Drame, Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Thriller

Dualité

de Sébastien Jullian
Broché – 16 juillet 2022
Éditeur : Atramenta

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Et si vous étiez prisonnier d’un crime qui ne porte pas de nom ? N’avez-vous jamais l’impression que certaines paroles ont été écrites pour vous ? N’y a-t-il pas un autre « vous » qui sommeille ? Que vous susurre-t-il à l’oreille ? Julien se réveille couvert de sang. Une arme à la main, sans victime apparente, et incapable de se rappeler du moindre souvenir. Pris au piège, cet homme au premier abord discret et sans histoire se retrouve rongé par l’angoisse et les émotions antonymes qui, du jour ou lendemain, paralysent son existence. Il part en quête de vérité, sans savoir qui il est réellement et en qui il peut avoir confiance. Cette épreuve semble révéler en lui un être sombre, au comportement impulsif et troublant. Un thriller glaçant sur le thème de la double personnalité qui nous plonge constamment dans le doute et les impressions contradictoires. Le récit est entrecoupé de discussions anonymes qui entretiennent l’incertitude et l’imagination.

 

• Couv_2023-101_Jullian Sébastien - Dualité

 

J’ai toujours un faible pour les premiers romans… Et encore une fois…
Ça frappe très fort !
Sébastien nous offre un thriller vraiment glaçant, très perturbant et captivant du début jusqu’à la dernière ligne !

Je retrouve déjà, dès ses premières pages, le potentiel de l’écriture surprenante qui tenait déjà toutes ses promesses, dans “On l’emportera dans la tombe”. Mais avec “Dualité”, son écriture est vraiment à fleur de peau !

L’intrigue est super bien menée, et rassurez-vous, je ne dévoilerai absolument aucune information, ce serait vraiment dommage pour les futurs lecteurs.
Un superbe récit très addictif lu d’une traite, une bande originale qui décoiffe et plus encore, Slipknot, Korn, Marilyn Manson, des personnages plus fous les uns que les autres, des policiers complètement perdus…
Mais que demander de plus ?

Sébastien m’a baladé comme un gamin dans cette atmosphère étrange. Il fallait une sacrée imagination et une bonne dose d’audace pour écrire un tel récit. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi torturé, machiavélique et aussi bien construit, dans une tentative de semer le lecteur, et la fin… Magistrale…

Un livre que je recommande à tous ceux qui n’auront pas peur de devenir fou, peut-être ?
Ou, qui voudront en savoir un peu plus sur ce nouvel auteur ?
Mais un conseil, accrochez-vous bien !
Soit Sébastien Jullian, est un excellent écrivain, soit c’est un véritable psychopathe 😂😂😂.
L’avenir nous le dira !

Sacré premier roman… Sébastien m’a mis la tête en vrac !

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Extraits :

« – C’est moi. Je ne peux pas passer te voir tout de suite.
– Pourquoi ? Où es-tu ?
– J’ai tout préparé. C’est au point. Ce sera pour ce soir.
– Non ! Tu vas trop vite. Nous ne sommes pas prêts, c’est trop risqué, ne fais pas ça !
– Ne crains rien, tout se passera bien, tu as ma parole. Tout est réglé comme du papier à musique.
– Si on nous prend ? Si on nous voit ?
– On ne nous prendra pas…
– J’ai peur… »

« À ce moment précis, je crois que je suis revenu à la vie.
Où suis-je ? Que m’est-il arrivé ? J’arrive à peine à bouger.
Je m’appelle Julien Servian. J’ai mal. Je pleure. Cette sensation de peur si angoissante… Les yeux gonflés et humides, fixés sur mes mains ensanglantées que je pointe devant mon visage. La panique me coupe la respiration. »

« Je suis arrivé chez mes parents vers 10 heures. À peine garé, Maman est venue à ma rencontre et m’a embrassé comme on embrasse son fils revenu du front, sain et sauf. Elle n’avait pas d’odeur. Nos deux corps semblaient si glacés. Dans la lueur de ses yeux pétillants, le bonheur de partager un peu de temps avec son seul enfant. On ne se rend jamais assez compte à quel point on fait du mal à nos mères en se cachant tout au long de l’année. Comment peut-on passer d’un état où l’on vit avec ses parents nuit et jour à seulement quelques visites par an ? »

« À peine le temps de saisir ma veste et je suis dehors, prêt à exploser. Il faut que je parte errer, m’oxygéner, sentir l’odeur de la rue. Perdu pour perdu, plutôt que d’attendre sagement la mort, le mieux est de partir en chasse. Il faut que j’aille me vider l’esprit.
Je monte dans la voiture et démarre. Mal à la tête, pas de ceinture, fatigué, névrosé. Je pars pour l’inconnu. Au cas où, le couteau est toujours là, dans le coffre. Malheur à celui qui croisera ma route. »

Informaticien de métier, entraineur de football et père de deux enfants, j’ai pris le gout de la lecture depuis 2016. Les trajets en train, la sieste des enfants, les insomnies nocturnes, sont autant de moments qui m’ont également permis de m’adonner à une nouvelle passion : l’écriture de thrillers.

J’aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur. Un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs…

Mon second roman « La Genèse du Talion » est disponible depuis septembre 2019. L’intrigue se situe en 2018, au cœur du commissariat de Grenoble mais également en Savoie et en Croatie. Il s’agit d’un thriller fluide et captivant croisant divers évènements comme l’assassinat d’un avocat, un suicide mystérieux, et un « cold case » au sujet du viol d’un jeune lycéen s’étant donné la mort il y a 14 ans. A l’époque, quatre de ses camarades avaient été accusés puis acquittés après un procès stérile.

L’enquête va peu à peu mettre au gout du jour une terrible vengeance, orchestrée de manière millimétrée et infaillible. Le roman aborde divers thèmes comme le harcèlement scolaire, le piratage informatique mais également l’influence exercée autour des personnalités de forte notoriété lorsqu’elles sont impliquées dans une affaire judiciaire de grande ampleur.

On l’emportera dans la tombe
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/16/on-lemportera-dans-la-tombe/

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

La joggeuse

Une enquête de Lola Duval
de Chris Loseus
Broché – 22 août 2023
Éditeur : Autoédition

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Deux meurtres le même jour à 1200 km de distance. L’un à Nice, l’autre au Mont-Saint-Michel. Deux joggeuses portant des stigmates identiques à ceux retrouvés sur une première victime trois ans plus tôt.
Qui est la prochaine victime ?
Qui est l’assassin ?
Lola dispose de quatre jours pour déjouer un plan machiavélique.

 

• Couv_2023-098_Loseus Chris - LA JOGGEUSE

 

Lola Duval, jeune maman et capitaine de police, s’apprête à fêter son dixième anniversaire de mariage. Malheureusement, sa soirée va être complètement bouleversée par une sonnerie de téléphone. Un appel de son supérieur, qui lui somme de le rejoindre sur le lieu d’un nouveau crime en forêt près de Nice. Le cadavre d’une joggeuse qui les ramène étrangement vers une enquête non élucidée datant de trois ans. Quelques heures plus tard, elle apprend qu’un crime absolument identique a eu lieu à quelques heures d’intervalle. C’est encore une joggeuse, à plus de mille deux cents kilomètres du premier meurtre, en Bretagne, avec les mêmes signatures très particulières… Le meurtrier se permet même de contacter la police, pour leur indiquer un nouveau meurtre qu’il a l’intention de commettre quatre jours plus tard, très exactement…

Commence alors, pour Lola et son équipe, une course contre la montre effroyable !

