Émotion, Histoire, Suspense

La Sorcière, le forgeron et les cathédrales

de Aurore Dandoy
Broché – Livre grand format, 15 septembre 2022
Éditions : de Borée Éditions

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Janvier 1286, Kirian, compagnon forgeron, assiste au sacre du roi Philippe IV à Reims. Parti de Vaufleury six plus tôt, son village natal où femme et enfants l’attendent, il fait appel aux chevaliers Templiers pour transporter son pécule sur les dangereuses routes de France. A Vaufleury, Isabeau, veuve, vit seule dans sa ferme. Guérisseuse, elle se complait dans cette vie libre et autonome jusqu’à ce jour d’octobre 1286 où Kirian, blessé, traqué et désabusé s’écroule sur le pas de sa chaumine. Sa vie devient alors une route sinueuse dont chaque péripétie semble la conduire au bûcher ou à la fuite.

 

• Couv_094_Dandoy Aurore - La sorcière, le Forgeron et les Cathédrales

 

Nous sommes en 1286.
Philippe le Bel vient d’être élu roi de France. Les Templiers qui tiennent encore une place prépondérante, sont de moins en moins tolérés suite à des factions internes et aussi à cause de leur richesse, de leur pouvoir qui font de nombreux jaloux au sein de la nouvelle royauté.
Mais, nous sommes aussi en pleine période de construction des cathédrales dans tout le pays, à Paris, à Reims, et à Strasbourg… L’auteure nous fait voyager dans le monde des guildes artisanales, des artisans et des compagnons à travers des chantiers gigantesques, qui s’étaleront sur plusieurs dizaines d’années…

Isabeau, femme cultivée et indépendante, est guérisseuse dans son village, Vaufleury, se situant près de Laval. Elle prépare onguents et infusions et intervient dès que possible pour aider son entourage. Elle est veuve, et contre la bienséance, elle décide de vivre seule à cette époque bien compliquée, où l’Église condamne toute liberté chez les femmes. Elle va finir par soulever bien des soupçons à son égard et susciter de la jalousie, jusqu’à être accusée de sorcellerie et de pratiquer la magie…
Kirian est forgeron. Rejeté par son père, il décide de parcourir le pays accumulant les chantiers afin de subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants, jusqu’au moment, où il est renvoyé chez lui pour un motif mensonger. Blessé durant son retour, il décide d’aller directement chez Isabeau, son ancienne maîtresse…

Sur fond d’un amour impossible, Aurore nous propose un premier roman passionnant, construit comme un thriller historique, très riche en détails, en événements et en rebondissements. Les personnages secondaires sont attachants et les chapitres courts rendent le récit très vivant et rythmé. La plume d’Aurore est agréable, et même si le roman se penche plus sur “l’Humain” que sur cette période de l’Histoire, qu’elle maîtrise d’ailleurs parfaitement. Le décor posé, je n’avais plus qu’à me laisser porter par son récit, par sa vision du moyen-âge et des divers conflits entre les Guildes et les Chevaliers du Temple. Une lecture vraiment très agréable que je vous recommande.
Aurore Dandoy… Une auteure à suivre !

Merci, aux Éditions de Borée pour cette étonnante découverte, en attendant, je l’espère un nouveau roman à venir…
Une suite peut-être ?

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Extraits :

« Sa main remonta le long de sa cuisse avec une douceur équivoque. La jeune femme cambra son dos tandis qu’il embrassait son cou en partie découvert. Leur souffle s’accélérait, entre deux baisers enflammés, leurs doigts s’entremêlèrent vigoureusement. La natte, bien attachée le matin même, était défaite en une cascade de cheveux bouclés couleur caramel. Dans un soupir contrit, il remonta la manche qui découvrait l’épaule dénudée, pour la remettre en place. Elle rouvrit les yeux de surprise et de déception. Il prit alors son visage en coupe et, les yeux dans les yeux, lui déclara :
– Je t’aime, Isabeau. Je t’aime et rien ne pourra changer cela. »

« Elle avait été séparée de sa famille très jeune et elle avait très vite compris que l’interprétation des principes religieux dépendait surtout de qui elle rencontrait. Par exemple, à ses huit ans, un prêtre, vivant en concubinage avec une femme et ses cinq enfants, avait tenté de lui apprendre “les choses de la vie”. »

« Les jours qui suivirent la visite à La Sorbonne ramenèrent Kirian à sa réalité : son maître forgeron Everny l’envoya de l’autre côté du chantier, travailler en renfort sur une porte avec du fer forgé, qui venait de perdre deux de ses artisans : un forgeron que Kirian avait aperçu une fois ou deux, et un apprenti charpentier. Ce n’était pas sans raviver de mauvais souvenirs liés au portail de Notre-Dame de Strasbourg. »

« – Elle semble tellement forte et fragile à la fois.
– C’est une femme ! N’oublie pas que ce sont les femmes qui portent les enfants dans ce monde.
– Tu as raison… »

« Pour ne pas céder aux idées noires qui menaçaient de la submerger, Isabeau décida de partir à la découverte de la ville. Elle s’aventura dans les ruelles malodorantes, évitant comme elle pouvait les marchands pressés et les mains baladeuses des orphelins qui apprenaient à voler en même temps qu’à marcher. Elle se retrouva rapidement face au parvis de la grande cathédrale. La grandeur symbolique, tout autant que la grandeur physique déjà achevée, coupait le souffle et imposait un silencieux pieux, qui contrastait avec le capharnaüm des artisans et des marchands des alentours. D’abord intimidée, Isabeau se tint à distance respectable de l’immense bâtiment. Elle prit le temps d’embrasser la vision entière de la cathédrale. »

 

 

Aurore Dandoy écrit depuis l’âge de 8 ans. Avec son frère, elle imaginait des mondes et des personnages qui prenaient vie sur le papier. En grandissant, elle a noirci des milliers de pages, de journaux intimes aux scénarios de films. En 2019, elle débute un travail de recherche sur les Templiers, la grande passion de son père qu’elle sait malade. Il deviendra son premier roman historique.

Drame, Noir, Psychologie

Il était une fois la guerre

de Estelle Tharreau
Poche – 3 novembre 2022
Éditions : Taurnada Éditions

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Sébastien Braqui est soldat. Sa mission : assurer les convois logistiques. Au volant de son camion, il assiste aux mutations d’un pays et de sa guerre. Homme brisé par les horreurs vécues, il devra subir le rejet de ses compatriotes lorsque sonnera l’heure de la défaite. C’est sa descente aux enfers et celle de sa famille que décide de raconter un reporter de guerre devenu son frère d’âme après les tragédies traversées « là-bas ». Un thriller psychologique dur et bouleversant sur les traumatismes des soldats et les sacrifices de leurs familles, les grandes oubliées de la guerre. « Toutes les morts ne pèsent pas de la même manière sur une conscience. »

 

• Couv_093_Tharreau Estelle - Il était une fois la guerre

 

Attention !
Ce roman noir est une véritable bombe à retardement… Il m’a emporté avec son ton journalistique durant toute ma lecture, jusqu’au dernier chapitre, “véritable explosion”, jusqu’à sa dernière phrase, qui donne un espoir… jusqu’à son dernier mot, “Guerre”.

