Suspense, Thriller psychologique

Voyage thérapeutique

de Armand Cabasson
Broché – 18 octobre 2021
Éditeur : Librinova

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Un tireur d’élite des forces spéciales, Sven Eriksen, revient en France après une opération désastreuse au Mexique contre un narcoterroriste. Il « dialogue » avec Thomas, son meilleur ami décédé lors de cette mission. Au début, transformer Thomas en ami imaginaire n’était qu’un moyen de faire son deuil. Mais, petit à petit, Sven bascule dans la folie. Sa violence vertigineuse va lancer la police et l’armée à sa poursuite. Pendant ce temps, un psychiatre prépare un mystérieux voyage thérapeutique pour aider deux amies. Leur route croisera inévitablement celle de Sven… Avec son regard de psychiatre, Armand Cabasson nous livre un thriller haletant et angoissant qui tourbillonne avec habileté autour des traumatismes de ses personnages profondément humains.

 

2022_014_Cabasson Armand - Voyage thérapeutique

 

J’ai beaucoup aimé ce roman qui mêle deux récits qui vont s’entremêler jusqu’à se percuter dans un final qui m’a bluffé !

Je découvre la plume d’Armand Cabasson, psychiatre et écrivain, par l’intermédiaire de Babelio.
Quel rythme, et quelle histoire !

L’auteur connaît parfaitement son sujet. Les militaires avec leurs sessions de combat plus vraies que nature, les narco-trafiquants mexicains, si puissants qu’ils font la pluie et le beau temps dans leur pays, à leur guise, et le traumatisme des guerres quand ce n’est pas celui d’accidents ou de viols. On sent très vite qu’Armand est sur son terrain, et ce, pour mon plus grand plaisir… Pas le temps de s’ennuyer un instant. Tout va très vite, de surprises en rebondissements, ça n’arrête jamais.

“Voyage thérapeutique”, n’est pas qu’un thriller. Il y a beaucoup de psychologie, des personnages complexes, en tant que lecteur, je me suis posé énormément de questions, et Armand m’a donné au fur et à mesure beaucoup de réponses, sur des sujets que je ne connaissais pas, ou très peu. Les us et coutumes des Aztèques, la mise en place d’opérations militaires, leurs organisations, légales ou pas, mais surtout les mécanismes psychologiques mis en place automatiquement par notre esprit en cas de peur ou de danger soudain…
La véritable question est… Comment se reconstruire après avoir vécu le pire ?
Ou, comment les connaissances psychiatriques d’Armand vont servir à la mise en place d’un thriller machiavélique et redoutable !
Un roman où la folie n’est jamais loin…

Le parcours violent et chaotique de Sven et de Thomas a capté toute mon attention, ainsi que le voyage de May et Séverine, organisé par Arnaud, psychiatre, sous forme d’un voyage thérapeutique afin qu’elles surmontent, ensemble, les fantômes de leurs passés.
Un excellent moment de lecture, avec de l’action, mais pas que, l’écriture très intense du récit est un vrai plus !

Armand Cabasson, un auteur à suivre…

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Extraits :

« Rouler la nuit l’apaise. Un peu, c’est déjà ça. Tout à l’heure, une pluie d’été est tombée, vive et brève. Les pneus chuintent sur l’asphalte mouillé. Silencieux, Sven Eriksen enchaîne les va-et-vient sur l’autoroute, à la recherche de la paix intérieure. À ses côtés, Thomas écoute la radio, avec des postures nonchalantes évoquant un chat se prélassant sur un canapé. Les sujets de discussion des vivants l’amusent beaucoup. Quelques fois, il ricane en secouant la tête et murmure : “mais c’est absurde !”, ou : “perdre son temps avec des trucs pareils… Incroyable !” »

« May ne réalise même pas que Suzie et Olivier sont en train de hurler. Bouche bée, elle fixe cette immensité bleue qui fonce sur eux. Le choc est d’une violence inouïe : l’avant de la voiture sue broie à l’impact, le moteur est projeté vers l’arrière et enfonce son compartiment pour surgir dans l’habitacle, les déploiements de l’airbag passager et des airbags latéraux sont aussi assourdissants que des détonation, le corps d’Olivier s’écrase contre le volant, le pare-brise se fissure en toile d’araignée, les portières sont enfoncées et les vitres explosent… »

« Notre cerveau apprend beaucoup de choses par comparaison, il recherche des similitudes, des analogies. Quand on fait face à un danger majeur, risque de mort imminente, viol, dislocation du monde comme lors d’un tremblement de terre ou d’un tsunami, notre esprit se trouve confronté à une situation totalement inédite. Il doit gérer un Réel d’une nature autre, incompréhensible, quelque chose qu’aucun mot ne peut décrire, un indicible, un impensable. Voilà pourquoi les gens qui ont survécu à une fusillade, un attentat, un déraillement de train, disent souvent : “C’était comme dans un film”, “On aurait dit un rêve”… C’est parce que leur esprit a abouti à la conclusion que, la seule chose qui ressemble à ce truc, ce sont des thrillers, des films catastrophes, des cauchemars… »

« Quand je me coupe, quand je m’écorche, la douleur submerge mes pensées et ça évacue la pression. Ne prenez pas cet air consterné, docteur, puisque je vous dis que ça me calme. Disons que c’est juste une version hardcore de se ronger les ongles… »

 

 

Armand Cabasson est psychiatre et écrivain de romans policiers historiques, de littérature générale, de fantastique et de fantasy.

Descendant du médecin-major Jean-Quenin Brémond, qu’il met en scène dans ses récits policiers historiques, Armand Cabasson exerce au quotidien une profession de psychiatre, particulièrement dédiée à l’aide apportée aux enfants et aux adolescents en difficulté. Côté plume, il s’est particulièrement illustré dans le roman policier historique, où il transcrit notamment sa passion pour l’époque napoléonienne. Il a ainsi créé un cycle romanesque, inauguré par le roman « Les Proies de l’officier » en 2002, où un personnage récurrent, le capitaine humaniste Quentin Margont, évoque ses souvenirs des grandes batailles et des enquêtes qu’il a été amené à y conduire. La série a été traduite en anglais et est en cours de traduction en espagnol.

Armand Cabasson est également l’auteur de nombreuses nouvelles relevant de divers genres littéraires, notamment la fantasy. Il figure ainsi au sommaire de l’anthologie « Rois et capitaines » parue en 2009 dans le cadre du festival des Imaginales d’Épinal avec son texte « Serpent-bélier. »

Drame, Suspense

30 secondes…

de Xavier Massé
Poche – 17 février 2022
Éditeur : Taurnada

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30 secondes… Les 30 dernières secondes les plus importantes de sa vie. Les 30 dernières secondes de leur vie. Les 30 dernières secondes dont il arrive à se souvenir. 30 secondes… c’est le laps de temps qu’il leur a fallu pour avoir cet accident. 30 secondes, c’est le temps dont dispose Billy pour retrouver la femme de sa vie… disparue…

 

2022_012_Massé Xavier - 30 secondes…

 

Encore une fois, un grand merci aux éditions Taurnada qui m’ont permis la lecture de ce polar en avant-première.

J’avais déjà lu deux romans de Xavier Massé, et je dois dire qu’à chaque fois, ce fut une très belle surprise !
Ce roman très noir au suspense constant, ne déroge pas à la règle…
Mais où donc va-t-il chercher tout ça !

Suite à un grave accident de voiture, Billy, jeune joueur de football américain à l’avenir très prometteur, se réveille à l’hôpital. Il n’a plus aucun souvenir sauf celui de la présence de sa fiancée, Tina, au moment de l’impact. Sa première question au médecin qui le suit concerne la santé de Tina, il veut absolument savoir si elle est en bonne santé, et dans quelle chambre se trouve-t-elle.
Le médecin lui répond alors, qu’il se trouvait seul dans le véhicule lors de l’accident !
Commence alors pour Billy, un travail de recherche intérieur à l’aide de son médecin neurologue et hypnothérapeute. Mais Billy reste persuadé que Tina était bien dans le véhicule avec lui.
Il décide alors de quitter l’hôpital et de faire ses propres recherches… Est-ce la bonne solution ?

Xavier a construit un véritable labyrinthe. Impossible d’anticiper sur quoi que ce soit, malgré toutes les suppositions qui me venaient à l’esprit. Certains retournements de situation sont de véritables claques !
La construction du récit, fluide et originale, je ne me suis ennuyé à aucun moment, au contraire, ça va très vite et je voulais en savoir à chaque fois davantage. Tout est cohérent et parfaitement mené.

