Émotion, Drame, Dystopie, Folie, Humour, Nouvelles

Ce qui nous lie et nous éloigne

de Peggy Fratorre
Broché – 8 septembre 2017
Éditions : La lampe de chevet

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Les liens du mariage ou du sang, ceux entre une victime et son agresseur, entre un greffé et son donneur, ceux avec son idole, avec son enfance ou les liens entre la vie et la mort… L’existence est faite de dépendances affectives. En racontant la réalité à laquelle on est confronté chaque jour, ces quinze nouvelles traversent l’ordinaire de toute vie et évoquent ce qui nous lie et nous éloigne.

 

• Couv_2023-022_Fratorre Peggy - Ce qui nous lie et nous éloigne

 

Peggy Fratorre, encore une auteure que je ne connaissais pas, encore une belle, voire une très belle surprise !

Quinze nouvelles, quinze chutes surprenantes que je vous défi d’anticiper…
Quinze nouvelles qui sont allées chercher en moi, au plus profond de mon cœur et de mon esprit certaines résonnances avec beaucoup émotions et des ressentis complètement différents.
Chacune d’elles m’a un peu plus enfoncé dans des mondes qui mènent vers la fragilité, la douleur, la vengeance, l’enfance… Le tout avec énormément d’imagination. Les seuls points communs pourraient être la Femme… ou la maîtrise de l’écriture de l’auteure.
Car Peggy maîtrise parfaitement son écriture et ses effets. Elle mêle avec une facilité déconcertante la poésie, le suspense, la peur, mais aussi l’humour.
Plusieurs nouvelles de son recueil ont remporté prix et distinctions, ce qui ne me surprend pas du tout. J’en ai même relu certaines afin d’essayer de deviner celles qui avaient été primées.

Je serai bien curieux de lire ce qu’elle a écrit d’autres !

Alors, si vous ne voulez pas être secoué en votre for intérieur, passez votre chemin…
Un petit recueil oui, mais rempli d’idées insoupçonnées, bouleversantes aussi…
Nous sommes tous directement ou indirectement les héros des nouvelles de Peggy, c’est ce qui nous lie et nous éloigne…

Certaines images resteront dans mon esprit.

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Extraits :

« Enfants, nous habitions dans une maison, qui, très vite, est apparue trop exiguë pour onze occupants. Nos armoires étaient presque vides… nos ventres aussi. Ce que l’on mangeait – souvent une simple tranche de pain saupoudré de sucre – ne nous tenait pas toujours à l’estomac. Nous manquions de tout… sauf d’amour. Vivre de cette façon était si inconcevable pour une personne extérieure, qu’on menaçait sans cesse ma mère de mettre ses petits à l’Assistance Publique. Nous ne pouvions nous permettre de prendre la douche chaque jour, et ne cherchons pas à faire des effets de toilettes pour nous rendre à l’école : nous n’avions pas l’embarras du choix ! Les plus jeunes, portaient les vêtements et les chaussures de leurs aînés. Autant dire que les habits des cadets était élimés. Ainsi, nous étions pauvres, mais heureux. »

« Le Docteur Prudence, Clairval était assise dans son cabinet. En entrant dans cet endroit calme, à l’ambiance feutrée, on se sentait tout de suite à l’aise. Ici, pas de trace du traditionnel divan, mais un fauteuil style cabriolet, très confortable. Prudence était Psychiatre, un « Docteur de l’âme ». Elle passait son temps à diagnostiquer et soigner les maladies mentales : dépression, trouble obsessionnel compulsif, paranoïa, bipolarité… Elle n’avait pas voulu écrire « Psychiatre », sur sa plaque à l’entrée, car les patients pouvaient se sentir gênés de consulter un psy. Pour beaucoup, qui disait « Psy », disait « fou ». Or, ceux qui venaient la voir ne l’étaient pas tous, loin de là ! »

« L’autre jour, en regardant un reportage sur l’euthanasie, j’avoue que l’idée de me débarrasser d‘Émile m’a traversé l’esprit. J’y ai repensé plus d’une fois, depuis. Quel plaisir peut-il avoir à vivre dans une telle dépendance ! Alors, j’ai beaucoup réfléchi, j’ai échafaudé différents plans. Trouver le meilleur moyen pour être seule… Enfin libérée ! »

« Du coup, j’ai intégré une école d’infirmière. Cela m’est apparu comme une évidence. Rêveuse née – trop naïve diraient certains – j’aspire à un monde meilleur où la souffrance, la pauvreté et la maladie n’existeraient pas. J’aime savoir que je peux me rendre utile. D’un naturel réservé, ce travail me permet de m’épanouir, de gagner en confiance. Il m’oblige à être à l’écoute des gens, sans porter de jugement. Il demande de la patience, de la rigueur, de l’organisation et beaucoup de sang-froid. Qualités que je crois avoir et que j’ai essayées de cultiver. Soigner les blessures, panser les plaies, apporter bonheur et réconfort : voilà mon quotidien ! Un métier riche en relations humaines, qui ne connaît pas la routine et qui m’aide à devenir une belle personne. Une carrière à peine choisie par hasard, au service de mon prochain. »

 

Née à Marseille, ville chère à son cœur qu’elle a dû quitter en 2001 pour des raisons professionnelles, Peggy Fratorre a alors habité à Troyes (dans le Grand Nord !) pendant un an puis dans le Golfe de Saint-Tropez, à Cogolin pendant neuf ans. Passionnée de littérature, c’est tout naturellement qu’elle est devenue professeur de Lettres. Une véritable vocation née dès l’enfance. Voilà seize ans qu’elle essaie de transmettre son amour du français à ses élèves.

C’est à l’occasion d’un concours de nouvelles, en 2009, qu’elle en est venue à l’écriture.

Plusieurs nouvelles du recueil ont remporté des prix et distinctions.

