Adolescence, Amour, Autobiographie, Émotion

Les Rêveurs

de Isabelle Carré
Poche – 30 janvier 2019
Éditeur : Le Livre de Poche

« On devrait trouver des moyens pour empêcher qu’un parfum s’épuise, demander un engagement au vendeur – certifiez-moi qu’il sera sur les rayons pour cinquante ou soixante ans, sinon retirez-le tout de suite. Faites-le pour moi et pour tous ceux qui, grâce à un flacon acheté dans un grand magasin, retrouvent l’odeur de leur mère, d’une maison, d’une époque bénie de leur vie, d’un premier amour ou, plus précieuse encore, quasi inaccessible, l’odeur de leur enfance… »

Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées du moment, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

Une parfaite unité de ton, une grande justesse d’observation.
La Croix.

Une plume aussi délicate qu’experte,
qui virevolte d’une scène à une autre, d’un sentiment à un autre.
L’Express.

L’auteure a su créer un objet passionnant, dont chaque détail sonne juste.
Elle.

Avec Les Rêveurs” son premier roman, Isabelle Carré nous ouvre les portes de son passé, un récit intime et sensible où réalité et fiction s’entrelacent avec une douceur mélancolique. À travers une écriture délicate et lumineuse, elle remonte le fil de son enfance marquée par la singularité et les silences, une famille éclatée, des parents en quête d’un bonheur insaisissable, et une petite fille qui observe, tente de comprendre, d’aimer malgré tout.

Dans ce roman, l’auteure évoque les non-dits, ces blessures discrètes qui façonnent un être, mais aussi les échappées belles, les instants de grâce qui illuminent l’existence. Elle décrit un père rêveur, une mère éprise de liberté, un monde où l’enfance se construit entre l’émerveillement et l’incompréhension des adultes. Loin d’un simple récit autobiographique, Les Rêveurs est un roman d’apprentissage où chaque souvenir semble suspendu dans une bulle de douceur, parfois teintée de tristesse.

Je me suis laissé porter en douceur par son écriture intime, poétique, tendre et mélancolique, où chaque mot semble pesé avec soin pour en révéler toute la justesse, où chacun pourra, je le pense, retrouver un fragment de sa propre histoire.

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Extraits :

« Elle n’a pas senti ma main lui échapper, elle n’était que de l’eau ou du vent dans la sienne. J’ai six ou sept ans, et ce rêve revient de plus en plus sou-vent. Je sais bien que ce n’est qu’un cauchemar, mais il semble contenir une vérité que je ne saurais ignorer : ma mère ne me voit pas, elle ne me sauvera d’aucun danger, elle n’est pas vraiment là, elle ne fait que passer, elle est déjà passée. Elle s’en va. »

« Tu vas aller vivre là-bas, ton frère te donnera un peu d’argent, tu éviteras absolument de voir tes amis, et surtout tu n’iras pas dans Paris, à aucun moment, tu entends ! Il ne faut pas qu’on te voie… La clinique qu’on t’a trouvée pourra t’accueillir jusqu’au terme, tu n’auras qu’un papier à signer. Un papier, c’est tout. »

« Mais l’enfant qui n’a pas possédé ce trésor ne le récupérera jamais. Il restera pour toujours démuni, lésé, comme tous ceux qui ont grandi sans tendresse, et se sont rassurés seuls dans leur chambre, les genoux repliés dans des bras gelés.
Se raconter des histoires, se frotter la joue avec un mouchoir, chanter à voix basse…
Aucun adulte ne la félicite jamais pour ces efforts, ils passent inaperçus. On prend vite l’habitude de ne compter que sur soi-même. »

« Dès le lendemain de sa naissance, ils sont revenus.
Son père et ses sœurs sont restés un long moment silencieux, son frère a tout de même fait l’effort de quelques paroles de circonstance. Puis ils sont repar-tis, la laissant seule avec son enfant.
Elle comprend à leur façon de dire au revoir qu’ils ne reviendront plus.
Tout ce qui vient d’eux lui est égal désormais. Et tout ce qui ne viendra jamais. »

Isabelle Carré est une actrice et écrivaine française.

Au théâtre comme au cinéma, elle est l’une des plus grandes comédiennes françaises.
Elle a obtenu le César de la meilleure actrice en 2003 pour son rôle dans Se souvenir des belles choses ainsi que le Molière de la comédienne à deux reprises (en 1999 : Molière pour Mademoiselle Else et en 2004 pour L’Hiver sous la table).

Elle se lance dans l’écriture en 2018 avec un premier roman très remarqué, Les rêveurs, qui remporte un extraordinaire succès et est couronné, entre autres, du Grand Prix RTL-Lire, du Prix des lecteurs L’Express-BFMTV et du Grand prix de l’héroïne Madame Figaro, et Du côté des Indiens, en 2020.

Émotion, Philosophique

Le parfum des fleurs la nuit

de Leïla Slimani
Poche – 14 avril 2022
Éditions : Folio

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“Écrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle”. Comme un écrivain qui pense que “toute audace véritable vient de l’intérieur”, Leïla Slimani préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la Pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ? Autour de cette “impossibilité” d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leïla Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la Pointe de la Douane.

