Émotion, Drame

Les petits bonheurs sont si grands…

de Murielle Toy
Broché – 17 novembre 2020
Éditeur : Max Milo

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C’est le combat rare d’une mère dans le milieu de l’armée pour que son fils victime d’un viol obtienne réparation. Elle combattra la justice pour qu’il y ait un procès. Murielle Toy s’accroche aux petits bonheurs simples de la vie pour ne pas s’effondrer ! Ce livre porte un message d’espoir, en particulier pour les familles, nombreuses à ne pas oser briser le mur du silence.

Une famille mène une vie ordinaire et paisible. Le père est gendarme, la mère alterne vie professionnelle et vie de femme au foyer. Leur quotidien va basculer dans l’horreur suite aux aveux de leur fils, victime de viol et d’abus sexuels au sein de la gendarmerie où ils ont vécu. Va suivre une succession d’obstacles afin de sauver Kévin du choc post-traumatique ignoré et négligé par nos institutions. Ils vont comprendre le sens de la solitude et du combat. Murielle la mère, mène un combat féroce pour maintenir Kévin dans une scolarité normale…
Cette mère mènera un combat contre l’armée et la justice, pour que le pédophile soit arrêté et qu’il y ait un procès. A cette douleur inqualifiable s’ajoutent la lenteur et le laxisme judiciaires qui dévastent davantage les victimes et leur famille. Kévin sera broyé par toute cette spirale judiciaire qui ravivera à chaque fois la violence de son traumatisme.

 

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Le gros inconvénient avec une PAL comme la mienne est de parfois “retrouver” et “redécouvrir” des livres que j’ai reçus il y a plusieurs années…
C’est le cas de celui-ci, qui m’a été offert et que j’avais de plus, prévu de lire dès sa réception !

Avant de vous livrer mon “Ressenti”, je voulais tout d’abord dire un très grand Merci à Murielle Toy.
Merci pour ce récit fort et bouleversant.
Merci pour les combats qu’elle a mené pour protéger son fils…
Merci pour ce partage émouvant qui je l’espère a été et sera “le pavé” qui fera bouger les choses, enfin !

Ce livre, je n’ai pas pu le lire d’un seul tenant.
Trop d’émotions dans chaque page… trop de peine, de larmes et trop de colère aussi…
Ce récit ma vraiment touché pour tout un tas de raison, et il m’a fallu prendre un peu de recul pour pouvoir écrire mon “Ressenti”.

Ce récit n’est pas une simple histoire.
C’est tout d’abord l’histoire vraie d’une mère qui un jour décide de faire TOUT ce qui sera en son pouvoir pour sauver son fils, la chair de sa chair, l’aider dans le drame qu’il a vécu et lui donner les moyens d’essayer de se reconstruire.
Elle affrontera la lenteur judiciaire et les injustices que subira son fils. Les petits bonheurs simples de la vie, eux, ne seront là uniquement que pour que sa famille ne s’effondre pas…

Ce livre, qui raconte toute l’horreur de la pédophilie, porte un message d’espoir pour toutes les familles qui aujourd’hui encore n’osent pas briser le silence !
Car malheureusement c’est encore pour beaucoup de personnes un sujet tabou. Les victimes se retrouvent régulièrement seules dans leur combat. Murielle nous raconte son histoire personnelle avec beaucoup de pudeur et d’authenticité, ses qualités et ses faiblesses…

L’écriture est fluide et rien ne sera caché au lecteur, même les échanges de courriers judiciaires et les lettres aux présidents y sont retranscrits. On ne peut que ressentir les émotions et la souffrance qu’a vécu l’auteure.

Je vous conseille vivement de lire ce livre pour mieux comprendre ce que subissent les victimes , ainsi que leur famille…
Mais aussi afin et surtout que tout le monde sache et puisse en parler librement.

Bravo Murielle pour votre courage…

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Extraits :

« Quelle impuissance insoutenable pour une mère ! Les mamans sont des magiciennes, elles consolent des petits bobos avec des bisous, comprennent leurs enfants mieux que quiconque… N’est-ce pas là le rôle fondamental de la mère ? Connaître son enfant, échanger, communiquer et partager avec lui ? Créer cette relation de confiance et de complicité ? Mais que faire quand l’amour d’une mère ne suffit pas pour apaiser l’enfant ? »
…/…
« De génération en génération ce tabou existe encore. Le viol est un crime grave, les séquelles sont graves et le gouvernement doit agir urgemment afin de prendre ce sujet en considération. J’admire les associations qui mènent une vraie sensibilisation dans les écoles, collèges, lycées. Et cela porte ses fruits, souvent ses actions permettent de libérer la parole. Et on sait combien pour une victime en parler est un progrès énorme. À quand une campagne menée par le gouvernement ? Une action massive qui casserait définitivement l’image de ce tabou pour véhiculer l’image d’un crime grave. Une campagne qui valoriserait les victimes, les aiderait à se sentir moins seules ? »

 

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Que mon livre puisse libérer la parole, aider les familles à comprendre les conséquences du stress post traumatique, aider à faire du bien quand tout va mal, et exposer cette réalité effrayante à tous ceux qui l’ignorent !

Il faut contribuer à libérer la parole des victimes, à stopper ce tabou, faire cesser la honte !
Il n’y a aucune honte à être victime, aucune honte d’en parler.
La honte revient aux coupables !

Que mon livre puisse vous éclairer !

Et n’oubliez pas, quelque soit ce que l’on vit il y a une multitude de petits bonheurs…
À nous de les percevoir et de les saisir…

Murielle Toy

Émotion, Drame, Noir

Le cinquième enfant

de Doris Lessing
Poche – 1 septembre 1993
Éditeur : Le livre de Poche

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Pour Harriet et David, couple modèle, qui a fondé une famille heureuse, l’arrivée du cinquième enfant inaugure le temps des épreuves. Fruit d’une grossesse difficile, anormalement grand, vorace et agressif, Ben suscite bientôt le rejet des autres enfants, tandis que les parents plongent dans la spirale de l’impuissance et de la culpabilité.

La romancière du Carnet d’or, prix Médicis étranger 1976, mêle ici de façon impressionnante réalisme et fantastique, dans une fable cruelle qui met à nu l’envers et le non-dit des relations familiales.

Un véritable tour d’écrou. Doris Lessing semble possédée d’une indignation, d’un humour ambigu, aussi forts, aussi libres qu’à ses débuts.
Jean-Maurice de Montrémy, Lire.

Une parabole, un traité pour notre temps, une histoire terrifiante.
The Times Literary Supplement.

Prix Nobel de littérature 2007.

