Émotion, Histoire

Lily sans logis

Frédérique-Sophie Braize (Auteur)
Broché – 14 mars 2019
Éditeur : Editions De Borée

En 1861, depuis la mort de sa mère, la jeune Lily vit seule par les routes, s’occupant comme elle le peut des bébés siamois dont elle a la charge. Parce qu’il faut bien se nourrir, simplement vivre, Lily n’hésite pas à exhiber les bébés dans les foires en échange de quelque monnaie. Un soir, dans une auberge, la jeune fille fait la rencontre d’un médecin, Vincent Genoux. Au matin, les bébés ont disparu. Car le docteur Genoux est un scientifique n’hésitant pas à user et abuser de son statut pour diriger d’odieuses expériences. Avec les bébés de Lily, l’homme voudrait trouver le moyen de pouvoir séparer des jumeaux siamois. Et alors qu’il mène ses expériences dans le plus grand secret, Lily, de son côté, tentera tout ce qu’elle pourra tenter afin de retrouver les bébés.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Ce roman bouleversant, inspiré de faits réels raconte le périple vécu par Lily Rossignol, qui après la mort de sa mère, part seule sur les routes, s’occupant comme elle le peut de son “phénomène de foire”, le seul bien qui lui reste. Et parce qu’il faut bien se nourrir, ou tout simplement vivre, elle n’hésitera pas à exhiber “ses bébés”, Castor et Pollux, dans les foires en échange d’un peu d’argent pour subsister.

Roman dévoré d’une traite.
Je comprends pourquoi il a reçu le coup de cœur de l’éditeur !

Ce quatrième roman de Frédérique-Sophie Braize, est pour moi une très belle réussite.

Depuis sa naissance Lily est une victime. Son vécu est déchirant. Je l’ai suivi pas à pas avec beaucoup d’émotion. Cela fait plusieurs mois qu’elle est sur les routes. Il fait froid, elle n’a rien à manger, ni pour elle, ni pour les petits.
Elle se rend à Thonon, dans l’espoir de gagner un peu d’argent. Celle qui vient de ses montagnes avec des rêves de bonheur, y croit, elle fait facilement confiance, et ne se doute pas que la gentillesse peut cacher de mauvaises intentions. Des gens mal intentionnés voient en elle une proie facile et fragile… Ils vont alors profiter de sa naïveté, de sa gentillesse.

L’histoire est très touchante. Lily m’a beaucoup ému, la raison qui l’a poussée sur les routes, puis son arrivée à Thonon.
Il y a des personnages odieux bien sûr, mais d’autres heureusement cachent un grand cœur. Petit à petit Lily grandit, elle change, elle évolue.

Malmenée par le destin, aura-t-elle le droit au bonheur qu’elle mérite ?

Amitié, kidnapping, trahison, amour, tous ces ingrédients sont ici réunis pour faire de ce roman, un voyage haletant (initiatique ?), qui restera longtemps dans mon esprit après avoir refermé le livre sur cette dernière phrase : “Un bienfait n’est jamais perdu”

Malgré un sujet grave, le ton de Frédérique-Sophie est plein de sensibilité, intense et fluide, de nombreuses touches d’humour sont disséminées permettant de contre balancer le nombre de fois où j’ai eu le cœur serré.

Merci Frédérique-Sophie pour ce voyage dans un autre temps…

J’attends impatient, le mois de janvier prochain pour découvrir ton nouveau roman, aux Presses de la Cité, “Un voyage nommé désir”. Le récit de trois femmes, Péroline, Anne-Céleste et Rose, en déficit de bras solides pour abattre leur travail le jour et étreindre leur corps la nuit. Elles vont être emportées dans les tourmentes de la guerre et du désir féminin !
Tout un programme…

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Extrait :

« Quand Lily regarda la laitière s’éloigner à petits pas cadencés, cela lui fit des lentilles d’eau aux coins de ses yeux trop clairs. Après cette rencontre bienfaisante, Elle erra dans la ville haute avec l’espoir secret d’apercevoir Audebert au détour d’une maison…/… Lily s’approcha du bâtiment religieux, déchiffra l’inscription gravée au-dessus de la porte : Ô vous qui passez par ici, priez Dieu pour les trépassés. Elle s’acquitta de bonne grâce à ce commandement en priant pour son père et pour sa mère. Et un peu pour elle aussi, car elle avait besoin d’un coup de pouce.
Elle poursuivit sa déambulation tandis que le jour faiblissait. Les pluies d’automne avaient détrempé le sol qui transformait sa juponnerie en plis boueux. Le vent s’agitait pour faire tomber les feuilles. Poussés par son souffle, les arbres formaient des arches sombres qui abritaient quelques couples d’amoureux buissonniers. Ne sachant où se rendre pour chercher un toit, Lily pensa à descendre au port de Rives. Mais que ferait-elle une fois là-bas ? »

 

 

Frédérique-Sophie BRAIZE romancière, nouvelliste, chroniqueuse presse écrite, née à Évian.

Fille unique d’un alpiniste – réalisateur des Colonnes de Buren à Paris – elle vit dix ans chez ses grands-parents, des paysans de montagne. Elle fait ses études au Pays de Galles, d’où elle revient diplômée en Business et Finances du Polytechnic of Wales. Puis, elle travaille dans la sécurité privée et industrielle. Après une reconversion, elle enseigne l’anglais aux très jeunes Français, et le français aux enfants primo-arrivants, avant de se lancer dans l’écriture. Elle est marraine des « Aventures de Piwi Cœur » – un enfant porteur d’une maladie génétique rare. Elle partage sa vie entre la Haute-Savoie et Paris.

En 2018, pour son roman “Sœurs de lait”, elle a reçu le Grand Prix littéraire de l’Académie de Pharmacie des mains de Philippe Grimbert, ainsi que le Prix patrimoine. Son roman “Lily sans logis” a reçu le Coup de cœur de l’éditeur 2019. Ses nouvelles ont reçu les Prix Vedrarias 2012, Gaston Welter 2013, Ecriture d’Azur 2013 et 2014, Livre sans Frontières 2014.

Ses livres sont toujours inspirés d’une histoire vraie, d’un fait de société, d’un fait divers ou d’un fait historique tombé dans l’oubli.

