Émotion, Humour, Noir, Polar, Suspense

Commandant François Chanel

36, quai des Orfèvres
de Pascal Marmet
Broché – 29 juin 2023
Éditions : M+

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Une enquête menée par un flic musicien, sur fond de sorcellerie et ayant pour décor les dessous d’une gare parisienne… Parmi les milliers de voyageurs, Laurent erre seul dans le hall de la gare de Lyon, l’air paumé. Il vient de rater son CAP boulangerie et sa mère l’a mis dehors. Samy, escroc à la grande gueule, le repère rapidement. Il a bien l’intention de profiter de la naïveté de ce gamin aux chaussures vertes et l’entraîne dans un cambriolage. L’appartement dans lequel ils pénètrent est une sorte d’antichambre du musée des Arts premiers et regorge de trésors africains. Mais ils tombent nez à nez avec la propriétaire et collectionneuse. Comme elle s’est blessée en tombant dans les escaliers, ils lui viennent en aide avant de s’enfuir. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, abattue de cinq balles tirées à bout portant. Le commandant Chanel, chargé de l’enquête, s’enfonce alors dans l’étrange passé de cette victime, épouse d’un ex-préfet assassiné quai de Conti peu de temps auparavant. Un polar haletant sur fond de sorcellerie qui nous dévoile les coulisses de la gare de Lyon et nous ouvre les portes du célèbre 36 quai des Orfèvres.

 

• Couv_2023-073_Marmet Pascal - Commandant François Chanel

 

Une troisième enquête pour le “Commandant François Chanel”, et c’est toujours aussi passionnant !

Et je dirai même que pour moi, c’est la meilleure à ce jour, le fait de bien connaître maintenant les personnages principaux doit y être pour beaucoup.
Non content d’avoir déjà plusieurs personnages hors du commun dans ses récits, Pascal nous en propose d’autres. Deux jeunes stagiaires, intelligentes, malines et jolies… malgré la tendance “machiste” du commandant, ainsi que Laurent et Salomé qui vivent une sorte d’illumination dès que leurs regards se croisent. Que demander de plus ?

Albane de Saint Germain, riche collectionneuse d’art africain, entre autres, est assassinée à la suite d’un cambriolage qu’elle vient de subir.
Les deux jeunes cambrioleurs n’avaient pourtant pas l’air violents, au contraire… C’est plutôt elle qui me donnait l’impression d’être, une “étrange” femme !
Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’il y ait un tel revirement de situation ?

Nous voilà dans la nouvelle enquête de notre Commandant préféré !
Une enquête qui va nous plonger au sein de la Gare de Lyon, à travers ses couloirs et dédales, mais aussi dans le monde particulier et très fermé des collectionneurs de statuettes africaines. Et que se passera-t-il durant cette enquête ? Les hommes du 36, quai des Orfèvres apprennent qu’ils vont bientôt être “reconditionnés” dans de nouveaux locaux, rue du Bastion, dans le 17e arrondissement, un futur immeuble ultramoderne et ultra sécurisé de huit étages qui sera adossé au palais de Justice de Paris.

Une nouvelle fois, l’écriture de Pascal est parfaitement maîtrisée, captivante et j’ai même trouvé qu’il y avait un peu plus d’émotion dans cet opus très singulier. De nombreux rebondissements interviendront durant l’enquête qui était pourtant bien mal partie… Heureusement, le commandant, mais pas que, veille !

Un très bon polar mêlant action, suspense et une introduction très intéressante dans le milieu de la sorcellerie africaines et les rites anciens. Les dialogues sont truculents, et ils vont si bien au commandant que je ne m’en lasse pas !
De nouveau une belle découverte que je vous conseille…

Un grand merci aux Éditions M+, pour leur confiance renouvelée !

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Extraits :

« – Chers collègues, je profite de cet instant de convivialité pour vous informer de vive voix qu’il a été décidé que l’ensemble des services du 36 quai des Orfèvres et des personnels du Tribunal de Grande Instance déménagera dans le quartier des Batignolles. Aucune date n’a été avancée. Une note de service vous parviendra en temps voulu. Merci de votre attention. Je passe la parole à François Chanel qui se fait une immense joie de remplacer, au pied levé, notre président qui, rassurez-vous, va beaucoup mieux. »

« Une idée surgit. Il glissa autant de billets que son slip pouvait en contenir, fourra dans son sac à dos la statuette à la pierre bleue et le reste de liasses. Son bras s’immobilisa. Une seconde idée vint. Il conserva une petite liasse de billets dans la main et referma le panneau dissimulé dans la structure du bureau qui, au vu de la couche de poussière, ne semblait pas avoir été ouvert récemment.
En descendant l’étroit escalier, il vit la femme ramper péniblement en traînant ses jambes mortes. Elle s’accouda à une commode et tenta d’ouvrir un tiroir. Laurent vint à son secours et libéra le casier. À l’intérieur, il y avait une remarquable boite en cuir noir qu’il ouvrit pensant qu’elle y cherchait des médicaments. Il découvrit un imposant révolver dans une mousse qui avait pris sa forme. Il y avait aussi deux chargeurs, dix balles et un long tube noir.
La femme scintillante au regard bleu océan le fixa. Elle ressemblait à sa mère, mais en bien plus admirable. »

« Après 60 ans, on a irréversiblement la gueule qu’on mérite. La gentillesse s’y lit tout comme la méchanceté. Tous les vices finissent par se feuilleter sur nos rides. Tout se paie, tout remonte à la surface dans un tribunal invisible où sont dénoncés nos entorses, nos travers et nos peines. Et ce préfet avait acquis une “gueule” de moine tibétain.
Pour Chanel, les modifications d’un visage étaient devenues livre ouvert, et il allait sans hésiter dans la profondeur de la peau de l’autre au premier coup d’œil. »

« “Je ma pelle Milène, étoi réponmoa ?”
Comment faire autrement que sourire à cette jolie invitation à tisser un lien. Elle avait les yeux vert pacifique des naîfs, deux couettes rigolotes et la bouche des têtus.
Sous le mot, il écrivit : « Je m’appelle François »
Et elle enchaîna ses questions sans détour :
“alor, gevéteraconté esétou jété au CP éje vé alé au CM1. Tufécoi come métié ?”
“Je suis policier. Et toi, tu veux faire quel métier plus tard”
“Moi, jeveupa courire derièr les méchan, sé trofatigan. Jepréfaire désinatrisse degâto o chocola ou marchende defleur, mai que derose quipic».
Ils finirent par jouer au jeu des sept familles. Bien entendu, Chanel perdit cinq parties sur huit.
Chanel adorait les trains parce qu’avec la SNCF, tout était possible. »

 

Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.

Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Folie, Humour, Nouvelles

Ah ! Mauricette…

de José Herbert
Broché – 5 mai 2023
Éditeur : Amanite

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Justin, instituteur à la retraite, consacre désormais son temps à l’écriture d’histoires invraisemblables et délirantes, inspirées par l’observation de ses contemporains. Il s’amuse chaque jour à les raconter à sa voisine Mauricette à travers la haie de clématites séparant leurs propriétés. Mauricette l’écoute avec beaucoup d’intérêt. Est-ce l’œuvre ou l’auteur qui la passionne réellement ? N’a-t-elle pas établi volontairement les règles d’un jeu de séduction pour arriver à ses fins ? Rondouillette, dotée d’un regard pervenche, d’une chevelure rouge garnie de bigoudis, la quinquagénaire semble naïve pour Justin le fanfaron qui donne aveuglément libre cours à son plaisir.

