Adolescence, Émotion, Drame, Suspense

Il faut beaucoup aimer les gens

de Solène Bakowski
Broché – 5 mai 2022
Éditions : PLON

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À quoi tient la vie ? À nos liens invisibles.
Nous, inconnus, sommes raccordés sans le savoir.
Nos existences se percutent en silence.

Après un séjour en prison, Eddy Alune, 31 ans, est devenu veilleur de nuit, un métier qui lui permet d’échapper aux gens et aux ennuis. Il vient de perdre son père. En vidant l’appartement de son enfance, il retrouve des effets personnels qu’il a volés, vingt ans plus tôt, à proximité d’une SDF morte dans la rue. Poussé par la culpabilité, il décide de rendre à cette femme l’histoire qui lui a été confisquée.
Une enquête commence, dans laquelle Eddy se lance magnétophone à la main, pour ne rien oublier. De rencontre en rencontre surgissent plus que des souvenirs. Des liens nouveaux se tissent et la mémoire, ravivée par Eddy, va bouleverser bien des vies.

Il faut beaucoup aimer les gens trace le parcours d’un homme ordinaire qui, voulant réparer ses fautes, se trouve réparé par les autres. Ce roman pudique et profondément humain dessine les contours extraordinaires des visages qui font notre quotidien.

 

• Couv_089_Bakowski Solène - Il faut beaucoup aimer les gens

 

J’attendais un roman dans cet esprit depuis un moment… et le voilà.
Un roman sur les gens, ceux que l’on croise tous les jours, que l’on ne voit même plus, des invisibles, à peine un bonjour, rarement un sourire…
Il y a quatre ans, j’ai eu des soucis de santé, et soudain, je les ai vus. Ils m’ont permis de m’accrocher, de lutter, de ne plus me plaindre…
Alors, je les regarde, je leur souris et mon premier mot du matin est régulièrement le “Bonjour” que je leur souhaite…

Solène a écrit un roman magnifique… J’ai eu très vite plein de fourmis qui courraient sur mes doigts, le long de mon dos, jusque dans ma tête pendant ma lecture.
Solène a éclairé de sa lumière, le destin de ceux dont on ne parle pas et qui font pourtant partie de notre quotidien, les invisibles, ces êtres perdus qui vivent cachés dans l’ombre.

Eddy n’a pas eu une vie simple. Enfance compliquée, adolescence perturbée. Il n’a pas été un bon fils et a honte d’avoir déçu son père. Aujourd’hui après avoir purgé une peine de prison, il est veilleur de nuit dans un parking, et tous les soirs, et ce depuis ses “années cellules”, il écoute une émission à la radio présentée par “Luciole” jusqu’au petit matin. Il écoute les gens qui parlent de leurs problèmes, de leur envie de mourir, ceux qui veulent tout plaquer, ceux qui sont perdus, ceux qui n’en peuvent plus…
Mais Eddy lui aussi, vit avec un secret dans son cœur depuis qu’il est enfant, et aujourd’hui, il culpabilise et a besoin de faire quelque chose afin de se dédouaner.
Un matin, alors qu’il se rendait à l’école, il a failli tomber sur une SDF cachée dans un coin, elle était décédée. Eddy appelle très vite les secours, mais ne peut s’empêcher de voler une photo à la pauvre défunte.
Des années plus tard cette photo pèse de plus en plus dans son cœur.

À l’aide d’un magnétophone et de trois cassettes, pour ne rien oublier, Eddy va ainsi remonter le cours du temps et essayer de redonner une identité à celle qui n’avait jamais été identifiée depuis son décès… Lui rendre son nom, lui rendre sa vie.
Il va ainsi petit à petit accumuler “sa rédemption”, qu’il va transmettra à Luciole, la voix de la radio qui l’apaise et rassure les gens comme lui, toutes les nuits, sa lueur dans l’obscurité, mais tout va prendre un chemin différent de ce qu’il escomptait, tout va aller beaucoup plus loin, tellement plus fort…

Je termine ce roman bouleversé.
Cette histoire, je ne l’ai pas lue.
Cette histoire, c’est Solène qui me l’a chuchoté directement à l’oreille. C’était beau, j’étais bien… entouré de Rosa, d’Eddy, de Diane, d’Amalia, de Patrick et tous les autres… Enfin unis comme une grande famille.

Un roman magnifique qui m’a chargé d’émotions, un roman coup de cœur que je vais partager autour de moi, un roman tendre, poignant et triste, car c’est souvent comme ça que les souvenirs sont.

J’ai été Eddy, nous avons tous été Eddy à un moment de notre vie.
Solène, nous montre le chemin.
Il ne tient qu’à nous de voir le verre à moitié plein, de tendre la main lorsque c’est nécessaire, de regarder et de dire bonjour, de sourire…
“Il faut beaucoup aimer les gens”.
Et dire que tout était déjà dans le titre…

Énorme coup de cœur pour ce roman sensible, plein de pudeur et d’humanité.
Je me dois aussi, où que tu sois, de te remercier, Joseph B pour son ton interaction…

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Extraits :

« Eddy, naufragé sur son radeau, se cramponnait à des maximes maison, du style « Un jour de plus en moins » ou « Tout jour débuté tire vers la fin », pour se motiver à aller au collège.
Il fila vers sa chambre, attrapa son sac lesté de manuels inutiles qu’il devait apporter sous peine de se retrouver coller et fit halte dans le couloir. Sur la commode traînait le chèque de la cantine. Le délai de paiement était dépassé depuis trois semaines. Son père avait attendu son salaire. Mais l’intendant, la veille, l’avait prévenu. Déboulant en plein cours, il avait asséné à tue-tête : « Monsieur Alune, si vous ne payez pas cette semaine, nous ne pourrons plus vous accueillir. En cas de difficultés, vos parents doivent se rapprocher de l’assistance sociale. » Les rires de ses camarades avaient jailli en fontaine : « Alune, tête de lune qu’a pas une thune ! », « Eddy, tes baskets sont toutes pourries ! ». »

« Savez-vous qu’il faut environ un siècle pour que le souvenir d’une personne disparaisse tout à fait ? C’est à la fois triste et rassurant de se dire que tout finit par passer, n’est-ce pas ? Un monde sans le souvenir de ma femme, j’ai quand même du mal à m’y résoudre. Enfin… Savez-vous de quoi Rosa est morte ?
– Mort naturelle, d’après le rapport. Le cœur peut-être. »

« Enfin bref, le soir où Rosa est arrivée, il pleuvait comme vache qui pisse. Elle est entrée avec son air triste, sa robe noire et un sac en plastique. Elle s’est attablée près de la vitrine, a commandé une tisane et est restée longtemps, immobile, à contempler la rue dégouliner derrière le carreau. »

« – Vous avez intégré l’école tout de suite en arrivant ?
– Dès l’entrée, oui, en sixième. Au début, ce n’était pas évident, mais je me suis accrochée. J’avais la rage d’appréhender le monde qui nous tenait à l’écart, alors je passais mes nuits à apprendre des listes de vocabulaire, je dévorais tout ce que je trouvais, de l’énumération des ingrédients sur la boîte de biscuits aux romans d’Albert Cohen.
– Votre bibliothèque est bien remplie…
– Dire que la littérature m’a sauvée peut paraître très romantique, pourtant, c’est vrai. Je lui dois beaucoup. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019), “Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.