J’avais déjà lu des romans de Chris Loseus et à chaque fois, c’est pareil, c’est très rythmé, pas de temps mort, un bon suspense, et il arrive très vite à m’entraîner dans ses aventures palpitantes. Mais ce coup-ci le sujet est différent, l’émotion prime sur le récit en lui-même et ses personnages sont attachants quels qu’ils soient. D’ailleurs, même Lola est très différente de “La Femme Flic” à laquelle nous pourrions être habitué.

J’ai beaucoup aimé le sujet de l’intrigue, et la façon dont elle est menée, l’écriture est percutante et très visuelle… Et le bonus, c’est de savoir que nous allons retrouver Lola dans de nouvelles enquêtes !!!

Un excellent roman à vous procurer au plus vite…
Bravo Chris !

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Extraits :

« Soudain, elle entendit le souffle d’un joggeur évoluant dans la même draille du maquis. Une sente sinueuse tracée autrefois à travers un inextricable fouillis végétal.
Il sembla mettre ses pas dans les siens. Elle imagina qu’il s’agissait d’un coureur expérimenté. Un sportif aguerri, capable de canaliser son énergie pour optimiser ses mouvements et son allure. Cette pensée la troubla.
Il respirait rapidement, mais profondément, produisant une mélodie sourde qui montait jusqu’à Lucie, comme un leitmotiv lancinant. »

« Le martèlement des pas rapides gagnait en intensité derrière elle.
Une petite voix intérieure lui cria d’accélérer ! Elle allongea nerveusement sa foulée et parvint à distancer le Souffle. »

« C’était entre nous. Nous ne voulions pas subir de pression. Éviter les conseils… Plus vous en parlez autour de vous, plus vous stressez. C’est un cercle vicieux.
Lola tendait l’oreille. Des « suggestions » comme celles faites par ses parents lorsqu’ils essayaient, Pierre et elle, d’avoir leur premier bébé. Des remèdes à la poudre de perlimpinpin, des remarques sur l’environnement de travail de Pierre. Un bureau surchauffé. « Ce n’est pas bon pour la fertilité, tu sais ? Des études ont été faites… Tu devrais le lui dire ! » Ou encore : « Tu devrais perdre du poids. L’embonpoint ce n’est pas bon pour une grossesse…»
Elle voyait, oui. Les « il faudrait que… J’ai lu quelque part que… Si j’ai un conseil à te donner… »

« Lola catégorisait les hommes. Il y avait les insouciants, les irresponsables, les égoïstes (et ils étaient nombreux) et les piliers. Ces êtres capables de braver les tempêtes à vos côtés quoiqu’il arrive. »

« Lola détestait les hôpitaux. Le sol qui feutrait les pas et collait à vos semelles comme de la glue. Les odeurs de bouffe cuite à l’eau mélangées à celles des produits désinfectants. Les murmures dans les couloirs. Les yeux rougis par les larmes. »

« Les technologies modernes nous éloignent des vraies valeurs, du goût de l’effort, de la concentration, de la remise en question… Les médias, les réseaux sociaux… Devant les arrêts de bus, dans les salles d’attente… Les gens passent leur temps les yeux rivés sur un écran. »

 

Chris Loseus est un auteur français.

Amoureux des grands espaces il vit dans les Alpes avec sa femme et ses enfants. Il se rend régulièrement aux états-unis pour être au plus proche de ses intrigues.

Il est l’auteur, notamment, de :
– Nouvelle ère (2014),
– 3600 Prospect avenue (2015),
– Chatsworth Creek (2016),
– Résurrection (2017),
– Phobia (collectif 2018)
– Bill dangereuse innocence (2019)
– Le voyage de Madison (2019)
– Les parapluies noirs (2020)…

Dans son nouveau roman, il nous entraine au cœur d’une enquête aux côtés de Lola Duval, une jeune mère de famille capitaine de police.

Drame, Humour, Noir, Polar, Suspense, Thriller

Aughrus Point

La triade irlandaise*
de Gérard Coquet
Broché – 7 septembre 2023
Éditeur : M+

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L’Irlande est une île belle et sauvage.
Ses filles lui ressemblent.

Quand les circonstances obligent Ciara McMurphy à revenir sur ses terres natales, en tant que policière, elle replonge sans plaisir dans un monde qu’elle avait oublié.

Celui des luttes indépendantistes.
Celui de la violence et de la folie qui se danse.
Celui où la mythologie celtique explique tout.
Le silence de ceux qui détestent la Garda Síochána presque autant que les Anglais.
Le vieux Zac McCoy et les hommes de son clan sont toujours là, à veiller sur leurs fantômes.

La vengeance est-elle un hasard ?

 

• Couv_2023-100_Coquet Gérard - Aughrus Point

 

J’ai commencé ma lecture comme si j’avais entre les mains un roman “lambda”… Quelle erreur !

Au bout d’une cinquantaine de pages, je me suis rendu compte que si la “forme” était très agréable, sombre, pluvieuse et tourmentée, un meurtre pas-ci, un autre par-là, de la magie, des incantations, de belles descriptions des paysages, mais malgré une bonne dose d’humour, je me suis rendu compte que je n’avais pas saisi le “fond”, et que j’avais perdu l’intrigue du récit.

Stop, j’arrête tout.
Le mieux est peut-être de reprendre depuis le début, n’étant pas un spécialiste de l’histoire irlandaise ni des légendes celtes, surtout que les explications historiques et politiques sont assez présentes.

Oui, j’avais bien vite ressenti la passion de Gérard Coquet pour le pays (et pour la bière aussi… mais ça reste entre nous !), certains mots m’avaient perdu.
Je reprends donc ma lecture.
Il a même fallu que je prenne des notes pour m’y retrouver parmi tous les personnages tous les plus improbables les uns que les autres. Mais ça y est, j’ai définitivement mordu à l’hameçon… et pas besoin de Duck fly, de Connemara Black, ni de Rusty Rat, pour cela !

Difficile de ne pas s’attacher à certains personnages, notamment Ciara au caractère bien trempé, et tout en ambivalence, qui mène l’enquête au sein de la Garda Síochána, la police irlandaise, et se retrouve sur les traces de son passé qui l’a fortement marquée, lui faisant revivre de vieilles rancœurs.
Les légendes et le passé tumultueux de l’Irlande ont la peau dure, pas facile de tenir sa place pour une femme, malgré les drames et les meurtres qui la suivent de près. Mais elle n’a pas dit son dernier mot !

Un polar haletant, très noir, à travers les mythes et les légendes celtiques, et surtout la découverte de l’écriture de Gérard, soignée, érudite et poétique à la fois, avec ce roman violent entre polar et mystères…
Je recommande !

Je ne sais pas pour vous, mais une bonne bière serait la bienvenue… ou peut-être un Bushmills ?
Merci Gérard… pour ces bonnes idées !

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Extraits :

« La dernière phrase du curé résonne encore dans l’église. Zack McCoy, seul au premier rang, regarde ses souliers. Le gauche n’est pas très bien ciré. Aujourd’hui, les yeux rougis et la gorge nouée, il en veut au monde entier. Dans son dos, le raclement des pieds de chaises sur les dalles lui rappelle que la cruauté des hommes ne mérite pas l’apitoiement. »

« Ça n’a servi à rien. Jessica est morte d’une balle dans la tête, sur le parking du terminal d’embarquement de Ringaskiddy. Avant-hier, avec James O’Brien, il a creusé sa tombe. Aujourd’hui, le Connemara l’a enterrée. McCoy referme le registre et vide son verre de Jameson. L’alcool lui pique les yeux. Maintenant, il est seul et déjà vieux.

