Drame, Noir, Polar, Suspense

Une bonne raison de mourir

de Arthur Caché
Broché – 5 octobre 2023
Éditeur : Taurnada

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Quand un ancien géologue disparaît mystérieusement près de Paris, Beryl, jeune chef de groupe à la Crim’, se saisit aussitôt de l’affaire. Assistée de Rudy, son adjoint au passé tourmenté, puis d’Ara, un ancien flic reconverti dans le trafic de contrefaçons, elle remonte la piste d’une compagnie pétrolière en Turquie. Mais tandis que les découvertes troublantes se multiplient et que les cadavres s’accumulent, des profondeurs de la mer Noire surgit un terrible secret… Beryl comprend alors que le plus effroyable des comptes à rebours a déjà commencé…

 

• Couv_2023-106_Caché Arthur - Une bonne raison de mourir

 

Un grand merci à Joël pour ce nouveau service de presse.

Je me demande vraiment comment Taurnada éditions arrive à trouver des auteurs proposant régulièrement des romans d’une telle qualité. Impossible de s’ennuyer une seule seconde.

Je découvre Arthur Caché avec cet excellent second roman et de plus, un sujet que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire.
Un polar qui gravite entre le monde de l’industrie pétrolière, les escroqueries à une échelle mondiale et des politiciens et des hommes d’affaires véreux. L’intrigue aurait pu être classique, mais l’auteur a su trouver le bon rythme. En effet, Arthur alterne son récit intelligemment entre la science, le domaine de la recherche pétrolifère sans jamais laisser de côté l’enquête policière qui, chapitre après chapitre gagne en puissance et en rebondissements !
Durant ma lecture, j’ai essayé de deviner le travail énorme de recherche nécessaire à Arthur, sur la complexité de la thématique abordée, et sa transposition, qui en fait un roman dynamique plein de suspense, fluide, très agréable, mais surtout accessible à tous, où rien n’est laissé au hasard !

Sur fond d’extraction de pétrole et de gaz, Arthur nous emmène à travers une enquête inquiétante, semée de cadavres qui suit la disparition d’un scientifique qui détenait des informations à priori d’une importance capitale, qu’il souhaitait transmettre à Beryl, cheffe de groupe de la Crim’, qui n’est autre que la fille de l’un de ses anciens amis reporters, aujourd’hui décédé.
La surprise passée, c’est l’implication de son père dans cette enquête, qui va la mener à l’étranger, qui lui donnera la force nécessaire malgré les risques et les périls encourus.
Une enquête sans temps morts, pour la jeune policière et son adjoint.

Une très belle surprise pour ma part. Impossible de lâcher ce roman avant le point final… qui n’en est peut-être pas un !
Un sujet passionnant que je ne peux que vous recommander…

Arthur Caché, un auteur à suivre !

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Extraits :

« Dire que Rudy Ferey revenait de loin était un euphémisme. L’intervention d’une psychologue plus armée que les autres (et aussi mieux entourée, son ami procureur de la République ayant accepté d’effacer le casier judiciaire de son patient) lui avait permis de s’extirper de cette situation désespérée et de retrouver le chemin du succès. Bac, licence, école d’officiers. »

« Elle vit son supérieur opiner d’un air grave – de circonstance par rapport à la situation -, mais devina à son regard brillant sa satisfaction de voir son équipe occupée sur cette nouvelle affaire. L’ADN de la brigade criminelle, ce sont les enquêtes ; pas les heures à jouer aux cartes en attendant que tombe un cadavre. »

« L’appel à l’aide était venu d’un ami de son père, voilà pourquoi elle se sentait obligée d’y répondre. Y renoncer serait revenu à trahir l’homme qu’elle admirait le plus sur cette planète. »

« “Au fait, pourquoi est-ce que vous nous aidez ?”
L’homme remonta la fermeture Éclair de son blouson et la considéra avec gravité.
“Pour la même raison pour laquelle j’ai quitté la police : l’envie d’être du bon côté”, lâcha-t-il.
Rien dans cette réponse ne sembla à Beryl de bon augure pour la suite. »

« “Le pétrole naît de la transformation, dans les profondeurs de la Terre, de la matière organique issue des restes de plantes ou d’animaux morts. Cette transformation s’effectue sur des dizaines de millions d’années, et voit à terme se créer une substance – du pétrole ou du gaz, selon la profondeur – qui va migrer naturellement vers la surface.” ! »

 

Arthur Caché est né à Reims en 1984. Après une première partie de carrière en tant qu’ingénieur en France et à l’étranger, il s’installe dans les Vosges avec sa famille et décide de se consacrer à l’écriture.
Il publie en mai 2020 son premier roman, Le Cercle des Hellébores Noirs, un ouvrage à mi-chemin entre thriller social et roman noir, dans lequel il dénonce le fléau des violences sexuelles contre les femmes.
Une bonne raison de mourir est son deuxième roman.

Émotion, Drame, Noir, Polar

Surface

de Olivier Norek
Broché – 4 avril 2019
Éditeur : Michel Lafon

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PRIX 2019 MAISON DE LA PRESSE

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

 

• Couv_2023-105_Norek Olivier - Surface

 

Une histoire très prenante qui va au-delà d’une enquête policière !

Noémie Chastain n’est plus.
Désormais, il faudra l’appeler No…

Suite à une descente chez un dealer parisien qui tourne très mal, Noémie… euh pardon ! No, reçoit une balle dans le visage durant l’intervention.
Défigurée, blessée à l’extérieur comme à l’intérieur, elle est prise en charge par un psychiatre qui s’occupe des soldats de retour du Moyen-Orient. Après une longue période de convalescence et un traitement psychologique, certains collègues et sa hiérarchie du 36 voient d’un mauvais œil un retour à son service. Elle constatera d’ailleurs par elle-même, qu’elle n’est pas encore prête à reprendre ses fonctions. Très vite No, se retrouve parachutée, par une “mutation temporaire” dans un petit village du sud de la France en Aveyron.
Elle vit mal son exil et son rythme de travail parisien dérange très vite ses nouveaux collègues locaux. L’apparence tranquille du village et de ses habitants cache des secrets qui ne vont pas tarder à remonter à la surface.
Le cadavre d’un enfant est retrouvé en plein milieu d’un lac créé par un barrage, il y a quelques années, dans un fût qui flotte librement…

Le récit commence vite et fort.
Bien qu’il s’ouvre son récit avec une scène et un décor familiers de sa série Code 93, “Surface” a un style et un rythme très différents de ceux auxquels Olivier m’avait habitué, meurtres liés à la drogue, les banlieues parisiennes surexcitées. Ici nous avons des habitants d’un village semblant tous stéréotypés, des policiers un peu naïfs, avec aux commandes un maire très ambitieux, ouvertement raciste qui veut redresser la situation de la région et de son village, à tout prix… Mais tout ne sera pas tel qu’il le paraît…

Un récit bien structuré, intelligent, où j’ai aimé tout particulièrement le suivi du personnage principal Noémie, durant sa reconstruction mentale. Un récit où Olivier après avoir ferré ses lecteurs se permet de les “promener” dans tous les sens grâce à son intrigue intelligente et à son rythme de révélations, on voit bien qu’il sait de quoi il parle… Il y a aussi de nombreuses sensations fortes.