 

• Couv_2023-117_Slimani Leïla - Le parfum des fleurs la nuit

 

Je ne connais pas l’âge de Leïla Slimani, mais à la lecture de ce “petit roman” on pourrait croire qu’il a été écrit par une personne beaucoup plus âgée, ou alors, Leïla a déjà vécu de nombreuses vies…

“Petit” par son nombre de pages, Le parfum des fleurs la nuit est un très grand livre, érudit, poétique, beau et mélancolique. Dès le début de ma lecture, c’est comme si le temps s’était arrêté ! En quelques pages Leïla a abordé tellement de sujets différents et intelligents qu’il a fallu que je m’attarde sur certains passages. Non pas parce que je ne les avais pas compris, mais ils étaient tellement fondé, et tellement juste que j’ai vraiment pris du plaisir à ces relectures. Après avoir lu il y a quelques mois Chanson douce, je savais que j’allais très vite lire d’autres romans de cette auteure. Elle confirme ici mon premier Ressenti. Cette lecture m’a donné l’impression d’avoir pris une très grande inspiration. Et…

J’ai voyagé, de Rabat à Paris, puis de Paris à Venise où se roule le récit, mais c’est surtout dans l’esprit de Leïla que j’ai voyagé. Leïla se dévoile, se raconte, les doutes sur son métier, son pays, sa langue maternelle, toutes les difficultés à définir son identité, son père, sa mère, sa religion aussi. C’est très émouvant, tout sonne tellement juste, tellement vrai. Je pense que ce n’est pas pour rien qu’à 30 ans à peine, elle ait déjà reçue le Prix Goncourt.
Je vais continuer à la lire, j’aimerais beaucoup la rencontrer, pouvoir discuter avec elle voir si le temps s’arrête de nouveau…

“Le parfum des fleurs la nuit”, c’est la réminiscence de tout les souvenirs enfouis, c’est la mémoire olfactive du passé qui se réveille. Le sien, mais aussi le nôtre…

Merci Leïla, pour ta plume élégante et magnifique qui telle une douce symphonie m’a accompagnée pendant quelques heures, bien trop courtes à mon goût.
Coup de cœur pour Leïla, que je recommande vivement !

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Extraits :

« Si je n’avais rien à raconter sur l’art contemporain, qu’allais-je bien pouvoir dire sur Venise ? Il n’y a rien de plus effrayant, pour un écrivain, que ces sujets sur lesquels il semble que tout a déjà été dit. »

« En trente ans, la population de Venise a été réduite de moitié. Les appartements, ici, sont mis en location pour les voyageurs de passage. Ils sont vingt-huit millions chaque année. Les Vénitiens, eux, sont comme des Indiens dans une réserve, derniers témoins d’un monde en train de mourir sous leurs yeux. »

« Dans quel piège suis-je encore allée me fourrer ? Pourquoi ai-je accepté d’écrire ce texte alors que je suis intimement convaincue que l’écriture doit répondre à une nécessité, à une obsession intime, à une urgence intérieure ? D’ailleurs, quand les journalistes me demandent pourquoi j’ai choisi tel sujet pour mon roman, je me trouve toujours en peine de répondre. J’invente quelque chose, un mensonge crédible. Si je leur disais que ce sont nos sujets qui nous choisissent, et pas l’inverse, ils me prendraient sans doute pour une snob ou une folle. La vérité, c’est que les romans s’imposent à vous, ils vous dévorent. »

« Je n’ai pas peur de la mort. La mort n’est rien d’autre qu’une solitude aboutie, entière, absolue. C’est la fin des conflits et des malentendus. C’est le retour, aussi, à la vérité des choses, au dénuement. Ce que je crains, c’est la résistance du corps. La déchéance. La douleur qui ronge les chairs. »

« L’eau, la neige, le vent ne tiennent pas au creux de la main. Aussi fort qu’on veuille les saisir, ils restent rétifs à notre volonté de les emprisonner. C’est assez semblable à l’expérience que fait tout écrivain lorsqu’il commence un roman. Au fur et à mesure qu’il avance, un monde se crée, mais l’essentiel demeure inaccessible comme si en écrivant, on renonçait en même temps, chaque fois, à ce que l’on voulait écrire. L’écriture est l’expérience d’un continuel échec, d’une frustration indépassable, d’une impossibilité. Et pourtant, on continue. Et on écrit. “Garder courage, en sachant au préalable qu’on sera vaincu et aller au combat : c’est ça la littérature”, disait l’écrivain chilien Roberto Bolaño. »

 

 

Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, d’une mère franco-algérienne et d’un père marocain, est une journaliste et écrivain franco-marocaine.

Élève du lycée français de Rabat, Leïla Slimani grandit dans une famille d’expression française. Son père, Othman Slimani, est banquier ; sa mère est médecin ORL, mi-alsacienne, mi-algérienne. En 1999, elle vient à Paris pour ses études où elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris. Elle s’essaie au métier de comédienne (Cours Florent), puis décide de compléter ses études à ESCP Europe pour se former aux médias. À cette occasion, elle rencontre Christophe Barbier, alors parrain de sa promotion, qui lui propose un stage à L’Express. Finalement, elle est engagée au magazine Jeune Afrique en 2008 et y traite des sujets touchant à l’Afrique du Nord.

En 2014, elle publie son premier roman aux éditions Gallimard, Dans le jardin de l’ogre. Le sujet (l’addiction sexuelle féminine) et l’écriture sont remarqués par la critique et l’ouvrage est sélectionné pour le prix de Flore 2014.

Son deuxième roman, Chanson douce, obtient le prix Goncourt 2016.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/02/chanson-douce/

Émotion, Histoire vraie, Philosophique, Témoignage

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

de Haruki Murakami
Poche – 17 février 2011
Éditeur : 10 X 18

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De la course à l’écriture, il n’y a qu’une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s’astreindre à une discipline d’écrivain, l’auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.

