Nouvelles

S.O.S. Armor

de Eric Calatraba, Catherine Simier, Lou Vernet, Sacha Erbel, Michel Dozsa, Silvana Le Bon, Céline Tanguy, Eric Dupuis, Yamina Mazzouz, Danü Danquigny, Marie Delabos
Broché – 30 novembre 2018
Éditeur : La Salamandre Liseuse

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Ce recueil regroupe onze nouvelles inédites se déroulant en Bretagne et pour la grande majorité en Côtes d’Armor. Vous voyagerez au lac de Guerlédan en compagnie de Silvana Le Bon, au château de la Roche-Jagu avec Michel Dozsa. Catherine Simier vous prendra par la main à Glomel, Yamina Mazzouz vous enverra respirer l’air frais de Perros-Guirec, quant à Danü Danquigny il vous fera une nouvelle fois découvrir Rennes sous un autre angle… L’association « La Salamandre Liseuse » remercie du fond du cœur tous les auteurs ayant participé à ce premier tome qui nous l’espérons est le premier d’une longue série.

 

2021_033_Collectif - S.O.S. Armor

 

La Salamandre Liseuse, nous propose avec ce petit recueil, 11 nouvelles qui tournent autour de la Bretagne et plus particulièrement des Côtes d’Armor…

Pour ceux qui me connaissent un peu, j’adore la Bretagne, alors je ne pouvais pas passer à coté de cette compilation qui m’a permis de découvrir quelques auteurs que je ne connaissais pas encore.

Il y a de très bons textes !
Voire certains excellents, mais malheureusement, je ne cacherai pas que j’ai préféré certaines nouvelles à d’autres, c’est normal et tout à fait personnel. Petite déception sur deux/trois qui ne m’ont pas parues au niveau des autres (je ne nommerai personne).
Quelques coquilles par-ci, par-là, du coup c’est le recueil dans sa totalité qui en pâti un peu… C’est dommage…

Mais rassurez-vous j’ai quand même passé un bon moment de lecture !

Si vous aimez les nouvelles, ce livre devrait vous plaire.
Et si vous ne n’êtes pas encore fan du genre, vous le deviendrez peut-être en découvrant ce recueil !

À lire…

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Extraits :

« Après une énième et forte crise, ma mère dut se résoudre à m’emmener un médecin. Lequel lui conseilla un suivi psychologique.
Pauvre petite chose que j’étais devenue. Frappé d’aphasie.
Au bout de 3 séances à subir mon silence et mes refus de toute relation, il me conseilla d’écrire. L’homme sans le savoir venait d’ouvrir la boîte de Pandore.
Je mis plusieurs semaines avant de lui montrer mes brouillons. Plusieurs mois avant que nous en discutions. En moins un an avant qu’il ne demande mon placement en milieu protégé. Il suspectait un début de schizophrénie. »
…/…
« Un beau coup de filet ! Pour une fois que les gros pourris se font alpaguer, ça s’arrose ! se ravit Le Raou en distribuant des badges “Breizh Marshal” à toute son équipe. Histoire que vous arrêtiez de vous poser des questions et que vous sachiez au moins pourquoi j’arbore de badge. Il a été conçu pour promouvoir la première édition du festival Pôle Art qui se déroulera à l’Ascension dans mon village de Plaine Haute. Je vous invite tous ! »

 

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Émotion, Romance

Hôtel du bord des larmes

de Elsa Flageul
Broché – 3 mars 2021
Éditeur : MIALET BARRAULT

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Les divorce hôtels promettent de divorcer en un week-end, sans tracas ni démarches interminables, dans un souci de médiation, de bonne humeur, et même de bien-être. L’Hôtel du bord des larmes est l’un de ces hôtels. En ce vendredi de début d’été, il accueille Cécile et François, désolés d’en arriver là, pas très convaincus par l’idée, mais bien décidés à rompre ce mariage tout en préservant leur fille : ce que l’amour a fait mourir, la famille qu’ils étaient les oblige à le laisser en vie. Au cours de ces deux jours, ils vont revivre les émotions qui les ont unis puis séparés, accepter de prendre leurs distances… et faire de nouvelles rencontres. Et ça, ce n’était pas prévu. À travers les aventures touchantes et drôles de ses jeunes personnages, Elsa Flageul dessine un portrait acide et très subtil de la difficulté à vivre des nouvelles générations.

 

2021_032_Flageul Elsa - Hôtel du bord des larmes

 

Autopsie d’une histoire d’amour, ou peut-être autopsie de l’amour tout simplement…

Dans ce court récit très réaliste Elsa Flageul fait preuve de beaucoup de justesse. La passion, puis l’amour, la lassitude, et enfin la désillusion. Toute une palette de sentiments sur les liens qu’entretiennent les couples.

“Hôtel du bord des larmes” nous propose un week-end dans un lieu pas banal, c’est le moins que l’on puisse dire, puisqu’il permet de divorcer en toute quiétude. vous ferez donc la connaissance de Cécile et François, qui viennent finaliser leur séparation et divorcer et tout cela sera pris en charge par quelques membres de l’Hôtel, Jeanne, Julien ainsi que des hommes de loi. François accepte enfin, pour le bien de leur fille Valentine, de laisser partir sa moitié.

Mais on dirait bien que cette séparation sera le fruit d’une nouvelle rencontre…

Plus que l’histoire en elle-même, ce sont les relations humaines qui priment, ainsi que le ton donné par l’auteure qui m’a emporté. De la profondeur, de l’empathie, de la finesse, beaucoup d’émotions, quelques sourires et une fin qui n’en est pas vraiment une…

L’amour est définitivement au centre de ce récit, mais Elsa le magnifie, par ses mots qui roulent et se bousculent, par ses phrases entre tumulte et poésie, j’ai eu à plusieurs moments, l’impression d’être au cinéma.