Saurez-vous deviner les énigmes disséminées tout le long du récit, avant les explications du médecin ?

Un “petit bijou” qui ravira tout type de lecteurs !

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Extraits :

« Dans mon esprit, je n’ai qu’une image qui me reste : Tina. Ma belle italienne. Malgré son caractère, je sais qu’elle est fragile. Ne pas savoir où elle est m’angoisse. Je suis fébrile. Je ne suis rien sans elle. S’il lui est arrivé quelque chose, je ne me le pardonnerai jamais…
Mon amour, où es-tu ? »

« Il fait sombre, la porte d’entrée s’ouvre et il faut quelques secondes avant de la voir sortir. Toute tremblante, elle hésite. Elle finit par faire un pas après l’autre et mettre le pied dehors… Apeurée au milieu de cette nuit, elle regarde partout. Son visage est dégoulinant de sang. Tel un zombie, Tina avance en direction de son véhicule. Elle est terrifiée, horrifiée. À chaque pas, on peut entendre de légers gémissements de peur, de dégoût, de douleur. Chacun de ses mouvements est orchestré par des spasmes. Titubant jusqu’à la portière, elle grimpe dans sa voiture. »

« De grands traumatismes engendrent parfois des troubles psychologiques. Il se peut qu’en parallèle du syndrome du cœur brisé… Vous ayez été confrontée à une EMI : une expérience de mort imminente. Ce soir-là, je vous l’ai dit, les équipes de réanimation on cru vous perdre. L’EMI est un carrefour où se croisent les interprétations physiologiques ou psychologiques. Lorsqu’on aborde la mort de près et qu’on se situe à sa frontière, il peut se passer des événements étranges et inexpliqués. Des patients revivent en rêve des instants de leur réalité, souvenirs souvent déformés. Vous avez déjà entendu parler de tunnel ou de lumière… mais certains cas, parfois, révèlent d’autres symptômes. On parle de rencontre avec des personnes décédées ou des “êtres de lumière”, remémoration en accéléré de sa propre existence, prise de conscience… »

 

 

Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 “Répercussions”, qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec “L’Inconnue de l’équation”, un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

Polar, Suspense, Thriller

En apparence

de Myriam Giacometti
Broché – 20 octobre 2021
Éditeur : France Loisirs

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Rachel Clément, experte en objets d’art, est abattue chez elle, alors qu’elle était sur le point d’inaugurer une exposition consacrée à Marie-Antoinette, avec en pièce maîtresse le Cœur de la Reine, une bague d’une valeur historique inestimable. Son ex-mari Marc, célèbre acteur, est retrouvé devant chez elle, les mains ensanglantées. Même si le couple, séparé depuis longtemps, entretenait une relation très conflictuelle, leur fille Rose refuse de croire à la culpabilité de son père. Prête à tout pour découvrir la vérité, un seul choix s’offre à elle : mener l’enquête par elle-même, naviguer dans une mer de suspects, et tenter de prouver l’innocence de ce coupable trop parfait…

 

2022_007_Giacometti Myriam - En apparence

 

Je vous présente le second roman de Myriam Giacometti, le premier que je lis, et dès les premières pages, j’ai été séduit par sa plume !
La subtilité des descriptions pour chaque personnage les a rendus vivants pour moi, au point de m’attacher à plusieurs d’entre eux…
Je pense que nous n’avons pas fini d’entendre parler de Myriam…

Rachel Clément, experte en objets d’arts, est froidement assassinée, le jour où Marc, son mari et acteur célèbre qui ne vivait plus avec elle depuis plusieurs années, est venu signer les papiers du divorce. Ni une, ni deux, pour les policiers, l’affaire est bouclée, ils ont un meurtrier avec un mobile parfait. Il n’acceptait pas le divorce et a abattu sa femme. D’ailleurs, le suspect avait déjà été sujet à des crises de colère violentes…
Malgré les faits accablants, seule sa fille Rose, est persuadée que son père est innocent. Elle va dès lors mener sa propre enquête, sans entrevoir les divers dangers qui pourraient la menacer.

Myriam joue avec le lecteur. Elle dissèque les relations humaines, qu’elles soient familiales, professionnelles ou amicales. Tous ses personnages ont un rôle important et nombreux sont ceux qui avaient un intérêt à stopper la curiosité de Rachel.
Et… quel est donc le secret de cette bague ayant appartenu à Marie-Antoinette ? Un bijou, suscitant autant de passions que de convoitises. L’auteure, sème des embûches ici et là, des fausses pistes, cultive le doute, l’ambiguïté, et finalement le doute qui s’installe vient amplifier le suspense… Mais qui a bien pu tuer Rachel ? Et pourquoi ?

Un vrai pageturner qui m’a mené dans les coulisses du marché des œuvres d’art et de toutes les dérives possibles de ce milieu hermétique.
Nathalie et Rose, comme Rachel sa mère, sont des personnages à part, qui gravitent justement dans ce milieu. On voudrait les aider, les conseiller, mais autour d’elles tout le monde à l’air coupable. L’inspectrice Kenza, va petit à petit, malgré les ordres de sa direction, découvrir l’extrême complexité de ce meurtre… Mais tout ne sera pas aussi simple !

Un prix des Lecteurs 2021 BIEN mérité, pour un roman BIEN prenant et BIEN réaliste !
Auteure à suivre…

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Extraits :

« La tempête faisait rage depuis une heure. Le vent s’engouffrait dans les branches, qui virevoltaient dans la nuit. Le tonnerre grondait au loin, tandis que la pluie devenait de plus en plus forte. Les gouttes qui tambourinaient à la fenêtre produisaient un bruit concis, violent.
Pelotonnée sous les couvertures, Rose se répétait qu’elle n’était plus un bébé. Il était ridicule de penser que la branche dénudée du vieux hêtre agitée par le vent était le doigt osseux d’une sorcière maléfique qui se cachait derrière le mur et qui voulait entrer dans la maison. À six ans, elle était en âge de comprendre que les monstres et les sorcières n’existaient que dans son imagination. C’était sa maman qui lui avait dit cela quand elle se précipitait dans son lit après avoir fait des cauchemars, et sa maman avait toujours raison. »

« En effet, selon Marc, les problèmes de violence conjugale rencontrés durant son mariage étaient dus aux nombreux effets secondaires du Spelifor, un puissant antiépileptique qu’il prenait pour soigner les troubles compulsifs dont il souffrait depuis la naissance. La justice lui avait donné raison, mais Rachel ne croyait pas à ces inepties. Le médicament avait peut-être accru l’agressivité de son époux, mais la violence préexistait chez lui bien avant la prise des pilules incriminées. Le fond du cœur de Marc était mauvais, voilà tout. »

« Nicolas avait toujours su qu’il serait directeur de musée. Dès qu’il avait pu se plonger dans les livres, il avait été subjugué par les tableaux représentant les grands personnages historiques. Plus tard, en cours de dessin, quand il avait commencé à étudier l’art abstrait et que tous ses camarades demeuraient dubitatifs devant ces formes irrégulières, lui avait compris le sens caché des peintures, des sculptures et des objets d’art en général : ils étaient créés pour divertir les gens. Comme une star de la musique donnant le meilleur d’elle-même sur scène, comme un écrivain racontant l’histoire la plus captivante possible, l’artiste produisait une œuvre susceptible de faire réagir les personnes qui la regardaient, de les pousser à réfléchir, à rêver ou à s’interroger. »

« Choisissez un travail que vous aimez, et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

 

 

Myriam Giacometti est née en 1981 au coeur de la Lorraine. Elle se passionne très tôt pour l’écriture et la lecture.

Après un DUT en gestion, elle a exercé sa profession dans le domaine des Ressources Humaines. Rattrapée en 2007 par une leucémie, elle a décidé de se consacrer à l’écriture.

« L’enquête de Lisa » (2019), un thriller haletant, est son premier roman.

Forte du succès de son premier roman à suspense et encouragée par ses lecteurs, elle a publié son second ouvrage, « En apparence », qui a obtenu le Prix des lecteurs France Loisirs, Nouvelles Plumes, 2021.

Elle vit à Hayange, en Moselle.

son site : http://www.myriamgiacometti.com/
Twitter : https://twitter.com/myrloveswriting?lang=fr

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Myriam Giacometti, l’amour des livres…

Derrière un premier roman, il y a tous ceux que son auteur a lus, aimés, rêvés… Lauréate du prix des Lecteurs 2021, Myriam Giacometti nous dévoile les livres qui ont fait d’elle une lectrice passionnée avant de franchir le pas et de prendre la plume à son tour.

