Émotion, Noir, Thriller psychologique

Le Silence des Aveux

de Amélie De Lima (Auteur)
Broché – 13 mai 2017
Éditeur : Independently published

Lille, novembre 2010, le corps sans vie d’une adolescente est retrouvé près de la Deûle enneigée, dans d’étranges conditions. Cheveux scalpés, habillée mais sans sous-vêtements, un billet de vingt euros dans la main, tout prête à croire qu’il s’agit d’un crime sexuel. Véronique De Smet, commissaire chargée de l’affaire semble piétiner, les meurtres s’enchainent et l’enquête est au plus bas. Pourtant, un revirement de situation permettra à Véronique de mettre la main sur le présumé meurtrier, un trentenaire qui semble être le coupable idéal. Mais, l’est-il vraiment ? Aidée de l’inspecteur Bernier, Véronique réalisera un travail de fond, sur l’enquête et sur elle-même, pour démêler cette affaire, où rien ne semble être ce qu’il parait… Ce roman est une introspection sur la question de l’identité, de l’importance de la mémoire, du passé sur nos vies et les conséquences qui en découlent. Il nous balance en pleine figure, ce que les défaillances émotionnelles peuvent nous amener à faire, à détruire l’autre et à nous autodétruire dans un rythme effréné. Personne n’est à l’abri, le mal est partout, même là où l’on ne l’attend pas. Les trois personnages principaux sont analysés tour à tour, afin de découvrir leur rôle dans l’enquête, dans un style abrupte, écorché, où règnent des phrases courtes mais qui martèlent et résonnent dans nos têtes, comme le sifflement d’une étrange mélodie.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Un tueur en série s’attaque à des jeunes filles paumées.
Une enquête policière prenante et oppressante qui nous plonge au cœur de Lille.
Une histoire qui démarre au quart de tour, dès les premières lignes.
Des phrases courtes, des chapitres qui s’enchainent très vite.
Wahou !

Amélie De Lima a une plume très addictive, j’ai accroché dès le début !
Son style est franc, sec et direct, faisant ainsi un thriller fascinant et glaçant.
Attention certains passages sont très durs, personne n’est épargné, encore moins le lecteur !

Il m’a fallu quelques jours et prendre un peu de recul pour pouvoir écrire mon “Ressenti”… Amélie, m’a complètement bouleversé.
Ses personnages me paraissaient tellement vivants. Les crimes qu’ils subissaient, tellement violents. J’ai plongé en enfer en les suivants dans leur monde sombre et malsain. Certains passages ont même eu une résonance très personnelle et j’ai souffert avec eux… Rarement des personnages ne m’auront autant pris aux tripes.
Beaucoup d’émotions…

Plus que l’enquête en elle-même, qui fonctionne d’ailleurs très bien, c’est le côté psychologique qui m’a beaucoup plu dans ce livre. Le dénouement du récit m’a en plus complètement pris à contre pied. En revenant en arrière sur quelques pages, je me suis rendu compte que l’auteur m’avait emmené exactement là, où elle le voulait… Bravo !

Amélie a dirigé cette enquête sur des crimes sexuels d’une main de maître.
“Le Silence des aveux”, son premier roman, malgré quelques “petites imperfections” révèle déjà le talent d’une “vraie plume noire” !

Coup de cœur, pour ce roman qui aborde un sujet peu souvent exploité !

Pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu, je conseillerai aussi “Voix nocturnes”, toujours d’Amélie. C’est une nouvelle qui se lit très vite !

https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/11/voix-nocturnes/

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Extrait :

« Élise sent que cette fille a dû vivre le pire, c’est sûrement pour ça qu’elle s’est forgée une carapace qui la protège des autres. Elle envie presque sa désinvolture et aimerait lui ressembler. Jeune, avec un avenir devant elle. Mais ensuite, elle se rappelle les circonstances et comprend vite que sa vie n’est en rien enviable. Qu’a-t-il pu lui arriver pour qu’elle finisse dans la rue à mendier trois francs six sous ? Élise la regarde, l’observe, tente de percer ce mystère qu’elle ne résoudra peut-être jamais. Elle n’a pas le temps pour ça, elle a d’autre choses en tête, bien plus importantes. La sauver de cette vie minable. »

 

 

Amélie De Lima est originaire de Lille, actuellement expatriée à Barcelone. Elle est rédactrice web et formatrice en entreprise. Elle a toujours été passionnée par la lecture et l’écriture, raison pour laquelle, elle s’est plongée dans les études littéraires.

Elle écrit depuis l’âge de 10 ans, en commençant par des nouvelles policières, fantastiques et des poèmes. Fin 2015, elle a décidé de sauter le pas et d’écrire son premier roman en auto-édition.

VOIX NOCTURNES est une nouvelle assez longue, qui relate les liens mères / enfants sous un fond de thriller psychologique.

Émotion, Histoire, Philosophique

La supplication

Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse
de Svetlana Alexievitch (Auteur)
Poche – 5 octobre 2016
Éditeur : J’ai lu

« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte :
― Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! « 
Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale ?
Svetlana Alexievitch nous laisse entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole. L’événement prend alors une tout autre dimension.
Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

J’ai eu beaucoup de mal à trouver des mots simples, des mots justes pour parler de ce livre. Il m’a énormément touché…
Du léger frisson sur les bras, à l’horreur au point de fermer les yeux.
Combien de larmes ai-je retenues jusqu’au point final ?
Combien de fois me suis-je levé pour marcher et respirer un coup ?

Ce n’est pas un roman.
C’est une compilation d’interviews toutes plus instructives et intéressantes les unes que les autres. C’est un concentré de douleur et d’amour, d’humanité et de monstruosité, de résignation et de colère…
Tristesse et colère, oui, c’est ça. C’est ce que je retiendrai finalement de cette lecture.

