Émotion, Drame, Folie, Frisson horreur, Polar, Thriller psychologique

Meurtre au scalpel

de Jean-Pierre Levain
Broché – 2 avril 2024
Éditions : Des livres et du rêve

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Et si, pour une fois, le chasseur devenait la proie ?
Un prédateur sexuel se délecte des sévices qu’il va pouvoir infliger à cette femme sublime rencontrée dans un bar. Mais par un malheureux retournement de situation, il se retrouve entravé à son propre lit avant d’être émasculé puis égorgé.

Fred Brazier et son équipe sont de retour dans cette nouvelle enquête aux multiples rebondissements. Pour résoudre l’affaire, ils devront remonter le cours du temps et démasquer une bande de notables accomplis.

Une investigation en col blanc où se mêlent arnaques financières, jeux de pouvoirs, sadisme et meurtres en série.

 

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Époustouflant !

Jean-Pierre Levain n’y va pas par quatre chemins. J’avoue avoir au début de ma lecture été un peu décontenancé, et je ne sais pas pourquoi !
J’ai déjà lu des livres plus durs et plus violents, mais je crois tout simplement que je ne m’y attendais pas. Et pour le coup, j’ai été servi, et j’ai même malgré le sujet sombre et difficile, souris plusieurs fois tellement l’audace de l’auteur m’a épatée.

Meurtre au scalpel est un livre qui va fouiller dans la noirceur des hommes les plus vils, les plus retords, qui se retrouvent, comme c’est étrange, régulièrement tout en haut de la “chaîne alimentaire”.
Des avocats, des médecins, des hommes ayant pignon sur rue… Ils se retrouvent quelques jours, tous les ans chez l’un d’eux, dans une maison isolée en bordure d’une forêt. Et là, tout est autorisé (n’essayez même pas de deviner…), jusqu’à une chasse finale où ne seront utilisés que des arcs et des flèches pour finir en beauté. Vous aurez intérêt à vous accrocher, Jean-Pierre n’est pas un petit joueur, loin de là. Pas de temps mort, les chapitres défilent et s’intercroisent à une vitesse folle, une plume incisive et sombre qui pointe sans détour, des agressions physiques, agressions morales, une sexualité extrême où la perversion de ces hommes ne recule devant rien. J’ai ressenti du dégoût et de la haine essayant parfois de me mettre à la place des victimes.

Dans ce récit à plusieurs niveaux, le commandant du SRPJ de Lyon, Fred Brazier aidé de son adjointe, le lieutenant Gaëlle Lebras n’ont pas fini de retrousser leur manche pour aller au bout de cette enquête. Ils forment un duo parfait, mais c’est sans compter les nombreux rebondissements, les complexes revirements qui vont les perdre à de nombreuses reprises.

Pour moi, la construction de l’intrigue est parfaite. Rien ne nous sera épargné, la vengeance tient le rôle principal, et personnellement dans certains cas, je valide !

Je découvre Jean-Pierre avec ce roman. C’est son quatrième. J’ai été conquis, et je suis bien obligé de reconnaître que je suis très curieux de lire les autres…
Pour tous les amateurs du genre, et plus encore !

Un très grand MERCI à Angie des éditions Des Livres et du rêve pour sa confiance, et aussi de m’avoir permis de réaliser cette couverture…

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Extraits :
« Il aimait l’amour vache, rien à voir avec la romance. Celui qui faisait mal et laissait des traces sur le corps. Essentiellement celui des femmes qu’il prenait plaisir à martyriser pour mieux les asservir. Tous les moyens étaient bons pour arriver à ses fins y compris la pharmacopée. La motarde n’en savait rien. Elle le découvrirait bien assez tôt, à ses dépens. »

« La femme s’éloigna, puis, par un accès de mansuétude, revint sur ses pas. Elle saisit la tête du fumier par les cheveux. Il pleurnichait dans son mauvais trip. Elle lui ouvrit la gorge d’une oreille à l’autre. Point final !
En bonne ménagère, elle ramassa le pénis qui traînait par terre, se rendit dans la salle de bains et le balança dans la poubelle. »

« Elle utilisait ce terme en son sens générique et l’avait dit tout de go lors de sa prise de fonction : “Je suis profondément féministe et œuvrerai à défendre la place des femmes dans la police. Les pratiques sont, à mes yeux, plus importantes que les mots qui les qualifient. Ne comptez donc pas sur moi pour utiliser des formules ridicules pour féminiser mes propos. Quand je dis mes hommes, voyez-y un signe d’égalité entre les sexes qui a la même valeur de neutralité que le terme de flic. Pas question de parler de fliques au féminin ; encore moins de fliquettes comme je l’ai entendu dans la bouche de certains qui feraient bien d’y réfléchir à deux fois avant de réitérer pareilles âneries.” »

« Elle devait avoir approximativement l’âge d’Hélène au moment de sa disparition. Elena se rendit compte qu’il la fixait. Sa réaction le stupéfia.
– Toi aussi, tu voudras coucher avec moi ?
Désarçonné, il lui fallut quelques secondes avant de répondre.
– Bien sûr que non ! Jamais je ne te ferai le moindre mal. Tu peux me faire confiance. Tu es ici en sécurité. La porte de la maison sera toujours ouverte. Tu peux t’en aller quand tu veux. J’espère seulement que tu resteras le temps de te rétablir. Excuse-moi si je t’ai mise mal à l’aise.
– C’est parce que tu me regardais comme les autres.
– J’ai cru que…
– Tu ressembles à ma fille. Crois-moi, c’était la seule raison. Maintenant, repose-toi, il vaut mieux que je te laisse… »

 

Jean-Pierre Levain est Docteur en psychologie.

Il a été chercheur à l’Institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques et maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Franche-Comté.

Aujourd’hui à la retraite, il s’est reconverti dans l’écriture de romans policiers. Le premier s’intitule Les femmes ne plaisantent pas avec l’amour (2020).

Facebook
https://www.facebook.com/JPLevain/

Drame, Folie, Suspense, Thriller ésotérique

Famille décomposée

de Christophe Royer
Broché – 18 janvier 2024
Éditeur : Taurnada

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À Lyon, au cimetière de Loyasse, un homme est retrouvé assassiné près de la tombe d’un célèbre guérisseur. Découvert par sa mère, tout porte à croire que ce meurtre n’est que le début d’une longue cabale déclenchée contre la famille Daventure. De par sa complexité, cette nouvelle affaire est un défi de taille pour le commandant Nathalie Lesage et son équipe. Dans les rues d’un Lyon aussi secret que mystérieux, où la petite histoire va croiser la grande, cette enquête va bouleverser la vie de notre héroïne… Un thriller percutant sur lequel plane l’ombre de Raspoutine, personnage historique qui continue à intriguer et stimuler l’imaginaire collectif…

 

• Couv_2024-004_Royer Christophe - Famille décomposée

 

Une nouvelle enquête pour Nathalie Lesage, commandant à la PJ de Lyon et quand elle est menée d’une main de maître par Christophe Royer, on se doute bien que tout ne va pas aller comme on s’y attendrait !

La famille Daventure, “bonne famille” pratiquante de Lyon, semble être la cible de personnes qui ont l’air de leur en vouloir tout particulièrement, au point d’en exécuter les membres un par un… Pourquoi ?
Tout commence par le fils, retrouvé atrocement mutilé près de la tombe d’un célèbre guérisseur. Quel peut bien être le rapport entre les Daventure et le fameux Raspoutine ?

Une bien étrange enquête au qui glisse vers le mystique où Nathalie va devoir redoubler de finesse afin de confondre, les, le, ou la coupable ?
Rien ne paraît être ce qu’il semble. Qui peut bien tirer les ficelles ?

Encore une fois, Christophe n’y va pas de main morte. Plus on avance dans son roman parfaitement documenté, plus il ouvre placards, tiroirs, carnets secrets et autres devinettes. Les chapitres courts donnent le rythme et cela fonctionne à merveille… Et ce côté “grande” Histoire, qui vient percuter le récit, est un plus sacrément agréable, et pour le récit et pour nous perdre une nouvelle fois !
Bravo Christophe…
Jamais déçu de ses enquêtes avec à chaque fois des styles différents.
Un thriller particulièrement percutant et passionnant que j’ai dévoré en une soirée, aucun temps mort et un très bon final.
Attention !!! Tant pis je spoile, on dirait bien que Nathalie à un amoureux !

