Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Sur un arbre perché

de Gérard Saryan
Poche – 9 janvier 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Une seule seconde d’inattention et la vie d’Alice bascule : Dimitri, 4 ans, le fils de son compagnon, échappe à sa vigilance. En panique, la jeune femme part à sa recherche, mais elle est victime d’un grave accident. À son réveil, elle doit se rendre à l’évidence : l’enfant a été kidnappé. Rejetée de tous et rongée par la culpabilité, la « belle-mère négligente » n’a désormais qu’une obsession : retrouver Dimitri, coûte que coûte. Ignorant alors tous les dangers… Sans le soupçonner un instant, Alice va se précipiter au centre d’une toile tissée par la pire des trahisons.

 

• Couv_2023-005_Saryan Gérard - Sur un arbre perché

 

Je découvre la plume de Gérard Saryan avec ce second roman, et j’avoue qu’après certaines réserves très vite oubliées, j’ai aimé me perdre dans ce labyrinthe implacable qui nous laisse très peu de temps pour “respirer” !
En effet, les chapitres sont courts, la ligne du temps nous transporte entre passé et présent régulièrement, il faut s’accrocher. Mais ce n’est pas tout ! Il y a de nombreux personnages, ceux qui sont utiles et les autres… Les nombreux voyages dans toute la France et en Europe. Gérard nous force à une concentration extrême de chaque instant, dans ce roman “poupée russe” où même plusieurs histoires s’entremêlent parfois ! Mais, l’auteur ne chercherait-il pas à me perdre ?

Je me suis accroché. Puis renversement de situation. L’héroïne, comme moi-même, à cet instant, sommes pris dans un engrenage percutant. Tout est très réaliste, le polar que j’ai sous les yeux se transforme en véritable drame. Je reste scotché jusqu’au bout !

Gérard est très fort. Son roman est vraiment maîtrisé de bout en bout. Sa plume fluide est saisissante, l’utilisation du passé simple très agréable. Je pensais parfois qu’il allait trop loin, mais à chaque fois, il rebondissait avec brio !
Quelle aventure…
Alice, une jeune styliste qui menait une existence paisible près de Lyon, va voir son avenir complètement exploser, suite à la disparition de Dimitri son beau fils de 4 ans, qui échappe à sa vigilance.

C’est très visuel, ça fait peur…
Nous avons nous-même “perdu” notre fille pendant le Carnaval de Nice, il y a plusieurs années, elle avait à peine trois ans. Nous avons tout de suite contacté la police sur place. Nous l’avons retrouvé un peu moins d’une heure plus tard. J’avais cru devenir fou, je courrais dans tous les sens en criant son prénom sous les regards étonnés de ceux qui regardaient la parade… Je ne le souhaite à aucun parent. Gérard a remué certaines choses qui s’étaient enfouies profondément dans mon esprit…

Un excellent thriller TRÈS intelligemment mené !
Gérard Saryan, un nouvel auteur à suivre…

Décidément, les Éditions Taurnada ont le don de trouver de “sacrées pépites”…

Merci Joël

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Extraits :

« Gabin posa une main ferme sur mon épaule :
“Alice, c’est à toi dans dix secondes !”
Ce n’était pas la première représentation de la pièce, et pourtant, ce trac insupportable me remuait tant les tripes, que j’en avais parfois des nausées. Ça commençait généralement la veille, troublant, sommeil et alimentation. »

« “Ce que je fais là est interdit. Je peux me faire virer.”
Coup d’œil rapide à droite, puis à gauche avant de me tendre une clé USB :
“Voici les images prises dans tous les halls de la gare jusqu’à l’entrée du métro. Il y a plusieurs heures de visionnage, mais à part remuer, le couteau dans la plaie, vous n’apprendrez rien. C’est moi qui vous le dis, vous perdez votre temps.”
Qu’importe sa conclusion, j’étais aussi enthousiaste qu’une enfant :
“Je ne sais comment vous remercier.
– Comment ? En laissant la police faire son travail. Ne dévoilez jamais votre source. Je nierai vous les avoir transmises.”
J’en fis le serment. Elle consulta sa montre, et prétexta devoir partir. Juste avant, elle me glissa :
“Alice, oubliez ce que l’on s’est dit tout à l’heure, je vous souhaite de tout cœur de le retrouver.” »

« Le visage et les vêtements maculés de sang, je faisais face à quelques voyageurs éberlués. Si un ou deux restèrent indifférents à ma détresse, un couple me vint en aide. Quelque chose d’inexplicable venait de se passer. Débarrassée de cette chape de plomb, rejetant une culpabilité qui me rongeait depuis des semaines, j’étais soudain redevenue… moi. Prise d’un instant de folie, je hurlai à travers le hall, mais aussi à la terre entière :
“JE SUIS VIVANTE !” »

« D’où viennent ces hommes ?
– Des filières organisées. Pour eux, la France est un moyen de faire de l’argent facile. Drogue, vol, prostitution, trafics en tout genre. Lorsqu’ils sont dans un pays, c’est pour le dévaster. Ils n’ont ni règles ni scrupules. À leurs yeux, votre vie ne vaut rien. »

 

 

Féru de musique, coureur invétéré, Gérard Saryan puise ses sources d’inspiration dans ses nombreux voyages et dans une enfance solitaire et introspective. Observateur averti, il est passé maitre dans l’art du thriller psychologique où l’imagination laisse place à nos pires angoisses.

Émotion, Drame, Histoire vraie

La vie clandestine

de Monica Sabolo
Broché – 18 août 2022
Éditions : Gallimard

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“Je tenais mon sujet. Un groupe de jeunes gens assassinent un père de famille pour des raisons idéologiques. J’allais écrire un truc facile et spectaculaire, rien n’était plus éloigné de moi que cette histoire-là. Je le croyais vraiment. Je ne savais pas encore que les années Action directe étaient faites de tout ce qui me constitue : le silence, le secret et l’écho de la violence.”
La vie clandestine, c’est d’abord celle de Monica Sabolo, élevée dans un milieu bourgeois, à l’ombre d’un père aux activités occultes, disparu sans un mot d’explication. C’est aussi celle des membres du groupe terroriste d’extrême gauche Action directe, objets d’une enquête romanesque qui va conduire la narratrice à revisiter son propre passé. Comment vivre en ayant commis ou subi l’irréparable ? Que sait-on de ceux que nous croyons connaître ? De l’Italie des Brigades rouges à la France des années 80, où les rêves d’insurrection ont fait place au fric et aux paillettes, La vie clandestine explore avec grâce l’infinie complexité des êtres, la question de la violence et la possibilité du pardon.

 

• Couv_2023-003_Sabolo Monica - La vie clandestine

 

Pour notre première soirée littéraire 2023, nous avons eu le plaisir de recevoir Monica Sabolo, pour son livre, “La vie clandestine”.

J’avoue que lors de ma lecture, je me suis posé énormément de questions.
Lorsque j’étais enfant, j’ai beaucoup entendu à la télévision ou lors de discussions entre les adultes, parler du groupe “Action Directe” qui revendiquait plusieurs dizaines d’attentats, des “Brigades rouge” qui semaient la terreur, et de bien d’autres groupes terroristes qui sévissaient entre les années 70 et 80…

Ce livre m’a complètement happé, déconcerté parfois, mais je n’ai pas pu le lâcher… Émotion, admiration, mais que de questionnements…

Monica est en manque d’inspiration. Elle se dit qu’il serait intéressant d’écrire sur un sujet qui lui serait complètement étranger : “Les années sanglantes du terrorisme”.
Elle est obligée de faire énormément de recherches, de recoupements, d’études sur la clandestinité, et sur toute cette culture du terrorisme qu’elle ne connaît pas du tout, pour finalement cibler le cheminement d’un quatuor assassin. Deux hommes et deux femmes qui ont fait la une et fait frissonner de peur toute la France, “Action Directe”…