Roman sensible et bien écrit, qui décrit des sentiments que nous avons tous vécus un jour.

Venez vivre à votre tour, trois jours dans cet hôtel du bord des larmes, pour une histoire tout en délicatesse.
Merci Beaucoup Elsa…

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Extraits :

« On se moquait des premiers inscrits. On les méprisait de ne pas arriver à se séparer tout seuls, comme des grands, proprement, comme si c’était facile, comme si personne, jamais, n’était devenu fou de désespoir par amour. Comme si personne n’avait jamais voulu s’arracher le cœur à mains nues pour qu’il s’arrête de battre, effacer de sa mémoire les soupirs, l’odeur de la peau, le sexe qui se dresse, l’humidité et la chaleur des lèvres de l’autre. »
…/…
« Bien sûr, Jeanne avait entendu parler du coup de foudre. Les films ne parlent que de ça, les chansons ne parlent que de ça. Combien de fois a-t-elle imaginé ce que ça pouvait être : une flèche, un poignard, un éclair dans le cœur ? Cette brèche, ensuite qui ne peut être comblée que par les baisers, que par le sexe, que par l’autre. Une dévoration. Une combustion. Elle pensait alors que c’était une invention pour jeune fille romantique et frustrée, que c’était une machine à histoires niaises et gentilles, ces romans qui parlent d’amour et de bienveillance, vous savez. »

 

 

Avant de se lancer dans l’aventure romanesque, Elsa Flageul a d’abord étudié le cinéma et travaillé sur l’œuvre de Jacques Demy. Le cinéma garde une influence majeure sur son travail d’écrivain, caractérisé par un sens aigu de la musicalité et une écriture d’une grande délicatesse.

Aux éditions Julliard, elle a déjà publié Madame Tabard n’est pas une femme (2011), J’étais la fille de François Mitterrand (2012), Les Araignées du soir (2013), Les Mijaurées (2016), À nous regarder, ils s’habitueront (2019).
Hôtel du bord des larmes est son sixième roman.

Émotion, Humour

Confessions

(ou les spams d’une âme en peine)

de Alain Cadéo
Broché – 15 juin 2021
Éditeur : Éditions La Trace

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Qui souhaiterait recevoir les mails délirants d’un parfait inconnu prétendant être une âme perdue entre Ciel et Terre ? Comment et pourquoi ces satanés messages ne s’effacent qu’une fois lus ? Qui répondrait à cette farce inquiétante et macabre d’un étranger dérangeant, un fantôme, devenant objet de haine, de sarcasmes ou d’amour ?

 

2021-031_Cadeo Alain - Confessions

 

Alain Cadéo est un équilibriste, un magicien des mots…

Quand j’entre dans son monde, comme avec une décharge électrique, mon œil pétille, mon cœur vacille, mais qu’est-ce que c’est bon… Ne jamais savoir où l’on va, sur quelles pensées ont va glisser et pourquoi pas tomber, si ce n’est pour mieux se relever.

Gaspard Staccato vous attend !

Dans cette succession de mails qui rebondissent les uns sur les autres, vous n’aurez d’autres choix que de vous accrocher pour ne pas vous perdre, de sourire aussi parfois… Mais surtout n’essayez pas tout de suite de comprendre, suivez les mots, suivez les lignes, et accompagnez Gaspard un petit bout de chemin, il vous dévoilera son monde, ses envies, ses lubies, et vous embarquera jusqu’à un épilogue digne des meilleurs contes…

Pour ceux qui ne connaisse pas encore Alain, bien venu dans son monde, un monde ou la parole peut très vite dépasser l’imagination…
Et pour ceux qui le connaisse… Chuuuut…
Je n’ai plus rien à rien dire.
Juste à me retirer sur la pointe des pieds, tout en sachant que d’ores et déjà, plus que d’être entre de bonnes mains, vous êtes surtout entre de bons mots.

Essai réservé uniquement à ceux qui ont un cœur qui bat !
Après, c’est vous qui voyez…

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Extraits :

« Le Temps donc, ce salaud, ivre, parkinsonien, bègue et gâteux me laisse à loisir tout visiter dans de longs travellings sautillants comme une vieille pellicule, un tango d’automates détraqués, avec, supplice raffiné, parfums, odeurs, sensations hachées du toucher et même des couleurs ! … Enfin… une sorte d’épaisseur, de l’incarné… une dégueulante orgie de sentiments mixés.
Un cirque d’émotions. »
…/…
« C’est fou comme une histoire devient vite « plate » si on devient trop vrai. J’ai toujours aimé le mystère, cette immense part d’inconnu dissimulée, sans même qu’il le sache, dans la luxuriance tropicale de chaque individu.
Les « réalistes », enfin ceux qui prétendent l’être, avec leurs petites phrases sèches, leurs étalages de navets, de brocolis, leurs panonceaux affichant leurs produits et leurs prix, toute ma vie m’ont épuisé.
Jamais je n’ai compris à quel point je pouvais les agacer. Peut-être mes grands airs, mes envolées de corbeau noir lyrique sur leurs champs de radis… »

 

 

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont « Stanislas » (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Editions La Trace.

Il vit à Évenos, en Provence.

Émotion, Drame

Un bonheur sans pitié

de Éric Genetet
Broché – 2 mai 2019
Éditeur : Éditions Héloïse d’Ormesson

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“Je n’aurais jamais imaginé devenir cette fille-là. Personne ne peut comprendre pourquoi je ne le quitte pas, je l’ignore moi-même.”