“Il était une fois la guerre”, dernier roman d’Estelle Tharreau, est un condensé de toutes les émotions ressenties par Sébastien Braqui, un soldat brisé par des dommages psychologiques qu’il a subit, brisé par les politiciens qui ne voient que leur intérêt à l’encontre de la vie de centaines, de milliers d’êtres humains. Je l’ai presque perçu le récit comme un documentaire sur la guerre, une intrusion dans un monde noir et terrifiant ou les soldats se soumettent à des ordres qui parfois font froid dans le dos…
Le récit n’est pas raconté par le héros, mais par un reporter de guerre qui témoignera de l’horreur vécu par Sébastien et tous les autres. Je suis devenu alors le témoin du basculement psychologique qui s’installe dans son esprit, des rapports compliqués qu’il vivra avec sa femme qui l’aime pourtant de tout son cœur, avec sa fille, avec qui il refuse tout dialogue, de sa transformation tant physique que mentale. Il se sent humilié, alors il se réfugie dans l’alcool pour “oublier”, et finira par perdre l’estime de lui-même.
Où s’arrête la fiction, où commence la réalité ?
Seule l’auteure le sait.

Estelle a construit son récit d’une main de maître. Pas de phrases inutiles, pas de mots perdus, ils sont percutants et nous forcent à la réflexion sur les aléas de la guerre et le pouvoir de certains. Elle plonge directement, sans épargner ses lecteurs, dans des scènes de conflits violentes, effroyables… Mais pour comprendre la perception du vécu et la déchéance de Sébastien, il nous fallait passer par là, entrer dans sa tête, comprendre sa perdition.

Avec ce quatrième roman lu, Estelle grimpe pour moi une nouvelle marche.
Un roman très visuel, une thématique plus que maîtrisée, un dénouement vertigineux, elle signe un roman qui risque de surprendre plus d’un homme et qui ne laissera de toute façon personne indifférent, qui marquera je l’espère les mémoires…

Je remercie Joël des Éditions Taurnada de m’avoir permis de découvrir une nouvelle facette à son talent !

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Extraits :

« Il était une fois un homme bon devenu une plaie à vif.
Il était une fois un homme et une femme ; un premier de cordée qui entraîne le second dans sa chute.
Il était une fois un soldat ayant dépassé le seuil d’horreur qu’il pouvait endurer et que la vie a transformé en une bombe à retardement que les Hommes ont lentement amorcée jusqu’à l’explosion.
Il faudrait peut-être commencer ce récit tout simplement par “il était une fois la guerre”. »

« Sous les yeux de Sébastien se déroulaient des scènes de vie étrange : des supermarchés d’où sortaient des chariots plein d’abondance, des rues où des gens ne fuyait pas, des enfants armés de cartable. Il se sentait étranger à ce monde qu’il avait pourtant connu toute sa vie. Accaparé par ce sentiment de décalage, il ne pensait plus directement au Shonga jusqu’à ce que cette lisière de bois apparaisse. »

« Nous aurions dû réfléchir à deux fois avant d’envoyer notre vieille armée incapable de rétablir la paix. Nous n’avons fait qu’aggraver les choses. À travers la défaite de notre armée, c’est l’échec de toute la politique du président qu’il faut voir. Nous pouvions sauver ce pays et nous n’avons fait qu’amener cette guerre sur notre propre sol et participer à l’effondrement du Shonga. Mon parti a déjà engagé des réflexions pour une refonte de nos forces armées. À cette occasion, nous allons convier des représentants de l’armée shongaise pour nous aider dans l’analyse de notre défaite militaire. »

« Évitez de mentionner que votre conjoint est militaire, évitez de porter toute marque pouvant le suggérer, appelez la police si vous êtes victime d’une agression, un numéro vert est à votre disposition. »

 

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

 

 

Émotion, Drame, Histoire vraie

Journal d’un vampire en pyjama

+ Carnet de board
de Mathias Malzieu
Poche – Illustré, 4 octobre 2017
Éditions : Le Livre de Poche

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Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur.
M. M.

Carnet de board
Ce texte est un récit de voyage aux airs de rêve d’enfant et une victoire sur la maladie. Skateboard ! Moteur ! Islande !

 

• Couv_092_Malzieu Mathias - Journal d'un vampire en pyjama

 

J’ai découvert Mathias Malzieu, il y a de nombreuses années par le biais de ses chansons très poétiques et de ses clips magnifiques…
Puis un jour, j’ai entendu qu’il écrivait, ni une ni deux, j’ai littéralement dévoré tous ses romans !
J’aime énormément sa plume, pleine de poésie, d’humour de jeux de mots.

Dans “Journal d’un vampire en pyjama”, Mathias nous raconte un moment de sa vie, et pas le plus facile. Son parcours lorsqu’il apprend qu’il risque une greffe de la moelle osseuse, suite à une sérieuse déficience…
Alors, il raconte sa maladie, avec ses peurs, ses doutes et ses angoisses. C’est plein de sensibilité et plein d’amour. Amour envers sa famille, ses amis, ses proches, mais aussi envers les infirmières et les médecins qui se sont occupés de lui…

Mathias a le don, malgré ce qu’il vit, de nous amener dans son monde “merveilleux” et décalé, un monde qui va l’aider à tenir et à aller au bout de lui-même.
Une écriture puissante, des phrases à la fois poétiques et réalistes qui mettent de la distance avec sa maladie, mais j’ai ressenti sa douleur et sa perdition, au point de redevenir parfois l’enfant qu’il était, qui demandait à être rassuré.
Mathias est touchant, il est humain… J’ai pendant ma lecture, ressenti le besoin de réécouter l’album qu’il avait composé durant cette période, “Vampire en pyjama”, un album qui du coup prend tout son sens !

Un livre que je recommande à tous.
Aux personnes en bonne santé, afin qu’elles se rendent compte du bonheur de leur quotidien, mais aussi aux personnes malades afin que leur esprit s’évade et qu’elles ressentent l’espoir qu’apporte Mathias à travers ses mots tendus vers nous… tel un cadeau !

“Carnet de board” est un récit de voyage.
Le voyage que Mathias s’était juré de faire s’il s’en sortait !
La traversée de l’Islande en skateboard…

Un “petit” livre… très “grand” !