Un polar prenant, très agréable à lire, très pro !

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Extraits :

« Pendant cette tempête de douleur et de terreur, elle ne les avait pas quittés du regard. Paralysée, mais consciente. Son œil gauche était fixé sur eux, l’autre était aveuglé par le sang.
Le calme revint et les trois ambulanciers se concentrèrent de nouveau sur leur mission.
Sauver un flic. »

« Elle cligna de l’œil, une fois.
De l’autre côté du miroir, l’étrangère cligna aussi. Elle s’était préparée à voir son visage, même accidenté, mais ce n’était plus son visage. Elle ne s’identifia pas à l’écorchée d’anatomie qui la fixait.
“C’est mon moi mort que je regarde.” »

« Elle fut réveillée en sursaut vers minuit par un cri animal déchirant, une complainte douloureuse. Elle dressa l’oreille, mais n’entendit plus rien. Elle se glissa alors sous les draps et tourna sur elle-même à la recherche d’un sommeil qui se joua d’elle jusqu’au lever du soleil.
Noémie avait espéré laisser ses nuits blanches à Paris, mais elles lui étaient restées fidèles jusqu’ici. »

« Depuis les premières gouttes tombées la veille sur Avalone, la pluie n’avait pas cessé. On avait installé une table sur tréteaux entre deux allées du cimetière et planté un parasol en plastique au-dessus, afin de protéger les archives. Milk cochait sur le listing et écartait les copies des actes de décès au fur et à mesure que Bousquet et Valant criaient à voix haute les noms marqués sur les stèles.
– Claire Favan ?
– Ouais, confirma Milk. Favan, Claire, je l’ai.
– Jacques Saussey ?
– Saussey, Jacques, je l’ai. »

 

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Avec Surface, il nous entraîne dans une enquête aussi déroutante que dangereuse. Un retour aux sources du polar, brutal, terriblement humain, et un suspense à couper le souffle.

Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Suspense, Thriller psychologique

Labyrinthes

de Franck Thilliez
Broché – 4 mai 2023
Éditeur : Pocket

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L’oubli comme seul témoin… Une enquête en forme de labyrinthe.

Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie.
Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car, avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…

“Franck Thilliez nous entraîne avec Labyrinthes dans un formidable casse-tête, brillant exercice de style où plusieurs intrigues se déroulent de front, se superposent
puis fusionnent, pour dévoiler, en fin de compte, une stupéfiante vérité.”

Le Figaro magazine

“Le roi du polar a encore frappé !
Un incroyable dédale qui ne laisse pas une seconde de répit.”
Cosmopolitan

“Retrouvez le romancier, expert ès thriller, qui une fois encore
prend plaisir à explorer les dédales du cerveau humain.”
Femme actuelle

“Aussi déroutant qu’haletant.”
France Dimanche

 

• Couv_2023-102-Thilliez Franck - Labyrinthes

 

Comme le dit si bien Franck Thilliez lui-même : “Cette histoire de fous !”

Si Labyrinthes peut très bien se lire sans avoir lu Le Manuscrit inachevé et Il était deux fois, je vous les conseille quand même, afin d’apprécier pleinement ce dernier volet qui vient conclure cette superbe trilogie.

Dès les premières lignes, j’ai compris que j’allais passer un sacré moment, mais j’avoue que j’étais très loin d’imaginer tout ça…
Quel autre titre Franck aurait-il pu choisir pour clôturer cette trilogie ? Il résume à lui seul les nombreuses pistes qui paraissent très embrouillées tout le long du roman, pour, dans le dernier chapitre, boucler la boucle qui mène vers une fin… Mais est-ce vraiment une fin ?

Franck est un auteur que j’apprécie énormément, il n’hésite jamais à créer des ambiances particulières, imbibées de mystère et pleines de tension. J’ai trouvé son récit incroyable, d’autant plus qu’il est basé uniquement sur des faits avérés. Je vous conseille de bien vous installer au fond de votre fauteuil, et préparez-vous à en prendre plein la tête !

Dans ce roman choral, Franck a donné les rôles principaux à des femmes, leur consacrant systématiquement un chapitre chacune, à tour de rôle, pour mieux nous immerger, et surtout mieux nous perdre. Il y a un bon suspense, la tension va crescendo, c’est très addictif. Âmes sensibles s’abstenir, le sujet : “La violence dans l’Art”, combiné avec des passages particulièrement cruels, pourrais être dérangeant pour certains lecteurs…

Quant à la fin, comme d’habitude, parfaitement maîtrisée, que je n’ai pas vu venir du tout, elle relève du grand art, et m’a laissé complètement coi !

Prêt pour un grand bol d’adrénaline ?
Avec ce thriller, vous mettrez les pieds dans un univers où chacun essaiera de trouver ses propres repères. Mais attention, ne vous fiez jamais aux apparences…

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Extraits :

« Face à eux, la patiente dormait ; le bip lent de l’électrocardiogramme indiquait un sommeil paisible qu’il n’était pas question de perturber.
– D’après ses médecins, physiquement, il n’y a pas de risques. Les analyses biologiques révèlent des carences, mais rien de grave. Quant à ses engelures, même si certaines sont assez profondes, elles ne laisseront pas de séquelles. Psychologiquement, en revanche, c’est une autre histoire. Je vais faire au plus simple : tout a disparu de sa mémoire.
– Quand vous dites “tout”…
– L’intégralité de sa vie d’avant. Elle ne se souvient de rien. Une page blanche. »

« Quitter un cauchemar pour se réveiller dans un autre, pire encore… Tout tourbillonnait autour d’elle lorsque Julie tenta de se redresser. C’était comme dans un manège infernal, un bateau pirate de foire qui tournait autour d’un axe et vous maintenait la tête à l’envers durant d’interminables secondes. La nausée l’envahit, mais elle n’avait rien à régurgiter. Elle s’appuya de ses deux mains sur le sol, essaya de se lever. Le poids de son corps l’attira inexorablement vers le bas et elle se retrouva affalée sur une espèce de linoléum tendre. »

« Elle décida de profiter des heures qu’elle avait devant elle pour mener des recherches sur Internet autour de ses pertes de mémoire. Elle tapa des mots-clés comme « souvenirs erronés », « confusion, mélange souvenirs », « tumeur, cerveau, mémoire ». Et fut rapidement orientée vers la notion de « faux souvenirs ». Des spécialistes expliquaient que chaque individu avait des événements profondément transformés, voire inventés, ancrés dans sa mémoire. Le cerveau étant malléable, il se réorganisait en permanence, et un souvenir n’était pas une photo précise, comme on l’avait longtemps pensé : chaque fois qu’il remontait à la surface, il se reconstruisait avec de nouveaux éléments, mutait, et était réenregistré ainsi.
En définitive, plus on se remémorait un instant, plus celui-ci s’éloignait de la réalité du passé. »

