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Roman

G comme gratitude

ou l’art de positiver
de Lou Valérie Vernet
Poche – 29 mars 2019
Éditions : Les éditions du Loir

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Léger et insolite, drôle et impertinent, G comme gratitude fait la part belle à l optimisme. Véritable hymne à la vie, cet abécédaire est une invitation à suivre nos instincts, à lire les signes, à parfois s égarer et à oser le tout pour le tout.

« Dire merci à la vie, l’accepter dans ce qu’elle a de meilleur comme de pire, c’est croire que de cette énergie positive viendra la force qui la transcendera », écrit Lou Vernet.

Au fil des lettres, des mots et des citations, l’auteure nous entraîne dans un tourbillon de pensées fécondes.
Elle nous livre un merveilleux outil de développement personnel à lire au gré de son humeur, de ses envies et nous donne les clés pour créer notre propre abécédaire de vie.

 

• Couv_2024-079_Vernet Lou Valérie - G comme gratitude

 

DES MOIS… QUE DIS-JE, BIENTÔT 5 ANS que G comme gratitude se promène régulièrement avec moi.
Sur ma table de chevet, dans mon sac, souvent, dans la poche de ma veste, parfois, entre les mains de certains amis, aussi, et hier soir, je me suis soudain rendu compte que je ne vous avais jamais parlé de cet “abécédaire” sensible, intéressant, très drôle et rempli d’espoir !!!

Honte à moi…

Lou Valérie Vernet à l’art de se trouver régulièrement là où on ne l’attend pas du tout. À travers ce lexique très personnel, elle nous livre certains mots qui résonnent dans son quotidien.
Attention ! Comme elle le précise très bien au début de son livre, elle ne donne aucune clé, aucune solution, juste des pistes qui nous inciteront à ouvrir des portes pour certains, ou des fenêtres pour d’autres, de réflexions, d’introspections et plus encore si le cœur vous en dit.
De la lettre A jusqu’au Z, je n’ai pu m’empêcher de me poser des questions, du moins de trouver il me semble mes réponses, j’ai souri, j’ai même ri, je vous assure !
Lou Valérie se lâche et cela nous fait du bien à tous…

On ne s’ennuie pas un instant, l’écriture est plaisante, très claire et moderne lorsque le besoin s’en fait sentir. Lou tombe le masque et nous invite à faire de même, “De toute façon, on va tous mourir !”
Le pire, c’est qu’elle a raison. Alors, pourquoi ne pas faire une vraie pause. Regarder autour de soi et faire ce qui est utile, non plus par obligation, mais par envie.
Grâce à Lou et à d’autres auteurs, depuis un moment, mon “je” est mort, au profit de mon “nous”. Il est tellement plus agréable et serviable. Il sourit aussi beaucoup plus et a trouvé un certain sens à son “autre” vie.

Lou me surprendra toujours par la diversité de ses thèmes. Aujourd’hui, je lui dis merci. En effet, mon miroir ne reflète plus que le futur, elle en est en partie “responsable”…

Un livre qui vous invitera à suivre vos instincts, à devenir définitivement vous-même, et à vous retrouver dès lors que vous vous pensiez perdu !

Lou, ta plume franche et limpide m’a porté un coup en plein cœur… en pleine tête aussi, au point de t’avoir oublié !
Ah oui, une dernière chose…
En ce 20 septembre, je te souhaite un très bel anniversaire…

 

Extraits :

« Ce livre ne donne aucune clé.
Mille pardons et autant de génuflexions vénielles. J’ai écrit ce livre pour me faire plaisir.
Ce qui, en soi, est une raison suffisante.
Et aussi, je me dois de vous le dire, pour ne plus penser seule. Pour vous rejoindre. Vous les humains. Parce que je vous sais aussi mal barrés que moi. Et qu’à force de se rencontrer, ici et là, on finit par se reconnaître.
Il s’agit donc de quelques pistes de réflexions.
D’heureuses fenêtres d’introspection. »

« Donner, donner, donner. En un geste, une parole, un sourire, un regard.
Offrir.
Des cadeaux certainement. Des conseils s’il en est. De l’aide, des services, de l’écoute.
Et au-delà de tout, de son temps.
Partager “son plus précieux”. Toutes ces minutes de vie qui nous sont imparties et que l’on cherche à employer le plus honnêtement, joyeusement, efficacement possible.
C’est si court une vie ! »

« Pas facile de communiquer positivement. D’être dans l’empathie. Ou de rester source quand un tiers, semble-t-il, pompe toute notre énergie.
Que penser de tous ces prédateurs à qui l’on donne et dont nous pensons qu’ils nous pillent impunément ?
Chacun de nous émet une vibration. De notre première seconde embryonnaire au dernier souffle de vie, nous avançons sur notre chemin munis d’une flamme intérieure.
Que son intensité varie au gré de nos humeurs ou des événements, sa vibration nous est acquise. »

« G comme Gratitude. Comme “Merci”.
Comme “Alléluia”. Comme “Oui”.
Autant d’évidences obvies, d’essentiels majeurs, voire béatifiés !
Il n’y aura jamais trop de superlatifs à notre reconnaissance.
Véritable offrande adressée à l’univers pour toutes ces secondes offertes à l’horloge de notre vie.
Dire “merci” à la vie chaque matin au moins. »

« Aucune rencontre n’est le fruit du hasard.
Qu’elle soit donnée pour une heure ou les trente prochaines années à venir, toute relation à l’Autre nous enseigne quelque chose de ce que nous sommes ou de ce vers quoi nous allons.
Notre existence est un lieu de rendez-vous permanent, aux multiples éventuels.
Ouvrons bien les yeux.
Car cet Autre, bien souvent, se révèle un miroir pour soi. »
……………………………

Auteure multicartes, Lou Valérie Vernet a déjà publié trois thrillers, deux polars et sept autres livres passant du récit humoristique aux fragments de voyage, du Feel Good au spicilège poétique, du recueil de nouvelles au théâtre. Tous ses ouvrages confirment son talent à manier en virtuose l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Toucher l’instant : ou la trilogie du choix
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/17/toucher-linstant-ou-la-trilogie-du-choix-de-lou-vernet/

Le Rire du Monde
https://leressentidejeanpaul.com/2019/11/13/le-rire-du-monde/

Surtout le pire
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/surtout-le-pire-de-lou-vernet/

Acouphanges
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/19/acouphanges/

La toile aux alouettes
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/01/la-toile-aux-alouettes/

Matricule 2022
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/27/matricule-2022/

Grand comme le monde
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/11/grand-comme-le-monde/

Pensées clandestines
https://leressentidejeanpaul.com/2024/09/08/pensees-clandestines/

Émotion, Drame, Frisson horreur, Polar, Thriller psychologique

Les aubes assassines

de Luca Tahtieazym
Broché – 19 août 2024
Éditions : CZY

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Une jeune femme suspectée de meurtre.
Un marin grec égaré dans les océans.
Une Brésilienne paumée, invisible aux yeux des puissants.
Trois victimes du hasard, trois jouets du destin réunis par la fatalité, pourchassés par des tueurs à gages qui éliminent sans états d’âme et sans laisser de traces.

Et au cœur de la tourmente, liant ces êtres balayés par le destin, des corps qui tombent et ne se relèvent pas…

 

• Couv_2024-077_Tahtieazym Luca - Les aubes assassines

 

Luca Tahtieazym, ou l’art et la manière de semer des indices là où il faut, l’art de jouer avec les lecteurs et les “7IGN3S” du temps…

Avec “Les aubes assassines”, Luca nous propose un thriller captivant sous forme d’un puzzle temporel, où de multiples intrigues finiront par se percuter !