Après quelques mois d’une passion enivrante et sans nuage, Marina sait qu’elle a enfin trouvé le bonheur avec Torsten. Mais un jour, le masque se fissure et il révèle son vrai visage. Emportée par ses sentiments, Marina pardonne inlassablement et s’habitue à l’inacceptable, jusqu’à se perdre et sombrer.

Un bonheur sans pitié est le récit d’un amour insensé, incompréhensible et fatal. Avec justesse et sensibilité, Éric Genetet raconte, sans jamais la juger, l’histoire d’un couple régi par une violence physique et morale qui engloutit leur existence et transforme leur union en prison.

 

2021_030_Genetet Éric - Un bonheur sans pitié

 

La question de l’emprise dans un couple a rarement été aussi aboutie, pour moi.

Éric Genetet soulève le long de son récit, de nombreuses de questions…
Il analyse en donnant à chacun de ses protagonistes la parole sans aucun jugement. C’est à nous, lecteurs, de déterminer qui est celui ou celle qui agit mal et surtout qui souffre. Il y a beaucoup de tension et d’oppression durant toute la lecture.
Avec une écriture fluide, addictive et poétique parfois, l’auteur s’immisce dans un couple pour en décortiquer chaque mouvement, chaque mot, chaque blessure. Il nous montre comment, un homme apparemment bien, n’est finalement qu’un “moins que rien” capable de s’opposer à toute raison…

Qui est Marina ?

C’est un peu une madame tout le monde. Elle vit avec Malek.
Lui est obsédé par l’écriture et ne veut surtout pas d’enfants. Marina est triste… Elle veut être maman. Ils finiront par rompre.

Grâce à Facebook, Marina “rencontre” celui qu’elle attendait. Torsten, un homme qui allie physique, confiance et magnétisme. C’est une jolie histoire d’amour qui commence bien.

Pourtant c’est un homme qui souffre de l’intérieur, il souffre d’un père qui l’a élevé à force de coups, de larmes et de cris… Éric démontre admirablement bien comment, à travers de simples mots, sans jamais lever la main, on peut irrémédiablement détruire un être humain.

Comment Marina est-elle devenu cette fille là ?
J’ai vécu et subit la pression exercée par cet homme, la pression psychologique et la pression physique. Le prince charmant est devenu bourreau.

Inutile de préciser que Marina ne sera jamais à la hauteur de cet homme qui a des exigences impossibles, mais l’amour a ses raisons…

Je viens de terminer ma lecture. On peut difficilement dire que j’ai passé un beau moment, compte tenu du sujet, mais j’ai encore une fois été emporté. Je l’ai lu d’une traite tellement je voulais en savoir plus sur le destin de nos deux “amoureux”.
Ce livre est aussi sublime dès les premières pages que glaçant à la fin.

Une lecture dont on ne sort pas indemne…
Un roman qui vaut la peine d’être lu et partagé tout autour de vous.

Il est tellement important de laisser certaines choses disparaître…

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Extraits :

« En partant travailler, j’écris des mots doux sur des morceaux de n’importe quoi que je laisse traîner partout dans l’appartement. Lorsque je rentre, je retrouve les siens, comme des bouffées d’air pur : « tu me bonheurs, je te rayon de soleil, je t’extraordinaire, tu me certitudes, je te miracle, tu m’étoiles filantes », l’amour m’a transformée. S’il me le demandait, je lui donnerais tout. Je ressens un manque énorme dès les premières secondes de ses absences, comme si j’avais quinze ans. Je pense à lui à chaque moment. On ne m’a pas menti sur les papillons qui volent dans le ventre des filles amoureuses. Je veux que la vie dure une éternité. C’est aussi beau qu’un massif de haute montagne en hiver, et dans la neige à perte de vue les seules traces sont celles de nos pas. »
…/…
« Marina m’a appelé, elle avait l’air totalement désemparée. Au bistrot où on se retrouve, elle regarde partout si le loup n’y est pas. Elle a l’impression de faire une bêtise, comme une petite fille qui ne rentrerait pas directement après l’école. Torsten travaille pourtant à plusieurs dizaines de kilomètres. Autour d’un café, elle me raconte son histoire, mais je crois qu’elle ne me dit pas tout de sa violence, ni de sa souffrance. Elle relativise, sinon pourquoi ce serait-t-elle dans cet état ? J’essaye de comprendre, sans accabler Torsten. Il a dû pas mal morfler quand même. On dit que la relation que l’on entretient avec sa mère détermine toutes les autres. »

 

 

Né en 1967 à Rueil-Malmaison, Éric Genetet commence sa carrière comme animateur et chroniqueur radio. Il passe dix ans à France Bleu. Spécialiste Culture et Sports, il devient journaliste chroniqueur pour la presse écrite (Strasbourg magazine, Poly, DNA, Passions Vin, Zut…).
Éric Genetet vit et travaille à Strasbourg, il partage son temps entre l’animation de débats-conférences pour des organisations privées et publiques et l’écriture.
En 2016, il écrit des textes de chansons pour la chanteuse Flore M, et collabore avec la photographe Ayline Olukman (2017).

Frisson horreur, Thriller psychologique

Sans retour

Tom Clearlake
Broché – 24 janvier 2021
Éditeur : Moonlight

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Lors d’un séjour à la montagne, John Gardner, dirigeant d’un groupe de sociétés, et sa famille, reçoivent amis et associés dans un lodge luxueux, au cœur des Rocheuses. Au deuxième jour, une tempête de neige se lève. Les routes sont bloquées. Les réseaux hors-service. Ils se retrouvent coupés du monde. Quand le blizzard cesse, dix-huit jours ont passé. Les occupants du lodge sont secourus et placés en observation. Cinq d’entre eux sont portés disparus. Les survivants sont extrêmement amaigris. Et en état de choc. Ils ne parleront pas. Ils garderont le secret. Le plus atroce des secrets.