« Vas-y, vas-y !
Véra encourageait la flamme alors qu’elle se propageait du papier au bois sec. La danse se transforma aussitôt en une grande valse rougeoyante. Et la survivante poussa un rugissement de joie. Au bout d’une minute, la chaleur vint heurter son corps. Elle s’approcha. Le feu rentrait en elle et entraînait une piqûre à la limite du supportable sur ses plaies, mais elle devait tenir. Son sang se fluidifiait, ses artères se dilataient enfin. La vie revenait, la chair rosissait, même si les ongles demeuraient, eux, d’un blanc presque bleu. »

 

Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans dont La Chambre des morts, adapté au cinéma en 2007, prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et prix SNCF du polar français 2007, Puzzle (2013), Rêver (2016), Le Manuscrit inachevé (2018) ou bien encore Il était deux fois (2020). Il est également connu pour avoir donné vie à deux personnages emblématiques, Franck Sharko et Lucie Henebelle. Ces derniers sont réunis pour la première fois dans Le Syndrome [E] (2010), qui a été adapté en BD et est actuellement en cours d’adaptation pour une mini-série qui sera diffusée sur TF1. De plus, ces deux personnages sont présents dans les récents Sharko (2017) et Luca (2019) chez Fleuve Éditions. Son recueil de nouvelles, Au-delà de l’horizon et autres nouvelles, a paru en 2020 chez Pocket. Franck Thilliez a publié 1991 chez Fleuve Éditions en 2021, ainsi que Labyrinthes chez le même éditeur, en 2022.
Ses titres ont été salués par la critique, traduits dans le monde entier et se sont classés à leur sortie en tête des meilleures ventes.

Franck Thilliez est aujourd’hui le 3e auteur de fiction moderne le plus lu en France.

Drame, Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Thriller

Dualité

de Sébastien Jullian
Broché – 16 juillet 2022
Éditeur : Atramenta

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Et si vous étiez prisonnier d’un crime qui ne porte pas de nom ? N’avez-vous jamais l’impression que certaines paroles ont été écrites pour vous ? N’y a-t-il pas un autre « vous » qui sommeille ? Que vous susurre-t-il à l’oreille ? Julien se réveille couvert de sang. Une arme à la main, sans victime apparente, et incapable de se rappeler du moindre souvenir. Pris au piège, cet homme au premier abord discret et sans histoire se retrouve rongé par l’angoisse et les émotions antonymes qui, du jour ou lendemain, paralysent son existence. Il part en quête de vérité, sans savoir qui il est réellement et en qui il peut avoir confiance. Cette épreuve semble révéler en lui un être sombre, au comportement impulsif et troublant. Un thriller glaçant sur le thème de la double personnalité qui nous plonge constamment dans le doute et les impressions contradictoires. Le récit est entrecoupé de discussions anonymes qui entretiennent l’incertitude et l’imagination.

 

• Couv_2023-101_Jullian Sébastien - Dualité

 

J’ai toujours un faible pour les premiers romans… Et encore une fois…
Ça frappe très fort !
Sébastien nous offre un thriller vraiment glaçant, très perturbant et captivant du début jusqu’à la dernière ligne !

Je retrouve déjà, dès ses premières pages, le potentiel de l’écriture surprenante qui tenait déjà toutes ses promesses, dans “On l’emportera dans la tombe”. Mais avec “Dualité”, son écriture est vraiment à fleur de peau !

L’intrigue est super bien menée, et rassurez-vous, je ne dévoilerai absolument aucune information, ce serait vraiment dommage pour les futurs lecteurs.
Un superbe récit très addictif lu d’une traite, une bande originale qui décoiffe et plus encore, Slipknot, Korn, Marilyn Manson, des personnages plus fous les uns que les autres, des policiers complètement perdus…
Mais que demander de plus ?

Sébastien m’a baladé comme un gamin dans cette atmosphère étrange. Il fallait une sacrée imagination et une bonne dose d’audace pour écrire un tel récit. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi torturé, machiavélique et aussi bien construit, dans une tentative de semer le lecteur, et la fin… Magistrale…

Un livre que je recommande à tous ceux qui n’auront pas peur de devenir fou, peut-être ?
Ou, qui voudront en savoir un peu plus sur ce nouvel auteur ?
Mais un conseil, accrochez-vous bien !
Soit Sébastien Jullian, est un excellent écrivain, soit c’est un véritable psychopathe 😂😂😂.
L’avenir nous le dira !

Sacré premier roman… Sébastien m’a mis la tête en vrac !

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Extraits :

« – C’est moi. Je ne peux pas passer te voir tout de suite.
– Pourquoi ? Où es-tu ?
– J’ai tout préparé. C’est au point. Ce sera pour ce soir.
– Non ! Tu vas trop vite. Nous ne sommes pas prêts, c’est trop risqué, ne fais pas ça !
– Ne crains rien, tout se passera bien, tu as ma parole. Tout est réglé comme du papier à musique.
– Si on nous prend ? Si on nous voit ?
– On ne nous prendra pas…
– J’ai peur… »

« À ce moment précis, je crois que je suis revenu à la vie.
Où suis-je ? Que m’est-il arrivé ? J’arrive à peine à bouger.
Je m’appelle Julien Servian. J’ai mal. Je pleure. Cette sensation de peur si angoissante… Les yeux gonflés et humides, fixés sur mes mains ensanglantées que je pointe devant mon visage. La panique me coupe la respiration. »

« Je suis arrivé chez mes parents vers 10 heures. À peine garé, Maman est venue à ma rencontre et m’a embrassé comme on embrasse son fils revenu du front, sain et sauf. Elle n’avait pas d’odeur. Nos deux corps semblaient si glacés. Dans la lueur de ses yeux pétillants, le bonheur de partager un peu de temps avec son seul enfant. On ne se rend jamais assez compte à quel point on fait du mal à nos mères en se cachant tout au long de l’année. Comment peut-on passer d’un état où l’on vit avec ses parents nuit et jour à seulement quelques visites par an ? »

« À peine le temps de saisir ma veste et je suis dehors, prêt à exploser. Il faut que je parte errer, m’oxygéner, sentir l’odeur de la rue. Perdu pour perdu, plutôt que d’attendre sagement la mort, le mieux est de partir en chasse. Il faut que j’aille me vider l’esprit.
Je monte dans la voiture et démarre. Mal à la tête, pas de ceinture, fatigué, névrosé. Je pars pour l’inconnu. Au cas où, le couteau est toujours là, dans le coffre. Malheur à celui qui croisera ma route. »

Informaticien de métier, entraineur de football et père de deux enfants, j’ai pris le gout de la lecture depuis 2016. Les trajets en train, la sieste des enfants, les insomnies nocturnes, sont autant de moments qui m’ont également permis de m’adonner à une nouvelle passion : l’écriture de thrillers.