 

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Ce roman court mais très riche ne fait pas vraiment dans le bon sentiment. Réaliste et sans fioritures, il se lit comme un thriller.
Ce roman fait partie de ceux que je n’oublierai pas… L’histoire d’une famille anglaise contemporaine, un couple qui rêve d’une grande et belle famille. Harriet et David étaient faits pour se trouver. Personnalités semblables, même conception de la vie. Ils rêvent de fonder la famille idéale, nombreuse, chaleureuse, un vrai foyer de convivialité.
Ils commencent par acheter une grande maison dans la banlieue de Londres, et très vite arrivent les enfants, quatre dans un premier temps.
C’est alors que, malgré les précautions, Harriet comprend qu’elle attend un cinquième enfant… La grossesse va très mal se passer, horriblement douloureuse et cauchemardesque. Le foetus fait preuve d’une force et d’une rage inouïe, torturant sa mère de l’intérieur comme s’il voulait se venger de ne pas avoir été désiré.
À sa naissance, le bébé étrange provoque le malaise, puis très vite, la peur dans son entourage.

Harriet sait qu’elle a mit au monde un enfant différent, froid, ne manifestant aucune émotion hormis des accès de rage. Sa mère voit en lui un monstre…
La réalité la rattrape. Dilemme d’une mère qu’on culpabilise d’avoir enfanté ce monstre, tiraillée entre un reste d’instinct maternel et une aversion pour son rejeton, entre cet enfant qui la phagocyte littéralement et le reste de la fratrie dorénavant délaissée.
Cette présence d’un enfant différent au sein de la famille jusque là sans histoire, va la faire exploser. La mère qui était affectueuse devient pleine d’angoisse et de haine, le père exemplaire va traiter son fils comme une bête sauvage, les autres enfants feront tout pour quitter la maison.

Difficile d’en dire plus sans dévoiler la trame du récit, mais sachez que ce roman est brillant et glacial. Doris Lessing arrive à nous faire vivre en 186 pages, vingt ans de la vie de David, d’Harriet et de leurs enfants.
L’écriture subtile, incisive et poignante ne laisse que très peu d’instant de répit, tous les personnages ont leur place, et l’intrigue est captivante de bout en bout. Angoisse et malaise suintent à chacune des pages. Ce roman est saisissant, effrayant.

Durant toute ma lecture je suis resté fasciné par le destin de cette créature souffrante, qui ne trouve sa place nulle part. J’ai souffert aussi bien sûr avec Harriet qui va se retrouver toute seule face à un drôle de destin, alors que personne ne lui tendra la main…

C’est un livre incroyable, a ne pas manquer, d’une auteure que je découvre avec ce récit !
Je pense qu’il ne me faudra pas longtemps pour que je sois de nouveau tenté par un autre de ses romans.
À suivre…

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Extraits :

« Le temps passait. Il passait, bien qu’elle fût prisonnière d’une perception du temps différente de celle des êtres qui l’entouraient – et qui n’était pas non plus celle de la femme enceinte, lent, au rythme de la croissance de l’enfant niché en elle. Son temps à elle n’était qu’endurance, contenance de douleur. Des fantômes et des chimères lui habitaient l’esprit. Elle songeait : quand les savants tentent des expériences, quand ils accouplent ensemble deux espèces d’animaux, de tailles différentes, sans doute la pauvre mère ressent-elle la même chose. Elle l’imaginait de pathétiques créatures sabotées, horriblement réelles à ses yeux, provenant de l’union d’un grand danois ou d’un lévrier russe avec une petite chienne épagneule ; d’un lion avec une chienne ; d’un cheval de trait avec une ânesse ; d’un tigre avec une chèvre. Il lui semblait parfois que des sabots déchiraient sa chair intime, ou même des griffes. »
…/…
« Mais ils continuaient à venir de temps en temps. Comme s’ils n’étaient pas restés si longtemps absents, et sans jamais dire où ils étaient allés, ils envahissaient la salle de séjour, s’installaient devant la télévision, à quatre ou cinq, parfois même dix ou douze. Ils ne pillaient plus le réfrigérateur : on n’y trouvait plus grand-chose, désormais. Ils apportaient d’énormes quantités de nourritures originaires des pays les plus variés. Des pizzas et des quiches ; des plats chinois, et indiens ; des pitas remplies de salade ; des tacos, des tortillas, des samosas, du chili con carne ; des pâtés en croûte, des sandwiches. C’était là des Anglais conventionnels et rigides, non ? Refusant de manger autre chose que ce qu’avaient connu leurs parents ! Il ne s puissent éparpiller alentours miettes, croûtes et cartons, sans avoir rien à nettoyer. »

 

 

Née en 1919 de parents britanniques à Kermanshah (Iran), Doris Lessing passe son enfance en Rhodésie. En 1949, elle se rend pour la première fois en Angleterre avec, dans ses bagages, un premier roman, The Grass is singing, qui sera édité en 1950. Aujourd’hui mondialement connue, elle est l’auteur d’une œuvre considérable : plus de quarante titres, essentiellement des romans – parmi lesquels Le Carnet d’or (prix Médicis étranger 1976) et Les Enfants de la violence –, mais aussi des nouvelles, des pièces de théâtre, des poèmes, des témoignages et souvenirs. Elle a reçu le prix Nobel de littérature en 2007.

Émotion, Noir, Polar, Suspense

Les Ronds dans l’eau

de Hervé Commère
Poche – 13 février 2014
Éditeur : Pocket

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Un truand paranoïaque en cavale depuis quarante ans.
Un serveur dépressif qui voit son ancien amour se trémousser dans un jeu de téléréalité.
À priori, aucun lien entre ces deux hommes que tout semble opposer et qui ne se connaissent pas. Sauf peut-être une lueur dans le regard d’un vieil homme. Ou l’obsession d’un journaliste à réunir les pièce d’un vieux puzzle.
Sauf peut-être les ronds dans l’eau.
Car certains actes ont des répercutions inattendues, même très longtemps après avoir été commis…

“Un ovni littéraire, tantôt poétique ou violent. Toujours surprenant et parfaitement ciselé.” Ouest France

“Le thriller à la française a trouvé un de ses meilleurs ambassadeurs.” Direct Matin

 

2021_045_Commère Hervé - Des ronds dans l'eauDédicace

 

Impossible de résumer ce roman.
Je ne sais même pas par où commencer, il y a une telle richesse d’idées…
Tellement de personnages importants…

Et si je commençai par la fin ?
Par exemple le neuvième chapitre de l’épilogue ?
Rarement une fin ne m’aura autant bouleversé, et j’avoue avoir ressenti quelques picotements aux yeux avant de sentir une larme couler sur ma joue…

« Les ronds dans l’eau » est un polar et en même temps bien plus que cela !
Ce petit chef d’œuvre, avec deux intrigues qui ne cessent de se mêlées, pleines de suspense, est aussi une belle et triste histoire d’amour.

L’intrigue est bien menée et la construction du roman parfaitement fluide et maitrisée. Chaque chapitre est un rebondissement distillant de nouvelles informations, créant ainsi de nouvelles intrigues.