“Je ne me souviens plus au coin de quelle route
Ma vie a déposé le fardeau de l’espoir ;
Et j’ai tout vu mourir, la foi comme le doute
La tristesse du jour comme l’ennui du soir.”

Sa voix tremble quand il récite une nouvelle fois le poème de Jessica. Enfin, il pleure. Dieu lui laissera-t-il le temps de se venger ? »

« De toute façon, il n’a rien à craindre des pièges tendus par les flics, il suffira de brouiller les pistes sans apparaître au générique. Le grand, avec ses pompes râpées et sa dégaine de SDF, a le profil du con parfait. L’autre, la “chef” selon toute vraisemblance, semble plus difficile à tordre dans le bon sens. N’empêche, elle a un joli cul. Sur cette pensée, il se sert un Bushmills, le whiskey des protestants, et l’avale d’un coup de menton. De nouveau, il jette un coup d’œil par la fenêtre. En bas, les deux perdreaux montent enfin dans leur voiture.
“Elle a vraiment un joli cul !” »

« Lieutenant Ciara McMurphy, 39 ans, brune, cheveux mi-longs et légèrement frisés, des yeux bleus à hurler à la mort, le visage picoré des taches de rousseur réglementaires en Irlande. Belle comme un feu de la Saint-Jean et plus têtue qu’une ânesse. Tu sais qu’à un moment donné, j’étais amoureux d’elle ? Pas de bol, Fergus O’Brien, lui avait déjà foutu le grappin dessus. Aujourd’hui, on a enterré la hache de guerre, mais à l’époque, on s’est battu comme des chiens enragés. Si McCoy ne s’était pas interposé, tu parlerais avec un fantôme. »

 

 

Gérard Coquet est né le jour anniversaire de la mort de Louis XVI… le 21 janvier 1956. Mais il jure encore qu’il n’y est pour rien. Issu d’une longue lignée de blanchisseurs, il passe son enfance avec sa jumelle à se cacher au milieu des draps séchés au vent. Puis dans un ordre aléatoire se succèdent le collège des Lazaristes, un diplôme d’expert-comptable, la guitare basse et la création de ses premières chansons. D’ailleurs, tout vient sans doute de là, l’écriture…

Après la reprise de l’entreprise familiale, il devient juge consulaire avant de créer récemment un cabinet d’archi. Ce qui ne l’a jamais empêché d’adorer la charcuterie, le gamey, le tablier de sapeur et la cervelle de canut ! Sauf bien sûr quand il se ressource en Irlande avec la pêche à la mouche et la Guinness.
Il est aussi le vrai nom du deuxième « clavier » de Page Comann avec Ian Manook. Souviens-toi de Sarah et OUTAOUAIS ont été signé sous ce pseudo.

Son pays de prédilection est l’Irlande où il a séjourné à de nombreuses reprises et dont il s’est imprégné de la culture.

Adolescence, Drame, Noir, Polar, Suspense, Thriller

La route du lac

de Xavier Massé
Poche – 7 septembre 2023
Éditeur : Taurnada Éditions

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Blaches est un charmant village réputé pour sa tranquillité… Jusqu’au jour où, au lendemain d’une soirée, trois étudiants sont portés disparus. Que s’est-il passé cette nuit-là ? Que s’est-il passé sur l’unique route qui mène au lac ? Amis, voisins, connaissances… pour les enquêteurs, tous sont suspects. Bienvenue à Blaches.

 

• Couv_2023-097_Massé Xavier - La route du lac

 

La Route du lac, a obligé Xavier Massé à sortir du cadre habituel de ses romans. Pas toujours évident pour un auteur, mais je pense que l’exercice est largement concluant.
Bravo Xavier !

21 avril 2018.
C’est l’anniversaire de Benjamin, le fils à papa du village. Il a décidé, d’inviter un maximum de ses amis vivant à Blaches, près de Lyon, dans un bar où ils ont l’habitude de se réunir les week-ends. Ce sera une méga fête… On chante, on rit, on boit et on danse jusqu’à pas d’heure. Après une dernière tournée avec quelques proches, Benjamin et les autres rentrent chez eux… Personne n’aurait pu imaginer la tragédie qui allait s’en suivre…

En effet, dès le lendemain, certains parents s’inquiètent, trois des jeunes gens ne sont pas rentrés de la nuit. Aussitôt la police contactée, les recherches commencent. Très vite, ils retrouvent le corps de la jeune fille disparue, Mylène, morte au pied d’une cascade alors que deux de ses camarades sont toujours portés disparus. Le capitaine de gendarmerie Michel Leroy accompagné du lieutenant Anthony Ramazzy sont chargés de l’enquête, quand l’un des garçons disparus, Thomas, est retrouvé errant en plein milieu de la forêt. Il ne se rappelle absolument de rien depuis qu’il a quitté le bar la veille au soir… Les enquêteurs décident alors d’axer les interrogatoires, sur la famille et les proches des disparus. Benjamin, lui reste introuvable. Commence alors une enquête minutieuse aux multiples rebondissements…

Xavier a fait très fort, il a l’air de s’amuser tout le long du récit, me perdant à la fin de chaque chapitre quand je pensais avoir trouvé “LE” fil conducteur. L’histoire est tout à fait crédible et le scénario lui, est diabolique. Le grand “plus” de son récit, ce sont vraiment les personnages tels que Xavier les a imaginés. Parmi tant d’autres, le personnage de Rémi est vraiment superbe et très émouvant !

Qu’est-il arrivé à Thomas, Mylène et Benjamin dans ce petit village paisible ?

Des personnages particulièrement réussit, des flash-back très ingénieux, un final avec une vraie surprise, l’imagination débordante de Xavier n’aurait-elle donc plus de limite ?
Personnellement, je ne serai pas contre une suite pour ce récit “puzzle”…

“La Route du lac”, n’a pas fini de parler d’elle !
Un excellent moment de lecture.

Un grand merci aux Éditions Taurnada.

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Extraits :

« Sa respiration était forte et brusque. À son passage, les feuilles virevoltaient et les branches se brisaient sous ses pas. Sa course était effrénée. Elle était effrayée et ne savait plus dans quelle direction aller. Elle ne voyait rien. Les arbres cachaient la lueur de la lune.
En panique totale, elle gémissait de terreur et n’arrêtait pas de se retourner. Elle ne l’entendait ni ne l’apercevait. Ce qui décuplait son stress. Les ronces écorchaient ses mollets, son sang perlait. Elle pleurait. La noirceur de cette forêt était devenue son ennemie. La peur l’engloutissait comme des sables mouvants. »

« Elle était si gentille. C’était une fille adorable, et si douce. Tout le monde l’aimait. Elle n’aurait jamais fait de mal à personne. Mylène riait tout le temps et avait toujours le sourire. C’était la joie de vivre incarnée. Elle avait tout juste 18 ans. Elle avait eu son bac l’été dernier et avait entamé à la faculté sa première année de biologie. Ma fille avait tout pour elle, capitaine. Elle avait la vie devant elle ! »