J’aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur. Un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs…

Mon second roman « La Genèse du Talion » est disponible depuis septembre 2019. L’intrigue se situe en 2018, au cœur du commissariat de Grenoble mais également en Savoie et en Croatie. Il s’agit d’un thriller fluide et captivant croisant divers évènements comme l’assassinat d’un avocat, un suicide mystérieux, et un « cold case » au sujet du viol d’un jeune lycéen s’étant donné la mort il y a 14 ans. A l’époque, quatre de ses camarades avaient été accusés puis acquittés après un procès stérile.

L’enquête va peu à peu mettre au gout du jour une terrible vengeance, orchestrée de manière millimétrée et infaillible. Le roman aborde divers thèmes comme le harcèlement scolaire, le piratage informatique mais également l’influence exercée autour des personnalités de forte notoriété lorsqu’elles sont impliquées dans une affaire judiciaire de grande ampleur.

On l’emportera dans la tombe
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/16/on-lemportera-dans-la-tombe/

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

La joggeuse

Une enquête de Lola Duval
de Chris Loseus
Broché – 22 août 2023
Éditeur : Autoédition

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Deux meurtres le même jour à 1200 km de distance. L’un à Nice, l’autre au Mont-Saint-Michel. Deux joggeuses portant des stigmates identiques à ceux retrouvés sur une première victime trois ans plus tôt.
Qui est la prochaine victime ?
Qui est l’assassin ?
Lola dispose de quatre jours pour déjouer un plan machiavélique.

 

• Couv_2023-098_Loseus Chris - LA JOGGEUSE

 

Lola Duval, jeune maman et capitaine de police, s’apprête à fêter son dixième anniversaire de mariage. Malheureusement, sa soirée va être complètement bouleversée par une sonnerie de téléphone. Un appel de son supérieur, qui lui somme de le rejoindre sur le lieu d’un nouveau crime en forêt près de Nice. Le cadavre d’une joggeuse qui les ramène étrangement vers une enquête non élucidée datant de trois ans. Quelques heures plus tard, elle apprend qu’un crime absolument identique a eu lieu à quelques heures d’intervalle. C’est encore une joggeuse, à plus de mille deux cents kilomètres du premier meurtre, en Bretagne, avec les mêmes signatures très particulières… Le meurtrier se permet même de contacter la police, pour leur indiquer un nouveau meurtre qu’il a l’intention de commettre quatre jours plus tard, très exactement…

Commence alors, pour Lola et son équipe, une course contre la montre effroyable !

J’avais déjà lu des romans de Chris Loseus et à chaque fois, c’est pareil, c’est très rythmé, pas de temps mort, un bon suspense, et il arrive très vite à m’entraîner dans ses aventures palpitantes. Mais ce coup-ci le sujet est différent, l’émotion prime sur le récit en lui-même et ses personnages sont attachants quels qu’ils soient. D’ailleurs, même Lola est très différente de “La Femme Flic” à laquelle nous pourrions être habitué.

J’ai beaucoup aimé le sujet de l’intrigue, et la façon dont elle est menée, l’écriture est percutante et très visuelle… Et le bonus, c’est de savoir que nous allons retrouver Lola dans de nouvelles enquêtes !!!

Un excellent roman à vous procurer au plus vite…
Bravo Chris !

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Extraits :

« Soudain, elle entendit le souffle d’un joggeur évoluant dans la même draille du maquis. Une sente sinueuse tracée autrefois à travers un inextricable fouillis végétal.
Il sembla mettre ses pas dans les siens. Elle imagina qu’il s’agissait d’un coureur expérimenté. Un sportif aguerri, capable de canaliser son énergie pour optimiser ses mouvements et son allure. Cette pensée la troubla.
Il respirait rapidement, mais profondément, produisant une mélodie sourde qui montait jusqu’à Lucie, comme un leitmotiv lancinant. »

« Le martèlement des pas rapides gagnait en intensité derrière elle.
Une petite voix intérieure lui cria d’accélérer ! Elle allongea nerveusement sa foulée et parvint à distancer le Souffle. »

« C’était entre nous. Nous ne voulions pas subir de pression. Éviter les conseils… Plus vous en parlez autour de vous, plus vous stressez. C’est un cercle vicieux.
Lola tendait l’oreille. Des « suggestions » comme celles faites par ses parents lorsqu’ils essayaient, Pierre et elle, d’avoir leur premier bébé. Des remèdes à la poudre de perlimpinpin, des remarques sur l’environnement de travail de Pierre. Un bureau surchauffé. « Ce n’est pas bon pour la fertilité, tu sais ? Des études ont été faites… Tu devrais le lui dire ! » Ou encore : « Tu devrais perdre du poids. L’embonpoint ce n’est pas bon pour une grossesse…»
Elle voyait, oui. Les « il faudrait que… J’ai lu quelque part que… Si j’ai un conseil à te donner… »

« Lola catégorisait les hommes. Il y avait les insouciants, les irresponsables, les égoïstes (et ils étaient nombreux) et les piliers. Ces êtres capables de braver les tempêtes à vos côtés quoiqu’il arrive. »

« Lola détestait les hôpitaux. Le sol qui feutrait les pas et collait à vos semelles comme de la glue. Les odeurs de bouffe cuite à l’eau mélangées à celles des produits désinfectants. Les murmures dans les couloirs. Les yeux rougis par les larmes. »

« Les technologies modernes nous éloignent des vraies valeurs, du goût de l’effort, de la concentration, de la remise en question… Les médias, les réseaux sociaux… Devant les arrêts de bus, dans les salles d’attente… Les gens passent leur temps les yeux rivés sur un écran. »

 

Chris Loseus est un auteur français.

Amoureux des grands espaces il vit dans les Alpes avec sa femme et ses enfants. Il se rend régulièrement aux états-unis pour être au plus proche de ses intrigues.

Il est l’auteur, notamment, de :
– Nouvelle ère (2014),
– 3600 Prospect avenue (2015),
– Chatsworth Creek (2016),
– Résurrection (2017),
– Phobia (collectif 2018)
– Bill dangereuse innocence (2019)
– Le voyage de Madison (2019)
– Les parapluies noirs (2020)…

Dans son nouveau roman, il nous entraine au cœur d’une enquête aux côtés de Lola Duval, une jeune mère de famille capitaine de police.

Drame, Humour, Noir, Polar, Suspense, Thriller

Aughrus Point

La triade irlandaise*
de Gérard Coquet
Broché – 7 septembre 2023
Éditeur : M+

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L’Irlande est une île belle et sauvage.
Ses filles lui ressemblent.

Quand les circonstances obligent Ciara McMurphy à revenir sur ses terres natales, en tant que policière, elle replonge sans plaisir dans un monde qu’elle avait oublié.

Celui des luttes indépendantistes.
Celui de la violence et de la folie qui se danse.
Celui où la mythologie celtique explique tout.
Le silence de ceux qui détestent la Garda Síochána presque autant que les Anglais.
Le vieux Zac McCoy et les hommes de son clan sont toujours là, à veiller sur leurs fantômes.

La vengeance est-elle un hasard ?

 

• Couv_2023-100_Coquet Gérard - Aughrus Point

 

J’ai commencé ma lecture comme si j’avais entre les mains un roman “lambda”… Quelle erreur !

