Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Merci maîtresse !

De rien c’est mon job
de Anouk F.
Poche – 4 avril 2024
Éditions : Mon Poche

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C’est l’histoire de Carla, qui est venue et qui a dû repartir. Trop vite. C’est l’histoire de Martim, qui aurait préféré ne pas être là, avec nous. C’est aussi celle d’Habib, qui espère chaque matin qu’il y aura sport aujourd’hui. C’est l’histoire de Valentine et de son papa. D’Adriano et de la quiche qu’il a vomie sur sa dictée ce matin. De Timéo, qui n’avait pas de chat mais des griffures quand même. De la corde de Laurence, la directrice, sur laquelle on a un peu trop tiré. C’est leur histoire à tous. Et la mienne, aussi. L’histoire de mon école, de notre école. Et de la vôtre aussi, sûrement.

 

• Couv_2024-046_F. Anouk - Merci maîtresse ! De rien c'est mon job

 

Quand j’ai commencé ma lecture, je pensais avoir un “petit” livre entre les mains, quelques pages à lire avant la fin de la journée…

Vous l’aurez compris, le récit raconte l’histoire d’une « maîtresse ». Elle enseigne dans une classe de CE2 constituée d’enfants parlant plusieurs langues. Nos enfants ont changé. Les parents plus difficiles à gérer, dans cette société qui exige toujours plus de performances.

J’ai très vite été happée par le roman… Par cette maîtresse très touchante, par ses élèves venant de diverses origines sociales.
On ne devient pas enseignant par hasard, on ne le fait pas non plus pour l’argent. C’est pour moi, lorsqu’il est bien fait, un des plus beaux métiers qui soit, et j’ai voulu moi-même à un moment de ma vie être enseignant dans les Arts Graphiques…

Anouk F., raconte une belle histoire, sûrement son histoire, son quotidien, drôle ou triste, avec beaucoup d’émotion et de respect pour “ses” enfants.
Je suis sorti de mon rôle de lecteur, pour redevenir l’enfant que j’avais été avec la chance que j’avais eue avec ma maîtresse au CP. Malgré toutes les difficultés qu’elle rencontrait, elle continuait à sourire, et à nous donner la confiance, qui nous manquait pour la plupart. J’étais moi-même un enfant allophone, comme la plupart des élèves de la classe. Nous venions tous d’horizons différents, mais arrivions quand même à communiquer, avec les mains, les yeux, des grimaces aussi et parfois avec la bouche. Malgré nos couleurs de peaux différentes, nous étions tous pareils…

J’ai retrouvé, beaucoup de choses vécues, à travers ces quelques pages. J’ai pu imaginer très facilement la fierté, que devait ressentir certains enseignants lorsqu’ils atteignent leurs objectifs sans jamais baisser les bras, lorsqu’ils voyaient l’évolution de leurs élèves, toujours avec beaucoup de dévouement.

Merci maîtresse !, est une belle histoire, l’histoire de mon école, de notre école, l’histoire d’une maîtresse qui ouvre les portes de sa classe, et qui sut ouvrir son cœur dans son quotidien, avec une vraie sincérité. Soyez tous les bienvenus dans sa classe, venez partager ses joies et ses tristesses !
J’ai souri, j’ai pleuré, j’ai passé un réel moment de bonheur avec ce livre, une nouvelle fois un “coup de cœur”.
Une histoire que je vous recommande vivement et qui s’adresse à tous.

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Extraits :

« Je veux être au service des autres, oui, encore.

Mais j’aimerais que ces autres ne soient plus cachés derrière leur poste de radio, qu’ils soient là, en face de moi. Je verrais leurs yeux, leurs oreilles.
Ils ne pourraient pas tourner le bouton quand ce que je leur dirais ne les intéresserait plus. Ils baisseraient peut-être les yeux, les oreilles, mais je le saurais, je le verrais. Alors je me reprendrais. »

« 11 h 45. Je ramène la plupart des enfants au portail. Rares sont ceux qui mangent à la cantine, en ce jour de rentrée. La maman de Kahina est aux premières loges, inquiète. Persuadée, de toute façon, que ça s’est mal passé. »

« Je crois que je suis vraiment devenue enseignante le jour où j’ai accepté de ne pas être capable de tout faire, en tout cas pas tout de suite. Je crois que j’ai failli quitter ce métier à chaque fois que je me suis rendu compte que je ne pourrai pas les aider tous, en tout cas pas comme il faut. »

« MAIS ON NE GAGNE PAS à tous les coups. Loin de là. Souvent, même, on se ramasse complètement. On essaie, c’est l’essentiel, finalement. Il faut juste savoir se le dire, et y croire. »

« Je vois, oui, très bien. J’ai même envie de pleurer tellement je vois. Amina regarde Yacine. Tout le monde regarde Yacine. Quand il s’en aperçoit, quand il entend que je le félicite, que je le remercie, il est fier, mon petit bonhomme de travers, et il a de quoi. »

 

Après avoir été journaliste pendant plus de huit ans pour Radio France, Anouk F. démissionne et s’inscrit en candidat libre au concours de professeur des écoles. Elle commence à enseigner en septembre 2013 et est actuellement “maîtresse” dans le sud de la France, dans une école REP (Réseau d’Éducation Prioritaire), dite “de regroupement”, accueillant des enfants allophones.

son blog : https://merci-maitresse.fr/
page Facebook : https://www.facebook.com/AnoukF2
Twitter : https://twitter.com/AnoukF2

Émotion, Drame, Histoire vraie, Témoignage

Ne t’arrête pas de courir

de Mathieu Palain
Poche – 12 janvier 2023
Éditeur : Collection Proche

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C’est l’histoire d’un athlète qui a choisi de gâcher sa vie.

Toumany Coulibaly est champion le jour, voyou la nuit. C’est l’histoire d’un journaliste qui a grandi dans le même quartier de banlieue, à la même époque. Mathieu Palain, lui, est tombé du bon côté de la vie. C’est l’histoire d’une amitié née dans un parloir de prison, et dont chaque page est comme une décharge d’adrénaline.

 

• Couv_2024-025_Palain Mathieu - Ne t'arrête pas de courir

 

Ne t’arrête pas de courir, raconte la vie de Toumany Coulibaly, grand sportif et délinquant. Il a passé sa jeunesse en Essonne. Le sport, c’est sa vie. Ce n’est pas un mauvais homme, mais il ne peut s’empêcher de voler, c’est une vraie addiction qu’il ne contrôle pas du tout !
Alors régulièrement il se retrouve en prison pour de multiples cambriolages, bien qu’en parallèle, il soit champion de France dans sa catégorie.
Pourquoi ne peut-il pas se contrôler ? D’où lui vient ce besoin d’adrénaline dès qu’il enfile une cagoule pour braquer pharmacies ou supermarchés ?

Mathieu Palain est Journaliste et écrivain. Fasciné par le parcours incroyable de l’athlète, il lui demande la permission de le rencontrer afin d’en avoir plus sur lui. À travers ses confidences, alors que tout semblait les opposer, petit à petit s’installera une certaine intimité dans cette histoire vraie !
Plus qu’un journaliste, à travers les parloirs, et avec les proches de Coulibaly, Mathieu a presque le rôle d’un psychologue ou d’un grand frère, en l’aidant de son mieux et finalement, c’est une véritable amitié va lier les deux hommes.

Un “face-à-face” passionnant, plein de vie et enrichissant à tous les niveaux.
Quand la vérité rattrape la fiction… Une belle découverte !