Le livre qui vous a transmis la passion de la lecture ?
À l’âge de six ans, mes parents m’ont acheté mon premier livre : les Nouveaux Contes de fées de la Comtesse de Ségur. Les aventures de cinq jeunes héros soumis à de terribles sortilèges. C’était la première fois que je prenais du plaisir à lire, à plonger dans un monde étrange et merveilleux. C’était aussi fascinant que de trouver un passage secret !

Celui qui vous a donné envie d’écrire ?
J’ai toujours été passionnée par les romans policiers. Le premier qui a réussi à me captiver est Le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux. L’enquête de ce huis clos énigmatique est passionnante. J’ai retrouvé la même façon d’écrire des scénarios fertiles en aventures, rebondissements et ingéniosité chez Agatha Christie.

Celui que vous pourriez relire à l’infini ?
Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. C’est désuet, je sais. Mais je crois n’avoir jamais ressenti autant d’amour pour un personnage de roman ! L’héroïne de Margaret Mitchell, Scarlett, est intrépide, têtue, volontaire. Elle fait fi des conventions et n’en fait qu’à sa tête !

Votre Nouvelles Plumes préféré ?
Grâce à un groupe Facebook de partage de lecture, j’ai découvert récemment Synopsix, d’Angélina Delcroix. C’est une histoire de jeu qui vire au cauchemar pour les participants. C’est écrit avec efficacité, sans temps mort jusqu’au dénouement… J’ai adoré !

Votre plus beau souvenir (jusqu’à présent !) lié à En apparence ?
Même si le moment où j’ai appris qu’En apparence remportait le prix des Lecteurs restera à jamais gravé dans ma mémoire, je dois avouer qu’écrire pendant le confinement est un souvenir que je ne suis pas près d’oublier. En ces moments troubles, raconter les aventures de mon héroïne Rose a été une véritable bénédiction. L’écriture m’a sauvée !

Suspense, Thriller historique

Alexandre**

La malédiction de Tamerlan
de Annette ROSSI
Broché – 30 août 2019
Éditeur : Les Sentiers du Livre

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Un insolite symbole va lancer un archéologue-linguiste et un égyptologue de renom sur les traces d’une alliance obscure qui voit le jour en 323 avant Jésus-Christ, année où disparaît Alexandre le Grand. Malgré des découvertes singulières, la formule alètheia musterion apocryphe ptoselper reste toujours aussi énigmatique. Quel lien entre Napoléon et Tamerlan, qui ont régné à quatre siècles d’écart ? Pourquoi l’empereur moghol Akbar a-t-il édifié une cité fantôme ? Quel rôle a joué l’ancienne capitale arménienne Ani ? Seul le mystère entourant la mort d’Alexandre semble pouvoir livrer les réponses. Mais comment réussir à situer l’emplacement de sa sépulture farouchement protégée par les membres de la trinité, héritiers des initiés à l’origine du pacte de Babylone ? Au coeur d’enjeux politiques et bouleversements de pouvoir des années soixante-dix, des villes mortes du Proche et Moyen-Orient à l’Égypte, en passant par l’Inde et les dômes turquoise de Samarcande, rien ne peut arrêter nos héros dans leur périlleuse quête pour la vérité.

 

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Après la découverte d’Annette Rossi, il y a quelques mois, avec “Alexandre, Le Pacte de Babylone”, un roman sublime et palpitant, j’ai “enfin” pu lire le second tome de sa trilogie…

Comment vais-je arriver à transmettre avec mes mots un “Ressenti” à la hauteur de ce second volet ?

Annette a de la magie dans ses mots…
Elle nous fait voyager historiquement et géographiquement… Attention, c’est du lourd !

Avec son style fluide et son écriture très pointue, me revoilà donc parti à la recherche du tombeau d’Alexandre le Grand.
L’intrigue va crescendo, agrémentée de descriptions très documentées, visuelles, olfactives… J’ai eu régulièrement l’impression d’être ailleurs, d’être là-bas dans toutes ces régions au cœur de l’Orient et d’ailleurs. Un voyage synonyme de découvertes, puisque je n’ai pu m’empêcher lors de ma lecture, d’aller sur Google afin de “fouiller” plus en avant sur les lieux que je ne connaissais pas, et de revoir différemment d’autres que j’avais déjà visités !
Je le répète, il y a vraiment de la magie dans ses mots…

J’ai pris aussi énormément de plaisir bien sûr à retrouver Philippe, Didier, Sophia, Julia et beaucoup d’autres personnages haut en couleurs et très attachants…
Nos héros ont évolué, leur rapport entre eux aussi. Il y a de la passion, beaucoup d’émotion, Annette a glissé ici et là, certains passages sensuels qui ne pouvaient plus, ne pas figurer dans son récit. Philippe et Didier, linguiste et égyptologue, sont aussi des séducteurs et ce ne sont pas Sophia et Julia qui vous diront le contraire. L’histoire prend du coup une autre dimension où les sentiments vont interférer dans leur quête complexe qui va devenir dangereuse.
Telle une araignée Annette tisse sa toile dans laquelle chaque détail a son importance.

Coup de cœur, encore une fois pour ce thriller magnifique, construit comme une fresque historique, politique et romanesque.
Un grand bravo à Annette Rossi pour son travail titanesque !

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Extraits :

« Didier et Sophia, arrivés au Caire la veille, abandonnent le taxi sur la place Salah ed-Din et traversent l’avenue encombrée d’un incroyable trafic de véhicules en tous genres brûlant allègrement les feux rouges. Ils se dirigent vers la rue qui longe le mur nord de la place-forte et bifurquent à droite empruntant l’escalier qui mène directement à la Bâb el-Gedid, « porte Neuve ». Une seconde porte, Bâb el-Ouastani, aboutit à la grande place de la citadelle. En son centre, s’élève la mosquée en albâtre élevée par Méhémet-Ali. Ses dômes et ses minarets élancés dominent le Caire. »

« Si, grâce à l’inconnu, une complicité vient de naître, peut-on être digne de la confiance de cet inconnu ?
Comment faire pour sacrer le mystère qui est la vérité, si ce n’est qu’honorer la mémoire du Grand ?
Si, grâce à l’ennemi, le futur devient soudain illuminé, peut-on frapper cet ennemi ?
Comment faire pour implorer le pardon, si ce n’est reposer à ses côtés dans la mort ?
Si, grâce à l’adversaire, le futur change de cours, peut-on négliger cette adversaire ?
Comment faire pour le remercier, si ce n’est lui accorder l’influence tant souhaitée ?
Si, grâce au fils d’Ammon, le conquérant, l’homme à deux cornes, le roi des rois, roi de Macédoine, la trinité existe, peut-on juger ses actes ?
Comment faire pour garder le tombeau appartenant à la terre des pyramides dans la ville signée du soleil éternel en dignité, si ce n’est de s’y rendre en pèlerinage ? »

« Les journées défilent au rythme de leurs envies. Les matinées sont consacrées aux visites. L’après-midi, quand le soleil est au zénith et les ombres inexistantes, ils lézardent sur le pont de la dahabeya jusqu’à ce que Didier l’invite, d’un simple regard, à le précéder dans la cabine où il réveille en elle des passions qu’elle ne soupçonnait pas. Les soirées, trop fraîches pour dîner sur le pont, se partagent dans le carré et finissent avec le retrait discret de Philippe. Puis vient la nuit, moments éternels pendant lesquels il explore son corps, la rend brûlante de désir et l’emporte dans une spirale de plaisir avant de la prendre dans ses bras pour qu’elle s’endorme sur son épaule. Julia, en quelques jours, est devenue une femme comblée. »

« Gisant à terre dans une position terriblement inconfortable, Julia en est arrivée au stade de l’indifférence. Les yeux fermés, elle tente de faire le vide, mais tout lui reste en mémoire. Les voitures, les agresseurs, Didier en train de se débattre, le revolver pointé sur elle, son bourreau, son regard pervers. Toutes ces images tourbillonnent dans sa tête. »

 

 

Née aux Pays-Bas, passionnée de voyages, d’histoire et d’archéologie, très tôt Annette part à la découverte du monde et consigne ses expériences sur des carnets. Un jour, sur sa route, elle croise deux aventuriers avec lesquels elle se lie d’amitié et qui donneront naissance aux héros de son premier roman. Aujourd’hui, elle vit en France, au pied du mont Blanc dans la vallée de Chamonix.