Au bout d’une cinquantaine de pages, je me suis rendu compte que si la “forme” était très agréable, sombre, pluvieuse et tourmentée, un meurtre pas-ci, un autre par-là, de la magie, des incantations, de belles descriptions des paysages, mais malgré une bonne dose d’humour, je me suis rendu compte que je n’avais pas saisi le “fond”, et que j’avais perdu l’intrigue du récit.

Stop, j’arrête tout.
Le mieux est peut-être de reprendre depuis le début, n’étant pas un spécialiste de l’histoire irlandaise ni des légendes celtes, surtout que les explications historiques et politiques sont assez présentes.

Oui, j’avais bien vite ressenti la passion de Gérard Coquet pour le pays (et pour la bière aussi… mais ça reste entre nous !), certains mots m’avaient perdu.
Je reprends donc ma lecture.
Il a même fallu que je prenne des notes pour m’y retrouver parmi tous les personnages tous les plus improbables les uns que les autres. Mais ça y est, j’ai définitivement mordu à l’hameçon… et pas besoin de Duck fly, de Connemara Black, ni de Rusty Rat, pour cela !

Difficile de ne pas s’attacher à certains personnages, notamment Ciara au caractère bien trempé, et tout en ambivalence, qui mène l’enquête au sein de la Garda Síochána, la police irlandaise, et se retrouve sur les traces de son passé qui l’a fortement marquée, lui faisant revivre de vieilles rancœurs.
Les légendes et le passé tumultueux de l’Irlande ont la peau dure, pas facile de tenir sa place pour une femme, malgré les drames et les meurtres qui la suivent de près. Mais elle n’a pas dit son dernier mot !

Un polar haletant, très noir, à travers les mythes et les légendes celtiques, et surtout la découverte de l’écriture de Gérard, soignée, érudite et poétique à la fois, avec ce roman violent entre polar et mystères…
Je recommande !

Je ne sais pas pour vous, mais une bonne bière serait la bienvenue… ou peut-être un Bushmills ?
Merci Gérard… pour ces bonnes idées !

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Extraits :

« La dernière phrase du curé résonne encore dans l’église. Zack McCoy, seul au premier rang, regarde ses souliers. Le gauche n’est pas très bien ciré. Aujourd’hui, les yeux rougis et la gorge nouée, il en veut au monde entier. Dans son dos, le raclement des pieds de chaises sur les dalles lui rappelle que la cruauté des hommes ne mérite pas l’apitoiement. »

« Ça n’a servi à rien. Jessica est morte d’une balle dans la tête, sur le parking du terminal d’embarquement de Ringaskiddy. Avant-hier, avec James O’Brien, il a creusé sa tombe. Aujourd’hui, le Connemara l’a enterrée. McCoy referme le registre et vide son verre de Jameson. L’alcool lui pique les yeux. Maintenant, il est seul et déjà vieux.

“Je ne me souviens plus au coin de quelle route
Ma vie a déposé le fardeau de l’espoir ;
Et j’ai tout vu mourir, la foi comme le doute
La tristesse du jour comme l’ennui du soir.”

Sa voix tremble quand il récite une nouvelle fois le poème de Jessica. Enfin, il pleure. Dieu lui laissera-t-il le temps de se venger ? »

« De toute façon, il n’a rien à craindre des pièges tendus par les flics, il suffira de brouiller les pistes sans apparaître au générique. Le grand, avec ses pompes râpées et sa dégaine de SDF, a le profil du con parfait. L’autre, la “chef” selon toute vraisemblance, semble plus difficile à tordre dans le bon sens. N’empêche, elle a un joli cul. Sur cette pensée, il se sert un Bushmills, le whiskey des protestants, et l’avale d’un coup de menton. De nouveau, il jette un coup d’œil par la fenêtre. En bas, les deux perdreaux montent enfin dans leur voiture.
“Elle a vraiment un joli cul !” »

« Lieutenant Ciara McMurphy, 39 ans, brune, cheveux mi-longs et légèrement frisés, des yeux bleus à hurler à la mort, le visage picoré des taches de rousseur réglementaires en Irlande. Belle comme un feu de la Saint-Jean et plus têtue qu’une ânesse. Tu sais qu’à un moment donné, j’étais amoureux d’elle ? Pas de bol, Fergus O’Brien, lui avait déjà foutu le grappin dessus. Aujourd’hui, on a enterré la hache de guerre, mais à l’époque, on s’est battu comme des chiens enragés. Si McCoy ne s’était pas interposé, tu parlerais avec un fantôme. »

 

 

Gérard Coquet est né le jour anniversaire de la mort de Louis XVI… le 21 janvier 1956. Mais il jure encore qu’il n’y est pour rien. Issu d’une longue lignée de blanchisseurs, il passe son enfance avec sa jumelle à se cacher au milieu des draps séchés au vent. Puis dans un ordre aléatoire se succèdent le collège des Lazaristes, un diplôme d’expert-comptable, la guitare basse et la création de ses premières chansons. D’ailleurs, tout vient sans doute de là, l’écriture…

Après la reprise de l’entreprise familiale, il devient juge consulaire avant de créer récemment un cabinet d’archi. Ce qui ne l’a jamais empêché d’adorer la charcuterie, le gamey, le tablier de sapeur et la cervelle de canut ! Sauf bien sûr quand il se ressource en Irlande avec la pêche à la mouche et la Guinness.
Il est aussi le vrai nom du deuxième « clavier » de Page Comann avec Ian Manook. Souviens-toi de Sarah et OUTAOUAIS ont été signé sous ce pseudo.

Son pays de prédilection est l’Irlande où il a séjourné à de nombreuses reprises et dont il s’est imprégné de la culture.

Adolescence, Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

La route du lac

de Xavier Massé
Poche – 7 septembre 2023
Éditeur : Taurnada Éditions

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Blaches est un charmant village réputé pour sa tranquillité… Jusqu’au jour où, au lendemain d’une soirée, trois étudiants sont portés disparus. Que s’est-il passé cette nuit-là ? Que s’est-il passé sur l’unique route qui mène au lac ? Amis, voisins, connaissances… pour les enquêteurs, tous sont suspects. Bienvenue à Blaches.

 

• Couv_2023-097_Massé Xavier - La route du lac

 

La Route du lac, a obligé Xavier Massé à sortir du cadre habituel de ses romans. Pas toujours évident pour un auteur, mais je pense que l’exercice est largement concluant.
Bravo Xavier !