Christophe Royer, fait pour moi partie des auteurs français qui ne font pas beaucoup de bruit et qui pourtant, mériteraient largement un gros coup de projecteur, afin qu’on les remarque…
“Famille décomposée”, la sortie du jour des Éditions Taurnada que je remercie énormément, restera un excellent moment de lecture !

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Extraits :

« À travers ses enquêtes, Nathalie avait acquis une certaine expertise dans les soirées exotiques, voire ésotériques. De toute évidence, elle en avait un nouvel exemple sous les yeux.
Les appareils photo arrosaient chaque centimètre carré de la pièce. Le son des déclencheurs s’attarda dans un coin, trop éloigné pour Nathalie.
“Qu’est-ce que vous avez trouvé ?” les héla-t-elle.
Un des hommes lui répondit sans retirer l’œil du viseur :
“Une concentration différente de sang, beaucoup plus dense que les éclaboussures que l’on trouve un peu partout. On a une grande trace homogène.
– C’est certainement l’endroit où notre homme a été tué.
– Peut-être…” »

« – Reste à découvrir si la victime était consentante ou pas ! précisa-t-elle.
– Tu plaisantes ?
– Non. Plus rien ne m’étonne.
– Pas d’accord. Si on met de côté les coups de fouet, son passage à tabac n’a rien d’une partie de plaisir. Il y a eu un acharnement indiscutable sur lui qui me donne une nouvelle idée. Imagine : la soirée se déroule tranquillement, une gentille bande de masos qui adore se réunir pour se flageller en psalmodiant ou je ne sais quoi. Et puis, d’un coup, le gars fait une connerie et ça dégénère, entraînant ce déferlement de violence.
– Possible. Donc ça exclurait la préméditation ?
– Oui. »

« – C’est à partir de ce moment que tu as atterri chez ta grand-mère ?
– Oui, pas le choix. Je comprends maintenant pourquoi mon père s’est vite barré de cette famille de tarés.
– À ce point ? demanda innocemment Nathalie pour la pousser à se confier.
– T’es flic ! Ne me dis pas que tu ne l’as pas encore remarqué ! Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. »

« – Benoît, le gentil toutou à sa maman qui dès qu’elle avait le dos tourné se transformait en obsédé sexuel.
C’est à cause de lui que j’ai installé la caméra. Putain de vicelard ! C’est dur ce que je vais dire, mais je ne vais pas le regretter.
– Je ne juge pas. C’est ton opinion… »

« – “Pouvez-vous nous expliquer ces marques dans votre cave ? Elles sont postérieures à l’effraction ?”
Robert y jeta un œil.
– “Oui, et alors ?”
– On reconnaît clairement des cercles, des croix et un pentagramme. Vous versez également dans le satanisme ?
– Pas du tout ! Vous savez qu’un même symbole peut prendre des dizaines de significations différentes.
Le meilleur exemple reste la croix gammée qui, avant d’être un signe nazi, est sacrée dans plusieurs religions comme l’hindouisme et le bouddhisme.
– Merci pour ce cours, mais revenons à votre cave, le recadra-t-elle. »

 

Christophe Royer est né en 1971 au Creusot, en Bourgogne. Après l’obtention de son doctorat en biologie animale, il change de cap pour préparer un master d’informatique, sa deuxième passion, à l’INSA de Lyon. Aujourd’hui, chef de projet, il vit à Saint-Vallier avec sa femme et leur fils.

Le Projet Sapience est né il y a 25 ans. Après une longue gestation, il prit la forme d’un dossier pour un jeu vidéo qui a été proposé à plusieurs éditeurs. Aucun n’a répondu, mais étrangement, deux années plus tard, un jeu reprenant les principes de base du dossier sortait. Par la suite, le scénario issu du jeu est resté dans un placard durant de longues années. En 2014, Christophe décide de reprendre l’idée originale et se lance dans l’écriture d’un roman d’anticipation, où l’aventure est omniprésente sur fond d’intrigues.

Dévoreur de livres depuis toujours, il a exploré les genres : thrillers, polars, SF, fantasy, terreur, histoire et ésotérisme.

Puis un jour il a eu envie de raconter ses propres histoires.

Après plusieurs essais, le virus de l’écriture prend possession de son organisme et depuis il se garde de trouver un vaccin.

Entre deux cours à l’école de cinéma et de télévision Eicar de Lyon, il embarque mes lecteurs dans des aventures rythmées et originales.

Son aventure littéraire a commencé avec un décollage pour la planète Sapience, deux romans d’anticipation sortis en auto-édition. Puis, retour sur terre avec l’écriture de thrillers où se mêlent mes thèmes préférés.

En 2016, sortie de la première partie L’arche qui va nous amener à quitter la Terre pour la mystérieuse planète Sapience. Un long voyage durant lequel un groupe hétéroclite de personnages devront s’unir pour faire face à une succession d’événements inquiétants.

En 2017, sortie de la suite et fin de cette aventure avec Hostile. Parvenus à la surface de Sapience, ils devront poursuivre leurs investigations tout en implantant au mieux la nouvelle colonie et en faisant connaissance avec les habitants. Riche programme…

En 2019, L’auteur change d’univers et revient sur Terre avec un thriller addictif et percutant qui se déroule entre Paris et la Bourgogne. Nous suivons les aventures d’une jeune capitaine travaillant à la Brigade de Répression du Proxénétisme. .

Mars 2021, Une arête dans la gorge plonge le lecteur dans un Lyon mystérieux où l’héroïne devra collaborer avec des francs-maçons lyonnais pour résoudre une série de meurtres.
https://leressentidejeanpaul.com/2021/03/15/une-arete-dans-la-gorge/

Une enquête à tiroirs passionnante, extrêmement bien documentée !

Mars 2022, direction Annecy avec La quatrième feuille. Un thriller glaçant ou personnalité toxique et amitié riment avec descente aux enfers… Inspiré de faits réels.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/03/16/la-quatrieme-feuille/

Mars 2023, au cœur du pays cathare, Albi, une course poursuite terrifiante avec Néréides.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/16/nereides/

Janvier 2024, « Famille décomposée » nous replonge dans un Lyon surprenant sur fond de vengeance sur une grande famille Lyonnaise.

À suivre…

Drame, Fantasy, Frisson horreur, Roman, Suspense, Thriller

Les Gardiens du Sanctuaire

de Martine Chifflot
Broché – 1 juin 2023
Éditions : M +

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Un thriller fantastique, qui fait suite à La Maison des Innocents et confirme la saga de New Town. Un livre percutant qui révèle les nouveaux traquenards fomentés par les suppôts de l’Enfer. Helda Hartmann, l’inspectrice, et ses héroïques coéquipiers sont confrontés aux forces maléfiques décuplées dans les tréfonds de New Town tandis que le procès des ravisseurs d’enfants s’ouvre avec grand fracas dans la capitale, provoquant des remous politiques et cosmiques. Les héros sauveront-ils les victimes des nouveaux holocaustes démoniaques ? Démasqueront-ils l’instigateur de ces horreurs ? Ce combat inégal défie et broie les bonnes volontés, le bien contre le mal, l’amour contre la haine. Les gardiens du sanctuaire défendent le Graal des Innocents contre les formidables assauts des puissance maléfiques. Des personnages extraordinaires dans des situations qui défient l’imagination.

 

• Couv_2023-116_Chifflot Martine - Les gardiens du sanctuaire

 

Les Gardiens du Sanctuaire est la suite directe de La maison des innocents !
Je ne pouvais pas attendre après l’avoir lu, il y a quelques jours, il me fallait enchaîner avec cette suite qui n’est, je l’espère pas une fin !

Ici encore le surnaturel, l’horrifique et les mystères font entièrement partie du récit. Éblouissant et captivant, je suis entré de suite dans l’histoire, qui dès le début nous offre de multiples rebondissements.
Helda, l’inspectrice aidée de ses coéquipiers, luttent contre les forces démoniaques, et enfin arrivent à les arrêter, élites, politiciens et autres hommes d’affaires en pleine célébration du Mal. Un procès va pouvoir voir le jour… Le procès du Bien contre le Mal ? Et là où j’ai cru qu’enfin le procès pourrait inverser la tendance du récit, c’est un car d’adolescent complet qui disparaît, laissant des parents dans l’angoisse et le désespoir, tandis que les démons, eux jubilent.