L’écriture de Monica est puissante, belle et cruelle, mais aussi empreinte de douceur et de délicatesse, le récit va petit à petit se superposer à son propre vécu, à sa jeunesse. Mais cela pourrait tout aussi bien être la nôtre. L’histoire d’une famille qui pour moins souffrir, oublie, efface les traumatismes çà et là, pour finalement enterrer tous les secrets de familles qui pourraient remonter au-delà des générations et qui refusent systématiquement de se taire. Si l’histoire d’action directe était une nouvelle excuse pour oublier, le passé rattrape tout de même l’auteure… Elle-même apprend assez tard que son père, diplomate n’est pas son géniteur. Monica est née “de père inconnu”, de là, elle essaie d’y voir clair dans sa propre vie depuis sa naissance. Elle a été elle-même élevée dans le mensonge et par un beau-père (Yves S), qui lui a rétorqué des années plus tard, lorsque Monica ose enfin lui en parler : “Ce genre de choses arrive tout le temps, dans les familles…”. Alors, elle va s’interroger à double titre sur les crimes et le passage à l’acte, sur la culpabilité et le pardon…

C’est un livre qui ne s’adressera pas à tous les lecteurs, mais assurément un très beau livre.
Deux histoires percutantes qui vont s’entrelacer ainsi jusqu’à la fin du récit, enquête documentaire et introspection personnelle, pour le pire et le pardon…

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Extraits :

« Je comprends rapidement, dans quel guêpier je me suis fourrée. Je ne connais rien aux mouvements d’extrême gauche, n’ai jamais milité ni participé à la moindre action collective – tout ce qui relève du groupe m’angoisse, et paraît s’adresser à d’autres, comme si je n’appartenais pas à la société. Je me perds dans les différences entre marxistes, léninistes, trotskistes, maoïstes, et, lorsque j’entends des ex-soixante-huitards évoquer cette période, avec ce mélange de décontraction et d’autorité, leurs certitudes, leurs dogmes, j’ai la même sensation qu’avec Yves S. : eux, ils savent, et moi, je ne sais rien. »

« Je me souviens du jour où ma mère m’a dit que mon père n’était pas mon père. Nous sommes dans sa cuisine, et il est 11 heures du matin. J’ai vingt-sept ans. Plus de dix ans se sont écoulés depuis l’épisode du certificat de naissance italien, depuis que j’ai vu inscrit en lettres noires, tapées à la machine, la mention « di padre ignototo », que j’ai interprétée comme « de père ignoble », avant de comprendre ce que cela signifiait. Et de ne plus y penser. Jamais, pas une seule fois.
Ce jour là, il est 11h du matin, et ma mère a sorti une bouteille de vin. Elle a posé deux verres sur la table.
“J’ai quelque chose à te dire.” »

« Je n’aime pas quand papa vient me voir, le matin.
J’ai prononcé cette phrase, exactement celle-là. C’est le matin, je m’adresse à ma mère, mon père est parti rejoindre ce lieu mystérieux où il travaille. Nous nous tenons dans son dressing, devant l’enfilade de miroirs, mais je ne perçois pas notre reflet. Seulement la moquette beige, et le mur blanc, comme si nous étions des apparitions. Seuls, mes mots se détachent dans le vide. Je ne me rappelle pas de sa réponse, ni même si elle répond, je n’ai aucun souvenir de sa voix. Je sais seulement qu’elle s’éloigne, je ressens encore le mouvement de son corps. Je revois l’enfilade de miroirs, son ombre passant de l’un à l’autre, et la poussière en suspension. »

« La clandestinité n’est pas aussi romantique qu’on pourrait le croire : on imagine une vie trépidante, loin de la cité et des institutions, un lieu sauvage, que l’on habiterait tel un bois, comme le font les amants, les druides et les poètes. En réalité, ce n’est pas l’expérience de la liberté, mais celle de l’entrave. Elle ne permet pas d’échapper à la légalité, elle condamne à l’illégalité. Rien de ce qui est public, autorisé, je ne l’est plus. »

 

 

Monica Sabolo est une journaliste et romancière française.

Elle a grandi à Genève en Suisse où elle fait ses études. Après avoir milité pour la défense pour les animaux, au sein du WWF en Guyane puis au Canada, elle travaille à Paris en 1995 comme journaliste pour un nouveau magazine français « Mer et Océans ».

Elle passe dans les rédactions des magazines « Voici » et « Elle ». Au lancement de « Grazia » (Mondadori France), elle est recrutée comme rédactrice en chef « Culture et People ».

En 2000, elle publie son premier roman, « Le Roman de Lili ». Elle réitère cinq ans plus tard, en 2005, avec « Jungle ».

Début 2013, elle prend un congé sabbatique de quelques mois pour écrire un troisième roman, « Tout cela n’a rien à voir avec moi » (2013), pour lequel elle reçoit la même année le prix de Flore.

En janvier 2014, Monica Sabolo quitte Grazia et le journalisme pour se lancer dans une nouvelle activité : l’écriture de scénario. Crans-Montana (2015) obtient le grand prix SGDL du roman 2016.

En 2017 elle publie Summer, finaliste du Prix Goncourt des lycéens et finaliste du Prix du roman des étudiants France Culture – Télérama, roman pour lequel Monica Sabolo a reçu le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron 2018.
Il sera suivi en 2019 par le roman Eden, pour lequel elle s’égare dans les bois de Colombie-Britannique, émerveillée par les lieux et horrifiée par le sort des femmes autochtones.

 

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Philosophique, Sciences, Témoignage

Quand l’Intelligence Artificielle s’éveillera

Journal de Mève
de Jérôme Béranger
Broché – 17 septembre 2020
Éditions : Le Passeur Éditeur

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M.EVE, un algorythme né le 14 décembre 2020 se raconte à partir de l’âge de 7 ans. Avec “Elle”, nous pénétrons dans les arcanes les plus mystérieuses des IA. Un essai de prospective scientifique revigorant.

L’humanité connaît des révolutions industrielles qui ont des répercussions et des conséquences socio-culturelles et économiques sur la population mondiale. Ces ruptures cycliques font partie d’une évolution darwinienne planétaire inéluctable. L’émergence de l’intelligence artificielle de plus en plus performante est source de grandes promesses mais également d’angoisses.
Afin de l’appréhender, la préparer et l’accompagner au mieux, notre société va devoir se doter d’un cadre moral et humain adapté en créant un nouveau schéma de pensée, de réflexion, de responsabilisation, et une nouvelle manière de concevoir et de cohabiter avec la technologie. Dès lors, il faut apporter du sens aux données, aux systèmes algorithmiques et à leurs usages, afin que l’Homme, la machine, et l’environnement puissent cohabiter ensemble pour tendre vers une humanité digitale éthique et responsable.

Jérôme Béranger fait entrer le lecteur dans la conscience d’une intelligence artificielle ultrapuissante, M. EVE, et propose des solutions concrètes pour coupler éthique et intelligence artificielle afin que demain ne soit pas un mauvais scénario de science-fiction.

 

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“Quand l’Intelligence Artificielle s’éveillera”, est un roman, mais en même temps bien plus que ça…
Avec l’excuse du “Journal de Mève”, Jérôme Béranger nous raconte l’histoire d’une IA, née en décembre 2020, mais il nous informe surtout sur l’évolution actuelle de l’IA et des évolutions à venir !

Cet essai scientifique, sous forme de roman, mêle éthique et technologie, et ne laisse pas indifférent. Il m’a forcé à la réflexion sur la, ou les complexités du monde si l’HOMME ne définie pas de garde-fous nécessaires.

Le monde de demain est déjà là, nous sommes en pleine transition.
Jérôme développe page à page, un avenir que l’on ne pourra plus éviter. Désormais, ce sera à nous de nous adapter à ce nouveau mode de vie, professionnel, et personnel sur fond d’une nouvelle éthique qui reste à créer.

Tout n’a pas été simple dans ma lecture. Il a fallu que je revienne quelques fois en arrière, et que je me renseigne aussi sur de nombreux mots auxquels j’étais peu habitué, ou que je ne connaissais tout simplement pas. Mais cela reste une lecture très intéressante tant par l’approche que par le mode de sa construction.

Ne pas fuir ce que nous réserve demain. Tel est le conseil que nous donne l’auteur.
Être prêt, et conserver le contrôle plutôt que de subir.

