Polar, Thriller psychologique

Les nouveaux Prophètes

Åsa Larsson
Poche – 26 février 2020
Éditeur : Le Livre de Poche

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Dans la petite ville minière de Kiruna, en Laponie, Viktor Strandgård, celui que l’on surnomme « le pèlerin du paradis » pour avoir miraculeusement survécu à un grave accident, est retrouvé mort dans le temple de cristal, où il officiait. Qui a pu assassiner, aussi sauvagement et avec un tel acharnement, cet éminent membre de l’Église de la Force originelle ? Sollicitée par son amie d’enfance, Sanna, la sœur de la victime, Rebecka Martinsson, avocate fiscaliste à Stockholm, va mener l’enquête. Menacée par les disciples de la communauté, la jeune femme se met rapidement en danger…
Avec cette première enquête de Rebecka Martinsson, la star du polar scandinave fait preuve d’une remarquable maîtrise du genre et d’un grand sens de l’intrigue policière.

PRIX DU PREMIER ROMAN POLICIER SUÉDOIS.

 

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Qui n’a jamais lu de Polar Suédois ?
Je dois avouer que je suis assez fan… Les ambiances bien sombres, peu d’actions, beaucoup de psychologie, des décors incroyables, la neige, le froid, un sentiment de solitude…

“Les nouveaux Prophètes” est le premier roman de Åsa, paru initialement sous le titre “horreur boréale” en 2006.

Dans la ville de Kiruna, le pasteur Viktor Strandgard, surnommé « le pèlerin du paradis » suite a une révélation divine après un accident grave, se consacre depuis à Dieu, dans une Église réunifiée, l’Église de la Force Originelle.

Un meurtre horrible est perpétré dans le Temple de Cristal. Viktor Strandgard est retrouvé, par sa sœur Sanna, le corps allongé au milieu de l’allée, éventré et sauvagement mutilé. Pour ne pas être accusée, Sanna contacte Rebecka Martinsson une avocate fiscale qu’elle connait. Plus jeune Rebecka vivait dans la ville de Kiruna aussi. Elle connait le lieu du décès, la victime, mais surtout elle connait le pourvoir de l’église qu’elle a fuie des années plus tôt.

J’ai toujours aimé les romans ou les films parlant d’histoires de religions et de sectes.
Avec ce roman j’ai été comblé !
C’est la religion qui rythme les vies de cette communauté, les dirige et surtout les brime…
Un voile plane au-dessus de tous les habitants qui doivent obéir à quatre prophètes, à la tête de la Force Originelle, qui tissent petit à petit une sorte de toile où tous les habitants s’engluent sans le savoir…

Au niveau des personnages, il y a un bon travail de recherche de la part de l’auteur, et ce, dès le début de l’intrigue.
Le récit met en avant deux personnalités contradictoires : Rebecka, qui a refusé de se soumettre. Elle a pris ses distances avec la communauté et son église, et est partie vivre à Stockholm dans un grand cabinet d’avocats et Sanna qui n’a jamais quitté sa communauté, qui est effacée, complètement soumise…

Un roman prenant et intéressant sur les dérives des Églises en Suède.
Ce roman est le premier opus, pour moi ce ne sera pas le dernier !

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Extrait :

« Comment te sens-tu ? lui demanda Maria.
– Je préfère ne pas me poser la question. »
Rebecka secoua la tête et tourna les yeux vers la fenêtre pour éviter de croiser le regard inquet de Maria. Elle se mordait l’intérieur des lèvres avec fureur. La pluie s’était arrêtée. « Tu sais, ma chérie, tu n’es pas toujours obligée d’être si forte, lui dit doucement Maria. Quelquefois, toi aussi tu as le droit de lâcher prise et de crier un bon coup. »
Rebecka croisa les doigts autour de son genou.
Lâcher prise, songea-t-elle. Et qu’est-ce qu’on fait si on s’aperçoit ensuite qu’on ne s’arrête plus de tomber ? Et qu’on ne peut plus s’arrêter de crier, non plus ? On ce retrouve à cinquante ans, bourrée de médicaments, enfermée dans un hôpital psychiatrique. Avec ce cri incessant dans la tête. »

 

 

Åsa Larsson compte des millions de lecteurs à travers le monde. Bien que née à Uppsala, elle grandit à Kiruna en Laponie suédoise. Elle fait des études de droit à l’Université d’Uppsala. Avant de devenir écrivain à plein temps, elle est une avocate fiscaliste, une profession qu’elle partage avec l’héroïne de ses romans policiers, Rebecka Martinsson. Son premier roman, Horreur boréale (Solstorm), publié en 2003, est traduit en plusieurs langues et est adapté au cinéma en 2007 par Leif Lindblom (sv). L’année suivante paraît son deuxième roman, Le Sang versé (Det spillts blod som), remporte le prix du meilleur roman policier suédois, tout comme pour le roman Till offer åt Molok en 2012. Sa série consacrée à Rebecka Martinsson est traduite dans 30 pays.

Elle a également écrit des scénarios pour le feuilleton télévisé suédois Vita lögner.