Parutions récentes et à venir :
Paysannes de montagne (éd. Lucien Souny 2015) Grand Livre du mois, France Abonnements / Format poche (éd. Souny Poche 2018)
Pour quelques arpents de rêve (éd. Lucien Souny 2016)
Sœurs de lait (éd. De Borée 2018) Grand Prix littéraire de l’Académie de Pharmacie 2018. Prix Patrimoine 2018. Sélection Prix Guerres et Paix 2020 / Format poche (Coll. Terre de Poche, éd. De Borée 2019)
Lily sans logis (éd. De Borée – 2019) « Coup de cœur de l’éditeur ». Sélection 2019 : Prix Obiou, Grand Prix des Ecrins, Prix Patrimoine.
Une montagne de femmes (éd. Les Passionnés de bouquins 2019)
Un voyage nommé désir (éd. Presses de la Cité – à paraître janvier 2021)

Émotion, Noir, Thriller

Sinestra

de Armelle Carbonel (Auteur)
Broché – 8 novembre 2018
Éditeur : RING

Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le Mal a franchi la frontière avec eux.

Surnommée la “nécromancière”, Armelle Carbonel est avec son style viscéral et son extrême maîtrise du suspense en huis clos, l’une des voix les plus captivantes du thriller contemporain. Récompensée à onze reprises, experte en manipulation et rebondissements, la nouvelle référence française du thriller psychologique entraîne le lecteur au cœur d’une véritable symphonie paranoïaque, dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Après, les superbes “Criminal loft” et “Majestic murder”, je ne pouvais pas passer à coté de “Sinestra” !
Avec ce troisième roman, Armelle Carbonel a gravi une nouvelle marche sur le podium.
C’est roman magistral, avec une écriture pointue et très poétique.

Vingt-neuf août 1942.
Au cœur de la Suisse, à travers les Grisons, se trouve un château, menaçant, le Val Sinestra.
Dans la brume, un chargement humain pénètre la forteresse.
Des femmes, des enfants, un homme, espérants être guéris de leurs maladies.
C’est là, au milieu de la forêt, que vie un mystérieux médecin qui semble faire des miracles.
Bienvenus au Val Sinestra…

Passées les premières pages, où j’ai découvert les personnages du roman, Armelle échafaude un huit-clos glacial à l’atmosphère sombre et malsaine, où le mal s’insinue absolument partout. Sinestra est un thriller horrifique.

Encore une fois, elle met en avant “le Lieu” dans son récit, lui donne une âme, au point qu’il en deviendra même le personnage principal en lui donnant la parole.

Quel suspens !
Chaque chapitre est raconté par un personnage différent. Nous proposant une perception et une vue différente des scènes vécues.
Grâce à son écriture incisive, teintée de poésie, de métaphores et délicieusement maléfique, Armelle, m’a entraîné tel un enfant, petit à petit, vers une descente aux enfers dans un univers sombre et glauque… Je me suis enfoncé dans son récit à chaque fois un peu plus, les murs se sont resserrés autour de moi, m’oppressant jusqu’à la dernière ligne…

Aucun des personnages ne sera épargné, qu’il soit enfant, qu’il soit adulte.
Même le lecteur averti sera surpris, choqué et subira, tel le fracas de l’orage et la pluie de grêlons battant les rues, la perte d’une certaine innocence…

Un vrai coup de cœur !

Armelle a du style, elle le sait…
Elle ne nous raconte pas d’histoires, elle nous les fait vivre.
Oserez-vous entrer dans son univers ?

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Extrait :

« Mon œil suivait chacun de leurs mouvements et dénonçait les mensonges révélés par la nuit. Mes traîtres égarés livraient un combat inéquitable. J’applaudissais leur vaine tentative d’échapper à mon emprise et pleurais la mort du garçon au nez crochu, bien que son déclin eût pris naissance en mon sein. J’aimais cet enfant étoilé. Autant que les autres, mal nés, mal aimés, malformés. Leur saveur ne présentait aucune différence. Ils incarnaient l’innocence dans un monde exempt de fraîcheur et le vieux rustre que j’étais s’en nourrissait pour prolonger l’éternité au-delà des limites sacrées. »

 

 

Armelle Carbonel, née le 16 juillet 1975 à Paris, est écrivain. En parallèle de son activité littéraire, elle travaille pour le Ministère de la défense.

Elle commence à écrire dès son plus jeune âge.
À 8 ans, elle rédige des poèmes, puis à 11 ans, un roman fantastique. À 15 ans, elle se tourne vers le théâtre avec la composition de 3 pièces de théâtre, avant de revenir au roman à 20 ans. Elle remporte de nombreux prix Littéraires (Art et Lettre de France, Concours littéraire des Armées, concours de poésie de la ville de Rambouillet, Prix Calliope.) sous le pseudonyme de Rebecca Arque pour son roman Criminal Loft (publié en auto-édition en 2011) et devient membre du Collectif de la Plume Noire. Elle retravaille son thriller Criminal Loft dans une nouvelle version en 2015. Elle est également l’auteur de “Les Marais funèbres” et “La Maison de l’ombre”.

En 2013, elle participe au recueil de nouvelles Santé, au profit de la fondation Maladies Rares.

Polar, Thriller psychologique

Des larmes sur River Falls

de Alexis Aubenque (Auteur)
Poche – 13 juin 2018
Éditeur : Bragelonne

Alors que l’été s’achève, le shérif Mike Logan savoure la tranquillité qui règne sur sa ville. Revenir à River Falls a été la meilleure décision de sa vie, se dit-il. Mais le destin le rattrape : à l’aube, on retrouve le cadavre d’un homme dans un champ, crucifié tel un épouvantail. Un mot est accroché à ses habits : « Là est ta place ! » Secondé par la lieutenante Lindsay Wyatt, amie de la fille de la victime, Logan enquête dans toutes les directions possibles, avec la terrible impression que d’autres meurtres vont suivre.
Plus méfiant que jamais à l’encontre de Logan, le journaliste Stephen Callahan et sa consœur Leslie Callwin, une spécialiste des tueurs en série, enquêtent en parallèle. Ils vont découvrir qu’à River Falls, l’horreur peut prendre de multiples visages…

Après le succès de Retour à River Falls, Alexis Aubenque revient avec un nouvel épisode inédit de sa série culte. Depuis le mois d’octobre 2018, les éditions Bragelonne ont republié également au format poche, tous les six mois, un titre de la première trilogie : 7 jours à River Falls, Un Automne à River Falls (Prix Polar de Cognac) et Noël à River Falls.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

J’avais hâte que ce tome, de ma saga fétiche, arrive sur le devant de ma PAL…

Et comme d’habitude, c’est un très bon thriller, rempli de suspens et de rebondissements, sans temps mort, avec une intrigue rondement menée dont le dénouement vous surprendra, car il faut savoir, pour ceux qui ne le connaissent pas encore (il y en a ???), c’est qu’avec Alexis Aubenque, impossible de savoir qui est le coupable avant la fin !
Et Dieu sait si j’ai essayé…

Un homme est retrouvé crucifié dans un champ, avec un panneau sur ses vêtements : « là est ta place ! ». Avec l’aide du lieutenant Lindsay Wyatt, Logan recherche dans toutes les directions sans se douter que cette nouvelle enquête risque de le mener vers le pire. Pendant ce temps là, les journalistes Leslie et Stephen vont mener leur enquête en parallèle.