Je ne connaissais pas non plus le terme de « roman de voix » pour qualifier le travail d’un ouvrage par des témoignages.

Svetlana Alexievitch a utilisé des voix intimes et sans autre vêtement que celui d’une vérité émotionnelle propre. L’ouvrage tisse au fur et à mesure des paroles retranscrites sans fioritures. Grâce à ces multiples échanges, j’ai vu une URSS qui se divisait entre les adorateurs de Staline et les nouvelles générations, qui ne tendent plus vers les mêmes idéaux ; mais j’entendais aussi ces enfants devenus grands et auxquels les guerres ont laissé le goût de souvenirs amers ; le ressente des combats de ces populations pour l’amour de leur patrie. Ce livre se dresse d’empathie sous des non-dits qui sont devenus traumatismes, comme le fut le triste événement de Tchernobyl…
Le seul but de notre romancière de voix parait d’être honnête et de se battre, même si son arme est la plume et celle des interrogés, leurs souvenirs.
Et bien qu’elle ne se décrive pas comme une héroïne, elle n’en reste pas moins, une porteuse de lumière.
Rien n’est foncièrement mauvais ou bon et c’est pour cela qu’il est bien loin d’être simple d’expliquer les faits…
D’où l’importance des témoignages…
Et tous les témoignages recueillis convergent vers cette idée d’impuissance mais aussi d’inexpérience, de vérité cachée…
Lorsque le 26 avril 1986, un accident se produit à la centrale de Tchernobyl, on envoie les pompiers, comme s’il s’agissait d’un simple incendie. Les pauvres hommes vont ainsi se confronter à la mort.

Que ce soit les habitants de la zone, les militaires, les hommes réquisitionnés pour le “nettoyage”… Nous avons ici une relation du vécu, psychologique et concrète, des victimes. Effarement, incompréhension, inconscience quant à la gravité et aux conséquences… Et par leurs paroles reflet de l’âme Biélorusse : fatalisme, attachement viscéral au système de valeurs de l’époque (1986, juste avant la chute du communisme), avec parfois un côté très naïf, presqu’enfantin.

Si vous voulez sentir les choses de l’intérieur, à lire absolument !

Merci Alexandra Koszelyk, sans toi je serai passé à coté de ce monument littéraire !

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Extrait :

« Je me suis soudain mis avoir des doutes. Que valait-il mieux : se souvenir ou oublier ? J’ai posé cette question à des amis. Les uns ont oublié, les autres ne veulent pas se souvenir parce qu’on n’y peut rien changer. Nous ne pouvons même pas partir d’ici…
De quoi puis-je me souvenir ? Dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe, les livres sur les radiations, sur Hiroshima et Nagasaki et même sur la découverte de Röntgen on disparu des bibliothèques. On disait que c’était sur ordre des autorités, pour éviter la panique. Il y avait même une blague : si Tchernobyl avait explosé chez les Papous, le monde entier en auraient eu peur… sauf les Papous. Il n’y avait aucune recommandation médicale, aucune information. Ceux qui le pouvait achetaient des comprimés d’iodure de potassium (il n’y en avait pas dans les pharmacies de notre ville : il fallait avoir beaucoup de piston pour s’en procurer). Certains prenaient une poignée de ces comprimés en les avalant avec un verre d’alcool pur. Les secours d’urgence sauvaient ces gens de justesse.
Et puis on a trouvé un signe auquel tout le monde prêtait attention : tant qu’il y avait des moineaux et des pigeons, la ville pouvait être habitée aussi par l’homme. Un jour, j’ai pris un taxi et le conducteur s’étonnait de la manière dont les oiseaux se cognaient contre le pare-brise, comme des aveugles. Comme des fous… Comme s’ils se suicidaient… »

 

 

Prix Nobel de littérature 2015
Svetlana Alexievitch est née en 1948 en Ukraine. Elle a fait des études de journalisme en Biélorussie, où ses parents étaient instituteurs. Sa première publication, La guerre n’a pas un visage de femme, en 1985, sur la Seconde Guerre mondiale, dénoncée comme « antipatriotique, naturaliste, dégradante » mais soutenue par Gorbatchev est un best-seller. Chaque nouveau livre est un événement et un scandale : Les Cercueils de zinc, en 1989, sur la guerre d’Afghanistan, qui la fait connaître en France et sera adapté pour le théâtre par Didier-Georges Gabily ; Ensorcelés par la mort, en 1993, sur les suicides qui ont suivi la chute de l’urss ; et La Supplication, en 1997, sur Tchernobyl. Elle vit de nouveau à Minsk, après un long séjour à Berlin.
Son ouvrage La Fin de l’homme rouge. Le temps du désenchantement (Actes Sud, 2013), sur la fin de l’urss et ce qui a suivi, a été classé meilleur livre de l’année 2013 par le magazine Lire et a reçu le prix Médicis Essai.

Émotion, Fantasy, Philosophique

La Moïra

Intégrale : La louve et l’enfant, La guerre des loups, La nuit de la louve
de Henri Loevenbruck (Auteur)
Broché – 4 octobre 2017
Éditeur : J’ai lu

Aléa, jeune orpheline solitaire, dérobe un jour une bague qui lui confère des pouvoirs étranges. Politiciens et religieux convoitent autant qu’ils redoutent cette élue aux facultés uniques… Serait-elle appelée à devenir le Samildanach, l’élu des druides, à qui revient la charge de façonner l’avenir du monde ? La guerre est proche et gronde, le destin de l’île de Gaelia est sur le point de basculer.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

J’aime beaucoup les romans d’Henri Loevenbruck pour sa diversité des genres, la façon dont il mélange l’histoire et les thrillers, pour l’excellente saison 1 de “Sérum” co-écrite avec Fabrice Mazza, le superbe “Nous rêvions juste de liberté”, mais là, avec “La Moïra” on entre dans la Fantasy pure et dure, dont on retrouve tous les codes du genre !
Cette réédition révisée et augmentée reprend trois livres, “La louve et l’enfant”, “La guerre des loups” et “La nuit de la louve”.