“Un traité de sagesse à la japonaise, et c’est aussi la source cachée
de l’œuvre de Murakami, l’homme aux semelles de vent
qui dévore les mots et le bitume avec la même fringale.”
André Clavel, L’Express

Traduit du japonais par Hélène Morita

 

• Couv_2023-103_Murakami Haruki - Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

Avec “Autoportrait de l’auteur en coureur de fond”, je découvre Murakami, un auteur culte au Japon et pas seulement, puisqu’il a été traduit dans une trentaine de langues.

Je me dois d’être honnête.
Cet essai autobiographique risque d’ennuyer plus d’un lecteur. Le livre s’adresse vraiment aux coureurs qui ont ce besoin personnel d’aller au-delà de soi. Pendant des années, j’ai couru à raison de cinq à six fois par semaines entre cinq et dix kilomètres, parfois beaucoup plus, en fonction de l’heure à laquelle je devais me rendre à mon travail. Ça a toujours été une véritable passion, une introspection personnelle qui me permettait d’aller toujours plus loin. Le plaisir du dépassement de soi, en participant même à quelques marathons.

Murakami, l’explique très bien. Il nous parle de ses sensations ressenties hiver comme été, tout au long de l’année. À aucun moment, il ne conseille, ou incite le lecteur à courir. La course à pied est un chemin très personnel. J’ai passé des heures et des heures, seul, tantôt sous le soleil, parfois sous la pluie. C’est un choix. Un geste si simple, à la portée de tous !
Chaussures de course aux pieds, ma musique dans les oreilles et c’était parti !
Je n’avais jamais vraiment fait attention à la démarche philosophique que la course à pied impliquait… C’était naturel pour moi, et ce, depuis très jeune. Ce sport en “solitaire” me convenait très bien. Grâce à Haruki Murakami, maintenant, je sais pourquoi. Je comprends aussi qu’elles ont été les conséquences pour ma vie professionnelle et personnelle.
Durant les courses à pieds, le seul adversaire que l’on doit vaincre, c’est soi. La course est pénible physiquement et parfois même moralement, mais c’est précisément la souffrance que nous cherchons à dépasser qui nous confère le sentiment d’être véritablement heureux, véritablement vivants.

Puis l’auteur révèle finalement les liens qui existent entre l’écriture et le sport, particulièrement les sports solitaires. Ce que Murakami a vécu, il parvient à nous le faire partager à travers des mots simples et des anecdotes d’une grande justesse. Finalement, ce récit dépasse de très loin le cadre qu’il s’était imparti. Il y a dans ce livre une philosophie de la vie fondée sur l’effort, la volonté, la persévérance, débouchant sur l’immensité du possible humain…

Un très grand Merci à Chris Loseus pour cette très belle idée de lecture, qui a encore ouvert quelques brèches supplémentaires dans mon esprit, et m’a donné envie de découvrir ce “nouvel” auteur.

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Extraits :

« “Courez chaque jour et vous garderez la forme !”
Ce que j’ai voulu faire, au contraire, c’est exposer mes pensées sur le sens que revêt pour moi, en tant qu’être humain, le fait de courir. Tout simplement m’interroger, chercher des réponses.
Selon Somerset Maugham, “il y a de la philosophie même quand on se rase”. Se raser a beau être parfaitement anodin, comme cette opération se répète quotidiennement, elle finit par se transformer en un acte qui tient de la méditation. »

« De nombreuses raisons expliquent le fait qu’à certaines époques de ma vie, j’ai cessé de courir “sérieusement”. Tout d’abord, j’ai été de plus en plus occupé par mon travail, et le temps libre est devenu une sorte d’extra. »

« Noter tout ceci par écrit paraîtra un peu idiot pour quelqu’un de mon âge, mais je veux m’assurer que je rends compte des faits très clairement : je suis le genre d’homme qui aime faire les choses – quoi que ce soit – tout seul. Et pour être encore plus direct, je dirai que je suis le genre d’homme qui ne trouve pas pénible d’être seul. Je n’estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d’être installé seul à ma table quatre ou cinq heures durant. J’ai toujours eu cette inclination depuis ma jeunesse : lorsque j’avais le choix, je préférais invariablement lire des livres seul ou bien me concentrer à écouter de la musique plutôt que d’être en compagnie de quelqu’un d’autre. J’étais toujours apte à penser à des choses à faire quand j’étais seul. »

« Et un jour, j’ai eu envie de m’élancer sur la route. Simplement parce que j’en avais envie. Depuis toujours, j’agis selon mes désirs profonds. On a beau vouloir m’arrêter ou me persuader que je me trompe, je ne dévie pas. Comment un homme comme moi pourrait accepter d’être dirigé par qui que ce soit ? »

 

Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kōbe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda, avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974.

Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront : La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse et L’éléphant s’évapore.

Exilé en Grèce en 1988, en Italie puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l’oiseau à ressort et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kōbe, Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (livres 1,2 et 3). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication d’Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, ses deux premiers romans inédits. Le Meurtre du Commandeur (livres 1 et 2) est son dernier roman paru.

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Einstein, le sexe et moi

de Olivier Liron
Poche – 14 août 2019
Éditions : Points

Top ! Je suis un garçon fougueux, normalien et autiste Asperger. Mon enfance n’a pas toujours été rose à cause de ma différence. Je suis fasciné par les dates et calcule le produit de 247856 par 91 pour m’endormir. En 2012, j’ai participé à l’émission Questions pour un champion, une expérience libératrice. Entre deux épreuves, je trempe toujours une madeleine dans du coca… Je suis… Je suis… Olivier Liron ! Oui !

Né en 1987, Olivier Liron a étudié à l’École normale supérieure avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre.