Fidèle à son thème de prédilection, à savoir l’importance du hasard dans la vie quotidienne, Hervé Commère nous livre un chassé-croisé dont il a le secret.
C’est un récit à deux voix :
Jacques, truand à la retraite. Son forfait le plus mémorable, la participation au vol d’un tableau de Manet quarante ans plus tôt…
Yvan, barman. Il découvre avec horreur à la télévision dans un jeu de télé-réalité son ex-petite amie, prête à tout pour remporter la victoire.
Deux vies différentes.
Deux destins qui n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant…

J’avais découvert et beaucoup apprécié le premier livre d’Hervé, la belle mécanique de précision qu’était “J’attraperai ta mort”, suivi très vite de “Sauf”, tout aussi agréable. Mais avec “Les Ronds dans l’eau”, Hervé a, pour moi, bousculé beaucoup de codes…

Une jolie couverture, des intrigues sinueuses, un peu d’humour, beaucoup d’amour et surtout, une écriture envoûtante, un coup de cœur tout simplement.

Je vous le conseille vivement !

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Extraits :

« Quand j’étais petit, on ne se demandait jamais si une fille avait de vrais seins ou non. À l’époque, ce qui était nouveau le restait quelques temps, sans risquer d’être dépassé le mois suivant. Être célèbre n’était pas un métier, on pouvait être heureux sans être riche et top model. Les vedettes de mon enfance avaient eu un parcours, de beaux films, de jolies chansons. On n’était pas là pour rien. Aujourd’hui, la télé me montrait des inconnus, des nouveaux chaque semaine, qui déclenchaient l’hystérie d’un simple battement de cils. On ne parlait plus de musique mais de nombre d’exemplaires vendus, on ne parlait plus du septième art mais de millions de recettes. Je n’y comprenais rien. »
…/…
« – C’est proprement rocambolesque, lâcha-t-il.
Proprement rocambolesque. Bouffonnerie. Je me demandai où ce type avait appris à parler. Il devait trouver les bons films « tout à fait jubilatoires ». Après la pipe du samedi soir, il devait flatter sa femme en lui disant qu’elle avait fait preuve d’une « réjouissante audace », je le voyais d’ici. »

J’attraperai ta mort :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/04/jattraperai-ta-mort-de-herve-commere/

Sauf :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/05/sauf-de-herve-commere/

 

 

Hervé Commère est né en 1974 à Rouen et vit aujourd’hui à Paris. Après J’attraperai ta mort (2009), il a publié Les Ronds dans l’eau (Fleuve Noir, 2011 – Prix marseillais du Polar et prix du roman de la ville de Villepreux), Le Deuxième Homme (Fleuve Noir, 2012), Imagine le reste (Fleuve Éditions, 2014 – prix Plume de Cristal du Festival international du Film policier de Liège) –, Ce qu’il nous faut, c’est un mort (Fleuve Éditions, 2016 – Prix Polars Pourpres et Prix Polar à Mauves-sur-Loire) dont les droits ont été optionnés pour une série télévisée, et Départs (Éditions In8, 2017). Son dernier livre, Sauf, paraît en 2018 chez Fleuve Éditions.
Hervé Commère est traduit en Chine et au Japon.

Histoire, Polar, Suspense

Cabale Pyramidion

de Samuel Delage
Broché – 13 mai 2021
Éditeur : MON POCHE

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Les pyramides n’ont pas livré tous leurs secrets… : une folle course contre la montre au cœur de l’Egypte du printemps arabe. Marion Evans, jeune étudiante franco-américaine, est arrêtée à la sortie du Musée égyptien du Caire où elle travaille, une statuette dans son sac à main. Même si tout tendrait à prouver qu’il s’agit d’un coup monté, la police semble se satisfaire de cette coupable désignée. Mais pas ses amis, qui vont tout faire pour la sortir de ce mauvais pas et faire la lumière sur ce complot. Yvan Sauvage, expert en art, ancien professeur et amant occasionnel de la jeune femme, se lance tête baissée dans l’affaire, bientôt aidé de Daoud, un antiquaire roué, et du beau et ténébreux Hassan Tarek, un archéologue aux desseins ambigus…

 

2021_044_Delage Samuel - Cabale Pyramidion

 

J’ai reçu « Cabale Pyramidion » en service-presse il y a quelques jours par les éditions Centre Livre – Mon Poche. Un grand merci à Virginie…

Après les lectures de « Code Salamandre » et « Arcanes Médicis » j’ai de nouveau pris beaucoup de plaisir à retrouver Samuel Delage ! Son écriture simple et efficace a fait que je ne me suis pas ennuyé une seconde. Le duo Marion et Yvan fonctionne à merveille. Amateur d’Egypte ancienne et de romans ésotériques, je me doutais bien que j’allais accrocher…
Mais je ne m’attendais pas à l’être aussi vite !
En effet intrigues et rebondissements commencent dès les premières pages. Pas le temps de respirer et “boom” un retournement de situation. Accrochez-vous bien durant ce voyage en Égypte, car il en va de même jusqu’à la fin.

Dans son récit Samuel nous fait entrevoir l’envers du décor de l’Egypte telle qu’elle est vue par les touristes. Ici, la justice laisse la place à la corruption et aux chantages, aux magouilles politiques, aux trafics et recels d’antiquités.

Cabale Pyramidion est un roman qui sonne juste, certaines descriptions m’ont donné l’impression d’y être et de respirer l’air du Caire et de l’Égypte dans toute sa splendeur !
J’ai été ainsi transporté dans un roman où les recherches historiques se mêlent à une aventure qui m’a tenue en haleine et où tout s’accélère jusqu’à une fin qui dénouera l’essentiel de l’intrigue, mais malheureusement pas le grand mystère…

Une suite à venir Samuel ?

Un thriller saisissant qui m’a fait passer un bon moment et qui m’a fait repenser aux voyages et aux sites que j’ai visités là-bas.
Venez à votre tour voyager dans cette cabale, afin de découvrir les clés d’un Pyramidion aussi réel que mystique…

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Extraits :

« Une main vient d’agripper son bras. Marion Evans se fige. Quelqu’un a surgi derrière elle, et personne autour. Le musée s’apprête à fermer, les visiteurs ont déserté la salle où elle déambulait. La jeune femme se retourne : devant elle, un homme en uniforme de gardien, les yeux cachés par des lunettes sombres. Il retire sa main et désigne une porte de service.
– Avancez par là !
Pas une invitation, un ordre. Il la domine d’une courte tête, mais sa carrure fait peur. »
…/…
« J’ignore dans quoi tu t’embarques, mon cher Yvan, mais sache que j’ai toujours eu confiance en toi. On ne dit jamais assez aux gens qu’on estime combien ils comptent dans nos vies…
Ce dernier propos étonna Ivan et l’ébranla un peu. Qu’un homme aussi pudique livrât ce sentiment lui paru étrange. »
Code Salamandre :
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/19/code-salamandre/

Arcanes Médicis :
https://leressentidejeanpaul.com/2020/09/16/arcanes-medicis/

 

 

Né en 1978 à Angers, Samuel Delage est scénariste et auteur de romans à suspense. Il est également chroniqueur livres sur France 3 et a créé le site Internet Les Petits Mots des Libraires. Cabale Pyramidion est le deuxième opus d’une série romanesque avec deux personnages récurrents – Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, et Marion Evans, historienne de l’art – que l’on retrouve dans Code Salamandre (Belfond 2011- MonPoche 2019) et Arcances Medicis (De Borée 2018).

