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Polar

MATT DUBOIS

Les citrouilles ne sourient jamais
de Ludovic Metzker
Broché – 26 novembre 2019
Éditeur : Independently published

Depuis quelques années, à la même période, des jeunes femmes sont retrouvées assassinées de manière étrange : leur tête est recouverte d’une citrouille.Pour résoudre cette enquête, le pilier de « La cage à poules », une unité dédiée aux crimes déviants, va devoir reprendre du service. « Vous aimez les secrets ? Lui aussi ! »

 

2020_018_Ludovic Metzker - MATT DUBOIS Les citrouilles ne sourient jamais.jpg

 

Bonjour à toutes et à tous.

Pour son dernier roman, Ludovic Metzker a décidé de s’exprimer dans un tout autre genre, le Polar. Après la Science-Fiction, le fantastique et les thrillers, son envie de touche à tout l’a mené naturellement vers le Polar et ce n’est pas pour me déplaire. Ludovic amène un sang neuf, son écriture est très fluide, addictive, et les pages se sont déroulées à toute vitesse !
Par contre, sûrement par choix, lors de la création des personnages aux tempéraments bien définis, je trouve qu’on y a un peu perdu en poésie.

L’intrigue créée par Ludovic est complètement dingue !
C’est là, que l’on retrouve bien l’auteur et son besoin de “se torturer” l’esprit.
Croyez-vous qu’il aurait pu trouver un scénario banal ?
Pas tu tout, il est allé directement vers des horizons nouveaux.
Et en prime, la fin du roman n’est pas une fin… Il y aura une suite !
Matt Dubois n’a pas fini de nous livrer ses secrets !

D’ailleurs, Matt Dubois, je ne l’aime pas.
Anti-héros, fascinant, intelligent avec une capacité d’analyse incroyable… Mais quel RUSTRE !
Il refuse tout ce qui est nouveau et surtout… Il a toujours raison !
Un dialogue avec lui, tourne vite au monologue, il se doit clore chaque débat. Quel caractère !
La galanterie, il ne connait pas. Juste la loi du “rentre dedans”.
Ludovic joue avec son personnage et j’ai pris du plaisir à le détester.

Quand je dis que je ne l’aime pas, que je le déteste, c’est que je ne le supporterai pas dans la vie.
Mais dans le roman, c’est lui qui tien la barre. Il gère, mène son monde, organise et dirige l’enquête à SA façon.

Tiens, il me semble reconnaître quelqu’un !!!

Les autres personnages ne sont pas en reste. Tous bien développés, aucun n’est bâclé, bien au contraire.
Ludovic les a rendu vivant et je me suis attaché volontiers à Joachim et à Melinda.

Cynisme, humour percutant, multiples rebondissements, enquête sordide qui sort des sentiers battus, j’espère très vite retrouver Matt Dubois, “beurk” !

Bravo Ludo, Tu as largement réussi ton pari !

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Extrait :
« – Le tueur romantique ! Il a du goût, il a de la classe et possède une sacrée tendresse vis-à-vis de ses victimes ! Il en serait presque touchant !
Joachim fut assez choqué par ces propos et ne se gêna pas pour le dire en expliquant que bon nombre de femmes éaient victime de ce genre de pratique quotidiennement. Le commandant Dubois tenta de développer son point de vue sur la question :
– John, je n’approuve aucunement cela ! Je dis juste que cet homme, notre tuteur, il sort de l’ordinaire ! Je suis fan de ce mec !
Mais Linda pris la parole :
– Quand vous dites : tu es un romantique… Un viol reste un viol et qu’importe la manière ! Ce n’est pas parce qu’il a utilisé un somnifère et qu’il y a été avec douceur que cela ne reste pas un viol… Vous en connaissez la définition, rassurez moi ? Lâcha-t-elle dans ton colérique. »

 

 

Ludovic Metzker voit le jour à Paris, le 28 juin 1974. Amateur d’histoire et de mythologie, l’auteur voue une passion pour la lecture grâce à des auteurs comme Boris Vian, Alexandre Dumas ou encore Bernard Cornwell et débute l’écriture d’un premier essai lors de ses 20 ans. Mais il commencera la création de son premier projet en 2013 avec la saga L’homme sans nom et la saga Et si demain n’existait plus ?

Commercial dans la bureautique, ancien responsable d’achat dans le prêt-à-porter féminin, passionné d’informatique, de cinéma, l’auteur imagine des mondes qui se veulent novateurs tout en mélangeant les genres.

Noir, Polar, Thriller psychologique

Les Démoniaques

de Köping Mattias
Broché – 6 octobre 2016
Éditeur : RING

C’est l’histoire d’une vengeance.
L’histoire d’une fille qui affronte une bête.
Son proxénète, son violeur.
Son père.

Drogues, meurtres, esclaves sexuelles, pédophilie. Au cœur d’un village qui borde l’autoroute, entre marécages lugubres et forêts profondes, un monstre se déploie.

Depuis la Souille, son repère situé au cœur de la forêt, l’Ours dirige son clan d’une poigne de fer et repousse chaque jour les frontières de son empire criminel.

Sa fille Kimy n’a qu’une obsession : attendre froidement l’heure de la vengeance. Car si personne ne se souvient de son visage, nul n’oubliera sa colère.

Dans un thriller à la densité paroxystique, Köping prend le lecteur à la gorge et connecte, page après page, les fils d’une bombe à retardement. Une onde de choc étourdissante qui fait figure d’événement dans la scène littéraire française.

 

2020_017_Köping Mattias - Les démoniaques

 

Bonjour à toutes et à tous.

La lecture a cette chose de magique qui nous permet en quelques pages de passer ainsi d’un univers à l’autre…

Mattias m’avait bien averti, il m’avait dit que c’était extrêmement noir, mais je ne m’attendais pas à un tel tsunami !

