Émotion, Drame, Histoire

Mille femmes blanches*

de Jim Fergus
Poche – 5 mai 2011
Éditions : Pocket

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En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…

“Un roman splendide, puissant et engagé.”  Jim Harrison

Cet ouvrage a reçu le prix du Premier roman étranger

 

• Couv_065_Fergus Jim - Mille femmes blanches

 

Cela fait plusieurs années que je désirais lire ce roman…

J’ai une habitude étrange… bonne, mauvaise ?
Lorsque je vais chez des gens, mon regard est régulièrement attiré par des livres quand il y en a, ou mieux vers “la” bibliothèque…
Il y a quelques années, que le temps passe vite, nous sommes allés chez des amis, Bruno et Valérie et dans leur bibliothèque, j’ai rapidement vu la trilogie de Jim Fergus. Je l’ai acheté beaucoup plus tard !
Pourquoi avoir tant attendu ? Et pourquoi avoir encore attendu avant de le lire ?

Ce n’était peut-être pas le bon moment !

En-tout-cas ce premier tome m’a bouleversé.
À la fin de son roman Jim indique : “Ce livre est une œuvre de fiction. Plusieurs événements historiques y trouvent certes leur place, mais ils s’insèrent dans un cadre fictif…”

Mais nous savons tous que ce livre basé sur des faits réels, romancés certes, mais réels quand même !
Ce n’étaient pas les mêmes prairies, les hommes et les femmes portaient sûrement d’autres noms et les tipis dans les villages n’étaient pas organisés de la même façon, mais on ne pourra pas m’enlever le fait que pour moi, c’est une histoire “vraie”.

Les Indiens d’Amérique, encore de grands “oubliés” de l’Histoire.

Dès les premières lignes, j’ai tout de suite été embarqué dans ce monde si différent et tellement proche à la fois…
Le style, fluide. L’histoire, incroyable ! Les paysages, on s’y croirait. Et les personnages… Attachants, de toutes origines, bons, ou détestables.
Quelle aventure pour ces femmes qui ont vu leur destin basculer du jour au lendemain…
Comment ne pas s’immerger totalement dans un monde où respect de l’autre et de la nature compte plus que tout. Où la pédophilie est inconnue.
Où on ne tue que pour manger et se défendre bien sûr, mais jamais pour attaquer. Alors tout n’est pas rose non plus, mais une logique est inscrite dans la vie les Cheyennes, à chacun des actes qu’ils réalisent. Ils pensent groupe. Jamais individu.

May Dodd décrit quasi au jour le jour, sa vie. Les “épreuves” qu’elle subit ou maîtrise dans son quotidien de sa tribu d’accueil. Aucun temps mort, il y a toujours quelque chose qui se passe, triste, drôle, violent, émouvant… C’est “Le livre” du genre que j’attendais depuis un moment. En effet, on a rarement le point de vue féminin dans ce type de roman… et ça change tout. Ce n’est ni la guerre, ni la politique (même si elles sont présentes) qui sont le centre du récit. Ce qui intéresse l’auteur et il nous le rend bien, c’est LA VIE !
Une vie que l’on pourrait résumer en quatre mots. Adaptation, respect, courage et amour… quel qu’il soit.

Je n’en dis pas plus… La fin est excellente !
Vous vous en douterez, j’ai déjà commencé le second volet.
Gros coup de cœur pour cette magnifique introduction de la trilogie qui m’a réchauffé le cœur.

À lire absolument !

Je signale, par ailleurs, qu’un pourcentage est perçu sur les ventes de chacun des tome, au profit d’une école indienne au Montana.
Ça aussi, c’est beau !

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Extraits :

« Je n’ai aucune honte à admettre que j’ai toujours été une femme passionnée, sujette à de vifs désirs charnels. Je ne les renie pas. J’ai été pubère assez tôt et j’ai toujours intimidé les jeunes hommes inhibés du cercle social étriqué que fréquentait ma famille. »

« Quelle étrange procession devions-nous former, chevauchant ainsi en longue file paresseuse, forte d’une centaine de personnes, Indiens et femmes. Notre cheminement paraissait sinueux, indiscipliné, après la rectitude militaire de nos récents convois. S’il nous regardait d’en haut, Dieu pouvait aisément nous comparer à une colonie de fourmis, progressant à travers les collines, gravissant les forêts de sapins pour redescendre ensuite près du lit des rivières et de l’abondante végétation qui les borde. »

« Il n’y a pas de mauvais enfants, n’est-ce pas ? Tous ne sont finalement que des enfants – qu’importe la race ou la culture qui les accueille – ils appartiennent avant tout à la leur. Pour cette raison, je suis impatiente d’apprendre la langue, difficile peut-être, qui est la mienne à ces petits lutins sauvages. Comme j’aime les regarder ! »

« Ce soir, la lune est cachée, le vent a repassé les nuages et la voûte céleste brille au-dessus de moi. Je regarde accroupie, les milliards d’étoiles et de planètes et, curieusement, ma propre insignifiance ne me fait plus peur comme autrefois. Elle me paraît au contraire rassurante, puisque j’ai maintenant le sentiment d’être également un élément, si minuscule soit-il, de l’univers complet et parfait… Quand je mourrai, le vent soufflera toujours et les étoiles continueront de scintiller, car la place que j’occupe sur cette terre est aussi éphémère que mes eaux, absorbées par le sol sablonneux ou aussitôt évaporées par le vent constant de la prairie… »

 

 

Né à Chicago en 1950, d’une mère française (aristocrate originaire de Bourgogne) et d’un père américain, Jim Fergus est chroniqueur dans de nombreux journaux américains. Passionné par l’histoire des Indiens d’Amérique, il avait depuis toujours le projet d’écrire une biographie de Little Wolf. Afin de trouver matière à son livre, il s’est beaucoup documenté et a sillonné le Middle West, de l’Oklahoma au Montana, seul pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes. À partir d’un fait authentique, Jim Fergus a imaginé le journal d’une des femmes qui ont été données en mariage aux Indiens en 1875. “Mille femmes blanches” (2000), qui est son premier roman, a obtenu le prix du premier roman étranger.

Émotion, Histoire

Écoute la pluie tomber

de Olivia Ruiz
Broché – 11 mai 2022
Éditions : JC Lattès

Marseillette, 1977. Dans le café qui l’a accueillie, étouffée, puis révélée, Carmen pleure sa nièce chérie. À plus de quarante ans, elle se rappelle les personnages qui ont changé sa vie.
Ceux qui l’ont fait plonger, l’ont remise dans le droit chemin. Ceux qui ont su percer ses failles et écouter ses désirs. Sans oublier ses soeurs, dont elle partage les stigmates de l’exil mais refuse de suivre la route.
Parce qu’après tant d’épreuves, Carmen aussi veut s’inventer un destin…

 

 

“Écoute la pluie tomber” c’est l’histoire de Carmen…
Elle vivait paisiblement avec ses sœurs au rythme du café familial, lorsqu’elle fit la connaissance d’Antonio, un bel étalon pas si honnête que ça. Il précipitera son départ et provoquera sa chute !

À six ans, en 1939, Carmen fuit l’Espagne pour la France. La famille s’installe à Narbonne. La montée de Franco, fait peur à beaucoup de gens contrairement à ses deux sœurs, Leonor et Rita. Carmen à un caractère bien trempé, et gare à celui ou celle qui voudrait la diriger.
La plume de l’auteur est sensible et émouvante, et c’est la Famille qui tient quasiment le rôle principal du récit. Rita, Cali, Antonio, Carmen, la Yaya, Violette, Escouto, Alma, une galerie de portraits atypiques, des portraits de femmes surtout, bohèmes parfois, téméraires et émancipées, presque toutes, sans jamais perdre leur liberté d’esprit.

Contrebande, tauromachie, exil et déracinement. L’histoire d’un peuple qui doit se reconstruire ailleurs, où c’est la force d’une famille unie, qui pieds au sol et poing serrés lutteront jusqu’au bout pour défendre leurs valeurs.