Facebook : facebook.com/delage.samuel
Instagram : @samueldelage
Twitter : @samueldelage
http://www.samueldelage.com

Émotion, Polar, Suspense

Est-ce ainsi que les hommes jugent ?

de Mathieu Menegaux
Broché – 2 mai 2018
Éditeur : Grasset

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Une journée particulière. Gustavo, père de famille, directeur financier, doit effectuer une présentation importante devant l’état-major de sa multinationale. Des mois de préparation, un tournant pour sa carrière.

Au lieu de l’heure de gloire espérée, la police faire irruption à son domicile, à l’aube. Perquisition, accusation d’homicide volontaire, indices concordants, Gustavo va être placé en garde à vue et traité sans ménagement. Heures sombres, qui vont déstabiliser un cadre supérieur sans histoires et le conduire à redouter le pire pour son avenir.

Son épouse Sophie va mobiliser son réseau et son énergie pour démontrer l’innocence de son mari et préserver leurs deux garçons des conséquences dévastatrices de cette mise en cause.

Mais comment rétablir la balance de la justice dans un univers gouverné par l’émotion et la recherche immédiate d’un coupable ?

Avec un style direct et tendu, Mathieu Menegaux nous livre un roman haletant, une plongée en apnée dans le monde de l’injustice.

 

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Après les lectures de « Je me suis tue » et « Un fils parfait » j’attendais depuis un moment de lire ce nouveau titre de Mathieu, n’y tenant plus j’ai craqué et l’ai fait passer plus tôt que prévu !

Wahou. Quelle plume !
Du suspense, beaucoup de pression et un épilogue que je n’ai pas vu du tout arriver…

Depuis la mort de sa mère, Claire n’a plus que son père… Suite à une tentative d’enlèvement, il intervient pour la sauver, quand il est percuté violemment par le véhicule du voyou sous les yeux de sa fille Claire…
Pas ou peu de témoins, l’enquête de police avance très difficilement.
Defils, le commandant qui va gérer l’enquête va promettre à Claire de retrouver coûte que coûte le meurtrier de son père.

Trois ans plus tard, au petit matin, l’irruption brutale de la police au petit matin chez Gustavo, va le plonger dans un vrai cauchemar. Il est dès lors accusé d’homicide volontaire.
La machine judiciaire est dorénavant en marche.

Ce roman, lu d’une traite, est une véritable plongée en enfer. J’ai assisté au mécanisme implacable de la Police, qui d’abord se met en place et qui ensuite petit à petit ressert son étau avec une absence totale de sentiments, seules les preuves feront foi, malgré les revendications de Gustavo qui très vite se trouve dos au mur, sans aucune parade pour se faire entendre. Mathieu Menegaux insiste sur la difficulté de conserver toute objectivité dans la justice quand elle est dominée par l’émotion que ce soit celle du commandant, suite à sa promesse ou celle de Claire qui veut absolument trouver le coupable… Heureusement la femme de Gustavo, Sophie va tenter de trouver les preuves de son innocence.

C’est glaçant, horrible…
L’intervention des médias, des réseaux sociaux et de la foule, en arrivant vers la fin du roman, quelle horreur, cela fait vraiment peur !

Le récit est superbement bien construit et mené comme les deux autres avec vraiment beaucoup de sensibilité.

Ce livre m’a sonné, c’est un véritable choc !
Je n’ai pas pu m’empêcher de me dire, “Et si cela devait m’arriver, comment réagirai-je ? Que ferai-je ? Est-ce que je baisserai les bras ?” Cela m’a fait froid dans le dos.

À lire absolument

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Extraits :

« Depuis qu’elle s’en était allé, Bertrand et Claire n’avaient pas failli une seule fois à la promesse qu’ils s’étaient faite le jour de l’enterrement : la tombe de maman serait toujours fleurie. Chaque samedi matin c’était le même rituel. Après la corvée des courses au centre commercial de Plaisir, expédiée au plus vite, le père et la fille prenaient leur temps pour choisir un joli bouquet. Des couleurs vives, beaucoup de feuillage, et un papier brillant avec un ruban : c’est pour offrir. La fleuriste emballait le paquet avec soin avant de le tendre à Claire en souriant, non sans un pincement au cœur pour cette adorable petite fille, orpheline à douze ans. »
…/…
« Tout est en place. L’affrontement peut démarrer. Gustavo n’en est pas conscient, encore, mais c’est sa vie tout entière qui est en jeu. Il pense encore avec naïveté qu’il va être en mesure de faire valoir son innocence sur la base d’une conversation rationnelle, et que sa bonne foi finira par l’emporter sur des spéculations sans queue ni tête. Face à lui, les policiers sont comme une meute de hyènes, excitées par l’odeur du sang, attaquant sans relâche une proie blessée, diminuée, chancelante, dont elles savent d’instinct que la résistance ne sera plus que symbolique désormais. »

Je me suis tue :
https://leressentidejeanpaul.com/2018/10/31/je-me-suis-tue-de-mathieu-menegaux/

Un fils parfait :
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/08/un-fils-parfait-de-mathieu-menegaux/

 

 

Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris.

Il travaille dans un cabinet de conseil en management. Passionné de littérature et de chanson, il a attendu d’avoir 45 ans avant d’enfin décider de passer plus de temps à écrire des phrases en français sur Word que des transparents en franglais sur PowerPoint.

Son premier roman, Je me suis tue, est paru en avril 2015 chez Grasset. Il a été récompensé aux Journées du Livre de Sablet, et a reçu 5 autres prix littéraires.

Un fils parfait, son deuxième roman, a été publié le 1° février 2017. Il a reçu le Prix Claude Chabrol du roman noir, et a été porté à l’écran sous le titre « Un homme parfait », diffusé sur France 2 en mars 2019.

« Est-ce ainsi que les hommes jugent ?« , son troisième roman, est sorti en mai 2018, et a reçu le prix Yourcenar. Il est en cours d’adaptation pour France 2, pour une diffusion en 2021

« Disparaître« , son quatrième roman a vu le jour en Janvier 2020, juste avant le Grand Confinement.

Son prochain roman, « Femmes en Colère » est prévu pour Mars 2021.

Nouvelles, Suspense, Thriller

Toucher le noir

de Solène Bakowski, Éric Cherrière, Ghislain Gilberti, Maud Mayeras, Mickaël Mention, Valentin Musso, Benoît Philippon, Jacques Saussey, Laurent Scalèse, Danielle Thiéry, Franck Thilliez.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 3 juin 2021
Éditeur : Belfond

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Ces onze auteurs prestigieux, maîtres incontestés du frisson, nous entraînent dans une exploration sensorielle inédite autour du toucher. Avec eux, vous plongerez dans les plus sombres abysses, effleurerez la grâce et l’enfer d’un même geste, tutoierez l’horreur du bout des doigts…
Dix nouvelles inédites pour autant d’expériences tactiles, éclectiques, terrifiantes et toujours surprenantes.