« Le besoin de décrire ce que je vois, ce que je vis, ce que je ressens, existe depuis mon enfance. Mes voyages me donneront l’occasion d’exprimer cette passion et ces notes donnent naissance à des récits en néerlandais. Plus tard, je découvre le plaisir d’écrire en français. Une langue tellement riche, tellement raffinée, qu’elle permet de trouver toujours le mot juste, la parfaite nuance. Je publie un blog de voyages sur WordPress : Voyages au-delà de l’horizon et un blog d’images en trois langues ; français, néerlandais, anglais : Images au-delà de l’horizon. Puis, un jour, une intrigue traverse mon esprit… »
Annette Rossi

Alexandre – TOME 1 : Le pacte de Babylone

Alexandre*

Anticipation, Suspense, Thriller psychologique

S.A.R.R.A.

PARTIE 1 – Une intelligence artificielle
de David Gruson
Broché – 21 octobre 2019
Éditeur : Beta Publisher

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Paris 2025.

Une intelligence artificielle est chargée de trouver
une réponse à un risque d’épidémie d’Ébola
en plein cœur de Paris.

Toutes les hypothèses circulent sur l’origine
de la contamination, y compris celle
du terrorisme biologique.

La Machine administrative, politique et médiatique
est prête à s’emballer.

Inévitable.
Irréversible.
Incontrôlable ?

 

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Nous sommes à Paris en 2025.
Écrans connectés dans toutes les pièces, caméras à chaque coin de rues, surveillances téléphoniques acceptées et robots font désormais partie de notre quotidien à tous. Tout se passe pour le mieux, dans le meilleur des mondes…

Mais un jour, en plein cœur de Paris, un homme est hospitalisé suite à une contamination virulente du virus Ebola. Il décédera en quelques heures. C’est la panique. Il faudra dans un minimum de temps circonscrire deux arrondissements en confinant absolument tous ses habitants afin de les vacciner, pour éviter l’explosion virale…

Dès les premières lignes, David Gruson met en place une structure narrative implacable, très rythmée avec un style résolument moderne. Il n’y a pas de chapitres.
C’est un enchaînement de SMS, coups de téléphone, dialogues croisés, communiqués de presse, compte rendu militaires, QRCode avec des liens journalistiques, et des interventions régulières de S.A.R.R.A. (Système Automatisé de Réponse Rapide aux Alertes) !
De quoi nous faire plonger dans un récit qui à l’air plus vrai que vrai.

Mais qui est S.A.R.R.A. ?
S.A.R.R.A. est une intelligence artificielle médicale, en phase d’expérimentation, programmée pour nous sauver…
Les dirigeants du pays ont décidé de l’activer malgré tout, pour contrecarrer ce qu’ils pensent être une attaque bioterroriste, risquant d’entraîner une pandémie.

David montre du doigt les failles d’un système qui se veut parfait. Il appuie là où ça fait très peur, là où ça fait mal.
Ce roman, écrit en 2018 est criant de vérité, et le parallèle avec notre vécu depuis plusieurs mois, m’a donné des frissons dans le dos.
Ont-ils fait de leur mieux compte tenu de notre situation actuelle ?

Mais aussi, cette glaçante “réalité”, m’a fait me poser d’innombrables questions sur notre mode de vie. Sur la place qu’ont pris aujourd’hui les réseaux sociaux, tous nos téléphones qui nous pistent, les ordinateurs qui nous conseillent, nos montres connectées qui nous jugent… Tout simplement la place de l’informatique dans notre vie !

Gros coup de cœur pour ce « page turner » d’anticipation, qui n’en n’est peut-être déjà plus un…

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Extraits :

« Flora avait rencontré Franck six mois plutôt. Il était venu à la galerie d’art contemporain dont elle était propriétaire depuis trois ans, rue de Bellechasse dans le septième arrondissement. Ce genre de rencontre était devenu de plus en plus rare. Il était beaucoup plus « Sécure » et plus « efficace » – comme le disaient les publicités diffusées sur PanGoLink – d’utiliser une plate-forme numérique. Cela permettait d’assurer un pré-filtrage en fonction des attentes exprimées et de limiter les risques de déception. Chacun savait à quoi s’attendre. »

« Le Dr Baptiste avait reçu à 15h35 les résultats du génotypage du virus. Son intuition était à nouveau juste. Il s’agissait sans doute d’une forme nouvelle. Une modification quasiment imperceptible à l’échelle de la séquence génétique dans son ensemble. Qu’est-ce qui avait pu la provoquer ? Le hasard des mutations : c’est ce que répondent les ouvrages de génétique.
Je ne crois pas au hasard. Je crois, en revanche, à l’expérience. Celle-ci nous montre régulièrement un décalage parfois immense entre la petitesse des mutations génétiques et la forte magnitude de leurs effets. Cet écart se retrouverait pour ce qu’on serait amené à appeler quelques heures plus tard la ”souche Baptiste“. »

« Eh bien, nous n’avons aucune preuve empirique ni de l’efficacité du vaccin ni de son absence de dangerosité. Alors imaginez un instant que le périmètre de protection est la boîte de Schrödinger et que ses habitants sont autant de chats qui y sont enfermés. À partir du moment où nous aurons vacciné ces personnes et jusqu’à la première vérification des effets du vaccin, nous pourrons les considérer au sens propre, comme “mortes–vivantes”. L’idée même d’avoir à regarder le visage de ces gens pendant cet intervalle de temps doit inciter à prendre quelques heures de vérification complémentaire. »

« Sans témoin de l’horreur, l’horreur n’existe pas. Et elle peut se répéter. »

 

 

David Gruson signe ici son premier roman et le premier polar bioéthique ! Ancien Conseiller du Premier ministre chargé de la Santé et directeur général de CHU, il est un spécialiste reconnu dans le domaine des politiques publiques de santé. Il a eu à intervenir directement dans la gestion des risques sanitaires majeurs tels que celui constituant la trame de ce polar. L’auteur s’est, en outre, beaucoup engagé, avec l’initiative Ethik-IA, pour promouvoir une vision responsable de la diffusion de l’intelligence artificielle et de la robotisation en santé. Docteur en droit médical et titulaire d’un troisième cycle de technologies de l’information et de la communication, ses idées sur le numérique en santé sont diffusées dans des cercles académiques de haut niveau au plan national et international.

Polar, Suspense

Les poupées diaboliques

de José Herbert
Broché – 12 novembre 2021
Éditeur : Mondes futuristes éditions

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Jérôme Navart, professeur, s’ennuie pendant cet été caniculaire. Passionné par les sorcières, il pense être l’un des descendants de Marie Navart, sorcière brûlée vive à Templeuve, ville de la banlieue lilloise, il y a environ 400 ans.

Cette “Sorceresse”, comme on disait à l’époque, serait-elle réincarnée en la personne de la jeune Wanda, fille d’un fabricant de poupée X ? Mais… Étrange et cocasse ! Une connaissance de Jérôme est découverte morte, percée de mille trous, chevauchée par l’une de ces poupées de plaisir. La ville de Cambrai est en émoi. Installé en centre-ville, la cloque, sorte de souk immense fréquenté par une faune hétéroclite, étouffe sous la chaleur. Il s’y passe des événements peu orthodoxes possiblement en relation avec ce crime. Jérôme est mêlé à l’enquête dirigée par le commissaire Dubois.

 

2022_001_Herbert José - Les poupées diaboliques

 

Un peu surpris par le style au début du roman, je suis entré petit à petit dans l’intrigue en me disant : “Et pourquoi pas !”, et j’ai bien fait…

Je découvre José Herbert avec ce roman. Je ne le connais pas (encore…!), mais j’imagine qu’il doit être un “drôle” de personnage, c’est un féru d’histoire et de vocabulaire aussi. Et dans son roman, il s’est lâché pour mon plus grand plaisir… Car même s’il y a un côté indéniablement loufoque dans la manière de traiter son sujet, c’est bien un polar avec du suspense que je tenais entre mes mains !

Alors, par où commencer ?
L’histoire… commence… dans le milieu des… poupées sexuelles !!!
D’où ma surprise en début de lecture !
J’abordais un “nouveau” monde, que je ne connaissais, mais alors pas du tout !
Si, si je vous jure ! Mais heureusement, Google est là !