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Extraits :

« Je m’appelle Mathieu Palain. Je suis journaliste. Je ne veux pas vous faire chier. Je sais simplement, parce que j’ai passé ma vie à Ris, Evry, Grigny, Corbeil, qu’il y a des choses que les journalistes ne peuvent pas comprendre. Disiz La Peste a fait une chanson là-dessus, le “Banlieusard Syndrome”. Une histoire de spirale du mec de tess, le truc qui fait qu’on a beau chercher à s’enfuir, le quartier nous rattrape.
Je sais que ce n’est pas facile, et que s’entraîner dans une promenade à Fresnes est un non-sens. Mais j’aimerais vous rencontrer. Je ne suis pas psychologue, mais je pense que je comprends. »

« – Je l’ai acheté ici. 500 euros. Tout le monde a un téléphone. Sans ça, tu subis vraiment.
– Qui les fait entrer ?
– Des détenus. Des surveillants. Un vieil iPhone comme le mien, ils le touchent autour de 80 euros dehors, mais à l’intérieur, ça se vend facile 500. À Fresnes, c’était 1000 euros.
– Et tu t’es jamais fait repérer ?
– Non. Mais c’est réglo, si tu les fais pas chier, les surveillants te laissent tranquille. »

« Qui suis-je ?
Je suis insaisissable.
Derrière mon sourire et mes attitudes gentilles, il ne faut surtout pas qu’on gratte trop le vernis parce que je crois que je suis un monstre sans CŒUR.
Je veux toujours faire bonne impression. Le regard des autres est important, je veux tellement plaire que je ne dis jamais NON. Même si je sais que ça va me mettre dans des histoires. Mais jamais je ne me battrais. Je n’aime pas la violence et je suis LÂCHE.
Les autres le savent vite et profitent de mes faiblesses. »

« Le Parisien lui consacre un nouvel article. L’angle, c’est qu’après avoir longtemps brillé par ses cambriolages, Toumany cherche la rédemption.
“Aujourd’hui, je ne devrais pas être libre. Sans le soutien de mes proches, l’aide de mon club et la clémence de la justice, c’est en prison que je devrais être.” Toumany Coulibaly, 28 ans, athlète du club de l’ES Montgeron (Essonne), est loin d’être un ange. “J’ai fait des conneries et je les paye, c’est logique. J’ai été puni l’an dernier de vingt-deux mois de prison. Je n’en ai fait que trois. J’attends encore un jugement qui pourrait être lourd si je me présente en disant que je n’ai pas d’avenir. Grâce à l’athlétisme, j’en ai un”, argumente l’élève de la médaillée olympique Patricia Girard, qui participe samedi aux championnats de France en salle à Aubière (Puy-de-Dôme). »

Mathieu Palain est journaliste et romancier.
Son deuxième livre, Ne t’arrête pas de courir, est une révélation. En quelques mois, il a reçu douze prix littéraires, parmi les plus prestigieux.

Amour, Émotion, Drame, Histoire vraie, Roman

Un invincible été

Les Déracinés****
de Catherine Bardon
Poche – Illustré, 7 avril 2022
Éditeur : Pocket

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Depuis son retour à Sosúa, en République dominicaine, Ruth se bat aux côtés d’Almah pour les siens et pour la mémoire de sa communauté, alors que les touristes commencent à déferler sur l’île. Passionnée, sa fille Gaya affirme son indépendance et part étudier aux États-Unis, où Arturo et Nathan mènent leurs vies d’artistes.
La tribu Rosenheck-Soteras a fait sienne la maxime de la poétesse Salomé Ureña : “C’est en continuant à nous battre pour créer le pays dont nous rêvons que nous ferons une patrie de la terre qui est sous nos pieds.”
Mais l’ Histoire, comme toujours, les rattrape : de l’attentat du World Trade Center au terrible séisme de 2010 en Haïti, en passant par les émeutes en République dominicaine… chacun devra tracer son chemin, malgré les obstacles et la folie du monde.

 

• Couv_2024-020_Bardon Catherine - Un invincible été

 

Un invincible été clôt cette magnifique saga coup de cœur. Un dernier tome que j’ai particulièrement apprécié, même si j’ai Ressenti de la tristesse tout au long de ma lecture. Tristesse, car Catherine nous conte les derniers moments de vie de certains personnages que je côtoyais comme des amis, tristesse, car je sais que je ne les “reverrai” plus… Ils me manqueront…

La saga a commencé dans les années 30 à Vienne, ce dernier tome qui ne peut pas se lire indépendamment des trois autres, raconte un peu plus de trente ans de la famille d’Almah et Wilhem, qui réside désormais à Sosúa, couvrant la période 1980 à 2012. La plupart des anciens de la colonie ont disparu petit à petit. Almah et sa fille Ruth se battent afin que personne ne les oublie jamais, malgré ce monde nouveau qui évolue à toute vitesse, et les grands événements du monde qui nous ont tous marqué. Chute du mur de Berlin, les deux tours du World Trade center qui se sont effondrées, le réchauffement climatique et les tremblements de terre à Haïti. Chacune de ces épreuves va unir et renforcer les liens déjà très fort qui les unissaient tous.

Plus qu’un hommage à la communauté juive, Catherine Bardon nous offre une formidable leçon de vie dans tous les sens du terme. Le roman est beau. Il est fort et triste. Il distille même de la nostalgie. Mais il est particulièrement empreint d’une énergie et d’un grand optimisme chez cette famille depuis le tout premier tome !

Merci Catherine, pour ce travail exceptionnel que tu as réalisé, pour ce cadeau que tu nous offres. Je suis allé à Sosúa avec l’empreinte de tes mots dans mon esprit. Avec ma femme, nous nous sommes beaucoup promenés, nous nous sommes même amusés à nous “perdre” plusieurs fois afin de rencontrer les personnes que tu décrivais dans tes romans. Celles et ceux qui vivent sur place. Nous avons connu ainsi de merveilleux moments d’échanges et de partages dans des endroits encore un peu “perdus” où la mondialisation n’a pas encore utilisé son rouleau compresseur.

Ainsi s’achève donc cette tétralogie merveilleuse et poignante… À lire absolument !

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Extrait :

« Gaya redoutait cette cérémonie. Quinze ans. Est-ce qu’on en faisait tout un plat pour les garçons ? On allait lui coller une étiquette sur le front : « Femme, prête à être courtisée, prête à être… consommée. » Absurde !
Elle avait été tentée à maintes reprises de se dérober.
Si elle l’avait vraiment voulu, il n’y aurait pas eu de fête. Mais elle aimait trop les siens pour les décevoir.
Et puis il fallait rendre les invitations aux fêtes de ses amies et elle ne pouvait être en reste avec Alicia et Elvira, ses cousines. Gaya entrerait dans sa vie de femme par la porte solennelle de la quinceañera. C’était ainsi dans son île. Une obligation familiale, sociale, culturelle, autant que mondaine. »

« Et voilà, Gaya, ma petite sauvageonne, entrait dans le monde des adultes. Comme la mienne, son enfance de liberté avait fait d’elle une fille aventureuse, résistante, endurante et combative. Gaya et son charme d’animal sauvage, sa brusquerie de garçon manqué, ses extravagances de tête brûlée, son regard farouche d’adolescente en colère, ses jambes musclées habituées à courir le campo, ses seins trop ronds, cette poitrine apparue tardivement dont je savais qu’elle l’encombrait inutilement, Gaya et sa détermination qui pouvait virer à l’entêtement, voire à la rébellion, Gaya et ses contradictions que je percevais intuitivement sans qu’elle s’en fût jamais ouverte à moi. »

« Chaque fois que j’écrivais à Arturo, et ça ne m’arrivait qu’avec lui, je sentais une fièvre s’emparer de moi, un élan me propulser. Et je me disais que, oui, j’aimais écrire, j’aimais choisir le mot juste, l’adjectif lumineux, l’adverbe astucieux, ordonner les termes, utiliser les signes de ponctuation déconsidérés. Je réfléchissais à chaque phrase, je voulais qu’elle exprime au plus juste ce qui était tapi au fond de moi. Nul doute que j’y mettais bien plus de cœur qu’à la rédaction de mes articles, même les plus excitants. Écrire à Arturo, c’était mettre mon âme à nu, mon cœur noir sur blanc, et je savais qu’en me lisant, il en avait l’intuition intime. Car dans le tourbillon de nos vies, il y avait la permanence rassurante de notre relation, qui jamais ne s’essoufflait.
Je vérifiai avec de douces pressions que la pompe de mon stylo n’était pas grippée et je sortis mon beau vélin, lisse et doux, sur lequel ma plume glissait comme sur de la soie. »