Oserez-vous frôler le noir d’aussi près ?

 

2021_042_Fauth Yvan - Toucher le noir

 

On n’arrête pas un principe qui gagne !

Après « Écouter le Noir » et « Regardez le Noir », Yvan Fauth a de nouveau réuni des auteurs pour s’engager vers un nouveau “sens”. Le toucher.
Et, je vous avoue que je me demandais bien comment ils allaient s’en sortir, “le toucher” n’étant pas le sens le plus facile à exploiter !

Vous l’aurez vite compris encore une fois, un sans fautes pour moi, même si une ou deux nouvelles sont un peu moins performantes que les autres. J’ai de nouveau pris beaucoup de plaisir à ma lecture et retrouver “mes auteurs” dans leur univers bien particulier. De plus, c’est aussi l’occasion d’en découvrir certains que je ne connaissais pas encore.
Les intrigues sont surprenantes et diverses, les différentes écritures sont puissantes et agréables et les thèmes abordés variés avec beaucoup de surprises…

Certains de ces textes sont vraiment superbes !

Voilà, il va me falloir attendre encore un an de plus pour savoir quel sera le prochain sens que nous proposerons les auteurs…

Partagez sans réserve, il ne fait aucun doute que cette “Collection” est de très bonne qualité !

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Extraits :

« Voilà longtemps qu’ils n’avaient pas passé une aussi bonne soirée.
C’était l’amie d’une amie qui lui avait parlé de ce restaurant, un endroit vraiment incroyable, tu verras. Le principe était simple, mais surprenant : manger dans le noir absolu. Pas la moindre source de lumière, rien qui puisse vous permettre de vous repérer. Le service ? Assuré du début à la fin par des non-voyants. Histoire de se sensibiliser à leur cause, de se mettre à leur place le temps d’un repas… »
…/…
« La nuit froide et épaisse donne l’impression que les mouvements sont alourdis. Un vent vicieux parcourt les rues : son souffle est vorace et sa morsure est sèche sur chaque parcelle de peau qui n’est pas couverte. Même sous les vêtements, il semble parvenir à atteindre le corps, cherche à s’insinuer jusqu’aux os.
Pourtant, l’esprit du prédateur est chauffé à blanc au point d’ignorer ces maux. Ce ne sont guère plus que de légers désagréments que son énergie bouillonnante dissipe. Ses pulsions et ce besoin monstrueux qui le déchire de l’intérieur sont des moteurs que rien ne semble pouvoir arrêter. »

 

Émotion, Nouvelles, Suspense

Regarder le noir

de Barbara Abel, Amélie Antoine, R.J. Ellory, Julie Ewa, Claire Favan, Karine Giebel, Johana Gustawsson, René Manzor, Fred Mars, Olivier Norek, Fabrice Papillon, Gaëlle Perrin-Guillet.
Sous la direction de Yvan Fauth
Broché – 11 juin 2020
Éditeur : Belfond

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Les grands noms du thriller français mettent nos sens en éveil.

Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.

Dans ces nouvelles, ils ont donné libre cours à leur noire imagination pour créer une atmosphère, des personnages inoubliables et une tension qui vous happeront dès les premiers mots… et jusqu’à la chute. Éclectique et surprenant, ce recueil renferme onze expériences exceptionnelles de lecture.

 

2021_041_Fault Yvan - Regarder le noir

 

Après le succès de “Écouter le noir” en 2019, Yvan Fauth a de nouveau réuni 12 auteurs talentueux pour jouer avec nos émotions. Après l’ouïe, c’est la vue qui sera disséquée.

Je le répète régulièrement, la nouvelle est un genre à part entière, tout en raffinement…
Alors, si vous aimez les nouvelles, vous adorerez celles-c
Un régal de sensations, beaucoup d’humanité, de la précision dans les dialogues et de la puissance dans les intrigues….

Ce second volet m’a autant séduit que le premier. Chaque auteur interprète à sa manière le thème du regard et de la vision. La lumière, les couleurs, les formes, mais aussi les images spirituelles, les handicaps, les maladies, les médias, l’apparence d’autrui… Les sujets qui sollicitent notre regard sont variés et les 11 nouvelles proposées par Yvan le sont tout autant. Même la lecture finale des remerciements m’a émue…

Merci aux auteurs, sans qui rien n’aurait été possible, mais aussi un grand bravo à Yvan, qui encore une fois, en vrai chef d’orchestre a mis toute l’énergie nécessaire pour réunir et diriger des talents qui n’ont plus rien à prouver.

Et si vous veniez tenter l’expérience ?

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Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

“Écouter le Noir” – 16 mai 2019
https://leressentidejeanpaul.com/2020/03/13/ecouter-le-noir/

Noir, Polar

Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance

de Nick Gardel
Broché – 4 juin 2021
Éditeur : Independently published

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D’abord il y a Thibaud, un éducateur spécialisé pour ados en marge, qui s’enfonce de plus en plus dans l’alcool.

Puis il y a Némo Mondragón, le policier flanqué d’un collègue trop bavard, qui enquête sur ces femmes qu’on retrouve massacrées chez elle. Violées, tabassées, elles ont expié leurs fautes dans la douleur et l’humiliation.

Tandis que le premier témoigne, à la première personne, du désespoir de sa chute irrémédiable entre pertes de mémoire et tragédie sociale, le second décortique les vies des victimes pour tenter d’y trouver un point commun.

Une histoire de trahison, de vérités de comptoir, de dérive sociétale et de bons mots éthyliques. Une histoire pour comprendre que l’oubli n’est pas une rédemption.

 

2021_040_Gardel Nick - Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d'avance

 

Qui est Nick Gardel ?
Qui est donc cet auteur qui a choisi résolument de frayer hors des sentiers battus ?

J’ai la chance, comme certains parmi vous peut-être, de l’avoir rencontré à plusieurs occasions et de le connaître un peu, je pense.
Mais peut-on connaître tout à fait un personnage tel que lui ?

Imaginez un “Michel Audiard” avec la gouaille d’un “Albert Simonin”, possédé par la démesure de Frédéric Dard, là, et seulement là, vous commencerez à avoir une petite idée de ce qui se passe dans la tête de Monsieur Gardel…

Je n’en suis pas à son premier roman, et il a le don de me surprendre à chaque fois, alors, je savais d’avance que je ne prenais aucun risque à cette nouvelle lecture.
Mais dans ce roman, il me semble que Nick est venu titiller un je ne sais quoi, qui lui a donné des ailes qui lui ont permis d’aller encore un peu plus haut, un peu plus loin… dans sa “magie” des mots.

Avec “Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance”, Nick a ciselé ses textes, ses dialogues haut de gamme surtout, donnent un rythme incroyable au récit, et la narration alternée est imparable !

L’humour noir est omniprésent dans ce roman, malgré un ton définitivement plus sombre qu’a son habitude.
Mais quel régal pour ceux qui aiment les mots…

Deux meurtres horribles causent des difficultés aux enquêteurs. L’enquête va ainsi avancer petit à petit dans une ambiance oppressante et sinistre qui ne se dévoilera qu’aux toutes dernières pages, que je n’ai pas vu arriver du tout. Tout est huilé à la perfection.