Aucun temps mort dans ce roman très sombre et très addictif.
J’ai régulièrement été mal à l’aise dans certains paragraphes et malgré l’horreur se déversant dans un flot incessant, je ne pouvais pas lâcher le livre…

Kimy et plusieurs autres filles enfermées dans des caves de son QG, subissent les viols réguliers de “l’Ours”, Jacky Mauchrétien, dont elles sont les victimes de toutes ses envies lubriques. Pour tous les autres, tous les pontes des alentours, policiers et cols blancs, tant qu’ils payent, ils sont libres aussi de faire ce qu’ils veulent. Kimy, cherche à tout pris à sortir de ce cercle infernal et veut se venger de l’Ours, son père, à la fois violeur, tueur, dealer, proxénète et pédophile. L’Ours domine, l’Ours fait peur…
Gare à celui ou à celle qui oserait s’opposer a lui !

Mais heureusement, au milieu de toute cette horreur, de toute cette folie, il y a une lueur de beauté qui s’allume soudain.

Le roman va au delà de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent.
Oui c’est cru, oui c’est dur, écœurant même, mais, j’ai l’impression qu’il suffit de regarder ce qui se passe actuellement autour de chez nous, de suivre les actualités, pour se rendre compte de la crédibilité du sujet abordé. Prostitution, esclavage sexuel, drogue et pédophilie.

Pour moi, un très, très bon roman, mais attention, âmes sensibles s’abstenir.

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Extrait :
« Elle s’était débattue quand le fourgon avait stoppé. Le Simplet lui avait asséné quelques bons coups de pieds dans le bide. Puis ils l’avaient traînée hors du véhicule. Elle ruait, soufflait, criait. Les arbres se dressaient en silence dans la brume froide, conspirateurs.

Ils l’emmenèrent en plein milieu de la forêt. Simplet marchait devant en la tirant par les cheveux. Elle suivait tant bien que mal, trébuchant et se démenant avec véhémence. Il parvinrent à une fosse. Une pelle et des sacs de chaux attendaient, prêts à l’emploi. Tout courage l’abandonna alors. Elle cessa de résister. Ils la mirent à genoux. Dany lui trancha la gorge comme à un goret. Elle écarquilla de grands yeux stupéfaits et tomba la tête la première dans le trou. Le Simplet déversa de la chaux sur le cadavre, reboucha l’excavation en sifflotant et s’octroya une bonne bière quand la besogne fut finie. Il urina ensuite sur la tombe et s’en fut de son pas chaloupé de troll. »

 

 

Mattias Köping est né au Havre en 1972, il vit en Normandie. Passionné de littérature nord-américaine et de boxe anglaise, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.

« Les Démoniaques » (2016), son premier roman, a été salué unanimement par la critique et a reçu deux prix littéraires : le Grand Prix du Jury des Mines Noires (2018) et le Prix Découverte des Géants du Polar (2018).

« Le Manufacturier » son second thriller, est le polar le plus acclamé de l’année sur les blogs polars et les réseaux sociaux francophones. Netflix étudie la possibilité de son adaptation depuis novembre 2018.

Mattias Köping est, avec Boris Dokmak, Laurent Obertone et Marsault, membre du Ring Wall of fame.

Émotion, Fantastique, Philosophique

Lilou et la Traversée des Mondes

de Isabelle Mariault
Broché – 20 juillet 2016
Éditeur : L’écrit des Coeurs

Au cours d’un voyage en Italie, Lilou, jeune adolescente fait une rencontre pour le moins surprenante d’un nain qui lui fera d’étranges révélations. Commence alors pour les deux amis, un voyage vers la traversée des mondes où ils rencontreront différents règnes qui viendront grossir les rangs des Guerriers de la Lumière. Tous unis au sein d’un groupe qui deviendra la Communauté de la Roche aux Fées, ils partiront à la découverte de l’inconnu et de ses mystères. De périlleuses rencontres se succèderont et ils auront besoin de redoubler de vigilance pour rester centrer sur leur quête. Découvrez une histoire passionnante où aventure et philosophie se conjuguent pour vous emmener dans une intime exploration du monde magique.

 

2020_016_Mariault Isabelle - Lilou et la Traversée des mondes

 

Bonjour à toutes et à tous…

Suite à mes précédentes lectures et compte tenu de la situation actuelle, j’ai eu envie de lire un roman moins sombre, peut-être un peu plus léger ! Je savais qu’il y avait dans ma PAL un livre d’Isabelle Mariault. Je me suis dit que c’était le bon moment de le lire… Surtout que j’avais déjà lu “Le Manuscrit Secret du Manoir” qui m’avais beaucoup plu. Et c’est parti, Isabelle m’a emmené, dès les premières pages dans son univers, emprunt de spiritualité et de beauté. Mais attention il n’y a pas que ça. Dans ce récit, rien de puérile ou de fade. En effet le roman raconte une histoire épique, bien connue. Celle de la lutte entre le Bien et le Mal. Le récit s’imbrique naturellement, des personnages incroyables arrivent au fur et à mesure et se réunissent pour sauver la Terre. Des fées, des Dragons, des Rois, des Gobelins, des Mages… Mais aussi des Dauphins, des Baleines, des Loups au secours des hommes contre l’émergence du mal. Lilou, jeune adolescente se retrouve au milieu d’un combat qui petit à petit va devenir le sien.

Le récit se découpe en trois parties :
– À la découverte du petit peuple
– À la rencontre du monde animal
– Vers un nouveau monde
Chaque partie répondra à la précédente jusqu’au combat final.

Jusqu’où ira la quête de Lilou ?

