Amour, Émotion, Humour, Poésie

Le ciel au ventre

de Alain Cadéo
Broché – 25 juillet 2024
Éditions : Les cahiers de l’Égaré

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Échographie. Premier cliché de face. Impressionnante silhouette. Dix centimètres, trente cinq grammes, deux mois et demi. Là les yeux, le nez, la bouche, les épaules, les bras, sortes de taches noires, comme un test de Rorschach, vague ressemblance avec une figure Sépik ou peut-être un dessin de la mythologie Eskimo. J’opterais plus volontiers pour une sorte d’amulette indienne. Voilà ce que je vois de toi. C’est aussi impressionnant qu’une esquisse primitive sur la paroi d’une caverne.
Genèse de l’homme. Ta représentation est digne d’un grand peintre sorcier. Chaman sortant du vide, tu te dessines à l’effigie de tous les premiers arts sacrés.

 

• Couv_2024-074_Cadéo Alain - Le ciel au ventre

 

Alain Cadéo fera définitivement partie des auteurs qui auront marqué mon esprit, qui auront marqué mon sang.

Tout d’abord un grand merci à Martine Cadéo ainsi qu’aux Cahiers de l’Égaré pour ce cadeau inestimable…
Alain m’a permis une nouvelle fois, de partir à travers ses lignes, dans ce monde qui était le sien, un monde rempli d’images, un monde vrai, sans concession.

Qu’il y a-t-il de plus fort qu’une déclaration d’amour ?
“Le ciel au ventre”.
Dans cette correspondance qui durera sept mois, Alain s’adresse à son fils emmitouflé bien au chaud dans le ventre de sa mère. Sept mois, à la faveur de la nuit, où les échanges et les silences leur permettront de devenir père et fils. C’est émouvant, c’est touchant…
Cette réédition d’un livre publié il y a 30 ans, Alain y tenait, il est malheureusement parti avant… Mais il nous laisse sa prose toute personnelle à laquelle il avait décidé de ne pas toucher, ”Et c’est très bien ainsi…”.

Les jours, les mois défilent pages après pages, ils sont poésie quand ils ne se transforment pas en musique, parfois même en silence dans la nuit, lorsque “Liouma” est endormie.
Une rencontre avec un petit être, Ludovic, qui grandit doucement, faire sa connaissance alors qu’il est dans le ventre de sa maman, en attendant le terme de son premier voyage.

Un livre au titre magnifique, inclassable où une fois encore, les mots se transforment en sons pour mieux résonner dans notre esprit, nous offrir l’essentiel, faisant ainsi pulser le vrai rythme de la vie.

Merci Alain…

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Extraits :

« Fouetté au sang par la passion des alphabets
je pars vers minuit dans cette délicieuse et tout à fait
inexplicable, envie de bâtir un langage.
Avec toi je veux aller chercher dans une zone claire
les plus beaux mots de l’univers.
À fleur de peau, les ramener afin que nous sentions
ce frisson impalpable de la vie en train de se faire.
Je suis devenu un pêcheur de concepts oubliés.
C’est ainsi que d’énormes poissons d’ombre
issus des fonds d’un lac glaciaire
viennent à la surface de mes pages. »

« Ta mère et toi, vous êtes juste au-dessus de ma tête. C’est un peu comme si je pilotais un sous-marin derrière ma fenêtre. Il est bon de vous savoir tous les deux endormis, rassurés, tandis que je vous fraye un chemin au fond de l’océan. »

« En ce moment, je m’éveille chaque matin avec un large sourire. Je suis heureux d’écrire sans savoir où je vais.
Je suis heureux de vivre pour la même raison. Le tout avance sans effort. »

« André Chouraqui a un mot merveilleux pour tous les défenseurs de causes perdues. Il les appelle les “mendiant de l’impossible”. Lorsqu’on mesure les divergences d’opinions entre une vingtaine d’individus cherchant à former une famille, on comprend mieux l’écrasante tâche que représente la volonté d’unir juifs, musulmans et chrétiens. »

 

Alain Cadéo est l’auteur de nombreux ouvrages (nouvelles, romans, textes, pièces de théâtre), dont Stanislas (1983), premier prix Marcel Pagnol 1983 ou encore Macadam Epitaphe (1986), Plume d’Or Antibes et Prix Gilbert Dupé.

Il est avant tout un passionné des autres, des humbles, ceux qui lisent les mots, les portent et les défendent… Ses textes sont toujours exigeants, en perpétuelle recherche de chemins différents, à l’image de l’homme, singulier, sincère et altruiste, mais aussi inclassable, comme sa littérature.

Après avoir été notamment publié par Mercure de France, il est depuis 2018 publié par les Éditions La Trace.

Il vit à Évenos, en Provence.

Sa bibliographie complète est la suivante :

Les Voix de Brume (1982, nouvelles)
Stanislas (1983, roman)
La Corne de Dieu (1983, roman)
L’Océan vertical (1983, roman)
Le Mangeur de Peur (1984, roman)
Macadam Epitaphe (1986, texte)
Le Ciel au ventre (1993, texte)
Les Anges disparaissent (1998, roman)
Fin (1999, texte)
Et votre éternité sera la somme de vos rêves (2008, roman)
L’Ombre d’un doute (2008, théâtre)
Les Réveillés de l’ombre (2013, théâtre)
Zoé (2013, roman)
Chaque seconde est un murmure (2016, roman)
Des Mots de contrebande (Aux inconnus qui comme moi…) (2018, texte)
Comme un enfant qui joue tout seul (2019, roman)
Mayacumbra (2019, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2020/02/26/mayacumbra/
Lettres en Vie (2020, texte illustré)
Confessions (ou les spams d’une âme en peine) (2021, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2021/06/03/confessions-ou-les-spams-dune-ame-en-peine/
Arsenic et Eczéma (2022, théâtre)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/05/06/arsenic-et-eczema/
L’Homme qui veille dans la pierre (2022, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/08/lhomme-qui-veille-dans-la-pierre/
M (2023, roman)
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/08/m/
Billets de contrebande (2024)
https://leressentidejeanpaul.com/2024/03/04/billets-de-contrebande-inedits/

Amour, Émotion, Humour, Philosophique, Poésie

Pensées Clandestines

de Lou Valérie Vernet
Broché – 27 avril 2018
Éditions : BOOKS ON DEMAND

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Tout laisser tomber.
Ce qu’on avait à faire, ce qu’on faisait.
Tout donner à l’autre,
Prendre le temps d’être avec lui.
Cinq minutes ou une heure,
Complétement là.
S’apercevoir que cet autre n’était que soi,
Qui attendait qu’on le prenne dans ses bras.

 

• Couv_2024-070_Vernet Lou Valérie - Pensées Clandestines

 

“Petite” lecture de chevet qui m’a accompagné partout pendant quelques semaines…

Très beau recueil de pensées et plus encore. Lou à l’art de me surprendre à chacun de ses livres. Pensées Clandestines n’échappe pas à la règle.
Sourires, larmes parfois, mais émotions surtout, ce petit livre m’a fait passer par tous les états. Chaque page, chaque ligne, chaque mot est une véritable surprise que l’on ne voit pas arriver.

Entre chansons, comptines et poésie, l’auteure nous démontre encore une fois la maîtrise de son art. C’est beau, c’est triste et tellement puissant.

