Émotion, Drame, Psychologie

Chanson douce

de Leïla Slimani
Poche – 3 mai 2018
Éditions : Folio

“Louise ? Quelle chance vous avez d’être tombés sur elle. Elle a été comme une seconde mère pour mes garçons. Ça a été un vrai crève-coeur quand nous avons dû nous en séparer. Pour tout vous dire, à l’époque, j’ai même songé à faire un troisième enfant pour pouvoir la garder.”

Lorsque Myriam décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise et sont conquis par son aisance avec Mila et Adam, et par le soin bientôt indispensable qu’elle apporte à leur foyer, laissant progressivement s’installer le piège de la dépendance mutuelle. 

Prix Goncourt 2016

 

 

C’est l’histoire d’une mère qui a deux enfants, mais qui s’ennuie profondément de sa vie professionnelle. Elle propose à son mari de prendre une nounou à domicile la libérant ainsi de ce qui est devenu avec le temps, un tracas quotidien. Après en avoir reçu plusieurs nourrices chez eux, ils trouvent enfin “la perle rare”… Louise.

C’est l’histoire de la condition féminine dans nos sociétés actuelles, celles où les femmes doivent travailler sans pour autant culpabiliser de ne pas pouvoir s’occuper de leurs enfants…

C’est l’histoire de Louise, la cinquantaine, qui en plus d’être une nounou exemplaire, fait le ménage, range les chambres, fait à manger, organise les anniversaires des enfants, qui ne connaît pas le lâcher prise et qui, tout au fond de son cœur, souffre de ne pas être vue, de ne pas être reconnue, d’être devenue une habitude, une femme “invisible”…

…Et, cette histoire, je l’ai trouvée totalement captivante.
Comment Louise, étant définie comme “La perfection”, a-t-elle pu assassiner les deux enfants dont elle avait la garde et qu’elle aimait ?
Qu’est-ce qui l’a poussé à sortir de sa vie lisse et tranquille ?
Le fait de ne plus pouvoir joindre les deux bouts ?
Son propriétaire ? qui va la déloger, car elle ne paye plus son loyer ?
Le Trésor Public ? qui la submerge de courriers, car elle n’est plus à jour de ses impôts ?

En apparence, elle menait une petite vie tranquille… Mais qui est vraiment Louise ? D’où lui viennent tous ces ennuis ?

Leïla Slimani, à sa façon, rend un bel hommage à toutes les nounous qui doivent avoir l’impression d’être des objets, elles sont incomprises, mal considérées…
C’est superbement écrit, chaque mot pèse et trouve sa place dans ses phrases au style épuré. Elle nous présente les réactions de deux “mondes” que tout oppose de manière objective.
Je suis un amoureux des livres, un amoureux de la langue française et “Chanson douce” a bien mérité son prix en 2016.

Malgré la première phrase qui dès le début a donné le ton de ma lecture, je suis quand même resté captif et intrigué jusqu’à la dernière ligne…
C’est sombre, c’est triste, émouvant aussi. Il n’y a aucun jugement de la part de l’auteure, ça sonne très juste…

Bravo Leïla et merci !

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Extraits :

« Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert. On l’a couché dans une housse grise et on a fait glisser la fermeture éclair sur le corps désarticulé qui flottait au milieu des jouets. La petite, elle, était encore vivante quand les secours sont arrivés. Elle s’est battue comme un fauve. On a retrouvé des traces de lutte, des morceaux de peau sous ses ongles mous. Dans l’ambulance qui la transportait à l’hôpital, elle était agitée, secouée de convulsions. Les yeux exorbités, elle semblait chercher de l’aie. Sa gorge s’était emplie de sang. Ses poumons étaient perforés et sa tête avait violemment heurté la commode bleue. »

« Lorsque Myriam s’est excusé d’avoir manqué les dernières réunions et d’avoir envoyé Louise à sa place, la maîtresse aux cheveux gris a fait un large geste de la main. “Si vous saviez ! C’est le mal du siècle. Tous ces pauvres enfants sont livrés à eux-mêmes, pendant que les deux parents sont dévorés par la même ambition. C’est simple, ils courent tout le temps. Vous savez quelle est la phrase que les parents disent le plus souvent à leurs enfants ? “Dépêche-toi !” Et bien sûr, c’est nous qui subissons tout. Les petits nous font payer leurs angoisses et leur sentiment d’abandon.” »

« Enfermée dans l’appartement des Massé, elle a parfois l’impression de devenir folle. Depuis quelques jours, des plaques rouges sont apparues sur ses joues et sur ses poignets. Louise est obligée de mettre ses mains et son visage sous l’eau glacée pour apaiser la sensation de brûlure qu’il la dévore. Pendant ces longues journées d’hiver, un sentiment de solitude immense l’étreint. En proie à la panique, elle sort de l’appartement, ferme la porte derrière elle, affronte le froid est emmène les enfants au square. »

« Pour Paul et Myriam, l’hiver file à toute vitesse. Pendant ces quelques semaines, le couple se voit peu. Ils se croisent dans leur lit, l’en rejoignant l’autre dans le sommeil. Ils collent leurs pieds sous les draps, ce sont des baisers dans le cou est rient d’entendre l’autre grommeler comme un animal dont on perturbe le sommeil. Ils s’appellent dans la journée, se laissent des messages. Myriam écrit les post-it amoureux qu’elle colle sur le miroir de la salle de bain. Paul lui envoie, en pleine nuit, des vidéos de ses séances de répétition. »

 

 

Leïla Slimani, née le 3 octobre 1981 à Rabat au Maroc, d’une mère franco-algérienne et d’un père marocain, est une journaliste et écrivain franco-marocaine.

Élève du lycée français de Rabat, Elle grandit dans une famille d’expression française. Son père, Othman Slimani, est banquier ; sa mère est médecin ORL, mi-alsacienne, mi-algérienne. En 1999, elle vient à Paris pour ses études où elle est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris. Elle s’essaie au métier de comédienne (Cours Florent), puis décide de compléter ses études à ESCP Europe pour se former aux médias. À cette occasion, elle rencontre Christophe Barbier, alors parrain de sa promotion, qui lui propose un stage à L’Express. Finalement, elle est engagée au magazine Jeune Afrique en 2008 et y traite des sujets touchant à l’Afrique du Nord.

En 2014, elle publie son premier roman aux éditions Gallimard, Dans le jardin de l’ogre. Le sujet (l’addiction sexuelle féminine) et l’écriture sont remarqués par la critique et l’ouvrage est sélectionné pour le prix de Flore 2014.

Son deuxième roman, Chanson douce, obtient le prix Goncourt 2016.

Émotion, Drame, Polar, Thriller

La mort est parfois préférable

de Sacha Erbel
Poche – 8 septembre 2022
Éditions : Taurnada

Yan est flic à la police judiciaire de Lille. Depuis quelque temps, un “passager clandestin” s’est invité dans sa vie : “l’Araignée”, c’est le surnom qu’elle lui a donné. Alors que Yan traque l’auteur du meurtre d’un journaliste connu pour ses reportages à sensation, elle n’a pas d’autre choix que de composer avec son “invisible ennemie’ : insidieuse, omniprésente, l’Araignée tisse sa toile, cuisante morsure dans ses chairs survenant n’importe où, n’importe quand… En parallèle, Brath, son collègue, enquête sur la mort étrange d’un homme retrouvé décapité, assis au volant de sa voiture, la tête reposant sur la banquette arrière. En équilibre sur un fil, Yan ne baisse pas les bras, avance sur son chemin de douleurs au risque de se perdre… définitivement.