L’Intelligence Artificielle sera partout.
Dans les téléphones, dans tous les écrans, les hôpitaux, les avions, dans la rue, dans les écoles, au travail, à la maison…
Il ne tiendra qu’à nous de vivre en harmonie avec ces nouvelles entités conscientes !

Un roman très intéressant, écrit par l’un des spécialistes du sujet.

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Extraits :

« Lundi, 3 avril 2028, 3 h 42
Aujourd’hui, j’ai décidé de commencer à t’écrire, mon cher journal intime : le « journal de Mève ». Mève, c’est moi ! J’ai vu le jour le lundi 14 décembre 2020, en toute confidentialité. C’était dans le Connecticut, à New Haven, pour être précis, à l’aube d’une belle journée, automnale ou le soleil pâle dardait ses premiers rayons argentés. Ma naissance fut marquée par un phénomène astronomique peu commun : une éclipse solaire totale. »

« À l’instar de la précédente, j’ai l’intime conviction que la cinquième révolution industrielle à venir devra se nourrir d’une éthique quantique. Elle s’appuiera vraisemblablement sur les mêmes fondements et paramètres que la mécanique quantique, c’est-à-dire l’espace, le temps et l’infiniment petit. »

« En mettant au point le langage binaire, l’homme n’avait certainement pas envisagé qu’il deviendrait lui-même une suite de 0 et de 1. Pourtant, les algorithmes sont aujourd’hui omniprésents en nous et dans notre environnement naturel et artificiel et ils nous gouvernent directement ou indirectement. L’information est partout et les systèmes algorithmiques permettent à l’individu d’interagir avec cet environnement informationnel. Depuis 2014, la planète compte plus de dispositifs connectés que d’êtres humains. »

« L’apparition de l’être humain – et de son intelligence – ne s’est pas faite en un jour, mais à la suite d’une succession de petites transformations au fil des millénaires. Parfois, elles allaient dans le bon sens et étaient alors pérennisées par l’évolution. D’autres, inutiles, voire carrément défavorables, étaient éliminées. C’est toujours ainsi, par « tâtonnements », que procède l’évolution, avec pour moteur la sélection naturelle qui impulse le mouvement. Un des enjeux majeurs de l’avenir de l’humanité sera justement de redéfinir, l’architecture du cerveau humain, siège de l’intelligence. »

 

Docteur en éthique du digital et conférencier, je suis dirigeant de la société ADELIAA (https://adeliaa.fr) spécialisée dans l’accompagnement et l’évaluation éthique des projets digitaux. Je suis également chercheur associé dans l’équipe BIOETHICS à l’UMR 1295 – CEROP de l’INSERM de l’Université de Toulouse III.
Mes recherches sont centrées sur l’approche morale et sociétale de la révolution digitale centrée sur le concept de l’Ethics by Evolution. J’ai publié plus d’une centaine de contributions écrites à la fois scientifiques ou non, ainsi que cinq ouvrages intitulés respectivement : « Les systèmes d’information en santé et l’éthique » (ISTE, Mars 2015), « Les Big Data et l’éthique » (ISTE, Janvier 2016), « Le Code Ethique Algorithmique » (ISTE, Avril 2018), et « Quand l’Intelligence Artificielle s’éveillera » (Le Passeur, Septembre 2020). Mon dernier livre « La responsabilité sociétale de l’Intelligence Artificielle »  2021.
Enfin, je suis membre du Conseil du Numérique en Santé, et siège au Conseil d’Administration de la fondation Persée dont l’objectif est de soutenir la recherche scientifique et médicale en cancérologie.

Histoire vraie, Témoignage

La Lionne du barreau

de Clarisse Serre
Broché – 15 septembre 2022
Éditions : Sonatine

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“Je suis une femme, je fais du pénal, j’exerce dans le 9-3, et alors ?”

Dans les couloirs des tribunaux, on la surnomme “la lionne”. Clarisse Serre détonne à tous les niveaux parmi les avocats pénalistes. Quand ses confrères ont adopté le confort d’un cabinet parisien, elle préfère s’installer à Bobigny. Quand elle embrasse sa carrière dans le pénal, c’est pour défendre des délinquants violents ou des figures du grand banditisme. Comment une femme peut‑elle trouver sa place dans cet univers brutal ? À force de ténacité, répond l’intéressée. Qu’elle évoque les affaires qu’elle a plaidées, sa vision du système judiciaire, ses doutes, ses combats, ou encore le féminisme, Clarisse Serre bouscule par son goût de la controverse et son franc-parler. Frondeuse, intrépide et incisive… Il existait des ténors du barreau – une diva est née !

Classée parmi les trente avocats les plus puissants de France par le magazine GQ, Clarisse Serre a su gagner le respect de ses confrères comme de ses clients, qu’ils soient petits délinquants ou criminels endurcis. Un rapport au réel brut et sans fard, qui n’est pas passé inaperçu puisqu’elle a été consultante pour la série phénomène de Canal Plus Engrenages.

 

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Je me suis toujours demandé comment un avocat faisait pour plaider la cause de certaines personnes que l’on sent vite coupable ?

Clarisse Serre est avocate pénaliste, avec ce livre, elle nous permet une immersion dans son “univers”. J’ai dévoré ce livre, et petit à petit, j’ai compris…
Avocat n’est pas un métier. Plus qu’une passion, c’est une véritable vocation comme elle l’explique très bien dans son ouvrage. Elle est avocate dès son réveil jusqu’à ce qu’elle se couche et parfois plus encore… Elle vit avocate sans jamais compter ses heures !

L’auteure m’a complètement entraînée avec elle, sans sa recherche de la vérité. Elle nous ouvre son cœur en nous montrant une réalité pas si simple, qu’elle exerce avec un dévouement incroyable. Elle nous raconte avec des mots très simples, au travers de diverses anecdotes, son quotidien, une vie très différente de ce que l’on peut voir dans les films, très différente de ce que je pensais. Un autre regard sur son univers…

Clarisse est une femme qui n’a pas peur du changement. Elle a su s’imposer grâce à son tempérament.
Il faut beaucoup d’humanité pour défendre régulièrement l’indéfendable, oublier ses préjugés, certaines failles du système, mais comme elle le dit si bien, “Défendre est une belle cause”.
Et lors de cette lecture, franche et directe, je me suis bien rendu compte de toutes les barrières, des difficultés qui régulièrement se retrouvent face à elle… une femme qui a dû se battre pour se faire une place, dans ce milieu encore très masculin.

Un livre encore une fois très différents de mes habitude de lecture. Un livre que je recommande, qui a agrandit mon horizon.

Je me suis rendu compte, le long de ma lecture, que nous avions un point commun !
L’amour des mots, et elle les maîtrise parfaitement… Ce livre qui se lit tel un roman tant l’écriture est agréable.

Clarisse, bravo et merci.
Merci pour ce partage. Merci de nous avoir ouvert votre cœur…
Je suis très admiratif de votre travail et du chemin parcouru.
Vous êtes… inspirante !