21 avril 2018.
C’est l’anniversaire de Benjamin, le fils à papa du village. Il a décidé, d’inviter un maximum de ses amis vivant à Blaches, près de Lyon, dans un bar où ils ont l’habitude de se réunir les week-ends. Ce sera une méga fête… On chante, on rit, on boit et on danse jusqu’à pas d’heure. Après une dernière tournée avec quelques proches, Benjamin et les autres rentrent chez eux… Personne n’aurait pu imaginer la tragédie qui allait s’en suivre…

En effet, dès le lendemain, certains parents s’inquiètent, trois des jeunes gens ne sont pas rentrés de la nuit. Aussitôt la police contactée, les recherches commencent. Très vite, ils retrouvent le corps de la jeune fille disparue, Mylène, morte au pied d’une cascade alors que deux de ses camarades sont toujours portés disparus. Le capitaine de gendarmerie Michel Leroy accompagné du lieutenant Anthony Ramazzy sont chargés de l’enquête, quand l’un des garçons disparus, Thomas, est retrouvé errant en plein milieu de la forêt. Il ne se rappelle absolument de rien depuis qu’il a quitté le bar la veille au soir… Les enquêteurs décident alors d’axer les interrogatoires, sur la famille et les proches des disparus. Benjamin, lui reste introuvable. Commence alors une enquête minutieuse aux multiples rebondissements…

Xavier a fait très fort, il a l’air de s’amuser tout le long du récit, me perdant à la fin de chaque chapitre quand je pensais avoir trouvé “LE” fil conducteur. L’histoire est tout à fait crédible et le scénario lui, est diabolique. Le grand “plus” de son récit, ce sont vraiment les personnages tels que Xavier les a imaginés. Parmi tant d’autres, le personnage de Rémi est vraiment superbe et très émouvant !

Qu’est-il arrivé à Thomas, Mylène et Benjamin dans ce petit village paisible ?

Des personnages particulièrement réussit, des flash-back très ingénieux, un final avec une vraie surprise, l’imagination débordante de Xavier n’aurait-elle donc plus de limite ?
Personnellement, je ne serai pas contre une suite pour ce récit “puzzle”…

“La Route du lac”, n’a pas fini de parler d’elle !
Un excellent moment de lecture.

Un grand merci aux Éditions Taurnada.

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Extraits :

« Sa respiration était forte et brusque. À son passage, les feuilles virevoltaient et les branches se brisaient sous ses pas. Sa course était effrénée. Elle était effrayée et ne savait plus dans quelle direction aller. Elle ne voyait rien. Les arbres cachaient la lueur de la lune.
En panique totale, elle gémissait de terreur et n’arrêtait pas de se retourner. Elle ne l’entendait ni ne l’apercevait. Ce qui décuplait son stress. Les ronces écorchaient ses mollets, son sang perlait. Elle pleurait. La noirceur de cette forêt était devenue son ennemie. La peur l’engloutissait comme des sables mouvants. »

« Elle était si gentille. C’était une fille adorable, et si douce. Tout le monde l’aimait. Elle n’aurait jamais fait de mal à personne. Mylène riait tout le temps et avait toujours le sourire. C’était la joie de vivre incarnée. Elle avait tout juste 18 ans. Elle avait eu son bac l’été dernier et avait entamé à la faculté sa première année de biologie. Ma fille avait tout pour elle, capitaine. Elle avait la vie devant elle ! »

« “Accroche-toi, mon Rémi.”
Le tenant par les mains, les bras tendus, elle se pencha en arrière. Rémi la retenait de toutes ses forces pour qu’elle ne chavire pas. La musique battait son plein.
Mylène tournoyait. Se penchant de plus en plus en arrière, elle dessinait un cercle imaginaire tout autour de Rémi, et il se prit au jeu. Ils tournèrent tous les deux. Il la regardait sourire. Il se sentait ivre. Ivre de bonheur. Il était comme dans un tourbillon où tout disparaissait et plus rien n’avait d’importance. Pendant un instant, Rémi ne se sentit plus différent. »

« Tandis que cet autre, dans son garage, buvait une dernière bière. Il se frottait le bras comme pour raviver les plaies du passé et celles du présent. Il jeta sa canette dans la poubelle dédiée aux cadavres de verre, puis il commença à mettre des coups-de-poing dans son sac de frappe. Il espérait que l’exercice effacerait certains souvenirs. »

« Son agresseur verrouilla sa prise pour l’étrangler.
Malgré ses tentatives désespérées pour se libérer, le barman commençait à perdre pied, manquant cruellement d’oxygène.
Bataillant mollement, il suffoquait, ayant de moins en moins de force…
Son bourreau resserra un peu plus son emprise.
Franck était à l’agonie. Les bras inertes, il se sentait partir. Ses yeux se révulsèrent et il cessa de lutter.
L’homme maintint sa prise encore quelques secondes, puis lâcha le sac : le corps de sa proie chuta au sol comme une pierre.
“Eh ben… j’ai failli attendre ! ironisa Yannick Provost. Mets-le dans le coffre, maintenant !…” »

 

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 « Répercussions », qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec « L’Inconnue de l’équation », un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

L’inconnue de l’équation
https://leressentidejeanpaul.com/2019/06/05/linconnue-de-lequation-de-xavier-masse/

30 secondes…
https://leressentidejeanpaul.com/2022/02/16/30-secondes/

Némésis
https://leressentidejeanpaul.com/2020/11/04/nemesis/

Anticipation, Drame, Polar, Thriller

La vengeance divine

de Yves Gardères
Broché – 9 juin 2023
Éditeur : Nombre 7

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À la fin de l’été, la découverte d’un sarcophage au cœur des Pyrénées marque le début d’une série de crimes ignobles. La responsabilité d’une secte, qui prône l’adoration du dieu égyptien Rê, ne fait aucun doute.

Le dossier prend une tout autre dimension lorsqu’un vieux policier solitaire, acariâtre et rongé par un lourd secret, débarque de Paris. Malgré son opposition, il est obligé de travailler avec une jeune gendarme, joviale et inexpérimentée, qui l’exaspère au plus haut point.

Face à une menace qui pourrait engendrer de nombreuses victimes innocentes, ce duo totalement atypique va devoir trouver les clés pour s’engager dans une véritable course contre la montre, et éviter que la vision apocalyptique de ce mouvement sectaire ne provoque une tragédie.

 

• Couv_2023-080_Gardères Yves - La vengeance divine.jpg

 

Avec La vengeance divine, Yves Gardères nous propose un roman d’anticipation à couper le souffle et très réaliste.

Nous sommes en 2026, un gourou décédé a prédit la fin du monde.
Un groupe de randonneurs fait la découverte d’un sarcophage suspendu dans les Pyrénées. Ils fontappel à une équipe de haute montagne pour le signaler. Un couple d’enquêteurs que tout oppose, Pierre Antonelli, commissaire de police, et Doris Lesage, une jeune gendarme vont devoir coopérer de découvrir une vérité déconcertante !

Une secte constituée d’adorateurs du Dieu Rê, qui propage depuis plusieurs années insidieusement son influence dans la région, prône l’apocalypse, dans les jours à venir…
Notre duo improbable n’a que quelques jours pour éviter un immense suicide collectif. Mais très vite, Doris est persuadée que le commissaire Antonelli lui cache quelque chose d’important…

Je découvre la plume d’Yves, avec ce roman. Une plume fluide et très agréable, elle est aussi incisive et très visuelle, fort bien documentée et drôle aussi lorsque nos deux comparses se retrouvent face à face !

Un roman passionnant où le policier bougon devra faire des concessions à la jolie et très souriante gendarme. Soyez les bienvenus dans un compte à rebours angoissant qui vous mènera peut-être vers une fin apocalyptique…

Une histoire captivante et pleine de rebondissements à découvrir au plus vite !