Martine Chifflot nous amène une fois encore dans les tréfonds de l’horreur !
La construction du récit, est pour moi, très différente de celle du premier opus. Toujours aussi noire et mystérieuse, toujours aussi soutenue et érudite (merci Google…), mais j’ai eu ici l’impression, d’entrevoir des faits et des scènes beaucoup plus réalistes, même si certaines restaient dans le domaine du fantastique. À force de voir et d’écouter l’évolution de notre civilisation telle qu’elle se porte, je serai à peine surpris… J’ai fait un lien assez vite (pourquoi ?) avec certains articles que j’ai lu de Karl Zéro, malheureusement… là pour le coup, on n’est plus dans le surnaturel ! Alors oui, régulièrement certains passages sont revenus à mon esprit. Puis… le choix de Martine de situer son récit dans un monde imaginaire, dont les noms de pays, de villes et même de certaines personnes résonnaient du coup étonnamment à mes oreilles. Est-ce un parti-pris de l’auteur de vouloir dénoncer ? Ou est-ce que je me fais des idées ? Je vous laisse réfléchir à ces questions, qui sortent un peu du cadre du roman. Mais pour moi, dès lors, “Les Gardiens du Sanctuaire” a atteint un niveau différent de lecture, qui m’a d’autant plus inquiété… Les force du mal sont vraiment partout.
Le procès est très bien mené, je l’ai vécu comme si j’y étais. Tous ces tortionnaires sur la sellette. Ceux qui ont honte, qui se confondent en excuses et les autres, qui vous regardent dans les yeux et revendiquent le fait qu’ils n’ont rien à faire dans cette parodie de procès, qu’ils ont bien sûr été piégés par leurs adversaires politiques ou autres…

Superbe roman et très fort à la fois ! Un sans-faute pour moi, avec un retournement très intéressant qui est venu me vriller l’esprit. Martine aborde et mène très intelligemment cette thématique de la pédocriminalité qui ne pourra qu’ouvrir les esprits…

Encore Bravo Martine ! Même si je reste encore sous le choc de ce récit glaçant, angoissant, teinté d’horreur et de noirceur.

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Extraits :

« Depuis l’enlèvement de son mari et après avoir su tout ce qu’il avait enduré, Gina avait perdu tout goût à l’existence et elle s’était laissée emporter par une dépression visqueuse qui paralysait toute volonté. Le couple avait dû quitter sa maison de rêve, l’atelier, les statues entreposées qui avaient finalement été transportées dans les hangars de Todd, mais plus rien n’avait de sens pour Gina et l’art lui apparaissait maintenant comme une effroyable vanité destinée à détourner les hommes de l’essentiel, mais quel était cet essentiel ? »

« Si Helda avait survécu, le chien aurait pu supporter la mort de son maître, mais que serait-il devenu, seul au chenil, sans eux ? L’amour était la seule chose qui importât. Maintenant et toujours, il le savait. Sans l’amour, il n’était rien. Sans Helda, sans le chien, tout volait en éclats comme une bombe qui explose, tout se dispersait sans liens, sans attrait, rien. Le vide sidéral et sidérant, le trou noir dispersant les atomes, les particules… Comment ce tas de particules pouvait-il aimer ? Vivre sans aimer ? C’est l’amour qui lie, qui attire, qui retient… »

« L’informateur était entré dans l’appartement et le majordome le conduisait à travers maints couloirs après lui avoir soigneusement bandé les yeux. L’adresse était tenue secrète, mais une exception avait été autorisée en raison de la gravité des faits et des circonstances. Le risque n’en était pas moins grand et le majordome, bien que masqué, en mesurait toute l’ampleur. Jamais on ne recevait ici des adeptes ordinaires, seuls les plus hauts dignitaires avaient foulé le sol de ce lieu caché où séjournait l’Envoyé suprême. »

« Les visites du démon s’étant raréfiées, la pauvre femme éprouvait un manque affreux, car ses sens avaient été totalement envoûtés par les saillies généreusement dispensées au début, puis plus parcimonieusement afin que le désir s’accrût au fur et à mesure du retardement de l’effet. Elle était en manque depuis plusieurs jours lorsque son incube se manifesta enfin sous les aspects qu’elle lui préférait. Sa silhouette étrange se dessinait cette fois dans la clarté lunaire près d’une fenêtre délabrée et il dégageait une odeur vaguement pimentée, propre à la soumettre totalement. Le moindre de ses mouvements provoquait un torrent de désirs impurs, réduisant la misérable à s’agenouiller pour quémander son dû. »

 

Ecrivain, auteure et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe ici un roman percutant, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie hdr et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.

La maison des innocents
https://leressentidejeanpaul.com/2023/10/26/la-maison-des-innocents/

Émotion, Drame, Histoire vraie, Thriller

Le Dernier festin des vaincus

Estelle Tharreau
Poche – 2 novembre 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Un soir de réveillon, Naomi Shehaan disparaît de la réserve indienne de Meshkanau. Dans une région minée par la corruption, le racisme, la violence et la misère, un jeune flic, Logan Robertson, tente de briser l’omerta qui entoure cette affaire. Il est rejoint par Nathan et Alice qui, en renouant avec leur passé, plongent dans l’enfer de ce dernier jalon avant la toundra. Un thriller dur qui éclaire sur les violences intracommunautaires et les traumatismes liés aux pensionnats indiens, dont les femmes sont les premières victimes. « Au Canada, une autochtone a dix fois plus de risque de se faire assassiner qu’une autre femme. »

 

• Couv_2023-115_Tharreau Estelle - Le dernier festin des vaincus

 

Avec Le Dernier festin des vaincus, thriller vraiment très sombre et très dur, Estelle Tharreau rend un très bel hommage aux Indiens d’Amérique…

Tout le long de ma lecture, j’ai ressenti une souffrance très forte envers ce peuple, qui lui aussi a été complètement broyé par “l’Homme blanc”.
Un récit où les enfants sont maltraités, abusés sexuellement, quand ils ne sont pas tout simplement tués et enterrés au pied d’un arbre… j’ai eu régulièrement les larmes aux yeux. Lorsqu’ils essayaient de s’en sortir, c’est l’alcool, puis la drogue qu’on tendait vers eux. Dès lors, comment arriver à se construire lorsqu’on a perdu son identité culturelle, lorsque à peine adolescent, ils deviennent une main d’œuvre gratuite et soumise au bon vouloir de ceux qui les payent ?
Racisme. Discrimination. Corruption de la police qui ne fait rien pour les aider. Beaucoup de vérités s’échappent de ce récit.

Naomi, jeune autochtone Innu de 16 ans, de la réserve indienne Meshkanau, dans la région Nord Canadienne, a disparu. Sa mère, alcoolique refuse de se rendre au commissariat de Pointe-Cartier pour le déclarer.
Les jours passent… la police est finalement au courant, mais refuse d’enquêter sur cette disparition. Il faudra attendre encore plusieurs jours pour que deux étudiants et un jeune policier révolté par les combines de ses responsables, décident de s’en occuper. Mais, toute vérité n’est bonne à dire…

Entre fiction et réalité, Estelle nous montre la vie des Indiens dans les réserves. La peur des jeunes filles qui deviennent très tôt des proies, celles qui tombent enceinte, celles qui fuguent, et les autres qui disparaissent…
Cela faisait un moment que je n’avais ressenti autant de colère en lisant. Estelle, n’y va pas par quatre chemins. Son écriture est claire et concise. Finis les non-dits, elle va les montrer du doigt, ils devront assumer les conséquences de leurs actes !

Beaucoup d’émotions, beaucoup de colère, je termine bouleversé par ce très beau et triste récit…
Un thriller à lire absolument !

Décidément, les éditions Taurnada bousculent tout sur leur passage !
Merci encore Joël, pour ta confiance.