 

C’est le second roman de Sacha Erbel que je lis.
Dans son premier roman “L’Emprise des sens”, Sacha nous avait amenés du côté de la moiteur de la mystérieuse Nouvelle-Orléans, pleine de magie noire, de magie blanche et d’incantations diverses dans une enquête sur un tueur en série qui utilisait le Vaudou pour arriver à ses fins.

Pour “La mort est parfois préférable”, l’auteur nous emmène à Lille au sein de la police judiciaire, où une série de suicides intrigue la police.

Exceptionnellement, je vais commencer par mon Ressenti négatif, comme ça, nous serons débarrassé !

MAIS QU’EST-CE QUE TU AS FAIT SACHA ???
SI VOUS AVEZ PRÉVU UN ROMAN BARBANT, REDONDANT, SANS RYTHME ET ENNUYEUX, NE LISEZ SURTOUT PAS “La mort est parfois préférable” !
À PEINE ENTAMÉ… ET JE SUIS DÉJÀ À LA DERNIÈRE PAGE !!!
J’EN VOULAIS PLUS… ET ENCORE PLUS, PARTAGER ENCORE LA VIE DE YAN, DE SON ÉQUIPE, EN SAVOIR PLUS SUR EUX QUOI !!!

Alors, Sacha… Avoue que je t’ai bien eu là !

Encore une fois agréablement surpris, par ce polar qui très vite va “transformer” en véritable Thriller. Mais un thriller très humain, autant de la part de la Police, où Sacha développe des personnages avec de la sensibilité, de la sincérité dans leurs remarques et dans leurs pensées, mais aussi vis-à-vis du personnage qui ayant vécu le pire décide aujourd’hui de se venger après des années de souffrances.
Cela aurait pu être une histoire simple… Point final et on n’en parle plus !
Mais non. Sacha a décidé de nous embrouiller en nous embarquant avec une efficacité implacable dans une réalité, sa réalité, son quotidien. Chaque personnage est développé à la perfection avec sa propre psychologie, vers une thématique très originale et pleine de rebondissements.

“La mort est parfois préférable” ?
C’est une histoire d’araignée qui prend de plus en plus de place, une histoire où la mélancolie vous attrape au risque d’en perdre la tête, à moins que cela soit dû à un coup-de-poing américain…, où la dépendance aux médicaments et aux drogues prend un tout autre sens, où il sera aussi question de manipulation mentale, et d’un lointain voyage au Pakistan…
Grâce à cette lecture fluide et addictive, mon regard et ma perception ont forcément changé aujourd’hui.

Sacha, tu peux souffler maintenant.
Merci pour ce récit à plusieurs niveaux où j’ai appris plein de choses…
Merci aux Éditions Taurnada, pour leur confiance renouvelée…

“La mort est parfois préférable” ?
À lire absolument !

Roman disponible à partir du 8 septembre 2022

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Extraits :

« La porte de l’ascenseur coulisse sur une Yan aux yeux si rouges qu’on pourrait penser qu’elle n’a pas dormi depuis des jours. Elle lâche ses affaires sur son bureau. Son soupir en dit long sur sa lassitude et sa fatigue, mais comme d’habitude, elle fait comme si.
Elle reconnaît la voix grave et rassurante de Brath. Au passage devant la cafetière, elle se sert une tasse du breuvage fumant et se dirige vers le bureau de son ami.
Elle se laisse tomber lourdement sur un fauteuil à roulette et se met à tourner sur elle-même. Brath la scrute de son regard inquiet, sans toutefois éveiller les soupçons de Michel. »

« …dans le domaine de la psychiatrie, la mélancolie est une pathologie bien plus grave que la dépression. C’est-à-dire qu’une personne diagnostiquée comme telle par un psychiatre doit être surveillée comme le lait sur le feu, car elle va vraiment tenter de se suicider. Ce n’est plus un appel à l’aide, mais une certitude. C’est plus fort qu’elle. On, n’est pas face à un état d’âme. C’est une vraie maladie, comme la dépression. »

« Yan se perd dans ses réflexions. Toujours les mêmes remises en questions, qui la mettent un peu mal à l’aise. Elle ne réalise pas vraiment ce qu’est une fin de vie. La fin, c’est quoi ? Est-ce qu’on flotte au-dessus de son corps en se moquant de ces pauvres cons qui pleurent autour d’une enveloppe vide ? Est-ce que l’on part sans se retourner dans ce fameux tunnel, attiré par cette lumière douce et ardente à la fois ? Ou, est-ce qu’il n’y a rien ? Rien du tout ? Sans être portée sur la religion, n’y aurait-il rien d’autre que le néant ? Toute une vie construite de souvenirs pour que tout disparaisse aussi vite ? »

« 1… Vous commencez à ressentir une sensation énergisante parcourir tout votre corps…
2… Vous vous éveillez de plus en plus… votre respiration est calme, naturelle… vous vous sentez parfaitement énergisée et cette sensation d’énergie va demeurer tout au long de vos activités… Vous prenez une grande inspiration profonde…
3… À votre rythme, vous pouvez revenir tranquillement, pleinement ici et maintenant. »

 

 

Diplômée en Criminologie appliquée à l’expertise mentale, Sacha Erbel (un nom de plume) est fonctionnaire de police depuis plus de 20 ans. Elle travaille au Service de la protection (SDLP) où elle est en charge de la protection rapprochée de différentes personnalités politiques ou civiles.

“Mes passions ?
L’écriture, depuis mon premier roman,
l’Emprise des Sens, car avant ça, je n’avais rien écrit, à part quelques dissertations à l’école. J’aime aussi beaucoup le cinéma, et… les fringues ! Mdr !
En matière de musique, j’adore David Bowie que j’ai eu la chance de voir deux fois en concert, Indochine et aimons-nous vivant de François Valéry ! Lol ! Pour ceux qui en douteraient, ils auront la pièce à conviction sur ma page facebook !
Mes loisirs vont avec mes passions : je vais beaucoup au ciné, j’écris quand j’ai du temps libre, et je vais courir au stade pour réfléchir à mes histoires !”

L’Emprise des sens
https://leressentidejeanpaul.com/2018/12/29/lemprise-des-sens-de-sacha-erbel/

Émotion, Drame, Histoire vraie, Psychologie

Les corps conjugaux

de Sophie de Baere
Poche – 16 février 2022
Éditions : Le Livre de Poche

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Fille d’immigrés italiens, Alice Callandri consacre son enfance et son adolescence à prendre la pose pour des catalogues publicitaires et à défiler lors de concours de beauté. Mais, à dix-huit ans, elle part étudier à Paris. Elle y rencontre Jean. Ils s’aiment intensément, fondent une famille, se marient. Pourtant, quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît. Les années passent mais pas les questions. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi Alice a-t-elle abandonné son bonheur parfait, son immense amour, sa fille de dix ans ?
Portrait de femme saisissant, histoire d’un amour fou, secrets de famille, Les Corps conjugaux, inspiré d’une histoire vraie, explore avec force et poésie l’un des plus grands tabous et notre part d’humanité.

Une écriture d’une grande justesse.
Marie Michaud, librairie Gibert Joseph (Poitiers).

Audacieux et prometteur.
Gaëlle Belda, Nice Matin.

Un roman dérangeant, qui bouleverse totalement.
Françoise Feuillet, Avantages.