ELLE

 

 

J’ai rencontré Olivier Liron, le 16 avril, à Valmondois, où nous avions pu discuter un peu (pas assez à mon goût…), pendant le Rock’n Books 2022.
Puis, j’ai lu l’excellent “Livre de Neige”, où il raconte l’histoire de sa mère et de sa famille…
Depuis, je voulais en savoir un peu plus sur lui, savoir ce qui pouvait bien se “passer” dans sa tête !

Et bien dans sa tête… Il y en a des choses !
Certaines qui lui ont permis de s’épanouir, d’autres qui malheureusement ont dû peser bien lourd sur ses épaules d’enfant.

Avec “Einstein, le sexe et moi”, il soulève un peu le rideau personnel de sa vie. Il dévoile et partage les embûches qui ont fait et font encore régulièrement parties de son quotidien, avec une grande question centrale.
Qu’est-ce que la normalité ?
Qui décide de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas ?
D’où vient la notion de « normalité », alors que nous sommes tous si différents ?
Grand, noir, petit, blanc, bègue, sourd… Gros, maigre… Atteint de cécité ou même autiste Asperger…

Il n’y aurait donc pas de normalité ?

Et non… Juste des différences, et qu’il faut apprendre à vivre avec…

C’est justement de toutes ses/ces différences dont nous parle Olivier.
Il est autiste Asperger ? Et alors… ce n’est pas une maladie !

“Einstein, le sexe et moi” est un roman coup de poing !
Avec des anecdotes, de l’émotion, beaucoup d’intelligence (c’est normal…), et de l’humour aussi (et oui…), des madeleines trempées dans du Coca, plein de question où j’ai pu aussi m’amuser à répondre au fur et à mesure de ma lecture… Olivier nous entraîne dans une farandole très personnelle, sa participation à “Questions pour un champion”, point de départ du début de son “autre” vie… En faisant des allers/retours vers son passé, sa famille, l’école (les profs… quelle galère !), les amis (les quoi ???) les filles (Heu… pas trop quand même…), ses silences, la honte qu’il ressent tout le temps, sa honte d’avoir honte et les préservatifs (comment ça marche ça encore ???…)…
Mais aussi une déclaration d’amour incroyable, de toute beauté, brute et vivante ! La plus belle que j’ai lue à ce jour…

J’ai été triste pour Olivier à certains moments, mais j’ai aussi ri avec lui, à la grande surprise des gens autour de moi dans les transports. Olivier ! Il y en a même un qui est venu me demander ce que je lisais et l’a noté ! Si, si je t’assure… Un futur nouveau lecteur…

Alors, STOP à la normalité !
Nos différences, nos révoltes peuvent faire de nous le meilleur de nous-même… Oui, on peut transformer la vie, notre vie.
Faites comme Olivier. Un pas devant l’autre… Un à la fois.
Le meilleur restera toujours à venir !

Une très belle lecture, sincère et toute en émotion qui passe par toutes les étapes d’une vie “normale”…

PS. OLivier, Face à la violencedu monde, je pense que la littérature peut beaucoup !

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Extraits :

« Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je préfère réaliser des activités seul plutôt qu’avec d’autres personnes. J’aime faire les choses de la même manière. Je prépare toujours les croque-monsieur avec le même Leerdammer. Je suis fréquemment si absorbé par une chose que je perds tout le reste de vue. Mon attention est souvent attirée par les bruits discrets que les autres ne perçoivent pas. »

« J’ai dans mes tripes la mémoire de la différence qu’on m’a apprise, qu’on a tatouée dans ma chair. Mes oreilles trop grandes, objet de risée et qui subissaient tellement de pichenettes et de coups qui défonçaient leur cartilage, qu’elles saignaient à la fin de la journée, et que je devais coller ma tête chaque soir contre la vitre du bus scolaire pour apaiser la brûlure et leur faire sentir le froid… Je n’oublierai jamais la sensation de douleur dans mes oreilles, pas uniquement sur le lobe, mais à l’intérieur, une douleur sourde et perçante à l’intérieur, chaque fois plus insupportable. Elle est insignifiante et si forte que je la ressens encore aujourd’hui. »

« C’est marrant, je parle du corps, mais j’ai l’impression que les mots ont encore plus de pouvoir que les coups, que les mots sont les coups qui ne partent jamais, les plus indélébiles, les plus violents pour le corps, justement. Je pense que le mot que j’ai entendu le plus jusqu’à mes quatorze ans est “gogol”. J’ai dû entendre dix mille fois les gens m’appeler gogol. À l’école, et surtout au collège, les enfants différents souffrent le martyre. C’est déjà le pouvoir hideux et haineux de la norme. Aujourd’hui encore quand j’entends à la radio les “normaux” ceux qui ont le pouvoir de la norme, de dicter la norme, de faire la norme, les politiciens et les financiers, les humoristes pas drôles, les haineux de tous bords, j’ai envie de les déchiqueter avec les dents. Pour leur montrer de quel bois on se chauffe, nous les gogols. »

« Jusqu’au moment où je suis tombé amoureux comme on se fait écraser par un train, d’une fille qui s’appelait Barbara. Barbara était belle à en mourir, elle avait les yeux verts et un rire dont je pourrais parler pendant des heures. J’étais fou amoureux d’elle. Quand elle riait, j’étais amoureux. Quand elle chuchotait, j’étais amoureux. Lorsqu’elle pleurait ses amours mortes, j’étais amoureux ; quand elle se taisait, j’étais amoureux ; je la comprenais ; je l’écoutais ; à jamais je l’aimais. »

 

 

Olivier Liron est né en 1987, il vit à Paris. Normalien et agrégé d’espagnol, il enseigne la littérature comparée à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle avant de se consacrer à l’écriture et au théâtre. Il se forme en parallèle à l’interprétation et à la danse contemporaine à l’École du Jeu et au cours Cochet. Son premier roman, Danse d’atomes d’or, est publié en 2016 chez Alma Éditeur. Il est également l’auteur de pièces de théâtre, de scénarios pour le cinéma et de fictions sonores pour le Centre Pompidou.