Retrouvez-la sur son blog :
http://peggyfratorre.blogspot.fr/

ou sa page FB :
http://www.facebook.com/donnemoidesnouvelles/

Émotion, Drame, Histoire vraie

Danse Néomaye, danse !

de Corine Valade
Broché – 16 février 2023
Éditions : de Borée

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Le 6 juin 44, des centaines d’Afro-américains débarquent sur les plages de Normandie. Willie est un de ces hommes. De Berlin à La Rochelle puis au camp américain d’Aigrefeuille d’Aunis, il découvre des villes exsangues où tout est à reconstruire. Pianiste hors pair, la musique est son refuge. Maurice est Creusois. Maquisard, il est enrôlé au 78e Régiment d’infanterie. En 1945, il quitte sa région pour libérer le dernier bastion Allemand de La Rochelle. C’est avec soulagement qu’il laisse derrière lui la ferme familiale. Rochelaise, Néomaye est sage-femme. Prise au piège dans la poche de Royan en 1945, elle est une des rares survivantes du bombardement allié. De retour à la Rochelle, elle semble avoir perdu pied et tous l’appellent « La Tabayot », la folle. L’arrivée massive de milliers d’Américains sur le port de La Pallice va bousculer son mode de vie tout comme celui des Charentais

 

• Couv_2023-021_Valade Corine - Danse Néomaye, danse

 

Quel roman “magnifique” !

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit en fermant, très ému, ce superbe roman…
Le chassé-croisé de trois destins, sous l’influence de l’American way of life.

Avant de commencer son roman Corine Valade nous donne le ton.
Une sélection musicale enivrante qui m’a accompagné durant toute ma lecture et plus encore !
J’ai littéralement dévoré la plus grosse partie de son roman en une soirée que j’ai terminé le lendemain à l’heure du repas. C’est le premier roman de Corine que je lis et maintenant, j’ai envie de lire tout ce qu’elle a écrit avant. C’est vivant, c’est rythmé, elle transmet énormément d’émotion en donnant littéralement vie à ses personnages. J’avais l’impression d’être là avec eux. C’est très visuel.

C’est un roman qui aborde énormément de sujets.
La seconde Guerre mondiale, en Normandie lors du débarquement, l’armée Américaine qui “s’installe” dans la région pendant près de dix ans, les Afro-Américains rejetés par leur propre peuple et accueillis en arrivant en France, la place des femmes pendant cette période, la résistance, la musique, omniprésente durant tout le récit, Jazz, Blues, Be-bop et début du rock, il y a Maurice qui étouffe dans sa famille, et qui va faire front contre les allemands, Néomaye, sage-femme qui a vécu les bombardements sur la ville de Royan et qui depuis à un regard différent sur la vie, et puis il y a Willie, afro-américain et surtout un pianiste incroyable qui malgré toutes ses souffrances va rythmer sa vie grâce à la musique l’un de ses seuls refuges…

Plus qu’un roman, c’est une véritable épopée.
C’est puissant, c’est érudit, c’est triste et violent, c’est beau et rempli d’amour. C’est un coup-de-poing littéraire et un gros coup de cœur pour moi… Et dire que j’aurai pu passer à côté de ce bijou !
Corine a donné vie à des personnages qui m’ont touché, qui m’ont ému au point d’avoir eu, vers la fin du récit des larmes de joie que je n’ai pu retenir.

Elle nous offre aussi une synthèse très intéressante de la société américaine de cette époque. Martin Luther-King, Malcolm X, Les Kennedy et bien d’autres… C’est une vraie conteuse, elle fait vivre et aimer ses personnages. Le récit est fluide et agréable, les chapitres rythment un récit fort bien documenté, j’aurais aimé qu’il y ai plus de pages encore pour ne pas, tous, les quitter aussi vite…

Un superbe portrait de “héros”, entrelacé entre la “petite” et la grande Histoire.
Alors, je me répète peut-être, mais, voilà un roman magnifique que je recommande à tous !

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Extraits :

« En avril 1944, les femmes sont devenues électrices et éligibles, dans les mêmes conditions que les hommes. Pour Néomaye, les futures élues, ouvriront la voie du changement, et feront évoluer le statut de l’enfant, encore considéré comme un être inachevé. La suprématie du sexe fort a assez duré, affirme-t-elle souvent à sa mère qui se gausse :
– Ben, voyons ! Et un jour, les hommes exerceront en tant que sages-femmes ! Ma fille, garde les pieds sur terre. Sinon, tu risques de perdre des clientes. Toutes ne sont pas prêtes à écouter ce genre de discours. »

« Willie ouvre délicatement le couvercle du clavier. Il ajuste son siège. Ses doigts longs et fins se promènent sur les touches soyeuses. Progressivement, elles retrouvent le chemin des notes et des mélodies. La tristesse de quitter Bessie, mêlée à l’espoir de la retrouver à New York pour Noël, donne un sens particulier à son improvisation. La musique sacrée se teinte de blues et de jazz. Edward et Elisa sentent poindre un nouveau style à la fois sauvage et contrasté. »

« Sur un simple geste de la main, Heinrich salue son chauffeur en le provoquant :
– Vous, les noirs, vous ne pouvez pas lutter contre la primauté avérée de la race blanche. Vous êtes et vous resterez inférieurs parce que c’est inscrit dans vos gènes.
Puis il claque la porte. »

« Bessie tient sa promesse. Une fois l’an, elle poste des nouvelles de Sydney Jr à Willie. À neuf ans, le garçon est dissipé. Ses résultats scolaires sont moyens, car il préfère passer du temps sur sa guitare plutôt qu’étudier. Il a le rythme dans la peau et joue déjà comme un dieu, selon son grand-père maternel ! La musique et son refuge. Il a de qui tenir ajoute-t-elle. Sur une photo jointe au courrier, le gamin fixe l’objectif. Happé par le regard de l’enfant, Willie frissonne. Sydney semble lui reprocher son absence alors qu’ils ne se connaissent pas. »

« Ne devrions-nous pas œuvrer collectivement afin de faire reconnaître nos droits et faire régner la justice et la paix ?
J’insiste, car je suis certain que vivre ensemble est possible. »

 

 

Corine Valade est originaire de la Creuse. Elle vit actuellement en Seine et Marne.
Maire-adjoint de village, présidente d’une association culturelle, elle anime un café littéraire et organise un festival annuel autour du théâtre et de la lecture.
Elle sillonne également les écoles et centres de loisirs avec un théâtre de marionnettes pour enfants.
Mais l’écriture est sa grande passion : de son propre aveu, quand elle prend sa plume, elle oublie tout et le monde peut bien s’écrouler !