Très vite arrive un premier meurtre.
Le corps est retrouvé chez lui, dans son lit. Il y a du sang partout. La meurtrière est encore installée à cheval sur le corps du défunt, percé de centaines de trous. Sa droite tient un couteau de cuisine, tandis que la gauche est à plat sur le corps qui gît allongé. La meurtrière ne bouge pas d’un cil. Et pour cause, c’est une poupée sexuelle. Commence alors une enquête qui va impliquer Jérôme Navart. En effet, le cadavre est l’un de ses compagnons de service militaire, ils s’étaient justement retrouvé peu de jours avant !

Un second meurtre à lieu, adoptant les mêmes principes, sang et poupée gonflable… Et Jérôme le connaissait aussi !
L’intrigue allant ainsi de rebondissements en rebondissement nous mènera à Templeuve, lieu historique où l’on chassait et brûlait les “sorceresses”, pendant très longtemps, dont Marie Navart, qui fût brûlée vive en 1656.

Qui sera la prochaine victime ?

José est un vrai conteur.
Il a le sens du verbe et des mots, il sait en jouer et s’en amuse même. Les phrases glissent toutes seules et ne sont interrompues, voire percutées que par des dialogues truculents quand ils ne sont pas complètement délirants ! Il sait aussi très bien entretenir, et l’intrique et le suspense, aime l’époque médiévale et cela se ressent tout le long du récit. J’ai passé un agréable moment de lecture, teinté régulièrement d’humour et de surprises. Un roman surprenant soit, différent, aussi, et qui mériterait vraiment d’avoir une plus large diffusion.

Par contre… Et c’est une remarque tout à fait personnelle, la couverture, à mon sens ne met pas du tout le récit en valeur… C’est dommage !

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Extraits :

« L’individu considère son double dans le miroir de la salle de bain. Il se trouve moche, trop gros. Son visage est peu soigné, mal rasé, sa dentition brune et inégale, ses cheveux trop longs. Mais il s’en fiche. Il s’accorde une promesse – nous sommes en janvier – qu’il prononce à voix haute, pour qu’elle ait plus de force, sachant pourtant qu’il aura du mal à la tenir car ce n’est pas la première fois qu’il la fait : je ne tuerai plus jamais ma compagne. »

« Marie Navart fut accusée d’hérésie. Par qui ? Essentiellement par des membres de sa belle-famille. Son beau-frère, qui prétend avoir été ensorcelé ; la femme dudit ; elle aurait été envoûtée alors qu’en train d’accoucher avec l’aide de Marie ; un autre déclarant avoir subi un sort à cause d’une pomme ; pour un autre encore, ce fut un fromage ; le beau-frère accuse un craquelin, sorte de petit pain au sucre, qui lui fut donnée par Marie, et qui serait porteur de sortilèges. Les accusations d’envoûtement pleuvent, associées, ou plutôt consécutives, à des problèmes d’héritage. Marie sent le danger et s’enfuit vers la Belgique. Le 10 novembre 1656 elle est arrêtée. »

« Le 16 décembre, elle fut soumise à la question extraordinaire, ou torture des brodequins. « J’avoue », hurla-t-elle alors que ses jambes éclataient dans d’atroces souffrances. Elle fut exposée sur la pierre aux sorcières, près de l’église puis conduite aux flammes du bûcher au lieu-dit les solières. Il faut savoir que, souvent, le condamné à être brûlé vif mourait, non pas à cause des ardeurs du feu, mais par l’impossibilité de respirer à cause de la fumée qui se dégageait de la paille enflammée et des fagots la plupart du temps humide. Le spectacle était apprécié par les manants qui jetaient à l’occasion sur le brasier un ou plusieurs chats noirs, symboles de Satan. »

« – Le monde aime le sordide, le bizarre, l’anormal, le crade, l’interdit, le surnaturel. J’en oublie. Plus c’est dégeu plus on jouit ! Excusez mon vocabulaire, dit le maire. La société hait les vomissures et pourtant s’en délecte. C’est pareil pour la politique d’ailleurs. On la déteste mais on l’encense sur les écrans. »

 

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José Herbert est né à Aniche en 1944, dans le département du Nord. Il fréquenta l’Ecole Normale de Douai pour devenir ensuite instituteur à Vred, puis Auberchicourt, enfin, à partir de 1975, directeur d’école et secrétaire de mairie à Wambaix, petit village du Cambrésis. Il est maintenant installé à Loos en Gohelle. C’est un amoureux des lettres, passionné d’histoire locale, il aime l’humour loufoque, les situations hors norme, les personnages burlesques.

Il publie aux Editions Atria un premier roman, l’instituteur impertinent, qui raconte avec humour, pittoresque et tendresse, une vie professionnelle exceptionnelle.
Son deuxième roman, signé la grande faucheuse, est une pure loufoquerie. Imaginons un couple singulier. Lui, c’est Viktor, enseignant à la retraite. Elle, c’est Samantha, la grande faucheuse, la Mort allégorique, trimballant sa faux au hasard des vies à faucher. Samantha se déplace en mobylette, possède un téléphone portable, se nourrit de salades. Nos deux héros se rencontrent fortuitement, s’aiment et décident de nouer une relation forte et durable qui va les entraîner dans l’espace et dans le temps.
Dans ce dixième roman (second roman policier), il vous fera découvrir la région de Cambrai comme vous ne l’avez jamais vue.

Émotion, Drame, Noir, Polar, Suspense

Les rois écarlates

de Tim Willocks
Broché – 1 juin 2001
Éditeur : L’Olivier

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Lenna Parillaud vit dans la haine et la souffrance depuis la perte de sa fille. Seul un abominable rituel donne un sens à son existence : une visite chaque mois depuis douze ans à son mari – drogué et enfermé dans une bâtisse isolée du delta du Mississippi – auquel elle inflige toutes sortes d’humiliations.

Cicero Grimes, lui, traverse une grave dépression. Reclus au milieu de ses propres détritus dans une caserne désaffectée à la Nouvelle-Orléans, il n’émerge de sa torpeur que pour prendre conscience du dégoût qu’il s’inspire à lui-même.

Lenna Parillaud et Cicero Grimes ne se sont jamais rencontrés. Jusqu’au jour où ils reçoivent chacun une lettre qui les entraîne dans un cataclysme de vengeances, de haines et de violences.

 

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Tim Willocks, pour ceux qui ne connaîtraient pas, fait partie des grands, des très grands même de la littérature Noire. Je l’ai découvert avec “La Religion” un superbe thriller historique qui m’avait complètement emporté…
Depuis, j’ai lu tous ses romans. Il est souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, mais j’affectionne tout particulièrement Tim.
J’ai l’impression qu’il a déjà vécu plusieurs vies ! Grand maître d’arts martiaux, chirurgien, psychiatre, producteur, écrivain, scénariste, il a travaillé avec Steven Spielberg et Michael Mann.
Et tout ça pour notre plus grand plaisir…

“Les rois écarlates” est la suite de “Bad City Blues”, mais la construction du roman fait qu’il peut être lu indépendamment.
Vous l’aurez compris, c’est un roman sombre, noir, très dense… Tout le récit tourne autour d’une horrible vengeance.

La grande force de Tim est de distiller petit à petit les éléments qui constitueront une grande fresque au final. Dans le récit, il manie les mots et sait en jouer afin de maintenir un suspense constant jusqu’au bout d’une folle course-poursuite déclenchant un ouragan de violence dans le sud raciste des Etats-Unis.
Les personnages sont magnifiques, leurs psychologies travaillées en profondeur, l’intrigue est élaborée, il y a de l’action, de l’émotion, et beaucoup de réflexion aussi. J’avais l’impression d’être assis dans un fauteuil au cinéma.

Je ne dirai rien de plus, il vous faudra le lire pour comprendre…
“Les Rois écarlates” est un livre marquant.

Attention !
Faites-en sorte que “Gul” soit de votre côté, sinon… vous êtes mal barré !

Vous voulez du noir, du très noir ?
Tim Willocks, what else!