Impossible de vous dire combien de fois, je l’ai relu, mais chaque passage était comme un baume sur mon esprit et dans mon cœur. Le matin au réveil, le soir avant de m’endormir, parfois juste une phrase à peine.
N’hésitez surtout pas à le conserver tout proche de vous et de revenir régulièrement piocher le mot qui vous permettra de vagabonder, de vous envoler loin, très loin devant…

Les pensées que Lou nous offre appartienne à la vie. Elle ne triche pas et c’est là son grand talent.

Coup de cœur !!!

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Extraits :

« Aux pires cauchemars, les grands remèdes.
Que vous soyez en plein burn-out, sous la pluie, coincé dans un embouteillage, tributaire d’une grève, le moral à zéro, désespéré d’avoir manqué une fois encore la chance de votre vie, ce florilège de pensées est pour vous. »

« Il y a des femmes qui font rêver à l’amour, à qui l’on pourrait tout concéder, chez qui on voudrait tout déposer.
Des femmes pour qui les mots doux, les fleurs et la passion ont été inventés.
Des femmes qui restent longtemps à hanter le cœur d’autres femmes. »

« Tant mieux. S’il meurt demain. Tant mieux.
Il n’avait qu’à m’écouter. Je ne voulais pas que ma dernière pensée soit pour ce que je n’ai pas fait.
J’ai pris l’arme et j’ai tiré. Une fois, il est tombé.
Deux fois, moi à côté. C’est bien. Si on meurt ensemble. C’est bien.
Au moins, on ne sera pas séparé. »

« Le matin s’est levé sur un ciel noir.
L’orage était là. En attente. Une chape de misère recouvrait Paris. Les immeubles étaient gris, les costumes noirs, les visages blêmes. Plus personne ne souriait dans les rues. Une sourde colère plombait l’atmosphère. Les gens étaient malheureux. Et moi, j’allais hagarde. Sans rien voir.
Je savais qu’il était trop tard. »

« Je déclame et j’écris des murmures de souffrance. Mes horizons sont noircis du feu de mes errances. J’ai perdu le sommeil, il dort mieux ailleurs.
L’amour m’a quitté, elle aime quelqu’un d’autre, autre part. »

Auteure multicartes, Lou Valérie Vernet a déjà publié trois thrillers, deux polars et sept autres livres passant du récit humoristique aux fragments de voyage, du Feel Good au spicilège poétique, du recueil de nouvelles au théâtre. Tous ses ouvrages confirment son talent à manier en virtuose l’art de la mystification et à sonder les profondeurs de l’âme. Par ailleurs, photographe amatrice, baroudeuse des grands espaces, essayiste et poète à la plume acérée, elle n’en reste pas moins attachée à sa devise préférée « Ne prenez pas la vie au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant ». B. Fontenelle.

Toucher l’instant : ou la trilogie du choix
https://leressentidejeanpaul.com/2018/11/17/toucher-linstant-ou-la-trilogie-du-choix-de-lou-vernet/

Surtout le pire
https://leressentidejeanpaul.com/2019/10/01/surtout-le-pire-de-lou-vernet/

Acouphanges
https://leressentidejeanpaul.com/2021/08/19/acouphanges/

La toile aux alouettes
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/01/la-toile-aux-alouettes/

Matricule 2022
https://leressentidejeanpaul.com/2022/09/27/matricule-2022/

Grand comme le monde
https://leressentidejeanpaul.com/2023/07/11/grand-comme-le-monde/

Drame, Humour, Noir, Polar, Suspense, Thriller

Aughrus Point

La triade irlandaise*
de Gérard Coquet
Broché – 7 septembre 2023
Éditeur : M+

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L’Irlande est une île belle et sauvage.
Ses filles lui ressemblent.

Quand les circonstances obligent Ciara McMurphy à revenir sur ses terres natales, en tant que policière, elle replonge sans plaisir dans un monde qu’elle avait oublié.

Celui des luttes indépendantistes.
Celui de la violence et de la folie qui se danse.
Celui où la mythologie celtique explique tout.
Le silence de ceux qui détestent la Garda Síochána presque autant que les Anglais.
Le vieux Zac McCoy et les hommes de son clan sont toujours là, à veiller sur leurs fantômes.

La vengeance est-elle un hasard ?

 

• Couv_2023-100_Coquet Gérard - Aughrus Point

 

J’ai commencé ma lecture comme si j’avais entre les mains un roman “lambda”… Quelle erreur !

Au bout d’une cinquantaine de pages, je me suis rendu compte que si la “forme” était très agréable, sombre, pluvieuse et tourmentée, un meurtre pas-ci, un autre par-là, de la magie, des incantations, de belles descriptions des paysages, mais malgré une bonne dose d’humour, je me suis rendu compte que je n’avais pas saisi le “fond”, et que j’avais perdu l’intrigue du récit.

Stop, j’arrête tout.
Le mieux est peut-être de reprendre depuis le début, n’étant pas un spécialiste de l’histoire irlandaise ni des légendes celtes, surtout que les explications historiques et politiques sont assez présentes.

Oui, j’avais bien vite ressenti la passion de Gérard Coquet pour le pays (et pour la bière aussi… mais ça reste entre nous !), certains mots m’avaient perdu.
Je reprends donc ma lecture.
Il a même fallu que je prenne des notes pour m’y retrouver parmi tous les personnages tous les plus improbables les uns que les autres. Mais ça y est, j’ai définitivement mordu à l’hameçon… et pas besoin de Duck fly, de Connemara Black, ni de Rusty Rat, pour cela !

Difficile de ne pas s’attacher à certains personnages, notamment Ciara au caractère bien trempé, et tout en ambivalence, qui mène l’enquête au sein de la Garda Síochána, la police irlandaise, et se retrouve sur les traces de son passé qui l’a fortement marquée, lui faisant revivre de vieilles rancœurs.
Les légendes et le passé tumultueux de l’Irlande ont la peau dure, pas facile de tenir sa place pour une femme, malgré les drames et les meurtres qui la suivent de près. Mais elle n’a pas dit son dernier mot !

Un polar haletant, très noir, à travers les mythes et les légendes celtiques, et surtout la découverte de l’écriture de Gérard, soignée, érudite et poétique à la fois, avec ce roman violent entre polar et mystères…
Je recommande !

Je ne sais pas pour vous, mais une bonne bière serait la bienvenue… ou peut-être un Bushmills ?
Merci Gérard… pour ces bonnes idées !

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Extraits :

« La dernière phrase du curé résonne encore dans l’église. Zack McCoy, seul au premier rang, regarde ses souliers. Le gauche n’est pas très bien ciré. Aujourd’hui, les yeux rougis et la gorge nouée, il en veut au monde entier. Dans son dos, le raclement des pieds de chaises sur les dalles lui rappelle que la cruauté des hommes ne mérite pas l’apitoiement. »

« Ça n’a servi à rien. Jessica est morte d’une balle dans la tête, sur le parking du terminal d’embarquement de Ringaskiddy. Avant-hier, avec James O’Brien, il a creusé sa tombe. Aujourd’hui, le Connemara l’a enterrée. McCoy referme le registre et vide son verre de Jameson. L’alcool lui pique les yeux. Maintenant, il est seul et déjà vieux.