 

2021_029_Clearlake Tom - Sans retour

 

La famille Gardner décide passer une semaine dans leur nouveau Lodge avec des amis.
Le second jour de leur séjour, un terrible blizzard s’abat sur eux. Ils doivent alors se confiner en attendant que cela cesse…
Après 18 jours de tempête, les Gardner sont retrouvés affaiblis.
Mais que s’est-il vraiment passé durant ces 18 jours ?
Il ne faudra surtout pas le dévoiler.

J’aurai pu résumer ce roman en un seul mot.
Wahou !!!

Dès les premières pages, Tom parvient à créer une atmosphère vraiment glaçante. Il nous plonge au cœur du stress, de la peur. C’est une immersion totale au cœur des événements comme si on y était. Ce thriller noir en huit clos est horriblement implacable ! Énorme “Coup de cœur” pour ce thriller palpitant avec ses 630 pages, qui ne m’a pas laissé un instant de répit.
L’auteur a frappé encore une fois très fort. Encore plus fort même !
La psychologie, juste et fine qu’il distille à chacun de ses personnages, se révèle parfaite du début à la fin. L’histoire remarquablement écrite et structurée avec des rebondissements réguliers jusqu’à la fin du récit. Je suis littéralement entré dans le roman… Et régulièrement dans ma lecture j’en suis venu à souhaiter que ce roman soit adapté au cinéma afin qu’il touche un maximum de personnes…

Le récit se divise en plusieurs parties.
Il y a l’avant cauchemar, “Le cauchemar”, le sauvetage, l’après sauvetage, mais pas que…

Vous n’avez pas fini de vous ronger les ongles.
L’écriture est telle que je n’ai pu faire autrement que de subir. Il y a des rebondissements à chaque chapitre et rien ne va jamais dans le sens que je pouvais imaginer.

Tom Clearlake reste fidèle à ses habitudes dans son roman. Violence, hémoglobine, peur, malaise, mais c’est tellement captivant… Il y a même un peu avant la fin un passage très beau, tout en poésie qui laisse entrevoir un autre visage de l’auteur.

Amateurs de sensations fortes, je ne peux que vous conseiller ce livre incroyable, mais attention… il vous faudra avoir le cœur bien accroché !

Merci Tom !

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Extraits :

« Dans la pénombre de la chambre dix-huit, John Gardner s’efforçait à penser clairement. Le traitement qu’on lui donnait le shootait à tel point qu’il avait du mal à bouger. D’un côté, il avait besoin de ça. D’un autre, il lui fallait toute sa tête pour réfléchir. Anticiper. Tout s’était bien passé jusque-là. Il fallait que ça continue. Il entendit Sally remuer dans le lit d’à côté. Parfois, elle parlait dans son sommeil. Que pouvait-elle dire ? Et si une infirmière avait entendu quelque chose… Cela lui était arrivé à deux reprises. Il l’avait patiemment écoutée et n’avait rien perçu de compréhensible, Dieu merci. Elle bougea à nouveau. Il s’assit tant bien que mal et appuya son dos contre la tête de lit. Elle s’agita encore, puis passa son bras hors des draps et se redressa pour s’asseoir sur le bord du sommier. Ses yeux fixaient le sol. Il la regarda attentivement, scruta ses plus infimes gestes. Elle releva la tête vers lui.
– John… Tu es là ? Dit-elle d’une voix faible. »
…/…
« Une heure plus tard, tout le monde s’était réuni dans le grand salon. Le vent hurlait de plus belle. La neige tombait encore plus fort. Des flocons énormes, qui filaient à l’horizontal et venaient s’écraser sur la baie vitrée, tels des bourdons albinos ivres. La toiture grinçait et, de temps à autre, on pouvait même sentir le sol vibrer. »
…/…
« Bien. Alors, écoute moi attentivement : l’auriculaire, l’annulaire et le majeur d’une de tes mains, peu importe laquelle, joueront le rôle des trois petits lutins. Tu vas te trancher ces trois doigts avec ce hachoir, Jack.
Une boule de glace se forma brutalement dans son estomac. »

 

Thomas Clearlake est un auteur franco-canadien né au Canada le 19 octobre 1973.

Il commence à lire avec Edgar Allan Poe, H.G. Wells, Jack London, Jules Verne, Agatha Christie, Jack Kerouak, Edgar Rice Burroughs, Lovecraft, Dean Koontz, Stephen King, Clive Barker, Umberto Eco…

Sa passion pour les littératures de l’imaginaire le pousse à expérimenter l’écriture dans des univers très différents, mais c’est dans le thriller qu’il préfère exercer.

“Je pense que le Thriller est le maître de tous les genres littéraires. Il permet de jouer avec les sensations et les émotions du lecteur comme aucun autre genre le peut. Il y a dans le thriller cette possibilité de créer l’intensité, et de la pousser à son paroxysme. Et l’on dispose d’une infinité de moyens pour y parvenir.”

 

Émotion, Roman

La page arrachée

de Martine Pilate
Broché – 8 avril 2021
Éditeur : Éditions de Borée

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Entre Juliette, Française issue d’un milieu petit bourgeois du Sud de la France et Faouzi, Marocain illettré au passé douloureux, une vie commune est-elle possible ? Ils approchent l’un et l’autre de la soixantaine et ont une histoire, une culture, une religion à assumer et à faire accepter à leurs entourages. Ces obstacles se dressent comme autant de défis à vaincre. Les enfants de Faouzi, un garçon et une fille, transportent une partie du destin de leur père. Celui-ci sera-t-il en mesure d’apaiser les vieilles querelles, de dissiper les mensonges ? Comme une parabole, l’apprentissage sur le tard de la lecture permet à Faouzi d’approcher la vérité, de retrouver sa fille, et de vivre pleinement avec Juliette.

