Émotion, Poésie

L’Enfance, c’est…

Par 120 auteurs – textes illustrés par Jack Koch
Broché – 28 octobre 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

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Illustrateur très actif sur les réseaux sociaux, Jack Koch a invité 120 auteurs, connus et moins connus, français et étrangers, issus de tous les genres littéraires, à offrir leur définition de l’enfance, qu’il a illustrée. La magie opère à nouveau : ce sont autant de souvenirs et d’émotions qui sont dites, avec justesse, finesse et beaucoup de tendresse.

Baptiste Beaulieu, Franck Bouysse, Michel Bussi, Barbara Constantine, David Foenkinos, Lorraine Fouchet, Eric Giacometti et Jacques Ravenne, entre autres, autant de sensibilités et de visions du monde, pour notre plus grand bonheur !

 

• Couv_104_Koch Jack - L'Enfance, c'est...

 

“L’Enfance, c’est…” est un livre que j’ai lu et relu plusieurs fois, quelques petites touches par-ci, par-là. C’est un livre qui n’était jamais très loin de moi, comme le précédent “L’Amour, c’est…”

Tous les deux sont illustrés par Jack Koch, et ce sont ici, 120 auteurs et amis surtout qui se dévoilent…
Un partage de douceur, et de nostalgie, de souvenirs et d’émotions.
Un très beau livre pour les yeux et pour le cœur. Chaque mot, chaque phrase est un condensé de bonté. Les illustrations de Jack sont sublimes et méritent à elles seules de serrer tout contre son corps ce petit bijou !

Et comme nous le propose gentiment Jack à la fin de son livre, “Et pour vous l’enfance, c’est…”

Pour moi l’enfance, c’est…
Marcher en équilibre sur le rebord du trottoir pour ne pas tomber dans le précipice, pour ne pas disparaître à jamais.
Les amis, à la vie, à la mort, croix de bois, croix de fer…
Aller en famille à la mer, ramasser des couteaux, des paternes, des étrilles, des escargots, sous un soleil bienveillant au Portugal.
Mais c’est aussi une prison à laquelle je voulais échapper, courir comme un fou dans les rues, sauter dans les flaques, crier, chanter à tue tête, et d’un seul coup m’émerveiller devant la vitrine d’une librairie,
Lire sous la couette avec ma lampe de poche… chuuut ! pas de bruit…
Parfois pleurer seul dans mon coin, en caressant mon chien,
Savoir voler, aussi vite, aussi loin que les oiseaux, marcher sur la lune et pouvoir respirer sous l’eau, c’était un monde ou IMPOSSIBLE n’existait pas.
C’est la “petite souris”, les Barbapapa, Candy, Goldorak, Tom et Jerry, les “Lego“, les maquettes d’avion…
Et vouloir toujours grandir trop vite…
L’enfance, c’était tout ça.
Parfois en mieux, des fois moins bien…
Mais tout ce vécu a fait de moi l’adulte que je suis.
Mon Dieu que c’est passé vite !

Un livre magique à s’offrir et à offrir…

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Extraits :
« L’enfance, c’est voir des animaux dans les nuages, inventer des cachettes sous les tables.
L’enfance, c’est surtout maman, son odeur, ses câlins, le seul endroit au monde où tout s’arrange toujours.
L’enfance, c’est souvent ça.
Mais l’enfance, c’est aussi les coups, les cris, la peur.
Le pire, c’est quand la violence vient de l’intérieur, parce qu’il faut la faire taire, parce qu’on a honte et que rien ne doit sortir de ce qui se passe « Chez nous ».
L’enfance, c’est parfois ça, et elle reste comme une souffrance, tout au long de la vie.
Dans tous les cas, l’enfance, c’est des souvenirs pour plus tard.
Il ne faut pas les oublier, les bons comme les mauvais.
Ce sont eux qui nous maintiennent debout ou nous font tomber. »
Jérome Camut

« L’enfance, c’est le coffre-fort de nos rêves.
Il ne faut jamais en jeter la clé. »
Karine Giébel

« L’enfance, c’est l’absence de frontière entre le réel et l’imaginaire. »
Paul Ivoire

« L’enfance, c’est regarder dans les yeux pour dire « Ze t’aime », et éclater de rire, parce que même que c’est vrai ! »
Tom Noti

« L’enfance, c’est la genèse, le lait des découvertes, le miel des chimères.
Regarder le monde de ces yeux-là chasse l’obscurité pour le magnifier de pureté. »
David Zaoui

 

 

Né à Strasbourg, Jack Koch était instituteur avant de se consa­crer à l’illustration. Ses pre­miers albums sont des compilations de dessins sur l’école qu’il affichait en salle des maîtres. Son univers est le rêve, la poésie, la tendresse drôle, l’enfance, les moments arrêtés où l’on perçoit le temps qui passe et les petits bonheurs de la vie.

Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Noir, Suspense

Et toujours les Forêts

de Sandrine Collette
Broché – 2 janvier 2020
Éditions : JC Lattès

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Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts.

Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

« Cette épopée ne s’oublie pas. » Le Figaro

« Pour Sandrine Collette, l’espoir ne meurt pas tant que subsiste un souffle de vie, si chétif soit-il. » Le Monde des livres

« Un roman très prenant et cinématographique » Madame Figaro

« À mi-chemin entre La Route de Cormac Mc Carthy […], et En un monde parfait, de Laura Kasischke, Sandrine Collette réussit une très belle œuvre et trouve l’équilibre entre l’effroyable et le beau, faisant pousser la poésie au milieu de la poussière » ELLE

 

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Un récit incroyable !
Saisissant, terrifiant, dérangeant et plus encore… mais en même temps, magnifique et introspectif.
J’en suis encore tout retourné.

La vie commence très mal pour le petit Corentin. Très jeune sa mère le place dans diverses familles, le récupérant régulièrement afin qu’il n’ai pas le temps de s’attacher. Sa mère nocive, n’ayant aucune once d’amour envers son fils, fera tout pour le perturber et le rendre malheureux. Puis un jour, elle l’abandonne chez Augustine, une vieille dame, qui petit à petit va “l’apprivoiser”, elle saura l’aimer et le faire grandir !
Les années passent… Le réchauffement climatique se fait de plus en plus présent, les journées de plus en plus chaudes et deviennent même caniculaires, toute la nature s’assèche. Ce qui devait arriver, arrive, un cataclysme se produit rasant toute la surface de mille feux. La nature a disparu. Plus que quelques arbres disséminés ici ou là, des millions d’animaux et d’humains ont été emporté par la vague mortelle.
Corentin fera partie des rares survivants.
Mais est-ce vraiment une chance de survivre, alors que tout a disparu ?

Un récit qui a fait naître pour moi, beaucoup de questions qui pourraient malheureusement être bientôt d’actualité.
Et si demain n’existait plus ?
Quel serait notre avenir ?
Pourrions-nous survivre, et si oui, pourquoi ?

Voilà un récit très inhabituel et terriblement réaliste.
Sandrine nous donne avec ses mots, simples, pesant parfois, mais tellement juste, une description de ce qui pourrait arriver aux survivants. Leur quotidien, leur lutte pour subsister et de nouveau essayer de vivre une nouvelle vie dans ce monde gris et silencieux…

J’ai passé un bon moment de lecture avec cette histoire triste, mais malgré tout avec de l’espoir.

Après avoir lu, “Animal”, “Des nœuds d’acier”, “Les Larmes noires sur la terre”, “Il reste la poussière” et “Juste après la vague”, Sandrine confirme pour moi, avec “Et toujours les Forêts”, sa place sur le podium des auteur(e)s français(es) à suivre absolument !