Par respect pour les futurs lecteurs, je préfère ne pas développer plus mon Ressenti…
Mais, lorsque vous aurez lu ce petit bijou, faites comme moi. Ne le rangez pas tout de suite dans votre bibliothèque. Je suis persuadé qu’une relecture fera apparaître des mots et des idées nouvelles qui nous aurons échappé de prime abord…

Je recommande vivement.

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Extraits :

« Chaque expédiant t’a apporté son lot de plaisirs et de déconvenues. Les amis t’ont alourdi la langue, tandis que les houblons ont saturé ta vessie. Les purs malts rongent déjà ton œsophage et le reste te prépare à une jolie céphalée. Les mélanges ne te rateront pas. Ils gravent déjà l’ardoise. À ce stade, même ta bile titre à 25 degrés.
Tu es là, contre un mur sale dans une ville dégueulasse sous la pauvre lumière blafarde d’une lune qui s’emmerde.
Tu reprends un souffle chargé en attendant le nouveau haut-le-cœur. »
…/…
« On compare, on jauge en permanence. On fait monter le réel sur nos petites échelles, nos minuscules frises temporelles. Quand un stade est atteint, il sert de point de référence. C’est notre Glasgow quotidien. On quantifie notre ressenti comme un médecin évalue notre potentiel vital.
Des comptes d’apothicaire.
À 15 c’est la pleine conscience, à 3 tu es en coma profond. Tu t’enfonces avec le score. »

 

 

Rattrapé par une quarantaine qui ne va en s’arrangeant, il a bien fallu que Nicolas JUAN trouve une échappatoire. Il a finalement mis la main sur Nick Gardel pour se cacher derrière et pouvoir écrire des bêtises.
Après avoir exercé différents petits boulots, Nick Gardel intègre l’Éducation nationale. Il s’y occupe d’ados désocialisés et déscolarisés qu’il a pour délicate mission de ramener dans un chemin plus… droit.

Émotion

Avant moi, j’étais un autre

de Michaël Delaporte
Broché – novembre 2020

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Il avait attrapé le temps qui passe, la maladie des intestins insatisfait de la vie. Persuadé de pouvoir acheter le remède à cette maladie, il découvrira bientôt le pouvoir des choses immatérielles, la beauté enfouie en lui, la force du partage.

Il était comme nous tous, persuadé d’avoir raison, avant que tout ne bascule lors d’un accident. Ses rencontres, ses expériences et un regard nouveau sur la vie vont l’entraîner dans un parcours initiatique qui feront de lui un être imparfait, mais qui s’en fout.

lui, ça pourrait être toi, moi, elle. Il va vivre ce que nous vivons tous, à différents moments, découvrir intensément qu’il n’est qu’un singulier dans un pluriel, qu’il détient les clés de son bonheur, mais que tout ça a prix.

Les autres, proche ou de passage, seront les témoins de son évolution, les passeurs d’expériences, les accompagnants de cette mue, insuffisante mais nécessaire.

« Il n’y a pas de vérité, il n’y a que des histoires bien racontées. »

 

2021_039_Delaporte Michaël - Avant moi, J'étais un autre

 

Il y a plusieurs types de romans.
Ceux que vous avez cherché partout tellement vous aviez envie de les lire, ceux qui vous ont été conseillé, ceux que vous avez choisis, ceux qui se trouvent dans votre PAL depuis des mois, certains des années et ceux qui vous tombent dessus, ceux que vous n’attendiez pas et qui dès les premières lignes donnent l’impression qu’ils ont été écrit pour vous… Qu’ils racontent une partie votre vie…

“Avant moi, j’étais un autre”, c’est tout à fait cela !

C’est l’histoire d’un homme qui se tue à petit feu. Il est malade et ne supporte plus de subir son quotidien. C’est l’histoire d’un homme qui a tout réussit. C’est un loup. Il a réussit dans son travail, il a de l’argent, beaucoup d’argent, mais aujourd’hui il recherche partout le remède à sa maladie.
Mais d’ailleurs, de quoi souffre-t-il ?

Il a attrapé la maladie du temps qui passe…
Une maladie dont personne n’a jamais guéri. Il n’y a, ni médicaments, ni vaccin…

“- Mais je suis très riche docteur, je paierai ce qu’il faut !
– Non Monsieur, tout ne s’achète pas. Je dirais même que l’essentiel ne s’achète pas. Le respect. L’amour inconditionnel. Prendre son temps ou en donner.”

Un jour, il est victime d’un très grave accident de la route. Il sera immobilisé durant de longs mois et conservera une énorme cicatrice qui lui barre le visage en diagonale du front à la joue droite…

Sa vie bascule alors, et commence une sorte d’introspection. Il se met à réfléchir au sens de la vie et au pourquoi de son existence…
Ne fallait-il pas être le meilleur pour être heureux ?
Avoir tout et plus encore ?

Celui dont nous ne connaîtrons jamais le nom, va ainsi se découvrir imparfait, avec sa femme et ses enfants… Et vivre une nouvelle vie, une vie toute en simplicité qu’il n’avait jamais oser imaginer à ce jour.
Mais finalement, n’est-il pas là le vrai bonheur ?

Coup de cœur pour ce “petit” roman qui donne une superbe leçon de vie, qui dès le début, en quelques lignes, quelques mots seulement a fait remonter en moi des sensations vécues et assumées à l’époque… lorsque j’étais encore un autre…

Merci Michaël Delaporte, et merci à la vie.

Pour diffuser ce roman, L’auteur a imaginé une façon innovante de le faire…
C’est un livre qui s’offre, et s’il vous a plu vous pourrez l’offrir à ton tour et participer à sa diffusion !

Comment ?
En le commandant sur thebookedition.com,
et en expliquant la démarche à celles et ceux à qui tu vas l’offrir, afin qu’à leur tour, ils soufflent sur le pissenlit… et ainsi de suite !
Prenez le temps de dédicacer les livres que vous offrez…

Alors, comme Blandine Carron, je souffle à mon tour sur les anthères du pissenlit, afin que ce livre continue son voyage…

La démarche du « Pissenlit » reposant sur le partage, 10% des bénéfices seront reversés à l’une des associations ci-dessous :
BIBLIO SANS FRONTIERES
GAPEAU TRANSITION

http://www.michael-delaporte.com/le-projet.html

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Extraits :

« Le feu avait laissé la place au granit. Nous étions unis et solide, mais moins lumineux qu’autrefois. Devant la multitude de nos tâches, nous avions finalement mis de côté ce qui devrait rester premier dans tout projet de vie… Soi-même d’abord, parce qu’avant d’aimer les autres, il faut s’aimer soi, et nous ensuite, parce que le couple constitue le socle de tout ce qui en découle. »
…/…
« Cette mue qui m’avait conduit à abandonner ma peau d’hyperactif égocentrique était comme ces fardeaux dont on se libère, parfois malgré soi, ce qui nous permet de donner une autre direction ou une autre intensité à sa vie. Pour la première fois, j’avais l’impression de choisir, et non de suivre une route tracée d’avance, et de laquelle je ne pourrai plus m’écarter. Effrayé au départ par une épreuve que je pensais insurmontable, j’avais trouvé dans cette expérience le sens qu’il me manquait jusque-là. Je me rappelai alors les paroles du mec avec un bras en moins… »