Émotion, Drame, Histoire vraie

DIS MERCI MON COEUR

de Patrick Belli
Broché – 4 novembre 2020
Éditeur : Kobo By Fnac

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Angie et Patrick pense à l’adoption mais ils sont loin de s’imaginer ce qui les attends. Ce livre témoignage sur leur parcours d’adoption titanesque est avant tout un hymne à la vie, à l’amour. Ce carnet de route met en lumière la complexité de la procédure. Angie et Patrick abordent leur expérience sur les différentes étapes administratives. Comment se déroule l’enquête psychosociale qui même à l’obtention de l’agrément, le choix de l’âge de l’enfant ou des enfants à adopter (avec ou sans particularités physique ). Doivent-ils opter pour une adoption en France ou à l’Etranger ? vers quels organismes se tourner ? comment constituer un dossier d’adoption ? Leur décision est prise, ils se tourneront vers Haïti. Ont-ils fait le bon choix en cette année 2009 l ? L’avenir nous le dira. Suivez pas à pas Angie et Patrick dans leur aventure d’amours, parfois morte, une aventure parsemée de peines, de peurs, d’envie, d’émotions. Vous y découvrirez des correspondances, des témoignages et médiatisation. Patrick se livre sans artifice, sans pudeur. Et vous auriez-vous pu supporter tout cela ? Toujours y croire, ne jamais abandonner.

 

2022_006_Belli Patrick - Dis merci mon cœur

 

Dans certains livres, c’est l’histoire qui m’a plu, pour d’autres, c’est le style, les mots de l’auteur…
Pour “Dis merci mon cœur”, c’est l’amour et les émotions qui se dégagent entre les lignes qui m’ont emporté !

La première question qui m’est venu à la toute fin de ma lecture a été : Comment ont-ils fait ? Il aura fallu beaucoup de courage et d’abnégation à Patrick et Angie pour arriver au bout de leur beau projet… l’adoption !

Patrick nous prévient dès le début de son livre : “Je ne suis pas un écrivain, d’ailleurs, je n’ai aucune aptitude à l’écriture.
Que nenni !!!

Cette aptitude, il l’a, et il l’a maîtrise parfaitement, tout simplement, par sa douceur et sa sincérité, mais aussi ses petites touches d’humour çà et là, qui permettent régulièrement de reprendre son souffle. J’ai lu le livre d’une traite. Impossible de s’arrêter entre deux chapitres.

Cette histoire vraie, poignante et incroyable m’a remué les tripes. Je suis passé par la colère, le refus, l’envie de hurler, la tristesse, la joie, la peur aussi et j’ai eu du mal à me contenir pour ne pas pleurer, mais heureusement au final, il y a la lumière.

Patrick nous raconte son histoire, avec toutes les difficultés qu’il a croisées avec sa femme, un vrai chemin de croix. Jamais je n’aurai pu imaginer toutes les difficultés de l’adoption sans avoir lu ce livre. Oui, je savais qu’il y avait des procédures qui pouvaient être longues, mais tout ce qu’ils ont vécu… !

Je ne peux que m’incliner aussi devant la force qu’il a fallu, pour se mettre “à nu” et dévoiler tous ces moments intimes, où nombreux déjà, nous aurions baissés les bras. Les difficultés administratives, des délais affligeants, des enfants perdus qui attendent d’être sauvés. Puis, un tremblement de terre, et tout un monde qui s’effondre.
Les descriptions du Haïti “d’après”, sont hallucinantes.

Je conseillerai vraiment ce livre aux personnes qui veulent adopter et qui sont en attente. Il vous redonnera espoir… Et comme le dit si bien Patrick, “Toujours y croire, ne jamais abandonner”.

Il faut lire ce livre.
Pour que tout le monde soit au courant, et pour que les choses changent !
Pour moi, il y aura eu un avant “Dis merci mon cœur”, et un après…
Je ne peux terminer sans un grand BRAVO à “Maman” Eveline qui, même si je ne la connais pas personnellement, a mis du baume dans mon cœur…

Un très grand merci à mon amie Blandine Carron pour ce très beau cadeau, qui me touche tout particulièrement.

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Extraits :

« Je ne suis pas un écrivain, d’ailleurs je n’ai aucune aptitude à l’écriture. Veuillez me pardonner par avance amis lecteurs.
J’ai longuement hésité à coucher sur ces pages mon parcours initiatique pour devenir père.
Pour beaucoup d’entre vous, le souhait de donner la vie, une fois mûrement réfléchi, est une partie de désir et de plaisir.
Dame nature intervient alors. Toute femme est alors soumise à son bon vouloir.
Heureusement, dans la majorité des cas, Mesdames et Messieurs, votre envie est exaucée. »

« J’implore le ciel pour que le noir qui nous entoure se transforme progressivement en bleu. Je supplie le créateur pour que la poursuite de notre parcours d’adoption porte ses fruits. »

« Il y a clairement une cassure dans mon parcours de vie.
Il y a peu, je ne pouvais imaginer me retrouver éloigné de mes activités professionnelles. J’étais concentré sur ma carrière.
Ce château de cartes s’est effondré comme la crèche. Il ne reste qu’un champ de ruines. Je dois reconstruire mon chemin. Il ne pourra passer que par la consolidation de ma vie de famille et surtout son agrandissement.
Nous ne sommes plus maîtres de notre destin. »

« Nous avons le plaisir d’échanger avec Clausel, le frère d’Éveline. Cet homme nous apprend que les Haïtiens ont une très mauvaise image sur l’adoption des enfants par des Européens. Il ne s’agit pour eux que d’un trafic de donneurs d’organes pour les plus riches. Il nous avouera qu’il avait lui-même des doutes sur les réelles intentions des parents.