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Extraits :

« Les vieilles l’avaient dit, elles qui voyaient tout : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon.
Les vieilles ignoraient, alors, à quel point elles avaient raison, et ce que cette petite existence qui s’était mise à pousser là où on n’en voulait pas, connaîtrait de malheur e et de désastres. Bien au-delà d’elle-même : ce serait le monde qui chavirerait. Mais cela, personne ne le savait encore. »

« La route vide. Ce serait le dernier souvenir.
Il n’oublierait rien, ni le long trajet muet, ni l’instant où elle l’avait fait descendre de voiture, ni la lettre qu’elle l’avait forcé à prendre. Il n’oublierait pas le petit chemin jusqu’au virage, et sa respiration qui accélérait, et la peur au fond de lui.
Enfin, il n’oublierait pas les derniers mots de sa mère pour lui.
File, merde. »

« Ce fut la fin du monde et il n’en surent rien.
Engloutis dans la terre, engloutis dans l’alcool et les rêves. Ils avaient tant bu, tant absorbé, tant bataillé pour les pensées à dire et à défendre. Ils étaient descendus sous le macadam et sous les voitures, les bras chargés de provisions, la migraine tapant déjà aux tempes et ils s’en réjouissaient à l’avance. Perdre leurs repères, s’enfoncer, se laisser couler. Ils reviendraient pleins d’hallucinations et pleins de poésie.
Pleins de mélancolie.
Où ils ne reviendraient pas. »

« Dévasté.
Y avait-il un autre mot ?
Corentin s’était assis à côté d’Albane, à côté des autres. Comme eux, il contemplait.
Mais contempler quoi ?
Tout ce qui était vif était devenu cendres.
Tout ce qui existait était détruit.
Tout n’était que silhouettes noires et atrophiées et brûlées – les immeubles, les arbres, les voitures.
Les hommes. »

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar “Une brume si légère”, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).

« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre ».

Son huitième roman, « Et toujours les forêts », une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Sandrine Collette partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Émotion, Fantastique, Suspense

La chinoise du tableau

de Florence Tholozan
Poche – 20 mai 2021
Éditions : M Plus Pocket

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Si comme Mélisende et Guillaume vous découvriez un tableau très étonnant ?
Au second plan, derrière une jeune Chinoise, se tiendrait un couple. Un couple qui ressemblerait en tout point au vôtre. À un détail près : les personnages représentés sur la toile seraient bien plus âgés.
Une curiosité irrésistible vous entraînerait jusqu’en Chine, à la recherche de la Chinoise du tableau.
Et si vous vous aperceviez que cette dernière détenait un secret qui va bouleverser votre vision de la vie ?

Un roman contemporain envoûtant. Des sentiments purs et forts. Un récit à plusieurs voix de toute beauté, où la particularité de chacun s’imbrique dans une continuité intemporelle.

 

• Couv_102_Tholozan Florence - La chinoise du tableau

 

2022 a été pour moi, un peu l’année des premiers romans… et bien m’en a pris !
Il se dégage des premiers romans, une force, une envie de partage que je trouve assez incroyable et touchante.

Florence Tholozan signe avec “La chinoise du tableau” un livre très atypique et nouveau. C’est un voyage dans le temps, dans l’histoire, dans l’espace, avec une pointe de fantastique… ou pas !
Voyage en Chine avec sa culture magnifiquement retranscrite par l’auteure. Voyage historique puisque Florence partage avec nous deux sauts au sein des deux guerres mondiales comme si nous les vivions, et un voyage au-delà de la vie, à travers la mort.
J’ai passé un excellent moment de lecture, et j’ai regretté d’arriver si vite à la fin de cette intrigue, qui m’a amené à réfléchir sur des possibilités que nous offre la vie, qui sont peut-être encore à découvrir.
Une très belle histoire, où l’amour est le centre de tout, un roman extrêmement bien documenté, et même si j’ai noté une ou deux incohérences historiques, le récit est tellement beau, tellement vivant, que je les ai bien vite oubliées… au bénéfice d’un rythme entrainant avec une telle simplicité dans les mots, qui m’a fait énormément de bien au cœur.

Le but de la lecture, n’est-elle pas de nous faire rêver et voyager ?
Une très belle découverte pour moi. Florence un grand bravo à toi, tu as rempli ton premier contrat avec “une main de maître” !
Et je pense, d’ors et déjà, qu’il va falloir que je prévois de la place sur mes étagères pour tes prochains ouvrages…

Florence Tholozan, une auteure à suivre…

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Extraits :
« Tout le monde me connaît aux alentours.
Cependant, il serait plus exact de dire que l’on croit me connaître. On me rencontre quotidiennement, on m’adresse la parole, on me sourit… Néanmoins, personne ne sait l’essentiel, jusqu’à mon nom de naissance. Nul, n’imagine qui je suis en réalité. Ceux qui m’appellent Shushan sont les rares survivants d’une lointaine époque où je n’étais qu’une petite fille. Ils se comptent dorénavant sur les doigts de la main.
Pour tous, jeunes et vieux, hommes, femmes et enfants, peu importe, je suis la “passeuse d’offrandes”. Voilà comment on me nomme dans mon village natal, “passeuse d’offrandes”. »

« Nos cœurs qui battent à l’unisson, nos souffles accordés sur la même mesure. Sa peau veloutée. Les bouches qui se trouvent, les mains qui courent sur nos corps ; lesquels se cherchent, se découvrent, s’apprivoisent timidement, et se reconnaissent. Tout est si simple, si évident. »

« Mélisende… Regarde-la. Elle fonce dans la vie, elle envoie valser les obstacles et elle avance, le nez au vent, à l’écoute de ses intuitions, dont elle a le sens, particulièrement aiguisé… Oh, elle a bien des tourments ! Rares sont ceux qui y échappent. Mais j’admire son courage. Les femmes en ont beaucoup… Plus que les hommes. On le dit. J’en suis convaincu. Bah, des généralités. Je suis cependant obligé d’admettre que nombre d’entre elles ont une force intérieure qui me fascine… »

« “Voyons, si tu as poussé, fiston !” Mon objectif était d’atteindre la marque à hauteur de sa taille à lui, la plus haute de la famille. Constater que je m’en approchais chaque coup un peu plus, me rassurait. Quand, enfin, mon encoche a daigné, dépasser celle de mon paternel, au lieu d’en éprouver, l’orgueil escompté, j’ai réalisé avec effroi que, si lui ne grandissait plus, il continuait de vieillir. Et à cet instant-là, alors que je n’étais déjà plus un enfant et que mon père n’était plus une montagne, j’aurais voulu que plus rien n’évolue et profiter de mes parents, d’égal à égal. Et je songeais que si le temps n’épargnait ni ma mère, ni lui, il ne m’épargnerait pas, moi non plus…
C’est cela, devenir adulte, perdre une certaine innocence, prendre conscience qu’un jour, nous serons vieux et qu’après nous disparaîtrons. »

 

 

Florence Tholozan réside dans les proches environs de Montpellier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu l’amour des mots.

Diplômée en psychologie clinique, elle enseigne dans l’Hérault.

“La Chinoise du tableau” est son premier roman. Il a été présenté pour le Prix de la 1ère Œuvre d’une auteure 2020 et a concouru au Prix du Livre Romantique 2019 pour lequel il a été finaliste. Traduit en plusieurs langues il a été récompensé par le Prix Paroles d’Auteur(e)s.

“L’écho de nos jours” est son deuxième roman.

Émotion, Philosophique

Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis

de Luis Sepulveda
Joëlle Jolivet (Illustrations)
Poche – 15 mars 2021
Éditions : Métailié

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Max est l’humain de Mix et Mix est le chat de Max. Max part faire ses études et Mix, devenu vieux et aveugle, passe de longues journées solitaires jusqu’à sa rencontre avec Mex, souris mexicaine bavarde et trouillarde, qui lui raconte le monde visible. Une grande amitié est née.