« On doit chaque fois écrire comme si l’on écrivait pour la première et la dernière fois. Dire autant de choses que si l’on faisait ses adieux et les dire aussi bien que si l’on faisait ses débuts. »

 

Depuis leur rencontre fortuite, Catherine Bardon est une amoureuse de la République dominicaine. Ce pays l’a instantanément habitée, et, à travers ses guides de voyage et un livre de photographie, elle a toujours cherché à savoir ce qui se cachait derrière l’image trop policée de peinture naïve, les réalités politiques, sociales, culturelles.
En 1991, elle est émue par la rencontre avec l’un des derniers pionniers de Sosúa. Quelques années plus tard, elle décide de raconter l’histoire de cette colonie juive installée à partir de 1940 sur l’île dans la saga Les Déracinés, publiée aux Éditions Les Escales.

Les trois premiers tomes :
Les Déracinés

L’Américaine
https://leressentidejeanpaul.com/2020/07/06/lamericaine/

Et la vie reprit son cours
https://leressentidejeanpaul.com/2023/11/22/et-la-vie-reprit-son-cours/

Un invincible été, quatrième et dernier volume de la saga, a paru en 2021 chez le même éditeur.

Émotion, Drame, Histoire vraie, Psychologie, Thriller ésotérique

Forget me not

de Éric D’Aura
Broché – 16 septembre 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Un polar machiavélique à l’humour décapant.

Un homme disparu pendant vingt ans, une succession de mystérieux meurtres rituels, un médecin légiste à la personnalité loufoque, narrateur sarcastique et principal suspect…
Manipulations, énigmes religieuses et faux semblants vont jalonner cette enquête trépidante aux rebondissements multiples, sur fond de Côte d’Azur. Des personnages déjantés, une capitaine aussi talentueuse qu’expéditive.

Vivez en immersion, heure par heure, une affaire inédite qui vous laissera à bout de souffle, au bord du précipice.
Inspiré de faits réels.

 

• Couv_2024-003_D'Aura Éric - Forget me not

 

Je termine mon roman, le ferme, le dépose sur mon bureau avec respect. La première question qui titille mon esprit est : “Qui est Éric D’Aura, d’où vient-il ?”

La règle du “premier roman” sera toujours pour moi, un mystère, une nouvelle vision, de la magie, une aventure qui requiert patience et rigueur, le prolongement de l’œil de l’auteur qui doit savoir aussi capter ma vue, mon odorat, mais le goût aussi, le toucher, et faire marcher mes sens et ceux de tous les lecteurs afin de les happer dans de nouvelles aventures…
Mais qui est Éric D’Aura ?

Lorsque j’ai pris ce livre, je l’ai feuilleté un moment et me suis dit “Oups ! Cinq cents pages écrites en petit, et des pages qui respirent peu, il va falloir s’accrocher !”
Encore une fois, je me suis fait avoir comme un débutant !
Car très vite, je baignais dans un monde qui me convenait et que j’aimais vraiment. De l’Histoire, de l’érudition, une enquête, non, des enquêtes gigognes pleines de suspenses, de la folie teintées d’étrangetés, de l’ésotérisme, des enquêtes qui se poursuivent sur plusieurs dizaines d’années, des messages secrets qui semblent traverser le temps, des jumeaux, des jumelles et au milieu de tout ça, Démétrius Collaki.

Démétrius Collaki. Quel personnage. Le personnage !
Dès le premier jour de son arrivée à l’IML de Nice, Démétrius Collaki, médecin légiste, a à peine le temps de faire connaissance avec ses collègues que sa première enquête démarre à toute vitesse et va le conduire là où il ne s’attendant pas du tout. Vers son passé.
Que se passe-t-il ? Un piège ? Chercherait-on à lui nuire ?

Des personnages forts bien choisis, très imagés que je me suis amusé à les imaginer… Et lui, petit et gros ? Elle plutôt fine, brune au carré, le grand rougeot qui veut toujours avoir raison… Bref, une sacrée équipe.
Au fur et à mesure de ma lecture, mais surtout des dialogues et une fois ma première surprise passée, après plusieurs éclats de rire, j’ai juste eu à me laisser emporter par des calembours qui n’ont cessé tout le long du récit et Démétrius Collaki/Éric D’Aura, n’a rien à envier aux grands, Raymond Devos, Pierre Desproges et et d’autre encore… Un coté un tant soit peu désuet, une vrai maîtrise du vocabulaire du rythme.
Un premier roman qui bouscule, qui percute qui explose !!!
Mais, où dons était caché Éric D’Aura durant toutes ces années ?

Un récit multipliant les faux-semblants, les mensonges et les manipulations. Qui va-vous perdre à de nombreuses reprises, jusqu’à la fin complètement inattendue, mais que c’est bon.
Quel style, quelle classe, ça fait un bien fou. De la vraie littérature “française”, de vrais exquis mots !
Éric D’Aura un auteur définitivement à poursuivre !

Merci à Angie Lollia des éditions Des livres et du Rêve, pour cette excellente surprise !

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Extraits :

« – Ah, d’accord. Tu plussoies, dis-tu ? Je ne connais pas ce terme, tu m’en vois confus.

– Oui, le verbe plussoyer. C’est un néologisme Internet.
– Aaaah, voilà pourquoi. Plussoyer ? Qu’est-ce que cela signifie au juste ?
– Ben, c’est le fait de noter +1 sur Facebook, Tweeter, les réseaux sociaux quoi !
– Ah OK. Les latrines du web, quoi !
– Pourquoi les latrines du web ? rétorque Cassiopée un soupçon vexée.
– Eh bien c’est très simple. Coupez-moi si je me trompe, et je parle sous votre contrôle, c’est très en vogue de parler sous le contrôle d’autrui, mais évidemment c’est une formule purement rhétorique et stupide, il est bien question ici, de ces réseaux dits “sociaux”, sur lesquels des personnes bien intentionnées, occupent leur temps libre à vomir sur leurs prochains, et qui cachées derrière leur écran aux vertus désinhibantes, se sentent subitement affranchies et décomplexées, au point d’être dès lors victimes de diarrhées verbales acides, et souvent même en apparente contradiction avec leur propre personnalité, n’est-ce pas ? Ensuite, selon le principe rabelaisien, les suiveurs dénués de tout bon sens, cliquent à tout-va dans la foulée, Panurge oblige, et se jettent ainsi dans la fosse ; septique. En conclusion, on affirme évidemment que c’est viral. »

« – Non, je suis lucide. Je tiens plus à ma fille qu’à ma propre vie, mais elle ne serait pas heureuse avec moi, je ne suis jamais là, peu disponible, trop mobile. Son bien-être nécessite des repères et de la routine. L’amour impose parfois quelques sacrifices, aimer n’est pas posséder, mais désirer le bonheur de l’autre, même loin de soi. Ne croyez-vous pas ? »

