Amour, Émotion, Cercle littéraire, Drame, Philosophique, Roman

Des lendemains qui chantent

de Alexia Stresi
Broché – 1 février 2023
Éditions : Flammarion

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Paris, 1935 Lors de la première du Rigoletto de Verdi à l’Opéra-Comique, un jeune ténor défraie la chronique en volant la vedette au rôle-titre. Le nom de ce prodige ? Elio Leone. Né en Italie à l’orée de la Première Guerre mondiale, orphelin parmi tant d’autres, rien ne le prédestinait à enflflammer un jour le Tout-Paris. Rien ? Si, sa voix. Une voix en or, comme il en existe peut-être trois ou quatre par siècle. Cette histoire serait très belle, mais un peu trop simple. L’homme a des failles. D’ailleurs, est-ce vraiment de succès qu’il rêvait ? En mettant en scène avec une générosité folle et une grande puissance romanesque d’inoubliables personnages, Alexia Stresi nous raconte que ce sont les rencontres et la manière dont on les honore qui font que nos lendemains chantent et qu’on sauve sa vie.

 

• Couv_2023-108_Stresi Alexia - Des lendemains qui chantent

 

J’ai commencé ma lecture un matin.
Je ne sais pas comment dire… C’est merveilleux !
Tout ce que j’aime. La musique, la gentillesse, l’amour au sens très large du mot… J’ai eu quelques montées de larmes. En rentrant de mon travail le soir même, j’ai loupé ma station !
Rentré chez moi, je n’avais qu’une hâte, m’asseoir sur mon fauteuil et retourner auprès d’Elio, en profitant des airs proposés durant ma lecture, qui figurent tous ou presque dans mes playlist…

Des lendemains qui chantent, tout un programme…
Elio est né, alors que sa mère mourrait. Orphelin, il devient un enfant des rues, alors il n’a pas le choix. Se battre, passer ses journées dehors, à chercher de quoi manger, à éviter les coups, à essayer de comprendre ce qui ne s’explique pas.
Comment a-t-il pu s’en sortir ?
Le destin ? La chance ? Il aura suffi d’une rencontre… celle d’un homme, un pédiatre qui se battait pour tous ces enfants perdus.

Sa vie lui aura réservé bien des surprises… Mais un jour, il découvre le pouvoir de la musique, en particulier les magnifiques compositions de Verdi.
Ce récit raconte l’histoire d’Elio Leone, un ténor à la voix d’or…

Alexia Stresi m’a complètement emporté dans son récit. C’est fort, puissant et si beau à la fois. Un sublime roman où la musique, bien sûr, joue un rôle très important, mais qui met en avant aussi la fidélité, l’amitié, l’amour qui restent des valeurs réelles et éternelles. Elle nous raconte la vie d’Elio à travers le temps, son enfance, son adolescence, puis la montée du fascisme qui va très vite l’inciter à quitter l’Italie, pour Paris. La misère le rattrape, il vie dans les rues. Puis, petit à petit, les premières portes qui s’ouvrent, les rencontres importantes qu’il va faire et son amour inconditionnel pour Verdi. Mais la Seconde Guerre mondial le rattrape, il refuse de jouer les “planqués” !

J’ai eu l’impression de voir un film… Alexia, dans son roman laisse une trace tellement forte. J’aurais aimé qu’Elio Leone ait vraiment existé. J’aurai aimé alors, écouter encore et encore toutes ses interprétations. Alexia dresse le portrait d’un homme qui n’a pas son égal, ses mots m’ont ému, ses phrases m’ont emporté… Il y a quelque chose proche de la magie dans ce récit. À chaque arrêt de ma lecture, j’avais vraiment l’impression de me réveiller dans un monde qui sonnait “creux”… J’avais hâte d’y retourner !

Beaucoup d’émotion et de puissance, dans ce récit qui offre une vision du monde fermé de l’opéra, mais bien plus encore…
Un livre à lire absolument !

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Extraits :

« Les éclats de voix peuvent leurrer, un pianissimo intense jamais. Hier, nous avons entendu chanter une âme. Derrière la technique éblouissante, des qualités secrètes nous ont montré un Nadir vrai. “Je crois entendre encore…” répète-t-il dans son air fameux. Elio Leone, plus qu’il ne chantait, semblait lui aussi entendre. Son énergie physique s’était faite spirituelle. Sa voix n’était plus qu’un dedans qui cherchait son dehors. Nous, qui avions été bouleversés d’entendre battre un cœur, à présent nous le voyions naître. »

« La projection vocale impressionne, sans que le ténor ait le mauvais goût d’y ajouter de quoi assommer le public. Ce dernier ne s’y est d’ailleurs pas trompé en acclamant longuement le prodige. Si l’on craignait d’assister à un jeu de massacre où l’on jette à l’eau quelqu’un à qui on n’a pas appris à nager, on a au contraire vu un chanteur naître à un rôle où tant d’autres sont morts. »

« Assis, le front posé sur un genou, ou bien roulés en boule par terre, avec des corps maigrichons malgré la triple épaisseur d’habits qui les boudinent. Il y a une petite fille avec les tricots de toute sa famille sur le dos, et une seule chaussure. Pourquoi n’a-t-elle pas l’autre, se demande Elio, qui voudrait la retrouver et la lui rendre. Deux petits garçons se tiennent l’un à l’autre en dormant. La plupart n’ont rien à quoi s’agripper.
On n’entend personne pleurer. Ils ne parlent pas non plus. Le silence de ces gens donne envie de hurler. »

« Sœur Annamaria le cale sur son giron et commence à lui chanter Ninna Nanna.
L’effet que ça fait d’entendre la première berceuse de sa vie…
– Ça va aller, ça va aller, lui répète-t-elle.
C’est affreux, les gens gentils. On a toujours envie de les croire. »

 

Alexia Stresi est comédienne, scénariste et écrivaine. Elle a publié deux romans aux Éditions Stock, Looping (2017, finaliste du Goncourt du premier roman et Grand Prix Madame Figaro) et Batailles (2021).

Frisson horreur, Psychologie, Roman, Thriller, Thriller psychologique

Le Manoir des glaces

de Camilla Sten
Broché – 13 octobre 2023
Éditions : Seuil

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Eleanor n’aurait jamais imaginé assister au meurtre de sa cruelle mais bien-aimée grand-mère Vivianne. Sur le seuil de l’appartement, elle croise le tueur. Mais atteinte d’une maladie rare, la prosopagnosie, elle ne peut reconnaître les visages.

En état de choc, elle apprend de surcroît que Vivianne lui a légué un manoir isolé dans la forêt suédoise dont elle n’avait jamais entendu parler.

Accompagnée de sa tante Veronika, de son compagnon Sebastian et d’un avocat un peu étrange, Eleanor se rend, angoissée, dans ce lieu inconnu. Le manoir dévoile peu à peu ses secrets et semble avoir été le témoin d’un passé terrible. Que cachait Vivianne ? Pourquoi n’avoir jamais mentionné l’existence de cette bâtisse ?

Beaucoup d’interrogations et si peu de temps, car le blizzard se lève et l’ombre des bois pénètre dans le domaine de Haut Soleil. Commence alors un huis clos pour le moins glaçant…

Camilla Sten, née en 1992, est la fille de Viveca Sten, superstar suédoise de polars. Après une série pour la jeunesse (L’Île des disparus, Michel Lafon) à quatre mains avec sa mère, elle publie son premier roman, Le Village Perdu, bientôt adapté sur Netflix, et revient avec Le Manoir des glaces, un nouveau thriller oppressant et machiavélique.

Traduit du suédois par Anna Postel.

“Une plongée terrifiante au cœur des secrets de famille et de la forêt suédoise.”
The New York Times

 

• Couv_2023-109_Sten Camilla - Le manoir des glaces

 

C’est le premier roman de Camilla Sten que je lis.
Le moins, que l’on puisse dire, c’est que cela démarre très fort, avec le meurtre de la grand-mère de l’héroïne, Eleanor, qui va hériter du coup d’un manoir isolé en plein milieu de la mystérieuse forêt suédoise !
De manière générale, j’aime beaucoup le côté très dépaysant des polars nordiques et là, pas de déception…

L’auteure nous entraîne dans un huis clos glaçant, où les personnages sont isolés de tout, au milieu de nulle part. Le personnage principal aurait pu être le manoir lui-même, tellement son rôle et sa situation géographique ont de l’importance, mais Camilla a “construit” une histoire audacieuse, qui recèle de nombreuses idées qui donnent un sacré plus à son récit.