Début du récit.
Nous sommes en 1984. Lison est accusée de meurtre, la police ne voulant pas écouter sa version, elle va devoir fuir, quitter le pays s’il le faut.

Plus loin… dans le temps.
1987, nous sommes en Grèce. Hélias est un marin pécheur, personnage solitaire et particulier, il est sourd et difficile à cerner.
On continue de voyager. Nous sommes cette fois-ci au Brésil, Laís, alors qu’elle n’a pas de compétence particulière, à part celle de parler le français, se retrouve convoquée un dimanche après-midi au bureau de sa patronne, France ou Françoise, on ne sait plus, qu’importe, elles sont deux.
Puis, il y a Panos au teint olivâtre, Isabelle, une belle “écervelée”, Papy, toujours un couteau dans sa poche, Albert, Astérix, Asuka, Carole, Jeremy, Véronique, Ansovino, Ludovic, Sébastien et bien d’autres encore, tous les plus attachants ou détraqués les uns que les autres.
Mais quel est donc le lien qui unit Lison à tous ces personnages hors du commun ?
Luca cherche à nous embrouiller et il y arrive parfaitement. Construction ingénieuse pleine de rebondissements, gare à ceux qui baisseront leur garde ne serait-ce qu’un chapitre ! Je vous aurai prévenu…

Un thriller machiavélique au rythme trépidant, avec un final qu’il faudra mériter.
Coup de cœur, à découvrir dès que possible !

Aujourd’hui, certains auteurs comme certains chanteurs, sont malheureusement trop peu visible…
Luca Tahtieazym en fait partie. Seul notre bouche à oreille mérité lui permettra, je l’espère d’avoir bientôt la place qu’il mérite !

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Extraits :

« On lui avait parlé plusieurs fois de l’expérience du chat de Schrödinger. Mais la physique quantique et tutti quanti, les bidules macroscopiques et les vecteurs de la décohérence machin, François, ça lui passait au-dessus de la tête. Ce qu’il avait retenu était simple : si on enfermait la bête dans une boîte, en théorie, on ne savait pas si elle était vivante tant qu’on ne l’avait pas ouverte – la boîte, pas le chat. En attendant, l’animal était donc entre deux états, à la fois vivant et mort. »
« Héraklion était une cité séduisante et agréable, mais pas partout. Comme dans tant d’autres villes, les quartiers sensibles servaient de dépotoirs à âmes humaines. On y stockait ceux qui gênaient, ceux qui puaient, ceux qui tendaient la main, ceux qui n’étaient plus capables de s’extirper de la spirale fatale de la piqûre dans le creux du bras. »

« Isabelle Carrigné était le genre de fille excentrique qui cherchait avant tout à ne pas être invisible. On les disait légères, écervelées, faciles, les comme elle. Mais souvent, elles étaient surtout tristes, loin des hétaires grecques qui elles se repaissaient de leurs prérogatives. »

« Tuer quelqu’un, c’est ça, ce que ça fait ? C’est horrible, pas vrai, Lison ?
– Je n’en sais rien. Je n’ai jamais tué personne.
– Pardon. C’est pas ce que je voulais dire. Elle va nous rejoindre ?
– Carole ?
– Oui.
– Non, Asuka, Carole ne nous rejoindra pas. On ne reverra plus Carole. Carole va aller en prison.
– Parce qu’elle a tué quelqu’un.
– Oui. Et parce qu’elle est folle. Et nous, on doit partir.
– Où ?
– Ailleurs.
– Mais pourquoi ?
– Parce que la police apprendra que deux femmes étaient mêlées à ce qui s’est passé. Des témoins leur expliqueront qu’on était là et que l’homme à la tête défoncée s’en prenait à moi avant que Carole ne le massacre. Ou peut-être que Carole nous dénoncera. »

 

Auteur au nom imprononçable, originaire du Sud de la France et vivant actuellement près de La Rochelle, Luca Tahtieazym est l’auteur de treize romans parus à ce jour. Jonglant avec les genres et les styles, inspiré par Steinbeck, Ellroy, Dard ou Stephen King, il apporte un soin particulier aux intrigues de ses livres, s’efforçant de proposer des histoires originales et des personnages tourmentés et attachants.
Tahtieazym a remporté le concours des plumes francophones 2017 (plume des lecteurs) avec son titre VERSUS,
le grand prix du roman AEB 2022 pour LA MANTE NUE
et le Prix du festival du livre de Niort en 2023 avec LA FORÊT.
https://leressentidejeanpaul.com/2024/02/08/la-foret/

Noir, Pièce de théâtre, Polar, Thriller

Onze Cahiers

de Pascal Marmet
Poche – 1 septembre 2024
Éditions : Des livres et du Rêve

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Un mystérieux héritage de onze cahiers va mener une journaliste de mode et un directeur de théâtre au cœur d’une enquête déroutante au nom de la vérité.

Quels liens les unissent ? Quelle machination se cache dans ces pages ?

Suspense et romance pour un thriller intense jusqu’à la délivrance finale.

 

• Couv_2024-076_Marmet Pascal - Onze cahiers

 

Pascal Langle, est propriétaire d’un théâtre à Nice. Il est contacté par un notaire afin de se faire remettre en héritage un cahier rédigé par Ludmilla, “l’amour de sa vie”, disparue depuis dix ans, disparue bien trop tôt.
Il apprend aussi que dix autres cahiers seront distribués à des proches de la défunte.
N’ayant jamais pu faire le deuil de Ludmilla, Pascal va tenter de mettre la main sur ces autres cahiers afin de découvrir qui elle était réellement. Il sent qu’un lourd secret tourne autour de ces cahiers…
Quelques jours plus tard, alors qu’il prend son café et deux croissants dans son café habituel, une jolie jeune journaliste “s’invite” à sa table pour lui proposer une interview. Elle se nomme Julia et a un très beau sourire… dès lors, c’est toute sa vie qui sera remise en cause.
Il est cambriolé, son théâtre incendié, et les tous les autres cahiers sont dérobés chez le notaire !

Commence alors une enquête qui nous mènera de Nice à Paris, Cassis puis en Corse.

Pascal Marmet nous mène dans une course effrénée à la recherche des cahiers disparus, mais surtout à la recherche du “pourquoi”.
Le début du récit m’a complètement emporté, par ses nombreux rebondissements, son humour et des personnages particulièrement réussis. Mais…
Il y a un mais !

Autant le début est complètement addictif, autant, j’ai eu l’impression en avançant dans le récit qu’il manquait quelques pages jusqu’à la fin, même si est particulièrement réussie. Pour moi, le dernier tiers du roman n’est pas au niveau de ce qu’il laissait entrevoir et j’aurai aimé peut-être un peu plus de pages pour un développement plus optimal !
C’est dommage, cela ne m’a pas ôté le plaisir “global” de ma lecture, mais je suis passé à côté d’un coup de cœur.

Un Polar noir et mystérieux marqué d’une certaine “folie”, à l’humour pétillant, qui nous propose une enquête à rebondissements allant de surprises en surprises !

Un grand merci aux Éditions “Des livres et du Rêve”, et à Pascal pour la confiance qu’ils m’ont témoignés lors de la réalisation de la couverture !