J’ai été transporté, tout le long de cette aventure, lue d’une seule traite !
Dans chaque paragraphe, entre chaque ligne, à chaque mot il y a de la magie, mais aussi des messages qui nous sont adressés, à nous, les hommes qui détruisent notre “Mère” Gaïa, qui ne respectent plus rien, ni la faune, ni la flore, ni nos semblables.
Égoïsme et appât du gain, voilà les seule choses que nous comprenons aujourd’hui.

Elle est loin l’époque où nous avions le temps de prendre le temps. Aujourd’hui tout doit aller de plus en plus vite, pour rapporter le plus possible. Ce roman permet de relativiser et aussi de se poser certaines bonnes questions.

Merci Isabelle, ton roman est bon et m’a fait beaucoup de bien.
À lire…

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Extrait :
« – Pourquoi voudriez-vous que l’on change quoique ce soit ? Dit un autre membre du Conseil. Nous avons la paix ici !
– Pour une simple et bonne raison, c’est que le monde dans lequel nous évoluons tous, est en danger et s’il meurt, vous mourrez avec lui !
– Pourquoi la Terre mourrait-elle ? Je ne vois pas pourquoi ! Le mal est le bien se sont toujours affrontés interrompt un Shee qui contenait son agressivité.
– Parce que le Mal a pris de l’ampleur et qu’il contrôle beaucoup de choses sur cette Terre. L’équilibre entre le bien et le mal est rompu depuis longtemps et nous avons laissé faire ! Nous nous sommes endormis ! Les forces du mal, qu’elles soient humaines, du ciel ou du Petit Peuple ne cherchent qu’une chose : Concourir à notre asservissement et au contrôle total de la planète. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que la Terre est une véritable entité à part entière et qu’elle est en train de réagir : tremblement de terre, tsunami, ouragan, pluies diluviennes, volcans en éruption. Tous les éléments se déchaînent ! Tout cela pour dire qu’elle n’est pas d’accord avec ce qui se passe : déforestation, pollution, le pouvoir de l’argent au détriment de l’humain et j’en passe et des meilleurs. La Terre a besoin de nous, nous avons besoin d’elle ! Elle ne pourra pas s’en sortir toute seule. Et aucun peuple ne pourra s’en sortir sans l’aide des autres. »

 

 

Isabelle Mariault vit dans la région Lilloise depuis quarante ans. Après un parcours professionnel varié, elle décide à 31 ans, de reprendre des études d’orthophonie. Elle sera diplômée en 1999, à l’âge de 35 ans et exercera son métier en libéral et en centre spécialisé, avec passion pendant 12 ans. Elle enrichira ses connaissances par des formations en soins alternatifs afin d’améliorer la prise en charge de ses patients. Son parcours personnel l’a amenée à s’intéresser à tout ce qui touche les mystères de l’univers. En autodidacte, elle étudiera entre autre, l’astrologie, la tarologie, la lithothérapie et la numérologie. L’envie d’écrire lui est venue lors d’un voyage en Italie, et ne l’a plus quittée. Elle est la mère d’une jeune fille de 24 ans dont elle a fait l’héroïne de son premier roman. Elle est l’auteur de « Lilou et la traversée des Mondes » et « Le Manuscrit Secret du Manoir » aux éditions « l’Ecrit des Cœurs »

Thriller historique

Code Salamandre

de Samuel Delage
Broché – 14 mars 2019
Éditeur : Mon poche

Lorsque son professeur de l’École du Louvre décède, Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, se retrouve légataire d’un secret prodigieux : le vieil homme était sur le point de déchiffrer un code menant à l’un des trésors les mieux gardés du règne de François Ier. Yvan n’a alors de cesse de résoudre l’énigme. Marion, jeune étudiante à la Sorbonne, entre dans son jeu, et le duo se lance avec une énergie farouche dans le décryptage des messages codés que recèlent les châteaux, statuaires et monuments édifiés par les architectes de l’époque, dont Léonard de Vinci. Puis ils explorent des itinéraires dont la cartographie occulte et étonnamment précise de la Renaissance a fixé le tracé. Tout à leur quête, les deux jeunes gens sont inconscients du danger qui les guette, tandis qu’un homme épie leurs moindres faits et gestes sous les ordres d’un mystérieux commanditaire. La recherche érudite et la résolution du code Salamandre pourraient bien déclencher une traque sanguinaire…

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Je découvre un nouvel auteur, avec lequel j’avais pu discuter un peu, lors du Salon Paris VII. J’ai toujours beaucoup aimé les romans qui parlent d’Histoire. Avec “Code Salamandre”, malgré un côté “thriller historique très bien documenté”, l’écriture est agréable et très fluide. J’ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture. J’imagine difficilement les recherches réalisées par l’auteur, mais vous pourrez vous rendre compte un peu, à la fin du roman, dans la postface où Samuel détaille certains éléments historiques.

François 1er est le pivot de ce roman avec sa célèbre Salamandre. Des messages à décoder, des carrés magiques, le tout entouré de plusieurs morts et de mystères. Samuel m’a transporté dans son univers historique et ésotérique. Une très belle quête qui va vous plonger dans les arcanes de la renaissance…

Samuel excelle aussi dans ses dialogues, il a une façon incroyable de gérer les “timings” donnant ainsi un effet “page-tuner” à son récit.
J’ai plongé régulièrement dans ses ambiances, sombres ou rafraichissantes, qui m’ont fait voyager à travers plusieurs régions de France…

Excellent thriller. On ne s’ennuie pas un instant. À lire !