 

• Couv_101_Sepulveda Luis - Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis

 

Après l“Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler” et l’“Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur”, c’est le troisième conte de Luis Sepulveda que je lis.

Même si je n’ai pas retrouvé le coup de cœur du premier roman lu, j’ai aimé l’émotion dégagée à travers les lignes où deux ennemis naturels vont s’allier et devenir amis. Un chat aveugle qui va aider grâce à son agilité une souris, qui deviendra les yeux du félin. En effet Mix vieilli et ne peut plus se promener à sa guise et vivre sa vie de chat.

Encore une fois, Luis Sepulveda nous offre un conte philosophique avec une belle histoire d’amitié et de tolérance. Une histoire sur la conscience des besoins de chacun, des limites imposées par le temps, et les différences individuelles, qui lorsqu’elles s’accordent, permettent d’aller au-delà et peut-être même de redonner un sursaut, une nouvelle vie, là où l’on pouvait penser que tout était fini…

Un récit pour tous les âges.
Les enfants bien sûr, mais je veux encore croire que certains adolescents pourraient aussi se l’approprier, et les plus “vieux” s’y rafraîchiront avec sûrement avec beaucoup de plaisir !

Encore une “petite” histoire qui a coloré et embaumé ma journée…

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Extraits :
« Je pourrais dire que Mix est le chat de Max, mais je pourrais aussi indiquer que Max est l’humain de Mix. Cependant, comme la vie nous enseigne qu’il n’est pas juste que quelqu’un soit propriétaire d’une autre personne ou d’un animal, disons alors que Max et Mix, ou Mix et Max, s’aiment l’un l’autre. »

« Un jour d’hiver, quelqu’un frappa à la porte et, comme toujours, Mix se dirigea vers l’entrée pour être le premier à saluer le visiteur. Max le vit avancer dans le couloir, il vit aussi sur le sol, le carton de livres qu’il pensait rendre à la bibliothèque, un carton qui ne s’était jamais trouvé là, et il éprouva une douleur immense en voyant Mix le heurter. »

« Max prit avec précaution, le petit corps de la souris, tremblante, la posa sur le sol et la vit se réfugier sous le ventre du chat.
– Je suis content que tu aies une nouvelle amie, Mix. Comme ça tu ne te sentiras pas tout seul dans les jours qui viennent, car je vais devoir faire d’autres voyages. À partir de maintenant, nous sommes trois dans cette maison, dit Max, et il déposa une petite assiette près de celle de Mix. Dans l’une, il versa une généreuse ration de pâtée au goût de poisson et dans l’autre, une ration aussi généreuse de céréales. »

« Les amis, je ne sais pas si j’ai la berlue, mais, sur le toit d’une maison, et j’ai eu l’impression de voir un chat au profil grec et une souris regarder le coucher du soleil. Et, le plus curieux, c’est que le chat semblait écouter attentivement, la souris. »

 

Luis Sepulveda (1949-2020) est l’auteur, entre autres, du “Vieux qui lisait des romans d’amour”, de “Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis” et de “Histoire d’une baleine blanche”. Ses livres sont traduits dans 50 pays.

Joëlle JOLIVET est née en 1965. Elle a publié de nombreux albums, édités dans le monde entier, illustré des couvertures de romans, et travaille régulièrement pour la presse.

 

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/20/histoire-dune-mouette-et-du-chat-qui-lui-apprit-a-voler/

Histoire d’un escargot qui découvrit l’importance de la lenteur
https://leressentidejeanpaul.com/2022/10/14/histoire-dun-escargot-qui-decouvrit-limportance-de-la-lenteur/

Émotion, Témoignage

Toujours en chemin

de Michaël Delaporte
Poche – 12 novembre 2022
Éditions : TheBookEdition.com

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J’ai toujours la maladie du « temps qui passe », mais je sais que ce n’est pas grave désormais !
Presque deux ans sans parvenir à écrire. Besoin de vivre pour avoir des choses à dire. Et puis aller vers soi-même suppose un risque, alors j’ai osé souffler sur les braises d’un feu qui couvait, et l’aventure redémarre aujourd’hui en mode pissenlit.
J’ai douté, cherché, attendu, expérimenté. Puis c’est venu, au bon moment. Après deux années d’échanges avec les lecteurs, dont je me suis nourri, j’ai envie de partager avec toi ce qui fait le sel de ma vie, mes joies, mes peines, mes doutes et mes aspirations. Je t’offre ainsi un temps pour toi, ces pensées pouvant accompagner ton chemin.
Douze chapitres pour douze émotions différentes, douze façons différentes de voir le monde. Retournons ensemble en enfance, partons en voyage, acceptons le deuil, explorons notre côté sombre, demandons-nous comment pense l’autre, ayons de l’audace !
Un treizième chapitre… rien que pour toi !
Ce livre est dédié aux femmes. Parce qu’il n’y a pas de plus difficile et de plus belle situation au monde que d’en être une.
Puisse-t-il être une petite graine dans ton jardin. Ce n’est pas un livre que tu tiens entre tes mains, c’est une expérience !
« Parce qu’une histoire bien racontée ne suffit pas, à toi de jouer. »

 

• Couv_100_Delaporte Michaël - Toujours en chemin

 

Après avoir lu en juin 2021 Avant moi, j’étais un autre, qui avait fait remonter en moi de nombreuses sensations, je ne pouvais pas, ne pas suivre Michaël sur ce nouveau “Projet”… D’ailleurs comme toute la “Team Pissenlit”, et beaucoup d’autres personnes, je l’attendais.

Une lecture rapide soit, mais une lecture toute en profondeur. Michaël ne cherche pas à nous embobiner, il est direct et transmet son message en toute franchise, un message fort simple au demeurant… IL FAUT VIVRE !
Nous avons besoin d’amour, d’amitié, besoin d’être triste pour apprécier le bonheur lorsqu’il est là. Un message si simple pourtant, mais que tout le monde oublie, tête baissée, dans notre métro-boulot-réseaux-dodo, qui nous bouffe petit à petit, au point d’en oublier le principal… La vie.

Michaël nous propose alors de le suivre pendant un an. Un an qu’il divisera en autant de chapitres qui y a de mois dans l’année (avec une “p’tite” surprise à la fin…).
Douze mois qui s’enchaîneront, en toute simplicité… De nombreux messages qu’il dédie aux femmes, mais que j’ai pu apprécier de la même façon. J’ai pris cette lecture comme une nouvelle expérience et me suis laisser aller. C’est souvent drôle, mais, surtout vrai et authentique. Les mois défilent… Plus j’avançais, plus j’avais l’impression d’être concerné… Mais en arrivant au mois de décembre, je me suis pris une claque ! Michaël ne parlait plus des autres, il me parlait à moi, directement, il était dans ma tête, il était moi. J’ai eu alors un mélange de tristesse et de bonheur.
Tristesse, car tout ce dont il parle, je l’ai vécu, j’avais dix ans, et comme cela me manque parfois… Bonheur aussi, car il m’a permis de me souvenir de certains détails oubliés. Je suis allé chercher mes albums de photos, avec mon frère, ma famille, mes potes… “Patte d’eph”, cheveux longs, cols roulés à rayures de toutes les couleurs et visages hilares ! Il me suffisait simplement d’ouvrir les yeux !
Merci Michaël, ça fait du bien…

Une pose, un arrêt, dans cette vie ou tout va toujours trop vite aujourd’hui.
Dire STOP, et s’y tenir, voilà le merveilleux cadeau que nous fait Michaël.
Mais ce n’est pas tout… En plus du voyage qu’il nous propose, il y a un chapitre ”raconté”, aussi des graines de pissenlit, et quelques pages qui sont pour nous, où nous sommes libres de les utiliser pour aller, pourquoi pas vers un peu plus de liberté.