Ce recueil de nouvelles est construit comme un roman. Chacun des chapitres donne envie de lire le suivant. José Herbert manie l’humour parfois grivois, le cynisme, voire la folie, avec habileté, surtout quand il s’agit d’exposer certains travers de notre société. Les personnages de ses histoires sont foldingues : le flatteur de dindons, l’inventeur de l’eau en poudre, le vieux qui monte un escalier, le vendeur de chaussures à l’unité, le « muscleur » d’huîtres…

Toujours désopilant, parfois dérangeant, Ah ! Mauricette… invite le lecteur à s’interroger sur l’absurdité de certains comportements humains. À savourer avec gourmandise.

 

• Couv_2023-053_herbert José - Ah ! Mauricette..

 

C’est d’abord un peu dubitatif que j’ai commencé ma lecture…

J’avais déjà vu la couverture sur les réseaux et j’avoue l’avoir trouvée fort sympathique !
Comme je ne lis plus les 4e de couverture, je me suis lancé et…

Et…, j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit.
Deux voisins, Mauricette et Justin, font connaissance à travers le grillage qui les sépare. Ils se retrouvent régulièrement et petit à petit va naître une amitié entre eux… et petit à petit je ressens moi-même un petit quelque chose envers Mauricette et sa naïveté un peu déconcertante du début, mais vu que l’auteur, ou Mauricette, je ne sais plus est arrivée à me faire sourire et finalement rire, mon esprit un peu fermé, s’est libéré et ouvert doucement…

Ah ! Mauricette…
Je n’étais pas préparé à ta rencontre et il aura fallu la ténacité de Justin pour percevoir ton aura.
Car Mauricette est drôle et tendre à la fois avec ses cheveux rouges pris dans ses bigoudis.
Mais le plus drôle encore, c’est que j’ai appris plein de choses… Oui !!!

– “Branleur” de dindons, une profession que je ne connaissais pas !
Si, ça existe !!! J’ai vérifié sur Google !!!

– Avez-vous déjà essayé de nettoyer un trou ? Justin lui, le fait tous les matins !

– Saviez-vous que les huîtres n’avaient qu’un muscle ?

– Miss France, est-elle vraiment plus jolie que Mauricette, et sent-elle mauvais lorsqu’elle va aux toilettes ?

– Ça vous dit un conte surtout pas pour les enfants ?

– Qu’en est-il de la chatte de Mauricette ? De l’obélisque de Justin ?

Je termine mon livre un peu perdu, mais le sourire aux lèvres, car la lecture, c’est ça aussi. Aller là où je ne serais peut-être jamais allé sans avoir un peu insisté. Alors merci José, d’avoir osé ce livre qui devrait ravir tous ses lecteurs. Et putain que c’est bien écrit.

Inclassable, cocasse, un peu folle, mais parfois sérieuse aussi, finalement j’ai fini par la trouver jolie Mauricette avec ses bigoudis et elle “s’emboîte” si bien avec Justin. Elle m’a emmené dans son univers original où les gens et les choses ne sont pas forcément ce qu’elles paraissent être !

Un sacré moment de lecture, maintenant, il va falloir que je redescende sur terre…
Merci José, d’avoir agrandi mon horizon !

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Extraits :

« Pendant toute la durée de l’acte de chair, puisqu’elle réclamait de lui qu’il enceintât d’un animal, Papa montra son talent. Il aboya, il miaula, il bêla, il grogna, il rugit, il beugla, il brama, il gazouilla, il cacaba et gloussa, il coassa et croassa. Il garda le meilleur pour la fin. Au moment où ils jouirent, il poussa un énorme cocorico, le col dressé à la façon de Chantecler, le coq du roman de Renart. »

« – Justino, toi, mendiant, tu prétends t’être adonné au commerce d’allumette vers ta vingtième année. Quel âge avais-tu quand tu as rencontré le compteur danois ?
– Je n’avais pas d’âge, sauf celui de la fabulation, des mythes et des rêves. Je sens que tu ne me crois pas. Joselito, peux-tu répondre à la question suivante : Quel âge avait Rimbaud ? Impossible, n’est-ce pas ! Simplement, parce que Rimbaud n’a pas d’âge, comme Anderson, comme moi-même. »

« – Tu es une petite nature, lui dis-je, un petit cœur sensible.
– Ton histoire n’est pas terminée, Justin.
– C’est vrai ! Veux-tu veux vraiment en connaître la fin ? Ne te mets pas à pleurer, s’il te plaît !
– Oui ! Pas de soucis !
Je cherchai un endroit suffisamment large dans la clôture pour y placer ma bouche et lui bisouter les joues et, pourquoi pas, le cou. Elle passa ses bras dans d’autres trous bien choisis et m’enlaça. Comment allions-nous sortir de cette complexité métallique qui nous enchevêtrait ? Mais peu importait le ridicule de la situation, je lui livrai à la fin de mon histoire et elle gémit. Elle avait promis de se tenir. »

« Quand Philibert remplissait un formulaire pour la Sécu, par exemple, à la ligne “Profession”, il écrivait, en s’appliquant et en passant la langue, “flatteur de dindons”. Doux euphémisme pour décrire en réalité une occupation qui aurait été plus explicite, s’il avait écrit “branleur de dindons”, mais Philibert était un brin poète et, pour lui, flatter était plus poétique branler. »

« – Tu veux me montrer tes seins, Mauricette ?
Elle aimait me dévoiler des parties cachées de son anatomie, sauf la plus secrète, pour l’instant. Elle me draguait, je le constatais une fois de plus. Mais je regrettai aussitôt cette remarque, car ce que je voyais n’était guère réjouissant. Entre ses seins et son nombril logeait, un bel hématome large et coloré en un camaïeu de vert et de bleu, telle une aurore boréale au pays des Lapons. »

 

José Herbert est né à Aniche en 1944, dans le département du Nord. Il fréquenta l’Ecole Normale de Douai pour devenir ensuite instituteur à Vred, puis Auberchicourt, enfin, à partir de 1975, directeur d’école et secrétaire de mairie à Wambaix, petit village du Cambrésis. Il est maintenant installé à Loos en Gohelle. C’est un amoureux des lettres, passionné d’histoire locale, il aime l’humour loufoque, les situations hors norme, les personnages burlesques.

Il publie aux Editions Atria un premier roman, L’instituteur impertinent, qui raconte avec humour, pittoresque et tendresse, une vie professionnelle exceptionnelle.
Son deuxième roman, signé La grande faucheuse, est une pure loufoquerie. Imaginons un couple singulier. Lui, c’est Viktor, enseignant à la retraite. Elle, c’est Samantha, la grande faucheuse, la Mort allégorique, trimballant sa faux au hasard des vies à faucher. Samantha se déplace en mobylette, possède un téléphone portable, se nourrit de salades. Nos deux héros se rencontrent fortuitement, s’aiment et décident de nouer une relation forte et durable qui va les entraîner dans l’espace et dans le temps.
Dans ce dixième roman (second roman policier), il vous fera découvrir la région de Cambrai comme vous ne l’avez jamais vue.