L’écriture est tantôt joyeuse et sensuelle, tantôt triste et dramatique, alternant entre passé et présent.
J’ai lu cette histoire avec plaisir, et n’ai pu m’empêcher parfois de le lire à voix haute en cherchant l’accent de Marseillette !
Y sorpresa, algunos pasajes están escritos en español… ¡Qué placer encontrar este idioma que me encanta!*

Olivia Ruiz a réussit à m’entraîner vers les siens, mais je n’ai pas réussi à retrouver l’enthousiasme que j’avais eu pour son premier roman…

*Et surprise, certains passages sont écrit en espagnol… Quel plaisir de retrouver cette langue qui m’enchante !

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Extraits :

« La nuit est tombée sur ta terre ma sœur chérie. Sur la nôtre d’un même mouvement. Droit comme le couperet d’une guillotine. D’un geste aussi brusque et doux que la danse mécanique d’une main familière sur un interrupteur. Lumière. Puis nuit. Sans précaution. Sans préparation. Sans un indice pour annoncer que ça va arriver. Que ça peut arriver.
Cali, ta fille, s’est éteinte et nous a laissé Alma, comme un dernier sourire. Un ange blond. Le premier d’une longue descendance de brunettes incendiaires. »

« Marseillette, 1962. Cali est la seule d’entre nous qui a réussi sa vie. Et j’ai mis ma pierre à l’édifice. Une main a pourtant trois ou quatre doigts de trop pour compter ce que j’ai fait de bien au cours de ma pitoyable existence. Ma nièce est l’unique être de ma famille qui me retient ici. D’abord, elle a besoin de moi. Je la conduis à ses cours de danse sur ma pétrolette. Et à ses cours de piano. Cette soif d’apprendre et de se confronter à des mondes si éloignés du notre, c’est venu d’elle. Qu’est-ce qui peut bien nous empêcher, sa mère, Leonor et moi, de vivre la vie que nous méritons ? Qu’est-ce qui nous laisse penser que nous ne pouvons pas voir plus loin, plus grand, plus fort, plus haut… Comme elle ? »

« Quand je les regarde, je me dis que l’attachement n’a rien à voir avec les liens du sang. Ça va bien au-delà. Je me mets alors à fantasmer une famille qui ne serait pas la mienne, avec qui je me sentirais comprise, et pas jugée. Ces pensées me réchauffent quand je rêve de grand large. Mais si je vois Rita et Cali s’adresser un regard muet dont elles seules ont le secret, mes certitudes se craquellent… Leurs échanges ont une forme magique que rien ne peut expliquer. »

« Je dois ressembler à une orchidée vue du dessus, allongée au corps au cœur de cette grande tache carmin sur le sol blanc des sanitaires. L’eau qui s’étire en fait évoluer les contours, comme une fleur en proie au vent. Je perds connaissance avec cette dernière image. »

 

 

D’origine espagnole, Olivia Ruiz a grandi à Marseillette, en Occitanie.
Elle est auteure, compositrice et interprète. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n’en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, “La commode aux tiroirs de couleurs” qui a conquis un demi-million de lecteurs, faisant ainsi une entrée magistrale en littérature.

Émotion, Histoire, Philosophique

L’homme qui peignait les âmes

de Metin Arditi
Broché – 2 juin 2021
Éditeur : Grasset

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Acre, quartier juif, 1078. Avner, qui a quatorze ans, pêche avec son père. À l’occasion d’une livraison à un monastère, son regard tombe sur une icône. C’est l’éblouissement. « Il ne s’agit pas d’un portrait mais d’un objet sacré, lui dit le supérieur du monastère. On ne peint pas une icône, on l’écrit, et on ne peut le faire qu’en ayant une foi profonde ».
Avner n’aura de cesse de pouvoir « écrire ». Et tant pis s’il n’a pas la foi, il fait comme si, acquiert les techniques, apprend les textes sacrés, se fait baptiser, quitte les siens. Mansour, un marchand ambulant musulman, le prend sous son aile. C’est l’occasion d’un merveilleux voyage initiatique d’Acre à Nazareth, de Césarée à Jérusalem, puis à Bethlehem, jusqu’au monastère de Mar Saba, en plein désert de Judée, où Avner reste dix années où il devient l’un des plus grands iconographes de Palestine.
Refusant de s’astreindre aux canons rigides de l’Eglise qui obligent à ne représenter que Dieu et les saints, il ose reproduire des visages de gens de la vie ordinaire, cherchant dans chaque être sa part de divin, sa beauté. C’est un triomphe, c’est un scandale. Se prend-il pour un prophète ? Il est chassé, son œuvre est brûlée. Quel sera le destin final d’un homme qui a osé défier l’ordre établi ?
Le roman de l’artiste qui, envers et contre tous les ordres établis, tente d’apporter de la grâce au monde.

 

2022_025_Arditi Metin - L'homme qui peignait les âmes

 

Nous sommes à Acre en l’an 1078.
Avner est un jeune Juif, fils de pêcheur, il a quatorze ans. Régulièrement, il va livrer au monastère de la Sainte-Trinité, les poissons qu’ils ont pêchés ensemble. Et, régulièrement, il est accueilli chaleureusement par les frères. Dont un, Thomas, qui connaît bien sa gourmandise et lui prépare des mets à chaque fois meilleurs, mélange de sucré, fruité et salé.
Avner, pour les déguster, aime s’installer à l’ombre sous un figuier, près de l’église. Endroit qu’il nomme, Le Petit Paradis. Il aime écouter la douceur du chant des moines orthodoxes, sentir le vent à travers ses cheveux et observer la nature, les animaux et tout particulièrement un papillon doré, le « Roi des Rois », qui lui rend visite de temps en temps.

Un jour, alors qu’il dessine de mémoire, “son” papillon, il est puni par son père. Il ne comprend pas pourquoi la représentation est interdite dans sa religion. Il ne voulait que célébrer la beauté du monde…

Lors d’une livraison de poisson au monastère, un jour sa curiosité l’emporte et se laissant bercer par les chants liturgiques, il entre dans le lieu de culte.
Dès lors, sa vie va changer à jamais, lorsqu’il voit pour la première fois une icône peinte. Éblouis pas cette beauté sur fond d’or, le garçon veut devenir iconographe !

Commence alors un parcourt qui impliquera une reconversion au christianisme, à la grande honte de sa famille, qui le mènera vers un long chemin d’apprentissage, où il fera la connaissance de Mansour, un marchand musulman, qui s’occupera d’Avner, comme s’il était son fils…

À travers cette histoire prenante Metin Arditi rend hommage à l’art sacré de l’iconographie et tout particulièrement à Avner, un homme bon, passionné par son art et par la beauté des hommes et des femmes, dans un pays où juifs, musulmans et chrétiens sont en conflit constant. Avner se donne une mission. Il veut peindre les âmes, et mettre en avant ce qu’il y a de meilleur chez les êtres humains. Il souhaite que tout le monde s’aime et célébrer ainsi la beauté du monde…

Je découvre Metin avec ce roman rempli d’émotions à chaque chapitre. Ce récit, très riche en rencontres dans le Proche-Orient du XIe siècle, fait vivre des personnages attachants quelles que soient leurs religions. Metin mêle avec talent l’Histoire, où le fanatisme religieux tue et n’offre aucune liberté, mais il met en valeur, tout ceux qui avaient une vision différente du monde et qui à travers les siècles, ont pu faire évoluer les esprits les plus ouverts.