« – Dites-moi, vous possédez des connaissances pour le moins surprenantes, même si on sait désormais que Démétrius peut se conjuguer au pluriel, selon vos propos.
– Vous avez retenu ma petite blague, ça ne m’étonne pas de vous. Je m’explique : dans les années trente en Allemagne, peu après la montée en puissance d’Hitler, il était devenu évident, et l’avenir le démontra, que les francs-maçons étaient en danger et le myosotis, petite fleur bleue ou mauve, selon la variété, a été utilisé comme signe distinctif entre les frères en lieu et place de l’équerre et du compas. Plus discret.
Cette fleur est devenue par la suite le symbole de toute la Maçonnerie durant ces années de ténèbres. Et quand après la guerre, les loges en Allemagne ont pu rouvrir, qu’elles ont pu rallumer la lumière après toutes ces années d’obscurantisme, elles ont gardé comme emblème officiel, la petite fleur, en forme de « Forget-Me-Not ». Voilà pour le petit aparté historique. Sans condescendance de ma part, ça va de soi.
– Je suis impressionnée. Encore un cadeau de la sectaire confrérie des “frères la gratouille”. »

« – Ceci répond en effet à la question de la conservation du corps et du sang. Je valide. Par conséquent, ça laisse supposer que c’est bien le meurtrier qui a enlevé Lucien, il y a vingt ans. Mais à quoi joue-t-il ?
– Mais mon cher, si je le savais, je l’aurais déjà appréhendé. Quant à savoir pourquoi mettre autant de temps entre l’enlèvement et le meurtre de Salomos, là, j’avoue, c’est le blanc.
– Oui, c’est juste ! Je pouffe.
Abigail m’observe avec de grands yeux dubitatifs :
– Hum ?
– C’est Juste Leblanc.
– Et alors ? s’exclame Abigail désabusée.
– Non, rien, ça me fait penser à un type que je dois inviter à un dîner. »

 

Eric D’Aura : Né en 1970 entre le décès de Jimi Hendrix et celui du général De Gaulle, docteur en pharmacie diplômé à la faculté de pharmacie de Marseille où j’ai rencontré ma future épouse, douce moitié vitale mais également professionnelle, donc marié, deux filles, installés sur la Côte d’Azur depuis 1996. Biberonné par les lectures de Marcel Pagnol et d’Agatha Christie, j’ai osé pour mon premier roman le mixe des deux auteurs saupoudré d’un zeste de Pierre Desproges et rehaussé d’une pincée de Raymond Devos. Résultat : humour et des cadences…

Émotion, Drame, Histoire vraie, Thriller

Le Dernier festin des vaincus

Estelle Tharreau
Poche – 2 novembre 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Un soir de réveillon, Naomi Shehaan disparaît de la réserve indienne de Meshkanau. Dans une région minée par la corruption, le racisme, la violence et la misère, un jeune flic, Logan Robertson, tente de briser l’omerta qui entoure cette affaire. Il est rejoint par Nathan et Alice qui, en renouant avec leur passé, plongent dans l’enfer de ce dernier jalon avant la toundra. Un thriller dur qui éclaire sur les violences intracommunautaires et les traumatismes liés aux pensionnats indiens, dont les femmes sont les premières victimes. « Au Canada, une autochtone a dix fois plus de risque de se faire assassiner qu’une autre femme. »

 

• Couv_2023-115_Tharreau Estelle - Le dernier festin des vaincus

 

Avec Le Dernier festin des vaincus, thriller vraiment très sombre et très dur, Estelle Tharreau rend un très bel hommage aux Indiens d’Amérique…

Tout le long de ma lecture, j’ai ressenti une souffrance très forte envers ce peuple, qui lui aussi a été complètement broyé par “l’Homme blanc”.
Un récit où les enfants sont maltraités, abusés sexuellement, quand ils ne sont pas tout simplement tués et enterrés au pied d’un arbre… j’ai eu régulièrement les larmes aux yeux. Lorsqu’ils essayaient de s’en sortir, c’est l’alcool, puis la drogue qu’on tendait vers eux. Dès lors, comment arriver à se construire lorsqu’on a perdu son identité culturelle, lorsque à peine adolescent, ils deviennent une main d’œuvre gratuite et soumise au bon vouloir de ceux qui les payent ?
Racisme. Discrimination. Corruption de la police qui ne fait rien pour les aider. Beaucoup de vérités s’échappent de ce récit.

Naomi, jeune autochtone Innu de 16 ans, de la réserve indienne Meshkanau, dans la région Nord Canadienne, a disparu. Sa mère, alcoolique refuse de se rendre au commissariat de Pointe-Cartier pour le déclarer.
Les jours passent… la police est finalement au courant, mais refuse d’enquêter sur cette disparition. Il faudra attendre encore plusieurs jours pour que deux étudiants et un jeune policier révolté par les combines de ses responsables, décident de s’en occuper. Mais, toute vérité n’est bonne à dire…

Entre fiction et réalité, Estelle nous montre la vie des Indiens dans les réserves. La peur des jeunes filles qui deviennent très tôt des proies, celles qui tombent enceinte, celles qui fuguent, et les autres qui disparaissent…
Cela faisait un moment que je n’avais ressenti autant de colère en lisant. Estelle, n’y va pas par quatre chemins. Son écriture est claire et concise. Finis les non-dits, elle va les montrer du doigt, ils devront assumer les conséquences de leurs actes !

Beaucoup d’émotions, beaucoup de colère, je termine bouleversé par ce très beau et triste récit…
Un thriller à lire absolument !

Décidément, les éditions Taurnada bousculent tout sur leur passage !
Merci encore Joël, pour ta confiance.

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Extraits :

« Michèle s’était empressée de rentrer chez elle, de déchirer le sac en papier et de boire une gorgée de whisky pour calmer son mal-être, pour se donner le courage de remettre une bûche dans le poêle, qui commençait à réchauffer la pièce. La morsure de l’alcool tant attendue et si apaisante ne parvint pas à lui faire oublier la voix paniquée de sa fille, le soir du réveillon, ainsi que son malaise en apercevant Peter dans la rue principale de Pointe-Cartier. »

« Avec sa force tranquille, il s’insurgeait et faisait hocher la tête des étudiants qui, comme leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents avant eux, étaient convaincus que l’Homme pouvait changer, s’amender et construire un monde meilleur avant qu’il ne soit trop tard ; toujours les mêmes espoirs avant le lent désenchantement d’une vie. »

« Ta place ? Mais ce n’est pas ta place de chef de bande que je veux, mais ma place ancestrale de femme Innue. Quand on avait encore un statut social et qu’on prenait part aux décisions pour tout ce qui touchait à la communauté. Quand on était respectées, et pas battues à tour de bras, parce que les hommes savaient qu’on était indispensables ; les gardiennes du campement quand ils partaient à la chasse. Je ne veux pas être chef de bande. Je veux seulement que les femmes reprennent leur place. Tu sais celle qu’elles occupaient quand les Innus possédaient encore leurs terres. »

« Depuis cette nuit, jamais Peter n’était parvenu à dormir profondément dans l’enfer des bruissements qui s’immisçaient dans les dortoirs ; le froissement délicat du tissu d’une soutane venant l’envelopper pour déverser son “amour” et son “réconfort” puis laisser le jour se lever sur le dégoût de soi et un sentiment d’impuissance inculqué dès l’enfance aussi violemment que l’amour de Dieu. »

« En sortant du pensionnat, on avait aucune qualification. On est rentrés chez nous sans rien. Avec encore moins qu’en y entrant. On y a laissé notre joie, notre insouciance, notre famille et notre culture pour repartir avec un traumatisme irréversible. »

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

– La peine du Bourreau
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/01/la-peine-du-bourreau/

– Les Eaux noires
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/05/les-eaux-noires/

– Digital Way of Life
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/14/digital-way-of-life/

– Il était une fois la guerre
https://leressentidejeanpaul.com/2022/11/01/il-etait-une-fois-la-guerre/

Drame, Folie, Histoire vraie, Polar

Sale temps pour le pays

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1976. Des femmes, pour la plupart des prostituées, sont agressées ou tuées dans le nord de l’Angleterre. La police locale est sur les dents. Un homme dirige l’enquête : George Knox, avec sa gueule à la Richard Burton, ses éternelles Ray-Ban, ses états de service légendaires. Secondé par le détective Mark Burstyn, il se lance à corps perdu dans cette affaire, convaincu que tous les crimes sont liés. Mais le tueur récidive et semble brouiller les pistes à plaisir. Plus le temps passe, plus Knox s’enfonce dans l’abîme. Un abîme à l’image du chaos social et de la dépression qui gagnent le pays…
Fasciné par les possibilités romanesques de l’affaire de l’Éventreur du Yorkshire, Michaël Mention la revisite en passionné de la culture des seventies, entre hommage au roman noir et portrait d’une Angleterre déboussolée, à un moment charnière de son histoire.

