Émotion, Drame, Folie, Histoire vraie, Noir, Psychologie

Je suis encore vivante, alors je parle

de Paloma
Broché – 14 octobre 2022
Éditions : Maïa

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Lorsque je rembobine le film de ma vie, revivent en moi ces images qui ont muré mon existence dans un silence anormal. Ma mémoire n’a de cesse de hanter mon esprit, elle enchaîne souvenirs plombés de traques, de violences insoutenables, et me bouscule inévitablement dans l’enfer indélébile de ma jeunesse, comme pour me rappeler qu’il m’a brûlée à tout jamais. Ne serait-ce qu’un instant, pourrait-on imaginer qu’un individu censé être de son sang, nous fasse endurer le supplice, la terreur ? Adieu mon enfance adorée, éphémère, adieu toi, dont j’ai si souvent rêvé en secret, celle que je n’ai jamais eue. Lui pardonner ? Moi seule connais la réponse depuis toujours. Si certains ne s’expriment pas, si les morts qui ont eux aussi souffert ne parlent pas, moi, je suis encore vivante, alors je parle.

 

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La vie n’est pas un long fleuve tranquille, on le sait déjà. Mais pour certains elle s’apparente plus à un combat quotidien, ne serait-ce que pour subsister…

Paloma se dévoile. C’est son passé qu’elle extériorise et nous transmet sous la forme d’une autobiographie déchirante. Comment une grande sœur peut dénigrer de telle sorte un autre membre de sa fratrie ? Violences verbales, violences physiques, mais surtout violences psychologiques ! Comment faire pour se remettre d’une telle enfance ? Qui n’a pas envie de faire un câlin à une fillette de trois ans ? Comment peut-on obliger sa petite sœur à dormir par terre, à même le sol, sans couverture, dans le froid ?
La folie d’une sœur n’explique pas tout. Les mensonges, les duperies, la méchanceté…
J’ai retrouvé dans le livre de Paloma plus de violence que dans la plupart des romans noirs que j’ai pu lire. Mais malheureusement ce n’est pas un roman… C’est la vie d’une enfant.

Il a fallu que je m’arrête régulièrement tant, c’était difficile. Je me suis même demandé si j’allais terminer le récit ou pas. Je me suis revu enfant dans certains passages, les yeux ouverts la nuit, la peur au ventre du moindre bruit, du moindre craquement…

Comment effacer toutes ces douleurs vécues, tous ces souvenirs si pénibles ?
On ne peut pas.
On les évince du mieux possible, on essaie de faire avec, mais ils sont toujours là, insidieux dans un coin de l’esprit, attendant le plus mauvais moment pour ressurgir.
Non, la vie n’est pas un long fleuve tranquille… Paloma le sait, et elle a le courage de se libérer et de crier aujourd’hui à tous qu’elle est encore vivante !

Un livre bouleversant qui ne peut laisser personne indifférant.
Merci beaucoup Blandine pour cette découverte…

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Extraits :

« C’est avec une cruelle souffrance, que je veux retracer chaque instant de mon existence. Comment pourrais-je parler de ma plus tendre enfance, quand elle n’a été que souffrance et douleur ? Elle me laisse autant de cicatrices que de secondes dans ma vie tels des coups de poignard que l’on m’aurait plantés, écrasés, cassés dans mes entrailles. Meurtrie dans tout mon être, abîmée par le temps qui passe, je m’autorise enfin à exorciser chacun de mes souvenirs. Et comme pour me réclamer justice, mon esprit tente de m’encourager à détruire ce poison de ma mémoire, en faisant éclater ce qui a réellement existé. Chacune de ces lignes retraça, le cercle infernal qui fut le mien et fera revivre en moi tout ce qui m’a détruite. »

« Il est tard, il fait noir, il fait froid, c’est l’hiver, la maison dort, le silence est roi et moi, j’appréhende, je meurs. Je perçois les ronflements de toute la maisonnée pendant que j’anticipe la sauvagerie. J’ai la frousse, je tremble, j’ai à peine le droit de respirer, pourtant, je m’entends gémir. Les bruits sourds s’accentuent, les draps de toutes les silhouettes allongées se froissent et se défroissent, chacun bâille, chacun ignore ma détresse et je supplie en silence même si je sais que je n’ai plus le temps, ni de supplier, ni de mendier, un “au secours”. »

« C’était un personnage très paradoxal, car à défaut de me tuer de coups, elle me donnait des pages et des pages de livres qu’elle tirait au hasard dans la bibliothèque que je devais recopier intégralement, pendant des heures, jusqu’à ce que ma main s’épuise et sans faute. J’adorais écrire, lire, mais pour moi, recopier bêtement des bouquins, frôlait le ridicule. »

« Au fil de mes lignes, je m’essouffle et de ne pas voir la fin sur mon œuvre ne fait qu’accroître ma rancune. Chaque coup de crayon fait de moi une ressuscitée qui n’en finit pas de regretter les plus belles années de ma vie qui m’ont été volées. À chacune de mes rétrospectives, je construis volontairement mes écrits en les accompagnant de commentaires avec mes ressentis d’aujourd’hui, parce que mon cœur a besoin de se libérer au fur et à mesure que mes souvenirs reviennent. »

 

Tombée dans le terrible chaos de ses deux premières vies de souffrances et de tragédies qui l’ont brisée, Paloma a pendant de très longues années éprouvé le besoin de les conjurer avec des mots pour l’aider à survivre et à trouver un soupçon de paix. Elle souhaite réunir toutes ses forces pour crier au monde entier de ne jamais quitter un enfant des yeux, lui aussi est un être vivant, il est précieux, il est la suite de nous-mêmes. Au travers des pages de ce premier tome qu’elle a ouvert il y a bien longtemps, elle s’est exprimée à cœur ouvert, puis l’a refermé pour toujours.

Émotion, Drame, Suspense, Thriller psychologique

Sur un arbre perché

de Gérard Saryan
Poche – 9 janvier 2023
Éditions : Taurnada Éditions

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Une seule seconde d’inattention et la vie d’Alice bascule : Dimitri, 4 ans, le fils de son compagnon, échappe à sa vigilance. En panique, la jeune femme part à sa recherche, mais elle est victime d’un grave accident. À son réveil, elle doit se rendre à l’évidence : l’enfant a été kidnappé. Rejetée de tous et rongée par la culpabilité, la « belle-mère négligente » n’a désormais qu’une obsession : retrouver Dimitri, coûte que coûte. Ignorant alors tous les dangers… Sans le soupçonner un instant, Alice va se précipiter au centre d’une toile tissée par la pire des trahisons.

 

• Couv_2023-005_Saryan Gérard - Sur un arbre perché

 

Je découvre la plume de Gérard Saryan avec ce second roman, et j’avoue qu’après certaines réserves très vite oubliées, j’ai aimé me perdre dans ce labyrinthe implacable qui nous laisse très peu de temps pour “respirer” !
En effet, les chapitres sont courts, la ligne du temps nous transporte entre passé et présent régulièrement, il faut s’accrocher. Mais ce n’est pas tout ! Il y a de nombreux personnages, ceux qui sont utiles et les autres… Les nombreux voyages dans toute la France et en Europe. Gérard nous force à une concentration extrême de chaque instant, dans ce roman “poupée russe” où même plusieurs histoires s’entremêlent parfois ! Mais, l’auteur ne chercherait-il pas à me perdre ?

Je me suis accroché. Puis renversement de situation. L’héroïne, comme moi-même, à cet instant, sommes pris dans un engrenage percutant. Tout est très réaliste, le polar que j’ai sous les yeux se transforme en véritable drame. Je reste scotché jusqu’au bout !

Gérard est très fort. Son roman est vraiment maîtrisé de bout en bout. Sa plume fluide est saisissante, l’utilisation du passé simple très agréable. Je pensais parfois qu’il allait trop loin, mais à chaque fois, il rebondissait avec brio !
Quelle aventure…
Alice, une jeune styliste qui menait une existence paisible près de Lyon, va voir son avenir complètement exploser, suite à la disparition de Dimitri son beau fils de 4 ans, qui échappe à sa vigilance.