Folie, Frisson horreur, Humour, Noir, Polar

Jeu de rôles

de Olivier Petiot
Broché – 5 avril 2023
Éditions : Des livres et du Rêve

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Courchevel, 1850. Mercredi 1er janvier 2020. 1 h 30.
15 minutes de marche. Un craquement sourd. Puis plus rien.
Le néant. La neige. Le froid. Le sang.

Le parfum du supplice embaumait les bois.
La montagne, géante pétrifiée, belle et mortelle, leur tendait une embuscade.

Crimes sanglants, ambiance anxiogène, ce jeune auteur prometteur se joue de nous comme de ses personnages.

 

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Je découvre l’écriture d’Olivier Petiot avec ce roman, et force est de constater qu’il n’a pas froid aux yeux.
Traduction : Âmes sensibles s’abstenir !

Mardi 31 décembre 2019.
Quelques amis décident de se retrouver afin de fêter le passage vers la nouvelle année ensemble à Courchevel, 1850, mais tout ne se passera pas comme prévu…

Dès le début du récit, j’ai ressenti une certaine jeunesse de l’auteur. Comme une envie de tout casser. C’est franc et direct, il n’y va pas par quatre-chemins, et on ressent fortement son envie de s’amuser par le biais de l’écriture.
Les chapitres sont courts, voire très courts et avancent sur deux niveaux temporels. L’avancée de l’enquête par le chef de la brigade criminelle de Chambéry, Brisson, qui alterne avec la nuit où ont eu lieu, les massacres. J’ai bien dit les massacres, car ce sont six corps qui ont été retrouvés après la tempête dans un état particulièrement horrible (je laisse les détails à l’auteur si vous me le permettez, il en parlera beaucoup mieux que moi !). Un récit qui ne manque pas d’humour, qui m’a fait penser aux premiers morceaux de certains groupes de rock qui sont devenus avec le temps des “légendes”. Olivier en a sous le coude, c’est le moins que je puisse dire, et j’ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir…

Alors, que le jeu commence !

Hâte de lire un prochain ouvrage d’Olivier, afin qu’il me titille à nouveau les nerfs !

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Extraits :

« Nous pouvons tous être amenés à tuer et ça, tu le sais tout autant que moi. N’y as-tu jamais songé ? N’essaie pas de me le faire croire !
Tu es un assassin.
Nous sommes tous des assassins, je te l’assure. Les enquêtes le prouvent ! De la bonne mère de famille trompée par son mari, de l’ado paumé défoncé aux drogues dures à la grand-mère cachetonnée pour son Alzheimer, une multitude de contextes et de faits sont destinés à faire de nous des assassins.
Je te laisse t’inspirer de mon expérience en la matière. Tu verras qu’on y prend goût. »

« Elle était désorientée. Son corps, mis à l’arrêt par la froide soirée de décembre, ne lui répondait plus. Sophie était transie. Ses lèvres entièrement craquelées, bleuies et anesthésiées par la morsure du givre, elle ne les sentait plus. Elle les effleura d’un doigt raidi par sa nuit. Nada. Elle y passa sa langue rugueuse et chaude dans l’espoir de leur redonner vie. Calleuses, elles piquèrent comme si on y plantait une multitude d’aiguilles. »

« Toute personne en est capable. Tout le monde peut tuer. Il peut y avoir une multitude de contextes destinés à faire d’un humble citoyen un assassin. Elle ne se rappelait que trop bien des paroles de son cousin. Enfant, il s’amusait à étriper les animaux qui avaient le malheur de passer trop près de lui et donnait des leçons à sa jeune cousine. “Pour tuer, c’est simple. Il te faut simplement l’arme idéale : une once d’imagination ! Nous avons tous la capacité de tuer ! D’ailleurs, nous tuons sans le savoir des millions d’êtres vivants durant notre existence. Autant l’assumer ! Pourquoi renier sa nature profonde ?”. »

« Elle s’exhibait dans une robe corset noire, imprimée d’un énorme pique de tarot rouge à la hauteur de ses seins, ne laissant aucun doute quant à la proportion de ses formes et atouts. Son porte-jarretelles, en véritable ligne de départ de longues et interminables jambes, invitait à suivre leur courbure élancée. La tenue était complétée de cuissardes rouge sang, assorties à la couleur de ses lèvres et d’un voile cage à oiseaux dans lequel elle avait épinglé une carte. Une dame de pique. Elle tira une bouffée sur son porte-cigarettes d’un air suffisant avant d’ouvrir la bouche :
– Sexy, n’est-ce pas ? »

 

Né à peu de chose près en 1991, Olivier Petiot aime la musique, le sport, le vin, la nature, l’humour… et plus généralement, toutes les bonnes choses que la vie a à offrir !
Il écrit, aussi, et se lance officiellement dans l’aventure de l’édition avec un premier roman dystopique édité en 2020 chez Seven édition.
Un livre jeunesse dans la veine des Chair de poule verra ensuite le jour en 2022 au sein de la même maison.
Il signe sa troisième publication avec Jeu de rôles, thriller haletant, publié chez Des livres et du Rêve, et ne compte pas s’arrêter là !

Émotion, Humour, Poésie, Polar

La beauté d’Ava Gardner

de J-Paul von Schramm
Broché – 2 janvier 2023
Éditions : Encre Rouge Éditions

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C’est un roman qui, bien sûr, ne parle pas d’Ava Gardner.
Un polar qui n’a ni le titre, ni la couverture d’un polar.
Avec un criminel ordinaire qui n’a rien d’ordinaire.
Car Victor Palester est un petit retraité qui aime Souchon, les mots croisés et les éclairs au café.
Et les crimes bien faits…

Avec ce polar crépusculaire, J-Paul von Schramm nous propose, au-delà du suspense, une réflexion passionnante sur la vieillesse et la solitude.

 

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Victor Palestier est un vieux monsieur.
Mais malgré son âge avancé, c’est un homme curieux, qui profite encore de ce que la vie lui offre au quotidien. Qu’il est difficile de vieillir quand on reste jeune à l’intérieur, dans son cœur, et dans sa tête.
Quelques trous de mémoire se font sentir parfois, mais heureusement les mots croisés lui permettent de rester vaillant. Victor est un homme simple, il aime se promener le dimanche matin pour aller à la boulangerie, acheter un éclair au café qu’il déguste tout seul chez lui. En effet, depuis la mort de sa femme, il vit seul et s’est donné une mission…
Sa mission ?
Aider les gens qui sans le savoir, ont besoin de lui !
Victor est un homme bon…
Victor la vie…

Je découvre J-Paul von Schramm avec ce roman, très touchant, fait de brics et de brocs, qui sort complètement de tous les cadres. C’est un polar, sans en être un, une histoire d’amour, sans en être une, une leçon de vie ou la mort se trouve partout !
Je n’étais pas loin du coup de cœur… dommage, mais l’auteur m’a emporté quand même dans son univers. Beaucoup de sensibilité, de poésie, de fluidité, c’est très drôle aussi… Un ovni littéraire !