Tout d’abord.
– Eleanor, souffre de prosopagnosie, une maladie très rare qui l’empêche de reconnaître les visages. Elle est la seule à avoir croisée le ou la meurtrière, mais son esprit n’a pas pu l’enregistrer. Et pour cause, elle est incapable de se souvenir d’un visage, pas même le sien, lorsqu’elle se voit dans un miroir.
– Le cadre, les paysages isolés et le climat très hostile sont bien exploités par Camilla, créant une atmosphère oppressante avec des personnages qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes, une tempête de neige ayant immobilisé les accès routiers et le réseau téléphonique.
– Le choix d’écrire aussi avec une double temporalité, qui apporte de la complexité au récit, ce qui permet à l’auteure de jouer d’autant plus avec ses lecteurs puisqu’elle révèle au compte-gouttes de minuscules indices au fil des pages…
– Un roman policier (où d’ailleurs, il n’y a aucun policier…), on recherche le ou la coupable, en évitant de se faire tuer à son tour.

Non-dits, secrets de famille, intrigues bien ficelées, nombreux rebondissements, un récit fluide et très agréable à lire… jusqu’à la dernière ligne, jusqu’aux révélations finales.

Merci à Babelio pour cette très belle découverte !

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Extraits :

« Lorsque je regarde mes mains, j’ai toujours l’impression d’y voir du sang, bien que je les aie frottées au savon antiseptique jusqu’à ce qu’elles soient rouges et irritées, dans la salle de bains aux murs immaculés. »

« – J’ai vu quelqu’un !
Je serre toujours sa manche dans mon poing.
– Comment ça ?
– Près du lac. À côté de la petite maison, là-bas. Il y avait quelqu’un.
Son regard glisse sur moi pour se porter vers la maison.
– Tu es sûre ? Il fait nuit noire.
Certaine.
En prononçant ces paroles, je me demande si c’est la vérité. La voix calme et rassurante de Carina résonne dans mes oreilles.
Ta peur est valide, mais elle n’a pas besoin d’être réelle. La peur est vraie, mais n’a pas besoin d’être la vérité. »

« Son sourire s’était dissipé aussi vite qu’il était venu.
“Tu es une petite fille sale et idiote, incapable de parler convenablement !” La peau de son visage semblait se tendre au niveau de ses pommettes. “Comment peux-tu penser que quelqu’un comme toi puisse être autre chose qu’une bonniche ?” »

« Je voudrais briser ce miroir vaniteux. Saisir un couteau acéré dans la cuisine et le planter dans le beau visage de la peinture dans l’entrée. Je voudrais lui hurler : Tu m’as détruite ! Tu ne m’as jamais aimée, tu m’as traitée comme un animal de compagnie, un chien servile. Tu m’as dit que j’étais bête, insignifiante, laide. Que c’était ma faute si ma mère avait eu un cancer. Que mon père avait quitté ma mère parce qu’il ne voulait pas de moi et que personne d’autre que toi ne m’aimerait. » 

 

 

Camilla Sten est la fille de Viveca Sten (1959), célèbre auteur suédoise de romans policiers.

Elle étudie actuellement la psychologie à l’Université d’Uppsala.

Elle a souvent écrit et aidé sa mère à peaufiner ses histoires. Avec L’Île des disparus : La fille de l’eau (Djupgraven, 2016), elles se sont lancé un nouveau défi : l’écriture d’une série pour la jeunesse.

Le secret du brouillard (Sjörök), le deuxième tome, a été publié en 2017, suivi de Les Lueurs de l’archipel (Mareld, 2018).

Le village perdu (Staden, 2019), un thriller très original vendu dans 17 pays, est son premier roman adulte.

Émotion, Drame, Histoire vraie, Suspense

Juste pour DARA

de Tom Noti
Broché – 10 octobre 2023
Éditions : La Trace

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« Je dois retrouver quelqu’un.
C’est pour cela que j’ai fait le voyage jusqu’ici.
Retrouver quelqu’un.
J’avance à petits pas vers cet inconnu. Sera-t-il lumineux comme ce soleil ou terrassant comme ses ombres ? »

1960. Une jeune femme retourne sur les lieux de son enfance. Elle est à la recherche d’un homme qu’elle a croisé des années plus tôt. Elle connait le secret qu’il tait depuis longtemps et voudrait le faire éclater au grand jour. Mais tous les secrets doivent-ils être révélés ?

Inspiré d’une histoire vraie.

 

• Couv_2023-108_Noti Tom - Juste pour Dara

 

Dara à une mission à accomplir. Il lui aura fallu 25 ans pour se décider.
En effet, ce récit se déroule un quart de siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après avoir été marquée par d’innombrables bouleversements et atrocités, Dara avait fui son Italie natale pour trouver refuge en Suisse. Ces 25 années post-guerre auront été une période de reconstruction et de réflexion. Mais aujourd’hui elle est décidée… Elle ira jusqu’au bout !

Elle est déterminée aujourd’hui à révéler un secret qu’elle porte sur ses épaules depuis bien trop longtemps. Elle part donc à la recherche de celui qu’elle a rencontré aux pires moments de sa vie…

Durant la moitié de ma lecture Tom Noti a fait ce qu’il fallait pour m’empêcher de refermer mon livre. Moi qui avais prévu un rythme de lecture plutôt tranquille… Je n’ai pas pu faite autrement que le lire d’une traite !
Avec son septième roman Tom a de nouveau touché ma sensibilité et de nombreuses images insoutenables ont défilées devant mes yeux… Doit-on révéler tous les secrets que l’on connaît, même pour le bien d’une personne ? C’est la grande question qui a résonné dans mon esprit après un très long suspense, durant toute la seconde partie de ma lecture. Finalement, Dara retrouve l’homme en question qui est désarçonné par ce qu’elle lui dit. Le ton monte… Il ne veut rien savoir. C’est sa vie, il ne le supporterait pas autrement.

Il y a des moments où garder un secret peut être impératif, notamment dans des situations qui impliquent des vies. Cependant, il est également important de se rappeler que les secrets peuvent parfois peser lourdement sur la conscience et avoir des répercussions sur la santé mentale et les relations personnelles des personnes impliquées qui porteront des cicatrices émotionnelles.

J’aimerai tant pouvoir vous en dire plus, mais ce serait gâcher votre surprise.
Tom Noti est un vrai conteur.
De nouveau, il m’a estomaqué, je n’ai pas triché et me suis laissé porter… Malgré quelques larmes.
C’est une histoire inspirée d’un fait réel, pour ne pas oublier.
NE JAMAIS OUBLIER !

Il est important de reconnaître que certaines personnes, dans des moments cruciaux ou des situations exceptionnelles, se sont distingués par des actes de courage, d’altruisme ou de sacrifice les qualifiant comme des “héros”. Ces actes peuvent inclure des sauvetages, des actions pour le bien commun, ou même de petites choses qui apportent du réconfort et de l’aide aux autres.

Merci Tom pour ce cadeau, merci d’être là…

Un Coup de cœur !