« “Accroche-toi, mon Rémi.”
Le tenant par les mains, les bras tendus, elle se pencha en arrière. Rémi la retenait de toutes ses forces pour qu’elle ne chavire pas. La musique battait son plein.
Mylène tournoyait. Se penchant de plus en plus en arrière, elle dessinait un cercle imaginaire tout autour de Rémi, et il se prit au jeu. Ils tournèrent tous les deux. Il la regardait sourire. Il se sentait ivre. Ivre de bonheur. Il était comme dans un tourbillon où tout disparaissait et plus rien n’avait d’importance. Pendant un instant, Rémi ne se sentit plus différent. »

« Tandis que cet autre, dans son garage, buvait une dernière bière. Il se frottait le bras comme pour raviver les plaies du passé et celles du présent. Il jeta sa canette dans la poubelle dédiée aux cadavres de verre, puis il commença à mettre des coups-de-poing dans son sac de frappe. Il espérait que l’exercice effacerait certains souvenirs. »

« Son agresseur verrouilla sa prise pour l’étrangler.
Malgré ses tentatives désespérées pour se libérer, le barman commençait à perdre pied, manquant cruellement d’oxygène.
Bataillant mollement, il suffoquait, ayant de moins en moins de force…
Son bourreau resserra un peu plus son emprise.
Franck était à l’agonie. Les bras inertes, il se sentait partir. Ses yeux se révulsèrent et il cessa de lutter.
L’homme maintint sa prise encore quelques secondes, puis lâcha le sac : le corps de sa proie chuta au sol comme une pierre.
“Eh ben… j’ai failli attendre ! ironisa Yannick Provost. Mets-le dans le coffre, maintenant !…” »

 

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 « Répercussions », qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec « L’Inconnue de l’équation », un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

L’inconnue de l’équation
https://leressentidejeanpaul.com/2019/06/05/linconnue-de-lequation-de-xavier-masse/

30 secondes…
https://leressentidejeanpaul.com/2022/02/16/30-secondes/

Némésis
https://leressentidejeanpaul.com/2020/11/04/nemesis/

Émotion, Drame, Fantastique, Noir, Poésie, Roman

BlackWater ******

Pluie
de Michael McDowell
Poche – 15 juin 2022
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture

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Si le clan Caskey accuse le poids des ans, il est loin de s’être assagi : révélations écrasantes, unions insolites et réceptions fastueuses rythment leur vie dans une insouciance bienheureuse. Mais quelque chose surplombe Perdido, ses habitants et ses rivières. Le temps des prophéties est enfin venu.

« Je pense que c’est une erreur d’essayer d’écrire pour la postérité.
J’écris pour que des gens puissent lire mes livres avec plaisir,
qu’ils aient envie d’attraper un de mes romans
et qu’ils passent un bon moment sans avoir à lutter. »

Michael McDowell

 

• Couv_2023-087_Mc Dowell Michael - BlackWater ******

 

C’est un peu mélancolique, que je referme ce sixième et dernier tome qui offre un excellent recul sur l’ensemble… Pas moins de 1500 pages qui m’ont tenu en haleine. Extrêmement addictive, cette saga familiale sur plusieurs générations se lit vite, beaucoup trop vite.
Oui, je referme mon livre avec de nombreuses questions… mais la globalité du texte, tant par son suspense que par sa poésie en valait vraiment le détour.

De tome en tome, je me suis attaché, j’ai détesté, j’ai attendu parfois, j’ai été surpris souvent…
À Perdido, les femmes ont mené définitivement la danse dans ce récit follement romanesque et foncièrement populaire, historique aussi saupoudré de vengeance et de mystère et toujours ce brin de fantastique, remarquablement dosé, jamais gratuit, dans l’accompagnement des bouleversements émotionnels de la famille Caskey. Des incursions dans le monde des vivants qui sont, je le trouve, très réussies.

Coup de cœur pour ce roman dans son intégralité.
Coup de cœur pour ces éditions où chaque couverture est un chef-d’œuvre autant par les détails que par la qualité. Je ne me suis pas lassé de les regarder, de les décortiquer découvrant régulièrement de petits détails en lien avec le récit.
Et coup de cœur pour terminer, pour le concept du roman à épisodes, qui m’a fait retourner en enfance, lorsque j’attendais impatiemment les divers périodiques auxquels j’étais abonné !

Magnifique…

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Extraits :

« – Il est presque trop tard pour que vous ayez des enfants, soupira Queenie. J’espérais avoir un autre petit-fils. Mais peut-être que si vous vous y mettez rapidement…
– Queenie, je ne veux plus entendre un mot sur les enfants, coupa Miriam. Si je vois une de ces créatures chez moi, je me servirai de son crâne comme d’un pique-aiguilles. Malcolm, ne laisse pas ta mère te mettre des idées dans la tête à propos de petits-enfants, parce que je peux te garantir que personne ne me fera porter des vêtements de maternité. »

« Elle avait confiance en Lilah comme en elle-même. Ce que Lilah voulait était ce dont elle avait besoin ; ce qu’elle faisait était précisément ce que requérait la situation. En bref, la fillette devint rapidement insupportable. Or, Miriam ne s’apercevait de rien, ou peut-être choisissait-elle de ne rien voir. Elle la chérissait malgré son arrogance, et peut-être l’aimait-elle davantage à mesure que l’enfant devenait plus détestable avec les autres.
Oscar voyait tout ceci et s’en plaignait à sa femme et à son gendre. Selon lui, Elinor et Billy devaient intervenir avant que la petite fille ne soit irrémédiablement perdue. Mais ces derniers laissaient faire. »

« Tous ses rêves de jeune homme – ce qu’il obtiendrait, aurait et serait – n’étaient que des moyens pour parvenir à ses fins. Et cette finalité, c’était le bonheur.
Les choses ne s’étaient pas déroulées comme prévu, loin de là, pourtant il était raisonnablement heureux. Il craignait de se leurrer, de garder intentionnellement les yeux fermés pour clamer haut et fort que les barreaux de sa prison n’existaient pas. Peut-être existaient-ils bel et bien : c’était la maison, c’était Elinor, c’était le verger de pacaniers de l’autre côté de la route, c’étaient la digue et la rivière qui coulait derrière, Miriam et ses incessantes requêtes au téléphone d’un côté, et la forêt de pins sombres de l’autre. Mais si ces barreaux existaient bel et bien, il ne les voyait pas.
Sincèrement, il ne se sentait pas prisonnier ; et si c’était le cas, il faut croire que l’emprisonnement lui procurait un certain plaisir. »

« Il écouta, transporté de joie, avec stupeur ensuite lorsqu’une deuxième voix se joignit au chant, d’abord en cadence, puis à la façon d’un canon. Sa stupeur se fit émerveillement lorsqu’une troisième voix entra dans le chant. C’était celle d’Elinor. Elle chantait comme jamais Billy, ni personne à Perdido, ne l’avait encore entendue chanter. Les trois voix – « féminines, mais pas humaines », songea Billy – poursuivirent ainsi pendant plus d’une heure, aussi longtemps que dura la pluie. Quand celle-ci diminua, les voix aussi. Et quand l’eau ne tomba plus qu’une goutte après l’autre des avant-toits, le chant cessa tout à fait. Billy avait depuis longtemps perdu l’habitude de prier, mais là il implora les nuages de revenir, qu’ils s’abattent au-dessus de la maison dans l’espoir que les voix se remettent à chanter. Mais les nuages avaient dérivé loin de Perdido, et la maison demeurait silencieuse, à l’exception des plic ploc tombant du toit. »

 

Au-delà des manipulations et des coups de théâtre, de l’amour et de la haine, Michael McDowell (1950-1999), docteur en littérature, collectionneur d’artefacts mortuaires, co-créateur des mythiques Beetlejuice et L’Étrange Noël de monsieur Jack, et auteur d’une trentaine de romans, a réussi avec Blackwater à bâtir une série populaire de six livres captivants à l’atmosphère unique, à la croisée de la saga familiale et du fantastique.