Beaucoup plus sombre que le premier tome de la saison deux, on entre ici vraiment dans la psychologie des personnages. Dans le premier opus, Alexis nous permettait d’apprendre à connaître tous ceux que nous allions côtoyer, ici, il entre dans le vif du sujet, et ne ménage pas ses personnages, ni ses lecteurs non plus.
Ce second tome, je l’ai dévoré en quelques heures.

Lorsque je lis cette saga, j’ai vraiment l’impression de regarder une série sur mon écran !
Et de la même façon lorsqu’on arrive à l’épilogue, Alexis à le don “du dernier rebondissement”, sachant qu’il nous faudra attendre une année pour connaître la suite, et savoir ce qu’il va advenir de “nos” personnages…

Style toujours aussi addictif et fluide.
En résumé, un excellent roman dans une très bonne série…
Qu’“il faut Lire” !!!

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Extrait :

« Logan n’avait aucune nostalgie de Seattle ou de San Francisco. Bien au contraire. Il avait besoin d’être proche de la nature. Oubliées les villes tentaculaires et bouillonnantes. Trop de bruit, trop de monde, trop de hiérarchie. Même s’il était chef du département Homicides, il devait en référer en permanence à ses supérieurs. Il n’était qu’un engrenage dans le dispositif policier, alors que, ici, il était l’unique décisionnaire. Il avait été élu par les habitants de River Falls et n’avait à rendre de compte qu’à eux.
Jamais je n’aurais dû accepter de partir, se dit-il en pensant à toutes ces années passées loin de River Falls. Mais bon, le principal était d’y être revenu. Et la vie allait reprendre son cours pour le meilleur et pour… le meilleur ! »

 

 

Lauréat du prestigieux Prix Polar du festival de Cognac pour Un Automne à River Falls, le deuxième épisode de la série des enquêtes de Mike Logan, Alexis Aubenque est souvent dépeint comme le Harlan Coben français, pour son sens du suspens, la nervosité de son écriture et la force de ses personnages. Désormais, c’est chez Bragelonne Thriller que « le plus américain des auteurs français » publie sa série d’été.

Émotion, Noir, Thriller psychologique

Le Silence des Aveux

de Amélie De Lima (Auteur)
Broché – 13 mai 2017
Éditeur : Independently published

Lille, novembre 2010, le corps sans vie d’une adolescente est retrouvé près de la Deûle enneigée, dans d’étranges conditions. Cheveux scalpés, habillée mais sans sous-vêtements, un billet de vingt euros dans la main, tout prête à croire qu’il s’agit d’un crime sexuel. Véronique De Smet, commissaire chargée de l’affaire semble piétiner, les meurtres s’enchainent et l’enquête est au plus bas. Pourtant, un revirement de situation permettra à Véronique de mettre la main sur le présumé meurtrier, un trentenaire qui semble être le coupable idéal. Mais, l’est-il vraiment ? Aidée de l’inspecteur Bernier, Véronique réalisera un travail de fond, sur l’enquête et sur elle-même, pour démêler cette affaire, où rien ne semble être ce qu’il parait… Ce roman est une introspection sur la question de l’identité, de l’importance de la mémoire, du passé sur nos vies et les conséquences qui en découlent. Il nous balance en pleine figure, ce que les défaillances émotionnelles peuvent nous amener à faire, à détruire l’autre et à nous autodétruire dans un rythme effréné. Personne n’est à l’abri, le mal est partout, même là où l’on ne l’attend pas. Les trois personnages principaux sont analysés tour à tour, afin de découvrir leur rôle dans l’enquête, dans un style abrupte, écorché, où règnent des phrases courtes mais qui martèlent et résonnent dans nos têtes, comme le sifflement d’une étrange mélodie.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Un tueur en série s’attaque à des jeunes filles paumées.
Une enquête policière prenante et oppressante qui nous plonge au cœur de Lille.
Une histoire qui démarre au quart de tour, dès les premières lignes.
Des phrases courtes, des chapitres qui s’enchainent très vite.
Wahou !

Amélie De Lima a une plume très addictive, j’ai accroché dès le début !
Son style est franc, sec et direct, faisant ainsi un thriller fascinant et glaçant.
Attention certains passages sont très durs, personne n’est épargné, encore moins le lecteur !

Il m’a fallu quelques jours et prendre un peu de recul pour pouvoir écrire mon “Ressenti”… Amélie, m’a complètement bouleversé.
Ses personnages me paraissaient tellement vivants. Les crimes qu’ils subissaient, tellement violents. J’ai plongé en enfer en les suivants dans leur monde sombre et malsain. Certains passages ont même eu une résonance très personnelle et j’ai souffert avec eux… Rarement des personnages ne m’auront autant pris aux tripes.
Beaucoup d’émotions…

Plus que l’enquête en elle-même, qui fonctionne d’ailleurs très bien, c’est le côté psychologique qui m’a beaucoup plu dans ce livre. Le dénouement du récit m’a en plus complètement pris à contre pied. En revenant en arrière sur quelques pages, je me suis rendu compte que l’auteur m’avait emmené exactement là, où elle le voulait… Bravo !

Amélie a dirigé cette enquête sur des crimes sexuels d’une main de maître.
“Le Silence des aveux”, son premier roman, malgré quelques “petites imperfections” révèle déjà le talent d’une “vraie plume noire” !

Coup de cœur, pour ce roman qui aborde un sujet peu souvent exploité !