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Extraits :

« Je m’appelle Dara.
Ce matin, je suis arrivée ici, dans cette petite ville maussade, presque endormie. J’ai pris le train hier puis l’autobus. Seule. Ma valise n’était pas trop remplie, à peine quelques vêtements. Elle pesait pourtant au bout de mon bras comme si j’avançais dans le monde chargée de ses malheurs. Et je ne suis pas bien costaude.
Je dois retrouver quelqu’un.
C’est pour cela que j’ai fait le voyage jusqu’ici.
Retrouver quelqu’un. »

« J’ai besoin de temps, de temps et de courage. Alors je profite encore de cette rafraîchissante solitude, là au fond de cette église, avec ces vitraux sombres de poussière, ces statues d’une mère qui chérit son enfant. Tout ce qui m’a détruite et m’a sauvée.
Je tente de calmer ma respiration devenue un peu anarchique, les souvenirs sournois tapent à l’huis de ma mémoire cadenassée. »

« Elle raconte qu’elle a quitté l’île parce qu’on l’avait surprise tenant la main d’un jeune homme. C’était l’été, c’était avant la guerre, c’était un temps où tenir une main équivalait à se dévêtir et faire l’amour en public.
Elle était naïve elle, la petite îlienne. »

« – Le courage n’est pas le bon mot. Il s’agissait davantage d’un devoir, d’une mission. J’ai tenté de faire quelque chose pour des hommes, pour des femmes et des enfants, pas pour des Juifs ou des chrétiens ou toute autre religion. J’ai fait mon devoir pour aider des humains à échapper à l’inhumanité et la barbarie aveugle. C’est tout ce que j’ai fait. »

« L’amour peut aussi émerger sans bruit des crépitements d’un brasier et s’envoler et grandir sans le tapage des mots prononcés. »

 

 

 

Tom NOTI est grenoblois et le dernier d’une famille d’origine italienne. Il a baigné dans le bruit des conversations, les cris, les rires et les odeurs de cuisine. Il aime passionnément le basket-ball et la lecture et ne peut vivre sans la musique et le cinéma. Il dit de lui même qu’il est solitaire, dilettante, trop émotif, désorganisé, toujours à l’ouest… et c’est vrai ! Il devient instituteur et reste vivre près de Grenoble. Il aime cette ville où chaque rue se prolonge par une montagne. C’est de là qu’il écrit, face aux sommets découpés du Trièves.

“La littérature est une fuite.
J’ai fui l’ennui de l’enfance en lisant, j’ai fui la réalité en lisant, j’ai fui la peur, le terne de l’existence, la cruelle lumière sociale en lisant.
Je fuis toujours en marchant dans les pas des auteurs que j’aime, en empruntant leurs mots que je ne saurais prononcer et leur courage de vivre ce que je n’ose pas vivre. Je m’exile dans leurs voyages sans la lourdeur de mes bagages. Je frémis des vents qu’ils affrontent et dont je me calfeutre.
Alors oui, la littérature est une couverture de survie en cette période de repli, d’angoisse et de suspicion. Je m’y replie, je m’y enterre et comme toujours, elle me permet de respirer.
Je n’ignore pas la douceur d’un pendant, béat et peut-être effrayamment inconscient.
Je n’ignore l’espoir d’un APRES, ce petit mot anodin, écrit en majuscules tout à coup, sur tellement de lignes.
Je n’ignore pas que certains écrits pourraient m’apporter quelques éclairages sur ce que vivent ces autres qui se disent à l’unisson pour une fois.
Je n’ignore pas les journaux nombrilistes qui se prétendent universels et les regrets et les hontes parfois, que ces « modes d’emploi opportunistes » génèreront plus tard.
Mais ce que je préfère dans la littérature, ce sont les lumières d’un ailleurs, d’un autrement.”

Roman

Le tigre et les pilleurs de Dieu*

Une enquête d’Hippolyte Salvignac
de Philippe Grandcoing
Broché – 13 juin 2019
Éditeur : de Borée

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Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l’ouragan de l’affaire Dreyfus. La séparation de l’Église et de l’État est dans tous les esprits… Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d’une quarantaine d’années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d’oeuvres d’art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne… Flanqué de l’inspecteur Jules Lerouet, bâtard au grand coeur, Salvignac découvre les méandres d’une situation explosive : luttes politiques, tensions diplomatiques, conflits religieux et trafics internationaux. Au fil de son enquête, il sillonnera l’Europe de la Belle Epoque, de son Quercy natal à Londres en passant par les stations thermales d’Auvergne et la banlieue parisienne.
Une galerie de personnages attachants, romanesques ou réels, fait de ce polar historique un livre passionnant, alors que va naître la police moderne des Brigades du Tigre. Fréquentant aussi bien les allées du pouvoir que le monde interlope des marchands d’art ou les soupentes du Quai des Orfèvres, Salvignac entraîne le lecteur dans le tourbillon des années 1900. À travers mille rebondissements se dévoile tout un monde révolu où se côtoient premières automobiles et voitures à chevaux, lampes à pétrole et ampoules électriques, une société où s’invente chaque jour la modernité du XXe siècle.

 

• Couv_2023-107_Grandcoing Philippe - Le tigre et les pilleurs de Dieu - Une enquête d'Hippolyte Salvignac*

 

C’est la couverture qui m’a incité à aller vers ce roman. Je la trouve superbe !

Le Tigre et les pilleurs de Dieu est un très bon roman policier historique. Lorsque que j’ai lu le titre, je n’ai pas tout de suite fait le lien avec le “tigre”. C’est pendant ma lecture, dès la première intervention de Georges Clemenceau, que j’ai compris !

Nous sommes en 1906 en pleine séparation de l’église et de l’État. Le scandale est proche. En effet, depuis plusieurs années, déjà, des œuvres d’art sont copiées et volées dans les Églises. Afin d’éviter une implosion au sein de l’État, Georges Clémenceau, Président du Conseil, confie à l’inspecteur Jules Lerouet la responsabilité de démêler ce problème avant que sa présidence ne soit impliquée. Lerouet sera aidé par un jeune antiquaire, Hippolyte Salvignac, qui a une véritable passion pour l’histoire, il devra aider la Police sur cette enquête concernant un trafic d’œuvres d’art religieuses en France et en Europe.

Dès les premières lignes, je me suis retrouvé dans le passé à l’aube du XXe siècle. Philippe Grandcoing m’a fait voyager dans le temps de manière totalement crédible, dans un Paris rempli de nouvelles technologies naissantes. C’est la Belle Époque, et les investigations policières se modernisent aussi. Le recensement des premiers portraits d’éventuels malfaiteurs, le début des recherches d’empreintes digitales et une nouvelle idée qui émerge tout doucement, la création d’une Police Nationale. Hippolyte Salvignac prend un certain plaisir et va petit à petit s’éveiller au métier de détective, il se prend au jeu.

C’est un livre très agréable à lire, un vrai moment de détente, un pur régal à déguster sans modération, au-delà d’une intrigue originale et bien documentée. Il y a du suspense, de multiples rebondissements, j’ai savouré chacune de ses phrases… grâce à une écriture fluide, précise, riche et imagée.

Les personnages sont attachants, ce premier roman est fort prometteur et m’a donné envie de poursuivre la série et de découvrir d’autres enquêtes.

Un grand merci à Virginie des éditions de Borée, pour ce voyage dans le temps…

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Extraits :

« De larges gouttes de pluie crépitaient sur les verrières du passage du Grand-Cerf, au cœur du quartier Bonne-Nouvelle. Dans sa boutique de curiosités et d’antiquités à l’enseigne des Arts sacrés du monde entier, Hippolyte Salvignac examinait un fétiche à clous qu’il venait d’acquérir dans un lot en provenance du Congo. Son correspondant à Léopoldville avait joint à l’envoi une courte lettre lui détaillant les caractéristiques de l’objet. »

« Le fiacre filait au trot dans les rues du centre de Paris. La rue Saint-Denis, la rue Etienne-Marcel, la place des Victoires, la rue des Petits-Champs, la place Vendôme, la rue Saint-Honoré. C’était le Paris qu’Hippolyte Salvignac aimait le plus, celui de la rive droite, modelé par l’urbanisme royal des XVIIe et XVIIIe siècles, celui que les grandes percées haussmanniennes avaient épargné. Il se dit que, s’il avait davantage d’argent, il chercherait à se loger par là. Non que son appartement de la rue Vieille-du-Temple lui déplaise, mais il avait envie de quitter ce quartier du Marais trop industrieux à son goût. »

« Lorsque Hippolyte se présenta le lendemain matin à la préfecture de police, Ernest Favre, l’homme qui l’avait ramené de Meudon la veille, lui expliqua qu’ils devaient aller chercher Lerouet au ministère avant d’aller fouiller la villa. Tandis que la voiture s’insérait dans le trafic matinal des quais, le policier lui expliqua que son collègue avait été convoqué par Clemenceau suite au rapport qu’il avait fait au préfet de police.
Ça doit être un gros lièvre que vous avez levé tous les deux, pour que le père Clemenceau s’en mêle…»