Henri a créé un univers incroyable qui n’a rien à envier à Tolkien.
“Des Druides aux pouvoirs magiques, un nain, des bardes, des loups et bien d’autres”…

Comment Aléa, jeune orpheline qui doit mendier et voler pour survivre dans le comté de Sarre, se retrouve-t-elle au centre d’une histoire incroyable, suite à la découverte d’un cadavre à qui elle a pris une bague. Dès lors avec le Druide Phélim et le nain Mjölln, ils partent vivre des aventures pleines de rebondissements.
Sa quête ? Instaurer la paix sur Gaelia, même si pour cela, elle doit le payer de sa vie. Entre les conflits politiques et les guerres de territoires, avec ses amis, elle va devoir se frayer un chemin à travers de nombreuses intrigues…

Les personnages principaux sont très attachants et émouvants… Mais surtout, tout au long du roman, j’ai été surpris, par certains détails que jamais je n’avais lus dans ce type de roman, qui rendent cette histoire d’autant plus captivante.
On retrouvera bien sûr des batailles, de la magie, mais c’est aussi une très belle histoire d’amour et d’amitiés.

Une histoire épique que je conseille vivement à tous ceux qui ont su conserver leur âme d’enfant.

Il ne me reste plus qu’à me procurer la suite de “La Moïra”, “Gallica”, qui s’avère être aussi une intégrale !

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Extrait :

« La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si un soir d’été, l’âme bienveillante, vous vous allongez dans l’herbe et vous les écoutez le cœur ouvert, vous entendrez peut-être cette histoire d’un autre temps, au pays de Gaelia ; celle de la louve blanche et de l’enfant qu’on appelait Aléa. »

 

 

Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. À 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général.

Émotion, Humour, Philosophique

Une bouche sans personne

de Gilles Marchand (Auteur)
Broché – 5 octobre 2017
Éditeur : Points

De sa lèvre inférieure au tréfonds de sa chemise, il a une cicatrice qu’il dissimule sous une écharpe. Le jour, il compte et recompte des colonnes de chiffres. La nuit, il retrouve Sam, Thomas et Lisa au café. Ses trois amis ne savent rien de lui. Un soir, il décide d’ôter le cadenas de son armoire à souvenirs. Et de raconter avec fantaisie l’empreinte que l’Histoire a laissée sur son corps…

“ On se laisse prendre au jeu de l’imaginaire délirant du narrateur qui cache un traumatisme douloureux, et on finit par rêver avec lui.  »
20 minutes

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Une bouche sans personne, est le premier roman de Gilles Marchand.
Pas le premier que je lis, mais l’un de ceux dont j’avais entendu beaucoup de bien…
Dès les premières lignes, je retrouve le style de Gilles, complètement farfelu, déjanté, mais très profond aussi, tout en étant émaillé d’inventions.

Un comptable se cache la journée au milieu de ses chiffres. Il ne vit qu’à travers ses chiffres, ses nombres qui ne l’ont jamais trahi. Il est plus facile de faire des additions que de parler à des personnes. Lorsque l’on compte, on n’est pas obligé de parler.
Mais, quand le bureau ferme, il est seul et cogite. Pas simple de passer inaperçu avec pareille cicatrice. Alors depuis dix ans, le soir venu, il va dans un bar retrouver ses amis, son visage protégé d’une écharpe qu’il n’hôte jamais. Personne ne sait rien de son passé.

Pourtant, un soir, il va de se dévoiler.
L’homme commence alors à raconter… Sa vie, son grand père Pierre-Jean…
Léger et aérien en apparence, le récit devient le roman d’un homme qui se souvient et survit aux traumatismes d’une vie.

Gilles nous offre ici un roman sur l’amitié, et la solitude. Il jongle admirablement bien avec les ingrédients de la vie créant un roman à la fois léger et profond, humain, et habilement construit, serti d’une écriture poétique, douce et pleine de fantaisie.

Nous ne connaîtrons jamais ni le nom, ni le prénom du narrateur traité à la première personne du singulier.
Mais est-ce bien indispensable ?
N’est-ce pas un outil supplémentaire que nous donne l’auteur afin de plonger avec lui dans son monde ?

Vous l’aurez compris j’ai beaucoup aimé ce livre !
Magique, fort, et puissant, l’âme de Boris Vian vient parfois se glisser entre certains mots entraînant un mélange de belle écriture et de métaphores justement dosées…

La fin du roman, m’a bluffé et donne à l’ensemble du récit tout son sens, qui sort des sentiers battus. Un premier roman attachant où vaincre l’horreur est une affaire de mots autant qu’une affaire de cœur.
Que c’est bon de lire un livre tout simplement bien écrit, précis et rempli d’humanité.
Je ne peux que vous recommander ce livre.

 

Hier,

Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loin
Aujourd’hui, on dirait qu’ils sont là dans le but de perdurer
Oh, je crois en hier

Soudainement, je ne suis pas la moitié de l’homme que j’étais
Il y a une ombre suspendue au-dessus de moi
Oh, hier est venu soudainement

Pourquoi devait-elle partir, je ne sais pas, elle ne l’a pas expliqué
J’ai dit quelque chose de mal, maintenant hier me manque

Hier, l’amour était un jeu tellement facile à jouer
Aujourd’hui j’ai besoin d’un lieu pour m’isoler
Oh, je crois en hier

 
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Extrait :