C’est très visuel, ça fait peur…
Nous avons nous-même “perdu” notre fille pendant le Carnaval de Nice, il y a plusieurs années, elle avait à peine trois ans. Nous avons tout de suite contacté la police sur place. Nous l’avons retrouvé un peu moins d’une heure plus tard. J’avais cru devenir fou, je courrais dans tous les sens en criant son prénom sous les regards étonnés de ceux qui regardaient la parade… Je ne le souhaite à aucun parent. Gérard a remué certaines choses qui s’étaient enfouies profondément dans mon esprit…

Un excellent thriller TRÈS intelligemment mené !
Gérard Saryan, un nouvel auteur à suivre…

Décidément, les Éditions Taurnada ont le don de trouver de “sacrées pépites”…

Merci Joël

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Extraits :

« Gabin posa une main ferme sur mon épaule :
“Alice, c’est à toi dans dix secondes !”
Ce n’était pas la première représentation de la pièce, et pourtant, ce trac insupportable me remuait tant les tripes, que j’en avais parfois des nausées. Ça commençait généralement la veille, troublant, sommeil et alimentation. »

« “Ce que je fais là est interdit. Je peux me faire virer.”
Coup d’œil rapide à droite, puis à gauche avant de me tendre une clé USB :
“Voici les images prises dans tous les halls de la gare jusqu’à l’entrée du métro. Il y a plusieurs heures de visionnage, mais à part remuer, le couteau dans la plaie, vous n’apprendrez rien. C’est moi qui vous le dis, vous perdez votre temps.”
Qu’importe sa conclusion, j’étais aussi enthousiaste qu’une enfant :
“Je ne sais comment vous remercier.
– Comment ? En laissant la police faire son travail. Ne dévoilez jamais votre source. Je nierai vous les avoir transmises.”
J’en fis le serment. Elle consulta sa montre, et prétexta devoir partir. Juste avant, elle me glissa :
“Alice, oubliez ce que l’on s’est dit tout à l’heure, je vous souhaite de tout cœur de le retrouver.” »

« Le visage et les vêtements maculés de sang, je faisais face à quelques voyageurs éberlués. Si un ou deux restèrent indifférents à ma détresse, un couple me vint en aide. Quelque chose d’inexplicable venait de se passer. Débarrassée de cette chape de plomb, rejetant une culpabilité qui me rongeait depuis des semaines, j’étais soudain redevenue… moi. Prise d’un instant de folie, je hurlai à travers le hall, mais aussi à la terre entière :
“JE SUIS VIVANTE !” »

« D’où viennent ces hommes ?
– Des filières organisées. Pour eux, la France est un moyen de faire de l’argent facile. Drogue, vol, prostitution, trafics en tout genre. Lorsqu’ils sont dans un pays, c’est pour le dévaster. Ils n’ont ni règles ni scrupules. À leurs yeux, votre vie ne vaut rien. »

 

 

Féru de musique, coureur invétéré, Gérard Saryan puise ses sources d’inspiration dans ses nombreux voyages et dans une enfance solitaire et introspective. Observateur averti, il est passé maitre dans l’art du thriller psychologique où l’imagination laisse place à nos pires angoisses.

Émotion, Drame, Histoire vraie

La vie clandestine

de Monica Sabolo
Broché – 18 août 2022
Éditions : Gallimard

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“Je tenais mon sujet. Un groupe de jeunes gens assassinent un père de famille pour des raisons idéologiques. J’allais écrire un truc facile et spectaculaire, rien n’était plus éloigné de moi que cette histoire-là. Je le croyais vraiment. Je ne savais pas encore que les années Action directe étaient faites de tout ce qui me constitue : le silence, le secret et l’écho de la violence.”
La vie clandestine, c’est d’abord celle de Monica Sabolo, élevée dans un milieu bourgeois, à l’ombre d’un père aux activités occultes, disparu sans un mot d’explication. C’est aussi celle des membres du groupe terroriste d’extrême gauche Action directe, objets d’une enquête romanesque qui va conduire la narratrice à revisiter son propre passé. Comment vivre en ayant commis ou subi l’irréparable ? Que sait-on de ceux que nous croyons connaître ? De l’Italie des Brigades rouges à la France des années 80, où les rêves d’insurrection ont fait place au fric et aux paillettes, La vie clandestine explore avec grâce l’infinie complexité des êtres, la question de la violence et la possibilité du pardon.

 

• Couv_2023-003_Sabolo Monica - La vie clandestine

 

Pour notre première soirée littéraire 2023, nous avons eu le plaisir de recevoir Monica Sabolo, pour son livre, “La vie clandestine”.

J’avoue que lors de ma lecture, je me suis posé énormément de questions.
Lorsque j’étais enfant, j’ai beaucoup entendu à la télévision ou lors de discussions entre les adultes, parler du groupe “Action Directe” qui revendiquait plusieurs dizaines d’attentats, des “Brigades rouge” qui semaient la terreur, et de bien d’autres groupes terroristes qui sévissaient entre les années 70 et 80…

Ce livre m’a complètement happé, déconcerté parfois, mais je n’ai pas pu le lâcher… Émotion, admiration, mais que de questionnements…

Monica est en manque d’inspiration. Elle se dit qu’il serait intéressant d’écrire sur un sujet qui lui serait complètement étranger : “Les années sanglantes du terrorisme”.
Elle est obligée de faire énormément de recherches, de recoupements, d’études sur la clandestinité, et sur toute cette culture du terrorisme qu’elle ne connaît pas du tout, pour finalement cibler le cheminement d’un quatuor assassin. Deux hommes et deux femmes qui ont fait la une et fait frissonner de peur toute la France, “Action Directe”…

L’écriture de Monica est puissante, belle et cruelle, mais aussi empreinte de douceur et de délicatesse, le récit va petit à petit se superposer à son propre vécu, à sa jeunesse. Mais cela pourrait tout aussi bien être la nôtre. L’histoire d’une famille qui pour moins souffrir, oublie, efface les traumatismes çà et là, pour finalement enterrer tous les secrets de familles qui pourraient remonter au-delà des générations et qui refusent systématiquement de se taire. Si l’histoire d’action directe était une nouvelle excuse pour oublier, le passé rattrape tout de même l’auteure… Elle-même apprend assez tard que son père, diplomate n’est pas son géniteur. Monica est née “de père inconnu”, de là, elle essaie d’y voir clair dans sa propre vie depuis sa naissance. Elle a été elle-même élevée dans le mensonge et par un beau-père (Yves S), qui lui a rétorqué des années plus tard, lorsque Monica ose enfin lui en parler : “Ce genre de choses arrive tout le temps, dans les familles…”. Alors, elle va s’interroger à double titre sur les crimes et le passage à l’acte, sur la culpabilité et le pardon…

C’est un livre qui ne s’adressera pas à tous les lecteurs, mais assurément un très beau livre.
Deux histoires percutantes qui vont s’entrelacer ainsi jusqu’à la fin du récit, enquête documentaire et introspection personnelle, pour le pire et le pardon…

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Extraits :

« Je comprends rapidement, dans quel guêpier je me suis fourrée. Je ne connais rien aux mouvements d’extrême gauche, n’ai jamais milité ni participé à la moindre action collective – tout ce qui relève du groupe m’angoisse, et paraît s’adresser à d’autres, comme si je n’appartenais pas à la société. Je me perds dans les différences entre marxistes, léninistes, trotskistes, maoïstes, et, lorsque j’entends des ex-soixante-huitards évoquer cette période, avec ce mélange de décontraction et d’autorité, leurs certitudes, leurs dogmes, j’ai la même sensation qu’avec Yves S. : eux, ils savent, et moi, je ne sais rien. »