« Il commençait à regretter l’univers qu’il avait côtoyé un temps : le bureau du chef du gouvernement, la loge officielle à l’Opéra, les couloirs de la Sûreté. Il en voulait à Clemenceau et à Lerouet qui lui avaient entrebâillé une porte pour la refermer presque aussitôt. Il hésita à ouvrir une seconde bouteille. Il avait atteint cet état cotonneux où les sens s’émoussent, mais où l’esprit semble avoir repoussé ses propres limites. Finalement, il se laissa tomber dans un fauteuil face à la carte zébrée de rouge et piquetée d’épingles. Plus il la fixait, plus il lui semblait qu’elle cachait une vérité à laquelle jamais Lerouet, avec ses méthodes de policier, n’accéderait. »

 

Philippe Grandcoing, né le 6 novembre 1968, à Limoges (Haute-Vienne), est professeur agrégé d’Histoire en classes préparatoires au lycée Gay-Lussac, docteur en histoire contemporaine, spécialiste de l’histoire de la société limousine du XIXe et du XXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment huit volumes de la collection des « Grandes affaires criminelles » chez De Borée. La Malédiction de Rocalbes est le cinquième épisode des aventures d’Hippolyte Salvignac.

Ouvrages historiques et scientifiques

– Les demeures de la distinction. Châteaux et châtelains au XIXe siècle en Haute-Vienne, éditions PULIM, 1999.
– La baïonnette et le lancis. Crise urbaine et révolution à Limoges sous la Seconde République, éditions PULIM, 2002.
– Le siècle d’or des châteaux. Haute-Vienne 1800-1914, Editions Culture & Patrimoine en Limousin, 2002
– Un Robin des Bois entre Périgord et Limousin : Histoire et légende de Burgou, XIXe – XXe siècles, Éditions Culture & Patrimoine en Limousin (Collection « Patrimoine en poche »), 2006, 158 p. (ISBN 2-911167-49-X).

Romans de la série Salvignac

– Le Tigre et les pilleurs de Dieu, éditions De Borée, 2018.
– Le Faubourg des diaboliques, éditions De Borée, 2019.
– Tuer est un art, éditions De Borée, 2020.
– La Conspiration hongroise, éditions De Borée, 2021
– La Malédiction de Rocalbes, éditions De Borée, 2022
– Les Noyés du bord de Marne, éditions De Borée, 2023

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Ouvrages collectifs

– 1905, le printemps rouge de Limoges (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2005.
– Un siècle militant : Engagement(s), résistance(s) et mémoire(s) au XXe siècle en Limousin (avec Vincent Brousse et Dominique Danthieux), éditions PULIM, 2005.
– L’Innovation agricole en Pays Limousin du Moyen Âge à nos jours, éditions Les Monédières, 2006.
– Les grandes affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2008.
– Les nouvelles affaires criminelles de Haute-Vienne (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2009.
– Ostensions (avec Vincent Brousse), Culture et Patrimoine en Limousin, 2009.
– Fermes idéales en Limousin, Culture et Patrimoine en Limousin, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), éditions De Borée, 2010.
– Paysage et environnement en Limousin, de l’antiquité à nos jours, éditions PULIM, 2010.
– Les grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), Éditions De Borée, 2010.
– Les grandes affaires criminelles du Limousin (avec Vincent Brousse, Jean-Marie Chevrier et Jean-Michel Valade), Éditions De Borée, 2010.
– Les nouvelles affaires criminelles de la Creuse (avec Vincent Brousse), Editions De Borée, 2011.
– Les Grandes affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2011.
– Les Nouvelles affaires criminelles du Lot (avec Vincent Brousse), De Borée, avril 2012.
– Les Nouvelles affaires criminelles de Corrèze (avec Vincent Brousse), De Borée, octobre 2013.
– Les Nouvelles affaires criminelles politiques (avec Vincent Brousse), De Borée, novembre 2013.
– Limousin sur grand écran, Culture et Patrimoine en Limousin, 2013.
– Utopies en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii.), Les Ardents Éditeurs, 2014
– Oradour après Oradour (avec Dominique Danthieux), Culture et Patrimoine en Limousin, 2014.
– Le Front Populaire en Limousin (avec Vincent Brousse, Dominique Danthieux et alii), Les Ardents Éditeurs, 2015.
– La Belle Époque des pilleurs d’églises. Vols et trafics des émaux médiévaux. (avec Vincent Brousse), Les Ardents Éditeurs, 2017.
– Sublime Périgord, la fabrique d’un territoire d’exception, (avec Hélène Lafaye-Fouhéty) Les Ardents Éditeurs, 2021.
– L’affaire Barataud. Une enquête dans le Limoges des années 1920 (avec Vincent Brousse), Geste éditions, 2022, 267 p. (ISBN 979-10-353-1552-8).

Publications diverses

– Articles d’histoire dans les revues Les Grandes Affaires de l’Histoire dont il a été conseiller éditorial de 2015 à 2018 et Les Grandes Affaires Criminelles.

Drame, Noir, Polar, Suspense

Une bonne raison de mourir

de Arthur Caché
Broché – 5 octobre 2023
Éditeur : Taurnada

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Quand un ancien géologue disparaît mystérieusement près de Paris, Beryl, jeune chef de groupe à la Crim’, se saisit aussitôt de l’affaire. Assistée de Rudy, son adjoint au passé tourmenté, puis d’Ara, un ancien flic reconverti dans le trafic de contrefaçons, elle remonte la piste d’une compagnie pétrolière en Turquie. Mais tandis que les découvertes troublantes se multiplient et que les cadavres s’accumulent, des profondeurs de la mer Noire surgit un terrible secret… Beryl comprend alors que le plus effroyable des comptes à rebours a déjà commencé…

 

• Couv_2023-106_Caché Arthur - Une bonne raison de mourir

 

Un grand merci à Joël pour ce nouveau service de presse.

Je me demande vraiment comment Taurnada éditions arrive à trouver des auteurs proposant régulièrement des romans d’une telle qualité. Impossible de s’ennuyer une seule seconde.

Je découvre Arthur Caché avec cet excellent second roman et de plus, un sujet que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire.
Un polar qui gravite entre le monde de l’industrie pétrolière, les escroqueries à une échelle mondiale et des politiciens et des hommes d’affaires véreux. L’intrigue aurait pu être classique, mais l’auteur a su trouver le bon rythme. En effet, Arthur alterne son récit intelligemment entre la science, le domaine de la recherche pétrolifère sans jamais laisser de côté l’enquête policière qui, chapitre après chapitre gagne en puissance et en rebondissements !
Durant ma lecture, j’ai essayé de deviner le travail énorme de recherche nécessaire à Arthur, sur la complexité de la thématique abordée, et sa transposition, qui en fait un roman dynamique plein de suspense, fluide, très agréable, mais surtout accessible à tous, où rien n’est laissé au hasard !

Sur fond d’extraction de pétrole et de gaz, Arthur nous emmène à travers une enquête inquiétante, semée de cadavres qui suit la disparition d’un scientifique qui détenait des informations à priori d’une importance capitale, qu’il souhaitait transmettre à Beryl, cheffe de groupe de la Crim’, qui n’est autre que la fille de l’un de ses anciens amis reporters, aujourd’hui décédé.
La surprise passée, c’est l’implication de son père dans cette enquête, qui va la mener à l’étranger, qui lui donnera la force nécessaire malgré les risques et les périls encourus.
Une enquête sans temps morts, pour la jeune policière et son adjoint.

Une très belle surprise pour ma part. Impossible de lâcher ce roman avant le point final… qui n’en est peut-être pas un !
Un sujet passionnant que je ne peux que vous recommander…

Arthur Caché, un auteur à suivre !