« Pourquoi n’enlèves-tu pas cette foutue écharpe ? »
Silence. Il continue à me regarder dans les yeux tandis que Sam s’efforce de prendre un air dégagé. Ce n’est pas la première fois qu’ils m’interrogent à ce sujet. Depuis le premier jour, ils me disent que je peux la retirer. « Il fait trop chaud dedans », « Tu auras froid en sortant », « On est entre amis, tu n’as rien à craindre »… Ils sont revenu plusieurs fois à la charge sans trop insister et finissant par s’excuser de se mêler de ce qui ne les regarde pas. Je n’ai jamais cédé. Il n’y a pas de négociation possible, parce que je n’ai rien à y gagner. Et on ne négocie pas avec les amis.
Pourtant, ce soir c’est différent. Il y a autre chose. Pas de la pitié, mais quelque chose qui flotte dans l’air, entre le comptoir, la réserve, notre table et la porte d’entrée. Quelque chose qui joue avec la fumée de nos cigarettes, qui voile leurs regards et fait vibrer leurs voix d’un timbre que je ne parviens pas à identifier. J’ai bien envie de leur demander ce qui se passe, optant pour la formule la plus efficace en ces circonstances :
« Qu’est-ce qui se passe ?
– Rien, pourquoi ?
– Mais si, je le sens bien. Il y a comme une odeur. Vous savez, ces odeurs décrites dans certains livres, ces odeurs indéfinissables dont on ne sait jamais si elles existent ou s’il s’agit de simples figures de style, comme celle de la peur de l’argent. Un truc qui passe et que je n’arrive pas saisir.
– Une odeur errante ? » Sam est mal à l’aise et commence à remuer sur sa chaise.
« Vu la description, je dirais plutôt rôdante, ajoute Thomas. »

 

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux.

Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent.
Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les « Talents à suivre » par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants « Libr’à Nous » en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Émotion, Humour

Café ! Un garçon s’il vous plait

de Agnès Abécassis
Poche – 10 mai 2017
Éditeur : Le Livre de Poche

Tout commence par un bon café. Il suffit de demander.
Sauf quand on se goure dans la formule… vous avez commandé un garçon ?
En voici un sur un plateau, se dit Lutèce, en retrouvant la trace de son premier amour. Mais le temps aura-t-il su préserver la fraicheur de leurs souvenirs ?
Et puis arrive Tom, le flic tendre. Quand Régine le trompe et qu’il le découvre, par dépit, il la trompe aussi. Avant de réaliser qu’elle n’avait pas fauté…
Ava, c’est l’artiste qui aime trainer dans les cafés pour y chercher l’inspiration.
Un jour, on lui commande le portrait d’une actrice célèbre. L’occasion pour se carrière de décoller ! Mais rien ne se passe comme prévu, et elle qui pensait boire du petit lait risque de devoir attendre un peu avant de sabrer le champagne.
Une histoire pleine de rires, de larmes, de chocolat et d’un soupçon de crème.
Leur point commun à tous ? L’amour est réellement leur tasse de thé.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

C’est mon premier Agnès Abécassis.
Je termine le roman touché, surpris et amusé…

Café ! Un garçon s’il vous plaît, est une belle comédie qui offre plusieurs histoires.
Histoires d’amour bien sûr, sous toutes ses formes…
Histoires d’amitiés…
Mais aussi histoires de la vie, qui ressemblent étrangement aux nôtres, teintées d’humour.

Café ! Un garçon s’il vous plaît, c’est aussi, à travers les protagonistes principaux, la jalousie au sein du couple (Régine/Tom), les retrouvailles avec un amour de jeunesse (Lutèce) et l’épanouissement personnel avec Ava, qui doit livrer le tableau d’une célèbre artiste et être sous les feux de projecteurs, enfin si tout se passe bien !

Pas d’amertume dans ce “café”, aucun risque d’avaler de travers, j’ai vraiment été charmé par tous les personnages, de la première à la dernière page. Agnès a pris soin de développer leur personnalité, les faisant évoluer sous nos yeux petit à petit et ils m’ont même donné de sacrés éclats de rire.
Agnès a aussi la faculté à faire d’une situation banale, un moment de pure merveille et de plus j’ai l’impression qu’elle le fait ça avec une telle facilité !!!

En résumé, je vous conseille vraiment ce roman.
Des personnages attachants, une histoire parfaitement rythmée et une auteur, qui a sans conteste, un sacré talent…
J’arrivais d’ailleurs régulièrement à imaginer Agnès écrire certaines lignes, riant elle-même de ses propres bêtises !!!

Merci Agnès, tu as aidé mon confinement !

Auteur à suivre…

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Extraits :

« De son ton le plus fulminant, elle les menaça en agitant son index tendu comme une cravache :
– JE VOUS PREVIENS, tous les trois. Si vous ne restez pas tranquillement assis dans le silence le plus total pendant TOUTE la durée de ce vol, je vous JURE SUR MA TETE que je… que je…
Son visage cramoisi bouillonnait de chercher en temps réel toutes les promesses de châtiments impitoyables, de sanctions sévères, de corrections terribles qu’elle pourrait brandir pour les faire reculer. Comme elle tardait à les trouver, ils l’aidèrent :
– … que tu te fâches ? Demanda Renso.
– Non, PIRE, bafouilla-t-elle, que je… que je… oh oui que je…
– … que tu cries ? Demanda Kenzo, en ouvrant de grands yeux apeurés.
– Oh, non, non, non, mon petit bonhomme, bien pire, je vous JURE que je… que je…
– Que tu nous abandonnes dans la forêt, en pleine nuit, sans jus de pomme ni sandwich, et même qu’il y a des loups qui nous poursuivent et qui veulent nous manger, mais nous on a froid parce que tu nous as pas laissé d’écharpe, alors on court se protéger dans une cabane mais on n’en trouve pas, parce qu’on est dans un autre pays, et on parle pas la langue, et on pleure, on pleure parce que tu nous aimes plus ? Demanda Enzo, les yeux humides à l’idée de ce supplice atroce qui surpasse tous les autres.
Devant sa petite bouille décomposée, Perla fut sur le point de craquer et de le prendre dans ses bras, mais elle se ressaisit de justesse et trancha :
– Non, j’ai dit pire. Je vous confisque vos consoles de jeux vidéo pendant toute la durée du week-end. »