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Extraits :

« Ces mots m’avaient brisé ! Et aujourd’hui, d’autres questions se bousculent : que contenaient-ils ? Qui étaient les dix autres ? Que s’était-il passé avant moi ? Je veux savoir si d’autres cahiers comme le mien ont été « légués », ça tourne à l’obsession. Ludmilla, quelle a été ta vie avant moi ? As-tu souhaité que ces témoignages nous reviennent ? Difficile à croire, alors que tu es partie si subitement ! Tu n’as rien pu envisager, pas avec un départ si imprévisible. Je veux en avoir le cœur net et il n’y a qu’un homme pour me renseigner. »

« L’ascenseur s’élève et je commence à bien angoisser ! Je vais pénétrer dans l’enceinte de la rédaction de ELLE ! Et ça, c’est déjà incroyable ! Mais la cerise sur la forêt-noire, c’est que je rencontre d’ici quelques minutes Valérie Tonarian, LA directrice de la rédaction, et là, c’est plus que phénoménal ! »

« Après les obsèques, j’ai volé de mes propres ailes comme on dit et si quelques compagnes ont traversé cette période, ce n’était qu’étincelles dans ma noirceur. Elles ressemblaient à Ludmilla, avaient le goût d’elle, sa beauté parfois, mais elles n’étaient pas Ludmilla et ne me laissaient que l’absence. Ma vie se résume à peu. Je n’ai plus rien désiré, plus vécu. »

« Deux minutes plus tôt, tu étais encore en moi, mon amour. Je t’ai à peine aperçue petite fille, mon enfant, ton premier cri… et puis la sage-femme t’a ôtée de moi pendant que l’accoucheur curait mes entrailles. Les jambes dégoulinantes de sang, j’ai couru pour te rattraper dans le couloir, pour t’arracher à leurs bras de marbre et ils m’ont attachée, piquée comme une bête… Mon bébé à moi accouché sous X ! »

 

Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.

Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Commandant François Chanel
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/10/commandant-francois-chanel/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Amour, Émotion, Drame, Roman

Liv Maria

de Julia Kerninon
Poche – 3 mars 2022
Éditions : Folio

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“D’une certaine façon, la distance n’était plus la question, où qu’elle vive à la surface de la Terre, elle ne pourrait échapper au rayonnement du passé, aux conséquences de ses actes.”
Née sur une petite île bretonne, Liv Maria grandit au milieu des livres. À dix-sept ans, elle est envoyée à Berlin où, le temps d’un été, elle fait une rencontre qui bouleversera le cours de son existence. Éprise de liberté, elle deviendra tour à tour une amoureuse, une aventurière, une libraire, une mère, et connaîtra mille vies. Mais laquelle est véritablement la sienne ?

Julia Kerninon brosse le portrait éblouissant d’une femme qui, malgré un secret inavouable, cherchera sans cesse à réécrire son histoire.

 

• Couv_2024-075_Kerninon Julia - Liv Maria

 

Encore une très belle plume !
Décidément, les femmes prennent de plus en plus de place dans la littérature, et c’est tant mieux !

Enfant libre et solitaire, Liv Maria a 17 ans. Son père est Norvégien et sa mère française. Suite à une tentative d’agression sexuelle sur son île de naissance, ses parents la contraignent à l’exil chez une tante à Berlin le temps d’un été. Elle prendra des cours d’anglais en attendant la rentrée scolaire. Mais la rencontre avec son professeur d’origine irlandaise va bouleverser son existence.

Envoûté par l’héroïne dès les premières pages, forte dans son corps et dans son esprit, j’ai savouré ce récit très bien construit, pages après pages.
La liberté a un prix cher à payer, elle le sait, mais Liv Maria, l’accepte et assume les choix de son destin jusqu’à la dernière page.

Elle voyagera à travers le monde, entrera de plein pieds dans le monde des affaires, exercera plusieurs métiers et vivra plusieurs vies éprouvant sa vie sexuelle comme elle l’entend, sans aucun regret.
Pourtant…
Pourtant, au fond de son cœur, tout au fond, elle cache une blessure secrète qui ne pourra jamais cicatriser.
Partir, revenir, fuir, quitter, recommencer…
Une histoire éprouvante et difficile, mais ô combien émouvante et sensible.

Merci Julia, pour cette vision de femme qui a su me séduire dans un contexte qui m’a agréablement séduit !

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Extraits :

« Mes parents font l’amour et je ne suis pas encore là.
Quand ils escaladent l’escalier de leur chambre, juste après le déjeuner, et qu’ils s’enfouissent sous les duvets de leur lit bateau, je regarde les mouvements de reins de mon père et je m’étonne qu’un homme d’un mètre quatre-vingt-dix et de cent vingt kilos puisse onduler comme ça. Seuls les petits pieds de ma mère dépassent du cadre de bois sculpté. Secrètement, je m’imagine que, la nuit, mes parents retrouvent la même taille, que la nuit, ils sont égaux. »

« Même quand elle était enfant, elle était une enfant Tonnerre et les gens l’avaient respectée. À cause du café, à cause de sa mère, à cause de ses quatre oncles aux mains gigantesques, à cause de son père étranger à l’accent chantant. La richesse du monde l’émerveillait, son monde débordant de collines, d’eau salée et de moutons qui se tordaient le cou pour la regarder passer, à travers le nuage de poussière qui la suivait sans jamais la rattraper. C’était sa vie et elle en était pleinement satisfaite. »

« Non, à l’époque, elle ne savait pas, elle ne savait rien, elle se réveillait le dimanche matin à côté de Fergus et elle le regardait dormir, son corps compact contre lequel elle se lovait en cuillère, et au réveil, sa bonne humeur inattaquable, sa volubilité. Fergus à quarante ans.
Cette personnalité si expansive et si secrète à la fois, impénétrable. Sanguin. Chaleureux.
Tragique. »

« C’est Bettina qui avait pris l’appel, et quand elle avait annoncé la nouvelle à Liv Maria, à travers ses larmes, celle-ci était restée sans voix. Plus de parents. Plus jamais sa mère, plus jamais son père. Plus jamais la vie qu’elle avait connue avec eux. Plus jamais les odeurs familières, la mémoire commune, les doigts osseux de Mado entrelacés aux siens. Plus jamais l’enfance. »

Née en 1987 dans la région nantaise, Julia Kerninon est thésarde en littérature américaine. Son premier roman, Buvard, a reçu de nombreux prix, dont le prix Françoise Sagan. Elle a été lauréate de la bourse Lagardère du jeune écrivain en 2015.
Son deuxième roman, Le dernier amour d’Attila Kiss, a reçu le prix de la Closerie des Lilas en 2016.
En 2017, Julia Kerninon publie une courte autobiographie, intitulée Une activité respectable. Elle y raconte son enfance et sa passion pour l’écriture.
2018 parait Ma dévotion, qui retrace une histoire d’amour du début à la fin. L’auteure reçoit le prix Fénéon.
2020 sort Liv Maria, un portrait de femme qui remportera deux ans plus tard le prix Folio des libraires, organisé en partenariat avec Télérama.
2021, elle publie un essai, Le chaos ne produit pas de chefs-d’œuvre : les écrivains, le travail et la légende, issu de sa thèse et consacré à John Steinbeck, Ernest Hemingway et William Faulkner.
2022, elle publie un court roman autobiographique, Toucher la terre ferme, sur le fait de devenir mère tout en restant soi. Le roman sort en poche en août 2023.
2023, elle co-écrit l’ouvrage Mères sans filtre, publié chez Solar Editions, avec sept autres autrices dont Camille Abbey, Renée Greusard et Claire Tran. Elle y raconte son expérience de la maternité et les difficultés inhérentes.
Le 17 août 2023, elle sort son septième roman intitulé Sauvage. Le roman dresse le portrait d’une femme forte, à l’image de deux de ses précédents romans Liv Maria et Ma Dévotion. Il raconte l’histoire de la mère de famille et cheffe de restaurant Ottavia Selvaggio, dont le nom de famille veut dire sauvage en italien et dont les choix de vie sont remis en cause par le retour d’un ancien amant.