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Extraits :

« “Tu fais trop de choses à la fois, tu n’as plus vingt ans”, me disait-on.
Je me reposerai quand je serai mort.
Je suis un drogué du panache. J’ai des cavernes d’Ali Baba dans le crâne, à s’en faire claquer les orbites. Je ne m’ennuie jamais, sauf quand on me ralentit. J’ai dans le cœur un feu d’artifice. Véritable homme-volcan, c’est de la lave qui coule dans mon sang. Je cherche le spasme électrique de la surprise. Je ne sais pas vivre autrement. »

« Rosy est perchée sur le lit au bord du vide. Avec ses habits d’un autre monde, auquel j’appartenais encore quelques heures plus tôt. Les couleurs, le vent, les voitures et les arbres sont coincés de l’autre côté de la fenêtre. Je ne peux plus rien toucher, voir, entendre. Je me blottis dans le nid de mes propres bras, entouré par ceux de mon amoureuse. »

« Une autre fois, j’ai croisé une fille de vingt ans avec une perruque. Elle était très belle, on aurait dit une princesse sans sourcils. Ses parents l’accompagnaient, elle ressemblait à sa mère aux yeux mouillés. Ils se consolaient en s’étreignant dans le couloir. La jeune fille semblait flotter au-dessus des difficultés. »

« Après une heure et demie de brico-jardin entre mes veines et les machines, les infirmières parviennent enfin à me réparer. Je retourne au scanner, surblouse, masque, Charlotte et Repetto. “La classe”, me dit l’interne. »

 

Mathias Malzieu entame sa carrière d’homme poétique en 1993 en fondant le groupe Dionysos. Depuis, il développe son univers sous forme de livres, de disques, de films : Jedi perdu dans un western sous la neige, monstres amoureux, femme-chocolat ou homme-horloge. Sa Mécanique du cœur, qui compte plus d’un million de lecteurs, a été traduit dans 20 pays et a été adapté en film d’animation en 2014 sous le titre Jack et la Mécanique du cœur. Son Journal d’un vampire en pyjama, journal intime rédigé lors de son hospitalisation pour une greffe de moelle osseuse en 2013, a été récompensé par le Prix France Télévision – Essai 2016 et le Grand Prix des lectrices Elle – Documents 2017. Son dernier roman, Une Sirène à Paris, a reçu quant à lui le Prix Babelio Imaginaire 2019 et a été adapté en 2020 au cinéma par l’auteur lui-même.

Mathias Malzieu a été fait Chevalier des Arts et des Lettres en 2016.

Émotion, Drame, Polar, Psychologie

Mrs Meredith Brown

de Eric Oliva
Poche – 3 septembre 2022
Éditions : Des Livres et du Rêve

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Certaines familles cachent des secrets. Parfois, certains ressurgissent. C’est le cas pour Franck. Un secret qui le ronge jusqu’à commettre l’irréparable. Une quête de vengeance, la découverte d’une vérité dérangeante, prenez garde à ne pas déterrer le mauvais secret.

 

• Couv_091_Oliva Éric - Mrs Meredith Brown

 

J’ai découvert Éric Oliva en novembre 2018, avec le très bon “Chronique d’une vie de flic”. Un roman qui m’avait touché et j’ai depuis plaisir à le “suivre” régulièrement…

“Mrs Meredith Brown” est un roman très addictif, lu en quelques heures, dont la thématique principale est la VENGEANCE.
Franck perturbé par son passé a besoin de se venger, a un besoin impératif de retrouver un sens à sa vie.
De Londres jusqu’à Nice, en passant par Lima au Pérou, trois frères sont dorénavant sur la “sellette”. Franck va se poser en juge et partie. Il a pris une décision et ira jusqu’au bout en éliminant tous ceux qu’il estimera coupable !

Cette quête acharnée, on la vit, on la ressent dans ses tripes et dans notre esprit en entendant les pensées de Franck qui résonnent, pleines de douleurs. Dès lors, on sait tout de suite qui sera le meurtrier, mais cela n’enlève rien à la richesse du récit.

Qui est Mrs Mérédith Brown ?
Pourquoi Franck décide-t-il de s’attaquer à toute une fratrie ?
Qu’ont-ils donc fait pour mériter la mort ?

L’enquête policière, même si elle existe bel et bien, ne se situe pas pour moi au premier plan du récit. C’est très psychologique…
De nombreux personnages interviennent, donnent des pistes, des informations qui misent bout à bout forment une sorte de tableau. À nous lecteurs d’y trouver un sens, une direction pour essayer de comprendre et pourquoi pas, accepter… Je dis bien accepter, car au fur et à mesure de ma lecture, je suis arrivé à trouver Franck attachant voire même plutôt sympathique.
Mais… si la vérité avait un tout autre sens ?

Impossible de ne pas m’attacher non plus à l’équipe de policiers qui aura bien du mal tout le long de cette enquête.
Pas de temps mort, de l’émotion et pas mal de suspense, Éric Oliva m’a mené dans son histoire, m’a pris dans sa toile, une fois commencée, impossible de m’arrêter… jusqu’au dénouement final, mais ne devrais-je pas plutôt dire… Choc final ?

Un bon roman qui mérite qu’on s’y attarde !

Merci Angie Lollia pour cette très belle surprise…

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Extraits :

« Dire que ces deux compères se connaissaient depuis des lustres s’avérait être un euphémisme. Après avoir trop peu usé les bancs de l’école du quartier qui les avait vu grandir, Charly Galway est Allan Mc Callum s’étaient appliqués à réaliser les quatre cents coups – période d’adolescence ô combien compliqué pour ces deux garnements qui avaient accumulé les sottises au cours de ces années perturbées entre l’enfance et l’âge adulte. »

« “C’est dans les petits flacons qu’on trouve les meilleurs parfums” lui seyait à ravir. Plutôt petite avec son mètre cinquante-six, de grands yeux curieux d’un magnifique vert émeraude, Nathalie arborait immuablement un large sourire laissant apparaître une jolie dentition toujours éclatante. Un corps aux courbes agréables, ajouté à des goûts vestimentaires raffinés sans excès, couronnait le tout. Sans qu’elle y prête attention, les hommes se retournaient régulièrement sur son passage. »

« Franck était enfin parvenu à s’endormir.
Après avoir guetté un moment les allées et venues des voitures de police, puis observé une demi-douzaine de journalistes s’évertuant sans succès à passer entre le cordon de sécurité, il s’était allongé sur le lit de sa chambre d’hôtel. Agacé de constater combien de harpies, peuplant le quartier se tordaient le cou à leur balcon pour essayer de capturer la moindre image morbide, il avait fermé les yeux, totalement épuisé. Il pouvait enfin se laisser aller à rêver, comme au bon vieux temps où il était heureux comme tous les jeunes hommes de son âge, innocent et insouciant. Ce temps révolu où il croquait la vie à pleines dents sans se préoccuper du lendemain. Ce temps où il ne savait rien et dans lequel il existait comme s’il était lui. »

« Plus d’angoisse, plus de crainte, plus d’écueil dans sa vie. La présence de cette femme, jeune, jolie, attirante à souhait, le calmait et, malgré tout, le perturbait au plus haut point. Régulièrement, une minuscule ampoule s’allumait dans sa tête, venant ternir l’instant magique en lui rappelant que sa tâche n’était pas finie et que ses démons endormis allaient devoir reprendre du service. Mais chaque fois, ce petit rayon de soleil qui le dévisageait si tendrement parvenait à l’éteindre d’un simple regard, d’une simple parole. »

 

 

Je suis né à Casablanca en juillet 1967.

Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.

Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.

Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.

Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.

À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.

Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.

L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.

En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.

Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.

La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.

Fin février 2015, Chroniques d’une vie de flic voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.

Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)

Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.

Histoire, Suspense, Thriller

L’archéologue*

Épaves en mer d’Oman
de Philippe Ehly
Broché – 1 octobre 2022
Éditions : Éditions Encre Rouge

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Officiellement mort depuis dix-neuf ans, un assassin sans nom et sans visage exécute impitoyablement les volontés d’un petit groupe fanatique dirigé par celui que les agences de renseignement occidentales ont surnommé l’Ombre. Leur ambitieux projet vise à transformer par la terreur le Moyen-Orient en un khalifat unique et éternel.

Brillant ingénieur et archéologue passionné, solitaire et rigoureux, Marc Miller voit sa vie basculer le jour où le prince Turki, neveu du Sultan d’Oman, le charge d’explorer l’espace maritime de son pays pour lui rendre son histoire égarée dans les méandres du temps.

De découverte en découverte, entouré d’une équipe aussi compétente que fidèle, encouragé par le sultan en personne, Marc Miller se forge une place dans un pays ancré dans ses traditions qui cherche à s’ouvrir au monde.

Cependant, le danger guette. Car, tapi dans son repaire, l’Ombre prépare un plan machiavélique…

 

• Couv_090_Ehly Philippe - L'archéologue*

 

Philippe Ehly est un auteur que je ne connaissais pas à la lecture de son roman.

Le tome 1 de “L’archéologue” est un thriller, mais cela a été pour moi surtout un sacré roman d’aventures qui se déroule au fond des mers…

Marc Miller à 14 ans est devenu ingénieur sans même savoir que le terme existait !
Il a acheté un détecteur de métaux et très vite, il se rend compte que l’outil ne correspond pas du tout à ses demandes. Il le démonte, regarde le fonctionnement et y “ajoute” de nouvelles fonctions qui feront de cet outil, celui le plus utilisé au monde pour les recherches. Vous l’avez compris, Marc est quelqu’un de très brillant…

Sollicité par le neveu du sultan, il va explorer les côtes d’Oman à la recherche d’épaves, entouré d’une équipe qu’il aura lui-même choisie, des jeunes passionnés.
Très vite, la chance lui sourit, il trouve un premier bateau et va aller de découverte en découverte qui changeront les acquis de l’Histoire…

Philippe, grâce à son écriture m’a complètement transporté. On ressent très vite son amour pour l’Histoire et l’archéologie, mais pas seulement… Plus que de raconter une histoire, il nous propose une réelle immersion, pleine de précisions techniques, sans que cela ne nuise à la fluidité du récit, et les promenades aussi qu’il nous propose à travers ce pays où évolutions dans le temps et traditions figées dans l’Histoire ont beaucoup de mal à cohabiter.

Un premier tome très maîtrisé qui m’a vraiment intéressé, mais…
J’aurai aimé une “présence” de l’ombre plus marquée dans le récit. Peut-être les tomes suivants vont-ils répondre à toutes les questions que je me suis posées, là où, j’attendais des réponses peut-être précipitées ?

Philippe Ehly, une belle découverte, avec ce roman qui m’a tenu en haleine jusqu’au point final !
Passionnés de romans historiques, ce roman devrait vous intéresser…

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Extraits :

« L’homme n’était ni grand, ni petit. Ni gros, ni maigre. Un visage anonyme, aussitôt aperçu, aussitôt oublié. Quant à ses vêtements, un simple pantalon de toile et une chemisette, ils étaient aussi ceux des centaines d’hommes qui parcouraient les rues de Valence à l’heure de l’apéritif du soir.
Pourtant, l’anonyme noyé dans la foule de la fin d’après-midi, était tout sauf un promeneur ordinaire. C’était un des terroristes les plus habiles du Moyen-Orient. Mais même cette compétence exceptionnelle était aussi peu connue que son physique n’était remarquable. »

« La mer était absolument vide sur 360°, comme le montrèrent d’un coup d’œil à l’écran radar et un balayage à la jumelle, néanmoins l’enseigne tourna la proue vers le nord-est et la pleine mer tout en poussant doucement vers l’avant la double manette des gaz. Miller gardait les yeux fixés sur certains cadrans du tableau de bord : le loch, le compte-tours et les deux cadrans de température. »

« On a plein d’interdits religieux et sociétaux qui nous sont entrés dans le dans la tête dès l’enfance et on a sacrément intérêt à s’y conformer. Chez les Saoudiens, c’est pire et les histoires de crimes d’honneurs au Pakistan, c’est tout sauf une légende. Quand ton frère ou ton cousin te raconte qu’une fille a été lapidée par sa famille parce qu’elle avait parlé, rien que parlé, avec un garçon ou qu’une autre a été défigurée à l’acide par son père ou son oncle pour s’être montrée le visage non couvert sur la terrasse de la maison et qu’on pouvait la voir de la rue, je t’assure que ça calme la libido. »

« Les mots “exceptionnel découverte archéologique” prononcés par le journaliste à la télévision attirèrent l’attention de Danièle. L’écran montrait la reconstitution d’un navire antique, puis présenta une salle de conférence et un orateur qui s’exprimait en anglais, mais dont le commentaire du journaliste couvrait la voix. La caméra s’attarda trois secondes sur le conférencier et Danièle poussa un cri en reconnaissant son fils, portant une veste bleu marine et une cravate, ce qui pour lui constituait un exploit. »

 

 

Philippe Ehly, conseiller juridique et financier, a longuement voyagé en Asie, tant professionnellement que pour satisfaire sa passion pour l’histoire et l’archéologie.

Adolescence, Émotion, Drame, Suspense

Il faut beaucoup aimer les gens

de Solène Bakowski
Broché – 5 mai 2022
Éditions : PLON

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À quoi tient la vie ? À nos liens invisibles.
Nous, inconnus, sommes raccordés sans le savoir.
Nos existences se percutent en silence.