“Je ne me souviens plus au coin de quelle route
Ma vie a déposé le fardeau de l’espoir ;
Et j’ai tout vu mourir, la foi comme le doute
La tristesse du jour comme l’ennui du soir.”

Sa voix tremble quand il récite une nouvelle fois le poème de Jessica. Enfin, il pleure. Dieu lui laissera-t-il le temps de se venger ? »

« De toute façon, il n’a rien à craindre des pièges tendus par les flics, il suffira de brouiller les pistes sans apparaître au générique. Le grand, avec ses pompes râpées et sa dégaine de SDF, a le profil du con parfait. L’autre, la “chef” selon toute vraisemblance, semble plus difficile à tordre dans le bon sens. N’empêche, elle a un joli cul. Sur cette pensée, il se sert un Bushmills, le whiskey des protestants, et l’avale d’un coup de menton. De nouveau, il jette un coup d’œil par la fenêtre. En bas, les deux perdreaux montent enfin dans leur voiture.
“Elle a vraiment un joli cul !” »

« Lieutenant Ciara McMurphy, 39 ans, brune, cheveux mi-longs et légèrement frisés, des yeux bleus à hurler à la mort, le visage picoré des taches de rousseur réglementaires en Irlande. Belle comme un feu de la Saint-Jean et plus têtue qu’une ânesse. Tu sais qu’à un moment donné, j’étais amoureux d’elle ? Pas de bol, Fergus O’Brien, lui avait déjà foutu le grappin dessus. Aujourd’hui, on a enterré la hache de guerre, mais à l’époque, on s’est battu comme des chiens enragés. Si McCoy ne s’était pas interposé, tu parlerais avec un fantôme. »

 

 

Gérard Coquet est né le jour anniversaire de la mort de Louis XVI… le 21 janvier 1956. Mais il jure encore qu’il n’y est pour rien. Issu d’une longue lignée de blanchisseurs, il passe son enfance avec sa jumelle à se cacher au milieu des draps séchés au vent. Puis dans un ordre aléatoire se succèdent le collège des Lazaristes, un diplôme d’expert-comptable, la guitare basse et la création de ses premières chansons. D’ailleurs, tout vient sans doute de là, l’écriture…

Après la reprise de l’entreprise familiale, il devient juge consulaire avant de créer récemment un cabinet d’archi. Ce qui ne l’a jamais empêché d’adorer la charcuterie, le gamey, le tablier de sapeur et la cervelle de canut ! Sauf bien sûr quand il se ressource en Irlande avec la pêche à la mouche et la Guinness.
Il est aussi le vrai nom du deuxième « clavier » de Page Comann avec Ian Manook. Souviens-toi de Sarah et OUTAOUAIS ont été signé sous ce pseudo.

Son pays de prédilection est l’Irlande où il a séjourné à de nombreuses reprises et dont il s’est imprégné de la culture.

Amour, Émotion, Drame, Humour, Poésie, Roman

Requiem pour une apache

de Gilles Marchand
Poche – 14 janvier 2022
Éditions : Points

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Jésus tient une petite pension, un refuge pour les réprouvés de la société. Un couple d’anciens taulards qui n’a de cesse de ruminer ses exploits. Un ancien catcheur qui n’a plus toute sa tête. Un jeune homme simplet. Une VRP qui pense que les encyclopédies sauveront le monde et un chanteur qui a glissé sur la voie savonneuse de la ringardisation. Lorsque Jolene s’y installe à son tour, plus question de baisser la tête, la pension devient le centre de l’attention et le quartier général d’une révolte poétique.

« Ce roman, c’est La vie mode d’emploi de Perec réorchestré
par A day in the life des Beatles. Ce roman,
c’est Despentes filmé par Fellini. »

Antoine Jarrige, librairie Le Tumulte

 

• Couv_2023-096_Marchand Gilles - Requiem pour une apache

 

Ils vivaient en paix, soit, avec leurs difficultés, mais ils vivaient en paix…
Il aura fallu, un “petit grain de sable”, un “Releveur” de gaz qui refuse de dire bonjour et tout à commencé à ce moment-là !

Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous connaissez sa poésie entre les mots.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous que vous allez découvrir des personnages extrêmement attachants.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous savez que vous allez sourire parfois, trouver son texte intéressant, toujours, voire un peu fou, un peu fantastique.
Si vous connaissez déjà Gilles Marchand, alors vous vous attendez forcément à prendre beaucoup de plaisir à cette nouvelle lecture.

Et bien, vous êtes au bon endroit, vous ne vous êtes pas trompé.
On y va ?

Bienvenue dans cette grande fable poétique, politique et aussi dramatique, même si Gilles a le don de nous faire sourire entre les lignes.
Jésus tient une petite pension, où il reçoit de drôles d’individus. Les cassés de la vie, les fragiles, les pas beaux, les laids aussi, un chanteur oublié, un catcheur qu’on a trop frappé, des gens en colère, d’autres qui sourient tout le temps. Jésus ne fait pas ça pour l’argent. Il s’est donné une mission. Aider. Même si Mario, le “chef” de la cuisine, se met à penser, au bout d’un moment, que cela commence à faire beaucoup de monde tout ça !
Et puis un jour… Jolene arrive silencieuse, intriguée. Alors qu’elle-même peine à s’éveiller dans un monde qu’elle ne comprend décidément plus, elle va transformer le “refuge” en un symbole de liberté !

Voilà, vous savez tout… Ou presque !
Bah oui !
Il en faudra quand même un peu plus pour partager la vie de cette “bande d’ignorés” et verser quelques larmes… mais c’est tellement beau !

Dans un style qui me ravit à chaque fois, un doux moment de lecture où la musique est omniprésente…

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Extraits :

« Il aurait fallu commencer par le début, mais le début, on l’a oublié. Ça a démarré bien avant nous. Et bien avant elle.
Rome ne s’est pas faite en un jour, la légende de Jolene non plus. On la présente aujourd’hui comme la meneuse d’une troupe d’insurgés. Plutôt que d’insurgés, ça tenait davantage d’une cour des Miracles contemporaine accueillant les trop maigres, les trop gros, les trop petits ou trop grands, les trop ceci ou trop cela, les roux, les Arabes, les Noirs et les Chinois. »

« Jolene s’est retournée et lui a fait signe d’arrêter.
Elle a fait un nouveau pas.
Elle s’est plantée à un mètre de monsieur Gaz, a posé son verre sur le comptoir et lui a expliqué qu’ici, on disait bonjour. Tous les jours, on disait bonjour. Que l’on soit patron, employé, client ou représentant, on disait bonjour. C’était une règle un peu vieillotte, légèrement surannée, mais on y tenait. Bon-jour. »

« C’est ce soir-là que Jésus a inventé le “velours des Carpates”. Il désirait quelque chose de fort et de doux, un cocktail qui ressemblerait à Jolene. Un truc qu’on n’aurait pas vu venir. Il a pressé des citrons verts, sorti une bouteille de sirop de gingembre dont il n’avait jamais su que faire et ajouté une bonne dose de vodka. »