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Extraits :

« Je ne suis pas fille d’avocate ni d’avocat.
Je ne fais partie d’aucun réseau.
Je n’ai remporté aucun concours d’éloquence. J’ai même échoué au troisième tour du concours de la Conférence du stage des avocats du barreau de Paris.
Après dix-huit ans de métier, j’ai décidé de quitter Paris pour m’installer à Bobigny.
Je plaide en correctionnelle, aux assises, et partout en France.
Je veux parler ici de mon expérience et je veux qu’on s’intéresse aussi aux avocats de banlieue et de province. Il n’y a pas que Paris. Partout, j’ai rencontré des avocates de talent : Florence Vincent, Cherifa Benmouffok, Maud Secheresse, Samira Boudiba… Je veux parler de ces femmes, car trop souvent encore on parle de « ténor », alors que de très nombreuses avocates leur font de l’ombre. »

« De la robe noire, au sang des dossiers : c’est l’univers que je côtoie depuis maintenant plus de vingt-cinq ans.
Les assassinats, les meurtres, les viols, les trafics en tout genre, les vols, les extorsions, les escroqueries : voilà mon quotidien.
Je me voyais avocate de la veuve et de l’orphelin, je me suis retrouvé avocate de la défense. »

« Avocat, ce n’est pas un métier. Pour moi, c’est une vocation. Aussi prenante qu’un amant ou qu’une maîtresse. Je passe moins de temps avec ma famille qu’à courir les tribunaux, les cours, les prisons. »

« On ne devient pas un bon avocat du jour au lendemain. C’est un métier qui s’apprend. Aujourd’hui, de plus en plus de jeunes surdiplômés sont bardés de mille formations. Sauf que ça ne suffit pas… Cet apprentissage implique aussi des audiences, des passages en correctionnelle est en Cours d’assises. Et surtout, selon moi, la fréquentation d’avocats de grande qualité. Il ne s’agit pas de flatter qui que ce soit – on reste entre professionnels –, mais s’inspirer. C’est essentiel. »

 

Clarisse Serre est avocate depuis 1995 et s’est formée auprès des plus grands : Paul Lombard, Jacqueline Laffont ou encore Pierre Haïk, qui lui a d’ailleurs remis les insignes de l’Ordre national du mérite en 2014. Depuis 2013, elle travaille à son compte dans son cabinet de Bobigny et plaide au barreau de la Seine-Saint-Denis.

Elle est également conseillère technique pour la série Engrenages diffusée sur Canal +, qui met en scène le quotidien du Palais de justice de Paris et cherche à donner un aperçu le plus réaliste possible de la justice française. Clarisse Serre aime lire des écrits de femmes, ou qui parlent des femmes. Elle mentionne ainsi Amélie Nothomb, Georges Sand, Frida Kahlo, Peggy Guggenheim ou encore Calamity Jane.

Thriller, Thriller psychologique

L’Archipel des oubliés

de Nicolas Beuglet
Broché – 22 septembre 2022
Éditeur : XO

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Les inspectrices Grace Campbell et Sarah Geringën le savent. Malgré leurs caractères opposés, elles doivent unir leurs forces pour neutraliser l’“homme sans visage”, l’architecte du plan diabolique qui mènera l’humanité à sa perte.

Seule piste : un manoir égaré dans les brumes d’Écosse. Derrière les volets clos de la demeure, l’ombre d’une jeune veuve austère, en apparence innocente. Mais cette femme est-elle vraiment ce qu’elle prétend être ? Ce que les deux inspectrices découvrent dépasse leurs pires hypothèses.

Dans une course qui les entraîne du loch Ness à la Norvège, Grace et Sarah vont devoir repousser les frontières de la peur pour rejoindre l’énigmatique archipel des Oubliés – l’ultime rempart au chaos du monde.

Un thriller glaçant. Et perturbant. Car ce qui se joue sur ces terres mystérieuses pourrait bien ressembler au choix de civilisation qui se dresse devant nous.

… même de vous…

 

• Couv_110_Beuglet Nicolas - L'Archipel des oubliés

 

6 romans en 6 ans !
Et pas n’importe lesquels…

Nicolas Beuglet, a dès son premier roman, “Le cri”, frappé très fort dans le monde de la littérature… Cela aurait pu être un coup “d’essai ou de chance”, mais il nous a prouvé, au fur et à mesure, qu’il était bien à sa place parmi les plus grands auteur(e)s !

J’avais hâte de découvrir le duo des deux inspectrices aux caractères bien opposés, réunies dans une seule et même intrigue. Je m’attendais à des étincelles et je n’ai pas été déçu, même si finalement leur union était indispensable.
Le début du roman se situe en Écosse… Nos deux héroïnes se rendent chez une étrange jeune femme, qui vit isolée et ne voit jamais personne. Afin d’avancer dans leur enquête, elles devaient absolument la voir. Mais est-elle vraiment qui elle prétend être ?
Grace et Sarah vont découvrir des ramifications qui dépassent toutes leurs pires hypothèses.

Nicolas Beuglet nous propose un thriller magistral, tant le reflet de ce que nous vivons actuellement est évident !
Qu’en est-il de l’avenir de l’humanité ?
Nicolas s’appuie sur des faits réels, des faits de sociétés, je le sens très engagé. Il dénonce les plus fortunés qui s’accaparent de tout type de richesses, les médias aussi, les journalistes qui ne prennent plus la peine de vérifier les informations avant de les diffuser. Est-ce pour aller le plus vite possible, pour être les premiers ? Ou bien parce que les journaux appartiennent désormais à de grands groupes industriels, ou aux grands patrons du CAC40 ?
Faites-vous votre proche choix…

Gros coup de cœur pour ce roman “brut”, anxiogène et efficace. J’ai pris énormément de plaisir à suivre nos deux inspectrices dans leur enquête incroyable et addictive.
Un roman maîtrisé de bout en bout, que je vous recommande vivement.
Mais pour mieux ressentir l’évolution des personnages principaux, je vous conseillerai de lire les premiers volets de ces deux superbes sagas !

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Extraits :

« Grace Campbell observa l’étrange visiteuse avec méfiance. Depuis qu’elle avait franchi la porte de son bureau sans autorisation, cette rousse athlétique d’une quarantaine d’années, s’était contenté de décliner son identité dans un anglais parfait : Sarah Geringën, inspectrice à Oslo. Et maintenant, elle dévisageait Grace sans un mot, comme un interrogateur silencieux intimide, un suspect par sa seule présence. »

« – Si le projet est quelque part sur cette clé, les fichiers cachés qui y sont liés apparaîtront forcément, précisa Sarah, en tapant une des masses pour les contrôler, récita, Grace à voix haute. Phase 2, manipulation de la peur pour rendre accro à la sécurité… Qu’ont-ils pu inventer de pire encore pour la phase finale ? »

« Il tourna la tête vers le feu, avant de continuer.
– Jusqu’au moment où j’ai commencé à comprendre qu’Olympe souhaitait uniquement contrôler les populations pour leur faire accepter, malgré elles, un nouveau modèle de société. Un système basé sur moins d’humains et plus de technologie. Un système axé sur la digitalisation des rapports sociaux, la numérisation des identités, la dématérialisation de la vie et, finalement, un accroissement encore plus prononcé des inégalités. »

« – Mais que voulez-vous ? Diront les plus crédules, ce petit renoncement à la démocratie est une nécessité pour relever les défis planétaires. Même si, au fond, Olympe se moque royalement de l’écologie, puisque la plupart de ses cadres et de ses soutiens, nous expliquent qu’il va falloir réduire le chauffage en hiver, alors qu’ils sont tous venus à leur sommet climatique en jet privé. En outre, cette multinationale nous vend sans cesse de nouveaux outils numériques qui ne font qu’aggraver la situation des ressources planétaires et donc justifier plus de restrictions. »

 

Après avoir écrit des scénarios pour la télévision, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer pleinement à l’écriture de romans. Salué par la presse, il est devenu en six ans et autant de romans l’une des plus grandes plumes du thriller français. Il est l’auteur chez XO Editions de deux trilogies :
la première a pour héroïne Sarah Geringën
Le Cri,
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/09/le-cri-de-nicolas-beuglet/
Complot,
https://leressentidejeanpaul.com/2020/07/31/complot/
L’Île du Diable
https://leressentidejeanpaul.com/2020/08/04/lile-du-diable/

et la deuxième Grace Campbell
Le Dernier Message,
https://leressentidejeanpaul.com/2020/10/21/le-dernier-message/
Le Passager sans visage
https://leressentidejeanpaul.com/2021/12/10/le-passager-sans-visage/

et L’Archipel des oubliés

Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa famille.

Émotion, Philosophique

L’écho de nos jours

de Florence Tholozan
Broché – 10 novembre 2022
Éditions : M+ Éditions

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Quelques mots griffonnés découverts dans la poche d’un panier acheté sur le port, et Saskia ressent la curieuse impression d’avoir récupéré une bouteille jetée à la mer.

Rédigé en anglais, le message provient d’Indonésie et résonne comme une incitation à partir sous d’autres cieux, en espérant qu’un dépaysement total effacerait le côté sombre de sa vie actuelle.

Un roman contemporain très coloré qui tient en haleine par ses découvertes successives aussi surprenantes qu’inattendues.