Mais attention !
Un mystérieux tueur en série suit nos deux enquêteurs…

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Extrait :
« – On ne met pas en place un tel système pour distraire les érudits, dit Yvan.
– Combien d’œuvre, de trésors religieux, de reliques restent encore introuvables, comme l’Arche d’alliance !
– Il n’y a pas que cela, Marion. Les explications concernant certains travaux n’ont toujours pas de livré leur secret. Prends Léonard de Vinci. La plupart de ses inventions dont on a les croquis ou les maquettes ne fonctionnent pas ou ne sont pas abouties. Pourtant, elles fourmillent de détails étonnants d’ingéniosité. Aurait-il hérité de savoirs techniques oubliés ? Le mythe de l’Âge d’or a toujours hanté les peuples, sans parler de celui de l’Atlantide. Or de nombreuses Recherches géologiques et scientifiques tendent à prouver qu’il a bien existé un « avant ». Je ne sais pas vers quoi nous allons, mais ce qui est certain, c’est que ceux qui ont créé ce labyrinthe n’avait pas envie de laisser leur secret mourir avec eux.
– À nous de répondre à leur attente ! »

 

 

Né en 1978 à Angers, Samuel Delage est scénariste et auteur de romans à suspense. Il est également chroniqueur livres sur France 3 et a créé le site Internet Les Petits Mots des Libraires. Code Salamandre est le premier opus d’une série romanesque avec deux personnages récurrents – Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, et Marion Evans, historienne de l’art – que l’on retrouve dans Cabale Pyramidion (Albin Michel 2015) et Arcances Medicis (de Borée 2018).

Noir, Polar, Thriller

Écouter le noir

de Abel Barbara, Giebel Karine, Camut Jérôme, Hug Nathalie, Delzongle Sonja, Dillard François-Xavier, Ellory R.J., Lebel Nicolas, Loubière Sophie, Mayeras Maud, Puértolas Romain, Scalese Laurent et Sire Cédric (Auteurs)
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 16 mai 2019
Éditeur : Belfond

Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Treize auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire tendre l’oreille en nous proposant des récits qui jouent avec les différentes définitions de l’audition.
Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute.

Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture. Laissez-vous chuchoter à l’oreille, venez Écouter le noir.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

“Écouter le Noir”. Tout est presque dit dans le titre !
On dirait presque l’introduction d’un Haïku…

Les nouvelles, les histoires courtes sont les parents pauvres de la littérature française.
Pourquoi ?
Je voyage pas mal et partout où je vais il y a toujours des recueils de nouvelles en vente, dans les librairies, les aéroports, dans les kiosques à journaux. Pas en France, du moins très peu…
Peut-être que nous n’avions pas jusque là, les auteurs adéquats pour ce format ?

Je pense que cette période est révolue !
En lisant ce genre d’histoires courtes, je peux dire que nous n’avons rien à envier aux autres pays.

J’ai toujours aimé des nouvelles. D’ailleurs j’admire toujours autant ces auteurs qui s’adonnent à cet exercice délicat, capter notre attention en quelques pages, en quelques lignes seulement. Je pense que les premières que j’ai lues, étaient de Stephen King, depuis je n’ai jamais cessé.

“Écouter le Noir”, ce sont 13 auteurs qui se sont réunis pour nous offrir 11 nouvelles autour d’un thème commun : l’audition.

« Le thème de l’audition n’est pas le fruit du hasard, c’est une leçon de vie très personnelle mais qui me paraît avoir suffisamment de sens pour être partagée.

Il y a quelques années, à la suite d’un concert, mes oreilles ont subi un traumatisme irréversible. C’était en avril 2008. Les sons, qui avaient toujours été mes amis les plus proches, sont devenus des ennemis. Des dangers à apprivoiser, par la faute d’acouphènes et d’hyperacousie (une intolérance au bruit). De quoi donner envie de ce claquemurer chez soi.

Pourtant, ce traumatisme m’a offert de me plonger corps et âme dans la lecture, puis dans la création d’un blog*, et maintenant dans la gestion de ce beau projet. Il me fallait trouver un nouveau point d’ancrage personnel et j’ignorais que cette quête allait complètement changer mon existence. La vie est une source de surprises et du négatif peut jaillir le positif. Un vrai pied de nez au handicap ! »

Yvan Fauth

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Les bruits, le silence, les dangers, la peur, la mort, autant de thèmes abordés dans ces onze très bonnes nouvelles. Chaque nouvelle est plus terrifiante, plus angoissante que la précédente. Un livre que j’ai lu avec beaucoup d’intérêt qui m’a procuré de délicieux moments littéraires et l’occasion aussi de découvrir trois auteurs que je ne connaissais pas.

Merci aux auteurs, sans qui rien n’aurait été possible, mais aussi un grand bravo à Yvan, qui, tel un chef d’orchestre a mis toute l’énergie nécessaire pour réunir et diriger des talents qui n’ont plus rien à prouver.
À lire absolument !

“ Écouter le Noir, c’est trop bon ! Dit Monsieur Yvan, tu peux pas en faire un peu plus ? ”

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Extrait :
« Il leur faut une heure de plus pour l’atteindre, cette foutue route. À tel point qu’ils pensent un moment l’avoir rêvée. Vingt minutes plus tard, la nuit tombe, une nuit sans lune, dense et opaque. L’obscurité dévore tout autour d’eux, les arbres, le sentier, les buissons, leurs maigres espoirs. Eux-mêmes ont la sensation d’être engloutis dans la noirceur du néant. Mais de temps à autre, des phares s’allument au loin, une lueur au milieu des ténèbres, comme pour leur dire de ne pas abandonner. Ils s’agrippent l’un à l’autre pour ne pas se perdre plus qu’ils ne le sont. David regrette son portable, au moins aurait-ils pu s’en servir comme lampe de poche. Ils avancent cahin-caha, bête étrange à quatre pattes, aveugle et sourde, dont chaque pas est un défi, une gageure, un pari : hormis leur corps qui se pressent l’un contre l’autre, ils n’ont plus aucun moyen de communiquer. »

* ÉmOtionS – Blog littérairehttps://gruznamur.com/

Émotion, Noir, Thriller

Le vase rose

de Eric Oliva (Auteur)
Broché – 3 mai 2018
Éditeur : Taurnada Éditions

Et si votre pire cauchemar devenait réalité ?
Quand votre vie bascule, vous avez le choix : sombrer dans le chagrin ou tout faire pour vous relever. Frédéric Caussois a choisi. Pour lui, aucun compromis, il doit savoir, connaître la vérité.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

C’est le second roman d’Eric Oliva que je lis et je peux dire que l’auteur aime balader ses lecteurs.