« Je me souviens du jour où ma mère m’a dit que mon père n’était pas mon père. Nous sommes dans sa cuisine, et il est 11 heures du matin. J’ai vingt-sept ans. Plus de dix ans se sont écoulés depuis l’épisode du certificat de naissance italien, depuis que j’ai vu inscrit en lettres noires, tapées à la machine, la mention « di padre ignototo », que j’ai interprétée comme « de père ignoble », avant de comprendre ce que cela signifiait. Et de ne plus y penser. Jamais, pas une seule fois.
Ce jour là, il est 11h du matin, et ma mère a sorti une bouteille de vin. Elle a posé deux verres sur la table.
“J’ai quelque chose à te dire.” »

« Je n’aime pas quand papa vient me voir, le matin.
J’ai prononcé cette phrase, exactement celle-là. C’est le matin, je m’adresse à ma mère, mon père est parti rejoindre ce lieu mystérieux où il travaille. Nous nous tenons dans son dressing, devant l’enfilade de miroirs, mais je ne perçois pas notre reflet. Seulement la moquette beige, et le mur blanc, comme si nous étions des apparitions. Seuls, mes mots se détachent dans le vide. Je ne me rappelle pas de sa réponse, ni même si elle répond, je n’ai aucun souvenir de sa voix. Je sais seulement qu’elle s’éloigne, je ressens encore le mouvement de son corps. Je revois l’enfilade de miroirs, son ombre passant de l’un à l’autre, et la poussière en suspension. »

« La clandestinité n’est pas aussi romantique qu’on pourrait le croire : on imagine une vie trépidante, loin de la cité et des institutions, un lieu sauvage, que l’on habiterait tel un bois, comme le font les amants, les druides et les poètes. En réalité, ce n’est pas l’expérience de la liberté, mais celle de l’entrave. Elle ne permet pas d’échapper à la légalité, elle condamne à l’illégalité. Rien de ce qui est public, autorisé, je ne l’est plus. »

 

 

Monica Sabolo est une journaliste et romancière française.

Elle a grandi à Genève en Suisse où elle fait ses études. Après avoir milité pour la défense pour les animaux, au sein du WWF en Guyane puis au Canada, elle travaille à Paris en 1995 comme journaliste pour un nouveau magazine français « Mer et Océans ».

Elle passe dans les rédactions des magazines « Voici » et « Elle ». Au lancement de « Grazia » (Mondadori France), elle est recrutée comme rédactrice en chef « Culture et People ».

En 2000, elle publie son premier roman, « Le Roman de Lili ». Elle réitère cinq ans plus tard, en 2005, avec « Jungle ».

Début 2013, elle prend un congé sabbatique de quelques mois pour écrire un troisième roman, « Tout cela n’a rien à voir avec moi » (2013), pour lequel elle reçoit la même année le prix de Flore.

En janvier 2014, Monica Sabolo quitte Grazia et le journalisme pour se lancer dans une nouvelle activité : l’écriture de scénario. Crans-Montana (2015) obtient le grand prix SGDL du roman 2016.

En 2017 elle publie Summer, finaliste du Prix Goncourt des lycéens et finaliste du Prix du roman des étudiants France Culture – Télérama, roman pour lequel Monica Sabolo a reçu le Prix des lecteurs de la Fête du Livre de Bron 2018.
Il sera suivi en 2019 par le roman Eden, pour lequel elle s’égare dans les bois de Colombie-Britannique, émerveillée par les lieux et horrifiée par le sort des femmes autochtones.

 

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Émotion, Drame, Folie, Psychologie, Suspense

Claustrations

de Salvatore Minni
Broché – 8 juillet 2019
Éditions : Phénix noir

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Ils ne se connaissent pas et pourtant, ils portent le même tatouage sur le bras… Clara, que son amie Françoise recherche depuis plusieurs semaines, se réveille un matin étendue sur le sol d’une cellule obscure et infestée d’insectes ; M. Concerto tente de découvrir les raisons qui l’ont conduit dans une chambre d’isolement, tandis que Charles se cloître de son plein gré. Chacun d’entre eux se retrouvera face à son destin. Mais, dans leur quête de la vérité, ils se rendront très vite compte que les apparences ne sont pas celles qu’ils croyaient…

 

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Encore un premier roman, et de nouveau, une très belle surprise, et plus que prometteuse.

Salvatore Minni, avec des chapitres très courts et un rythme intéressant nous permet d’aller de personnages en personnages. On ne sait que très peu de choses sur eux, ils ont en commun un tatouage sur le bras et le fait d’être enfermés pour une raison qu’ils ignorent. Ils semblent n’avoir aucun lien les uns avec les autres… Mais tous vivent quelque chose d’inquiétant, ils ont tous peur de ce qui va leur arriver.

Je me suis très vite attaché à eux. Je vous défie d’arrêter votre lecture ou de poser votre livre par choix ! Il m’a été impossible de ne pas le lire d’une traite. L’auteur joue admirablement avec nos nerfs. Je ne voyais pas du tout comment cela allait finir, et au moment où je m’y attendais le moins, Salvatore ouvre une porte et l’évidence soudain saute au visage !

C’est très fort…
L’écriture est telle que j’avais l’impression d’être dans la tête de ces pauvres personnes, enfermées par choix ou pas, je n’ai rien vu venir…
Je l’ai repris, je l’ai relu, pour voir à quel moment j’aurai pu comprendre là où Salvatore voulait nous mener.
Impossible !

J’imagine que Salvatore s’est amusé à nous tourmenter de la sorte, en tout cas, j’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. Je tenais aussi à signaler l’utilisation du subjonctif passé et imparfait dans le texte pour moi plus que réussi… Cela faisait longtemps, et c’est bien agréable !

Quel suspense, et surtout quel plaisir !
“Claustrations”, un roman parfaitement maîtrisé où l’on se perd avant de recevoir la révélation finale de plein fouet…
Je conseille vivement cette lecture qui m’a… “whaou”!

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Extraits :

« L’obscurité. Rien que l’obscurité. La peur. Une peur panique. Son cœur battait à tout rompre. Sa respiration était saccadée. Il tenait sa petite main sur sa bouche pour que l’on ne l’entendît pas respirer. Surtout ne pas faire de bruit. Il n’existait pas. Chhht ! Maman lui avait ordonné de rester là et de n’en sortir que lorsqu’elle le lui dirait. »

« Reclus dans ma cave, cet endroit obscur et humide, depuis mon soixante-cinquième anniversaire, je cherche le moyen de faire mon existence. J’analyse toutes les possibilités qui m’ont été proposées. J’ai le choix : quitter le pays, me faire greffer, un nouveau visage, falsifier mes papiers, ou encore annoncer ma propre mort. »

« Cette fois, elle était dans un pays où le gouvernement décidé du nombre d’enfants que pouvait avoir une famille. Elle était parvenue, avec l’aide de ses collègues, a déjouer la stérilisation de deux cents femmes en âge de procréer. Pour le gouvernement, il s’agissait de limiter les naissances afin de contrôler une démographie croissante. Il n’était aucunement question d’une campagne de stérilisation avec consentement. Non, ces femmes devaient être stérilisées de force. Un comportement barbare que Clara ne pouvait accepter. »

« Hier matin, encore une dizaine d’hommes et de femmes âgés de 65 ans et plus ont été arrêtés dans le cadre de la loi promulguée par notre nouveau Président. Comme vous le savez, cette loi vise à contrôler la surpopulation, le vieillissement de la population est à alléger les dépenses en allocation et en pension. »

 

 

Salvatore Minni s’est exercé à l’écriture dès son plus jeune âge en mettant des textes lyriques et des nouvelles sur papier. Il publie la première version de son roman Claustrations aux Editions Persée en septembre 2015. Suite à sa participation au Prix du Suspense Psychologique 2017 présidé par Franck Thilliez, ce thriller psychologique a ensuite été retravaillé, amélioré, étoffé et peaufiné pour une nouvelle version qui voit le jour le 19 octobre 2017. En 2018, après avoir accepté le défi des Editions Lamiroy d’écrire et de publier une nouvelle de 5000 mots, il écrit Iniquité pour leur collection Opuscules . L’année 2019 est assez chargée avec la publication de la version définitive de Claustrations d’abord, mais surtout la sortie de Anamnèse , son second roman. Il fait aussi partie des organisateurs du Salon de l’Iris Noir Bruxelles.