Quelque chose de puissant m’a touché dans l’univers de J-Paul, quelque chose de fort et de vivant.
J-Paul von Schramm est un écrivain à découvrir absolument.

Un grand merci aux Éditions Encre Rouge pour ce « précieux » !

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Extraits :
« Quand Victor entre dans la pièce, il ne se rappelle plus ce qu’il vient y chercher. Comment l’objet de sa quête commandée par son cerveau vingt secondes plus tôt a-t-il pu s’effacer de son esprit quelque peu plus loin ? Cela lui arrive de plus en plus souvent et cela l’inquiète. »

« Ce soir-là, à la nuit tombée, il était descendu au parking de la résidence et avait rapporté du coffre de sa voiture la boîte métallique qu’il avait trouvée deux jours plus tôt dans le grenier de la maison de Rémalard.
Il ne savait pas encore qu’il allait tuer Bibiche.
Il en avait envie.
C’était comme avec Nicole, c’était resté longtemps de l’ordre du fantasme.
Victor essaie d’arrêter ces images qui défilent comme un diaporama.
Il doit se concentrer sur sa nouvelle mission. »

« Au tout début, quand il simulait un tir avec le Lüger, il faisait “pan !”.
En s’entraînant pour Bibiche, il avait appris que ça faisait plutôt Peng !
Mais un Peng ! puissant et explosif, beaucoup plus mortel qu’un banal Pan !
Un bruit implacable.
Il sort la réglette. Il manque six balles.
Les trois logées dans la tête de ses trois victimes plus les trois autres qu’il a utilisées pour s’entraîner. »

« Pendant qu’on y était, Victor avait tout déballé.
– Je confonds également les visages et les noms de certaines personnalités…
– Comme ?
– Dussollier et Duchaussoy, Berling et Gamblin, Pisier et Duperey, Zabou et Zylberstein, Calogero et Bénabar… Maé et Moire aussi…
– Là aussi, je peux vous rassurer, c’est une variante de prosopagnosie. Bien, mais concernant tous ces dysfonctionnements de votre mémoire, si vous souhaitez faire un test de détection de la maladie d’Alzheimer, vous pouvez prendre rendez-vous à l’institut du cerveau, c’est à La Pitié-Salpêtrière, boulevard de l’hôpital… »

 

Ancien professeur de lettres spécialiste de théâtre et d’art contemporain, J-Paul von Schramm entend faire mentir l’adage selon lequel les professeurs enseignent ce qu’ils ne sont pas capables de faire eux-mêmes.
Il tient particulièrement à l’appellation “roman” : son texte est beaucoup plus une initiation à l’art contemporain qu’une œuvre érotique et il ne voudrait pas attirer un lectorat réduit, qui ne s’y retrouverait pas.
J-Paul von Schramm est écrivain, polarologue et empêcheur de dormir.

Cercle littéraire, Humour

Un vrai dépaysement

de Clément Bénech
Broché – 11 janvier 2023
Éditions : Flammarion

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Issu d’une lignée d’architectes et d’ingénieurs bordelais, Romain d’Astéries a décidé de rompre avec la tradition familiale. Pour lui, ce sera l’enseignement. Et qu’on ne lui parle pas de Bordeaux, c’est en Guyane que le futur professeur a demandé son affectation : il pourra explorer là-bas des pédagogies nouvelles, en toute liberté, loin des siens comme du rigorisme des programmes officiels. Mais un bug du logiciel de l’Éducation nationale l’expédie finalement en Auvergne, dans un petit collège de campagne. Sa soif d’exotisme et de nouveauté y rencontrera de nombreux obstacles, à commencer par ses collègues et ses élèves, déroutés par ses méthodes d’enseignement révolutionnaires et son obstination à vouloir les ouvrir au monde, pour leur faire rencontrer l’altérité. Et si l’autre, c’était tout simplement lui ?

Avec ce quatrième roman, Clément Bénech signe une comédie sur les aventures d’un jeune enseignant idéaliste, lointain cousin de Don Quichotte.

 

• Couv_2023-029_Bénech Clément - Un vrai dépaysement

 

Un jeune professeur de français, issue du famille bourgeoise, tout juste titularisé, idéaliste et révolutionnaire, a opté pour un poste en Guyane. Il est rempli de principes et d’idées nouvelles, et est persuadé qu’il a de nombreuses choses à apporter à tous ses futurs élèves. Mais suite à un bug informatique, tous ses plans tombent à l’eau, il se retrouve nommé dans un collège au fin fond de l’Auvergne, très très loin des rêves qu’il imaginait déjà.

Qu’à cela ne tienne, porté par ses envies, il décide très vite de mettre en application ses idées dans un programme qu’il trouve complètement inadapté au grand désespoir de la directrice qui n’apprécie pas du tout ses écarts. Il est là pour exécuter un programme et non pas pour avoir des idées et tout révolutionner. Dès lors, elle décide de le tenir à l’œil… Mais pour lui, il est impossible de revenir en arrière sur sa façon d’enseigner !

J’ai trouvé ce roman plein de bonnes idées, drôle et bien écrit. Il y a du rythme, le texte est fluide et les personnages sympathiques. J’ai passé un bon moment de lecture.
Clément a su trouver pour son récit un “petit quelque chose”, un fil rouge, une idée simple qui m’a emporté le long de ma lecture jusqu’en Roumanie, où, pour le coup, on est en vrai dépaysement.

Une belle surprise qui m’a plongé dans l’univers de l’éducation nationale, par une “fenêtre” différente, un jeune auteur à suivre…

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Extraits :
« Sur une longue table recouverte d’une nappe en lin violette qui lui donnait l’allure d’un autel d’église, le traiteur avait disposé des ramequins en forme de feuilles creuses et remplis de tarama, de houmous, de guacamole et de baba ganousch.
Clic ! Un coup de ciseaux, lança les réjouissances. Le ruban rouge protocolaire chut en deux parties égales, et ce fut fait : on pouvait désormais circuler sur le nouveau pont Montesquieu, qui enjambait la Garonne, dans la prairie, la plus méridionale de la ville. »

« Le week-end, il suffisait à Romain d’un simple texto pour retrouver son collègue. Bien vite, ces rendez-vous devinrent tripartites, car Fabien et Julie, la prof de maths, ne se quittaient plus d’une semelle. De son accent extraordinaire, le premier qualifiait la seconde – une Auvergnate pur jus – de ”très charmante”. Tous trois, ils s’asseyaient dans un champ, ou faisaient le tour du plan d’eau, en bas du village. Mais ces rendez-vous tournaient souvent à l’affrontement entre Romain et Julie, ne laissant à Fabien que la posture de l’arbitre – qu’en compétiteur né, il supportait difficilement. »

« Ce vendredi-là, dans la cour du collège, Blaise-Pascal, les adolescents, aussi excités qu’avant une sortie à la piscine, plaisantaient à toute vitesse avec n’importe qui, en émettant des rires stridents. Le portail ajouré de l’établissement s’ouvrit, laissant apparaître par rayures verticales et successives la silhouette impressionnante d’Angela Combes, avec sa chevelure rouge vif fraîchement reteinte, et celle d’un petit monsieur à lunettes qui portait en bandoulière un appareil photo. »

Clément Bénech est né en 1991. Auteur de trois romans publiés aux Éditions Flammarion, L’Été slovène (2013), Lève-toi et charme (2015), et Un amour d’espion (2017) et d’un essai, Une essentielle fragilité (Plein Jour, 2019), il collabore également à plusieurs revues et journaux.