Pour celles et ceux qui ne l’ont pas encore lu, je conseillerai aussi “Voix nocturnes”, toujours d’Amélie. C’est une nouvelle qui se lit très vite !

https://leressentidejeanpaul.com/2019/12/11/voix-nocturnes/

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Extrait :

« Élise sent que cette fille a dû vivre le pire, c’est sûrement pour ça qu’elle s’est forgée une carapace qui la protège des autres. Elle envie presque sa désinvolture et aimerait lui ressembler. Jeune, avec un avenir devant elle. Mais ensuite, elle se rappelle les circonstances et comprend vite que sa vie n’est en rien enviable. Qu’a-t-il pu lui arriver pour qu’elle finisse dans la rue à mendier trois francs six sous ? Élise la regarde, l’observe, tente de percer ce mystère qu’elle ne résoudra peut-être jamais. Elle n’a pas le temps pour ça, elle a d’autre choses en tête, bien plus importantes. La sauver de cette vie minable. »

 

 

Amélie De Lima est originaire de Lille, actuellement expatriée à Barcelone. Elle est rédactrice web et formatrice en entreprise. Elle a toujours été passionnée par la lecture et l’écriture, raison pour laquelle, elle s’est plongée dans les études littéraires.

Elle écrit depuis l’âge de 10 ans, en commençant par des nouvelles policières, fantastiques et des poèmes. Fin 2015, elle a décidé de sauter le pas et d’écrire son premier roman en auto-édition.

VOIX NOCTURNES est une nouvelle assez longue, qui relate les liens mères / enfants sous un fond de thriller psychologique.

Émotion, Histoire, Philosophique

La supplication

Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse
de Svetlana Alexievitch (Auteur)
Poche – 5 octobre 2016
Éditeur : J’ai lu

« Des bribes de conversations me reviennent en mémoire… Quelqu’un m’exhorte :
― Vous ne devez pas oublier que ce n’est plus votre mari, l’homme aimé qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination. Vous n’êtes pas suicidaire. Prenez-vous en main ! « 
Tchernobyl. Ce mot évoque dorénavant une catastrophe écologique majeure. Mais que savons-nous du drame humain, quotidien, qui a suivi l’explosion de la centrale ?
Svetlana Alexievitch nous laisse entrevoir un monde bouleversant : celui des survivants, à qui elle cède la parole. L’événement prend alors une tout autre dimension.
Pour la première fois, écoutons les voix suppliciées de Tchernobyl.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

J’ai eu beaucoup de mal à trouver des mots simples, des mots justes pour parler de ce livre. Il m’a énormément touché…
Du léger frisson sur les bras, à l’horreur au point de fermer les yeux.
Combien de larmes ai-je retenues jusqu’au point final ?
Combien de fois me suis-je levé pour marcher et respirer un coup ?

Ce n’est pas un roman.
C’est une compilation d’interviews toutes plus instructives et intéressantes les unes que les autres. C’est un concentré de douleur et d’amour, d’humanité et de monstruosité, de résignation et de colère…
Tristesse et colère, oui, c’est ça. C’est ce que je retiendrai finalement de cette lecture.

Je ne connaissais pas non plus le terme de « roman de voix » pour qualifier le travail d’un ouvrage par des témoignages.

Svetlana Alexievitch a utilisé des voix intimes et sans autre vêtement que celui d’une vérité émotionnelle propre. L’ouvrage tisse au fur et à mesure des paroles retranscrites sans fioritures. Grâce à ces multiples échanges, j’ai vu une URSS qui se divisait entre les adorateurs de Staline et les nouvelles générations, qui ne tendent plus vers les mêmes idéaux ; mais j’entendais aussi ces enfants devenus grands et auxquels les guerres ont laissé le goût de souvenirs amers ; le ressente des combats de ces populations pour l’amour de leur patrie. Ce livre se dresse d’empathie sous des non-dits qui sont devenus traumatismes, comme le fut le triste événement de Tchernobyl…
Le seul but de notre romancière de voix parait d’être honnête et de se battre, même si son arme est la plume et celle des interrogés, leurs souvenirs.
Et bien qu’elle ne se décrive pas comme une héroïne, elle n’en reste pas moins, une porteuse de lumière.
Rien n’est foncièrement mauvais ou bon et c’est pour cela qu’il est bien loin d’être simple d’expliquer les faits…
D’où l’importance des témoignages…
Et tous les témoignages recueillis convergent vers cette idée d’impuissance mais aussi d’inexpérience, de vérité cachée…
Lorsque le 26 avril 1986, un accident se produit à la centrale de Tchernobyl, on envoie les pompiers, comme s’il s’agissait d’un simple incendie. Les pauvres hommes vont ainsi se confronter à la mort.

Que ce soit les habitants de la zone, les militaires, les hommes réquisitionnés pour le “nettoyage”… Nous avons ici une relation du vécu, psychologique et concrète, des victimes. Effarement, incompréhension, inconscience quant à la gravité et aux conséquences… Et par leurs paroles reflet de l’âme Biélorusse : fatalisme, attachement viscéral au système de valeurs de l’époque (1986, juste avant la chute du communisme), avec parfois un côté très naïf, presqu’enfantin.

Si vous voulez sentir les choses de l’intérieur, à lire absolument !

Merci Alexandra Koszelyk, sans toi je serai passé à coté de ce monument littéraire !

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Extrait :

« Je me suis soudain mis avoir des doutes. Que valait-il mieux : se souvenir ou oublier ? J’ai posé cette question à des amis. Les uns ont oublié, les autres ne veulent pas se souvenir parce qu’on n’y peut rien changer. Nous ne pouvons même pas partir d’ici…
De quoi puis-je me souvenir ? Dans les premiers jours qui ont suivi la catastrophe, les livres sur les radiations, sur Hiroshima et Nagasaki et même sur la découverte de Röntgen on disparu des bibliothèques. On disait que c’était sur ordre des autorités, pour éviter la panique. Il y avait même une blague : si Tchernobyl avait explosé chez les Papous, le monde entier en auraient eu peur… sauf les Papous. Il n’y avait aucune recommandation médicale, aucune information. Ceux qui le pouvait achetaient des comprimés d’iodure de potassium (il n’y en avait pas dans les pharmacies de notre ville : il fallait avoir beaucoup de piston pour s’en procurer). Certains prenaient une poignée de ces comprimés en les avalant avec un verre d’alcool pur. Les secours d’urgence sauvaient ces gens de justesse.
Et puis on a trouvé un signe auquel tout le monde prêtait attention : tant qu’il y avait des moineaux et des pigeons, la ville pouvait être habitée aussi par l’homme. Un jour, j’ai pris un taxi et le conducteur s’étonnait de la manière dont les oiseaux se cognaient contre le pare-brise, comme des aveugles. Comme des fous… Comme s’ils se suicidaient… »