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Extraits :

« Il est très tôt, mais la chaleur est déjà prégnante dans ce lieu emblématique des Pyrénées.
En cette mi-septembre, l’automne semble prendre son temps. Depuis quelques années, le réchauffement climatique fait son œuvre. Les chutes d’eau qui parsèment habituellement le fond du cirque ont disparu. Il ne reste plus que la grande cascade, alimentée par l’eau de fonte du glacier du Marboré, qui peut être considérée comme la source du gave de Gavarnie. »

« Il laisse la parole à Antonelli, mais le policier laisse Doris faire la synthèse de leur journée, ce dont elle s’acquitte brillamment. Elle termine en calant l’image de vidéosurveillance et en désignant les deux hommes et la femme, identifiés comme les enfants du gourou par le commissaire.
Avant que Doris n’aborde l’identification de cette femme plus âgée, le procureur vient au secours du policier, qui semble à nouveau embarrassé. »

« Le policier reprend le scellé, en regardant la jeune femme.
– Lesage, imprégnons-nous de ce texte maintenant.
Stéphane, lui, est impressionné par Doris. En dehors de ses blagues parfois énervantes, elle a véritablement un don naturel.
Elle a su s’imposer tout en douceur auprès de cet homme exécrable. Les autres participants sont très attentifs et restent également silencieux pour ne pas les perturber. »

« Le policier se sent déconnecté de la réalité. L’isolation phonique exceptionnelle, qui ne permet pas de percevoir les hurlements de la tempête, rend ce spectacle totalement surréaliste.
Pourtant, il conserve toute sa lucidité. Il sait très bien que, dans les prochaines heures, il va devoir affronter une épreuve personnelle redoutable. Alors qu’il travaille solitairement depuis des années, il se sent rassuré par la présence de Doris Lesage.
Bien qu’ils forment un duo totalement atypique, il apprécie beaucoup la jeune femme pour ses capacités professionnelles, ses perceptions redoutables.
Selon la tournure des événements, il se pourrait bien qu’elle se retrouve seule pour gérer cet épilogue apocalyptique. »

 

Retraité de la gendarmerie, Yves Gardères a effectué toute sa carrière dans cette institution. Originaire des Hautes-Pyrénées, département où il a vécu jusqu’à ses 17 ans, il réside actuellement à Saint-Affrique dans l’Aveyron. Pour écrire, il s’inspire de son vécu, des épreuves qu’il a surmontées et des rencontres passionnantes, parfois dramatiques, qui ont jalonné sa carrière.

Drame, Noir, Polar, Suspense

Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire

de Pascal Alliot
Broché – avril 2023
Éditions : Lazare et Capucine

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Itinéraire sanglant et halluciné d’un jeune homme, meurtrier en série, qui séduit puis assassine sordidement des jeunes femmes rencontrées au hasard de son chemin, laissant à dessein une trace sanglante et macabre bien identifiable.
Il va pourtant tenter de revenir sur son enfance tourmentée, essayer d’échapper à ses démons, refaire sa vie, mais l’amour appelle inexorablement le sang.
Un juge va se lancer à sa poursuite et le retrouvera, quinze ans après, alors qu’il vit reclus dans un phare.
L’heure du jugement sonne enfin.
Ce magistrat n’a rien non plus d’un homme ordinaire…
Pourtant, justice doit être rendue. La foule gronde et appelle le sang. Mais non, cet assassin pas ordinaire ne mérite pas une peine ordinaire…

 

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Pascal Alliot signe avec Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire un premier roman assez troublant, intéressant et bien écrit, mais qui pour moi a manqué d’un petit quelque chose pour l’apprécier au mieux.

Le récit se déroule en France au milieu du 19ème siècle. Un tueur en série sévit régulièrement le long du canal de Beaulauris, mettant à mal l’efficacité de la police et du “pauvre” juge Mourrisseau, qui en fera son “affaire personnelle” et ce, durant plusieurs années. Il ne s’arrêtera pas avant de trouver celui qui se livre à ces horribles meurtres.

Au début de ma lecture j’ai été agréablement surpris par le style de l’auteur, une écriture élégante que j’ai même trouvé drôle parfois… et oui ! La thématique du récit est intrigante, mais j’ai trouvé la première partie lassante, trop longue et répétitive, j’ai fini, bien malheureusement, par m’ennuyer de cette succession de meurtres, tous plus ou moins semblables. Ce sont ainsi, dix jeunes femmes qui vont être assassinées les unes après les autres, de manière horrible…

Puis enfin, à partir du second chapitre, on en apprend un peu plus sur le tueur. Ses origines. Pourquoi autant de sauvagerie dans son mode de fonctionnement ? et surtout pourquoi tuer toutes ses jeunes femmes systématiquement ?

La suite du récit, incluant suspense et rebondissements va rattraper mon impression ressentie lors du premier chapitre.
Un livre qui se lit très vite, avec de très bonnes idées. J’essayerai quoiqu’il en soit, avec plaisir un autre roman de Pascal pour ne pas rester seulement, sur cet assassin pas ordinaire !

Je reste malgré tout certain que ce livre trouvera son public !

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Extraits :

« Marianne marchait tranquillement lorsqu’elle croisa le regard que posait sur elle ce jeune homme qui semblait si doux. Pas un homme de par ici, pensa Marianne. Il était beau et se tenait à une bonne quinzaine de mètres. Le coup de foudre fut immédiat. Elle ne put y résister. Comme un appel vers l’infini désir. Jules, c’était superbe, mais pour les choses du sexe, un bel amant étranger vaut plus que tout. Donc, à sa totale surprise, elle se donna très vite à lui, dans les hautes herbes. Elle ne sentit nullement la lame du couteau qui l’égorgea ni les multiples coups qui lui furent portés au ventre. La police en comptera vingt-sept un peu plus tard, lorsqu’ils découvrirent, horrifiés et pâles, le corps inerte et sanglant de la belle Marianne. »

« On retrouva le corps nu d’Apolline le 26 juin 1867.
Le visage avait été écrasé par une grosse et lourde pierre lancée à la volée, réduisant en bouillie ce visage d’une beauté remarquable. Il y avait un atroce « F » taillé sur trois centimètres d’épaisseur sur le bas du ventre de la jeune femme et vingt-sept coups de couteau portés avec une sauvagerie extrême. Comble de l’horreur, les deux seins découpés, posés près des genoux. Aucune rose dessinée cette fois ou déposée sur le corps. »

« La délicieuse jeune femme avait été égorgée avec un couteau de belle dimension, très hâtivement, vu la large et horrible plaie ouvrant sa gorge. Elle porte aussi la trace de vingt-sept coups de couteau en de multiples endroits sur son ventre. Ses deux seins avaient été découpés et déposés sur les côtés au niveau des genoux. Il y avait également cet atroce « F » taillé sur le bas-ventre de la jeune femme. Et cette rose, naturelle, posée sur son abdomen. Et, nouveau détail, deux baisers de sang déposés sur son sexe et ses lèvres, marquées de morsures. »

 

Archéologue céramologue, Pascal Alliot vit en Espagne, près de Barcelone.
« Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire » est son premier roman avec lequel il nous entraîne dans un imaginaire brutal, onirique, riche et haletant, nous faisant visiter les tréfonds de l’âme tourmentée d’un meurtrier.