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Drame, Noir, Polar, Suspense

Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire

de Pascal Alliot
Broché – avril 2023
Éditions : Lazare et Capucine

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Itinéraire sanglant et halluciné d’un jeune homme, meurtrier en série, qui séduit puis assassine sordidement des jeunes femmes rencontrées au hasard de son chemin, laissant à dessein une trace sanglante et macabre bien identifiable.
Il va pourtant tenter de revenir sur son enfance tourmentée, essayer d’échapper à ses démons, refaire sa vie, mais l’amour appelle inexorablement le sang.
Un juge va se lancer à sa poursuite et le retrouvera, quinze ans après, alors qu’il vit reclus dans un phare.
L’heure du jugement sonne enfin.
Ce magistrat n’a rien non plus d’un homme ordinaire…
Pourtant, justice doit être rendue. La foule gronde et appelle le sang. Mais non, cet assassin pas ordinaire ne mérite pas une peine ordinaire…

 

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Pascal Alliot signe avec Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire un premier roman assez troublant, intéressant et bien écrit, mais qui pour moi a manqué d’un petit quelque chose pour l’apprécier au mieux.

Le récit se déroule en France au milieu du 19ème siècle. Un tueur en série sévit régulièrement le long du canal de Beaulauris, mettant à mal l’efficacité de la police et du “pauvre” juge Mourrisseau, qui en fera son “affaire personnelle” et ce, durant plusieurs années. Il ne s’arrêtera pas avant de trouver celui qui se livre à ces horribles meurtres.

Au début de ma lecture j’ai été agréablement surpris par le style de l’auteur, une écriture élégante que j’ai même trouvé drôle parfois… et oui ! La thématique du récit est intrigante, mais j’ai trouvé la première partie lassante, trop longue et répétitive, j’ai fini, bien malheureusement, par m’ennuyer de cette succession de meurtres, tous plus ou moins semblables. Ce sont ainsi, dix jeunes femmes qui vont être assassinées les unes après les autres, de manière horrible…

Puis enfin, à partir du second chapitre, on en apprend un peu plus sur le tueur. Ses origines. Pourquoi autant de sauvagerie dans son mode de fonctionnement ? et surtout pourquoi tuer toutes ses jeunes femmes systématiquement ?

La suite du récit, incluant suspense et rebondissements va rattraper mon impression ressentie lors du premier chapitre.
Un livre qui se lit très vite, avec de très bonnes idées. J’essayerai quoiqu’il en soit, avec plaisir un autre roman de Pascal pour ne pas rester seulement, sur cet assassin pas ordinaire !

Je reste malgré tout certain que ce livre trouvera son public !

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Extraits :

« Marianne marchait tranquillement lorsqu’elle croisa le regard que posait sur elle ce jeune homme qui semblait si doux. Pas un homme de par ici, pensa Marianne. Il était beau et se tenait à une bonne quinzaine de mètres. Le coup de foudre fut immédiat. Elle ne put y résister. Comme un appel vers l’infini désir. Jules, c’était superbe, mais pour les choses du sexe, un bel amant étranger vaut plus que tout. Donc, à sa totale surprise, elle se donna très vite à lui, dans les hautes herbes. Elle ne sentit nullement la lame du couteau qui l’égorgea ni les multiples coups qui lui furent portés au ventre. La police en comptera vingt-sept un peu plus tard, lorsqu’ils découvrirent, horrifiés et pâles, le corps inerte et sanglant de la belle Marianne. »

« On retrouva le corps nu d’Apolline le 26 juin 1867.
Le visage avait été écrasé par une grosse et lourde pierre lancée à la volée, réduisant en bouillie ce visage d’une beauté remarquable. Il y avait un atroce « F » taillé sur trois centimètres d’épaisseur sur le bas du ventre de la jeune femme et vingt-sept coups de couteau portés avec une sauvagerie extrême. Comble de l’horreur, les deux seins découpés, posés près des genoux. Aucune rose dessinée cette fois ou déposée sur le corps. »

« La délicieuse jeune femme avait été égorgée avec un couteau de belle dimension, très hâtivement, vu la large et horrible plaie ouvrant sa gorge. Elle porte aussi la trace de vingt-sept coups de couteau en de multiples endroits sur son ventre. Ses deux seins avaient été découpés et déposés sur les côtés au niveau des genoux. Il y avait également cet atroce « F » taillé sur le bas-ventre de la jeune femme. Et cette rose, naturelle, posée sur son abdomen. Et, nouveau détail, deux baisers de sang déposés sur son sexe et ses lèvres, marquées de morsures. »

 

Archéologue céramologue, Pascal Alliot vit en Espagne, près de Barcelone.
« Journal ordinaire d’un assassin pas ordinaire » est son premier roman avec lequel il nous entraîne dans un imaginaire brutal, onirique, riche et haletant, nous faisant visiter les tréfonds de l’âme tourmentée d’un meurtrier.

Émotion, Humour, Noir, Polar, Suspense

Commandant François Chanel

36, quai des Orfèvres
de Pascal Marmet
Broché – 29 juin 2023
Éditions : M+

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Une enquête menée par un flic musicien, sur fond de sorcellerie et ayant pour décor les dessous d’une gare parisienne… Parmi les milliers de voyageurs, Laurent erre seul dans le hall de la gare de Lyon, l’air paumé. Il vient de rater son CAP boulangerie et sa mère l’a mis dehors. Samy, escroc à la grande gueule, le repère rapidement. Il a bien l’intention de profiter de la naïveté de ce gamin aux chaussures vertes et l’entraîne dans un cambriolage. L’appartement dans lequel ils pénètrent est une sorte d’antichambre du musée des Arts premiers et regorge de trésors africains. Mais ils tombent nez à nez avec la propriétaire et collectionneuse. Comme elle s’est blessée en tombant dans les escaliers, ils lui viennent en aide avant de s’enfuir. Pourtant, quelques heures plus tard, elle est retrouvée morte, abattue de cinq balles tirées à bout portant. Le commandant Chanel, chargé de l’enquête, s’enfonce alors dans l’étrange passé de cette victime, épouse d’un ex-préfet assassiné quai de Conti peu de temps auparavant. Un polar haletant sur fond de sorcellerie qui nous dévoile les coulisses de la gare de Lyon et nous ouvre les portes du célèbre 36 quai des Orfèvres.

 

• Couv_2023-073_Marmet Pascal - Commandant François Chanel

 

Une troisième enquête pour le “Commandant François Chanel”, et c’est toujours aussi passionnant !

Et je dirai même que pour moi, c’est la meilleure à ce jour, le fait de bien connaître maintenant les personnages principaux doit y être pour beaucoup.
Non content d’avoir déjà plusieurs personnages hors du commun dans ses récits, Pascal nous en propose d’autres. Deux jeunes stagiaires, intelligentes, malines et jolies… malgré la tendance “machiste” du commandant, ainsi que Laurent et Salomé qui vivent une sorte d’illumination dès que leurs regards se croisent. Que demander de plus ?