En 2022, Salvatore Minni se lance un défi, celui de faire frissonner vos enfants et publie les deux premiers tomes d’une nouvelle série de romans jeunesse intitulés Mystère en Belgique.

Friand de technologie et d’outils de communication divers, Salvatore Minni est très actif sur les réseaux sociaux. Retrouvez toute son actualité sur :

* Facebook : Salvatore Minni Officiel

* Instagram : instagram.com/salvatore_minni

* Twitter : twitter.com/Sal_Min13

* internet : http://www.salvatoreminni.com

Plongez-vous dans l’univers à la fois frissonnant et bouleversant de Salvatore Minni…

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Le soldat désaccordé

de Gilles Marchand
Broché – 19 août 2022
Éditions : Aux Forges de Vulcain

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Paris, années 20, un ancien combattant est chargé de retrouver un soldat disparu en 1917. Arpentant les champs de bataille, interrogeant témoins et soldats, il va découvrir, au milieu de mille histoires plus incroyables les unes que les autres, la folle histoire d’amour que le jeune homme a vécue au milieu de l’Enfer. Alors que l’enquête progresse, la France se rapproche d’une nouvelle guerre et notre héros se jette à corps perdu dans cette mission désespérée, devenue sa seule source d’espoir dans un monde qui s’effondre.

 

• Couv_105_Marchand Gilles - Le soldat désaccordé

 

La guerre, et peut-être même la 1ère Guerre Mondiale, a été une des plus dures pour les soldats, celle qui de nouveau à faire prendre conscience aux Français et aux autre pays d’Europe que de nouveau nul n’était à l’abri.

Rien n’est beau dans une guerre… Les champs de bataille, les explosions, les tranchées, des corps mutilés, les massacres, le sang, les cris et les pleurs, la boue, la peur… Mais au milieu de tout cela, il y a aussi des histoires de cœurs et d’amitié.

Avec beaucoup de pudeur et de la délicatesse aussi, Gilles Marchand, nous raconte la guerre, “sa” guerre, à la première personne, avec des mot choisis, des mots pensés, il ne contourne pas les horreurs, il ne triche pas, ça sonne vrai et c’est ce qui m’a emporté, car malgré les images qui se dégagent de son récit, Gilles d’une main de maître m’a projeté dans ce qui vers se transformer petit à petit au fur et à mesure de ma lecture en un conte empreint d’une certaine beauté et de poésie… Après avoir lu déjà plusieurs de ses romans, j’attendais ce retournement, mais dans ici, ce n’est plus un retournement, c’est une transformation magique et bouleversante !

À la fin de la 1ère Guerre Mondiale, après l’armistice, alors que le pays se relève comme il peut, un ancien combattant français, qui a perdu une main lors combat et dont nous ne connaîtrons jamais le nom, ni le prénom, se donne comme mission de chercher et retrouver les soldats dont on a perdu la trace pendant et après le conflit meurtrier. Parmi toutes ses recherches, une va lui tenir particulièrement à cœur. Celle du soldat Émile Joplain. Mandaté par sa mère, une riche veuve, il se lance sur sa piste et va très vite découvrir une histoire hors du commun. Cette histoire incroyable, je la découvre aussi avec le héros, et le récit se magnifie de chapitre en chapitre, de page en page jusqu’au chapitre 25 qui pour moi atteint des sommets rarement égalés. Ce n’est plus un récit de guerre, c’est une magnifique histoire d’amour impossible entre Émile, soldat, jeune bourgeois, poète et écrivain, et Lucie, une jeune paysanne Alsacienne, “la fille de la lune”, sa muse, sa lumière… qu’il avait juré d’épouser après la guerre.
Gilles parvient à me faire oublier les ténèbres et la mort, les frontières entre les classes sociales, je ne voyais plus que l’espoir, ne voyais plus que des yeux brillants, des mains tendues. Une histoire hors du commun.

Gilles, « armé de simples mots” rend un hommage magnifique à ces générations d’hommes et de femmes aussi, qui ont souffert dans leur corps, dans leur tête et dans leur âme, suite à cette boucherie organisée par des “bien-pensants” qui ont déchiré, voisins, amis et familles.

Coup de cœur pour ce récit bouleversant et indispensable contre l’oubli.

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Extraits :

« Je n’étais pas parti la fleur au fusil. Je ne connais d’ailleurs personne qui l’ait vécu ainsi. L’image était certes jolie, mais elle ne reflétait pas la réalité. On n’imaginait pas que le conflit allait s’éterniser, évidemment. Personne ne pouvait le prévoir. On croyait passer l’été sous les drapeaux et revenir pour l’automne avec l’Alsace et la Lorraine en bandoulière. À temps pour les moissons, les vendanges ou de nouveaux tours de vis à l’usine. Pour tout dire, ça emmerdait pas mal de monde cette histoire. On avait mieux à faire qu’aller taper sur nos voisins. »

« Ils étaient gamins quand ils s’étaient rencontrés.
Elle était née près de Strasbourg, à Molsheim, à la fin du siècle. Ses parents, Elsa et Lorenz Himmel, étaient français. Enfin, plus sur le papier évidemment. Français de cœur. Ça ne se disait pas trop. À la maison, ça parlait aussi alsacien. Ce n’était pas une famille riche, c’était le moins qu’on puisse dire. Louis, louait ses bras à des fermiers locaux, des vignerons pour les vendanges, des agriculteurs le reste de l’année ; elle, briquait les sols dans les salons bourgeois, servante ici, puis là. Lucie est arrivée alors que le couple avait déjà du mal à nourrir deux bouches. »

« Je me suis toujours impliqué dans les affaires sur lesquelles j’enquêtais. Néanmoins, je dois bien admettre que celle de la disparition d’Émile Joplain a rapidement pris une importance sans commune mesure.
En 1925, la France fêtait sa victoire depuis sept ans. Ça swinguait, ça jazzait, ça cinématographiait, ça électroménageait, ça mistinguait. L’art déco flamboyait, Paris s’amusait et s’insouciait. Coco Chanélait, André Bretonnait, Maurice Chevaliait. »

 

 

Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Éric Bonnargent. Son premier roman solo, Une bouche sans personne en 2016, attire l’attention des libraires (il est notamment sélectionné parmi les “Talents à suivre” par les libraires de Cultura, finaliste du prix Hors Concours, et remporte le prix des libraires indépendants “Libr’à Nous” en 2017) et de la presse, en proposant le curieux récit, le soir dans un café, d’un comptable le jour expliquant à ses amis pourquoi il porte en permanence une écharpe pour cacher une certaine cicatrice.

Il a été batteur dans plusieurs groupes de rock et a écrit des paroles de chansons.

Anticipation, Émotion, Drame, Dystopie, Noir, Suspense

Et toujours les Forêts

de Sandrine Collette
Broché – 2 janvier 2020
Éditions : JC Lattès

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Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts.

Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

« Cette épopée ne s’oublie pas. » Le Figaro

« Pour Sandrine Collette, l’espoir ne meurt pas tant que subsiste un souffle de vie, si chétif soit-il. » Le Monde des livres

« Un roman très prenant et cinématographique » Madame Figaro

« À mi-chemin entre La Route de Cormac Mc Carthy […], et En un monde parfait, de Laura Kasischke, Sandrine Collette réussit une très belle œuvre et trouve l’équilibre entre l’effroyable et le beau, faisant pousser la poésie au milieu de la poussière » ELLE

 

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Un récit incroyable !
Saisissant, terrifiant, dérangeant et plus encore… mais en même temps, magnifique et introspectif.
J’en suis encore tout retourné.