De courts chapitres, une écriture belle et apaisante.
Coup de cœur pour ce roman, où la douceur se fait une place dans un monde qui malheureusement renouera très vite avec les violences de son temps…

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Extraits :

« Avner se saisit de la galette et la mordit, ayant soin de prendre en bouche une figue entière. Durant quelques instants, il se tint immobile, les yeux fermés, a humer le parfum dégagé par les petits fruits restés sur la galette. Il était à la fois délicat et enivrant, le même dont il s’emplissait les poumons lorsqu’il était étendu sous le figuier.
Très vite, l’onctuosité du fromage, la douceur du sirop et la tendresse du fruit lui procurèrent une succession de plaisir qu’il s’amusa à identifier, selon que c’était le fromage, le sirop ou le fruit qui caressait son palais. »

« Pourquoi alors ne pouvait-il s’émerveiller des chants orthodoxes ? Parce qu’il était juif ? Cette obligation d’obéir à des lois ridicules, d’avoir le droit d’aimer ceci, mais pas cela, de se couper de plaisirs délicats, de joies innocentes, au risque de voir son père exploser de colère, tout cela le révoltait. »

« Avner transgressait chaque jour davantage. Étendu près de Myriam, il la caressait comme s’il peignait l’ovale de son visage, son nez, ses lèvres, ses yeux, son front, puis à nouveau l’ovale, le menton, et ainsi de suite, très lentement, avant de l’embrasser, lèvres écartées, et de frotter son corps contre le sien jusqu’à ce que vienne leur plaisir. »

« Prier avec un musulman si tu es juif, prier avec un chrétien si tu es musulman, ce sont des actes de fraternité. Je suis sûr qu’ils plaisent au Tout-Puissant. Il se dira : voilà un homme de paix.
Ces mots apaisèrent Avner. Malgré tout, il s’interrogea. Juifs, chrétiens et musulmans pouvaient-ils se joindre dans la prière en un même lieu ? Au même moment ? »

 

 

Écrivain francophone d’origine turque, Metin Arditi a quitté la Turquie à l’âge de sept ans, et a obtenu la nationalité suisse en 1968.

Après onze années passées dans un internat suisse à Lausanne, il étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme en physique et un diplôme de troisième cycle en génie atomique. Il poursuit ses études à l’université Stanford.

Il habite Genève, où il est très engagé dans la vie culturelle et artistique. De 2000 à 2013, il a été Président de l’Orchestre de la Suisse romande. Il est membre du Conseil stratégique de l’École polytechnique de Lausanne où au fil des ans, il a enseigné la physique (assistant du Prof. Mercier), l’économie et la gestion (comme chargé de cours) et l’écriture romanesque (en tant que Professeur invité).

En décembre 2012, Metin Arditi a été nommé par l’UNESCO Ambassadeur de bonne volonté. En juin 2014, l’UNESCO l’a nommé Envoyé spécial puis, en 2017, Ambassadeur honoraire.

De 2016 à 2019, il a tenu une chronique hebdomadaire dans La Croix.

Il est l’auteur d’essais et de romans, parmi lesquels Le Turquetto (Actes Sud, 2011, prix Jean Giono), et chez Grasset, L’enfant qui mesurait le monde (2016, prix Méditerranée), Mon père sur mes épaules (2017) et L’homme qui peignait les âmes (Grasset, 2021). En 2022, il a publié le Dictionnaire amoureux d’Istanbul (Plon-Grasset).

Émotion, Histoire, Philosophique, Thriller ésotérique

Mare Nostrum

Les étoiles d’Orion** – 1096
de Brice Nadin
Broché – 4 novembre 2021
Éditeur : Librinova

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À la veille de la première croisade, une mission diplomatique tourne mal et plonge un novice bénédictin de 17 ans dans un périple vertigineux autour de la Méditerranée du XIe siècle. Mare Nostrum est un roman d’aventures à la croisée des genres entre histoire, fantastique, romance et quête existentielle. De la jeune république de Pise à l’île de Malte, de la grande pyramide de Gizeh à la vieille ville du Caire, il nous entraîne au seuil de deux mondes qui vont bientôt s’affronter : l’Occident chrétien porté par une vague de foi sans précédent et l’Orient musulman qui brille par sa civilisation. Sur les traces de Joachim de Saint-Ange, on y rencontre des personnages fascinants : comtesse combattante, conteur persan, membre de la secte des Assassins, esclaves, espions, seigneurs et émirs… Cette épopée médiévale mènera-t-elle Joachim vers le plus convoité des trésors, la quête de lui-même ?

 

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Quel plaisir de retrouver Joachim de Saint-Ange, notre jeune moine copiste.
“Les étoiles d’Orion”, le premier volet de ce récit, était teinté d’ésotérisme et de magie. Dans cette suite, j’ai vécu de véritables aventures, chaque action en entraînant une autre, je ne me suis ennuyé à aucun moment et c’est aussi un roman très érudit pour les passionnés d’histoires.

Joachim, avec d’autres moines et quelques soldats ont pris la mer pour une mission secrète. Sous couvert d’une mission d’étude, ils devront analyser les forces et les faiblesses de ceux qui occupent Jérusalem, afin de libérer la ville sainte. La belle Alix de Saint-Germain fait aussi partie du voyage, jusqu’en Italie, pour échapper à la colère d’Helgon qui n’accepte pas son humiliation, suite au refus de son mariage. Joachim veut profiter de cette période en mer pour renouer avec elle, après plusieurs mois de silence.

Tout aurait pu se passer comme dans le meilleur des mondes, mais Brice Nadin en a décidé autrement…

L’écriture fluide, et très documentée de ce roman, qui navigue régulièrement entre fiction et histoire, raconte le voyage initiatique de Joachim confronté à un monde inconnu jusqu’alors, très loin de son quotidien dans l’abbaye de Cluny.
Le jeune moine sorti de son “cocon”, va vivre des aventures dangereuses, il frôlera la mort à plusieurs reprises, jusqu’à l’émergence de celui qu’il était déjà dans son esprit. Un homme libre, curieux de savoir et bon avec autrui. La vie va s’ouvrir à lui… Quels seront ses choix ? Quelle sera sa destinée ?

La réponse se trouve entre les lignes de ce sublime roman, qui je l’espère aura une suite toute aussi prenante !

Je n’en dirais pas plus pour que vous puissiez ressentir les mêmes émotions que moi…

Merci Brice, pour m’avoir de nouveau fait voyager si loin dans des contrées oubliées… Pise, Malte, le Caire… Les pyramides et leurs secrets, des coptes, des juifs et des musulmans qui vivent ensemble, un conteur persan, la secte des Hassanjins (assassins)…
De nouveau, un gros coup de cœur pour moi !

J’espère que mes quelques mots, donneront envie de découvrir cette “vision” de l’auteur à ne surtout pas manquer.

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Extraits :

« Car il faut bien que la vie ait une fin pour qu’on puisse en saisir la substance. Et devant cette mort qui nous guette tous, ne sommes-nous pas enfin égaux ? Riche, pauvre, puissant, faible, elle nous attend tous au bout de la route sans distinction de race ni de sexe.
Mes chers enfants, écoutez la voix de mon âme : gardez la foi. Ne redoutez pas l’heure ultime. Vivez votre vie, accomplissez votre destinée et soyez-en assurés : nul ne naît par hasard ni ne vient au monde contre sa volonté. Car tout a un sens ici-bas. Mais n’attendez rien de la providence et faites en sorte de pouvoir être fier de ce que vous aurez accompli. Vivez chaque jour comme s’il était le dernier et, ce jour venu, vous n’aurez rien à regretter. »

« Chez les anciens Grecs, Cassiopée était l’épouse du roi Céphée. Tous deux régnaient sur ce pays qu’on nomme Éthiopie et qui se situe aux confins du lointain pays d’Égypte, à la frontière du monde connu. Un jour, la reine Cassiopée prétendit que sa fille Andromède, qu’on aperçoit ici en direction du levant, était plus belle que les Néréides, nymphes de la mère pourvues d’une beauté incroyable. Vexées par insolence de Cassiopée, les nymphes se plaignirent auprès de Poséidon, dieu de la mère chez les Grecs. En colère, ce dernier envoya un redoutable monstre marin, nommé Cétus, dévaster les rivages d’Éthiopie en y provoquant des tempêtes si violentes que le pays sombra dans le chaos. »

« J’accepte ton offre, tu peux lui proposer ma candidature comme assistant. Mais tu lui diras aussi que je fais équipe avec Hiba. Elle s’occupera de tenir la boutique et moi de l’inventaire et de la tenue des livres. Il lui faudra nous loger et nous nourrir en échange de notre travail. C’est à prendre ou à laisser…
Théodose nous considéra tous les deux, l’air stupéfait.
– Et tu ne comptes pas lui demander de salaire ?
– Pourquoi faire, si nous sommes logés et nourris ? »

 

 

Brice Nadin est né en 1967 à Saint-Germain-en-Laye. Il vit aujourd’hui en région parisienne où il se consacre à l’écriture. Consultant en nouvelles technologies, entrepreneur et père de trois enfants, il a eu d’autres vies avant de devenir romancier.