 

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Un très grand merci à Virginie des Éditions de Borée pour cette belle surprise…

Une belle histoire qui évolue sur plusieurs “niveaux” avec un élément commun… l’amour !

“La page arrachée”, c’est une histoire de religion, c’est l’histoire de Faouzi qui a honte de ne savoir lire. C’est Juliette, bourgeoise du sud de la France qui découvre une nouvelle culture. Ils ne sont plus jeunes, et apprennent à se connaître. C’est l’histoire aussi de Baya, la femme de Faouzi, qui décide de partir, emmenant leur fille Leïla, abandonnant son fils Rayan et son mari. C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui décident de ce donner une chance de vivre heureux…

Martine, avec délicatesse nous prend par la main, et nous fait découvrir, des lieux, des coutumes, une façon de vivre différente. Un livre lu d’une traite qui force à la réflexion. Qui balaie les murs de bêtises qui s’érigent régulièrement dès que les gens ne comprennent pas les autres. On est presque dans l’actualité !

Je découvre Martine avec ce roman. J’ai été touché.
C’est un sujet que je n’avais encore jamais abordé. L’amour de deux retraités qui se construit pierre après pierre alors que tout les opposait, non-dits, religions, culture et niveau social. Un beau voyage plein, d’odeurs d’épices, de générosité et d’émotions.
La vie est ainsi faite, que pour pouvoir apprécier les choses, il faut d’abord les comprendre et les ressentir…

J’ai passé un excellent moment de lecture, et je pense retenter une nouvelle aventure avec Martine dès que l’occasion se présentera !

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Extraits :

« Depuis mon entrée à l’école, j’ai toujours eu un rêve. J’ai dû l’abandonner mais je n’y ai jamais renoncé. Maintenant, je vais enfin pouvoir le réaliser. Lire ! Prendre un livre, m’évadé au fil des pages ! C’est une fenêtre ouverte sur un univers différent. Voilà pourquoi je suis venu à votre association. Il faut que j’apprenne ! Chez nous, on dit que les livres sont les jardins des savants.
L’émotion planait. Un simple livre, objet dérisoire dans son apparence, mais paradoxalement si précieux, nourrissant aussi bien l’imaginaire que l’intelligence, dont l’odeur d’encre et la douceur du papier créaient un lien fort avec celui qui se penchait dessus… Elle ne put contenir un élan et allongea son bras pour poser sa main sur la sienne.
– Vous verrez, d’ici quelques mois vous plongerez dans la lecture. J’en suis certaine. »
…/…
« Juliette acquiesça d’un signe de la tête. Il fallait le ménager.
Au moment de se séparer, Leïla lui remit une carte de visite. Les deux femmes s’embrassèrent spontanément. Ce baiser, qu’elles avaient contenu quelques heures auparavant, scellait leur appartenance à une même famille, et une amitié confiante. »

 

 

Née à Marrakech, Martine Pilate a passé de longues années à l’étranger. Après des études littéraires, elle s’est tournée vers le droit. Depuis une quinzaine d’années, elle se consacre entièrement à l’écriture. Installée en Provence, elle s’implique dans de nombreuses actions culturelles.
Elle est l’auteur des « Papier Bonbon », en grande partie autobiographique, « Luta et les siens » , « La Véritable Histoire de la Pétanque », la naissance de ce jeu initialement plutôt « masculin » et de son expansion, au travers d’une saga familiale : celle des fondateurs du jeu dont elle est la descendante directe, « L’œuvre des Frères Bec » et « La Passion selon cinq Matous ».

Émotion

Apolline, Un avenir incertain

de Nathalie Brunal
Broché – 14 avril 2021
Éditeur : Independently published

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1899. Apolline, après avoir tenu tête à sa mère qui voulait la marier à un bon parti, s’épanouit dans sa nouvelle vie auprès de Jack. Elle abandonne peu à peu les convenances dictées par la haute société afin d’être acceptée par les habitants de cette contrée lointaine. Pas à pas, elle se construit un avenir radieux, cependant lorsque le danger plane, tout peut basculer. Son caractère s’affirme, son cœur est incertain… “Et si finalement, sa vie était à Edmeton dans les salons surchauffés des maisons cossues ?”

 

2021_027_Brunal Nathalie - Apolline, un avenir incertain

 

J’ai découvert Nathalie Brunal avec “Le défi d’Apolline”, il y a quelques mois.
Livre qui m’avait beaucoup plu et de plus, sorti de mes lectures habituelles.

Dès que j’ai su qu’une suite était prévue, je me suis très vite dit que je ne pouvais pas passer à coté. J’espérais ressentir les mêmes sensations que dans le premier tome.
De nouveau la magie a opéré… Encore une fois, quelle aventure !
J’ai eu encore une fois l’impression d’y être…
Je me suis glissé, page après page, dans cette très belle histoire où chaque personnage a un rôle qui lui sied à la perfection. Beaucoup sont très attachants.
Dans cette suite, c’est Alphonsine, la sœur d’Apolline, qui prend son envol… contre l’avis encore une fois d’Ernestine, leur mère. Quitter tout le confort qu’elles avaient dans leur famille, pour vivre comme elles vivent n’est pas du tout de son goût.