Polar, Thriller

Arcanes Médicis

Samuel Delage
Broché – 13 septembre 2018
Éditeur : Éditions De Borée

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Alors que la quiétude règne sur la villa Médicis, un cadavre est découvert un matin dans l’une des fontaines des jardins. Ce drame bouleverse les artistes pensionnaires et le personnel, d’autant que la victime est le fils du directeur de ce lieu incontournable de l’art et de la culture. Dépêché sur place, le commissaire Castelli conclut rapidement à un homicide et ne tarde pas à découvrir que la victime entretenait des liens ambigus avec les résidents. Dans ce huis-clos où chacun est un suspect potentiel, un jeu psychologique s’instaure avec le tueur qui, traqué et menacé, se révèle retors et particulièrement manipulateur. Les tensions montent. Le directeur ne peut se permettre de perturber le bon fonctionnement de l’institution et fait venir de Paris l’expert en art Yvan Sauvage qu’il charge de finaliser l’organisation d’une exposition dont le vernissage est imminent. Ce dernier retrouve à la villa Marion Evans, l’une de ses anciennes élèves, qui y effectue des recherches historiques. Un bras de fer s’engage alors avec le commissaire. Marion Evans se trouve en effet impliquée dans cette affaire bien au-delà de ce qu’elle-même imagine…

 

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Bonjour à toutes et à tous…

À la Villa Medicis, sanctuaire de l’Art à Rome, c’est la panique. Un cadavre énucléé a été retrouvé dans l’une des fontaines des jardins. Ce meurtre tombe d’autant plus mal que la villa s’apprête, pour célébrer ses 300 ans, à faire une exposition.
Le directeur des lieux, Boris Peyron, est dépassé par tout ça, d’autant plus que le défunt est son fils. Il ne fait aucun doute que le meurtrier est l’un des résidents. Le directeur fait appel à Yvan Sauvage pour l’aider à organiser l’exposition. Ce dernier retrouve à la villa Marion Evans, l’une de ses anciennes élèves. Pas facile du tout d’organiser un quelconque évènement là, où chacun demeure un potentiel suspect…

Le suspens est là, dès les premières pages… L’enquête démarre doucement mais une fois lancée les événements s’enchaînent. En fonctionnant ainsi Samuel nous laisse nous poser les bonnes questions à la fois sur les lieux et sur les personnages. Au point que pendant un moment l’enquête est devenue presque secondaire. Les superbes descriptions du décor de la villa mythique de Rome m’ont complètement emporté.

La plume très fluide de Samuel a vraiment mis en avant l’ambiance, l’atmosphère et les personnages auxquels je me suis très vite attaché. J’avais l’impression d’y être !
La Villa Médicis en devient même un personnage à part entière.
Durant tout le roman la pression monte petit à petit pour aboutir à un point de tension où tout va s’accélérer en très peu de temps. Mais le tueur continue à jouer, bouleversant toutes les certitudes.

J’ai bien aimé le côté “enquête dans l’enquête”, avec tous ces petits détails mis bout à bout…
L’écriture de Samuel est très agréable, elle m’a fait passé un agréable moment de lecture, malgré un rythme assez lent du récit !

Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur « Arcanes Medicis ».
Samuel Delage est un auteur à suivre…

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Extrait :

« L’aube ne s’est pas encore levée dans les jardins de la villa Médicis. Des quartiers de Rome qui s’étendent au pied de la colline du Pincio monte une rumeur lointaine, un sourd ressac absorbé par les frondaisons du parc. Dans l’aile réservée aux artistes, une silhouette vient de tourner le loquet de la porte de sa résidence et s’éloigne. L’occupant de l’atelier numéro 5 a ses habitudes. Il travaille chaque nuit jusqu’à cette heure indécise qui précède le lever du jour, puis sort marcher un moment pour dissiper sa fatigue. Il prend toujours la même allée, celle qui mène au belvédère. »

 

 

Né en 1978 à Angers, Samuel Delage est scénariste et auteur de romans à suspense. Il est également chroniqueur livres sur France 3 et a créé le site Internet Les Petits Mots des Libraires. Code Salamandre est le premier opus d’une série romanesque avec deux personnages récurrents – Yvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, et Marion Evans, historienne de l’art – que l’on retrouve dans Cabale Pyramidion (Albin Michel 2015) et Arcanes Medicis (de Borée 2018).

Polar, Polar historique

La main de gloire

Jean-Luc Bizien
Poche – 2 juillet 2009
Éditeur : 10×18 – Grands détectives

Tandis que l’Exposition universelle bat son plein au pied de la Tour Eiffel flambant neuve, un assassin sème la terreur dans Paris, défiant les services de la Sûreté. Après la découverte en pleine rue de la main momifiée d’une jeune femme, puis celle du corps mutilé d’un malfrat, les macchabées s’amoncellent. Alerté par la police, l’aliéniste Simon Bloomberg reprend du service, aidé de son intrépide gouvernante, Sarah Englewood. La Cour des miracles est transformée en quartier général : il faut agir au plus vite pour démasquer un ennemi aussi redoutable qu’insaisissable. Mais qui est donc ce criminel surgi de nulle part ? Un tueur professionnel, un dément qui frappe au hasard… Ou bien un monstre, que rien ni personne ne peut arrêter ?

 

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Bonjour à toutes et à tous…

 

“La Main de Gloire” fait suite à “La chambre mortuaire”, que je vous conseille de lire avant, pour bien cerner les personnages et leur histoire.

C’est avec beaucoup de joie que je retrouve les personnages que j’avais découverts et appréciés dans le tome précédent.
Simon Bloomberg, aliéniste, y apparaît plus à l’écoute, Ulysse, le colosse un peu simplet toujours aussi gentil et Sarah Englewood sa nouvelle gouvernante. Ensemble ils aident régulièrement un duo de policiers, atypique et assez drôle, à élucider des crimes…

Dans ce volet, il sera question de cadavres momifiés, de mains tranchées retrouvées en plein Paris, de petits cambrioleurs portés disparus, mais surtout de magie noire.

Hormis l’ambiance particulière de la cour des miracles et de la maison pyramide du Dr Bloomberg, les faits se déroulent au cœur de l’expo universelle de Paris et ses attractions typiques. On y croisera ainsi Buffalo Bill, le magicien Chung Ling Soo et des indigènes exposés comme de vulgaires bêtes sauvages.

J’ai été une fois encore complètement happé par l’univers et les personnages de Jean-Luc Bizien. Avec cette série, il fait preuve d’une très grande rigueur, pour faire évoluer ses personnages au cœur d’une intrigue, dans le Paris de la fin du XIXe siècle, plus vrai que nature. Mon attention a été régulièrement attirée vers une multitude de petits détails, sans pour autant me laisser distraire, me permettant de m’évader complètement dans cette époque.