Émotion, Drame, Dystopie, Folie, Humour, Nouvelles

Ce qui nous lie et nous éloigne

de Peggy Fratorre
Broché – 8 septembre 2017
Éditions : La lampe de chevet

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Les liens du mariage ou du sang, ceux entre une victime et son agresseur, entre un greffé et son donneur, ceux avec son idole, avec son enfance ou les liens entre la vie et la mort… L’existence est faite de dépendances affectives. En racontant la réalité à laquelle on est confronté chaque jour, ces quinze nouvelles traversent l’ordinaire de toute vie et évoquent ce qui nous lie et nous éloigne.

 

• Couv_2023-022_Fratorre Peggy - Ce qui nous lie et nous éloigne

 

Peggy Fratorre, encore une auteure que je ne connaissais pas, encore une belle, voire une très belle surprise !

Quinze nouvelles, quinze chutes surprenantes que je vous défi d’anticiper…
Quinze nouvelles qui sont allées chercher en moi, au plus profond de mon cœur et de mon esprit certaines résonnances avec beaucoup émotions et des ressentis complètement différents.
Chacune d’elles m’a un peu plus enfoncé dans des mondes qui mènent vers la fragilité, la douleur, la vengeance, l’enfance… Le tout avec énormément d’imagination. Les seuls points communs pourraient être la Femme… ou la maîtrise de l’écriture de l’auteure.
Car Peggy maîtrise parfaitement son écriture et ses effets. Elle mêle avec une facilité déconcertante la poésie, le suspense, la peur, mais aussi l’humour.
Plusieurs nouvelles de son recueil ont remporté prix et distinctions, ce qui ne me surprend pas du tout. J’en ai même relu certaines afin d’essayer de deviner celles qui avaient été primées.

Je serai bien curieux de lire ce qu’elle a écrit d’autres !

Alors, si vous ne voulez pas être secoué en votre for intérieur, passez votre chemin…
Un petit recueil oui, mais rempli d’idées insoupçonnées, bouleversantes aussi…
Nous sommes tous directement ou indirectement les héros des nouvelles de Peggy, c’est ce qui nous lie et nous éloigne…

Certaines images resteront dans mon esprit.

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Extraits :

« Enfants, nous habitions dans une maison, qui, très vite, est apparue trop exiguë pour onze occupants. Nos armoires étaient presque vides… nos ventres aussi. Ce que l’on mangeait – souvent une simple tranche de pain saupoudré de sucre – ne nous tenait pas toujours à l’estomac. Nous manquions de tout… sauf d’amour. Vivre de cette façon était si inconcevable pour une personne extérieure, qu’on menaçait sans cesse ma mère de mettre ses petits à l’Assistance Publique. Nous ne pouvions nous permettre de prendre la douche chaque jour, et ne cherchons pas à faire des effets de toilettes pour nous rendre à l’école : nous n’avions pas l’embarras du choix ! Les plus jeunes, portaient les vêtements et les chaussures de leurs aînés. Autant dire que les habits des cadets était élimés. Ainsi, nous étions pauvres, mais heureux. »

« Le Docteur Prudence, Clairval était assise dans son cabinet. En entrant dans cet endroit calme, à l’ambiance feutrée, on se sentait tout de suite à l’aise. Ici, pas de trace du traditionnel divan, mais un fauteuil style cabriolet, très confortable. Prudence était Psychiatre, un « Docteur de l’âme ». Elle passait son temps à diagnostiquer et soigner les maladies mentales : dépression, trouble obsessionnel compulsif, paranoïa, bipolarité… Elle n’avait pas voulu écrire « Psychiatre », sur sa plaque à l’entrée, car les patients pouvaient se sentir gênés de consulter un psy. Pour beaucoup, qui disait « Psy », disait « fou ». Or, ceux qui venaient la voir ne l’étaient pas tous, loin de là ! »

« L’autre jour, en regardant un reportage sur l’euthanasie, j’avoue que l’idée de me débarrasser d‘Émile m’a traversé l’esprit. J’y ai repensé plus d’une fois, depuis. Quel plaisir peut-il avoir à vivre dans une telle dépendance ! Alors, j’ai beaucoup réfléchi, j’ai échafaudé différents plans. Trouver le meilleur moyen pour être seule… Enfin libérée ! »

« Du coup, j’ai intégré une école d’infirmière. Cela m’est apparu comme une évidence. Rêveuse née – trop naïve diraient certains – j’aspire à un monde meilleur où la souffrance, la pauvreté et la maladie n’existeraient pas. J’aime savoir que je peux me rendre utile. D’un naturel réservé, ce travail me permet de m’épanouir, de gagner en confiance. Il m’oblige à être à l’écoute des gens, sans porter de jugement. Il demande de la patience, de la rigueur, de l’organisation et beaucoup de sang-froid. Qualités que je crois avoir et que j’ai essayées de cultiver. Soigner les blessures, panser les plaies, apporter bonheur et réconfort : voilà mon quotidien ! Un métier riche en relations humaines, qui ne connaît pas la routine et qui m’aide à devenir une belle personne. Une carrière à peine choisie par hasard, au service de mon prochain. »

 

Née à Marseille, ville chère à son cœur qu’elle a dû quitter en 2001 pour des raisons professionnelles, Peggy Fratorre a alors habité à Troyes (dans le Grand Nord !) pendant un an puis dans le Golfe de Saint-Tropez, à Cogolin pendant neuf ans. Passionnée de littérature, c’est tout naturellement qu’elle est devenue professeur de Lettres. Une véritable vocation née dès l’enfance. Voilà seize ans qu’elle essaie de transmettre son amour du français à ses élèves.

C’est à l’occasion d’un concours de nouvelles, en 2009, qu’elle en est venue à l’écriture.

Plusieurs nouvelles du recueil ont remporté des prix et distinctions.

Retrouvez-la sur son blog :
http://peggyfratorre.blogspot.fr/

ou sa page FB :
http://www.facebook.com/donnemoidesnouvelles/

Adolescence, Émotion, Humour

Je ne suis plus inquiet

de Scali Delpeyrat
Broché – 14 octobre 2020
Édition : Acte Sud

 

De l’histoire de ses grands-parents échappés aux rafles du Vel d’Hiv aux voix enregistrées dans le métro, en passant par un cadeau de Noël décevant, ou par les femmes qu’il n’a pas réussi à aimer, Scali Delpeyrat, dans ce récit à la première personne, drôle et tendre, se raconte en toute intimité. Et si tout cela n’était que l’histoire d’un père qu’on a aimé bien plus qu’on ne l’avait pensé ?