C’est pour cela que sa sœur a souhaité qu’il partage son périple en France. Il aura cette formidable confession « jamais je n’aurais pu imaginer qu’une simple photo d’enfant donnée aux futurs parents puisse provoquer autant de joie et d’amour ! » Merci Monsieur Clausel pour votre sincérité. »

 

 

Après moult tentatives d’avoir un enfant, un couple décide de se lancer dans le parcours de l’adoption. Leur désir d’avoir une descendance est une obsession depuis tant d’années.
Comment pouvaient-ils une seule seconde imaginer le parcours titanesque qui les attendrait. Leur décision est prise, ils se tourneront vers Haïti. Ont-ils fait le bon choix en cette année 2009 ? L’avenir nous le dira.
Cette histoire romanesque n’en est pas moins une histoire véridique. Vivez notre épopée parfois drôle mais le plus souvent éprouvante et bouleversante au travers de témoignages, de correspondances, de médiatisation.
Mais surtout toujours y croire, ne jamais abandonner…

Adolescence, Romance

un jour ce sera vide

de Hugo Lindenberg
Broché – 20 août 2020
Éditeur : ‎Christian Bourgeois

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C’est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l’enfance où tout se vit intensément, où l’on ne sait pas très bien qui l’on est, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d’une guerre qu’il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d’autant plus forte qu’elle se fonde sur un déséquilibre : Baptiste a des parents parfaits, habite dans une maison parfaite. Sa famille est l’image d’un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui.

Flanqué d’une grand-mère à l’accent prononcé, et d’une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d’appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?

Ecrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu’on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. Hugo Lindenberg y explore les sentiments, bons comme mauvais, qui traversent toute famille, et le poids des traumatismes de l’Histoire.

 

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Un roman poignant à l’écriture belle et agréable, mais…
Et oui, il y a un mais !

“un jour ce sera vide”, est l’histoire d’un jeune garçon.
Il a 10 ans, il vit chez sa grand-mère en bord de mer et “subit” les visites régulières de sa tante. Ses journées sont monotones et s’écoulent hors du temps. Il marche ainsi invisible le long de la plage, occupe ses journées comme il peut… Il regarde les nuages, traque les fourmis…
Un jour, alors qu’il contemplait des méduses, il fait la connaissance de Baptiste qui très vite va devenir un modèle et surtout son meilleur ami… D’ailleurs, c’est son seul ami.
Baptiste est parfait. Il a tout. Une famille aisée, une jolie maman, une belle maison, mais surtout, il a sa propre chambre ! Et ce qui ne gâte rien, il est beau.

Commencera alors pour lui, une nouvelle façon de percevoir les choses, l’arrivée des premiers émois aussi. Baptiste va le mener dans un monde où tout n’est pas sombre, où il y a de la vie et des rires… Le monde extérieur l’attire, mais la peur et le doute l’empêchent d’aller de l’avant.

Ce roman retrace le parcours intérieur, très sombre, d’un garçon juif ayant régulièrement honte de sa famille. Très vite j’ai ressenti le malaise de son quotidien, sa souffrance même. Pour protéger le jeune orphelin, sa famille meurtrie par la Shoah, l’isole, enfermé dans un monde de silences et de non-dits où tout tourne en boucle, constament dans son esprit.

L’écriture est belle et agréable, mais…
On en revient au “mais”.

J’ai eu du mal à me projeter dans l’esprit du garçon. À 10 ans, il pense comme un adulte.
Trop réfléchi pour moi, dans ses tournures de phrases et dans ses réflexions aussi ! Cela m’a un peu embêté je l’avoue.
L’intrigue ne m’a pas captivée non plus, et le final un peu brusque a failli me faire trébucher ! (Je sais, je sais, je ne devrais pas lire en marchant !)
Mais, je me dois de souligner quand même, un sacré niveau d’écriture avec beaucoup de sensibilité et de mélancolie.
Style fluide, chapitres courts, Hugo Lindenberg arrête parfois le temps, le fige nous proposant des images, des détails qui m’ont fait remonter plusieurs souvenirs personnels.

C’est vrai je n’ai pas été emporté par ce roman original, mais les mots… les mots sont là.
Forts, justes, pointus qui appuient là où ça fait mal.
Un premier roman qui interpelle…

N’hésitez pas à vous faire votre opinion !

Dit Hugo,
Pourquoi n’y a-t-il pas de majuscule dans le titre ?
Je me triture les méninges et je ne vois pas…

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Extraits :

« “Tu vas t’esquinter la vue à lire tout le temps. Va à l’eau comme les autres.” Je me demande de quels autres elle parle. »

« Petit-déjeuner, se laver, s’habiller, déjeuner, dîner, se baigner, se déshabiller, se coucher. Notre vie est une symphonie de robinets qui coulent, de chasses tirées, de bains vidés, de vaisselle lavée, de linge essoré. Et pour se divertir de ce déluge : la mer. »

« Je dois toujours bien penser à mettre une intention de garçon, de ce que j’imagine être un garçon, dans chaque phrase, chaque geste chaque idée, parce que je vis dans la peur d’être démasqué et cette peur est d’autant plus difficile à maîtriser que je n’ai aucune idée grossière de ce que je dois dire, faire ou penser un vrai garçon. »

« Les voisines de ma grand-mère sont immortelles. Celle de Paris est tellement âgée qu’elle a un accent qui vient non pas de l’étranger, mais du passé. »

 

Hugo Lindenberg est le fils de l’historien, essayiste et journaliste Daniel Lindenberg.