Je ne saurai dire si, ce second tome est mieux au pas que le premier. C’est encore une fois, une enquête pleine de rebondissements qui, quand on pense qu’elle est résolue, ne l’est toujours pas…
Belle surprise, je ne m’attendais pas du tout à cette fin !
J’aime beaucoup cette série policière dont les protagonistes sont originaux et charismatiques.

Jean-Luc, confirme pour moi qu’il n’est pas n’importe quel auteur. Non seulement il se sent à l’aise dans tous les styles, mais surtout il arrive à s’imprégner des différentes époques et des différents personnages qu’il crée dans ses romans et à nous transmettre ensuite son imprégnation, comme si vous y étiez !

Soyons fou…
J’enchaine avec le troisième volet de la saga !

Premier volet de la saga :
https://leressentidejeanpaul.com/2020/08/17/la-chambre-mortuaire/

PS.
Je vous conseille aussi, “Les veilleurs” du même auteur.

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Extrait :

« Vous autres, Anglais, avez le mot juste pour chaque chose. C’est probablement ce qui fait de vous un peuple de chercheurs et de techniciens. Vous privilégiez la concision, allez droit au but. En France, nous avons au contraire privilégié l’art du discours. Nous sommes férus de rhétorique, nous adorons argumenter. Rien ne nous passionne plus qu’une discussion : nous aimons imposer notre point de vue, notre vision des choses, nous sommes prêts à nous battre pour des idées. Vous imaginez dès lors la difficulté à cerner la psychologie d’un homme qui peut exprimer ses sentiments de plusieurs de manières, selon l’humeur ? Sans doute est-ce la raison pour laquelle les autres nations nous pensent arrogants. Nous vénérons les mots, les poèmes, les écrits. »

 

 

Né en 1963 à Phnom-Penh (Cambodge), Jean-Luc Bizien a vécu une grande partie de son enfance à l’étranger. Il a exercé pendant une quinzaine d’années la double profession d’auteur et d’enseignant avant de se consacrer totalement à l’écriture. Jean-Luc Bizien s’épanouit d’abord dans les jeux de rôles et les littératures de l’imaginaire : il a obtenu en 1994 le prix Casus Belli du meilleur jeu de rôles pour Chimères et a publié de nombreux livres pour la jeunesse. En 2002, il a obtenu le prix du roman d’aventures pour “La Mort en prime time” et le prix Fantastic’Arts pour “WonderlandZ”. Passant avec bonheur d’un genre à l’autre, il est l’auteur aux éditions Gründ de Vivez l’Aventure, une série de livres-jeux illustrés qui rencontre un grand succès et de la “Trilogie des ténèbres”, des thrillers contemporains aux éditions du Toucan.
Les œuvres dont il est le plus fier sont cependant ses deux fils, Elric et Adriel, respectivement parus en 1990 et 2005.

Polar, Thriller, Thriller psychologique

Goliat

Mehdy Brunet
Broché – 3 septembre 2020
Éditeur : Taurnada Editions – Le tourbillon des mots

La mer de Barents, au large des côtes norvégiennes : Goliat, une plateforme pétrolière en proie aux éléments déchaînés, est le sinistre théâtre d’une série de meurtres odieux. David Corvin, ex-agent du FBI, va devoir utiliser toutes ses compétences pour stopper l’hécatombe. Mais au bout du chemin, il risque de perdre son âme… Et bien plus encore…

 

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Je tiens, avant tout, à remercier Joël des Editions Taurnada pour cette belle surprise !
Décidément “le tourbillon des mots” est une collection palpitante et percutante qui ne m’a jamais déçue à ce jour…

Je découvre donc Mehdy Brunet avec “Goliat”

J’ai tout d’abord été assez perturbé par la manière de Medhi d’appréhender sa “ligne du temps” dans le récit ! Il a fallu que je me recentre un peu.
Mais très vite je m’y suis fait, donnant même, il me semble un rythme supplémentaire puisque le lecteur évoluera ainsi sur plusieurs années en même temps (2013, 2015, 2016 et 2019) dans un chassé-croisé infernal.

Le rythme.
Voilà la base de toute la construction de l’histoire. Et c’est en étant ballotté ainsi d’années en années que la structure du récit se met en place comme dans un échiquier fou, où l’auteur avance ses pions comme il l’entend, afin de dérouter le lecteur…

Un avion de l’Asiana Airlines en direction San Francisco s’écrase durant l’atterrissage.
Voilà le début de toute l’intrigue.
L’auteur place son premier pion et à partir de là, j’ai été complètement aspiré par sa narration…
Crash d’un avion, meurtres en série, choc post-traumatique lié à la guerre, FBI, tempêtes, meurtres laissant des corps sans organes…

D’où vient cette soif de meurtres ?
Pourquoi sont-ils si sanglants ?

Les personnages, principaux ou pas, créés par Mehdy, sont particulièrement bien développés et je me suis très vite attaché à eux.
Bien évidement j’ai été frappé par les tragédies et la sauvagerie des crimes, tout en ayant une part de mon esprit qui “comprenait” la folie dans laquelle était entrée le meurtrier…
Mais je n’en dirai pas plus, afin que chacun se fasse son opinion.

Assez vite j’ai trouvé qui était le coupable, mais cela n’a gâché en rien le plaisir de ma lecture et vous comprendrez le pourquoi quand vous le lirez. Le côté huit-clos oppressant, par le choix de situer l’action sur une plateforme au cœur de l’océan Arctique en pleine tempête, isolant de ce fait toutes les personnes se trouvant livrées à elles-mêmes, est vraiment une très bonne idée. Tout le monde va savoir qu’il y a un tueur parmi eux. Mais qui peut-il bien être ?
Une atmosphère suffocante va monter ainsi jusqu’à la fin du récit.