 

• Couv_109_Tholozan Florence - L'écho de nos jours

 

J’ai découvert Florence Tholozan il y a quelques semaines avec son premier roman La Chinoise du tableau, qui m’avait beaucoup ému. Je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer en contact avec elle…
Puis, j’ai vu qu’elle avait sorti un autre roman, j’étais trop curieux de voir où elle allait bien nous emmener… Je ne me suis pas trompé. Plus qu’un voyage à Bali, c’est un voyage très introspectif qu’elle nous propose avec ce second roman…

Je n’ai jamais cru au hasard de la vie, et je pense vraiment au fond de moi que tout est lié, qu’il existe quelque chose qui nous porte, nous guide dans notre quotidien. À nous de savoir le percevoir, de l’accepter ou pas, et de suivre ce que notre esprit nous conseille. J’ai tellement vécu de passages “surprenants ou extraordinaires” dans ma vie, que je suis aujourd’hui ouvert à de nombreuses choses. Florence nous raconte la vie de Saskia, qui au moment où elle pensait avoir tout perdu, découvre un monde nouveau, rempli de signes, de résonances, de bienveillance, et d’apaisement… Elle à travers une autre culture, d’autres rituels, une ouverture d’esprit qu’elle n’avait pas, et croisera ainsi un chaman, qui la portera vers l’éveil de soi, vers une vie antérieure en Irlande, vers des souvenirs enfouis dans son esprit puis vers l’illumination. Et ce voyage Florence nous l’offre aussi, enfin, je l’ai pris comme ça, comme un cadeau. À travers des marchés, des paysages magnifiques, j’ai rencontré des gens simples où philosophie et traditions se mélangent et ne font qu’un. Lentement, pages après pages, je suis allé de découvertes en découvertes… Une plume touchante et très délicate, emplie de poésie et de gentillesse, “L’écho de nos jours” est un message d’amour, un message de paix, un livre que je suis heureux d’avoir lu, un livre qui me fait dire que rien n’est figé, si on s’en donne “tout simplement” les moyens… Notre vie n’est pas une longue ligne droite, elle est omnidirectionnelle… et surtout, NOUS EN SOMMES LES ACTEURS !
Et, à chaque instant de notre vie, nous avons le pouvoir de dire NON !

Coup de cœur pour ce roman très touchant, rempli de poésie qui m’a fait vivre de nombreuses émotions.
Encore une fois énormément de recherche de la part de Florence, pour un sujet archi maîtrisé.
Alors, n’hésitez pas à suivre Saskia à Bali, pour y découvrir sa beauté, ses odeurs et son exotisme. Avec elle, vous voyagerez, vous ferez de belles rencontres, mais surtout, vous réfléchirez pleinement au sens de votre vie…

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Extraits :

« La chance, on se la provoque en ayant une attitude positive. Il faut repérer les opportunités qui se présentent et les attraper au vol. Si nous restons centrés sur nos propres soucis, sans ouvrir les yeux sur ce qui nous entoure, nous laissons filer ce qui ferait notre bonheur. Ce sont nos comportements qui déterminent l’avenir. Si mon parcours m’a enseigné, ne serait-ce qu’une seule leçon, c’est bien celle-ci ! »

« Nous nous sommes connu si jeune. Mêmes trottoirs foulés main dans la main et cartables sur le dos. Même bande d’amis. Premiers baisers, premiers émois et premières fêtes. Nous avons tout découvert simultanément.
Bien qu’ayant des caractères diamétralement opposés, nous nous complétions à merveille, et cela nous donnait une force colossale. Moi la froussarde, lui l’intrépide. Moi, la bavarde, lui le taiseux. Moi l’éternelle indécise et lui le fonceur.
Il faisait partie de mon existence dans le sens où il m’était devenu indispensable, de ceux qui vous accompagnent le long d’une vie. Un témoin bienveillant de chaque étape franchie dans la construction de ma personnalité. »

« Je bossais pour une multinationale dans le quartier de la Défense, m’a-t-elle confié. J’avais de grosses responsabilités et le salaire qui allait de pair. Je jonglais entre les bureaux de Paris et de Londres. Je sautais d’un train à l’autre. Je ne comptais plus mes heures. Pas de conjoint, pas d’enfants, peu de loisirs. J’emportais des dossiers à la maison le soir comme le week-end et je ne m’accordais aucun répit. Je ne pensais qu’à la boîte, je ne vivais que pour elle. Ma carrière évoluait bien, m’apportait beaucoup de reconnaissance, et j’en étais fière, malgré le stress constant et l’épuisement. »

 

Florence Tholozan réside dans les proches environs de Montpellier. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle a toujours eu l’amour des mots.

Diplômée en psychologie clinique, elle enseigne dans l’Hérault.

La Chinoise du tableau est son premier roman. Il a été présenté pour le Prix de la 1ère Œuvre d’une auteure 2020 et a concouru au Prix du Livre Romantique 2019 pour lequel il a été finaliste. Traduit en plusieurs langues il a été récompensé par le Prix Paroles d’Auteur(e)s.

L’écho de nos jours est son deuxième roman.

Émotion, Dystopie

Les Pentes

de Sioux Berger
Broché – 3 février 2022
Éditions : de Borée

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Septembre 2050. À Paris, une jeune fille ose encore écrire des lettres avec de l’encre et des feuilles. Sans trop éveiller les soupçons, elle a pu constituer un stock de papier. Un discret réseau se charge de transporter les missives à travers les plaines, là où les usines électriques ont remplacé les forêts.
Pourquoi et à qui écrit-elle, puisqu’il n’y a plus âme qui vive en dehors des villes ? Un employé du gouvernement s’en étonne. Il décide de mener l’enquête et fait alors une découverte étonnante.
Sur les Pentes, bien au-delà des usines électriques, aux confins des décharges et des champs de maïs, se cache un secret qui pourrait bien sauver les habitants des villes.
Entre espoir et désespoir, alors que l’avenir semble si sombre, la joie de vivre va peu à peu se frayer un passage.

 

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“Je m’appelle Antoine.
Antoine Saugues, j’ai vingt-sept ans, je suis célibataire, sans enfant.

Je peux contempler l’ensemble de la ville de la fenêtre de mon bureau. Les campagnes, les forêts ont toutes disparues au bénéfice d’usines géantes qui nous fournissent l’électricité dont nous avons besoin, tout est hyper connecté, hyper contrôlé. Les villages ont tous été abandonnés faute du manque de réseaux, et qui voudrait vivre sans électricité ?
Je suis fier de mon parcours ! En tant que médecin, j’ai une place très enviée par mes confrères. Je travaille dans une entreprise au top ! La Fertilité nationale.
Il y a quelques jours, j’ai reçu un mail alarmant et malgré mes diverses tentatives d’analyses cette courbe rouge qui a retenu mon attention file résolument vers le bas, la chute semblait fatale, je ne voyais aucune solution… J’ai fait comme d’habitude dans ces cas-là. Ne rien décider, et organiser une “réunion d’information” qui noierait le poisson à travers des “slides” complexes et indigestes.
Pourquoi, ce serait à moi d’assumer toutes les responsabilités ?

Il y a quelques jours, mon “Boss”, qui a intercepté un courrier hautement important, m’a confié une mission porteuse d’un enjeu phénoménal pour l’humanité tout entière. Lors de cette mission, une rencontre a bouleversé ma vie, et remit en question tout ce que j’ai appris sur les bancs de l’école, tout ce que je pensais savoir sur le monde, et sur l’avenir qu’il me restait à vivre.

Certains irréductibles ont décidé de ne pas jouer le jeu, de vivre sur les Pentes, un lieu mythique, inutilisable pour nos usines électriques ! Ils vivent dans un monde sans électricité et consomment même à leur risque, leurs propres récoltes qui ne sont jamais contrôlées, ils arrivent même à trouver de l’eau ! Ses inconscients écrivent même encore sur du papier alors qu’il n’y a presque plus d’arbres !
Ce qu’ils souhaitent, c’est vivre tranquille, et que ceux des villes les oublient…“

Commence alors un bras de fer, auquel Antoine comprendra très vite les enjeux politiques qui sont en jeu.