 

 

Prix Nobel de littérature 2015
Svetlana Alexievitch est née en 1948 en Ukraine. Elle a fait des études de journalisme en Biélorussie, où ses parents étaient instituteurs. Sa première publication, La guerre n’a pas un visage de femme, en 1985, sur la Seconde Guerre mondiale, dénoncée comme « antipatriotique, naturaliste, dégradante » mais soutenue par Gorbatchev est un best-seller. Chaque nouveau livre est un événement et un scandale : Les Cercueils de zinc, en 1989, sur la guerre d’Afghanistan, qui la fait connaître en France et sera adapté pour le théâtre par Didier-Georges Gabily ; Ensorcelés par la mort, en 1993, sur les suicides qui ont suivi la chute de l’urss ; et La Supplication, en 1997, sur Tchernobyl. Elle vit de nouveau à Minsk, après un long séjour à Berlin.
Son ouvrage La Fin de l’homme rouge. Le temps du désenchantement (Actes Sud, 2013), sur la fin de l’urss et ce qui a suivi, a été classé meilleur livre de l’année 2013 par le magazine Lire et a reçu le prix Médicis Essai.

Émotion, Fantasy, Philosophique

La Moïra

Intégrale : La louve et l’enfant, La guerre des loups, La nuit de la louve
de Henri Loevenbruck (Auteur)
Broché – 4 octobre 2017
Éditeur : J’ai lu

Aléa, jeune orpheline solitaire, dérobe un jour une bague qui lui confère des pouvoirs étranges. Politiciens et religieux convoitent autant qu’ils redoutent cette élue aux facultés uniques… Serait-elle appelée à devenir le Samildanach, l’élu des druides, à qui revient la charge de façonner l’avenir du monde ? La guerre est proche et gronde, le destin de l’île de Gaelia est sur le point de basculer.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

J’aime beaucoup les romans d’Henri Loevenbruck pour sa diversité des genres, la façon dont il mélange l’histoire et les thrillers, pour l’excellente saison 1 de “Sérum” co-écrite avec Fabrice Mazza, le superbe “Nous rêvions juste de liberté”, mais là, avec “La Moïra” on entre dans la Fantasy pure et dure, dont on retrouve tous les codes du genre !
Cette réédition révisée et augmentée reprend trois livres, “La louve et l’enfant”, “La guerre des loups” et “La nuit de la louve”.

Henri a créé un univers incroyable qui n’a rien à envier à Tolkien.
“Des Druides aux pouvoirs magiques, un nain, des bardes, des loups et bien d’autres”…

Comment Aléa, jeune orpheline qui doit mendier et voler pour survivre dans le comté de Sarre, se retrouve-t-elle au centre d’une histoire incroyable, suite à la découverte d’un cadavre à qui elle a pris une bague. Dès lors avec le Druide Phélim et le nain Mjölln, ils partent vivre des aventures pleines de rebondissements.
Sa quête ? Instaurer la paix sur Gaelia, même si pour cela, elle doit le payer de sa vie. Entre les conflits politiques et les guerres de territoires, avec ses amis, elle va devoir se frayer un chemin à travers de nombreuses intrigues…

Les personnages principaux sont très attachants et émouvants… Mais surtout, tout au long du roman, j’ai été surpris, par certains détails que jamais je n’avais lus dans ce type de roman, qui rendent cette histoire d’autant plus captivante.
On retrouvera bien sûr des batailles, de la magie, mais c’est aussi une très belle histoire d’amour et d’amitiés.

Une histoire épique que je conseille vivement à tous ceux qui ont su conserver leur âme d’enfant.

Il ne me reste plus qu’à me procurer la suite de “La Moïra”, “Gallica”, qui s’avère être aussi une intégrale !

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Extrait :

« La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si un soir d’été, l’âme bienveillante, vous vous allongez dans l’herbe et vous les écoutez le cœur ouvert, vous entendrez peut-être cette histoire d’un autre temps, au pays de Gaelia ; celle de la louve blanche et de l’enfant qu’on appelait Aléa. »

 

 

Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. À 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général.

Noir, Polar, Thriller

Le fruit de mes entrailles

de Cédric Cham (Auteur)
Broché – 10 septembre 2018
Éditeur : Jigal Editions

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger… Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux. La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle, a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie… Le hasard va tous les faire se télescoper au cours d’une longue cavale infernale et sanglante. A la vie, à l’amour, à la mort, au destin…

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Je découvre l’écriture de Cédric Cham. Wahou !!!
J’ai été bousculé et j’en ai pris plein yeux !

Et si je dis plein les yeux, c’est que dès les premières lignes, j’ai eu l’impression de regarder un excellent polar, bien noir…
Pas de temps morts. Amia, Vrinks et Alice vont vous mener jusqu’en enfer.
Âmes sensibles s’abstenir…

Dès le départ, le ton est donné, j’ai été pris au cœur. Immersion totale.
Cédric Cham a une écriture percutante, vive, sans filtre ni tabou, tout en réussissant à nous faire ressentir des émotions intenses.

Amia, 20 ans. Suite à bien des malheurs, elle tombe dans la prostitution. Elle a constamment la peur au ventre, peur des clients, peur de son mac.
Simon Vrinks, ancien braqueur, détenu modèle, il n’est pas loin de la liberté conditionnelle. Lui aussi a eu une enfance difficlile. Il va s’évader, pour venger sa fille, Manon, 20 ans, retrouvée morte mutilée.
Alice, est une “femme/flic” efficace, qui ne laisse rien voir à travers sa carapace à toutes épreuves. Chargée de retrouver le fugitif. Elle aussi cache un passé sombre et douloureux.

Ces trois personnages traités avec justesse, sont des écorchés vifs, mais leurs destins vont se croiser, se télescoper même, nous entraînant dans une intrigue incroyable, sans aucun temps mort. Un roman que je n’ai pas pu lâcher une fois commencé, tant il est addictif.
La violence dégagée lors de ma lecture est profonde et bouleversante. Certaines scènes sont “brutes”, vicieuses aussi parfois, tel un couteau que l’on remue dans une plaie.

Je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à Simon et à Amia, espérant les voir arriver au bout de leur vengeance, vers une lueur d’espoir.

Excellent découverte, je conseille vivement !