 

 

 

J’ai pris ce petit livre comme un “cadeau”, une pose, un moment de lecture qui, pour moi a ralenti le temps… Impossible de résumer cette compilation d’idées et de réflexions qui vous fera passer par tout type d’émotions.
C’est drôle, c’est barré, c’est touchant… C’est la vie quoi !

Brouillon ? Oh que non !
Certaines vous feront réfléchir, d’autres vous feront rire, et d’autres encore nous recentreront sur notre condition humaine, et oui, “On est bien peu de choses sur cette terre !” Qui ne s’est jamais posé ce genre de questions, qui n’a jamais vécu ces scènes dans son quotidien ?

Apparemment, il n’y a pas de lien entre les textes, mais très vite, vous trouverez ici et là, des réminiscences, des idées floutées qui s’affineront et finalement, vous aiguilleront vers de “vrais” liens entre certains d’entre eux.

“Je ne suis plus inquiet”, c’est ça !
Ce sont des tranches de la vie de Scali, ses grands-parents juifs, son père, son enfance, le Sud-ouest, des questionnements souvent, des réponses parfois, et toujours avec une légèreté truffée d’humour. C’est mélancolique et ça déborde d’amour.
C’est aussi un livre que je ne rangerai pas, un livre qui restera à portée de main. Un livre où je pourrai de temps en temps “re-piocher” certaines scénettes tout en souriant, en sachant que la réflexion ne sera jamais loin… Je repenserai aussi à Scali, à son sourire, sa bonne humeur, ses chansons…

Un livre, pour les doux rêveurs, les décalés jamais pressés, mais aussi pour les curieux inassouvis, qui comme moi se posent continuellement des questions…

Une belle découverte, qui mérite une transmission écrite et pourquoi pas orale !
Personnellement, je ne vivrai plus jamais les “transports publics” de la même façon…

Merci Scali.

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Extraits :

Amoureux.
« À l’âge de quatre ans, je suis tombé très amoureux d’une fille de ma classe à l’école maternelle. J’adorais la regarder dans la cour de récréations. Je pensais beaucoup à elle. Je rêvais d’elle chaque nuit. Le jour où j’ai appris que mon état s’appelait “être amoureux”, j’ai dit à ma mère “Maman, je suis amoureux d’une fille à l’école”. Ma mère m’a demandé son prénom et pour la première fois, j’ai dit à voix haute le prénom de celle dont j’étais amoureuse, “Malika !“. Je l’ai dit avec tout l’enthousiasme dont j’étais capable “Malika !”. Je croyais qu’entendre le prénom de cette petite fille déclencherait le même enthousiasme chez ma mère mais elle eut un fou rire nerveux, “Malika ? Et ben… C’est ton père qui va être content”. »

N’importe quoi.
« À table, devant le journal télévisé, mon père exprimait souvent ses opinions politiques. Il commençait par dire “moi si j’étais à la place de tous ces mecs au gouvernement”. En suite de quoi il dévoilait ses mesures pour sauver le pays de la faillite. Par exemple, “je forcerais les grévistes à travailler”. Ou bien, “je bloquerais les importations”. Ou bien encore, “je rendrais obligatoire le travail pour les chômeurs”. Ou bien aussi, “j’interdirais qu’on expose dans les musées des mecs comme Picasso”. »

Le vigile indifférent.
« Je voulais m’acheter un pull en cachemire dans un grand magasin dont l’entrée principale était gardée par un vigile. Je n’ai jamais été réfractaire à ce dispositif de sécurité, aussi quand le vigile m’a demandé d’ouvrir mon sac, je me suis exécuté avec la meilleure volonté du monde. Mais une fois mon sac grand ouvert le vigile n’a pas pris la peine de regarder à l’intérieur. Il m’a fait un vague signe de la main pour m’inviter à entrer dans le magasin. Au lieu d’obtempérer, je lui ai dit “Pardon, mais vous n’avez pas regardé dans mon sac”. Il m’a d’abord gentiment répondu “Oui, c’est bon monsieur, vous pouvez passer”. J’ai donc insisté, “À quoi ça sert de faire ouvrir les sacs si c’est pour ne pas regarder à l’intérieur ?”. Le vigile a commencé à s’impatienter, ”Allez ça va, vous entrez maintenant”. C’est probablement l’injonction impérative qui m’a fait perdre toute mesure. Je me suis entendu lui répondre “Certainement pas ! Je ne vais jamais entrer dans un magasin que vous, Monsieur, vous surveillez ! Faudrait être dingue ! Ça peut péter d’une minute à l’autre, là ! Moi, je me barre ! Je me barre”. Et je suis parti comme un fou, renonçant à mon pull en cachemire. Plus je m’éloignais du grand magasin plus je sentais monter en moi la culpabilité. Pourquoi avais-je été aussi agressif envers ce pauvre vigile ? »

 

 

Scali Delpeyrat est comédien, auteur et metteur en scène.
Il est un ancien élève du Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris.
En parallèle de sa carrière d’acteur, il écrit et met en scène des spectacles et des performances de théâtre, ainsi que des récits.
Avec sa compagnie théâtrale Le bel établissement, il monte et adapte ses textes. Homme de théâtre, mais également de cinéma et de télévision, Scali Delpeyrat est de ces acteurs qui s’invite régulièrement sur nos écrans.
En 2016, il rejoint le casting de la série politique « Baron noir » diffusée sur Canal+. Il tient le rôle de Martin Borde, secrétaire général de la présidence de la République.

« Je ne suis plus inquiet » (2020) est son premier récit littéraire d’auto-fiction publié. Un récit sincère et intime sur sa propre histoire et celle de sa famille.

Émotion, Drame, Humour, Philosophique

Tout le bleu du ciel

de Mélissa Da Costa
Poche – 12 février 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

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Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Un livre aux dialogues impeccables et aux personnages touchants d’humanité. Psychologies magazine

Bouleversant.
Version femina

 

2021_070_da Costa Mélissa - tout le bleu du ciel

 

Je viens de passer mes quatre derniers jours entre rires et larmes…
Quel superbe roman…

C’est le second roman de Melissa que je lis en quelques temps et tous les deux m’ont bouleversés !

“Tout le bleu du ciel” est un roman magnifique, aussi triste que drôle et beau, malgré les sujets traités, la maladie, l’amour, l’autisme, la vieillesse et le deuil. C’est une histoire lumineuse pleine de vie.