Passionné d’histoire et d’ésotérisme, en 2019, il publie son premier ouvrage, Les étoiles d’Orion, Cluny 1095, en auto-édition. Porté par une atmosphère médiévale fidèlement reconstituée, matinée d’un peu de surnaturel, le roman séduit plus de 4 000 lecteurs et se classe plusieurs fois en tête des ventes de romans historiques sur la boutique Kindle. Il est aussi « coup de cœur » dans de nombreuses librairies telles que La Procure ou Lamartine à Paris. Le tome 2, Mare Nostrum, reprend les mêmes personnages attachants pour les conduire cette fois dans un périple autour de la Méditerranée, à la veille de la première croisade.

Les étoiles d’Orion, Cluny 1095
https://leressentidejeanpaul.com/2022/01/30/les-etoiles-dorion/

Histoire, Polar historique, Suspense

Alexandre***

L’horizon d’Aton
de Annette Rossi
Broché – 30 août 2019
Éditeur : Les Sentiers du Livre

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Les pistes que suivent un archéologue-linguiste et un égyptologue de renom depuis la découverte d’un symbole référant à un pacte conclu à Babylone en 323 avant Jésus-Christ, année où disparaît Alexandre le Grand, les entraînent dans une descente irréversible vers le danger. La trinité, une alliance sans scrupule, met tout en oeuvre pour empêcher la découverte du tombeau du roi macédonien, mystérieusement disparu au début du IVe siècle, époque où fut érigé le Saint- Sépulcre à Jérusalem. Est-ce la Ville sainte qui détient la clé du mystère ? Et qui fut réellement Jésus-Christ ? Le Nemrud Da va-t-il livrer l’indice majeur permettant de percer à jour la vérité ? Est-ce le carré magique Sator qui révèlera le chemin vers la pyramide invisible dans la cité illuminée ? Sur fond de guerre en Palestine et tensions politiques des années soixante-dix, des villes mortes du Proche et Moyen-Orient à l’Égypte, en passant par Pompéi, la Provence et Israël, nos héros, faisant preuve d’une foi et d’une résolution inébranlables, poursuivent leur quête et dévoileront enfin le sens profond de alètheia musterion apocryphe ptoselper.

 

2022_016_Rossi Annette - Alexandre *** L'horizon d'Aton

 

Voilà, c’est fini…
C’est avec de la tristesse, je dois le dire, que je termine le dernier volet de cette trilogie incroyable !

Dans mes deux premiers “Ressentis”, j’avais déjà parlé de la qualité documentaire et historique, mise en place par Annette Rossi, et de la magie qu’il y a dans ses mots…. Ce troisième tome ne déroge pas à “sa” règle. Très bien construit et toujours aussi bien documenté. Mais attention, dans ce tome, le rythme s’intensifie au fur et à mesure… avec d’énormes surprises.
Alors, fiction ou pas ?
Tout est si bien construit que l’on voudrait presque y croire…
Et les derniers chapitres !!! Si inattendus qu’ils pourraient même dérouter certains lecteurs, chaque détail est important.

Tout le long de ses plus de 1200 pages, l’intrigue sera relativement complexe pour tout lecteur qui voudrait juste lire cette épopée comme n’importe quel autre roman.
Non !
Lire la trilogie d’Annette, se mérite presque… Il faudra se mettre à la place des héros, surmonter les différentes épreuves, souffrir aussi avec eux, s’accrocher pour ne pas tomber, et les perdre au détour d’un chapitre plus consistant, mais quel bonheur !

Depuis plus de 45 ans que je lis, et plus de 3000 romans lus, la trilogie “Alexandre” fait certainement partie des meilleurs romans historiques que j’ai lu.
Annette recherche la perfection… Elle obtient des lecteurs éblouis qui vont maintenant se retrouver “orphelins”…
Philippe, Didier, Sophia, Julia et tous les autres nous quittent, après quatre années de quête à travers le monde, après d’incroyables découvertes jusqu’à la fin.

Je recommande vivement la “Trilogie – ALEXANDRE” à tous les amoureux des mots et des intrigues bien ficelées…
Très gros coup de cœur pour cette magnifique Histoire…

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Extraits :

« La prière du soir, isha, résonne dans la ville. Depuis les nombreuses mosquées de Bursa, les chants des muezzins, comme des échos, s’enchaînent les uns après les autres. Il est presque minuit lorsque, pour la deuxième fois deux la journée, les deux hommes grimpent la ruelle escarpée qui mène au complexe de Bayezid Yildirim. La température est agréable. Un ciel constellé tend un voile d’argent au-dessus du site. Une faible brise balaie les hauts cyprès et fait frémir les feuilles des châtaigniers. Les pierres claires de la mosquée et de la médersa en ruine baignent dans la lumière blanchâtre de quelques lampadaires. »

« L’automne recouvre la Provence. Au pied de la montagne du Lubéron, ondule un paysage aux nuances subtiles enveloppé des senteurs de plantes parfumées. La lumière diaphane caresse les collines de calcaire blanc et adoucit les couleurs flamboyantes des falaises ocre et rouges. Les villages baignés par le soleil veillent au sommet des collines, blottis contre des châteaux. Ils sommeillent au milieu des garrigues et forêts ou dorment encerclés de houles de champ de blé. À l’époque de la floraison de la lavande, les prés sont sublimés par l’alternance de bande bleue caractéristiques du paysage provençal. »

« Hantés par ce qu’ils viennent de vivre et surtout, à quoi ils viennent de survivre, ils fument en silence. Les images de l’attaque ne cessent de les tourmenter. Il est près de minuit. Tous sont épuisés, meurtris. Ils sont déshydratés et le froid est en train de devenir inconfortable. Ils décident de se remettre en route au plus vite. Laila distribue les lampes frontales et les Uzis, chargeurs pleins, puis David, écrasant sa cigarette, propose :
– On y va ? »

« Alexandre, de son vivant, créa sa mort et de sa mort, il créa sa légende qui est le mystère de la vérité qui est le secret que protège la Trinité. »

 

 

Née aux Pays-Bas, passionnée de voyages, d’histoire et d’archéologie, très tôt Annette part à la découverte du monde et consigne ses expériences sur des carnets. Un jour, sur sa route, elle croise deux aventuriers avec lesquels elle se lie d’amitié et qui donneront naissance aux héros de son premier roman. Aujourd’hui, elle vit en France, au pied du mont Blanc dans la vallée de Chamonix.

« Le besoin de décrire ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens, existe depuis mon enfance. Mes voyages me donneront l’occasion d’exprimer cette passion et ces notes donnent naissance à des récits en néerlandais. Plus tard, je découvre le plaisir d’écrire en français. Une langue tellement riche, tellement raffinée, qu’elle permet de trouver toujours le mot juste, la parfaite nuance. Je publie un blog de voyages sur WordPress : Voyages au-delà de l’horizon et un blog d’images en trois langues ; français, néerlandais, anglais : Images au-delà de l’horizon. Puis, un jour, une intrigue traverse mon esprit… »

Annette Rossi

Alexandre – TOME 1 : Le pacte de Babylone
Alexandre * Le pacte de Babylone

Alexandre – TOME 2 : La malédiction de Tamerlan
Alexandre**

Drame, Histoire, Témoignage

Le Code d’Esther

de Bernard Benyamin, Yohan Perez (Auteurs)
Broché – 11 octobre 2012
Éditeur : ‎First

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16 octobre 1946.
À l’issue du procès de Nuremberg, le dignitaire nazi Julius Streicher monte à l’échafaud. Avant d’être pendu, il lance : “Ce sont les Juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !” Stupeur dans le monde. Qu’a-t-il voulu dire ? Il est établi que Streicher fait référence à une fête juive qui commémore les événements relatés dans un texte biblique vieux de deux mille ans : le “Livre d’Esther”. Mais sa déclaration n’en demeure pas moins énigmatique.