Un récit profond et très bien mené que je conseille aux accros du genre !
Lu d’une traite.

Encore une dernière chose.
Bravo Mehdy !!!

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Extrait :

« “Tu sais quoi, le citadin, tu devrais le jeter ton engin.
– De quoi ? Dis-je, surpris. Mon smartphone ?
– Oui, petit gars. On te fait croire que ce truc est merveilleux et qu’il va soulager ta vie, mais crois-moi, c’est aussi utile qu’une paire de couille en boîte. C’est jamais qu’un moyen de plus pour te pousser à la consommation. Ils te chantent à longueur de journée et sur toutes les télés et radios du monde que sans ça et tous les artifices vendus avec t’es un loser. Et dès que tu le mets en marche on te glisse dedans les pubs que t’as pas chopées à la télé, comme ça ils sont certains de te lobotomiser l’intérieur de la tête pour en faire de la marmelade modulable. ”

Une chose que je n’arrive pas à définir se dégage de ce gars, j’ai une impression étrange. Derrière ses gestes posés et malgré un tempérament grognon, semble se trouver une sorte de sérénité. Une sérénité… paternelle.
“Et, vous réservez cet opinion spécialement aux téléphones portables, ou vous avez une dent contre toutes les formes d’avancées technologiques ? ”
– Les “avancées technologiques” ? Relève-t-il avec un léger rictus.
– Oui. Quelque chose me dit que comme Chaplin vous fuyez les temps modernes. Je me trompe ?
– Là, tu te plantes, mon petit gars. Pour moi, le progrès est arrivé lorsqu’on a planté un lave-linge dans la salle de bain de ma grand-mère pour lui retirer les mains de son lavoir. Et “l’avancée” ce serait que les bonshommes apprennent à s’en servir. »

 

 

Né en 1974 à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, Genève, île de la Réunion, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume. Avec “Sans raison…” il signe un premier roman réussi, un thriller aussi dramatique que haletant. Très vite suivi de “Le fruit de ma colère”, un autre thriller.
Son dernier roman “Goliat” est sorti le 3 septembre 2020.

 

 

Émotion, Frisson horreur, Noir, Polar

Celui dont le nom n’est plus

René Manzor
Poche – 10 septembre 2015
Éditeur : POCKET

Et si les tueurs étaient en fait les victimes ?

 » Puissent ces sacrifices apaiser l’âme de Celui dont le nom n’est plus. « 
Pour la deuxième fois en deux jours, ce message énigmatique signe une scène de crime londonienne. Rien ne relie les victimes – pas même leurs assassins, qui ne se connaissaient pas, et qui ont chacun, lors de leur arrestation, avoué avoir tué la personne qu’ils aimaient le plus au monde. Pourtant les faits sont là : le rituel religieux, le message, le cadavre vidé de ses organes – ces meurtres sont commis selon le même mode opératoire.
Le commissaire McKenna, vieux routier de Scotland Yard, et le docteur Dahlia Rhymes, criminologue américaine, pressentent que la série n’en est qu’à ses débuts.
À moins de mettre, au plus vite, un nom sur l’horreur…

“Un polar dense. Une intrigue captivante.” L’Express

“Un thriller haletant… dont le lecteur n’oubliera pas le nom.” Ouest France

 

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Bonjour à toutes et à tous…

Après avoir lu “Dans les brumes du mal” et “Apocryphe” du même auteur, je n’ai pas été déçu du tout par Celui dont le nom n’est plus”.

Quel voyage !
Grâce à sa plume parfaitement maîtrisée, René Manzor signe un polar original avec une intrigue intense et prenante sur fond d’ésotérisme, aux frontières de l’amour et de la mort…

Dès les premières pages, le ton sanglant est donné.
J’ai adoré !
Pas de temps morts, du rythme, des chapitres courts, un scénario très bien construit. Le suspense est maintenu constamment. On plonge dans le domaine de l’hypnose, de l’égyptologie, de la greffe d’organes. Je me suis posé beaucoup de questions tout le long de ma lecture entre compassion, tristesse, impuissance, horreur et malaise. René ne nous ménage pas.
Un page turner, qui ferait un excellent film, grâce à son côté psychologique très bien dépeint.

Une enquête prenante, menée par un inspecteur de Scotland Yard et une profiler américaine. Un tueur insaisissable, même une fois interpellé.
Une quête haletante…

Je me suis laissé prendre jusqu’au bout par ce récit ne sachant pas du tout où l’auteur nous mènerait.
Une histoire émouvante, passionnante, des personnages attachants, dans une ambiance très sombre et un final qui m’a beaucoup marqué…
Je vous le conseille vraiment.

Retrouvez toute l’actualité de l’auteur sur :
http://www.renemanzor.com
ou
https://www.facebook.com/rmanzorlink

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Extrait :

« C’est fou comme l’esprit reste convaincu que le corps lui ment en permanence. On s’imagine avoir vingt ans à soixante, on s’offusque quand les jeunes vous appellent « monsieur » ou « madame » à cause de je ne sais quelle différence physique et, pendant ce temps, nos rêves et nos fantasmes ne prennent pas une ride. »

 

 

René Manzor est réalisateur et écrivain. Remarqué par Steven Spielberg après ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, il part pour Los Angeles où il devient scénariste, réalisateur et ghost writer pour les grandes productions. De retour en France, et parallèlement à ses diverses participations pour le cinéma – dont Dédales en 2003 – et la télévision, il publie son premier roman, Les Âmes rivales (2012), suivi de Celui dont le nom n’est plus (2014) – qui a reçu le prix Polar du meilleur roman francophone 2014 au Festival de Cognac. Ces deux titres ont paru aux Éditions Kero. Son troisième roman, Dans les brumes du mal, paraît en 2016 chez Calmann-Lévy.