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Extraits :

« Michèle s’était empressée de rentrer chez elle, de déchirer le sac en papier et de boire une gorgée de whisky pour calmer son mal-être, pour se donner le courage de remettre une bûche dans le poêle, qui commençait à réchauffer la pièce. La morsure de l’alcool tant attendue et si apaisante ne parvint pas à lui faire oublier la voix paniquée de sa fille, le soir du réveillon, ainsi que son malaise en apercevant Peter dans la rue principale de Pointe-Cartier. »

« Avec sa force tranquille, il s’insurgeait et faisait hocher la tête des étudiants qui, comme leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents avant eux, étaient convaincus que l’Homme pouvait changer, s’amender et construire un monde meilleur avant qu’il ne soit trop tard ; toujours les mêmes espoirs avant le lent désenchantement d’une vie. »

« Ta place ? Mais ce n’est pas ta place de chef de bande que je veux, mais ma place ancestrale de femme Innue. Quand on avait encore un statut social et qu’on prenait part aux décisions pour tout ce qui touchait à la communauté. Quand on était respectées, et pas battues à tour de bras, parce que les hommes savaient qu’on était indispensables ; les gardiennes du campement quand ils partaient à la chasse. Je ne veux pas être chef de bande. Je veux seulement que les femmes reprennent leur place. Tu sais celle qu’elles occupaient quand les Innus possédaient encore leurs terres. »

« Depuis cette nuit, jamais Peter n’était parvenu à dormir profondément dans l’enfer des bruissements qui s’immisçaient dans les dortoirs ; le froissement délicat du tissu d’une soutane venant l’envelopper pour déverser son “amour” et son “réconfort” puis laisser le jour se lever sur le dégoût de soi et un sentiment d’impuissance inculqué dès l’enfance aussi violemment que l’amour de Dieu. »

« En sortant du pensionnat, on avait aucune qualification. On est rentrés chez nous sans rien. Avec encore moins qu’en y entrant. On y a laissé notre joie, notre insouciance, notre famille et notre culture pour repartir avec un traumatisme irréversible. »

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

– La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

– Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

– Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

– Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

Émotion, Fantastique, Frisson horreur, Noir, Roman, Suspense

La maison des innocents

de Martine Chifflot
Broché – 17 février 2022
Éditions : M +

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Une ténébreuse affaire…

Des disparitions inexpliquées déjouent le flair de l’inspectrice Hartmann tandis que le comté semble sombrer sous l’emprise d’une force polymorphe aux mystérieux tentacules.

Qu’est devenu Richard Elton, brutalement arraché à ses études et à Julia, son amour d’enfance ? Quelle menace pèse sur les quartiers septentrionaux de New Town ?

Le lecteur frémit au récit des innommables épreuves endurées, au gré d’un suspens qui convoque toutes les puissances du monde et de l’au-delà.

Un roman captivant, qui déploie les facettes bigarrées d’une histoire vertigineuse, portée par des personnages énigmatiques ou attachants.

Un thriller somptueux, dans l’ambiance gothique d’un beau quartier, qui renoue avec la tradition du réalisme fantastique aux multiples sens.

À lire…passionnément !

 

• Couv_2023-113_Chifflot Martine - La maison des innocents

 

Je découvre l’écriture de Martine Chifflot avec La maison des innocents, et…
Comment vous dire ?

Comme le dit très bien Martine avant d’entrer dans le vif du sujet : “Lecture déconseillée aux enfants de moins de 15 ans.” Et je dirai même “déconseillée aux personnes sensibles”, car il faut vraiment avoir le cœur bien accroché tout le long du récit.

J’ai vraiment été très surpris, et ce, à de nombreuses reprises. Je crois n’avoir jamais lu à ce jour un roman, du genre, d’une telle qualité. Le choix des mots, la structure des phrases, les longs chapitres qui s’enchaînent sans savoir avant quelques lignes quel est le personnage impliqué. C’est très bien écrit, méticuleux, exigeant, très érudit, j’ai appris énormément de mots que je n’avais jamais ni lu ni entendu.
Quelle belle surprise !
Alors, oui, c’est violent, très violent même. Des meurtres, en veux-tu, en voilà, des viols d’adultes, d’enfants, c’est parfois une véritable boucherie, des scènes très intenses, mais le sujet du roman légitime tout ce qui pourrait paraître excessif. Nous sommes dans un roman mystérieux où les ombres règnent, au point d’être dérangeantes, oppressantes. Mais il y a la lumière, faible au début, à peine des points lumineux qui vont s’étendre, se multiplier, s’unir pour combattre le Mal, s’unir pour une descente aux enfers vertigineuse, parfois même une descente dans les méandres de la folie.

Impossible d’échapper à ce piège, je suis tombé dedans, tout au fond… Là, où le satanisme tient une part très importante.

Le récit se déroule dans un monde imaginaire, très proche du nôtre. Nous sommes à quelques kilomètres de New Town où régulièrement des personnes disparaissent mystérieusement, hommes, femmes et enfants.
La police est complètement perdue, pas assez de moyens, et des ordres venant de “plus haut” qui font bien comprendre que ce n’est pas une priorité. Lorsque Richard Elton, un jeune homme de bonne famille, disparaît, là, une enquête sérieuse est exigée. Dès lors, la police n’hésite pas à contacter des médiums pour résoudre leur affaire. Suzanne, est l’une d’entre elle et elle va très vite percevoir des vibrations négatives. Les plus fortes qu’elles ai subies à ce jour. Elle va déranger le monde des esprits, des fantômes et des démons, toutes les créatures qui peuplent ce monde, au plus fort de leur puissance se nourrissant des crimes, tortures et perversités diverses perpétuées en offrande pour eux…

La police aidée de plusieurs médiums arrivera-t-elle à mettre fin au mal omniprésent ?

Impossible de sortir indemne d’une telle lecture, j’ai fait de nombreux “aller/retour” dans ma lecture, mais j’étais en haleine du début jusqu’à la fin.
Original, machiavélique, et riche en rebondissements.
Bravo Martine Chifflot, j’ai dévoré un véritable “chef-d’œuvre” !

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Extraits :

« À maintes reprises, ils avaient dû refuser de défendre des clients abjects dont les manigances avaient causé des pertes ou des faillites irrémédiables. Ces escrocs avaient parfois gain de cause dans les procès car la vertu se défend souvent mal. Les cabinets concurrents étaient moins scrupuleux et le pays souffrait de cet amoralisme contagieux. »

« Madame Elton était arrivée en larmes et s’était effondrée dans le bureau. Elle avait sans doute trop attendu avant de signaler le fait. Mais sait-on jamais si quelqu’un reviendra et à quel moment ? C’est là le problème. Les gens attendent des heures, quelquefois plusieurs jours et quand l’enquête commence, certains indices précieux ont, eux aussi, disparu. La pluie, le vent, les balayeurs effacent les traces. Le temps recouvre le drame d’une sorte de manteau silencieux. »

« La médiumnité est plutôt une charge pour tous ceux qui l’éprouvent réellement, seuls les charlatans s’en réjouissent, et Suzanne s’efforçait de refouler ses prémonitions et de taire ses visions. Depuis quelques semaines, des cauchemars la troublaient pourtant et elle sentait qu’un gros nuage allait passer. Il conviendrait sans doute de se remettre en activité de réception car des innocents paraissaient pâtir dans des tréfonds obscurs. »

« William pleurait de douleur et de joie, il souffrait le martyr, mais il avait rencontré deux amis, un homme des bois extraordinaire et un loup déguisé en chien. Pourraient-ils l’accompagner à New Town pour effectuer leur déposition ? Il le leur demandait instamment. Pour Oswald, c’était soudain une bouffée d’espoir, il avait rencontré un vrai policier et son chien était heureux. Malgré sa haine de la civilisation, il irait à la grande ville. »

Écrivain, auteure et réalisatrice de documentaires et de fictions, Martine Chifflot signe ici un roman percutant, dans le prolongement de son exploration du fantastique et de la criminalité.

Docteure en philosophie hdr et professeure agrégée honoraire de l’Université, elle investit toutes les potentialités de l’écriture littéraire ou cinématographique. Spécialiste de l’oeuvre de Lovecraft, elle lui a consacré de nombreux travaux, théoriques et filmiques.

Philosophe, traductrice (sanskritiste, latiniste), elle compose aussi des ouvrages de poésie (« Chants Journaliers », « Assises du Temps », etc.) qu’elle met en voix et en scène.

Docteure habilitée à diriger des recherches en philosophie, professeure agrégée honoraire de l’Université Lyon 1, elle se consacre à la composition de livres et à la réalisation de films.
Ses recherches et ses œuvres ressortissent à la métaphysique, à l’éthique et à la connaissance des religions.

Elle a créé, en 2003, le Festival de Bourgogne du Sud, où elle expérimente écritures et rencontres, à l’intersection des arts visuels et sonores.