La vie commence très mal pour le petit Corentin. Très jeune sa mère le place dans diverses familles, le récupérant régulièrement afin qu’il n’ai pas le temps de s’attacher. Sa mère nocive, n’ayant aucune once d’amour envers son fils, fera tout pour le perturber et le rendre malheureux. Puis un jour, elle l’abandonne chez Augustine, une vieille dame, qui petit à petit va “l’apprivoiser”, elle saura l’aimer et le faire grandir !
Les années passent… Le réchauffement climatique se fait de plus en plus présent, les journées de plus en plus chaudes et deviennent même caniculaires, toute la nature s’assèche. Ce qui devait arriver, arrive, un cataclysme se produit rasant toute la surface de mille feux. La nature a disparu. Plus que quelques arbres disséminés ici ou là, des millions d’animaux et d’humains ont été emporté par la vague mortelle.
Corentin fera partie des rares survivants.
Mais est-ce vraiment une chance de survivre, alors que tout a disparu ?

Un récit qui a fait naître pour moi, beaucoup de questions qui pourraient malheureusement être bientôt d’actualité.
Et si demain n’existait plus ?
Quel serait notre avenir ?
Pourrions-nous survivre, et si oui, pourquoi ?

Voilà un récit très inhabituel et terriblement réaliste.
Sandrine nous donne avec ses mots, simples, pesant parfois, mais tellement juste, une description de ce qui pourrait arriver aux survivants. Leur quotidien, leur lutte pour subsister et de nouveau essayer de vivre une nouvelle vie dans ce monde gris et silencieux…

J’ai passé un bon moment de lecture avec cette histoire triste, mais malgré tout avec de l’espoir.

Après avoir lu, “Animal”, “Des nœuds d’acier”, “Les Larmes noires sur la terre”, “Il reste la poussière” et “Juste après la vague”, Sandrine confirme pour moi, avec “Et toujours les Forêts”, sa place sur le podium des auteur(e)s français(es) à suivre absolument !

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Extraits :

« Les vieilles l’avaient dit, elles qui voyaient tout : une vie qui commençait comme ça, ça ne pouvait rien donner de bon.
Les vieilles ignoraient, alors, à quel point elles avaient raison, et ce que cette petite existence qui s’était mise à pousser là où on n’en voulait pas, connaîtrait de malheur e et de désastres. Bien au-delà d’elle-même : ce serait le monde qui chavirerait. Mais cela, personne ne le savait encore. »

« La route vide. Ce serait le dernier souvenir.
Il n’oublierait rien, ni le long trajet muet, ni l’instant où elle l’avait fait descendre de voiture, ni la lettre qu’elle l’avait forcé à prendre. Il n’oublierait pas le petit chemin jusqu’au virage, et sa respiration qui accélérait, et la peur au fond de lui.
Enfin, il n’oublierait pas les derniers mots de sa mère pour lui.
File, merde. »

« Ce fut la fin du monde et il n’en surent rien.
Engloutis dans la terre, engloutis dans l’alcool et les rêves. Ils avaient tant bu, tant absorbé, tant bataillé pour les pensées à dire et à défendre. Ils étaient descendus sous le macadam et sous les voitures, les bras chargés de provisions, la migraine tapant déjà aux tempes et ils s’en réjouissaient à l’avance. Perdre leurs repères, s’enfoncer, se laisser couler. Ils reviendraient pleins d’hallucinations et pleins de poésie.
Pleins de mélancolie.
Où ils ne reviendraient pas. »

« Dévasté.
Y avait-il un autre mot ?
Corentin s’était assis à côté d’Albane, à côté des autres. Comme eux, il contemplait.
Mais contempler quoi ?
Tout ce qui était vif était devenu cendres.
Tout ce qui existait était détruit.
Tout n’était que silhouettes noires et atrophiées et brûlées – les immeubles, les arbres, les voitures.
Les hommes. »

 

Sandrine Collette, née en 1970 à Paris, est une romancière française.
Elle aime la campagne profonde, la forêt, la montagne, les vignes. Tout naturellement, elle aime situer ses intrigues dans un univers rural, même si son petit polar “Une brume si légère”, est exceptionnellement urbain. La romancière part toujours d’une image qui lui permettra de dérouler le fil de sa fiction.
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).

« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre ».

Son huitième roman, « Et toujours les forêts », une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas, le prix Amerigo Vespucci 2020 et le grand prix RTL-Lire.

Sandrine Collette partage son temps entre la région parisienne et son élevage de chevaux dans le Morvan.

Émotion, Drame, Histoire, Suspense

Aux quatre vents

de Amélie Antoine
Broché – 13 octobre 2022
Éditions : XO

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On dit que chaque famille a ses secrets. C’est encore plus vrai en temps de guerre…

1985, Sabran-sur-la-Lys. Un paisible petit village du nord de la France où tout le monde se connaît, depuis toujours. Un petit village où tout se sait. Et où, surtout, rien ne s’oublie.

Après avoir fait l’acquisition du château, un mystérieux personnage achète maison sur maison. De lui, on ne connaît que le nom : Clément de Clercq. Un matin, les villageois découvrent avec effroi que les portes et les fenêtres de toutes ces demeures ont été retirées. Les habitations sont ouvertes aux quatre vents, abandonnées, défigurées.

Bouleversée, une jeune femme, Léa, décide de tout faire pour sauver le village de son enfance. Il lui faudra alors fouiller dans les mémoires jusqu’à plonger au cœur d’un passé qu’aucun habitant n’a envie de revivre…

Aux quatre vents est l’histoire fascinante d’un homme qui, sans même en avoir conscience, se lance dans une quête éperdue d’identité. Car qui est-on quand on ignore d’où l’on vient ?

 

• Couv_099_Antoine Amélie - Aux quatre vents

 

– J’ai fait un vœu, maman, tu crois qu’il va se réaliser ?
– Si tu as réussi à souffler, tout ton pissenlit d’un seul coup, je pense que oui, Charlotte…
– Alors, ça veut dire que j’aurai bientôt un chien !
– Ah ça, je ne sais pas… Ton père ne sera jamais d’accord…
– Mais, un vœu, c’est un vœu, non ? Je voudrais tellement, tellement avoir un chien, je sais déjà à quoi il ressemblerait : il serait grand, noir, avec des poils doux, comme de la soie et un regard malicieux… J’ai soufflé tout le pissenlit, regarde, il ne reste plus que la tige !
– Dans ce cas, tu as sans doute raison d’y croire, ma chérie. Tu as sans doute raison d’y croire…

Voilà.
J’ai terminé ma lecture. L’un des plus beaux et des plus tristes romans qu’il m’ait été donné de lire cette année. Chacun des nouveaux romans d’Amélie Antoine est une véritable découverte. Celui-ci, plus encore… Une histoire très émouvante qui nous ramène au cours de la Seconde Guerre mondiale à Sabran-sur-la-Lys, petit village du nord de la France et qui se poursuit jusqu’au début des années 80.

Tout le roman se déroule ainsi une cette double temporalité, à travers la vie de deux familles aux destins tragiques.
Je ne sais pas par où commencer sans vous ôter le plaisir de la découverte, chaque idée, chaque détail est tellement fort et intense.

En tant que lecteur, ce roman est magnifique. Tout est là.
La violence, la guerre, les rapports familiaux compliqués, l’amour, les naissances, la haine, la mort, la vengeance et j’en passe… Mais c’est aussi LE LIVRE que j’aurais aimé écrire si j’étais auteur. La justesse des mots, la sensibilité omniprésente. J’ai vécu le roman, parfois en apnée, parfois en colère, souvent très ému. Amélie est une auteure qui ne cesse de m’étonner au fur et à mesure de ses écrits ! Un roman que je relirais sûrement, que je n’oublierai jamais !