J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une “folie douce” à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira. Je suis évidemment ravie de l’intérêt que vous me portez en naviguant sur cette page et je fais le voeu de vous garder longtemps à mes côtés.

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Émotion, Philosophique

Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur

de Luis Sepulveda
Joëlle Jolivet (Illustrations)
Poche – 15 octobre 2021
Éditions : Métailié

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Les escargots qui habitent le Pays de la Dent-de-Lion mènent une vie paisible, lente et silencieuse ; ils sont à l’abri des animaux et, entre eux, s’appellent simplement “escargots”. L’un d’eux pourtant trouve injuste de n’avoir pas de nom et voudrait aussi connaître les raisons de la lenteur. Contre l’avis de tous, il entreprend un voyage qui lui fera rencontrer un hibou mélancolique, une tortue pleine de sagesse, des fourmis très organisées.

Une belle histoire pour redécouvrir le sens perdu du temps.

 

• Couv_088_Sepulveda Luis - Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur

 

En juillet, j’ai lu “Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler”.
J’ai beaucoup aimé ce conte philosophique, alors j’ai décidé de temps en temps d’en lire un nouveau… Certains le savent déjà… je vais bientôt être papy !
Je sais qu’il est encore un peu trop tôt, mais je commence déjà à choisir certaines musiques qui berceront son sommeil, mais je voudrais surtout pourvoir lui lire de belles histoires qui l’émeuvent et le poussent à la réflexion.

Les récits de Luis Sepulveda, ont ça de particulier, c’est qu’ils s’adressent à tous les âges sans aucune distinction.

Dans ce récit, c’est donc un escargot qui en est le héros.
Il se pose énormément de questions, et voudrait des réponses, là où ses congénères, eux, se laissent tout simplement aller et se sont résignés à leur vie de lenteur et de silence…
Pourquoi les escargots n’ont-ils pas de noms ?
Pourquoi sont-ils si lents ?

Et le voilà parti à l’aventure, afin d’en savoir plus. Dans sa quête, l’escargot rencontrera un hibou triste de voir disparaître les arbres, une tortue qui se nomme “Mémoire” qui lui contera le danger des villes et des hommes, et qui va même lui donner un nom, “Rebelle”. Puis, viendra le tour des fourmis, à qui Rebelle transmettra les indications de Mémoire. Lorsque Rebelle retourne voir les siens, il crée discorde et division entre ceux qui décident de le suivre et les anciens escargots qui ne croient pas au danger humain…

Un conte agréable et délicieux dont la lecture se fait sur plusieurs niveaux comme je m’y attendais. C’est très philosophique, et l’on ne peut que réfléchir à la situation de ce “petit” escargot qui fera tout, malgré ses “handicaps” pour aider et sauver tous les habitants de la prairie.

Un bel hommage aux curieux, à ceux qui ne craignent pas les dangers de l’inconnu, à ceux qui innovent sans avoir peur d’aller contre l’ordre établi. Savoir se poser, réfléchir, se protéger aussi, n’est-ce pas ce qui nous manque aujourd’hui ?

Ce petit escargot a beaucoup de choses à nous apprendre…
Pourquoi vouloir aller à tout prix de plus en plus vite, si on en oublie l’amour et la fraternité ?

Je conseille vivement aux grands, aux petits, et surtout… aux tout petits !

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Extraits :

« Il y a quelques années, alors que nous étions dans le jardin de notre maison, Daniel, mon petit-fils, observait avec attention un escargot. Soudain, il me regarda et me posa une question très difficile : pourquoi l’escargot est-il si lent ?
Je lui ai répondu que je n’avais pas de réponse pour le moment et je lui ai promis de lui répondre, je ne savais pas quand, mais je lui répondrais. Comme je tiens toujours parole, cette histoire essaye de répondre à cette question. »

« L’écureuil crie et saute rapidement de branche en branche. Le chardonneret est la pie volent vite, l’un chante, l’autre croasse, le chat et le chien courent vite, l’un miaule, l’autre aboie, mais nous, nous sommes lents et silencieux, c’est la vie et il n’y a rien à faire, avaient coutume de murmurer les plus vieux. »

« L’histoire de la tortue attrista l’escargot et il devint encore plus triste quand, cherchant lentement parmi les nombreux mots qu’elle connaissait, elle lui dit qu’elle traversait ce pré, parmi des êtres étranges, parfois aimables, parfois hostiles, toujours loin de ce qui avait été son foyer et en direction d’un lieu incertain qui avait pour nom le plus cruel des mots. Il s’appelait l’exil. »

« Le groupe d’escargots avançait lentement, très lentement parmi les herbes. Ils étaient tristes et ils sentaient que la tristesse s’installait en eux comme un poids modeste qui rendait leur coquille plus lourde. Aucun n’osait murmurer son désarroi et, alors qu’en tournant la tête, ils ne pouvaient plus voir les acanthes regrettées, l’un d’eux remarque qu’ils se dirigeaient vers les limites de la prairie, c’est-à-dire dans la direction des humains. »

 

 

Luis Sepulveda (1949-2020) est l’auteur, entre autres, du “Vieux qui lisait des romans d’amour”, de “Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis” et de “Histoire d’une baleine blanche”. Ses livres sont traduits dans 50 pays.

Joëlle Jolivet est née en 1965. Elle a publié de nombreux albums, édités dans le monde entier, illustré des couvertures de romans, et travaille régulièrement pour la presse.

Émotion, Roman, Suspense

La drôle de vie de Zelda Zonk

de Laurence Peyrin
Poche – 2 juin 2016
Éditions : Pocket

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Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

“Notons la plume alerte et rafraîchissante de Laurence Peyrin, qui fait preuve d’un talent d’écriture rare. Une véritable gourmandise.” Metronews

Cet ouvrage a reçu le Prix Maison de la Presse
Prix Maison de la Presse – 2015

 

• Couv_087_Peyrin Laurence - La Drôle de vie de Zelda Zonk

 

La semaine dernière, j’ai découvert une nouvelle plume…
Cela faisait un moment que je voyais des romans de Laurence Peyrin exposés, mais je ne me sentais pas visé du tout. Dernièrement, l’orientation de mes lectures ayant changé, je me suis dit… et pourquoi pas ?