 

• Couv_Mention Michaël - Sale temps pour le pays

 

Sale temps pour le pays nous plonge en Angleterre à la fin des années 70, dans un Polar inspiré d’un fait réel qui s’est déroulé de 1975 à 1981. Que ce soit un auteur français qui développe ainsi, les meurs, les tendances politiques de l’époque qui se font et se défont, les cheveux longs, les pattes d’éléphants et qui me remet en tête des musiques et des groupes presque oubliés, je dis “Chapeau” !
Mais comment ce jeune auteur pas encore né en 1975 s’y est-il pris ? 🤣 🤣 🤣
Je plaisante bien sûr. Mais je pense qu’il aura fallu, tout de même, un sacré travail de recherche à Mickaël pour aller jusqu’au bout de son projet.

Un tueur en série qui se prend pour Jack l’Éventreur, sème la panique durant plusieurs années s’attaquant à des prostituées isolées, et parfois même, à des femmes se trouvant au mauvais endroit, au mauvais moment. Pas de chance pour toutes ces jeunes femmes retrouvées nues face contre terre, leur crâne défoncé à coups de marteaux, un tournevis régulièrement planté dans de dos, sans parler des lacérations au ventre et à la poitrine, et des nombreux coups de couteaux reçus !
Les enquêteurs piétinent et tournent en rond, mais quelques flics obstinés, vont s’entêter années après années, obstinés, obsédés, parfois même borderline…

Attention, malgré ce côté polar violent très marqué, le roman de Michaël s’intéresse surtout à cette Angleterre des “seventies”, un pays qui va vivre un véritable tournant dans son histoire politique, économique et sociale. Le pouvoir de l’argent, une population complètement désorientée, un taux de chômage jamais aussi élevé et une “Madame Thatcher” qui arrive dans un pays se trouvant en pleine dépression. C’est tout ça qui m’a plu dans ce récit.
Malgré une période “Peace and Love”, la réalité est toute autre et le lecteur que je suis en à pris plein la tête face au réalisme de l’auteur !

J’ai vraiment adoré suivre ce polar original, hyper-réaliste, avec son écriture directe et créative, ses chapitres courts, sa descente aux enfers, mais non dénuée d’émotion.
Il y a quelques passages très émouvants, le tout, sur une très belle bande originale que j’ai conservé encore quelques jours après… On ne se refait pas !

Merci Michaël…

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Extraits :
« George récupère le dossier et, sous l’article, découvre la fiche d’Emily Oldson : trente-deux ans, mariée, trois enfants, domiciliée à Churwell, sans profession, prostituée occasionnelle, découverte dans le quartier de Chapeltown, près du pub où elle a passé sa dernière soirée. Au rapport d’autopsie, sont agrafées trois photos de la scène de crime, où gît la victime. »

« Penchée au-dessus de la cuvette, Kathryn régurgite sous les yeux de George, désemparé. Elle crache et recommence, si violemment qu’elle perd le foulard qui dissimulait son crâne chauve. George le ramasse et, de l’autre main, lui caresse le dos. Essoufflée, Kathryn lui fait signe de quitter la salle de bains. Il sort, s’assoit sur le lit et attend. Là-bas, continuent les sons insoutenables. Il frémit à chacun d’eux, connecté viscéralement au supplice de celle qu’il aime. Chimio de merde. »

« Réputée être le plus vieux métier du monde, la prostitution a toujours été synonyme de peurs. Un pluriel subi au quotidien : la peur d’être agressée, volée, violée, arrêtée et tuée. Permanente, cette angoisse est devenue obsessionnelle depuis que sévit « L’Éventreur ». De Leeds à Bradford, en passant par Manchester, “les filles” du Nord se sont donc organisées : certaines ne consacrent qu’un temps imparti à chaque client, d’autres opèrent en duo ou notent les plaques d’immatriculation. »

« – Michaël Mention du Monde, Paris : est-il toujours membre du R.I.O. ? demande celui-ci dans un anglais catastrophique.
– Non.
– Dans ce cas, pourquoi…
– J’ai dit “une question par personne”. »

 

Michaël Mention, né le 13 novembre 1979 à Marseille. Après avoir dessiné des BD dans son adolescence, il publie son premier roman en 2008.
• Grand Prix du roman noir français en 2013 au Festival International du Film Policier de Beaune2 (Sale temps pour le pays)
• Prix du polar lycéen d’Aubusson en 2014 (Sale temps pour le pays).
• Prix Transfuge Meilleur Espoir Polar 2015 (… Et justice pour tous)

Émotion, Drame, Histoire vraie, Suspense

Juste pour DARA

de Tom Noti
Broché – 10 octobre 2023
Éditions : La Trace

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« Je dois retrouver quelqu’un.
C’est pour cela que j’ai fait le voyage jusqu’ici.
Retrouver quelqu’un.
J’avance à petits pas vers cet inconnu. Sera-t-il lumineux comme ce soleil ou terrassant comme ses ombres ? »

1960. Une jeune femme retourne sur les lieux de son enfance. Elle est à la recherche d’un homme qu’elle a croisé des années plus tôt. Elle connait le secret qu’il tait depuis longtemps et voudrait le faire éclater au grand jour. Mais tous les secrets doivent-ils être révélés ?

Inspiré d’une histoire vraie.

 

• Couv_2023-108_Noti Tom - Juste pour Dara

 

Dara à une mission à accomplir. Il lui aura fallu 25 ans pour se décider.
En effet, ce récit se déroule un quart de siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir été marquée par d’innombrables bouleversements et atrocités, Dara avait fui son Italie natale pour trouver refuge en Suisse. Ces 25 années post-guerre auront été une période de reconstruction et de réflexion. Mais aujourd’hui elle est décidée… Elle ira jusqu’au bout !

Elle est déterminée aujourd’hui à révéler un secret qu’elle porte sur ses épaules depuis bien trop longtemps. Elle part donc à la recherche de celui qu’elle a rencontré aux pires moments de sa vie…

Durant la moitié de ma lecture Tom Noti a fait ce qu’il fallait pour m’empêcher de refermer mon livre. Moi qui avais prévu un rythme de lecture plutôt tranquille… Je n’ai pas pu faite autrement que le lire d’une traite !
Avec son septième roman Tom a de nouveau touché ma sensibilité et de nombreuses images insoutenables ont défilées devant mes yeux… Doit-on révéler tous les secrets que l’on connaît, même pour le bien d’une personne ? C’est la grande question qui a résonné dans mon esprit après un très long suspense, durant toute la seconde partie de ma lecture. Finalement, Dara retrouve l’homme en question qui est désarçonné par ce qu’elle lui dit. Le ton monte… Il ne veut rien savoir. C’est sa vie, il ne le supporterait pas autrement.

Il y a des moments où garder un secret peut être impératif, notamment dans des situations qui impliquent des vies. Cependant, il est également important de se rappeler que les secrets peuvent parfois peser lourdement sur la conscience et avoir des répercussions sur la santé mentale et les relations personnelles des personnes impliquées qui porteront des cicatrices émotionnelles.