Dans des romans, elle mêle avec dextérité fiction et éléments historiques.

“Ses roman offrent une réflexion certaine sur la condition féminine et les moments forts qui ont marqués les hommes…”

Drame, Folie, Frisson horreur, Noir, Nouvelles, Suspense, Thriller

Sang pour sang Thriller : Volume 5

de Collectif
Broché – 27 janvier 2023
Éditions : Independently published

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Gabriel C.
Florence Journiaux
Stanislas Petrosky
Sébastien Guerrero
Sabrina Guerreiro
Sylvie Marchal
Sébastien Theveny
Claude Picq
Éric Oliva
Eric Dupuis
Albertine Gentou
Sebastien Gaietta
C.Dreek
Jona Laix
Rime de Bervuy
Valérie Valeix
Ludovic Metzker
Bob Garcia
Nil Borny

 

• Couv_2023-020_Collectif - Sang pour sang Thriller

 

En octobre 2023 aura lieu le prochain salon Sang pour sang thriller à Longperrier dans le 77. Une partie des fonds récoltés lors de la vente de ce recueil servira à financer le salon organisé par Nadine Doyelle.
Nil Borny et Deborah Coladonato, qui ont écrit les préfaces, en seront le parrain et la marraine.

Dix-neuf auteurs, dix-neuf nouvelles avec lesquelles j’ai passé des moments très agréables. Toutes très différentes les unes des autres, je suis passé par différentes émotions. Certaines amènent une touche de paranormal, de suspense, d’humour noir ou pas, ou carrément angoissante ! Dans tous les cas, il y a de très belles surprises, à mon goût…

Il me sera très difficile de vous en dire plus, mais il fait partie des bons recueils de nouvelles que j’ai eus l’occasion de lire dernièrement.

En panne de lecture ?
N’hésitez pas, de plus, c’est pour une bonne cause !

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Extraits :

« Isabelle, ouvrit sa boîte mail et cliqua sur le dernier message arrivé. Une semaine qu’elle guettait cette réponse et son cœur se mit à battre plus fort au fur et à mesure que son regard la parcourait.
Sans attendre, elle attrapa son GSM et composa le numéro de Jean-Paul. Son mari décrocha aussitôt.
– Salut, chérie, lâcha-t-il un brin étonné.
Sa femme n’avait pas pour habitude de l’appeler pour un oui ou pour un non lorsqu’il était à son bureau et, même s’il appréciait de l’avoir au téléphone, ses coups de fil étaient loin d’être monnaie courante. »

« En règle générale, un mari bafoué se venge en pourrissant la vie de son épouse infidèle. Un lâche fait ses coups foireux en loucedé alors qu’un colérique ira jusqu’à la frapper, et un impulsif mettra une raclée à son rival. Certains, la rage au ventre, poussé par la frustration ou la haine, vont même jusqu’à franchir le point de non-retour en intentant à leur vie. Tillier devait faire partie d’une autre catégorie d’individus. Ne ressentant aucune once de méchanceté envers sa femme, submergé par le désarroi, sans doute également l’amertume, il a préféré disparaître de sa vie dans tous les sens du terme. »

« Elle agissait sans trop réfléchir à ce qu’elle faisait, craignant d’être submergée par ses émotions. Elle connaissait les différentes étapes puisqu’elle avait observé son patron les réaliser à plusieurs reprises. Mais, jusqu’à ce jour, elle n’avait géré que la partie administrative de ce travail. Lorsqu’il lui avait proposé d’assister à l’ensemble de la procédure de crémation, Monsieur Bishop ne lui avait pas avoué qu’il comptait bien lui déléguer cette besogne désormais. Le revers de la médaille était plutôt brutal. »

« – J’avais craint que vous ne veniez m’annoncer la mort de mon mari.
– Cela n’aurait-il pas été un soulagement plutôt ?
– Enfin, Monsieur, quelle affreuse pensée.
– Il me semble que lorsqu’on va chercher du réconfort dans d’autres bras que les légitimes, c’est que le désir d’un autre corps est tel qu’on est prêt à sans passer par le pire. Je pourrais, en ma qualité d’inspecteur, vous raconter bien des crimes, pas tous passionnels. »

« Croyez-moi, les maisons sont comme les objets, elles ont une histoire à raconter. Que ce soit du bonheur ou du malheur, il est dit que nous pouvons le ressentir dès lors que nous pénétrons dans une pièce. Nous n’y prêtons nullement attention et nous faisons fi de cela.
Certains esprits ne vous veulent pas que du mal, soyez rassurés. Ils tentent dans de nombreux cas de communiquer avec vous en cherchant à vous parler par un moyen quelconque : faire tomber de la vaisselle, ouvrir un placard, faire grincer les murs…
Ils communiquent du mieux qu’ils peuvent et profitent parfois des nouvelles technologies : les chaînes hi-fi, les casques audio ou la télévision. Comment ? Ils émettent des interférences de manière répétée jusqu’à vous faire comprendre que c’est à vous seul de tout faire pour établir cette communication. »

 

Sang pour sang Thriller

Histoire, Polar historique, Thriller ésotérique

La forêt des assassins

de Mathieu Bertrand
Broché – 27 octobre 2022
Éditions : M+

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1982 : Une communauté d’anciens soixante-huitards, installée depuis 1968 dans un village abandonné du Périgord, s’est muée progressivement en une secte hors du temps et de toute civilisation dirigée par les Dignitaires.

2022 : Le commandant Lagazzi, officier de la section Alésani, service du ministère de l’Intérieur spécialisé dans les phénomènes étranges, est missionné pour enquêter dans un petit village perdu du Périgord où les dirigeants d’une secte religieuse sont assassinés dans des circonstances particulièrement violentes. Ses investigations vont rapidement la plonger dans le passé sanglant d’une région où la sorcellerie, les disparitions et les meurtres rituels semblent monnaie courante depuis plusieurs siècles.