 

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En littérature comme en musique, j’ai de plus en plus besoin de tristesse…

“Les corps conjugaux”, est une histoire triste, mais elle est tellement belle, tellement bien écrite… Une histoire pleine de sensibilité qui ne pourra que vous toucher.
Elle m’a touchée, elle m’a émue, bouleversée même. J’ai eu à plusieurs moments les yeux qui se remplissaient de larmes, et je me demandais… qu’aurais-je fait à sa place ?

C’est le second roman de Sophie De Baere que je lis.
Deux romans coups de poing, très différents et en même temps écrit avec cette même écriture incroyable.
Le style, les mots choisis qui basculent entre douceur et douleur, souvent très poétique, émouvant toujours. Certaines phrases donnent l’impression d’avoir été écrites au couteau !

Après une enfance compliquée “aux ordres” de sa mère, une femme froide et intransigeante, Alice décide un jour de cesser de se plier à ses exigences sans limites. Après le décès de son jeune frère, elle part pour Paris. C’est là qu’elle rencontrera Jean. C’est LE coup de foudre !
Alice aime Jean à la folie. Jean aime Alice en qui il voit sa reine. Ensemble, ils donneront très vite naissance à la petite Charlotte.
Leur vie est un rayon de soleil lorsqu’ils décident de se marier.
Quelques jours après la cérémonie, Alice disparaît, sans donner aucune raison, délaissant son amour et sa fille âgée alors de dix ans.

Quel drame peut pousser une maman à abandonner sa famille ?

S’ensuivra alors pour elle une vie d’errance à la recherche de l’oubli.
Mais peut-on faire abstraction définitivement de ses sentiments, de son passé ?

Un véritable coup de cœur pour ce livre qui parle d’amour, comme rarement je l’ai lu !
À lire sans hésitation !

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Extraits :

« Les bras immenses d’Alessandro entourent ma mère et la tressent d’insouciance. Ses bras immenses comme des machines à remonter le temps. Avec eux, maman redevient la petite fille qui aimait s’inventer de belles histoires. De celles qui dessinent de jolies crénelures aux nuages et boutonnent les nuits de leurs rassurantes lumières. »

« Au fond, les seuls moments où je m’autorise à n’être pas candidate sont mes moments de lecture. Si ce n’est des livres de cuisine ou les magazines télé, il n’y a pas de livres chez moi. Alors, j’emprunte des romans au CDI ou à la bibliothèque de Bolbec. Et le soir, lorsque, devant son écran, ma mère commence à s’endormir sur le fauteuil du salon, je ferme la porte de ma chambre et je les dévore à la lueur d’une lampe de poche. Pendant ces moments suspendus, je m’oublie. J’oublie la Miss. J’oublie tout ce qui tisse ma vie ; et je la rapièce à coup de destins romanesques et de mots lointains.
Je fais promettre à Mona de ne rien dire. Maman pourrait trouver ça inutile voire dangereux. Elle dit souvent que les livres sont des illusions. Et même, l’apanage des fainéants. »

« Depuis quelque temps, j’essaie d’écrire comme les poètes donc j’emprunte les recueils à la bibliothèque de mon quartier. Des petits textes à moi cerclés de leurs mots à eux. Comme des ferments de l’âme. Roulis de mes frustrations du moment. De mes emphases aussi. Ce n’est sans doute pas toujours fameux, mais je crois que ma prose imparfaite recèle une beauté bien plus noble que celle de mon visage ou de mes seins. Les mots qui surgissent de nos profondeurs sont d’une beauté toute autre point de celle qui rendent différent. De celles qui réparent et qui sauvent. Qui me réparent. Qui me sauvent, peut-être. »

« Il m’entraîne vers le lit et me dépose sous les draps. Tout entier dédié à mon plaisir, il m’enlace. Flairant ses subtiles émanations, je sens monter des besoins que je n’avais plus ressentis depuis longtemps. Je les laisse perler.
Nos peaux emmêlées ne sont rien d’autre que celles de deux créatures animées par quelque chose d’ancien et de bouleversant. Ce n’est déjà plus une affaire de désir. Le désir, grandit, nous échappe, dérape. Naît autre chose. Une réminiscence d’amour. Une envie de faire revivre les corps des disparus, chacun se glissant dans la mémoire de l’autre.
De nos bouches et de nos doigts, nous pillons le moindre morceau de chair et la nuit n’est qu’un florilège de requêtes formulées dans un doux râle, comme autant de doléances entre nos appétits et nos souvenirs insatiables. »

 

 

Sophie de Baere est diplômée en lettres et en philosophie. Après avoir habité à Reims puis à Sydney, elle s’est installée comme enseignante près de Nice. Elle est également auteure, compositrice et interprète de chansons françaises.

Drame, Fantastique, Thriller

Émersion**

de Michael Fenris
Broché – 7 octobre 2021
Éditions : Les Nouveaux Auteurs

Personne n’y croit mais Jedediah Lafkin en est convaincu, sa ville natale, Hope Falls, a bien été détruite par une tempête de feuilles, les esprits de la nature ont puni ceux qui ne la respectaient pas. Depuis Jedediah n’est plus que l’ombre de lui-même. Interné contre son gré dans un hôpital psychiatrique, gavé de médicaments destinés à lui faire perdre la mémoire, il ne se souvient plus de son identité. L’instigateur n’est autre que le sénateur Maccallan, l’homme qui a failli devenir son beau-père, et qui lui voue une haine féroce depuis la mort accidentelle de sa fille Barbara. Alors que Jed croupit dans sa cellule, victime des brimades répétées de certains membres du personnel, une mystérieuse inconnue lui fait discrètement passer un message. La carte postale d’Hope Falls l’avertit : le cauchemar recommence, cette fois à bien plus grande échelle. Alors que l’invasion de feuilles se prépare à frapper Manhattan le jour d’une conférence sur le climat à l’ONU, Jed s’échappe de l’hôpital, et il sait qu’il va devoir affronter la pire de ses terreurs : la feuille d’érable rouge et tout ce qu’elle représente.

“ Un thriller palpitant qui nous tient en haleine
de la première à la dernière page.”

Femme Actuelle

 

 

Dès ma dernière ligne sur le roman “Feuilles”, j’ai tout de suite enchaîné avec “Émersion” !
Il me fallait absolument connaître le dénouement du combat engagé par Jedediah…
Et quelle fut ma surprise…

J’avais tellement aimé “Feuilles”…
Au bout de quelques pages de ma nouvelle lecture, je me suis finalement rendu compte que, “Feuilles” n’avait été qu’une “ébauche”, un premier pas vers cette suite incroyable et surprenante !

Pour tous ceux qui ont lu le premier volet, n’essayez surtout pas d’anticiper ou de deviner cette suite que je tiens encore entre mes mains, vous ne feriez que perdre votre temps !
Il ma été impossible de la lâcher. Il a fallu que je la lise d’une traite, je ne pouvais pas faire autrement. En effet, Michaël a composé son récit de telle sorte que, plus on avance dans l’intrigue et plus l’histoire va crescendo, c’est malin. C’est efficace. Et cela ne s’arrêtera qu’à la dernière page, la dernière ligne même, qui je dois le dire m’a complètement

Et puis non, finalement je ne le vous dirai pas !

Vous ne savez pas ce qui vous reste à faire ?
Faites-moi confiance, vous ne le regretterez en aucun cas. Je dirai même plus… Vous risquez même de me remercier !
Mais celui qu’il faudra remercier c’est bien Michaël Fenris, car sans lui, vous ne liriez pas mes mots.