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Extrait :

« Un sursaut. Un bruit. Une fragrance de songes. Amia ouvre les yeux. Le décor tourne autour d’elle. Elle ne reconnaît pas l’endroit. Pas de chambre d’hôtel miteuse. Pas de hachoir projetant du sang à la ronde. Pas de miroirs aux murs et au plafond. Pas de son de basses, lourds et entêtants. Le lit est trempé. Les draps enroulés et amalgamés à son corps. Le soleil filtre par la fenêtre ouverte et réchauffe certainement l’atmosphère. Pour autant, Amia a froid. Terriblement froid. Son corps n’est que fusion. À la fois feu et glace. Elle parvient à dégager une jambe et pose le pied au sol. Elle doit s’arrêter. De suite. La pièce virevolte de plus belle autour belle. Un putain de grand huit. Un haut-le-cœur la fait roter. Amia a peur. Elle ne parvient pas à relier les points. À se rappeler ce qu’elle fait ici. D’ailleurs, Elle ne sait toujours pas où elle est. La douleur lui coupe le souffle. Amia se laisse glisser du lit pour se retrouver sur le sol. Les mains en avant. Sur une imitation de parquet en plastique. De ce qu’elle parvient à voir, il brille. À moins que ce ne soit dans sa tête. La luminosité ambiante lui vrille les rétines et les neurones. Elle ouvre et ferme les yeux. Jusqu’à ne plus pouvoir. Alors elle se recroqueville, fait disparaître son visage entre ses bras. Ses dents mordent dans la chair pour ne pas crier. Ainsi, Elle attend. En position fœtale. »

 

 

Cédric Cham, né en 1978, est originaire de la région Rhône-Alpes. Le jour, il travaille au sein de l’Administration pénitentiaire française, la nuit, il écrit des polars. Dès son plus jeune âge, la lecture est devenue une « addiction ». Impossible de passer plus de vingt-quatre heures sans sentir le papier sous ses doigts… Et tout naturellement, à force de dévorer les romans des autres, il en est venu à écrire ses propres histoires. Cédric Cham aime les récits sombres et réalistes. Pourquoi ? Parce que d’après lui, le noir reflète parfaitement notre société actuelle… Ce qui se passe au coin d’une rue oubliée, derrière une porte close, de l’autre côté de la ligne blanche… Ces endroits où la réalité dépasse trop souvent la fiction !

Noir, Polar, Thriller

Black Coffee

de Sophie Loubière (Auteur)
Broché – 14 février 2013
Éditeur : Fleuve éditions

Juillet 1966. Dans la petite ville perdue de Narcissa, Oklahoma, une maison isolée en bordure de la mythique route 66 est la cible d’un tueur sanguinaire. Une femme enceinte et une fillette sont assassinées, une mère et son fils Desmond grièvement blessés. Le jeune garçon va grandir à l’ombre de ce dossier jamais élucidé par la police, hanté par la figure du tueur, sous le regard d’une mère psychologiquement détruite et à des milliers de kilomètres d’un père absent le jour du drame, et qui n’a eu de cesse de raviver la culpabilité de son fils. Si seulement tu n’avais pas attaché le chien… 2011. Devenu journaliste puis professeur de criminologie à l’université, Desmond G. Blur décide de quitter Chicago pour s’installer en Arizona dans la maison de son père décédé. Une ultime tentative du fils pour se rapprocher de son père et s’en faire pardonner, sans savoir que celui-ci, d’outre-tombe, l’a peut-être mis sur la voie de la réconciliation avec leur passé. Car l’arrivée dans le secteur d’une femme vient bientôt réveiller les démons passés de Desmond : Lola, une femme au comportement étrange qui voyage seule avec ses deux enfants, visitant des villes fantômes. Une Française dont Desmond découvre vite que, sous couvert de jouer les touristes, elle recherche son mari littéralement volatilisé trois ans plus tôt sur la route 66. Ce dernier lui aurait fait parvenir un cahier, seul indice de la piste à suivre. Un cahier contenant un récit qui, s’il n’est pas l’œuvre d’un mythomane, est la preuve de l’existence d’un des plus ahurissant criminel que l’histoire des Etats-Unis ait connu… et dont le chemin sanglant traversait déjà la petite ville de Narcissa en Oklahoma l’été 1966.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Bienvenus sur la “Mother Road” !
4 000 km entre Chicago et Los Angeles.
La mythique Route 66, ses motels, ses stations services, son désert et ses bikers…

Sophie nous entraine dans un road-movie étouffant, sur la célèbre route, semée d’embûches, la mort ne cesse d’y rôder. La chaleur, des déserts à pertes de vue…

Suspense, péripéties, de nombreux rebondissements, rien ne manque dans ce roman. Cette route, je ne l’ai pas lâché, je l’ai suivit sur plusieurs générations. Malgré certaines longueurs qui peuvent se justifier par le climat et le sujet, j’ai aimé l’écriture fluide et le dynamisme des chapitres courts.

La route 66 était fière de ses Diner’s, de ses stations-services, de son asphalte lisse et roulant, mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Un tueur en série sévit régulièrement depuis plusieurs années.
Je me demandais, à quel moment sa cavale de plus de 40 ans, parsemée de cadavres, prendrait-elle fin.
Pas une minute de répit… Plus j’avançais dans ma lecture, plus les mailles se resserraient, mais… Je ne dévoilerai rien !
Un récit habilement mené, à la progression maîtrisée. Les personnages sont bien fouillés, à commencer par l’héroïne, Lola, une jeune femme, échappant à tous les clichés.

Sophie frappe fort et juste, elle est parvenue à me tenir en haleine tout au long de son récit. C’est le premier roman que je lis d’elle et sûrement pas le dernier.
Une suite est parue : “White Coffee”.

Vous voulez en savoir un peu plus sur Black coffee ?
Voici le site de Sophie. Il est bourré d’anecdotes sur la fabrication du roman, le voyage, les repérages sur place, etc.