 

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Encore une fois, et pour mon plus grand plaisir, Mathieu Bertrand m’a complètement embarqué dans son récit addictif et bien rythmé, qui se déroule tantôt en 1982, tantôt en 2022.

La forêt des assassins est la suite de La Porte d’Abaddon, mais elle peut très bien se lire sans avoir lu le premier volet, même si je trouve cela un peu dommage…
J’avais donc déjà fait la connaissance de Patricia Lagazzi commandante à la section Alésani, au caractère racé et j’ai bien aimé la retrouver dans ce thriller sombre où la sorcellerie peut se cacher derrière n’importe quel arbre…

Patricia enquête sur les phénomènes étranges, c’est donc tout naturellement que ses responsables l’ont envoyé à Anarchia, petit hameau perdu au fin fond d’une forêt dans le Périgord, suite à une série de meurtres sous forme de rituels, particulièrement violents au sein d’une secte. Son enquête va la mener dans le passé de cette région où depuis plusieurs siècles la mort rode, et s’abat régulièrement sur les personnes qui oseraient s’aventurer au cœur cette forêt étrange !
Dès le début du récit, j’ai senti une ambiance sombre et pesante s’installer… Et le lecteur que je suis a été “baladé” dans tous les sens par l’auteur durant ma lecture dans cette histoire bien mystérieuse ayant moult rebondissements et où plusieurs histoires s’entremêlent.

J’ai retrouvé avec plaisir le style épuré, très visuel, l’érudition et la passion de Mathieu envers l’Histoire, l’ésotérique et les mystères. J’ai trouvé son roman passionnant et très addictif, une fois commencé, impossible de le lâcher…
Et la forêt… cette forêt… !!!

Si vous ne connaissez pas encore Mathieu Bertrand, c’est un auteur que je vous recommande vraiment !

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Extraits :

« J’en ai lu des bouquins relatifs aux religions, à la sorcellerie et aux croyances, mais ça, c’est un truc de dingue. À mon avis, ces Dignitaires ont fait une compilation de tout ce qu’ils ont trouvé. Il y a là-dedans des extraits de l’Ancien comme du Nouveau Testament et de la Torah. Mais j’y ai aussi découvert des passages du Malleus maleficarum, un livre du XVe siècle qui était utilisé dans le cadre de la chasse aux sorcières. J’y ai même vu des chapitres complets sur les exorcismes. Il y a aussi d’autres références que je ne connais pas… »

« Quand Guillaume pénétra dans la pièce, le geste qu’il amorça l’adjudant pour cacher le cadre contenant ses décorations sous son bureau n’échappa pas à Patricia. Il ne souhaitait pas parler de ses faits d’armes à ses hommes et Patricia apprécia son comportement plein d’humilité, notamment dans un milieu militaire où la fierté de porter des décorations paraissait pourtant logique. »

« Dès sa première visite à Anarchia, Patricia avait constaté l’absence de toute animal. Elle avait déjà entendu parler, lors d’une formation qu’elle avait suivie dans le Sud-ouest de la France, d’endroits que les animaux évitaient autant que possible. Le formateur, spécialisé en géobiologie et en harmonisation de l’habitat, avait expliqué aux stagiaires que certains lieux étaient chargés d’énergies négatives, notamment en raison de la mémoire des murs ou d’un passé violent ou particulièrement dramatique. Il était alors fréquent de constater que les animaux, par instinct, s’en éloignaient. »

« Soudainement, Patricia eut la sensation que les murs se mettaient à tourner autour d’elle. Une migraine enserra instantanément son crâne, comme si une immense tenaille tentait de rapprocher ses tempes l’une de l’autre. Elle connaissait ses signes. Ils ne se manifestaient qu’à de rares occasions, mais elle savait qu’ils signifiaient l’arrivée de moments de stress intenses. »

 

Bertrand Mathieu, est né en 1969 en région parisienne et a grandi en Corse. Professeur à l’École de droit de la Sorbonne-Université Paris I, préside l’Association française de droit constitutionnel. Il est membre du Conseil supérieur de la magistrature et a été membre de la Commission Avril sur le statut pénal du chef de l’État (2002) et du Comité Balladur chargé de proposer une révision de la Constitution (2007). Il dirige la revue Constitutions.

Il est passionné par la visite des lieux chargés d’histoire et d’Histoire en général avec une attirance particulière pour le moyen âge.

En 2016, il publie son premier roman,
Les émeraudes de Satan
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/09/les-emeraudes-de-satan/

Son second roman sort en 2017,
Je pleurerai plus tard
https://leressentidejeanpaul.com/2022/06/03/je-pleurerai-plus-tard/

puis en 2020, il sort,
Le manuscrit des damnés
https://leressentidejeanpaul.com/2021/09/19/le-manuscrit-des-damnes/

En juillet 2021,
La porte d’Abaddon
https://leressentidejeanpaul.com/2021/10/26/la-porte-dabaddon/

La forêt des assassins publié en juillet 2022 est son dernier roman à ce jour…

Historique

L’archéologue***

Le Périple de Démétrios
de Philippe Ehly
Broché – 1 décembre 2022
Éditions : Éditions Encre Rouge

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L’héritage d’un vieil homme à Tombouctou va-t-il bouleverser l’Histoire ? Que contiennent les coffres de cèdre de sa librairie ? Ayant miraculeusement échappé à la vague destructrice des révolutionnaires islamiques qui ont ravagé la cité millénaire et terrorisé la population, leur contenu va-t-il livrer la clef d’un mystère né à six mille kilomètres de là ? L’archéologue Marc Miller et son équipe, après des années passées à explorer les fonds marins et les déserts du sultanat d’Oman ont acquis une nouvelle notoriété. Mais si l’histoire des épaves du XVIIIe siècle a pu être retracée, d’autres énigmes demeurent. D’où provenait le navire chargé d’amphores grecques qui s’est éventré sur les coraux de la côte ? Et quel était sa destination ? Pourquoi le fort d’Ashid et ses mines ont-ils été abandonnés ? Qui étaient ses occupants ? Le manuscrit du scribe Kéros va-t-il enfin répondre aux questions nées des découvertes archéologiques dans le sultanat d’Oman ?