Michaël Delaporte, c’est un peu tout ça et plus encore. Je ne peux pas penser à lui sans voir apparaître son sourire et ses yeux lumineux !
Certains diront sûrement “Trop de sensibilité”, “trop de bla-bla”, à ceux-là, je leur dis : Restez dans votre monde (Pour rester poli !)
À tous les autres : Mais, qu’attendez-vous pour découvrir ses deux livres, qu’attendez-vous pour les offrir ?
En-tout-cas, mon cadeau de Noël… Je l’ai déjà eu !

http://www.michael-delaporte.com/le-projet.html

La démarche du « Pissenlit » reposant sur le partage, 10% des bénéfices seront reversés à l’une des associations ci-dessous :
BIBLIO SANS FRONTIERES
GAPEAU TRANSITION

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Extraits :
« Que chaque personne rencontre depuis deux ans, soit remerciée de ce qu’elle m’a apporté. Sans le lecteur, l’écrivain n’est rien d’autre qu’un penseur. C’est dans le partage du message qu’il enfile son costume de passeur de mots.
Et grâce à vous, mon message s’envole de plus en plus, tel un akène de pissenlits… »

« Tout dans ce matin, ressemble à un magazine de déco, et devrait pousser à la sérénité… Le feu crépite dans le poêle, la lueur apaisante des flammes enrobe la pièce d’une douce chaleur, le silence à peine troublé des murmures ménagers enveloppe l’espace, la maison est plutôt bien rangée, pour une fois. Derrière cette volupté apparente pointent pourtant une crainte sourde et une excitation latente. Je suis tellement en éveil que je ne sais plus quelle émotion doit l’emporter. »

« 5h45. Même pas besoin de réveil. Pas un bruit, il fait ce noir profond des matins de l’hiver, et pourtant, me voilà déjà avec les yeux grands ouverts. Comme tous les matins, je me lève trop tôt. Il paraît que l’avenir m’appartient, du coup. Ça me fait une belle jambe. Pour l’instant, j’ai juste des Samsonite© sous les yeux et l’énergie d’un poulpe échoué sur la plage. »

« La corde à sauter, l’élastique et la marelle ! Les parties de tennis dans la rue devant la maison avec une ficelle tendue entre le portail et l’arbre d’en face, avec la raquette en plastique noir et la balle en mousse jaune ? Et le Tang ! Putain, le Tang !! Tout ça, tu vois, tout ça, c’est notre enfance, et quelques fois, je la regrette un peu cette belle période, même si c’était pas rose tous les jours, même si on n’avait pas le choix entre mille films et deux-cents cinquante chaînes de télé, même si c’était moins confortable que maintenant. Au moins, on prenait le temps de faire, d’explorer, d’attendre, et parfois même, je sais que ça va te paraître incroyable, mais quelques fois, on s’ennuyait ! Chose inenvisageable maintenant, où la flemme et l’inactivité sont jugées comme des défauts rédhibitoires. »

 

 

Michaël Delaporte ou la démarche du pissenlit

S’il est né à La Londe, s’il habite Solliès-Pont, il a, depuis de nombreuses années, tissé des liens forts avec La Farlède, notamment grâce à sa belle-mère, Raymonde Marcel, institutrice emblématique du village, à ses filles qui suivent les cours de danse d’Audrey Lhote depuis 12 et 6 ans, ainsi qu’à de nombreux amis de sa génération avec lesquels il partage un goût prononcé pour l’amitié et la fidélité. « Après avoir pas mal roulé ma bosse sur tous les continents, je me suis posé dans mon département natal. Professeur agrégé d’Éducation physique et sportive, j’enseigne à l’université de Toulon. J’adore mon métier ».

Comme un défi qui s’est imposé à lui, le 17 juin 2020, Michaël Delaporte se lance dans l’écriture de son premier ouvrage « Avant moi, j’étais un autre ». Le 20 juillet, le manuscrit est bouclé. Il sélectionne un comité de lecture de 13 personnes, le 24 août, la décision est prise, on publie. Un marathon qui correspond parfaitement au personnage et un concept original car le quadragénaire ne veut rien faire comme les autres. « C’est un livre qui ne s’achète pas », non, il l’offre à 330 personnes de son choix, avec une dédicace, un geste que les lecteurs vont répéter autant de fois qu’ils le veulent. C’est la démarche du pissenlit. « Chacun est invité à lire ce livre, puis à imaginer la liste des personnes qui pourraient être assez sensibles pour comprendre… et il le passe comme un relais ». Une forme nouvelle de communication qui fonctionne à merveille, mais qui s’accompagne également d’une chaîne de transition. Le roman est en vente sur http://www.thebookedition.com car le but est aussi humanitaire. Une partie des bénéfices est reversée à trois associations : « Petits Princes », des enfants malades à l’hôpital de La Timone, Biblio sans frontière et la Vallée du Gapeau en transition.

Aujourd’hui, il frôle les 1 400 lecteurs et les retours sont autant « de doses d’énergie positive » comme il se plaît à le dire. Peut-être aussi des encouragements à récidiver : « Je me suis découvert un sens de l’observation que je ne me connaissais pas ». Avec un style simple et direct, qui touche au cœur, Michaël Delaporte raconte l’histoire d’un homme de 30 ans qui n’a pas de prénom (ou tous les prénoms à la fois). Un homme qui croque les fruits qui passent à sa portée, prend son destin en main, enchaîne les expériences, explore avec émotion l’amour, le couple, l’éducation des enfants. L’occasion pour lui d’y aborder la famille, celle qui lui a été imposée et celle qu’il s’est choisie. Chacun s’y reconnaîtra, avec ses failles, son enthousiasme, ses succès et surtout une maturité qui se construit au fil des pages, non sans écueil, avec pour seul questionnement, celui du temps qui passe.

Avant moi, j’étais un autre
Avant moi, j’étais un autre

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Aux quatre vents

de Amélie Antoine
Broché – 13 octobre 2022
Éditions : XO

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On dit que chaque famille a ses secrets. C’est encore plus vrai en temps de guerre…

1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.

Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.

Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Aux quatre vents est l’histoire fascinante d’un homme qui, sans même en avoir conscience, se lance dans une quête éperdue d’identité. Car qui est-on quand on ignore d’où l’on vient ?

 

• Couv_099_Antoine Amélie - Aux quatre vents

 

– J’ai fait un vœu, maman, tu crois qu’il va se réaliser ?
– Si tu as réussi à souffler, tout ton pissenlit d’un seul coup, je pense que oui, Charlotte…
– Alors, ça veut dire que j’aurai bientôt un chien !
– Ah ça, je ne sais pas… Ton père ne sera jamais d’accord…
– Mais, un vœu, c’est un vœu, non ? Je voudrais tellement, tellement avoir un chien, je sais déjà à quoi il ressemblerait : il serait grand, noir, avec des poils doux, comme de la soie et un regard malicieux… J’ai soufflé tout le pissenlit, regarde, il ne reste plus que la tige !
– Dans ce cas, tu as sans doute raison d’y croire, ma chérie. Tu as sans doute raison d’y croire…

Voilà.
J’ai terminé ma lecture. L’un des plus beaux et des plus tristes romans qu’il m’ait été donné de lire cette année. Chacun des nouveaux romans d’Amélie Antoine est une véritable découverte. Celui-ci, plus encore… Une histoire très émouvante qui nous ramène au cours de la Seconde Guerre mondiale à Sabran-sur-la-Lys, petit village du nord de la France et qui se poursuit jusqu’au début des années 80.