Ce fait historique avéré est le point de départ du Code d’Esther. Une aventure extraordinaire qui va conduire Bernard Benyamin et Yohan Perez de Nuremberg à Jérusalem, et des banques de Zurich à la prison de Landsberg, où Hitler rédigea Mein Kampf. De rencontres en révélations, ils découvriront que le Livre d’Esther recèle un message secret, et qu’il existe entre l’antique royaume perse et l’Allemagne du IIIe Reich des ressemblances défiant la raison.

Cet incroyable scénario, digne des Aventuriers de l’Arche perdue et de Dan Brown, n’a pourtant rien d’une fiction ; tous les faits relatés dans ce livre sont en effet rigoureusement authentiques. Pour percer “Le code d’Esther”, Bernard Benyamin et Yohan Perez ont mené une longue enquête, interrogé de nombreux érudits juifs et historiens. Au terme de leurs investigations, ils lèvent ici le voile sur la prophétie la plus troublante du XXe siècle.

 

2021_096_Benyamin Bernard, Yohan Perez - Le Code d'Esther

 

Depuis quelques années déjà, j’essaie de faire “vivre” les Boîtes à livres de mon quartier ainsi que celle de ma gare… C’est dans celle-ci, que j’ai trouvé “Le code d’Esther”, il y a quelques semaines…

Un livre passionnant…
On sent que les auteurs maîtrisent leur sujet.
Un grand merci à eux d’avoir mis en avant ces faits historiques et d’avoir soulevés certaines questions qui encore aujourd’hui demeurent sans réponse.

Procès de Nuremberg :
“ Ce sont les juifs qui vont être contents ! C’est Pourim 1946 !“
C’est le point de départ du roman. Que signifient ces paroles, et pourquoi Joseph Streicher les a crié à l’issue de son procès ?

Bernard Benyamin et Yohan Perez vont mener une enquête incroyable à travers le monde, à la recherche de réponses. Jérusalem bien sûr, Zurich dans la prison de Landsberg, (là, où Hitler a écrivit Mein Kampf)… Ils feront des centaines de rencontres, interrogeront de nombreux érudits juifs, des rabbins, des historiens et iront de révélations en révélations. Ils vont découvrir que Le Livre d’Esther cache un message secret, et qu’il ya entre le royaume Perse antique et l’Allemagne du IIIe Reich des similitudes incroyables.
Leur enquête aboutie, ils nous livrent ici une “prophétie” des plus troublante…

Pourquoi cette haine viscérale envers le peuple juif ?
Harcelés, enfermés, exilés, brûlés, pendus, rejetés par toutes les nations…
“Le code d’Esther”, donnera certaines pistes à ceux qui se posent cette question à travers une aventure incroyable.

Préparez-vous à suivre cette enquête qui va forcément vous bousculer !
Excellent aussi cette idée pour obtenir plus d’informations le long des chapitres. En effet, les deux auteurs nous proposent des “Qr codes” qui vous permettront d’approfondir vos recherches si vous le souhaitez !
ATTENTION… Tous les faits qui sont relatés dans ce livre sont exacts et avérés…
Ma lecture n’en n’a été que plus instructive.

Merci Bernard et Yohan, pour ce “cadeau”.
Un livre riche en connaissance, plein de mystères et de suspense…

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Extraits :

« ”Sur le plan esthétique, ce n’est pas un modèle d’architecture, reconnait le Rav Chaya, mais depuis sa construction les attentats ont cessé…“ Et puis, juste en face de nous, à 500 mètres à vol d’oiseau, s’élève le dôme d’une mosquée. “Elle a été construite à l’emplacement exact du tombeau du prophète Samuel, que vénèrent, comme nous les musulmans. Le plus étonnant, c’est qu’au même endroit, cohabitant dans le même espace, il y a une Yeshivah ! Et après ça, on dira que Juifs et Arabes ne s’entendent pas !” »

« Le printemps s’est installé sur Paris. Depuis la fin de notre enquête, j’entre plus souvent en contemplation devant les nuages qui courent dans le ciel, comme lorsque j’étais enfant et que j’essayais de leur imaginer une ressemblance avec les objets de la vie quotidienne. »

« En classe de terminal, on nous avait appris que la philosophie se divisait en deux domaines : celui de la connaissance et celui de l’action. Et, de façon évidente, il m’avait toujours semblé qu’il fallait d’abord connaître avant d’agir »

« Cinq hommes restent pétrifiés devant ce qu’ils ne sauraient pas décrire, et le sixième prend ses jambes à son cou. Direction Landsberg, le centre de commandement. Vite, un officier ! Le sergent, un lieutenant ou même le général ! Il faut qu’ils viennent et voient ce qu’il a vu ! Il court à travers les bois, sur les sentiers, sur la route et dans les ruelles de la vieille ville. Il ne sait pas encore ce qu’il va dire ni comment expliquer ce que ses camarades et lui ont découvert. On ne l’a pas préparé à ça, on ne lui a pas dit que cela pouvait exister. Le souffle court, il ne peut que répéter : “C’est inimaginable.” Sur la Grand-Place, près du Q.G. des forces américaines, il repère un officier. Il s’accroche à son bras et lui hurle :
“Il faut venir ! Il faut voir !” »

 

 

Bernard Benyamin est journaliste, producteur et animateur de télévision. En 1990, il crée avec Paul Nahon le magazine hebdomadaire  » Envoyé spécial « , qu’ils coprésentent sur Antenne 2 puis France 2 jusqu’en 2001.

Yohan Perez est réalisateur de télévision et fondateur d’Appli2phone.

Émotion, Histoire, Roman de terroir

L’Arbre des souhaits

de Agathe Dartigolles
Broché – 7 octobre 20211
Éditeur : De Borée

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Alors qu’ils célèbrent la fin des travaux du Château de l’Ange, Capucine, Augustin, David, Pierrick et Alicia dégustent une bouteille de la Vigne des Mystères de 1950, la première année de production. Empoisonnés par cette dernière, ils finissent à l’hôpital, manquant d’y laisser leur peau. Pourquoi cette bouteille a-t-elle été empoisonnée ? Par qui ? L’avenir de leur propriété, dont la survie financière dépend entièrement de la Vigne des Mystères, en raison du prêt faramineux qu’ils ont contracté, s’en trouve alors menacé.

 

2021_088_Dartigolles Agathe - L'Arbre des souhaits

 

Encore une fois un grand merci à Virginie Bourgeon des Éditions De Borée, pour cette nouvelle découverte…

“L’Arbre des souhaits” est le dernier tome d’une trilogie.
Il fait suite à “La terre des secrets” et “La vigne des mystères”.
Je n’ai malheureusement pas lu les tomes précédents, mais cela ne m’a pas gêné du tout pour la compréhension générale, bien que maintenant j’aimerai bien les lire pour retrouver des personnages qui m’ont inspiré.

Ce roman de terroir est un peu différent de ceux auxquels je suis habitué. En effet dans celui-ci l’auteur glisse des courriers secrets, il y a des empoisonnements, un “Corbeau” qui menace par des envois de courriers, des querelles familiales qui séparent les membres d’une même famille, un père qui répudie son propre fils. J’ai eu parfois l’impression d’être dans un polar. Et cela m’a bien plu !