Après un séjour en prison, Eddy Alune, 31 ans, est devenu veilleur de nuit, un métier qui lui permet d’échapper aux gens et aux ennuis. Il vient de perdre son père. En vidant l’appartement de son enfance, il retrouve des effets personnels qu’il a volés, vingt ans plus tôt, à proximité d’une SDF morte dans la rue. Poussé par la culpabilité, il décide de rendre à cette femme l’histoire qui lui a été confisquée.
Une enquête commence, dans laquelle Eddy se lance magnétophone à la main, pour ne rien oublier. De rencontre en rencontre surgissent plus que des souvenirs. Des liens nouveaux se tissent et la mémoire, ravivée par Eddy, va bouleverser bien des vies.

Il faut beaucoup aimer les gens trace le parcours d’un homme ordinaire qui, voulant réparer ses fautes, se trouve réparé par les autres. Ce roman pudique et profondément humain dessine les contours extraordinaires des visages qui font notre quotidien.

 

• Couv_089_Bakowski Solène - Il faut beaucoup aimer les gens

 

J’attendais un roman dans cet esprit depuis un moment… et le voilà.
Un roman sur les gens, ceux que l’on croise tous les jours, que l’on ne voit même plus, des invisibles, à peine un bonjour, rarement un sourire…
Il y a quatre ans, j’ai eu des soucis de santé, et soudain, je les ai vus. Ils m’ont permis de m’accrocher, de lutter, de ne plus me plaindre…
Alors, je les regarde, je leur souris et mon premier mot du matin est régulièrement le “Bonjour” que je leur souhaite…

Solène a écrit un roman magnifique… J’ai eu très vite plein de fourmis qui courraient sur mes doigts, le long de mon dos, jusque dans ma tête pendant ma lecture.
Solène a éclairé de sa lumière, le destin de ceux dont on ne parle pas et qui font pourtant partie de notre quotidien, les invisibles, ces êtres perdus qui vivent cachés dans l’ombre.

Eddy n’a pas eu une vie simple. Enfance compliquée, adolescence perturbée. Il n’a pas été un bon fils et a honte d’avoir déçu son père. Aujourd’hui après avoir purgé une peine de prison, il est veilleur de nuit dans un parking, et tous les soirs, et ce depuis ses “années cellules”, il écoute une émission à la radio présentée par “Luciole” jusqu’au petit matin. Il écoute les gens qui parlent de leurs problèmes, de leur envie de mourir, ceux qui veulent tout plaquer, ceux qui sont perdus, ceux qui n’en peuvent plus…
Mais Eddy lui aussi, vit avec un secret dans son cœur depuis qu’il est enfant, et aujourd’hui, il culpabilise et a besoin de faire quelque chose afin de se dédouaner.
Un matin, alors qu’il se rendait à l’école, il a failli tomber sur une SDF cachée dans un coin, elle était décédée. Eddy appelle très vite les secours, mais ne peut s’empêcher de voler une photo à la pauvre défunte.
Des années plus tard cette photo pèse de plus en plus dans son cœur.

À l’aide d’un magnétophone et de trois cassettes, pour ne rien oublier, Eddy va ainsi remonter le cours du temps et essayer de redonner une identité à celle qui n’avait jamais été identifiée depuis son décès… Lui rendre son nom, lui rendre sa vie.
Il va ainsi petit à petit accumuler “sa rédemption”, qu’il va transmettra à Luciole, la voix de la radio qui l’apaise et rassure les gens comme lui, toutes les nuits, sa lueur dans l’obscurité, mais tout va prendre un chemin différent de ce qu’il escomptait, tout va aller beaucoup plus loin, tellement plus fort…

Je termine ce roman bouleversé.
Cette histoire, je ne l’ai pas lue.
Cette histoire, c’est Solène qui me l’a chuchoté directement à l’oreille. C’était beau, j’étais bien… entouré de Rosa, d’Eddy, de Diane, d’Amalia, de Patrick et tous les autres… Enfin unis comme une grande famille.

Un roman magnifique qui m’a chargé d’émotions, un roman coup de cœur que je vais partager autour de moi, un roman tendre, poignant et triste, car c’est souvent comme ça que les souvenirs sont.

J’ai été Eddy, nous avons tous été Eddy à un moment de notre vie.
Solène, nous montre le chemin.
Il ne tient qu’à nous de voir le verre à moitié plein, de tendre la main lorsque c’est nécessaire, de regarder et de dire bonjour, de sourire…
“Il faut beaucoup aimer les gens”.
Et dire que tout était déjà dans le titre…

Énorme coup de cœur pour ce roman sensible, plein de pudeur et d’humanité.
Je me dois aussi, où que tu sois, de te remercier, Joseph B pour son ton interaction…

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Extraits :

« Eddy, naufragé sur son radeau, se cramponnait à des maximes maison, du style « Un jour de plus en moins » ou « Tout jour débuté tire vers la fin », pour se motiver à aller au collège.
Il fila vers sa chambre, attrapa son sac lesté de manuels inutiles qu’il devait apporter sous peine de se retrouver coller et fit halte dans le couloir. Sur la commode traînait le chèque de la cantine. Le délai de paiement était dépassé depuis trois semaines. Son père avait attendu son salaire. Mais l’intendant, la veille, l’avait prévenu. Déboulant en plein cours, il avait asséné à tue-tête : « Monsieur Alune, si vous ne payez pas cette semaine, nous ne pourrons plus vous accueillir. En cas de difficultés, vos parents doivent se rapprocher de l’assistance sociale. » Les rires de ses camarades avaient jailli en fontaine : « Alune, tête de lune qu’a pas une thune ! », « Eddy, tes baskets sont toutes pourries ! ». »

« Savez-vous qu’il faut environ un siècle pour que le souvenir d’une personne disparaisse tout à fait ? C’est à la fois triste et rassurant de se dire que tout finit par passer, n’est-ce pas ? Un monde sans le souvenir de ma femme, j’ai quand même du mal à m’y résoudre. Enfin… Savez-vous de quoi Rosa est morte ?
– Mort naturelle, d’après le rapport. Le cœur peut-être. »

« Enfin bref, le soir où Rosa est arrivée, il pleuvait comme vache qui pisse. Elle est entrée avec son air triste, sa robe noire et un sac en plastique. Elle s’est attablée près de la vitrine, a commandé une tisane et est restée longtemps, immobile, à contempler la rue dégouliner derrière le carreau. »

« – Vous avez intégré l’école tout de suite en arrivant ?
– Dès l’entrée, oui, en sixième. Au début, ce n’était pas évident, mais je me suis accrochée. J’avais la rage d’appréhender le monde qui nous tenait à l’écart, alors je passais mes nuits à apprendre des listes de vocabulaire, je dévorais tout ce que je trouvais, de l’énumération des ingrédients sur la boîte de biscuits aux romans d’Albert Cohen.
– Votre bibliothèque est bien remplie…
– Dire que la littérature m’a sauvée peut paraître très romantique, pourtant, c’est vrai. Je lui dois beaucoup. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019), “Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.