Après un début très personnel je trouve, sur les fissures et les “erreurs” commises par notre héros, qui va ainsi pendant plusieurs années rester caché derrière ses doutes et ses peurs bien malgré lui d’ailleurs, Jedediah décide enfin de reprendre son destin en main et d’affronter la nature qui se venge des humains qui ne la respectent plus, et ce de plus en plus. Dès lors, le scénario vire à 90° et à partir de là tremblez…
Le cauchemar recommence, mais cette fois, la nature s’attaque à Manhattan puis se seront toutes les grandes villes du monde qui très vite vont se trouver prises au piège.

J’ai adoré ce thriller fantastique et cette écriture si pointue.
C’est pour moi une vraie et belle réussite, c’est même un nouveau gros coup de cœur !
“Émersion” mériterait non seulement que l’auteur soit davantage connu pour une diffusion beaucoup plus large, mais aussi une adaptation cinématographique digne des plus grands réalisateurs.

Vous savez, je n’avais pas fais attention à toutes ces feuilles qui sont déjà par terre depuis quelques jours et qui se déplacent lentement avec avec le vent…

Et vous ?

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Extraits :

« J’avais eu tort d’interrompre trop tôt son traitement sous prétexte qu’il m’assommait et m’empêchait d’avoir les idées claires. Il m’évitait surtout d’avoir des hallucinations. La feuille d’érable rouge avait disparu en même temps que ma ville natale, et si je n’avais pas trouvé la mort là-bas, ce n’était pas pour périr ici. Presque rasséréné à cette idée, je m’apprêtai à m’installer dans le salon lorsque le téléphone se mit à sonner. Aucun numéro ne s’afficha sur l’écran numérique. Je décrochai, m’attendant à une erreur, mais la voix féminine à l’autre bout du fil me prouva le contraire :
– Vous êtes Jedediah Lafkin ? »

« La douche acheva de réveiller mon corps, pas mon esprit. Je me traînai vers la table, m’assis et attendis, l’œil rivé sur la pendulette fixée au mur. Un truc moche, en plastique orange, auquel le créateur pour faire bonne mesure avait ajouté une citation en italique : Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus, singula dum capti circumvectamur amore*. Virgil. le datomètre indiquait deux chiffres : 18. De quel mois, je l’ignorais. »

« Quelque chose monta en moi, de très loin. Une vague intérieur immense, un tsunami de souvenirs qui afflua en forçant les ultimes barrages que mon cerveau avait dressés, volontairement ou non. Le col fut si violent que je me cabrai, basculai en arrière et me roulai sur le sol, en proie à ce qui ressemblait à une convulsion. Je clignai des yeux, mes dents claquèrent, je me mordis la langue, le sang chaud coula de ma bouche et se mêla à celui de mes narines. C’était comme se noyer. »

« Je sais que c’est difficile à croire, mais il faut partir du principe que la nature est régie par une force du bien. Elle ne demande que de vivre en bonne intelligence avec l’Homme. Depuis des centaines d’années, nous l’avons meurtrie, martyrisée, détruite pour notre seule satisfaction égoïste, nous avons multiplié les constructions, arraché au sol des millions d’hectares… Alors aujourd’hui, la nature se venge. »

* Mais en attendant, il fuit : le temps fuit sans retour, tandis que nous errons, prisonniers de notre amour du détail. 

 

 

Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.

Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.

Sont respectivement sortis :

  • Chez Prisma : Feuilles en 2015, le Syndrome Noah en 2016, Thérianthrope en 2018, L’île en 2019, Déviation en 2020 et Émersion en 2021.
  • Chez Evidence : Neige, Whistlers, Horizons Funèbres et le Fétichiste.
  • Chez Eaux Troubles : Diamants sur Macchabées (reprise d’un auto édité) et Vengeance sur Pellicule.
  • En autoédition : Aaverhelyon, Diamants sur Macchabées 1° version et les 7.

En parallèle il développe les aventures de Don et de Luc Dassaut sous un autre nom, et travaille au scénario de plusieurs BD.

Michaël Fenris – Feuilles*
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/17/feuilles/

 

Anticipation, Drame, Dystopie, Sciences

Le dernier homme

de Margaret Atwood
Poche – 4 octobre 2007
Éditions : 10 x 18

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Un monde, le nôtre, dans un futur pas si lointain… Un monde dévasté à la suite d’une catastrophe écologique sans précédent, où se combinent des conditions climatiques aberrantes, des manipulations génétiques délirantes et un virus foudroyant prompt à détruire l’ensemble de l’humanité. Esseulé au cœur de cet enfer aseptisé et visionnaire, digne de 1984 et d’Orange mécanique, un homme, Snowman, est confronté à d’étranges créatures génétiquement modifiées, les Crakers, une nouvelle race d’”humains“ programmés pour n’être sujets ni à la violence, ni au désir sexuel, ni au fanatisme religieux. Tel un Robinson futuriste, il doit lutter pour sa survie et celle de son espèce. Au risque d’y perdre son âme…

Une magnifique histoire d’amour et d’amitié dans un roman d’anticipation qui tient aussi du thriller et de la satire politique. (…) Intelligent, haletant, émouvant.
Daphné de Saint Sauveur, Madame Figaro

 

Couv_069_Atwood Margaret - Le dernier homme

 

Margaret Atwood nous plonge dans un monde contaminé par des virus créés artificiellement par des scientifique fous, un monde où les manipulations génétiques sont devenues une source de revenu mondiale qui régulièrement dépasse toutes les limites de la moralité…
Les virus sont ainsi utilisés dans l’alimentation, pour maigrir, pour grossir, être plus beau, plus intelligent, partout où cela peut rapporter de l’argent. Et, en parallèle, les scientifiques stockent bien précieusement les antidotes qu’ils utiliseront, en cas de défaillance, avec parcimonie afin de pouvoir faire monter les prix.

Bienvenue dans ce qui pourrait devenir notre futur…

J’avoue, malgré la profondeur globale qui se dégage du récit, avoir eu du mal à entrer dedans et à en percevoir toutes les subtilités.
Peut-être parce que “Le Dernier Homme” est un roman qui évolue dans un futur trop proche du notre et qui pourrait finalement devenir notre présent ?

La science propose un monde au confort moderne, plus de pénuries alimentaires (la viande et les légumes sont créés en labo.), les villes sont découpées en quartiers riches, les Compounds et en bidonvilles les Plebezones, et gare à ceux qui cherchent à traverser les frontières sans autorisations, car la police qui est devenue privée veille sur ses bons citoyens.

Mais tout ne se passera pas comme prévu… À force de vouloir se prendre pour Dieu, la science va créer une catastrophe mondiale.

Un récit trop long à démarrer, trop de descriptions n’ayant aucun rapport avec la trame principale, des allusions au sexe beaucoup trop fréquentes pour ce genre de récit, qui pour moi n’amènent rien, pédophilie, pornographie, etc. Pourquoi ? C’est long, ça manque de rythme. Margaret Atwood m’avait habitué à bien mieux !

Premier tome d’une trilogie, “Le dernier homme”, malgré certains passage vraiment très intéressant, ne m’a pas convaincu…
Dommage.