 

 

Michaël Delaporte ou la démarche du pissenlit

S’il est né à La Londe, s’il habite Solliès-Pont, il a, depuis de nombreuses années, tissé des liens forts avec La Farlède, notamment grâce à sa belle-mère, Raymonde Marcel, institutrice emblématique du village, à ses filles qui suivent les cours de danse d’Audrey Lhote depuis 12 et 6 ans, ainsi qu’à de nombreux amis de sa génération avec lesquels il partage un goût prononcé pour l’amitié et la fidélité. « Après avoir pas mal roulé ma bosse sur tous les continents, je me suis posé dans mon département natal. Professeur agrégé d’Éducation physique et sportive, j’enseigne à l’université de Toulon. J’adore mon métier ».

Comme un défi qui s’est imposé à lui, le 17 juin 2020, Michaël Delaporte se lance dans l’écriture de son premier ouvrage « Avant moi, j’étais un autre ». Le 20 juillet, le manuscrit est bouclé. Il sélectionne un comité de lecture de 13 personnes, le 24 août, la décision est prise, on publie. Un marathon qui correspond parfaitement au personnage et un concept original car le quadragénaire ne veut rien faire comme les autres. « C’est un livre qui ne s’achète pas », non, il l’offre à 330 personnes de son choix, avec une dédicace, un geste que les lecteurs vont répéter autant de fois qu’ils le veulent. C’est la démarche du pissenlit. « Chacun est invité à lire ce livre, puis à imaginer la liste des personnes qui pourraient être assez sensibles pour comprendre… et il le passe comme un relais ». Une forme nouvelle de communication qui fonctionne à merveille, mais qui s’accompagne également d’une chaîne de transition. Le roman est en vente sur http://www.thebookedition.com car le but est aussi humanitaire. Une partie des bénéfices est reversée à trois associations : « Petits Princes », des enfants malades à l’hôpital de La Timone, Biblio sans frontière et la Vallée du Gapeau en transition.

Aujourd’hui, il frôle les 1 400 lecteurs et les retours sont autant « de doses d’énergie positive » comme il se plaît à le dire. Peut-être aussi des encouragements à récidiver : « Je me suis découvert un sens de l’observation que je ne me connaissais pas ». Avec un style simple et direct, qui touche au cœur, Michaël Delaporte raconte l’histoire d’un homme de 30 ans qui n’a pas de prénom (ou tous les prénoms à la fois). Un homme qui croque les fruits qui passent à sa portée, prend son destin en main, enchaîne les expériences, explore avec émotion l’amour, le couple, l’éducation des enfants. L’occasion pour lui d’y aborder la famille, celle qui lui a été imposée et celle qu’il s’est choisie. Chacun s’y reconnaîtra, avec ses failles, son enthousiasme, ses succès et surtout une maturité qui se construit au fil des pages, non sans écueil, avec pour seul questionnement, celui du temps qui passe.

Cercle littéraire

Château de Maffliers

Château de l’Hermitage à Ennery, le 19 juin 2021

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C’est la première fois que j’avais l’occasion de voir Elsa et Eric.
J’avais beaucoup aimé leur roman respectif et ce pour des raisons très différentes.
Très vite les auteurs se sont sentis très à l’aise et les discutions bien sûr ont tournée autour des romans, où il est beaucoup question d’histoires d’amour, de couples déchirés et de coups de foudre aussi !

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Chaque repas est un beau moment d’échange.
D’idées, de discussions, d’extraits de lectures et de sourires aussi…
Sourires qui je trouve, ont été particulièrement nombreux ce week-end !
Je pense, dû au plaisir de se retrouver.

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Notre prochain rendez-vous aura lieu courant septembre et notre invité sera Jean-Baptiste Andrea.

Alors, à très bientôt…

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Les romans mis à l’honneur “Hôtel du bord des larmes” et “Un bonheur sans pitié”, deux romans forts et poignants…

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Hôtel du bord des larmes

de Elsa Flageul
Broché – 3 mars 2021
Éditeur : MIALET BARRAULT

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Les divorce hôtels promettent de divorcer en un week-end, sans tracas ni démarches interminables, dans un souci de médiation, de bonne humeur, et même de bien-être. L’Hôtel du bord des larmes est l’un de ces hôtels. En ce vendredi de début d’été, il accueille Cécile et François, désolés d’en arriver là, pas très convaincus par l’idée, mais bien décidés à rompre ce mariage tout en préservant leur fille : ce que l’amour a fait mourir, la famille qu’ils étaient les oblige à le laisser en vie. Au cours de ces deux jours, ils vont revivre les émotions qui les ont unis puis séparés, accepter de prendre leurs distances… et faire de nouvelles rencontres. Et ça, ce n’était pas prévu. À travers les aventures touchantes et drôles de ses jeunes personnages, Elsa Flageul dessine un portrait acide et très subtil de la difficulté à vivre des nouvelles générations.

 

2021_032_Flageul Elsa - Hôtel du bord des larmes

 

Autopsie d’une histoire d’amour, ou peut-être autopsie de l’amour tout simplement…

Dans ce court récit très réaliste Elsa Flageul fait preuve de beaucoup de justesse. La passion, puis l’amour, la lassitude, et enfin la désillusion. Toute une palette de sentiments sur les liens qu’entretiennent les couples.

“Hôtel du bord des larmes” nous propose un week-end dans un lieu pas banal, c’est le moins que l’on puisse dire, puisqu’il permet de divorcer en toute quiétude. vous ferez donc la connaissance de Cécile et François, qui viennent finaliser leur séparation et divorcer et tout cela sera pris en charge par quelques membres de l’Hôtel, Jeanne, Julien ainsi que des hommes de loi. François accepte enfin, pour le bien de leur fille Valentine, de laisser partir sa moitié.

Mais on dirait bien que cette séparation sera le fruit d’une nouvelle rencontre…

Plus que l’histoire en elle-même, ce sont les relations humaines qui priment, ainsi que le ton donné par l’auteure qui m’a emporté. De la profondeur, de l’empathie, de la finesse, beaucoup d’émotions, quelques sourires et une fin qui n’en est pas vraiment une…

L’amour est définitivement au centre de ce récit, mais Elsa le magnifie, par ses mots qui roulent et se bousculent, par ses phrases entre tumulte et poésie, j’ai eu à plusieurs moments, l’impression d’être au cinéma.

Roman sensible et bien écrit, qui décrit des sentiments que nous avons tous vécus un jour.