Il est diplômé en 2001 d’une maitrise de droit public à l’Université Paris I – Panthéon-Sorbonne, puis d’un master de journalisme de l’ESJ Lille en 2005. Il devient alors journaliste de presse écrite pour divers magazines, notamment Ça m’intéresse et Les Inrocks.

En 2012, il participe au lancement du magazine Neon. L’année suivante, il devient rédacteur en chef adjoint du magazine Stylist. Il est également rédacteur en chef de Machin Chose, un magazine masculin gratuit à partir de 2017. Il exerce ses fonctions jusqu’en 2018. Depuis 2019, il est journaliste indépendant.

Il publie son premier roman “un jour ce sera vide” aux Christian Bourgois éditeur en 2020 qui reçoit le prix du Livre Inter en juin 2021.

Émotion

De Saint-Tropez à Sibiu

de Christian Avreix
Broché – 3 mai 2019
Éditeur : Édilivre

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Ce récit autobiographique nous emmène de la Côte d’Azur en Roumanie. On découvre comment une histoire familiale peut prédestiner un de ses descendants et comment l’histoire personnelle de celui-ci peut entrer en résonance avec son histoire familiale. La boucle est bouclée. Mêlée à de nombreuses références d’événements contemporains, oubliés ou méconnus en fonction de l’âge du lecteur, cette histoire, truffée de détails, impressionne tant par l’émotion de certaines situations, que par la mémoire phénoménale de l’auteur, lui permettant de retranscrire son enfance, son adolescence, ses années d’études, ses vacances, ses rencontres amicales, professionnelles, sa vie professionnelle de salarié puis de chef d’entreprise, sa femme, ses enfants, ses joies, ses peines, ses réussites, ses échecs.

 

2021_085_Avreix Christian - De Saint-Tropez à Sibiu

 

Avant tout, je tenais à remercier Xavier Mouille, pour l’envoi de ce livre il y a quelques semaines !

J’avoue d’abord avoir été surpris par cet envoi.
“De Saint-Tropez à Sibiu”, je savais que Sibiu se trouvait en Roumanie, et de prime abord, ce n’est pas du tout le genre de lectures auxquelles je suis habitué. J’ai très vite été embêté…
Pourquoi moi ?
Je l’ai mis de coté ! (On verra plus tard…)
Puis au bout de quelques jours je me suis mis à la place de Xavier qui avait eut la bienveillance de me faire cet envoi. J’ai repris le livre et me suis rendu compte que c’était “son” histoire !
Je l’ai donc glissé dans la PAL de mes livres “Surprises dans la boîte aux lettres”…

Et grand bien m’en a pris !

Ce n’est pas un roman. C’est une tranche de vie, un roman autobiographique qui m’a fait voyagé, pas seulement grâce au photos disséminées le long des pages mais tout simplement par un texte touchant, comme peut l’être la vie.
J’ai traversé la France mais aussi l’Europe, parfois en vélo parfois en voiture.
Plutôt doué à l’école, notre “héro” fait des études un peu poussées et s’oriente très vite vers tout ce qui tourne autour des mathématiques et des sciences. C’est un “technique”. Ce sera ensuite un enchainement d’anecdotes, tantôt drôles, tantôt moins et puis la vie professionnelle, avec des hauts, des échecs, de la prison, et oui… les injustices, la vie de couple et de papa. La vie quoi !

J’ai finalement passé un moment agréable de lecture avec une préférence sur la première partie jusqu’au service militaire, mais le reste n’en n’est pas moins intéressant.

Malgré mon appréhension, une belle “surprise” vers laquelle je ne serai jamais allé !

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Extraits :

« Au contrôle des passeports, le fonctionnaire m demande pour quel motif je rentre en Roumanie, et il examine le contenu de la voiture. Quand je lui dis que je viens m’installer à Sibiu pour y créer une entreprise, il a l’air très heureux, ne fait aucun commentaire sur le matériel que je transporte et me souhaite une bonne chance. Je ne parle pas la langue roumaine, mais il comprend bien le français, comme un grand nombre de citoyens roumains depuis plus de trente ans. En effet, de 1947 à 1989, sous le régime communiste, la langue française été choisie par de nombreux parents, qui ne souhaitaient pas que leurs enfants apprennent la langue russe, seule alternative offerte. Depuis la révolution, la langue anglaise est proposée et majoritairement choisie comme première langue étrangère, la langue française choisie comme deuxième langue, ou, selon les régions, la langue allemande ou hongroise, en particulier en Transylvanie. »

« Comme l’année précédente, le mois de juillet se passe à Saint-Tropez, où notre grand-mère nous amène à la plage le matin et nous fait faire les devoirs de vacances l’après-midi. Les mois d’août et septembre se passent à Amélie-les-bains. Dans cette ville, j’ai accès à la bibliothèque municipale, et je prends goût à la lecture de nombreux romans d’aventures et d’anticipation, entre autres ceux écrits par Jules Verne, dans la collection originale de l’éditeur Hetzel. Le premier livre est « les enfants du capitaine Grant », passionnant Roman qui raconte la recherche de leur père disparu par ses enfants autour du trente-septième parallèle de l’hémisphère sud. »

« Cette particule, que les frères Bogdanov appellent « la particule de Dieu », permet d’expliquer comment ce serait passé la création du monde. Selon Albert Einstein, la fission de la matière crée de l’énergie, et réciproquement, l’énergie que transporte la lumière peut créer la matière, et cette particule, le « boson de Higgs » est indispensable pour effectuer la transformation dans ce sens là.
On pourrait donc expliquer la création de l’univers il y a environ quinze milliards d’années par la transformation de la lumière en matière. Il est étonnant que dans plusieurs religions on assimile depuis longtemps Dieu le créateur à la lumière ! »

 

 

Christian Avreix (Xavier Mouille), né en 1945 à Paris quand ses parents sont revenus de Prusse orientale, n’a écrit pendant sa vie active que des comptes rendus de réunions techniques et commerciales à destination de ses supérieurs et de ses collègues. Ce récit est le développement des réponses données à ceux qui lui demandaient les raisons de son expatriation.