“De telles choses doivent être connues un jour”, murmura le prêtre égyptien Manéthon il y a vingt-trois siècles.
Ce jour est enfin arrivé…

 

• Couv_2023-018_Ehly Philippe - L'Archéolgue ***

 

De nouveaux, j’avais hâte de retrouver les personnages qui m’avaient tant fait rêver lors des deux tomes précédents.

Philippe Ehly, nous compile une œuvre historique magistrale, à travers des voyages et des combats comme si nous y étions. Je le répète encore une fois, Philippe est un véritable passionné. Chaque détail, chaque grain de poussière sur une pierre, chaque grain de sable ou souffle de vent peuvent avoir son importance dans ce récit.

Dans ce troisième volet, nous nous trouvons dans des contrées encore méconnues, au IVe siècle avant Jésus-Christ. Nous suivrons ainsi le périple incroyable de Démétrios, sur la demande du roi Alexandre. Un long voyage de découvertes et d’exploration dans des lieux très peu connus, où chaque interaction avec les peuples sur place se révélera difficile et délicate. Un voyage qui va se dérouler sur plusieurs mois quand Démétrios apprendra de décès de son roi…

Encore une fois Philippe à su m’emporter dans ces contrées magnifiques, grâce à un manuscrit écrit par Kéros, scribe personnel de Démétrios. Un manuscrit qui va révéler une partie fascinante de notre histoire, de nouvelles intrigues, des peuples aux coutumes différentes… Un récit magnifique, mais…

Et oui, car pour ce troisième et dernier volet à priori ? Il y a un mais.
J’ai pris énormément de plaisir avec cette trilogie, mais je trouve que nous avons quitté beaucoup trop vite nos principaux héros des deux premiers tomes… On ne s’est pas ce qu’ils sont devenus… Il y avait aussi, comme un fil rouge mystérieux qui nous suivait dès le premier tome qui a été complètement abandonné ici. Qui était cette “Ombre” maléfique qui mettait en place tous ces attentats ? Qu’est-elle devenue ? Qui était-elle et pourquoi ?

J’espère vraiment qu’il y aura un quatrième tome qui pour moi bouclera ce superbe récit… Je trouve que beaucoup de questions sont restées sans réponse…

Alors Philippe, une suite ?

Encore une fois, un très grand merci à Blandine Carron, sans qui je n’aurai jamais fait cette très belle découverte !

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Extraits :

« L’homme qui marchait au milieu de la large avenue, bien qu’il y régnât une circulation intense, semblait si vieux que les passants l’auraient sans doute regardé avec surprise, s’ils n’avaient été pétrifiés par le respect. Si sa mise était simple, une robe de lin blanche sans manches, des sandales d’une qualité moyenne et un simple ruban blanc pour tenir en queue de cheval ses cheveux gris encore abondants et descendant jusqu’aux épaules, ceux qui l’entouraient ne pouvaient manquer d’attirer l’attention de tous. »

« L’un des problèmes que nous avions était que les gens avec lesquels nous aurions pu discuter ne parlaient aucune langue connue de nous et que ce n’était guère facile de se faire une opinion en se contentant de faire des moulinets avec les bras, des signes avec la main ou des grimaces diverses aussi expressives que possible. »

« Démétrios doutait quant à lui que nous fussions arrivés au bout du monde, même si cet univers sans hommes avec sa végétation, ondulant doucement au vent venu du nord et sa profusion d’animaux lui plaisait infiniment. Quant à cette navigation paisible sur ce fleuve large et sinueux, elle l’enchantait après les soixante jours de mer qui nous avait amené de Moxylon à l’embouchure de ce fleuve qui n’avaient pas été des plus plaisants tant les vents avaient joué avec nos peurs et les côtes avaient offert peu de possibilités pour le ravitaillement. »

 

 

Philippe EHLY, conseiller juridique et financier,
a longuement voyagé en Asie, tant professionnellement que pour satisfaire sa passion pour l’histoire et l’archéologie.

L’archéologue* – Épaves en mer d’Oman
https://leressentidejeanpaul.com/2022/10/21/larcheologue/

L’archéologue** – Le Fort d’Ashid
L’archéologue**

“Je suis né en 1946 à Caen. Mon père était boulanger. J’ai suivi des études supérieures dans le droit public avec une spécialité en droit de la mer. Mon premier écrit était ma thèse. J’ai aussi fait des études de lettres classiques. Dans ce cadre, j’ai écrit deux livres inspirés par l’Epopée d’Alexandre le Grand et j’ai développé un intérêt pour l’histoire grâce à des auteurs que j’ai trouvé inspirants. J’ai ensuite fait carrière dans la banque pendant 45 ans en tant que juriste d’entreprise. J’étais spécialisé dans la banque d’affaires et l’industrie pétrolière. J’ai commencé à travailler à 14 ans en aidant mon père à la boulangerie. Ma vie professionnelle a donc été particulièrement plaisante comparée aux conditions de travail de mon papa. J’ai énormément voyagé. J’ai passé les deux tiers de ma carrière à prendre l’avion. Je me suis donc débrouillé pour joindre l’utile à l’agréable. Quand je restais plusieurs semaines à l’étranger, j’en profitais pour faire de l’archéologie en amateur, ce que j’ai fait toute ma vie. J’ai eu comme maître à penser le professeur De Bouard qui était archéologue et qui emmenait ses étudiants faire des fouilles en Basse-Normandie. C’est lui qui m’a donné le goût de l’archéologie. Je me suis donc par la suite intégré à des équipes qui faisaient des recherches archéologiques, notamment au Liban et en Syrie, quand j’étais sur place pendant plusieurs semaines pour le travail. En 2013, j’ai pris ma retraite et ma femme ayant des attaches à Joigny, nous sommes venus nous y installer. ”

Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Science Fiction

L’Œil du chaos

de Jean-Marc Dhainaut
Poche – 8 juillet 20212
Éditions : Taurnada

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Tandis qu’une canicule sans précédent frappe l’Europe, Théo, un jeune lycéen de 17 ans, est terrifié quand il réalise que les photos qu’il vient de faire dévoilent l’horreur et le chaos 21 jours à l’avance… Mais personne ne le croit. Et lorsque, partout dans le monde, le courant disparaît, les avions s’écrasent et que toutes les cloches des chapelles et des églises se mettent à sonner inexplicablement, il est déjà trop tard. Théo est alors loin d’imaginer l’incroyable mission de survie et d’espoir que le destin lui réserve. Un thriller d’anticipation à la frontière du réel, percutant et chargé d’émotions.