Agathe nous propose donc un récit qui se déroule dès le début des années 20 à nos jours, dans le terroir bordelais. Bien sûr les lieux ont une très grande importance. La nature, les couchers de soleil, un certain arbre, mais surtout des propriétés viticoles qui se sont transmises de générations en générations et qui deviennent par conséquence la cause de tous les problèmes en plus des couples qui se font et se défont. Capucine et son fiancé David sont au centre de toutes les attentions, mais les deux jumelles Octavie et Léonie la douce, toutes deux âgées de plus de quatre-vingts dix ans m’ont bien fait rire aussi.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman… La lecture est très agréable et le style fluide et imagé. Un roman de terroir saupoudré d’un soupçon de polar et de beaucoup de mystères, qui m’ont ouvert les yeux sur les transmissions familiales et sur les problèmes qu’ont du rencontrer nos ancêtres qui travaillaient aux cœurs des fermes.
La fin de ma lecture m’a laissé, sur une belle surprise que je n’avais pas anticipée du tout, et sur un sentiment de tristesse, et je peux l’avouer, sans aucune honte, à la fin, j’ai pleuré…

Finalement, un bon roman qui se conclut en coup de cœur !
Merci Agathe, pour toutes ces jolies émotions ressenties.

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Extraits :

« Agathon et Amélie formaient un couple merveilleusement bien assorti, une évidence. Passionné, passionnel, explosif. Deux soleils en fusion. De l’avis générale, ces deux-là étaient faits pour s’aimer d’un feu éternel. Il ne serait jamais venu à l’esprit des habitants de Saint-Pierre-des-Bois de remettre en question cette assertion. L’indéniable existence d’un tel amour était indiscutable. Agathon et Amélie Ducats s’aimaient fougueusement au-delà même de la raison. Telle était l’opinion générale. Mais telle était, peut-être, l’erreur générale. »

« Agathon et Lisette continuaient à s’écrire des lettres. Les mots allégeaient le poids des maux, mais ils s’essoufflaient. Durant cette dernière année, ils s’écrivirent leurs souhaits, petits moments de grâce dévoilés. Une manière tout à la fois de partager leurs pensées et de prolonger encore un peu leur amour condamné. Aucun des deux n’osait en effet souhaiter que leurs vies fussent chamboulées. Alors Agathon souhaitait pouvoir ramener les morts à la vie et guérir en l’humanité pour conquérir l’immortalité. Quant à Lisette, elle souhaitait connaître un monde sans guerre, sans misère, où chacun aurait de quoi vivre à satiété est où tout serait possible. Agathon souhaitait devenir roi et Lisette souhaitait voler dans les airs comme un oiseau. Mais ce qu’ils souhaitaient réellement tous les deux était de pouvoir être heureux sans faire de mal autour d’eux. »

« Est-ce que l’on peut réellement réparer le passé ? Demanda Richard.
Capucine et Richard échangèrent en regard.
– C’est ce que je pense en tout cas, répondit cette dernière. Si on le veut vraiment, si on y croit de toutes ses forces et que l’on fait de son mieux. Après tout, tout est toujours en mouvement, n’est-ce pas ? Chaque jour est une nouvelle chance de tout reconstruire. Alors oui, sans hésitation, on peut réparer le passé. »

 

 

Née en 1985, Agathe Dartigolles grandit aux abords de Bordeaux avec le rêve lointain de devenir un jour écrivain.
Après des études en communication, elle travaille six années dans le marketing avant de retourner à son rêve d’enfance. Elle se lance en 2014 dans l’écriture de plusieurs nouvelles, dont certaines sont publiées, et commence en 2015 la rédaction de son premier roman, “La Terre des secrets”, une histoire qui lui a été notamment inspirée par l’atmosphère du terroir de ses grands-parents paternels dans le Sud-Gironde. Elle publie une suite à ce premier volet en 2020 intitulée “La Vigne des Mystères”.
“L’Arbre des Souhaits” est son dernier roman ainsi que le dernier tome de la trilogie publiée aux Éditions de Borée. À l’occasion de sa parution le 7 Octobre 2021, la Vigne des Mystères sort dans la collection Terre de Poche le même jour.

Fantastique, Histoire, Suspense, Thriller

Le Manuscrit des Damnés

de Mathieu Bertrand
Broché – janvier 2020
Éditeur : Editions Eaux Troubles

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Royaume des Francs, 1135 : L’Abbé Suger entreprend la rénovation d’une église Carolingienne qui deviendra l’Abbaye de Saint- Denis, nécropole des rois de France. France, juillet 2013 : À son retour de Jérusalem, où il a caché la couronne d’émeraudes, Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican et ancien Franc-maçon, est envoyé à Paris par le Saint-Siège. Il fait la connaissance d’un Cardinal et de deux chercheurs qui lui révèlent la présence d’un secret oublié depuis de nombreux siècles dans les cathédrales. Cette aventure le plongera dans les mystères de la Grande Pyramide et des lacs sacrés du Tabor. Il voyagera de l’histoire tragique de la nuit de la Saint-Barthélemy à celle plus secrète des recherches ésotériques du IIIe Reich. Assisté d’Elaheh, dernière descendante de la secte des Assassiyines, ils réaliseront ensemble que certains manuscrits devraient demeurer fermés à tout jamais… Une enquête qui mettra en péril bien des croyances et qui verra la mise en place d’une union inattendue afin de préserver l’humanité.

 

2021_071_Mathieu Bertrand - Le Manuscrit des Damnés

 

Encore un énorme merci pour Mathieu qui m’a envoyé la suite de “Les Émeraudes de Satan” !
Cette suite, “Le Manuscrit des Damnés” est la suite directe du premier volet, et quand Hervé Gagnon dit que le récit est palpitant je ne peux être que d’accord avec lui…
Maintenant il ne me reste plus qu’à attendre (impatiemment !!!) le troisième volet.

Dès les premiers chapitres, très vite j’ai de nouveau été plongé dans une enquête incroyable !
J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir ce mélange de mythologie, d’histoire, de religion, bien sûr et d’Ésotérisme, avec ce petit plus fantastique qui change vraiment la donne du récit. J’imagine assez difficilement le travail nécessaire pour la construction d’un tel scénario, mais, Whaou, ça le fait vraiment !!!
Je me suis retrouvé en immersions dans des lieux que je connaissais, mais aussi dans des endroits que je n’ai pas eu encore l’occasion de visiter et j’avais vraiment l’impression d’y être, jusqu’à ressentir l’atmosphères de certains lieux.
Mathieu a le souci des détails et ses descriptions sont parfaite, à mon sens, dans cet opus, il provoque l’interrogation sur la genèse des origines des religions.

C’est donc le retour de notre duo, le père Paul Kaminsky, prêtre catholique appartenant aux services spéciaux du Vatican et Elaheh, une musulmane iranienne, descendante de la secte des Assassiyines. Ils seront, dans cette nouvelle quête, assistés d’un enseignant à Oxford, David Jameson et de Lena Larsson, professeur du Centre d’études médiévales de Stockholm, tout les deux membres de l’Opus Dei. Mais nous apprendront très vite que Lena fait aussi partie des “Walkyries”, divinités nordiques et filles d’Odin, des guerrières vierges et pures dont la mission consistait à choisir les plus valeureux guerriers, tombés sur les champs de bataille, afin de les conduire à Asgard au Valhalla dans le palais d’Odin.

Après sa dernière enquête, le père Paul Kaminsky n’aspirait qu’à un peu de repos. Mais le Cardinal Ferron va lui confier une nouvelle mission, qu’il peut difficilement refuser.
Il en va peut-être de l’avenir de l’humanité !
Un voyage palpitant au cœur des constructeurs de pyramides, qui va les mener très vite de nouveau à travers le monde et l’Histoire de nos ancêtres, des maîtres-maçons constructeurs de cathédrales grâce aux découvertes incroyables que lui livreront les deux membres de l’Opus Dei. Il s’est dégagé énormément d’émotions pendant ma lecture, un vrai sentiment d’entraide, entre religions et idéologies diverses.