Drame, Noir, Suspense

Coïncidences

de Eric Oliva
Broché – 1 juillet 2021
Éditeur : Des Livres et du Rêve

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Je vais vous raconter une histoire. Une histoire vraie, comme il en existe tant d’autres. Mais celle-ci, c’est l’histoire de Caroline et de Jacques. Deux êtres dont les chemins n’avaient qu’une infime chance de se croiser. Pourtant ce fut le cas à deux reprises. Le 25 novembre 1978, lors d’une enquête hors du commun, en plein cœur de Paris, puis trente-huit ans plus tard, tandis que Mohamed Lahouaiej-Bouhlel venait d’assassiner quatre-vingt-six personnes à Nice.
Sur la terre, il existe de multiples destinées. Certaines, d’une belle simplicité, gorgées d’implications et d’altruisme en côtoient parfois d’autres, emplies de douleurs et d’avatars. Les voici réunies.

 

2021_052_Oliva Eric - Coïncidences

 

Une histoire inspirée de faits réels écrite avec beaucoup d’émotions.

Les coïncidences ont régulièrement suivi ma vie, et cela depuis mon plus jeune âge.
Pourquoi ?

Est-ce parce que je fais plus attentif aux détails en général, mais que nous sommes tous concernés de la même façon ?
Ou bien n’y a-t-il que certains “élus” ?
J’avoue que je suis incapable de répondre à cette question, mais le dernier livre d’Eric Oliva a résonné en moi comme quelque chose de familier…

Au début de ma lecture, j’ai eu un peu de mal à entrer dans “la ligne du temps” du récit. Pratiquement chaque chapitre se passe à une période différente. Mais très vite, la thématique du sujet m’a capté, et cette histoire terriblement humaine m’a touché tel un uppercut !

Si la plupart des personnages sont marquant, L’auteur va surtout s’intéresser à deux d’entre eux, sur près de 40 ans de vie, qui vont se dérouler à toute vitesse…

Caroline, bébé, jeune fille, et femme admirable, au destin incroyable, elle aurait pu avoir une vie normale, si le malheur n’était pas venu roder autour d’elle et ce dès l’âge de 8 mois. Un “drôle” de destin à couper le souffle.
Jacques, jeune policier attachant, un VRAI, un de ceux qui sont honnêtes, qui ne supporte pas ceux qui ne jouent pas la règle, que l’on suivra sur plusieurs enquêtes jusqu’à sa retraite.

Deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, mais la vie en avait décidé autrement !
J’ai suivi intrigué, pas à pas, la vie de nos 2 protagonistes.

Bien écrit, ce récit m’a pris aux tripes, et m’a tenu en haleine jusqu’à la fin, telle une spirale où finalement, notre monde est vraiment petit.
Mais le plus fou, est de me dire que c’est une histoire vraie !!!

Alors, un grand merci à Jacques Notta, d’être ce qu’il est et ce qu’il a été, et bravo à Caroline d’avoir trouvé les ressources nécessaires pour être heureuse malgré ce qu’elle vécu tout le long de sa vie.
Je penserai à vous deux le 30 juillet prochain ! Vive la vie…

J’ai passé un excellent moment de lecture, merci Eric !
Il est bon de savoir que malgré les difficultés, la vie nous réservera aussi de très belles surprises !

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Extraits :

« La petite, c’est toi ?
La réponse fut immédiate. Sans même réfléchir, le garçon acquiesça d’un mouvement de la tête. Peut-être par peur ou perclus de remords, ses explications furent tout aussi soudaines, presque naturelles. Il avait demandé à Nassima de le suivre jusqu’au sous-sol pour rechercher son bébé chien, ce qu’elle avait fait sans difficulté. Comme il le lui avait raconté, le chiot avait fugué et il avait besoin d’aide pour le retrouver. Une ruse somme toute banale, mais qui avait déjà fait ses preuves. Christian Ranucci, depuis le fameux ce fameux jour de juin 1974, avait selon toute vraisemblance fait des adeptes.
 »
…/…
« À l’appel au secours d’une Caroline qui leur avait paru au bout du rouleau, ses grands-parents n’hésitèrent pas un seul instant et l’accueillirent à bras ouverts. Dans la vaste maison que le couple occupait sur les collines de cette petite commune en front de mer, Antonia avait rapidement préparé sa chambre et James avait remis au goût du jour le bureau que les fillettes utilisaient autrefois.
Moins d’une semaine plus tard, à son arrivée, tous deux avaient été aux petits soins pour elle. Les bons petits plats de mamie et les réminiscences de ce qui était une vie de famille lui rappelèrent que des choses normales existaient et que celles-ci lui avaient terriblement manqué.
 »

 

 

Je suis né à Casablanca en juillet 1967.
Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.
Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.
Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.
Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.
À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.
Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.
L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.
En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.
Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.
La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.
Fin février 2015, Chroniques d’une vie de flic voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.
Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)
Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.