 

• Couv_2023-017_Dhainaut Jean-Marc - L'Œil du chaos

 

J’ai découvert Jean-Marc Dhainaut avec Brocélia que j’avais beaucoup aimé, édité aussi aux Éditions Taurnada.
Lorsque j’ai su la thématique, très actuelle de L’Œil du chaos, je me le suis procuré très vite !

Théo, est un jeune lycéen introverti de 17 ans, mais c’est aussi un passionné de photo, qui lui permet de transcrire ses émotions.
Un jour, pour transformer ses photos sans ajouts numériques, il décide de créer un nouvel objectif pour son appareil en se servant d’un prisme qu’il a chez lui. Après quelques heures de labeur, content de son résultat, décide de faire des essais. Dès les premières photos, un peu floues, il se rend compte qu’il y a quelque chose d’anormal. Il continue ses prises de vue, et obtient la confirmation de ce qu’il avait pensé. Il se rend compte avec stupeur que les photos prises montrent ce qu’il sera vingt-et-un jours plus tard à la même heure. Mais le pire, c’est ce que montrent les photos. Crash d’avions, accidents sur les routes, des morts partout… un reflet de la fin du monde. Il en parle à ses amis, à sa famille, personne ne le croit. Il décide alors de poster les photos sur les réseaux sociaux, et d’attendre que le temps le rattrape…

Un très bon roman. De l’action, mais de l’émotion aussi… J’ai ouvert les yeux sur de nombreuses choses. Aucun temps mort, époustouflant même parfois. Oui, Jean-Marc a ajouté un peu de surnaturel à son récit. Mais le lecteur que je suis a complètement plongé dans ce récit plus que crédible à bien des égards… La seule critique que je pourrais faire, c’est que je l’ai trouvé trop court !
Un “Page-turner” que nous envierait de nombreux auteurs anglo-saxons !

La terre et ses habitants, vivent-ils leurs derniers instants.
Les humains, méritent-ils un sursaut, un dernier espoir ?

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Extraits :

« Le 23 juillet 2014, dans un communiqué, la NASA dévoilait que la Terre avait échappé, deux ans plutôt, jour pour jour, à une tempête solaire d’une ampleur considérable et inédite depuis 1859. Selon les spécialistes, le vent solaire aurait pu neutraliser le réseau électrique mondial et interrompre toutes les télécommunications, les liaisons Internet, ainsi que les transports aériens, et neutraliser tous les systèmes électroniques. Le communiqué, rendu public, précisait que cette tempête aurait pu provoquer une grave catastrophe mondiale et renvoyer notre civilisation au XVIIIe siècle. »

« La nature humaine, mon gars. Elle ne tarde jamais à se réveiller quand c’est le bordels. Je crois qu’on a tous basculé dans l’horreur. On a vu ça des dizaines de fois dans les films, dans les bouquins. Le même scénario banal à quelques nuances près. C’est la merde. »

« Imagine, un ultimatum mondial. Le truc de dingue qui nous aurait dit, quelques années, plutôt, que pour éviter ce qui vient de se passer ou n’importe quelle autre catastrophe qui nous pendrait au nez, que L’humanité, toute entière aurait dû renoncer à son confort, à sa technologie, ses énergies. Même rien que quelques années, même une seule. Se taire, se figer. Bref, plus rien, le temps de laisser la nature se refaire une santé et pour nous sauver tous. Nous, et nos gosses. Eh bien… Pour l’économie, personne ne l’aurait fait. Faut croire que la nature a tranché. »

« Qui que nous soyons, il y aura toujours, quelque part, quelqu’un qui se souviendra de nous. Et que cela puisse être avec le sourire, l’indifférence ou la mélancolie importe peu. Ce qui importe, c’est de jouer le rôle que notre cœur nous enseigne, de suivre ce destin que nous avons tous, quitte à se rebeller parfois. Car ce qui le rend formidable, ce destin, c’est sa découverte inconsciente, et surtout le regard en arrière que l’on pose un jour sur lui. »

 

Jean-Marc Dhainaut est né dans le Nord de la France en 1973, au milieu des terrils et des chevalements. L’envie d’écrire ne lui est pas venue par hasard, mais par instinct. Fasciné depuis son enfance par le génie de Rod Serling et sa série La Quatrième Dimension, il chemine naturellement dans l’écriture d’histoires mystérieuses, surprenantes, surnaturelles et chargées d’émotions. Son imagination se perd dans les méandres du temps, de l’Histoire et des légendes. Il vit toujours dans le Nord, loin d’oublier les valeurs que sa famille lui a transmises.

Adolescence, Émotion, Drame, Poésie

Le choix du père

de Véronique Villard
Broché – 28 septembre 2022
Éditions : Nombre 7

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En pleine pandémie, Flora, une adolescente de quinze ans, doit affronter une implacable réalité.
Sur une plage sétoise, Natacha, sa mère, lui dévoile l’inimaginable.
À l’issue de ce drame, Flora, oscillant entre espoir et désespoir, va tenter de survivre, tissant de nouvelles relations, renforçant ses liens existants.
Mais elle va aussi s’impliquer au sein de sa propre histoire, menant sa propre enquête.
Dans un tel contexte, aura-t-elle la force de sortir de l’impasse ?
Tandis que la mer déroule invariablement ses bleus, les personnages vont et viennent en quête d’une mémoire de l’émotion.