Tout le roman se déroule ainsi une cette double temporalité, à travers la vie de deux familles aux destins tragiques.
Je ne sais pas par où commencer sans vous ôter le plaisir de la découverte, chaque idée, chaque détail est tellement fort et intense.

En tant que lecteur, ce roman est magnifique. Tout est là.
La violence, la guerre, les rapports familiaux compliqués, l’amour, les naissances, la haine, la mort, la vengeance et j’en passe… Mais c’est aussi LE LIVRE que j’aurais aimé écrire si j’étais auteur. La justesse des mots, la sensibilité omniprésente. J’ai vécu le roman, parfois en apnée, parfois en colère, souvent très ému. Amélie est une auteure qui ne cesse de m’étonner au fur et à mesure de ses écrits ! Un roman que je relirais sûrement, que je n’oublierai jamais !

Si nous pouvions, prendre suffisamment de recul, prendre nos décisions après une juste réflexion, au lieu de laisser monter en nous la haine, la lâcheté et la violence…

Amélie voit juste… Nous sommes imparfaits. “Aux quatre vents” est plus qu’un roman !
Énorme coup de cœur pour moi.
Je suis, et reste un lecteur heureux…

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Extraits :
« Il n’y a encore pas si longtemps, c’était un vrai, petit village de carte postale.
Un petit village d’environ quatre cents âmes en bordure de la rivière Lys, dans le Pas-de-Calais, en Flandre française. Pour y accéder, un pont en pierre de taille voûté composé de trois grandes arches, qui enjambe la rivière depuis longtemps, domestiquée en canal. »

« Ils sont une vingtaine à être entassés les uns contre les autres, à se regarder d’un air effrayé, à se demander où ils vont être emmenés. Isaac passe son bras autour des épaules de Ludmilla, tente de garder la tête froide malgré la peur qui s’insinue aussi sournoisement qu’un serpent. »

« Soudain, elle entend un pas de bottes lourdes sur sa gauche. Quelques instants plus tard, deux soldats allemands, vêtus de leurs uniformes, et calots vert-de-gris, tournent au coin de la rue et remontent dans sa direction. Quand ils passent devant elle, ils lui adressent un petit signe de tête poli, auquel, par principe, elle ne répond pas. À Sabran-sur-la-Lys, tous les villageois, agissent de même, sans jamais s’être vraiment concertés. Tous se refusent à leur attribuer la moindre humanité, et même si le geste peut paraître futile, il n’en reste pas moins symbolique. »

« Aujourd’hui, Charlotte est bien placée pour savoir que la gentillesse ne suffit pas. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui transforme le bas-ventre d’une femme en un brasier. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui donne envie à une femme de bouleverser toute sa vie, au mépris du danger, de la bienséance, du qu’en-dira-t-on. Ce n’est pas la gentillesse qui rend folle d’amour, au point de ne même plus savoir ce qu’était la vie, avant lui.
Oh que non. »

 

 

Amélie Antoine est née en 1984. Elle vit à Lille avec sa famille.

“J’aimerais vous dire que j’ai toujours voulu être écrivain, mais ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire qu’il n’y a pas un jour sans que j’écrive, mais ça non plus, ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire que, quand je m’installe à mon ordinateur, c’est un plaisir, un vrai bonheur de me mettre à taper des mots, former des phrases jusqu’à ce qu’elles deviennent des chapitres de mon histoire. Mais ce ne serait pas vrai.

Alors je vais vous dire que, depuis toute petite, j’ai toujours pensé que l’écriture était le meilleur moyen de communiquer. Je ne l’ai pas choisi, c’était comme ça (Et nul doute qu’un psychologue aurait sans doute beaucoup de conclusions à tirer !).
Je n’étais pas timide ni renfermée, mais j’ai toujours préféré écrire quand j’avais quelque chose à partager. Des petits mots à mes parents pour leur annoncer des choses importantes que je n’aurais pas su formuler à l’oral, pour leur demander la permission de faire telle ou telle chose, pour m’excuser d’erreurs que j’avais pu commettre, parfois.
Écrire, c’est pour moi une manière de poser ma pensée. De peser et choisir chaque mot afin d’être sûre de moi. D’entendre la musique en ayant pris le temps de la composer. De parler sans être interrompue.

Je vais vous dire que s’il peut se passer des semaines sans que j’écrive la moindre ligne, il ne se passe pourtant pas un jour sans que je réfléchisse à une histoire, sans que je façonne un personnage, sans que je note des idées à la volée sur le premier papier venu (souvent perdu par la suite, d’ailleurs !), sans que je mémorise des anecdotes qu’on me raconte parce qu’elles résonnent en moi d’une manière particulière.
Je vais vous dire à quel point ce que j’aime, c’est inventer des histoires. Nouer des intrigues, trouver des rebondissements, manier toutes la palette des émotions qu’on peut ressentir.
Et, surtout, donner vie à des personnages auxquels je m’attache aussi fort que s’il existaient vraiment, auxquels je voudrais que vous vous attachiez aussi fort que s’ils faisaient partie de votre famille, de vos amis.

Je vais vous dire que, si je n’ai jamais rêvé depuis l’enfance d’être un jour écrivain, ce n’est pourtant que depuis que j’écris des romans que j’ai l’impression d’être à ma place. De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
D’avoir trouvé mon chemin, d’avoir trouvé un sens.
De savoir qui je suis et où je dois aller”.

http://www.amelie-antoine.com
Page Facebook : https://www.facebook.com/AmelieAtn/

Émotion, Nouvelles

Singulières – Insolites – Atypiques

ÉDITION SPÉCIALE
de Corinne Falbet-Desmoulin
Broché – 10 avril 2018
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Cette Édition spéciale regroupe les trois recueils de nouvelles de Corinne Falbet-Desmoulin : Singulières, Insolites et Atypiques. Les femmes, l’amour et l’amitié, la famille, sont les thèmes abordés, dans une écriture fluide et sensible, où la poésie, l’amour de la nature et la sensualité ont toujours leur place… ainsi que la surprise !

 

• Couv_098_Falbet-Desmoulin Corinne - Singulières, Insolites, atypiques

 

Je suis fan de nouvelles depuis mes premières lectures.
Avec cette ÉDITION SPÉCIALE, regroupant trois livres, je me suis vraiment régalé. Elles sont toutes très agréables et certaines sont vraiment sublimes !
Corinne Falbet-Desmoulin, est arrivée à me surprendre plus d’une fois, avec de véritables surprises !!!

Les thématiques sont diverses et variées. L’amour revient régulièrement, mais aussi, la famille, les animaux, l’amitié, l’homosexualité, la maladie, le handicap, le deuil… C’est très complet, très divertissant. Impossible de s’ennuyer, Corinne donne un rythme global très intéressant à ses textes. Il me suffisait d’avoir quelques instants de libres, et hop ! J’enchaînais de suite avec une nouvelle histoire… et en plus, j’ai appris des choses !
Savez-vous ce qu’est un “célesta” ?
Je vous laisse chercher.
C’est magnifique. Je connaissais pourtant ce son, sans en connaître le nom…

J’ai souri, j’ai été ému, triste et aussi heureux, je suis passé par toutes les émotions. J’ai eu l’impression de vivre avec des amis pendant quelques heures, bien trop courtes…
Alors, peut-être est-ce un recueil plus adressé aux femmes, car il s’y dégage énormément de sensibilité, mais personnellement, j’ai savouré chaque instant de ma lecture.