« Et, même s’il avait acheté leurs terrains au prix fort, une promesse est une promesse, surtout si elle est signée, paraphée en bas à droite sur chaque page, lue et approuvée contractuellement.
Il a eu des procès. Il a perdu des procès.
Reconnu coupable, il a culpabilisé.
Il a eu des amendes, il s’est amendé.
Il a payé des dommages et des intérêts, des préjudices. Il n’a rien négocié, il a tout payé.
Mais la société ne pardonne pas si vite. Il était devenu l’escroc mégalo. Il resterait l’escroc mégalo. »

« Jamais je n’avais vu Jésus aussi heureux et jamais il n’avait aussi bien porté son nom. Au milieu des déshérités, il ne prêchait pas la bonne parole, il se contentait d’accueillir et de faire au mieux. “Faire au mieux” était devenu sa spécialité. Lorsque Mario lui expliquait qu’il ne pourrait nourrir autant de monde, il lui demandait simplement et calmement de faire au mieux. Lorsqu’il y avait un problème de couverture, de courant d’air, de chasse d’eau, il nous demandait de faire au mieux. Il dégageait une étonnante sérénité. Et cette sérénité, il la devait à Jolene. »

« Le jour débutait et, pour marquer le coup, le soleil envoya trois rayons dans ma direction. Je parvins à éviter les deux premiers, me pris le troisième en plein visage. Ne voulant pas avoir de problème avec le soleil, je ne lui adressai aucun reproche et continuai ma route. J’avais marché toute la nuit. Il avait fait doux, léger vent d’ouest, faibles risques de pluie. »

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent. Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les “Talents à suivre” par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants “Libr’à Nous” en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Des mirages plein les poches
https://leressentidejeanpaul.com/2019/01/05/des-mirages-plein-les-poches-de-gilles-marchand/

Un funambule sur le sable
https://leressentidejeanpaul.com/2019/01/14/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand/

Une bouche sans personne
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/26/une-bouche-sans-personne/

Une bouche sans personne
https://leressentidejeanpaul.com/2020/04/26/une-bouche-sans-personne/

Le soldat désaccordé
https://leressentidejeanpaul.com/2022/12/12/le-soldat-desaccorde/

Adolescence, Amour, Émotion, Drame, Humour

Là où tu iras j’irai

de Marie Vareille
Poche – 28 février 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

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Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d’actrice comparable à celle du Titanic : catastrophique. Le jour où elle refuse d’épouser l’homme qu’elle aime, sous prétexte qu’elle ne veut pas d’enfant, elle se retrouve à la rue. Elle accepte alors le seul rôle qu’on lui propose : se faire passer pour l’irréprochable Nanou du petit Nicolas, qui n’a pas prononcé un mot depuis la mort de sa mère, afin d’infiltrer sa famille et d’y exécuter une étrange mission. Elle part donc pour l’Italie, dans la maison de vacances familiale, loin d’imaginer à quel point la rencontre avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.


Réjouissant.

Femme actuelle.

Les aventures d’Isabelle font mouche : sens de la formule, humour, justesse, émotion.
Télé star.

 

• Couv_2023-078_Vareille Marie - Là où tu iras j'irai

 

Encore un livre lu d’une traite !

Mais qu’est-ce que j’ai ri…
Rarement cela ne m’étais autant arrivé durant une lecture. Il y a de nombreux rebondissements, c’est léger, c’est frais, mais pas que…
Avec des personnages très attachants, tous sans exception, Marie Vareille nous a concocté un vrai petit bijou de lecture.

Isabelle a 32 ans, elle s’est un peu perdue dans sa vie. Pour ne pas se retrouver à la rue, après une très courte hésitation, elle accepte un poste de nourrice, en Italie, proposé par l’une des enfants dont elle doit s’occuper, moyennant la somme de dix mille euros pour quelques semaines… Vous vous doutez bien que rien n’ira comme il se doit !

J’ai été très agréablement surpris par la trame du récit, le rythme et un final rempli d’étincelles ! Derrière un “petit” roman qui aurait pu être léger, Marie nous dévoile une histoire profonde, dure parfois et très émouvante. La plume de l’auteure est belle, vivante, j’aurais voulu partager encore quelques instants avec le petit Nicolas, ses sœurs, deux vraies pestes, Isabelle et tous les autres…

Une histoire pleine de tendresse, remplie de beaux sentiments, qui m’a fait du bien et m’a permis de passer un très agréable moment, où j’ai complètement déconnecté de mon quotidien. C’est aussi ça la lecture…
Mais qu’est-ce que j’ai ri 😂 😂 😂!!!

Un livre que je vous conseille tout particulièrement… Un vrai plein d’oxygène !

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Extraits :

« Isabelle !
Pour la troisième fois, Quentin secoua l’épaule d’Isabelle.
Hein ?! Quoi ?!
Elle leva une tête paniquée de l’oreiller qu’elle enserrait de ses bras comme un naufragé une bouée de sauvetage. Elle avait la marque des draps incrustée sur la joue gauche et ses yeux bruns, écarquillés portaient encore les traces du maquillage de la veille. Avec ses cheveux blonds ébouriffés, elle présentait à Quentin le visage effaré d’un oisillon tombé du nid.
– Il est midi ! Ton audition !
– Mon audition ? Quelle audition ?… Ah merde, mon audition ! »

« Personne n’écoute ceux qui ne parlent pas, alors lui non plus ne voulait pas écouter. Malheureusement, le bruit finissait toujours par se rétablir. D’abord le grattement d’un stylo sur une feuille de papier, des voix d’enfants assourdies, des talons sur le parquet, comme si quelqu’un montait graduellement le volume d’une radio réglée au minimum. Le docteur avait ouvert la porte. Nicolas pouvait aller attendre dans la salle d’attente. Vingt minutes s’étaient écoulées depuis qu’ils lui avaient dit de ne pas s’inquiéter. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui s’était passé depuis. Parce que Nicolas se taisait, la plupart des gens présumaient qu’il était sourd. »

« Dans le grand appartement du boulevard Saint-Germain, assis sur le parquet du salon, Nicolas remonta les lunettes rondes qui glissaient sur son nez et déplaça son fou de l’autre côté du plateau. Le fou pouvait traverser les cases à toute bringue et en diagonale. Les autres pièces ne se méfiaient jamais de lui. Normal, puisqu’il était fou. Nicolas se refusait d’ailleurs à utiliser tout autre pion. Concentré sur son jeu, il laissa s’échapper une goutte de salive qui vint s’écraser sur son pyjama Spiderman. En face de lui, sa mère lui sourit avec tendresse. »

 

Marie Vareille est née en Bourgogne en 1985 et vit aux Pays-Bas avec son mari et ses deux filles. Son bestseller La Vie rêvée des chaussettes orphelines, traduit dans de nombreux pays, s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires. Il a reçu le Prix des lectrices Charleston 2020 et le Prix des Petits mots des libraires 2021.
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/08/la-vie-revee-des-chaussettes-orphelines/

Elle est également l’autrice, aux éditions Charleston, de Je peux très bien me passer de toi (Prix Confidentielles), Ainsi gèlent les bulles de savon et Désenchantées.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/15/desenchantees/

Elle a reçu de nombreux Prix en littérature jeunesse pour sa trilogie Elia la Passeuse d’âmes et son roman Young Adult Le syndrome du spaghetti a été récompensé du Prix Babelio en 2021 et figure dans la sélection du Prix des Incorruptibles 2022-2023, organisé tous les ans en partenariat avec le Ministère de la culture et l’Éducation Nationale.