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Extraits :

« Dire que Rudy Ferey revenait de loin était un euphémisme. L’intervention d’une psychologue plus armée que les autres (et aussi mieux entourée, son ami procureur de la République ayant accepté d’effacer le casier judiciaire de son patient) lui avait permis de s’extirper de cette situation désespérée et de retrouver le chemin du succès. Bac, licence, école d’officiers. »

« Elle vit son supérieur opiner d’un air grave – de circonstance par rapport à la situation -, mais devina à son regard brillant sa satisfaction de voir son équipe occupée sur cette nouvelle affaire. L’ADN de la brigade criminelle, ce sont les enquêtes ; pas les heures à jouer aux cartes en attendant que tombe un cadavre. »

« L’appel à l’aide était venu d’un ami de son père, voilà pourquoi elle se sentait obligée d’y répondre. Y renoncer serait revenu à trahir l’homme qu’elle admirait le plus sur cette planète. »

« “Au fait, pourquoi est-ce que vous nous aidez ?”
L’homme remonta la fermeture Éclair de son blouson et la considéra avec gravité.
“Pour la même raison pour laquelle j’ai quitté la police : l’envie d’être du bon côté”, lâcha-t-il.
Rien dans cette réponse ne sembla à Beryl de bon augure pour la suite. »

« “Le pétrole naît de la transformation, dans les profondeurs de la Terre, de la matière organique issue des restes de plantes ou d’animaux morts. Cette transformation s’effectue sur des dizaines de millions d’années, et voit à terme se créer une substance – du pétrole ou du gaz, selon la profondeur – qui va migrer naturellement vers la surface.” ! »

 

Arthur Caché est né à Reims en 1984. Après une première partie de carrière en tant qu’ingénieur en France et à l’étranger, il s’installe dans les Vosges avec sa famille et décide de se consacrer à l’écriture.
Il publie en mai 2020 son premier roman, Le Cercle des Hellébores Noirs, un ouvrage à mi-chemin entre thriller social et roman noir, dans lequel il dénonce le fléau des violences sexuelles contre les femmes.
Une bonne raison de mourir est son deuxième roman.

Émotion, Drame, Noir, Polar

Surface

de Olivier Norek
Broché – 4 avril 2019
Éditeur : Michel Lafon

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PRIX 2019 MAISON DE LA PRESSE

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
Là-bas, personne ne veut de son enquête.

 

• Couv_2023-105_Norek Olivier - Surface

 

Une histoire très prenante qui va au-delà d’une enquête policière !

Noémie Chastain n’est plus.
Désormais, il faudra l’appeler No…

Suite à une descente chez un dealer parisien qui tourne très mal, Noémie… euh pardon ! No, reçoit une balle dans le visage durant l’intervention.
Défigurée, blessée à l’extérieur comme à l’intérieur, elle est prise en charge par un psychiatre qui s’occupe des soldats de retour du Moyen-Orient. Après une longue période de convalescence et un traitement psychologique, certains collègues et sa hiérarchie du 36 voient d’un mauvais œil un retour à son service. Elle constatera d’ailleurs par elle-même, qu’elle n’est pas encore prête à reprendre ses fonctions. Très vite No, se retrouve parachutée, par une “mutation temporaire” dans un petit village du sud de la France en Aveyron.
Elle vit mal son exil et son rythme de travail parisien dérange très vite ses nouveaux collègues locaux. L’apparence tranquille du village et de ses habitants cache des secrets qui ne vont pas tarder à remonter à la surface.
Le cadavre d’un enfant est retrouvé en plein milieu d’un lac créé par un barrage, il y a quelques années, dans un fût qui flotte librement…

Le récit commence vite et fort.
Bien qu’il s’ouvre son récit avec une scène et un décor familiers de sa série Code 93, “Surface” a un style et un rythme très différents de ceux auxquels Olivier m’avait habitué, meurtres liés à la drogue, les banlieues parisiennes surexcitées. Ici nous avons des habitants d’un village semblant tous stéréotypés, des policiers un peu naïfs, avec aux commandes un maire très ambitieux, ouvertement raciste qui veut redresser la situation de la région et de son village, à tout prix… Mais tout ne sera pas tel qu’il le paraît…

Un récit bien structuré, intelligent, où j’ai aimé tout particulièrement le suivi du personnage principal Noémie, durant sa reconstruction mentale. Un récit où Olivier après avoir ferré ses lecteurs se permet de les “promener” dans tous les sens grâce à son intrigue intelligente et à son rythme de révélations, on voit bien qu’il sait de quoi il parle… Il y a aussi de nombreuses sensations fortes.

Un polar prenant, très agréable à lire, très pro !

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Extraits :

« Pendant cette tempête de douleur et de terreur, elle ne les avait pas quittés du regard. Paralysée, mais consciente. Son œil gauche était fixé sur eux, l’autre était aveuglé par le sang.
Le calme revint et les trois ambulanciers se concentrèrent de nouveau sur leur mission.
Sauver un flic. »

« Elle cligna de l’œil, une fois.
De l’autre côté du miroir, l’étrangère cligna aussi. Elle s’était préparée à voir son visage, même accidenté, mais ce n’était plus son visage. Elle ne s’identifia pas à l’écorchée d’anatomie qui la fixait.
“C’est mon moi mort que je regarde.” »

« Elle fut réveillée en sursaut vers minuit par un cri animal déchirant, une complainte douloureuse. Elle dressa l’oreille, mais n’entendit plus rien. Elle se glissa alors sous les draps et tourna sur elle-même à la recherche d’un sommeil qui se joua d’elle jusqu’au lever du soleil.
Noémie avait espéré laisser ses nuits blanches à Paris, mais elles lui étaient restées fidèles jusqu’ici. »

« Depuis les premières gouttes tombées la veille sur Avalone, la pluie n’avait pas cessé. On avait installé une table sur tréteaux entre deux allées du cimetière et planté un parasol en plastique au-dessus, afin de protéger les archives. Milk cochait sur le listing et écartait les copies des actes de décès au fur et à mesure que Bousquet et Valant criaient à voix haute les noms marqués sur les stèles.
– Claire Favan ?
– Ouais, confirma Milk. Favan, Claire, je l’ai.
– Jacques Saussey ?
– Saussey, Jacques, je l’ai. »

 

Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis capitaine de police à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 pendant dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de la trilogie du capitaine Coste (Code 93, Territoires et Surtensions) et du bouleversant roman social Entre deux mondes, largement salués par la critique, lauréats de nombreux prix littéraires et traduits dans près de dix pays.

Avec Surface, il nous entraîne dans une enquête aussi déroutante que dangereuse. Un retour aux sources du polar, brutal, terriblement humain, et un suspense à couper le souffle.

Émotion, Roman

Cordillera

de Delphine Grouès
Broché – 12 janvier 2023
Éditeur : Cherche Midi

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On dit que la cordillère des Andes vibre à l’écho des vies qui y défilent.

Dans le Chili du début du xxe siècle, la famille Silva, respectée et crainte dans le village, est auréolée de mystère. Cecilio, le père, taiseux, les mains dans la terre rebelle. Luisa, la mère, mapuche, qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. Esteban, l’aîné, amené à découvrir, ébloui, l’univers des poètes et de l’imprimerie. Joaquín, le cadet téméraire, gardien de troupeaux, mû par l’appel des cimes. Nombreuses sont leurs épreuves : la colère de la terre, la violence des hommes, la mort, le traumatisme de la guerre. Le clan fait face, soudé par un amour pudique. Dans cette nature indomptable, des cols glacials aux vallons ombrageux, des pâtures verdoyantes aux mines du désert de l’Atacama, chacun chemine vers son destin, sa liberté.

Fresque ample et romanesque teintée du réalisme magique sud-américain, Cordillera nous emporte dans la vie d’hommes et de femmes qui résistent et se tiennent debout sur les crêtes des montagnes comme sur le fil hasardeux de l’existence.