Pour tous ceux qui voudraient découvrir la plume de Corinne, je vous conseille vivement ce recueil qui vous donnera une belle idée de tout son savoir faire…

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Extraits :
« Le tissu souple de la jupe glissa le long des bas soyeux, révélant des jambes bien galbées, ainsi que Diego l’avais secrètement espéré. Tout en frémissant d’impatience, il tendit la main vers le porte-jarretelles noir à hauteur de son visage.
Luisa regardait avec attention le jeune homme agenouillé devant elle et se laissait faire, un sourire amusé flottant sur ses lèvres encore légèrement fardées. Cette fois, ce sera bien plus facile, pensa-t-elle. »

« Une fois la période de cicatrisation terminée, les premiers temps furent un enchantement pour Sébastien et Marie. Ils ne se lassaient pas de leurs nouveaux corps, les redécouvrant chaque jour avec bonheur, chaque soir avec émerveillement.
Celui de la jeune femme surtout, il suscitait l’admiration sans réserve de son époux. Il répétait qu’au cours de sa vie, c’était le tatouage le plus subtil qui lui ait été donné de voir. Un acte extraordinaire, transformant le corps de sa compagne en une véritable œuvre d’art. »

« J’étais tout juste adolescente lorsque j’ai compris que je préférais les femmes. Mes amies s’extasiaient toutes sur les biceps musclés, les hanches étroites des garçons de notre âge ou un peu plus vieux. Les épaules larges les faisaient fantasmer. Moi, je n’y étais pas complètement insensible, mais je sentais bien que ma prédilection allait vers le corps des filles. Trouvant plus belles les formes épanouies, les courbes des seins, les attaches délicates. Je rêvais de me blottir dans des bras féminins, me fondre dans leur douceur, ne cherchant plus à lutter contre cette attirance qu’à en connaître profondément la cause. »

« Le visage détendu, Claire sourit. Elle porte sa robe favorite, la bleu cobalt en soie qui lui va si bien. Marc enfouit son nez dans le cou de sa femme, respire avec délices son parfum fleuri et fruité à la fois. Il reconnaît tout de suite l’ananas ensoleillé et la fraise est sucrée en note de tête, suivies peu après d’une note de cœur subtile, l’association de rose, Jasmin et muguet. Puis il se laisse griser par la note de fond, ambre et musc blanc, qui amène une indéniable touche sensuelle et raffinée. »

« Quant à leurs parents à tous les deux, ils dorment maintenant dans l’un des deux cimetières de la ville. Nul besoin d’aller se recueillir sur leurs tombes pour penser à eux. On peut tout aussi bien les évoquer n’importe où, n’importe quand. Les revoir en rêve. Leur parler même parfois. »

 

 

Passionnée d’écriture, de lecture et de piano, Corinne Falbet-Desmoulin habite à Léognan, une ville au milieu des vignes près de Bordeaux. Elle écrit depuis l’enfance (recueil de poèmes, album pour enfants, chansons intimistes, nouvelles, roman).

En 2015, elle décide de participer à des concours de nouvelles. Très vite, ses textes remportent des prix et distinctions littéraires, qui l’encouragent à continuer. Trois recueils voient alors le jour : Singulières édité en 2016, Insolites en 2017 et Atypiques en 2018. Ils sont disponibles à l’unité ou regroupés dans une trilogie.

Quatre nouvelles faisant partie de Singulières ont été particulièrement remarquées : Le fantasme de Lucile, ayant obtenu le Prix Gérard de Nerval de la Nouvelle 2016 (d’une valeur de mille euros), organisé au Touquet par les Éditions Arthémuse. La couleur noire de l’amour, qui a reçu un prix littéraire de La Lampe de Chevet Éditions. Eva, primée par l’Association de Poésie Contemporaine Française. Enfin, L’amoureuse, publiée par l’éditeur Jacques Flament, dans son anthologie sur la folie.

Dans Insolites, sept nouvelles sont également à citer : Chloé, choisie parmi près de 250 textes, qui a remporté le Prix Écriture d’Azur 2015. Tu m’as apporté le monde, ayant obtenu le Premier Prix du concours Clair de plume 2017, dans le cadre du festival du livre de Sète Les Automn’halles. Évasion, qui a reçu un deuxième prix à Aubagne, au concours 2015 de Provence poésie. L’apparence, qui s’est vu décerner également un deuxième prix dans la revue de poésie Florilège. Hina et l’empereur faisant partie du recueil de science fiction Lauréats anticipation 2018 des éditions Mondes Futuristes. Enfin, les récits Le tunnel et Voyage ayant été édités par Jacques Flament Éditions.

Dans Atypiques, Belle et rebelle a obtenu le Prix Denise Boizot 2018 décerné par l’Association des Paralysés de France. Infidèle a reçu le deuxième prix du Salon des Poètes de Lyon 2018. Une semaine sans Allan a été finaliste du Prix des Beffrois. Lettre ouverte aux vivants fait partie du recueil 2018 du Prix Jean-Jacques ROBERT de la Nouvelle. Enfin, L’ami d’Edgar a obtenu les félicitations du jury des Appaméennes du livre.

En 2019, Corinne Falbet-Desmoulin publie un roman choral, véritable coup de cœur pour de nombreux lecteurs : Les cadeaux du cœur. Il a été traduit en italien sous le titre : I DONI DEL CUORE.

Son recueil de poèmes Poèmes d’hier et d’aujourd’hui a été édité en mai 2019. Elle y présente trente-cinq textes illustrés, créés depuis l’âge de dix-sept ans. Deux d’entre eux ont été primés par APF-France Handicap : deuxième place au Prix de poésie de la Rose d’Or 2019.

Folie, Noir, Psychologie, Thriller psychologique

À l’encre noire

Les origines du sang versé
de Loïc Veure
Broché – 23 septembre 2022
Éditions : Maïa

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Jonas retrouve le corps de sa petite amie, Carla, une toxicomane menant une vie instable. Après avoir découvert une lettre d’adieu au dos d’une étrange illustration, il fait porter le chapeau à sa sœur. Peu de temps après, elle est retrouvée assassinée à son tour. Auprès de son cadavre : un nouveau dessin, de nouveaux indices… Léa Durand, lieutenant de police, est chargée de l’enquête sur cette affaire. Seulement, tout va l’inciter à croire que Jonas est le seul responsable, jusqu’à ce que ce dernier disparaisse, ainsi que son associé, Rémi Roux. De nouvelles illustrations ne cessent de parvenir au lieutenant, avec des instructions laissées par le tueur aux dessins. Si elle suit ses consignes, ce qui est maintenant devenu un jeu de piste pourra prendre fin. Découvrez un récit à suspense permanent, dans lequel, vous serez les seuls à pouvoir choisir votre camp. Criminel ou justicier ? À vous d’en décider. Jonas, lui, a déjà fait son choix.

 

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C’est toujours un plaisir de découvrir un nouvel auteur.
“À l’encre noire” est un vrai thriller noir. Il est très visuel, sombre et l’auteur ne nous ménage pas. Courriers mystérieux, illustrations étranges et codées, manipulation, trahison, Loïc au fur et à mesure de son récit va nous manipuler, nous embrouiller même, s’amplifiant au fur et mesure de la lecture, jusqu’au final qui n’en est pas vraiment un !

Léa Durand est lieutenant de police chargée d’une enquête où rien n’est ce qu’il parait. Un suicide qui ne l’est pas, des illustrations qui annoncent des meurtres et qui finiront par guider la police vers le ou les coupables. Qui est qui ?

