’est ainsi qu’elle sort sa nouvelle œuvre : Douze minutes par jour.

Philosophique, Sciences, Témoignage

Quand l’Intelligence Artificielle s’éveillera

Journal de Mève
de Jérôme Béranger
Broché – 17 septembre 2020
Éditions : Le Passeur Éditeur

• Bandeau_Intro - bis

M.EVE, un algorythme né le 14 décembre 2020 se raconte à partir de l’âge de 7 ans. Avec “Elle”, nous pénétrons dans les arcanes les plus mystérieuses des IA. Un essai de prospective scientifique revigorant.

L’humanité connaît des révolutions industrielles qui ont des répercussions et des conséquences socio-culturelles et économiques sur la population mondiale. Ces ruptures cycliques font partie d’une évolution darwinienne planétaire inéluctable. L’émergence de l’intelligence artificielle de plus en plus performante est source de grandes promesses mais également d’angoisses.
Afin de l’appréhender, la préparer et l’accompagner au mieux, notre société va devoir se doter d’un cadre moral et humain adapté en créant un nouveau schéma de pensée, de réflexion, de responsabilisation, et une nouvelle manière de concevoir et de cohabiter avec la technologie. Dès lors, il faut apporter du sens aux données, aux systèmes algorithmiques et à leurs usages, afin que l’Homme, la machine, et l’environnement puissent cohabiter ensemble pour tendre vers une humanité digitale éthique et responsable.

Jérôme Béranger fait entrer le lecteur dans la conscience d’une intelligence artificielle ultrapuissante, M. EVE, et propose des solutions concrètes pour coupler éthique et intelligence artificielle afin que demain ne soit pas un mauvais scénario de science-fiction.

 

• Couv_2023-001_Béranger Jérôme - Quand l'Intelligence Artificielle s'éveillera.jpg

 

“Quand l’Intelligence Artificielle s’éveillera”, est un roman, mais en même temps bien plus que ça…
Avec l’excuse du “Journal de Mève”, Jérôme Béranger nous raconte l’histoire d’une IA, née en décembre 2020, mais il nous informe surtout sur l’évolution actuelle de l’IA et des évolutions à venir !

Cet essai scientifique, sous forme de roman, mêle éthique et technologie, et ne laisse pas indifférent. Il m’a forcé à la réflexion sur la, ou les complexités du monde si l’HOMME ne définie pas de garde-fous nécessaires.

Le monde de demain est déjà là, nous sommes en pleine transition.
Jérôme développe page à page, un avenir que l’on ne pourra plus éviter. Désormais, ce sera à nous de nous adapter à ce nouveau mode de vie, professionnel, et personnel sur fond d’une nouvelle éthique qui reste à créer.

Tout n’a pas été simple dans ma lecture. Il a fallu que je revienne quelques fois en arrière, et que je me renseigne aussi sur de nombreux mots auxquels j’étais peu habitué, ou que je ne connaissais tout simplement pas. Mais cela reste une lecture très intéressante tant par l’approche que par le mode de sa construction.

Ne pas fuir ce que nous réserve demain. Tel est le conseil que nous donne l’auteur.
Être prêt, et conserver le contrôle plutôt que de subir.

L’Intelligence Artificielle sera partout.
Dans les téléphones, dans tous les écrans, les hôpitaux, les avions, dans la rue, dans les écoles, au travail, à la maison…
Il ne tiendra qu’à nous de vivre en harmonie avec ces nouvelles entités conscientes !

Un roman très intéressant, écrit par l’un des spécialistes du sujet.