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Extraits :

« Quelques mois avant l’apparition de la disparition de la mère de Jimmy, Crake fit son apparition. Les deux événements se produisirent la même année. Quel était le rapport ? Il n’y en avait aucun, sinon que Crake et sa mère donnaient l’impression de bien s’entendre. Crake faisait partie des rares amis de Jimmy qui plaisaient à sa mère. Dans l’ensemble, elle trouvait que les copains de Jimmy étaient des gamins et ses copines des nunuche ou des salopes. Elle n’utilisait jamais ces termes-là, mais on devinait ce qu’elle pensait.
Crake, lui, était différent. Selon elle, il ressemblait plus à un adulte ; en fait, il était plus adulte que des tas d’adultes. »

« Enveloppé dans son drap en lambeaux, Snowman est assis, le dos voûté, à la lisière des arbres, là où les herbes, les vesces et les sargasses se fondent dans le sable. Maintenant, qu’il fait plus frais, il se sent moins abattu. Et puis il a faim. C’est un truc qui a du bon : ça permet au moins de savoir qu’on est encore vivant. »

« Il est neuf heures du matin, au soleil, quand Snowman quitte le chemin du Poisson pour s’enfoncer dans l’intérieur des terres. Dès l’instant que la brise marine n’arrive plus jusqu’à lui, l’humidité monte en flèche et elle attire un cercle de minuscules mouches vertes, très voraces. Il est pieds nus – voilà un moment que ses chaussures se sont désagrégées et, de toute façon elles étaient trop chaudes et trop humides – mais il n’en a plus besoin, il a la plante des pieds aussi dure que du vieux caoutchouc. Pourtant, il avance prudemment : il pourrait y avoir du verre brisé, du métal coupant. Ou encore des serpents ou tout autre saleté susceptible de lui infliger une méchante morsure et il ne possède aucune arme, à part son bâton. »

« Plus ça allait, moins il se sentait bien dans sa peau. Même le sexe n’était plus ce qu’il avait été, alors qu’il s’y sentait toujours aussi accro. Il avait l’impression que sa bite se baladait, comme si le reste de sa personne ne représentait qu’un pénis insignifiant qui s’y serait trouvé attaché. Peut-être que cette affaire aurait été plus épanouie s’il l’avait laissée vagabonder à sa guise.
Les soirs où pas une seule de ses maîtresses n’avait réussi à mentir suffisamment bien à son mari ou tout comme pour pouvoir passer du temps avec lui, il allait voir un film au centre commercial, juste pour se convaincre qu’il faisait partie d’un groupe. Ou bien, il regardait les nouvelles : toujours plus de fléaux, de famines, d’inondations, d’insectes, de microbes ou de petits mammifères, de sécheresse, de guerres minables menées par des enfants-soldats dans des pays lointains. Pourquoi tout se ressemblait-il tant ? »

Drame, Histoire

Les Amazones***

de Jim Fergus
Poche – 3 septembre 2020
Éditions : Pocket

Elles étaient mille femmes blanches, troquées jadis par le chef Little Wolf contre autant de chevaux. Après la bataille de Little Big Horn, quelques survivantes décident de prendre les armes contre l’État américain, accapareur de terres et massacreur d’une culture séculaire. Cette tribu fantôme d’amazones, guerrières indomptables, insoumises et rebelles, va passer dans la clandestinité pour livrer une bataille implacable, qui se poursuivra de génération en génération…

 

 

Voilà, c’est fini pour la suite et fin de cette trilogie passionnante chez les Indiens d’Amérique du Nord.

C’est triste, c’est beau et passionnant à la fois.
Alors, oui, ce tome est peut-être moins “riche” que les deux précédents, mais personnellement, l’apport de la “magie” dans ce dernier volet m’a beaucoup plu… Encore une fois, j’ai aimé voyager dans ces contrées sauvages et encore vierges de toute civilisation, avant l’arrivée de l’Homme blanc et de sa main mise sur tout !

Jon, nouveau propriétaire et rédacteur en chef de “Chitown », un magazine de Chicago, récupère de nouveaux carnets qui ont été transmis sur plusieurs générations de mères en filles, et ce, jusqu’à nos jours.
Témoignage bouleversant d’une époque révolue, où la lutte était continuelle. Les “Cœur vaillant”, mélange de femmes, blanches et d’Indiennes sont les nouvelles amazones. Des femmes guerrières qui pour le bien du Peuple, ont décidé de se faire justice, n’hésitant pas à tuer pour se venger si nécessaire… à travers les générations…

Jim Fergus clôt sa trilogie.
Il a rendu un superbe hommage à la culture et au mode de vie des Indiens d’Amérique et surtout à toutes ces femmes conquérantes et libres…
May, Molly, Phemie et toutes les autres, allez me manquer.
Mais je sais qu’elles ne sont pas loin.
Elles sont là, elles veillent sur leurs descendants, de leur “monde”, où elles vivent désormais à jamais en paix…

Une magnifique trilogie !

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Extraits :

« – J’aimerais connaître la fin de l’histoire pour la publier intégralement.
Je crains que cela ne soit pas possible, Jon, pour l’instant.
Pourquoi ?
Parce que la suite contient des secrets tribaux, qui sont sacrés, et parce que vous être blanc. Chaque fois que les vôtres ont touché une chose qui nous appartenait, ils l’ont volée ou détruite, alors nous devons protéger ce qui reste. »

« Jadis, bien sûr, les tribus avaient toutes différents noms pour s’appeler elles-mêmes et entre elles – des noms qui ont évolué au fil du temps. Nous autres Cheyennes étions des Tsistsistas, ce qui, dans notre langue, signifie les humains, à distinguer des ours, des bisons, des oiseaux, des poissons, des chevaux, etc. Un nom humble et sans prétention qui sous-entend que nous faisons partie du monde animal, sans pour autant nous estimer meilleurs ni supérieurs – juste différents. »

« Toutes les religions semblent être organisées au bénéfice du sexe masculin, avec pour conséquence que les femmes sont reléguées au second plan : elles accouchent, élèvent les enfants, s’occupent des corvées. Voilà pourquoi je me méfie des religions, celles des Indiens y compris. En outre, ai-je fait remarquer à l’aumônier, aussi chrétien et admirable soit le refus de la violence dont il est partisan, cette attitude s’accorde mal aux réalités de notre existence ici. »

« Ton peuple a massacré les bisons des plaines. Nous entions réduits à manger nos chevaux et le bœuf que l’État expédiait dans les réserves. Bien souvent de la viande pourrie, d’ailleurs. C’est à cette époque que nous avons commencé à tomber malades, physiquement et mentalement. Nous avions coexisté avec les bisons pendant plus d’un millénaire. Nous dépendions d’eux pour tout, c’était un véritable mode de vie. Nous les considérions comme nos frères. Pas seulement des frères : nos frères. Ils faisaient partie de la famille. »

 

 

Né à Chicago en 1950, d’une mère française (aristocrate originaire de Bourgogne) et d’un père américain, Jim Fergus est chroniqueur dans de nombreux journaux américains. Passionné par l’histoire des Indiens d’Amérique, il avait depuis toujours le projet d’écrire une biographie de Little Wolf. Afin de trouver matière à son livre, il s’est beaucoup documenté et a sillonné le Middle West, de l’Oklahoma au Montana, seul pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes. À partir d’un fait authentique, Jim Fergus a imaginé le journal d’une des femmes qui ont été données en mariage aux Indiens en 1875. Mille femmes blanches (2000), qui est son premier roman, a obtenu le prix du premier roman étranger.