Si nous pouvions, prendre suffisamment de recul, prendre nos décisions après une juste réflexion, au lieu de laisser monter en nous la haine, la lâcheté et la violence…

Amélie voit juste… Nous sommes imparfaits. “Aux quatre vents” est plus qu’un roman !
Énorme coup de cœur pour moi.
Je suis, et reste un lecteur heureux…

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Extraits :
« Il n’y a encore pas si longtemps, c’était un vrai, petit village de carte postale.
Un petit village d’environ quatre cents âmes en bordure de la rivière Lys, dans le Pas-de-Calais, en Flandre française. Pour y accéder, un pont en pierre de taille voûté composé de trois grandes arches, qui enjambe la rivière depuis longtemps, domestiquée en canal. »

« Ils sont une vingtaine à être entassés les uns contre les autres, à se regarder d’un air effrayé, à se demander où ils vont être emmenés. Isaac passe son bras autour des épaules de Ludmilla, tente de garder la tête froide malgré la peur qui s’insinue aussi sournoisement qu’un serpent. »

« Soudain, elle entend un pas de bottes lourdes sur sa gauche. Quelques instants plus tard, deux soldats allemands, vêtus de leurs uniformes, et calots vert-de-gris, tournent au coin de la rue et remontent dans sa direction. Quand ils passent devant elle, ils lui adressent un petit signe de tête poli, auquel, par principe, elle ne répond pas. À Sabran-sur-la-Lys, tous les villageois, agissent de même, sans jamais s’être vraiment concertés. Tous se refusent à leur attribuer la moindre humanité, et même si le geste peut paraître futile, il n’en reste pas moins symbolique. »

« Aujourd’hui, Charlotte est bien placée pour savoir que la gentillesse ne suffit pas. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui transforme le bas-ventre d’une femme en un brasier. Ce n’est pas la gentillesse d’un homme qui donne envie à une femme de bouleverser toute sa vie, au mépris du danger, de la bienséance, du qu’en-dira-t-on. Ce n’est pas la gentillesse qui rend folle d’amour, au point de ne même plus savoir ce qu’était la vie, avant lui.
Oh que non. »

 

 

Amélie Antoine est née en 1984. Elle vit à Lille avec sa famille.

“J’aimerais vous dire que j’ai toujours voulu être écrivain, mais ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire qu’il n’y a pas un jour sans que j’écrive, mais ça non plus, ce ne serait pas vrai.
J’aimerais vous dire que, quand je m’installe à mon ordinateur, c’est un plaisir, un vrai bonheur de me mettre à taper des mots, former des phrases jusqu’à ce qu’elles deviennent des chapitres de mon histoire. Mais ce ne serait pas vrai.

Alors je vais vous dire que, depuis toute petite, j’ai toujours pensé que l’écriture était le meilleur moyen de communiquer. Je ne l’ai pas choisi, c’était comme ça (Et nul doute qu’un psychologue aurait sans doute beaucoup de conclusions à tirer !).
Je n’étais pas timide ni renfermée, mais j’ai toujours préféré écrire quand j’avais quelque chose à partager. Des petits mots à mes parents pour leur annoncer des choses importantes que je n’aurais pas su formuler à l’oral, pour leur demander la permission de faire telle ou telle chose, pour m’excuser d’erreurs que j’avais pu commettre, parfois.
Écrire, c’est pour moi une manière de poser ma pensée. De peser et choisir chaque mot afin d’être sûre de moi. D’entendre la musique en ayant pris le temps de la composer. De parler sans être interrompue.

Je vais vous dire que s’il peut se passer des semaines sans que j’écrive la moindre ligne, il ne se passe pourtant pas un jour sans que je réfléchisse à une histoire, sans que je façonne un personnage, sans que je note des idées à la volée sur le premier papier venu (souvent perdu par la suite, d’ailleurs !), sans que je mémorise des anecdotes qu’on me raconte parce qu’elles résonnent en moi d’une manière particulière.
Je vais vous dire à quel point ce que j’aime, c’est inventer des histoires. Nouer des intrigues, trouver des rebondissements, manier toutes la palette des émotions qu’on peut ressentir.
Et, surtout, donner vie à des personnages auxquels je m’attache aussi fort que s’il existaient vraiment, auxquels je voudrais que vous vous attachiez aussi fort que s’ils faisaient partie de votre famille, de vos amis.

Je vais vous dire que, si je n’ai jamais rêvé depuis l’enfance d’être un jour écrivain, ce n’est pourtant que depuis que j’écris des romans que j’ai l’impression d’être à ma place. De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
De ne plus être en décalage constant avec le reste du monde.
D’avoir trouvé mon chemin, d’avoir trouvé un sens.
De savoir qui je suis et où je dois aller”.

http://www.amelie-antoine.com
Page Facebook : https://www.facebook.com/AmelieAtn/

Drame, Noir, Psychologie

Il était une fois la guerre

de Estelle Tharreau
Poche – 3 novembre 2022
Éditions : Taurnada Éditions

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Sébastien Braqui est soldat. Sa mission : assurer les convois logistiques. Au volant de son camion, il assiste aux mutations d’un pays et de sa guerre. Homme brisé par les horreurs vécues, il devra subir le rejet de ses compatriotes lorsque sonnera l’heure de la défaite. C’est sa descente aux enfers et celle de sa famille que décide de raconter un reporter de guerre devenu son frère d’âme après les tragédies traversées « là-bas ». Un thriller psychologique dur et bouleversant sur les traumatismes des soldats et les sacrifices de leurs familles, les grandes oubliées de la guerre. « Toutes les morts ne pèsent pas de la même manière sur une conscience. »

 

• Couv_093_Tharreau Estelle - Il était une fois la guerre

 

Attention !
Ce roman noir est une véritable bombe à retardement… Il m’a emporté avec son ton journalistique durant toute ma lecture, jusqu’au dernier chapitre, “véritable explosion”, jusqu’à sa dernière phrase, qui donne un espoir… jusqu’à son dernier mot, “Guerre”.

“Il était une fois la guerre”, dernier roman d’Estelle Tharreau, est un condensé de toutes les émotions ressenties par Sébastien Braqui, un soldat brisé par des dommages psychologiques qu’il a subit, brisé par les politiciens qui ne voient que leur intérêt à l’encontre de la vie de centaines, de milliers d’êtres humains. Je l’ai presque perçu le récit comme un documentaire sur la guerre, une intrusion dans un monde noir et terrifiant ou les soldats se soumettent à des ordres qui parfois font froid dans le dos…
Le récit n’est pas raconté par le héros, mais par un reporter de guerre qui témoignera de l’horreur vécu par Sébastien et tous les autres. Je suis devenu alors le témoin du basculement psychologique qui s’installe dans son esprit, des rapports compliqués qu’il vivra avec sa femme qui l’aime pourtant de tout son cœur, avec sa fille, avec qui il refuse tout dialogue, de sa transformation tant physique que mentale. Il se sent humilié, alors il se réfugie dans l’alcool pour “oublier”, et finira par perdre l’estime de lui-même.
Où s’arrête la fiction, où commence la réalité ?
Seule l’auteure le sait.

Estelle a construit son récit d’une main de maître. Pas de phrases inutiles, pas de mots perdus, ils sont percutants et nous forcent à la réflexion sur les aléas de la guerre et le pouvoir de certains. Elle plonge directement, sans épargner ses lecteurs, dans des scènes de conflits violentes, effroyables… Mais pour comprendre la perception du vécu et la déchéance de Sébastien, il nous fallait passer par là, entrer dans sa tête, comprendre sa perdition.