Émotion, Humour, Noir, Polar, Suspense

Commandant François Chanel

36, quai des Orfèvres
de Pascal Marmet
Broché – 29 juin 2023
Éditions : M+

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Une enquête menée par un flic musicien, sur fond de sorcellerie et ayant pour décor les dessous d’une gare parisienne… Parmi les milliers de voyageurs, Laurent erre seul dans le hall de la gare de Lyon, l’air paumé. Il vient de rater son CAP boulangerie et sa mère l’a mis dehors. Samy, escroc à la grande gueule, le repère rapidement. Il a bien l’intention de profiter de la naïveté de ce gamin aux chaussures vertes et l’entraîne dans un cambriolage. L’appartement dans lequel ils pénètrent est une sorte d’antichambre du musée des Arts premiers et regorge de trésors africains. Mais ils tombent nez à nez avec la propriétaire et collectionneuse. Comme elle s’est blessée en tombant dans les escaliers, ils lui viennent en aide avant de s’enfuir. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, abattue de cinq balles tirées à bout portant. Le commandant Chanel, chargé de l’enquête, s’enfonce alors dans l’étrange passé de cette victime, épouse d’un ex-préfet assassiné quai de Conti peu de temps auparavant. Un polar haletant sur fond de sorcellerie qui nous dévoile les coulisses de la gare de Lyon et nous ouvre les portes du célèbre 36 quai des Orfèvres.

 

• Couv_2023-073_Marmet Pascal - Commandant François Chanel

 

Une troisième enquête pour le “Commandant François Chanel”, et c’est toujours aussi passionnant !

Et je dirai même que pour moi, c’est la meilleure à ce jour, le fait de bien connaître maintenant les personnages principaux doit y être pour beaucoup.
Non content d’avoir déjà plusieurs personnages hors du commun dans ses récits, Pascal nous en propose d’autres. Deux jeunes stagiaires, intelligentes, malines et jolies… malgré la tendance “machiste” du commandant, ainsi que Laurent et Salomé qui vivent une sorte d’illumination dès que leurs regards se croisent. Que demander de plus ?

Albane de Saint Germain, riche collectionneuse d’art africain, entre autres, est assassinée à la suite d’un cambriolage qu’elle vient de subir.
Les deux jeunes cambrioleurs n’avaient pourtant pas l’air violents, au contraire… C’est plutôt elle qui me donnait l’impression d’être, une “étrange” femme !
Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’il y ait un tel revirement de situation ?

Nous voilà dans la nouvelle enquête de notre Commandant préféré !
Une enquête qui va nous plonger au sein de la Gare de Lyon, à travers ses couloirs et dédales, mais aussi dans le monde particulier et très fermé des collectionneurs de statuettes africaines. Et que se passera-t-il durant cette enquête ? Les hommes du 36, quai des Orfèvres apprennent qu’ils vont bientôt être “reconditionnés” dans de nouveaux locaux, rue du Bastion, dans le 17e arrondissement, un futur immeuble ultramoderne et ultra sécurisé de huit étages qui sera adossé au palais de Justice de Paris.

Une nouvelle fois, l’écriture de Pascal est parfaitement maîtrisée, captivante et j’ai même trouvé qu’il y avait un peu plus d’émotion dans cet opus très singulier. De nombreux rebondissements interviendront durant l’enquête qui était pourtant bien mal partie… Heureusement, le commandant, mais pas que, veille !

Un très bon polar mêlant action, suspense et une introduction très intéressante dans le milieu de la sorcellerie africaines et les rites anciens. Les dialogues sont truculents, et ils vont si bien au commandant que je ne m’en lasse pas !
De nouveau une belle découverte que je vous conseille…

Un grand merci aux Éditions M+, pour leur confiance renouvelée !

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Extraits :

« – Chers collègues, je profite de cet instant de convivialité pour vous informer de vive voix qu’il a été décidé que l’ensemble des services du 36 quai des Orfèvres et des personnels du Tribunal de Grande Instance déménagera dans le quartier des Batignolles. Aucune date n’a été avancée. Une note de service vous parviendra en temps voulu. Merci de votre attention. Je passe la parole à François Chanel qui se fait une immense joie de remplacer, au pied levé, notre président qui, rassurez-vous, va beaucoup mieux. »

« Une idée surgit. Il glissa autant de billets que son slip pouvait en contenir, fourra dans son sac à dos la statuette à la pierre bleue et le reste de liasses. Son bras s’immobilisa. Une seconde idée vint. Il conserva une petite liasse de billets dans la main et referma le panneau dissimulé dans la structure du bureau qui, au vu de la couche de poussière, ne semblait pas avoir été ouvert récemment.
En descendant l’étroit escalier, il vit la femme ramper péniblement en traînant ses jambes mortes. Elle s’accouda à une commode et tenta d’ouvrir un tiroir. Laurent vint à son secours et libéra le casier. À l’intérieur, il y avait une remarquable boite en cuir noir qu’il ouvrit pensant qu’elle y cherchait des médicaments. Il découvrit un imposant révolver dans une mousse qui avait pris sa forme. Il y avait aussi deux chargeurs, dix balles et un long tube noir.
La femme scintillante au regard bleu océan le fixa. Elle ressemblait à sa mère, mais en bien plus admirable. »

« Après 60 ans, on a irréversiblement la gueule qu’on mérite. La gentillesse s’y lit tout comme la méchanceté. Tous les vices finissent par se feuilleter sur nos rides. Tout se paie, tout remonte à la surface dans un tribunal invisible où sont dénoncés nos entorses, nos travers et nos peines. Et ce préfet avait acquis une “gueule” de moine tibétain.
Pour Chanel, les modifications d’un visage étaient devenues livre ouvert, et il allait sans hésiter dans la profondeur de la peau de l’autre au premier coup d’œil. »

« “Je ma pelle Milène, étoi réponmoa ?”
Comment faire autrement que sourire à cette jolie invitation à tisser un lien. Elle avait les yeux vert pacifique des naîfs, deux couettes rigolotes et la bouche des têtus.
Sous le mot, il écrivit : « Je m’appelle François »
Et elle enchaîna ses questions sans détour :
“alor, gevéteraconté esétou jété au CP éje vé alé au CM1. Tufécoi come métié ?”
“Je suis policier. Et toi, tu veux faire quel métier plus tard”
“Moi, jeveupa courire derièr les méchan, sé trofatigan. Jepréfaire désinatrisse degâto o chocola ou marchende defleur, mai que derose quipic».
Ils finirent par jouer au jeu des sept familles. Bien entendu, Chanel perdit cinq parties sur huit.
Chanel adorait les trains parce qu’avec la SNCF, tout était possible. »

 

Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.

Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Folie, Humour, Nouvelles

Ah ! Mauricette…

de José Herbert
Broché – 5 mai 2023
Éditeur : Amanite

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Justin, instituteur à la retraite, consacre désormais son temps à l’écriture d’histoires invraisemblables et délirantes, inspirées par l’observation de ses contemporains. Il s’amuse chaque jour à les raconter à sa voisine Mauricette à travers la haie de clématites séparant leurs propriétés. Mauricette l’écoute avec beaucoup d’intérêt. Est-ce l’œuvre ou l’auteur qui la passionne réellement ? N’a-t-elle pas établi volontairement les règles d’un jeu de séduction pour arriver à ses fins ? Rondouillette, dotée d’un regard pervenche, d’une chevelure rouge garnie de bigoudis, la quinquagénaire semble naïve pour Justin le fanfaron qui donne aveuglément libre cours à son plaisir.