Albane de Saint Germain, riche collectionneuse d’art africain, entre autres, est assassinée à la suite d’un cambriolage qu’elle vient de subir.
Les deux jeunes cambrioleurs n’avaient pourtant pas l’air violents, au contraire… C’est plutôt elle qui me donnait l’impression d’être, une “étrange” femme !
Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’il y ait un tel revirement de situation ?

Nous voilà dans la nouvelle enquête de notre Commandant préféré !
Une enquête qui va nous plonger au sein de la Gare de Lyon, à travers ses couloirs et dédales, mais aussi dans le monde particulier et très fermé des collectionneurs de statuettes africaines. Et que se passera-t-il durant cette enquête ? Les hommes du 36, quai des Orfèvres apprennent qu’ils vont bientôt être “reconditionnés” dans de nouveaux locaux, rue du Bastion, dans le 17e arrondissement, un futur immeuble ultramoderne et ultra sécurisé de huit étages qui sera adossé au palais de Justice de Paris.

Une nouvelle fois, l’écriture de Pascal est parfaitement maîtrisée, captivante et j’ai même trouvé qu’il y avait un peu plus d’émotion dans cet opus très singulier. De nombreux rebondissements interviendront durant l’enquête qui était pourtant bien mal partie… Heureusement, le commandant, mais pas que, veille !

Un très bon polar mêlant action, suspense et une introduction très intéressante dans le milieu de la sorcellerie africaines et les rites anciens. Les dialogues sont truculents, et ils vont si bien au commandant que je ne m’en lasse pas !
De nouveau une belle découverte que je vous conseille…

Un grand merci aux Éditions M+, pour leur confiance renouvelée !

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Extraits :

« – Chers collègues, je profite de cet instant de convivialité pour vous informer de vive voix qu’il a été décidé que l’ensemble des services du 36 quai des Orfèvres et des personnels du Tribunal de Grande Instance déménagera dans le quartier des Batignolles. Aucune date n’a été avancée. Une note de service vous parviendra en temps voulu. Merci de votre attention. Je passe la parole à François Chanel qui se fait une immense joie de remplacer, au pied levé, notre président qui, rassurez-vous, va beaucoup mieux. »

« Une idée surgit. Il glissa autant de billets que son slip pouvait en contenir, fourra dans son sac à dos la statuette à la pierre bleue et le reste de liasses. Son bras s’immobilisa. Une seconde idée vint. Il conserva une petite liasse de billets dans la main et referma le panneau dissimulé dans la structure du bureau qui, au vu de la couche de poussière, ne semblait pas avoir été ouvert récemment.
En descendant l’étroit escalier, il vit la femme ramper péniblement en traînant ses jambes mortes. Elle s’accouda à une commode et tenta d’ouvrir un tiroir. Laurent vint à son secours et libéra le casier. À l’intérieur, il y avait une remarquable boite en cuir noir qu’il ouvrit pensant qu’elle y cherchait des médicaments. Il découvrit un imposant révolver dans une mousse qui avait pris sa forme. Il y avait aussi deux chargeurs, dix balles et un long tube noir.
La femme scintillante au regard bleu océan le fixa. Elle ressemblait à sa mère, mais en bien plus admirable. »

« Après 60 ans, on a irréversiblement la gueule qu’on mérite. La gentillesse s’y lit tout comme la méchanceté. Tous les vices finissent par se feuilleter sur nos rides. Tout se paie, tout remonte à la surface dans un tribunal invisible où sont dénoncés nos entorses, nos travers et nos peines. Et ce préfet avait acquis une “gueule” de moine tibétain.
Pour Chanel, les modifications d’un visage étaient devenues livre ouvert, et il allait sans hésiter dans la profondeur de la peau de l’autre au premier coup d’œil. »

« “Je ma pelle Milène, étoi réponmoa ?”
Comment faire autrement que sourire à cette jolie invitation à tisser un lien. Elle avait les yeux vert pacifique des naîfs, deux couettes rigolotes et la bouche des têtus.
Sous le mot, il écrivit : « Je m’appelle François »
Et elle enchaîna ses questions sans détour :
“alor, gevéteraconté esétou jété au CP éje vé alé au CM1. Tufécoi come métié ?”
“Je suis policier. Et toi, tu veux faire quel métier plus tard”
“Moi, jeveupa courire derièr les méchan, sé trofatigan. Jepréfaire désinatrisse degâto o chocola ou marchende defleur, mai que derose quipic».
Ils finirent par jouer au jeu des sept familles. Bien entendu, Chanel perdit cinq parties sur huit.
Chanel adorait les trains parce qu’avec la SNCF, tout était possible. »

 

Pascal Marmet, est écrivain, romancier, chroniqueur radio.

Après ses études, par rapport à sa famille, il a choisi la voie des affaires. Il a dirigé une entreprise pendant de nombreuses années. Propriétaire d’un hôtel à Nice, il a conjugué sa passion pour l’écriture à son métier d’hôtelier.

Aujourd’hui, il est écrivain à part entière, chronique des auteurs sur une radio Fm (Agora côte d’azur) et organise des rencontres littéraires avec des invités de marque.

Le roman du parfum (2012) a été récompensé par la critique et honoré par un Prix littéraire, le prix spécial du Jury Albayane 2013.

Tiré à quatre épingles (2015), un polar avec dans le rôle principal le commandant Chanel, a obtenu le Prix Cœur de France 2016.

Exécution (2022), où l’on retrouve le commandant Chanel dans une nouvelle enquête.
https://leressentidejeanpaul.com/2023/01/24/execution/

Il vit depuis 2016 à Cagnes-sur-Mer où il se consacre à l’écriture d’une série policière avec un héros récurrent, le commandant François Chanel qui officie au 36, quai des Orfèvres à Paris. Cette série est une fiction, inspirée de faits réels.

Drame, Folie, Noir, Psychologie, Thriller

Somb

de Max Monnehay
Poche – 11 mars 2022
Éditeur : Points

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Victor Caranne est psychologue en milieu carcéral. Chaque jour, il emprunte à moto le pont qui relie le continent à l’île de Ré pour rejoindre la Citadelle, fortification reconvertie en prison. Chaque jour, il écoute des détenus lui confier des crimes atroces. Mais c’est la découverte d’un cadavre sur une plage proche de chez lui qui va provoquer une totale déflagration dans sa vie. Car il connaissait bien la victime, Julia, l’épouse de son meilleur ami, Jonas Somb.

« Max Monnehay est une auteure française avec laquelle le milieu du noir va devoir compter… »
Libération

 

• Couv_2023-68_Monnehay Max - Somb

 

Cela faisait un moment que je voulais découvrir la plume de Max Monnehay, voilà, c’est fait !

Ce n’est pas son premier roman, mais c’est son premier Polar. Personnellement, même s’il y a une enquête une bonne partie du roman, je ne l’ai pas lu comme un polar, mais plutôt comme le mélange d’un bon roman noir et d’un thriller psychologique. C’est l’intrigue et surtout les personnages, véritable point fort du roman qui m’ont happés. L’auteure a créé des personnages de tous les jours, avec leurs failles, leurs défauts, leurs egos, les rendant presque vivants à mes yeux. La sensibilité qu’elle leur donne dans ce récit est très importante. C’est extrêmement bien écrit, phrases courtes, incisives, d’une grande efficacité, avec beaucoup de psychologie aussi.