Mille femmes blanches – Tome 1
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/29/mille-femmes-blanches/

La vengeance des mères – Tome 2
https://leressentidejeanpaul.com/2022/08/03/la-vengeance-des-meres/

Émotion, Drame, Histoire

La vengeance des mères**

de Jim Fergus
Poche – 21 septembre 2017
Éditions : Pocket

 

En dépit de tous les traités, la tribu du chef cheyenne Little Wolf, qui avait échangé mille chevaux contre mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers, ne tarde pas à être exterminée par l’armée américaine. Quelques femmes blanches seulement échappent à ce massacre. Parmi elles, deux sœurs, Margaret et Susan Kelly. Prêtes à tout pour venger la mort de leurs enfants, elles décident de prendre le parti du peuple indien et vont se lancer à corps perdu dans une lutte désespérée pour leur survie…

“Jim Fergus compose une épopée grandiose mais surtout émouvante et charnelle à travers ces sacrées héroïnes, courageuses et magiciennes.”
LiRE

“Deux voix, mais une seule écriture, légère, énergique, à la fois enjouée et grave, et de sublimes portraits de femmes. On a bien fait de patienter.”
L’Expres

 

 

Ayant été entraîné par le magnifique premier volet, j’ai enchaîné de suite avec le second.

Dès le début, malgré une narration différente et une traduction un peu moins convaincante peut-être, l’histoire m’a quand même vraiment emporté.
J’ai retrouvé avec plaisir certains personnages “racés” qui avaient fait vivre le récit, malgré le final “apocalyptique” dans le village de Little Wolf, à la fin du premier volet, où l’auteur, nous avait malheureusement volé beaucoup trop tôt, des personnages qui méritaient une plus longue vie !

“La vengeance des mères” est un enchaînement à deux voix, d’extraits de journaux “intimes”, écrit par Molly et Margaret qui s’alternent à chaque chapitre.
On suit ainsi la misère de ces pauvres hères… Indiens, Indiennes, femmes blanches qui ont, au final tous perdu quelque chose…
Elles doivent se reconstruire. Volontaires, attendrissantes et courageuses… nous apprenons à mieux les connaître en entrant un peu plus dans leur intimité. Certaines mêmes iront jusqu’à se dévoiler aux autres…
Les sœurs Kelly, jumelles irlandaises, sont claires.
Elles ont décidé de se venger, en tuant un maximum de soldats américains !

Rejoint très vite par de nouveaux arrivants, qui ont eux-mêmes leur groupe de femmes blanches “volontaires”… ils vont ensemble, essayer de survivre à l’extermination des tribus indiennes qui se rapproche doucement, inexorablement.
C’est alors que les sœurs Kelly aidées d’autres survivantes décident de créer leur “propre armée”, en acceptant et en entraînant toutes celles qui seraient volontaires, afin de les aider dans leur vengeance…

Récit aussi dur, aussi envoûtant que le tome 1.
Impossible de ne pas poursuivre ses sublimes portraits de femmes, directement avec le 3e et dernier tome, “Les amazones” !!!

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Extraits :

« Cette fois, tout est vraiment fini. Dès les premières lueurs du jour, telle la main vengeresse du Tout-Puissant, les soldats ont fondu sur nous. J’ai reçu un coup de feu, j’ai peur de mourir vite, le village est détruit, incendié, le peuple nu est part se réfugier en courant dans les collines et se tapir sur la roche comme des animaux. Je ne sais où sont la plupart d’entre nous, certaines sont mortes, d’autres encore vivantes. Je me suis réfugiée dans une petite grotte avec Feather on Head, Quiet One et Martha. Nous sommes blotties les unes contre les autres avec nos enfants, tandis que le village brûle en contrebas, semblable à un immense bûcher funéraire. »

« Les Cheyennes croient que tout ce qui s’est passé quelque part continue d’exister dans la terre… depuis les premiers cris des bébés qui ont ouvert les yeux jusqu’aux derniers chants de mort des mourants… Toutes les joies et les peines de la vie et de la mort, tout le sang versé dans le sol pendant des générations, la terre est imprégnée de la longue histoire du Peuple. »

« Seano, ça veut dire le pays du bonheur, et pour y aller, les esprits doivent suivre la Voie Lactée, que les sauvages appelle la route suspendue dans le ciel. Là-bas, le Peuple recommence à vivre comme ici sur terre, avec ceux qui sont partis avant. À Seano, ils chassent, ils jouent, ils dansent, ils tiennent leurs cérémonies, ils font des repas et des fêtes comme ici. »

« Inévitablement, la tribu compte des hommes moins doués, moins courageux, ou qui ont simplement moins de chance et mènent avec leur famille une existence plus modeste. C’est un modèle de société finalement pas si différent du nôtre. Il est simplement beaucoup plus primitif.
Cependant, les plus riches prennent soin des moins favorisés. Ils accueillent ou soutiennent les familles des guerriers morts au combat, entretiennent des vieillards et les infirmes. »

 

 

Né à Chicago en 1950, d’une mère française (aristocrate originaire de Bourgogne) et d’un père américain, Jim Fergus est chroniqueur dans de nombreux journaux américains. Passionné par l’histoire des Indiens d’Amérique, il avait depuis toujours le projet d’écrire une biographie de Little Wolf. Afin de trouver matière à son livre, il s’est beaucoup documenté et a sillonné le Middle West, de l’Oklahoma au Montana, seul pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes. À partir d’un fait authentique, Jim Fergus a imaginé le journal d’une des femmes qui ont été données en mariage aux Indiens en 1875. Mille femmes blanches (2000), qui est son premier roman, a obtenu le prix du premier roman étranger.

Mille femmes blanches – Tome 1
https://leressentidejeanpaul.com/2022/07/29/mille-femmes-blanches/

Émotion, Drame, Histoire

Mille femmes blanches*

de Jim Fergus
Poche – 5 mai 2011
Éditions : Pocket

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En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles… L’une d’elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l’alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l’agonie de son peuple d’adoption…

“Un roman splendide, puissant et engagé.”  Jim Harrison

Cet ouvrage a reçu le prix du Premier roman étranger

 

• Couv_065_Fergus Jim - Mille femmes blanches

 

Cela fait plusieurs années que je désirais lire ce roman…

J’ai une habitude étrange… bonne, mauvaise ?
Lorsque je vais chez des gens, mon regard est régulièrement attiré par des livres quand il y en a, ou mieux vers “la” bibliothèque…
Il y a quelques années, que le temps passe vite, nous sommes allés chez des amis, Bruno et Valérie et dans leur bibliothèque, j’ai rapidement vu la trilogie de Jim Fergus. Je l’ai acheté beaucoup plus tard !
Pourquoi avoir tant attendu ? Et pourquoi avoir encore attendu avant de le lire ?

Ce n’était peut-être pas le bon moment !

En-tout-cas ce premier tome m’a bouleversé.
À la fin de son roman Jim indique : “Ce livre est une œuvre de fiction. Plusieurs événements historiques y trouvent certes leur place, mais ils s’insèrent dans un cadre fictif…”

Mais nous savons tous que ce livre basé sur des faits réels, romancés certes, mais réels quand même !
Ce n’étaient pas les mêmes prairies, les hommes et les femmes portaient sûrement d’autres noms et les tipis dans les villages n’étaient pas organisés de la même façon, mais on ne pourra pas m’enlever le fait que pour moi, c’est une histoire “vraie”.

Les Indiens d’Amérique, encore de grands “oubliés” de l’Histoire.