« Les gens m’épuisent à vouloir sans arrêt décréter ce qui est bien ou pas dans la vie des autres. Qu’ils s’occupent d’abord de la leur, bon sang de bonsoir ! On ne choisit pas la couleur de sa peau, on ne choisit pas non plus de préférer Georges ou Germaine. C’est ainsi. Et ce n’est pas grave. Ce que font deux adultes enthousiastes dans un lit ne devrait regarder qu’eux. Ils se donnent de l’amour ? La belle affaire ! On a tous besoin d’amour, Ethel, tous sans exception… »

 

 

Agnès Abécassis est écrivain, scénariste, illustratrice et journaliste.
Elle a publié une douzaine d’ouvrages, tous des succès, allant des romans aux BD (textes et dessins). Elle a plus d’un million de lecteurs.
Parmi ses titres les plus connus figurent notamment :
« Les tribulations d’une jeune divorcée » (édition illustrée par l’auteur, au Livre de Poche)
– « Le tendre baiser du tyrannosaure » (Prix du public 2016 de Saint-Maur en poche)
« Café ! Un garçon, s’il vous plaît »
Mais aussi « Le théorème de Cupidon », « Chouette, une ride ! », etc…

Émotion, Humour, Philosophique

La Chambre des merveilles

de Julien Sandrel
Broché – 7 mars 2018
Éditeur : Calmann-Lévy

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.
Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.
Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.
Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

« LE LIVRE QUI VOUS FERA PLEURER DE BONHEUR. »

Bernard LEHUT, RTL

Coup de foudre partagé par le monde de l’édition à l’international, ce premier roman de Julien Sandrel, à 37 ans, a déjà conquis plus de 20 pays avant même sa parution en France.

 

2020_025_Sandrel Julien - La chambre des merveilles.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous.

Depuis octobre 2018, j’attendais de pouvoir enfin le lire.
Mais dans l’ordre de lecture de ma PAL, le roman de Julien était encore bien loin…

J’ai craqué !
À force de voir cette superbe couverture qui m’appelait à chaque fois, qui me donnait envie de prendre le livre entre mes mains…
J’ai craqué… Et j’ai bien fait !

Dès le début, j’ai été pris aux tripes par le récit et je me suis attaché très vite aux personnages.

Que d’émotions. Ce livre est une pure merveille !

C’est un roman lumineux plein d’espoirs, d’amour et de vie…
Lorsque j’ai rencontré Julien à Rosny, nous en avions discuté un peu. Assis à coté de Valérie Perrin, il nous avait donné une petite idée sur ce qu’il avait écrit. Mais ce que je ne savais pas à ce moment là, c’est que c’était son premier roman !

Louis, 12 ans, se fait percuter par un camion, sa vie et celle de sa mère basculent brutalement. Doit-elle revoir toutes ses priorités, ses choix de vie, ses relations avec les autres, avec sa mère ?
N’a-t-elle pas fait fausse route jusqu’ici ? L’heure d’une prise de conscience est venue. Douloureuse mais salvatrice.
Louis est dans le coma. Rien n’indique s’il se réveillera.
Dans quatre semaines, si aucune amélioration n’est constatée, ils devront le débrancher.

Véritable coup de poing dès les premières pages, Julien a réussi le pari de raconter cette histoire douloureuse avec une volonté d’apprécier pleinement toutes les beautés de l’instant… Pas de pathos, bien au contraire !
Beaucoup de tendresse, d’amour de poésie et d’humour aussi !

Ce qui m’a beaucoup plu dans le récit, mise à part que l’on ne s’ennuie jamais, c’est de découvrir certaines scènes du point de vue de Louis, qui est toujours dans le coma. Nous faisant bien comprendre que les personnes dans le coma peuvent être sensibles à tout ce qui les entoure.

C’est un roman absolument magnifique et bouleversant, il fait parti des livres qui m’ont transporté très loin !
Julien nous invite tous à nous interroger sur le choix de nos vies.
Une belle histoire d’espoir…

Je vous le conseille de tout mon cœur !

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Extraits :
« Sur son lit d’hôpital, Louis était beau. Serein. Calme. Étonnamment préservé. S’il n’y avait pas eu tous ces tuyaux, son visage et le reste de son corps auraient semblé intacts ou presque. Deux côtes fêlées, une jambe fracturée – la fracture n’étant pas ouverte, une immobilisation suffira, m’avait-on indiqué. Ce à quoi j’avais rétorqué que je me demandais bien à quoi pouvait servir cette immobilisation vu qu’il n’allait pas gambader tout de suite. L’infirmière m’avait jeté un de ces regards qui en disent long, qui jugent déplacée cette boutade émanant de la bouche d’une mère en détresse. J’étais une mère déboussolée. En détresse, je ne sais pas. Tout cela semblait irréel. »

« Cette nuit-là, mon fils m’a aidée à ressusciter quelques pages de jeunesse trop vite tournées. Cette nuit-là, j’ai compris que la vie – la vraie, celle dont on se souvient – n’est rien d’autre qu’une succession de moments de grâce juvénile. Et qu’aucune ambition d’adulte ne peut rendre plus heureux qu’un carpe diem adolescent. »

 

 

Julien Sandrel a 39 ans. La Chambre des Merveilles (Prix Méditerranée des lycéens 2019, Prix 2019 des lecteurs U), son premier roman, a connu un succès phénoménal en librairie. Vendu dans vingt-cinq pays, il est en cours d’adaptation au cinéma.