Un thriller extrêmement addictif qui ne laisse pas le temps de souffler.
Qu’y a-t-il de pire au monde que la perte d’un enfant ?
Existe-t-il pire situation que de voir son enfant mourir dans ses bras après qu’il ait pris un médicament ?
Voici le destin d’une famille face à cette horreur.

À travers les mots qu’il a choisi, Eric m’a profondément touché.
J’ai vécu le désarroi de cette famille…
Au fur et à mesure de ma lecture, je suis passé par une multitude de sentiments.

Pour Frédéric Caussois, rien ne sera plus jamais comme avant. C’est tout son monde qui est anéanti. Au-delà de la douleur insurmontable, il est comme pris dans une spirale infernale, c’est toute sa vie qui s’écroule. Il n’a plus qu’une idée fixe, qui tourne en rond dans sa tête : découvrir la vérité, et trouver le coupable…

J’ai dévoré ce roman bien mené et bien écrit, impossible de le lâcher.
Je voulais savoir ce qui s’était réellement passé…
Je voulais que le coupable soit puni…

Avec le Vase rose, Éric réussi un excellent thriller. Il nous attrape dans les mailles de son filet pour ne plus nous lâcher.
Merci Eric et Bravo aussi la fin, aussi inattendue que bienvenue !

“Le tourbillon des mots” une collection qui monte, qui monte…

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Extrait :
« Elle progressait doucement, deux petits mètres derrière le corbillard qui avançait au pas, tenant le bras de son mari. Celui-ci, le regard plongé dans le néant, semblait à lui seul supporter tout le fardeau de l’immense malheur qui venait de frapper sa famille. En une semaine, il paraissait vingt ans plus âgé et, dans le même temps, avait perdu dix kilos. Incapable de remplir ce costume anthracite qui naguère lui seyait si bien. En quelques jours, ses cheveux étaient passés du brun au poivre et sel. Frédéric Caussois était devenu un vieil homme. »

 

 

Eric Oliva est né à Casablanca en 1967, il fait carrière dans la Police nationale. Il a travaillé à Paris et Marseille et à présent à la P.J. de Nice. Il est passionné par son métier et les fonds sous-marins et s’est également pris de passion pour l’écriture.

Thriller psychologique

La Cave aux poupées

de Magali Collet (Auteur)
Broché – 19 mars 2020
Éditeur : Taurnada Éditions

Manon n’est pas une fille comme les autres, ça, elle le sait depuis son plus jeune âge. En effet, une fille normale ne passe pas ses journées à regarder la vraie vie à la télé. Une fille normale ne compte pas les jours qui la séparent de la prochaine raclée monumentale… Mais, par-dessus tout, une fille normale n’aide pas son père à garder une adolescente prisonnière dans la cave de la maison.

 

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Attention !
Livre à ne pas mettre entre toutes les mains…

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Chuuuuut…
Manon habite avec Le Père.
Elle a grandi dans la peur, les coups, l’humiliation…

Chuuuuut…
Le Père enlève de jeunes adolescentes pour “les monter”…

Chuuuuut…
Manon doit les laver, les surveiller, les préparer…

Chuuuuut…
Manon a peur, Le Père la surveille, Le Père ne pardonne pas…

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Bonjour à toutes et à tous…

Le premier roman de Magali Collet est vraiment incroyable. Sordide, malsain et addictif !
“Surtout, ne me prenez pas pour une psychopathe !” dit-elle lorsqu’elle parle d’elle et de son roman.
Magali m’a embarqué avec elle dans son histoire dès les premières lignes.

L’histoire m’a fait peur, elle est tellement violente et réaliste, j’en ai eu froid dans le dos durant une bonne partie de ma lecture, car j’avais tendance à me mettre à la place de ces jeunes filles à la merci de ce bourreau.
C’est un huis-clos écrit dans le langage “parlé” d’une adolescente complètement perdue. Elle n’est jamais sortie de chez elle. Elle n’a jamais vu d’autres personnes que son père et ses “poupées”. Elle ne sait ni lire ni écrire.

Rarement je n’ai eu dans un roman, un personnage aussi “déshumanisé”, aussi abject que ce père qui ne se sert uniquement de sa fille que lorsqu’il en a besoin.
Elle s’occupe de tout à la maison. Ménage, repas, tenue de la maison et surveillance des jeunes filles dans la cave. Et gare à Manon si tout n’est pas parfait comme il le souhaite. Alors Le Père se déchaine sur elle… Coups de poings, coups de pieds, il la “monte” avec violence jusqu’à ce qu’elle s’évanouisse.

L’intrigue est parfaitement construite. Certaines scènes sont décrites avec un réalisme à la limite du supportable.

  • Qui est ce “père” violent, incestueux, pédophile et criminel ?
  • Comment Manon va-t-elle faire pour arriver à se construire dans “son monde” de souffrance et de perdition ?
  • Pourquoi ne réagit-elle pas plus face à tout ce qu’elle endure ?