Émile, a vingt-six ans lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une forme précoce de la maladie de Alzheimer.
On lui donne deux ans de vie au maximum avec tout ce que cela impliquera, sénilité précoce, il oubliera petit à petit tout ce qui le lie à sa famille à ses proches, les noms des choses et des personnes, ce qu’il faisait la veille, le risque de se perdre à chaque instant, bref, tout son vécu au fur et à mesure.
Il refuse de rester cloué sur un lit d’hôpital durant toutes ses journées à attendre la fin.
Sa famille par contre souhaiterait le remettre entre les mains d’un hôpital, en le faisant participer à un essai clinique.
Tout va trop vite pour lui désormais…

Alors, il décide de tout plaquer, pour voyager dans des endroits qu’il n’a encore jamais vu. Il publie une petite annonce, comme on lance une bouteille à la mer, à la recherche d’un compagnon de route pour la dernière ligne droite de sa vie à travers la France.
Surpris, c’est une femme qui répondra à son annonce, Joanne. On comprendra très vite qu’elle aussi a un passif qui lui pèse sur les épaules. Emile aura un peu de mal à la cerner, ses silences qui meubles des journées complètes, ses habits noirs et son chapeau !
Puis petit à petit… la découverte de l’inconnu, la Liberté, la mer, la forêt, les montagnes, ils vont en pendre plein les yeux et nous aussi. Ensemble ils vont rire, pleurer, oublier, se rappeler, et surtout se soutenir, pour finalement se débarrasser de tout ce qui pèse sur eux, afin d’aller à l’essentiel.

Mélissa m’a vraiment mené très loin dans ce parcours introspectif, elle a traité de sujets grave avec beaucoup de finesse et de sensibilité. Evidement je me suis attaché à Émile et Joanne et j’aurai voulu poursuivre mon chemin avec eux, mais laissons-les maintenant vivre leur “vie”, raviver leurs souvenirs afin accepter l’inéluctable.

Vous ne me voyez pas, mais peut-être ressentirez-vous mes yeux rougis à travers ses quelques mots.
C’est une histoire prenante, belle où la nature prend une place qui grandit avec la lecture.

Et avec ça un final que je n’ai pas vu arriver, Magnifique !!!
Je ne regarderai plus le ciel, les montagnes et la mer de la même façon.

Un très beau coup de cœur…

Dites les auteurs !
Il va falloir vous calmer un peu… Si tous les romans qui me restent à lire sont dans cette esprit, moi aussi je vais finir par partir sur les routes, de villes en villes et profiter de la liberté…

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Extraits :

« Ils rient à n’en plus pouvoir pendant deux, trois minutes, peut-être quatre, sans s’arrêter, sans réussir à reprendre leur souffle. Ils rient à en avoir la gorge brûlée, les yeux remplis de larmes, ils rient à finir par terre, à genoux, parce qu’ils ne tiennent plus debout. Bon sang, songe Émile quand il parvient enfin à reprendre son souffle, ça, c’est la meilleure thérapie du monde. »

« Ils marchent avec une lenteur infinie. Leurs pas laissent des empreintes dans la neige fraiche. Ils avancent, avec l’impression de n’être pas plus réels que le paysage, de n’être que deux mirages. » « Il a de la chance de faire ce voyage. Quelque part, il a de la chance de savoir qu’il va mourir très bientôt. Sans ça il n’aurait jamais pris le temps de partir, de voyager au cœur de lui-même, de voir les choses avec de nouveaux yeux. »

« Le moment présent a un avantage sur tous les autres : il nous appartient. »

« Il faut prendre garde.
– À quoi ?
– À ne pas s’endormir dans sa vie. »

 

 

Mélissa Da Costa est une romancière française.

Après des études d’économie et de gestion à l’Institut d’administration des entreprises de Lyon (IAE) (2008-2011), elle est chargée de communication dans le domaine de l’énergie et du climat.

Elle suit également des formations en aromathérapie, naturopathie et sophrologie.

« Recherche compagnon(ne) de voyage pour ultime escapade » (2017), sortie en librairie sous le titre « Tout le bleu du ciel » (2019), est son premier roman. Salué par la presse, il a reçu le prix du jeune romancier au salon du Touquet Paris Plage.

page Facebook :
https://www.facebook.com/M%C3%A9lissa-Da-Costa-Auteure-494686537718514/

Émotion, Humour

Les Semeurs de bonheur

de Cécile Pardi
Poche – août 2021
Éditeur : MonPoche

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« Ça rend heureux de rendre les autres heureux ! »

Perrine, la cinquantaine, au chômage, n’aurait jamais imaginé qu’un petit chien en piteux état pourrait la sauver de la dépression. Ni que, en ramenant chez elle l’animal trouvé sur sa route, elle sortirait de sa solitude et se lancerait dans des missions de bonheur qui transforment la vie… et peut-être celle des autres aussi.

« Un roman très inspirant et émouvant. »
Matthieu Ricard

« Un livre qui fait du bien à l’âme et au cœur. »
Brigitte Bardot

« Un merveilleux moment. »
Anna Gavalda

Ce titre a obtenu le Prix Animalis 2019 – Animaux Bonheur

 

2021_057_ Pardi Cécile - Les semeurs de bonheur

 

C’est une bouffée d’optimisme, un tsunami de bonheur !
J’ai dévoré ce “petit” livre qui m’a ému, bouleversé, attristé, mais m’a fait rire aussi…

Perrine, la cinquantaine, est au chômage depuis quelques temps. Mais, malheureusement, actuellement dans notre société, c’est souvent un âge difficile pour retrouver un emploi. Alors, pour lutter contre la déprime et l’ennui, elle a soudain une idée de génie : chaque jour, elle devra trouver une “mission de bonheur”. Elle va essayer de rendre les gens heureux autour d’elle, mais à une condition. Elle ne doit jamais tricher avec ses propres sentiments.
Ce qui avait commencé par quelques petites actions quotidiennes va finalement prendre des proportions inattendues.

L’auteure a une belle écriture, elle est dans le partage. Humour, amour et tendresse.

Dès les premières lignes, j’ai été emporté par le rythme et le sujet du roman. Il a eu sur moi un effet magique, m’a rendu heureux au fur et à mesure de ma lecture et m’a donné l’envie de (re)devenir un “semeur de bonheur”…
En effet, je faisais parti de ses gens qui disait “Bonjour !”, qui tenait la porte, se levait dans les transports pour laisser sa place, qui demandait dans les ascenseurs “À quel étage descendez-vous ?”, et qui systématiquement donnait la priorité aux piétons… Mais à force d’être regardé comme une bête étrange et de n’avoir que très rarement des mercis, petits à petits j’ai cessé d’être moi-même !

Ce petit roman de Cécile Pardi, m’a chamboulé. L’auteur à complètement raison. Il ne faut pas s’arrêter parce que les gens sont ingrats. Il faut continuer, car pour certaines personnes, ce petit moment égaillera leur quotidien, leur fera se sentir mieux et peut-être de nouveau exister ou être utile.
Certains passages du roman sembleront naïfs, mais cette histoire est surtout un moment de détente, elle vous fera du bien en ces temps difficiles.

Faites comme moi, laissez-vous séduire et entrainer dans cette “ronde folle”, par Fanette, Perrine, Sylvie, Martin, Léo le sauveur de dauphin et biens d’autres encore et qui sait, peut-être êtes vous aussi sans même le savoir un magicien du bonheur !