J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une “folie douce” à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira. Je suis évidemment ravie de l’intérêt que vous me portez en naviguant sur cette page et je fais le voeu de vous garder longtemps à mes côtés.

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Émotion, Philosophique

Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur

de Luis Sepulveda
Joëlle Jolivet (Illustrations)
Poche – 15 octobre 2021
Éditions : Métailié

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Les escargots qui habitent le Pays de la Dent-de-Lion mènent une vie paisible, lente et silencieuse ; ils sont à l’abri des animaux et, entre eux, s’appellent simplement “escargots”. L’un d’eux pourtant trouve injuste de n’avoir pas de nom et voudrait aussi connaître les raisons de la lenteur. Contre l’avis de tous, il entreprend un voyage qui lui fera rencontrer un hibou mélancolique, une tortue pleine de sagesse, des fourmis très organisées.

Une belle histoire pour redécouvrir le sens perdu du temps.

 

• Couv_088_Sepulveda Luis - Histoire d'un escargot qui découvrit l'importance de la lenteur

 

En juillet, j’ai lu “Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler”.
J’ai beaucoup aimé ce conte philosophique, alors j’ai décidé de temps en temps d’en lire un nouveau… Certains le savent déjà… je vais bientôt être papy !
Je sais qu’il est encore un peu trop tôt, mais je commence déjà à choisir certaines musiques qui berceront son sommeil, mais je voudrais surtout pourvoir lui lire de belles histoires qui l’émeuvent et le poussent à la réflexion.

Les récits de Luis Sepulveda, ont ça de particulier, c’est qu’ils s’adressent à tous les âges sans aucune distinction.

Dans ce récit, c’est donc un escargot qui en est le héros.
Il se pose énormément de questions, et voudrait des réponses, là où ses congénères, eux, se laissent tout simplement aller et se sont résignés à leur vie de lenteur et de silence…
Pourquoi les escargots n’ont-ils pas de noms ?
Pourquoi sont-ils si lents ?

Et le voilà parti à l’aventure, afin d’en savoir plus. Dans sa quête, l’escargot rencontrera un hibou triste de voir disparaître les arbres, une tortue qui se nomme “Mémoire” qui lui contera le danger des villes et des hommes, et qui va même lui donner un nom, “Rebelle”. Puis, viendra le tour des fourmis, à qui Rebelle transmettra les indications de Mémoire. Lorsque Rebelle retourne voir les siens, il crée discorde et division entre ceux qui décident de le suivre et les anciens escargots qui ne croient pas au danger humain…

Un conte agréable et délicieux dont la lecture se fait sur plusieurs niveaux comme je m’y attendais. C’est très philosophique, et l’on ne peut que réfléchir à la situation de ce “petit” escargot qui fera tout, malgré ses “handicaps” pour aider et sauver tous les habitants de la prairie.

Un bel hommage aux curieux, à ceux qui ne craignent pas les dangers de l’inconnu, à ceux qui innovent sans avoir peur d’aller contre l’ordre établi. Savoir se poser, réfléchir, se protéger aussi, n’est-ce pas ce qui nous manque aujourd’hui ?

Ce petit escargot a beaucoup de choses à nous apprendre…
Pourquoi vouloir aller à tout prix de plus en plus vite, si on en oublie l’amour et la fraternité ?

Je conseille vivement aux grands, aux petits, et surtout… aux tout petits !

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Extraits :

« Il y a quelques années, alors que nous étions dans le jardin de notre maison, Daniel, mon petit-fils, observait avec attention un escargot. Soudain, il me regarda et me posa une question très difficile : pourquoi l’escargot est-il si lent ?
Je lui ai répondu que je n’avais pas de réponse pour le moment et je lui ai promis de lui répondre, je ne savais pas quand, mais je lui répondrais. Comme je tiens toujours parole, cette histoire essaye de répondre à cette question. »

« L’écureuil crie et saute rapidement de branche en branche. Le chardonneret est la pie volent vite, l’un chante, l’autre croasse, le chat et le chien courent vite, l’un miaule, l’autre aboie, mais nous, nous sommes lents et silencieux, c’est la vie et il n’y a rien à faire, avaient coutume de murmurer les plus vieux. »

« L’histoire de la tortue attrista l’escargot et il devint encore plus triste quand, cherchant lentement parmi les nombreux mots qu’elle connaissait, elle lui dit qu’elle traversait ce pré, parmi des êtres étranges, parfois aimables, parfois hostiles, toujours loin de ce qui avait été son foyer et en direction d’un lieu incertain qui avait pour nom le plus cruel des mots. Il s’appelait l’exil. »

« Le groupe d’escargots avançait lentement, très lentement parmi les herbes. Ils étaient tristes et ils sentaient que la tristesse s’installait en eux comme un poids modeste qui rendait leur coquille plus lourde. Aucun n’osait murmurer son désarroi et, alors qu’en tournant la tête, ils ne pouvaient plus voir les acanthes regrettées, l’un d’eux remarque qu’ils se dirigeaient vers les limites de la prairie, c’est-à-dire dans la direction des humains. »

 

 

Luis Sepulveda (1949-2020) est l’auteur, entre autres, du “Vieux qui lisait des romans d’amour”, de “Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis” et de “Histoire d’une baleine blanche”. Ses livres sont traduits dans 50 pays.

Joëlle Jolivet est née en 1965. Elle a publié de nombreux albums, édités dans le monde entier, illustré des couvertures de romans, et travaille régulièrement pour la presse.

Émotion, Roman, Suspense

La drôle de vie de Zelda Zonk

de Laurence Peyrin
Poche – 2 juin 2016
Éditions : Pocket

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Les jours s’écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu’un grave accident de voiture la cloue sur un lit d’hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n’ayant rien d’autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d’une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s’il est encore possible de changer la sienne…

“Notons la plume alerte et rafraîchissante de Laurence Peyrin, qui fait preuve d’un talent d’écriture rare. Une véritable gourmandise.” Metronews

Cet ouvrage a reçu le Prix Maison de la Presse
Prix Maison de la Presse – 2015

 

• Couv_087_Peyrin Laurence - La Drôle de vie de Zelda Zonk

 

La semaine dernière, j’ai découvert une nouvelle plume…
Cela faisait un moment que je voyais des romans de Laurence Peyrin exposés, mais je ne me sentais pas visé du tout. Dernièrement, l’orientation de mes lectures ayant changé, je me suis dit… et pourquoi pas ?