Quel est donc ce nouveau secret que le Vatican veut absolument garder caché une fois de plus ?

À partir de ses quelques mots, l’intrigue du récit appartient aux futurs lecteurs.
Une course contre la montre où chaque action aura une répercussion.
C’est très bien mené, surprenant et addictif. L’écriture est soutenue, rythmée et dynamique.
Vous serez embarqué dans leurs quêtes, dans leurs sentiments et dans leur vie.

Une plongée au fond des enfers… une quête “diabolique” que je recommande vivement.

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Extraits :

« Le taxi venait de les déposer face a la crypte archéologique du parvis. Dès qu’il sortit du véhicule, ses yeux balayèrent avec plaisir, presque du réconfort, les arches gothiques de ce qui était pour lui la plus belle cathédrale du monde. Le soleil de ce début d’été qui filtrait à travers ses Ray-Ban noires inondait les façades de l’édifice dans les tours veillaient sur la scène depuis huit cents ans. Sur la droite, la statue du Charlemagne couverte de vert-de-gris paraissait être un jouet pour enfant, tant sa petitesse contrastait avec la grandeur de Notre-Dame de Paris. L’empereur, assis sur sa monture, était encadré de deux de ses chevaliers, qui menaçaient de leurs armes quiconque voudrait s’approcher de l’illustre souverain. Les deux côtés de la place étaient décorés d’arbres feuillus, de haies coupées avec une précision d’horloger et de lampadaires ridiculement petits pour un endroit si majestueux. »

« Je crois que je suis en train d’arriver au bout. Vous comme moi, nous œuvrons pour tenter de protéger le monde des maux qui le guettent. Mais qui le sait ? Vous rendez-vous compte de tout ce que nous cachons à l’humanité ? Je suis membre d’une Église qui a la prétention de porter la voix de Dieu alors que nous mentons perpétuellement. Je ne crois plus aux fait que pour protéger les hommes, nous devons les laisser vivre dans l’ignorance. »

 

Bertrand Mathieu, est né en 1969 en région parisienne et a grandi en Corse. Professeur à l’École de droit de la Sorbonne-Université Paris I, préside l’Association française de droit constitutionnel. Il est membre du Conseil supérieur de la magistrature et a été membre de la Commission Avril sur le statut pénal du chef de l’État (2002) et du Comité Balladur chargé de proposer une révision de la Constitution (2007). Il dirige la revue Constitutions.

Il est passionné par la visite des lieux chargés d’histoire et d’Histoire en général avec une attirance particulière pour le moyen âge.

En 2016, il publie son premier roman intitulé « Les émeraudes de Satan ». Son second roman « Je pleurerai plus tard » sort en 2017, puis « Le manuscrit des damnés » en 2020.
« La porte d’Abaddon », son dernier roman est sorti en juillet 2021.

Fantastique, Histoire, Polar historique, Thriller

Les Émeraudes de Satan

de Mathieu Bertrand
Broché – 15 février 2019
Éditeur : Eaux Troubles Editions

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1306, Poitiers : le Grand Maître Jacques de Molay, sentant la fin de l’Ordre des Templiers approcher, informe le Pape Clément V qu’il est en possession d’une couronne ayant appartenu à Satan lui-même. Par peur de ne plus pouvoir en assurer la protection, il la confie au Saint-Père qui lui promet de la faire enterrer dans le Temple de Salomon, seul endroit sur Terre en mesure de limiter ses pouvoirs démoniaques.
2013, Rome : le Pape découvre d’étranges courriers hérités de ses prédécesseurs. Il sollicite le Père Paul Kaminsky, agent du service des enquêtes spéciales du Vatican afin qu’il se rende en France et retrouve sept émeraudes, ornement d’une couronne ramenée de Terre Sainte au onzième siècle. Durant cette quête, le prêtre sera épaulé par Elaheh, une mystérieuse Iranienne, membre de la secte des Assassiyine, faction criminelle disparue depuis près de mille ans. Des châteaux d’Aquitaine aux remparts de Carcassonne, d’un couvent corse aux chapelles du Vatican, l’aventure du prêtre et de la jeune musulmane va se transformer en une union sacrée qui leur permettra de se confronter aux forces du Mal tout en essayant d’échapper aux tueurs du mystérieux Ordre Epsilon.
Bienvenu dans l’univers de l’ésotérique et du surnaturel, une histoire captivante qui a pour origine les Chevaliers du Temple. Une quête qui mènera nos héros à découvrir des lieux et des phénomèns qu’ils n’auraient jamais imaginés. Une association et une entraide inhabituelle pour entraver les forces du mal qui sont à l’oeuvre. Est-ce que l’heure de Satan a sonné ? Un récit dans la lignée des plus grands noms de la catégorie. Sur les traces des plus grands noms du thriller ésotérique !

 

2021_069_Bertrand Mathieu - Les Émeraudes de Satan

 

Je termine à l’instant le premier roman de Mathieu Bertrand…
Par où commencer ?

Tout d’abord, c’est un thriller ésotérique vraiment excellent et de plus très addictif.
Cela faisait un bon moment qu’au gré de mes lectures, j’étais à la recherche d’un auteur français qui puisse égaler voire dépasser, pourquoi pas, les auteurs connus et reconnus dans le genre.
Et je peux dire qu’ici, Mathieu, réunit tout ce qu’il faut pour ferrer le lecteur.
Vous y côtoierez du surnaturel et de l’étrange, des templiers, des sorcières, des fantômes, on abordera le troisième secret de Fatima, un pape fraichement élu qui va se retrouver en plein milieu d’une quête millénaire, il doit retrouver une couronne ayant appartenue à Satan, qu’il avait volée à Dieu…

Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l’Ordre des Templiers, sentant sa fin arriver, informe le Pape Clément V qu’il est en possession d’une couronne qui appartenait à Satan. Il la confie au Saint-Père qui lui promet de l’enterrer dans les ruines du Temple de Salomon, seul endroit sur Terre en mesure de limiter ses pouvoirs démoniaques…

2013.
Un nouveau pape vient d’être élu. Il se nomme Pie XIII et succède au pape Urbain IX qui a démissionné.
Le nouveau pape découvre deux étranges missives de ses prédécesseurs annonçant la fin du monde !
Puis l’archange Gabriel entre en contact avec lui, et lui demande de retrouver sept émeraudes pour reformer les sept qualités de l’humanité pour éviter le pire.
Pour éviter, cette catastrophe imminente, il n’aura de choix que de remettre la main sur les émeraudes de la couronne de Satan. Mais les sept pierres précieuses sont disséminées un peu partout en Europe. Alors, il fera appel à un prêtre, Paul Kaminski, initié dans sa jeunesse à la franc-maçonnerie, qui sera secondé par une jeune et belle musulmane, aux nombreuses ressources, Elaheh. Mais ils ne seront pas au bout de leurs surprises. L’Ordre Epsilon, une organisation secrète qui veut aussi s’emparer du puissant artéfact est à leurs trousses.

Mathieu Bertrand, nous entraîne alors, dans leur quête allant des châteaux d’Aquitaine, aux remparts de Carcassonne, en passant par un couvent situé dans les montagnes corses, pour finir aux chapelles du Vatican. Les chapitres sont courts et bien rythmés, le récit mené et ficelé à la perfection.
Que demander de plus !!!

Très érudit, beaucoup de mystères, du fantastique et un face à face permanent entre le Bien et le Mal.
Mathieu sait jouer avec nos nerfs. Dan Brown n’a qu’à bien se tenir…

Gros, gros coup de cœur, Mathieu est un auteur à suivre ABSOLUMENT !