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Extraits :

« Si vous saviez depuis combien de temps personne ne m’a vu pleurer, Dr Grimes, vous auriez une petite idée de l’énorme perversité de cette farce.
Grimes en avait assez de cet endroit et de la nausée que lui causait son mauvais numéro. Il ne se savait pas capable de mentir de façon aussi experte, sans la moindre intégrité, et il avait usé de sa profession – l’avait salie – afin d’y parvenir. Il l’avait fait pour son père ? Georges ne lui avait rien demandé. Georges serait mort avant. »

« La rage le submergea à nouveau, étouffant sa honte. Qu’ils aillent se faire foutre. Voilà le monde entier se mettait à lui dire comment vivre. L’obèse avait raison au moins là-dessus : aussi loin qu’il s’en souvienne, depuis sa plus tendre enfance, être bousculé provoquait en lui une contrariété quasi-psychotique. Il ne voulait plus être bousculé. »

« Au grand étonnement the Grimes, et à sa grande satisfaction, Gul demeura immobile comme une souche tout le temps qui lui fallut pour injecter l’anesthésique. Grimes murmura et le caressa en attendant son effet, puis saisit une paire de ciseaux, retira la chair morte et posa huit points de suture. Gul se prêta aux soins sans broncher. »

« Elle n’avait pas seulement volé sa liberté, mais aussi sa réclusion : sa propre existence lui avait été inconnue pendant treize ans. Treize mois ou treize décennies, il n’aurait pas vu la différence. Dans cette indifférence sans limite, il se rappelait – par petits éclairs de honte et de rage – ses insultes et son mépris, son beau visage ou brillait le pur triomphe de la vengeance. Mais ces moments aussi glissaient dans le vide océanique de sa mémoire comme un banc d’anguilles voraces. Elle ne l’avait pas seulement dépouillé de son orgueil, des plaisirs et du pouvoir, elle l’avait dépouillé de la connaissance elle-même. Il avait perdu un quart de sa vie. »

 

 

Né en 1957, Tim Willocks, psychiatre à Londres, est spécialisé dans le traitement des toxicomanes. Scénariste, écrivain, il est l’auteur de plusieurs « polars » atypiques, à la frontière du gothique, dont Bad City Blues (L’Olivier, 1999). Comparé par la critique à Norman Mailer et James Ellroy, il affirme avec ce nouveau livre une écriture puissante, un réalisme grinçant et une intensité rarement atteints dans le roman noir.

Dystopie, Fantastique, Noir, Science Fiction, Suspense

Anatomik

De Serge Brussolo
Broché – 13 novembre 2019
Éditeur : ‎Bragelonne

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La guerre des mondes a déjà commencé, hélas, personne n’a jugé bon de vous en informer !

Kurt Angström est mort, cela ne l’empêche pas d’être employé comme espion par la redoutable firme ANATOMIK Biotech qui a découvert le moyen de transformer les fantômes en agents secrets invisibles capables de hacker les programmes informatiques les plus complexes ou de s’introduire dans les pensées des vivants pour leur dicter des idées de meurtre et de suicide.

Chuck Ozzborn, lui, est un ancien soldat d’élite à la retraite, mal embouché et misanthrope, qui va contre son gré se retrouver mêlé au plus formidable complot de tous les temps.

Dans une Amérique vaincue par la coalition des barons de la drogue, et qui a perdu la volonté de se battre, les deux hommes se voient confrontés à une menace dépassant tout ce qu’on avait pu imaginer, et dont le premier symptôme prendra l’aspect d’une possession générale de la population par l’âme des morts… avec la complicité des gouvernements !

À l’insu de tous, l’Apocalypse entre en phase 2.
Serrez les dents !

 

2021_100_Brussolo Serge - Anatomik

 

Serge Brussolo et moi, c’est un peu comme une histoire d’amour.
Je l’ai découvert en 1986, avec “Les mangeurs de murailles”, j’avais 19 ans… Depuis nous ne nous sommes jamais quitté et c’est vrai que j’attends régulièrement ses dernières “Folies” ! Il va régulièrement très loin au niveau de ses idées, du coup je plonge littéralement dans ses univers de temps en temps…

Effectivement, c’est grâce à sa faculté de créer des mondes si différents et tellement inventifs que j’adore entrer dans ses récits. Ils ne se déroulent jamais comme ils le devraient, Il y a toujours quelque chose qui ne tourne pas rond… Quelle que soit la thématique qu’il choisira. C’est ce que j’aime avec les récits de Serge, les surprises incroyables à chaque chapitre, le suspense omniprésent…

Avec “ANATOMIK”, on nage entre folie et désespoir !!!
Après une guerre contre des narcotrafiquants du Cartel, les Etats-Unis sont à genoux et ne s’en remettent que difficilement. Quelques années plus tard des Aliens qui observent la Terre de leur vaisseau stationnant au-dessus de nos têtes, ont décidé de nous envahir. Ils veulent anéantir tous les terriens et s’approprier notre planète. Pendant ce temps, une foudre étrange provenant d’orages secs, s’abat sur la plupart des cimetières, réveillant les morts… Se transformant en ectoplasmes ils n’ont d’autres choix que de posséder les Humains, de prendre leurs corps, sinon ils sont condamnés à disparaître à jamais !
Chuck Ozzborn, soldat américain à la retraite, qui voit son monde se déliter, va se retrouver entraîné par Kurt Angström, un fantôme, dans un “combat” qu’il n’aurait jamais pu imaginer…

Bienvenus dans l’imaginaire de Serge Brussolo !
Comme à son habitude le style narratif est très rapide, il va droit au but, créatif, jamais ennuyeux, saupoudré d’un humour noir qui convient parfaitement à l’ensemble du récit.
Les personnages principaux ne sont ni sympathiques, ni bienveillants, qu’importe !
C’est l’histoire qui prime.
Et ce n’est pas un gastéropode géant, utilisé comme moyen de transport pour traverser des flammes qui ne s’éteignent jamais, ni Kurt Angström, fantôme agent secret, qui vous diront le contraire…

Vous l’aurez compris.
Pour aimer Brussolo, il faut soit être un peu “barré”, soit ne pas avoir peur de l’inconnu, mais surtout être curieux et se laisser porter.
Alors, oserez-vous franchir vos limites ?
Attention, vous risqueriez de ne pas le regretter !

Un excellent roman que je conseille à tous les fans de fantastique et de science-fiction…

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Extraits :

« Juillet 2118. Golfe du Mexique. Zone de guerre. 217e jour d’engagement de la 8e division de Marines des États-Unis contre les forces des Cartels coalisés. Synthèse des opérations : fortes pertes humaines du côté américain. Désorganisation de la logistique. Armement obsolète. Malgré toutes les tentatives de reprise en main, l’ennemi reste maître du feu. Demande de repli stratégique refusée par le Quartier Général. Le mot d’ordre reste : Tenir coûte que coûte et défendre la frontière. »

« C’est comme ça que tout avait commencé. Les revenants. Ces enfoirés de fantômes. La foudre, en frappant les tombes, réactivait le macchabée. L’impulsion électrique, d’une puissance démentielle, permettait aux cadavres de développer un ectoplasme qui, dès lors, devenait autonome. L’enveloppe charnelle restait au fond du trou, réduite en morceaux, carbonisée par la décharge, mais l’ectoplasme, lui, s’en allait vagabonder dans la campagne, se matérialisant ici et là, flanquant une pétoche de tous les diables aux pauvres bougres qui croisaient son chemin. »

« Est-ce que tout était vivant ici ? Ignorait-on les matières mortes ou synthétiques ? Elle se résolut à enfiler le vêtement. Dès qu’elle l’eut passé, elle cessa de le sentir. Aucun frottement ne trahissait la présence du tissu, c’était comme si on venait de lui greffer un second épiderme.
– Salut à toi, Maîtresse, dit la robe. Je suis là pour te protéger. Désormais aucun projectile ne peut t’atteindre, je saignerai et je mourrai à ta place. Telle est ma fonction et ma fierté. »

 

 

Né à Paris en 1951, Serge Brussolo écrit depuis son plus jeune âge. Ses premières tentatives de publication ont lieu dès sa douzième année… A sa sortie de faculté, après des études de lettres et de psychologie, il se lance dans la bataille de l’écriture, vivant dans des conditions précaires pour avoir le temps d’écrire ses premiers textes. Commence alors pour lui une formation à la manière des auteurs américains : métiers incongrus, hétéroclites, qui lui fourniront matière à l’études des milieux les plus disparates. Il lui faudra attendre 1978 pour que sa première nouvelle paraisse, qui sera aussitôt saluée par la critique (notamment par Bernard Pivot alors animateur de l’émission Apostrophe). Funnyway (Editions Denoël) sera en effet couronnée par le Grand Prix de la science-fiction française devenu aujourd’hui le Grand Prix de l’imaginaire.