 

• Couv_2023-016_Villard Véronique - Le choix du père

 

Dès le début de ma lecture, je me suis rendu compte que je tenais entre mes mains un livre “différent”.
Lorsque je lis, habituellement, c’est moi qui donne le rythme de ma lecture et qui décide de mes poses.
Avec Le choix du père, impossible !
C’est l’auteure qui commande, et il a fallu que je m’adapte à son écriture. Véronique manie la langue française telle une experte avec énormément de poésie, sa poésie.
Alors j’ai tout repris depuis le début. Je ne voulais pas passer à côté de quoi que ce soit d’important…

Flora vit son adolescence à fleur de peau. La confession d’une mère peut tuer. Flora est soudain perdu et a besoin de se nicher au creux des bras de sa grand-mère, et va tout lui expliquer. Ensemble elles entreprendront les recherches nécessaires afin qu’elle retrouve un semblant d’équilibre, mais malheureusement le sort en aura décidé autrement…
Flora est très attachante, et le mystère nous tient tout le long du récit, mais ce n’est pas un simple récit.

Les mots que Véronique a posés sur ses pages, sont pesés, analysés. Aucune faute de style, la richesse du verbe est omniprésente. Ce ne sont que quelques mots posés sur le papier, me direz-vous ?
Effectivement, juste quelques mots. Quelques mots pour conter le beau, pour conter le laid. Quelques mots pour nous transmettre le plus doux des poisons, au plus mortel remède : c’est bien d’amour évidemment que l’on parle. L’amour !
Le cœur de Flora s’est vidé. Elle est perdue…

J’ai la grande chance de n’avoir à ce jour, rien lut de tel, et de le découvrir par le biais de la prose de Véronique.
Aucune chronique ne pourrait être à la hauteur de ce récit. On pourra ne pas aimer, moi, j’ai adoré me perdre dans ses phrases ni ordonnées, ni ordinaires, ne sachant à aucun moment où l’auteure veut nous mèner.
Roman décalé sur fond de pandémie ? Roman poétique qui cherche ses lecteurs ? Ou véritable chef d’œuvre ?
L’avenir nous le dira…
Dans tous les cas, Véronique a la force des mots et la beauté de l’écriture.

Je vous recommande vivement cet ouvrage pour lequel j’ai eu un gros coup de cœur, pour son style très personnel.

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Extraits :

« C’est la fin des vacances estivales.
Flora qui vient de nager longuement le crawl s’apprête à regagner le bord de la plage. À quinze ans, elle possède le corps finement musclé d’une nageuse de compétition. Seulement, si elle a appris à se mouvoir dans l’eau depuis sa petite enfance, Flora n’a jamais été inscrite dans un club de natation. Malgré tout, en scrutant, les crawleurs expérimentés, elle a acquis un véritable savoir-faire, reproduisant leurs gestes à l’identique. »

« Le blues s’éteint, blues d’une jeune fille…
Confier sa tristesse au lointain, se hisser à l’endroit d’un possible. Parce que ressasser l’impensable ronge le mental, notamment celui d’une demoiselle qui se croyait à l’abri entre Natacha et Luc, pouvant ainsi définir la paix d’une famille, sa quiétude, presque…
Soudain, un moineau se pose sur le rebord du balcon, à côté d’une jardinière en métal vide. »

« En ce lundi brumeux, Flora attend l’autobus.
Seule sur le banc, elle appréhende l’arrivée d’un véhicule comble, sachant que le virus circule de nouveau. D’ailleurs, à ce sujet, le port du masque est-il redevenu obligatoire ?
Un soupir de regret se perd parmi ses tissus en guise de réponse. »

« Un peu avant le coucher du soleil, je m’installe à un vieux bureau d’écolier.
Dessus, une lampe en bois flotté, un carnet de notes ligné avec élastique et un stylo-bille bleu.
J’écris pour garder une trace de mes rires, une trace de cette douce folie, une trace de ce présent–éternité.
Je veux pouvoir me relire, me relire à tout jamais.
Ne jamais oublier ce qui m’a été donné.
Non que je veuille devenir écrivaine, et puis au fond, pourquoi pas ?
On écrit parfois pour exister autrement qu’au travers de la voix.
Mais aussi pour compenser une impossibilité à dire.
Plutôt que de souffrir d’un blocage psychologique.
Je ne t’apprends rien, je ne te surprends pas, je te confirme quelque chose.
Par contre, tu es la seule à qui je parle de ce qui me tient à cœur. »

« Le vide, le plein, un peu de tout, un grain de quelque chose.
Si bien qu’elles s’efforceront de veiller avant de dormir, lune au-dessus d’elles, rondeur possible.
Sur ce, Flora allumera sa micro-chaîne, aspirant à se laisser porter par une voix.
Benjamin Biolay ? Orelsan ?
Peut-être Arthur H chantant, « la boxeuse amoureuse » :
Regardez-la danser
Quand elle s’approche du ring
La boxeuse amoureuse
La boxeuse amoureuse… »

 

Véronique Villard, enseignante depuis trente ans, a participé à un stage de lectrice aux Éditions Ramsay. Elle a également suivi une formation de correction-réécriture avec Jean-Pierre Collignon, chef correcteur au journal Le Monde. Par la suite, elle a obtenu un DUDL, diplôme universitaire de didactique de langues, à la Sorbonne Nouvelle. Enfin, elle s’est engagée dans une formation en art-thérapie et a animé plusieurs ateliers d’écriture.

Sa deuxième passion est la peinture, à laquelle elle s’adonne depuis une vingtaine d’années, exposant régulièrement en galerie d’art. Le choix du père est son troisième roman.

Émotion, Histoire vraie, Témoignage

Dans le feu du Tempo

Un itinéraire d’Amour
de Serge Bertrand
Broché – 1 décembre 2022
Éditions : Le Lys Bleu

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À la fin de Destination Rock, le voyage initiatique très mouvementé de Paul s’est interrompu en raison de profonds tourments. Cependant, l’aventure reprend avec un road trip aux États-Unis et au Mexique au cours duquel le jeune homme fait de nombreuses rencontres insolites et des découvertes palpitantes. Puis, de retour en France, la folie du rock sur scène repart de plus belle, entremêlée de multiples péripéties et de voyages. Dans le feu du Tempo – Un itinéraire d’Amour retrace le parcours d’un rocker qui, durant vingt-cinq ans, se construit à chaque concert devant un public différent. Toujours, le pied au plancher, plus vite que le vent, dans l’ouragan des décibels, il réalise ses rêves les plus fous sur les routes avec ses épreuves, ses joies et ses déceptions.