Ce recueil de nouvelles est construit comme un roman. Chacun des chapitres donne envie de lire le suivant. José Herbert manie l’humour parfois grivois, le cynisme, voire la folie, avec habileté, surtout quand il s’agit d’exposer certains travers de notre société. Les personnages de ses histoires sont foldingues : le flatteur de dindons, l’inventeur de l’eau en poudre, le vieux qui monte un escalier, le vendeur de chaussures à l’unité, le « muscleur » d’huîtres…

Toujours désopilant, parfois dérangeant, Ah ! Mauricette… invite le lecteur à s’interroger sur l’absurdité de certains comportements humains. À savourer avec gourmandise.

 

• Couv_2023-053_herbert José - Ah ! Mauricette..

 

C’est d’abord un peu dubitatif que j’ai commencé ma lecture…

J’avais déjà vu la couverture sur les réseaux et j’avoue l’avoir trouvée fort sympathique !
Comme je ne lis plus les 4e de couverture, je me suis lancé et…

Et…, j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit.
Deux voisins, Mauricette et Justin, font connaissance à travers le grillage qui les sépare. Ils se retrouvent régulièrement et petit à petit va naître une amitié entre eux… et petit à petit je ressens moi-même un petit quelque chose envers Mauricette et sa naïveté un peu déconcertante du début, mais vu que l’auteur, ou Mauricette, je ne sais plus est arrivée à me faire sourire et finalement rire, mon esprit un peu fermé, s’est libéré et ouvert doucement…

Ah ! Mauricette…
Je n’étais pas préparé à ta rencontre et il aura fallu la ténacité de Justin pour percevoir ton aura.
Car Mauricette est drôle et tendre à la fois avec ses cheveux rouges pris dans ses bigoudis.
Mais le plus drôle encore, c’est que j’ai appris plein de choses… Oui !!!

– “Branleur” de dindons, une profession que je ne connaissais pas !
Si, ça existe !!! J’ai vérifié sur Google !!!

– Avez-vous déjà essayé de nettoyer un trou ? Justin lui, le fait tous les matins !

– Saviez-vous que les huîtres n’avaient qu’un muscle ?

– Miss France, est-elle vraiment plus jolie que Mauricette, et sent-elle mauvais lorsqu’elle va aux toilettes ?

– Ça vous dit un conte surtout pas pour les enfants ?

– Qu’en est-il de la chatte de Mauricette ? De l’obélisque de Justin ?

Je termine mon livre un peu perdu, mais le sourire aux lèvres, car la lecture, c’est ça aussi. Aller là où je ne serais peut-être jamais allé sans avoir un peu insisté. Alors merci José, d’avoir osé ce livre qui devrait ravir tous ses lecteurs. Et putain que c’est bien écrit.

Inclassable, cocasse, un peu folle, mais parfois sérieuse aussi, finalement j’ai fini par la trouver jolie Mauricette avec ses bigoudis et elle “s’emboîte” si bien avec Justin. Elle m’a emmené dans son univers original où les gens et les choses ne sont pas forcément ce qu’elles paraissent être !

Un sacré moment de lecture, maintenant, il va falloir que je redescende sur terre…
Merci José, d’avoir agrandi mon horizon !

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Extraits :

« Pendant toute la durée de l’acte de chair, puisqu’elle réclamait de lui qu’il enceintât d’un animal, Papa montra son talent. Il aboya, il miaula, il bêla, il grogna, il rugit, il beugla, il brama, il gazouilla, il cacaba et gloussa, il coassa et croassa. Il garda le meilleur pour la fin. Au moment où ils jouirent, il poussa un énorme cocorico, le col dressé à la façon de Chantecler, le coq du roman de Renart. »

« – Justino, toi, mendiant, tu prétends t’être adonné au commerce d’allumette vers ta vingtième année. Quel âge avais-tu quand tu as rencontré le compteur danois ?
– Je n’avais pas d’âge, sauf celui de la fabulation, des mythes et des rêves. Je sens que tu ne me crois pas. Joselito, peux-tu répondre à la question suivante : Quel âge avait Rimbaud ? Impossible, n’est-ce pas ! Simplement, parce que Rimbaud n’a pas d’âge, comme Anderson, comme moi-même. »

« – Tu es une petite nature, lui dis-je, un petit cœur sensible.
– Ton histoire n’est pas terminée, Justin.
– C’est vrai ! Veux-tu veux vraiment en connaître la fin ? Ne te mets pas à pleurer, s’il te plaît !
– Oui ! Pas de soucis !
Je cherchai un endroit suffisamment large dans la clôture pour y placer ma bouche et lui bisouter les joues et, pourquoi pas, le cou. Elle passa ses bras dans d’autres trous bien choisis et m’enlaça. Comment allions-nous sortir de cette complexité métallique qui nous enchevêtrait ? Mais peu importait le ridicule de la situation, je lui livrai à la fin de mon histoire et elle gémit. Elle avait promis de se tenir. »

« Quand Philibert remplissait un formulaire pour la Sécu, par exemple, à la ligne “Profession”, il écrivait, en s’appliquant et en passant la langue, “flatteur de dindons”. Doux euphémisme pour décrire en réalité une occupation qui aurait été plus explicite, s’il avait écrit “branleur de dindons”, mais Philibert était un brin poète et, pour lui, flatter était plus poétique branler. »

« – Tu veux me montrer tes seins, Mauricette ?
Elle aimait me dévoiler des parties cachées de son anatomie, sauf la plus secrète, pour l’instant. Elle me draguait, je le constatais une fois de plus. Mais je regrettai aussitôt cette remarque, car ce que je voyais n’était guère réjouissant. Entre ses seins et son nombril logeait, un bel hématome large et coloré en un camaïeu de vert et de bleu, telle une aurore boréale au pays des Lapons. »

 

José Herbert est né à Aniche en 1944, dans le département du Nord. Il fréquenta l’Ecole Normale de Douai pour devenir ensuite instituteur à Vred, puis Auberchicourt, enfin, à partir de 1975, directeur d’école et secrétaire de mairie à Wambaix, petit village du Cambrésis. Il est maintenant installé à Loos en Gohelle. C’est un amoureux des lettres, passionné d’histoire locale, il aime l’humour loufoque, les situations hors norme, les personnages burlesques.

Il publie aux Editions Atria un premier roman, L’instituteur impertinent, qui raconte avec humour, pittoresque et tendresse, une vie professionnelle exceptionnelle.
Son deuxième roman, signé La grande faucheuse, est une pure loufoquerie. Imaginons un couple singulier. Lui, c’est Viktor, enseignant à la retraite. Elle, c’est Samantha, la grande faucheuse, la Mort allégorique, trimballant sa faux au hasard des vies à faucher. Samantha se déplace en mobylette, possède un téléphone portable, se nourrit de salades. Nos deux héros se rencontrent fortuitement, s’aiment et décident de nouer une relation forte et durable qui va les entraîner dans l’espace et dans le temps.
Dans ce dixième roman (second roman policier), il vous fera découvrir la région de Cambrai comme vous ne l’avez jamais vue.