Je commence ma lecture.
Les premières pages sont plutôt agréables, le sujet plaisant et les personnages tendres et très vite attachants. Puis soudain, ma lecture devint plus immersive, un petit je ne sais quoi qui me titille, qui me plaît et qui m’emporte. Le sujet est profond, mais traité avec humour et délicatesse, voire même de la tendresse…

Nous sommes en Irlande, suite à un accident Hanna partage sa chambre d’hôpital avec une vieille dame mystérieuse, Zelda Zonk. Elles font connaissance et un lien se tisse entre elles, elles parlent de tout, de rien, mais sentent bien au fond d’elles-mêmes qu’il y a quelque chose qui se met en place.
Zelda à un fils, Michael qui est bel homme, et qui va très vite “piquer” le cœur d’Hanna.
Dès lors, elle va se demander quel chemin elle devra suivre à partir de ce moment.
Quitter son mari, qui lui assure un quotidien bien rangé et sans encombre, ou bousculer sa vie et choisir une vie de passion ?

Et puis, il y a cette fixation de la part d’Hanna. Zelda, est-elle Marylin Monroe ?
Zelda Zonk, n’était-il pas le nom qu’utilisait Marilyn pour se déplacer tranquillement et incognito ?

Un roman très agréable. De l’amour, de la passion, du suspense, de l’amitié et des choix de vie qui pourraient mener à la culpabilité, voire aux regrets.
Mais… la vie n’est-elle pas un tourbillon ?

Une lecture sans regret pour ce roman bien mené, que j’ai apprécié et savouré page après page…
… Suffisamment pour étendre ma PAL d’un roman supplémentaire, “Hanna”, la suite directe de celui-ci !

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Extraits :

« Patti avait des rondeurs d’enfance que sa mère craignait de voir partir.
Déjà, son corps se déliait, ses jambes se faisaient plus maigrichonnes, ses pieds moins dodus. À chacun de ses retours, Gail redoutait de voir sa fille changer de chaussures. Ses pieds, si doux, si ronds, éveillaient en elle une sorte d’appétit ; elle en adorait les petits ongles, nacrés comme des coquillages, calés par des coussinets roses – comme des bébés cochons –, les plis sur les orteils replets, l’absence de corne sous les talons. Elle les portait souvent jusqu’à son nez, sa bouche, avec une gaieté vorace, en reniflant l’odeur sans retenue. »

« Tu sais, dit Hanna, depuis ce foutu accident, je me suis posé plein de questions. Et je n’ai eu qu’une seule réponse, pour toutes : “C’est comme ça…” Pourquoi ai-je survécu alors que d’autres sont morts ? C’est comme ça. Pourquoi mes parents ne se sont pas précipités à l’hôpital ? C’est comme ça… Pour le bébé, c’est pareil : c’est comme ça. Je ne serai peut-être jamais enceinte, c’est comme ça. Je me fais à l’idée. C’est la vie qui décide. Moi, je ne veux plus y penser. »

« Elle fixa la vieille dame, pétrifiée. Il y avait ces yeux bleus ; il y avait bien ce grain de beauté – oh, tout petit et enchâssé dans une ride entre le nez et la bouche, mais il y était. Tranquillement, Zelda attrapa un sucre, le cassa en deux et en lâcha une moitié dans sa tasse. »

« Elle prit le temps de s’asseoir, ses deux pieds bien plats sur les ronds en caoutchouc noirs et usés qui recouvraient le sol.
“Michael… Donnez-moi deux jours”, dit-elle sans réfléchir.
Sa voix tremblait, mais elle était forte, et rebondissait dans les parois du sarcophage qu’il la ramenait à Dearbly.
Un silence, de son côté à lui. “Deux jours ?” Finit-il par demander. Elle prit son élan : “Deux jours avec vous, n’importe où. Vous et moi. Deux jours, deux nuits.” Il comprit. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…

Émotion, Drame, Roman, Suspense

Rue du Rendez-Vous

de Solène Bakowski
Broché – 20 mai 2021
Éditions : PLON

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Rien ne prédestinait Alice Beausoleil et Marcel Dambre à se rencontrer. Pour que le vieil homme ouvre sa porte à la jeune femme trempée, il aura fallu une grève des transports, un GPS capricieux et un terrible orage. De leur tête-à-tête inattendu va naître ce qui ressemble à une seconde chance. Un nouveau rendez-vous avec l’existence, peu importe le temps qui reste…

Marcel, quatre-vingt-sept ans, vit rue du Rendez-Vous, reclus dans son atelier de bottier menacé par les bulldozers. Vendeuse en boulangerie, Alice offre son sourire à tous ceux qu’elle croise. En réalité, depuis deux ans, trois mois et quatre jours, en proie à une profonde tristesse, elle s’empêche de vivre.

À mesure que la pluie et les heures s’écoulent, le passé resurgit. Sous l’impulsion de la jeune femme qui l’écoute sans se dévoiler, Marcel raconte la guerre, sa carrière et son amour fou pour sa mère. Et s’il trouvait à son tour la clé pour délivrer Alice de son silence ?

 

• Couv_086_Bakowski Solène- Rue du rendez-vous

 

Bienvenus dans la Rue du rendez-vous, bienvenus dans la boutique de Marcel, ce havre de paix hors du temps… Il aura fallu un violent orage pour que le destin de deux êtres perdus se trouve modifié à jamais.
Comment ne pas succomber au charme de ce récit ?
Venez donc rencontrer Alice, Marcel, Georgette, Nini, la Jaunisse, Suzanne et bien d’autres aussi…

Ce roman a été pour moi, comme une parenthèse hors du temps, une parenthèse bienveillante.
La vie, n’est-elle pas faite de hasards ?
Pour moi, complètement.

Je me suis plongé dans le récit Solène. J’ai aimé toutes les rencontres que j’ai faites grâce à elle. Je me suis amusé, je me suis inquiété. J’ai eu peur, j’ai pleuré, puis je me suis révolté avant de m’effondrer.

Alice Beausoleil et Marcel Dambre ont un pouvoir qu’ils ignoraient.
C’est en se révélant l’un à l’autre petit à petit qu’ils vont le découvrir.
Un duo inattendu, une écriture pleine de douceur et de poésie, Solène signe un roman tendre et magnifique !

C’est le sixième roman de Solène que je lis.
J’avais déjà ressenti, une certaine douceur dans ces thrillers, qui se glissait parfois entre ses mots, entre ses phrases. Dans “Avec elle / sans elle”, qu’elle a écrit en collaboration avec Amélie Antoine, c’était même devenu une évidence. Mais là…

… Je suis obligé de reconnaître que, pour mon plus grand bonheur, ma sensibilité a été grandement éprouvée !

Un superbe roman que je conseille à tout type de lecteurs…

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Extraits :

« Voilà pour le premier début.