Victor, psychologue dans le milieu carcéral, est un homme tourmenté. Un événement lié à son passé l’a plongé dans un certain mutisme depuis son enfance. Mais, à la mort de Julia, c’est tout son monde qui s’écroule…

Max, n’a rien à envier à ses collègues du Noir.
Le récit m’a tenu en haleine jusqu’au bout sans en deviner la fin et de plus avec un dernier rebondissement que je n’ai pas vu venir du tout, complètement inattendu !

Un livre pour les amateurs de suspens, pour ceux qui aiment les belles histoires tristes, et les “plumes” originales et racées. Une écriture prenante et addictive, avec beaucoup d’intelligence, un sans-faute pour moi !
À lire…

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Extraits :

« Le bruit des portes métalliques qui claquent, les couloirs qui n’en finissent pas, le visage fermé des gardiens ont depuis le premier jour le même effet sur moi : une combinaison assez désopilante d’angoisse et d’ennui.
Je n’ai pas mis plus de quelques jours à comprendre que ce paradoxe était la chose la mieux partagée entre ses murs. Personnel et détenus confondus. C’est un cocktail qui, mal dosé, peut facilement conduire à la violence – contre les autres ou contre soi-même. »

« Je passai une heure assis dans la cuisine, dans un état de sidération totale, les yeux posés sur le mug de Julia, resté sur la table. Une trace de rouge à lèvres dessinait un croissant de lune rose sur son bord. Les images de nos dernières heures ensemble tournaient en boucle dans ma tête, une torture à laquelle j’étais impuissant à mettre un terme. Lorsque mon téléphone sonna dans la poche de mon jean, je touchai mon visage et réalisai que je pleurais. Silencieusement. Les yeux fermés. »

« Nous étions attablés au Café de la Paix, à deux pas de l’appartement. C’était un établissement au décor Belle Époque dont les lustres monumentaux jetaient sur toute chose, une lumière sépia, leur allouant une aura nostalgique. Maddie me regarda, attrapa la viennoiserie qu’elle tripotait du bout des doigts depuis cinq minutes, dénuda une double rangée de dents blanches, parfaites, et, sans me lâcher des yeux, les y planta façon gueule de fauve dans cuisse de gazelle. »

« Elle avait toujours cette chevelure rousse, ondulée et bandante, coulant comme de la lave en fusion sur ses épaules. Une paire de lunettes à monture noire épaisse ne parvenait pas à ôter son pouvoir au regard émeraude, profond, qui m’avait mis à genoux un quart de siècle auparavant. » 

 

 

Née en 1980 à Beauvais, Max Monnehay est l’auteure de Corpus Christine (Albin Michel, Prix du Premier Roman 2006), et de Géographie de la Bêtise (Le Seuil, 2012). Somb, thriller psychologique de haute volée, est son premier polar, couronné par le Prix Transfuge 2020 Meilleur espoir polar et par le Prix Sang pour Sang Polar.

Émotion, Drame, Fantastique, Folie, Noir, Nouvelles, Poésie, Polar, Suspense

SEPT

Les padawans de René Manzor
de Alys Réal, Alba Ombieri, Élodie Fabre, Isabelle Weber,
Olivier Martial, Louise Calvi-Lotito, Stéphanie Baudron-Cosson

Broché – 1 juillet 2023
Éditeur : Des livres et du Rêve

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Il y a trois ans, quand le covid frappe et que les tournages s’arrêtent, le réalisateur, scénariste et romancier, René Manzor, a une idée folle : donner vie à ce prof d’écriture qu’il cherchait désespérément étant môme, quelqu’un qui vous apprendrait les secrets de l’écriture comme un prof de guitare vous montre les accords.
Grâce à son « coaching », des débutants de tous âges donnent vie à leur histoire.
SEPT d’entre elles sont publiées dans ce recueil.
Elles révèlent SEPT nouveaux talents…

 

• Couv_2023-066_Collectif - René Manzor présente SEPT

 

La sortie du jour dans toutes les bonnes librairies !

Pas facile d’emporter ses lecteurs avec des nouvelles. Il faut être concis, pointu, mais il faut aussi trouver le petit plus qui fera la différence qui nous embarquera quel que soit le choix de l’auteur.
La puissance des mots, la beauté du texte, la volonté de magie, le suspense, la violence, et plus encore.

Un exercice difficile, et pourtant…

Avec ce recueil, René Manzor grâce à ses conseils auprès de ses SEPT recrues réussit pour moi un véritable tour de force… Il y a de la passion, de l’envie, des drames, des meurtres, de l’amour aussi. Je suis passé du sourire aux larmes, et vice-versa. Dieu que c’est bon de savoir qu’il existe encore tant de choses à écrire, tant d’histoires à découvrir…

Mais finalement, qu’est-ce qu’un(e) auteur(e) ?
N’est-il pas le conteur d’autrefois qui nous émerveillait et faisait briller les yeux des enfants ?
Alors, en toute honnêteté, je vous conseille d’entrer dans le monde de ces SEPT “nouveaux” auteurs, qui pour une première tentative, frappent très fort, et dont je suis persuadé que l’on entendra parler de certains d’entre eux très bientôt. TROIS de ces nouvelles, dont je tairai le nom, sont pour moi de gros coups de cœur…
Sauriez-vous deviner lesquelles ?

Merci à Réné pour cette superbe idée.
Merci à Angie Lollia des Éditions Des livres et du Rêve, pour l’impression et la diffusion de ce livre, pour lequel j’ai eu la chance de réaliser la couverture.

C’est pour genre de récits que je continuerai à lire tant que je le pourrai…
C’est magnifique, beau et touchant à la fois.

Un beau cadeau à offrir et à s’offrir…
Pour chaque achat de ce livre, 1€ sera versé aux Apprentis d’Auteuil.

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Extraits :

Stéphanie Baudron-Cosson – Embrasez-vous !
« Les pompiers étaient arrivés juste après pour éteindre l’incendie et constater le décès de la femme de Paul.
L’enquête avait été classée sans suite, faute de preuves. Reste que les gendarmes de Saint-Mars avaient retrouvé un briquet carbonisé dans la chambre des enfants… »

Élodie FabreMaman
« Tout son corps n’était que douleur. Encore. C’était épuisant. Le supplice de l’accouchement, Rose s’y était préparée, ces quelques heures d’une torture bien réelle. Mais qu’en était-il de la suite ? Personne n’évoquait le sujet. Comme si tout s’arrêtait, lorsque les ciseaux embrassaient le cordon. Et pourtant, la souffrance perdurait, bien au-delà, vicieuse, pernicieuse, et pas le moins du monde discrète. Rose la traînait comme un boulet dès qu’elle se levait, dès qu’elle s’asseyait, dès qu’elle bougeait, en somme. »

Isabelle Weber – Emprise
« – Il va avoir besoin de nous, Hélene.
– Oui ! De nous ensemble, pas l’un contre l’autre.
Ils se dévisagèrent intensément, comme deux ennemis se rappelant qu’ils avaient été alliés, deux parents à la dérive, convaincus que tout était encore possible pour sauver ce qu’ils avaient de plus précieux en commun : leur enfant. »

Alba Ombieri – Valentin, 1916
« Je m’accrochai à cette photographie, imaginant que ces gens étaient mes proches. Je scrutai le doux visage de cette mère jusqu’à ce que les yeux me brûlent. Cela me fit presque oublier la douleur d’être vivant. Je glissai alors le cliché dans ma poche, décidant d’emmener avec moi ce qui me manquait le plus : une famille qui m’aimait. »