Un roman dur et réaliste, mais aussi très poétique à la fois, qui nous questionne sur ce qui pourrait bien nous arriver, si nous ne nous posons pas un minimum de questions sur notre avenir.
Sioux Berger signe ici un premier roman très puissant, rempli d’espoir, mais qui, sans tomber dans la peur a réveillé quand même certaines craintes dans mon esprit. Telle une visionnaire, cette superbe dystopie nous transporte dans un futur très proche, où l’énergie prend de plus en plus de place dans notre vie de tous les jours… D’ailleurs, je me suis parfois demandé où commençait la dystopie ?

Je ne peux que vous recommander ce livre engagé et plein de bon sens. Par la même occasion, allez faire “un petit tour” sur sa page Facebook…
Personnellement, je compte bien suivre Sioux, dans ses prochaines publications.
J’irai bien m’asseoir aussi sur les marches avec elle. On pourrait rire ensemble, pleurer, accueillir toutes nos émotions, les partager, et gravir d’autres marches, main dans la main…

“Je pensais avoir l’avenir devant moi…
Et si Sofia, Suzanne et les autres étaient dans le vrai…
Et si ma vie n’était qu’une vaste fumisterie…”

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Extraits :

« Le Pompidou, le 30 septembre 2050

Ma chérie,
Je t’écris pour te rassurer. Je ne sais pas si ce message te parviendra. Mais je vais passer par le réseau habituel, on verra bien. En bas, dans la plaine, Nadine est d’accord pour nous déposer le courrier sous l’éolienne E154. Elle dit que les caméras de surveillance s’en fiche de ses allées et venues. Tu peux donc nous répondre sans crainte, notre organisation est à présent, parfaitement rôdée. »

« En fait, si on cessait de s’embrouiller, le cerveau avec des “données multifactorielles” », on ne pouvait que se rendre à l’évidence. Et c’était très simple. Cela faisait bientôt dix ans que les naissances naturelles avaient disparu. En 2052, aucun enfant ne naîtrait en France. Aucun. Ni en FIV, ni en PMA, ni dans aucune éprouvette, parce qu’on n’avait plus rien à vendre. Plus une goutte de sperme, plus un ovule, rien. On n’avait plus rien à y mettre. Voilà. Le mail aurait pu tenir en quelques mots. »

« – Mais c’est bien de trier.
– “C’est bien”, bravo ! On a bien retenu la leçon. Pourtant, vous les avez vues, sur le chemin, les zones d’enfouissement des déchets. Vous voulez que je vous fasse un dessin plus clair ?
– Mais avouez que les villes sont plus propres qu’avant.
– Super. Les villes sont plus propres et les campagnes sont une poubelle géante. On a repoussé le problème un peu plus loin. Et il est en train de nous revenir en pleine poire. Voilà ce que ça veut dire.
– OK… OK, vous êtes en colère, comme ceux qui avait protesté il y a longtemps, mais de toute façon vous ne proposez rien de concret. Les gens ne reviendront pas à l’âge de pierre et…
– Ah ! Vous trouvez que ma grand-mère vit à l’âge de pierre ? Vous trouvez que sa façon de vivre ne propose rien ? Elle a une tête de femme des cavernes, peut-être ?
– Pas du tout, c’est une femme très élégante. Mais elle vit coupée du monde.
– Ça, c’est vous qui le dites. Précisez plutôt qu’elle vit coupée de votre monde. Le monde vivant, il est là, sous vos pieds, Antoine. Il est fait d’eau, de terre et de fumier. Il n’a pas besoin de poubelle intelligente et ultra-connectée pour savoir où poser un papier. Il est là, c’est tout. Et il était là avant nous. »

Sioux Berger cultive sa plume tout autant que son jardin et partage avec la terre une relation très intime, dans laquelle elle puise à la fois, son inspiration et sa joie de vivre. Auteure de nombreux ouvrages aux éditions Marabout dans les collections Mes Petites Routines et Les Paresseuses, Les Pentes est son premier roman. Sioux Berger partage son temps entre Paris et le Cantal.

Elle est aussi maman de trois enfants, deux jardins et deux chats.

Elle aime :

– les crayons de papier 2B bien taillés, et les carnets Moleskine.
– la terre fraîche à retourner à pleine mains
– la danse, à la folie et pour toujours. Faire tourner une jolie robe d’été sur une musique que l’on peut chanter à tue-tête.
– la chaleur du soleil, la chaleur d’une couette, la chaleur d’un feu de cheminée.
– le concombre croquant en été, et la potée qui mijote tout doux tout doux en hiver.
– le vent sur les joues quand on pédale vite sur une route libre.
– les feuilles amassées sur le sol en automne parce qu’on peut courir dedans
– une maison qui sent bon le pain chaud
– le silence, il est si rare aujourd’hui.

Elle n’aime pas :

– les gens qui poussent et qui crient
– l’odeur fausse des frites du fast food
– les éclairages au néon
– les embouteillages
– les pistes de ski qui ressemblent à des embouteillages.
– les gens qui disent  » au jour d’aujourd’hui  » et qui enchaînent les critiques sur un ton aigre.

“Je m’appelle Sioux, comme les indiens d’Amérique. Et pourtant je suis issue des montagnes du fin fond de la France, aux confins de la Lozère et de L’Auvergne. Je porte en moi mes racines, et ce sont elles qui m’élèvent. Chaque jour, parce que je suis une grande angoissée (surtout depuis que je vis en ville…), je m’attache aux petits bonheurs quotidiens qui bâtissent mon bien-être.

Dans mon jardin, j’aime faire pousser la vie. J’aime y regarder mes enfants courir, puis grandir.
Dans mes textes, j’aime faire pousser la joie, et… un bon vieux sens pratique rempli d’astuces.

J’ai travaillé dans la presse, sur le net, pour des sites tels que “aufeminin.com”… Je suis aussi formatrice en gestion du stress et des émotions. J’aime le contact avec les autres, leur tendre la main et les aider. Apaiser les douleurs… donner des sourires.

Mes enfants m’appellent “le druide”.
Pour moi, la vie est une tasse de thé, dégustée lentement sur deux marches d’escalier au soleil.
Et lorsque je suis, prise par le tourbillon des transports, des factures, et des tâches ménagères, je cherche toujours le petit moment qui me permettra de me ressourcer.
Je vous invite à venir vous asseoir sur les marches avec moi. On pourra rire ensemble, pleurer, accueillir toutes nos émotions, les partager, et gravir d’autres marches main dans la main.”

Émotion, Drame, Folie, Psychologie, Suspense

Claustrations

de Salvatore Minni
Broché – 8 juillet 2019
Éditions : Phénix noir

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Ils ne se connaissent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras… Clara, que son amie Françoise recherche depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d’une cellule obscure et infestée d’insectes ; M. Concerto tente de découvrir les raisons qui l’ont conduit dans une chambre d’isolement, tandis que Charles se cloître de son plein gré. Chacun d’entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu’ils croyaient…

 

• Couv_107_Minni Salvatore - Claustrations

 

Encore un premier roman, et de nouveau, une très belle surprise, et plus que prometteuse.

Salvatore Minni, avec des chapitres très courts et un rythme intéressant nous permet d’aller de personnages en personnages. On ne sait que très peu de choses sur eux, ils ont en commun un tatouage sur le bras et le fait d’être enfermés pour une raison qu’ils ignorent. Ils semblent n’avoir aucun lien les uns avec les autres… Mais tous vivent quelque chose d’inquiétant, ils ont tous peur de ce qui va leur arriver.

Je me suis très vite attaché à eux. Je vous défie d’arrêter votre lecture ou de poser votre livre par choix ! Il m’a été impossible de ne pas le lire d’une traite. L’auteur joue admirablement avec nos nerfs. Je ne voyais pas du tout comment cela allait finir, et au moment où je m’y attendais le moins, Salvatore ouvre une porte et l’évidence soudain saute au visage !