Je commence ma lecture.
Les premières pages sont plutôt agréables, le sujet plaisant et les personnages tendres et très vite attachants. Puis soudain, ma lecture devint plus immersive, un petit je ne sais quoi qui me titille, qui me plaît et qui m’emporte. Le sujet est profond, mais traité avec humour et délicatesse, voire même de la tendresse…

Nous sommes en Irlande, suite à un accident Hanna partage sa chambre d’hôpital avec une vieille dame mystérieuse, Zelda Zonk. Elles font connaissance et un lien se tisse entre elles, elles parlent de tout, de rien, mais sentent bien au fond d’elles-mêmes qu’il y a quelque chose qui se met en place.
Zelda à un fils, Michael qui est bel homme, et qui va très vite “piquer” le cœur d’Hanna.
Dès lors, elle va se demander quel chemin elle devra suivre à partir de ce moment.
Quitter son mari, qui lui assure un quotidien bien rangé et sans encombre, ou bousculer sa vie et choisir une vie de passion ?

Et puis, il y a cette fixation de la part d’Hanna. Zelda, est-elle Marylin Monroe ?
Zelda Zonk, n’était-il pas le nom qu’utilisait Marilyn pour se déplacer tranquillement et incognito ?

Un roman très agréable. De l’amour, de la passion, du suspense, de l’amitié et des choix de vie qui pourraient mener à la culpabilité, voire aux regrets.
Mais… la vie n’est-elle pas un tourbillon ?

Une lecture sans regret pour ce roman bien mené, que j’ai apprécié et savouré page après page…
… Suffisamment pour étendre ma PAL d’un roman supplémentaire, “Hanna”, la suite directe de celui-ci !

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Extraits :

« Patti avait des rondeurs d’enfance que sa mère craignait de voir partir.
Déjà, son corps se déliait, ses jambes se faisaient plus maigrichonnes, ses pieds moins dodus. À chacun de ses retours, Gail redoutait de voir sa fille changer de chaussures. Ses pieds, si doux, si ronds, éveillaient en elle une sorte d’appétit ; elle en adorait les petits ongles, nacrés comme des coquillages, calés par des coussinets roses – comme des bébés cochons –, les plis sur les orteils replets, l’absence de corne sous les talons. Elle les portait souvent jusqu’à son nez, sa bouche, avec une gaieté vorace, en reniflant l’odeur sans retenue. »

« Tu sais, dit Hanna, depuis ce foutu accident, je me suis posé plein de questions. Et je n’ai eu qu’une seule réponse, pour toutes : “C’est comme ça…” Pourquoi ai-je survécu alors que d’autres sont morts ? C’est comme ça. Pourquoi mes parents ne se sont pas précipités à l’hôpital ? C’est comme ça… Pour le bébé, c’est pareil : c’est comme ça. Je ne serai peut-être jamais enceinte, c’est comme ça. Je me fais à l’idée. C’est la vie qui décide. Moi, je ne veux plus y penser. »

« Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait ces yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux et en lâcha une moitié dans sa tasse. »

« Elle prit le temps de s’asseoir, ses deux pieds bien plats sur les ronds en caoutchouc noirs et usés qui recouvraient le sol.
“Michael… Donnez-moi deux jours”, dit-elle sans réfléchir.
Sa voix tremblait, mais elle était forte, et rebondissait dans les parois du sarcophage qu’il la ramenait à Dearbly.
Un silence, de son côté à lui. “Deux jours ?” Finit-il par demander. Elle prit son élan : “Deux jours avec vous, n’importe où. Vous et moi. Deux jours, deux nuits.” Il comprit. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…

Émotion, Drame, Roman, Suspense

Rue du Rendez-Vous

de Solène Bakowski
Broché – 20 mai 2021
Éditions : PLON

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Rien ne prédestinait Alice Beausoleil et Marcel Dambre à se rencontrer. Pour que le vieil homme ouvre sa porte à la jeune femme trempée, il aura fallu une grève des transports, un GPS capricieux et un terrible orage. De leur tête-à-tête inattendu va naître ce qui ressemble à une seconde chance. Un nouveau rendez-vous avec l’existence, peu importe le temps qui reste…

Marcel, quatre-vingt-sept ans, vit rue du Rendez-Vous, reclus dans son atelier de bottier menacé par les bulldozers. Vendeuse en boulangerie, Alice offre son sourire à tous ceux qu’elle croise. En réalité, depuis deux ans, trois mois et quatre jours, en proie à une profonde tristesse, elle s’empêche de vivre.

À mesure que la pluie et les heures s’écoulent, le passé resurgit. Sous l’impulsion de la jeune femme qui l’écoute sans se dévoiler, Marcel raconte la guerre, sa carrière et son amour fou pour sa mère. Et s’il trouvait à son tour la clé pour délivrer Alice de son silence ?

 

• Couv_086_Bakowski Solène- Rue du rendez-vous

 

Bienvenus dans la Rue du rendez-vous, bienvenus dans la boutique de Marcel, ce havre de paix hors du temps… Il aura fallu un violent orage pour que le destin de deux êtres perdus se trouve modifié à jamais.
Comment ne pas succomber au charme de ce récit ?
Venez donc rencontrer Alice, Marcel, Georgette, Nini, la Jaunisse, Suzanne et bien d’autres aussi…

Ce roman a été pour moi, comme une parenthèse hors du temps, une parenthèse bienveillante.
La vie, n’est-elle pas faite de hasards ?
Pour moi, complètement.

Je me suis plongé dans le récit Solène. J’ai aimé toutes les rencontres que j’ai faites grâce à elle. Je me suis amusé, je me suis inquiété. J’ai eu peur, j’ai pleuré, puis je me suis révolté avant de m’effondrer.

Alice Beausoleil et Marcel Dambre ont un pouvoir qu’ils ignoraient.
C’est en se révélant l’un à l’autre petit à petit qu’ils vont le découvrir.
Un duo inattendu, une écriture pleine de douceur et de poésie, Solène signe un roman tendre et magnifique !

C’est le sixième roman de Solène que je lis.
J’avais déjà ressenti, une certaine douceur dans ces thrillers, qui se glissait parfois entre ses mots, entre ses phrases. Dans “Avec elle / sans elle”, qu’elle a écrit en collaboration avec Amélie Antoine, c’était même devenu une évidence. Mais là…

… Je suis obligé de reconnaître que, pour mon plus grand bonheur, ma sensibilité a été grandement éprouvée !

Un superbe roman que je conseille à tout type de lecteurs…

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Extraits :

« Voilà pour le premier début.