Je vous recommande cette “petite” lecture tout en douceur et en bonheur, un concentré d’optimiste…

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Extraits :

« Je l’ai trouvée ce matin sous le pont de la nationale. Elle était tellement faible et si sale que je l’ai crue malade ou blessée. Mais non, comme tu vois, il a suffit d’un repas, d’une sieste et d’une douche pour la remettre sur pattes !
– Tu vas devoir demander au vétérinaire de la région si sa disparition a été signalée. Elle doit appartenir à quelqu’un.
– J’aimerais tellement la garder… Qu’en penses-tu, Petite Bête ? Tu aimerais rester avec nous ?
Elle a répondu affirmativement en aboyant d’une belle voix claire. Cela nous a fait rire. Elle était avec nous depuis quelques heures et nous apportait déjà le bonheur. »
…/…
« Tu vois, tu peux rester zen. Pas la peine de s’énerver contre les mufles de cette espèce, ça leur retombe toujours sur le nez. Toi, ton job, c’est de faire tes missions de bonheur et même si les autres le comprennent pas, c’est pas grave. Tu restes sur ta ligne, tu traces ton sillon sachant qu’un beau matin, la vie te sourira. Je crois que c’est l’erreur que font beaucoup de gens. Ils arrêtent d’être gentils parce qu’il trouvent les autres ingrats. Mais il faut pas s’arrêter à un ingrat, ni deux, ni même trois ou quatre parce qu’un jour, Perrine, ça te reviendra… »

 

 

Cécile Pardi est enseignante (français langue étrangère) en Suisse. Elle est l’auteur de romans, de nouvelles, et de livres pour enfants. Sa passion pour les chevaux remonte à l’enfance. Elle a acquis son premier cheval il y a une dizaine d’années et depuis, elle chemine avec eux. Elle s’est initiée à la communication animale et aux soins énergétiques pour mieux les comprendre et les accompagner. Ce roman s’inspire de ce qu’elle vit tous les jours avec eux.

Émotion, Humour, Suspense

Les Couleurs de la vie

de Lorraine Fouchet
Poche – 4 avril 2018
Éditeur : Le Livre de Poche

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Fraîchement débarquée de son île bretonne à Antibes pour devenir la dame de compagnie de Gilonne, Kim est frappée par la complicité qui unit cette ancienne actrice à son fils unique. Aussi, quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle apprend que celui-ci aurait disparu des années plus tôt… Gilonne est-elle victime d’un imposteur ? Guidée par son désir de protéger celle qui pourrait être sa grand-mère, Kim va tenter de percer le secret de cette mystérieuse famille.
Des vagues de tendresse, un parfum de Bretagne, une pincée de suspense et de l’humour à foison… : Lorraine Fouchet déploie ici toute la magie de son écriture.

Un véritable hymne à la vie, bourré de charme et résolument optimiste.
Valérie Gans, Madame Figaro.

Un roman choral parfaitement mené et attachant.
Anne Michelet, Version Femina.

Un trio stimulant.
Philippe Vallet, « Le Livre du jour », France Info.

 

2021_054_Fouchet Lorraine - Les couleurs de la vie

 

Lorraine Fourchet fait partie de ces auteures qui nous permettent, non seulement de rêver mais aussi de sortir un peu de notre quotidien…
Avec “Les Couleurs de la vie”, elle nous offre un roman délicat sur l’enfance, la vie, l’amour et aussi la mort…
Beaucoup d’émotions se dégagent de ce roman. J’ai retrouvé l’île de Groix, comme dans beaucoup de ses romans, mais Lorraine nous fait aussi voyager dans le midi de la France, là où les cigales chantent avec un accent différent, là où se soleil est toujours au rendez-vous !

“Les Couleurs de la vie”, c’est l’histoire de Kim, une Bretonne qui vit dans l’île de Groix, elle est libraire. Elle vient de perdre sa grand-mère qui l’a élevée après à la mort de ses parents, et cherche à savoir pourquoi elle s’est suicidée. Finalement elle décidera de quitter son île, de quitter son amoureux, et partir pour Antibes…
Elle trouve un travail. Elle va s’occuper d’une vieille dame, Gilonne, qui commence à perdre la mémoire. C’est son fils Côme qui l’a voit une fois par semaine qui va l’embaucher. Mais très vite, Kim apprendra que le fils unique de Gilonne est décédé deux ans plus tôt !
Qui donc l’a engagé pour s’occuper de Gilone ?
Qui est cet homme qui se fait passer pour son fils ?
Kim va mener “Son enquête” afin de découvrir pourquoi est-il entré dans la vie de cette femme.

“Les Couleurs de la vie” est un très beau roman plein d’amour, de tendresse.
Tous les personnages qui gravitent autour de Kim ont une vraie importance, certain sont un peu fous, mais tous brillent à un moment ou un autre.

Lorraine Fouchet est une personne qui aime les gens, les animaux et la vie, et je m’en rends bien compte à travers ses mots. Non contente de nous faire vibrer avec ses personnages, elle donne dans ce récit encore une fois la parole à certains objets. Un réfrigérateur, un miroir, un piano…

Cela a été pour moi un très joli moment de lecture sur le refus de la vieillesse, sur l’amitié, sur l’amour.
La musique aussi a une part très importante dans ce récit. Je me suis composé ma “play-list” musicale et je l’ai écoutée tout le long de ma lecture…

Ce roman demande à s’ouvrir. Il faut le lire avec son cœur.
Merci Lorraine, pour cette histoire agréable, délicate, triste et belle à la fois !

Aimons-nous et profitons de la vie…
Kenavo d’an distro…

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Extraits :

« Le ciel n’a pas le même bleu, les jardins n’ont pas le même parfum, les Méditerranéens pas les mêmes inflexions que les Groisillons. Les cigales chantent, je suis téléportée sur une autre planète. Même les oiseaux ont l’accent du Midi, leur pépiement fleure la lavande. La mer ici est plate, sereine, je n’arrive pas à m’habituer à l’absence de marées. On se baigne à toute heure, les bateaux sont amarrés court, aucun marin d’eau douce ne se retrouve pendu au quai à marée basse. Il est loin, le temps des clichés : coiffe bretonne et sabots chez moi, fichu et tablier provençal ici. Tout le monde s’habille pareil maintenant : jeans et tee-shirts. Le phrasé, l’atmosphère, les pins et les vagues, eux, diffèrent. Intensité versus joie. Cantilène versus cavatine. »
…/…
« Le blanc s’étend sur ma tête, comme lorsque la neige recouvre les champs de coquelicots en hiver Mais je demeure rousse pour la vie. Nous sommes une élite, Kim. La rousseur est lié à un gène sur le chromosome 16. Ramsès II était roux, le roi David et Judas aussi. Nous avons plus d’allergies, plus d’accidents d’anesthésies, plus de coups de soleil, plus d’intensité, plus de hargne, plus de passion. Nous subissons plus de moqueries à l’école, nous nous défendons tôt, nous aimons plus fort, nous vivons plus grand. »

 

 

Lorraine Fouchet a perdu son père à 17 ans, juste après son bac. Elle est devenue médecin urgentiste pour sauver les papas des autres. Elle a travaillé pendant quinze ans au SAMU et à SOS Médecins, avant de se consacrer à l’écriture. Elle est l’auteur de 22 romans, dont Les Couleurs de la vie, Poste restante à Locmaria et Tout ce que tu vas vivre. Entre ciel et Lou, paru chez EHO en 2016, a remporté le prix Bretagne/priz Breizh, le prix Ouest et le prix Système U. Elle vit entre les Yvelines et l’île de Groix.