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Extraits :

« Je pleurais toutes les larmes de mon corps, ou peut-être de mon cœur… Je ne sais pas… Cela durait depuis vingt minutes et je commençais à peine à me calmer, à réaliser… Le nom de l’endroit où je me trouvais prenait, désormais, tout son sens : la chambre des larmes.
Cette petite pièce, d’à peine trois mètres sur trois, est attenante à la Chapelle Sixtine. Son nom vient du fait que de nombreux papes y ont versé quantité de larmes après leur élection, lorsqu’ils se rendaient compte de la mission qui les attendait. Je ne dérogeais pas à cette règle.
Je m’appelle Mateo Santucci et je viens d’être élu deux cent soixante-septième Pape de l’Église catholique romaine, sous le nom de Pie XIII »

« De nouveau, je me levai et fis le tour du bureau. Je tournai le second fauteuil réservé aux visiteurs et le plaçai face à celui du prêtre. J’ai pris ses mains et les serrai contre les miennes :
– Père Kaminsky, j’ai l’impression que vous aurez bientôt des nouvelles d’Elaheh. Mais vous savez, cette entente entre vous et cette jeune fille va bien au-delà de cette mission. Elle est la preuve que les grandes religions peuvent et doivent s’entendre. Vous avez, tous les deux, représenté l’union sacrée qui lie, depuis plus de mille ans, l’Islam et la Chrétienté. Et vous avez aussi prouvé que l’avenir du monde n’est possible que dans la tolérance et l’amour des autres religions. »

 

Bertrand Mathieu, est né en 1969 en région parisienne et a grandi en Corse. Professeur à l’École de droit de la Sorbonne-Université Paris I, préside l’Association française de droit constitutionnel. Il est membre du Conseil supérieur de la magistrature et a été membre de la Commission Avril sur le statut pénal du chef de l’État (2002) et du Comité Balladur chargé de proposer une révision de la Constitution (2007). Il dirige la revue Constitutions.

Il est passionné par la visite des lieux chargés d’histoire et d’Histoire en général avec une attirance particulière pour le moyen âge.

En 2016, il publie son premier roman intitulé « Les émeraudes de Satan ». Son second roman « Je pleurerai plus tard » sort en 2017, puis « Le manuscrit des damnés » en 2020.
« La porte d’Abaddon », son dernier roman est sorti en juillet 2021.

Émotion, Histoire, Suspense

Dessiner les nuages

de Sandrine Roy
Broché – 23 juin 2021
Éditeur : Éditions du Loir

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Angeville. 1943. Malo, un jeune homme simple d’esprit, vit depuis des années en retrait du village, dans une cabane au milieu de la forêt. À l’arrivée des Allemands, il va recueillir Antoine, un enfant retrouvé vivant dans la tombe fraîchement creusée d´un couple de Juifs. Sur fond d’antisémitisme et d’Occupation, une relation forte va naître entre eux, dans un village confiné et divisé, où l’innocence de Malo est bien souvent trahie. Grâce à ses prédispositions pour la peinture et son instinct de protection poussé à l’extrême, Antoine va mettre des touches de couleur dans cette période noire, liant, sans le savoir, la petite et la grande Histoire.

 

2021_061_Roy Sandrine - Dessiner les nuages

 

Comme de nombreux auteurs avant elle, Sandrine Roy a “glissé” vers un nouveau genre littéraire… et elle a bien fait !
Non que je n’ai pas aimé ses autres romans, mais dans celui-ci, je trouve que sa sensibilité y trouve sa place…

Quand j’ai vu que le roman était préfacé par Mireille Calmel, dont je suis un grand fan, je me suis dit c’était forcément du “lourd” !
Je ne m’étais pas trompé, ce livre est magnifique, et je pèse mes mots. J’ai été fortement impressionné, voire admiratif à certains passages !

Dès le début du roman l’émotion règne en maitre.

Les personnages, le village, la situation historique…
J’ai Ressenti l’ambiance et la pression de l’Occupation Allemande, la peur chez tous les habitants. Et comme cela s’est malheureusement passé, certains “français” y voient très vite une occasion de se démarquer en trahissant les leurs et leur patrie.
Les poils de mes bras se hérissaient de colère à certains moments.
Mais ce n’est pas le plus important, ce n’est pas ce que je retiendrai du roman.

Le plus important dans l’histoire, pour moi, c’est l’amour !

C’est l’amour de Malo, un simple d’esprit, fragile et fort à la fois, pour sa vie, pour son travail, mais surtout pour la belle Rachel…
C’est l’amour d’Antoine, un enfant trouvé par Malo. Un enfant pas comme les autres. Il parle peu, ne se mélange pas, ne sais pas d’où il vient, mais voue un amour et un respect sans faille pour Malo qui l’a adopté. Il aime aussi les animaux, tous les animaux, car ils le comprennent, il aime son professeur Firmin, qui très vite a vu en lui l’être exceptionnel qu’il est, il aime aussi dessiner, les nuages surtout…
C’est l’amour de Frantz, officier allemand, pour Malo qui deviendra très vite son ami, l’amour pour Adèle surtout, qui dès leur première rencontre a rayonné dans sa vie…
Mais c’est surtout l’amour que l’auteur porte à tous les personnages qu’elle a créé, qu’elle a choyé avec beaucoup d’affection et d’humanité aussi, au point de les avoir rendu vivants pour moi.

Ce roman beau et triste à la fois, j’aurais voulu le conserver plus longtemps, j’aurais aimé qu’il ait beaucoup plus de pages, il m’a touché profondément le cœur, m’a ému jusqu’à verser quelques larmes, m’a fait ressentir le meilleur de moi-même. J’avais déjà lu des romans ayant une thématique approchante, mais là, c’est un gros coup de cœur.

Vous aimez les belles histoires ?
Ce livre, qui vous attend déjà quelque part, est fait pour vous !

Un grand bravo, aux Éditions du Loir, pour cette belle mise en avant…

Sandrine Roy a reçu en juillet dernier, au Salon du livre du Château Le Verdoyer, le 1er prix littéraire du Verdoyer 2021, pour « Dessiner les nuages ».

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Extraits :

« Malo vit au milieu de la forêt, à deux km du village d’Angeville. On y accède par une route en pente raide qui descend vers le moulin en longeant la Serre. Arrivée à la lisière de la forêt, la route devient un chemin pour se terminer par un sentier où les chariots ont creusé de profonds sillons.
Les habitants d’Angeville ont tous plus ou moins contribué à l’aménagement d’une maison afin que ce pauvre Malo ait un abri où vivre, suffisamment éloigné du village.
On ne lui connaît aucun proche. Sa mère, débarquée de la ville enceinte jusqu’aux yeux, sans mari, sans famille, est morte en couches. L’enfant qu’elle venait de mettre au monde tarda à pousser son premier cri. C’était un mauvais signe. »
…/…
« À la mairie, Mességué reçoit un nombre considérable de lettres anonymes de bons Français accusant l’un ou l’autre des citoyens de cacher un poulailler dans une remise ou un cochon dans une cave.
La jalousie, le désir d’échapper à l’oppresseur en collaborant, la peur : voilà ce qui motive ces dénonciations.
D’autant que depuis l’arrivée des Allemands, beaucoup de fils de paysans ont été envoyés de force au STO, en Allemagne. Quelques-uns ont pris le maquis, refusant de quitter leur pays ainsi que leur famille dans le but de travailler pour l’ennemi. Pas question ! C’est ainsi qu’à Angeville, Maurice merle – dit Mémo – et Marcel Cabrol se sont enfuis un beau matin de décembre, sans trop savoir où ils iraient, mus par des rumeurs racontant que des hommes se réunissaient dans les campagnes isolées et organisaient des actes de résistance.
Au sein du village, peu à peu les camps se sont formés d’eux-mêmes. La défiance entre les deux est de mise. »

 

 

Sandrine Roy est originaire de Bègles, près de Bordeaux. Des études de Lettres modernes ont affirmé son goût déjà très prononcé pour la lecture et l’écriture, qu’elle pratique depuis on plus jeune âge. Elle vit depuis 14 ans dans la région de Montauban, où elle travaille en milieu scolaire. Elle est connue pour ses romans policiers et tout particulièrement sa série, mettant en scène Lynwood Miller, ancien membre des forces spéciales américaines.
Dessiner les nuages est sa première incursion dans le roman historique.