Parce que tout ce qui est arrivé a donné naissance à ceux qui arrivent aujourd’hui. De tout ce qui arrive aujourd’hui, découle ce qui arrivera demain. Quoi que nous fassions, et peu importe le degré d’indépendance et de liberté que nous revendiquions, nous sommes toujours l’enfant de quelqu’un ou de quelque chose. »

« En France depuis sept ans, il est éboueur. C’est un boulot, on ne peut pas dire que ça lui plaît, mais il y met du cœur, il fait coucou aux gamins fascinés par le camion-poubelle, il aide les gardiens d’immeuble à rentrer les containers, il caresse les chiens qui passent. Parce que, quitte à faire quelque chose, autant le faire bien, sinon ça n’en vaut pas la peine. »

« Marcel a quatre-vingt-sept ans. Il est assis à son établi branlant. Derrière lui, une radio diffuse une musique jazzy. Jamais d’actualités, voilà bien longtemps que les nouvelles des hommes ne sont pas bonnes, les informations parlent d’un univers qu’il n’habite plus assez pour le comprendre. »

« Quatre-vingt-sept années qu’il use son corps sur le plancher des vaches. Il a choisi son cercueil, le caveau est prêt, la concession louée pour les trois prochaines décennies. Ce n’est pas qu’il tienne tant, à prendre de la place, mais ça le rassure de savoir que c’est réglé, que c’est prêt, qu’il n’aura qu’à sauter dans le trou. Il n’a plus envie d’être ici, sa vie et derrière, tout ce qu’il désire, si tant est qu’il désire encore quelque chose, c’est rejoindre ceux que la faucheuse a déjà emportés. Il ne demande rien d’extraordinaire, au fond, juste que ça s’arrête. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019). “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.
“Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), est mon sixième roman.
J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie douce » à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira.
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Adolescence, Émotion, Drame

La dérobée

de Sophie de Baere
Broché – 13 avril 2018
Éditions : ANNE CARRIERE

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Alors que Claire mène une existence morne mais tranquille avec son mari, elle tombe sur Antoine, son amour de jeunesse. Claire travaille comme responsable de caisse sur une aire de l’autoroute A8 et croit n’avoir plus grand-chose à partager avec Antoine, photographe reconnu et marié à une fille de diplomate. Mais l’irruption inattendue d’Antoine qui va user de tous les stratagèmes pour rétablir une relation avec elle, oblige Claire à interroger son existence du moment et à fouiller les drames du passé… qui saisit peu à peu qui elle est et ce qu’elle souhaite vraiment.

 

• Couv_085_De Baere Sophie - La dérobée

 

Je suis entré dans le monde de Sophie de Baere, en commençant par la fin… Ou plutôt, en lisant ses romans dans le désordre.
J’ai d’abord lu “Les ailes collées” puis “Les corps conjugaux”. Deux romans qui m’avaient retourné.
Je ne pouvais pas rester comme ça, j’ai donc fait un “détour” par son premier roman !

Passionnant !
J’ai retrouvé son écriture, sensible, poétique, forte et émouvante.

Ce qui aurait pu être une histoire ordinaire, ne l’est plus, dès lors que Sophie la raconte. Elle met en place pièce après pièce, ses idées telle une virtuose, et le lecteur n’à plus qu’a se laisser porter par ce récit qui monte crescendo et finit en apothéose.
Roman d’amour, drame, thriller ?
Qu’importe, Sophie nous mène par le bout du nez.

Elle s’appelle Claire.
Elle est mariée à François.
Son destin bascule quand Antoine, son amour de jeunesse, emménage dans le même immeuble qu’elle…

Qui n’a pas en tête les souvenirs d’un amour de jeunesse ?

Déjà dès son premier roman, Sophie nous démontrait sa maîtrise dans l’écriture.
Auteure à lire absolument…

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Extraits :

« L’embrasure de la porte cochère, son sourire gêné et ma gorge sèche, si sèche. Les mots aussi. Ceux qui remontent le long de ma poitrine, mais qui restent suspendus au creux de mon cou, indécis. Et puis ce corps de plâtre qui tremble et s’émiette seconde après seconde sur le sol, ce corps soudain trop lourd pour moi.
Ses yeux jaunes, son visage de couteau, son air suffisant : je suis repartie trente ans en arrière. Une seule idée en tête. Fuir. Disparaître. »

« Antoine et moi n’étions que des gosses qui jouaient à devenir des grands. Malgré ses airs et son allure de petit homme, il n’avait que quelques mois de plus que moi et, du haut de ses quinze ans à peine, il n’inspirait qu’à pédaler et à mordre le vent dans des courses éternelles. Nous nous étions trouvés. »

« J’aimais beaucoup la chambre d’Antoine. Des rideaux semi-occultants y laissaient s’infiltrer une douce lumière qui faisait voler dans les airs de petites poussières duveteuses. Des piles de livres s’amoncelaient sur un parquet de chêne brut qui craquait sous les pas et un grand lit gigogne jouxtait un immense pupitre datant – m’avait assuré Antoine – du début du siècle. »

« J’ai ouvert les yeux et ils ont pénétré les siens. Mon soutien-gorge dégrafé, Antoine a goûté mes seins, l’un après l’autre. De manière de plus en plus appuyée. De manière urgente. Forcenée. »

« En octobre 1987, j’avais fait un malaise dans la cour du lycée. L’infirmière avait appelé ma mère, qui m’avait ensuite amené chez le médecin de famille. J’étais enceinte de deux mois. L’avortement a été programmé pour la semaine suivante.
Antoine n’a répondu ni à mes coups de téléphone ni à mon courrier. Mon père a décrété qu’il allait lui couper les couilles et, du matin au soir, ma mère a longuement épousseté les meubles en pleurant. »

 

 

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises. Elle a publié en 2018 son premier roman, La Dérobée puis Les Corps conjugaux en 2020 et Les Ailes collées en 2022.

Les ailes collées
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/20/les-ailes-collees/

Les corps conjugaux
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/29/les-corps-conjugaux/

Émotion, Drame, Noir, Thriller psychologique

Comme une image

de Magali Collet
Poche – 6 octobre 2022
Éditions : Taurnada éditions

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Lalie a 9 ans, un teint de pêche et des joues roses. Elle a aussi deux frères et des chatons, une belle-mère et deux maisons. C’est une enfant intelligente et vive, une grande soeur attentionnée et une amie fidèle. C’est la petite fille que chacun aimerait avoir. D’ailleurs, tout le monde aime Lalie. Tout le monde doit aimer Lalie. C’est une évidence. Il le faut.

 

• Couv_084_Collet Magali - Comme une image.jpg

 

Connaissez-vous Magali Collet ?

Magali Collet n’est plus une nouvelle auteure. Elle en est à son troisième roman.
Après “La cave aux poupées” et “Les yeux d’Iris”, qui m’avaient vraiment embarqués, en ayant mis déjà la barre bien haute, elle nous propose aujourd’hui “Comme une image”

Magali, je l’ai toujours vu “tout sourire” et très rayonnante… Regarder bien sa photo, jouant de ses yeux malicieux…
Mais justement…
Qui donc se cache derrière ce sourire si bienveillant ?