Amour, Émotion, Humour, Poésie

Le ciel au ventre

de Alain Cadéo
Broché – 25 juillet 2024
Éditions : Les cahiers de l’Égaré

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Échographie. Premier cliché de face. Impressionnante silhouette. Dix centimètres, trente cinq grammes, deux mois et demi. Là les yeux, le nez, la bouche, les épaules, les bras, sortes de taches noires, comme un test de Rorschach, vague ressemblance avec une figure Sépik ou peut-être un dessin de la mythologie Eskimo. J’opterais plus volontiers pour une sorte d’amulette indienne. Voilà ce que je vois de toi. C’est aussi impressionnant qu’une esquisse primitive sur la paroi d’une caverne.
Genèse de l’homme. Ta représentation est digne d’un grand peintre sorcier. Chaman sortant du vide, tu te dessines à l’effigie de tous les premiers arts sacrés.

 

• Couv_2024-074_Cadéo Alain - Le ciel au ventre

 

Alain Cadéo fera définitivement partie des auteurs qui auront marqué mon esprit, qui auront marqué mon sang.

Tout d’abord un grand merci à Martine Cadéo ainsi qu’aux Cahiers de l’Égaré pour ce cadeau inestimable…
Alain m’a permis une nouvelle fois, de partir à travers ses lignes, dans ce monde qui était le sien, un monde rempli d’images, un monde vrai, sans concession.

Qu’il y a-t-il de plus fort qu’une déclaration d’amour ?
“Le ciel au ventre”.
Dans cette correspondance qui durera sept mois, Alain s’adresse à son fils emmitouflé bien au chaud dans le ventre de sa mère. Sept mois, à la faveur de la nuit, où les échanges et les silences leur permettront de devenir père et fils. C’est émouvant, c’est touchant…
Cette réédition d’un livre publié il y a 30 ans, Alain y tenait, il est malheureusement parti avant… Mais il nous laisse sa prose toute personnelle à laquelle il avait décidé de ne pas toucher, ”Et c’est très bien ainsi…”.

Les jours, les mois défilent pages après pages, ils sont poésie quand ils ne se transforment pas en musique, parfois même en silence dans la nuit, lorsque “Liouma” est endormie.
Une rencontre avec un petit être, Ludovic, qui grandit doucement, faire sa connaissance alors qu’il est dans le ventre de sa maman, en attendant le terme de son premier voyage.

Un livre au titre magnifique, inclassable où une fois encore, les mots se transforment en sons pour mieux résonner dans notre esprit, nous offrir l’essentiel, faisant ainsi pulser le vrai rythme de la vie.

Merci Alain…

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Extraits :

« Fouetté au sang par la passion des alphabets
je pars vers minuit dans cette délicieuse et tout à fait
inexplicable, envie de bâtir un langage.
Avec toi je veux aller chercher dans une zone claire
les plus beaux mots de l’univers.
À fleur de peau, les ramener afin que nous sentions
ce frisson impalpable de la vie en train de se faire.
Je suis devenu un pêcheur de concepts oubliés.
C’est ainsi que d’énormes poissons d’ombre
issus des fonds d’un lac glaciaire
viennent à la surface de mes pages. »

« Ta mère et toi, vous êtes juste au-dessus de ma tête. C’est un peu comme si je pilotais un sous-marin derrière ma fenêtre. Il est bon de vous savoir tous les deux endormis, rassurés, tandis que je vous fraye un chemin au fond de l’océan. »

« En ce moment, je m’éveille chaque matin avec un large sourire. Je suis heureux d’écrire sans savoir où je vais.
Je suis heureux de vivre pour la même raison. Le tout avance sans effort. »

« André Chouraqui a un mot merveilleux pour tous les défenseurs de causes perdues. Il les appelle les “mendiant de l’impossible”. Lorsqu’on mesure les divergences d’opinions entre une vingtaine d’individus cherchant à former une famille, on comprend mieux l’écrasante tâche que représente la volonté d’unir juifs, musulmans et chrétiens. »

 

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont Stanislas (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Il est avant tout un passionné des autres, des humbles, ceux qui lisent les mots, les portent et les défendent… Ses textes sont toujours exigeants, en perpétuelle recherche de chemins différents, à l’image de l’homme, singulier, sincère et altruiste, mais aussi inclassable, comme sa littérature.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il vit à Évenos, en Provence.

Sa bibliographie complète est la suivante :

Les Voix de Brume (1982, nouvelles)
Stanislas (1983, roman)
La Corne de Dieu (1983, roman)
L’Océan vertical (1983, roman)
Le Mangeur de Peur (1984, roman)
Macadam Epitaphe (1986, texte)
Le Ciel au ventre (1993, texte)
Les Anges disparaissent (1998, roman)
Fin (1999, texte)
Et votre éternité sera la somme de vos rêves (2008, roman)
L’Ombre d’un doute (2008, théâtre)
Les Réveillés de l’ombre (2013, théâtre)
Zoé (2013, roman)
Chaque seconde est un murmure (2016, roman)
Des Mots de contrebande (Aux inconnus qui comme moi…) (2018, texte)
Comme un enfant qui joue tout seul (2019, roman)
Mayacumbra (2019, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/26/mayacumbra/
Lettres en Vie (2020, texte illustré)
Confessions (ou les spams d’une âme en peine) (2021, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/06/03/confessions-ou-les-spams-dune-ame-en-peine/
Arsenic et Eczéma (2022, théâtre)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/06/arsenic-et-eczema/
L’Homme qui veille dans la pierre (2022, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/08/lhomme-qui-veille-dans-la-pierre/
M (2023, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/08/m/
Billets de contrebande (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/03/04/billets-de-contrebande-inedits/

Anticipation, Émotion, Dystopie

Les enfants de l’avenir

de Cynthia Jhaveri
Broché – 2019
Éditeur : Éditions Eclectica

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Kara, 17 ans, vit à Lifeland, un pays dont un conglomérat a pris le contrôle il y a longtemps. Afin d’éviter la fin programmée des humains, la fonction principale de ses habitants est désormais de concevoir 4 enfants et de les élever jusqu’à ce que ces derniers prennent la relève. Quand le tour de Kara arrive, celle-ci, très déterminée, refuse de se plier aux règles de ce monde « merveilleux » où les familles sont pourtant chouchoutées.
Elle s’enfuit, s’exposant ainsi au sort réservé aux rebelles.
Seule, pourchassée, toujours à l’affût du moindre danger, elle apprend qui elle est vraiment à l’intérieur d’elle-même et se découvre des capacités insoupçonnées. Au cours de cette folle fuite à travers tout le pays et de sa lutte quotidienne pour la survie, elle rencontre de nombreux personnages énigmatiques. Des ennemis surtout, mais aussi des individus qui prétendent vouloir l’aider. Mais peut-elle vraiment se fier à eux ?