Polar, Thriller psychologique

Des larmes sur River Falls

de Alexis Aubenque (Auteur)
Poche – 13 juin 2018
Éditeur : Bragelonne

Alors que l’été s’achève, le shérif Mike Logan savoure la tranquillité qui règne sur sa ville. Revenir à River Falls a été la meilleure décision de sa vie, se dit-il. Mais le destin le rattrape : à l’aube, on retrouve le cadavre d’un homme dans un champ, crucifié tel un épouvantail. Un mot est accroché à ses habits : « Là est ta place ! » Secondé par la lieutenante Lindsay Wyatt, amie de la fille de la victime, Logan enquête dans toutes les directions possibles, avec la terrible impression que d’autres meurtres vont suivre.
Plus méfiant que jamais à l’encontre de Logan, le journaliste Stephen Callahan et sa consœur Leslie Callwin, une spécialiste des tueurs en série, enquêtent en parallèle. Ils vont découvrir qu’à River Falls, l’horreur peut prendre de multiples visages…

Après le succès de Retour à River Falls, Alexis Aubenque revient avec un nouvel épisode inédit de sa série culte. Depuis le mois d’octobre 2018, les éditions Bragelonne ont republié également au format poche, tous les six mois, un titre de la première trilogie : 7 jours à River Falls, Un Automne à River Falls (Prix Polar de Cognac) et Noël à River Falls.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

J’avais hâte que ce tome, de ma saga fétiche, arrive sur le devant de ma PAL…

Et comme d’habitude, c’est un très bon thriller, rempli de suspens et de rebondissements, sans temps mort, avec une intrigue rondement menée dont le dénouement vous surprendra, car il faut savoir, pour ceux qui ne le connaissent pas encore (il y en a ???), c’est qu’avec Alexis Aubenque, impossible de savoir qui est le coupable avant la fin !
Et Dieu sait si j’ai essayé…

Un homme est retrouvé crucifié dans un champ, avec un panneau sur ses vêtements : « là est ta place ! ». Avec l’aide du lieutenant Lindsay Wyatt, Logan recherche dans toutes les directions sans se douter que cette nouvelle enquête risque de le mener vers le pire. Pendant ce temps là, les journalistes Leslie et Stephen vont mener leur enquête en parallèle.

Beaucoup plus sombre que le premier tome de la saison deux, on entre ici vraiment dans la psychologie des personnages. Dans le premier opus, Alexis nous permettait d’apprendre à connaître tous ceux que nous allions côtoyer, ici, il entre dans le vif du sujet, et ne ménage pas ses personnages, ni ses lecteurs non plus.
Ce second tome, je l’ai dévoré en quelques heures.

Lorsque je lis cette saga, j’ai vraiment l’impression de regarder une série sur mon écran !
Et de la même façon lorsqu’on arrive à l’épilogue, Alexis à le don “du dernier rebondissement”, sachant qu’il nous faudra attendre une année pour connaître la suite, et savoir ce qu’il va advenir de “nos” personnages…

Style toujours aussi addictif et fluide.
En résumé, un excellent roman dans une très bonne série…
Qu’“il faut Lire” !!!

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Extrait :

« Logan n’avait aucune nostalgie de Seattle ou de San Francisco. Bien au contraire. Il avait besoin d’être proche de la nature. Oubliées les villes tentaculaires et bouillonnantes. Trop de bruit, trop de monde, trop de hiérarchie. Même s’il était chef du département Homicides, il devait en référer en permanence à ses supérieurs. Il n’était qu’un engrenage dans le dispositif policier, alors que, ici, il était l’unique décisionnaire. Il avait été élu par les habitants de River Falls et n’avait à rendre de compte qu’à eux.
Jamais je n’aurais dû accepter de partir, se dit-il en pensant à toutes ces années passées loin de River Falls. Mais bon, le principal était d’y être revenu. Et la vie allait reprendre son cours pour le meilleur et pour… le meilleur ! »

 

 

Lauréat du prestigieux Prix Polar du festival de Cognac pour Un Automne à River Falls, le deuxième épisode de la série des enquêtes de Mike Logan, Alexis Aubenque est souvent dépeint comme le Harlan Coben français, pour son sens du suspens, la nervosité de son écriture et la force de ses personnages. Désormais, c’est chez Bragelonne Thriller que « le plus américain des auteurs français » publie sa série d’été.

Noir, Polar, Thriller

Le fruit de mes entrailles

de Cédric Cham (Auteur)
Broché – 10 septembre 2018
Éditeur : Jigal Editions

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger… Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux. La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle, a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie… Le hasard va tous les faire se télescoper au cours d’une longue cavale infernale et sanglante. A la vie, à l’amour, à la mort, au destin…

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Je découvre l’écriture de Cédric Cham. Wahou !!!
J’ai été bousculé et j’en ai pris plein yeux !

Et si je dis plein les yeux, c’est que dès les premières lignes, j’ai eu l’impression de regarder un excellent polar, bien noir…
Pas de temps morts. Amia, Vrinks et Alice vont vous mener jusqu’en enfer.
Âmes sensibles s’abstenir…

Dès le départ, le ton est donné, j’ai été pris au cœur. Immersion totale.
Cédric Cham a une écriture percutante, vive, sans filtre ni tabou, tout en réussissant à nous faire ressentir des émotions intenses.

Amia, 20 ans. Suite à bien des malheurs, elle tombe dans la prostitution. Elle a constamment la peur au ventre, peur des clients, peur de son mac.
Simon Vrinks, ancien braqueur, détenu modèle, il n’est pas loin de la liberté conditionnelle. Lui aussi a eu une enfance difficlile. Il va s’évader, pour venger sa fille, Manon, 20 ans, retrouvée morte mutilée.
Alice, est une “femme/flic” efficace, qui ne laisse rien voir à travers sa carapace à toutes épreuves. Chargée de retrouver le fugitif. Elle aussi cache un passé sombre et douloureux.