 

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Ceux qui me connaissent un peu, savent mon attachement aux premiers romans, avec leurs “petites” imperfections, c’est toujours une aventure littéraire “aveugle”, avec le risque d’être déçu ou tout simplement de ne pas aimer, mais aussi la possibilité d’être émerveillé, de rencontrer une nouvelle plume. Très vite je me suis perdu avec tous les personnages, hommes, femmes aux prénoms auxquels nous sommes peu habitués. Mais j’ai insisté, les phrases que je lisais étaient belles, me touchaient, je ressentais quelque chose…

“Cordillera” est le genre de livre qui a du souffle. Nous ne sommes pas loin d’une grande fresque, d’une saga, on suit l’épopée des fils SILVA qui quittent le clan et partent à l’aventure, les femmes sont-elles guérisseuses, ou sorcière peut-être, dans une véritable société de transhumance qui parle très peu comme souvent sont les Montagnards, taiseux. Mais par contre, ils dialoguent avec le vent qui respecte les plantes et la nature, ils comprennent les animaux. Chacun de leur geste semble faire raisonner une prière, qui tend vers le respect, car l’héroïne, la vraie de ce roman, c’est la Terre. Les habitants du village, la nomment, la Pachamama la “Terre mère”… Les humains ne sont que de passage, la Pachamama elle, c’est le temps, et les hommes de la famille SILVA, sont justement des grands amoureux de la Pachamama. Ce sont des “arrieros”, des cavaliers de la Cordillère profonde et plusieurs fois par an, ils montent sur les Andes pour veiller sur leurs troupeaux et protéger la terre des brigands argentins, leurs grands ennemis.

La trame du livre raconte l’histoire de deux garçons, Esteban l’ainé, sensible à la poésie et à l’écriture, et le plus jeune, Joaquin qui très tôt rêve d’aventure au grand air et souhaite guider les bêtes vers les cimes lors de l’estive. Ces garçons très différents, mais à la complicité fusionnelle feront la fierté de Cecilio le patriarche, ombrageux et secret, et de Luisa, d’origine Mapuche, guérisseuse qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. À peine adultes, les deux jeunes hommes seront contraints de quitter leur village situé au pied de la cordillère des Andes, afin de vivre leur propre vie, et les épreuves qu’ils avaient déjà rencontrées très tôt, continueront malheureusement à frapper à leur porte… l’exil, la menace, la maladie, l’amour et la mort…

En avançant dans ma lecture, les angles se sont multipliés laissant le côté familial du début pour être davantage politique et historique. Cordillera est un livre dense et riche, à aucun moment, il ne faut relâcher son attention sous peine de devenir plus spectateur que lecteur intégré !

J’ai ressenti une vraie différence sur mon Ressenti au fur et à mesure de ma lecture !
Vivre avec la famille Silva n’est pas une mince affaire… J’ai bien fait de ne pas baisser les bras, car au final, j’ai fait un superbe voyage !
Hâte de lire le prochain roman de Delphine…

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Extraits :

« Notre histoire est une histoire de déracinements. Parfois, j’aime croire que le cours du récit pourrait changer, que les chapitres suivants se hisseraient dans les airs, balayés par les vents.
Le petit Joaquin, grelottant de fièvre. Mes berceuses, les chants de Luisa. »

« La vie est mal faite.
Une phrase figée que l’on répète à l’envi. Mais ce n’est pas pour rien qu’elle existe.
Lorsque je remonte aux prémices de cette histoire, je ne peux m’empêcher de pourfendre cette vie qui est si mal faite. »

« Esteban était un homme, mais lui, il était différent. Ils s’étaient observés, devinés. Deux esprits enflammés sous deux apparences tranquilles, le même camouflage de sensibilités qui se protègent et se comprennent.
Rosa frappait à la porte, Esteban posait son livre. Le père Bixente la saluait puis laissait le jeune homme la raccompagner à Santa Victoria. Chacun tenait une anse du panier de linge. Ils calaient le balancier de leurs pas.
Ils remontaient doucement la colline, conversaient allègrement, se taisaient dès qu’un intrus croisait leur route. »

« Esteban s’évadait, se vouait à la puissance de la lecture, à la vénération sensorielle du livre. Chaque moment était clef dans l’amorce de l’envoûtement.
Prendre le livre entre ses mains, sentir sa texture, l’odeur du papier. Déchiffrer le titre, tourner lentement la première page, l’ultime respiration avant d’amorcer la lecture, la première phrase, l’envolée. Le col du mi-roman, la reliure qui bascule, les feuillets qui s’éclipsent, les dernières pages qui filent entre les doigts, l’irruption du blanc closant le texte. La couverture qui se referme dans un soupir. Le silence. La séparation, voire le deuil. Puis, le renouveau. »

 

Delphine Grouès, directrice de l’Institut des compétences et de l’innovation de Sciences Po, est autrice d’une thèse sur la protestation populaire chilienne, Cris et écrits de l’opprimé, et d’une pièce de théâtre, La Lueur de l’ombre, sur les silences mémoriels.

Chaque année, cette amoureuse du Chili arpente la cordillère des Andes à cheval et s’aventure seule dans les lieux les plus sauvages.

Émotion, Histoire vraie, Philosophique, Témoignage

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond

de Haruki Murakami
Poche – 17 février 2011
Éditeur : 10 X 18

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De la course à l’écriture, il n’y a qu’une foulée que Murakami nomme la vitalité. Pour s’astreindre à une discipline d’écrivain, l’auteur a vendu son club de jazz, arrêté de fumer, commencé à courir, inlassablement, tous les jours. Journal, essai, éloge de la course à pied, au fil de confidences inédites, Murakami nous livre une méditation lumineuse sur la vie.

“Un traité de sagesse à la japonaise, et c’est aussi la source cachée
de l’œuvre de Murakami, l’homme aux semelles de vent
qui dévore les mots et le bitume avec la même fringale.”
André Clavel, L’Express

Traduit du japonais par Hélène Morita

 

• Couv_2023-103_Murakami Haruki - Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

 

Avec “Autoportrait de l’auteur en coureur de fond”, je découvre Murakami, un auteur culte au Japon et pas seulement, puisqu’il a été traduit dans une trentaine de langues.

Je me dois d’être honnête.
Cet essai autobiographique risque d’ennuyer plus d’un lecteur. Le livre s’adresse vraiment aux coureurs qui ont ce besoin personnel d’aller au-delà de soi. Pendant des années, j’ai couru à raison de cinq à six fois par semaines entre cinq et dix kilomètres, parfois beaucoup plus, en fonction de l’heure à laquelle je devais me rendre à mon travail. Ça a toujours été une véritable passion, une introspection personnelle qui me permettait d’aller toujours plus loin. Le plaisir du dépassement de soi, en participant même à quelques marathons.

Murakami, l’explique très bien. Il nous parle de ses sensations ressenties hiver comme été, tout au long de l’année. À aucun moment, il ne conseille, ou incite le lecteur à courir. La course à pied est un chemin très personnel. J’ai passé des heures et des heures, seul, tantôt sous le soleil, parfois sous la pluie. C’est un choix. Un geste si simple, à la portée de tous !
Chaussures de course aux pieds, ma musique dans les oreilles et c’était parti !
Je n’avais jamais vraiment fait attention à la démarche philosophique que la course à pied impliquait… C’était naturel pour moi, et ce, depuis très jeune. Ce sport en “solitaire” me convenait très bien. Grâce à Haruki Murakami, maintenant, je sais pourquoi. Je comprends aussi qu’elles ont été les conséquences pour ma vie professionnelle et personnelle.
Durant les courses à pieds, le seul adversaire que l’on doit vaincre, c’est soi. La course est pénible physiquement et parfois même moralement, mais c’est précisément la souffrance que nous cherchons à dépasser qui nous confère le sentiment d’être véritablement heureux, véritablement vivants.

Puis l’auteur révèle finalement les liens qui existent entre l’écriture et le sport, particulièrement les sports solitaires. Ce que Murakami a vécu, il parvient à nous le faire partager à travers des mots simples et des anecdotes d’une grande justesse. Finalement, ce récit dépasse de très loin le cadre qu’il s’était imparti. Il y a dans ce livre une philosophie de la vie fondée sur l’effort, la volonté, la persévérance, débouchant sur l’immensité du possible humain…

Un très grand Merci à Chris Loseus pour cette très belle idée de lecture, qui a encore ouvert quelques brèches supplémentaires dans mon esprit, et m’a donné envie de découvrir ce “nouvel” auteur.