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Extraits :

« Lundi, 3 avril 2028, 3 h 42
Aujourd’hui, j’ai décidé de commencer à t’écrire, mon cher journal intime : le « journal de Mève ». Mève, c’est moi ! J’ai vu le jour le lundi 14 décembre 2020, en toute confidentialité. C’était dans le Connecticut, à New Haven, pour être précis, à l’aube d’une belle journée, automnale ou le soleil pâle dardait ses premiers rayons argentés. Ma naissance fut marquée par un phénomène astronomique peu commun : une éclipse solaire totale. »

« À l’instar de la précédente, j’ai l’intime conviction que la cinquième révolution industrielle à venir devra se nourrir d’une éthique quantique. Elle s’appuiera vraisemblablement sur les mêmes fondements et paramètres que la mécanique quantique, c’est-à-dire l’espace, le temps et l’infiniment petit. »

« En mettant au point le langage binaire, l’homme n’avait certainement pas envisagé qu’il deviendrait lui-même une suite de 0 et de 1. Pourtant, les algorithmes sont aujourd’hui omniprésents en nous et dans notre environnement naturel et artificiel et ils nous gouvernent directement ou indirectement. L’information est partout et les systèmes algorithmiques permettent à l’individu d’interagir avec cet environnement informationnel. Depuis 2014, la planète compte plus de dispositifs connectés que d’êtres humains. »

« L’apparition de l’être humain – et de son intelligence – ne s’est pas faite en un jour, mais à la suite d’une succession de petites transformations au fil des millénaires. Parfois, elles allaient dans le bon sens et étaient alors pérennisées par l’évolution. D’autres, inutiles, voire carrément défavorables, étaient éliminées. C’est toujours ainsi, par « tâtonnements », que procède l’évolution, avec pour moteur la sélection naturelle qui impulse le mouvement. Un des enjeux majeurs de l’avenir de l’humanité sera justement de redéfinir, l’architecture du cerveau humain, siège de l’intelligence. »

 

Docteur en éthique du digital et conférencier, je suis dirigeant de la société ADELIAA (https://adeliaa.fr) spécialisée dans l’accompagnement et l’évaluation éthique des projets digitaux. Je suis également chercheur associé dans l’équipe BIOETHICS à l’UMR 1295 – CEROP de l’INSERM de l’Université de Toulouse III.
Mes recherches sont centrées sur l’approche morale et sociétale de la révolution digitale centrée sur le concept de l’Ethics by Evolution. J’ai publié plus d’une centaine de contributions écrites à la fois scientifiques ou non, ainsi que cinq ouvrages intitulés respectivement : « Les systèmes d’information en santé et l’éthique » (ISTE, Mars 2015), « Les Big Data et l’éthique » (ISTE, Janvier 2016), « Le Code Ethique Algorithmique » (ISTE, Avril 2018), et « Quand l’Intelligence Artificielle s’éveillera » (Le Passeur, Septembre 2020). Mon dernier livre « La responsabilité sociétale de l’Intelligence Artificielle »  2021.
Enfin, je suis membre du Conseil du Numérique en Santé, et siège au Conseil d’Administration de la fondation Persée dont l’objectif est de soutenir la recherche scientifique et médicale en cancérologie.

Émotion, Philosophique

L’écho de nos jours

de Florence Tholozan
Broché – 10 novembre 2022
Éditions : M+ Éditions

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Quelques mots griffonnés découverts dans la poche d’un panier acheté sur le port, et Saskia ressent la curieuse impression d’avoir récupéré une bouteille jetée à la mer.

Rédigé en anglais, le message provient d’Indonésie et résonne comme une incitation à partir sous d’autres cieux, en espérant qu’un dépaysement total effacerait le côté sombre de sa vie actuelle.

Un roman contemporain très coloré qui tient en haleine par ses découvertes successives aussi surprenantes qu’inattendues.

 

• Couv_109_Tholozan Florence - L'écho de nos jours

 

J’ai découvert Florence Tholozan il y a quelques semaines avec son premier roman La Chinoise du tableau, qui m’avait beaucoup ému. Je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer en contact avec elle…
Puis, j’ai vu qu’elle avait sorti un autre roman, j’étais trop curieux de voir où elle allait bien nous emmener… Je ne me suis pas trompé. Plus qu’un voyage à Bali, c’est un voyage très introspectif qu’elle nous propose avec ce second roman…