“Comme une image” est une bombe !
Magali s’attaque à un sujet tabou qui forcément risque de choquer, mais elle le fait tellement bien…
La couverture est magnifique et donne, je trouve le ton du récit encore une fois lu d’une seule traite ! Les chapitres sont très courts, et s’enchaînent à toute vitesse, mes yeux allaient parfois plus vite que ma pensée, voulant anticiper sur les mots qu’ils liaient les uns aux autres, comme si j’étais en apnée ou téléguidé !

Mais comment fait-elle ?
D’où lui est venue l’idée de ce roman qui m’a fait froid dans le dos 🥶 à plusieurs reprises ?
Un sujet si délicat, demandait une parfaite maîtrise.
Magali l’a fait !
…et cette fin ouverte 😱 !

Lalie est une petite fille de 9 ans. Elle est très jolie. Toutes les personnes se retournent sur son passage, elle y est tellement habituée, que c’en est même devenu normal… Mais elle est surtout très intelligente et fait tout son possible pour le cacher à son entourage…
Lorsque ses parents se séparent, elle souffre du “départ” de son père, qu’elle ne voit plus qu’un week-end sur deux. Elle a surtout du mal à trouver un réel lien affectif avec ses deux petits frères nés à quelques mois d’écart.

Lalie est-elle triste ?
Se sent-elle seule ?
Elle a du mal à gérer ses émotions alors que ses parents n’ont plus d’yeux que pour les deux nourrissons.
À quoi cela sert d’avoir des frères ?
Mais souvenez-vous, Lalie est une enfant très intelligente…

Coup de cœur 😍 pour ce thriller psychologique !
Je n’avais jamais rien lu de tel.

Un grand merci à Joël Maïssades éditions Taurnada, pour l’envoi en service de presse, de ce roman qui je l’espère bien, va faire du bruit !

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Extraits :

« J’aime regarder les photos de papa et maman quand ils étaient jeunes… Celles de leur mariage ou celles de ma naissance. J’aime aussi me voir bébé, avec des couches et les joues toutes roses. Tout le monde dit que je suis jolie, alors, je sais que je le suis. C’est un peu comme le soleil. Il se lève chaque jour et c’est normal, et bien moi, c’est pareil. Je ne me pose pas la question. Je suis jolie. »

« Je n’aime pas le changement, je n’ai jamais aimé. Alors, je cache ce que je suis vraiment. Je m’arrange pour glisser quelques erreurs de temps en temps dans mon travail, j’essaie de poser des questions dont je connais la réponse, parce que j’ai vite compris qu’il ne fallait pas être à l’écart d’un groupe. La classe, c’est une meute, comme les loups. Quand un enfant est à l’écart du groupe, il ne peut plus y revenir. »

« Je pose mon sac sur une chaise et me promène dans les allées en touchant les livres. Ils ont toujours eu le pouvoir de me calmer. Rien que de les voir et de les sentir, ça m’aide à respirer. Ils n’enlèvent pas ma colère, mais ils me permettent de me concentrer sur autre chose. »

« Il a encore fallu que je lui raconte mon week-end en détail. Ça me saoule, mais c’est toujours comme ça. Je l’ai fait pour avoir mon cadeau d’anniversaire et la paix. Ça valait le coup. Maman est Abuelita m’ont offert un ordinateur portable. C’est chouette. Un chien et un ordi, c’est l’avantage d’avoir des parents divorcés. »

« Les ombres sur les murs sont le reflet de son mal-être. Depuis qu’elle a trouvé le petit corps inanimé, depuis qu’on le lui a arraché des bras, elle manque d’air. Elle se noie dans sa douleur. Rien ne pourra colmater le vide de son cœur, de sa tête et de son corps. C’est une sensation physique. Le manque est physique. »

 

 

Magali Collet est une auteure française née en 1972 à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Elle vit en Picardie depuis près de vingt ans. C’est une passionnée des mots ; elle écrit des poèmes, des nouvelles ou des chroniques depuis de nombreuses années. Sa sensibilité à la cause des femmes, celles qui souffrent de ne pouvoir échapper à leur condition, apparaît en filigrane dans tous ses écrits. Avec son premier roman, la Cave aux poupées, publié aux éditions Taurnada, elle plonge ses lecteurs dans les fosses ténébreuses des âmes, pleines de violences, d’angoisses mais aussi d’un profond désir de rédemption.

La cave aux poupées

La Cave aux poupées

Les yeux d’Iris

Les yeux d’Iris

Émotion, Drame, Noir, Thriller

Matricule 2022

de Lou Valérie Vernet
Broché – 18 août 2022
Éditions : M+ éditions

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D’un côté, il y a Ivy, 25 ans, pleine de rage et d’amour, animé d’un puissant sentiment d’injustice, en guerre pour régler ses comptes à ce qu’elle nomme elle-même « ses sept charognards et demi ». De l’autre, l’envers du décor. Ce qu’il dévoile de sordide et d’horreur. Chaque jour, à chaque carrefour, sous nos yeux. Le passé qui crée les failles. Le présent qui les perpétue. Sans états d’âme. Parce qu’ainsi va la vie. Et puis au centre, une immersion plein coeur dans les plus grands fléaux de notre humanité pour lesquels l’héroïne de « Matricule 2022 » va tout risquer. Tout sacrifier. Tout expier.

L’auteur signe ici un thriller implacable.
L’humanité côtoie la barbarie.
La violence d’une plume
contre la violence des hommes.

 

• Couv_083_Vernet Lou Valérie - Matricule 2022.jpg

 

Attention, thriller très engagé à sensations très fortes !

Grosse claque littéraire…
Lou Valérie se donne à nous…

Avec “Matricule 2022”, elle ouvre son cœur dans tous les sens du terme… et par la poésie, la tendresse qui se dégage tout le long du roman et par la thématique, dure, violente, due à une véritable soif de vengeance !
N’est pas “Lou Valérie Vernet” qui veut…

Ivy, malgré son cœur qui déborde d’amour, malgré sa gentillesse et toute sa sensibilité est une tueuse.
Enfant perdue, brisée par son vécu, adulte écorchée, comme ses véritables amis, son clan, sa “famille”. Un jour, elle a décidé de dire “STOP” !
Dès lors, elle n’hésitera pas, à tout simplement “éliminer” ceux qui lui ont fait du mal. Elle partira en guerre et fera ce qui doit être fait sans états d’âme, elle a fait son choix…

Impossible de lâcher le roman avant la fin. Les chapitres très courts donnent un rythme incroyable au récit, on rebondit dans tous les sens, présent, passé, traque, meurtres, chaque ligne, chaque page nous fait comprendre qu’elle ne peux pas faire autrement. Une fois sa décision prise, une fois sa liste établie, elle écrase tout sur son passage… On a du mal à reprendre son souffle tant chaque action est liée et justifiée… Les charognards n’ont qu’à bien se tenir…

Lou, m’a entraîné dans un monde aussi sombre qu’il peut être lumineux…
Tout devrait se dérouler sans aucun encombre, mais comme la vie en décide autrement, l’auteure prends sur elle.
Elle pointe du doigt, elle coupe, arrache même, tout ce qui dépasse, dans un seul but… Retrouver la beauté, l’amour, la paix, ne plus jamais croiser de femmes obligées de baisser leur regard et cacher leurs yeux meurtris, ne plus entendre les cris et les pleurs de tous ces enfants abusés… Lucas, Evan, Lény… et bien d’autres…

Ivy, est rapide, précise et efficace.
Lou, pose ses mots, chaque virgule a un sens, chaque point voulu, avant de repartir encore plus fort.