J’aimerai tant pouvoir vous en dire plus, mais ce serait gâcher votre surprise.
Tom Noti est un vrai conteur.
De nouveau, il m’a estomaqué, je n’ai pas triché et me suis laissé porter… Malgré quelques larmes.
C’est une histoire inspirée d’un fait réel, pour ne pas oublier.
NE JAMAIS OUBLIER !

Il est important de reconnaître que certaines personnes, dans des moments cruciaux ou des situations exceptionnelles, se sont distingués par des actes de courage, d’altruisme ou de sacrifice les qualifiant comme des “héros”. Ces actes peuvent inclure des sauvetages, des actions pour le bien commun, ou même de petites choses qui apportent du réconfort et de l’aide aux autres.

Merci Tom pour ce cadeau, merci d’être là…

Un Coup de cœur !

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Extraits :

« Je m’appelle Dara.
Ce matin, je suis arrivée ici, dans cette petite ville maussade, presque endormie. J’ai pris le train hier puis l’autobus. Seule. Ma valise n’était pas trop remplie, à peine quelques vêtements. Elle pesait pourtant au bout de mon bras comme si j’avançais dans le monde chargée de ses malheurs. Et je ne suis pas bien costaude.
Je dois retrouver quelqu’un.
C’est pour cela que j’ai fait le voyage jusqu’ici.
Retrouver quelqu’un. »

« J’ai besoin de temps, de temps et de courage. Alors je profite encore de cette rafraîchissante solitude, là au fond de cette église, avec ces vitraux sombres de poussière, ces statues d’une mère qui chérit son enfant. Tout ce qui m’a détruite et m’a sauvée.
Je tente de calmer ma respiration devenue un peu anarchique, les souvenirs sournois tapent à l’huis de ma mémoire cadenassée. »

« Elle raconte qu’elle a quitté l’île parce qu’on l’avait surprise tenant la main d’un jeune homme. C’était l’été, c’était avant la guerre, c’était un temps où tenir une main équivalait à se dévêtir et faire l’amour en public.
Elle était naïve elle, la petite îlienne. »

« – Le courage n’est pas le bon mot. Il s’agissait davantage d’un devoir, d’une mission. J’ai tenté de faire quelque chose pour des hommes, pour des femmes et des enfants, pas pour des Juifs ou des chrétiens ou toute autre religion. J’ai fait mon devoir pour aider des humains à échapper à l’inhumanité et la barbarie aveugle. C’est tout ce que j’ai fait. »

« L’amour peut aussi émerger sans bruit des crépitements d’un brasier et s’envoler et grandir sans le tapage des mots prononcés. »

 

 

 

Tom NOTI est grenoblois et le dernier d’une famille d’origine italienne. Il a baigné dans le bruit des conversations, les cris, les rires et les odeurs de cuisine. Il aime passionnément le basket-ball et la lecture et ne peut vivre sans la musique et le cinéma. Il dit de lui même qu’il est solitaire, dilettante, trop émotif, désorganisé, toujours à l’ouest… et c’est vrai ! Il devient instituteur et reste vivre près de Grenoble. Il aime cette ville où chaque rue se prolonge par une montagne. C’est de là qu’il écrit, face aux sommets découpés du Trièves.

“La littérature est une fuite.
J’ai fui l’ennui de l’enfance en lisant, j’ai fui la réalité en lisant, j’ai fui la peur, le terne de l’existence, la cruelle lumière sociale en lisant.
Je fuis toujours en marchant dans les pas des auteurs que j’aime, en empruntant leurs mots que je ne saurais prononcer et leur courage de vivre ce que je n’ose pas vivre. Je m’exile dans leurs voyages sans la lourdeur de mes bagages. Je frémis des vents qu’ils affrontent et dont je me calfeutre.
Alors oui, la littérature est une couverture de survie en cette période de repli, d’angoisse et de suspicion. Je m’y replie, je m’y enterre et comme toujours, elle me permet de respirer.
Je n’ignore pas la douceur d’un pendant, béat et peut-être effrayamment inconscient.
Je n’ignore l’espoir d’un APRES, ce petit mot anodin, écrit en majuscules tout à coup, sur tellement de lignes.
Je n’ignore pas que certains écrits pourraient m’apporter quelques éclairages sur ce que vivent ces autres qui se disent à l’unisson pour une fois.
Je n’ignore pas les journaux nombrilistes qui se prétendent universels et les regrets et les hontes parfois, que ces « modes d’emploi opportunistes » génèreront plus tard.
Mais ce que je préfère dans la littérature, ce sont les lumières d’un ailleurs, d’un autrement.”

Émotion, Histoire vraie, Philosophique, Témoignage

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

de Haruki Murakami
Poche – 17 février 2011
Éditeur : 10 X 18

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De la course à l’écriture, il n’y a qu’une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s’astreindre à une discipline d’écrivain, l’auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.

“Un traité de sagesse à la japonaise, et c’est aussi la source cachée
de l’œuvre de Murakami, l’homme aux semelles de vent
qui dévore les mots et le bitume avec la même fringale.”
André Clavel, L’Express

Traduit du japonais par Hélène Morita

 

• Couv_2023-103_Murakami Haruki - Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

Avec “Autoportrait de l’auteur en coureur de fond”, je découvre Murakami, un auteur culte au Japon et pas seulement, puisqu’il a été traduit dans une trentaine de langues.

Je me dois d’être honnête.
Cet essai autobiographique risque d’ennuyer plus d’un lecteur. Le livre s’adresse vraiment aux coureurs qui ont ce besoin personnel d’aller au-delà de soi. Pendant des années, j’ai couru à raison de cinq à six fois par semaines entre cinq et dix kilomètres, parfois beaucoup plus, en fonction de l’heure à laquelle je devais me rendre à mon travail. Ça a toujours été une véritable passion, une introspection personnelle qui me permettait d’aller toujours plus loin. Le plaisir du dépassement de soi, en participant même à quelques marathons.

Murakami, l’explique très bien. Il nous parle de ses sensations ressenties hiver comme été, tout au long de l’année. À aucun moment, il ne conseille, ou incite le lecteur à courir. La course à pied est un chemin très personnel. J’ai passé des heures et des heures, seul, tantôt sous le soleil, parfois sous la pluie. C’est un choix. Un geste si simple, à la portée de tous !
Chaussures de course aux pieds, ma musique dans les oreilles et c’était parti !
Je n’avais jamais vraiment fait attention à la démarche philosophique que la course à pied impliquait… C’était naturel pour moi, et ce, depuis très jeune. Ce sport en “solitaire” me convenait très bien. Grâce à Haruki Murakami, maintenant, je sais pourquoi. Je comprends aussi qu’elles ont été les conséquences pour ma vie professionnelle et personnelle.
Durant les courses à pieds, le seul adversaire que l’on doit vaincre, c’est soi. La course est pénible physiquement et parfois même moralement, mais c’est précisément la souffrance que nous cherchons à dépasser qui nous confère le sentiment d’être véritablement heureux, véritablement vivants.

Puis l’auteur révèle finalement les liens qui existent entre l’écriture et le sport, particulièrement les sports solitaires. Ce que Murakami a vécu, il parvient à nous le faire partager à travers des mots simples et des anecdotes d’une grande justesse. Finalement, ce récit dépasse de très loin le cadre qu’il s’était imparti. Il y a dans ce livre une philosophie de la vie fondée sur l’effort, la volonté, la persévérance, débouchant sur l’immensité du possible humain…

Un très grand Merci à Chris Loseus pour cette très belle idée de lecture, qui a encore ouvert quelques brèches supplémentaires dans mon esprit, et m’a donné envie de découvrir ce “nouvel” auteur.