J’ai eu beaucoup de mal à m’identifier aux personnages, vous vous en doutez, ce qui n’enlève en rien le côté addictif de la lecture.
Magali Collet frappe fort, frappe juste et propose un roman très bien construit que je ne suis pas prêt d’oublier.

Je vous conseille pour plein de bonnes raisons de découvrir le premier roman de Magali Collet. Il est effrayant !
Merci aux éditions Taurnada, merci à Joël pour cet “OVNI” littéraire.

PS. “Magali, je ne suis pas un psychopathe non plus !”

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Extrait :
« Et lui… lui, il l’a cognée une fois, deux fois, trois fois, des tas de fois et moi je comptais les coups parce que j’ai toujours aimé compter. Il a cogné quarante-sept fois. C’est long à compter quarante-sept coups. Il l’a cognée si fort qu’à la fin, elle a plus bougé… Il est sorti il n’est rentré que le lendemain. J’ai dit à Maman qu’elle pouvait se lever, qu’il était parti, mais elle a pas bougé. Même quand je me suis mise à la secouer. Alors je suis resté avec Ma Maman toute la nuit, à lui tenir la main. Je lui ai mis la couverture de mon lit pour qu’elle n’ait pas froid et je me suis mise dessous, avec elle. Elle avait bien le droit de dormir un peu et puis il fallait qu’elle reprenne des forces parce qu’on allait partir toutes les deux, elle l’avait dit. J’ai bien dormi à côté d’elle. J’ai toujours bien dormi avec Ma Maman. Au matin, Le Père il est revenu. Il l’a touchée, il m’a regardée et il l’a prise dans ses bras comme une princesse. Il l’a emmenée et je ne l’ai jamais revue. »

 

 

Née en 1972 à Colombes, Magali Collet est une passionnée des mots. Elle écrit des poèmes, des nouvelles et des chroniques depuis de nombreuses années. Sa sensibilité à la cause des femmes, celles qui souffrent de ne pouvoir échapper à leur condition, apparaît en filigrane dans tous ses textes. Avec son premier roman, La Cave aux poupées, elle plonge ses lecteurs dans les fosses ténébreuses des âmes, pleines de violences, d’angoisses, mais aussi d’un profond désir de rédemption.

Émotion, Historique, Philosophique

Ainsi naissent les étoiles

de Laurence Orsini (Auteur)
Broché – 24 janvier 2020
Éditeur : Independently published

Yé-Zu et Maï-Li, nobles chinois du premier millénaires perdent leurs titres et leurs terres confisqués par l’Empereur. Forcés à l’exil, ils fuient à travers les plaines de la Mongolie, jusqu’à Jérusalem. De leur amour naîtra une légende éternelle. Mais la vérité est-elle ce que l’ont croit savoir ?

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Après “Les hommes-charbon” et “Tout commence par un rêve”, “Ainsi naissent les étoiles” est le troisième roman de Laurence Orsini que je lis. C’est à chaque fois le même plaisir.
Loin, très, très loin des livres que je lis régulièrement.
Laurence nous offre, un mélange de douceur et de philosophie, tout en conservant des scènes d’action, de combat et beaucoup de sujets graves et pesants.

Laurence a frappé fort et juste.
Elle m’a touché au cœur, dans ce conte initiatique qui débute en Chine pour s’achever à Jérusalem. Ses personnages sonnent juste, ils nous parlent d’amour, de justice, et les références bibliques sont nombreuses.

Avec ce roman, que je trouve encore plus travaillé que les autres, Elle nous conte avec fluidité et richesse une histoire que tout le monde connait déjà.
Mais ce qui m’a vraiment plu et étonné même, c’est la façon dont elle s’est appropriée “l’Histoire”.
Tel un chanteur qui interprète une chanson avec ses tripes en la revisitant, Laurence à fait la même chose, en puisant au fond d’elle-même, “Sa” touche personnelle.

Très vite, je me suis rendu compte que le nom du héros “Yé-Zu” n’était pas anodin. Tous les éléments s’imbriquent parfaitement, et le sujet est très bien maitrisé.
Je me suis laissé porter à travers ce voyage rempli de péripéties. Avec des personnages hauts en couleurs, et même une intervention des Amazones.
Véritable épopée à travers les paysages de la Chine puis de la Mongolie, en passant par le Liban, l’Égypte pour finalement arriver à Jérusalem…

Amour, tolérance, et respect prennent ici en toute “simplicité” la place qu’ils méritent…
Je n’en dirai pas plus, de peur de trop en dévoiler, mais je me demande encore pourquoi un tel type de récit a du mal à trouver des éditeurs.

On ne peut pas rester insensible…
Ainsi naissent les étoiles ? Peut-être effectivement que c’est le cas…

Laurence Orsini, mérite amplement d’être diffusée à une plus grande échelle !

PS. Par contre, un petit bémol pour la présentation.
La couverture signée par Éléa (sa fille), est très belle, mais malheureusement la calibration et la mise en page du livre ne sont vraiment pas à la hauteur de ce récit, c’est dommage.
Une telle histoire mérite un écrin à sa juste valeur…

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Extrait :
« Il lui sourit avec un hochement de tête. Il ferait ce qui était en son pouvoir. Il ne pouvait plus supporter l’injustice. Dépassant la foule amassée, il entrevit enfin à l’intérieur du temple. Les religieux tenaient un procès contre une jeune femme. Elle semblait à peine plus jeune que Maï-Li. Ses cheveux auburn tombaient en désordre dans le dos. Elle était en pleurs, visiblement effarée d’être victime de la vindicte populaire. Un vieillard s’époumonait à ses côtés, face au religieux. « Qu’on la lapide en place publique, c’est la loi », hurlait-il. Sans qu’il n’y ai prêté attention, le silence s’était fait à l’instant même où Yé-Zu était apparu avec ses compagnons. Les religieux semblèrent un instant courroucés de le trouver devant eux. L’un d’eux le héla avec hargne, voulant le prendre en faute. »

 

 

Laurence Orsini est une auteure française d’origine vietnamienne. Après une enfance tumultueuse, elle poursuit des études de lettres. Elle vit ensuite de petits jobs et devient tour à tour cuisinière, serveuse, photographe, secrétaire, et ce afin de faire vivre sa famille. Revenue changée de Guadeloupe où elle était partie vivre avec sa fille aînée, elle décide de tout plaquer pour se consacrer à sa passion, la littérature.