Il faut prendre soin d’elles…
Elles ont beaucoup de choses puissantes à nous transmettre !

Un grand merci à M+ éditions.

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Extraits :

« X : Pourquoi avez-vous fait ça ?
Y : Vous le savez bien.
X : Ce n’est pas très malin ? Il y avait peut-être une autre solution ?
Y, du tac au tac, énervé comme si c’était encore possible de l’être.
– Vous savez bien que non. C’était même la seule solution. Et je suis content.
X, affligé.
– Mais à quoi cela sert-il ? Vous n’allez même pas en profiter.
Y, Affligé plus encore.
– Vous ne comprenez vraiment rien. C’est tout l’intérêt. Mourir pour qu’elle vive. C’est encore mieux. Ça rachète tout. »

« Il y a des gens qui ne méritent pas une ligne dans le grand livre de la vie et encore moins une page d’histoire. À peine plus dans un entrefilet en bas de page. Et certainement pas en héros dans un polar. Ou alors au climax, quand le moment vient de bouffer le cœur pourri du méchant, de le déchiqueter avec les dents, d’en faire de la bouillie tout juste bonne à donner à un chien galeux. Et même et encore, il y en a qui ne méritent rien.
Que de se voir crever, encore et encore, en vagissant et en suppliant alors que la dernière minute s’éternise. »

« Le monde enfin redevenu neuf.
Silencieux. Nu. Vierge.
Et voilà, ça en sera fini de cette course contre la montre. De tous ces cycles de réincarnation – naissance, survivance, mort. De la maladie. De l’abjection. De l’ignominie.
Ça en sera fini d’imaginer, qu’à chaque seconde, on ne parle pas de minutes là, on est bien d’accord, mais de putain de secondes, plus de 900 viols et 500 homicides sont perpétrés, le plus souvent dans une totale impunité. Oui, à chaque seconde. »

 

 

Lou Valérie Vernet, auteure multicartes, signe ici, avec « Matricule 2022 » son troisième thriller, après les très remarqués, Surtout le Pire et Acouphanges. Elle a aussi publié sept autres romans. Tous confirment son talent à manier en virtuose, l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme.

Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Histoire, Suspense

La Quête

de Robert Lyndon
Broché – Poche – 21 août 2014
Éditions : Pocket

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Fin du XIe siècle, à la veille de la Première Croisade.
Ce jour-là, Vallon, chevalier et mercenaire franc, croise le chemin d’Hero aux portes de l’Italie. Cet étudiant est porteur d’une demande de rançon pour un seigneur, dont le fils et prisonnier des musulmans. Le prix de sa libération : quatre faucons blancs, d’une espèce rare, qu’il faut aller chercher en Norvège.
Vallon et Hero embarquent alors pour un long périple, du Groenland à Constantinople, en passant par la Russie, à travers des continents dévastés par la guerre. Une quête de rédemption pour le chevalier, doublée d’une quête secrète pour Hero, qui recherche bien plus que de simples faucons…

“Un coup de maître… Une quête impressionnante.”
Le Monde des Livres

“Si vous ne devez lire qu’un roman d’aventures dans l’année, c’est celui-ci.”
Le Courrier de l’Ouest

 

• Couv_082_Lyndon Robert - La Quête

 

“La Quête” est un roman passionnant.
On y traverse de nombreux pays, et on fait la connaissance de nombreux personnages attachants.

Cette aventure initiatique, dans une époque médiévale cosmopolite, est construite comme un vrai roman d’aventures. Malgré ses plus de mille cent pages, cette quête se lit sans aucun temps morts. J’ai été emporté par le récit, par son rythme et les multiples tribulations des héros qui frôlent le désastre régulièrement, mais toujours pour mieux rebondir tout le long de leur périple incroyable.

Nous sommes en 1072. L’Émir d’Anatolie a fait emprisonner un Anglais qui détient un document très secret. Pour sa libération, l’Émir demande des gerfauts blancs en guise de rançon. Commence alors une épopée maritime qui va nous faire voyager de l’Angleterre à l’Islande, du Groenland au Cap Nord, en traversant toute l’ancienne Russie, de la Baltique à la Mer Noire.

Fauconnier lui-même, l’auteur utilise son savoir et nous donne envie d’en connaître plus.
Un premier roman remarquablement construit et très érudit, dont il se dégage beaucoup de poésie, c’est très visuel et très bien construit. Je tenais à signaler aussi le travail exceptionnel de la traductrice Élodie Leplat qui utilise un vocabulaire très riche, très souvent inusité, mais fort adapté à ce type de roman historique !

Robert Lyndon est un homme qui aime son métier, qui aime la nature, qui aime la vie… et ça se ressent !
Les faucons blancs… j’ai vraiment eu l’impression de les voir voler…

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Extraits :

« Ce matin-là, une patrouille de la cavalerie normande avait capturé un jeune Anglais qui fourrageait dans les bois au-dessus du fleuve Tyne. Après interrogatoire, il fut considéré comme insurgé et pendu au sommet d’une haute colline en guise d’avertissement pour les habitants de la vallée. Transis de froid, les soldats attendirent que les spasmes de leur victime, cessent, puis s’éloignèrent sur leurs montures. On les apercevait encore quand les charognards qui décrivaient des cercles dans le ciel fondirent sur le cadavre, où ils s’amassèrent telle une nuée de chauves-souris infernales. »

« La solitude le submergea. Pour la première fois depuis des années, il se languissait de la compagnie des hommes. Il songea aux fugitifs. S’ils avaient suivi ses directives, ils devaient camper à quelques lieues en amont de la rivière. Se servant de son arc comme d’une béquille, il se mit debout et baissa la tête.

Très chers parents, très cher grand-père, mon cher frère, mes chères sœurs, pardonnez-moi. Je dois partir. J’ignore où me conduiront mes pas, mais je doute qu’ils me ramènent ici. Jamais je ne vous oublierai. Où que j’aille, je chérirai votre souvenir. »

« “Es-tu en train de dire que la Terre est ronde ?