Émotion

Habiller le cœur

de Michèle Plomer
Broché – 26 septembre 2019
Éditeur : Éditions Marchand de feuilles

Vivrons-nous bientôt dans une société sans âge ?
Que faire avec les trente ans supplémentaires que la vie occidentale nous accorde ? Prendre sa retraite ?
Consommer ?
Profiter de la société de loisirs ?
Ou se rendre utile ?
Monique a vécu une jeunesse dorée entre son travail de sténographe et les clubs de jazz du Golden Square Mile. Mariée à un homme aux lunettes en corne noire, elle a eu une vie de famille comblée.
Mais à 70 ans elle décide de tout quitter pour accepter un emploi dans l’Arctique. Sans même laisser à sa fille inquiète le temps de digérer la nouvelle, Monique se retrouve dans un village nordique où les bonbons pleuvent du ciel, en compagnie d’Oscar, son petit terrier.
Habiller le cœur est un exercice d’admiration qui nous rappelle que les mères ont souvent la tâche ardue de réparer tous les torts du monde.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Jeudi 9 avril 2020, j’étais invité ainsi que ma femme à une soirée exceptionnelle « NUNAVIK, le grand nord du Québec », en partenariat avec Le Cercle Littéraire du Château de Maffliers, mais malheureusement confinement oblige, la soirée a été annulée. J’ai quand même décidé de lire le livre prévu.

Lorsque j’ai découvert la couverture du roman, j’ai littéralement flashé. Pour le visuel bien sûr, mais aussi pour le titre qui annonçait pour moi quelque chose de doux et de moelleux. Mais Monique est tout le contraire une femme forte, une femme qui en impose, qui pense que dans la vie, rien n’est fini tant que ce n’est pas fini…

« À l’âge de soixante-dix ans, ma mère porte encore en elle un espace de possibles et de mondes non imaginés. Elle n’a pas le dos courbé. Elle marche penchée vers l’autre, enceinte d’elle-même. »
C’est avec ces mots que Michèle Plomer commence son septième roman.

En partant vivre dans le Grand Nord à l’âge de 70 ans, Monique, la mère de Michèle Plomer, défonce, une fois de plus, des portes. Arrivée à Puvirnituq comme gestionnaire de la DPJ, elle s’adapte rapidement à la communauté inuite qui la reçoit. En les écoutant et en les respectant, elle se prend à rêver d’un parka couleur betterave confectionnée par une artisane du village.

Malheureusement, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire… Pourtant l’écriture est fluide et agréable. Et j’ai trouvé même plusieurs phrases sublimes, mais je me suis perdu dans ces immenses confins blancs à perte de vue. J’ai eu beau m’accrocher et reprendre plusieurs fois, le texte ne voulait pas de moi, et j’en suis fort triste…

Mais j’ai pu retenir qu’Habiller le cœur était un hommage aux femmes, et peu importe leur âge, une ode aux peuples autochtones, un hommage aux travailleurs de la protection de la jeunesse, un livre empreint de valeurs essentielles qui méritera pour moi une seconde relecture… Qui sait ?
Peut-être pour mes soixante-dix ans !

Ce ressenti n’engage que moi, et j’espère que vous trouverez les clés pour avancer avec plaisir, le long de l’épopée de Michèle Plomer.
En tout cas, c’est très vite que j’essayerai un autre de ses romans !

PS. Fans de jazz vous trouverez votre bonheur et une belle excuse pour réviser vos classiques !
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Extrait :
« Le bruit de la neige qui craque sous les semelles cloutées de Moe s’élève du sol comme si le pouls de la terre battait en phase avec ses pas. Labreene lui a prêté une lampe frontale pour éviter qu’elle se fasse frapper par un motoneigiste. Sitôt la ligne des maisons préfabriquées franchie, elle tourne le coin pour échapper au regard de sa collègue qui la suit depuis sa fenêtre. Elle s’immobilise et donne un coup de mitaine sur son front, éteignant la lumière.
Le calme l’enveloppe. Même Oscar a cessé de tirer sur la laisse et tend l’oreille à cette paix sonore. Des milliers d’étoiles leur font des clins d’œil. Moe repère l’Étoile Polaire et pense à Sally. “Regardez les étoiles, c’est contempler des milliers d’années”, lui a-t-elle dit, “c’est voir le passé des astres”. »

 

 

Michèle Plomer est une écrivaine et traductrice québécoise née en 1965 à Montréal. Son écriture fait écho à son amour des Cantons-de-l’Est, où elle habite, et de son séjour en Chine du Sud, où elle a enseigné l’anglais durant trois ans à l’Université de Shenzhen. Elle a fait partie d’un palmarès d’auteurs de romans québécois d’avant-garde. Elle a participé aux éditions 2014 et 2017 du festival littéraire Correspondances d’Eastman. Michèle Plomer a été finaliste au Prix des libraires de 2017. Elle est également coéditrice de la maison d’édition magogoise Chauve-souris.

Émotion, Fantastique, Philosophique

Lilou et la Traversée des Mondes

de Isabelle Mariault
Broché – 20 juillet 2016
Éditeur : L’écrit des Coeurs

Au cours d’un voyage en Italie, Lilou, jeune adolescente fait une rencontre pour le moins surprenante d’un nain qui lui fera d’étranges révélations. Commence alors pour les deux amis, un voyage vers la traversée des mondes où ils rencontreront différents règnes qui viendront grossir les rangs des Guerriers de la Lumière. Tous unis au sein d’un groupe qui deviendra la Communauté de la Roche aux Fées, ils partiront à la découverte de l’inconnu et de ses mystères. De périlleuses rencontres se succèderont et ils auront besoin de redoubler de vigilance pour rester centrer sur leur quête. Découvrez une histoire passionnante où aventure et philosophie se conjuguent pour vous emmener dans une intime exploration du monde magique.