Avec ce quatrième roman lu, Estelle grimpe pour moi une nouvelle marche.
Un roman très visuel, une thématique plus que maîtrisée, un dénouement vertigineux, elle signe un roman qui risque de surprendre plus d’un homme et qui ne laissera de toute façon personne indifférent, qui marquera je l’espère les mémoires…

Je remercie Joël des Éditions Taurnada de m’avoir permis de découvrir une nouvelle facette à son talent !

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Extraits :

« Il était une fois un homme bon devenu une plaie à vif.
Il était une fois un homme et une femme ; un premier de cordée qui entraîne le second dans sa chute.
Il était une fois un soldat ayant dépassé le seuil d’horreur qu’il pouvait endurer et que la vie a transformé en une bombe à retardement que les Hommes ont lentement amorcée jusqu’à l’explosion.
Il faudrait peut-être commencer ce récit tout simplement par “il était une fois la guerre”. »

« Sous les yeux de Sébastien se déroulaient des scènes de vie étrange : des supermarchés d’où sortaient des chariots plein d’abondance, des rues où des gens ne fuyait pas, des enfants armés de cartable. Il se sentait étranger à ce monde qu’il avait pourtant connu toute sa vie. Accaparé par ce sentiment de décalage, il ne pensait plus directement au Shonga jusqu’à ce que cette lisière de bois apparaisse. »

« Nous aurions dû réfléchir à deux fois avant d’envoyer notre vieille armée incapable de rétablir la paix. Nous n’avons fait qu’aggraver les choses. À travers la défaite de notre armée, c’est l’échec de toute la politique du président qu’il faut voir. Nous pouvions sauver ce pays et nous n’avons fait qu’amener cette guerre sur notre propre sol et participer à l’effondrement du Shonga. Mon parti a déjà engagé des réflexions pour une refonte de nos forces armées. À cette occasion, nous allons convier des représentants de l’armée shongaise pour nous aider dans l’analyse de notre défaite militaire. »

« Évitez de mentionner que votre conjoint est militaire, évitez de porter toute marque pouvant le suggérer, appelez la police si vous êtes victime d’une agression, un numéro vert est à votre disposition. »

 

 

Passionnée de littérature depuis l’adolescence, Estelle Tharreau parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

 

 

Émotion, Drame, Histoire vraie

Journal d’un vampire en pyjama

+ Carnet de board
de Mathias Malzieu
Poche – Illustré, 4 octobre 2017
Éditions : Le Livre de Poche

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Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur.
M. M.

Carnet de board
Ce texte est un récit de voyage aux airs de rêve d’enfant et une victoire sur la maladie. Skateboard ! Moteur ! Islande !

 

• Couv_092_Malzieu Mathias - Journal d'un vampire en pyjama

 

J’ai découvert Mathias Malzieu, il y a de nombreuses années par le biais de ses chansons très poétiques et de ses clips magnifiques…
Puis un jour, j’ai entendu qu’il écrivait, ni une ni deux, j’ai littéralement dévoré tous ses romans !
J’aime énormément sa plume, pleine de poésie, d’humour de jeux de mots.

Dans “Journal d’un vampire en pyjama”, Mathias nous raconte un moment de sa vie, et pas le plus facile. Son parcours lorsqu’il apprend qu’il risque une greffe de la moelle osseuse, suite à une sérieuse déficience…
Alors, il raconte sa maladie, avec ses peurs, ses doutes et ses angoisses. C’est plein de sensibilité et plein d’amour. Amour envers sa famille, ses amis, ses proches, mais aussi envers les infirmières et les médecins qui se sont occupés de lui…

Mathias a le don, malgré ce qu’il vit, de nous amener dans son monde “merveilleux” et décalé, un monde qui va l’aider à tenir et à aller au bout de lui-même.
Une écriture puissante, des phrases à la fois poétiques et réalistes qui mettent de la distance avec sa maladie, mais j’ai ressenti sa douleur et sa perdition, au point de redevenir parfois l’enfant qu’il était, qui demandait à être rassuré.
Mathias est touchant, il est humain… J’ai pendant ma lecture, ressenti le besoin de réécouter l’album qu’il avait composé durant cette période, “Vampire en pyjama”, un album qui du coup prend tout son sens !

Un livre que je recommande à tous.
Aux personnes en bonne santé, afin qu’elles se rendent compte du bonheur de leur quotidien, mais aussi aux personnes malades afin que leur esprit s’évade et qu’elles ressentent l’espoir qu’apporte Mathias à travers ses mots tendus vers nous… tel un cadeau !

“Carnet de board” est un récit de voyage.
Le voyage que Mathias s’était juré de faire s’il s’en sortait !
La traversée de l’Islande en skateboard…

Un “petit” livre… très “grand” !

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Extraits :

« “Tu fais trop de choses à la fois, tu n’as plus vingt ans”, me disait-on.
Je me reposerai quand je serai mort.
Je suis un drogué du panache. J’ai des cavernes d’Ali Baba dans le crâne, à s’en faire claquer les orbites. Je ne m’ennuie jamais, sauf quand on me ralentit. J’ai dans le cœur un feu d’artifice. Véritable homme-volcan, c’est de la lave qui coule dans mon sang. Je cherche le spasme électrique de la surprise. Je ne sais pas vivre autrement. »

« Rosy est perchée sur le lit au bord du vide. Avec ses habits d’un autre monde, auquel j’appartenais encore quelques heures plus tôt. Les couleurs, le vent, les voitures et les arbres sont coincés de l’autre côté de la fenêtre. Je ne peux plus rien toucher, voir, entendre. Je me blottis dans le nid de mes propres bras, entouré par ceux de mon amoureuse. »

« Une autre fois, j’ai croisé une fille de vingt ans avec une perruque. Elle était très belle, on aurait dit une princesse sans sourcils. Ses parents l’accompagnaient, elle ressemblait à sa mère aux yeux mouillés. Ils se consolaient en s’étreignant dans le couloir. La jeune fille semblait flotter au-dessus des difficultés. »

« Après une heure et demie de brico-jardin entre mes veines et les machines, les infirmières parviennent enfin à me réparer. Je retourne au scanner, surblouse, masque, Charlotte et Repetto. “La classe”, me dit l’interne. »

 

Mathias Malzieu entame sa carrière d’homme poétique en 1993 en fondant le groupe Dionysos. Depuis, il développe son univers sous forme de livres, de disques, de films : Jedi perdu dans un western sous la neige, monstres amoureux, femme-chocolat ou homme-horloge. Sa Mécanique du cœur, qui compte plus d’un million de lecteurs, a été traduit dans 20 pays et a été adapté en film d’animation en 2014 sous le titre Jack et la Mécanique du cœur. Son Journal d’un vampire en pyjama, journal intime rédigé lors de son hospitalisation pour une greffe de moelle osseuse en 2013, a été récompensé par le Prix France Télévision – Essai 2016 et le Grand Prix des lectrices Elle – Documents 2017. Son dernier roman, Une Sirène à Paris, a reçu quant à lui le Prix Babelio Imaginaire 2019 et a été adapté en 2020 au cinéma par l’auteur lui-même.

Mathias Malzieu a été fait Chevalier des Arts et des Lettres en 2016.

Émotion, Drame, Polar, Psychologie

Mrs Meredith Brown

de Eric Oliva
Poche – 3 septembre 2022
Éditions : Des Livres et du Rêve

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Certaines familles cachent des secrets. Parfois, certains ressurgissent. C’est le cas pour Franck. Un secret qui le ronge jusqu’à commettre l’irréparable. Une quête de vengeance, la découverte d’une vérité dérangeante, prenez garde à ne pas déterrer le mauvais secret.

 

• Couv_091_Oliva Éric - Mrs Meredith Brown

 

J’ai découvert Éric Oliva en novembre 2018, avec le très bon “Chronique d’une vie de flic”. Un roman qui m’avait touché et j’ai depuis plaisir à le “suivre” régulièrement…

“Mrs Meredith Brown” est un roman très addictif, lu en quelques heures, dont la thématique principale est la VENGEANCE.
Franck perturbé par son passé a besoin de se venger, a un besoin impératif de retrouver un sens à sa vie.
De Londres jusqu’à Nice, en passant par Lima au Pérou, trois frères sont dorénavant sur la “sellette”. Franck va se poser en juge et partie. Il a pris une décision et ira jusqu’au bout en éliminant tous ceux qu’il estimera coupable !