Alors, vous me suivez ?
https://blackcoffee66.blogspot.com/?fbclid=IwAR0kdXK0QxKJUojZsYfeUh_X5Cr75U63O62E_31ix55RGogOslKtJv9-Y34

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Extrait :

« Ce récit n’est pas une fable. Depuis deux jours, nous accumulons des preuves. Si les crimes sont réels, alors le tueur l’est aussi, non ? Desmond se rapprocha. Le corps de Lola s’obstinait à épouser les formes du canapé, marquant la cambrure du dos. Seules les pointes de ses pieds étaient en contact avec le sol. Dans l’exaspération, Lola devenait plus attirante encore. Il enveloppa de ses doigts la main qui tenait le verre.
– Vous ne devriez pas, dit-il.
Face à face, dans cette même immobilité, chacun butait contre un obstacle, à la limite de ses convictions. L’alcool donnait à leurs lèvres de légers arômes de tabac et de miel.
– Le tueur n’est pas votre père, murmura-t-elle.
Le parfum de Lola qui montait vers lui était une caresse douloureuse.
Sa mâchoire se crispa, il ferma les yeux pour garder le contrôle. »

 

 

Journaliste et romancière, Sophie Loubière s’est longtemps partagée entre le micro (France Inter, France Info) et la plume. Auteur d’une dizaine de romans et de nouvelles policières, elle publie son premier polar dans la collection Le Poulpe en 1999. De Paris à San Francisco (« Dans l’œil noir du corbeau »), des forêts lorraines à la route 66 (« Black coffee » et « White Coffee »), elle plonge le lecteur dans un trouble profond. En 2011, le succès de « L’enfant aux cailloux » lui vaut une reconnaissance internationale. Traduit en langue anglaise, le livre remporte plusieurs prix littéraires. En 2015, elle aborde l’Histoire avec « A la mesure de nos silences » (Fleuve Editions), un hymne à la vie, entre ombre et lumière, inspiré d’un fait réel de la seconde Guerre Mondiale. « Cinq cartes brûlées » (Fleuve Noir), confirme l’intérêt de Sophie Loubière pour le fait divers, révélateur des carences et névroses de notre société.

Émotion, Humour, Philosophique

Une bouche sans personne

de Gilles Marchand (Auteur)
Broché – 5 octobre 2017
Éditeur : Points

De sa lèvre inférieure au tréfonds de sa chemise, il a une cicatrice qu’il dissimule sous une écharpe. Le jour, il compte et recompte des colonnes de chiffres. La nuit, il retrouve Sam, Thomas et Lisa au café. Ses trois amis ne savent rien de lui. Un soir, il décide d’ôter le cadenas de son armoire à souvenirs. Et de raconter avec fantaisie l’empreinte que l’Histoire a laissée sur son corps…

“ On se laisse prendre au jeu de l’imaginaire délirant du narrateur qui cache un traumatisme douloureux, et on finit par rêver avec lui.  »
20 minutes

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Une bouche sans personne, est le premier roman de Gilles Marchand.
Pas le premier que je lis, mais l’un de ceux dont j’avais entendu beaucoup de bien…
Dès les premières lignes, je retrouve le style de Gilles, complètement farfelu, déjanté, mais très profond aussi, tout en étant émaillé d’inventions.

Un comptable se cache la journée au milieu de ses chiffres. Il ne vit qu’à travers ses chiffres, ses nombres qui ne l’ont jamais trahi. Il est plus facile de faire des additions que de parler à des personnes. Lorsque l’on compte, on n’est pas obligé de parler.
Mais, quand le bureau ferme, il est seul et cogite. Pas simple de passer inaperçu avec pareille cicatrice. Alors depuis dix ans, le soir venu, il va dans un bar retrouver ses amis, son visage protégé d’une écharpe qu’il n’hôte jamais. Personne ne sait rien de son passé.

Pourtant, un soir, il va de se dévoiler.
L’homme commence alors à raconter… Sa vie, son grand père Pierre-Jean…
Léger et aérien en apparence, le récit devient le roman d’un homme qui se souvient et survit aux traumatismes d’une vie.

Gilles nous offre ici un roman sur l’amitié, et la solitude. Il jongle admirablement bien avec les ingrédients de la vie créant un roman à la fois léger et profond, humain, et habilement construit, serti d’une écriture poétique, douce et pleine de fantaisie.

Nous ne connaîtrons jamais ni le nom, ni le prénom du narrateur traité à la première personne du singulier.
Mais est-ce bien indispensable ?
N’est-ce pas un outil supplémentaire que nous donne l’auteur afin de plonger avec lui dans son monde ?

Vous l’aurez compris j’ai beaucoup aimé ce livre !
Magique, fort, et puissant, l’âme de Boris Vian vient parfois se glisser entre certains mots entraînant un mélange de belle écriture et de métaphores justement dosées…

La fin du roman, m’a bluffé et donne à l’ensemble du récit tout son sens, qui sort des sentiers battus. Un premier roman attachant où vaincre l’horreur est une affaire de mots autant qu’une affaire de cœur.
Que c’est bon de lire un livre tout simplement bien écrit, précis et rempli d’humanité.
Je ne peux que vous recommander ce livre.

 

Hier,

Hier, tous mes problèmes me paraissaient si loin
Aujourd’hui, on dirait qu’ils sont là dans le but de perdurer
Oh, je crois en hier

Soudainement, je ne suis pas la moitié de l’homme que j’étais
Il y a une ombre suspendue au-dessus de moi
Oh, hier est venu soudainement

Pourquoi devait-elle partir, je ne sais pas, elle ne l’a pas expliqué
J’ai dit quelque chose de mal, maintenant hier me manque

Hier, l’amour était un jeu tellement facile à jouer
Aujourd’hui j’ai besoin d’un lieu pour m’isoler
Oh, je crois en hier

 
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Extrait :

« Pourquoi n’enlèves-tu pas cette foutue écharpe ? »
Silence. Il continue à me regarder dans les yeux tandis que Sam s’efforce de prendre un air dégagé. Ce n’est pas la première fois qu’ils m’interrogent à ce sujet. Depuis le premier jour, ils me disent que je peux la retirer. « Il fait trop chaud dedans », « Tu auras froid en sortant », « On est entre amis, tu n’as rien à craindre »… Ils sont revenu plusieurs fois à la charge sans trop insister et finissant par s’excuser de se mêler de ce qui ne les regarde pas. Je n’ai jamais cédé. Il n’y a pas de négociation possible, parce que je n’ai rien à y gagner. Et on ne négocie pas avec les amis.
Pourtant, ce soir c’est différent. Il y a autre chose. Pas de la pitié, mais quelque chose qui flotte dans l’air, entre le comptoir, la réserve, notre table et la porte d’entrée. Quelque chose qui joue avec la fumée de nos cigarettes, qui voile leurs regards et fait vibrer leurs voix d’un timbre que je ne parviens pas à identifier. J’ai bien envie de leur demander ce qui se passe, optant pour la formule la plus efficace en ces circonstances :
« Qu’est-ce qui se passe ?
– Rien, pourquoi ?
– Mais si, je le sens bien. Il y a comme une odeur. Vous savez, ces odeurs décrites dans certains livres, ces odeurs indéfinissables dont on ne sait jamais si elles existent ou s’il s’agit de simples figures de style, comme celle de la peur de l’argent. Un truc qui passe et que je n’arrive pas saisir.
– Une odeur errante ? » Sam est mal à l’aise et commence à remuer sur sa chaise.
« Vu la description, je dirais plutôt rôdante, ajoute Thomas. »

 

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux.

Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent.
Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les « Talents à suivre » par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants « Libr’à Nous » en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Émotion, Humour

Café ! Un garçon s’il vous plait

de Agnès Abécassis
Poche – 10 mai 2017
Éditeur : Le Livre de Poche

Tout commence par un bon café. Il suffit de demander.
Sauf quand on se goure dans la formule… vous avez commandé un garçon ?
En voici un sur un plateau, se dit Lutèce, en retrouvant la trace de son premier amour. Mais le temps aura-t-il su préserver la fraicheur de leurs souvenirs ?
Et puis arrive Tom, le flic tendre. Quand Régine le trompe et qu’il le découvre, par dépit, il la trompe aussi. Avant de réaliser qu’elle n’avait pas fauté…
Ava, c’est l’artiste qui aime trainer dans les cafés pour y chercher l’inspiration.
Un jour, on lui commande le portrait d’une actrice célèbre. L’occasion pour se carrière de décoller ! Mais rien ne se passe comme prévu, et elle qui pensait boire du petit lait risque de devoir attendre un peu avant de sabrer le champagne.
Une histoire pleine de rires, de larmes, de chocolat et d’un soupçon de crème.
Leur point commun à tous ? L’amour est réellement leur tasse de thé.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

C’est mon premier Agnès Abécassis.
Je termine le roman touché, surpris et amusé…

Café ! Un garçon s’il vous plaît, est une belle comédie qui offre plusieurs histoires.
Histoires d’amour bien sûr, sous toutes ses formes…
Histoires d’amitiés…
Mais aussi histoires de la vie, qui ressemblent étrangement aux nôtres, teintées d’humour.

Café ! Un garçon s’il vous plaît, c’est aussi, à travers les protagonistes principaux, la jalousie au sein du couple (Régine/Tom), les retrouvailles avec un amour de jeunesse (Lutèce) et l’épanouissement personnel avec Ava, qui doit livrer le tableau d’une célèbre artiste et être sous les feux de projecteurs, enfin si tout se passe bien !

Pas d’amertume dans ce “café”, aucun risque d’avaler de travers, j’ai vraiment été charmé par tous les personnages, de la première à la dernière page. Agnès a pris soin de développer leur personnalité, les faisant évoluer sous nos yeux petit à petit et ils m’ont même donné de sacrés éclats de rire.
Agnès a aussi la faculté à faire d’une situation banale, un moment de pure merveille et de plus j’ai l’impression qu’elle le fait ça avec une telle facilité !!!

En résumé, je vous conseille vraiment ce roman.
Des personnages attachants, une histoire parfaitement rythmée et une auteur, qui a sans conteste, un sacré talent…
J’arrivais d’ailleurs régulièrement à imaginer Agnès écrire certaines lignes, riant elle-même de ses propres bêtises !!!

Merci Agnès, tu as aidé mon confinement !

Auteur à suivre…

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Extraits :

« De son ton le plus fulminant, elle les menaça en agitant son index tendu comme une cravache :
– JE VOUS PREVIENS, tous les trois. Si vous ne restez pas tranquillement assis dans le silence le plus total pendant TOUTE la durée de ce vol, je vous JURE SUR MA TETE que je… que je…
Son visage cramoisi bouillonnait de chercher en temps réel toutes les promesses de châtiments impitoyables, de sanctions sévères, de corrections terribles qu’elle pourrait brandir pour les faire reculer. Comme elle tardait à les trouver, ils l’aidèrent :
– … que tu te fâches ? Demanda Renso.
– Non, PIRE, bafouilla-t-elle, que je… que je… oh oui que je…
– … que tu cries ? Demanda Kenzo, en ouvrant de grands yeux apeurés.
– Oh, non, non, non, mon petit bonhomme, bien pire, je vous JURE que je… que je…
– Que tu nous abandonnes dans la forêt, en pleine nuit, sans jus de pomme ni sandwich, et même qu’il y a des loups qui nous poursuivent et qui veulent nous manger, mais nous on a froid parce que tu nous as pas laissé d’écharpe, alors on court se protéger dans une cabane mais on n’en trouve pas, parce qu’on est dans un autre pays, et on parle pas la langue, et on pleure, on pleure parce que tu nous aimes plus ? Demanda Enzo, les yeux humides à l’idée de ce supplice atroce qui surpasse tous les autres.
Devant sa petite bouille décomposée, Perla fut sur le point de craquer et de le prendre dans ses bras, mais elle se ressaisit de justesse et trancha :
– Non, j’ai dit pire. Je vous confisque vos consoles de jeux vidéo pendant toute la durée du week-end. »

« Les gens m’épuisent à vouloir sans arrêt décréter ce qui est bien ou pas dans la vie des autres. Qu’ils s’occupent d’abord de la leur, bon sang de bonsoir ! On ne choisit pas la couleur de sa peau, on ne choisit pas non plus de préférer Georges ou Germaine. C’est ainsi. Et ce n’est pas grave. Ce que font deux adultes enthousiastes dans un lit ne devrait regarder qu’eux. Ils se donnent de l’amour ? La belle affaire ! On a tous besoin d’amour, Ethel, tous sans exception… »

 

 

Agnès Abécassis est écrivain, scénariste, illustratrice et journaliste.
Elle a publié une douzaine d’ouvrages, tous des succès, allant des romans aux BD (textes et dessins). Elle a plus d’un million de lecteurs.
Parmi ses titres les plus connus figurent notamment :
« Les tribulations d’une jeune divorcée » (édition illustrée par l’auteur, au Livre de Poche)
– « Le tendre baiser du tyrannosaure » (Prix du public 2016 de Saint-Maur en poche)
« Café ! Un garçon, s’il vous plaît »
Mais aussi « Le théorème de Cupidon », « Chouette, une ride ! », etc…