Loïc a mis en place une structure à son roman terrifiante et étouffante avec de nombreux rebondissements et sans temps mort… La plume de Loïc est intéressante et captivante à la fois, il a de très bonnes idées, ses personnages très bien développés.
Mais…
… Malheureusement, je ne suis pas entré dans l’histoire comme je l’aurais souhaité.
Il m’a manqué un “petit” quelque chose au niveau de la rédaction.
Certaines répétitions et utilisations de mots ont fini sur la durée par me gêner.
Pourquoi appeler Léa, tantôt lieutenant, l’agent de police, la jeune femme, mais aussi la petite blonde, la blondinette, la femme, la femme blonde ?
Et Jonas, Jo, l’homme, le jeune homme, le garçon, le brun musclé ?
J’avoue que cela m’a un peu perturbé…

Pour un premier roman, Loïc a su imposer un style prometteur très intéressant, et je pense vraiment qu’à ce niveau-là, il n’y aura rien à redire. Maintenant, il doit trouver, pour moi, l’astuce qui lui permettra de ne pas seulement raconter une belle histoire, il doit pouvoir s’améliorer, pouvoir nous toucher comme si nous vivions le récit, comme si nous étions dans le récit, et cela m’a manqué. Dans tous les cas, je reste persuadé que Loïc est un auteur à suivre et d’ailleurs…
… J’attends Carla d’ors et déjà au prochain tournant !

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Extraits :
« Il était presque dix-neuf heures. Un soir d’été, après plusieurs jours de grosses chaleurs, et une température n’excédant pas plus de trente-sept degrés à l’ombre, les prévisions météorologiques annonçaient de violents orages. Le département de la Gironde était mis en alerte orange. Le ciel devenait nuageux, et commençait à s’assombrir. Soudain, des cordes d’eau se mirent à inonder les rues de Bassens. Le vent se leva brusquement, et le tonnerre se faisait entendre à moins de trois kilomètres. Ces conditions climatiques brutales privèrent la ville de son courant. Laissant pour seule source de lumière les éclairs de la foudre qui surgissait par intermittence. L’ensemble de la métropole se retrouva alors plongé dans une obscurité totale. »

« Je suis avec votre fils Madame. Il vient de vivre une des expériences les plus traumatisantes. C’est vraiment horrible. Carla est morte… Jonas l’a retrouvée à l’intérieur d’une vieille cabane en bois, les deux bras mutilés. »

« Alors que le silence était maître des lieux tout autour de lui, il entendit soudain un grincement perçant et agressif. Ce bruit très déplaisant et insupportable était semblable à celui d’une lourde grille métallique rouillée qui venait de s’ouvrir. Des petits claquements de talons contre le sol lui soutenaient qu’une personne se rapprochait de lui, descendant des marches d’escalier en matière dure. Il aperçut soudainement une silhouette féminine arriver en face de lui avec une lampe de poche à la main. Il voulut parler, hurler, mais il ne pouvait pas. Sa bouche était bâillonnée. »

« Midi trente. Léa arriva une demi-heure en retard à son rendez-vous avec Jonas. Inconsciemment, elle était stressée de devoir mener cette mission d’espionnage à l’encontre de son ami. La petite blonde n’avait pas pour habitude de jouer un double jeu envers les gens, et encore moins avec ceux pour qui elle éprouvait de l’affection. Malheureusement, elle n’avait pas le choix. Le tueur aux dessins était peut-être proche d’elle, sous ses yeux depuis le début. Il fallait tirer cette affaire au clair une bonne fois pour toutes. Plus encore, si elle souhaitait réellement mettre fin à son cauchemar. »

 

 

Loïc Veure est né le 21 septembre 1992. Ancien sapeur-pompier, grand fanatique de thriller et d’horreur, À l’encre noire – Les origines du sang versé est son tout premier roman. Jugeant qu’il n’avait pas assez de vécu à l’âge de ses 16 ans, il lui aura fallu attendre ses 30 ans pour enfin passer le cap, et sortir ce premier roman. Aujourd’hui, il a réalisé son rêve et se projette déjà sur l’écriture d’un deuxième ouvrage, un thriller psychologique sur l’univers des pompiers.

Polar, Thriller

Du fond des âges

de René Manzor
Broché – Livre grand format, 19 octobre 2022
Éditions : Calmann-Lévy

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Nouvelle-Zélande. Un petit garçon court à perdre haleine dans les rues de Christchurch, poursuivi par un homme armé. Des coups de feu éclatent. À l’hôpital, on découvre que l’enfant a été porté disparu il y a trois ans. Il s’appelle Nateo, c’est le fils du célèbre explorateur Marcus Taylor. Pourquoi le retrouve-t-on maintenant ? Était-il séquestré ? S’est-il enfui ? Et qui peut vouloir tuer un enfant de huit ans ?

Un an auparavant, le glaciologue Marcus Taylor dirige une mission de scientifiques envoyés dans une base implantée en plein milieu de l’Antarctique. Quand ils arrivent sur place, ils découvrent des bâtiments saccagés et déserts. L’équipe précédente a disparu sans laisser de trace.

Quel lien y a-t-il entre la réapparition de l’enfant et cette expédition qui tourne au cauchemar ?

Une chose est sûre. Il est trop tard pour avoir peur…

 

• Couv_096_Manzor René - Du fond des âges

 

Je termine à l’instant “Du fond des âges”.
J’ai profité d’une journée de repos pour ne pas être dérangé, pour pouvoir en profiter…

Tic, tac, tic, tac…
Le récit commence très fort, les chapitres courts avancent en deux temps s’alternant, tantôt de nos jours à Christchurch, tantôt un an plus tôt, perdus dans une base russe en perdition, au milieu de l’Antarctique !

Tic, tac, tic, tac…
Cela fait 732 jours que Nateo, le fils de Marcus et de Raïana, a disparu…
La vie de Marcus n’est plus que tristesse. 732 jours où il va le chercher partout.
Raïana elle, finira par craquer et le quitter ayant besoin de faire son deuil.

Tic, tac, tic, tac…
Dans les rues de Christchurch, après une course-poursuite dangereuse et infernale, un homme tire plusieurs fois à bout portant, afin de tuer un enfant de huit ans qui cherche à le distancer…
Cet enfant… c’est Nateo !

Tic, tac, tic, tac…
Un an plus tôt, Marcus avait accepté une mission en Antarctique avec des scientifiques.
Cette expédition va très vite se transformer en cauchemar. En cauchemar pour ceux qui participe à l’expédition, mais aussi en cauchemar pour le lecteur, en l’occurrence moi-même, lorsque je me suis rendu compte que tout se tenait parfaitement dans ce récit très visuel et que nous n’étions peut-être pas à l’abri d’un tel danger !

Tic, tac, tic, tac…
Je le voulais. Je m’étais préparé. Mais encore une fois René Manzor, m’a surpris, m’a fait vibrer par son intrigue et cette écriture cinématographique !
J’ai été transporté par ce thriller ésotérique, “fantastico-émouvant” et terrifiant.
Ceux qui n’ont jamais lu de romans de René, se diront peut-être “Oui, encore une énième chronique, pour un énième thriller qui ressemble à tous les autres” ! Mais ceux qui l’ont déjà lu, savent que René, en plus de sa passion pour les mots et pour les images, est un perfectionniste. Chaque détail est un point qu’il a dû vérifier des dizaines de fois avant qu’il n’apparaisse dans l’un de ses romans. René aime la vie, il aime les gens, ne triche pas.
Cette histoire, c’est pour nous, lecteurs qu’il l’a écrite… et comme un bon vin, chaque roman nouveau apporte un plus à la littérature…

Tic, tac, tic, tac…
Prendrez-vous le risque de le commencer, et ensuite de devenir addict ?

Gros coup de cœur !
Pour la thématique, pour l’écriture, et pour toutes les émotions ressenties…
Un excellent roman, qui en plus, m’a fait découvrir une maladie héréditaire, que je ne connaissais pas du tout, le syndrome d’Ehlers-Danlos.