Folie, Frisson horreur, Humour, Noir, Polar

Jeu de rôles

de Olivier Petiot
Broché – 5 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Courchevel, 1850. Mercredi 1er janvier 2020. 1 h 30.
15 minutes de marche. Un craquement sourd. Puis plus rien.
Le néant. La neige. Le froid. Le sang.

Le parfum du supplice embaumait les bois.
La montagne, géante pétrifiée, belle et mortelle, leur tendait une embuscade.

Crimes sanglants, ambiance anxiogène, ce jeune auteur prometteur se joue de nous comme de ses personnages.

 

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Je découvre l’écriture d’Olivier Petiot avec ce roman, et force est de constater qu’il n’a pas froid aux yeux.
Traduction : Âmes sensibles s’abstenir !

Mardi 31 décembre 2019.
Quelques amis décident de se retrouver afin de fêter le passage vers la nouvelle année ensemble à Courchevel, 1850, mais tout ne se passera pas comme prévu…

Dès le début du récit, j’ai ressenti une certaine jeunesse de l’auteur. Comme une envie de tout casser. C’est franc et direct, il n’y va pas par quatre-chemins, et on ressent fortement son envie de s’amuser par le biais de l’écriture.
Les chapitres sont courts, voire très courts et avancent sur deux niveaux temporels. L’avancée de l’enquête par le chef de la brigade criminelle de Chambéry, Brisson, qui alterne avec la nuit où ont eu lieu, les massacres. J’ai bien dit les massacres, car ce sont six corps qui ont été retrouvés après la tempête dans un état particulièrement horrible (je laisse les détails à l’auteur si vous me le permettez, il en parlera beaucoup mieux que moi !). Un récit qui ne manque pas d’humour, qui m’a fait penser aux premiers morceaux de certains groupes de rock qui sont devenus avec le temps des “légendes”. Olivier en a sous le coude, c’est le moins que je puisse dire, et j’ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir…

Alors, que le jeu commence !

Hâte de lire un prochain ouvrage d’Olivier, afin qu’il me titille à nouveau les nerfs !

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Extraits :

« Nous pouvons tous être amenés à tuer et ça, tu le sais tout autant que moi. N’y as-tu jamais songé ? N’essaie pas de me le faire croire !
Tu es un assassin.
Nous sommes tous des assassins, je te l’assure. Les enquêtes le prouvent ! De la bonne mère de famille trompée par son mari, de l’ado paumé défoncé aux drogues dures à la grand-mère cachetonnée pour son Alzheimer, une multitude de contextes et de faits sont destinés à faire de nous des assassins.
Je te laisse t’inspirer de mon expérience en la matière. Tu verras qu’on y prend goût. »

« Elle était désorientée. Son corps, mis à l’arrêt par la froide soirée de décembre, ne lui répondait plus. Sophie était transie. Ses lèvres entièrement craquelées, bleuies et anesthésiées par la morsure du givre, elle ne les sentait plus. Elle les effleura d’un doigt raidi par sa nuit. Nada. Elle y passa sa langue rugueuse et chaude dans l’espoir de leur redonner vie. Calleuses, elles piquèrent comme si on y plantait une multitude d’aiguilles. »

« Toute personne en est capable. Tout le monde peut tuer. Il peut y avoir une multitude de contextes destinés à faire d’un humble citoyen un assassin. Elle ne se rappelait que trop bien des paroles de son cousin. Enfant, il s’amusait à étriper les animaux qui avaient le malheur de passer trop près de lui et donnait des leçons à sa jeune cousine. “Pour tuer, c’est simple. Il te faut simplement l’arme idéale : une once d’imagination ! Nous avons tous la capacité de tuer ! D’ailleurs, nous tuons sans le savoir des millions d’êtres vivants durant notre existence. Autant l’assumer ! Pourquoi renier sa nature profonde ?”. »

« Elle s’exhibait dans une robe corset noire, imprimée d’un énorme pique de tarot rouge à la hauteur de ses seins, ne laissant aucun doute quant à la proportion de ses formes et atouts. Son porte-jarretelles, en véritable ligne de départ de longues et interminables jambes, invitait à suivre leur courbure élancée. La tenue était complétée de cuissardes rouge sang, assorties à la couleur de ses lèvres et d’un voile cage à oiseaux dans lequel elle avait épinglé une carte. Une dame de pique. Elle tira une bouffée sur son porte-cigarettes d’un air suffisant avant d’ouvrir la bouche :
– Sexy, n’est-ce pas ? »

 

Né à peu de chose près en 1991, Olivier Petiot aime la musique, le sport, le vin, la nature, l’humour… et plus généralement, toutes les bonnes choses que la vie a à offrir !
Il écrit, aussi, et se lance officiellement dans l’aventure de l’édition avec un premier roman dystopique édité en 2020 chez Seven édition.
Un livre jeunesse dans la veine des Chair de poule verra ensuite le jour en 2022 au sein de la même maison.
Il signe sa troisième publication avec Jeu de rôles, thriller haletant, publié chez Des livres et du Rêve, et ne compte pas s’arrêter là !

Émotion, Humour, Poésie, Polar

La beauté d’Ava Gardner

de J-Paul von Schramm
Broché – 2 janvier 2023
Éditions : Encre Rouge Éditions

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C’est un roman qui, bien sûr, ne parle pas d’Ava Gardner.
Un polar qui n’a ni le titre, ni la couverture d’un polar.
Avec un criminel ordinaire qui n’a rien d’ordinaire.
Car Victor Palester est un petit retraité qui aime Souchon, les mots croisés et les éclairs au café.
Et les crimes bien faits…

Avec ce polar crépusculaire, J-Paul von Schramm nous propose, au-delà du suspense, une réflexion passionnante sur la vieillesse et la solitude.

 

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Victor Palestier est un vieux monsieur.
Mais malgré son âge avancé, c’est un homme curieux, qui profite encore de ce que la vie lui offre au quotidien. Qu’il est difficile de vieillir quand on reste jeune à l’intérieur, dans son cœur, et dans sa tête.
Quelques trous de mémoire se font sentir parfois, mais heureusement les mots croisés lui permettent de rester vaillant. Victor est un homme simple, il aime se promener le dimanche matin pour aller à la boulangerie, acheter un éclair au café qu’il déguste tout seul chez lui. En effet, depuis la mort de sa femme, il vit seul et s’est donné une mission…
Sa mission ?
Aider les gens qui sans le savoir, ont besoin de lui !
Victor est un homme bon…
Victor la vie…

Je découvre J-Paul von Schramm avec ce roman, très touchant, fait de brics et de brocs, qui sort complètement de tous les cadres. C’est un polar, sans en être un, une histoire d’amour, sans en être une, une leçon de vie ou la mort se trouve partout !
Je n’étais pas loin du coup de cœur… dommage, mais l’auteur m’a emporté quand même dans son univers. Beaucoup de sensibilité, de poésie, de fluidité, c’est très drôle aussi… Un ovni littéraire !

Quelque chose de puissant m’a touché dans l’univers de J-Paul, quelque chose de fort et de vivant.
J-Paul von Schramm est un écrivain à découvrir absolument.

Un grand merci aux Éditions Encre Rouge pour ce « précieux » !