Émotion, Folie, Nouvelles, Suspense, Thriller

Partout la mort

de Jean-Luc Menet
Broché – 28 novembre 2022
Éditions : Le chat qui danse

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“La mort, la mort, la mort, toujours recommencée”, chantait Georges Brassens en parodiant Paul Valéry et son Cimetière marin.
Il est vrai que la Mort est partout, mais en réalité, elle juste là. Plus exactement, elle a toujours été là.
Beaucoup la redoutent ou la craignent, d’autres la souhaitent ardemment, d’autres encore vivent à côté d’elle, sans s’en préoccuper vraiment. Quelques-uns, enfin, la provoquent ; dans les deux sens du terme.

Les nouvelles de ce livre ne parlent pas vraiment de la mort, mais elles la côtoient, la mettent en scène. Ce sont des histoires, presque des contes, des tranches de vie, des tranches de mort.
Ainsi, on la voit surgir au beau milieu d’une découverte historique, au travers d’une enquête policière, dans les souvenirs d’une vieille dame désireuse d’en finir, dans les pensées d’une jeune femme suicidaire, dans les projets d’une tueuse en série, au cœur des expériences d’un scientifique de renom, dans les intentions scandaleuses d’un couple désireux d’abandonner leur chien, par les yeux d’un prédateur sexuel et même au sein de conversations à bâtons rompus…

Et parfois, à deux pas d’elle, il y a la vie.
Oui, la mort est partout.

 

• Couv_2023-009_Menet Jean-Luc - Partout la mort

 

Dans la Rome antique, mais aussi en Italie, le nombre dix-sept porte malheur. En effet, il s’écrit en latin XVII, dont l’anagramme VIXI (vixi) signifie “j’ai vécu”, c’est-à-dire “je suis mort”.

La mort est toujours.
La mort est imprescriptible.
La mort est partout.

Il y a dix-sept syllabes dans un haïku.
C’est aussi le nombre de nouvelles de ce recueil.

Dix-sept histoires dans lesquelles la mort est présente,
dix-sept univers complètement différents,
dix-sept dénouements que l’on ne voit pas arriver du tout,
dix-sept nouvelles… qui vous attendent.

Jean-Luc Menet est arrivé à me surprendre à chacun de ses récits. Tantôt avec humour, tantôt violents, tantôt tristes, mais toujours avec des réparties excellentes et un suspense incroyable !
Et oui ! Malgré la thématique récurrente, j’ai souri à certains passages, et plus j’avançais dans le livre, plus je me suis laissé prendre au jeu. L’auteur cache bien son jeu et c’est un sans-faute pour moi. Je serai bien incapable de dire laquelle j’ai le plus aimée, mais je peux vous certifier que toutes m’ont interpellées. Je découvre un Jean-Luc qui a l’air de bien s’amuser à nos dépens, mais toujours avec beaucoup “d’humanité”.
Tueurs en série, SDF, psychologue, auteure, hommes préhistoriques et divers animaux, Jean-Luc m’a embarqué dans sa “farandole”, d’une main d’expert, car si le “fond” est présent dans ses dix-sept nouvelles, la “forme” y est aussi grâce à des textes réfléchis et de qualités.

Alors, parfois oppressant, parfois digne d’un esprit torturé, certains avec beaucoup d’humour noir, d’autres sombres et envoûtants, chaque récit reste une leçon de vie, et n’oublions pas qu’elle soit accidentelle, atroce, brutale, glorieuse, héroïque, ignominieuse, immédiate, infâme, instantanée, inutile, précoce, prochaine, rapide, redoutée, solitaire, soudaine, tragique, ou volontaire… pour que la mort soit, il faut qu’il y ait la vie…

Merci Jean-Luc, pour ces différentes approches de la vie et vos capacités d’imagination,
Merci d’avoir crée, des personnalités si différentes et tellement vivantes,
Merci pour la philosophie globale qui transparaît à travers chacune de vos lignes…

À découvrir et à lire sans modération !

Encore un grand “Merci” à Blandine Carron pour cette découverte qui pour le coup n’est pas mortifère du tout !

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Extraits :

« C’était hier. Il devait être environ minuit et je me promenais au hasard des rues. Normalement, je rejoins mon emplacement habituel vers dix-neuf heures au plus tard, mais mon moral était déplorable. Je me suis habitué à ces variations d’humeur. Depuis toujours, je suis cyclothymique. Certains jours, je suis au sommet de ma forme : souriant et enthousiaste, rien ne saurait venir à bout de mon optimisme, même la rue. Mais d’autres fois, je me sens comme au fond du trou, empli de tristesse, irritable, abattu : dans ces moments-là, je suis incapable de réagir, je déprime. »

« Parfois, j’ai l’impression que ma tête se vide. Il y a même des jours où je te cherche à la maison. Il y a pourtant des années que tu m’as quittée et je t’en veux encore pour ça. Je crie : « Émile, Émile ! » en te cherchant partout. Et puis, je me souviens qu’on est plus ensemble, même si je passe te voir chaque semaine, ou presque. »

« J’ai des trous de mémoire en ce moment. Rien de bien grave, mais c’est assez gênant, parfois. Tiens, l’autre jour, je me suis retrouvée dans la rue à trois cents mètres de chez nous… Et bien, crois-moi si tu veux, plus moyen de me rappeler ce que je faisais là. J’avais gardé mon tablier de cuisine et mes pantoufles. »

« Lucien n’a pas beaucoup dormi. Ce n’est pas la première fois. Il dort peu depuis toujours. Il fait partie de cette catégorie d’individus qu’on nomme les petits dormeurs et qui ont besoin de peu de sommeil. Ceux-ci, il ne faut pas les confondre avec les faux petits dormeurs, de simples insomniaques qui, après une nuit de veille subie, sont sujets à des baisses de régime et des coups de pompe, débouchant régulièrement sur des endormissements plus ou moins fugace.
Les vrais petits dormeurs n’ont rien à voir avec eux. Ils se contentent de seulement trois ou quatre heures de sommeil par nuit, ce qui suffit à recharger leurs batteries. Ils ont d’illustres représentants, comme Napoléon Bonaparte, Voltaire, Thomas Edison, Victor Hugo, Winston Churchill et paraît-il, un certain Emmanuel Macron. »

 

Bonjour, lectrice, bonjour lecteur !

Tout d’abord, si ce n’est déjà fait, n’hésite pas à cliquer sur le bouton «Suivre» afin de ne rien rater de mes parutions.

Mais je t’entends déjà : « Pourquoi suivrais-je quelqu’un que je ne connais pas ? » chuchotes-tu. N’aie aucune crainte, je vais maintenant me présenter.

Je suis né à Valenciennes en 1962, dans les Hauts-de-France, donc. Depuis mon plus jeune âge, j’écris. Mais la vie est ainsi faite que je ne me suis véritablement construit en tant qu’auteur qu’en 2020, lors de la sortie de mon premier roman Suicidés, un polar. J’y reviendrai.

Auparavant, j’avais publié des nouvelles et des poèmes en revue, et sorti un recueil de poésie (Contre la montre) qui a obtenu le Grand Prix régional de la Société des poètes et artistes de France (SPAF), région Nord, en 1990. Cela ne me rajeunit pas…

De longues années plus tard, j’ai co-écrit un livre scientifique qui traite d’écoconception et est paru chez Dunod. Je suis en effet maître de conférences à l’université polytechnique Hauts-de-France et j’avais à cœur de proposer au public un ouvrage traitant des questions environnementales. Sans doute est-ce cela qui a réveillé en moi cette énergie enfouie, cette passion de l’écriture qui ne s’était jamais éteinte, mais que j’avais fait passer au second plan.

Suicidés est sorti aux Éditions du Vénasque en pleine crise sanitaire, puis est ressorti un an plus tard chez Evidence Editions. Mais le marché du livre n’était pas au beau fixe, c’est le moins que l’on puisse dire. Le roman a été laissé sur le bord de la route, entraînant avec lui mon deuxième opus, « Quatorzaine », un recueil de chroniques policières. À ce moment-là, je me suis tout simplement dit que l’autoédition était une voie parmi d’autres, une voie que je devais emprunter sans négliger les autres. J’ai foncé.

En 2020, parallèlement à la première sortie de « Suicidés », j’ai proposé une réédition de « Contre la montre ».