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Extraits :
« L’enfant maori se retourna sous une pluie battante et aperçut le 4 x 4 Holden qui fonçait droit sur lui. L’innocence de ses huit ans se chargea soudain de panique ; celle qu’éprouvent les animaux traqués.
Le premier tir fit exploser le pare-brise d’une fourgonnette, à quelques centimètres de lui. Le petit garçon bondit en avant, jetant toutes ses forces dans une fuite désespérée. Le verre brisé taillada ses pieds nus, mais l’enfant ne sentit rien. Pas plus la douleur que le sang jaillissant de ses blessures. »

« Un trou minuscule apparut sur la surface glacée…
Des doigts en sortirent…
Puis une main, grattant, creusant fiévreusement…
Quelqu’un était enseveli sous la neige. Au prix de grands efforts, il parvint à dégager un bras et à exercer une traction désespérée pour se hisser dehors. »

« Les quatre silhouettes progressaient à présent à la lumière de leur torche dans la nuit australe. Plus pour ne pas mourir de froid que pour trouver un refuge auquel elles ne croyaient plus. La lenteur de leurs gestes attestait qu’ils étaient à bout de forces et d’oxygène, à demi gelé. Le vent glacial tentait d’arracher leurs mains gantées de la corde qui, seule, pouvait leur éviter l’errance à l’aveuglette dans des ténèbres quasi absolues. La glace s’accrochait aux cheveux, aux sourcils et aux barbes. Elle piquait les visages et gelait sur les lunettes de protection. Ils ressemblaient de plus en plus à des bonhommes de neige ambulants qui auraient récemment appris à marcher. »

« Les mains du vieil aveugle se mirent à trembler. Et ses lèvres eurent du mal à articuler ce qu’il voulait dire, comme si une force invisible tentait de l’en empêcher.
– Un Mal ancien a été libéré, docteur Murphy. Un Mal venu du fond des âges.
Le vent se leva soudain, créant un tourbillon de feuilles autour d’eux. Le chien du vieux Maori se mit à gémir et Abby en éprouva une crainte irrationnelle. »

 

Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français Dédales. En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux.

En cinq romans seulement, il s’est imposé comme une des références du thriller français. Pour Celui dont le nom n’est plus il a reçu le Prix Cognac du polar Francophone. Pour Apocryphe, le Prix Polar Les Petits Mots des Libraires. Et pour son dernier roman, À Vif, le Grand Prix Iris Noir Bruxelles 2021 et le Prix de l’Embouchure 2022.

Émotion, Suspense

Hanna

de Laurence Peyrin
Poche – 6 avril 2017
Éditions : Pocket

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Pour oublier les périls qu’a surmontés son couple, Hanna a quitté l’Irlande et ouvert à New York une librairie/salon de thé dont le succès n’est qu’un début. Mais si l’avenir semble son unique préoccupation, c’est le passé qui hante Hanna. Eleanor, d’abord, gazouillant bébé de 6 mois dont la présence lui rappelle sans cesse un amour sacrifié… Et puis Zelda, la vieille dame à l’identité mystérieuse dont le souvenir solaire vient souvent la visiter.
Il suffira d’un impromptu retour en terre natale pour, d’un souffle, écrouler le château de cartes qu’est devenue sa vie… Et rebondir à nouveau.

 

• Couv_095_Peyrin Laurence - Hanna

 

Le mois dernier, j’ai lu “La drôle de vie de Zelda Zonk”.
Quand j’ai appris qu’il y avait une suite, je ne pouvais pas la laisser passer…

J’ai retrouvé les personnages que j’avais aimés et récupéré très vite les repères du récit, dans une « légère” avancée dans le temps, et avec la présence de celle qui va bousculer le roman, “Eleanor” !
Zelda elle, est un peu moins présente que dans le premier volet, mais elle nous réserve quand même, malgré son décès, de “belles surprises”.
Alors que Laurence Peyrin avait surtout abordé la thématique du mensonge dans le couple et de l’amitié dans son premier volet, ici, après la maternité, ce sont surtout les relations dans la “Famille” qui prennent de l’importance. Je ne sais pas pour vous, mais elle arrive à me faire trouver une part de moi-même dans presque chacun de ses personnages, tantôt une scène presque vécue, tantôt une réaction que j’aurais pu avoir, ou des décisions que j’aurais prises sans hésitations…

Laurence transmet beaucoup de sensibilité tout le long du récit. C’est émouvant, mais c’est aussi drôle, piquant et très humain !

La fin de “Hanna”, confirme donc ma première idée.
Laurence sera pour moi une auteure à suivre… Elle aborde ses sujets avec une simplicité déguisée qui me plaît. Elle nous fait tourner en rond à volonté, donne un rythme à une scène pour mieux nous faire languir à la suivante, et le fil rouge qui sert d’intrigue, malgré le fait qu’on y revienne régulièrement n’est pas, le plus important !
Pour moi… Le plus important, ce sont ceux qui restent, c’est l’amour, la passion et les gazouillis d’un bébé…

Une belle histoire à lire sans aucune modération !

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Extraits :

« Hanna était ce jour-là, à ce moment-là, complètement immobile, plantée à l’orée de Central Park.
C’était un jour comme un autre à New York, deux mois après qu’elle avait quitté Paris, puis l’Irlande. La jeune femme en exil n’avait guère mis de temps à développer ce fameux sentiment d’appartenance à la ville – Jeffrey avait raison, Manhattan n’était pas farouche : il suffisait d’une bonne paire de chaussures et elle s’offrait à vous. »

« Après une grossesse qui lui avait semblé durer des années, Hanna avait repris sa marche dans Manhattan – mais aujourd’hui, elle ne marchait plus seule. Dans les allées qu’elle arpentait le nez en l’air, s’attachant à observer les étourneaux sansonnets qui se réinstallaient sur les bras des lampadaires, elle avait adopté la démarche lente et chaloupés des mères-à-poussettes qu’elle avait si longtemps enviées. »

« Mais maintenant, il fallait qu’Hanna se réveille. Michael le lui demandait. Elle était à la fois terrorisée, incandescente, en pièces… Ses sentiments étaient indescriptibles. Elle avait dû recourir à une bonne vieille bouteille de whisky hors d’âge pour calmer les chevaux qui, dans un vacarme assourdissant, galopaient dans ses veines. »

« Elle frémit, arc-boutée sur la douleur qu’allaient lui infliger les mots à venir, mais il hocha simplement la tête. Une plainte monta qu’elle ne put étouffer, puis sa main fut sous sa chemise, ses lèvres fondant sur les siennes. Elle perdait la tête, repoussant chaque centimètre de tissu qui gênait ses caresses. Libérée, elle psalmodiait son nom en tirant sur les boutons, la ceinture, chuchotait tous les mots d’amour du monde sans retenue.
Sans lui répondre, il la couvrit de baisers, achevant de la déshabiller sans ménagement. Ils chassèrent le restant du jour de leurs souffles erratiques, puis la nuit se coucha. »

 

 

Laurence Peyrin a été journaliste de presse pendant vingt ans. Mère de six enfants, elle se consacre désormais à transmettre sa passion du cinéma à des élèves de collège, aux voyages et à l’écriture qui occupe la plus grande partie de sa vie. Après La Drôle de vie de Zelda Zonk (Kero, 2015, prix Maison de la Presse), Laurence Peyrin redonne vie à ses personnages dans Hanna (Kero, 2015). Elle publie ensuite Miss Cyclone (2017) puis L’Aile des vierges (2018) chez Calmann-Lévy.

Auteure française, oui mais…
Les romans de Laurence Peyrin s’écrivent à l’américaine, nourris de faits divers, d’histoires célèbres, de lectures de Laurie Colwyn dans le New York Times, de J. Courtney Sullivan et de ses “Liens du mariages”, de Jojo Moyes, d’amour et d’humour parfois grinçant. Mais aussi de Stephen King et des polars de Lisa Gardner ou de Shane Stevens…