– Évidemment. C’est pour ça que l’horizon décrit une courbe quand on voit la mer de haut.
– Je n’ai vu la mer qu’une fois, quand on a rallié l’Angleterre depuis la Normandie. J’ai été malade pendant toute la traversée”.
Richard fronça les sourcils.
“- Si la Terre est ronde, alors on vit sur le dessus. Sinon on tomberait.
– Les guêpes marchent bien autour des pommes sans tomber.
– Elles ont plus de pâtes que nous. Elles sont capables de marcher à l’envers au plafond.
– Il doit exister une force qui nous maintient au sol, concéda Hero. La même, peut-être, que celle qui fait pointer l’aiguille de ma boussole vers le sud et vers le nord.” »

« J’y ai réfléchi. Les fleuves n’ont aucun mystère. Ils naissent dans les montagnes, où ils sortent d’un ruisseau comme un nouveau-né émerge du ventre de sa mère. Ils ont un début de vie tumultueux, jaillissent en tous sens avec une énergie intarissable mais sans aucun but. Petit à petit, ils gagnent en profondeur, se calment. Ils deviennent vastes, majestueux et fiers. Puis ils se font paresseux, l’hésitation les gagne et ils s’égarent parfois dans des bras morts. Enfin, ils perdent leurs forces et se coulent dans la mer. »

 

 

Robert Lyndon est fauconnier.
La Quête est son premier roman. Il a été traduit dans plus de vingt langues.

Émotion, Drame, Roman

Immortelle(s)

de Bertrand Touzet
Broché – 6 octobre 2022
Éditions : Les Presses de la cité

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Le croisement de deux vies à l’orée d’un nouveau départ.
Depuis son cancer du sein, Anna a besoin de se réapproprier sa féminité ; elle rencontre Camille, une jeune femme devenue tatoueuse, qui a ouvert son local à celles qui ont été marquées par la vie.

Anna revient vivre dans sa région natale, près de Toulouse, pour tourner définitivement une page de sa vie : oublier une relation amoureuse toxique, se reconvertir… Mais une nouvelle épreuve l’attend : une tumeur au sein. La voilà quelques mois plus tard face à son corps meurtri, persuadée d’avoir perdu une part de sa féminité et de ne plus avoir droit à l’amour.
Camille, tatoueuse, se remet douloureusement d’un accident terrible. Une rencontre lui fait comprendre qu’elle peut embellir ce qui a été détruit chez les autres, chez elle. Elle met ainsi tout son art au service des femmes maltraitées par la vie avec des tatouages destinés à masquer leurs cicatrices.
Un jour, Anna pousse la porte de son salon…

L’histoire de deux renaissances. Un roman vrai et bouleversant qui redonne espoir et foi en l’humain.

 

• Couv_081_Touzet Bertrand - Immortelle(s).jpg

 

Je découvre la très belle écriture de Bertrand Touzet avec Immortelle(s).
C’est une écriture pleine d’émotions, avec un mélange de force et de douceur. J’ai tout d’abord trouvé que l’écriture de Bertrand était aussi très féminine…
Et, au fur et à mesure, je me suis dit : pourquoi les écrivains n’auraient-ils pas le droit d’avoir aussi une telle sensibilité ?

Encore une fois, je craque littéralement pour un roman qui est triste et tellement beau à la fois…

Dans son roman, Bertrand met en avant deux femmes. Anna, qui commence le récit, et vient ensuite Camille. Chaque chapitre en alternance va donner la parole à l’une, puis à l’autre, et ainsi de suite jusqu’au bout du roman.

J’étais Anna qui quitte son travail, qui ne lui ressemble plus du tout, qui revient vivre dans la région de son enfance et qui apprendra qu’elle a un cancer du sein. Mais j’étais aussi Camille, jeune tatoueuse qui va “offrir” son art à des femmes qui s’étaient perdues, qui va leur redonner l’envie de vivre, l’envie d’aimer.
Mais le récit de Bertrand, m’a aussi permis de voir et de ressentir d’une manière plus “personnelle” le vécu, le ressenti de Frédérique…
Qui est Frédérique ?
C’est une amie que je connais depuis plusieurs années. Elle m’a contacté au mois d’avril m’informant qu’elle-même était atteinte d’une tumeur du sein, pour la seconde fois, et qui m’a proposé de la remplacer à son travail, le temps qu’elle se fasse opérer, qu’elle subisse les soins nécessaires, avant de pouvoir reprendre son travail en mi-temps thérapeutique. Alors, oui, le récit de Bertrand a “vibré” d’une façon très particulière et personnelle pour moi…

Son roman est doux, il fait beaucoup de bien.
D’ailleurs, il a fallu que je ralentisse ma vitesse de lecture pour en profiter pleinement, pour être en accord avec son récit… Que j’ai trouvé malheureusement beaucoup trop court.

J’ai trouvé mon Anna.
Je dois maintenant partir à la recherche de ma Camille, afin de recréer cette rencontre merveilleuse qui, peut-être, changera leurs vies…

Immortelle(s), paraîtra en début octobre 2022.
Un roman plein de bienveillance que je vous le conseille fortement !
Auteur à suivre…

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Extraits :

« Tout semble possible dans l’existence, à condition de s’en donner la chance. Quelquefois, il faut des coups de pouce au destin, la rencontre des bonnes personnes.
La boulangerie de Labastide avait fermé un an auparavant, une faillite de finances, d’envie, avait eu raison des propriétaires. Aucun volontaire pour reprendre, trop difficile, le bail est trop cher. Un village de quatre cent soixante âmes, proche d’une grande ville, pas assez rentable. »

« Rien a changé, les odeurs, les bruits, les gens. Des étals ont disparu, d’autres ont pris leur place, mais sensiblement tout est identique au marché de mon enfance, lorsque j’accompagnais ma grand-mère.
Ici sur cette place, autour de cette halle, debout, les mains posées sur le comptoir camion du torréfacteur, la foule me frôle, m’enveloppe. Les rires, les conversations, les appels des commerçants. Je reste immobile dans l’odeur du café. Mélange de vanille et de caramel. »

« Trois mots : cancer, chimiothérapie, mastectomie.
Touchée, coulée.
Il me voit me prendre la poitrine, il essaie de me rassurer, mais ces mots n’ont aucun effet à cet instant.
C’est bizarre, on a beau vous expliquer que l’on essaie de vous sauver la vie, que cela est nécessaire à la guérison, que votre sein, symbole de féminité, de maternité, porte votre pire ennemi et qu’il faut vous en séparer, la seule chose qui vous préoccupe et le fait que l’on va toucher à votre intégrité, qu’esthétiquement votre corps ne sera plus jamais le même. Puis il y aura la fatigue du boulot, les cheveux, bref, ça craint. »

« Je touche la couverture, cette habitude que j’ai avec les livres, comme si je prenais possession de l’objet avant de l’ouvrir. Cela fait partie du plaisir physique que j’ai à entrer dans une librairie, celui de toucher les livres, de sentir le papier des livres. Il y a quelque chose de sensuel dans ma démarche, d’organique. C’est peut-être pour cela que j’ai du mal à lire un livre de poche, trop petit, ou que je n’aime pas lire un livre que quelqu’un a déjà lu ai eu entre les mains, comme un besoin d’être la seule à le toucher, à le découvrir. »

 

 

Né à Toulouse il y a une quarantaine d’années, Bertrand Touzet a grandi aux pieds des Pyrénées. Il est aujourd’hui masseur-kinésithérapeute. Remarqué pour son premier roman Aurore, finaliste du Prix Jean Anglade 2020 et lauréat du Grand Prix national du Lions Club de littérature 2022, paru aux Presses de la Cité, il puise dans son quotidien personnel et professionnel les expériences qui nourrissent ses romans.