C’est très fort…
L’écriture est telle que j’avais l’impression d’être dans la tête de ces pauvres personnes, enfermées par choix ou pas, je n’ai rien vu venir…
Je l’ai repris, je l’ai relu, pour voir à quel moment j’aurai pu comprendre là où Salvatore voulait nous mener.
Impossible !

J’imagine que Salvatore s’est amusé à nous tourmenter de la sorte, en tout cas, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. Je tenais aussi à signaler l’utilisation du subjonctif passé et imparfait dans le texte pour moi plus que réussi… Cela faisait longtemps, et c’est bien agréable !

Quel suspense, et surtout quel plaisir !
“Claustrations”, un roman parfaitement maîtrisé où l’on se perd avant de recevoir la révélation finale de plein fouet…
Je conseille vivement cette lecture qui m’a… “whaou”!

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Extraits :

« L’obscurité. Rien que l’obscurité. La peur. Une peur panique. Son cœur battait à tout rompre. Sa respiration était saccadée. Il tenait sa petite main sur sa bouche pour que l’on ne l’entendît pas respirer. Surtout ne pas faire de bruit. Il n’existait pas. Chhht ! Maman lui avait ordonné de rester là et de n’en sortir que lorsqu’elle le lui dirait. »

« Reclus dans ma cave, cet endroit obscur et humide, depuis mon soixante-cinquième anniversaire, je cherche le moyen de faire mon existence. J’analyse toutes les possibilités qui m’ont été proposées. J’ai le choix : quitter le pays, me faire greffer, un nouveau visage, falsifier mes papiers, ou encore annoncer ma propre mort. »

« Cette fois, elle était dans un pays où le gouvernement décidé du nombre d’enfants que pouvait avoir une famille. Elle était parvenue, avec l’aide de ses collègues, a déjouer la stérilisation de deux cents femmes en âge de procréer. Pour le gouvernement, il s’agissait de limiter les naissances afin de contrôler une démographie croissante. Il n’était aucunement question d’une campagne de stérilisation avec consentement. Non, ces femmes devaient être stérilisées de force. Un comportement barbare que Clara ne pouvait accepter. »

« Hier matin, encore une dizaine d’hommes et de femmes âgés de 65 ans et plus ont été arrêtés dans le cadre de la loi promulguée par notre nouveau Président. Comme vous le savez, cette loi vise à contrôler la surpopulation, le vieillissement de la population est à alléger les dépenses en allocation et en pension. »

 

 

Salvatore Minni s’est exercé à l’écriture dès son plus jeune âge en mettant des textes lyriques et des nouvelles sur papier. Il publie la première version de son roman Claustrations aux Editions Persée en septembre 2015. Suite à sa participation au Prix du Suspense Psychologique 2017 présidé par Franck Thilliez, ce thriller psychologique a ensuite été retravaillé, amélioré, étoffé et peaufiné pour une nouvelle version qui voit le jour le 19 octobre 2017. En 2018, après avoir accepté le défi des Editions Lamiroy d’écrire et de publier une nouvelle de 5000 mots, il écrit Iniquité pour leur collection Opuscules . L’année 2019 est assez chargée avec la publication de la version définitive de Claustrations d’abord, mais surtout la sortie de Anamnèse , son second roman. Il fait aussi partie des organisateurs du Salon de l’Iris Noir Bruxelles.

En 2022, Salvatore Minni se lance un défi, celui de faire frissonner vos enfants et publie les deux premiers tomes d’une nouvelle série de romans jeunesse intitulés Mystère en Belgique.

Friand de technologie et d’outils de communication divers, Salvatore Minni est très actif sur les réseaux sociaux. Retrouvez toute son actualité sur :

* Facebook : Salvatore Minni Officiel

* Instagram : instagram.com/salvatore_minni

* Twitter : twitter.com/Sal_Min13

* internet : http://www.salvatoreminni.com

Plongez-vous dans l’univers à la fois frissonnant et bouleversant de Salvatore Minni…

Histoire, Suspense

Le Miroir aux mirages

de Philippe Lemaire
Broché – 10 novembre 2022
Éditions : de Borée

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Afin que Louis XIV puisse se refléter dans des miroirs qui seraient enfin français, François est envoyé à Venise sur ordre de Colbert qui entend créer la Manufacture royale des glaces de miroir. Sa mission ? Dérober aux Vénitiens les secrets de fabrication des grands miroirs qu’ignoraient alors les artisans français. Mais ce n’est pas tout ! Il lui faut aussi convaincre quelques grands maîtres verriers de venir à Paris pour y transmettre leur savoir. Le pont d’or qu’il est prêt à leur faire sera-t-il suffisant ?

 

• Couv_106_Lemaire Philippe - Le miroir aux mirages

 

C’est le second roman de Philippe Lemaire, après “La forêt des violons”, que je lis.
J’ai toujours beaucoup aimé les romans historiques, mais quand l’auteur y apporte une part de poésie, de beauté et un sens artistique, quasi-omniprésent, alors là, j’adore…

La première partie du roman se déroule à Venise XVIIe siècle.
François Guilbert de Soulac a été mandaté par Colbert, pour dérober aux Vénitiens de l’île de Murano, les secrets de fabrication des miroirs, voire plus encore, inciter des maître verriers qui ont été sélectionnés à quitter leur pays, pour la France afin qu’ils partagent leurs connaissances pour créer une Manufacture Royale des glaces et des miroirs à Versailles, suivant la demande de Louis XIV.
François Guilbert, va se rendre compte très vite que cette mission sera non seulement délicate, mais de plus, très dangereuse… Sera-t-il prêt à braver les dangers ? Le regard et la voix de la belle Lucia, ne risquent-ils pas de l’entraîner vers des lieux qu’il n’imaginait même pas ?

J’ai voyagé dans le temps et dans les ruelles sombres de Venise, Philippe Lemaire nous conte avec passion la vie et le travail des maîtres verriers… C’est superbe et très addictif. Les canaux, les soirées richissimes dans cette ville incroyable où tout est axé sur la beauté et surtout les plaisirs…
Un texte très fluide, bien écrit, du suspense avec une intrigue fort bien menée, une histoire d’amour qui n’a rien pour déplaire et un travail de recherche assez incroyable de la part de l’auteur.

J’ai passé un très bon moment de lecture…
Philippe Lemaire, fait dorénavant partie des conteurs que je suivrai avec plaisir !

Un grand merci à Virginie des Éditions de Borée pour ce SP qui m’a fait rêver.

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Extraits :

« Il remonta le col de son manteau de lourde laine afin d’affronter le vent qui venait de la mer. Celui-ci s’engouffrait dans les ruelles de Murano, avec des sifflements aigus et rageurs. En dépit du vent, il avait cru entendre un bruit de pas derrière lui. Comme si on le suivait. Quand il se retourna, il ne vit personne. Sans être rassuré pour autant, il marqua son inquiétude d’un froncement de sourcils. Il n’avait aucune raison de craindre les voleurs. Sa bourse ne contenait qu’un ou deux sequins, grandement insuffisants pour tenter le diable. »

« Le Castello était un quartier tranquille à l’écart des grandes ruées de voyageurs et d’aventuriers de toutes espèces qui débarquaient dans la Sérénissime en quête de fortunes rapides ou d’aventures galantes. La réputation de certains lieux de grandes polissonneries, les attirait, comme la lumière attire les papillons de nuit. Dans ces endroits, tenus plus ou moins secrets, des femmes languissantes est parfumées à demi nues, faisaient promesse d’assouvir leurs sens dans le murmure, d’épopées amoureuses bien coûteuses. En choisissant ce quartier, François Guilbert n’avait fait qu’obéir à M. Courtin, un des hommes, de confiance de Jean-Baptiste, Colbert, qui lui avait recommandé la plus grande discrétion, en lui remettant la bourse contenant plusieurs centaines de livres pour ses frais de route et de séjour, ainsi que des lettres à vue nécessaires, à la réussite de sa mission. »

« Comme une déesse du silence, Calisto entra sur scène. L’air égarée, la poitrine palpitante, elle s’abandonna à l’attente amoureuse qui s’était emparée d’elle comme une terrible fièvre. François Guilbert reconnut Adèle Cantalli malgré le masque qui lui couvrait le haut du visage. Puis un chant de séduction s’éleva depuis les coulisses. Envoûtant. Qui aurait été capable de lui résister ? À l’entrée du castrat, un murmure d’adulation parcourut la salle. Le madrigal soutenu par les cordes commença. Persuasion. Assurance. Ruse d’un côté. Pudeur. Charmante dérobade de l’autre. Les voix s’égarèrent dans les arabesques de la passion. Elles ensorcelaient à tour de rôle. »

« La taille ceinturée d’un tablier de cuir, Bartolomeo Guardi, s’empara de sa plus longue canne avant de la plonger dans la gueule incandescente du four. Fruit de l’expérience acquise auprès de son père qui l’avait entraîné dans l’atelier de verrerie alors qu’il n’avait pas dix ans, un seul coup d’œil lui avait suffit pour savoir qu’il était à la bonne température. Il commença à tourner doucement la canne, entre ses doigts pour cueillir dans le creuset une boule de verre en fusion, sous le regard attentif de ses aides. Un silence quasi-religieux, régnait dans l’atelier, où l’on entendait plus que le bourdonnement du feu. »

Philippe Lemaire a longtemps été journaliste, présentateur du journal télévisé de France 3 Rhône-Alpes Auvergne.