Le Temps
qui nous mord
La Mort
qui s’étend

En 2021 paraît « Enquête interne », une novella qui raconte l’histoire de Mathieu Grivois, un lieutenant de police accusé d’un double homicide. Ce dernier voudrait bien se disculper et démasquer en même temps le véritable assassin, mais il en est incapable, car il est plongé dans le coma après qu’on lui a tiré dessus. Il devra pourtant résoudre cette affaire complexe.

Fin 2022, Partout la Mort regroupe dix-sept nouvelles noires qui mettent la Mort au centre de la pièce. Mais cette dernière est invisible ; on la sait présente, ou observatrice, mais on ignore qui elle va frapper et comment elle va s’y prendre. Le lecteur est ainsi baladé, trompé, secoué… par ces histoires à mourir debout, ces tranches de mort parmi les tranches de vie.

Début 2023, Suicidés ressort dans une version revue et augmentée ; restructurée, aussi. On y suit les aventures du capitaine de police Michel Dutour, un flic brisé par une ancienne enquête, et de sa stagiaire Clara Jeminski qui travaillent ensemble, mais sans le savoir, sur la même affaire. Un tueur en série met en scène des meurtres, en les déguisant en suicides, pour assouvir une vengeance qui date de plusieurs années. Dutour et Clara ont eux aussi leurs démons, un passé qu’ils partagent malgré eux. Ils s’associent à Hugo, un hacker providentiel, et enjambent l’espace et le temps pour résoudre une affaire qui n’en est pas une.

Toujours en 2023, Michel Dutour et Clara Jeminski reprennent du service dans « Quatorzaine ». Ce recueil regroupe quatorze chroniques policières qui sont autant d’enquêtes improbables, tantôt glaçantes, tantôt décalées, que nos deux héros doivent résoudre sur fond de crise sanitaire.

Et puis…

Lectrice, lecteur, si tu le souhaites, tu peux consulter mon site Internet :
http://jeanlucmenet.fr/auteur/
J’y évoque mon actualité et j’y dépose régulièrement des textes inédits
Tu peux aussi me contacter directement par e-mail à l’adresse contact@jeanlucmenet.fr
Je réponds à 100% des messages.
Il n’y a pas d’obligation d’achat, juste l’envie d’échanger, de sortir un peu de ma caverne.

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Adolescence, Émotion, Drame

Que Dieu lui pardonne

de Laurent Malot
Broché – 14 janvier 2021
Éditions : XO Éditions

Maya a dix-sept ans. Lorsqu’elle décide d’échapper à la violence de son père, elle trouve refuge à Fécamp, au pied des falaises. Elle se reconstruit et peut enfin se rêver un avenir : elle sera architecte.
Mais dans l’appartement mitoyen du sien, quatre enfants, de six à douze ans, sont la proie d’un homme tyrannique. Son combat, désormais, n’est plus seulement de sauver son âme, mais de les protéger.
Jamais elle n’aurait imaginé que les choses se passeraient ainsi. Elle va agir avec son cœur. Sans réfléchir. Que Dieu lui pardonne. Comme il pardonne aux lâches. Aux misérables…

Avec pudeur et simplicité, Laurent Malot écrit sur des drames
qui touchent des milliers de femmes et d’enfants.

Que Dieu lui pardonne est une histoire poignante d’où
jaillit la lumière, pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Une formidable ode à l’amour.

 

 

Je suis un lecteur heureux !

Je vous rassure tout de suite, ce n’est pas du tout le sujet du roman de Laurent Malot qui me rend heureux, bien au contraire… Cela fait plus de 45 ans que je lis régulièrement… Dernièrement, les romans que j’ai lus sont plus des “romans de vie”, roman de bonheur, de drames et de malheur.
Je me rends compte que ces romans m’ont amené beaucoup plus d’émotions et de sensations que de nombreux lus plus tôt.
J’ai l’impression que plus une histoire est dure et triste plus elle m’emporte, plus je vis.

“Que Dieu lui pardonne” fait partie de celles-là.

Tout d’abord, j’aime beaucoup les livres de Laurent.
Certaines personnes pensent et disent qu’il y a beaucoup de féminité dans son mode d’écriture ! Personnellement, je dirai qu’il y a beaucoup d’émotions, tout simplement. Il utilise des mots justes, ne tourne pas autour du pot, pas de superflu, de la pudeur et surtout jamais larmoyant quels que soient les sujets qu’il aborde.

“Que Dieu lui pardonne”, est une très belle et très triste histoire. Il raconte les violences familiales, les incestes et les viols d’enfants toujours beaucoup trop nombreux. Il raconte aussi… Les souffrances vécues par les victimes, pas que physiques, les psychologiques aussi. Le manque d’aide, manque de soutien et d’écoute pour c’est malheureux qui se perdent petit à petit. Mais il raconte aussi… La vie, l’espoir, l’amitié et l’amour.

Maya, jeune fille de dix-sept ans, fuie sa “vie” grâce à une tante. Son père, Maire de sa ville dans les Yvelines, la violait régulièrement depuis des années sous le regard « passif » de sa mère. Maya part vivre à Fécamp, en Normandie. Là-bas, elle tentera de se reconstruire… Mais “son” destin va vite la rattraper.
Lucien, six ans, un jeune voisin avec qui elle a fait connaissance quelques jours plus tôt sonne à sa porte. Il y a une grosse fuite chez eux, ses frères et sœurs sont tout seuls régulièrement chez eux, dans l’attente des “retours” avinés, d’un beau-père retord, violent et vicieux. Maya arrive assez vite à réparer la fuite, à la grande joie de la fratrie qui s’attendait déjà à voir “pleuvoir” les coups sur eux. C’est à ce moment précis que le beau-père rentre. Son regard lubrique se porte de suite sur la jeune fille, il jette ses enfants dehors et sauvagement commence à déshabiller Maya qui reste tétanisée tout en subissant ses assauts… Soudain elle sort de sa léthargie. Elle tient un marteau ensanglanté à la main… l’homme, lui est à terre…

“Que Dieu lui pardonne”, est un hymne, un cri, une souffrance, un besoin d’aide, un roman bouleversant, une ode à l’amour touchante et réaliste. Les personnages sont attachants, et certains sont vraiment très beaux à “l’intérieur”… Ça fait du bien.
Très sensible à ce sujet, je ne peux que vous le conseiller.
Merci Laurent, c’est un livre qui m’a transporté de la haine à la tristesse, puis de la colère à l’espoir…
Je résumerai par un seul mot, “Magnifique” !

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Extraits :

« Dans six mois, je serai majeure. Tout sera plus simple, parce que légal. Je cotiserai pour le chômage, la maladie, je paierai des impôts et j’aurai droit à des aides sociales. Ce serait déjà le cas si j’étais émancipée, mais pour ça, il faudrait l’accord de mes parents. Hors de question de leur demander quoi que ce soit. Ils font partie de la vie d’avant. Je l’ai raturée jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un affreux gribouillage. »

« Le médecin a rappelé que j’étais sous sa responsabilité. Si j’étais à l’hôpital, c’est qu’il y avait une raison. Le ton est encore monté, et mon père a rétorqué qu’il n’avait pas de leçon à recevoir. Ma mère était intervenue pour le calmer, promettant qu’ils allaient faire ce qu’il fallait. Le docteur n’a pas été dupe, les infirmières non plus. Mon père a abdiqué pour éviter le scandale. Dommage, parce que, ce jour-là, j’ai vu les veines de son cou se gonfler, ses yeux se rétrécir, et le tic au coin de sa bouche apparaître. Tous les signes annonciateurs de violence. J’ai prié pour qu’il s’emporte, qu’il frappe le médecin, qu’il révèle sa face cachée, mais non. L’homme politique a refait surface, dégoulinant d’hypocrisie. »

« Plusieurs fois, mon père m’a frappée, quand l’ado que j’étais, menaçait de raconter ce qu’il me faisait. Je me souviens des gifles, des cheveux tirés, mais surtout des étranglements. Avec le plat de la main, pour ne pas laisser de traces. C’est horrible de sentir qu’on ne respire plus. Encore plus avec le visage de son bourreau à quelques centimètres du sien, promettant de dire à tout le monde qu’on est une menteuse ou une folle qui invente des histoires. À onze ans ou dix-sept, l’effet est le même, on est terrorisée et on abdique. On se mure dans le silence et on encaisse. Parfois, on regarde la bête dans les yeux avec un sourire de défiance. Ce n’est pas du courage, juste un mélange de cynisme et de résignation ; on sait qu’on ne peut pas tomber plus bas. »

« Il y a des cœurs dessinés dans les croix. La feuille est floue derrière le rideau de larmes que déversent mes yeux. Même si je voulais les retenir, je n’ai pas parviendrais pas. Quelques mots griffonnés sur un coin de table ont transpercé mon armure. Des mots d’amour. Un message d’espoir qu’ils m’envoient. En se préparant, seuls, ils me montrent qu’ils sont capables d’assumer leur part de responsabilités, je peux compter sur eux, nous sommes plus qu’une équipe, nous sommes une famille. »

 

 

Né en 1970, Laurent Malot écrit depuis l’enfance. Il aime vagabonder entre les genres, notamment la littérature, le roman jeunesse, le roman policier et le thriller, et tremper sa plume dans les formes les plus diverses : pièces radiophoniques, pièces de théâtre, romans (De la part d’Hannah est son premier roman) et scenarii pour le cinéma.