D’autres prix littéraires (onze ou douze à ce jour !) récompenseront ses nombreux romans fantastiques publiés dans les célèbres collections Présence du Futur et Anticipation, et qui conduiront la critique à voir en lui  » le Stephen King français « . Qualificatif réducteur, car, pour Brussolo, le fantastique ou la science-fiction ne sont que des prétextes, des clefs permettant d’accéder à un univers psychanalytique où règnent le trouble, l’obscur, l’inavoué. Il se souciera d’ailleurs peu d’observer les règles du genre et s’appliquera plutôt à les pervertir systématiquement au grand scandale des puristes.

Il donnera à Présence du Futur (Denoël) ses plus grands textes hallucinés, littérature visionnaire bourgeonnant au carrefour du baroque et du surréalisme. Ne s’interdisant rien, osant tout, Brussolo deviendra l’auteur qui fait scandale dans un milieu où robots et soucoupes volantes tiennent lieu de pantoufles. Pendant dix ans, il allumera les controverses, la haine et l’adulation la plus absolue. Tantôt voué au bûcher, tantôt hissé sur un piédestal.

A la fin des années 80 il se détourne momentanément du genre pour s’attaquer à la littérature générale et au roman historique. Quoi qu’il soit difficile d’appliquer des étiquettes à ses romans, chacune de ses oeuvres se déplaçant sur plusieurs genres à la fois. Auteur polyphonique, Brussolo est un mutant réconciliant les extrêmes, un maître expert en mélanges, à la manière des auteurs sud-américains toujours attentifs aux arrière-plans du réel, aux mythologies et au fantastique quotidien. Il est important de rappeler que par ses origines il est en partie Brésilien, et qu’il a baigné dans un univers folklorique issu de la selva.

Le prix RTL-LIRE lui est décerné en 1995 pour La Moisson d’hiver. Son entrée dans la collection FOLIO prouve qu’il est tout à fait à l’aise dans l’analyse psychologique et le roman d’atmosphère. Pour certains critiques, Brussolo se situe dans la grande tradition des auteurs populaires comme Simenon ou Frédéric Dard.

Conteur doué d’une imagination surprenante et d’un époustouflant sens de l’intrigue, il s’épanouit dans la littérature criminelle et trouve son inspiration dans les aberrations sociologiques de nos sociétés. Il a reçu le Prix du Roman d’Aventures en 1994 pour Le Chien de minuit paru au Masque et son roman Conan Lord, carnets secrets d’un cambrioleur a été élu Masque de l’année 1995. Ses thrillers explorent le suspense sous toutes ses formes, conciliant roman noir et énigme classique, thriller international et machinations savantes.

Aujourd’hui, de retour dans la collection FOLIO-SF pour laquelle il écrit désormais des textes inédits, il est revenu à ses premières amours.

La Société des Gens de Lettres lui a décerné le prix Paul Féval pour l’ensemble de son œuvre.

 

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Émotion, Drame, Histoire vraie, Suspense

L’Oiseau bleu tombé du nid

De Lily Hétet-Escalard
Broché – 1 juin 2021
Éditeur : ‎Librinova

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Quatre amis, Louise, Jean, Marie et Antoine forment deux couples happés par la brutalité de la Seconde Guerre mondiale. Leur vie bascule à la disparition de l’un d’eux, et plus encore à la Libération… Un demi-siècle plus tard, Victor, biologiste marin de renom ressent vers la cinquantaine le besoin de partir à la quête de ses racines. Enfant abandonné, il a été placé en Suisse comme 100000 autres. Percera-t-il le terrible secret de ses origines ?L’histoire de cette famille normande tisse une fresque bouleversante entre combats, résistance, espoir et folie. Dans L’Oiseau bleu tombé du nid, Lily Hétet-Escalard rend un hommage vibrant aux hommes et aux femmes qui ont connu l’horreur de la guerre à travers les voix oubliées de l’Histoire. Un roman déchirant, inspiré d’une histoire incroyable mais vraie.

 

2021_099_Hétet-Escalard Lily - L'Oiseau bleu tombé du nid

 

C’est exactement pour ce type de lectures
que je continuerai à lire tant que je le pourrai…

Louise et Jean, Marie et Antoine, deux sœurs, deux amis d’enfance, deux couples à la vie à la mort, qui se sont trouvés.
Ensemble ils s’occupaient d’une ferme. Ensemble ils vivaient heureux…
Mais l’Histoire en avait décidé autrement…

La Deuxième Guerre mondiale éclate, avec toutes les atrocités que l’on connaît déjà et bien d’autres que je découvre dans ce roman…
Le 5 juin 1944, Marie ouvre leur porte à un parachutiste américain la veille du débarquement pour leur plus grand malheur.
Antoine est absent, Jean est emprisonné en Allemagne et Louise est endormie à l’étage !
Le lendemain, Louise est une jeune femme brisée suite à une agression. Sa vie va être bouleversée. Très vite elle va se rendre compte qu’elle est enceinte…

Voilà le départ de ce superbe roman basé sur des faits réels. Poignant, dramatique avec une écriture pleine de réalisme qui décrit sans juger, sans condamner, mais toujours avec beaucoup d’émotion !
Le récit se divise en deux parties.

La première, raconte l’histoire des deux sœurs qui ont épousé Antoine et Jean, meilleurs amis depuis l’enfance.

Nos quatre “amis” vont vivre la guerre, les disparitions, les explosions à leur porte ! Antoine est dans la résistance, Jean qui après avoir été fait prisonnier en Allemagne va se retrouver déporté en Sibérie, et n’aura de cesse que d’essayer de s’évader afin de retrouver les siens. Louise, la pauvre Louise, qui se voit obligée d’abandonner son bébé le jour de sa naissance, car les mœurs de l’époque ne lui permettront jamais de le garder et de l’aimer. L’Église enverra le petit Victor dans une famille en Suisse qui le traitera durant toute son enfance comme un esclave, exploité, affamé, maltraité, comme des milliers d’autres enfants durant le conflit. Et puis Marie qui essaie se survivre et de s’occuper de sa sœur comme elle le pourra.

La seconde partie, elle, développera la vie de Victor. Après une enfance où il s’est cru perdu, un enseignant va l’aider à aller de l’avant et lui donner les “clés” qui lui manquaient pour réussir. Aujourd’hui il a bien grandi et ressent alors le besoin de connaitre ses racines, de retourner vers les “siens”.

“L’oiseau bleu tombé du nid” est un roman magnifique et bouleversant.
Que d’émotions !
J’avoue avoir vraiment été touché par l’écriture de l’auteure. Son écriture très poétique m’a tenu en haleine jusqu’au bout. Son développement des personnages qui en fait des êtres vivants et à part entière. J’ai pu ressentir leurs vécus, leurs joies mais surtout leurs peines. L’amitié tient une très grande place dans le roman, ainsi que l’amour.

Lily Hetet-Esclard à travers ses personnages qui marquant nous raconte sans faux-semblants, la vie de ceux qui ont souffert, qui ont été oublié, des femmes violées et de la société à cette époque, elle dénonce tout simplement la cruauté d’une époque. On apprend à la fin du récit que Jean est l’arrière-grand-oncle de Lily.
Quel bel hommage elle lui rend…

Je ne peux que vous recommander ce livre… Que les lecteurs et lectrices les plus sensibles n’hésitent pas à découvrir “L’Oiseau bleu tombé du nid” ! C’est un roman sensible mais jamais mélodramatique, les personnages sont formidables et à chaque fois, malgré tout ce qui leur arrive, c’est l’espoir qui prédomine.