Émotion, Fantasy

Le Royaume d’Esiah***

Le sang des rois
de Mélanie Gaujon
Relié – 12 juillet 2021
Éditions : Nouvelles plumes

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Neuf mois se sont écoulés depuis que Mylès a rejoint le monde des mortels avec l’armée du Roi Pyrrhos. Depuis, il tente de convaincre les dirigeants de plusieurs pays de s’allier à lui en leur promettant l’immortalité. À Esiah, alors que l’arbre de vie s’éteint, Almandin cherche le moyen de sauver l’équilibre de son Royaume, mais un autre danger se profile. La Confrérie envahit une cité mortelle et les soldats de Mylès détiennent désormais un pouvoir considérable, presque impossible à défier. L’ouverture du coffre sacré semble être le dernier recours pour déjouer les plans du redoutable Conseiller. Mais pour trouver les dernières pierres, Almandin et Jason, le souverain d’Odéon, vont devoir enquêter sur les secrets enfouis de leurs deux royaumes. Réussiront-ils à en sortir indemnes ?

 

• Couv_080_Gaujon Mélanie - Le Royaume d'Esiah*** Le sang des rois.jpg

 

Avec “Le sang des rois”, Mélanie Gaujon termine sa trilogie tel un feu d’artifice qui m’a vraiment embarqué…

Mélanie a su créer un univers incroyable qui à aucun moment ne m’a lassé. Des personnages émouvants, forts bien développés, de l’action à chaque instant et régulièrement de petites pointes d’humour qui rythmaient le tout !
Une trilogie pleine de mystères et de rebondissements, plus de mille huit cents pages à couper le souffle…
Un récit que je conseille vivement à tous les fans de fantasy ou tout simplement à ceux qui aiment les belles histoires bien ficelées.

Un grand merci à Mélanie pour les heures que j’ai passé avec elle dans “ses mondes”, et pour avoir partagé avec nous tous ses personnages fantastiques qui risquent de me manquer.

Le Royaume d’Esiah a trouvé sa place dans ma bibliothèque, entre les romans de Robin Hobb, de Marion Zimmer Bradley, de Georges R. R. Martin et de J. R. R. Tolkien, sans avoir a rougir de la jeunesse de leur auteure.

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Extraits :

« – C’est moi qui coupe !
Il attrapa les ciseaux que Shimei s’apprêtait à saisir et se retourna vers le bébé que Maria portait tout contre elle. Elle découvrit son sexe. Il s’agissait d’un garçon. Le Roi en fut encore plus réjouis.
– Nous avons un fils !
Et il examina son enfant du bout du doigt, n’osant pas trop le toucher. Sa peau fripée était plus claire que celle d’Anjali. Almandin resta bouche bée face au fruit de son amour.
Sa fille, chez qui la joie se doublait de la crainte d’un enfantement, demeura immobile.
– Je ne veux pas avoir… d’enfants…
– Tu dis cela, mais tu en voudras à ton tour, répondit Maria avec un sourire tendre.
Le Roi saisit le cordon et le coupa avec une grande fierté. »

« L’animal prit alors les airs. Le Roi se retrouva suspendu dans le ciel, la tête en bas. La bête tournoya au-dessus de l’enceinte, son trophée gigotant au bout de la chaîne. L’armée royale, sidérée se terra dans un silence horrifié.
Bloqué par la cloison de sable bâtie par les Éduins, Milo somma les harpons de ne pas viser la bête. À cette hauteur, une chute du Roi aurait été mortelle. »

« Almandin se retourna vers son père, son modèle, son mentor. Tout ce qu’il savait, il le tenait de lui.
– On m’a dit un jour que tout être était capable de se tromper, dit-il avant de se retourner vers l’assemblée. Le créateur a commis une erreur. Celle de créer un monde de dépendance sans nous laisser la possibilité de le rendre meilleur. Parce qu’il a jugé que nous ne serions jamais à la hauteur de ce défi.
Il s’interrompit.
– C’est faux, dit-il en frappant la table du plat de la main. Les spectres, les mortels, les Éduins et nous, peuple siahnnas, sommes liés les uns aux autres par une histoire commune remontant à la création de l’homme. La diversité de notre espèce crée un équilibre. Nous avons besoin des âmes. Nous avons besoin des mortels. Nous avons besoin des Éduins. Alors nous devons nous battre ensemble pour garantir cet équilibre ! »

 

 

Mélanie Gaujon, née en 1982, a reçu le prix de l’imaginaire aux éditions Nouvelles Plumes en 2018 avec son livre Le Royaume d’Esiah. Adepte de la photographie, de l’art et du voyage, elle détient un master en histoire. Après quelques années passées en gendarmerie, elle a intégré l’institut régional d’administration de Nantes avant de prendre un poste de gestionnaire dans un établissement scolaire de Seine-et-Marne. À présent, elle travaille dans une agence comptable du Val-de-Marne. Un parcours diversifié, ponctué de nombreuses rencontres qui lui ont donné l’envie d’écrire et de relever des défis.

Mes passions
Globe-trotter dans l’âme, j’adore découvrir de nouvelles cultures, rencontrer de nouvelles personnes, apprendre d’elles. Ma dernière passion, après l’écriture et le voyage, est la photographie de spectacles et de paysages. L’image est pour moi comme l’écriture, un moyen de faire ressentir des émotions et de m’évader.

Profil littéraire
Je m’épanouis dans l’écriture dans les domaines de l’imaginaire : fantasy, merveilleux, SF, fictions policières… J’ai une préférence pour les histoires qui durent. Je mets un point d’honneur à ce que mes textes respirent la vie, aussi j’y ajoute avec plaisir de l’humour et de bons sentiments.

Mon métier
Fondé de pouvoir à l’Education Nationale

Mes références
Mes sources d’inspiration, dans mes premières années furent les mangas et les jeux de rôles. Ils m’ont donné l’envie de créer des personnages forts et attachants, un scénario. À présent, je puise mon imagination dans l’univers cinématographique avec entre autres le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones, Pirates des Caraïbes comme dans les livres avec Robin Hobb et Raymond Elias Feist.

Mes projets de livre
Il en existe un certain nombre. Par où commencer ? Telle est la question !