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Extraits :

« “Courez chaque jour et vous garderez la forme !”
Ce que j’ai voulu faire, au contraire, c’est exposer mes pensées sur le sens que revêt pour moi, en tant qu’être humain, le fait de courir. Tout simplement m’interroger, chercher des réponses.
Selon Somerset Maugham, “il y a de la philosophie même quand on se rase”. Se raser a beau être parfaitement anodin, comme cette opération se répète quotidiennement, elle finit par se transformer en un acte qui tient de la méditation. »

« De nombreuses raisons expliquent le fait qu’à certaines époques de ma vie, j’ai cessé de courir “sérieusement”. Tout d’abord, j’ai été de plus en plus occupé par mon travail, et le temps libre est devenu une sorte d’extra. »

« Noter tout ceci par écrit paraîtra un peu idiot pour quelqu’un de mon âge, mais je veux m’assurer que je rends compte des faits très clairement : je suis le genre d’homme qui aime faire les choses – quoi que ce soit – tout seul. Et pour être encore plus direct, je dirai que je suis le genre d’homme qui ne trouve pas pénible d’être seul. Je n’estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d’être installé seul à ma table quatre ou cinq heures durant. J’ai toujours eu cette inclination depuis ma jeunesse : lorsque j’avais le choix, je préférais invariablement lire des livres seul ou bien me concentrer à écouter de la musique plutôt que d’être en compagnie de quelqu’un d’autre. J’étais toujours apte à penser à des choses à faire quand j’étais seul. »

« Et un jour, j’ai eu envie de m’élancer sur la route. Simplement parce que j’en avais envie. Depuis toujours, j’agis selon mes désirs profonds. On a beau vouloir m’arrêter ou me persuader que je me trompe, je ne dévie pas. Comment un homme comme moi pourrait accepter d’être dirigé par qui que ce soit ? »

 

Haruki Murakami, né à Kyoto en 1949 et élevé à Kōbe, a étudié le théâtre et le cinéma à l’université Waseda, avant d’ouvrir un club de jazz à Tokyo en 1974.

Son premier roman, Écoute le chant du vent (1979), un titre emprunté à Truman Capote, lui a valu le prix Gunzo et un succès immédiat au Japon. Suivront : La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l’impossible, Danse, danse, danse et L’éléphant s’évapore.

Exilé en Grèce en 1988, en Italie puis aux États-Unis, où il écrit ses Chroniques de l’oiseau à ressort et Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, il rentre au Japon en 1995, écrit un recueil de nouvelles sur le séisme de Kōbe, Après le tremblement de terre, une enquête sur l’attentat de la secte Aum, Underground, puis suivent Les Amants du Spoutnik, le superbe Kafka sur le rivage et 1Q84 (livres 1,2 et 3). Plusieurs fois favori pour le Nobel de littérature, Haruki Murakami a reçu le prestigieux Yomiuri Prize et le prix Kafka 2006. Après L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, il autorise la publication d’Écoute le chant du vent suivi de Flipper, 1973, ses deux premiers romans inédits. Le Meurtre du Commandeur (livres 1 et 2) est son dernier roman paru.

Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Suspense, Thriller psychologique

Labyrinthes

de Franck Thilliez
Broché – 4 mai 2023
Éditeur : Pocket

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L’oubli comme seul témoin… Une enquête en forme de labyrinthe.

Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d’une étrange amnésie.
Camille Nijinski, en charge de l’enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s’entretient a bien plus à lui apprendre. Car, avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille entendra de toute sa carrière…

“Franck Thilliez nous entraîne avec Labyrinthes dans un formidable casse-tête, brillant exercice de style où plusieurs intrigues se déroulent de front, se superposent
puis fusionnent, pour dévoiler, en fin de compte, une stupéfiante vérité.”

Le Figaro magazine

“Le roi du polar a encore frappé !
Un incroyable dédale qui ne laisse pas une seconde de répit.”
Cosmopolitan

“Retrouvez le romancier, expert ès thriller, qui une fois encore
prend plaisir à explorer les dédales du cerveau humain.”
Femme actuelle

“Aussi déroutant qu’haletant.”
France Dimanche

 

• Couv_2023-102-Thilliez Franck - Labyrinthes

 

Comme le dit si bien Franck Thilliez lui-même : “Cette histoire de fous !”

Si Labyrinthes peut très bien se lire sans avoir lu Le Manuscrit inachevé et Il était deux fois, je vous les conseille quand même, afin d’apprécier pleinement ce dernier volet qui vient conclure cette superbe trilogie.

Dès les premières lignes, j’ai compris que j’allais passer un sacré moment, mais j’avoue que j’étais très loin d’imaginer tout ça…
Quel autre titre Franck aurait-il pu choisir pour clôturer cette trilogie ? Il résume à lui seul les nombreuses pistes qui paraissent très embrouillées tout le long du roman, pour, dans le dernier chapitre, boucler la boucle qui mène vers une fin… Mais est-ce vraiment une fin ?

Franck est un auteur que j’apprécie énormément, il n’hésite jamais à créer des ambiances particulières, imbibées de mystère et pleines de tension. J’ai trouvé son récit incroyable, d’autant plus qu’il est basé uniquement sur des faits avérés. Je vous conseille de bien vous installer au fond de votre fauteuil, et préparez-vous à en prendre plein la tête !

Dans ce roman choral, Franck a donné les rôles principaux à des femmes, leur consacrant systématiquement un chapitre chacune, à tour de rôle, pour mieux nous immerger, et surtout mieux nous perdre. Il y a un bon suspense, la tension va crescendo, c’est très addictif. Âmes sensibles s’abstenir, le sujet : “La violence dans l’Art”, combiné avec des passages particulièrement cruels, pourrais être dérangeant pour certains lecteurs…

Quant à la fin, comme d’habitude, parfaitement maîtrisée, que je n’ai pas vu venir du tout, elle relève du grand art, et m’a laissé complètement coi !

Prêt pour un grand bol d’adrénaline ?
Avec ce thriller, vous mettrez les pieds dans un univers où chacun essaiera de trouver ses propres repères. Mais attention, ne vous fiez jamais aux apparences…

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Extraits :

« Face à eux, la patiente dormait ; le bip lent de l’électrocardiogramme indiquait un sommeil paisible qu’il n’était pas question de perturber.
– D’après ses médecins, physiquement, il n’y a pas de risques. Les analyses biologiques révèlent des carences, mais rien de grave. Quant à ses engelures, même si certaines sont assez profondes, elles ne laisseront pas de séquelles. Psychologiquement, en revanche, c’est une autre histoire. Je vais faire au plus simple : tout a disparu de sa mémoire.
– Quand vous dites “tout”…
– L’intégralité de sa vie d’avant. Elle ne se souvient de rien. Une page blanche. »

« Quitter un cauchemar pour se réveiller dans un autre, pire encore… Tout tourbillonnait autour d’elle lorsque Julie tenta de se redresser. C’était comme dans un manège infernal, un bateau pirate de foire qui tournait autour d’un axe et vous maintenait la tête à l’envers durant d’interminables secondes. La nausée l’envahit, mais elle n’avait rien à régurgiter. Elle s’appuya de ses deux mains sur le sol, essaya de se lever. Le poids de son corps l’attira inexorablement vers le bas et elle se retrouva affalée sur une espèce de linoléum tendre. »

« Elle décida de profiter des heures qu’elle avait devant elle pour mener des recherches sur Internet autour de ses pertes de mémoire. Elle tapa des mots-clés comme « souvenirs erronés », « confusion, mélange souvenirs », « tumeur, cerveau, mémoire ». Et fut rapidement orientée vers la notion de « faux souvenirs ». Des spécialistes expliquaient que chaque individu avait des événements profondément transformés, voire inventés, ancrés dans sa mémoire. Le cerveau étant malléable, il se réorganisait en permanence, et un souvenir n’était pas une photo précise, comme on l’avait longtemps pensé : chaque fois qu’il remontait à la surface, il se reconstruisait avec de nouveaux éléments, mutait, et était réenregistré ainsi.
En définitive, plus on se remémorait un instant, plus celui-ci s’éloignait de la réalité du passé. »