Ces trois personnages traités avec justesse, sont des écorchés vifs, mais leurs destins vont se croiser, se télescoper même, nous entraînant dans une intrigue incroyable, sans aucun temps mort. Un roman que je n’ai pas pu lâcher une fois commencé, tant il est addictif.
La violence dégagée lors de ma lecture est profonde et bouleversante. Certaines scènes sont “brutes”, vicieuses aussi parfois, tel un couteau que l’on remue dans une plaie.

Je n’ai pu m’empêcher de m’attacher à Simon et à Amia, espérant les voir arriver au bout de leur vengeance, vers une lueur d’espoir.

Excellent découverte, je conseille vivement !

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Extrait :

« Un sursaut. Un bruit. Une fragrance de songes. Amia ouvre les yeux. Le décor tourne autour d’elle. Elle ne reconnaît pas l’endroit. Pas de chambre d’hôtel miteuse. Pas de hachoir projetant du sang à la ronde. Pas de miroirs aux murs et au plafond. Pas de son de basses, lourds et entêtants. Le lit est trempé. Les draps enroulés et amalgamés à son corps. Le soleil filtre par la fenêtre ouverte et réchauffe certainement l’atmosphère. Pour autant, Amia a froid. Terriblement froid. Son corps n’est que fusion. À la fois feu et glace. Elle parvient à dégager une jambe et pose le pied au sol. Elle doit s’arrêter. De suite. La pièce virevolte de plus belle autour belle. Un putain de grand huit. Un haut-le-cœur la fait roter. Amia a peur. Elle ne parvient pas à relier les points. À se rappeler ce qu’elle fait ici. D’ailleurs, Elle ne sait toujours pas où elle est. La douleur lui coupe le souffle. Amia se laisse glisser du lit pour se retrouver sur le sol. Les mains en avant. Sur une imitation de parquet en plastique. De ce qu’elle parvient à voir, il brille. À moins que ce ne soit dans sa tête. La luminosité ambiante lui vrille les rétines et les neurones. Elle ouvre et ferme les yeux. Jusqu’à ne plus pouvoir. Alors elle se recroqueville, fait disparaître son visage entre ses bras. Ses dents mordent dans la chair pour ne pas crier. Ainsi, Elle attend. En position fœtale. »

 

 

Cédric Cham, né en 1978, est originaire de la région Rhône-Alpes. Le jour, il travaille au sein de l’Administration pénitentiaire française, la nuit, il écrit des polars. Dès son plus jeune âge, la lecture est devenue une « addiction ». Impossible de passer plus de vingt-quatre heures sans sentir le papier sous ses doigts… Et tout naturellement, à force de dévorer les romans des autres, il en est venu à écrire ses propres histoires. Cédric Cham aime les récits sombres et réalistes. Pourquoi ? Parce que d’après lui, le noir reflète parfaitement notre société actuelle… Ce qui se passe au coin d’une rue oubliée, derrière une porte close, de l’autre côté de la ligne blanche… Ces endroits où la réalité dépasse trop souvent la fiction !

Noir, Polar, Thriller

Black Coffee

de Sophie Loubière (Auteur)
Broché – 14 février 2013
Éditeur : Fleuve éditions

Juillet 1966. Dans la petite ville perdue de Narcissa, Oklahoma, une maison isolée en bordure de la mythique route 66 est la cible d’un tueur sanguinaire. Une femme enceinte et une fillette sont assassinées, une mère et son fils Desmond grièvement blessés. Le jeune garçon va grandir à l’ombre de ce dossier jamais élucidé par la police, hanté par la figure du tueur, sous le regard d’une mère psychologiquement détruite et à des milliers de kilomètres d’un père absent le jour du drame, et qui n’a eu de cesse de raviver la culpabilité de son fils. Si seulement tu n’avais pas attaché le chien… 2011. Devenu journaliste puis professeur de criminologie à l’université, Desmond G. Blur décide de quitter Chicago pour s’installer en Arizona dans la maison de son père décédé. Une ultime tentative du fils pour se rapprocher de son père et s’en faire pardonner, sans savoir que celui-ci, d’outre-tombe, l’a peut-être mis sur la voie de la réconciliation avec leur passé. Car l’arrivée dans le secteur d’une femme vient bientôt réveiller les démons passés de Desmond : Lola, une femme au comportement étrange qui voyage seule avec ses deux enfants, visitant des villes fantômes. Une Française dont Desmond découvre vite que, sous couvert de jouer les touristes, elle recherche son mari littéralement volatilisé trois ans plus tôt sur la route 66. Ce dernier lui aurait fait parvenir un cahier, seul indice de la piste à suivre. Un cahier contenant un récit qui, s’il n’est pas l’œuvre d’un mythomane, est la preuve de l’existence d’un des plus ahurissant criminel que l’histoire des Etats-Unis ait connu… et dont le chemin sanglant traversait déjà la petite ville de Narcissa en Oklahoma l’été 1966.

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Bienvenus sur la “Mother Road” !
4 000 km entre Chicago et Los Angeles.
La mythique Route 66, ses motels, ses stations services, son désert et ses bikers…

Sophie nous entraine dans un road-movie étouffant, sur la célèbre route, semée d’embûches, la mort ne cesse d’y rôder. La chaleur, des déserts à pertes de vue…

Suspense, péripéties, de nombreux rebondissements, rien ne manque dans ce roman. Cette route, je ne l’ai pas lâché, je l’ai suivit sur plusieurs générations. Malgré certaines longueurs qui peuvent se justifier par le climat et le sujet, j’ai aimé l’écriture fluide et le dynamisme des chapitres courts.

La route 66 était fière de ses Diner’s, de ses stations-services, de son asphalte lisse et roulant, mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Un tueur en série sévit régulièrement depuis plusieurs années.
Je me demandais, à quel moment sa cavale de plus de 40 ans, parsemée de cadavres, prendrait-elle fin.
Pas une minute de répit… Plus j’avançais dans ma lecture, plus les mailles se resserraient, mais… Je ne dévoilerai rien !
Un récit habilement mené, à la progression maîtrisée. Les personnages sont bien fouillés, à commencer par l’héroïne, Lola, une jeune femme, échappant à tous les clichés.