 

• Couv_2024-073_Jhaveri Cynthia - Les enfants de l'avenir

 

Cela fait plus de 45 ans que je parle régulièrement autour de moi, des romans que j’ai lu. Ceux qui m’ont plu surtout !
On le fait bien pour les films ou pour la musique. J’ai pensé très jeune qu’il devait en aller de même pour la littérature. Puis, j’ai grandi, un jour je me suis rendu compte que je n’avais rien inventé, que c’était même un métier qui existait… Je me souviens d’avoir ressenti une bouffée de plaisir ce jour-là.
Plus tard, je décidais de partager avec ma “libraire” des petites chroniques que je faisais à la main et que nous posions sur les livres qu’elle vendait. Plus tard encore, c’est l’informatique qui est venue me donner un sacré coup de pouce, me permettant de classer, d’archiver mes différents articles.
Mon métier aussi m’a fortement aider à la mise en page et depuis 2018 mes “Ressentis” ont vu le jour sur Facebook…

Aujourd’hui, pour la première fois, il s’est passé quelque chose que je n’avais encore jamais vécu, même jamais anticipé.
Les milliers de livres que j’ai achetés durant ma vie, et dernièrement la centaine de “SP” que je reçois tous les ans ne facilitent pas toujours mes choix et l’ordre de mes lectures. Mais je m’adapte, je jongle souvent, vous ne pouvez même pas vous l’imaginer.

Aujourd’hui… Je suis triste.
Très triste même… Au point de me sentir un peu coupable, d’avoir l’impression d’avoir fait une faute malgré moi.

“Les enfants de l’avenir” se trouve sur mes étagères depuis plusieurs années déjà. J’ai fait passer d’autres romans avant celui-ci, jours après jours, mois après mois, années après années. Hier soir, je suis allé, comme régulièrement faire “un tour” dans mes livres à lire, pour voir quel serait le nouvel “élu”…
Et c’est celui-ci que j’ai pris.
J’avais retardé ce moment, mais je savais au fond de moi qu’un jour, il me faudrait le lire.

J’ai rencontré Cynthia Jhaveri, juste avant la Covid et je me souviens d’une femme charmante et très souriante.
J’ai lu son livre d’une traite cette nuit…
Comment lui dire maintenant, que son roman m’a touché, m’a emporté.
Cynthia n’est plus… elle nous a quittée…

J’aurais tellement aimé pouvoir parler de son roman avec elle, de ce qui se déroule dans notre politique actuelle…
Son message est tellement clair, elle avait tout compris… bien avant moi. Elle avait compris et décidé de nous raconter sa vision du futur à travers une trilogie, dont je n’ai même pas les deux autres tomes, que je vais m’empresser de me procurer, afin de les lire au plus vite !

Kara à 17 ans.
Elle a décidé de dire non à ceux qui veulent contrôler sa vie.
Elle a 17 ans, mais est bien plus mûre que ses quelques amies. De plus elle a un don que lui a accordé la nature et surtout, elle est consciente de tout ce qui se déroule sous ses yeux, que sa vie n’est qu’une mascarade et que seuls quelques “élus” auront le droit de vivre comme ils le souhaitent, les autres, ne sont que des pions.

Les autres… n’ont le droit que de s’incliner devant le pouvoir, afin de “vivre” les quelques années qu’on leur a autorisées.
Les autres… C’est nous !

Où que tu sois, merci Cynthia…

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Extraits :

« Selon les lois du régime des élus, tout garçon et toute fille entre l’âge de 15 et 17 ans vivant à Lifeland, son pays, devait trouver un compagnon et commencer a procréer au plus tard à l’âge de 18 ans. Cette loi avait été édictée lorsque leur société avait failli s’éteindre. À cette époque, les femmes étaient très actives. Elles travaillaient, avaient des responsabilités importantes et faisaient peu d’enfants. Une épidémie, qui avait tué un certain nombre d’entre elles ainsi que de nombreux jeunes, s’était rajoutée à cela. Des mesures sévères avaient donc été prises par le régime pour pallier l’appauvrissement en enfants et la fin programmée des humains. »

« – Soyons clairs, lança-t-elle pour ceux qui les espionnaient. Il n’est pas question qu’il se passe quoi que ce soit entre nous. On peut partager le lit, mais N’ESSAIE MÊME PAS DE ME TOUCHER.
— Je n’en ai ni l’envie ni l’intention, rétorqua Cory. Mais merci de ne pas me laisser dormir dans la baignoire.
C’était une boutade. Il n’y avait pas de baignoire, juste une petite douche.
– C’est dommage, pensa Kara. Dans d’autres circonstances, nous aurions peut-être pu devenir au moins des amis. Mais pas comme ça. »

« Quand je pense à ces minables qui criaient de joie sur leur bateau, s’exclama l’un d’entre eux.
Kara se raidit. Elle avait un mauvais pressentiment. Un très mauvais pressentiment.
– C’est toujours la même chose, renchérit un autre. Ils ne savent pas ce qui les attend. Dire qu’ils gobent toutes ces conneries qu’on voit sur les diffuseurs pour “la retraite”.
– Tu parles d’une retraite, s’esclaffa un troisième. S’ils pensent avoir eu une vie difficile, ils vont être surpris par sa fin. »

« Elle se réveilla en sursaut sur la table, haletante comme si cela n’avait pas été un cauchemar et que des doigts avaient vraiment emporté le souffle de sa vie. La peur au ventre, elle renversa la chaise sur laquelle elle était encore assise, s’empara d’un coussin, de son sac à dos et s’enfuit de la maison aussi vite qu’elle le put. Cela avait semblé trop vrai. Elle avait du mal à croire que ce n’avait été qu’un cauchemar. Peut-être était-ce un rêve prémonitoire. »

Cynthia Jhaveri est née à Beyrouth d’un père d’origine indienne et d’une mère suisse allemande. Ses parents se sont ensuite établis à Genève où la Suissesse a grandi et effectué son cursus scolaire. Mariée à un Breton, cette jeune quadragénaire dynamique a travaillé toute sa vie en tant que journaliste pour la presse romande puis dans la communication d’entreprise.
L’imaginaire est son univers et l’écriture sa passion depuis l’âge de 8 ans, où elle a rédigé sa première histoire sur la différence.

Elle décède à l’âge de 48 ans, après un long combat contre sa maladie.

Noir, Polar, Thriller

Moorland

La triade irlandaise**
de Gérard Coquet
Broché – 25 avril 2024
Éditeur : M+

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1981, Albanie.
Connais-tu ce pays qui s’effondre ? Celui de l’aigle à deux têtes. Celui d’un monde cerné de murs dressés par l’arrogance des hommes. Celui des pierres lustrées du sang des révoltés.
Le Kanun, indifférent, regarde le rapace s’éteindre, persuadé que la folie ne meurt jamais.
Personne ne sait comment arracher le coeur du mal.

2015, Irlande.
Connais-tu ce pays de tourbe et de cailloux ? Des morceaux d’âme si lourds que tes bras ne pourront jamais les porter. C’est ici, sur cette terre brûlée de Moorland, que l’aigle fou est revenu se poser, assoiffé de vengeance.
Ciara McMurphy ne le connaissait pas, pourtant elle dansera avec lui la valse des morts.

 

• Couv_2024-072_Coquet Gérard - La triade Irlandaise** - Moorland

 

Dans ce second volet, qui fait suite à Aughrus point mais qui peut se lire indépendamment, Gérard Coquet commence son récit dans un pays que je connais finalement assez peu, l’Albanie.
Nous sommes en 1981.
Susan, journaliste irlandaise accompagnée de son fils Bobby, doivent fuir le pays à tout prix, elle représente un danger pour le dictateur et président, Envers Hoxha, qu’elle souhaitait approcher.
Bessia Bajrami chargé de la surveiller, par amour, va tout faire pour l’aider à quitter l’Albanie, pays où les clans se livrent à des guerres, à des massacres qui n’arrêtent jamais au nom du Kanun.