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Extraits :

« “Courez chaque jour et vous garderez la forme !”
Ce que j’ai voulu faire, au contraire, c’est exposer mes pensées sur le sens que revêt pour moi, en tant qu’être humain, le fait de courir. Tout simplement m’interroger, chercher des réponses.
Selon Somerset Maugham, “il y a de la philosophie même quand on se rase”. Se raser a beau être parfaitement anodin, comme cette opération se répète quotidiennement, elle finit par se transformer en un acte qui tient de la méditation. »

« De nombreuses raisons expliquent le fait qu’à certaines époques de ma vie, j’ai cessé de courir “sérieusement”. Tout d’abord, j’ai été de plus en plus occupé par mon travail, et le temps libre est devenu une sorte d’extra. »

« Noter tout ceci par écrit paraîtra un peu idiot pour quelqu’un de mon âge, mais je veux m’assurer que je rends compte des faits très clairement : je suis le genre d’homme qui aime faire les choses – quoi que ce soit – tout seul. Et pour être encore plus direct, je dirai que je suis le genre d’homme qui ne trouve pas pénible d’être seul. Je n’estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d’être installé seul à ma table quatre ou cinq heures durant. J’ai toujours eu cette inclination depuis ma jeunesse : lorsque j’avais le choix, je préférais invariablement lire des livres seul ou bien me concentrer à écouter de la musique plutôt que d’être en compagnie de quelqu’un d’autre. J’étais toujours apte à penser à des choses à faire quand j’étais seul. »

« Et un jour, j’ai eu envie de m’élancer sur la route. Simplement parce que j’en avais envie. Depuis toujours, j’agis selon mes désirs profonds. On a beau vouloir m’arrêter ou me persuader que je me trompe, je ne dévie pas. Comment un homme comme moi pourrait accepter d’être dirigé par qui que ce soit ? »

 

Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kōbe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda, avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974.

Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront : La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse et L’éléphant s’évapore.

Exilé en Grèce en 1988, en Italie puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l’oiseau à ressort et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kōbe, Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (livres 1,2 et 3). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication d’Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, ses deux premiers romans inédits. Le Meurtre du Commandeur (livres 1 et 2) est son dernier roman paru.

Émotion, Histoire, Histoire vraie

Tous les chemins mènent à Chamonix

Réflexions, impressions et anecdotes des confins du monde au pays du Mont-Blanc
de Annette Rossi
Broché – 14 juin 2023
Éditeur : Éditions Encre rouge

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Annette Rossi, fidèle à sa passion pour les grands espaces, tisse subtilement la toile de ses chroniques de grande voyageuse. Que des coups de cœur égrenés comme des points lumineux sur la carte du monde.
D’un ton vif, souvent tendre et parfois gentiment ironique, cette native des Pays-Bas nous livre ses réflexions et ses réminiscences sur la vallée du Mont-Blanc. En parallèle, elle nous fait découvrir d’autres sites, montagneux ou pas, riches en légendes, baignés d’autres atmosphères, suscitant d’autres émotions.
L’Himalaya, les Carpates, le Taurus, les Rocheuses, le Tian Shan, le Caucase, l’Elbourz, les Andes, les Scandes, mais aussi le Japon, la Chine, l’Éthiopie, l’Arabie, l’Islande, l’Écosse, la Bosnie, Cuba… Quel lien avec Chamonix ? L’auteure vous le dévoilera.
Son mari Philippe, complice de ses pérégrinations, est assurément un inspirateur très avisé. Né à Chamonix, il a tôt compris le sens du mot paradis. Quel plus bel étalon de valeur en filigrane de chacune des chroniques d’Annette Rossi !
Tous les chemins mènent à Chamonix n’est pas un livre DE Chamonix ni SUR Chamonix. Si c’est un puissant hommage à la vallée de Chamonix et son extraordinaire résonance dans le monde, il démontre surtout l’incroyable impact des hautes cimes sur l’esprit humain.

Annette Rossi est aussi l’auteure de la série Tapis magique, une initiation au voyage dans des contrées peu ou mal explorées et du roman en trois tomes ALEXANDRE, une aventure historico-romanesque à la découverte du tombeau disparu d’Alexandre le Grand : Le pacte de Babylone, La malédiction de Tamerlan, L’horizon d’Aton.

 

• Couv_2023-088_Rossi Annette - Tous les chemins mènent à Chamonix

 

Avec Tous les chemins mènent à Chamonix, je m’attendais à quelques belles balades sur des pentes enneigées et ensoleillées près du Mont-Blanc et de ses environs. Je m’attendais aussi à un peu d’Histoire de la région, les premiers guides de montagnes, l’évolution de la région dans le temps, voire peut-être un passage sur les Jeux olympiques d’hiver de 1924 !
J’avais vraiment hâte de le commencer…

Très vite, lorsque j’ai commencé à le lire, je me suis rendu compte que je m’étais complètement fourvoyé !

Je m’attendais à des balades, Annette Rossi nous offre des voyages ! Que dis-je, non pas des voyages… ce sont des périples magnifiques, des aventures merveilleuses à travers le monde entier. La Mésopotamie, la Turquie, l’Arménie, l’Himalaya bien sûr, les Carpates, la Norvège, les Rocheuses, les Andes, le Japon, la Chine et bien d’autres encore…

Chaque chapitre sera un voyage magnifique, leçons de vie, leçons d’Histoire agrémentées de photos vraiment incroyables prises pour la plupart, par Philippe Rossi, le conjoint d’Annette. Rien qu’avec les photos, j’ai passé plusieurs heures à les regarder, examiner les détails, les admirer.

Le travail accompli par Annette est titanesque, il se déroule sur plusieurs années. Et non-contente de cela, chaque chapitre commence par une petite poésie, juste quelques lignes écrites par Annette elle-même. Un nouveau talent que je ne lui connaissais pas !

Un ouvrage d’une qualité exceptionnelle, qui m’a transporté dans des lieux magnifiques à travers le temps, de très beaux voyages qui marqueront mon esprit, impossible d’en être autrement.
Quelles surprises nous réservera-t-elle pour son prochain livre ?

Dans tous les cas, on ne peut pas, ne pas avoir envie de voyager, une fois la dernière page tournée !

Merci Annette, merci Philippe, merci Blandine…

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Extraits :

« Le jour où on me proposa d’écrire une série de chroniques sur Chamonix, je fus surprise et flattée, mais aussi un tantinet paniquée. Que raconter qui pourrait intéresser les amoureux de la vallée de Chamonix et ses merveilleuses montagnes qui n’ait déjà été dit, écrit, montré… des milliers de fois ?
Comment pourrais-je captiver l’attention de lecteurs, moi, une fille issue du plat pays ? Pas le plat pays de Jacques Brel, non, le mien, bien plus plat encore : les Pays-Bas. Non seulement plat, mais aussi bas, plus bas que le niveau de la mer. »

« Nous remontons. De l’obscurité, nous aboutissons à la lumière. Le soleil fait une timide apparition et l’intérieur de l’église baigne dans une éblouissante lueur blanchâtre qui se déverse par les fenêtres. Nous remercions père et fils. Le garçon récupère les bougies, mais refuse quelques pièces que nous mettons dans la boîte à donation.
Nous quittons l’église. Ils nous raccompagnent. Nous traversons la cour piétinant les hautes herbes. Père et fils nous suivent en silence. Nous passons sous le porche. Nous les remercions encore, prenons congé, et les saluons à la manière orientale, la main droite sur le cœur, tête inclinée. Ils font de même. Un regard profond de bienveillance. Pas une parole n’a été prononcée. Instants solennels. Nous longeons les murailles, ils nous suivent. Nous montons dans la voiture. Ils sont là, nous observent, nous regardent partir. »

« Du Tibet à la Russie, de la Chine à l’Inde, légendes et textes sacrés mentionnent l’existence d’un royaume parfait enclavé dans les contreforts himalayens. Un royaume dissimulé dans une vallée d’une grande beauté et ceinturée de montagnes enneigées…
La cité de Shambhala, du sanskrit « lieu du bonheur paisible », est le pays des immortels, des hommes et des femmes d’une grande sagesse. C’est un lieu mystérieux, centre exceptionnel de spiritualité, un sanctuaire mystique dirigé par un roi-prêtre, artisan du cataclysme qui viendra chasser les forces obscures et sauver l’humanité afin d’établir un âge d’or. Il est également le grand justicier qui, sur son cheval blanc, à la tête de son armée invincible, viendra restaurer le dharma, l’ordre du monde. »