Parce que tout ce qui est arrivé a donné naissance à ceux qui arrivent aujourd’hui. De tout ce qui arrive aujourd’hui, découle ce qui arrivera demain. Quoi que nous fassions, et peu importe le degré d’indépendance et de liberté que nous revendiquions, nous sommes toujours l’enfant de quelqu’un ou de quelque chose. »

« En France depuis sept ans, il est éboueur. C’est un boulot, on ne peut pas dire que ça lui plaît, mais il y met du cœur, il fait coucou aux gamins fascinés par le camion-poubelle, il aide les gardiens d’immeuble à rentrer les containers, il caresse les chiens qui passent. Parce que, quitte à faire quelque chose, autant le faire bien, sinon ça n’en vaut pas la peine. »

« Marcel a quatre-vingt-sept ans. Il est assis à son établi branlant. Derrière lui, une radio diffuse une musique jazzy. Jamais d’actualités, voilà bien longtemps que les nouvelles des hommes ne sont pas bonnes, les informations parlent d’un univers qu’il n’habite plus assez pour le comprendre. »

« Quatre-vingt-sept années qu’il use son corps sur le plancher des vaches. Il a choisi son cercueil, le caveau est prêt, la concession louée pour les trois prochaines décennies. Ce n’est pas qu’il tienne tant, à prendre de la place, mais ça le rassure de savoir que c’est réglé, que c’est prêt, qu’il n’aura qu’à sauter dans le trou. Il n’a plus envie d’être ici, sa vie et derrière, tout ce qu’il désire, si tant est qu’il désire encore quelque chose, c’est rejoindre ceux que la faucheuse a déjà emportés. Il ne demande rien d’extraordinaire, au fond, juste que ça s’arrête. »

 

 

Née à Paris en 1981 à Paris, je suis l’auteur de “Parfois on tombe” (éditions Favre, janvier 2014, lauréat du Prix de la Chapelle-Montreuil 2015), “Un sac” (éditions Milady/Bragelonne, 2017), “Chaînes” (auto-édition, juin 2015), “Une bonne intention” (éditions Bragelonne, 2018, prix des Géants du Polar), “Avec elle/sans elle” (en collaboration avec Amélie Antoine, éditions Michel Lafon, 2018), “Miracle” (éditions Cosmopolis, 2019). “Il faut beaucoup aimer les gens” (Plon, 2022) finaliste du Prix Maison de la Presse 2022.
“Rue du Rendez-Vous” (Plon, 2021), est mon sixième roman.
J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie douce » à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

J’espère que mon univers vous plaira.
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Adolescence, Émotion, Drame

La dérobée

de Sophie de Baere
Broché – 13 avril 2018
Éditions : ANNE CARRIERE

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Alors que Claire mène une existence morne mais tranquille avec son mari, elle tombe sur Antoine, son amour de jeunesse. Claire travaille comme responsable de caisse sur une aire de l’autoroute A8 et croit n’avoir plus grand-chose à partager avec Antoine, photographe reconnu et marié à une fille de diplomate. Mais l’irruption inattendue d’Antoine qui va user de tous les stratagèmes pour rétablir une relation avec elle, oblige Claire à interroger son existence du moment et à fouiller les drames du passé… qui saisit peu à peu qui elle est et ce qu’elle souhaite vraiment.

 

• Couv_085_De Baere Sophie - La dérobée

 

Je suis entré dans le monde de Sophie de Baere, en commençant par la fin… Ou plutôt, en lisant ses romans dans le désordre.
J’ai d’abord lu “Les ailes collées” puis “Les corps conjugaux”. Deux romans qui m’avaient retourné.
Je ne pouvais pas rester comme ça, j’ai donc fait un “détour” par son premier roman !

Passionnant !
J’ai retrouvé son écriture, sensible, poétique, forte et émouvante.

Ce qui aurait pu être une histoire ordinaire, ne l’est plus, dès lors que Sophie la raconte. Elle met en place pièce après pièce, ses idées telle une virtuose, et le lecteur n’à plus qu’a se laisser porter par ce récit qui monte crescendo et finit en apothéose.
Roman d’amour, drame, thriller ?
Qu’importe, Sophie nous mène par le bout du nez.

Elle s’appelle Claire.
Elle est mariée à François.
Son destin bascule quand Antoine, son amour de jeunesse, emménage dans le même immeuble qu’elle…

Qui n’a pas en tête les souvenirs d’un amour de jeunesse ?

Déjà dès son premier roman, Sophie nous démontrait sa maîtrise dans l’écriture.
Auteure à lire absolument…

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Extraits :

« L’embrasure de la porte cochère, son sourire gêné et ma gorge sèche, si sèche. Les mots aussi. Ceux qui remontent le long de ma poitrine, mais qui restent suspendus au creux de mon cou, indécis. Et puis ce corps de plâtre qui tremble et s’émiette seconde après seconde sur le sol, ce corps soudain trop lourd pour moi.
Ses yeux jaunes, son visage de couteau, son air suffisant : je suis repartie trente ans en arrière. Une seule idée en tête. Fuir. Disparaître. »

« Antoine et moi n’étions que des gosses qui jouaient à devenir des grands. Malgré ses airs et son allure de petit homme, il n’avait que quelques mois de plus que moi et, du haut de ses quinze ans à peine, il n’inspirait qu’à pédaler et à mordre le vent dans des courses éternelles. Nous nous étions trouvés. »

« J’aimais beaucoup la chambre d’Antoine. Des rideaux semi-occultants y laissaient s’infiltrer une douce lumière qui faisait voler dans les airs de petites poussières duveteuses. Des piles de livres s’amoncelaient sur un parquet de chêne brut qui craquait sous les pas et un grand lit gigogne jouxtait un immense pupitre datant – m’avait assuré Antoine – du début du siècle. »

« J’ai ouvert les yeux et ils ont pénétré les siens. Mon soutien-gorge dégrafé, Antoine a goûté mes seins, l’un après l’autre. De manière de plus en plus appuyée. De manière urgente. Forcenée. »

« En octobre 1987, j’avais fait un malaise dans la cour du lycée. L’infirmière avait appelé ma mère, qui m’avait ensuite amené chez le médecin de famille. J’étais enceinte de deux mois. L’avortement a été programmé pour la semaine suivante.
Antoine n’a répondu ni à mes coups de téléphone ni à mon courrier. Mon père a décrété qu’il allait lui couper les couilles et, du matin au soir, ma mère a longuement épousseté les meubles en pleurant. »

 

 

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises. Elle a publié en 2018 son premier roman, La Dérobée puis Les Corps conjugaux en 2020 et Les Ailes collées en 2022.

Les ailes collées
https://leressentidejeanpaul.com/2022/04/20/les-ailes-collees/

Les corps conjugaux
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/29/les-corps-conjugaux/