Puis l’auteur nous entraîne en 2015, de nouveau en Irlande, si chère à son cœur, où nous retrouverons Ciara McMurphy et son second, Bryan Doyle, mandatés par le MI6 et Interpol, afin de retrouver Bobby le Fou, un indépendantiste ayant de nombreux morts à son actif, arrivé dans son Irlande natale après 15 années en prison en Albanie. Ils devront déjouer de nombreux pièges et affronter des monstres créés par les différents conflits de clans irlandais et albanais, afin de remplir leur mission !
Mais je ne vous en dis pas plus… Juste encore un peu… Vous allez en prendre plein les yeux !!!

Une intrigue prenante, des personnages engagés, une plume particulièrement érudite et soignée.
Venez découvrir ce thriller violent et immersif, au suspense omniprésent, porté par un véritable conteur qui nous propose un final que je n’ai pas vu venir !

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Extraits :

« Depuis plusieurs semaines, foutre le camp est devenu une obsession, mais avec son gamin qui l’attend dans l’appartement étriqué de la rue du stade Qemal Stafa, c’est impossible. Quelle connerie d’avoir emmené son fils avec elle ! Dans ce pays de psychopathes qu’elle idolâtrait encore, il y a moins d’un an, Bobby est pire qu’un boulet à traîner. Le dernier maillon d’une chaîne invisible qu’un marionnettiste militarisé tire de temps en temps pour lui rappeler d’où viennent les consignes. Ici, au pays de l’aigle à deux têtes, on respecte les ordres. On obéit et on la ferme. Le peuple ne lève les yeux que pour regarder vers le Ciel du dieu Enver Hoxha.
À forte dose, c’est irrespirable. »

« L’homme qui la fixe n’a pas d’âme, un sourire condescendant et le regard plus incisif qu’un scalpel. Le découpage commence par le haut, à la racine des cheveux, glisse sur ses yeux, ses pommettes, le bas de son visage, son cou. Le froid s’éternise sur ses seins, soupèse les fantasmes qu’inspire sa poitrine, avant de descendre vers son ventre et de s’attarder sur ses hanches. »

« Assise dans la cuisine, Susan n’a pas voulu ôter la chaînette qu’elle porte autour de la cheville. Que Çarçani aille se faire foutre! Ce morceau de métal doré est le seul souvenir qui lui reste de son Irlande natale.
Un point d’ancrage. »

« Le récit de Bobby le Fou débute à son arrivée en Albanie. Toutes ses descriptions, celles des lieux, des événements ou des individus, ne sont pour lui que des mauvais souvenirs. De cette époque, il ne conserve surtout qu’une image viciée de sa mère. »

 

Gérard Coquet est né le jour anniversaire de la mort de Louis XVI… le 21 janvier 1956. Mais il jure encore qu’il n’y est pour rien. Issu d’une longue lignée de blanchisseurs, il passe son enfance avec sa jumelle à se cacher au milieu des draps séchés au vent. Puis dans un ordre aléatoire se succèdent le collège des Lazaristes, un diplôme d’expert-comptable, la guitare basse et la création de ses premières chansons. D’ailleurs, tout vient sans doute de là, l’écriture…
Après la reprise de l’entreprise familiale, il devient juge consulaire avant de créer récemment un cabinet d’archi. Ce qui ne l’a jamais empêché d’adorer la charcuterie, le gamey, le tablier de sapeur et la cervelle de canut ! Sauf bien sûr quand il se ressource en Irlande avec la pêche à la mouche et la Guinness.
Il est aussi le vrai nom du deuxième « clavier » de Page Comann avec Ian Manook. Souviens-toi de Sarah et OUTAOUAIS ont été signé sous ce pseudo.

Son pays de prédilection est l’Irlande où il a séjourné à de nombreuses reprises et dont il s’est imprégné de la culture.

Aughrus Point- La triade irlandaise*
https://leressentidejeanpaul.com/2023/09/08/aughrus-point/

Émotion, Drame

Plus fort que la nuit

de Frédéric Lepage
Broché – 12 septembre 2024
Éditeur : Taurnada Éditions

• Bandeau_Intro_2

En arrivant à New York, Lana Harpending, cavalière hors pair et nouvelle recrue de la police montée, ne s’attendait pas à tomber doublement amoureuse.
D’abord, de son camarade de patrouille, Paul, qui va se retrouver au centre d’une affaire criminelle effroyable. Mais aussi du cheval qui lui est attribué, un appaloosa nommé Éridan, caractériel selon la rumeur, et dont elle parvient peu à peu à gagner la confiance.
Bientôt, un secret terrifiant vient se glisser entre Lana et son cheval. Un secret qui, dévoilé, pourrait entraîner la mort d’Éridan.
Alors, elle va faire un pari fou, et tenter l’impensable.

 

• Couv_2024-071_Lepage Frédéric - Plus fort que la nuit.jpg

 

Encore un très bon roman “Taurnada” qui sort des sentiers battus !

La couverture laissait pour moi entrevoir un récit particulier, voire intimiste… Il va beaucoup plus loin !

Lana, après quelques années dans la police de New York, réalise son rêve en faisant aujourd’hui partie de la police de la capitale. Elle chevauche au quotidien un cheval “appaloosa” qui se nomme Eridan. Les relations avec son nouveau camarade de patrouille, Paul, après des débuts assez compliqué vont petit à petit se relâcher et atteindre naturellement un doux sentiment qui la mènera vers l’amour. L’amour envers son nouvel “homme” et un attachement très particulier envers son cheval.

Leurs enquêtes avancent ainsi le long de journées bien remplies, où ils ont hâte de se retrouver le soir et de s’aimer…

Mais Frédéric Lepage, décide de prendre le lecteur à contre-pied, et c’est le lien qui unit Lana et son cheval qui va devenir le fer de lance du récit. Mais leur situation va prendre un tour dramatique pour chacun de nos héros…

C’est un sujet très original que nous propose l’auteur. Nous restons dans un polar avec des ramifications multiples sur plusieurs meurtres, mais c’est la passion et la connexion de Lana envers Eridan qui m’ont vraiment portés dans le récit. Finis les classiques polars linéaires, nos auteurs français, nous happent véritablement, en jouant avec nos émotions. Personnellement, je valide à cent pour cent. L’amour envers un cheval, un chien qui n’aura de cesse que de sauver celui qui est devenu son meilleur ami et tout ça avec beaucoup de respect et de psychologie. Les barrières tombent. Lana est prête à tout désormais pour sauver son ami à quatre pattes.

Merci aux éditions Taurnada pour ce roman qui mérite sa place dans le monde de la littérature policière, mais pas que !

Une très belle surprise pour ce roman qui ne s’adressera pas uniquement aux amoureux de la race équine, mais aux amoureux de la justice.