Cercle littéraire

Château de Maffliers 28 février 2020

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Hier soir, notre dîner aux chandelles au Château de Maffliers…
Corinne et Jean-Pierre Tartare reçoivent Alexandra Koszelyk.

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Est-ce, parce que nous avions changés exceptionnellement de salle ?
Est-ce, parce que nous étions plus nombreux que d’habitude ?
Est-ce, le sujet du roman qui s’y prêtait ?
Est-ce, parce qu’Alexandra dégage une paix intérieure ?
Ou bien les esprits de Léna et d’Ivan planaient-ils autour de nous ? …

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En tout cas, j’ai eu l’impression que cette soirée était plus intense, plus “Cosy”* que d’habitude…
Merci beaucoup Alexandra…

* Spéciale dédicace à Jean-Pierre !!!

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« Quand un auteur écrit, il déverse sur le papier un des mondes qu’il porte en lui, une sorte d’accouchement solitaire dont la gestation peut prendre des années.
Et puis, arrive ce miracle de la rencontre de l’autre, de ce lecteur avide d’un nouvel univers à explorer.
La magie de la littérature est là, dans ces ponts qu’elles créent entre deux imaginaires.
Hier soir, j’ai eu la chance phénoménale de rencontrer 29 personnes qui avaient lu mon roman. Dans leur regard brûlait la passion de la lecture.
Dans un silence de cathédrale, j’ai parlé de mon histoire. L’instant est royal. Mais bien plus fort encore fut ce moment où, grâce à la passion de ces lecteurs, j’ai compris que Léna et Ivan n’étaient plus seulement des êtres de papier, mais bien deux personnes qui peuplaient dorénavant l’univers de ces lecteurs. Et ça, c’est une offrande inestimable.»

Alexandra Koszelyk

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Photos © Dominique Sudre, Alexandra Lahcene et moi-même.

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À crier dans les ruines
de Alexandra Koszelyk (Auteur)
Broché – 23 août 2019
Éditeur : Aux Forges de Vulcain

Lena et Ivan sont deux adolescents qui s’aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C’est alors qu’un incendie, dans l’usine de leur ville, bouleverse leurs vies. Car l’usine en question, c’est la centrale de Tchernobyl. Et nous sommes en 1986. Les deux amoureux sont séparés. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu’Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s’éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena, quant à elle, grandit dans un pays qui n’est pas le sien. Elle s’efforce d’oublier. Mais, un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver le pays qu’elle a quitté vingt ans plus tôt.

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Bonjour à toutes et à tous…

Wahou !!!

Quel roman… Je l’ai lu d’une seule traite. Impossible de le laisser sans connaître la fin.
Mais est-ce bien une fin ?

Léna et Ivan, deux adolescents sont séparés, suite à la terrible catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à Tchernobyl.
Voilà le point de départ du roman.
Léna est partie vivre en France avec ses parents et sa grand-mère, alors qu’Ivan a dû rester dans cette zone d’exclusion, où la nature reprend petit à petit ses droits en s’adaptant, mais les radiations sont encore là, pour des milliers d’années.

Alexandra Koszelik raconte, ou plutôt nous conte tout cela comme une histoire un peu “magique” avec beaucoup de sensibilité et d’émotion.
Je suis passé par plusieurs sentiments tout au long du récit. Il y a de la poésie cachée entre ses lignes, mais il y a aussi des événements chocs et marquants !

C’est à la fois un récit émouvant et réaliste, décrivant avec justesse une catastrophe humaine sans précédent, mais c’est aussi une histoire d’exil. Léna est déracinée. Elle ne peut en parler à ses parents, qui eux, désirent tout oublier. Seule sa grand-mère Zenka pourra l’aider. Mais le temps va faire son travail et petit à petit ses souvenirs d’Ivan et de son “ancienne” vie s’estompent…
Mais c’est surtout, une très belle histoire d’amour qui se déroule sur 20 ans.
En effet, Lena et Ivan étaient deux moitiés inséparables qui soudain se retrouvent cruellement éloignés.
Alors, Ivan, tous les ans, à date anniversaire, va écrire une lettre, tantôt bouleversante, tantôt terrible à “sa” Léna. Lettre qu’il ne pourra envoyer puisqu’il ne connait pas son adresse. Ce sera façon d’essayer de contrôler sa vie, son quotidien.

Tandis que Lena, elle, va…

Je vous laisse la possibilité de le découvrir par vous-même, en lisant ce roman plein de beauté, de mélancolie et de poésie.