À la fin du premier tome, je pensais que tout serait simple pour Jack et Apolline.
Pas du tout ! La vie ne se déroule jamais comme on le prévoit. Le doute fini par s’immiscer dans les pensées d’Apolline. Et…

Un beau roman qui nous montre que la vie n’est pas aisée pour tous, et que pour les femmes, il fallait énormément de courage pour s’émanciper, quel que soit leur milieu social.

Je vous conseille vraiment cette belle histoire d’un autre temps.
J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture et à retrouver Apolline !
J’espère bien que ce n’est pas fini…

Bravo Nathalie !

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Extraits :

« L’attente fut interminable avant que les premiers hommes recouverts de poussière noire quittent la mine. Étaient-ils blessés? Il leur était impossible de le certifier. Mollie couru vers eux et leur demanda :
– Avez-vous vu Jack ? Était-il avec vous ?
Ils secouèrent la tête dans la négative accentuant le sentiment de malaise qui étreignait les deux femmes. »
…/…
« Jack était reparti avec Georges, son chariot étant plus adapté que le cabriolet de James. Sa jambe avait besoin d’être allongée et après les efforts qu’il avait fourni, il était épuisé. Apolline voyagea en compagnie du Dr Smith qui lui semblait maussade. Elle comprenait que le pardon accordé peut-être un peu trop facilement brisait ses rêves. Il éprouvait pour elle des sentiments qui n’étaient pas réciproque, mais elle avait besoin de son amitié avant toute chose. Les premiers kilomètres se firent en silence, puis James, qui en avait assez de ruminer dans son coin, lui demanda :
– Êtes-vous certain d’avoir fait le bon choix ?
– James, ne vous inquiétez pas pour moi. J’ai écouté mon cœur qui ne peut me trahir. »

 

 

Nathalie Brunal a 43 ans quand elle se lance le défi fou d’écrire son premier roman. “Dévoreuse” de livres depuis sa plus tendre enfance, elle est passée de l’autre côté du miroir pour à son tour, faire voyager les lecteurs. Lisant de tout depuis qu’elle sait lire avec une préférence pour les romans qui font découvrir de nouveaux horizons, elle a découvert le “feel-good” tout à fait par hasard. Il l’a inspirée pour l’écriture de son premier roman publié en juin 2017. “Une tragique fête des fraises” est drôle, frais et rempli d’humour. Son héroïne Anna est une Bridget Jones à la française. Avec son compagnon Roger, ils vont vivre des aventures rocambolesques. Vous pouvez les retrouver dans les autres tomes “Le défile des glaces”, “Un bouquet sans mariée”, “L’Hydromel Hindou” et “D’une pierre… Deux coups”. Ils sont regroupés dans L’intégrale Anna et Roger.

Deux nouvelles héroïnes vous attendent dans “vacances en terre inconnue”, sourire garanti en leur compagnie.

N’hésitez pas à vous procurer “Les tribulations d’Hortense”. Douceur, humour et amour s’y mêlent pour un agréable moment de lecture en compagnie d’Hortense et de sa tata “brut de décoffrage”. D’ailleurs, vous avez tellement aimé ce duo hors du commun que vous avez réclamé d’autres tomes à l’auteur qui s’est pliée à vos exigences avec plaisir. Vous pouvez donc les retrouver dans “Les Amours tourmentées d’Hortense” et “Le Noël explosif d’Hortense”. Hortense s’est même offert une scène puisque vous pouvez la retrouver dans un vaudeville saupoudré d’humour, de rires et de quiproquos. “Le coup de théâtre d’Hortense” vous permettra de vous évader en ces temps difficiles.

“Quand Cupidon s’en est mêlé…” , une romance feelgood où se mêlent amour, surprises et un soupçon d’humour vous entraînera dans les rues de la Butte Montmartre.

Retrouvez toute l’actualité de Nathalie Brunal sur :
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Émotion

Ma grand’ de Noël

de Elisabeth Fabre Groelly
Broché – 25 février 2020
Éditeur : Nombre 7 éditions

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Jakez vient de perdre sa grand-mère. Il a vingt ans.
Parmi les cahiers et objets divers que Grand-père Peter doit commencer à trier, il découvre les lettres du père Noël.
Enroulées comme des parchemins, les lettres précisément, que le bonhomme déposait chaque année sur le banc du jardin après avoir laissé tout près, au creux de la nuit de Noël, les sacs de jute pleins de jouets pour la famille.
Toutes les lettres, qu’année après année, même avant la naissance du garçon, Grand-mère Jacotte avait rédigées elle-même, suivant l’humeur du moment, suivant l’actualité de l’année, selon ce qu’elle attendait de sa grande famille…
Alors, Jakez, qui entretenait une relation privilégiée avec sa Grand’, se met, à son tour, à écrire sur cette enfance, pleine et ronde, à laquelle l’adolescent ne peut se résoudre à mettre un terme. Il écrit, à bâtons rompus, ce qui lui revient de ces années.
En vingt-quatre chapitres symbolisant les vingt-quatre jours qui mènent à Noël, se lisent, en filigrane, les joies de l’insouciance, comme les premières déconvenues ou les blessures sur le parcours du petit garçon qui grandit sous nos yeux de lecteur.
Toujours sur fond du brouhaha familial, mais aussi de sentiments forts partagés entre le petit-fils et sa grand-mère.
Sa Grand’ de Noël, une femme forte.

 

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Bonjour à toutes et à tous,

Ce très beau roman parle d’amour, mais pas n’importe lequel.
Il parle de l’amour et de la tendresse éprouvée par une grand-mère (Ma Grand’) envers l’ensemble de ses petits-enfants…
Il parle aussi de tous nos souvenirs d’enfance avec beaucoup de sensibilité.