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Extraits :

« L’homme est blond. Il dort sur le dos, les bras le long du corps et les jambes parallèles. Il a la poitrine étroite. Au-dessus des pectoraux, un duvet forme un triangle qui pointe vers le bas et se prolonge d’un chemin pileux. Celui-ci contourne le nombril et se perd dans le court foisonnement d’un pubis taillé et égalisé à la tondeuse. Sa poitrine se soulève faiblement et lentement, ses lèvres sont fermées, aucun ronflement ni bruit organique ne s’échappe de son corps.
Lana se lève. Ils ont fait l’amour par-dessus les draps, sans déranger la literie. »

« Rosa a sûrement raison. Lana interprète abusivement le langage corporel d’Éridan. Elle prête sans doute à son cheval, en réalité, sa propre peur : l’angoisse de gâcher ce jour, l’un des plus importants de sa vie, sans s’en rendre compte. Elle s’est juré depuis si longtemps de ne quitter les chevaux des grandes plaines que pour rejoindre ceux des prairies de bitume !
Et la voilà, aujourd’hui, cavalière officiellement intronisée au sein de la City Police Department Mounted Unit. C’est sûrement elle, et non Eridan, que les obstacles pourtant déjà surmontés terrifient encore. »

« “Je suis désolée. Dans trois jours, un van viendra chercher Éridan. D’ici là, il ne doit pas sortir. Il partira sans s’en rendre compte, sous anesthésie générale, d’un arrêt respiratoire immédiatement suivi d’un arrêt cardiaque.”
Pour Lana, ces mots sonnent comme le bris d’une porcelaine précipitée sur un carrelage. »

« – Que feriez-vous si votre chien le plus cher devenait aveugle ?
– Je lui construirais un monde plein d’odeurs et de sons. Je piégerais des objets aromatiques dans des boules pour stimuler ses sens, lui jouerais de la guitare, lui soufflerais dans les narines après avoir mangé du chocolat, placerais dans sa niche mes vieux tee-shirts afin que mon odeur le rassure, pendrais aux buissons des carillons à vent et, aux arbres, des clochettes qui tintinnabuleraient. Je m’assurerais surtout qu’il ne me quitte jamais. »
Lana lui prend la main.
Il est le petit frère que ses parents ne lui ont pas donné. »

Frédéric Lepage est écrivain, auteur et producteur de plusieurs centaines d’émissions et de documentaires.

Frédéric Lepage est auteur de romans tels que La Fin du septième Jour ou La Mémoire interdite (éd. Robert Laffont), publiés dans de nombreux pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Japon ou la Grèce, et de nombreux essais sur des sujets allant de la science (Les Jumeaux : enquête) à la gastronomie (À Table avec Chirac), éd. Michel Lafon, en passant par une anthologie des plus belles prières du monde.
En 2008, il crée une collection de romans pour enfants, Micah et les voix de la jungle, qui obtient de nombreux prix (Ed. Lattès).
En tant qu’éditeur au sein des Éditions Michel Lafon, Frédéric Lepage a supervisé en 2012 la publication du livre de Julien Lepers, Les fautes de français, plus jamais. Puis vient, en 2014, signé du même auteur, Les mauvaises manières, ça suffit !
En 2016 paraît aux éditions Robin (Italie) son roman Il Congresso delle scimmie.
En 2017, Frédéric Lepage rencontre Alexandre Lafont, un jeune épileptique youtubeur, qui parle de sa maladie avec humour et dérision. Ils écrivent ensemble son histoire. Le livre, Je suis Epilepticman, est publié en avril 2018 (éd. Plon).
Frédéric Lepage est l’auteur du premier guide touristique de la France écrit spécialement pour les visiteurs chinois : Bonjour China publié, en chinois mandarin, à Pékin (éd. China Light Industry Press).
Septembre 2019 : parution de Le Concile des singes (éd. FLM).
Plus récemment, Frédéric Lepage a publié Si la bête s’éveille (éditions Plon), qui a obtenu le prix du meilleur roman francophone au festival polar de Cognac 2021.
En 2023, N’oublie pas d’avoir peur (éditions Robert Laffont).

Auteur de fiction pour la télévision, Frédéric Lepage créée avec Caroline Glorion et Marc Eisenchteter, en 2023, la série Flair de famille, avec Samuel Labarthe et Sylvie Testud. Le premier film de la collection, diffusé le 8 avril 2923 en prime time sur France 2, s’est classé largement en tête des audiences. Le deuxième film de la collection a été tourné à l’été 2023.

En avril 2023 est créée au théâtre du Gymnase (Paris), la pièce de Lepage, Marcel & Reynaldo, un spectacle musical sur la relation amoureuse, puis amicale, entre Marcel Proust et le compositeur Reynaldo Hahn.

Amour, Émotion, Humour, Philosophique, Poésie

Pensées Clandestines

de Lou Valérie Vernet
Broché – 27 avril 2018
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Tout laisser tomber.
Ce qu’on avait à faire, ce qu’on faisait.
Tout donner à l’autre,
Prendre le temps d’être avec lui.
Cinq minutes ou une heure,
Complétement là.
S’apercevoir que cet autre n’était que soi,
Qui attendait qu’on le prenne dans ses bras.

 

• Couv_2024-070_Vernet Lou Valérie - Pensées Clandestines

 

“Petite” lecture de chevet qui m’a accompagné partout pendant quelques semaines…

Très beau recueil de pensées et plus encore. Lou à l’art de me surprendre à chacun de ses livres. Pensées Clandestines n’échappe pas à la règle.
Sourires, larmes parfois, mais émotions surtout, ce petit livre m’a fait passer par tous les états. Chaque page, chaque ligne, chaque mot est une véritable surprise que l’on ne voit pas arriver.

Entre chansons, comptines et poésie, l’auteure nous démontre encore une fois la maîtrise de son art. C’est beau, c’est triste et tellement puissant.

Impossible de vous dire combien de fois, je l’ai relu, mais chaque passage était comme un baume sur mon esprit et dans mon cœur. Le matin au réveil, le soir avant de m’endormir, parfois juste une phrase à peine.
N’hésitez surtout pas à le conserver tout proche de vous et de revenir régulièrement piocher le mot qui vous permettra de vagabonder, de vous envoler loin, très loin devant…

Les pensées que Lou nous offre appartienne à la vie. Elle ne triche pas et c’est là son grand talent.

Coup de cœur !!!

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Extraits :

« Aux pires cauchemars, les grands remèdes.
Que vous soyez en plein burn-out, sous la pluie, coincé dans un embouteillage, tributaire d’une grève, le moral à zéro, désespéré d’avoir manqué une fois encore la chance de votre vie, ce florilège de pensées est pour vous. »

« Il y a des femmes qui font rêver à l’amour, à qui l’on pourrait tout concéder, chez qui on voudrait tout déposer.
Des femmes pour qui les mots doux, les fleurs et la passion ont été inventés.
Des femmes qui restent longtemps à hanter le cœur d’autres femmes. »

« Tant mieux. S’il meurt demain. Tant mieux.
Il n’avait qu’à m’écouter. Je ne voulais pas que ma dernière pensée soit pour ce que je n’ai pas fait.
J’ai pris l’arme et j’ai tiré. Une fois, il est tombé.
Deux fois, moi à côté. C’est bien. Si on meurt ensemble. C’est bien.
Au moins, on ne sera pas séparé. »

« Le matin s’est levé sur un ciel noir.
L’orage était là. En attente. Une chape de misère recouvrait Paris. Les immeubles étaient gris, les costumes noirs, les visages blêmes. Plus personne ne souriait dans les rues. Une sourde colère plombait l’atmosphère. Les gens étaient malheureux. Et moi, j’allais hagarde. Sans rien voir.
Je savais qu’il était trop tard. »

« Je déclame et j’écris des murmures de souffrance. Mes horizons sont noircis du feu de mes errances. J’ai perdu le sommeil, il dort mieux ailleurs.
L’amour m’a quitté, elle aime quelqu’un d’autre, autre part. »