 

• Couv_2023-015_Bertrand Serge - Dans le feu du tempo

 

Après avoir lu Destination rock, j’ai enchaîné avec Dans le feu du Tempo, la suite directe, que j’ai lu d’une traite, presque en apnée, avec de nombreuses images dans la tête, de belles musiques entre les oreilles (qui m’ont accompagnées durant ma lecture), de l’amour dans mon cœur…

Les voyages de Paul continuent. Après les États-Unis et le Mexique, ce sera au tour de l’Inde, de l’Egypte, du Sri Lanka, de la Chine, du Kenya, du Togo, puis le Brésil, Istanbul, Israël, l’Irlande, les Antilles, Londres, l’Islande, et enfin Bali et une partie de l’Indonésie. Autant de voyages magnifiques où Paul a mis des paillettes dans mes yeux avec tous ces sites prestigieux, m’a donné une réelle envie de suivre ses pas. On sent l’amour de l’auteur pour toutes ces vastes contrées parfois encore vierge de l’Homme. C’est de toute beauté…

Dans son premier opus, Serge nous racontait les déboires de Paul, des difficultés qu’il a eu à se construire et du choix évident qu’il a pris en montant son groupe de rock, malgré des hauts et des bas.
Ici, le ton est résolument plus serein, Paul a gagné en confiance, et même si sa vie n’est pas une longue ligne droite, elle alterne entre succès et déboires, elle a le mérite d’être vécue avec passion et sincérité.

Le monde du spectacle est difficile et très fluctuant. Paul s’adapte, il rebondit lorsque c’est nécessaire et monte sur scène régulièrement pour notre plus grande joie. Ses prestations alternent avec ses voyages qui lui permettent de se recentrer. Il revient en France et hop ! C’est reparti pour de nouvelles tournées… Durant vingt-cinq ans, il va connaître la joie, la tristesse, mais aussi l’amour, le vrai, celui qu’il attendait désespérément, celui qui lui amènera une douce Melody…

J’avais aimé Destination rock, vraiment.
Dans le feu du Tempo, est un baume au cœur, un livre inclassable. Il pourrait servir de “livre thérapie” pour certains, de livre qui doperait les agences de voyages pour d’autres, ou de guide pour les Classiques du rock.
Quoi qu’il en soit, il ne pourra laisser personne indifférent. J’ai découvert Serge Bertrand, il y a peu de temps. C’est une vraie et belle découverte !
Plus que l’histoire de Paul, c’est un auteur, un homme que j’ai découvert. J’ai senti sa bonté, sa sensibilité, son amour de la vie, de la terre, des gens qui l’entourent.
La vie est parsemée d’épreuves, Serge avance pas à pas, sereinement, non pas en tant que guerrier, Serge est un philosophe qui a su se poser de nombreuses questions. Les réponses qu’il a reçues, lui permettent d’avancer et de regarder loin devant. La paix est dans son cœur…

Nouveau coup de cœur !
Serge Bertrand, auteur “qui ne rentre dans aucune case”, à découvrir au plus vite !

Dans le feu du Tempo… un livre riche !

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Extraits :

« En fin de journée, lorsque les touristes descendent du bus, Jacqueline s’approche de moi, il me dit :
“Lorenzo et moi, sommes très touchés par ton aide et ta générosité. Aussi, pour te remercier, je t’invite chez moi pour faire la fête toute la nuit avec Lorenzo et la fille avec qui je vis.”
J’accepte tout de suite et demande juste de récupérer mon sac à l’hôtel. »

« Dans la soirée, Carmen me présente Sergio Castro, un homme remarquable, au regard vif. Vêtu d’une chemise à carreaux, d’un foulard rouge, d’un chapeau blanc, il parle sept langues couramment, dont le Maya. Il me souhaite la bienvenue. Il consacre sa vie à défendre et à soigner les indigènes du Chiapas gratuitement. Pour le remercier, toutes les tribus lui ont offert plus de 100 costumes traditionnels avec lesquels il a créé un musée. Tout autour du rez-de-chaussée de sa maison, une collection exceptionnelle de vêtements des différents villages mayas de toute beauté, brodés et colorés sont exposés. »

« Quelques mois plus tard, France m’annonce une merveilleuse nouvelle. Elle est enceinte, la lumière semble sortir de son visage, ses grands yeux brillants subliment son regard d’une clarté, d’une limpidité inouïe. À cet instant précis, elle m’apparaît encore plus belle. Je la sens heureuse, épanouie, comme une Reine de Royaume enchanté. Lorsqu’elle se déplace, elle donne l’impression de flotter dans l’espace, plongée dans une douce béatitude avec des ailes dans le dos. »

« L’Âge d’or que nous avons vécu avec une ambiance déjantée est en train de disparaître. Désormais, la crainte de la racaille fait fuir la clientèle. Les gens ont peur des bagarres, des vols, des agressions. Aussi, les copains, c’est le moment pour moi de tirer ma révérence. Vous viendrez boire un coup avec moi, mais dans mon petit bar. Nous avons eu de la chance de connaître le bon, aussi nous allons laisser le mauvais de côté. »

Après plusieurs décennies dans des services sanitaires, Serge Bertrand trouve de la motivation pour écrire son premier livre. Destination Rock propose un voyage à Marseille sur plusieurs générations à travers le personnage de Paul dont le parcours et les nombreuses péripéties de son aventure musicale sont mis en exergue.

https://leressentidejeanpaul.com/2023/02/07/destination-rock/

Serge Bertrand donne suite aux aventures de Paul avec Dans le feu du Tempo – Un itinéraire d’Amour. Il embarque le lecteur dans un voyage palpitant, empli de rebondissements dans le milieu du rock marseillais. Pour lui, le rock est une façon de vivre et de penser.