Il m’arrive lors de mes lectures, de regretter d’arriver à la dernière page d’un livre.
C’est exactement ce que j’ai ressenti à la fin de cette lecture. Elisabeth Fabre Groelly arrive a créer une ambiance très particulière, une atmosphère douce et magique qui m’a replongé dans des souvenirs anciens, replongé dans mon monde d’enfant, dans des moments particuliers de ma vie…

Le récit se déroule du Noël 2003 au 9 mars 2026, et année après année, ce sont les lettres laissées par le « père Noël » chaque année qui vont rythmer cette histoire, formidable idée de Jacotte, dite « Ma Grand’ », pour l’ensemble de sa famille. Car si Jacotte prend la vie au sérieux, elle la prend aussi avec beaucoup de douceur.

Fiction très touchante de tranches de vies relatées année après année…
Une belle réflexion sur le regard bienveillant de nos grands-parents sur le temps qui passe et la façon qu’ils peuvent avoir de laisser une trace de leur passage.

Un livre très agréable à lire, j’ai été emporté !
Je conseille vivement.

Merci Elisabeth !

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Extraits :

« Vous êtes là à vous impatienter pour continuer votre fête et vous, les petits pour découvrir le contenu des paquets. Mais avant, vous allez écouter et répéter après moi ces trois choses élémentaires, comme à l’école Jakez, je compte sur toi pour qu’ils se les répètent, les grands, quand je ne serai plus avec vous.
La première : réfléchissez ! À quoi croyez-vous vraiment dans votre vie ?
La deuxième : est-ce que la famille, c’est réconfortant ou embêtant ?
La troisième : les vieux, les nôtres ou pas les nôtres (je ne sais pas où je me situe ce soir), comment peut-on les rendre plus gais quand ils ne le sont plus ? »
…/…
« Chère famille que j’aime,
Je n’arriverai pas à temps chez vous cette année. Ne m’attendez pas. Je ne suis pas fâché, qu’on se le dise. Un peu déçu quand même par ce monde …/… Restez éveillés et opposez-vous à tout ce qui rabaisse l’homme ; je vous expliquerai plus tard, pour l’instant c’est Jacote qui est ma plus grande élève, écoutez-la vous parler du quotidien !
Père Noël, décembre 2015. »

 

 

Professeur d’anglais à l’Éducation nationale, une vie. Des années de projets avec l’Italie et une rencontre, Mario Rigoni Stern. Passion : l’histoire des hommes dans l’Histoire, toile de fond du récit. Écriture spartiate… à 4 heures. Publiés : Retour en terre sèche – Et la Piave murmure (bilingue italien) – À Grand-Rhône – Vous êtes d’où ? De Bouc, ça s’entend ? – La maison de Bouc, que pierre a bâtie.
Avoir des pays comme maisons, des hommes divers comme appuis, des langues comme viatique… Des projets aussi, pour faire briller les yeux. Un mot : AVANCER ! De temps à autre, se poser ; alors vient l’écriture qui se déroule comme un serpent apprivoisé. Venez, je vous raconte une histoire du chemin…

Émotion, Suspense

… Et pour le pire

de Noël Boudou
Poche – 13 mai 2021
Éditeur : éditions Taurnada

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Bénédicte et Vincent auraient pu vieillir paisiblement ensemble. Malheureusement, le destin en a décidé autrement, il y a vingt ans… Vingt ans. Vingt ans à attendre… à attendre que les assassins de sa femme sortent de prison. Depuis vingt ans, Vincent Dolt n’a qu’une seule idée en tête : venger sa douce Bénédicte… Depuis vingt ans, seule la haine le maintient en vie. Mais une vengeance n’est jamais simple, surtout à 86 ans. Il a vécu le meilleur, il se prépare au pire…

 

2021_026_Boudou Noël - …Et pour le pire

 

Tout d’abord je tiens à remercier Joël des éditions Taurnada pour l’envoi de ce nouveau roman.

Bonjour à toutes et à tous,

Vincent est vieux. Très vieux, même.
C’est un octogénaire qui vit seul depuis l’assassinat de sa femme Bénédicte vingt ans plus tôt.
Il attend sa mort, et ne reste en vie uniquement, que pour pouvoir assouvir sa vengeance.
En effet, Bénédicte n’a pas seulement été assassinée… Elle à d’abord été violée, brulée, torturée par trois hommes, et ce, durant plusieurs heures, avant de décéder enfin…
Les coupables vont bientôt sortir de prison.

Vincent lui aussi, est mort un peu ce jour là. Du moins ne vit plus… ou si peu, quand un jeune couple s’installe tout près de chez lui…

Quel plaisir de retrouver Noël Boudou.
J’avais déjà beaucoup apprécié la lecture de “Benzos”, il y a quelques mois, mais avec “… Et pour le pire”, il signe ici son troisième roman, qui ne ressemble à aucun autre que j’ai pu lire jusqu’à présent. Un roman coup de poing, impossible à résumer en quelques mots…
Dans une même page, on peut passer de la violence la plus extrême, à une émotion douce et sincère, pour finir en éclat de rire. En effet malgré un sujet très dur, il m’est arrivé de rire aux éclats plusieurs fois !

J’ai lu ce roman d’une traite et je ne sais vraiment pas comment aborder mon “Ressenti”…
J’ai adoré le style, l’humour très efficace et les émotions qui se dégagent le long du récit. J’avoue que j’aurai aimé quelques pages supplémentaires… Vincent, Bao, France et d’autres encore, vont me manquer !

Vous voulez un bon conseil ?
Notez tout de suite le titre du roman sur un Post-it.
Et dès que vous le pourrez, foncez vite chez votre meilleur libraire.
Plus tard, quand vous l’aurez lu, vous aurez alors une idée du panel des émotions ressenties.

Merci Noël !