Pour moi, un vrai coup de cœur !
Lily sera une auteure à suivre.
Elle a du talent, et sait retransmettre les idées qui bouillonnent dans son cœur et sûrement dans son âme…

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Extraits :

« Cette histoire commence à l’heure où les oiseaux se taisent. La lune claire brille entre deux nuages et de grands échassiers gris se posent en silence dans les prés alentour.
Bientôt, l’herbe noire se couvre de tâches claires, telles des ombrelles déployées, vite rassemblées à la hâte. Soudain, de champ en champ, le coassement de grenouilles importunées se mêle aux stridulations de nombreux criquets »

« En ouvrant les yeux, je décide de graver dans ma mémoire le moindre recoin de cette cabane reculée, qui m’a protégé des températures glaciales et des animaux. Je ne me leurre pas, ce n’est pas tant le lieu que je quitte la gorge nouée. Macha, c’est son prénom, me prépare un bol de thé qu’elle me tend avec une tranche de pain noir. Pendant que je savoure l’instant, elle prépare un gros baluchon qu’elle remplit du linge d’homme qui lui reste. Alors que je proteste, elle ajoute ses maigres provisions. Je ne pourrai jamais la remercier assez. Une vague de gratitude m’envahit ; je la soulève, toute légère, et l’a fait tourner. Quelle grande âme ! »

« 100 000 enfants forçats, des moins que rien.
Des milliers d’entre nous subirent des violences, des mauvais traitements, des viols, souffrirent voire périrent de malnutrition. Tout le monde savait. Voisins, familles, amis, élus… Tous se taisaient. Un système muselé, figé dans le formol. Me revient en pleine face le corps squelettique du gamin enchaîné nu à un piquet. J’ai terriblement mal pour lui. Il n’y a plus de place pour le doute. Son sort était scellé. J’ai honte. Honte de ne pas avoir réagi en homme. »

« Elle le raccompagna à la grille menant au portail, lui sourit :
– Faites-moi plaisir et retenez ceci avant que nous nous quittions : innocent vous êtes, et resterez ! Les enfants ne sont pas coupable des fautes de leurs parents, lui glissa-t-elle à l’oreille en l’étreignant comme seule une mère aimante sais le faire. »

 

 

Après une enfance heureuse passée à parcourir avec voracité les rayons de la librairie familiale, Le Lutrin à Bayeux, et la campagne normande, je me suis investie quelques années auprès d’adolescents cabossés, au parcours chaotique, en rupture.

Diplômée en biologie et géologie, violoniste et pianiste, l’écriture m’a toujours accompagnée, m’offrant un langage essentiel avec la peinture.

Mère de 2 enfants, je vis en Normandie.

Mes amitiés, rencontres et voyages m’offrent l’opportunité de creuser au scalpel les âmes qui se confient naturellement et nourrissent mon questionnement sur la nature humaine.

Noir, Suspense, Thriller psychologique

Le passager sans visage

de Nicolas Beuglet
Broché – 16 septembre 2021
Éditeur : XO

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 » Tu n’es pas seule à chercher « 
Ce mot anonyme laissé sur son paillasson est plus qu’un appel : un électrochoc. Cette fois, l’inspectrice Grace Campbell le sait, elle n’a pas le choix. Elle doit ouvrir la porte blindée du cabinet situé au fond de son appartement. Et accepter de se confronter au secret qui la hante depuis tant d’années…

Des confins de la campagne écossaise aux profondeurs de la Forêt-noire où prend vie le conte le plus glaçant de notre enfance, jamais Grace n’aurait pu imaginer monter dans ce train surgi de nulle part et affronter le Passager sans visage…

Avec ce thriller au suspense angoissant, Nicolas Beuglet nous plonge dans les perversions les plus terribles de nos sociétés. Et, au passage, nous interroge : et si parmi les puissants qui régissent le monde se cachaient aussi des monstres sans visage ?

Un train, un passager sans visage, une organisation terrifiante

 » Nicolas Beuglet, le nouveau phénomène du polar français. « 
Sandrine Bajos, Le Parisien

Après le succès du Dernier Message, Nicolas Beuglet revient avec une nouvelle enquête de Grace Campbell.

 

2021_095_Nicolas Beuglet - Le passager sans visage 2

 

Comment ne pas avoir les poils du corps hérissés à la fin d’une telle lecture ?

J’avoue qu’il a fallu que je me retienne pour ne pas lire ce roman d’une traite… Mais, j’ai quand même une vie, quoi qu’en puisse penser certains…

En quelques romans, Nicolas Beuglet est définitivement devenu pour moi INCONTOURNABLE !
Il a su créer une ambiance, une tension même qui au fil de ses récits est montée à un point où je ne peux comparer ce roman à autre chose qu’à un “uppercut” dans l’idée de nous réveiller. Il met en avant ceux, (les 1%) qui tout en se cachant, cherchent quand même à contrôler le monde. Alors, où s’arrête la fiction, où commence le réel, je vous laisse le soin de le découvrir par vous-même…
Attention, une fois entré dans cet engrenage, à moins de vous voiler la face, vous ne pourrez plus jamais faire marche arrière.

C’est pour ce genre d’écriture, qu’un jour j’ai décidé de faire de la lecture l’une de mes priorités de vie…
Ici, les codes du thriller, et c’est très personnel, sont maîtrisés à la perfection. L’intrigue est à couper le souffle, et en lisant, plus je faisais de recherches sur le sujet, plus la colère montait en moi.
Bien sûr, je n’ai pu m’empêcher de faire le parallèle entre le roman et la vie “Coronavidiesque” que nous subissons actuellement.

Oui, je suis secoué.
Oui, je suis inquiet…

Ce “nouveau” monde n’est pas pour moi.
Il fait peur, il est abominable et fait froid dans le dos. Aujourd’hui, je crains plus pour mes enfants que pour moi-même…

Grace Campbell, l’inspectrice que j’avais déjà rencontré dans le roman précédent, nous revient avec toutes ses blessures personnelles, toutes ses cassures. Enlevée encore enfant, torturée, elle est devenue fragile et touchante à la fois, ce qui fera d’elle un personnage complexe à la vision très acérée. Enquêtant sur ce qui lui est arrivé durant cette période de sa vie, un passé qu’elle avait enfoui tout au fond de son esprit, elle découvre un mystérieux message qui lui indique qu’elle n’est plus seule désormais… Aidée de toutes les ressources dont elle dispose grâce à son travail, elle va se retrouver impliquée à un complot mondial, qu’elle n’aurait jamais pu imaginer même dans ses cauchemars les plus horribles. Son passé violent la rattrape remettant au premier plan les traumatismes qu’elle a vécus. Aujourd’hui Grace doit faire face à son destin et au futur de l’humanité !

Merci Nicolas.
Merci, pour cette grande claque qui j’espère atteindra son but…
Faire réfléchir, rechercher, comparer, corroborer… Et finalement peu-être comprendre.

Énorme coup de cœur, pour cet étrange mélange de légendes, de contes bien connus, et de faits historiques avérés. Aujourd’hui, mes doutes n’en sont plus…

Une suite est d’ores et déjà prévue !

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Extraits :

« Le félin arrondi son dos et entreprit de se frotter contre le bras de la jeune femme, qui recula.
– J’ai bien compris ce que tu voulais, mais j’ai décidé de vivre seule, vraiment seule, sans parents, sans amis, sans personne, rien qu’avec mes livres…, dit-elle en jetant un œil à l’anneau qu’elle portait au pouce. »

« Les journaux expliquaient que des traces de sévices avaient été constatées sur le corps de la fillette. Celle-ci restait prostrée face aux policiers, incapable de leur indiquer l’endroit où elle avait été enfermée ou de se rappeler quoi que ce soit de sa détention. Elle ne se souvenait que vaguement de sa fuite : elle était parvenue à se cacher dans le coffre d’une voiture et à en sortir au moment où celle-ci s’était arrêtée à une station service pour prendre de l’essence. »

« Vous pensez juste, inspectrice, devina-t-il. L’abêtissement des populations occidentales via la dépendance à la vacuité des réseaux sociaux, entraînant une chute mondiale du QI, fait bel et bien partie du Plan ; cela constitue les fondations de leur objectif final. Mais je sais qu’ils avancent masqués dans d’autres domaines afin que les gens soient désorientés et n’aient pas le temps de comprendre ce que l’on est en train de faire d’eux. »

« De la culture d’un peuple naît son identité, de son identité naît sa liberté. La liberté et notre obstacle, commençons donc par la culture, le reste tombera… »

« Si nous, les 1 %, nos enfants, nos petits-enfants et nos arrières petits-enfants voulons continuer à vivre comme nous l’avons toujours fait, c’est-à-dire sans compter et mieux que les autres, nous devons drastiquement diminuer la part qui revient au 99 % ! Notre classe des ultra-riches n’a cessé de s’accroître au cours de la dernière décennie. Il faut donc, dès aujourd’hui, dresser les peuples pour qu’ils apprennent à vivre avec beaucoup moins afin que nous ayons toujours autant, si ce n’est plus ! »

 

 

Après avoir écrit des scénarios pour la télévision, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer pleinement à l’écriture de romans. Salué par la presse, il est devenu en quelques années l’une des plus grandes plumes du thriller français. Il est l’auteur chez XO Editions de Le Cri, Complot, L’Île du Diable, Le Dernier Message et Le Passager sans visage. Il vit à Boulogne-Billancourt avec sa famille.