Venez vivre à votre tour, trois jours dans cet hôtel du bord des larmes, pour une histoire tout en délicatesse.
Merci Beaucoup Elsa…

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Extraits :

« On se moquait des premiers inscrits. On les méprisait de ne pas arriver à se séparer tout seuls, comme des grands, proprement, comme si c’était facile, comme si personne, jamais, n’était devenu fou de désespoir par amour. Comme si personne n’avait jamais voulu s’arracher le cœur à mains nues pour qu’il s’arrête de battre, effacer de sa mémoire les soupirs, l’odeur de la peau, le sexe qui se dresse, l’humidité et la chaleur des lèvres de l’autre. »
…/…
« Bien sûr, Jeanne avait entendu parler du coup de foudre. Les films ne parlent que de ça, les chansons ne parlent que de ça. Combien de fois a-t-elle imaginé ce que ça pouvait être : une flèche, un poignard, un éclair dans le cœur ? Cette brèche, ensuite qui ne peut être comblée que par les baisers, que par le sexe, que par l’autre. Une dévoration. Une combustion. Elle pensait alors que c’était une invention pour jeune fille romantique et frustrée, que c’était une machine à histoires niaises et gentilles, ces romans qui parlent d’amour et de bienveillance, vous savez. »

 

 

Avant de se lancer dans l’aventure romanesque, Elsa Flageul a d’abord étudié le cinéma et travaillé sur l’œuvre de Jacques Demy. Le cinéma garde une influence majeure sur son travail d’écrivain, caractérisé par un sens aigu de la musicalité et une écriture d’une grande délicatesse.

Aux éditions Julliard, elle a déjà publié Madame Tabard n’est pas une femme (2011), J’étais la fille de François Mitterrand (2012), Les Araignées du soir (2013), Les Mijaurées (2016), À nous regarder, ils s’habitueront (2019).
Hôtel du bord des larmes est son sixième roman.

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Un bonheur sans pitié

de Éric Genetet
Broché – 2 mai 2019
Éditeur : Éditions Héloïse d’Ormesson

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“Je n’aurais jamais imaginé devenir cette fille-là. Personne ne peut comprendre pourquoi je ne le quitte pas, je l’ignore moi-même.”

Après quelques mois d’une passion enivrante et sans nuage, Marina sait qu’elle a enfin trouvé le bonheur avec Torsten. Mais un jour, le masque se fissure et il révèle son vrai visage. Emportée par ses sentiments, Marina pardonne inlassablement et s’habitue à l’inacceptable, jusqu’à se perdre et sombrer.

Un bonheur sans pitié est le récit d’un amour insensé, incompréhensible et fatal. Avec justesse et sensibilité, Éric Genetet raconte, sans jamais la juger, l’histoire d’un couple régi par une violence physique et morale qui engloutit leur existence et transforme leur union en prison.

 

2021_030_Genetet Éric - Un bonheur sans pitié

 

La question de l’emprise dans un couple a rarement été aussi aboutie, pour moi.

Éric Genetet soulève le long de son récit, de nombreuses de questions…
Il analyse en donnant à chacun de ses protagonistes la parole sans aucun jugement. C’est à nous, lecteurs, de déterminer qui est celui ou celle qui agit mal et surtout qui souffre. Il y a beaucoup de tension et d’oppression durant toute la lecture.
Avec une écriture fluide, addictive et poétique parfois, l’auteur s’immisce dans un couple pour en décortiquer chaque mouvement, chaque mot, chaque blessure. Il nous montre comment, un homme apparemment bien, n’est finalement qu’un “moins que rien” capable de s’opposer à toute raison…

Qui est Marina ?

C’est un peu une madame tout le monde. Elle vit avec Malek.
Lui est obsédé par l’écriture et ne veut surtout pas d’enfants. Marina est triste… Elle veut être maman. Ils finiront par rompre.

Grâce à Facebook, Marina “rencontre” celui qu’elle attendait. Torsten, un homme qui allie physique, confiance et magnétisme. C’est une jolie histoire d’amour qui commence bien.

Pourtant c’est un homme qui souffre de l’intérieur, il souffre d’un père qui l’a élevé à force de coups, de larmes et de cris… Éric démontre admirablement bien comment, à travers de simples mots, sans jamais lever la main, on peut irrémédiablement détruire un être humain.

Comment Marina est-elle devenu cette fille là ?
J’ai vécu et subit la pression exercée par cet homme, la pression psychologique et la pression physique. Le prince charmant est devenu bourreau.

Inutile de préciser que Marina ne sera jamais à la hauteur de cet homme qui a des exigences impossibles, mais l’amour a ses raisons…

Je viens de terminer ma lecture. On peut difficilement dire que j’ai passé un beau moment, compte tenu du sujet, mais j’ai encore une fois été emporté. Je l’ai lu d’une traite tellement je voulais en savoir plus sur le destin de nos deux “amoureux”.
Ce livre est aussi sublime dès les premières pages que glaçant à la fin.

Une lecture dont on ne sort pas indemne…
Un roman qui vaut la peine d’être lu et partagé tout autour de vous.

Il est tellement important de laisser certaines choses disparaître…

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Extraits :

« En partant travailler, j’écris des mots doux sur des morceaux de n’importe quoi que je laisse traîner partout dans l’appartement. Lorsque je rentre, je retrouve les siens, comme des bouffées d’air pur : « tu me bonheurs, je te rayon de soleil, je t’extraordinaire, tu me certitudes, je te miracle, tu m’étoiles filantes », l’amour m’a transformée. S’il me le demandait, je lui donnerais tout. Je ressens un manque énorme dès les premières secondes de ses absences, comme si j’avais quinze ans. Je pense à lui à chaque moment. On ne m’a pas menti sur les papillons qui volent dans le ventre des filles amoureuses. Je veux que la vie dure une éternité. C’est aussi beau qu’un massif de haute montagne en hiver, et dans la neige à perte de vue les seules traces sont celles de nos pas. »
…/…
« Marina m’a appelé, elle avait l’air totalement désemparée. Au bistrot où on se retrouve, elle regarde partout si le loup n’y est pas. Elle a l’impression de faire une bêtise, comme une petite fille qui ne rentrerait pas directement après l’école. Torsten travaille pourtant à plusieurs dizaines de kilomètres. Autour d’un café, elle me raconte son histoire, mais je crois qu’elle ne me dit pas tout de sa violence, ni de sa souffrance. Elle relativise, sinon pourquoi ce serait-t-elle dans cet état ? J’essaye de comprendre, sans accabler Torsten. Il a dû pas mal morfler quand même. On dit que la relation que l’on entretient avec sa mère détermine toutes les autres. »

 

 

Né en 1967 à Rueil-Malmaison, Éric Genetet commence sa carrière comme animateur et chroniqueur radio. Il passe dix ans à France Bleu. Spécialiste Culture et Sports, il devient journaliste chroniqueur pour la presse écrite (Strasbourg magazine, Poly, DNA, Passions Vin, Zut…).
Éric Genetet vit et travaille à Strasbourg, il partage son temps entre l’animation de débats-conférences pour des organisations privées et publiques et l’écriture.
En 2016, il écrit des textes de chansons pour la chanteuse Flore M, et collabore avec la photographe Ayline Olukman (2017).