Émotion, Humour, Noir, Polar, Suspense

Commandant François Chanel

36, quai des Orfèvres
de Pascal Marmet
Broché – 29 juin 2023
Éditions : M+

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Une enquête menée par un flic musicien, sur fond de sorcellerie et ayant pour décor les dessous d’une gare parisienne… Parmi les milliers de voyageurs, Laurent erre seul dans le hall de la gare de Lyon, l’air paumé. Il vient de rater son CAP boulangerie et sa mère l’a mis dehors. Samy, escroc à la grande gueule, le repère rapidement. Il a bien l’intention de profiter de la naïveté de ce gamin aux chaussures vertes et l’entraîne dans un cambriolage. L’appartement dans lequel ils pénètrent est une sorte d’antichambre du musée des Arts premiers et regorge de trésors africains. Mais ils tombent nez à nez avec la propriétaire et collectionneuse. Comme elle s’est blessée en tombant dans les escaliers, ils lui viennent en aide avant de s’enfuir. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, abattue de cinq balles tirées à bout portant. Le commandant Chanel, chargé de l’enquête, s’enfonce alors dans l’étrange passé de cette victime, épouse d’un ex-préfet assassiné quai de Conti peu de temps auparavant. Un polar haletant sur fond de sorcellerie qui nous dévoile les coulisses de la gare de Lyon et nous ouvre les portes du célèbre 36 quai des Orfèvres.

 

• Couv_2023-073_Marmet Pascal - Commandant François Chanel

 

Une troisième enquête pour le “Commandant François Chanel”, et c’est toujours aussi passionnant !

Et je dirai même que pour moi, c’est la meilleure à ce jour, le fait de bien connaître maintenant les personnages principaux doit y être pour beaucoup.
Non content d’avoir déjà plusieurs personnages hors du commun dans ses récits, Pascal nous en propose d’autres. Deux jeunes stagiaires, intelligentes, malines et jolies… malgré la tendance “machiste” du commandant, ainsi que Laurent et Salomé qui vivent une sorte d’illumination dès que leurs regards se croisent. Que demander de plus ?

Albane de Saint Germain, riche collectionneuse d’art africain, entre autres, est assassinée à la suite d’un cambriolage qu’elle vient de subir.
Les deux jeunes cambrioleurs n’avaient pourtant pas l’air violents, au contraire… C’est plutôt elle qui me donnait l’impression d’être, une “étrange” femme !
Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’il y ait un tel revirement de situation ?

Nous voilà dans la nouvelle enquête de notre Commandant préféré !
Une enquête qui va nous plonger au sein de la Gare de Lyon, à travers ses couloirs et dédales, mais aussi dans le monde particulier et très fermé des collectionneurs de statuettes africaines. Et que se passera-t-il durant cette enquête ? Les hommes du 36, quai des Orfèvres apprennent qu’ils vont bientôt être “reconditionnés” dans de nouveaux locaux, rue du Bastion, dans le 17e arrondissement, un futur immeuble ultramoderne et ultra sécurisé de huit étages qui sera adossé au palais de Justice de Paris.

Une nouvelle fois, l’écriture de Pascal est parfaitement maîtrisée, captivante et j’ai même trouvé qu’il y avait un peu plus d’émotion dans cet opus très singulier. De nombreux rebondissements interviendront durant l’enquête qui était pourtant bien mal partie… Heureusement, le commandant, mais pas que, veille !

Un très bon polar mêlant action, suspense et une introduction très intéressante dans le milieu de la sorcellerie africaines et les rites anciens. Les dialogues sont truculents, et ils vont si bien au commandant que je ne m’en lasse pas !
De nouveau une belle découverte que je vous conseille…

Un grand merci aux Éditions M+, pour leur confiance renouvelée !

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Extraits :

« – Chers collègues, je profite de cet instant de convivialité pour vous informer de vive voix qu’il a été décidé que l’ensemble des services du 36 quai des Orfèvres et des personnels du Tribunal de Grande Instance déménagera dans le quartier des Batignolles. Aucune date n’a été avancée. Une note de service vous parviendra en temps voulu. Merci de votre attention. Je passe la parole à François Chanel qui se fait une immense joie de remplacer, au pied levé, notre président qui, rassurez-vous, va beaucoup mieux. »

« Une idée surgit. Il glissa autant de billets que son slip pouvait en contenir, fourra dans son sac à dos la statuette à la pierre bleue et le reste de liasses. Son bras s’immobilisa. Une seconde idée vint. Il conserva une petite liasse de billets dans la main et referma le panneau dissimulé dans la structure du bureau qui, au vu de la couche de poussière, ne semblait pas avoir été ouvert récemment.
En descendant l’étroit escalier, il vit la femme ramper péniblement en traînant ses jambes mortes. Elle s’accouda à une commode et tenta d’ouvrir un tiroir. Laurent vint à son secours et libéra le casier. À l’intérieur, il y avait une remarquable boite en cuir noir qu’il ouvrit pensant qu’elle y cherchait des médicaments. Il découvrit un imposant révolver dans une mousse qui avait pris sa forme. Il y avait aussi deux chargeurs, dix balles et un long tube noir.
La femme scintillante au regard bleu océan le fixa. Elle ressemblait à sa mère, mais en bien plus admirable. »

« Après 60 ans, on a irréversiblement la gueule qu’on mérite. La gentillesse s’y lit tout comme la méchanceté. Tous les vices finissent par se feuilleter sur nos rides. Tout se paie, tout remonte à la surface dans un tribunal invisible où sont dénoncés nos entorses, nos travers et nos peines. Et ce préfet avait acquis une “gueule” de moine tibétain.
Pour Chanel, les modifications d’un visage étaient devenues livre ouvert, et il allait sans hésiter dans la profondeur de la peau de l’autre au premier coup d’œil. »

« “Je ma pelle Milène, étoi réponmoa ?”
Comment faire autrement que sourire à cette jolie invitation à tisser un lien. Elle avait les yeux vert pacifique des naîfs, deux couettes rigolotes et la bouche des têtus.
Sous le mot, il écrivit : « Je m’appelle François »
Et elle enchaîna ses questions sans détour :
“alor, gevéteraconté esétou jété au CP éje vé alé au CM1. Tufécoi come métié ?”
“Je suis policier. Et toi, tu veux faire quel métier plus tard”
“Moi, jeveupa courire derièr les méchan, sé trofatigan. Jepréfaire désinatrisse degâto o chocola ou marchende defleur, mai que derose quipic».
Ils finirent par jouer au jeu des sept familles. Bien entendu, Chanel perdit cinq parties sur huit.
Chanel adorait les trains parce qu’avec la SNCF, tout était possible. »

 

Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.

Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.