 

2020_016_Mariault Isabelle - Lilou et la Traversée des mondes

 

Bonjour à toutes et à tous…

Suite à mes précédentes lectures et compte tenu de la situation actuelle, j’ai eu envie de lire un roman moins sombre, peut-être un peu plus léger ! Je savais qu’il y avait dans ma PAL un livre d’Isabelle Mariault. Je me suis dit que c’était le bon moment de le lire… Surtout que j’avais déjà lu “Le Manuscrit Secret du Manoir” qui m’avais beaucoup plu. Et c’est parti, Isabelle m’a emmené, dès les premières pages dans son univers, emprunt de spiritualité et de beauté. Mais attention il n’y a pas que ça. Dans ce récit, rien de puérile ou de fade. En effet le roman raconte une histoire épique, bien connue. Celle de la lutte entre le Bien et le Mal. Le récit s’imbrique naturellement, des personnages incroyables arrivent au fur et à mesure et se réunissent pour sauver la Terre. Des fées, des Dragons, des Rois, des Gobelins, des Mages… Mais aussi des Dauphins, des Baleines, des Loups au secours des hommes contre l’émergence du mal. Lilou, jeune adolescente se retrouve au milieu d’un combat qui petit à petit va devenir le sien.

Le récit se découpe en trois parties :
– À la découverte du petit peuple
– À la rencontre du monde animal
– Vers un nouveau monde
Chaque partie répondra à la précédente jusqu’au combat final.

Jusqu’où ira la quête de Lilou ?

J’ai été transporté, tout le long de cette aventure, lue d’une seule traite !
Dans chaque paragraphe, entre chaque ligne, à chaque mot il y a de la magie, mais aussi des messages qui nous sont adressés, à nous, les hommes qui détruisent notre “Mère” Gaïa, qui ne respectent plus rien, ni la faune, ni la flore, ni nos semblables.
Égoïsme et appât du gain, voilà les seule choses que nous comprenons aujourd’hui.

Elle est loin l’époque où nous avions le temps de prendre le temps. Aujourd’hui tout doit aller de plus en plus vite, pour rapporter le plus possible. Ce roman permet de relativiser et aussi de se poser certaines bonnes questions.

Merci Isabelle, ton roman est bon et m’a fait beaucoup de bien.
À lire…

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Extrait :
« – Pourquoi voudriez-vous que l’on change quoique ce soit ? Dit un autre membre du Conseil. Nous avons la paix ici !
– Pour une simple et bonne raison, c’est que le monde dans lequel nous évoluons tous, est en danger et s’il meurt, vous mourrez avec lui !
– Pourquoi la Terre mourrait-elle ? Je ne vois pas pourquoi ! Le mal est le bien se sont toujours affrontés interrompt un Shee qui contenait son agressivité.
– Parce que le Mal a pris de l’ampleur et qu’il contrôle beaucoup de choses sur cette Terre. L’équilibre entre le bien et le mal est rompu depuis longtemps et nous avons laissé faire ! Nous nous sommes endormis ! Les forces du mal, qu’elles soient humaines, du ciel ou du Petit Peuple ne cherchent qu’une chose : Concourir à notre asservissement et au contrôle total de la planète. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que la Terre est une véritable entité à part entière et qu’elle est en train de réagir : tremblement de terre, tsunami, ouragan, pluies diluviennes, volcans en éruption. Tous les éléments se déchaînent ! Tout cela pour dire qu’elle n’est pas d’accord avec ce qui se passe : déforestation, pollution, le pouvoir de l’argent au détriment de l’humain et j’en passe et des meilleurs. La Terre a besoin de nous, nous avons besoin d’elle ! Elle ne pourra pas s’en sortir toute seule. Et aucun peuple ne pourra s’en sortir sans l’aide des autres. »

 

 

Isabelle Mariault vit dans la région Lilloise depuis quarante ans. Après un parcours professionnel varié, elle décide à 31 ans, de reprendre des études d’orthophonie. Elle sera diplômée en 1999, à l’âge de 35 ans et exercera son métier en libéral et en centre spécialisé, avec passion pendant 12 ans. Elle enrichira ses connaissances par des formations en soins alternatifs afin d’améliorer la prise en charge de ses patients. Son parcours personnel l’a amenée à s’intéresser à tout ce qui touche les mystères de l’univers. En autodidacte, elle étudiera entre autre, l’astrologie, la tarologie, la lithothérapie et la numérologie. L’envie d’écrire lui est venue lors d’un voyage en Italie, et ne l’a plus quittée. Elle est la mère d’une jeune fille de 24 ans dont elle a fait l’héroïne de son premier roman. Elle est l’auteur de « Lilou et la traversée des Mondes » et « Le Manuscrit Secret du Manoir » aux éditions « l’Ecrit des Cœurs »

Émotion, Noir, Thriller

Le vase rose

de Eric Oliva (Auteur)
Broché – 3 mai 2018
Éditeur : Taurnada Éditions

Et si votre pire cauchemar devenait réalité ?
Quand votre vie bascule, vous avez le choix : sombrer dans le chagrin ou tout faire pour vous relever. Frédéric Caussois a choisi. Pour lui, aucun compromis, il doit savoir, connaître la vérité.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

C’est le second roman d’Eric Oliva que je lis et je peux dire que l’auteur aime balader ses lecteurs.

Un thriller extrêmement addictif qui ne laisse pas le temps de souffler.
Qu’y a-t-il de pire au monde que la perte d’un enfant ?
Existe-t-il pire situation que de voir son enfant mourir dans ses bras après qu’il ait pris un médicament ?
Voici le destin d’une famille face à cette horreur.

À travers les mots qu’il a choisi, Eric m’a profondément touché.
J’ai vécu le désarroi de cette famille…
Au fur et à mesure de ma lecture, je suis passé par une multitude de sentiments.