Olivier Martial – 74 après R.A
« – Mais si, c’est toi qui choisis, protestait ma mère. Et tu peux lire autant de livres que tu souhaites sans nous encombrer.
– Non ! C’est différent. Un livre, ce n’est pas que ce contenu. C’est aussi un objet avec lequel j’ai voyagé, qui m’a accompagné dans des moments difficiles ou joyeux. Ce sont des pages écornées, abîmées, avec des notes sur le côté… Et parfois, ce sont des cadeaux de gens que l’on aime. »

Alys RéalEntre chienne et louve
« C’était un soir d’octobre, une de ces belles fins de journée ensoleillées où l’on sentait que l’automne pointait le bout de son nez. Les couleurs étaient éclatantes et une légère brume guettait un petit coin de campagne de l’Heure, aux portes de la Normandie. La nuit patientait encore un peu pour laisser la place à cette heure que l’on nomme magique. Ce moment, où il fait trop sombre pour différencier un chien d’un loup- rappelait aux promeneurs qu’on apprivoisait durablement, personne. »

Louise Calvi-Lotito – La Vespa rouge
« Je me revois, en ce jour, si particulier de 1955, tremblant de la tête aux pieds, devant ma machine, dans l’attente de la sanction définitive du directeur : mon renvoi, après seulement une journée de travail. Il m’avait appelé. Nous avions parlé. Enfin… si je suis honnête, j’avais surtout écouté. La conversation est restée gravée dans ma mémoire. Le plus incroyable est que je n’ai pas été congédié. Il a décidé de me donner ma chance. Cela arrivait encore, dans ces années-là. Pas sur la chaîne de montage des Vespa, non, mais dans l’équipe de designers de l’entreprise. On m’a installé à l’étage, dans un grand atelier où travaillaient des personnes sorties d’écoles prestigieuses. J’ai eu deux mois. Deux mois pour montrer que mon geste n’était pas seulement celui, irréfléchi, d’un gamin. Deux mois pour faire mes preuves, ou repartir de zéro, ailleurs. »

Émotion, Drame, Noir, Polar

Le disparu de MONROVIA

de Gérard Papier-Wagner
Relié – 23 octobre 2022
Éditeur : Autoédition

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Rien ne le prédisposait à pareille aventure. Les existences les mieux assurées sont, hélas, à la merci du diable assez malin pour que ses manigances prennent une apparence insoupçonnable. Ainsi Henri se rendant à son travail ce mardi matin dans sa voiture neuve, se voit-il accroché par une vieille R4, qui s’en moque et se fond dans la circulation. Tout aurait pu en rester là s’il n’avait retrouvé celle-ci de la façon la plus improbable. Il a suffi en somme de la couleur d’une portière pour que Henri, à son corps défendant, soit coupable d’un homicide le contraignant à s’exiler en Afrique, où le rattrapera une tragique méprise.

 

• Couv_2023-065_Papier-Wagner - Le disparu de MONROVIA

 

“Je l’ai tuée”, tels sont les trois mots qui commencent ce récit et voilà comment soudain la vie d’Henri bascula.

Henri aurait dû être un homme heureux…
Isabelle sa femme est enceinte de son deuxième enfant, une belle maison au Havre et il est associé avec son père dans l’entreprise qui l’embauche.
Un jour, alors qu’il se rend pour son travail, à l’îlot Quentin, un endroit calme que les deux hommes ont prévu de récupérer afin de construire des HLM, Henri tombe nez à nez avec une jeune femme nommée Gina, qu’il avait déjà rencontré quelques instants plus tôt sans le savoir…

C’est le quatrième récit de Gérard Papier-Wagner que je lis, et malgré tout, il continue à me surprendre… Quelle écriture ! Une plume fluide et toujours aussi plaisante. Gérard m’a fait voyager, rencontrer des hommes peu recommandables, mais aussi des êtres droits et serviables, dans une Afrique pour moi inconnue à travers des descriptions de lieux magnifiques, autres mœurs et autres coutumes, des voyages en paquebot, en avion, sur fond d’une enquête policière à plusieurs “tiroirs”.

Un suspense constant, avec de nombreux rebondissements tout le long de cette lecture captivante !
Un roman drôle et triste à la fois, très bien documenté sur un fond d’une grande beauté.
Mais surtout, une lecture qui force une nouvelle fois à l’introspection.

Qui sommes-nous vraiment au fond de nous ?
Pourquoi chez certains la colère est omniprésente aux risques de débordements incontrôlables, alors que pour d’autres tout glisse, sans la moindre importance…

Henri, trouvera-t-il enfin un dénouement heureux à la suite de son parcours infernal ?
Gérard Papier-Wagner, un auteur que je vous invite à découvrir.

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Extraits :

« Je l’ai tuée.
Trois mots, qui raisonnaient abominablement dans son crâne. Trois mots répétés, lancés tels des coups de boutoir contre le mur d’un accablement, qui l’empêchait de réaliser la tragédie et surtout de comprendre ce qui en fut la cause. Il l’a tuée parce qu’il arrive, que l’esprit cède à la tentation du pire, si d’aventure s’en mêle un hasard prétendument logique de Dieu, mais dont n’est jamais totalement exclu le diable aimant manipuler les rêves et les événements pour que le désir occulte la raison. »

« Toujours immobile, indifférent à sa nudité, il reprenait souffle en contrôlant sa respiration. Des profondeurs de son être une volée lui murmurait, qu’il existe des victimes coupables et des meurtriers innocents, des engrenages menant à des gestes aberrants. Ainsi, dans son mental, cheminaient les arguments, du puissant instinct de conservation. “Jamais cela ne justifiera mon acte.” s’écria-t-il étonné d’entendre sa voix rompre une quiétude à peine troublée par la rumeur de la ville. »

« Elle déboutonna sa chemise pour y glisser la main, prit la sienne pour la poser sur sa poitrine, se trémoussa tant que se découvrirent ses cuisses et qu’affleura son pubis. Henri tenta de contenir son désir en invoquant Isabelle. Ce fut peine perdue, car son cerveau se vidait du sang refluant dans son bas-ventre. Tout son être vivait sous la pression de l’orgasme à venir, sa dernière pensée, consciente lui donnait à croire qu’une ultime relation avant son retour dans le rang était justice. »

« De retour chez lui, Henri appréhenda ce qui pouvait en résulter. Attendant le sommeil, il souffrit d’avoir levé un peu plus le voile sur un monde barbare. Ce pays n’est pas recommandé aux âmes sensibles, Médita-t-il amèrement, parce qu’une froide fatalité lui faisait obligation de s’en accommoder. »

 

Né en 1941 à Paris, diplômé architecte en 1966, Gérard Papier-Wagner a exercé en tant qu’urbaniste-architecte à Pointe-Noire en République du Congo, puis à Batna dans les Aurès en Algérie avant de travailler, en libéral à Rennes, dans sa propre agence d’architecture jusqu’en 2001.

Mona
https://leressentidejeanpaul.com/2023/03/22/mona/

LE PARFAIT inconnu
https://leressentidejeanpaul.com/2023/04/21/le-parfait-inconnu/

À cause du Zibaldone
https://leressentidejeanpaul.com/2023/05/28/a-cause-du-zibaldone/