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Extraits :
« Quand Victor entre dans la pièce, il ne se rappelle plus ce qu’il vient y chercher. Comment l’objet de sa quête commandée par son cerveau vingt secondes plus tôt a-t-il pu s’effacer de son esprit quelque peu plus loin ? Cela lui arrive de plus en plus souvent et cela l’inquiète. »

« Ce soir-là, à la nuit tombée, il était descendu au parking de la résidence et avait rapporté du coffre de sa voiture la boîte métallique qu’il avait trouvée deux jours plus tôt dans le grenier de la maison de Rémalard.
Il ne savait pas encore qu’il allait tuer Bibiche.
Il en avait envie.
C’était comme avec Nicole, c’était resté longtemps de l’ordre du fantasme.
Victor essaie d’arrêter ces images qui défilent comme un diaporama.
Il doit se concentrer sur sa nouvelle mission. »

« Au tout début, quand il simulait un tir avec le Lüger, il faisait “pan !”.
En s’entraînant pour Bibiche, il avait appris que ça faisait plutôt Peng !
Mais un Peng ! puissant et explosif, beaucoup plus mortel qu’un banal Pan !
Un bruit implacable.
Il sort la réglette. Il manque six balles.
Les trois logées dans la tête de ses trois victimes plus les trois autres qu’il a utilisées pour s’entraîner. »

« Pendant qu’on y était, Victor avait tout déballé.
– Je confonds également les visages et les noms de certaines personnalités…
– Comme ?
– Dussollier et Duchaussoy, Berling et Gamblin, Pisier et Duperey, Zabou et Zylberstein, Calogero et Bénabar… Maé et Moire aussi…
– Là aussi, je peux vous rassurer, c’est une variante de prosopagnosie. Bien, mais concernant tous ces dysfonctionnements de votre mémoire, si vous souhaitez faire un test de détection de la maladie d’Alzheimer, vous pouvez prendre rendez-vous à l’institut du cerveau, c’est à La Pitié-Salpêtrière, boulevard de l’hôpital… »

 

Ancien professeur de lettres spécialiste de théâtre et d’art contemporain, J-Paul von Schramm entend faire mentir l’adage selon lequel les professeurs enseignent ce qu’ils ne sont pas capables de faire eux-mêmes.
Il tient particulièrement à l’appellation “roman” : son texte est beaucoup plus une initiation à l’art contemporain qu’une œuvre érotique et il ne voudrait pas attirer un lectorat réduit, qui ne s’y retrouverait pas.
J-Paul von Schramm est écrivain, polarologue et empêcheur de dormir.

Cercle littéraire, Humour

Un vrai dépaysement

de Clément Bénech
Broché – 11 janvier 2023
Éditions : Flammarion

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Issu d’une lignée d’architectes et d’ingénieurs bordelais, Romain d’Astéries a décidé de rompre avec la tradition familiale. Pour lui, ce sera l’enseignement. Et qu’on ne lui parle pas de Bordeaux, c’est en Guyane que le futur professeur a demandé son affectation : il pourra explorer là-bas des pédagogies nouvelles, en toute liberté, loin des siens comme du rigorisme des programmes officiels. Mais un bug du logiciel de l’Éducation nationale l’expédie finalement en Auvergne, dans un petit collège de campagne. Sa soif d’exotisme et de nouveauté y rencontrera de nombreux obstacles, à commencer par ses collègues et ses élèves, déroutés par ses méthodes d’enseignement révolutionnaires et son obstination à vouloir les ouvrir au monde, pour leur faire rencontrer l’altérité. Et si l’autre, c’était tout simplement lui ?

Avec ce quatrième roman, Clément Bénech signe une comédie sur les aventures d’un jeune enseignant idéaliste, lointain cousin de Don Quichotte.

 

• Couv_2023-029_Bénech Clément - Un vrai dépaysement

 

Un jeune professeur de français, issue du famille bourgeoise, tout juste titularisé, idéaliste et révolutionnaire, a opté pour un poste en Guyane. Il est rempli de principes et d’idées nouvelles, et est persuadé qu’il a de nombreuses choses à apporter à tous ses futurs élèves. Mais suite à un bug informatique, tous ses plans tombent à l’eau, il se retrouve nommé dans un collège au fin fond de l’Auvergne, très très loin des rêves qu’il imaginait déjà.

Qu’à cela ne tienne, porté par ses envies, il décide très vite de mettre en application ses idées dans un programme qu’il trouve complètement inadapté au grand désespoir de la directrice qui n’apprécie pas du tout ses écarts. Il est là pour exécuter un programme et non pas pour avoir des idées et tout révolutionner. Dès lors, elle décide de le tenir à l’œil… Mais pour lui, il est impossible de revenir en arrière sur sa façon d’enseigner !

J’ai trouvé ce roman plein de bonnes idées, drôle et bien écrit. Il y a du rythme, le texte est fluide et les personnages sympathiques. J’ai passé un bon moment de lecture.
Clément a su trouver pour son récit un “petit quelque chose”, un fil rouge, une idée simple qui m’a emporté le long de ma lecture jusqu’en Roumanie, où, pour le coup, on est en vrai dépaysement.

Une belle surprise qui m’a plongé dans l’univers de l’éducation nationale, par une “fenêtre” différente, un jeune auteur à suivre…

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Extraits :
« Sur une longue table recouverte d’une nappe en lin violette qui lui donnait l’allure d’un autel d’église, le traiteur avait disposé des ramequins en forme de feuilles creuses et remplis de tarama, de houmous, de guacamole et de baba ganousch.
Clic ! Un coup de ciseaux, lança les réjouissances. Le ruban rouge protocolaire chut en deux parties égales, et ce fut fait : on pouvait désormais circuler sur le nouveau pont Montesquieu, qui enjambait la Garonne, dans la prairie, la plus méridionale de la ville. »

« Le week-end, il suffisait à Romain d’un simple texto pour retrouver son collègue. Bien vite, ces rendez-vous devinrent tripartites, car Fabien et Julie, la prof de maths, ne se quittaient plus d’une semelle. De son accent extraordinaire, le premier qualifiait la seconde – une Auvergnate pur jus – de ”très charmante”. Tous trois, ils s’asseyaient dans un champ, ou faisaient le tour du plan d’eau, en bas du village. Mais ces rendez-vous tournaient souvent à l’affrontement entre Romain et Julie, ne laissant à Fabien que la posture de l’arbitre – qu’en compétiteur né, il supportait difficilement. »

« Ce vendredi-là, dans la cour du collège, Blaise-Pascal, les adolescents, aussi excités qu’avant une sortie à la piscine, plaisantaient à toute vitesse avec n’importe qui, en émettant des rires stridents. Le portail ajouré de l’établissement s’ouvrit, laissant apparaître par rayures verticales et successives la silhouette impressionnante d’Angela Combes, avec sa chevelure rouge vif fraîchement reteinte, et celle d’un petit monsieur à lunettes qui portait en bandoulière un appareil photo. »

Clément Bénech est né en 1991. Auteur de trois romans publiés aux Éditions Flammarion, L’Été slovène (2013), Lève-toi et charme (2015), et Un amour d’espion (2017) et d’un essai, Une essentielle fragilité (Plein Jour, 2019), il collabore également à plusieurs revues et journaux.