« Vas-y, vas-y !
Véra encourageait la flamme alors qu’elle se propageait du papier au bois sec. La danse se transforma aussitôt en une grande valse rougeoyante. Et la survivante poussa un rugissement de joie. Au bout d’une minute, la chaleur vint heurter son corps. Elle s’approcha. Le feu rentrait en elle et entraînait une piqûre à la limite du supportable sur ses plaies, mais elle devait tenir. Son sang se fluidifiait, ses artères se dilataient enfin. La vie revenait, la chair rosissait, même si les ongles demeuraient, eux, d’un blanc presque bleu. »

 

Né en 1973 à Annecy, Franck Thilliez, ancien ingénieur en nouvelles technologies, vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est l’auteur d’une vingtaine de romans dont La Chambre des morts, adapté au cinéma en 2007, prix des lecteurs Quais du Polar 2006 et prix SNCF du polar français 2007, Puzzle (2013), Rêver (2016), Le Manuscrit inachevé (2018) ou bien encore Il était deux fois (2020). Il est également connu pour avoir donné vie à deux personnages emblématiques, Franck Sharko et Lucie Henebelle. Ces derniers sont réunis pour la première fois dans Le Syndrome [E] (2010), qui a été adapté en BD et est actuellement en cours d’adaptation pour une mini-série qui sera diffusée sur TF1. De plus, ces deux personnages sont présents dans les récents Sharko (2017) et Luca (2019) chez Fleuve Éditions. Son recueil de nouvelles, Au-delà de l’horizon et autres nouvelles, a paru en 2020 chez Pocket. Franck Thilliez a publié 1991 chez Fleuve Éditions en 2021, ainsi que Labyrinthes chez le même éditeur, en 2022.
Ses titres ont été salués par la critique, traduits dans le monde entier et se sont classés à leur sortie en tête des meilleures ventes.

Franck Thilliez est aujourd’hui le 3e auteur de fiction moderne le plus lu en France.

Drame, Folie, Frisson horreur, Noir, Polar, Thriller

Dualité

de Sébastien Jullian
Broché – 16 juillet 2022
Éditeur : Atramenta

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Et si vous étiez prisonnier d’un crime qui ne porte pas de nom ? N’avez-vous jamais l’impression que certaines paroles ont été écrites pour vous ? N’y a-t-il pas un autre « vous » qui sommeille ? Que vous susurre-t-il à l’oreille ? Julien se réveille couvert de sang. Une arme à la main, sans victime apparente, et incapable de se rappeler du moindre souvenir. Pris au piège, cet homme au premier abord discret et sans histoire se retrouve rongé par l’angoisse et les émotions antonymes qui, du jour ou lendemain, paralysent son existence. Il part en quête de vérité, sans savoir qui il est réellement et en qui il peut avoir confiance. Cette épreuve semble révéler en lui un être sombre, au comportement impulsif et troublant. Un thriller glaçant sur le thème de la double personnalité qui nous plonge constamment dans le doute et les impressions contradictoires. Le récit est entrecoupé de discussions anonymes qui entretiennent l’incertitude et l’imagination.

 

• Couv_2023-101_Jullian Sébastien - Dualité

 

J’ai toujours un faible pour les premiers romans… Et encore une fois…
Ça frappe très fort !
Sébastien nous offre un thriller vraiment glaçant, très perturbant et captivant du début jusqu’à la dernière ligne !

Je retrouve déjà, dès ses premières pages, le potentiel de l’écriture surprenante qui tenait déjà toutes ses promesses, dans “On l’emportera dans la tombe”. Mais avec “Dualité”, son écriture est vraiment à fleur de peau !

L’intrigue est super bien menée, et rassurez-vous, je ne dévoilerai absolument aucune information, ce serait vraiment dommage pour les futurs lecteurs.
Un superbe récit très addictif lu d’une traite, une bande originale qui décoiffe et plus encore, Slipknot, Korn, Marilyn Manson, des personnages plus fous les uns que les autres, des policiers complètement perdus…
Mais que demander de plus ?

Sébastien m’a baladé comme un gamin dans cette atmosphère étrange. Il fallait une sacrée imagination et une bonne dose d’audace pour écrire un tel récit. J’ai rarement lu quelque chose d’aussi torturé, machiavélique et aussi bien construit, dans une tentative de semer le lecteur, et la fin… Magistrale…

Un livre que je recommande à tous ceux qui n’auront pas peur de devenir fou, peut-être ?
Ou, qui voudront en savoir un peu plus sur ce nouvel auteur ?
Mais un conseil, accrochez-vous bien !
Soit Sébastien Jullian, est un excellent écrivain, soit c’est un véritable psychopathe 😂😂😂.
L’avenir nous le dira !

Sacré premier roman… Sébastien m’a mis la tête en vrac !

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Extraits :

« – C’est moi. Je ne peux pas passer te voir tout de suite.
– Pourquoi ? Où es-tu ?
– J’ai tout préparé. C’est au point. Ce sera pour ce soir.
– Non ! Tu vas trop vite. Nous ne sommes pas prêts, c’est trop risqué, ne fais pas ça !
– Ne crains rien, tout se passera bien, tu as ma parole. Tout est réglé comme du papier à musique.
– Si on nous prend ? Si on nous voit ?
– On ne nous prendra pas…
– J’ai peur… »

« À ce moment précis, je crois que je suis revenu à la vie.
Où suis-je ? Que m’est-il arrivé ? J’arrive à peine à bouger.
Je m’appelle Julien Servian. J’ai mal. Je pleure. Cette sensation de peur si angoissante… Les yeux gonflés et humides, fixés sur mes mains ensanglantées que je pointe devant mon visage. La panique me coupe la respiration. »

« Je suis arrivé chez mes parents vers 10 heures. À peine garé, Maman est venue à ma rencontre et m’a embrassé comme on embrasse son fils revenu du front, sain et sauf. Elle n’avait pas d’odeur. Nos deux corps semblaient si glacés. Dans la lueur de ses yeux pétillants, le bonheur de partager un peu de temps avec son seul enfant. On ne se rend jamais assez compte à quel point on fait du mal à nos mères en se cachant tout au long de l’année. Comment peut-on passer d’un état où l’on vit avec ses parents nuit et jour à seulement quelques visites par an ? »

« À peine le temps de saisir ma veste et je suis dehors, prêt à exploser. Il faut que je parte errer, m’oxygéner, sentir l’odeur de la rue. Perdu pour perdu, plutôt que d’attendre sagement la mort, le mieux est de partir en chasse. Il faut que j’aille me vider l’esprit.
Je monte dans la voiture et démarre. Mal à la tête, pas de ceinture, fatigué, névrosé. Je pars pour l’inconnu. Au cas où, le couteau est toujours là, dans le coffre. Malheur à celui qui croisera ma route. »

Informaticien de métier, entraineur de football et père de deux enfants, j’ai pris le gout de la lecture depuis 2016. Les trajets en train, la sieste des enfants, les insomnies nocturnes, sont autant de moments qui m’ont également permis de m’adonner à une nouvelle passion : l’écriture de thrillers.

J’aime qu’un roman ne dévoile jamais tous ses secrets et laisse une part d’interprétation au lecteur. Un bon livre est un livre qui joue avec nos nerfs…

Mon second roman « La Genèse du Talion » est disponible depuis septembre 2019. L’intrigue se situe en 2018, au cœur du commissariat de Grenoble mais également en Savoie et en Croatie. Il s’agit d’un thriller fluide et captivant croisant divers évènements comme l’assassinat d’un avocat, un suicide mystérieux, et un « cold case » au sujet du viol d’un jeune lycéen s’étant donné la mort il y a 14 ans. A l’époque, quatre de ses camarades avaient été accusés puis acquittés après un procès stérile.

L’enquête va peu à peu mettre au gout du jour une terrible vengeance, orchestrée de manière millimétrée et infaillible. Le roman aborde divers thèmes comme le harcèlement scolaire, le piratage informatique mais également l’influence exercée autour des personnalités de forte notoriété lorsqu’elles sont impliquées dans une affaire judiciaire de grande ampleur.

On l’emportera dans la tombe
https://leressentidejeanpaul.com/2023/08/16/on-lemportera-dans-la-tombe/