Pour Frédéric Caussois, rien ne sera plus jamais comme avant. C’est tout son monde qui est anéanti. Au-delà de la douleur insurmontable, il est comme pris dans une spirale infernale, c’est toute sa vie qui s’écroule. Il n’a plus qu’une idée fixe, qui tourne en rond dans sa tête : découvrir la vérité, et trouver le coupable…

J’ai dévoré ce roman bien mené et bien écrit, impossible de le lâcher.
Je voulais savoir ce qui s’était réellement passé…
Je voulais que le coupable soit puni…

Avec le Vase rose, Éric réussi un excellent thriller. Il nous attrape dans les mailles de son filet pour ne plus nous lâcher.
Merci Eric et Bravo aussi la fin, aussi inattendue que bienvenue !

“Le tourbillon des mots” une collection qui monte, qui monte…

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Extrait :
« Elle progressait doucement, deux petits mètres derrière le corbillard qui avançait au pas, tenant le bras de son mari. Celui-ci, le regard plongé dans le néant, semblait à lui seul supporter tout le fardeau de l’immense malheur qui venait de frapper sa famille. En une semaine, il paraissait vingt ans plus âgé et, dans le même temps, avait perdu dix kilos. Incapable de remplir ce costume anthracite qui naguère lui seyait si bien. En quelques jours, ses cheveux étaient passés du brun au poivre et sel. Frédéric Caussois était devenu un vieil homme. »

 

 

Eric Oliva est né à Casablanca en 1967, il fait carrière dans la Police nationale. Il a travaillé à Paris et Marseille et à présent à la P.J. de Nice. Il est passionné par son métier et les fonds sous-marins et s’est également pris de passion pour l’écriture.

Émotion, Historique, Philosophique

Ainsi naissent les étoiles

de Laurence Orsini (Auteur)
Broché – 24 janvier 2020
Éditeur : Independently published

Yé-Zu et Maï-Li, nobles chinois du premier millénaires perdent leurs titres et leurs terres confisqués par l’Empereur. Forcés à l’exil, ils fuient à travers les plaines de la Mongolie, jusqu’à Jérusalem. De leur amour naîtra une légende éternelle. Mais la vérité est-elle ce que l’ont croit savoir ?

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Après “Les hommes-charbon” et “Tout commence par un rêve”, “Ainsi naissent les étoiles” est le troisième roman de Laurence Orsini que je lis. C’est à chaque fois le même plaisir.
Loin, très, très loin des livres que je lis régulièrement.
Laurence nous offre, un mélange de douceur et de philosophie, tout en conservant des scènes d’action, de combat et beaucoup de sujets graves et pesants.

Laurence a frappé fort et juste.
Elle m’a touché au cœur, dans ce conte initiatique qui débute en Chine pour s’achever à Jérusalem. Ses personnages sonnent juste, ils nous parlent d’amour, de justice, et les références bibliques sont nombreuses.

Avec ce roman, que je trouve encore plus travaillé que les autres, Elle nous conte avec fluidité et richesse une histoire que tout le monde connait déjà.
Mais ce qui m’a vraiment plu et étonné même, c’est la façon dont elle s’est appropriée “l’Histoire”.
Tel un chanteur qui interprète une chanson avec ses tripes en la revisitant, Laurence à fait la même chose, en puisant au fond d’elle-même, “Sa” touche personnelle.

Très vite, je me suis rendu compte que le nom du héros “Yé-Zu” n’était pas anodin. Tous les éléments s’imbriquent parfaitement, et le sujet est très bien maitrisé.
Je me suis laissé porter à travers ce voyage rempli de péripéties. Avec des personnages hauts en couleurs, et même une intervention des Amazones.
Véritable épopée à travers les paysages de la Chine puis de la Mongolie, en passant par le Liban, l’Égypte pour finalement arriver à Jérusalem…

Amour, tolérance, et respect prennent ici en toute “simplicité” la place qu’ils méritent…
Je n’en dirai pas plus, de peur de trop en dévoiler, mais je me demande encore pourquoi un tel type de récit a du mal à trouver des éditeurs.

On ne peut pas rester insensible…
Ainsi naissent les étoiles ? Peut-être effectivement que c’est le cas…

Laurence Orsini, mérite amplement d’être diffusée à une plus grande échelle !

PS. Par contre, un petit bémol pour la présentation.
La couverture signée par Éléa (sa fille), est très belle, mais malheureusement la calibration et la mise en page du livre ne sont vraiment pas à la hauteur de ce récit, c’est dommage.
Une telle histoire mérite un écrin à sa juste valeur…

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Extrait :
« Il lui sourit avec un hochement de tête. Il ferait ce qui était en son pouvoir. Il ne pouvait plus supporter l’injustice. Dépassant la foule amassée, il entrevit enfin à l’intérieur du temple. Les religieux tenaient un procès contre une jeune femme. Elle semblait à peine plus jeune que Maï-Li. Ses cheveux auburn tombaient en désordre dans le dos. Elle était en pleurs, visiblement effarée d’être victime de la vindicte populaire. Un vieillard s’époumonait à ses côtés, face au religieux. « Qu’on la lapide en place publique, c’est la loi », hurlait-il. Sans qu’il n’y ai prêté attention, le silence s’était fait à l’instant même où Yé-Zu était apparu avec ses compagnons. Les religieux semblèrent un instant courroucés de le trouver devant eux. L’un d’eux le héla avec hargne, voulant le prendre en faute. »

 

 

Laurence Orsini est une auteure française d’origine vietnamienne. Après une enfance tumultueuse, elle poursuit des études de lettres. Elle vit ensuite de petits jobs et devient tour à tour cuisinière, serveuse, photographe, secrétaire, et ce afin de faire vivre sa famille. Revenue changée de Guadeloupe où elle était partie vivre avec sa fille aînée, elle décide de tout plaquer pour se consacrer à sa passion, la littérature.