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Extraits :

« Bill, mon fidèle compagnon à quatre pattes, nommé ainsi en hommage à Bill Haley, se met à gratter le sol à côté de sa gamelle pour réclamer son petit déjeuner. Je lui verse quelques croquettes et m’installe devant mon café noir et ma chocolatine. Depuis deux jours, Bill a cessé de renifler la porte de la cave en grognant. C’est assez amusant de voir ce petit bout de clébard qui doit peser à peine quinze kilos faire le courageux face a cette porte. Si je l’ouvrais pour le laisser descendre voir ce qui s’y passe, son espérance de vie serait réduite à quelques secondes face au monstre que j’y cache. »
…/…
« Il frotte sa figure comme pour la débarrasser de la tension qui lui froisse les traits. Son visage envahi par la fatigue me fait penser à ce type qui s’est foutu la gueule en l’air, défoncé au benzos, sa femme enceinte. »

 

 

Noël Boudou, né à Toulouse en 1974, travaille auprès de personnes âgées et vit aujourd’hui près de Cahors. Depuis l’âge de 16 ans, chanteur dans divers groupes allant du hard-rock au death metal, écrire ses textes de chansons lui donne un jour l’envie de s’essayer à raconter des histoires. Fan de Jim Thompson, Joe R. Lansdale et David Peace, c’est tout naturellement qu’il se tourne vers le roman noir.

Son premier livre, Elijah” (Flamant Noir), remporte le prix du Roman Noir 2017 lors du Festival de Cognac. “Benzos” aux éditions Taurnada a été publié le 14 Novembre 2019, “… Et pour le pire”, son troisième livre publié le 13/05/2021, toujours chez Taurnada éditions.

Émotion, Drame, Histoire

la plus précieuse des marchandises

Un conte de Jean-claude Grumberg
Poche – 1 octobre 2020
Éditeur : Points

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Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.

Non non non non, rassurez-vous, ce n’est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons…

Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été, une chaleur accablante s’abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.

La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

2021_024_Grumberg Jean-claude - La plus précieuse des marchandises

 

Bonjour à toutes et à tous,

Les contes de fées se caractérisent généralement par trois éléments :
– Ils racontent des événements imaginaires, voire merveilleux,
– Ils sont destinés à divertir et, en fin de compte, à transmettre une moralité.
– Ils sont l’expression de la tradition orale.
Bien qu’à l’origine « folkloriques » et oraux, ils font désormais partie de la littérature savante, ce qui a conféré aux « contes de fées » un statut noble.

Cependant, dans un modeste récit d’une centaine de pages, Jean-Claude Grumberg retient quelques motifs structurels. La foi et la bonté inébranlable de certains personnages, mais aussi la cruauté et le sadisme d’autres. Telle est la nature de ce « petit » bijou.

Des fées, dans le monde ici restitué, il n’y en a pas, il n’y en a plus…

Dans une grande forêt vivent pauvre bûcheron et pauvre bûcheronne en mal d’enfant. À proximité de chez eux se trouve une ligne de chemins de fer. Des trains passent régulièrement, trop régulièrement… Tout autour, c’est la guerre…

J’ai été soufflé littéralement par cette histoire terrible, vécue au plus près de ce qu’on nommera plus tard l’Holocauste. J’ai apprécié les rebondissements de ce conte en dehors des sentiers battus, ils sont par bien des aspects surprenants et donnaient à réfléchir. J’avais oublié que tous les contes ne se finissent pas toujours bien, ou pas si bien que ça, il m’est resté parfois un goût un peu amer… Car comme un enfant qui écoute raconter une histoire qui fait peur, je me suis surpris à espérer…

C’est écrit avec beaucoup d’humilité et d’amour aussi !
Bravo Monsieur Grumberg…

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Extraits :

« Au printemps 42, ils avaient failli les faire passer, sans savoir d’ailleurs qu’ils seraient deux. Mais son épouse, après réflexion, avait souhaité les garder. Elle avait fini par mettre au monde deux petits êtres déjà juifs, déjà fichés, déjà classés, déjà recherchés, déjà traqués, une fillette est un garçon, hurlant en chœur déjà comme s’ils savaient, comme s’ils comprenaient. »
…/…
« Pauvre bûcheronne, ce matin là comme tous les matins, tôt, très tôt, dans ce demi-jour d’hiver, s’essouffle dans la neige afin de ne pas manquer le passage de son train. Elle se presse et se presse, ramassant çà et là quelques branchages que le poids de la neige et de la nuit à brisés et jetés au sol. Elle court, elle court arrachant ses pieds chaussés de peaux de renardeaux retournées et façonnées par les soin de son pauvre bûcheron de mari. »

 

 

Jean-Claude Grumberg est né à Paris le 26 juillet 1939. Son père, Zacharie Grumberg, est né le 19 décembre 1898 à Galatz (Galați) en Roumanie.

Son père et ses grands-parents sont raflés devant lui à Paris et déportés pour ne pas revenir en 1942. Son père est déporté du camp de Drancy vers Auschwitz par le Convoi No. 49, en date du 2 mars 1943. Sa dernière adresse est au : 34, rue de Chabrol dans le 10e arrondissement de Paris.

Lui-même et son frère sont recueillis à la maison des enfants de Moissac. Ce traumatisme accompagnera toute son œuvre.

Il est l’auteur d’une trentaine de pièces de théâtre, jouées partout dans le monde, et scénariste (avec Truffaut, Costa-Gavras, etc…). Il a publié au Seuil, dans “La Librairie du XXIe siècle”, Mon père. Inventaire (2003, “Points Essais”, n° 635, 2010) et Pleurnichard (2010) paru également en Points en 2020.
Il vit à Paris.