Cette quête acharnée, on la vit, on la ressent dans ses tripes et dans notre esprit en entendant les pensées de Franck qui résonnent, pleines de douleurs. Dès lors, on sait tout de suite qui sera le meurtrier, mais cela n’enlève rien à la richesse du récit.

Qui est Mrs Mérédith Brown ?
Pourquoi Franck décide-t-il de s’attaquer à toute une fratrie ?
Qu’ont-ils donc fait pour mériter la mort ?

L’enquête policière, même si elle existe bel et bien, ne se situe pas pour moi au premier plan du récit. C’est très psychologique…
De nombreux personnages interviennent, donnent des pistes, des informations qui misent bout à bout forment une sorte de tableau. À nous lecteurs d’y trouver un sens, une direction pour essayer de comprendre et pourquoi pas, accepter… Je dis bien accepter, car au fur et à mesure de ma lecture, je suis arrivé à trouver Franck attachant voire même plutôt sympathique.
Mais… si la vérité avait un tout autre sens ?

Impossible de ne pas m’attacher non plus à l’équipe de policiers qui aura bien du mal tout le long de cette enquête.
Pas de temps mort, de l’émotion et pas mal de suspense, Éric Oliva m’a mené dans son histoire, m’a pris dans sa toile, une fois commencée, impossible de m’arrêter… jusqu’au dénouement final, mais ne devrais-je pas plutôt dire… Choc final ?

Un bon roman qui mérite qu’on s’y attarde !

Merci Angie Lollia pour cette très belle surprise…

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Extraits :

« Dire que ces deux compères se connaissaient depuis des lustres s’avérait être un euphémisme. Après avoir trop peu usé les bancs de l’école du quartier qui les avait vu grandir, Charly Galway est Allan Mc Callum s’étaient appliqués à réaliser les quatre cents coups – période d’adolescence ô combien compliqué pour ces deux garnements qui avaient accumulé les sottises au cours de ces années perturbées entre l’enfance et l’âge adulte. »

« “C’est dans les petits flacons qu’on trouve les meilleurs parfums” lui seyait à ravir. Plutôt petite avec son mètre cinquante-six, de grands yeux curieux d’un magnifique vert émeraude, Nathalie arborait immuablement un large sourire laissant apparaître une jolie dentition toujours éclatante. Un corps aux courbes agréables, ajouté à des goûts vestimentaires raffinés sans excès, couronnait le tout. Sans qu’elle y prête attention, les hommes se retournaient régulièrement sur son passage. »

« Franck était enfin parvenu à s’endormir.
Après avoir guetté un moment les allées et venues des voitures de police, puis observé une demi-douzaine de journalistes s’évertuant sans succès à passer entre le cordon de sécurité, il s’était allongé sur le lit de sa chambre d’hôtel. Agacé de constater combien de harpies, peuplant le quartier se tordaient le cou à leur balcon pour essayer de capturer la moindre image morbide, il avait fermé les yeux, totalement épuisé. Il pouvait enfin se laisser aller à rêver, comme au bon vieux temps où il était heureux comme tous les jeunes hommes de son âge, innocent et insouciant. Ce temps révolu où il croquait la vie à pleines dents sans se préoccuper du lendemain. Ce temps où il ne savait rien et dans lequel il existait comme s’il était lui. »

« Plus d’angoisse, plus de crainte, plus d’écueil dans sa vie. La présence de cette femme, jeune, jolie, attirante à souhait, le calmait et, malgré tout, le perturbait au plus haut point. Régulièrement, une minuscule ampoule s’allumait dans sa tête, venant ternir l’instant magique en lui rappelant que sa tâche n’était pas finie et que ses démons endormis allaient devoir reprendre du service. Mais chaque fois, ce petit rayon de soleil qui le dévisageait si tendrement parvenait à l’éteindre d’un simple regard, d’une simple parole. »

 

 

Je suis né à Casablanca en juillet 1967.

Arrivé en France en 1972, ce n’est qu’en 79 qu’avec ma famille, nous rejoindrons le climat agréable de la Côte d’Azur.

Mes parents devenus restaurateurs à Nice, mon parcours scolaire s’arrêtait rapidement aux portes du lycée à l’âge de seize ans.

Ont suivi de petits boulots, tout d’abord dans la restauration, en commençant par une carrière de cuisinier-pizzaïolo, travaillant dans divers restaurants entre Nice et Saint-Laurent-du-Var.

Après cinq ans, j’abandonnais ce métier pour devenir tour à tour ambulancier, agent de sécurité, vendeur et enfin convoyeur de fonds.

À vingt-quatre ans, le concours de gardien de la paix en poche, j’intégrais par conviction l’École Nationale de Police de Marseille d’où je sortais classé en février 1992, avant de prendre mes nouvelles fonctions sur la région parisienne et plus précisément au Commissariat de Montreuil-sous-Bois.

Plusieurs postes successifs et près de dix ans de vie dans ce département chamarré du 93, avant de prendre la décision de rejoindre ma région d’origine. Un an plus tard, j’obtenais ma mutation à Marseille, au Commissariat central de l’Évêché.

La passion des fonds sous-marins se faisant pressente, je passais rapidement mes niveaux de plongée. Dans le même temps, Clive Cussler, un auteur américain spécialisé dans la fiction sous-marine, me donnait l’envie de lire, je dévorais toute sa bibliographie.

L’envie d’écrire arrivait par la suite et, à force de tentations, je commençais l’écriture de Peter, un roman d’aventures dans lequel je parvenais à mélanger mon métier et ma passion. Mais quelques déboires m’obligeaient à mettre ce manuscrit de côté, et ce n’est que plusieurs années plus tard que celui-ci verrait le jour.

En 2006, ayant fait la connaissance de celle qui allait devenir ma compagne, je sollicitais ma mutation sur Nice et au mois de septembre 2007, j’intégrais un groupe judiciaire à l’Antenne de la Police Judiciaire où j’exerce toujours actuellement.

Quatre ans plus tard, je décidais de reprendre intégralement l’écriture de Peter​. Le manuscrit était alors entièrement revu et corrigé. Après avoir fait, comme tout un chacun, les frais des maisons d’édition, j’optais pour l’autoédition en passant tout d’abord par Lulu.com puis chez BoD.

La fièvre de l’écriture se faisant ressentir et, surpris par les retours de mon premier roman, j’entamais dans la foulée un second manuscrit que mes lecteurs jugeaient très vite plus abouti. Un polar régional mettant à l’honneur la Côte-d’Azur et l’Antenne P.J. de Nice où j’exerce encore à ce jour. Le roman est paru sous le titre de Le Secret de Miss Meredith Brown fin 2012.

En Mai 2014, ce second roman était réédité chez Sudarènes Editions sous le titre de Mrs Meredith Brown.

Fin février 2015, Chroniques d’une vie de flic voyait le jour dans cette même maison d’édition. Sous la forme d’un roman, les lecteurs sont transportés de l’autre côté de la barrière, dans le quotidien du flic de terrain. Quinze histoires vraies qui font toucher du doigt ces instants qui marquent les esprits et bousculent les préjugés.

Enfin, au mois de juillet 2015, Peter est réédité chez Sudarènes sous son nouveau titre : Mafia en eaux troubles. Un opus qui reste un premier roman, mais un excellent livre de plage… (Des amateurs de plongée ?)

Depuis, les droits de Mrs Meredith Brown, Du soleil vers l’enfer et Chroniques d’une vie de flic ont été rachetés à Sudarènes et les romans sont disponibles aux formats numériques et papiers sur Amazon.