Émotion, Drame, Polar, Suspense, Thriller

Du soleil vers l’enfer

de Éric Oliva
Broché – mars 2022
Éditeur : Des livres et du rêve

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Sous le soleil de la côte d’azur, Emma avait tout pour être heureuse. Jusqu’au jour où la mort accidentelle de son mari, peu de temps avant la perte de son emploi, va lentement la plonger dans le bain de la précarité.
Pour subvenir aux besoins de ses enfants, Emma va faire les mauvais choix qui vont l’entraîner vers les mauvaises rencontres.

Décisions que l’on croit salvatrices mais qui sont parfois lourdes de conséquences.
Commencera alors sa longue descente aux enfers…

À Nice, la police judiciaire va tout mettre en oeuvre pour la sortir de son cauchemar.

 

2022_027_Oliva Éric - Du soleil vers l'enfer.jpg

 

Ça vous dirait un bon film ?
Alors, installez-vous sur votre meilleur fauteuil ou canapé, là, voilà…
Vous êtes bien assis ?
Tournez la première page… C’est parti !

« Emma, passablement essoufflée par la montée d’escalier avalée en trottinant, appuya sur la sonnette. Dans l’appartement, une voix lointaine lui signifia qu’elle arrivait.
– Bonjour Martine, lança-t-elle lorsque la nounou ouvrit.
– Bonjour, Emma.
– Désolée, mais ce matin, je suis très en retard. Je ne peux vraiment pas traînasser.
La femme jeta un œil à sa montre.
– Ah ben, oui ! Comme c’est parti, tu ne risques pas d’être à l’heure au bureau !
… »

J’avais déjà eu l’occasion de lire ce roman d’Éric Oliva, il y a quelques années, lors de sa première sortie, alors que le roman avait remporté le Prix “Fondcombe” en 2014…
Cela m’a fait très plaisir quand les Éditions “Des livres et du rêve” m’ont envoyé cette version inédite, encore plus poussée.

Dans ce polar que je définirai presque plus comme un thriller, tant l’angoisse et le suspense sont omniprésent, Éric m’a complètement emporté. Je n’ai pu que ressentir les souffrances physiques et psychologiques vécues par Emma, mais impossible de lâcher le roman tant j’ai souhaité un retournement de situation efficace et à la mesure de tout ce qu’elle avait supporté. Oui, il y a de nombreuses scènes difficiles. Oui, il y a une pression constante et qui augmente au fur et à mesure du récit. Oui l’écriture et froide et clinique, mais quelle efficacité, je l’ai quasiment lu d’une traite, et je peux vous assurer qu’à aucun moment il y a une faiblesse quelconque dans le style !
Les personnages ne pourront vous laissez indifférents, vous les aimerez où vous les détesterez.

Emma perd son mari dans un “banal” accident de voiture, puis elle est licenciée. N’arrivant plus à joindre les deux bouts avec ses deux enfants à charge, elle décide alors de prendre un travail où elle pense gagner facilement beaucoup d’argent…
Emma, une femme qui aurait pu être votre mère, votre sœur ou votre fille, va vivre l’invivable…

Certaines décisions sont parfois très lourdes de conséquences, ce travail “facile”, sera le premier pas de sa chute en enfer… Viols, tortures sur fond de trafic de stupéfiants !
Les enquêteurs de la police de Nice, parviendront-ils à la sauver avant une fin plus que tragique ?

C’est le troisième roman d’Éric que je lis, et je n’ai jamais été déçu !
Un livre que je vous conseille, même si parfois, dans cette tornade d’émotions, il vous faudra avoir le cœur bien accroché.

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Extraits :

« Bientôt sept mois qu’Emma avait été licenciée. Au début, les jours s’étaient écoulés à une vitesse déconcertante puis, au fil des semaines, une étrange inertie s’était installée. Aujourd’hui, plus le temps passait, plus il semblait ralentir.
Ses indemnités, bien que correctes, avaient fondu comme neige au soleil et les allocations chômages étaient loin de rivaliser avec son ancien salaire. Plus de primes de paniers, plus de treizième mois, finis ces petits bonus qui permettaient autant de petits extras. Un manque à gagner dont elle voulait à tout prix épargner les enfants. »

« Les larmes coulaient maintenant à flots et, derrière ce voile liquide, elle devinait avec pleine les escaliers qui défilaient sous ses pas. La panique s’était de nouveau emparée d’elle. Que voulait-il cette fois-ci ? qu’avait-il fait de ses enfants ? Était-il à ce point dépourvu d’humanité pour s’en prendre à eux ? »

« J’aurais dû partir avec lui, grogna Noël, un sentiment d’abandon au bord des lèvres. Mais comment je pouvais faire pour cracher mille deux cents balles comme ça ! Tu comprends ? C’est ça qui m’emmerde ! Risquer la vie d’un pote parce que l’administration n’est pas foutue de lâcher mille euros ! Dans quel monde on vit ? Celui des nantis d’un côté et des assistés de l’autre ! Pendant ce temps, nous, on se retrouve au milieu de ce panier de crabes et on n’en prend plein la gueule ! »

 

 

Né à Casablanca en 1967, Éric Oliva embrasse très tôt une carrière dans la Police nationale. Exerçant à Paris puis à Marseille, il travaille aujourd’hui à la PJ de Nice. Passionné par son métier et les fonds sous-marins, c’est après avoir lu les livres de Clive Cussler que se déclenche sa passion pour l’écriture.

Drame, Noir, Thriller psychologique

Je suis l’Abysse

de Donato Carrisi
Broché – 20 octobre 2021
Éditeur : Calmann-Lévy

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L’homme qui nettoie rôde autour de nous.
Parmi nos déchets, il cherche des indices sur nos vies.
En particulier sur celles des femmes seules.
Une femme lui a fait beaucoup de mal enfant : sa mère.

La chasseuse de mouches, elle,
tente de sauver les femmes en péril.
Et elles sont nombreuses…
Surtout quand l’homme qui nettoie
rôde autour d’elles.

UN NOUVEAU THRILLER D’UNE INTENSITÉ RARE
OÙ VIOLENCE ET ANGOISSE COHABITENT POUR
QUESTIONNER NOTRE ATTIRANCE POUR LE MAL,
ET LES TRACES INDÉLÉBILES QUE PEUVENT
LAISSER LES MALTRAITANCES DU PASSÉ.

 

2021_087_Carisi Donato - Je suis l'abysse

 

Je ne le dirai jamais assez, j’adore cet auteur…

Un petit garçon de 6 ans qui après avoir risqué de se noyer, alors que sa mère l’abandonne sans même un regard, tente envers et contre tous de survivre…
Une jeune fille à la mèche violette de 13 ans tente de fuir la vie…
Un homme “qui nettoie” qui cherche lui à fuir ses démons…
Des femmes battues, des femmes violées…
Et une “chasseuse de mouches” qui après le plus gros des malheurs, œuvre désormais pour la meilleure des causes !
Ils n’ont pas de noms, mais qu’importe. Ils sont là, parmi nous.
Mais, il sera aussi et surtout question de solitude, les démons ne sont jamais loin de nous…

Cette intrigue est une véritable bombe et je me suis demandé à quel moment elle allait exploser.
Comme à son habitude, Donato Carrisi ne cherche pas la peur absolue, et surtout pas l’horreur, il distille comme à son habitude insidieusement le malaise, la noirceur, l’auteur titille l’ombre noire qui se trouve en chacun de nous.