Dès les premières lignes, j’ai tout de suite été embarqué dans ce monde si différent et tellement proche à la fois…
Le style, fluide. L’histoire, incroyable ! Les paysages, on s’y croirait. Et les personnages… Attachants, de toutes origines, bons, ou détestables.
Quelle aventure pour ces femmes qui ont vu leur destin basculer du jour au lendemain…
Comment ne pas s’immerger totalement dans un monde où respect de l’autre et de la nature compte plus que tout. Où la pédophilie est inconnue.
Où on ne tue que pour manger et se défendre bien sûr, mais jamais pour attaquer. Alors tout n’est pas rose non plus, mais une logique est inscrite dans la vie les Cheyennes, à chacun des actes qu’ils réalisent. Ils pensent groupe. Jamais individu.

May Dodd décrit quasi au jour le jour, sa vie. Les “épreuves” qu’elle subit ou maîtrise dans son quotidien de sa tribu d’accueil. Aucun temps mort, il y a toujours quelque chose qui se passe, triste, drôle, violent, émouvant… C’est “Le livre” du genre que j’attendais depuis un moment. En effet, on a rarement le point de vue féminin dans ce type de roman… et ça change tout. Ce n’est ni la guerre, ni la politique (même si elles sont présentes) qui sont le centre du récit. Ce qui intéresse l’auteur et il nous le rend bien, c’est LA VIE !
Une vie que l’on pourrait résumer en quatre mots. Adaptation, respect, courage et amour… quel qu’il soit.

Je n’en dis pas plus… La fin est excellente !
Vous vous en douterez, j’ai déjà commencé le second volet.
Gros coup de cœur pour cette magnifique introduction de la trilogie qui m’a réchauffé le cœur.

À lire absolument !

Je signale, par ailleurs, qu’un pourcentage est perçu sur les ventes de chacun des tome, au profit d’une école indienne au Montana.
Ça aussi, c’est beau !

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Extraits :

« Je n’ai aucune honte à admettre que j’ai toujours été une femme passionnée, sujette à de vifs désirs charnels. Je ne les renie pas. J’ai été pubère assez tôt et j’ai toujours intimidé les jeunes hommes inhibés du cercle social étriqué que fréquentait ma famille. »

« Quelle étrange procession devions-nous former, chevauchant ainsi en longue file paresseuse, forte d’une centaine de personnes, Indiens et femmes. Notre cheminement paraissait sinueux, indiscipliné, après la rectitude militaire de nos récents convois. S’il nous regardait d’en haut, Dieu pouvait aisément nous comparer à une colonie de fourmis, progressant à travers les collines, gravissant les forêts de sapins pour redescendre ensuite près du lit des rivières et de l’abondante végétation qui les borde. »

« Il n’y a pas de mauvais enfants, n’est-ce pas ? Tous ne sont finalement que des enfants – qu’importe la race ou la culture qui les accueille – ils appartiennent avant tout à la leur. Pour cette raison, je suis impatiente d’apprendre la langue, difficile peut-être, qui est la mienne à ces petits lutins sauvages. Comme j’aime les regarder ! »

« Ce soir, la lune est cachée, le vent a repassé les nuages et la voûte céleste brille au-dessus de moi. Je regarde accroupie, les milliards d’étoiles et de planètes et, curieusement, ma propre insignifiance ne me fait plus peur comme autrefois. Elle me paraît au contraire rassurante, puisque j’ai maintenant le sentiment d’être également un élément, si minuscule soit-il, de l’univers complet et parfait… Quand je mourrai, le vent soufflera toujours et les étoiles continueront de scintiller, car la place que j’occupe sur cette terre est aussi éphémère que mes eaux, absorbées par le sol sablonneux ou aussitôt évaporées par le vent constant de la prairie… »

 

 

Né à Chicago en 1950, d’une mère française (aristocrate originaire de Bourgogne) et d’un père américain, Jim Fergus est chroniqueur dans de nombreux journaux américains. Passionné par l’histoire des Indiens d’Amérique, il avait depuis toujours le projet d’écrire une biographie de Little Wolf. Afin de trouver matière à son livre, il s’est beaucoup documenté et a sillonné le Middle West, de l’Oklahoma au Montana, seul pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes. À partir d’un fait authentique, Jim Fergus a imaginé le journal d’une des femmes qui ont été données en mariage aux Indiens en 1875. “Mille femmes blanches” (2000), qui est son premier roman, a obtenu le prix du premier roman étranger.

Drame, Histoire vraie

La Confrérie des moines volants

de Metin Arditi
Poche – 11 septembre 2014
Éditions : Points

Dans un cimetière abandonné, Nikodime creuse une cache pour y enfouir les richesses de l’Église russe. Rescapé des massacres de religieux commis par Staline en 1937, l’inflexible ermite, hanté par un obscur péché de jeunesse, a formé la confrérie des moines volants. Douze hommes qui éprouvent leur foi lors de périlleuses missions de sauvetage des plus beaux trésors de l’art sacré orthodoxe.

« Metin Arditi nous raconte avec talent l’histoire de cette troupe disparate de religieux errants et les tribulations des œuvres d’art qu’ils essayèrent de sauver au péril de leur vie. »

Le Figaro Magazine

 

 

1937. La Russie de Staline.
Nous sommes au temps des purges et de l’excommunication de l’Église. Le régime totalitaire soviétique est inflexible. Exécutions, assassinats de prêtres et de moines et pillages d’églises n’auront de cesse pendant plusieurs années…

Le récit que nous propose l’auteur est authentique. C’est l’histoire de Nikodime Kirilenko, un moine fanatique, un fou de Dieu, un ermite vivant au monastère de Saint-Eustache qui décida d’entrer en résistance contre le Pouvoir et l’Oppression, à l’aide d’une poignée de moines, des hommes de foi avec leurs failles et leurs faiblesses, “La Confrérie des moines volants”. Vivants cachés en pleine forêt, ils vont se donner une mission, celle de préserver les trésors de l’Église orthodoxe au péril de leur vie. Icônes, art sacré et autres objets précieux. Ils vont les “dérober”, et les cacher dans la forêt, avant que les militaires ne détruisent les lieux sacrés.

Nikodime a un passé trouble. Il est constamment en conflit avec lui-même, cherche systématiquement le pardon de Dieu et essaie en vain de résister aux charmes de la jeune et belle Irina…
Malgré tout, il reste quelqu’un d’entier qui va oser s’opposer au pouvoir de l’État.

Dans la seconde partie du récit, nous nous retrouvons en 2000, en compagnie des descendants de Nikodime… Transition un peu rapide pour moi, je m’attendais à retours vers le passé… et non… Dommage, j’aurais aimé en savoir un peu plus sur la vie de Nikodime Kirilenko et de ce qu’il est devenu.

J’ai découvert une partie de l’histoire soviétique assez méconnue dans une Russie pleine d’ambivalences !
Un très bon roman qui parle de transmission, de patrimoine, des exactions d’un communisme sauvage et d’Histoire avec une écriture rythmée, agréable, qui m’a émue à certains moments.

C’est mon second roman de Netin et j’ai retrouvé le plaisir de ma première lecture !
Un bel ouvrage pour les passionnés d’Histoire…

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Extraits :

« Entre 1918 et 1938, le régime soviétique a détruit, pillé, ou vendu à l’étranger tout ou presque de ce que l’Église russe comptait comme trésors.
Plus de mille monastères furent fermés. Beaucoup, tel celui de Saint-Eustache, situé au bord du lac Ladoga, se virent mis à sac, vidés de leurs occupants et transformés en goulags. Des Églises furent saccagées par dizaines de milliers. Et les milices du NKVD exécutèrent plus de deux cent mille prêtres, moines et moniales.»