Auteure multicartes, Lou Valérie Vernet a déjà publié trois thrillers, deux polars et sept autres livres passant du récit humoristique aux fragments de voyage, du Feel Good au spicilège poétique, du recueil de nouvelles au théâtre. Tous ses ouvrages confirment son talent à manier en virtuose l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Toucher l’instant : ou la trilogie du choix
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/17/toucher-linstant-ou-la-trilogie-du-choix-de-lou-vernet/

Surtout le pire
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/surtout-le-pire-de-lou-vernet/

Acouphanges
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/19/acouphanges/

La toile aux alouettes
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/01/la-toile-aux-alouettes/

Matricule 2022
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/27/matricule-2022/

Grand comme le monde
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/11/grand-comme-le-monde/

Drame, Folie, Psychologie, Thriller psychologique

La Catalane

de Eric Dupuis
Broché – 8 mars 2023
Éditeur : Editions Cairn

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Victoire Rhéexas, gardienne de la paix à la Brigade Anti-Criminalité de Paris, et championne de Boxe, revient sur ses terres natales dans les Pyrénées-Orientales, après dix ans d’absence. Venue se ressourcer, son retour provoque tellement de remous qu’il ne se déroule pas vraiment comme elle l’avait envisagé. Témoin d’une découverte macabre, la policière est plongée bien malgré elle dans une spirale où son passé et ses problèmes personnels vont s’entremêler au coeur d’une affaire criminelle des plus abominables. Vic va devoir jouer des poings, sa discipline favorite, pour espérer rester dans les cordes, et regagner le chemin de la rédemption.

 

• Couv_2024-069_Dupuis Eric - La Catalane

 

Encore une belle surprise. Décidément, cette rentrée est particulièrement attractive…
C’est mon troisième coup de cœur à la suite !

Avec cette intrigue particulièrement prenante, Éric Dupuis frappe très fort dans ce récit mélangeant les genres, mais restant résolument un excellent Polar, avec des personnages différents de ceux auxquels il m’avait habitué. Victoire en est l’exemple principal. J’espère d’ailleurs la retrouver dans une suite ou dans un préquel. J’ai comme l’impression qu’elle a encore de nombreuses choses à nous raconter.

Le récit commence très vite et très fort. Il est d’une violence physique et psychologique très au-dessus des autres romans de l’auteur. Il m’a fallu relire certains passages deux fois, tant ils m’ont surpris, voire estomaqués, mais c’est pour la bonne cause, pour le plaisir du lecteur. Le ton général résolument visuel m’a complètement embarqué comme dans un film, où la facilité aurait été de parfois fermer les yeux pour ne pas subir la violence récurrente du récit. Mais vous aurez beau fermer les yeux, les mots eux, resteront inscrits dans votre esprit quoi qu’il advienne !

Victoire Rhéexas est gardienne de la paix à Paris. Femme attachante et en même temps à fleur de peau, en parallèle c’est une championne de boxe.
Sous le coup d’une procédure disciplinaire, elle va profiter d’un congé forcé, pour se rendre, avec son chien “Mec”, dans sa région natale, dans les Pyrénées-Orientales, qu’elle avait quitté depuis pratiquement dix ans. Aujourd’hui, elle a besoin de se ressourcer et de retrouver ses racines, mais l’accueil de ses amis à son arrivée est plutôt froid. En effet, c’est suite au décès d’un des leurs qu’elle avait quitté la région.
Seul Vincent devenu gendarme, se montrera à la hauteur de leur ancienne amitié. Enquêtant sur l’enlèvement de jeunes garçons de 8 ans et de leurs parents qui disparaissent également, Victoire va s’infiltrer dans son enquête et tenter de l’aider. Faisant son jogging matinal, elle fait une découverte dont elle aurait bien pu se passer…

Un roman qui aborde frontalement les violences conjugales, les violences faites aux enfants et plus encore. D’ailleurs certaines scènes sont particulièrement dures, notamment les scènes de viols, mais elles justifient, je pense le besoin d’Éric, d’écrire ce récit. Rien n’est gratuit, rien n’est de trop…
Éric joue avec nos nerfs et il sait y faire, “embrassant” toutes les émotions qui font de ce récit un excellent Polar !
L’histoire ne laisse pas indemne et chaque rebondissement est un plus, qui vous invitera, je l’espère à aller encore plus loin dans l’univers de l’auteur qui m’a vraiment bouleversé, et dont le Prix Guy Raynaud 2024 ne me surprend pas.

Prix

Un grand merci aux Éditions Cairn pour leur confiance !

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Extraits :

« Le souffle court et rapide, il haletait, tant le désir d’assouvir sa pulsion devenait intense. Dans ces moments-là, il était capable de tout. Il tenta de se contenir, conscient qu’il allait devoir encore patienter. Attendre le moment propice pour agir. Le terrain en pente, l’homme avait remarqué que sa proie descendait parfois récupérer le ballon, en disparaissant quelques instants de l’axe visuel de son camarade. Instant précis qu’il choisira pour frapper… »

« Mon esprit, assez perturbé en ce moment, n’a vraiment pas besoin de s’encombrer des mauvaises ondes insufflées de mon enfance. »

« L’individu encagoulé lâcha un râle de jouissance. Telle une bête en rut, après le coït, il se décolla de l’entrejambe d’Évelyne, non sans laisser couler une traînée de son liquide séminal. Plaquée en position ventrale sur la table, les jambes droites plaquées contre le rebord, la jupe retroussée, elle avait les membres ligotés à chaque pied. Son viol, d’une terrible brutalité, venait de se produire devant les autres détenus, médusés. »

« Myriam eut le temps de constater, avant que leur tortionnaire ne masque son entrejambe, que son sexe était démesuré. Raisons de ses douleurs atroces occasionnées lors des pénétrations forcées et la résultante de ses saignements abondants. »

« Juste pour vous prouver qu’ici, personne ne doit se croire à l’abri, tout le monde est traité à la même enseigne. Et doit suivre un seul et unique objectif : la discipline. La seule notion qui doit vous apporter la sérénité de l’esprit. Le reste n’est que pacotille, futilité… Ramène ton cher mari dans votre chambre, ordonna-t-il à Myriam. »

 

 

Né dans les années 1960 à Courrières dans le Pas-de-Calais, Éric Dupuis poursuit ses études secondaires à Lens avant d’incorporer le premier contingent de policiers auxiliaires en octobre 1986, puis de devenir gardien de la paix en 1987. Après plusieurs années sur la voie publique et trente ans de carrière dans la police nationale en région parisienne, il devient major-instructeur. En tant que formateur en sécurité intérieure, il enseigne aujourd’hui activités physiques et professionnelles : tir, auto-défense et techniques de sécurité en intervention. Il est également passionné par les arts martiaux et notamment par le krav maga, une discipline d’auto-défense qu’il pratique et enseigne en tant que 4e dan.
Dans le cadre de son travail d’acteur et de conseiller technique pour le cinéma et les séries télévisées, il se lance dans l’écriture et propose ses récits. Après Aussi noir que le charbon, il publie un autre polar se déroulant dans le bassin minier : Devoir de mémoire. Un retour aux sources, en quelque sorte…

Aussi noir que le charbon
https://leressentidejeanpaul.com/2019/02/19/aussi-noir-que-le-charbon-de-eric-dupuis/

Devoir de mémoire
https://leressentidejeanpaul.com/2021/07/27/devoir-de-memoire/