Sophie frappe fort et juste, elle est parvenue à me tenir en haleine tout au long de son récit. C’est le premier roman que je lis d’elle et sûrement pas le dernier.
Une suite est parue : “White Coffee”.

Vous voulez en savoir un peu plus sur Black coffee ?
Voici le site de Sophie. Il est bourré d’anecdotes sur la fabrication du roman, le voyage, les repérages sur place, etc.

Alors, vous me suivez ?
https://blackcoffee66.blogspot.com/?fbclid=IwAR0kdXK0QxKJUojZsYfeUh_X5Cr75U63O62E_31ix55RGogOslKtJv9-Y34

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Extrait :

« Ce récit n’est pas une fable. Depuis deux jours, nous accumulons des preuves. Si les crimes sont réels, alors le tueur l’est aussi, non ? Desmond se rapprocha. Le corps de Lola s’obstinait à épouser les formes du canapé, marquant la cambrure du dos. Seules les pointes de ses pieds étaient en contact avec le sol. Dans l’exaspération, Lola devenait plus attirante encore. Il enveloppa de ses doigts la main qui tenait le verre.
– Vous ne devriez pas, dit-il.
Face à face, dans cette même immobilité, chacun butait contre un obstacle, à la limite de ses convictions. L’alcool donnait à leurs lèvres de légers arômes de tabac et de miel.
– Le tueur n’est pas votre père, murmura-t-elle.
Le parfum de Lola qui montait vers lui était une caresse douloureuse.
Sa mâchoire se crispa, il ferma les yeux pour garder le contrôle. »

 

 

Journaliste et romancière, Sophie Loubière s’est longtemps partagée entre le micro (France Inter, France Info) et la plume. Auteur d’une dizaine de romans et de nouvelles policières, elle publie son premier polar dans la collection Le Poulpe en 1999. De Paris à San Francisco (« Dans l’œil noir du corbeau »), des forêts lorraines à la route 66 (« Black coffee » et « White Coffee »), elle plonge le lecteur dans un trouble profond. En 2011, le succès de « L’enfant aux cailloux » lui vaut une reconnaissance internationale. Traduit en langue anglaise, le livre remporte plusieurs prix littéraires. En 2015, elle aborde l’Histoire avec « A la mesure de nos silences » (Fleuve Editions), un hymne à la vie, entre ombre et lumière, inspiré d’un fait réel de la seconde Guerre Mondiale. « Cinq cartes brûlées » (Fleuve Noir), confirme l’intérêt de Sophie Loubière pour le fait divers, révélateur des carences et névroses de notre société.

Polar

Échec à la Reine

“Les enquètes de l’apicultrice”

de Valérie Valeix
Poche – 10 mars 2017
Éditeur : Éditions du Palémon

Éminente apicultrice consultante dans le Quercy, la jeune Audrey Astier parcourt le monde à la recherche de méthodes de travail différentes dans le but d’assurer la sauvegarde des abeilles. Alors qu’elle a rendez-vous avec son vieux maître de stage, Janissou Laborde, dit le Papé, celui-ci disparaît mystérieusement…
Aux côtés du troublant lieutenant Steinberger, fraîchement affecté à la gendarmerie de Rocamadour après son retour d’Afghanistan, Audrey va courir le causse pour tenter de déjouer les pièges d’une effroyable société secrète prête à tout pour arriver à ses fins…

Cette série d’un nouveau genre mêle habilement intrigue (tous les ingrédients d’un excellent roman policier sont réunis : enquête, suspense, action…), écologie (en rappelant l’importance de la protection des abeilles et de l’apithérapie), Histoire (de nombreux faits marquants locaux ou nationaux sont abordés) et patrimoine (on découvre avec plaisir les richesses et traditions des régions).

 

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Bonjour à toutes et à tous.

Je suis très content d’avoir découvert ce roman addictif et très original, construit autour des abeilles, insectes qui m’ont toujours fascinés.

Échec à la Reine, est un roman sans aucun temps mort.
À peine les premières pages lues, je savais que j’aurai du mal à me contenir…
Alors, que faire dans ces cas là ?
Le mieux est d’en profiter en se laissant porter par l’intrigue…

Et quelle intrigue !

– Audrey Astier, personnage principal, est apicultrice dans un petit village de la Dordogne.
– Janissou dit « le Papé », son Maître de stage, disparaît, lui laissant une lettre étrange en forme de testament. Audrey va tout faire pour retrouver son ami, elle va remuer ciel et terre afin que les autorités acceptent d’ouvrir une procédure.
– Le Lieutenant Steinberger de la Gendarmerie de Rocamadour, est Alsacien avec un caractère bien trempé. Il vient d’arriver pour remplacer l’Adjudant-Chef Lebel aimé de tous à la Brigade et ami d’Audrey.

C’est dans un cadre très “terroir”, que l’énigme policière va dérouler.

Valérie Valeix a concocté un roman très bien construit et bien sûr, très documenté !
J’ai appris énormément de choses sur les abeilles sans que cela ne gène en rien la lecture de l’intrigue.
Valérie nous emmène telle une guide touristique à travers une région superbe où la nature est omniprésente, mais on va vite se rendre compte qu’il n’y a pas qu’un coupable, mais toute une organisation derrière l’enlèvement de Janissou. L’enquête est beaucoup plus importante et incroyable que ce que je pensais…

Un moment de pur plaisir !

Mais…
Il vous faudra attendre les dernières pages pour connaître enfin le dénouement de cette histoire prenante.

La quatrième de couv. annonce la naissance d’une série.
Génial !!!
J’ai hâte de lire les prochains opus !

Une aventure à suivre absolument !