Alexandra, avec beaucoup de finesse et de psychologie, va vous faire avancer le fil du temps de cette ode à la vie, à la liberté et à l’amour, jusqu’au dénouement final.
Dénouement certes un peu attendu, mais il ne pouvait en être autrement…

À crier dans les ruines”, roman qui explore un passé récent, est un très beau premier roman qui m’a touché et ne vous laissera sûrement pas indifférent…

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Extraits :

« Souvent, la dernière attention, un dernier geste ou regard, n’est pas prise au sérieux. On ne sait jamais quand elle arrive, personne n’y prend garde, l’instant glisse sur nous et s’échappe. Mais quand le dernier instant se fige, quand on sait qu’il portera le nom de « dernier », alors l’instant revient et perfore l’inconscient. Si j’avais su… »

« Léna entra dans son ancienne école avec effroi. Dans cette classe, le sol était jonché de cahiers ouverts et éventrés. Quelques jouets attendaient toujours que des paumes chaudes d’enfants les reprennent. Un peu plus loin, elle eut envie de mettre de l’ordre dans ces stylos poussiéreux, puis de remettre droite cette affiche Jaunie. Elle laissa ses gestes en suspens. Dans cette brocante à ciel ouvert, s’étalait sa vie d’antan. »

Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien. Elle vit et travaille en région parisienne.

C’est aussi une blogueuse littéraire.
Sur son blog “Bric à Book”, elle organise chaque semaine des ateliers d’écriture.

Émotion, Philosophique, Roman

Mayacumbra

de Alain Cadéo (Auteur)
Broché – 13 février 2020
Éditeur : Éditions la Trace

Entouré de forêts et de brumes, à l’ombre d’un volcan assoupi et pourtant terriblement attentif, croupissent quelques bicoques : Mayacumbra. C’est un hameau, comme un radeau d’âmes perdues, d’errants, de vagabonds, tous magnétiquement attirés par ce coin du bout du monde. C’est ici que Théo se retrouve après un long voyage. Au dessus, plus haut, à la limite du néant, il va bâtir son ultime refuge. Il vivra là une intense passion, au coeur de ce « géant de pierres rouges ». En soi il y a tous les ailleurs. Mais même là, un jour ou l’autre, viennent ramper les ombres de nos peurs. Mayacumbra, c’est le creuset ou fermentent nos joies, notre innocence et nos terreurs.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Note de l’éditeur :

L’absence de chapitres dans ce livre,
s’explique par la dimension intemporelle du récit.
L’auteur, en effet, n’a pas souhaité marquer de
chronologie, les césures sont seulement
des respirations…

 

Moi, qui justement aime être rythmé lors de mes lectures par des chapitres, j’ai eu un peu peur… Mais finalement je m’y suis fait assez vite, d’ailleurs, c’est le rythme global du roman qui en a été impacté.

L’écriture d’Alain Cadéo est très différente de tout ce que j’ai lu jusqu’à présent. Alain Cadéo aime les mots, aime écrire. Cela se ressent très vite. Il n’y a pas que le fond qui est important, la forme prend toute sa place dans ce récit. Peut-être un peu trop parfois, créant certaines longueurs, que j’ai vite pardonné, car se sont justement ces phrases là, qui m’ont permis de trainer en étirant le temps, créant ainsi un véritable univers à part entière. Des phrases qui résonnent comme une musique, comme un poème…

L’auteur nous emmène dans un endroit magnifique nommé Mayacumbra.
Sur un volcan, dans une petite cabane vit Théo et son âne Ferdinand. Théo a fuit ses démons et les villes.
Il vit seul près d’un hameau perdu au milieu de nulle part.
En effet, c’est l’endroit où il souhaite être, où il se sent bien, où il se sent vivre, où le bonheur lui tend les bras…

… Et ce bonheur se nomme Lita. Mais Lita est mariée à Moreno…

J’ai écouté Théo me raconter ses paysages, j’ai vécu sur le volcan, j’ai entendu le moindre bruit, ressenti la moindre brise sur ma peau.
Je me suis promené avec les habitants de ce bout du monde, j’ai caressé la peau de Lita, j’étais Théo…

Un volcan qui vit, un hameau de paumés, une cabane perdue à la limite du néant, de pauvres villageois aux gueules burinées…
Lita et Théo, Théo et Lita qui se donnent quelques heures de passion et de tendresse…
Alain Cadéo est un vrai poète, il joue avec ses mots, les manie comme un magicien.
Il m’a permis de voyager sans aucune contrainte, autre que celle de me laisser aller à travers ce beau roman initiatique.

“Mayacumbra” fait partie de ces ouvrages qui m’ont transporté dès les premières phrases, c’est un vrai baume au cœur.
Merci à Tom Noti et aux Éditions La Trace, pour cette très belle découverte.

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Extrait :
« Il faut posséder un hamac pour comprendre le temps et ses méandres. Théo a enfin remonté la pendule afin que tout soit parfait. Un « parfait » illusoire, arrangements humains, le droit aussi à ces détails qui sont comme un répit. Puis il s’est accordé un moment de repos, une sorte de sieste féconde. Il s’est dit qu’il allait avoir un des meilleurs sommeils qui soit, un coma bien heureux… Et il s’est balancé, doucement, laissant auparavant venir dans sa tête un flot de pensées claires qu’il note dans son dernier cahier. Ça, comme on l’appelle, c’est le temps de Dieu. Et rien, absolument rien, ne peut gâcher de tels moments.»

 

Alain Cadéo nous plonge dans univers initiatique si particulier. Explorateur et éclaireur des êtres cabossés par la vie et de lieux mystérieux, il nous livre un roman mystique et lumineux : un concentré du style unique « Cadéo ».

Il a écrit plusieurs romans dont « Stanislas premier prix Marcel Pagnol « « Le mangeur de Peur », « Les anges disparaissent », « La corne de Dieu » « le ciel au ventre » « l’ocean vertical « Fin « » macadam épitaphe » « les voix de brume »des textes pour le théâtre.

En 2015, il publie « Zoé » au Mercure de France
En 2016 il publie « Chaque seconde est un murmure » au Mercure de France
Il vit à Évenos, en Provence.
Le 24 Novembre 2018 il publie au Editions La Trace « Des mots de contrebande »
Un recueil de textes inédits
En mars 2019 il publie aux Editions la Trace « comme un enfant qui joue tout seul »