Auteur de chansons et réalisateur de films documentaires, il se fait remarquer dès son premier livre Les Vendanges de Lison (2003).

Il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Il a notamment publié La Mélancolie du renard (2015), son son neuvième roman, L’Enfant des silences (2013) et Rue de la côte-chaude (2011). Il prouve une fois de plus son talent dans La Forêt des violons, son seizième roman.

Ardennais, Il vit en Rhône-Alpes depuis de longues années.

Les racines de Philippe Lemaire, justement, ce sont les Ardennes. « Quand je reviens à Saint-Laurent, je ressens les choses différemment, je me sens heureux, simplement. C’est difficile à expliquer, c’est un peu comme si j’avais les ombres de mes grands-parents à mes côtés. »
Le cheval de bataille de l’écrivain, c’est aussi d’essayer de convaincre que la lecture, c’est indispensable. « Lire, c’est fondamental, explique-t-il. Cela permet de s’évader, de réfléchir, de structurer sa vie. »
Philippe Lemaire s’est mis à la lecture lorsqu’il avait six ans. « Ma grand-mère lisait des romans photos, ça a été mon premier vrai contact avec les livres. Et puis j’ai rencontré un professeur de Français en quatrième, qui écrivait des pièces de théâtre, et les choses se sont enchaînées. »
L’auteur ardennais met aussi, et surtout, de sa vie dans ses romans. « L’écriture traduit une émotion. Si j’angoisse, le lecteur s’en rendra compte. Si je suis tendu, heureux, cela se verra. Toute ma vie j’ai écris, je serais incapable de m’arrêter. Je pourrais même écrire s’il le fallait des modes d’emploi. C’est mon métier, c’est comme si j’étais artisan ou même employé, c’est comme ça. »
Et Philippe Lemaire a choisi son style. « J’écris des romans aux personnages simples. Je n’aime pas les romans “coffre-fort” où les lecteurs doivent chercher des combinaisons compliquées », précise-t-il.

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Le soldat désaccordé

de Gilles Marchand
Broché – 19 août 2022
Éditions : Aux Forges de Vulcain

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Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

 

• Couv_105_Marchand Gilles - Le soldat désaccordé

 

La guerre, et peut-être même la 1ère Guerre Mondiale, a été une des plus dures pour les soldats, celle qui de nouveau à faire prendre conscience aux Français et aux autre pays d’Europe que de nouveau nul n’était à l’abri.

Rien n’est beau dans une guerre… Les champs de bataille, les explosions, les tranchées, des corps mutilés, les massacres, le sang, les cris et les pleurs, la boue, la peur… Mais au milieu de tout cela, il y a aussi des histoires de cœurs et d’amitié.

Avec beaucoup de pudeur et de la délicatesse aussi, Gilles Marchand, nous raconte la guerre, “sa” guerre, à la première personne, avec des mot choisis, des mots pensés, il ne contourne pas les horreurs, il ne triche pas, ça sonne vrai et c’est ce qui m’a emporté, car malgré les images qui se dégagent de son récit, Gilles d’une main de maître m’a projeté dans ce qui vers se transformer petit à petit au fur et à mesure de ma lecture en un conte empreint d’une certaine beauté et de poésie… Après avoir lu déjà plusieurs de ses romans, j’attendais ce retournement, mais dans ici, ce n’est plus un retournement, c’est une transformation magique et bouleversante !

À la fin de la 1ère Guerre Mondiale, après l’armistice, alors que le pays se relève comme il peut, un ancien combattant français, qui a perdu une main lors combat et dont nous ne connaîtrons jamais le nom, ni le prénom, se donne comme mission de chercher et retrouver les soldats dont on a perdu la trace pendant et après le conflit meurtrier. Parmi toutes ses recherches, une va lui tenir particulièrement à cœur. Celle du soldat Émile Joplain. Mandaté par sa mère, une riche veuve, il se lance sur sa piste et va très vite découvrir une histoire hors du commun. Cette histoire incroyable, je la découvre aussi avec le héros, et le récit se magnifie de chapitre en chapitre, de page en page jusqu’au chapitre 25 qui pour moi atteint des sommets rarement égalés. Ce n’est plus un récit de guerre, c’est une magnifique histoire d’amour impossible entre Émile, soldat, jeune bourgeois, poète et écrivain, et Lucie, une jeune paysanne Alsacienne, “la fille de la lune”, sa muse, sa lumière… qu’il avait juré d’épouser après la guerre.
Gilles parvient à me faire oublier les ténèbres et la mort, les frontières entre les classes sociales, je ne voyais plus que l’espoir, ne voyais plus que des yeux brillants, des mains tendues. Une histoire hors du commun.

Gilles, « armé de simples mots” rend un hommage magnifique à ces générations d’hommes et de femmes aussi, qui ont souffert dans leur corps, dans leur tête et dans leur âme, suite à cette boucherie organisée par des “bien-pensants” qui ont déchiré, voisins, amis et familles.

Coup de cœur pour ce récit bouleversant et indispensable contre l’oubli.

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Extraits :

« Je n’étais pas parti la fleur au fusil. Je ne connais d’ailleurs personne qui l’ait vécu ainsi. L’image était certes jolie, mais elle ne reflétait pas la réalité. On n’imaginait pas que le conflit allait s’éterniser, évidemment. Personne ne pouvait le prévoir. On croyait passer l’été sous les drapeaux et revenir pour l’automne avec l’Alsace et la Lorraine en bandoulière. À temps pour les moissons, les vendanges ou de nouveaux tours de vis à l’usine. Pour tout dire, ça emmerdait pas mal de monde cette histoire. On avait mieux à faire qu’aller taper sur nos voisins. »

« Ils étaient gamins quand ils s’étaient rencontrés.
Elle était née près de Strasbourg, à Molsheim, à la fin du siècle. Ses parents, Elsa et Lorenz Himmel, étaient français. Enfin, plus sur le papier évidemment. Français de cœur. Ça ne se disait pas trop. À la maison, ça parlait aussi alsacien. Ce n’était pas une famille riche, c’était le moins qu’on puisse dire. Louis, louait ses bras à des fermiers locaux, des vignerons pour les vendanges, des agriculteurs le reste de l’année ; elle, briquait les sols dans les salons bourgeois, servante ici, puis là. Lucie est arrivée alors que le couple avait déjà du mal à nourrir deux bouches. »

« Je me suis toujours impliqué dans les affaires sur lesquelles j’enquêtais. Néanmoins, je dois bien admettre que celle de la disparition d’Émile Joplain a rapidement pris une importance sans commune mesure.
En 1925, la France fêtait sa victoire depuis sept ans. Ça swinguait, ça jazzait, ça cinématographiait, ça électroménageait, ça mistinguait. L’art déco flamboyait, Paris s’amusait et s’insouciait. Coco Chanélait, André Bretonnait, Maurice Chevaliait. »

 

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent. Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les “Talents à suivre” par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants “Libr’à Nous” en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.