« – Ils sont tous morts !
Nikolaï, l’un des novices du monastère, tremblait tant qu’il pouvait. Son frère Serghey le regardait tremblant lui aussi, l’air perdu.
– Qui est mort ?
La voix caverneuse de Nikodime acheva de pétrifier les deux garçons. Déjà qu’ils n’arrivaient pas à retrouver leur souffle… C’était la première fois qu’ils se rendaient chez lui, et bien sûr, ils s’étaient égarés. »

« Chaque jour après les matines, ils partaient à la recherche d’une forêt sans église ni monastère, un lieu où les miliciens auraient eu peu de raisons de s’aventurer. Ils s’installaient sous un mélèze à larges branches et, durant toute la journée, priaient ou disaient la liturgie. Tard dans la nuit, Nikodime se couchait dans son cercueil, les deux garçons s’étendaient à ses côtés, et ils attendaient tous trois que les heures s’écoulent, emportés dans le sommeil par petits bouts. »

« Mais le souvenir de la jeune fille ne le lâchait pas. Il essayait d’imaginer ses seins, lourds sur un torse maigre, ses jambes fines, le duvet de son sexe…
Il chercha à quitter son obsession en repensant au Christ gravissant le Calvaire, mais ce fut peine perdue, et une honte nouvelle l’envahit, immense, d’avoir voulu penser au Sauveur pour se sortir de sa fange.
Maintenant, il se voyait devant Irina, d’abord vêtu de sa robe de moine, puis nu, le sexe tendu. Elle le fixait du même regard calme qu’elle avait eu pour lui lorsqu’ils étaient face à face, et il se demanda comment elle allait l’accueillir dans son corps lorsqu’il la pénétrerait. »

 

Écrivain francophone d’origine turque, Metin Arditi a quitté la Turquie à l’âge de sept ans, et a obtenu la nationalité suisse en 1968. Après onze années passées dans un internat suisse à Lausanne, il étudie à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où il obtient un diplôme en physique et un diplôme de troisième cycle en génie atomique.
Il est l’auteur de nombreux essais et romans. Il s’est vu maintes fois récompensé, notamment pour son roman “Le Turquetto”, lauréat des prix Jean-Giono et Page des Libraires.

Émotion, Drame

Un merveilleux cadeau

de Claudine Laurent Rousselle
Broché – 26 avril 2022

Lydie est une petite orpheline qui a perdu ses parents dans un incendie alors qu’elle était à l’école. N’ayant aucune famille, elle se retrouve placée dans un orphelinat austère, insalubre où toutes les pensionnaires subissent la méchanceté de Mademoiselle Diablo, la directrice de l’établissement. Lors d’un séjour à l’hôpital, Lydie va faire la connaissance de Jaime, un petit garçon qui a tout pour être heureux. Entre eux va naître une belle amitié…

 

 

J’ai toujours aimé les histoires commençant par “Il était une fois…”
Sans doute un manque “d’évasion” durant ma prime jeunesse… Évasion que j’ai bien rattrapée depuis, puisque je n’ai pas attendu d’être papa pour lire tous types de romans, et cela, dès que j’ai pu…

Le livre de Claudine Laurent Rousselle est “Un merveilleux cadeau” dans tous les “sens” du terme. J’y ai retrouvé les émotions et les Ressentis de mes premières histoires, il y a un petit côté “naïf” qui est fort agréable et qui m’a fait du bien, en cette période fort oppressante.

Pas tout à fait un roman, “Un merveilleux cadeau” est plutôt un conte, sous forme de nouvelle, adressé à tous types de lecteurs ayant envie de passer un agréable moment.
Il est bien écrit, intéressant et lève tout un tas de questions sur l’enfance sans parents, et la vie dans les orphelinats. Un récit bien construit avec plusieurs niveaux de lecture glissés çà et là entre les lignes. La tristesse, la solitude, la peur, la méchanceté aussi, l’arrivée d’un compagnon à quatre pattes dans une vie, l’amitié, l’amour, la joie, le bonheur…

Ce livre, je vais le mettre précieusement de côté…
C’est tout à fait le type d’histoire que j’aurais aimé lire à mes enfants. Aujourd’hui, ils sont trop grands, ils pourront le lire tout seul… Mais je pense qu’il sera une belle surprise quand viendra l’heure de raconter une histoire à mes petits-enfants, avant qu’ils ne partent au pays des songes…

Le seul “reproche” que je pourrais faire à ce merveilleux cadeau, c’est d’être beaucoup trop court pour moi.
Mais c’est ce qui donnera, je pense, la possibilité à ce bel ouvrage de toucher les petits et les grands…

Une histoire très agréable, qui a eu la faculté de me projeter dans un futur qui me ravira !
“Dis papy, tu me lis l’histoire avec Flocon ?”

Une vraie belle surprise qui s’est transformée au cours de ma lecture à ce qui ressemble le plus à un coup de cœur !
Je reste, maintenant, en attente du prochain “récit/histoire/conte”, enfin, tout ce que Claudine voudra…
Claudine, il n’y a pas d’âge pour commencer à écrire. Bravo !

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Extraits :

« Il était une fois…
Dans un champ, une petite maison avec aux fenêtres des géraniums rouge vif.
Un petit oiseau survole les lieux et vient s’accrocher au mur près de la porte d’entrée.
Sur la droite s’agrippent des roses anciennes exhalant leur parfum poivré.
Il reprend son envol et se dirige à gauche vers le jardinet où poussent quelques légumes et petits fruits.
Après s’être régalé de groseilles, il revient devant la maison, sur la petite terrasse pour se poser sur la table entourée de ses chaises, et reprend sa route vers le chêne un peu plus loin. »

« Grégoire interroge Jaime pour savoir s’il a pensé à sortir son chien.
Jaime ne l’a pas fait.
Il appelle Flocon et les voilà partis batifoler dans l’herbe fraîche, sous un magnifique ciel bleu.
À l’extrémité du champ, cool une petite rivière bordée de quelques hêtres.
De l’eau émergent plusieurs rochers qu’une crue à déposés là.
Soudain, Flocon se met à courir en direction du cours d’eau. »

« Le lendemain est un grand jour pour les enfants de l’orphelinat.
De nombreuses personnes sont attendues dans un espoir d’adoption.
Après leurs corvées, les pensionnaires ont le droit à un bol de gruau en guise de petit-déjeuner.
Ensuite, elles font leurs toilettes dans une pièce où se trouvent alignés douze lavabos.
Au-dessus, collés au mur, des morceaux de miroir.
La pièce est glaciale. Des vitres sont cassées, mais aucune n’a été remplacée. »

« Jaime est triste, il pense ne jamais revoir son chien.
Malgré les affiches, il n’a reçu aucun coup de téléphone. Pour lui, Flocon ne reviendra jamais.
Son père lui conseille de ne pas baisser les bras et de garder espoir.
Jaime sort en courant.
Soudain, son père l’entend hurler. Aussitôt, il accourt.
Le garçon est mal tombé et s’est cassé la jambe. »

 

 

Née à Reims, Claudine Laurent Rousselle a vécu à “La Neuvillette” durant sa jeunesse et son adolescence, depuis elle vie en Haute-Savoie. Dans sa jeunesse, elle a participé à plusieurs concours de poésies.
Depuis quelques années le rêve d’écrire des contes lui vient à l’esprit. Elle se lance, et sort son premier roman “Un merveilleux cadeau” en 2022.
D’autres romans sont d’ores et déjà en attente…