Il n’y a rien à jeter dans ce thriller. Les chapitres très courts m’ont transporté en un peu plus de quatre heures jusqu’au point final clôturant le récit par une chute inattendue et perturbante !
Que d’émotions…
Mais le pire n’est pas dans le livre. Le pire est dehors, dans la rue, derrière nos fenêtres où l’on se croit à l’abri.
En effet, ce thriller a été inspiré de faits qui se sont vraiment déroulés…

Alors ?
Allez-vous me suivre dans ce thriller psychologique, glaçant et magistral ?

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Extraits :

« L’air matinal était le meilleur, alors il essayait toujours de se faire assigner la première tournée. Cela comportait l’avantage, outre le fait de ne pas avoir à interagir avec ses collègues, de profiter de la quiétude du matin. Un privilège aussi intime ne pouvait être partagé avec personne. L’homme qui nettoyait était taciturne. Même quand il pensait, ses raisonnements étaient de longues réflexions où les images défilaient dans sa tête accompagnés de sensations très simple. »

« Elle empoigna plus solidement le tison et posa l’autre main sur la porte : elle allait la pousser, quand son portable sonna dans sa poche. Le réseau était revenu. Elle tenta de le faire taire mais le laissa tomber sur le sol. Elle eut le temps de lire numéro inconnu sur l’écran et de penser que, cette fois encore, le destin avait été formidablement ponctuel. Elle se pencha pour le ramasser, et c’est alors que quelque chose s’abattit avec force sur sa nuque et la projeta en avant. »

« Pendant des années, l’homme qui nettoyait s’était demandé pourquoi il était venu au monde.
Cette question le taraudait depuis l’enfance, même avant que sa mère essaie de le noyer dans une piscine crasseuse. Pourquoi suis-je ici puisque personne ne veut de moi ? Longtemps, il n’avait pas trouvé de réponse. Et il se demandait si les autres ressentaient le même trouble. Parfois, il lui semblait être le seul.
Il était né par erreur et il avait été jeté comme un déchet.
Les ordures étaient la preuve de l’imperfection de la création. Et comme les gens n’aimaient pas qu’on leur pointe leurs défauts, sa mission d’adulte était d’en faire disparaître toute trace. »

 

 

Né en 1973 à Martina Franca, Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le “Monstre de Foligno”, un tueur en série italien. Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit pour se tourner vers l’écriture de scénarios.

Le Chuchoteur, son premier roman policier où apparaît l’experte dans les affaires d’enlèvement Mila Vasquez, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie et traduit en France, est édité dans douze pays et remporte quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteurs du Livre de poche 2011.

En 2017, il passe à la réalisation avec son premier film, “La Fille dans le brouillard” (La ragazza nella nebbia), une adaptation d’un de ses romans, qui lui vaut de remporter le prix du meilleur réalisateur débutant lors de la 63e cérémonie des David di Donatello.

Anticipation, Noir

Dans le monde d’après

de Éric Robinne
Broché – 14 avril 2021
Éditeur : Éditions AO – André Odemard

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Timothée a vu le jour en août 2031, en pleine canicule. Durant les décennies suivantes, le monde civilisé va s’effondrer… Et le voici bientôt trentenaire en cette année 2061. Depuis que sa famille a été massacrée sous ses yeux, Tim est seul… enfin pas tout à fait : Léon, rendu muet suite à un trauma, est un précieux compagnon d’errance, armé et loyal. Durant cette longue errance, le duo va rallier à lui de nouvelles recrues et découvrir un monde étrange – et surtout d’une terrible sauvagerie – sur les rives du Rhône.
Le mot de l’éditeur : Éric Robinne n’a pas son pareil pour nous “distraire” (du quotidien, de nos angoisses), transformant en thriller nos fantasmes effondristes les plus sombres. Ce faisant, il nous aide à les sublimer, et aussi à réfléchir… En espérant bien sûr que cette fiction ne devienne jamais réalité, car, rappelons le proverbe : “Le pire n’est jamais certain” ! Plongez-vous donc dans ce “monde d’après” sous la conduite d’un futurologue à l’imagination débridée.

 

2021_022_Robinne Eric - Dans le monde d'après

 

Bonjour à toutes et à tous,

Merci aux Éditions AO pour cette belle surprise dans ma boite aux lettres, il y a quelques jours !

J’ai découvert Éric Robinne avec le superbe “Le silence des loups” dès sa sortie… Roman nerveux, addictif, une histoire hors norme, inhabituelle… Premier volet des aventures de Matthieu Guillaume. Ce livre pose les bases de la série, incluant des personnages qui se révèleront au fil des livres suivants. Je vous les conseille vivement si vous n’avez pas lu ces Polars.

“Dans le monde d’après” est un roman d’anticipation qui frappe très fort et m’a fortement affecté dès les premières lignes.
Eric nous plonge dans un monde post-apocalyptique. C’est effrayant !
Dans ce monde, rien ne va plus. Le climat est devenu incontrôlable, les pluies violentes sont devenues acides, quand ce n’est pas la canicule. La population terrestre a pratiquement été anéantie, et de nombreux animaux ont disparu. Chaque jour, il faut se battre, et pour survivre, et pour manger, ou tout simplement pour se protéger. Il n’y a plus qu’une seule loi, celle du plus fort. Aucune pitié pour les faibles et les femmes en particulier sont devenues des marchandises, un moyen de troc pour obtenir le nécessaire pour subsister.

En 2061, Tim est tout juste trentenaire. Sa famille entière a été assassinée sous ses yeux. Avec son ami silencieux et d’une loyauté sans faille, Léon, ils vont vivre des aventures dignes des pires cauchemars.

Espérons qu’Eric n’ait pas écrit un roman visionnaire…

À lire absolument !!!

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Extrait :

« – Que tu dis ! Survivre, c’est tout ce qu’on peut espérer.
– À condition de se nourrir avec autre chose que de la merde, lâche Ruth.
– Oui. Mais pas avec des êtres humains. N’oublie pas qu’il nous reste au moins un repas normal.
– Ce repas sera vite oublié. Nous ne sommes plus rien, sache-le. Soit on mange les autres, soit on finira mangés. C’est devenu notre seul alternative. La vie, d’ailleurs… a-t-elle encore un sens ?
– A-t-elle seulement eu un jour le moindre sens ? déplora Tim en grattant sa cicatrice, déformant l’expression de son visage.
– Je n’en sais rien. Mais nous devons survivre. J’insiste.
– Pourquoi faire ?
– Peut-être pour nous donner ce qu’on aurait appelé une descendance, dans le temps, murmura la jeune femme. Le seul sens qui reste à cette putain de vie.
– Dit comme ça, peut-être… »

 

 

Éric Robinne est né le 3 novembre 1955, à Rouen.

Marié, 3 enfants, Ingénieur agricole, il poursuit, en dehors de l’écriture, sa carrière professionnelle en tant que directeur des restaurants administratifs de Paris depuis 2004.

Il partage sa vie entre la Drôme où il demeure le week-end et pour ses loisirs, et la capitale.

Eric Robinne n’a pas l’âme d’un téléspectateur, sauf pour regarder les émissions littéraires ou celles qui pourraient être source d’inspiration. Ce qui lui laisse le temps de s’adonner au footing (nombreuses courses locales et semi-marathon de Paris), de hanter les salles de cinéma en quête de films d’actions, policiers, ou fantastiques, et bien sûr de lire des auteurs aussi variés que Henning Mankell, Fred Vargas, Harlan Coben, Jean-Christophe Grangé, Maud Tabachnik, Jérôme Camut et Nathalie Hug ou encore Franck Thilliez. Il apprécie également les œuvres d’auteurs plus classiques tel Jean d’Ormesson, ou de journalistes comme Franz-Olivier Giesbert. Il utilise ses derniers temps libres et bon nombre de ses soirées à l’écriture.

Dans sa jeunesse, la poésie l’a beaucoup inspiré. Bien plus tard, suite à une sorte de défi lancé par son fils, il s’est lancé dans l’écriture de romans policiers en 2005. Il a délibérément choisi de les inscrire autour de faits divers ou d’événements politiques de la vie française.