Merci Valérie…

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Extrait :
« La maison était silencieuse, toute forme de vie semblait l’avoir désertée, remplacée par un calme pesant. Audrey fit rapidement le tour du logis et pénétra seulement en dernier dans la salle à manger où elle fut accueillie par le tic-tac mélancolique de l’horloge, ce “Dieu sinistre, effrayant, impassible” selon Baudelaire dont le doigt menaçant nous disait “Souviens-toi”.
La table était dressée pour deux personnes, preuve que Janissou l’attendait. Des chandelles étaient allumées, conférant à la pièce aux fenêtres étroites une atmosphère vaguement irréelle. Un grincement assorti d’un claquement de porte fit sursauter la jeune femme. Alors seulement elle vit, et ce qu’elle vit noua une boule d’angoisse dans sa gorge. »

 

 

Née dans les Yvelines en 1971, passionnée d’Histoire, Valérie Valeix a été membre de la Fondation Napoléon. À la suite d’un déménagement en Normandie, intéressée depuis toujours par l’apiculture (son arrière-grand-père était apiculteur en Auvergne), elle fonde les ruchers d’Audrey. Elle s’engage alors dans le combat contre l’effondrement des colonies, la « malbouffe » et dans l’apithérapie (soins grâce aux produits de la ruche).
Elle eut l’honneur d’être amie – et le fournisseur de miel – de sa romancière favorite, Juliette Benzoni, reine du roman historique, malheureusement décédée en 2016. Cette dernière a encouragé ses premiers pas dans l’écriture « apicole ».

Noir, Polar, Thriller

Reflex

de Maud Mayeras
Broché – 3 octobre 2013
Éditeur : Anne Carrière

 » À chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu’aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question : Tu es disponible, Iris ?
Je suis toujours disponible. « 

Iris, photographe de l’Identité Judiciaire, shoote comme d’autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant.

Henry Witkin, fruit d’une lignée chaotique de filles-mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées.

Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu’elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors, les monstres se révèlent. Ce n’est que lorsqu’il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines.
Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.

 

2020_020_Mayeras Maud - Reflex

 

Bonjour à toutes et à tous.

Âmes sensibles, attention !
Reflex n’est pas qu’un simple polar, même si Iris est photographe à l’identité judiciaire. Ce n’est pas non plus un simple thriller… C’est surtout un roman très NOIR original et captivant.

Par son rythme très lent, Maud Mayeras insuffle un sentiment d’étouffement, suffocant parfois.
Maud prend son temps. Elle joue avec son lecteur et elle le fait si bien qu’il m’a été très difficile de m’en détacher dès que je l’ai ouvert.

Le retour dans sa ville natale est difficile pour Iris, jeune femme bègue qui bute sur la vie comme elle bute sur les mots. Elle semble ne plus avoir de vie depuis que son fils a disparu tragiquement. Un tueur en série au mode opératoire qui lui est familier, exalte son objectif de visions cauchemardesques… Des images, des odeurs, des démons qui refont surface.
Maud nous décrit en parallèle le destin de Julie, jeune fille de bonne famille qui, après avoir été violée, se retrouvera enceinte.

Deux héroïnes. Deux histoires.
Évidemment, on se doute qu’un lien étroit unit ces deux histoires, mais là encore, Maud m’a tenu en haleine par sa construction narrative, alternant les deux époques dont l’une intitulée « Silence » débutant en 1919 et allant jusqu’en 2014 avec l’histoire de Julie. Où, on file ainsi d’époque en époque, donnant un rythme qui accroît la tension et titillera le lecteur qui sera plongé dans une atmosphère angoissante et étouffante. L’autre histoire, avec des chapitres très cours, parfois 3 ou 4 pages, dont de nombreux commencent par la même formule « je n’aime pas”. Le suspense augmente et je suis allé de surprises en surprises jusqu’au dénouement final et là, c’est une véritable claque !

Avec son écriture calculée, terriblement efficace, une fois la dernière page tournée, Maud nous montre que l’on ne doit se fier à personne…

Un récit comme il en existe peu, qui m’a pris aux tripes, et au cœur.
Un thriller moite avec des personnages qui ont tous une part d’ombre. Un véritable voyage au bout de l’enfer…
À lire absolument pour amateurs de thrillers noirs

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Extrait :
« Diane avait regardé son mari, ou plutôt les yeux de son mari, grand ouvert sur le vide, la peur coincée dans sa gorge et ses mains qui avaient empoigné le rien devant lui. Il avait articulé le nom de sa fille comme un dernier affront. Diane ne l’avait pas touché, elle ne l’ avait pas accompagné vers la grande lumière. Elle l’avait laissé entrer seul dans le tunnel. Va-t’en. Voilà ce qu’elle lui avait dit. Va-t’en maintenant. Deux souffles secs, et il n’avait plus respiré. Il s’en était allé, c’était la volonté de Dieu.
Diane n’avait pas pleuré cet homme. Elle n’avait pleuré ni ses escapades, ni ses ronflements, ni ses bulbes. Elle avait appelé le médecin pour faire place nette, et, lorsque Iris avait franchi le seuil, le corps avait déjà été emmené, ligaturé et rempli de fluides toxiques. Et la gosse avait chialé, elle ne savait faire que cela. Sangloter pour un oui, pour un non, pour un peut-être. Et voilà qu’elle s’était mise à bégayer, du jour au lendemain, n’importe quoi pour être remarquée. Iris n’avait toujours causé que du tracas, de toute façon. Cette gamine n’était bonne qu’à remuer ses misérables petites fesses et s’attirer des ennuis. Que la gamine tombât enceinte était l’évidence. »

 

 

Maud Mayeras a 31 ans. Reflex est son second roman.
Son premier roman Hématome est paru aux éditions Calmann Levy en 2004, prix des Limbes Pourpres, et finaliste du prix Polar SNCF en 2006.
Elle vit aujourd’hui à Limoges avec son mari, son fils, et un gros chat noir nommé BlackMamba.