« La vallée de Chamonix est un paradis pour les amoureux de la nature, lit-on souvent dans les brochures touristiques. Si la phrase semble banale, le lieu, lui, ne l’est pas.
Encerclé de majestueuses montagnes drapées de neige d’un blanc virginal ou boisé de forêts féériques selon la saison, habité par une riche faune et couvert de millions de fleurs multicolores, ce lieu est exceptionnel. Un paradis, certes ! »

 

Annette Rossi, originaire des Pays Bas et ayant adopté Chamonix comme terre de prédilection, est aussi l’autrice du roman en trois tomes ALEXANDRE, une aventure historico-romanesque à la découverte du tombeau disparu d’Alexandre le Grand : Le pacte de Babylone, La malédiction de Tamerlan, L’horizon d’Aton, une expérience des plus inspirées qui prouve, s’il en est besoin, son talent et son inépuisable imagination.

La réalisation de cet ouvrage est une consécration qui sans aucun doute saura séduire tous les amateurs de voyages.

Émotion, Drame, Histoire vraie, Poésie

Les parapluies d’Erik Satie

de Stéphanie Kalfon
Poche – 11 octobre 2018
Éditions : Folio

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“La folie n’est pas du côté de l’extravagance, elle est du côté de la normalité. Les gens seuls, les déviants, les étranges, les bizarres, ne sont que la doublure honnête des photocopies carbone qui représentent la masse des vivants. Ceux qui marchent sur la tête, les vrais fous, sont ceux qui n’ont jamais besoin d’air.” Le génie ou l’imposture, telle est l’ambiguïté qui a condamné Satie à la solitude. Désireux de ne jamais dévoiler ses fragilités, le compositeur a caché toute sa vie la tristesse qui le dévorait. Dans un texte aussi habité que fantaisiste, Stéphanie Kalfon la laisse résonner.

 

• Couv_2023-055_Kalfon Stéphanie - Les parapluies d'Erik Satie

 

Je connaissais Erik Satie, le musicien hors norme, mais je ne connaissais pas l’homme.

Stéphanie Kalfon, lui offre un superbe hommage et me permet de découvrir l’enfant qu’il était et l’homme qu’il voulait être. Aîné de sa famille, il a à peine quatre ans quand sa mère s’effondre après la mort subite de sa petite sœur encore bébé. La perte de sa maman sera un coup dur pour Erik en pleine construction. Il est intelligent, mais ne se mêle jamais aux autres, qu’ils soient, enfants ou adultes, il reste un solitaire. Il observe le rythme de la vie des gens. Très vite, il s’intéressera à la musique et il est doué pour ça. Son génie en la matière fera de lui un artiste précurseur, un visionnaire, musicien minimaliste et mélancolique, mais un incompris parmi les musiciens qui l’entourent.

Ce n’est pas une biographie, plutôt une fiction qui autorise dès lors Stéphanie à entrer dans la tête du musicien, à lui donner la parole et la vie, et quelle vie. Une vie où solitude, mélancolie et alcoolisme se ressentent à travers chaque phrase. Un homme perdu, dépressif presque toute sa vie, en avance sur son temps sûrement, qui brûle de créer sa musique, de la partager et de la faire entendre, mais le monde n’a pas le temps de s’arrêter, n’a pas le temps de l’écouter. Le nouveau monde va trop vite, il suit l’industrialisation de l’époque bruyante, masquant le tempo lent et intense de ses compositions, jusqu’à l’intérieur de son esprit de plus en plus fragile.

Artiste maudit et miséreux, Erik Satie était un homme libre qui refusa toutes concessions allant à l’encontre de la liberté.

Ma lecture accompagnée de sa musique, plus que présente dans mes playlists, m’a porté tout le long du récit au style fluide et puissant de l’auteure, elle porte gracieusement l’histoire par ses mots choisis, étonnants parfois, poétiques souvent, mais aussi par de nombreuses citations du compositeur… Stéphanie ouvre la porte d’un univers sombre et étouffant qui m’a paru vraiment en adéquation avec le personnage qu’il fût.

Un livre fort et prenant, qui fera découvrir le génie de Satie pour certains, l’homme incompris qu’il était pour les autres. Un roman qui a sa place dans toutes les belles bibliothèques !

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Extraits :

« On n’envie jamais les gens tristes. On les remarque. On s’assied loin, ravi de mesurer les kilomètres d’immunité qui nous tiennent à l’abri les uns des autres. Les gens tristes sourient souvent, possible oui, possible. Ils portent en eux une musique inutile. Et leur silence. Vous frôle comme un rire qui s’éloigne. Les gens tristes passent. Pudiques. S’en vont, reviennent. Ils se forcent à sortir, discrets faiseurs d’été… Partout, c’est l’hiver. Ils ne s’apitoient pas : ils s’absentent. Ils disparaissent poliment de la vue. »

« Il y a une couleur Satie. Le gris. Et un mystère Satie : sa chambre finale, à Arcueil, rue Cauchy. Un lieu apocalyptique, comme l’envers de sa vie. Un lieu pour soi, à soi, qui nous dit l’état de son âme. Et qui a fait sa légende. Lorsque ses amis ont ouvert la porte de cette chambre, le jour de sa mort, ils ne s’en sont pas remis. Ils ont manqué d’air. »

« Il sourit lointain, on ne sait pas ce qu’il pense, pire, on le devine bien trop… L’élève Satie crée un malaise : jadis, il fut un enfant impressionnable, à dix-sept ans, il est devenu un adolescent impressionnant. Sa timidité prise pour de la hauteur. Dans ses yeux, ses opinions précises clignotent comme des panneaux publicitaires. Ce qu’il pensera trente ans plus tard, il le pense déjà, inflexible et intransigeant. »

« La seule chose qui compte désormais, pour Erik, c’est l’instant pétrifié. L’immobilité de la forme. La clarté d’un espace en apesanteur. Une musique qui s’écoule, d’accord, mais émouvante et distante. Un rythme si lent qu’on pourrait craindre qu’il s’arrête, un, rien, un souffle, un rien. Du bout de la pensée, il tâtonne, il cherche les notes immobiles. Alors qu’autour de lui, quelque chose de nouveau commence : un changement de rythme, un changement perpétuel. »

« Paris change et Paris demeure. L’homme moderne voyage dans les airs, utilise l’électricité, roule en automobile, s’amuse au cinéma, écoute le gramophone et découvre l’inconscient. Les bruits de la ville ont changé. De nouveaux sons apparaissent, plus mobiles, plus industriels. L’espace s’est décomposé en petits cubes cubistes. On fabrique des sons nouveaux, parce qu’on fabrique des objets nouveaux : avions, moteurs électriques, pneus. Le temps cesse d’être unique. »

 

Née en 1979, Stéphanie Kalfon a commencé par les classes préparatoires littéraires et des études de philosophie avant de devenir réalisatrice et scénariste. Lauréate de la bourse Lagardère dans la catégorie Scénariste TV, elle a notamment travaillé pour la série Vénus et Apollon, diffusée sur Arte, et réalisé le film Super triste avec Emma de Causes et Philippe Rebbot.
En 2017, elle publie son premier roman, Les parapluies d’Erik Satie, qui a été très remarqué par la critique.
Elle publie Attendre un fantôme, en 2019;
et Un jour, ma fille a disparu dans la nuit de mon cerveau, en 2023.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/23/un-jour-ma-fille-a-disparu-dans-la-nuit-de-mon-cerveau/