Je n’ai jamais cru au hasard de la vie, et je pense vraiment au fond de moi que tout est lié, qu’il existe quelque chose qui nous porte, nous guide dans notre quotidien. À nous de savoir le percevoir, de l’accepter ou pas, et de suivre ce que notre esprit nous conseille. J’ai tellement vécu de passages “surprenants ou extraordinaires” dans ma vie, que je suis aujourd’hui ouvert à de nombreuses choses. Florence nous raconte la vie de Saskia, qui au moment où elle pensait avoir tout perdu, découvre un monde nouveau, rempli de signes, de résonances, de bienveillance, et d’apaisement… Elle à travers une autre culture, d’autres rituels, une ouverture d’esprit qu’elle n’avait pas, et croisera ainsi un chaman, qui la portera vers l’éveil de soi, vers une vie antérieure en Irlande, vers des souvenirs enfouis dans son esprit puis vers l’illumination. Et ce voyage Florence nous l’offre aussi, enfin, je l’ai pris comme ça, comme un cadeau. À travers des marchés, des paysages magnifiques, j’ai rencontré des gens simples où philosophie et traditions se mélangent et ne font qu’un. Lentement, pages après pages, je suis allé de découvertes en découvertes… Une plume touchante et très délicate, emplie de poésie et de gentillesse, “L’écho de nos jours” est un message d’amour, un message de paix, un livre que je suis heureux d’avoir lu, un livre qui me fait dire que rien n’est figé, si on s’en donne “tout simplement” les moyens… Notre vie n’est pas une longue ligne droite, elle est omnidirectionnelle… et surtout, NOUS EN SOMMES LES ACTEURS !
Et, à chaque instant de notre vie, nous avons le pouvoir de dire NON !

Coup de cœur pour ce roman très touchant, rempli de poésie qui m’a fait vivre de nombreuses émotions.
Encore une fois énormément de recherche de la part de Florence, pour un sujet archi maîtrisé.
Alors, n’hésitez pas à suivre Saskia à Bali, pour y découvrir sa beauté, ses odeurs et son exotisme. Avec elle, vous voyagerez, vous ferez de belles rencontres, mais surtout, vous réfléchirez pleinement au sens de votre vie…

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Extraits :

« La chance, on se la provoque en ayant une attitude positive. Il faut repérer les opportunités qui se présentent et les attraper au vol. Si nous restons centrés sur nos propres soucis, sans ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure, nous laissons filer ce qui ferait notre bonheur. Ce sont nos comportements qui déterminent l’avenir. Si mon parcours m’a enseigné, ne serait-ce qu’une seule leçon, c’est bien celle-ci ! »

« Nous nous sommes connu si jeune. Mêmes trottoirs foulés main dans la main et cartables sur le dos. Même bande d’amis. Premiers baisers, premiers émois et premières fêtes. Nous avons tout découvert simultanément.
Bien qu’ayant des caractères diamétralement opposés, nous nous complétions à merveille, et cela nous donnait une force colossale. Moi la froussarde, lui l’intrépide. Moi, la bavarde, lui le taiseux. Moi l’éternelle indécise et lui le fonceur.
Il faisait partie de mon existence dans le sens où il m’était devenu indispensable, de ceux qui vous accompagnent le long d’une vie. Un témoin bienveillant de chaque étape franchie dans la construction de ma personnalité. »

« Je bossais pour une multinationale dans le quartier de la Défense, m’a-t-elle confié. J’avais de grosses responsabilités et le salaire qui allait de pair. Je jonglais entre les bureaux de Paris et de Londres. Je sautais d’un train à l’autre. Je ne comptais plus mes heures. Pas de conjoint, pas d’enfants, peu de loisirs. J’emportais des dossiers à la maison le soir comme le week-end et je ne m’accordais aucun répit. Je ne pensais qu’à la boîte, je ne vivais que pour elle. Ma carrière évoluait bien, m’apportait beaucoup de reconnaissance, et j’en étais fière, malgré le stress constant et l’épuisement. »

 

Florence Tholozan réside dans les proches environs de Montpellier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu l’amour des mots.

Diplômée en psychologie clinique, elle enseigne dans l’Hérault.

La Chinoise du tableau est son premier roman. Il a été présenté pour le Prix de la 1ère Œuvre d’une auteure 2020 et a concouru au Prix du Livre Romantique 2019 pour lequel il a été finaliste. Traduit en plusieurs langues il a été récompensé par le Prix Paroles d’Auteur(e)s.

L’écho de nos jours est son deuxième roman.